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BQ (QC)
Monsieur le Président, j'aurai l'insigne plaisir de partager mon temps de parole avec la lumineuse députée d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia.
Nous avons vu, au cours des dernières heures, que la clarté du libellé d'une motion est souvent un enjeu important. On peut se retrouver avec un salmigondis de mots dont le sens sera interprété de cinq façons différentes par cinq personnes différentes. Cela nous appelle tous à essayer de préciser le sens des mots, parce que c'est la seule façon d'avoir la même clarté quant aux intentions. Quelle était l'intention du législateur qui a présenté une loi, ainsi qu'une motion pour lui ouvrir la voie? Évidemment, nous nous entendrons tous, à quelques exceptions près, pour dire qu'il s'agissait d'accorder aux étudiants un soutien financier qui, essentiellement, a deux fonctions.
La première fonction est d'accorder aux étudiants, pour la période estivale et la période actuelle, les ressources financières nécessaires pour assurer leur subsistance. En temps normal, ils assurent leur subsistance grâce à des emplois à temps partiel, souvent dans le milieu de la restauration, du loisir ou du tourisme. Ces emplois, dans le contexte actuel, n'existent simplement pas.
La deuxième fonction est de permettre aux étudiants d'accumuler un peu d'argent pour contribuer à leur subsistance l'an prochain. C'est comme cela que j'ai payé une large part de mes études et c'est certainement le cas pour un certain nombre d'entre nous. C'est cela, le but de l'exercice. Dans le contexte de cet exercice, quelques voix se sont élevées. Parce qu'on ne fait pas toujours dans la nuance, on s'est retrouvé dans deux clans. Il y a ceux qui disent qu'il faut absolument aider les étudiants. J'en suis. Au bas mot, des centaines de milliers, voire 1 million d'entre eux n'auront pas ces emplois qui leur sont habituellement plus ou moins réservés. Ces gens ont besoin d'un soutien pour préserver leur pouvoir d'achat et la pérennité de leur projet d'études.
Il y a une autre tendance, de mon humble point de vue un peu moins élégante, selon laquelle, comme le disait mon estimé collègue, les étudiants allaient se métamorphoser soudainement en amas de paresse dans le sous-sol en fumant du pot. La vérité, ce n'est pas cela. Les étudiants sont les mêmes cette année que l'année dernière, l'année d'avant et même quand j'allais à l'école. Je ne suis pas convaincu qu'il se fumait moins de pot dans ce temps-là, à mon exception personnelle.
Forcément, il fallait trouver un point d'équilibre pour que les entreprises, les municipalités et les producteurs agricoles qui ont besoin de main-d'œuvre ne soient pas confrontés à une mesure qui soit un frein à l'emploi. Il fallait que la mesure ne rende pas les choses telles qu'il soit préférable pour un étudiant de ne pas travailler. Évidemment, il faut trouver une voie de passage et cela ne s'est pas avéré si simple. Or c'est un faux problème. On me pardonnera ma candeur, mon amitié ou mon affection pour les étudiants et les étudiantes, mais je pense qu'ils veulent travailler. Les miens, et j'en ai tout un tas, veulent travailler. Ils sont contents de travailler. J'ai travaillé, leurs parents ont travaillé, et personne ne regrette cela.
Le montant de 1 250 $ par mois pourra aider pendant l'été et l'automne. Bien sûr, cela ne se rendra pas à l'automne, mais ce sera une contribution à la pérennité des études. Je reviens rapidement là-dessus, parce que c'est fondamental. On ne doit pas se mettre dans une position où les étudiants seront très hypothéqués au plan économique à l'approche de la prochaine année scolaire, dont on espère qu'elle sera aussi peu anormale que possible. Ils ne doivent pas être dans une moins bonne position économique qu'auparavant, d'autant plus qu'on a des raisons de penser que l'économie en général ne se portera pas si bien que cela. On sera dans une relance, dans un élan qui va monter, mais qui va partir de tellement bas qu'on va tous avoir encore des bleus sur le plan économique.
Nous sommes allés chercher, ou plutôt nous avons contribué à aller chercher — je ne veux pas entrer dans le jeu de la revendication —, trois éléments qui, dans la motion lue par le leader du gouvernement à la Chambre des communes, nous paraissaient fondamentaux. Je suppose que tous les partis de l'opposition ont discuté de chaque virgule.
Le premier était de s'assurer que cette mesure ne nourrissait pas une insécurité chez les entrepreneurs agricoles, chez les entrepreneurs en général, chez les municipalités et chez quiconque espère embaucher des étudiants. Je crois que le quatrième point fait cela de façon adéquate en précisant le soutien aux producteurs agricoles, parce que c'est de là que le débat a démarré. On n'a pas osé aller jusque-là dans le libellé, mais si ce soutien prenait la forme d'une aide financière pour bonifier le salaire des étudiants, ce ne serait pas du tout une mauvaise idée.
Le libellé de la motion ne rend pas justice à l'intention de la motion. En effet, le deuxième élément, c'est que le libellé de la motion semble ne faire référence qu'à la création d'un incitatif à l'emploi. Il y a donc une espèce de déséquilibre, et j'en ai parlé avec ma collègue de Thérèse-De Blainville. C'est comme si on présumait que l'étudiant moyennement constitué n'aurait pas trop envie d'aller travailler, alors qu'on ne fait pas référence au fait qu'il s'agit d'abord et avant tout d'une mesure visant à soutenir les besoins économiques des étudiants. On libelle le point e) comme s'il fallait d'abord les obliger à aller travailler. Cela fait que je reste sur ma faim.
C'est la raison pour laquelle je me suis permis de poser une question très précise à la vice-première ministre. Je lui ai demandé si le gouvernement avait bel et bien l'intention de s'assurer que le processus ne désavantage pas les étudiants qui reçoivent la Prestation et qui veulent travailler.
Il y a donc une base de 1 250 $ et on s'attend à ce qu'un revenu d'emploi de 1000 $ puisse s'y ajouter sans pénalité. Or si le revenu d'emploi atteignait 1010 $, il ne faudrait pas que l'étudiant perde 1250 $. Il ne faut pas non plus que l'étudiant se dise qu'il travaillera seulement 20 heures, au lieu de 21 heures, par exemple, pour ne pas perdre les 1250 $. Les étudiants ne sont pas fous, ils vont faire le calcul. Il faut donc s'assurer que cela n'arrivera pas. C'était d'ailleurs le but de la question que j'ai posée, à laquelle la vice-première ministre a répondu « oui, évidemment ».
Le gouvernement va-t-il mettre en place des mesures permettant de s'assurer que plus le nombre d'heures travaillées est élevé, plus le revenu de l'étudiant sera élevé? La vice-première ministre a répondu oui à ma question, et elle a donné d'autres détails. À mon avis, nous pouvons y voir un engagement clair de la part du gouvernement.
Dans le dernier élément de la motion, le gouvernement s'engage à considérer des mesures pour augmenter le pouvoir d'achat des aînés, notamment en considérant l'augmentation du montant de la pension de la Sécurité de la vieillesse et de celui du Supplément de revenu garanti. Il est à noter qu'il ne s'agit pas de « ou » mais bien de « et ». On craint que le gouvernement se tourne vers le Supplément de revenu garanti, qui touche seulement 40 % des aînés, alors que le prix du panier d'épicerie a augmenté pour tout le monde. Selon nous, il s'agit d'un enjeu.
Depuis les dernières semaines, on ne calcule plus le nombre de fois que le Bloc québécois a été achalant au sujet des aînés. Nous n'avons pas fini de l'être, et nous n'arrêterons pas de l'être tant que nous n'aurons pas obtenu ce que nous voulons. Au Québec, 19 % des gens ont plus de 65 ans. Il doit y avoir une augmentation de leur pouvoir d'achat, un outil essentiel de l'augmentation ou de l'amélioration des conditions économiques dans les régions du Québec.
Malgré les tergiversations, je suis assez content du résultat de la journée. Bien sûr, il faudra rester vigilants. Nous resterons vigilants, et nous resterons au service exclusif des Québécois et des Québécoises, tout en demeurant constructifs et positifs. Si cela aide les autres, c'est tant mieux.
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