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Kelley Bush
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Kelley Bush
2015-06-18 16:07
Bonjour, je m’appelle Kelley Bush et je suis la chef de la section de l’éducation et de la sensibilisation concernant le radon du Programme national sur le radon de Santé Canada.
Je vous remercie, monsieur le président et membres du comité, de m'avoir invitée aujourd'hui pour parler du radon en tant que cause du cancer du poumon et pour présenter le travail effectué par le Programme national de compétence sur le radon au Canada.
Dans le cadre des activités de ce programme, Santé Canada s’emploie à informer les Canadiens des risques pour la santé que présente le radon, à mieux comprendre les méthodes et les technologies offertes pour réduire l’exposition au radon et à fournir aux Canadiens les outils leur permettant de prendre des mesures pour réduire leur exposition au radon.
Le radon est un gaz radioactif incolore et inodore qui se forme naturellement dans l’environnement. Il provient de la désintégration naturelle de l’uranium dans les sols et les roches. Lorsque le radon s’échappe dans l’air extérieur, il est dilué et ne pose aucun risque. Toutefois, dans les espaces clos, comme les maisons, il peut parfois atteindre des concentrations très élevées pouvant entraîner un risque pour la santé. Le radon se désintègre naturellement en formant d’autres substances radioactives que l’on appelle descendants ou produits de filiation. Le radon et ses produits de filiation se lient aux particules dans l’air, et s’ils pénètrent dans les poumons, ils émettent un rayonnement ionisant appelé particules alpha lorsqu’ils se désintègrent. Ces dernières libèrent de petits éclats d’énergie absorbés par les tissus pulmonaires environnants, qui détruisent ou endommagent les cellules pulmonaires. Les cellules pulmonaires endommagées peuvent causer un cancer en se reproduisant.
Les risques de cancer du poumon associés au radon sont bien reconnus dans le monde. Comme l’a indiqué l’Organisation mondiale de la Santé, des études récentes sur le radon dans l’air intérieur et le cancer du poumon réalisées en Amérique du Nord, en Europe et en Asie démontrent clairement que le radon cause un nombre important de cancers du poumon dans la population générale. On reconnaît à l’échelle mondiale que le radon est la deuxième cause du cancer du poumon après le tabagisme et que les fumeurs qui sont aussi exposés à des concentrations élevées de radon présentent un risque beaucoup plus grand de développer un cancer du poumon.
Selon les plus récentes données de Santé Canada, 16 % des cancers du poumon seraient associés à l’exposition au radon et entraîneraient plus de 3 200 décès chaque année au pays. Afin de gérer ces risques, le gouvernement fédéral, en collaboration avec les provinces et les territoires, a fait passer en 2007 sa directive sur le radon de 800 à 200 becquerels par mètre cube d’air. Cette directive constitue l’une des concentrations prescrites les plus faibles à l’échelle internationale et cadre avec la plage de 100 à 300 becquerels par mètre cube d’air recommandée par l’Organisation mondiale de la Santé.
Une certaine concentration de radon se trouve dans toutes les maisons et les immeubles. La question n'est pas de savoir s'il y en a; c'est un fait qu'il y en a. La question est donc la suivante: quelle est cette concentration? La seule façon de le savoir, c'est de la mesurer. Santé Canada recommande à tous les propriétaires de mesurer la concentration de radon dans leur maison et de prendre des mesures pour la réduire si elle dépasse la directive canadienne.
Le Programme national sur le radon a été lancé en 2007 pour appuyer la mise en oeuvre de la nouvelle directive fédérale sur le radon. Le financement de ce programme provient du Programme de réglementation de la qualité de l’air du gouvernement du Canada. Le budget du Programme national sur le radon est de 30,5 millions de dollars sur cinq ans.
Depuis sa création, le programme a entraîné des effets directs et mesurables en permettant de mieux sensibiliser le public, de mesurer davantage la concentration de radon dans les maisons et les immeubles publics et de réduire l’exposition au radon. Ces activités ont pu être réalisées grâce à des travaux de recherche visant à caractériser le problème du radon au Canada et grâce à des mesures visant à protéger les Canadiens en les sensibilisant davantage et en leur fournissant les outils dont ils ont besoin pour agir à l’égard du radon.
Le Programme national sur le radon comprend d’importants travaux de recherche pour caractériser les risques liés au radon au Canada. Deux enquêtes pancanadiennes à grande échelle sur la concentration de radon dans les résidences ont été réalisées, ce qui comprenait des mesures des concentrations de radon dans 17 000 foyers sur une longue période. Les enquêtes nous ont permis de mieux comprendre ces concentrations dans l’ensemble du pays. Santé Canada et les intervenants partenaires utilisent ces données pour mieux définir les risques associés au radon, orienter efficacement les activités de sensibilisation au radon, sensibiliser le public et promouvoir les mesures à prendre. À titre d’exemple, Santé publique Ontario a utilisé ces données pour réaliser son étude sur le fardeau du radon; la Colombie-Britannique les a utilisées pour guider les changements qui ont été apportés aux codes du bâtiment de la province en 2014, de manière à renforcer les mesures de réduction du radon dans les régions les plus exposées à ce gaz selon l’enquête pancanadienne; et la CBC les a utilisées pour réaliser un reportage d’enquête spécial et une carte interactive concernant le radon.
Dans le cadre du Programme national sur le radon, des travaux de recherche sur les mesures de réduction du radon sont aussi menés, ce qui comprend l’évaluation de l’efficacité des méthodes de réduction, la réalisation d’études de suivi des mesures de réduction et l’analyse des effets des améliorations du rendement énergétique sur les concentrations de radon dans les immeubles. Par exemple, en partenariat avec le Conseil national de recherches, le Programme national sur le radon a effectué de la recherche sur l’efficacité de systèmes courants de réduction du radon dans les belles conditions climatiques canadiennes. Il travaille également avec le Toronto Atmospheric Fund afin que la mesure du radon fasse partie d’une étude portant sur les améliorations du rendement énergétique d’immeubles communautaires et leurs effets sur la qualité de l’air intérieur.
Ces travaux contribuent à l’élaboration de normes et de codes nationaux sur la réduction des concentrations de radon. Le Programme national sur le radon a dirigé les modifications apportées aux codes nationaux du bâtiment de 2010. Nous travaillons présentement à l’élaboration de deux normes nationales à venir sur la réduction des concentrations de radon pour les maisons existantes et les nouvelles constructions.
Le Programme a élaboré un vaste programme de sensibilisation pour informer les Canadiens des risques associés au radon et les encourager à prendre des mesures pour réduire l’exposition à ce gaz. Ce programme de sensibilisation est mis en oeuvre au moyen de divers canaux ciblant le grand public, les principaux groupes d’intervenants ainsi que les populations les plus à risque, comme les fumeurs et les communautés où les niveaux de radon sont élevés.
Bon nombre des réussites du programme résultent de collaborations et de partenariats avec une grande diversité d’intervenants. Nos partenaires comprennent des gouvernements provinciaux et des administrations municipales, des organisations non gouvernementales, des organisations professionnelles de la santé, le secteur de la construction, le secteur de l’immobilier, et j'en passe. Grâce à notre collaboration avec ces intervenants, le programme peut renforcer la crédibilité des messages que nous communiquons et étendre la portée de nos efforts de sensibilisation. Nous leur sommes très reconnaissants de leur participation et de leur soutien continus.
En novembre 2013, l’Association pulmonaire du Nouveau-Brunswick, l’Association pulmonaire de l’Ontario, le groupe Summerhill Impact et Santé Canada ont lancé le tout premier Mois de sensibilisation au radon. Cette campagne nationale annuelle prend la forme d’activités, de contenu Web, de publications dans les médias sociaux, de messages d’intérêt public et de reportages médiatiques. Elle permet de sensibiliser le public à la question du radon et d’encourager les Canadiens à agir. En 2014, la campagne a pris de l’ampleur; le nombre d’intervenants partenaires et d’organismes qui y participent a augmenté, et elle comprenait un message d’intérêt public où Mike Holmes, personnalité de la télévision, encourageait les Canadiens à mesurer les concentrations de radon dans leur maison.
Afin que les Canadiens disposent des outils nécessaires pour prendre des mesures, de nombreux documents d’orientation ont été élaborés concernant la mesure des concentrations de radon et la réduction de celles-ci. Santé Canada a également appuyé l’élaboration du Programme national de compétence sur le radon au Canada, un programme de certification visant à établir des lignes directrices pour la formation des professionnels du radon. Ce programme permet de s’assurer que des services et des produits de mesure et de réduction des concentrations de radon de qualité sont offerts aux Canadiens.
Le Collège des médecins de famille de l’Ontario et l’Université McMaster, avec le soutien de Santé Canada, ont élaboré un cours accrédité de formation médicale continue sur le radon. Ce cours vise à aider les professionnels de la santé à répondre aux questions de leurs patients concernant les risques que présente le radon pour la santé ainsi que la nécessité de mesurer les concentrations de radon dans leur maison et de réduire l’exposition de leur famille à ce gaz.
Le Programme national sur le radon comprend aussi des activités de sensibilisation destinées aux populations à risque. Par exemple, Erica a déjà parlé de la liste de vérification en trois points concernant la sécurité à domicile à laquelle Santé Canada a travaillé avec le PCSEE. De plus, nous avons un feuillet de renseignements à l’intention des fumeurs, intitulé Le radon -— Une autre raison d’arrêter. Il est envoyé dans les cabinets de médecins de partout au Canada afin qu’il soit distribué aux patients. Depuis le début de la distribution de ce document, les demandes provenant des cabinets de médecins ont considérablement augmenté. Le nombre de feuillets demandé est passé de 5 000 à environ 30 000 par mois et il sont envoyés partout au Canada.
Compte tenu du risque important que présente le radon pour la santé, le Programme national sur le radon de Santé Canada continue de mener diverses activités en vue de mieux sensibiliser le public aux risques associés à ce gaz et de fournir aux Canadiens les outils nécessaires pour prendre des mesures à l’égard du radon. Nous sommes heureux d’effectuer ces travaux en collaboration avec de nombreux partenaires de partout au pays.
Je vous remercie de votre attention. Ce sera un plaisir pour moi de répondre à toutes vos questions.
Sarah Henderson
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Sarah Henderson
2015-06-18 16:55
Bonjour.
Je vous ai remis, moi aussi, un jeu de diapositives. La première page s'intitule « Zones où il existe un risque d'exposition au radon et tendances relatives à la mortalité par cancer du poumon en Colombie-Britannique ». J'espère que vous en avez tous reçu une copie. Je vais essayer de commenter le texte des diapositives pour ceux qui ne les auraient pas reçues.
J'aimerais commencer par vous remercier infiniment de m'avoir invitée. C'est un véritable honneur.
Je travaille pour le BC Centre for Disease Control, à titre de préposée principale à la recherche, mais je suis en réalité une chercheuse scientifique. Mon rôle consiste à effectuer des recherches appliquées sur la santé publique en vue d'appuyer l'élaboration de politiques judicieuses sur la santé environnementale dans la province, et c'est ainsi que j'ai commencé à m'intéresser au dossier du radon en Colombie-Britannique.
Aujourd'hui, je vais vous présenter des chiffres concrets tirés directement des données démographiques de la Colombie-Britannique, ce qui diffère un peu des questions que les autres témoins ont abordées jusqu'ici.
La première diapositive se veut simplement une récapitulation des valeurs prescrites pour le radon au Canada, selon la directive actuelle. Nous avons entendu parler du seuil de 200 tout au long de la journée, et une concentration au-dessous de cette limite est inférieure la directive établie par Santé Canada. Ensuite, si vous mesurez la concentration de radon dans votre maison et que vous détectez une concentration entre 200 et 600 becquerels par mètre cube, Santé Canada recommande actuellement que vous preniez des mesures correctives dans un délai de deux ans, alors que si la concentration est supérieure à 600 becquerels par mètre cube, le ministère recommande que vous preniez des mesures correctives sur-le-champ. C'est alors une zone où le risque d'exposition au radon présente un grand danger.
Nous avons utilisé ces valeurs en Colombie-Britannique pour, en quelque sorte, diviser la province en zones où le risque d'exposition au radon est faible, modéré ou élevé. Si vous ne voyez pas les couleurs sur la carte, les zones les plus foncées sont en rouge, et elles représentent les zones où il existe un risque élevé d'exposition au radon.
Nous sommes très chanceux en Colombie-Britannique. Nous avons une base de données de plus de 4 000 mesures du radon dans le contexte résidentiel, y compris des mesures provenant des enquêtes nationales de Santé Canada ainsi que d'une foule de sondages réalisés dans la province. Nous pouvons donc utiliser les données que nous avons observées dans la province pour présenter ce genre d'information. Ces régions géographiques sont appelées des zones sanitaires locales. Il s'agit de la plus petite unité géographique sanitaire en Colombie-Britannique. Nous sommes en mesure d'examiner les décès survenus dans la province à l'échelle géographique; c'est d'ailleurs pourquoi nous avons utilisé cette échelle géographique.
Nous avons fait quelque chose d'assez simple, mais qui est assez efficace, et j'espère que vous en conviendrez. Nous avons examiné la province selon ces régions et, sur une période de 25 ans, nous avons additionné tous les décès attribuables au cancer du poumon dans les zones où le risque est faible, modéré et élevé, ainsi que tous les décès attribuables à des causes naturelles, puis nous avons divisé le nombre de décès attribuables au cancer du poumon par le nombre de décès attribuables à des causes naturelles. En général, nous nous attendons à ce que 7 % de tous les décès en Colombie-Britannique soient attribuables au cancer du poumon, ce qui est probablement vrai pour la majeure partie du Canada.
La quatrième diapositive montre une situation hypothétique. Si le radon était le seul cancérogène pulmonaire dans le monde, la prévalence du cancer du poumon serait élevée et constante dans les zones où le risque d'exposition au radon est élevé; elle serait quelque peu moins élevée, mais constante au fil du temps dans les zones où le risque est modéré, et encore moins élevée, mais constante au fil du temps dans les zones où le risque est faible. J'aimerais que vous ne perdiez pas cela de vue lorsque nous passerons à la prochaine diapositive.
Lorsque nous avons examiné le total des décès en Colombie-Britannique, nous avons observé une situation assez différente de celle prévue dans ce scénario hypothétique. La ligne qui se trouve au bas représente les zones où le risque d'exposition au radon est faible. Vous ne la verrez peut-être pas si votre imprimé n'est pas en couleur. La ligne au milieu, qui est un peu plus au-dessus de la ligne du bas, représente les zones où il existe un risque modéré d'exposition au radon. Ensuite, la ligne qui est inclinée vers le haut au fil du temps et qui se démarque des deux autres lignes désigne la proportion de mortalité liée au cancer du poumon que nous avons observée dans les zones où il existe un risque élevé d'exposition au radon au cours des 25 dernières années en Colombie-Britannique.
Nous n'avons pas beaucoup de données sur ces gens. Nous nous servons uniquement de données administratives. Nous ignorons s'ils étaient des fumeurs ou des non-fumeurs. Nous ne savons pas si ces gens ont vécu ou non toute leur vie dans ces zones à risque élevé. Il y a donc une foule de contraintes qui limitent nos observations.
Lorsque nous divisons ces données selon les régions de la province où la prévalence du tabagisme est élevée et celles où la prévalence est faible — nous savons que les taux de tabagisme peuvent s'élever jusqu'à 30 % dans certaines zones de la Colombie-Britannique et qu'ils peuvent être aussi bas que 12 % dans d'autres —, nous observons quand même les mêmes tendances de prévalence. Il semble donc que le radon soit un facteur important.
Il y a une autre distinction importante lorsque nous comparons les tendances entre les hommes et les femmes, et je crois que c'est probablement pour cela qu'on m'a invitée à comparaître aujourd'hui.
Commençons par les hommes. La ligne du bas montre les zones où le risque d'exposition au radon est faible, celle du milieu représente les zones où le risque est modéré et celle du haut, les zones où le risque est élevé. Il n'y a pas une grande différence entre ces trois lignes, comparativement à l'ensemble de la population. En général, le cancer du poumon est à la baisse. C'est ce que nous prévoyons à mesure que les gens arrêteront de fumer. Chez les femmes, comme on peut le voir à la diapositive suivante, les lignes qui représentent les zones à faible risque et les zones à risque modéré se trouvent vers le bas, mais la ligne du haut est une courbe ascendante assez prononcée qui se démarque beaucoup des autres régions.
Nous observons donc ici une différence très marquée entre les deux sexes lorsque nous divisons ces données. Soit dit en passant, ce n'est pas très scientifique, mais ceux d'entre nous qui s'intéressent à la présence du radon en Colombie-Britannique entendent beaucoup de témoignages de gens qui disent, par exemple: « Ma femme est morte du cancer du poumon, mais elle n'a jamais fumé de toute sa vie. » Ces données correspondent à ce que nous entendons dire, même si ce n'est pas très scientifique.
Quelqu'un a posé une question sur le fardeau du cancer du poumon lié au radon dans les zones à risque élevé et à faible risque, selon les lignes directrices actuelles de Santé Canada. La diapositive suivante présente les données publiées par Jing Chen, de Santé Canada. Environ 6 % de l'inventaire de logements ont actuellement une concentration de radon supérieure à la valeur de 200 becquerels, et c'est lié à 28 % des cas de cancer au Canada, alors que 94 % de l'inventaire des logements ont une concentration inférieure à la valeur prescrite, et 72 % de tous les cas de cancer du poumon lié au radon sont associés aux maisons qui se trouvent dans cette gamme. Le gros du fardeau demeure donc dans les valeurs inférieures à la directive de Santé Canada.
C'est justement un point que nous avons abordé dans un nouvel article. Je tiens à préciser que ce travail n'a pas encore été publié. Il est en cours de révision, mais il ne fait pas partie des publications scientifiques, n'ayant pas été soumis à un examen par des pairs. Nous avons tenu compte d'une foule de valeurs limites. Nous ne faisons que tracer une ligne dans le sable lorsque nous fixons le seuil à 200 ou à 100. Nous avons examiné cette valeur à 600, 500, 400, 200, 100 et 50 becquerels pour voir si nous pouvions établir une distinction claire entre les zones en Colombie-Britannique où le risque d'exposition au radon est élevé et celles où le risque est faible en ce qui concerne les tendances relatives à la mortalité par cancer du poumon. Pour ce faire, nous avons examiné différentes limites et différents endroits.
En effet, si vous regardez à droite, la partie supérieure montre les tendances relatives à la mortalité par cancer du poumon chez les hommes et les femmes lorsque la valeur limite est fixée à 50 becquerels par mètre cube, et force est de constater que les tendances sont quand même distinctes. Nous voyons quand même une augmentation marquée de la mortalité par cancer du poumon chez les femmes dans les zones où il existe un risque élevé d'exposition au radon.
Sur la dernière diapositive, le message clé est, encore une fois, qu'il s'agit de données administratives très limitées. Nous avons fait ce travail dans le cadre d'un exercice de surveillance. Nous l'avons entrepris parce que la plupart des preuves que nous utilisons au Canada pour élaborer notre politique proviennent de l'étranger. Nous rassemblons des études menées en Europe, aux États-Unis et ailleurs. Nous tenions à montrer quelques données percutantes dans le contexte canadien.
Je le répète, la plupart des cancers du poumon découlant d'une exposition au radon au Canada surviennent à un seuil inférieur à la directive actuelle de 200 becquerels par mètre cube. Nous observons des tendances temporelles nettes dans les zones où il existe un risque d'exposition au radon en Colombie-Britannique. Nous n'avons pas reproduit des analyses semblables ailleurs au Canada, mais je ne serais pas surprise de voir des résultats similaires. Les tendances que nous constatons à un seuil de 200 becquerels par mètre cube persistent lorsque nous abaissons la limite à 50 becquerels par mètre cube. Cela appuie vraiment l'idée du niveau le plus bas que l'on peut raisonnablement atteindre. Comme Tom l'a dit, pour poursuivre cet objectif au Canada, il faut modifier radicalement notre Code national du bâtiment afin de protéger la population à l'avenir.
Nous avons évalué qu'il faudrait environ 75 ans pour changer tout l'inventaire des bâtiments résidentiels au Canada, ou du moins la majeure partie, mais au bout de ces 75 ans, il y aurait un inventaire d'immeubles résistants au radon, et la population serait bien protégée.
Enfin, il semble y avoir une différence entre les hommes et les femmes sur le plan des risques.
Merci de votre temps.
Natasha Leighl
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Natasha Leighl
2015-06-16 15:37
Parfait.
Merci beaucoup. Paul et moi sommes honorés de témoigner devant le comité. Nous sommes tous deux oncologues, mais nous travaillons dans deux établissements différents. Nous traitons les patients atteints du cancer du poumon. C'est notre domaine d'intérêt. Nous faisons également du bénévolat auprès d'un organisme, Cancer pulmonaire Canada, qui vise à appuyer les personnes atteintes du cancer du poumon.
Comme Paul vous l'a dit, il s'agit d'un important problème de santé publique. J'aimerais parler un peu des effets dévastateurs de cette maladie sur les personnes qui en sont atteintes au Canada. Je veux aussi parler de ce qui nous empêche de faire des progrès, notamment le très faible taux de survie et la stigmatisation, que j'aborderai un peu plus en détail. Il en résulte un soutien public disproportionné envers les gens ayant reçu ce diagnostic et envers leur famille, ainsi qu'un financement disproportionné au titre de la recherche. Comme Paul, je tiens à souligner certaines des possibilités qui s'offrent à votre comité afin de nous aider concrètement à changer les résultats pour les Canadiens atteints du cancer du poumon.
Le cancer du poumon, comme vous venez de l'entendre, est malheureusement la première cause de cancer au pays. J'ai un esprit de compétition assez développé, mais le fait d'arriver au premier rang dans ce domaine n'a rien de réjouissant. Hélas, le cancer du poumon est, de loin, la principale cause des décès liés au cancer.
Même si 80 % plus de femmes meurent du cancer du poumon que du cancer du sein, le cancer du sein est considéré comme le principal cancer féminin au pays. Par ailleurs, au moins 200 % plus d'hommes meurent du cancer du poumon que du cancer de la prostate; pourtant, c'est le cancer de la prostate qui occupe l'esprit des gens le jour de la fête des Pères quand ils songent aux hommes de leur vie. Nous croyons que cette situation doit vraiment changer. Selon les estimations de Statistique Canada, le cancer demeure la principale cause de décès chez les Canadiens, mais le cancer du poumon, à lui seul, est à l'origine d'un quinzième des décès: chaque année, 8 % des décès au Canada sont attribuables au cancer du poumon. Cette maladie se classe au deuxième rang, derrière les maladies cardiovasculaires.
Qui développe le cancer du poumon au Canada? Bien entendu, il y a les gens ayant des antécédents de tabagisme: 15 % de mes patients fument actuellement. Mais, la grande majorité des patients, soit plus de 60 %, ont cessé de fumer à un moment donné, que ce soit un an avant le diagnostic ou il y a 60 ans. Une proportion croissante de personnes n'ont jamais fumé et n'ont jamais été exposées au tabagisme — c'est le cas de 25 % de mes patients, mais dans d'autres cabinets, il peut s'agir d'un pourcentage aussi bas que 10 à 15 %.
La plupart des gens, soit 75 %, reçoivent le diagnostic à un stade déjà incurable, ce qui témoigne vraiment du manque de dépistage précoce au pays et du manque de sensibilisation quant aux façons dont nous pouvons détecter rapidement le cancer du poumon.
Au moins la moitié de mes patients atteints du cancer du poumon doivent arrêter de travailler. À peine 15 % sont en mesure de continuer de subvenir aux besoins de leur famille. Le cancer du poumon est une cause importante de difficultés financières pour les familles canadiennes. Plus du tiers des patients estiment que leur maladie a un effet dévastateur sur leur famille et leurs finances. Nous savons que les gens atteints du cancer du poumon — selon une étude menée aux États-Unis — connaissent un taux de faillite plus élevé que les gens qui n'ont pas de cancer. Parmi tous les cancers à l'étude, le cancer du poumon est celui qui entraîne le taux de faillite le plus élevé. J'espère que cela vous donne une idée des effets dévastateurs que cette maladie peut avoir non seulement sur une personne, mais aussi sur une famille.
Nous avons également appris que bon nombre des personnes atteintes du cancer du poumon reçoivent le diagnostic trop tardivement, si bien qu'elles ne peuvent pas recevoir de traitement. Dans le cadre de certains travaux que nous avons effectués et dont les résultats ont été publiés récemment, nous avons découvert que seulement le quart des gens chez qui nous avons diagnostiqué un cancer avancé peuvent recevoir certaines des thérapies incroyables dont Paul vient de parler. Encore une fois, cela en dit long sur la nécessité d'un dépistage précoce et d'un changement de mentalité quant à la façon et au moment de diagnostiquer cette maladie.
Il s'agit vraiment d'un cancer meurtrier. Même si le taux de survie après cinq ans pour les cas d'un cancer du poumon a augmenté de 18 % au prix de beaucoup d'efforts, ce taux s'élève à 88 % pour le cancer du sein, à 95 % pour le cancer de la prostate et à 65 % pour le cancer du côlon. On peut donc voir l'énorme disparité au chapitre du taux de survie, à lui seul. En raison de ce faible taux de survie, nous n'avons pas une voix puissante sur le plan de la défense des intérêts. À cela s'ajoute la stigmatisation, car le public a généralement l'impression que si vous avez un diagnostic de cancer du poumon, c'est parce que vous avez des antécédents de tabagisme et, donc, que vous le méritez.
Ce faible taux de survie est attribuable, en partie, au dépistage tardif. Je crois que le Dr Stephen Lam vous parlera de la disponibilité de programmes de dépistage organisés, qui peuvent réduire considérablement le taux de mortalité chez les personnes à haut risque, et ce, beaucoup plus que les programmes de dépistage actuels pour des maladies comme le cancer du sein ou le cancer du col de l'utérus.
C'est une maladie virulente. Bien que nous fassions des progrès, le cancer du poumon est associé à un taux de létalité très élevé. À l'heure actuelle, la plupart des personnes aux prises avec cette maladie en meurent. Il y a un véritable manque de fonds affectés à la recherche. Selon un rapport publié en 2011 par Charity Intelligence Canada, le cancer du poumon ne reçoit que 7 % des fonds dédiés à la recherche et moins de 1 % des dons publics, alors que cette maladie compte pour 27 % des décès attribuables au cancer chez les Canadiens. Je pense que cela en dit long sur la stigmatisation.
Selon d'autres travaux que nous avons examinés, même si le financement pour lutter contre le cancer du poumon augmente — entre 2005 et 2010, il a presque doublé, passant de 10 millions à près 22 millions de dollars —, il ne représente encore qu'une fraction des 536 millions de dollars qui ont été consacrés à la recherche en 2010. Vous pouvez voir que cela ne correspond qu'à 4 % du montant total, et ce, pour un cancer qui tue plus du quart des Canadiens emportés par une forme ou une autre de cancer.
J'ai aussi regardé ce qui s'est fait au cours de la dernière année. Les Instituts de recherche en santé du Canada ont donné cinq subventions de recherche sur le cancer du poumon, soit un investissement total de 230 000 $ sur un an. Il s'agit d'un organisme qui dispose d'un budget de 1 milliard de dollars pour financer la recherche qui se fait à l'échelle du pays, toutes maladies confondues. En comparaison, on constate que 500 subventions ont été accordées à la recherche sur le cancer du sein au cours des 5 dernières années, pour un total de plus de 140 millions de dollars, alors que la recherche sur le cancer du poumon ne faisait l'objet que de 159 subventions, pour un total de 39,6 millions de dollars. Encore une fois, on peut voir qu'il y a un déséquilibre en matière de financement et de soutien.
Cancer pulmonaire Canada a mené un sondage en ligne. Nous avons demandé à 1 600 Canadiens de nous dire ce qu'ils savaient au sujet du cancer du poumon. Les réponses données nous ont permis d'apprendre que seulement le tiers des personnes interrogées savaient que le cancer du poumon est le cancer le plus meurtrier de tous. Encore une fois, la plupart des femmes croyaient que le cancer du sein était le plus meurtrier des cancers chez les femmes, et que le cancer de la prostate détenait ce titre chez les hommes. La plupart des gens, dont les fumeurs, n'avaient pas discuté des risques de cancer du poumon avec leur médecin, et seulement 2 % des sondés étaient au courant de l'existence du Mois de la sensibilisation au cancer du poumon, en novembre.
Le lien avec le tabagisme était très bien connu. Mais, comme vous l'entendrez plus tard, le radon est aussi un important facteur de risque, et seulement 1 % des sondés le savaient. Du reste, seulement 7 % des propriétaires de maison sondés ont dit avoir soumis leur domicile à un test de détection du radon.
Deux tiers des répondants estimaient que les gens étaient très responsables des torts qu'ils s'étaient infligés en fumant. Au lieu de désigner, par exemple, les maladies du coeur ou d'autres types de cancer comme étant des conséquences du tabagisme — ce que nous savons —, ils estimaient que les gens atteints d'un cancer du poumon méritaient le moins leur sympathie, suivis de ceux qui boivent trop et ceux qui mangent trop. Encore une fois, il semble y avoir un énorme préjugé défavorable à l'endroit des gens qui souffrent de cancers découlant d'habitudes de vie et de ceux qui ont fumé, ainsi que pour toutes les autres maladies associées au tabagisme, entre autres les maladies du coeur. Mais les gens qui ont un cancer du poumon restent ceux envers qui les préjugés sont les plus virulents.
Alors, qu'en est-il du dépistage? Environ le quart des Canadiens savent qu'il existe un test de dépistage du cancer du poumon, et 90 % des Canadiens ont affirmé qu'ils appuieraient un programme national de dépistage pour les personnes à haut risque. Nous savons que le dépistage est autorisé et financé aux États-Unis. Le Partenariat canadien contre le cancer estime que l'instauration de programmes de dépistage permettrait de sauver la vie de 1 250 Canadiens. J'estime que de telles mesures pourraient avoir une incidence énorme sur les taux de survie.
Cela dit, j'aimerais encore une fois mettre en relief les domaines prioritaires pour lesquels ce groupe pourrait nous être d'un grand secours. Nous avons besoin d'une direction nationale pour sensibiliser la population et gagner les gens à notre cause, pour déboulonner les préjugés tout en travaillant à un Canada sans fumée. Nous avons besoin d'un mandat national qui aurait pour objet de réduire la mortalité attribuable au cancer du poumon. Les États-Unis ont une loi à cet égard. Je crois que les problèmes sont les mêmes au Canada, et les besoins aussi. L'instauration du dépistage permettra de transformer le visage de la maladie en profondeur, de changer le taux de survie et d'accomplir d'importants progrès dans la lutte au cancer du poumon. Nous devons aussi nous donner comme mission de favoriser l'augmentation du financement de la recherche sur le plan national jusqu'à ce qu'il atteigne un montant qui soit proportionnel à l'incidence qu'a cette maladie dans la population, certes, mais aussi pour augmenter nos chances de guérir les personnes atteintes du cancer du poumon au Canada.
Nous avons besoin de notre propre campagne nationale pour combattre les cancers les plus mortels, y compris le pire de tous, le cancer du poumon. Merci.
Joel Spicer
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Joel Spicer
2015-03-31 11:10
Tout d'abord, je vous remercie beaucoup. C'est un honneur d'être parmi vous aujourd'hui.
Dans mes remarques préliminaires, j'aborderai trois grands points: premièrement, que la nutrition est un élément essentiel de la protection de l'enfance; deuxièmement, que le Canada est reconnu dans le monde entier en tant que chef de file dans le dossier de la nutrition; troisièmement, que nous pouvons en faire bien davantage pour mettre cette réputation à profit de manière à influencer le reste du monde afin de transformer pour le mieux la vie des enfants.
D'aucuns se demanderont pourquoi le président d'un organisme axé sur la nutrition témoigne aujourd'hui à propos de la protection de l'enfance et de la jeunesse. Je dirai quelques mots sur le lien entre la malnutrition et la vulnérabilité, en particulier chez les enfants. Considérons les faits suivants.
Chaque soir, 300 millions d'enfants vont au lit le ventre vide. Chaque année, près de trois millions d'enfants de moins de cinq ans meurent de malnutrition. Ils ne sont pas assez résilients pour combattre les maladies et les infections opportunistes. C'est près de la moitié de toutes les morts d'enfants dans le monde, 8 000 enfants par jour, un décès toutes les 10 secondes. Plus de 160 millions d'enfants présentent un arrêt de croissance prématuré. Ils sont petits pour leur âge et ils ne consomment pas assez des nutriments de base qu'il leur faut pour fonctionner, grandir et réaliser leur plein potentiel.
Au final, un enfant mal nourri, c'est un enfant vulnérable. C'est un enfant qu'il faut protéger.
J'ai trois enfants. Ils ont six ans, cinq ans et deux ans. Lorsque je visite des projets de l'Initiative pour les micronutriments sur le terrain, je ne peux faire autrement que m'intéresser aussi aux enfants, un peu parce que je m'ennuie des miens, mais aussi parce que les enfants sont les principaux indicateurs de la santé et du potentiel d'une collectivité.
L'an dernier, j'ai eu la chance de visiter des projets de l'Initiative pour les micronutriments en Afrique subsaharienne et dans le Sud de l'Asie. Je me souviens d'un village en particulier, un village éloigné. Nous marchions et nous avons vu de nombreux enfants jouer, ce qui n'a absolument rien d'anormal. On s'attend à voir cela. Ce n'est que lorsqu'on apprend l'âge des enfants que l'on constate que quelque chose ne tourne vraiment pas rond. L'enfant dont vous auriez cru qu'il avait deux ou trois ans a en fait six ans. Un autre, un peu plus loin, est aussi grand que votre enfant, à la maison, mais il a neuf ou dix ans, pas six. Quand on les prend dans ses bras... Vous savez, je connais la densité de mes enfants. Je les prends souvent dans mes bras. Ils sont lourds. Or, lorsqu'on prend un enfant qui souffre de malnutrition chronique, c'est une tout autre sensation. C'est comme prendre du chiffon.
Cela dit, même si leur densité est différente, même si leur masse musculaire est différente, leur sourire, leur lumière intérieure et leur immense potentiel sont les mêmes. C'est ce qui brise le coeur: les enfants qui souffrent de malnutrition chronique devront livrer un dur combat jusqu'à la fin de leurs jours pour réaliser leur plein potentiel. Nous pouvons protéger ces enfants.
Le plus pénible, c'est que ce cycle se perpétue d'une génération à l'autre. Une fille qui semble avoir 10 ou 11 ans a en fait 16 ans et elle est sur le point de se marier. Les risques qu'elle meure en couches et que son enfant meure ou subisse toute sa vie les conséquences de la malnutrition en sont d'autant plus élevés. C'est ainsi que le cycle se perpétue. Les adolescentes mal nourries donnent naissance à des bébés ayant une insuffisance pondérale à la naissance, qui deviennent des enfants présentant un arrêt de croissance prématuré, puis des adolescents rachitiques. C'est un cycle sans fin.
Bref, on ne peut espérer remporter la lutte contre la pauvreté et ses conséquences tant que des générations entières sont mal nourries, qu'elles s'arrêtent de grandir prématurément et qu'elles peuvent difficilement réaliser leur potentiel de développement par manque d'accès à une saine nutrition. Je répète que, au final, un enfant mal nourri, c'est un enfant vulnérable. C'est un enfant qu'il faut protéger.
Sur une note plus positive, le Canada est à l'avant-plan de la protection des enfants contre la malnutrition. Sa réputation de chef de file mondial n'est plus à faire. Je vous donne quelques exemples de mesures visionnaires qu'il a appliquées. Ils s'inspirent de mon propre organisme.
L'Initiative pour les micronutriments est un organisme canadien de portée internationale et axé sur la nutrition qui joint chaque année 500 millions de personnes dans plus de 70 pays. Nous ciblons l'élargissement d'interventions peu coûteuses aux retombées importantes qui comptent parmi les solutions optimales les plus reconnues en matière de santé mondiale.
Je parle des capsules de vitamine A. Un enfant n'a besoin que de deux capsules par année pour stimuler de manière spectaculaire son système immunitaire et éviter la maladie. Chaque année, l'IM fournit ces deux doses à 150 millions d'enfants, ce qui les protège de la maladie et réduit de 24 % le taux de mortalité infantile. Au total, nous avons sauvé quatre millions de vies jusqu'à présent. Les capsules coûtent 2 ¢ l'unité à fabriquer, et la plupart le sont ici même, au Canada.
Voici un autre exemple: il y a des décennies, les gens se sont rendu compte qu'ioder le sel pouvait prévenir certaines déficiences intellectuelles et d'autres problèmes de santé tout en entraînant une augmentation du QI susceptible d'atteindre 15 points. Au cours des cinq dernières années, grâce au soutien des Canadiens, nous avons protégé 30 millions de nouveau-nés d'une déficience intellectuelle permanente, pour une facture de quelque cents par personne, par année.
Ce n'est pas la seule chose que fait l'Initiative pour les micronutriments. Nous cherchons constamment de nouveaux moyens d’améliorer le sort des femmes et des enfants. Ce ne sont là que deux exemples de ce que fait le Canada au-delà de sa juste part pour changer les choses.
Les Canadiens ont à coeur d’améliorer le monde où nous vivons. Ce leadership mondial en matière de nutrition, dont j’ai parlé, est en partie attribuable à l’engagement à long terme que nous avons pris envers les enfants. Cet engagement pris par nos représentants, par des politiciens de tous les partis, par des ONG, par des universitaires et par des Canadiens d’un océan à l’autre donne des résultats qui ont conféré une réputation mondiale au Canada et en font une autorité en matière de nutrition.
La question qui se pose alors est: que faire de cette autorité? L’un des principaux messages que je veux transmettre au comité, c'est que le Canada pourrait profiter de son leadership pour atteindre encore plus d’enfants en faisant jouer de son influence auprès d’autres donateurs, d’autres pays et d’autres blocs géopolitiques.
Que penser des priorités du monde si l’on ne peut, pour le prix d’un latte au café du coin, offrir aux enfants des interventions des plus utiles qui sont essentielles pour qu’ils puissent lutter contre la maladie, grandir en force et avoir un développement mental optimal? Si la protection des enfants était vraiment une priorité dans le monde, nous ne serions pas témoins de toute cette vulnérabilité chez d’innombrables enfants. Le Canada peut profiter de son autorité pour obtenir qu’on accorde davantage la priorité aux enfants en se servant de ses capacités de développement ainsi que de ses ressources commerciales et diplomatiques comme d’un levier auprès des autres acteurs.
Comment faire? Nous l’avons fait récemment au Sommet de la Francophonie, au Sénégal, où notre ambassadeur et sherpa, M. Philippe Beaulne, a invité les donateurs, le secteur privé et les chefs de gouvernement à une assemblée parallèle sur la nutrition, où les représentants du MAECD ont mené les négociations pour s’assurer que des résolutions finales prévoient un engagement des pays en développement à augmenter leur propre budget consacré à l’alimentation ainsi qu’à la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants.
La résolution globale a été signée par 57 chefs d’État, dont des États qui sont affligés des plus hauts taux de malnutrition dans le monde. Voilà un exemple d’influence. À partir de là, pour les six prochains mois, je suis sûr que beaucoup d’occasions se présenteront d’unir les objectifs de différents pays au plus haut niveau. Par exemple, dans deux semaines, le nouveau premier ministre de l’Inde viendra au Canada. Il importe bien sûr d’augmenter les relations commerciales avec ce pays qui comptera bientôt la plus importante population du monde, mais il faudrait aussi aborder la question de la malnutrition, qui afflige lourdement ce pays. L’Inde n’est plus bénéficiaire d’aide internationale. C'est maintenant une puissance naissante ayant une empreinte régionale et mondiale de plus en plus importante.
Le Canada et l’Inde sont tous deux membres du Commonwealth, un groupe de pays où vivent moins de 40 % des enfants de moins de 5 ans dans le monde, mais où les décès d’enfants représentent plus de la moitié du chiffre mondial. Et si le Canada et l’Inde travaillaient ensemble à faire avancer la cause de l’alimentation des enfants à la prochaine rencontre des chefs de gouvernement du Commonwealth, en novembre? Ces discussions pourraient se dérouler entre chefs de gouvernement, entre parlementaires, entre ambassadeurs et entre fonctionnaires. Nous pourrions unir nos outils diplomatiques et commerciaux et nos moyens de développement. Ce n’est qu’un exemple. Je suis sûr que, si nous avions plus de temps, nous pourrions formuler beaucoup d’autres idées, parce que le besoin en leadership est énorme, mais les occasions d’en faire preuve le sont aussi.
En terminant, je veux dire que le monde se rend finalement compte qu’il ne peut pas avancer si une grande partie de sa population tire de l’arrière. Le fait que les parlementaires canadiens étudient les raisons qui font que des gens sont laissés pour compte et l’importance d’enjeux comme la protection des enfants est une preuve de plus, du moins pour moi, que les gouvernements, aux plus hauts échelons, jugent le statu quo inacceptable et que le Canada continuera à tirer parti de tout l’éventail de ses capacités en tant que défenseur des enfants dans le monde.
Je vous remercie de votre temps.
Helen Scott
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Helen Scott
2015-03-31 11:19
Je vous remercie tous les deux. Vos interventions étaient excellentes. Il est difficile de prendre la parole après deux orateurs aussi éloquents, mais je commence tout de même en vous remerciant tous. Je connais le travail que vous faites, le leadership dont vous faites preuve et les rôles que vous assumez. En tant que mère canadienne, je vous suis reconnaissante de manifester cet intérêt avec autant d’énergie. J’ai eu la chance de voyager et de travailler de plus près avec vous. Je sais combien vous travaillez fort et je l’apprécie grandement.
J’ai le bonheur de pouvoir, à ce point de ma carrière, coordonner les efforts du Réseau canadien sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. Ce réseau est un partenariat entre plus de 80 organismes canadiens qui se consacrent à la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. Mes collègues à la table font partie du réseau. Nous parlons donc d’une même voix à bien des égards. Nos organismes sont actifs dans plus de 1 000 régions du monde où ils s’emploient à améliorer la vie des femmes, de leurs nouveau-nés et de leurs enfants. Le réseau a été créé officiellement en 2012, peu de temps après le lancement de l’Initiative de Muskoka.
Nous visons trois objectifs clés.
Le premier est la mesure des résultats. Nous savons que nous pouvons mieux rendre compte des résultats. Nous nous employons avec nos partenaires à mesurer le mieux possible notre impact et nos réussites et à mieux suivre nos investissements. Ainsi nous savons si nous faisons le meilleur travail possible avec nos ressources limitées.
Notre deuxième objectif clé est le partage des connaissances. Nous nous concentrons sur la mesure des résultats. Nous cherchons à savoir quel serait le meilleur moyen de nous attaquer aux causes. Nous recueillons cette information et la communiquons les uns aux autres. Il n'y a personne, dans le réseau, qui ne sache pas que tout programme doit comprendre la distribution de capsules de vitamine A. Je ne suis pas certaine que c’était le cas il y a cinq ou dix ans.
Notre troisième objectif est d’amener des intervenants à participer. Nous savons que nous n’arriverons pas seuls à nos fins. Nous savons que, par l’intermédiaire du réseau, la collaboration accrue entre les secteurs s’est avérée très efficace. Nous cherchons donc à amener plus de Canadiens à se joindre à nos efforts. En outre, nos experts profitent de toutes les occasions pour conseiller et informer le gouvernement du Canada au sujet des investissements.
À cet égard, j’en profite pour dire que le Canada a bien fait les choses, en 2010, quand il a accordé la priorité à la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. Étant donné les énormes progrès que nous avons maintenant accomplis et tout le travail qu’il reste à faire, nous savons qu’il est impérieux pour les femmes et les enfants du monde que ces démarches se poursuivent. Nous savons que l’amélioration de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants — et Joel l’a tellement bien expliqué — est la base de la croissance économique, de la stabilité politique et de la sécurité humaine, et que c'est un élément critique de la protection des enfants.
Je sais que vous avez entendu bon nombre de nos partenaires lors de séances antérieures du comité permanent. Je pense que l’un des principaux messages qu’ils vous ont communiqués, c'est qu’il n’y a pas de formule magique pour assurer la protection des enfants. Il faudra employer une approche multisectorielle à plusieurs volets. Je ne parle ici que d’un seul élément de cette approche, la santé. Bien qu’il s’agisse d’un élément critique, je sais que ce n’est qu’une des composantes des nombreux systèmes et structures qui peuvent donner aux enfants la possibilité de survivre et de s’épanouir. Je pense que vous avez reçu Peter Singer il y a quelques semaines. Peter accorde beaucoup d’importance à la notion d’épanouissement. Il ne suffit pas que les enfants survivent après la naissance et leurs cinq premières années de vie. Les enfants doivent s’épanouir. Je pense que c'est là-dessus que nous nous concentrons tous. Nous commençons à constater des progrès. Les taux de mortalité diminuent partout dans le monde. Le temps est maintenant venu de nous concentrer davantage sur la nécessité que ces enfants s’épanouissent.
Les efforts pour améliorer la santé mondiale ont abouti aux réalisations les plus importantes en matière de développement. Le Canada a joué un rôle tellement important dans la conception et le soutien des initiatives mondiales marquantes, qu’on pense au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme; à Gavi, l’Alliance du vaccin, qui assure la vaccination de millions d’enfants chaque année; à l’Initiative pour les micronutriments, autre magnifique exemple; enfin bien sûr à l’Initiative de Muskoka. Lancée après le sommet du G8 de 2010, l’Initiative de Muskoka a permis d’importantes améliorations dans la santé des femmes, des nouveau-nés et des enfants, notamment — et je pense que cela s’enchaîne bien avec ce dont Joel vient de parler — en mobilisant la communauté internationale et en galvanisant la volonté d’engagement.
Par exemple, le Canada a agi en chef de file pour galvaniser le soutien à la Stratégie mondiale du secrétaire général des Nations Unies pour la santé de la femme et de l'enfant, que nous appelons simplement la stratégie mondiale. Un rapport récent sur cette stratégie soulignait qu’il s’agissait du partenariat en santé publique qui connaissait la plus forte croissance dans l’histoire, et qu’elle a permis de sauver la vie de 2,4 millions de femmes et d’enfants depuis 2010.
Je m’arrête un instant. Je suis statisticienne de formation. Je sais que ces chiffres énormes ne signifient pas grand-chose pour nous. Je vous invite donc à penser à un enfant que vous aimez, qui occupe une place particulière dans votre vie. Pensez maintenant que, depuis 2010, on a sauvé la vie de 2,4 millions d’enfants qui sont aimés de la même façon. C'est phénoménal. C'est une réussite à célébrer. Cela signifie que nous savons quoi faire, que nous n’avons plus qu’à nous mettre à la tâche pour faire le travail qu’il reste à accomplir.
Nous voici en 2015. Le monde est sur le point de réaliser des progrès durables en matière de santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. À cette fin, le leadership du Canada doit servir à susciter des engagements politiques et financiers pour donner suite à notre annonce de 3,5 milliards de dollars faite en mai 2014.
Le nouveau ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement donne au Canada une opportunité unique de mettre à profit notre politique étrangère et nos outils commerciaux pour mieux réaliser notre programme de développement. Le réseau multisectoriel du Canada nous place mieux que quiconque pour faire des progrès sur le terrain. Nous travaillons avec des chercheurs, des universités, des ONG et des associations de professionnels de la santé du Canada, et avec des médecins, des sages-femmes, des infirmières et des chirurgiens qui sont déjà dans les régions visées.
Ensemble, le gouvernement du Canada et les 80 organismes du réseau favoriseront une plus grande rigueur et un engagement plus ferme en vue de la réalisation de nos aspirations communes à l’intention des mères et des enfants dans le monde.
Grâce à un leadership mondial accru, la communauté internationale peut donner du pouvoir aux femmes et favoriser une plus grande résilience en renforçant les systèmes de soins de santé, en luttant contre les maladies infectieuses, en favorisant des pratiques sexuelles saines et en améliorant la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. Nous devons nous assurer que les objectifs du millénaire relatifs à la santé, qui ne sont pas complètement atteints, ne se perdent pas dans la transition vers les objectifs de développement durable que nous annoncerons au cours de l’année.
Nous proposons que le Canada prenne les engagements suivants — et je dois dire que le Canada a déjà ces engagements à coeur. Il faut réaffirmer les objectifs que nous poursuivons déjà. Nous devons renouveler nos engagements, et inciter le reste du monde à faire de même, dans le cadre de Muskoka et de la Stratégie mondiale pour la santé de la mère et de l'enfant. Pensons par exemple à Une promesse renouvelée, le plan d’action pour tous les nouveau-nés, ou à Planification familiale 2020. Faisons en sorte que ces engagements soient respectés.
Nous devons appuyer la nouvelle Stratégie mondiale pour la santé de la mère et de l'enfant, qui doit être amorcée en septembre 2015. Nous l’appelons la stratégie mondiale 2.0. Lors des négociations sur la stratégie après 2015, nous devons soutenir l’objectif ambitieux, mais réalisable, de mettre fin aux décès évitables d’ici 2030. Nous devons aussi accepter de nous attaquer aux inégalités en nous concentrant sur les groupes qui tirent le plus de l’arrière. Je pense que Caroline a abordé cet aspect de façon intéressante.
Nous devons fournir des ressources financières et non financières pour assurer la réalisation du cadre après 2015 et soutenir les pays dans leurs efforts pour consacrer des ressources intérieures à des services publics universels, notamment avec le nouveau Mécanisme de financement mondial qui appuiera l’initiative Chaque femme, chaque enfant. Cette initiative sera lancée à la Conférence sur le financement du développement qui doit se tenir à Addis-Abeba en juillet 2015.
Nous devons prendre un engagement ambitieux en ce qui a trait aux dépenses d’aide humanitaire à l’appui d’une mobilisation accrue des ressources intérieures et aligner l’aide publique au développement pour la santé et les droits des femmes et des enfants, y compris dans le cadre du Mécanisme de financement mondial.
Je veux parler de l’obligation de rendre des comptes. Nous devons maintenir le rôle de premier plan du Canada en matière de reddition de comptes. Nous devons élargir et renforcer notre leadership établi à l’échelle mondiale en réclamant des cadres de reddition de comptes simplifiés et harmonisés concernant la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. De meilleurs mécanismes de base dans les communautés et un effort accru pour produire des statistiques désagrégées fiables sont nécessaires pour améliorer la prestation des services de santé.
Il est si ennuyeux de tenir un registre de l'état civil. Il est difficile d’amener les gens à s’y intéresser. C'est pourtant essentiel parce que, quand on sait qu’un enfant est né, quand il est inscrit au registre, cet enfant compte. Il est compté. Nous pouvons ainsi savoir quels services sont offerts, comment ils sont offerts, et suivre le développement des enfants. C'est essentiel pour que les enfants soient protégés. Les statistiques rendent compte de tout le travail que nous essayons de faire.
Le dernier point que je veux faire valoir, c'est que — et je le dis humblement parce que je me compte chanceuse d’avoir cette possibilité — je vois combien nous pouvons être efficaces quand nous travaillons ensemble au lieu de le faire chacun pour soi, les universités d’un côté, les ONG de l’autre. J’insiste sur le fait que nous réunissons des organismes de tous les secteurs ayant des expertises différentes pour faciliter la collaboration, surtout dans les pays où différentes organisations se côtoient alors qu’elles devraient vraiment travailler ensemble, et le Canada en est un exemple. Pour avoir plus de succès, nous devons absolument collaborer.
Nous devons capitaliser sur les partenariats entre gouvernements, groupes de la société civile, communautés locales, professionnels de la santé, universités ou établissements de recherche, organisations multilatérales, fonds mondiaux existants et fondations. Les médias sont déterminants, ainsi que la participation du secteur privé, si l’on veut parvenir à nos fins.
Pour créer des changements et favoriser un développement durables, il est essentiel de répondre aux besoins des femmes et des enfants et de tenir compte de leurs droits. Au cours des cinq dernières années, la Stratégie mondiale pour la santé de la mère et de l'enfant, ainsi que l'Initiative de Muskoka, lancée au Canada, ont montré, grâce au travail acharné d’un bon nombre d’entre vous, que des interventions coordonnées et bien planifiées peuvent donner des résultats et sauver des vies. Nous devons maintenant nous concentrer sur l’objectif d’assurer l’épanouissement de ces enfants et de ces femmes.
En 2015, il est temps de nous appuyer sur nos réussites, de renouveler nos engagements et de soutenir de solides stratégies qui mettront fin aux décès évitables de mères, de nouveau-nés et d'enfants. Nous devons nous assurer que ces femmes et ces enfants survivent, et améliorer la santé globale des populations.
Merci.
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Ind. (BC)
Merci beaucoup, monsieur le président.
Monsieur Robinson, nous avons parlé des inhibiteurs de la pompe à protons et des antisécrétoires qui ont été clairement associés à une infection nosocomiale appelée Clostridium difficile. Le risque a augmenté de l'ordre de 40 à 275 %.
Certes, cette information n'était pas disponible quand ces produits ont été approuvés, mais les recherches se sont accumulées depuis 20 ans. Il y a au moins 10 ans déjà, lorsque le premier cas s'est déclaré à Montréal, ville qui a été considérée comme l'épicentre de cette nouvelle infection, que j'ai commencé à interroger le ministre de la Santé de l'époque, Ujjal Dosanjh.
En ce qui concerne le risque d'infection, nous savons aujourd'hui, grâce à d'autres études, que les gens prenant ces médicaments non seulement sont exposés à un risque d'infection accru de 40 à 275 %, mais aussi qu'il y a parmi les personnes infectées un risque accru des pires complications, d'environ 300 %. Elles sont aussi exposées à un risque accru de décès, d'environ 500 %.
Quand j'ai interrogé l'honorable Ujjal Dosanjh, en 2005, Santé Canada a pris contact avec vos compagnies membres, dont quatre produisent des PPI, mais il y en a peut-être plus aujourd'hui. La réponse que j'ai obtenue était qu'elles n'avaient connaissance d'aucun lien entre leurs produits et les infections nosocomiales.
Comme je sais que vous êtes au courant de cette question, pouvez-vous nous donner des preuves quelconques que vos compagnies membres ont effectivement fait des recherches, volontairement, pour savoir s'il y avait un lien entre la suppression d'acide et les infections nosocomiales? Cela concerne actuellement 1 400 décès par an donc, sur plus de 10 ans, au moins 14 000 Canadiens qui ont perdu la vie, et des centaines de millions de dollars en dépenses hospitalières.
Walter Robinson
Voir le profil de Walter Robinson
Walter Robinson
2014-06-12 9:42
Par votre intermédiaire, monsieur le président, je réponds au DrLunney, avec qui j'ai eu une conversation un peu plus tôt, que je ne parlerai pas de produits particuliers. Toutefois, je connais très bien la classe thérapeutique dont il parle. Je prends deux PPI par jour pour une hernie hiatale, parce que cela m'évite de subir une opération chirurgicale inutile et invasive à 50 % d'efficacité, pas 100 %.
Dans le contexte du retour à mon témoignage antérieur concernant le profil changeant de l'innocuité des médicaments, ce qui est au coeur même de votre question, je n'ai connaissance d'aucune étude qui aurait pu ou non être entreprise. Il serait préférable de poser ces questions aux compagnies membres.
Je sais cependant aussi que le C. difficile et le SARM, une autre de ces infections nosocomiales très résistantes aux antibiotiques, sont l'une des préoccupations fondamentales des établissements de santé et des réseaux d'intégration de la santé. Plusieurs de nos compagnies membres cherchent des vaccins.
Keith peut peut-être vous donner plus d'informations scientifiques à ce sujet.
Voir le profil de Libby Davies
NPD (BC)
Merci beaucoup, monsieur le président. Je remercie également tous nos invités d'être parmi nous aujourd'hui. Je suis particulièrement heureuse d'avoir entendu les observations que le Dr Tony George vient tout juste de formuler, car je crois qu'elles nous permettent de mettre en perspective la question sur laquelle nous nous penchons aujourd'hui.
D'abord et avant tout, j'aimerais mentionner que, selon moi, il est juste de dire que la plupart des drogues, qu'elles soient licites ou non, qu'il s'agisse de médicaments sur ordonnance ou d'autres réputés illicites, posent des risques. En règle générale, l'emballage des médicaments qui nous sont prescrits comporte des mises en garde concernant, par exemple, le fait de faire fonctionner une machine ou de conduire une voiture après avoir consommé le médicament en question, et indique que l'on doit demeurer alerte. À mes yeux, il y a un principe très important à prendre en considération, à savoir le fait que toutes les substances — alcool, tabac, médicaments licites ou drogues illicites — posent des risques. Ces risques peuvent être plus ou moins élevés. À ce chapitre, tout dépend du contexte et tout est relatif — voilà ce qui, à mon avis, est important.
Bon sang, il est même dangereux de conduire une voiture. Il s'agit probablement de la chose la plus dangereuse que nous faisons chaque jour, et c'est pourquoi la conduite automobile est assujettie à toutes sortes de lois et de règlements concernant, par exemple, le port de la ceinture de sécurité.
Il y a deux questions que j'aimerais poser. La première vise à amener plus loin la discussion sur la question de la nocivité de la consommation de marijuana par rapport à celle, disons, d'alcool ou de tabac.
Par exemple, j'aimerais que les trois témoins qui participent à la réunion par vidéoconférence, plus particulièrement le Dr Le Foll et le Dr George, nous indiquent le nombre de personnes qui sont mortes des suites de la consommation de marijuana. Est-ce que l'on dispose de cette statistique?
Si je m'abuse, le Dr Le Foll a mentionné que personne ne mourait d'une surdose de marijuana. Pourriez-vous nous indiquer si cela vaut également pour l'alcool? Combien de gens meurent d'une consommation excessive d'alcool? Quel est le taux de mortalité lié à cela?
J'aimerais également connaître la nocivité relative de ces substances en ce qui a trait au risque de dépendance dont elles s'assortissent. Comme le Dr George vient de le dire, je crois que, à cet égard, il s'agit vraiment de gérer le risque et d'atténuer les méfaits. Pourriez-vous nous parler de l'ampleur des méfaits causés par la marijuana par rapport à ceux découlant de la consommation d'alcool et de tabac?
Ma deuxième question concerne la prohibition. J'aimerais savoir dans quelle mesure elle contribue aux méfaits sur lesquels nous nous penchons. Vous avez dit quelques mots à propos des jeunes et de ce que cela signifiait pour eux. Il me semble que, lorsque nous établissons que cela relève du tabou et que l'on doit s'en tenir à la prohibition ou à la tolérance zéro, mais que, par ailleurs, les gens consomment de la marijuana à des fins récréatives ou médicinales sans que cette consommation soit encadrée par des dispositions législatives ou réglementaires et sans que les consommateurs ne soient vraiment informés, nous adoptons une attitude fondée sur la peur et l'incapacité de communiquer, et cela donne lieu à une énorme réprobation sociale. Dans quelle mesure la prohibition contribue-t-elle aux méfaits que nous observons, plus particulièrement chez les jeunes?
Ces questions s'adressent aux trois personnes qui témoignent par vidéoconférence.
Bernard Le Foll
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Bernard Le Foll
2014-05-08 9:34
Je peux tenter d'y répondre.
À mon avis, l'un des principes dont on doit tenir compte est celui selon lequel l'ampleur des répercussions d'une drogue sur la société est fonction du nombre de personnes qui la consomment. De plus, l'ampleur des effets varie selon le type de drogue — certaines s'assortissent d'un taux de mortalité plus élevé, alors que d'autres auront des conséquences de nature davantage sociale, par exemple des accidents de voiture, des problèmes liés au travail ou à l'absentéisme et des incidents violents. Il est quelque peu malaisé d'effectuer des comparaisons puisqu'on aboutira à des résultats différents selon l'importance que l'on accorde à chaque élément constitutif d'une répercussion ou selon qu'on met l'accent sur les répercussions sociales, individuelles ou médicales.
De façon globale, en ce qui a trait au nombre de décès, on peut avancer sans crainte de se tromper que le tabac est la substance qui tue le plus de personnes. L'alcool se classe au second rang. Si ces substances tuent autant de gens, c'est parce qu'elles sont consommées à grande échelle. À l'heure actuelle, une proportion de 20 % de la population canadienne consomme du tabac, et une proportion de 80 % consomme de l'alcool. Le cannabis n'est que très peu consommé par comparaison à ces deux substances.
J'ai évoqué les risques liés à l'inhalation. Si le tabac tue la moitié des gens qui en consomment, c'est parce que cette substance est inhalée. Il est possible que des gens meurent des suites de l'inhalation de cannabis, mais leur nombre est beaucoup moins élevé, et bon nombre de consommateurs de cannabis consomment également du tabac. Des experts ont tenté de calculer le nombre de décès attribuables à la consommation de marijuana, et, bien que je n'aie pas sous la main les chiffres les plus récents qui ont été publiés dans Le Lancet il y a de cela un an — nous pourrons vous les transmettre —, je peux vous dire que ce nombre de décès est minime par rapport au nombre de décès causés par l'alcool et le tabac. Cela ne fait aucun doute.
J'avancerais que le nombre de décès causés par le cannabis est équivalent à environ 2 ou 5 % des décès attribuables au tabac ou à l'alcool.
Voir le profil de James Lunney
Ind. (BC)
Merci beaucoup, monsieur le président.
Je remercie tous les témoins d'avoir accepté de comparaître aujourd'hui pour contribuer à une très importante étude que nous poursuivons en cette année 2014. Il s'agit de conclure une étude entamée l'an dernier par un comité dont les membres étaient différents.
Collectivement, vous avez fait ici toute une série de suggestions très intéressantes sur la façon de gérer un problème épineux.
L'un des problèmes aujourd'hui est que nous n'avions pas vos témoignages écrits sous les yeux, si bien qu'il était plus difficile de vous suivre. Ceci dit, le temps pressait; je vous remercie d'avoir accepté de comparaître avec si peu de préavis. On n'a pas pu faire traduire les documents, etc. Vu que certains d'entre nous n'ont pas nécessairement été en mesure de noter au vol tout ce que vous suggériez, j'espère que vous nous pardonnerez de poser peut-être des questions sur des éléments que vous avez déjà couverts.
Une question pour le Dr Skinner. Vous avez mentionné des chiffres plutôt inquiétants, comme quoi en 2008, les décès dus à des opioïdes étaient plus élevés que ceux dus aux accidents d'automobile. Ai-je bien compris ce que vous avez dit?
Roger Skinner
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Roger Skinner
2014-02-06 9:36
Oui. Le nombre de décès causés par la toxicité liée aux opioïdes dépassait celui des décès causés par des collisions routières en Ontario. C'est encore le cas aujourd'hui.
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PCC (BC)
Excellent.
Dans l’ensemble, quelles seront les répercussions des modifications proposées sur le nombre de Canadiens qui meurent chaque année de la cigarette ou d’un cancer causé par le tabagisme?
Rob Cunningham
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Rob Cunningham
2013-05-21 10:57
Il y a chaque année quelque 37 000 Canadiens qui meurent du cancer, de maladies pulmonaires, de maladies cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux. Puisque le tabagisme demeure la principale cause de maladies et de mortalité facile à prévenir, les modifications proposées auront bel et bien un effet. Nous apprécions beaucoup l’appui de mesures semblables.
Maureen O'Neil
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Maureen O'Neil
2011-11-02 15:34
Merci beaucoup.
Je veux remercier le comité d'avoir invité la Fondation de la recherche sur les services de santé à venir témoigner au sujet d'une question très importante.
La Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé est un organisme à but non lucratif financé par le gouvernement fédéral qui a pour mandat d'accélérer l'amélioration et la transformation des services de santé pour les Canadiens et les Canadiennes.
Mon exposé portera surtout sur la façon d'adapter les systèmes afin de mieux répondre aux besoins des patients qui souffrent de maladies chroniques. Même si la prestation de soins de santé relève avant tout des gouvernements provinciaux et territoriaux, une réorganisation des investissements fédéraux par des transferts en santé, de la recherche et de la diffusion d'innovations s'impose.
Commençons par la bonne nouvelle. Nous savons passablement comment réorganiser les services de soins de santé afin de répondre aux besoins des patients. Malheureusement, la mauvaise nouvelle, c'est que sur le plan politique, il est extrêmement difficile d'apporter les changements en ce sens, surtout pour les gouvernements provinciaux. Cependant, il est fort possible qu'en raison des besoins des baby-boomers qui vieillissent et du fait qu'en vieillissant, nous sommes de plus en plus touchés par les maladies chroniques, nous changerons la façon dont nous organisons et finançons les services de santé.
Lundi, le Mowat Centre de l'Université de Toronto a publié un rapport de Will Falk, qui explique qu'en fait, nous n'avons pas besoin d'obtenir d'autres revenus, ni de privatiser des services pour répondre à nos besoins. Les changements peuvent se faire au sein même du système de santé public.
Le fait que la prise en charge des maladies chroniques soit devenue la principale tâche de nos systèmes de santé témoigne de l'efficacité de la médecine moderne. Des maladies comme les cardiopathies, certaines formes de cancer et le sida, qui à une certaine époque étaient mortelles, sont aujourd'hui des maladies chroniques.
Une récente évaluation effectuée par l'Académie canadienne des sciences de la santé indique qu'il existe un écart considérable entre le fonctionnement actuel du système de santé et les besoins des patients atteints de maladies chroniques. Ce ne sont pas uniquement les malades chroniques qui bénéficieraient d'une nouvelle organisation des services de santé, ce serait avantageux pour chacun d'entre nous.
Dans un rapport préparé à la demande de la FCRSS, Jean-Louis Denis, professeur titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la gouvernance et la transformation des organisations et systèmes de santé, propose une harmonisation stratégique des services de première ligne, de la prise en charge des maladies chroniques et de la santé de la population.
En nous préparant pour une réunion nationale regroupant des dirigeants de services de soins de santé qui se tiendra en février prochain, nous avons demandé à Steven Lewis, un spécialiste en matière de politique de la santé de la Saskatchewan, de répondre à la question suivante: que doit-on faire pour fournir des soins intégrés de qualité supérieure aux gens qui souffrent de maladies chroniques complexes? Il a dit à peu près la même chose que le professeur Denis. Il a défini les soins intégrés comme des soins fondés sur les besoins, complets et holistiques, appropriés, faciles à gérer, fondés sur le travail d'équipe, axés sur la participation et l'autogestion du patient, et surtout, fondés sur des preuves et guidés par des données. Il a cerné sept obstacles à l'amélioration du rendement et trouvé sept solutions.
Il a dit entre autres qu'au Canada, les services de soins de santé qui sont vraiment fondés sur le travail d'équipe sont rares. En général, les praticiens qui ne sont pas médecins ne pratiquent pas à leur plein potentiel. Par exemple, au Royaume-Uni, en Angleterre, ce sont les infirmières qui fournissent la plupart des soins aux malades chroniques.
Il attire également notre attention sur les problèmes causés par les systèmes de paiement actuels pour l'utilisation moderne des communications. Aux États-Unis, bon nombre de systèmes à haute capacité permettent aux patients de communiquer avec leurs médecins par courriel. Dans certains endroits au Canada, les médecins ne peuvent pas être payés pour des communications téléphoniques ou par voie électronique.
Il souligne également le grand danger auquel s'exposent les patients qui prennent cinq médicaments ou plus, et certains patients atteints de maladies chroniques prennent jusqu'à 10 médicaments différents. S'il n'y a pas de dossier de santé électronique détaillé et une intégration plus poussée des pharmaciens, cela aggrave le problème.
Afin d'aider à répondre aux questions au sujet des modifications au fonctionnement du système de santé en vue de satisfaire aux besoins de la population vieillissante du Canada, nous avons organisé des tables rondes dans six villes. Plus de 200 responsables de politiques, dirigeants de services de santé, chercheurs, etc., y ont participé. Les membres du Comité sénatorial spécial sur le vieillissement ont aussi pris part à ces tables rondes.
Plusieurs solutions proposées par M. Lewis et le professeur Denis ont été expliquées lors de ces tables rondes. Ils ont également souligné qu'il faut se pencher sur les enjeux propres à des groupes bien précis de la population. Par exemple, un bon nombre d'Autochtones n'ont qu'un accès limité au transport et au logement. De plus, ils connaissent des taux de maladies chroniques plus élevés que la moyenne. Ils ont aussi demandé de renforcer des partenariats. Ils ont demandé à des organismes comme le nôtre de diffuser ces innovations, parce que sans diffusion, on va rester où nous sommes.
L'an dernier, nous avons contribué à la diffusion des innovations dans les soins de santé primaires en tenant une conférence sous le thème « Presser le pas », au cours de laquelle nous avons présenté 47 innovations dans la prestation des soins de santé primaires, dont bon nombre étaient axées sur l'amélioration des soins offerts aux patients atteints de maladies chroniques. Par exemple, en 1999, le Centre de santé et de services sociaux - Institut de gériatrie de Sherbrooke et une équipe de recherche du Centre de recherche sur le vieillissement de Sherbrooke ont élaboré un modèle de services intégrés destiné aux aînés qui est unique au Québec. Ils ont vraiment réussi à réduire le nombre d'aînés en résidence. De plus, et c'est très important, ils ont réussi à freiner la détérioration de la santé des aînés au cours de leur hospitalisation, car l'hôpital en comptait un moins grand nombre.
Le modèle a été diffusé dans la province de Québec, mais comme cela arrive souvent, les gens trient sur le volet, et il serait donc intéressant de savoir si leurs résultats ont été aussi remarquables que ceux obtenus à Sherbrooke.
J'aimerais maintenant donner un exemple concret de la façon dont les Territoires du Nord-Ouest collaborent avec nous pour élaborer une stratégie intégrée en matière de gestion des maladies chroniques.
D'après les estimations des T.N.-O., 70 p. 100 de tous les décès, la moitié des admissions à un hôpital, et des coûts dépassant 136 millions de dollars par année sont liés à des maladies chroniques.
Dans le cadre de notre collaboration avec le territoire sur la politique et la mise en oeuvre, nous nous concentrons sur la santé mentale, le diabète et les maladies du rein. Nous réunissons des chercheurs qui se sont penchés sur ces sujets et les décideurs, les dirigeants du système de santé, les infirmières et les médecins du territoire. En utilisant leurs forces, ils trouvent des moyens d'améliorer les choses et des solutions pour l'ensemble de leur territoire gigantesque. Une évaluation visant à assurer la diffusion des idées et des pratiques est étroitement liée à ce travail.
Les gouvernements de partout au Canada s'efforcent d'affronter les difficultés posées par les maladies chroniques. Puisque nous avons examiné attentivement ce qui se passe dans les provinces récemment, nous savons qu'il y a des activités partout. C'est une grande préoccupation pour tous les systèmes.
À l'échelle nationale, le gouvernement fédéral soutient un certain nombre de cadres axés sur la maladie, de stratégies et d'organismes qui tentent aussi de mobiliser des appuis partout au pays et de réduire le fardeau que constituent certaines maladies chroniques en particulier, qu'il s'agisse de la Commission de la santé mentale du Canada, du Partenariat canadien contre le cancer ou par les Instituts de recherche en santé du Canada, de la stratégie pour une recherche axée sur le patient.
Ces investissements fédéraux sont essentiels à la réorganisation des soins de santé; donc, à la FCRSS, nous continuons à chercher des moyens d'améliorer les soins de santé pour les Canadiens et de diffuser les innovations partout au pays.
Je vous remercie beaucoup de votre invitation.
Je serai ravie de répondre à vos questions tout à l'heure.
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