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Lib. (ON)
Monsieur le Président, aujourd'hui, il est question de politiques futures. Comme nous l'avons dit — et de très bonnes données ont été citées —, le premier ministre a appuyé le fractionnement du revenu et en a fait la promotion, même si le regretté ministre des Finances, Jim Flaherty, s'y opposait. Nous sommes contre cette politique précisément parce que, à l'instar de l'Institut C.D. Howe et la plupart des économistes de renom, nous estimons que cela accroîtrait l'inégalité du revenu.
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Lib. (ON)
Je crois qu'il n'y a rien de déshonorant dans le fait d'être parfois d'accord avec mes collègues du NPD ou de citer quelqu'un qui, je crois, était très respecté de nous tous, c'est-à-dire le regretté Jim Flaherty.
Comme j'ai tenté de le souligner dans mes observations, il s'agit d'un phénomène qui dure depuis 30 ans. Dans 24 des 26 pays à l'étude, le FMI a constaté que l'inégalité des revenus a augmenté sur une période de 30 ans. Évidemment, nous devons tenter de cerner les mesures législatives déterminantes, mais il s'agit d'une tendance mondiale. Si nous voulons être honnêtes, nous devons voir le problème comme il se présente et tenter de trouver des façons d'y remédier.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, demain, Petro Poroshenko sera officiellement nommé président de l'Ukraine, lui qui a reçu un mandat démocratique fort de la population à l'issue des élections qui ont eu lieu le mois dernier. Cependant, l'Ukraine continue de subir de très fortes pressions, qui sont exercées par la Russie. La Crimée a été annexée et des ressortissants russes, armés par la Russie, terrorisent la population et minent les efforts du gouvernement dans le Donbass.
Quand le Canada se joindra-t-il enfin à son allié, les États-Unis, et ajoutera-t-il le nom d'Igor Sechin, président de Rosneft et proche collaborateur du Kremlin, à la liste des personnes visées par les sanctions?
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, en octobre dernier, on a annoncé en grande pompe que le premier ministre se rendait à Bruxelles pour signer une entente de principe en ce qui concerne l'accord commercial avec l'Union européenne. Pour le moment, cet accord est au point mort. Lorsque nous avons demandé les documents qui ont été signés en public par le premier ministre, le Bureau du Conseil privé nous a répondu qu'il n'avait trouvé aucun dossier s'appliquant à cette demande.
Est-ce que le premier ministre a bel et bien signé des documents en octobre, ou est-ce que ce voyage n'était qu'une coûteuse opération de relations publiques qui n'a donné aucun résultat concret?
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, j'aimerais expliquer ce soir pourquoi le Parti libéral appuie le libre-échange en tant qu'élément important et essentiel de la stratégie économique du Canada. Je vais dire pourquoi nous sommes favorables à cette entente de libre-échange avec le Honduras. J'évoquerai certains problèmes qu'elle pose et dont il faut être conscient. Nous pensons qu'il s'agit d'une entente qu'on doit aborder les yeux grands ouverts, et j'évoquerai certains des problèmes généraux que nous voyons apparaître dans la stratégie commerciale appliquée par le gouvernement.
Je vais commencer en parlant un peu du libre-échange, et dire pourquoi il est essentiel pour le Canada. Quatre-vingt pour cent de notre économie est, d'une façon ou d'une autre, liée au commerce international. Géographiquement, nous avons un grand pays, mais nous ne sommes pas nombreux. En cette période d'économie mondialisée, il est absolument essentiel que le Canada soit ouvert à l'économie mondiale. Environ 19,2 % des emplois au Canada sont directement liés au commerce. En outre, chaque emploi dans les secteurs qui exportent occasionne 1,9 emploi supplémentaire; le commerce est donc un élément essentiel de notre stratégie économique pour assurer la croissance du Canada.
Dans le cas particulier de l'entente avec le Honduras, on a parlé de la taille relative de l'entente et de la taille relative de l'économie hondurienne, qui ne représente qu'une petite pièce dans l'ensemble de notre casse-tête commercial. C'est tout à fait vrai, mais il est également important de bien commercer avec le Honduras. En fait, actuellement, je dois malheureusement dire que nos relations commerciales avec le Honduras ne sont pas particulièrement bonnes. En 2012, nous avons exporté des biens vers le Honduras pour un total de 39 millions de dollars, alors que nous en avons importé de ce pays pour une valeur de 219 millions de dollars.
Plus tôt, au cours du débat, on a parlé de Ricardo et du fait qu'en matière de commerce, il ne fallait pas trop s'inquiéter d'un déficit commercial. En définitive, tout s'équilibre. Le commerce est fondamentalement bon. C'est sans doute une belle théorie et un point de vue intéressant, mais à mon avis, en ce qui concerne l'emploi au Canada et le sort des Canadiens de classe moyenne, il est absolument essentiel d'avoir une économie forte et stimulée par les exportations. J'invite les personnes qui s'intéressent aux travaux de Ricardo, si elles en ont pris connaissance, à considérer l'expérience plus récente de certaines économies florissantes comme celle de l'Allemagne, où une croissance très puissante et très stratégique, axée sur les exportations, a apporté la clé du succès à la classe moyenne. À mon avis, on commet une grave erreur en prétendant que les déficits commerciaux sont sans importance.
J'aimerais maintenant dire quelques mots au sujet de l'accord avec le Honduras et des avantages qu'il présente — un aspect important que nous devrions garder à l'esprit. Comme je l'ai mentionné, nous appuyons cet accord. Nous croyons au commerce et nous croyons aux échanges commerciaux mondiaux, mais il est important de souligner que le Honduras est un pays qui affiche un bilan peu reluisant sur le plan politique et en matière de droits de la personne. Nous ne pensons cependant pas que c'est une raison de ne pas commercer avec ce pays, car nous sommes convaincus que la collaboration et que le commerce peuvent offrir un moyen au Canada, un pays démocratique, d'aider d'autres pays à s'engager dans la voie de la démocratie. C'est un résultat que nous avons observé dans bien des régions du monde.
Nous croyons également qu'il est primordial d'être dès le départ au courant de ces problèmes, d'entrer dans cette relation commerciale en toute connaissance de cause et d'avoir un plan pour les surveiller. Alors que nous débattons de l'élargissement de nos relations commerciales avec le Honduras, j'exhorte tous les députés à se rappeler l'exemple de la Russie, un pays que je connais très bien et que j'aime vraiment beaucoup.
Lorsque la Russie s'est libérée du communisme au profit de l'économie de marché et de la démocratie, nous avions présenté un argument similaire, à savoir que le commerce et la collaboration seraient des bons moyens d'aider la Russie à devenir une société plus ouverte, et je crois qu'elle s'est engagée dans cette voie pendant de nombreuses années. Il arrive cependant que cela échoue. Force est de constater que la Russie a pris une décision lourde de conséquences à l'égard de l'Ukraine en novembre 2013 et, plus tragique encore, à l'égard de la Crimée en février 2014: elle s'est isolée de la communauté internationale.
Cela a eu pour conséquence que les pays qui avaient conclu ce pacte avec la Russie, qui disaient vouloir entretenir des liens d'amitié et une relation commerciale avec ce pays, doivent aujourd'hui faire marche arrière, avec les coûts économiques que cela implique. Ce soir, j'aimerais que tous les députés, en particulier ceux qui, à l'instar du Parti libéral, appuient cet accord avec le Honduras, s'engagent à faire en sorte que nos valeurs soient au coeur de l'accord.
Évidemment, l'accord se fonde en partie sur l'économie canadienne et l'importance des échanges commerciaux, mais nous devons également nous engager à surveiller de très près le sort réservé à la démocratie, aux journalistes, aux syndicalistes, aux peuples autochtones, aux femmes, et à la communauté LGBT. Si les problèmes atteignent un seuil critique, nous devons être prêts à mettre fin à cette relation commerciale, même si cela implique des coûts économiques. Je n'insisterai jamais assez sur l'importance de faire en sorte que les valeurs de notre pays soient au coeur de cet accord.
Maintenant que j'ai parlé du Honduras, j'aimerais aborder de façon plus générale la place que le libre-échange occupe dans l'économie canadienne. À l'instar de tous les députés, j'ai été immensément déçue et surprise d'apprendre que le pays accusait en avril un déficit commercial que Statistique Canada évaluait à 638 millions de dollars. Ce piètre résultat est très inquiétant.
Je suppose que mes estimés collègues, en particulier les députés d'en face, ne sont pas prêts à me croire sur parole en ce qui concerne l'état des relations et des activités commerciales au pays. Il y a un organisme qui retiendra probablement votre attention, messieurs, puisque je constate qu'il n'y a que des hommes ce soir — nous pourrions parler d'égalité entre les sexes, mais pas pour le moment. Je crois, messieurs, que vous vous intéressez probablement à...
M. Jeff Watson: Pourquoi faut-il que vous rameniez tout à l'égalité entre les sexes?
Mme Chrystia Freeland: Je crois, messieurs, que vous vous intéressez probablement à...
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, c'est ce que je ferai, mais je vous demanderais de veiller à ce que tous les partis aient un comportement plus respectueux des règles de la collégialité.
J'imagine que les députés d'en face ne mettront pas en doute la crédibilité ou l'importance d'un rapport de la Chambre de commerce du Canada, l'un des principaux organismes représentant le secteur privé au pays. En mai 2014, elle a publié un rapport intitulé « Un point tournant: Comment rétablir notre succès commercial sur les marchés étrangers ». Ce titre devrait nous inquiéter. On dirait un verdict peu reluisant.
Le premier chapitre s'intitule « Retard commercial du Canada ». En voici un extrait:
Le commerce international est pour les entreprises canadiennes un des moyens les plus rapides et les plus efficaces de faire croître leurs affaires, de créer des emplois et de contribuer à l’économie. Cependant, l’augmentation des exportations et des investissements extérieurs est lente depuis quelques années, et la diversification ciblant les économies émergentes est limitée.
[...] plusieurs mesures indiquent que le Canada est en retard sur les pays comparables. La valeur des exportations a augmenté lentement [...] malgré les prix beaucoup plus élevés que reçoivent les producteurs canadiens de produits énergétiques, [sans lesquels] le volume des marchandises expédiées à l’étranger en 2012 était en fait de 5 % inférieur à ce qu’il était en 2000, malgré une hausse de 57 % des échanges à l’échelle mondiale.
Aux yeux d'un parti comme le Parti libéral, qui croit fermement à la prospérité de la classe moyenne ainsi qu'au commerce international comme moyen de parvenir à cette prospérité, ces données sont accablantes.
Le rapport dit encore ceci:
D’autres pays se sont révélés aussi des investisseurs internationaux plus actifs. Exportation et développement Canada (EDC) rapporte une progression importante des ventes des filiales étrangères de sociétés canadiennes [...] mais tout porte à croire que le niveau des ventes des entreprises américaines, britanniques, japonaises et australiennes est plus élevé.
En plus d'avoir régressé depuis 2000, malgré une mondialisation robuste de l'économie, nous avons pris du retard par rapport aux pays comparables au nôtre. C'est pourquoi le Parti libéral croit fermement au commerce et c'est pourquoi aussi nous tenons tant à ce que le gouvernement adopte des politiques canadiennes et prenne des mesures canadiennes, plutôt que de se borner à lancer des slogans et à tenir des séances de photos. Il nous faut une approche stratégique et des gestes concrets.
Cela m'amène à parler de ce dont nous avons déjà passablement discuté cette semaine, soit l'accord commercial avec l'Europe. En octobre, notre premier ministre s'est rendu à Bruxelles en grandes pompes et à grands frais, pour signer un accord de principe concernant nos échanges commerciaux avec l'Europe. Je suis très désolée de constater que, malheureusement, l'accord commercial comme tel n'a pas encore été conclu, même si le premier ministre s'est encore rendu à Bruxelles cette semaine et qu'il aurait donc pu saisir cette belle occasion pour conclure cet accord très important.
J'ai d'autres nouvelles inquiétantes à signaler. Nous avons demandé au gouvernement de nous fournir les documents proprement dits que le premier ministre avait signés. Nous pouvons d'ailleurs voir le premier ministre signer un document dans un extrait vidéo sur l'événement du 18 octobre. Voici la réponse que nous avons obtenue du Bureau du Conseil privé:
Une recherche approfondie des dossiers relevant du Bureau du Conseil privé a été faite en votre nom; cependant, aucun dossier se rapportant à votre demande n'a été trouvé.
Nous aimerions bien savoir, à un moment donné, ce que le premier ministre a réellement signé et ce qui s'est passé avec cette entente. Nous estimons que l'accord de libre-échange avec le Honduras est important, mais évidemment, l'accord de libre-échange avec l'Union européenne l'est beaucoup plus.
Pour conclure, nous croyons fermement — surtout aujourd'hui, en 2014, à l'ère de la mondialisation, en cette époque où la technologie a brouillé les frontières économiques à l'échelle mondiale — que le Canada n'a d'autre choix que de devenir une nation commerçante dynamique et stratégique. C'est ainsi que nous pourrons assurer la prospérité de notre classe moyenne et, si nous faisons ce qui s'impose, de bonne foi et avec intelligence, nous pourrons miser sur le commerce pour encourager la progression de la démocratie dans la société civile partout dans le monde.
Malheureusement, je constate que, dans le cadre de notre programme commercial actuel, le Canada prend du retard. Comme la Chambre de commerce du Canada l'a conclu il y a à peine un mois, notre rendement économique est en perte de vitesse. Je le dis parce que nous mettons beaucoup trop l'accent sur des séances de photos, au cours desquelles il se peut fort bien qu'aucun document n'ait réellement été signé. Nous aimerions en savoir plus à ce sujet.
Par contre, nous avons une stratégie beaucoup moins claire quand vient le temps de cibler les grands partenaires commerciaux et les régions du monde qui affichent la plus forte croissance, et nous n'arrivons pas à faire un suivi efficace. Nous aimerions beaucoup que le gouvernement concentre ses efforts sur l'Afrique, par exemple.
Voici de quoi a besoin le Canada: d'une politique de commerce mondial à caractère stratégique, c'est-à-dire une politique qui est assortie d'une stratégie mondiale et qui confère au Canada une place dans l'économie mondiale; une politique qui ne perd jamais de vue l'idée que nous ne pouvons être une nation commerçante efficace sans faire passer nos valeurs en premier; et enfin, une politique qui ne repose pas uniquement sur des séances de photos, mais qui permet réellement de sceller un accord.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, je voudrais commencer par répondre à l'argument du député selon lequel le système allemand d'apprentissage, qui à mon avis est admirable à bien des égards, ne serait pas pertinent pour le Canada.
Je signale au député que son propre ministre de l'Emploi parle souvent et très favorablement du programme allemand d'apprentissage. Bien que le programme d'apprentissage de l'Allemagne ne soit pas à l'ordre du jour ce soir, ce serait bien que le gouvernement se décide à agir. Mais peut-être que les notes d'allocution sur l'apprentissage n'étaient pas au-dessus de la pile ce soir.
Pour ce qui est du commerce, bien sûr, quiconque préconise le commerce aussi énergiquement, de tout coeur et avec un intérêt aussi profond que le fait le Parti libéral sait que le commerce n'est pas à sens unique. Cependant, mon argument est qu'à l'heure actuelle, on constate au Canada une relation à sens unique, ce qui est inquiétant. La relation à sens unique s'est traduite par un déficit commercial de 638 millions de dollars en avril. On constate que nous sommes champions pour ce qui est d'acheter des biens à l'étranger, mais moins brillants quand vient le temps de vendre nos biens à l'étranger. Cela m'inquiète et devrait inquiéter tous les députés.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, j'aimerais tout d'abord parler de la question des sexes. Je salue toutes les femmes à la Chambre. Il est important que les femmes soient davantage représentées à la Chambre. C'est toujours un plaisir pour moi de les rencontrer et de constater la forte présence des femmes, particulièrement de ce côté-ci de la Chambre, et la solidarité qui nous unit. Leur présence est fantastique. Je suis très heureuse de voir quelques femmes de l'autre côté également.
À propos de la démocratie et des droits de la personne au Honduras, comme je l'ai dit dans mon discours, c'est délicat. C'est une question difficile, un rude processus. Idéalement, nous vivrions dans un monde où tout le monde jouit de la démocratie et des droits de la personne comme au Canada. Tous les députés sont unis par la même conviction selon laquelle il est de notre devoir en tant que parlementaires canadiens d'oeuvrer à améliorer les conditions de vie non seulement des Canadiens mais des habitants de la planète entière.
Toutefois, j'estime que le commerce peut être un moyen d'aider d'autres pays à faire la transition de l'autoritarisme à la démocratie. On devrait seulement isoler les pays de l'économie mondiale en dernier recours; ce ne devrait pas être notre premier réflexe.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, je n'aurais pas pu dire mieux. Le député de Kings—Hants a cerné une importante et formidable possibilité qu'offre la relation entre le Canada et le Honduras.
Je tiens à signaler, comme il l'a si judicieusement fait, qu'il faut comprendre que les occasions d'apprendre ne sont pas à sens unique dans ce cas-ci. Le Canada pourrait tirer de grandes leçons.
Toujours en matière de possibilités, l'accord offre de fabuleux débouchés commerciaux pour les producteurs de boeuf et de porc canadiens et c'est l'une des raisons pour lesquelles le Parti libéral l'appuie.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, je crois qu'il faut surveiller les marchés et écouter les prévisions des spécialistes des marchés. Si j'étais si inquiète et préoccupée des données du commerce d'avril, c'est notamment parce qu'elles ont surpris les économistes spécialistes des marchés, qui les ont trouvées très décevantes et révélatrices d'une tendance inquiétante.
Si le député assis de l'autre côté de l'allée estime que le point de vue des économistes de Bay Street est sans importance, c'est son droit. Personnellement, j'écoute les gens qui étudient nos marchés des capitaux et qui sont payés pour avoir une opinion.
La Chambre de commerce du Canada signalait, le mois dernier, que les résultats commerciaux décevants du Canada méritaient qu'on leur consacre un rapport. Voilà qui devrait nous préoccuper tous. Au Parti libéral, nous pensons qu'il faut écouter ce que nous disent les entreprises. Lorsque cette institution estimable publie un rapport important qui signale des résultats commerciaux décevants, il faudrait laisser de côté les discours convenus et regarder de plus près ce qu'il advient de notre économie.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, Statistique Canada a révélé aujourd'hui qu'en avril, le Canada a enregistré un préoccupant déficit commercial de 638 millions de dollars. Cette information fait suite à l'annonce de la semaine dernière selon laquelle le PIB a augmenté d'un famélique 1,2 % au cours du premier trimestre, bien en-deçà du taux de 2,3 % prévu dans le budget pour 2014.
Afin de renverser ce déclin des exportations et de stimuler notre économie stagnante, il est essentiel d'assurer au Canada un accès aux marchés mondiaux. Quand donc l'accord avec l'Union européenne sera-t-il finalement ratifié?
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, le ministre du Commerce international trouve le temps de critiquer les députés d'arrière-ban de l'opposition, ce qui est flatteur pour eux, mais et le premier ministre et lui ne semblent pas avoir le temps de conclure l'Accord économique et commercial global, qui a l'appui du Parti libéral. Les Canadiens ont été incités à croire que cet accord avait déjà été définitivement conclu et signé en octobre dernier. Pourtant, près de huit mois plus tard, le sort de cet accord est encore en suspens. Même les Européens doutent qu'il finisse par se réaliser.
Au moment où le premier ministre est en route pour Bruxelles, son parti ou lui peuvent-ils nous dire quand le gouvernement finira par conclure l'Accord économique et commercial global qu'ils nous ont tant vanté?
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, nous appuyons le libre-échange et cet accord.
Toute stratégie concernant le libre-échange et le programme commercial du Canada doit tenir compte du fait que le Canada dépend grandement du commerce; nous sommes, à n'en point douter, une nation commerçante.
Voici quelques chiffres: 80 % de notre économie est tributaire de l'accès des exportations canadiennes aux marchés étrangers. Nous croyons donc qu'il est important de favoriser cet accès afin d'appuyer nos entreprises, nos emplois et les Canadiens. En outre, près de 19,2 % des emplois au Canada sont directement liés à l'exportation, et chacun de ces emplois entraîne la création de 1,9 emploi supplémentaire. Il s'agit d'un élément crucial, et c'est ce qui explique que le libre-échange doit faire partie intégrante de toute stratégie économique sensée au Canada; c'est d'ailleurs au coeur de notre propre stratégie économique.
Je suis toutefois attristée de faire remarquer que, malgré toute l'importance que le commerce a dans notre économie, nous en pâtissons à l'heure actuelle. Notre déficit commercial est élevé. J'en conclus que, bien que le gouvernement parle beaucoup de commerce, notre stratégie économique ne donne pas les résultats escomptés, surtout en matière de commerce.
Prenons le Honduras comme exemple. En 2012, les entreprises canadiennes ont exporté pour 39 millions de dollars de marchandises au Honduras, et nous avons importé pour 219 millions de dollars de marchandises de ce pays.
Nous devons adopter une stratégie qui permettra au Canada de faire partie intégrante de l'économie mondiale, qui stimulera les ventes de produits canadiens à l'étranger et qui favorisera la création d'emplois au Canada.
En ce qui concerne le Honduras, nous devons notamment y créer des débouchés pour les exportateurs canadiens de boeuf et de porc. Ils pensent être en mesure de faire de bonnes affaires dans ce pays, et c'est une des raisons pour lesquelles nous appuyons cet accord.
Des intervenants ont affirmé aujourd'hui qu'il faut adopter une approche globale en matière de commerce et avoir une vision plus globale de la place du Canada dans le marché mondial. Le Parti libéral appuie certainement cette position.
Nous soutenons l'accord avec le Honduras, mais ce pays a une bien petite économie. Cet accord ne changera pas grand-chose, et il faut vraiment avoir une vision plus globale de nos partenaires commerciaux et de la place du Canada dans le monde.
Nous aimerions particulièrement que le Canada s'intéresse davantage aux économies émergentes en pleine croissance. Il faudrait porter beaucoup plus d'attention à l'Afrique, où certains pays affichent une croissance économique parmi les plus rapides du monde. Dans plusieurs pays africains, le PIB a augmenté de plus de 5 % au cours des cinq dernières années, signe d'une vigueur économique extraordinaire. Le Canada, qui jouit d'une solide réputation sur ce continent, devrait en tirer parti. Nous avons besoin d'une politique commerciale qui tienne compte, de façon globale, de ces vastes marchés en pleine expansion.
Nous avons déjà beaucoup parlé, aujourd'hui, de l'accord commercial Canada-Europe. Il est évidemment important de prendre le temps d'en parler et de l'examiner. L'Europe représente un vaste marché, comme on le sait. Nous appuyons l'accord dont le gouvernement parle depuis un certain temps. Toutefois, comme de nombreux députés, nous trouvons préoccupant que cet accord, annoncé en grande pompe en octobre, n'ait pas encore été signé.
Nous encourageons vivement le gouvernement à le conclure. Oui, nous appuierons le gouvernement dans le dossier de l'accord avec le Honduras, mais nous tenons vraiment à ce qu'il s'occupe de l'accord européen et voie à le finaliser.
Il s'agit en effet d'un accord essentiel pour le Canada. Comme les Américains sont en pourparlers avec l'Europe, il y a fort à craindre qu'ils nous devancent dans le processus administratif et que nous nous retrouvions en queue de peloton.
Ce serait vraiment dommage pour le Canada. Nous devons accorder à l'accord avec l'Europe toute l'attention qu'il mérite et faire le nécessaire pour le conclure.
Nous avons mentionné aujourd'hui quelques-uns des problèmes internes qui sévissent au Honduras, des problèmes qui touchent la démocratie, les droits des travailleurs et l'environnement. Bien que nous appuyions cet accord, il nous apparaît important de nous pencher sur ces problèmes. Il faut conclure cet accord en toute connaissance de cause.
Le Canada ne peut pas faire seulement affaire avec des démocraties parfaites. Nous évoluons dans une vaste économie mondiale, à laquelle nous devons participer. Soulignons aussi que, pour les pays qui sont en voie de passer de l'autoritarisme à la démocratie, il est vraiment utile d'avoir des relations commerciales avec une démocratie comme le Canada.
Toutefois, il faut nous engager dans ces relations dans deux optiques. Premièrement, il faut voir l'établissement de ces liens entre le Canada et un pays comme le Honduras comme faisant partie d'une stratégie d'aide à l'ouverture du pays, à sa démocratisation et à la protection des journalistes, des politiciens de l'opposition et des syndicalistes dans ce pays. Cela doit faire partie intégrante de notre approche.
Deuxièmement, lorsque nous nous engageons dans des relations économiques plus étroites avec un pays éprouvé sur le plan politique tel que le Honduras, nous devons faire savoir clairement aux entreprises canadiennes qui y investissent que, si un seuil critique est atteint, le Canada n'aura d'autre choix que de privilégier la moralité et les valeurs canadiennes aux dépens des intérêts pécuniaires.
Nous avons vu cela se produire récemment avec le conflit en Ukraine. Nous avions avec la Russie une relation économique solide fondée sur ces mêmes principes qui sous-tendent l'accord avec le Honduras, soit l'espoir que l'engagement de ce pays avec le Canada, l'Occident et le reste du monde aiderait à orienter celui-ci vers une voix plus démocratique et une société plus ouverte. Malheureusement, cela ne s'est pas produit dans le cas de la Russie, alors nous avons dû nous retirer de cette relation, et l'économie en a souffert.
En concluant un accord avec un pays comme le Honduras, un pays qui traverse une période de transition difficile de la dictature vers la démocratie, il doit être très clair dans notre esprit et dans nos discussions avec les entreprises canadiennes qu'une telle situation risque d'arriver, car nous ne voulons jamais nous retrouver dans une situation où ces valeurs qui nous sont si chères et que nous défendons partout dans le monde, seraient compromises.
Pour conclure, nous appuyons l'accord. Nous espérons que la Chambre votera en sa faveur. Nous voulons favoriser l'intégration de l'économie canadienne au sein de l'économie mondiale.
Toutefois, dans le cadre de nos travaux sur le commerce canadien, il importe de tenir compte des trois points suivants.
Premièrement, nous devons faire mieux pour veiller à ce que le Canada soit un pays commerçant prospère, et nos déficits commerciaux montrent que ce n'est pas le cas.
Deuxièmement, et dans le but d'atteindre ce premier objectif, nous devons élargir et approfondir notre vision. L'accord de libre-échange avec le Honduras est bien, mais c'est un très petit pays et, comme nous en avons parlé aujourd'hui, notre accord avec l'Union européenne est au point mort. Il faut signer cet accord et négocier des accords exhaustifs avec les marchés émergents en pleine effervescence, surtout en Afrique.
Troisièmement, même si nous appuyons fortement et énergiquement le commerce et l'ouverture à l'économie mondiale à titre d'élément central de la stratégie économique du Canada, nous devons nous rappeler que le monde est un terrain accidenté. Ce n'est pas une surface plane, mais bien un terrain irrégulier. Les diverses économies suivent des règles différentes et parfois, nos valeurs ne correspondront pas à celles des pays avec lesquels nous entretenons des relations de commerce. Nous devons donc être prêts à défendre nos valeurs.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, en effet, nous accordons beaucoup d'attention à l'accord commercial avec l'Europe, tout comme nos collègues du NPD. Nous sommes inquiets de voir que bien que l'accord ait été annoncé en grande pompe, nous disposons de très peu de détails à son sujet, et très peu de progrès ont été réalisés jusqu'à maintenant.
Nous sommes à l'aise d'appuyer cet accord, et nous en sommes fiers, puisqu'un accord commercial avec l'Europe doit faire partie des priorités économiques du Canada. C'est à cela que nous faisons référence lorsque nous parlons de la nécessité d'adopter une approche exhaustive relative au commerce et à l'accès des entreprises canadiennes aux grands blocs commerciaux du monde. Cela étant dit, le fait que l'accord n'a pas été conclu et que si peu de détails ont été communiqués est problématique. Nous espérons que le député se joindra à nous pour faire pression sur le gouvernement.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, je suis totalement d'accord avec cet argument. Il est très important que nous reconnaissions tous qu'il y aura des questions très épineuses, que nous devrons considérer séparément. Nous ne pourrons avoir de relations commerciales avec les pays qui violent les règles dans la façon dont ils traitent leurs habitants ou dont ils se comportent sur la scène internationale.
Ceci étant dit, l'histoire a prouvé à maintes reprises que le commerce et l'engagement sont des moyens très efficaces pour encourager la démocratie et l'ouverture dans certains pays, et pour intégrer ceux-ci dans la communauté internationale, tout en procurant des bienfaits pour le Canada. À notre avis, le Honduras fait partie de ces pays, d'où notre appui pour cet accord. Ceci étant dit, je le répète, nous pensons qu'il faudra surveiller la situation de près et garder les yeux grand ouverts durant la mise en oeuvre de l'accord.
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