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Erica Phipps
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Erica Phipps
2015-06-18 16:01
Merci, monsieur le président.
Bonjour. Je vous remercie de me donner l'occasion de contribuer à cette discussion importante.
J'aimerais vous faire part de quelques points de vue fondés sur nos travaux visant à accroître la sensibilisation au sein de la population, surtout chez les familles avec de jeunes enfants, sur le risque de cancer du poumon posé par le radon et les mesures qui peuvent être prises pour réduire ce risque.
Je m'appelle Erica Phipps. Je suis directrice générale du Partenariat canadien pour la santé des enfants et l'environnement — le PCSEE —, une collaboration d'organismes de santé publique, d'organismes des milieux médical et juridique et d'organismes axés sur les enfants qui travaillent ensemble depuis bientôt 15 ans, afin de favoriser la protection de la santé des enfants et de l'environnement au Canada. Les 10 partenaires principaux du PCSEE sont, entre autres, l'Association canadienne du droit de l'environnement — vous venez juste d'entendre ma collègue, Kathleen Cooper — et la Fédération canadienne des services de garde à l'enfance, qui participe activement à nos travaux pour faire la promotion des mesures de réduction des concentrations du radon dans le secteur des services de garde d'enfants.
La plupart des travaux du PCSEE entraînent une collaboration avec des fournisseurs de services, notamment le personnel infirmier en santé publique et les fournisseurs de services de garde d'enfants et d'autres qui travaillent avec les familles au quotidien. Nous leur fournissons les outils nécessaires pour intégrer la protection de la santé des enfants et de l'environnement au soutien qu'ils offrent aux familles.
J'ai pensé qu'il serait approprié de vous parler d'abord de l'une de ces personnes. J'aimerais donc vous communiquer les paroles d'une fournisseuse de services de garde d'enfants à Winnipeg; elle a participé à l'initiative d'avant-garde contre le radon lancée l'an dernier par le PCSEE et la Fédération canadienne des services de garde à l'enfance, avec l'appui de Santé Canada. Voici son avis:
Je ne voudrais pas travailler dans un centre qui présente des concentrations élevées de radon et ne rien faire à cet égard. Je ne voudrais pas faire cela. Je ne voudrais pas travailler là-bas. Et je n'enverrais pas mes enfants dans ces centres.
Cette professionnelle en services de garde d'enfants connaissait très peu de choses sur le radon avant de participer à cette initiative, mais elle a été motivée, comme d'autres personnes qui ont participé au projet, à en apprendre davantage, en raison de son dévouement envers les enfants confiés à ses soins et parce qu'elle souhaite travailler dans un milieu sain. Il n'a pas fallu longtemps pour qu'elle et d'autres participants au projet comprennent qu'il s'agit d'un problème grave contre lequel il faut prendre des mesures.
Par l'entremise du projet d'avant-garde, elle et d'autres fournisseurs de services de garde d'enfants ont partagé des renseignements sur le radon avec leurs clients, les familles, et ont volontairement effectué des tests de présence du radon dans leur centre de services de garde d'enfants. Par l'entremise de ce processus, les participants au projet sont passés d'un groupe de gens qui n'avaient pratiquement jamais entendu parler du radon à un groupe dont les membres ont admis, presque à l'unanimité, qu'il s'agit d'une priorité en matière de santé dans leur centre.
Lorsqu'on leur a demandé ce qui devrait être fait pour protéger les enfants et le personnel du risque lié au cancer du poumon, la plupart d'entre eux étaient d'avis que les tests de présence du radon devraient être obligatoires. Comme l'a dit un autre participant:
...ce que j'observe dans le milieu des services de garde d'enfants tend à être... les gens ne prennent pas de mesures à moins qu'ils y soient forcés, malheureusement... c'est comme les détecteurs de monoxyde de carbone, n'est-ce pas? Personne n'en avait jamais installé et au bout du compte, on nous a obligés à les installer et tout le monde les a installés. Et en même temps, on sait qu'ils coûtent de 40 à 50 $ chacun, et pourtant, les gens ne les ont pas installés avant qu'on leur dise de le faire... Je crois qu'à moins qu'on rende les tests de présence du radon obligatoires ou qu'on s'assure qu'ils soient effectués, les gens ne les feront probablement pas, même s'ils devraient être faits.
Ce point de vue a été répété par d'autres et appuyé par les résultats du projet d'avant-garde. Malgré de bonnes intentions et le fait que les appareils de test de présence du radon ont été fournis directement aux centres de services de garde participants, les deux tiers d'entre eux seulement ont été en mesure de terminer les tests. Cela laisse croire que dans un secteur dans lequel les membres du personnel sont déjà très occupés, il ne suffit probablement pas de leur fournir les renseignements et les appareils nécessaires pour qu'ils mènent eux-mêmes les tests.
Ces dernières années, le PCSEE a déployé des efforts importants dans la sensibilisation aux effets du radon, notamment par la production d'une carte aide-mémoire écrite en langage simple pour les familles et le lancement d'une campagne en collaboration avec Santé Canada, l'Association pulmonaire du Canada, Parachute et l'Association canadienne des chefs de pompiers dans laquelle on lie les tests de présence du radon aux messages plus familiers sur la sécurité des logements qui visent les détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone. J'ai apporté des exemplaires qu'on vous a distribués.
Nous avons donné la priorité au radon dans nos travaux collectifs, en raison du niveau élevé bien établi de risque posé par le radon et parce que nous croyons fermement que la protection des enfants représente un investissement dans la santé pour toute la durée de la vie. Les torts causés par l'exposition au radon sont cumulatifs, ce qui signifie que si nous pouvons réduire l'exposition des enfants en faisant la promotion des mesures de sécurité liées au radon dans les foyers et en visant les six à huit heures qu'un grand nombre d'enfants passent chaque jour dans des centres de garde d'enfants ou dans d'autres milieux d'apprentissage, nous pouvons offrir aux enfants canadiens un meilleur départ vers une vie en santé, afin que leur génération et les générations futures soient moins à risque de souffrir des effets dévastateurs du cancer du poumon.
Il y a également une question d'équité. En effet, l'exposition au radon est un très bon exemple d'un risque de santé lié au logement que les personnes au revenu peu élevé, surtout les locataires, n'ont pas la capacité de régler elles-mêmes. Manifestement, connaître les dangers du radon ne suffit pas lorsqu'on ne peut pas se permettre d'acheter une trousse de tests, et encore moins de payer pour des travaux visant la réduction des concentrations du radon. C'est ce type de problème que nous tentons de résoudre dans le cadre d'une nouvelle initiative du PCSEE appelée « LogementSain », qui renforcera la capacité du secteur des services sociaux de répondre aux préoccupations en matière de santé dans les logements des personnes à revenu peu élevé.
Si nous voulons que les habitations dans lesquelles vivent les Canadiens soient plus salubres, l'élimination des obstacles financiers à la réduction des concentrations de radon devrait constituer une priorité. Cela pourrait inclure la recommandation de la Coalition du budget vert que Kathy a mentionnée dans son exposé, c'est-à-dire l'instauration d'un crédit d'impôt pour l'atténuation du radon. Si le fédéral joue un rôle de premier plan pour aider les familles afin que des mesures soient prises pour réduire des dangers évitables pour leur santé chez eux, dont le radon, ce serait une façon judicieuse d'investir dans la santé et le bien-être des gens au Canada.
Dans les travaux sur les substances toxiques que nous effectuons dans le cadre du PCSEE, nous nous heurtons souvent aux subtilités des données scientifiques suscitant de vifs débats sur les causes et les effets et les preuves d'effets préjudiciables. Hélas, dans le cas du radon, c'est tout à fait simple. Le radon cause le cancer du poumon, point à la ligne. Nous savons comment déterminer sa présence. Nous savons quoi faire si les concentrations sont élevées. Nous savons que sa présence augmente le risque que pose l'autre grande cause du cancer du poumon: le tabac. Nous avons maintenant besoin de courage et d'investissements pour faire en sorte que les logements et les immeubles dans lesquels nous passons du temps — et surtout dans lesquels nos enfants passent du temps — ne sont pas une source du cancer du poumon, qui est évitable.
Merci.
Tom Kosatsky
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Tom Kosatsky
2015-06-18 16:53
Je peux conclure en une minute.
Même si tout le monde effectuait les tests et que chaque habitation où on avait détecté une concentration de plus de 200 était rénovée, nous ne ferions qu'effleurer le problème du cancer du poumon au Canada. Alors, quoi faire? Nous devrions et nous pouvons éliminer la présence du radon dans les bâtiments. Le nouveau code du bâtiment, les concentrations prescrites et l'appui provincial sont certes utiles, mais seulement de façon mineure. Il serait vraiment utile d'installer des ventilateurs, en plus du bout de plastique recommandé dans le nouveau code du bâtiment, afin d'évacuer le radon à l'extérieur de sorte que les concentrations à l'intérieur des maisons soient très faibles. Les gens n'auraient pas à s'en faire. On vivrait dans des maisons à faible concentration de radon. On n'aurait pas besoin d'étiquette. On le saurait dès l'emménagement.
Il faudra attendre des années avant que chaque nouvelle maison au Canada ait une faible concentration de radon, mais au moins, nos enfants et nos petits-enfants ne seront pas aux prises avec ce fléau. Il est beaucoup plus rentable de procéder ainsi que de mettre en place un système d'atténuation. Le coût par maison est bien moindre, et cela aura des effets à long terme sur la maison elle-même.
Que devrions-nous faire? D'abord, nous devrions adopter une approche axée sur la population, c'est-à-dire examiner l'ensemble de la population au lieu de s'en tenir aux gens qui habitent dans une maison à forte concentration de radon. Ensuite, nous devrions remettre en question la directive actuelle et réviser à la baisse la concentration prescrite, dans la mesure du raisonnable. De plus, nous devrions légiférer pour un inventaire d'immeubles résistants au radon afin que nous puissions éliminer le radon dans les nouveaux bâtiments. Les gens qui vivent dans des maisons déjà construites voudront emboîter le pas en se disant: « Comment se fait-il que la maison de mon voisin soit construite ainsi? Je veux la même chose, moi aussi. » Ce serait la meilleure façon d'encourager les gens à faire des tests et à prendre des mesures correctives.
Par ailleurs, nous devrions faire appel aux autorités provinciales pour que les garderies, les écoles et les lieux de travail reproduisent le modèle résidentiel. Enfin, il faudrait intégrer la baisse du radon aux mesures antitabac, parce que si nous vivons dans un monde sans tabac et sans radon, il n'y aura presque aucun cas de cancer du poumon, la première cause de décès par cancer au pays.
Voilà. Merci de votre attention.
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NPD (QC)
Merci, madame la présidente.
Nous avons parlé tout à l'heure de la représentation des femmes dans les conseils d'administration, de la possibilité pour elles de faire carrière en sciences, technologie, génie et mathématiques, et de la création d'un environnement dans lequel les femmes peuvent accéder à des emplois bien rémunérés et occuper des postes de responsabilité. D'après les derniers chiffres dont nous disposons — qui remontent à cinq ans car il n'y a pas de données plus récentes —, les femmes consacrent en moyenne à leurs enfants 50 heures par semaine sans rémunération, ce qui représente le double de ce que font les hommes.
Pourquoi ne prenons-nous pas le temps d'examiner la question du travail non rémunéré ainsi que le fait que les femmes assument encore une part disproportionnée du fardeau quand il s'agit de s'occuper des enfants et que nous ne leur donnons pas la possibilité de recourir à des services publics de garde d'enfants partout dans le pays?
Nous savons, par exemple, qu'à Ottawa, envoyer un enfant à la garderie peut coûter 1 500 $ ou 2 000 $ par mois.
Les programmes tels que le fractionnement du revenu, qui ne sont pas accessibles pour 85 % des femmes, ne leur donnent aucun choix direct tandis que la prestation pour enfants est d'un montant insignifiant pour beaucoup de femmes qui doivent payer les frais d'une garderie chaque mois.
Pourquoi ne prenons-nous aucune mesure pour remédier à cet important écart en matière de travail non rémunéré?
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NPD (QC)
Je regrette de vous interrompre. Je suis sûre que c'est un programme fabuleux, mais je veux revenir au fait que, partout dans le pays, on entend dire que les femmes restent souvent à la maison pour élever leurs enfants parce que la garderie coûte plus cher que ce que gagnent la plupart des femmes du pays. En fait, des programmes tels que le fractionnement du revenu favorisent cette situation.
Est-ce là le genre de choix que le gouvernement conservateur, votre gouvernement encourage?
Voir le profil de Mylène Freeman
NPD (QC)
Dans les quelques instants qui me restent, je voudrais signaler que la dernière fois que Mme Savoie a comparu à l'occasion de la recherche sur les secteurs des sciences, technologie, génie et mathématiques, elle avait dit que la responsabilité de la garde des enfants et même des soins aux aînés incombe surtout aux femmes.
Les données que nous avons à ce sujet remontent à 10 ans et figurent dans une publication qui est elle-même vieille de cinq ans. Est-ce que de nouvelles données seront bientôt recueillies ou publiées?
Meena Ballantyne
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Meena Ballantyne
2015-05-12 12:56
Je ne suis pas sûre que nous ayons des données sur cette question particulière. Je sais cependant que nous travaillons sur un nouveau numéro de la publication Femmes au Canada de Statistique Canada. La nouvelle édition et les différents chapitres devraient paraître… Je pourrais peut-être voir si Femmes au Canada…
Lisa Kelly
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Lisa Kelly
2015-05-05 11:37
Merci, madame, de nous avoir offert cette occasion de vous parler, à vous et aux membres du comité.
Je vais faire une brève présentation, puis je passerai la parole à ma collègue Terry Weymouth, qui vous donnera des exemples concrets du secteur des métiers spécialisés.
Unifor est un organisme qui représente 305 000 employés et travailleurs qui exercent divers métiers partout au pays. Nous représentons des travailleurs de fabriques d'automobiles comme des pilotes de ligne. Environ un tiers de nos membres sont des femmes, soit environ 87 000 membres. Nous représentons plus de 40 000 métiers.
Nos statistiques sur les métiers spécialisés sont à peu près les mêmes que les chiffres qu'on vous a présentés ici; environ 4 % de femmes exercent des métiers spécialisés. Il est un peu plus difficile d'obtenir des chiffres dans les domaines de STIM parce que comme vous l'a dit un témoin lors d'une de vos séances précédentes, on ne s'entend pas parfaitement sur la définition d'un métier de STIM. Mais je peux vous dire que nous représentons un grand nombre de travailleurs des secteurs de l'aérospatiale, des télécommunications, des soins de santé et de l'enseignement. Je vais vous donner quelques exemples de ces secteurs.
Nos membres féminins de tous les secteurs nous disent qu'elles ont de la difficulté à trouver des services de garderie d'enfants accessibles et abordables. C'est un problème fondamental auquel se heurte un grand nombre de nos membres, quel que soit le métier qu'elles exercent. Nos membres qui travaillent par quarts et qui ont des horaires de travail intense ont aussi de la peine à équilibrer leur rôle de femmes prenant soin des membres de leur famille — qu'il s'agisse d'enfants ou de parents — avec le rôle qu'elles assument au travail.
Nous avons observé les mêmes problèmes que ceux que d'autres témoins ont mentionnés: le roulement professionnel et le manque de modèles exemplaires. Mme Weymouth vous expliquera qu'il est nécessaire de se visualiser dans la situation pour y accéder et elle vous présentera le rôle de modèle exemplaire que nous avons cherché à créer. L'attitude négative envers ces métiers ne règne pas seulement chez ces jeunes femmes, mais chez les employeurs qui devraient leur ouvrir des portes. Je ne vais pas vous présenter tout notre mémoire, mais vous y trouverez d'autres d'exemples.
En observant nos membres féminins qui travaillent dans un domaine de STIM, nous avons remarqué qu'elles se trouvent encore dans le groupe des travailleurs les moins rémunérés et aux emplois les moins sûrs. Par exemple, nous représentons une université qui mène beaucoup de recherche en soins de santé, et les chercheurs principaux titulaires des postes les plus sûrs sont généralement des hommes; les femmes sont en général des adjointes de recherche engagées par contrats d'un an à 18 mois. Au bout d'un certain temps, ces membres nous disent qu'elles sont obligées de quitter cette situation d'emploi précaire pour un poste plus sûr qu'elles trouvent bien souvent hors du secteur de STIM, ce qui les force à abandonner leur parcours professionnel. Vous avez ici un exemple du roulement professionnel dont je parlais tout à l'heure.
Le harcèlement constitue encore un problème lorsque l'employeur n'indique pas clairement que les femmes sont les bienvenues et qu'il les a embauchées pour leurs compétences. Nous observons une résistance à la présence de femmes dans les lieux de travail où elles se trouvent en minorité.
Je vais vous donner quelques exemples précis dans les métiers spécialisés. Mais avant cela, il faut que je vous dise que dans nos cours de formation syndicale, nous veillons à ce que nos gens soient exposés à des membres venant de métiers très divers en engageant des éducateurs qui exercent ces métiers.
Je suis contente que notre présentation vienne juste après celle d'Irving Shipbuilding. Nous nous concentrons sur la diversité non seulement des femmes blanches, mais aussi des femmes de couleur, des femmes handicapées et aussi des hommes racialisés. Nous nous efforçons de présenter cela dans notre formation sur le harcèlement et sur les lieux de travail empreints de respect. Nous avons aussi un programme d'enquête conjointe des plaintes de harcèlement et de manque de respect dans les lieux de travail.
Nous offrons une bourse aux femmes qui s'engagent dans un domaine dominé par les hommes. C'est un de nos prédécesseurs, le SCEP, qui a créé cette bourse juste après le massacre perpétré à Montréal, afin d'encourager et d'aider les femmes à prendre des mesures qui, à l'époque, étaient habituelles pour les femmes.
Je vais passer la parole à Terry.
Kathleen Lahey
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Kathleen Lahey
2015-05-05 11:51
J’aimerais plus particulièrement attirer l’attention du comité sur le fait que, dans les domaines essentiellement masculins des programmes STIM, à savoir l’électricité, la mécanique, les logiciels, le génie informatique et les mathématiques, le pourcentage d’étudiantes oscille entre 9 et 12 %, ce qui est incroyablement peu. Et tout ça malgré beaucoup de projets pilotes, etc., axés sur ce problème particulier. Je dirais que le temps est venu d’affronter l’évidence: la façon dont le gouvernement du Canada aborde ce problème ne fonctionne tout simplement pas. Pour aider le comité à envisager peut-être des solutions plus vigoureuses, j’aimerais attirer son attention sur le fait que le mode d’analyse retenu par le Canada pour aborder le problème des effectifs dans les programmes STIM des universités et collèges ne tient pas en comparaison des perspectives adoptées aux États-Unis, en Europe et dans d’autres pays développés.
Le Canada, notamment, continue d’utiliser les comptes rendus personnels, les petites enquêtes par sondage, les projets pilotes, et les projets communautaires, coopératifs ou pilotés par le secteur privé qui sont très localisés et ne s’inscrivent pas particulièrement dans un cadre de réglementation.
Par ailleurs, les lois sur l’équité en matière d’emploi sont devenues presque dysfonctionnelles du point de vue du rééquilibrage des hommes et des femmes en raison de pratiques de discrimination durables. Et le Programme de contrats fédéraux, qui est censé garantir le caractère non discriminatoire du secteur privé même si celui-ci n’est pas entièrement et partout assujetti aux lois sur l’équité en matière d’emploi, n’en sera pas moins soumis à une forme de réglementation. Outre le fait que les instruments de réglementation ne sont pas utilisés, alors que le gouvernement en dispose et devrait les utiliser pour le bien-être de tous au Canada, la différence tient au fait qu’il n’emploie pas de méthodes scientifiques rigoureuses, pourtant très accessibles, pour mieux comprendre la nature des problèmes.
Lorsque les États-Unis et l’UE se sont penchés sur la question des effectifs dans les programmes STIM, ils ont formé des groupes d’experts composés de figures de premier plan de l’égalité des sexes, de l’emploi, des syndicats et des entreprises pour recueillir le maximum d’information possible, non seulement au moyen d’entrevues dirigées et d’études théoriques, mais aussi d’études scientifiques sur le terrain permettant de cerner la situation. Ils en ont tiré un ensemble de recommandations remarquablement semblables entre elles, dont aucune n’a jamais été sérieusement formulée dans le contexte canadien.
Qu’est-ce que ces études indépendantes ont révélé? Elles ont révélé, dans l’esprit de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la convention des Nations Unies qui impose de nombreuses obligations à tous les États signataires, dont le Canada, elles ont révélé, donc, qu’il faut procéder à une analyse généralisée et vigoureuse de l’égalité des sexes, en continu et portant sur tous les aspects de la structure d’enseignement, pour corriger ce genre de lacunes. Les recommandations sont les suivantes.
Premièrement, veiller à ce que les ministères responsables des lois nationales sur l’égalité des sexes disposent de moyens efficaces pour faire le suivi systématique des déséquilibres dans toutes les professions et notamment dans l’enseignement et l’emploi des secteurs STIM.
Deuxièmement, créer un ministère des affaires féminines à chaque palier de gouvernement, y compris à l’échelle locale, doté d’un pouvoir légal indépendant et de ressources financières permettant de procéder à des enquêtes et de combler les lacunes dans les ministères où les normes d’égalité des sexes ne sont pas remplies, à savoir la parité de représentation des hommes et des femmes dans tous les aspects de la société canadienne.
Troisièmement, les gouvernements doivent s’engager activement et procéder à des analyses permanentes de tous les programmes du point de vue de l’égalité des sexes. J’aimerais rappeler à cet égard que, il y a quelques années à peine, dans le cadre du programme des chaires de recherche du Canada, on a créé 19 chaires qui ont coûté des millions de dollars dans les universités pour accélérer la performance dans l’innovation et la recherche scientifique. Chacune de ces chaires a été confiée à un homme, et l’une des raisons à cela est que la liste complète des candidats présélectionnés était composée d’hommes seulement.
Industrie Canada a commencé à s’en inquiéter suffisamment pour suspendre le programme provisoirement et le relancer, et, cette fois, 14 personnes ont été nommées, dont seulement un homme.
L’incapacité systématique à maintenir ne serait-ce qu’un semblant d’égalité des sexes dans le programme des chaires avait donné lieu à une plainte auprès de la Commission canadienne des droits de la personne, dont le règlement prévoyait que le programme respecterait le principe de l’égalité des sexes. C’était au début des années 2000. Il y a donc des choses qui ne se font pas du tout.
Parmi les autres recommandations découlant des études américaines et européennes et d’autres études scientifiques de haut niveau, signalons la nécessité de garantir un financement permanent et non de soutenir simplement des projets au fur et à mesure; signalons aussi la création de réseaux actifs et indépendants de professionnels pour les femmes inscrites dans des programmes de sciences pour les aider dans leurs propres recherches en tant que scientifiques et dans la levée des obstacles en tant qu’expertes de l’égalité des sexes… C’est une sorte de double fardeau qui doit être financé par le gouvernement, parce que les femmes inscrites à des programmes STIM ne peuvent décemment pas faire les deux en même temps.
La liste n’est pas finie: il faudrait également prévoir des ressources suffisantes pour aider les femmes qui reviennent au pays et les immigrantes qui se heurtent à une énorme discrimination, même si on déploie beaucoup d’efforts pour recruter des gens formés dans les domaines scientifiques à l’étranger. Il y a aussi une vigoureuse recommandation dans ces études et d’autres: que des programmes de garderie souples et abordables et des congés de paternité valables soient offerts dans tous les métiers spécialisés et dans tous les programmes d’enseignement, les emplois et les recherches STIM.
Enfin, de solides données attestent que la situation est largement imputable à la culture des entreprises, où, comme on l’a vu, il y a très peu de femmes aux conseils d’administration. Le pipeline des cadres dans les secteurs où se fait le plus gros du recrutement STIM s’est rétréci depuis 10 ans, et le nombre de femmes accédant aux niveaux de la direction se réduit d’année en année, sans solution en vue.
Voir le profil de Kirsty Duncan
Lib. (ON)
Merci, professeure Lahey.
Vous avez dit que l'approche du Canada à l'égard de l'égalité des sexes et des STIM ne fonctionne pas. Vous avez parlé de l'Europe et des États-Unis. Pouvez-vous nous dire ce qu'ils font en particulier et ce qui fonctionne là-bas?
Kathleen Lahey
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Kathleen Lahey
2015-05-05 12:25
Ce qui fonctionne là, c'est la liste que j'ai établie. Elle comprend 15 programmes en tout, et tous doivent être mis en place et supervisés par les gouvernements. Tout commence par la mise en place de lois et de programmes antidiscrimination efficaces, avec des commissions et des organes de contrôle qui ont suffisamment d'argent pour être en mesure d'aller sur le terrain et voir ce qui se passe en fait sur place, recueillir des données contemporaines, s'assurer que toute inégalité possible est redressée immédiatement et avoir suffisamment de pouvoirs de redressement pour prendre les mesures nécessaires. C'est le premier élément de la liste, l'instrument le plus efficace selon une étude de l'Union européenne à laquelle ont participé les 27 pays membres de l'UE et les 10 nouveaux pays membres de l'UE. L'étude a été réalisée en appliquant tous les outils qu'offrent l'économétrie et l'analyse statistique pour déterminer les facteurs qui font vraiment une différence.
Le reste de la liste comprend les éléments que j'ai mentionnés par rapport à l'intégration des femmes dans la normalité et à la mise en place, dans tous les gouvernements, d'un organisme sur la situation de la femme réellement efficace et apte à effectuer ce genre de surveillance permanente, parce que ces problèmes ne se limitent pas aux STIM. Comme j'allais le dire en réponse à la dernière question, les gens ont évoqué l'exemple des femmes avocates qui réussissent beaucoup mieux pour affirmer que ce doit être un problème particulier au secteur des STIM. En fait, ce n'est tout simplement pas le cas.
Lorsque le Barreau du Haut-Canada a mené une vaste étude, il y a quelques années, pour connaître comment réussissent les femmes en droit, il a constaté que, premièrement, le nombre de femmes diminue à mesure que les frais de scolarité augmentent, deuxièmement, les femmes avocates à temps plein qui ont des enfants effectuent en moyenne 35 heures de tâches non rémunérées à prendre soin des enfants, des personnes âgées et autres membres de la famille et à s'occuper de la maison. Elles ont le même âge, elles sont diplômées de la même année, elles occupent le même genre d'emplois, mais les cohortes masculines n'effectuent que 13 heures en moyenne de travail non rémunéré par semaine.
Le Canada pourrait enlever un lourd fardeau des épaules des femmes dans tous les secteurs, dans toutes les professions, en prenant les 22 milliards de dollars qui seront consacrés cette année à subventionner le travail non rémunéré des femmes au foyer et en utilisant seulement la moitié de cette somme pour mettre en place un programme national de garderies qui transformerait immédiatement la gamme des options réalistes offertes aux femmes. Une imposante étude de l'Union européenne et de la Commission européenne effectuée il y a très peu de temps montre la véracité de cette affirmation. En fait, jusqu'à ce que toutes les fonctions de soins que l'on s'attend que les femmes, parce que ce sont des femmes, assument par pure gentillesse, ou peut-être en raison de l'absence de solutions de rechange, soient reprises et partagées équitablement par l'ensemble de la société — utilisant le gouvernement comme une façon dont la société exprime ses objectifs et aspirations — ce problème ne pourra pas être résolu.
Voir le profil de Mylène Freeman
NPD (QC)
Cela nous amène directement à ma prochaine question. Nous avons entendu des témoins, notamment de la Condition féminine, dire que l'accès à des services de garde flexibles, surtout dans le cas d'emplois qui supposent de sortir de sa collectivité ou de travail par quarts, par exemple, et de choses comme ça, fait en sorte qu'il est très difficile d'élever une famille. Nous savons que les femmes assument encore une part disproportionnée du fardeau lié à l'éducation des enfants, des congés parentaux et de choses du genre.
Je ne sais pas si vous avez des observations à formuler au sujet des façons dont l'accès aux services de garde d'enfants ou l'absence d'accès a changé les choses. Je m'adresse à vous tous, en passant.
Nancy Darling
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Nancy Darling
2015-04-28 12:40
Cet accès a certainement changé les choses pour nous. La garde d'enfants est l'un des obstacles les plus fréquents dont nous entendons parler.
Dans le cas des métiers, même si on travaille dans sa localité, la plupart des garderies n'ouvrent pas leurs portes avant 7 heures ou 7 h 30, mais vous devez être au travail à 7 heures; par conséquent, vous devez déposer les enfants au plus tard à 6 h 30.
Nous offrons un service de garde sur le campus et nous travaillons à offrir ce service 24 heures sur 24 afin d'accroître cet accès pour nos femmes. Nous espérons que cela deviendra une tendance. C'est de cela que nous avons besoin: un plus grand accès aux services de garde afin que nos femmes puissent travailler.
Ryan Montpellier
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Ryan Montpellier
2015-04-28 12:41
Nous avons vécu la même expérience. Un certain nombre de sociétés minières ont tenté soit d'établir un service de garde dans la collectivité où elles sont exploitées, soit d'appuyer ces garderies financièrement ou d'autres manières.
Ce qui était intéressant dans le cas des petites collectivités, c'était que, lorsque les deux conjoints ou les deux membres de la famille travaillent pour la même société minière, le problème était alors lié à l'établissement des horaires et à la flexibilité. Je pense que tout cela fait ressortir certains des défis auxquels nous faisons face: comment notre industrie et nos employeurs peuvent devenir plus flexibles afin de s'adapter aux divers types de familles d'aujourd'hui qui ne comptent pas qu'un seul travailleur, mais plusieurs —, à des structures familiales différentes de ce qu'on voyait il y a 20 ans. Comment pouvons-nous changer afin de nous adapter aux divers types de personnes?
Jennifer Flanagan
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Jennifer Flanagan
2015-04-28 12:41
Je peux vous affirmer que nous intervenons dans le cadre de nos programmes auprès de 1 000 personnes qui étudient au premier cycle les domaines des STIM. Les femmes qui travaillent pour nous ont déjà entamé une discussion à propos de cet obstacle ou de cette préoccupation en particulier. Pendant qu'elles étudient en génie, elles se demandent comment elles vont arriver à concilier cet aspect, comment elles vont pouvoir travailler dans ce domaine. Parfois, elles abandonnent avant même d'avoir terminé leurs études de premier cycle. C'est une préoccupation constante pour les femmes, et on en entend beaucoup parler sur le terrain.
Voir le profil de Mylène Freeman
NPD (QC)
Nous avons abordé le sujet des services de garde. Avez-vous remarqué si les coûts qui y sont associés représentent un obstacle particulier, ou si les obstacles sont essentiellement l'accessibilité et les horaires?
C'est tout pour moi.
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