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Suzanne Jay
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Suzanne Jay
2014-07-10 9:32
Merci et bonjour. Nous sommes ravies d'avoir la possibilité de donner le point de vue des femmes asiatiques dans le cadre de l'étude du projet de loi C-36. Nous vous avons également fourni un mémoire.
L'objectif de l'Asian Women Coalition Ending Prostitution est de changer les comportements sociaux à l'égard des femmes, plus particulièrement de celles d'origine asiatique. Nous travaillons à faire progresser l'égalité des sexes et à donner la possibilité aux femmes asiatiques de participer de façon importante à la société civile et de jouer un rôle de premier plan. À notre avis, la prostitution est une forme de violence masculine contre les femmes qui nuit à l'égalité des femmes et qui favorise la violence raciste. Nous croyons également que la prostitution peut être éradiquée.
Nous formons un groupe féministe et bénévole. Nos membres font des activités de prévention de la prostitution dans les écoles et fournissent des services de parrainage juridique aux femmes qui participent au programme des aides familiaux résidants. Nous faisons du travail de première ligne dans des centres féministes de lutte contre la violence. Nous fournissons de l'aide concrète aux femmes battues et violées, y compris aux prostituées.
Nous avons agi en tant qu'intervenantes dans l'affaire Bedford. Nous avons fourni une analyse raciale critique pour contribuer à l'examen de la Cour suprême.
Je veux tout d'abord dire que nous saluons l'objectif énoncé dans le préambule du projet de loi, c'est-à-dire de protéger la dignité et l'égalité des femmes. Cela correspond au principe selon lequel toutes les lois canadiennes doivent être interprétées dans le contexte de la Charte des droits et libertés. Le préambule met en évidence la nature systémique de la prostitution et les conséquences de l'inégalité des femmes fondée sur la race, l'origine nationale ou ethnique, la couleur et le sexe.
Nous comprenons également que le projet de loi fait ressortir le danger inhérent à la prostitution ainsi que l'exploitation profonde des femmes par les proxénètes, les tenanciers de maisons de prostitution, les annonceurs et les clients, plus particulièrement ses répercussions sur les femmes asiatiques et d'autres femmes racialisées. Nous recommandons que cet élément du préambule soit renforcé en y mentionnant les effets disproportionnés qu'a la prostitution sur les femmes racialisées.
Nous appuyons la disposition qui criminalise la publicité de services sexuels en raison du rôle que joue la publicité dans la normalisation et le renforcement des stéréotypes racistes et sexistes. Par exemple, nous avons rassemblé des annonces en ligne sur une période de 24 heures à partir de la section des services pour adulte de Craigslist à Vancouver. Nous avons constaté que pour 67 % des femmes des 1 472 annonces que nous avions rassemblées, une description ou une photo indiquait qu'il s'agissait de femmes asiatiques.
Seulement 30 % de la population de la région métropolitaine de Vancouver est d'origine asiatique. On peut raisonnablement présumer que les femmes asiatiques représentent environ 15 % de la population, mais elles sont surreprésentées dans la publicité. Dans les annonces, on indique que les femmes asiatiques offrent une expérience de petite amie. On les présente comme des écolières japonaises, de très jeunes poupées chinoises, des canons asiatiques, et il y a des photos.
Les proxénètes, les souteneurs, les tenanciers de maisons de prostitution, les annonceurs et d'autres personnes qui participent à la vente et à la commercialisation des prostituées répondent à ces demandes profondément racistes. Il est dans leur intérêt commercial de continuer à normaliser les stéréotypes dans la société canadienne afin d'élargir le marché pour leur produit.
Nous subissons des conséquences néfastes lorsque nos attributs, qu'ils soient réels ou imaginés, sont sexualisés et traités comme des marchandises pour la promotion de services sexuels. Ces stéréotypes déshumanisent et sexualisent les femmes asiatiques et, que nous soyons prostituées ou non, ils bloquent notre accès à la Charte des droits.
D'après notre expérience, il y a des liens entre la prostitution et la violence conjugale, le viol et l'inceste. Le plus souvent, ces actes de violence sexistes sont commis par des hommes dans des endroits privés, comme à la maison, où l'intimité est utilisée pour emprisonner les femmes, renforcer le pouvoir de l'attaquant et cacher de la vue du public les gestes de violence qui sont commis. La prostitution ayant lieu dans des lieux fermés ne protège pas davantage les femmes de la violence masculine en général. Toutefois, les lieux fermés, comme les salons de massage asiatiques, accroissent la sécurité des hommes. Ils protègent les proxénètes, les tenanciers de maisons de prostitution, les souteneurs et les clients de la surveillance et ils cachent la violence à laquelle ils ont recours pour contrôler les femmes, qui est inhérente à la prostitution.
Nous appuyons l'approche législative adaptée qu'offre le projet de loi. Elle cible les hommes qui sont la source des torts liés à la prostitution.
Nous savons également que le projet de loi fait une distinction en ce qui concerne les personnes qui dépendent du revenu d'une femme et qui ne se soucient pas de la façon dont elle le gagne, ce qui inclut les enfants à charge, les coiffeuses et d'autres fournisseurs de service. Ces personnes sont très différentes des parasites qui contribuent à l'entrée et au maintien des femmes dans la prostitution, comme les gardes du corps, les petits amis souteneurs, les tenanciers de maisons de prostitution et les annonceurs de prostitution.
Nous pensons également qu'il est important que le projet de loi empêche les hommes d'utiliser un permis de mariage ou une famille ou une autre relation pour échapper à une responsabilité pénale visant la violence et l'exploitation dont ils sont les auteurs.
Nous demandons un amendement visant à retirer les dispositions qui criminalisent la communication dans des endroits publics, car il va à l'encontre de l'objectif d'égalité.
Nous convenons qu'il est nuisible pour les enfants et les adultes de voir un acte flagrant de racisme et d'exploitation sexuelle, surtout dans une situation où l'on a l'impression de ne pas être en mesure d'intervenir de manière efficace. Toutefois, il est probablement plus dommageable pour les enfants et les adultes de voir ou de savoir qu'une personne exploitée sera ensuite punie par le gouvernement. Nous préférerions qu'elle reçoive la protection de la loi et de la Charte.
Arrêter et accuser les clients et les proxénètes — et non les femmes — est un moyen efficace de réparer les torts causés par la communication dans un endroit public.
Je vais maintenant céder la parole à Mme Alice Lee, qui fait également partie de notre groupe. Elle vous parlera de la traite des personnes.
Thank you and good morning. We appreciate the opportunity to include the perspectives of Asian women into the consideration of Bill C-36. We have also provided a brief.
The Asian Women Coalition Ending Prostitution has the goal of changing societal attitudes towards women, especially women of Asian descent. We work to advance equality for women and to create opportunities for Asian women to have meaningful participation and to take leadership roles in civil society. We see prostitution as a form of male violence against women that prevents women's equality and that encourages racist violence. We also believe that prostitution can be eradicated.
We're a feminist volunteer group. Our members have provided prostitution prevention education in the school system and legal advocacy to women involved in the live-in caregiver program. We've been front-line workers in feminist anti-violence centres. We've provided concrete aid and support to battered women and raped women, including prostituted women.
We were interveners in the Bedford case, where we provided a critical race analysis to help inform the Supreme Court's considerations.
I'll start by saying that we applaud the intent stated in the preamble setting protection of women's dignity and equality as an objective of the bill. This is consistent with the principle that all Canadian law is to be understood and interpreted in the context of the Charter of Rights and Freedoms. The bill's preamble demonstrates an understanding of the systemic nature of prostitution and the consequence of undermining women's equality on the basis of race, national or ethnic origin, colour, and sex.
We also appreciate that the bill acknowledges the danger that's inherent in prostitution and the profound exploitation done by the pimps, the brothel-keepers, the procurers, the advertisers, and the customers of prostitution to women, especially as it affects Asian and other racialized women. We recommend strengthening this acknowledgement by noting in the preamble the disproportionate impact of prostitution on racialized women.
We support the section of the bill that criminalizes advertising of sexual services because of the role that advertising plays in normalizing and entrenching racist and sexist stereotypes. For example, when we gathered online ads that were posted over a 24-hour period from the adult services section of the Vancouver Craigslist website, we found that 67% of the women advertised in the 1,472 ads we gathered were described or displayed by photo as Asian.
The Asian population of metro Vancouver is only 30%. It's reasonable to assume that Asian women comprise approximately 15% of that population but we're massively disproportionately overrepresented in that advertising. The advertising describes Asian women as providing a girlfriend experience. They're Japanese school girls, really young China dolls, Asian cuties, and they are paired with photos.
The pimps, procurers, brothel-keepers, advertisers, and others who are involved in the sales and marketing of prostituted women cater to these deeply racist demands. It's in their commercial interest to continue to normalize these stereotypes into Canadian society in order to grow the market for their product.
We experience negative consequences when our characteristics, whether they are real or imagined, are sexualized and commodified to promote sexual services. These stereotypes dehumanize and sexualize Asian women and they block our access to our Charter of Rights regardless of whether or not we are prostituted.
From our experience, prostitution overlaps with wife battering, rape, and incest. These are all acts of sexist violence that are usually committed by men in private venues, such as the home, where privacy is used to confine women, reinforce the attacker's authority, and hide the violence from public view. Being indoors does not increase women's safety from male violence in general. However, indoor venues such as Asian massage parlours do enhance safety for men. They shield the pimps, brothel-keepers, procurers, and customers from scrutiny and they hide the violence that's used to control women and the violence that is inherent to prostitution.
We support the tailored legislative approach offered by the bill. It accurately targets the men who are the source of the harm in prostitution.
We also appreciate that the bill differentiates between those who depend on a woman's income without caring about how it's earned. That includes dependent children, hairdressers, and other service providers. These people are very different from the people who are parasitically invested in having a woman enter and stay in prostitution. Those people include pimps posing as bodyguards, pimping boyfriends, brothel-keepers, and prostitution advertisers.
We also think it's important that the bill prevents these men from using a marriage licence or a family or other intimate relationship to escape criminal responsibility for their violence and exploitation.
We call for an amendment to remove the sections that criminalize communication in public areas because it undermines the objective of equality.
We agree that it's harmful for children and adults to observe a blatant act of racist and sexist exploitation, particularly in a situation where one feels they can't effectively intervene. However, it's more harmful for children and adults to observe or know that an exploited person will be punished by the state for their own exploitation. We'd much rather that they were offered the protection of the law and the charter.
Arresting and charging male customers and pimps—and not the women—will effectively address the harms caused by communication in a public place.
I'm now turning the mike over to Alice Lee, who is another member of our group, to talk about human trafficking.
Naila Butt
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Naila Butt
2012-10-02 15:52
Je voudrais remercier le Comité permanent de la justice et des droits de la personne d'avoir invité le Social Services Network. Votre comité se penche sur le projet de loi C-36, Loi modifiant le Code criminel (maltraitance des aînés).
Je m'appelle Naila Butt et je suis la directrice exécutive du Social Services Network, organisme de bienfaisance à but non lucratif de Markham.
Le Social Services Network a été créé en 2004 afin de fournir des services adaptés aux différences culturelles et linguistiques de notre communauté sud-asiatique. Son objectif consiste à informer et à appuyer cette communauté pour lui donner les moyens de vivre une vie indépendante et enrichie au Canada. Grâce à notre personnel multilingue, nous offrons de plus en plus de services et de projets à ces Canadiens sud-asiatiques venant de pays différents et appartenant à des cultures et à des religions diverses. Nous administrons 27 projets avec 32 partenaires, dont des bénévoles. Nous coordonnons plus de 800 activités de sensibilisation et de bien-être auprès de 4 000 clients. Nous comptons sur l'aide de plus de 50 000 membres dans la collectivité.
Ces deux dernières années, nous sommes devenus un interlocuteur provincial et national important, particulièrement à cause de notre expertise en matière de violence dans les familles sud-asiatiques et de maltraitance des aînés.
Nous nous attaquons principalement à ce problème dans le cadre de notre conférence provinciale annuelle sur les répercussions de la violence au sein des familles sud-asiatiques.
Ressources humaines et Développement des compétences Canada a reconnu notre expertise en nous accordant des fonds pour mener à bien un projet pancanadien dans le cadre de son programme Nouveaux Horizons pour les aînés. Ce projet s'adresse aux aînés sud-asiatiques appartenant à diverses collectivités culturelles et linguistiques ainsi qu'aux intervenants s'occupant de prévention de la violence et de la maltraitance. L'objectif consiste à cerner les risques de maltraitance, à coordonner l'intervention de la collectivité en cas de maltraitance, à sensibiliser la population à ce problème et à offrir des solutions judicieuses.
En tablant sur le développement communautaire dans les diverses localités, le projet est actuellement mis en oeuvre dans quatre régions de l'Ontario: York, Toronto, Peel et London. Nous voulons nous attaquer au problème de la maltraitance des aînés afin d'en réduire son incidence.
Pourquoi la maltraitance des aînés devient-elle un problème au sein des familles sud-asiatiques?
C'est un problème de plus en plus préoccupant. C'est l'avis de notre personnel de première ligne, et nous avons abordé la question dans le rapport que nous avons produit dans la foulée de notre conférence sur les répercussions de la violence familiale.
Publié le 5 mai 2011, le rapport énumère les diverses solutions proposées par plus des 200 participants et experts pour s'attaquer au problème.
Nous manquons de données quantitatives concrètes pour expliquer l'étendue de la maltraitance des aînés dans la communauté sud-asiatique. Cependant, les travaux de la conférence et d'autres groupes de réflexion que nous avons créés nous indiquent que c'est un phénomène qui est répandu au sein de la communauté sud-asiatique et est passé sous silence.
Lors de nos conférences de 2011 et de 2012, nous avons organisé un atelier sur la maltraitance des aînés sud-asiatiques. Parmi les participants, on comptait du personnel de première ligne qui intervient auprès des aînés appartenant à des collectivités linguistiques, religieuses et culturelles diverses; des aînés sud-asiatiques; des universitaires experts en la matière; des organisations comme le Réseau ontarien pour la prévention des mauvais traitements envers les personnes âgées et l'Advocacy Centre for the Elderly ainsi que les services de police de Toronto, de York et de Peel qui interviennent dans les cas de maltraitance des aînés.
Pour vous aider à mettre en contexte le problème, je vous cite les propos de l'un de nos six travailleurs communautaires qui interviennent auprès des familles et des personnes âgées: Les personnes âgées ignorent ce qu'est la maltraitance des aînés. Ils ne connaissent pas leurs droits. Ils ont peur de dénoncer. Beaucoup ont honte de la façon dont leurs enfants et leurs petits-enfants les traitent. En raison d'obstacles linguistiques et culturels, ils ne peuvent utiliser les nombreuses ressources auxquelles ils ont accès.
De toute évidence, les aînés sud-asiatiques sont isolés et négligés. La plupart cohabitent avec leurs enfants adultes qui travaillent et leurs petits-enfants qui étudient. La communication fait défaut dans ces familles. À cause de leur emploi du temps, enfants adultes et petits-enfants n'ont pas le temps de bien s'occuper des grands-parents.
Bien des aînés sont exploités financièrement. On leur enlève leur chèque de pension. On leur demande de s'occuper des enfants, d'effectuer les tâches ménagères et de préparer les repas, activités qui peuvent se révéler difficiles pour des aînés dont la santé est fragile.
La dynamique familiale est complexe. De multiples facteurs augmentent le stress au foyer, notamment les problèmes financiers auxquels font face les enfants d'immigrants à l'âge adulte, leur difficulté de se trouver un emploi et leur obligation de subvenir aux besoins des enfants et des parents.
Dans la culture sud-asiatique, les enfants s'occupent de leurs parents âgés de la même façon que ceux-ci se sont occupés d'eux. Dans leurs pays d'origine, c'est ainsi que les choses se passent. Cependant, les familles d'immigrants sont aux prises avec divers obstacles, notamment la discrimination sur le marché du travail et dans les établissements d'enseignement et d'autres facteurs de stress qui mettent à mal cette coutume sud-asiatique.
Les aînés et les intervenants ont décrit la violence psychologique et verbale dont font l'objet les personnes âgées et qui conduisent à la dépression et à d'autres problèmes de santé mentale. Certains aînés sud-asiatiques, notamment des Tamouls, ont vécu la guerre et souffrent du trouble de stress post-traumatique. Ils se soucient de la sécurité de leur famille dans leur pays d'origine. Des aînés sont également exploités financièrement. Ils sont dépendants de leurs enfants adultes même pour payer leur transport.
Les aînés font également l'objet de négligence active et passive. Leurs droits sont violés. Les agresseurs se servent de diverses tactiques pour exercer leur dominance sur eux. On leur donne de faux renseignements sur leurs droits à titre d'immigrants parrainés et on table sur leur crainte d'être expulsés et leur peur de la police.
En outre, ces aînés connaissent mal les lois et le système canadien. Ils ignorent auprès de qui obtenir de l'aide. On nous a parfois signalé des cas de sévices au foyer.
Les aînés ne sont pas enclins à divulguer la maltraitance en raison de barrières systémiques et culturelles. C'est là l'un des principaux problèmes qui ressort de nos travaux sur la question. Nous pouvons donc en déduire que la maltraitance des aînés est encore plus répandue.
Qu'est-ce qui empêche ces aînés d'avoir accès aux services? Ils craignent beaucoup de jeter la honte sur leur famille ou ils sont trop fiers pour faire part de leurs problèmes à d'autres. Toute la famille est couverte de honte si d'autres membres de leur collectivité culturelle ou religieuse pensent que les enfants négligent leurs parents.
L'enfant adulte estime qu'il est honteux d'avoir recours à quelqu'un de l'extérieur pour aider ses parents âgés, ce qui complique la tâche de ces familles déjà débordées. Les barrières linguistiques, les conflits culturels, la perte de leur réseau social et leur nouveau rôle au sein de la société canadienne rendent également les aînés plus vulnérables. Ceux-ci ignorent à qui s'adresser et ne sont pas au courant de leurs droits. Enfin, ils hésitent à recourir aux services communautaires de crainte qu'une telle intervention conduise à la désintégration de la famille.
Cependant, nous reconnaissons que les facteurs conduisant à la maltraitance des aînés au sein des familles sud-asiatiques sont complexes. Il n'y a pas que la tension familiale et les différences culturelles qui sont en cause. Les formalités d'immigration et d'établissement constituent les facteurs de stress les plus importants pour bien des Sud-Asiatiques vivant au Canada. Ces derniers essaient de se trouver un emploi et un logement abordable, de payer le loyer, de nourrir leur famille et de comprendre le système de justice canadien.
Le stress et la pauvreté mettent à mal leur santé physique et mentale. Ils sont alors aux prises avec l'isolement, la frustration et la dépression. Ils vivent dans des foyers surpeuplés et doivent composer avec la nouvelle nécessité d'avoir plus d'un soutien de famille ainsi qu'avec les nouveaux rôles que doivent jouer femmes et aînés.
Les problèmes de violence au sein des familles sud-asiatiques sont complexes et déroutants. Et de les expliquer par les différences culturelles ne constitue qu'une analyse simpliste du phénomène.
I would like to thank the Standing Committee on Justice and Human Rights for inviting the Social Services Network to appear before you as you are examining Bill C-36, an act to amend the Criminal Code in reference to the issue of elder abuse.
My name is Dr. Naila Butt. I'm the executive director of the Social Services Network, a not-for-profit charitable organization located in Markham.
The Social Services Network was established in 2004 to deliver culturally and linguistically appropriate direct services to the diverse multicultural South Asian population. Our goal is to inform, support, and empower the community to live an independent and enriched life and to integrate it into the broader Canadian context. With a growing portfolio of services and projects, our multilingual staff represent many South Asian cultures, countries, and faiths, and we have delivered over 27 projects with 32 community partners involving volunteers, coordinated more than 800 awareness and wellness activities, served 4,000 South Asian clients, and engaged over 50,000 community members.
Over the last two years we have established ourselves as a major provincial and national player, particularly as we are at the forefront of addressing the issue of violence in South Asian families, including a strong focus on elder abuse.
One of our main avenues for addressing the issue is through our Impact of Family Violence: A South Asian Perspective, which is an annual province-wide conference project.
Our expertise has also been acknowledged through the awarding of a pan-Canadian initiative funded by Human Resources and Skills Development Canada's new horizons for seniors program. It sets out to work with South Asian seniors from diverse cultural and linguistic communities and the relevant sectors involved in violence prevention and abuse to identify the areas where seniors are at risk of abuse. The goal is to establish a coordinated community response and increase knowledge on elder abuse awareness and the relevant supports that are needed.
Using a local-level community development approach, this project is currently being implemented in four regions of Ontario—York, Toronto, Peel, and London—with the goal of addressing and reducing elder abuse in our communities.
Why is elder abuse a concern for South Asian families?
Elder abuse in South Asian communities is becoming a growing concern, as SSN front-line staff have identified from their work in the community and as detailed in our Impact of Family Violence conference report.
The report of the May 5, 2011, conference presents a compilation of the collective and cumulative ideas of over 200 conference participants and experts who agreed upon recommended next steps to take this work forward.
There is little concrete quantitative data that outlines the extent of elder abuse in South Asian communities, but the results of the conference and other focus groups that have been conducted by SSN indicate that elder abuse is a prevalent issue that has been silenced in South Asian homes.
In both conferences, in 2011 and 2012, we dedicated a workshop to the issue of abuse against South Asian seniors. Workshop participants included front-line service providers representing diverse linguistic, faith, and cultural South Asian communities who work directly with seniors; South Asian seniors themselves; academic subject-matter experts; and mainstream organizations involved with the issue of elder abuse, including the Ontario Network for the Prevention of Elder Abuse, the Advocacy Centre for the Elderly, and the Toronto, York, and Peel police services, which have expertise in elder abuse.
A quote from one of our six community workers who work directly with the families and seniors helps to summarize and contextualize this issue: Seniors are not aware of what constitutes elder abuse. They do not know of their rights. They are afraid of speaking out. Many feel ashamed of the treatment they are receiving from their children and grandchildren. Due to language and cultural barriers, they are unable to access many supports that are available.
South Asian seniors are clearly isolated and neglected. Most live with their adult children and their grandchildren, who are busy with their school and paid work. There's a communication gap with youth, and with the adult children at work, there is no time to provide support to seniors.
Many seniors are experiencing exploitation in terms of having their pension cheques taken away from them, leaving them with no access to money, and the expectation that they are to provide child care, housework, and cooking for the family, which are difficult activities for older seniors who are sometimes frail and unhealthy.
Family dynamics are complex, with multiple factors influencing stressors in the home. For example, there are financial challenges for their adult children who, as immigrants, find it difficult to find a job but need to support their own children and their parents.
There is a notion in the South Asian culture that when you have children, they will look after you as you age, just as you took care of them when they were young. In their home countries, this expectation is supported. However, immigrant families experience multiple barriers to inclusion, such as systemic discrimination in employment and education and other settlement stresses that put pressure on this custom.
Seniors and front-line workers described the psychological, verbal, and emotional abuse seniors were experiencing in the home, leading to depression and mental health issues. Some South Asian seniors, such as Tamil seniors, suffer from post-traumatic stress disorder related to their experiences of war, and they worry about their families back home. Financial abuse is also evident, leaving seniors dependent on their adult children even for transportation money.
Active and passive neglect of seniors also seems to be evident in this community. Violation of rights is definitely a form of abuse that is experienced by South Asian seniors. False information about their entitlements as sponsored immigrants and fear of deportation and the police are tactics that are sometimes used by abusers to control the seniors in their homes.
In addition, there is a lack of knowledge about the Canadian system and laws, and they do not know where to go to get help. In a few cases we heard about physical violence against seniors in the home.
One of the biggest issues that arose in many of our discussions on the issue of elder abuse was the cultural and specific systemic barriers to disclosure and reporting. Because of this, we inferred that the incidence of elder abuse is higher than has been identified.
What are the barriers for these seniors in accessing services? There is a strong fear of bringing shame to the family, or they may be too proud to confess their problems to others. It also brings shame to the whole family if others in their cultural and religious community think their children aren’t taking care of their parents.
From the adult children's perspective, it can be considered a shame to bring in outside caregiving help for their senior parents, thus placing the burden of caregiving on already busy families. Language barriers, cultural conflict, loss of their social support system, and their changing role in Canada also contribute to the seniors' vulnerability. They don’t know where to go, nor do they have an understanding of their rights and entitlements. Lastly, South Asian seniors are hesitant to use the mainstream services because there is fear that agency intervention will result in family breakup and disintegration of the family.
However, we do recognize that the factors influencing the occurrence of elder abuse in these homes are complicated and go beyond the individual family or cultural experience. For the diverse South Asian populations living in Canada, the most significant stressors they experience relate to the migration and settlement processes. They're trying to find jobs, secure affordable housing, pay the rent, buy groceries, and understand the Canadian justice system.
Stress and poverty are attacking their physical and mental health, with isolation, frustration, and depression taking over. Homes are overcrowded, and families are experiencing stresses within the family home related to the new need for more than one breadwinner here in Canada and the changing role of women and elders.
When examining the issues related to family violence in South Asian families, explanations that emphasize culture often provide an overly simplistic analysis to the complex and confusing web of problems that South Asian families in Canada are engulfed in.
Naila Butt
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Naila Butt
2012-10-02 16:02
Comment faut-il s'attaquer au problème?
Nous appuyons entièrement le projet de loi. Notre projet sur la maltraitance des aînés et nos autres initiatives intersectorielles en Ontario mettent l'accent sur plusieurs stratégies.
Premièrement, il faut sensibiliser les immigrants à ce qui les attend au Canada, les renseigner sur notamment les droits, les libertés, les lois et le système de justice de notre pays, ainsi que sur les restrictions financières et la cohabitation des aînés avec petits-enfants et enfants.
Il faut offrir à tous les membres de la famille du counseling qui doit être donné par des conseillers sud-asiatiques.
Nous devons appuyer davantage les enfants adultes qui s'occupent de leurs parents ainsi que les programmes destinés aux aînés sud-asiatiques et offerts par des organismes comme le SSN. Il faut davantage de groupes d'entraide.
Les renseignements sur la maltraitance des aînés doivent être donnés dans la langue parlée par les personnes âgées. Il faut les informer de ce qu'est la maltraitance, de ses conséquences et des moyens mis à leur disposition. Il faut également offrir des programmes de soutien pour aider les personnes âgées ainsi que les professionnels de la santé et des services sociaux à détecter les signes de la maltraitance. Il faut donner de la formation adaptée aux différences culturelles et portant sur divers domaines.
Il faut procurer des refuges aux aînés sud-asiatiques et s'attaquer aux divers problèmes avec tous les membres de la famille. Il faut également financer davantage les services en santé mentale.
En résumé, il faut mettre davantage l'accent sur la sensibilisation et le soutien des aînés et de leur famille, à toutes les étapes du processus d'immigration et offrir de la formation aux professionnels de la santé et aux travailleurs sociaux pour les aider à détecter les différents symptômes de la maltraitance. Il faut offrir des programmes de counseling familial adaptés aux différences culturelles et linguistiques. Il faut favoriser la collaboration intersectorielle et aider davantage les enfants adultes et les autres membres de la famille.
En conclusion, la communauté sud-asiatique canadienne augmente rapidement. Elle constitue toujours l'une des minorités visibles les plus importantes en Ontario. La population canadienne augmente rapidement elle aussi. Dans la seule région de York, on estime que le nombre d'aînés augmentera de 400 p. 100 d'ici 2026.
Ces données démographiques et les statistiques sur la maltraitance des aînés prouvent ce que nous avançons, c'est-à-dire que la maltraitance est aussi répandue en Ontario que...
What needs to be done?
We fully support this legislation. Our elder abuse project and other cross-sectoral work that we are doing in Ontario has focused on the fstrategies that follow.
First, provide education for immigrants on what life in Canada is like for immigrants, including Canadian rights, freedoms, and laws, and also on what to expect with grandchildren growing up at home, financial restraints, and the justice system.
Also, there needs to be family counselling for all members of the family, delivered by South Asian counsellors, not mainstream counsellors.
As well, there needs to be more support for adult children caregivers, more support for South Asian programs for seniors, delivered by organizations like SSN, and more peer-to-peer support groups.
Elder abuse information needs to be provided to seniors in their own languages to educate them on what constitutes abuse, the consequences of abuse, and where they can go for help. There is a need for support programs that help health and social service providers and seniors themselves identify the signs of elder abuse, and for more sector-specific, cross-sectoral, culturally sensitive training.
There is a need for South Asian-specific emergency residential shelters and also a need to work on problems with the whole family, as well as a need for more funding for mental health services.
In summary, there is a need for education and support for seniors and families before and after the immigration process, for awareness training for front-line health and social service providers in identifying signs and symptoms, for culturally and linguistically sensitive family counselling programs, for cross-sectoral collaboration, and for more support for adult children and families.
In conclusion, the South Asian population is growing rapidly, and South Asians continue to remain one of the largest visible minority groups in Ontario as a whole. The population of Canada is also rapidly aging. In the York Region alone, by 2026 a 400% increase in seniors is projected.
These statistics, coupled with elder abuse stats, validate our inference that elder abuse is occurring in our communities at a comparable rate proportional to the mainstream population in Ontario—
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