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Lib. (ON)
Monsieur le Président, le député a tout à fait raison. Une partie de la solution consiste à établir une meilleure réglementation et à prévoir davantage d'autorités réglementaires ayant l'expérience et le pouvoir nécessaires pour faire respecter les règles.
Cependant, des gens inquiets de ma collectivité me parlent d'un autre aspect du problème. Ce sont des gens qui ont travaillé dans cette industrie dans le passé ou, dans bien des cas, des personnes qui se décrivent simplement comme des mères inquiètes qui se sont renseignées à ce sujet et qui se sont engagées parce qu'elles craignent pour la sécurité de leurs enfants. Ce dont ces gens me parlent, c'est de la dégradation considérable de l'infrastructure des voies ferrées elles-mêmes.
L'une des raisons pour lesquelles nous allons mettre de l'avant un programme d'infrastructure très ambitieux est précisément pour réparer et reconstruire ces voies ferrées, qui sont l'épine dorsale du Canada.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, le député soulève un très bon point. L'une des choses qui causent un problème réel, c'est la perception de nos homologues américains qui, selon ce que j'entends dire, estiment que le Canada se traîne les pieds en matière de sécurité ferroviaire. À titre de législatrice canadienne, cela me préoccupe véritablement.
Nous ne devrions pas compter sur les Américains pour adopter des règles qui assureront la sécurité de notre population. Nous devons faire cela nous-mêmes.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, la semaine dernière, l'OCDE et la Banque TD ont brusquement revu à la baisse leurs prévisions économiques pour le Canada. Selon les nouvelles prévisions de la Banque TD pour 2015, l'économie canadienne perdrait 22 milliards de dollars par rapport aux prévisions annoncées par la banque il y a trois mois seulement. La Banque TD prévient que le taux de chômage va augmenter, que les salaires vont stagner, et que la dette des ménages va s'alourdir.
Quand le ministre des Finances cessera-t-il de jouer à cache-cache avec la Chambre, et quand nous fera-t-il part en personne de son plan pour contrer ce pénible déclin économique?
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, d'après un nouveau rapport du Conference Board, la présence commerciale du Canada en Asie diminue. Entre 1993 et 2003, la part des exportations du Canada vers l'Asie a chuté de moitié, ce qui a fait passer le Canada du 15e rang des exportateurs dans la région au 23e rang. Il existe un lien direct entre un secteur de l'exportation vigoureux et de bons emplois, mais nous perdons du terrain dans le plus grand marché du monde.
Quand le gouvernement déposera-t-il enfin du budget proposant un plan pour inverser le repli des échanges commerciaux canadiens et créer des emplois mieux rémunérés pour les Canadiens?
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, Nadia Savtchenko, pilote, ancienne combattante en Irak et députée du Parlement de l'Ukraine, a été faite prisonnière de guerre par la Russie le 24 juin 2014.
Nadia a été enlevée l'été dernier par une milice armée et dirigée par la Russie et transportée illégalement dans ce pays. Elle y a été détenue et questionnée par les services de renseignement russes au sujet de la mort de deux journalistes russes lors d'une attaque au mortier, mais ses relevés de téléphone cellulaire confirment qu'elle était déjà détenue par les Russes lorsque les journalistes ont été tués. Les tribunaux russes ont tout de même continué à propager la fausseté énoncée par le Kremlin voulant qu'elle ait traversé volontairement la frontière, et ont refusé de la libérer sous caution ou de l'assigner à résidence.
Dimanche dernier, à l'occasion de la Journée internationale de la femme, de nombreux militants se sont réunis à Toronto, aux quatre coins du Canada et dans le monde entier pour jeûner par solidarité avec Nadia, qui fait la grève de la faim depuis 83 jours, et pour réclamer sa libération immédiate.
Le Canada et la Chambre des communes devraient se rallier à leurs alliés américain et européen et adopter une résolution exigeant le retour immédiat de Nadia en Ukraine.
[ La députée s'exprime en ukrainien ainsi qu'il suit:]
Slava Ukraini. Slava heroini.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, le ministre du Commerce a beau prononcer de belles paroles, il reste que le Canada a affiché en janvier un déficit commercial ahurissant de 2,5 milliards de dollars, le deuxième en importance de notre histoire. Ce lamentable rendement en matière de commerce est d'autant plus préoccupant que le dollar est faible, ce qui est habituellement une bénédiction pour les exportateurs, et que notre principal marché étranger, les États-Unis, connaît une reprise économique. Le gouvernement excelle à donner des réceptions à 100 000 $ pour annoncer des accords commerciaux non finalisés, mais il néglige l'érosion inquiétante de nos débouchés d'exportation.
Quand le gouvernement déposera-t-il enfin un budget comprenant un plan pour renverser cet alarmant déclin?
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, le Fonds monétaire international prévient le Canada que son marché immobilier est anormalement élevé. Le prix des maisons a en effet grimpé de plus de 60 % depuis 15 ans. Les familles canadiennes, dont le niveau d'endettement personnel figure parmi les plus élevés de l'OCDE, selon le FMI, risquent de perdre des centaines de milliers de dollars, ce qu'elles ne peuvent évidemment pas se permettre. De l'avis du FMI, le Canada a besoin de meilleures données, ce à quoi s'oppose le gouvernement conservateur, on ne sait trop pourquoi, et d'une surveillance financière mieux coordonnée.
Quand le gouvernement va-t-il renoncer à ses manoeuvres électoralistes et alarmistes et présenter un budget qui va s'attaquer au ralentissement de l'économie canadienne et à la surchauffe du marché immobilier?
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec la députée d'York-Ouest.
Je suis heureuse d'avoir la chance de joindre ce débat important. Au cours des 30 dernières années, la taille de l'économie canadienne a plus que doublé. Pourtant, le revenu médian des ménages n'a augmenté que de 15 %. Un rapport publié la semaine dernière par la CIBC montre que cette tendance n'a fait qu'empirer depuis la récession de 2008 à 2009. Je veux citer quelques passages du rapport.
« La Banque du Canada continue de nous prévenir que la situation n'est pas aussi encourageante que le laisse croire le taux de chômage et, en fait, selon sa nouvelle mesure améliorée de l'activité sur le marché du travail, les ressources inutilisées demeurent nombreuses », affirme Benjamin Tal, économiste en chef adjoint et créateur de l'indice de qualité de l'emploi de la Banque CIBC.
Il poursuit en disant:
« À bien des égards, la Banque a raison. Notre indice de qualité de l'emploi vient d'atteindre un creux historique, ce qui suggère que la composition de l'emploi n'est pas optimale. En examinant de près la trajectoire des sous-composantes de notre indice, toutefois, nous sommes portés à croire que la solution préconisée par la Banque pour stimuler le marché de l'emploi, soit de continuer d'abaisser les taux, pourrait ne pas être salutaire. » [...]
« Si les emplois rémunérés à temps plein sont, en moyenne, des emplois de meilleure qualité que les emplois à temps partiel et ceux des travailleurs autonomes, tous les emplois rémunérés à temps plein ne sont pas équivalents », précise M. Tal. « Les emplois à temps plein mal rémunérés ont augmenté plus rapidement que les emplois moyennement bien rémunérés qui, à leur tour, ont connu une croissance plus forte que les emplois très bien rémunérés.
« Sur le plan de la création d'emplois, l'écart s'est creusé entre les emplois mal rémunérés et ceux très bien rémunérés durant l'année qui s'est terminée en janvier 2015, le nombre d'emplois à temps plein mal rémunérés augmentant deux fois plus rapidement que le nombre d'emplois très bien rémunérés. Ces trajectoires sont en grande partie responsables du fléchissement de notre indice de qualité de l'emploi au cours des deux dernières décennies. »
Les familles canadiennes de la classe moyenne dont les revenus stagnent et qui font face à l'augmentation du coût de la vie et à un endettement croissant peinent à joindre les deux bouts. Aujourd'hui, il y a 159 000 emplois de moins pour les jeunes qu'avant la récession. Le plan d'action des conservateurs consiste à instaurer le fractionnement du revenu, un allégement fiscal de 2 milliards de dollars dont profiteront en grande majorité les Canadiens les mieux nantis et dont 85 % des ménages canadiens ne tireront pas un sous.
Le Parti libéral investirait ces fonds dans des secteurs dont bénéficierait vraiment la classe moyenne, notamment les infrastructures communautaires, l'éducation postsecondaire et la formation professionnelle, ainsi que la recherche et l'innovation.
Les libéraux estiment que ce pays a besoin d'un nouveau plan économique et chaque jour qui passe nous le démontre un peu plus. L'économie de notre principal partenaire commercial, les États-Unis, tourne à plein régime mais les exportations canadiennes ont chuté de près de 3 %.
Le premier ministre veut parler de tout sauf de l'économie. Sa priorité est d'apporter un allégement fiscal de 2 milliards de dollars aux mieux nantis de notre société, et il est plus intéressé à semer la peur qu'à proposer des solutions économiques.
D'après la CIBC, une étude récente réalisée par l'Université York et le FMI — les préoccupations duquel ont été citées plus tôt aujourd'hui durant la période des questions —, l'économie canadienne est actuellement confrontée à de graves problèmes structurels, plus particulièrement l'érosion de la classe moyenne. Dans notre économie, de plus en plus de Canadiens touchent un bas salaire et travaillent à temps partiel.
Il ressort de l'étude de l'Université York que je viens de mentionner que, au cours des 10 dernières années, le nombre d'emplois à bas salaire et à temps partiel a augmenté de 50 %, en passant de 22 % à 33 % des emplois.
Selon l'OCDE, dans cette organisation des économies les plus performantes du monde, le Canada se classe au troisième rang en ce qui concerne le pourcentage d'emplois mal rémunérés par rapport au total des emplois disponibles.
La Banque du Canada est inquiète. Dans son Rapport sur la politique monétaire de janvier dernier, la banque signale que « le pourcentage de travailleurs occupant involontairement un emploi à temps partiel reste élevé ». Comme l'a dit la CIBC, nous devenons un pays de travailleurs à temps partiel.
Comme le Parti libéral le fait valoir, nous avons besoin d'un plan économique pour la classe moyenne au Canada afin de renforcer celle-ci, parce qu'elle est à bout de souffle. Nous avons besoin d'un plan. La situation actuelle est attribuable dans une large mesure aux nouvelles forces en présence au XXIe siècle. Ce qui se passe découle en grande partie de la mondialisation, des changements technologiques, de l'émergence de l'économie collaborative, ou de ce que certains appellent l'« uberisation » ou la « taskrabbitisation » des emplois.
Cela dit, le gouvernement peut faire quelque chose. Il a l'obligation d'agir face à cette situation et d'adapter nos institutions sociales et politiques afin que la classe moyenne au Canada ne soit pas victime de la mondialisation et de la révolution technologique et qu'elle puisse prospérer dans ce nouveau contexte.
Je suis navrée de dire que le gouvernement fait exactement le contraire. Au lieu d'essayer d'atténuer l'impact de ces forces, le gouvernement les nourrit, notamment avec sa politique de fractionnement du revenu. Nous préférerions voir le gouvernement adopter un plan économique axé sur la croissance, en particulier la croissance des emplois pour la classe moyenne.
Les infrastructures sont un élément important de la solution. Les emplois dans le secteur des infrastructures ne doivent pas être « uberisés », et ils ne doivent pas être exportés à l'étranger. Les investissements dans les infrastructures comportent un autre avantage important. Les grands programmes d'infrastructures aident l'économie à fonctionner à plein régime. Dans ces circonstances, la classe moyenne jouit d'un pouvoir de négociation beaucoup plus grand, ce qui favorise le renversement des tendances déplorables dont nous avons discuté aujourd'hui.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, je veux remercier ma collègue de sa question et m'excuser, parce que je vais répondre en anglais. Je ne suis pas prête à répondre en français, mais j'essaierai de le faire éventuellement.
Je crois fermement que nous sommes confrontés à quelques problèmes économiques connexes en ce moment même. L'un de ces problèmes est l'affaiblissement de la classe moyenne, dont nous avons longuement fait état aujourd'hui et qui, selon moi, peut être corrigé par des solutions gouvernementales. Le gouvernement peut prendre des mesures pour améliorer la situation. À l'inverse, il peut aussi prendre des mesures, comme le fractionnement du revenu, qui ont pour effet d'empirer la situation.
À mon avis, il existe un problème connexe que certains économistes appellent la « stagnation séculaire ». Les économies des pays occidentaux industrialisés ne se remettent pas de la crise financière, de la récession, avec la vigueur anticipée par un grand nombre. Nous sommes enlisés dans un espace économique à faible croissance. Cela est particulièrement vrai en Europe, où certains taux d'intérêt sont maintenant négatifs, ce qui est aberrant.
Par conséquent, je suis tout à fait d'accord avec le sens de la question posée par la députée. Le moment est venu pour le gouvernement de prendre des mesures afin de relancer l'économie. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai terminé mon exposé en parlant d'investissements dans les infrastructures. Selon moi, une telle mesure aurait une incidence profonde sur la croissance économique et sur la création d'emplois pour la classe moyenne.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, je pense que le député fait allusion à un véritable problème. La réalité est que la technologie et les avancées technologiques ont commencé par nous permettre d'opter pour la fabrication « juste-à-temps », si bien qu'il ne nous était pas nécessaire de maintenir de grands inventaires de marchandises. Nous pouvions les livrer aux usines juste au moment où elles en avaient besoin.
Dernièrement, nous avons découvert que ces mêmes technologies ont permis aux employeurs de traiter les employés comme des intrants « juste-à-temps » dans le processus économique. Comme mon collègue l'a fait remarquer, cela a des effets dévastateurs sur les vies humaines. Cela signifie que les gens sont incapables de planifier leur budget familial, que les personnes qui, comme moi, ont des enfants ont du mal à organiser leur garde. Imaginez ce que ce serait de savoir que vous allez travailler 40 heures par semaine sans avoir la moindre idée de votre horaire.
Je suis convaincue que le gouvernement doit s'attacher en priorité à trouver des façons de veiller à ce que les gens aient des revenus et des heures de travail sur lesquels ils peuvent compter. Je pense que c'est quelque chose que nous pouvons faire en collaboration avec les employeurs.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, Igor Setchine et Vladimir Iakounine sont deux amis proches du président de la Russie, Vladimir Poutine. Tous deux sont visés par des sanctions des États-Unis, mais ne figurent pas sur la liste du Canada. Les médias qualifient de laxistes les sanctions du Canada à l'égard de Rosneft, la société de M. Setchine. Les beaux discours du gouvernement faisant valoir le nombre de personnes sanctionnées par le Canada sonnent plutôt creux dans l'esprit de nos alliés et des Canadiens. La qualité est tout aussi importante que la quantité.
Quand le gouvernement joindra-t-il le geste à la parole et sanctionnera-t-il Setchine et Iakounine?
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, dans un courriel aux conservateurs où il parlait de son intention de dépouiller les musulmanes de leur droit de porter le niqab lors des cérémonies de citoyenneté, le ministre de l'Immigration s'est trompé. Il a affirmé que le gouvernement, usant d'un stratagème politique cynique, interjettera appel d'une décision judiciaire « autorisant le port du hidjab lors de la prestation du serment ». Il me semble qu'une personne occupant le poste de ministre de l'Immigration devrait connaître la différence entre un niqab et un hidjab.
Les conservateurs tentent de restreindre les droits des musulmanes. Ne pourraient-ils pas au moins avoir la courtoisie de bien présenter les faits?
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, selon une étude récente du Conference Board, les jeunes générations gagnent moins et reçoivent moins de prestations de retraite que leurs parents. En effet, on peut y lire ceci: « Les jeunes Canadiens pourraient gagner moins dans leur vie que les générations précédentes. »
Il n'y a pas d'indice plus sinistre de la mauvaise santé de l'économie canadienne que la perspective que notre avenir soit moins reluisant que notre passé.
Les rengaines désuètes et trompeuses qu'on nous sert aujourd'hui ne permettront pas d'apporter la prospérité à cette génération. Quand le gouvernement déposera-t-il enfin un budget présentant un réel programme de création d'emplois et de stimulation de la croissance?
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, ce n'est tout simplement pas vrai. Personne n'ignore, dans le monde des affaires, que nous vivons à l'ère de l'information. C'est pourquoi les économistes les plus réputés au Canada et la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante réclament à l'unisson le retour du questionnaire détaillé du recensement. Contrairement à ce que nous venons d'entendre, Roger Martin, de l'Université de Toronto, est d'avis que « prétendre que l'enquête actuelle fonctionne bien est de la désinformation ».
Le gouvernement fera-t-il enfin marche arrière plutôt que de s'enliser dans sa politique anti-scientifique, anti-entreprise et antédiluvienne? Rétablira-t-il l'utilisation du questionnaire détaillé du recensement comme le veut le projet de loi de mon collègue?
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, je vous remercie de me donner la chance de me joindre à ce débat important.
L'appui à l'AECG par la province de Terre-Neuve-et-Labrador a été obtenu en partie par une promesse du gouvernement du Canada d'aider l'industrie à s'ajuster au récent retrait des exigences relatives à la transformation minimale. Cette promesse devrait être respectée. L'AECG éliminera les barrières commerciales et permettra d'accroître le libre-échange entre le Canada et l'Union européenne, ainsi que les perspectives pour la classe moyenne.
Le Parti libéral du Canada est pour le libre-échange, car c'est la façon d'ouvrir les marchés aux produits et services du Canada, d'augmenter le nombre d'entreprises axées sur l'exportation, de créer des emplois et de donner le choix, en plus de favoriser des prix moindres pour les consommateurs canadiens.
Les conservateurs ont malheureusement négocié cette entente sans avoir lancé un débat public en bonne et due forme. En conséquence, le gouvernement n'a pas répondu adéquatement aux préoccupations relatives aux secteurs qui pourraient subir des répercussions négatives dues à l'AECG, notamment à celui des ouvriers affectés au traitement du poisson de Terre-Neuve-et-Labrador. Le retrait des exigences relatives à la transformation minimale est manifestement une grande préoccupation pour les habitants de Terre-Neuve-et-Labrador. L'appui de cette province a été obtenu en partie par la promesse du gouvernement fédéral d'aider l'industrie à s'ajuster à la nouvelle réalité. Cette promesse devrait être respectée.
Je veux aussi citer mon collègue le député de Saint-Laurent—Cartierville, qui a parlé de cet enjeu la semaine dernière:
Bien que les relations fédérales-provinciales puissent sembler ésotériques à une bonne partie de la population, tous les Canadiens doivent pouvoir compter sur des dirigeants dignes de confiance, et surtout sur un premier ministre digne de confiance.
C'est très important. J'aimerais remercier mes collègues, surtout les francophones, d'avoir écouté mon mauvais français, en espérant avoir été compréhensible.
Je poursuivrai en anglais. Je remercie mes collègues francophones de tolérer mes efforts. Il est important de se pratiquer si l'on veut s'améliorer.
Comme ma collègue l'a déjà laissé entendre dans ses questions, ce sont des dossiers forts importants qui sont en jeu ici, et cela illustre parfaitement l'incurie du gouvernement. Je tiens à parler de deux dossiers en particulier. Bien souvent, notamment en matière de commerce, de politique économique et d'affaires étrangères, le gouvernement tient de beaux discours, mais ne respecte pas ses promesses. Les grandes déclarations du gouvernement ne mènent à rien de concret. La plupart des gens s’entendent pour dire qu’il vaut mieux avoir une main de fer dans un gant de velours. Or, dans le cas du gouvernement, c’est plutôt l’adage « grand parleur, petit faiseur » qui vient à l’esprit, car il parle beaucoup, mais agit peu.
Cet accord économique et commercial global en est un bon exemple. J'ai cessé de compter le nombre de fois où le gouvernement a utilisé l'argent des contribuables pour nous annoncer que cet accord avait été conclu; or, l'accord, manifestement, se fait toujours attendre.
Qui plus est, chaque semaine le gouvernement se retrouve confronté à un nouvel obstacle à surmonter, obstacle qu'il aurait dû surmonter avant d'avoir fait toutes ces annonces en grande pompe. Le différend entre le gouvernement fédéral et Terre-Neuve-et-Labrador en est simplement le dernier exemple.
La deuxième chose que j'aimerais souligner concerne une chose que j'ai dite un peu plus tôt quand j'ai cité mon collègue. Ce différend en dit long sur l'échec du gouvernement à l'égard de l'un des principes essentiels de la science du gouvernement, soit l'aptitude à nouer des liens, notamment avec les provinces — une des grandes responsabilités du gouvernement fédéral —, ainsi qu'avec nos partenaires dans le monde.
J'aimerais faire un parallèle avec le monde de l'enseignement. Je suis mère de trois enfants. Il n'y a plus de pupitres individuels dans les salles de classe aujourd'hui. La pédagogie moderne comprend que c'est seulement en collaborant qu'on peut réaliser de grandes choses dans le monde. Ma fille de 10 ans est donc assise à un groupe de tables avec d'autres enfants. On lui apprend déjà le caractère essentiel de l'esprit d'équipe. Il semble que les députés de l'autre côté n'aient toujours pas compris ce principe.
Il n'en est pas seulement ainsi dans les écoles élémentaires. Pendant l'ajournement d'hiver, j'ai eu le privilège de visiter l'Université de Windsor et de voir son magnifique nouveau Département de génie. Dans ses superbes nouvelles salles de cours modernes, les étudiants ne sont pas assis chacun isolément; ils sont regroupés autour de tables. Encore là, le travail d'équipe est la clé de la réussite dans l'économie moderne. C'est une approche que le gouvernement est ou bien incapable d'adopter ou bien incapable de comprendre à quel point c'est essentiel.
C'est pourtant particulièrement important dans le domaine du commerce. Après tout, le commerce se fonde sur des partenariats et des relations. On constate ici la rupture pour ce qui est des relations entre le gouvernement fédéral et Terre-Neuve-et-Labrador, mais c'est loin d'être la seule relation commerciale à s'être dangereusement détériorée. Je trouve scandaleux de voir que notre plus importante relation économique et commerciale, celle qui devrait être la relation internationale de base pour tout gouvernement canadien, la relation avec les États-Unis, est également devenue la proie de cette approche d'intransigeance absolue et d'intimidation du gouvernement. La preuve de cette incapacité à établir des relations et à faire preuve de diplomatie: le projet de pipeline Keystone n'a toujours pas été approuvé et est devenu un dossier chaud hautement controversé sur la scène politique américaine, sans compter l'énorme différend concernant le port de Prince Rupert.
Ce différend inutile entre le gouvernement fédéral et Terre-Neuve-et-Labrador n'est qu'une manifestation d'un échec plus grand, sur plusieurs fronts, et des deux défauts très caractéristiques du gouvernement.
Ce qui est particulièrement troublant pour mes collègues et moi, c'est que le gouvernement du Canada a notamment obtenu le soutien de Terre-Neuve-et-Labrador à l'égard de l'accord en lui promettant d'aider l'industrie à s'adapter à l'abolition des exigences minimales de transformation. N'est-ce pas élémentaire qu'un gouvernement doive tenir ses promesses? Malheureusement, ce n'est pas le cas.
J'aimerais citer des commentaires de représentants de Terre-Neuve-et-Labrador. Dans le Telegram, le journal de St. John's, le ministre Darin King a déclaré que si Terre-Neuve-et-Labrador ne parvenait pas à conclure un accord avec le ministre du Commerce international, la province avait l'intention de passer par-dessus la tête du gouvernement canadien et de saisir Bruxelles. Voici ce qu'il a dit au Telegram:
Nous aurions l'intention de saisir l'Union européenne — Bruxelles — et de rencontrer les États membres ainsi que les membres de l'Union pour leur présenter notre position et obtenir leur soutien [...] Nous voulons une résolution. Nous voulons régler cette question, car nous reconnaissons que l'AECG est bon pour le Canada et notre province. Nous voulons régler cette question et aller de l'avant.
De quoi le Canada aurait-il l'air si des factions belligérantes canadiennes se rendaient à Bruxelles pour faire valoir des positions contraires à celles prises par le pays? Nous serions la risée du monde entier.
Un pays bien géré ne devrait pas fonctionner de cette façon. Ce n'est pas comme cela que l'on peut négocier un accord avantageux. C'est très risqué. Ce différend qui fait rage au sein de la famille canadienne et qui se déroule sur la place publique, à la Chambre, survient à un très mauvais moment. Comme les députés le savent sans doute, l'accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne — que nous appuyons fermement et qui est très important pour l'économie canadienne — fait l'objet de refus et de pressions de la part d'acteurs clés de l'Union européenne. Des voix se sont élevées contre cet accord en France et, surtout, en Allemagne. Comme nous avons perdu certains appuis, nous devons nous serrer les coudes et respecter les promesses faites aux familles canadiennes. Je suis déçue de voir que c'est plutôt le contraire qui se produit à l'heure actuelle.
Les accords commerciaux sont un domaine où, comme c'est souvent le cas en matière de politique économique, le temps presse, car tout retard entraîne des pertes financières très réelles. Dans ce dossier, le gouvernement n'a pas le luxe de pouvoir livrer des combats interpersonnels ou idéologiques. Tout retard se paie à même les poches des vaillants Canadiens. Nous en avons eu un exemple patent, dernièrement, avec l'accord avec la Corée du Sud.
Les États-Unis, l'Union européenne et même l'Australie ont su négocier avant nous un accord avec la Corée du Sud. Nous sommes ravis d'avoir enfin fini par conclure le nôtre, mais nos tergiversations ont fait perdre 30 % des parts de marché aux exportateurs canadiens. Les experts chiffrent cette perte à 8 milliards de dollars environ. C'est beaucoup d'argent qui a essentiellement été puisé à même les poches des gens d'affaires canadiens, parce qu'on a tardé. Nous n'avons vraiment plus de temps à perdre. Le temps n'est plus aux discours creux et aux querelles intestines. Ratifions l'accord pour de bon.
Le sort de l'Accord économique et commercial global me préoccupe de plus en plus. La semaine dernière, j'ai rencontré des gens d'affaires dont l'entreprise dépend directement de la ratification de l'accord. Ils sont inquiets, car ce n'est pas encore un fait accompli, malgré les nombreuses annonces à cet effet.
Il y a tout lieu d'être inquiet. Si nous ne parvenons pas à régler nos différends au pays et à conclure l'accord en bonne et due forme, l'avenir de celui-ci sera véritablement compromis.
Comme les députés le savent, les États-Unis négocient actuellement leur propre accord commercial avec l'Europe. Il s'agit d'un énorme enjeu politique en Europe. En fait, l'accord avec les États-Unis soulève des préoccupations beaucoup plus grandes et de nature beaucoup plus émotive que celui envisagé avec le Canada. Il est essentiel que nous concluions, signions et mettions en oeuvre notre accord avant que le débat entourant les négociations avec les États-Unis devienne une priorité politique en Europe.
Il est aussi essentiel que nous réglions nos différends au pays, car les négociateurs de l'Union européenne ne pourront pas nous accorder éternellement du temps. Ils ne pourront pas se concentrer sur les chicanes internes du Canada ad vitam aeternam, ainsi que sur les visites possibles, ce mois-ci à Bruxelles, de représentants de Terre-Neuve-et-Labrador. Leur attention se tournera bientôt du côté de l'accord avec les États-Unis. Il est absolument essentiel que le gouvernement règle les différends et qu'il conclue l'accord.
Pourquoi le Parti libéral accorde-t-il autant d'importance au commerce, à la conclusion d'accords et à l'accès à des marchés pour les producteurs canadiens? C'est parce que notre économie dépend à 80 %, directement ou indirectement, des échanges commerciaux. C'est énorme. À l'heure actuelle, nous dépendons beaucoup de relations efficaces avec les marchés internationaux et d'un accès efficace à ceux-ci. En ce début d'année, nous nous rendons compte que l'économie mondiale va beaucoup moins bien que ce qu'ont tenté de nous faire croire les députés d'en face pendant toute la dernière année.
Nous entrons dans une conjoncture économique mondiale marquée par la chute inattendue du prix des produits de base, y compris le prix du pétrole, ce qui, à en croire tous les intervenants — de la Banque du Canada à la Banque TD — constitue un problème très grave pour l'économie canadienne. Notre économie est aussi menacée par un autre problème très grave: ce que l'ancien secrétaire au Trésor américain, Larry Summers, appelle la stagnation séculaire. En effet, les économies des pays industrialisés occidentaux pourraient actuellement être coincés dans une période de faible croissance.
Malheureusement, je dois dire qu'à cause de la mentalité à courte vue du gouvernement et de sa tendance à tout miser sur le secteur pétrolier, le Canada n'est pas prêt à faire face aux conditions économiques tumultueuses qui frappent le monde entier. Dans les circonstances actuelles, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de nous battre entre nous. Il est gênant que le gouvernement fédéral combatte ainsi un gouvernement provincial au sujet d'un accord commercial dont nous avons désespérément besoin. Il faut trouver agir. Ce n'est tout simplement pas acceptable. En fait, c'est très dangereux, car le Canada risque de s'enliser dans cette situation, et Terre-Neuve-et-Labrador pourrait faire valoir à juste titre que sa confiance a été trahie.
J'aimerais citer à la Chambre certains dirigeants de Terre-Neuve-et-Labrador. Le premier ministre Paul Davis a dit: « Nous sommes à un carrefour, où le gouvernement fédéral a changé les règles. »
À mes yeux, il touche là le coeur de la question: le fait qu'au beau milieu de cet accord incroyablement important, incroyablement complexe dont on a fait tout un battage et qui est capital pour notre économie, le gouvernement n'a pas été à la hauteur dans le domaine des relations fédérales-provinciales et a eu la témérité de modifier les règles en cours de route. Ce n'est pas digne d'un homme d'État. Ce n'est pas une façon adulte de diriger un pays, une économie et une négociation commerciale.
Darin King, ministre des Entreprises de Terre-Neuve-et-Labrador, a dit: « Le non-respect des modalités de ce fonds par le gouvernement fédéral compromet l'AECG pour toutes les industries et tous les secteur économiques et, à vrai dire, tous les citoyens canadiens et européens. »
En plein dans le mille. Nous voulons tous de cet accord. Le gouvernement a eu le privilège de le négocier non seulement avec l'Union européenne, mais aussi avec nos partenaires provinciaux. Il n'a simplement pas été à la hauteur. Ses partenaires l'accusent maintenant de n'avoir pas rempli un devoir fondamental pour un gouvernement fédéral: celui d'être digne de confiance et de tenir ses promesses.
Enfin, je voudrais citer le ministre des Affaires intergouvernementales, Keith Hutchings, qui a déclaré ceci:
Nous devons nous en tenir à ce que nous avons négocié. C'est un dossier plus vaste que cette seule question. Après avoir accordé au gouvernement fédéral le pouvoir de négocier l'accord, nous ne pouvons pas, dans les derniers stades de la négociation, retirer toutes nos billes. Le gouvernement dont je fais partie ne peut pas accepter une telle idée.
Ce qui est véritablement en jeu, c'est probablement la question fondamentale de l'exercice du pouvoir et de la légitimité de l'autorité. C'est l'intégrité. C'est la confiance. Le fond du problème, c'est que l'économie est en jeu. Un accord commercial est en jeu. Mais surtout, ce qui est encore plus important, c'est que la capacité du gouvernement de susciter la confiance des Canadiens est en jeu. Voilà pourquoi je suis enchantée d'avoir l'occasion de participer au présent débat à la Chambre des communes. J'espère que le gouvernement saura comprendre.
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