Hansard
Consultez le guide de l'usager
Pour obtenir de l’aide, contactez-nous
Consultez le guide de l'usager
Pour obtenir de l’aide, contactez-nous
Ajouter un critère de recherche
Résultats : 91 - 105 de 131
Voir le profil de Chrystia Freeland
Lib. (ON)
Monsieur le Président, nous croyons fermement qu'il est important que les considérations économiques et commerciales jouent un grand rôle dans les relations du Canada avec le monde, surtout maintenant que les règles de l'économie mondiale sont en train de changer.
Comme je l'ai dit plus tôt, il est très important que nous comprenions que l'économie mondiale n'est pas régie par un ensemble unique de règles. Certains pays fonctionnent selon des règles établies par le capitalisme d'État. Ils sont dirigés par des régimes autoritaires, et ils font preuve d'autoritarisme dans leurs échanges commerciaux avec d'autres pays. Il est très important que nous élaborions une politique commerciale qui tient compte de ces particularités, ainsi que des problèmes qui pourraient nous attendre.
Voir le profil de Chrystia Freeland
Lib. (ON)
Monsieur le Président, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe n'a pour l'instant pas l'intention d'envoyer des observateurs parlementaires à Donetsk et Luhansk, pour l'élection présidentielle du 25 mai en Ukraine. Nous comprenons les préoccupations au chapitre de la sécurité qui motivent cette décision, mais c'est précisément dans ces deux régions que la souveraineté de l'Ukraine est le plus en danger et où il importe le plus de nous assurer que le scrutin se déroule de manière intègre sous la surveillance de la communauté internationale.
Le ministre peut-il nous indiquer ce que fait le gouvernement pour assurer la présence de hauts dirigeants étrangers dans les oblasts de Donetsk et de Luhansk au cours de ce scrutin si crucial?
Voir le profil de Chrystia Freeland
Lib. (ON)
Monsieur le Président, Statistique Canada a publié ses chiffres sur l'emploi pour le mois d'avril, et la situation est alarmante. Il y a 27 000 emplois de moins chez les jeunes de 15 à 24 ans; 29 000 chez les femmes de 25 à 54 ans; et, au total, 31 000 emplois à temps plein ont été perdus en avril.
Quel portrait épouvantable de l'emploi au pays, surtout chez les jeunes et les femmes. Quand le gouvernement réglera-t-il la crise qui sévit dans le marché du travail et quand cessera-t-il d'en rire?
Voir le profil de Chrystia Freeland
Lib. (ON)
Monsieur le Président, le patriarche Sviatoslav, chef de l'église catholique ukrainienne, est en visite à Ottawa aujourd'hui.
Vladimir Poutine a indiqué qu'il retirera les troupes russes de la frontière avec l'Ukraine et qu'il ne s'ingérera pas dans les élections présidentielles en Ukraine qui auront lieu le 25 mai.
Le gouvernement croit-il aux assurances du Kremlin? Va-t-il montrer qu'il est sérieux en ajoutant Igor Setchine au nombre des personnes visées par les sanctions? Le ministre peut-il nous dire ce que fait le Canada pour veiller à ce que ce vote crucial se déroule de façon juste et libre et que ses résultats soient reconnus en Ukraine et dans le reste du monde?
Voir le profil de Chrystia Freeland
Lib. (ON)
Monsieur le Président, selon le rapport du vérificateur général publié cette semaine, les données sur l'emploi recueillies par Statistique Canada sont insatisfaisantes, et le ministre de l’Emploi lui-même vient d'admettre que nous avons besoin de meilleures données sur le marché du travail.
L'éviscération de la collecte de données par le gouvernement est une bien mauvaise stratégie. C'est comme conduire les yeux bandés. Le Sud-Ouest de l'Ontario connaît un afflux énorme de travailleurs étrangers temporaires, mais nous n'avons aucun moyen de savoir dans quels secteurs ils travaillent.
Les conservateurs vont-ils annuler les compressions imposées à Statistique Canada pour que nous puissions avoir de meilleures données et prendre de meilleures décisions stratégiques pour les Canadiens?
Voir le profil de Chrystia Freeland
Lib. (ON)
Monsieur le Président, j'aimerais tout d'abord remercier ma collègue, la députée de Vancouver Quadra, des excellents points qu'elle a soulevés. Tout particulièrement, au début de son discours, elle a parlé du fait que, s'il est bien administré et géré, le programme peut s'avérer un grand avantage pour les entreprises et l'économie canadiennes. Nous sommes tout à fait d'accord. Justement, notre motion est rédigée de manière à reconnaître que le programme peut fonctionner à condition qu'il soit géré consciencieusement et assorti de données fiables et de mesures de contrôle solides.
Plus tard, je répéterai ce que mes collègues ont déjà dit à propos des conséquences économiques potentiellement néfastes découlant de la mauvaise gestion du programme, conséquences que le Canada subit à l'heure actuelle. Cependant, j'aimerais tout d'abord aborder une question plus large, soit l'impact social, politique et même moral très dangereux et dévastateur d'un tel programme si on le laisse partir à la dérive.
L'une des choses dont je suis le plus fière en tant que Canadienne, c'est la grande diversité de notre société, fondée sur l'immigration. Je ne pense pas être la seule à le penser. Le Canada se démarque dans le monde par sa façon d'accueillir et d'intégrer les immigrants dans notre société, vertu qui a contribué au succès de notre pays et qu'admire le reste du monde.
L'abus du Programme des travailleurs étrangers temporaires menace d'éroder et de déchirer le consensus social entourant l'immigration. Ce consensus social existe en partie parce que les Canadiens croient réellement, constatent et savent d'expérience que les néo-Canadiens, les immigrants qui viennent vivre dans notre pays, renforcent notre économie et notre société, qu'ils sont un atout, et non une faiblesse. C'est un élément essentiel de la réussite du Canada, et c'est quelque chose que nous voyons se désintégrer dans bien des sociétés, particulièrement en Europe.
La deuxième raison de la réussite spectaculaire du Canada en tant que société d'immigration diversifiée est l'intégration complète des néo-Canadiens. En effet, ceux-ci ont la possibilité de devenir résidents permanents, citoyens. Ils deviennent une partie intégrante de notre société. Il n'y a pas de catégories, de classes de citoyenneté canadienne, ni de catégories d'appartenance.
Ces sont ces deux piliers qui font la réussite du Canada en tant que société d'immigration diversifiée, réellement l'une des principales valeurs canadiennes, l'une de nos plus importantes réussites nationales passées et à venir.
La raison pour laquelle l'abus du Programme des travailleurs étrangers temporaires nous préoccupe tant et suscite autant d'intérêt à l'échelle nationale, c'est qu'il mine, qu'il menace gravement cette valeur canadienne essentielle, cette réalisation canadienne essentielle.
Je crois que nous sommes tous stupéfaits par ce qui se produit dans le Sud-Ouest de l'Ontario, qui illustre l'ampleur véritable de l'abus du programme. Comme nous le savons, l'économie est particulièrement faible dans cette région. Or, le nombre de travailleurs étrangers temporaires y grimpe en flèche. À Windsor, alors que le nombre de chômeurs a augmenté de 40 %, le nombre de travailleurs étrangers temporaires s'est accru de 86 %. À London, alors que le nombre de chômeurs s'est accru de 27 %, le nombre de travailleurs étrangers temporaires a augmenté de 87 %.
Mike Moffatt, professeur à l'école de commerce de l'Université de Western Ontario, et donc sensible aux besoins des entreprises, a déclaré ce qui suit au sujet du programme et de la situation dans le Sud-Ouest de l'Ontario:
Nous faisons venir de plus en plus de travailleurs dans les marchés du travail les plus mal en point au pays. Les gens voient cela et trouvent que ça n'a aucun sens.
Cela n'a certainement aucun sens et illustre à quel point le programme est mal géré.
Le professeur Moffatt a indiqué, et ma collègue de Vancouver l'a souligné également, que l'une des raisons pour lesquelles le programme est mal géré et qu'il est difficile de le gérer adéquatement, c'est que nous ne disposons pas des données nécessaires. Nous croyons en un gouvernement pragmatique qui se fonde sur des données probantes, ce que nous pourrions avoir si nous savions ce qui se passe vraiment.
Lorsque des universitaires comme le professeur Moffatt se sont penchés sur le cas du Sud-Ouest de l'Ontario pour essayer de savoir pourquoi les travailleurs étrangers temporaires vont dans des villes comme Windsor et London, ils se sont aperçus qu'il n'y a pas de données. Il n'existe aucune ventilation pour connaître où ces travailleurs vont. Une partie de la motion fait état du fait qu'il nous faut des données fiables pour pouvoir élaborer de bonnes politiques. Je pense que tous les députés en conviendront. Je ne vois vraiment pas comment quelqu'un pourrait ne pas appuyer la motion.
Il y a aussi l'effet qu'a le Programme des travailleurs étrangers temporaires sur le taux de chômage — qui devrait tous nous inquiéter et être la preuve irréfutable que le programme, tel qu'il est géré à l'heure actuelle, ne fonctionne tout simplement pas — qu'ont découvert les universitaires réputés de groupes de réflexion indépendants, même ceux qui ont un léger penchant vers la droite. Selon une étude publiée le mois dernier par l'Institut C.D. Howe, le Programme des travailleurs étrangers temporaires « [...] a assoupli les conditions d'embauche, ce qui a fait grimper en flèche les taux de chômage en Alberta et en Colombie-Britannique ».
Encore une fois, une étude indépendante a révélé que les taux de chômage sont en hausse à cause d'un programme mal géré, et c'est sans compter les pressions à la baisse sur les salaires de ces travailleurs.
Je me suis intéressée à la question du chômage et à la pression à la baisse exercée sur le salaire des gens que le Canada accueillait déjà avant que nous perdions le contrôle du Programme des travailleurs étrangers temporaires. Nous devons aussi nous inquiéter du fait que les utilisations abusives de ce programme transforment l'idée que nous nous faisons de l'immigration, de l'intégration et de la diversité dans notre société. Il y a un danger bien réel que ce programme crée une sous-catégorie permanente de personnes au Canada: des gens qui ne sont pas citoyens, qui n'ont pas de droits, qui ne sont pas pleinement intégrés à la société, mais qui travaillent pourtant parmi nous. Ce danger mine profondément l'idée que nous nous faisons du Canada et de la cohésion sociale. C'est aussi pour cette raison qu'il faut aborder délicatement ce programme et le gérer très soigneusement. Ce n'est tout simplement pas la façon canadienne de faire les choses.
Certaines données montrent bien que l'équilibre risque d'être rompu. En 2012, le Canada a accueilli 213 573 travailleurs étrangers temporaires. La même année, 257 887 personnes sont devenues résidentes permanentes. Comme on peut le constater, il y avait presque autant de travailleurs étrangers temporaires que de nouveaux résidents permanents. Les libéraux sont fondamentalement favorables à l'immigration et à la diversité. Il est tout simplement inacceptable de créer une sous-catégorie de travailleurs que nous faisons venir ici, que nous traitons différemment et à qui nous n'accordons pas les mêmes droits que les autres Canadiens ni une voie d'accès à la citoyenneté canadienne.
Les Canadiens s'intéressent beaucoup à cette question, et ce, pour une excellente raison: ils comprennent que, lorsqu'il est bien géré en se fondant sur des données fiables, le Programme des travailleurs étrangers temporaires contribue grandement à l'économie et est utile aux entreprises canadiennes. Par contre, lorsqu'il est mal géré, comme c'est le cas aujourd'hui, il constitue une menace pour l'emploi, les salaires et les valeurs fondamentales du Canada.
Voir le profil de Chrystia Freeland
Lib. (ON)
Monsieur le Président, j'ai beaucoup parlé de l'importance d'avoir de bonnes données détaillées et de la nécessité d'obtenir de bien meilleures données sur le marché du travail. Je l'ai mentionné parce que nous ne le savons tout simplement pas.
Je ne pense pas que mes croyances soient le principal enjeu. Ce qui compte, c'est ce qui se passe vraiment au pays. Dans quels secteurs et dans quelles régions se retrouvent les travailleurs étrangers temporaires? Quelles sont les conditions du marché du travail et les pénuries de main-d'oeuvre?
En raison du sous-financement et du refus de croire à l'importance des données dans l'élaboration de bonnes politiques, ce qui est absolument essentiel selon moi, nous n'avons tout simplement pas les données nécessaires pour bien répondre à cette question.
Voir le profil de Chrystia Freeland
Lib. (ON)
Monsieur le Président, je suis ravie d'entendre que le député est d'accord avec moi pour dire que nous avons besoin de plus de données pour prendre de meilleures décisions, et j'ai une proposition très précise à laquelle le gouvernement peut donner suite dès maintenant en vue de nous aider à avoir de meilleures données.
Selon un article du Globe and Mail publié le mois dernier, Statistique Canada a sondé 25 000 employeurs dans le cadre d'un sondage qui a coûté 4,6 millions de dollars et qui portait sur la pénurie de compétences, l'emploi et les pénuries de main-d'oeuvre à venir. Cependant, les données n'ont en fait pas été analysées, parce que Statistique Canada, notre principal organisme de la statistique, n'a pas les moyens de le faire.
Par conséquent, étant donné que nous convenons tous de la nécessité d'avoir de meilleures données, affectons donc des fonds à cette fin. Nous pourrons ainsi prendre des décisions en nous fondant sur ce qui se passe réellement dans l'économie canadienne et non sur ce qui passe sur Kijiji.
Voir le profil de Chrystia Freeland
Lib. (ON)
Monsieur le Président, les Canadiens bénéficient depuis longtemps du Régime de pensions du Canada, une pierre angulaire de notre société. Hier, l'Ontario a reconnu la nécessité de plus en plus pressante de renforcer les pensions des Canadiens en présentant une proposition qui...
Des voix: Oh, oh!
Voir le profil de Chrystia Freeland
Lib. (ON)
Monsieur le Président, si les députés d'en face veulent entendre ma voix de grande fille, alors écoutez, gentlemen.
Contrairement au gouvernement conservateur, l'Ontario fait preuve de leadership. Les conservateurs lui emboîteront-ils le pas et aideront-ils enfin tous les Canadiens à atteindre la sécurité financière à la retraite?
Voir le profil de Chrystia Freeland
Lib. (ON)
Monsieur le Président, le taux de chômage est extrêmement élevé dans le Sud-Ouest de l'Ontario, et les emplois dans le secteur manufacturier sont rares pour les Canadiens, mais on embauche un nombre record de travailleurs étrangers temporaires. Au cours des cinq dernières années, leur nombre a doublé à Windsor et a augmenté de 43 % à London. On compte maintenant plus de 16 000 travailleurs étrangers temporaires dans le secteur manufacturier; leur nombre a presque doublé depuis 2005.
Le ministre peut-il expliquer pourquoi il fait venir des travailleurs étrangers temporaires dans un secteur et des villes où des milliers de Canadiens sont mis à pied?
Voir le profil de Chrystia Freeland
Lib. (ON)
Monsieur le Président, comme le gouvernement semble, cette semaine, porter aux statistiques un intérêt que nous ne lui connaissions pas, parlons d'un concept simple, soit le revenu médian des ménages. Les données les plus récentes de Statistique Canada nous montrent que le revenu annuel médian des ménages n'a augmenté que d'un maigre montant de 100 $ depuis que les conservateurs sont au pouvoir. Pour ce qui est des ménages appartenant aux vingt centiles inférieurs dans l'échelle des revenus, ils ont subi une diminution de 500 $ par année.
Les conservateurs ont-ils un plan pour aider ces familles canadiennes, qui sont clairement de la classe moyenne?
Voir le profil de Chrystia Freeland
Lib. (ON)
Monsieur le Président, je voudrais demander au gouvernement de considérer encore quelques données statistiques aussi simples qu'inquiétantes. Le pourcentage des Canadiens d'âge actif qui ont un emploi aujourd'hui est inférieur à ce qu'il était lorsque les conservateurs sont arrivés au pouvoir. Le chômage parmi les jeunes est à 14 %, soit deux points de pourcentage de plus qu'à ce moment-là. Entre-temps, le nombre d'adultes qui travaillent au salaire minimum a augmenté de 50 %. Que prévoit faire le gouvernement, à part nier les faits, pour améliorer les perspectives de ces Canadiens?
Voir le profil de Chrystia Freeland
Lib. (ON)
Monsieur le Président, le Régime de pensions du Canada, une immense réussite, est le fruit de négociations constructives entre les gouvernements fédéral et provinciaux. L'ancien ministre des Finances refusait de poursuivre cette tradition et de collaborer avec les provinces à l'expansion du RPC.
De nombreux Canadiens espèrent que le nouveau ministre tendra maintenant la main aux provinces et s'occupera de cette expansion. Pour la mener à bien, nous pouvons utiliser les sommes provenant de la hausse des cotisations d'assurance-emploi mise en place par les conservateurs.
Le nouveau ministre des Finances acceptera-t-il de rectifier enfin l'erreur de son prédécesseur?
Voir le profil de Chrystia Freeland
Lib. (ON)
Monsieur le président, j'aimerais tout d'abord parler un peu de ce qui s'est passé en Ukraine et de la façon dont nous devrions interpréter les événements incroyablement mouvementés, tragiques et utiles qui sont survenus au cours des trois derniers mois.
Ce qui importe le plus dans nos discussions d'aujourd'hui au sujet de l'Ukraine, c'est de comprendre que le conflit est clairement un combat politique et même moral. Le conflit porte sur le type de régime dans lequel les Ukrainiens veulent vivre et dont ils veulent faire partie. Veulent-ils vivre dans une démocratie qui respecte la primauté du droit, les droits de la personne et les libertés individuelles, ou veulent-ils vivre dans un régime autoritaire?
Ce conflit a éclaté à cause d'un simple accord de commerce et d'association. Il reposait toutefois sur cet enjeu plus vaste. Il est important de le souligner car parfois, surtout à l'extérieur de l'Ukraine, la lutte est dépeinte comme une bataille au sujet du nationalisme, de la religion, de la langue ou de la culture.
Il y a assurément des différends en Ukraine au sujet de certaines de ces questions, mais ce n'était pas l'enjeu au coeur de ce conflit. Les manifestants du Maïdan se sont exprimés en ukrainien et en russe, ce qui est un point essentiel sur lequel il faut insister.
La raison pour laquelle je le souligne, c'est en partie parce que nous entendons et continuerons d'entendre des Russes exprimer un point de vue bien arrêté, mais pas tous. Un grand nombre d'entre eux aimeraient vivre dans un régime plus démocratique et ont suivi les événements sur le Maïdan avec beaucoup de sympathie. Toutefois, certaines autorités russes essaient et continueront d'essayer d'étiqueter le conflit en tant qu'affrontement nationaliste ou que guerre civile.
Nous entendons déjà ce genre de discours. Je suis le ministère russe des Affaires étrangères sur Twitter et déjà on commence à qualifier les Ukrainiens de terroristes et de nazis. Nous devons donc faire très attention de ne pas laisser libre cours à ce genre de propagande.
Je sais que les députés ici présents et les Canadiens à l'écoute s'intéressent à ce sujet. Par conséquent, j'ajoute une note de bas de page à mes observations et je suggère à ceux qui s'intéressent à cet aspect du conflit en Ukraine de lire un excellent article de Timothy Snyder, professeur d'histoire à Yale, paru récemment dans la New York Review of Books. L'article traite précisément de ce sujet. Nous allons entendre bien des réactions négatives qui diront autre chose de l'Ukraine, et il est très important de bien nous informer.
Nous avons suivi de près les événements en Ukraine avec crainte et angoisse pour les vies perdues. De quoi l'Ukraine a-t-elle besoin maintenant?
Tous ceux qui souhaitent voir la démocratie prospérer en Ukraine, et je suis convaincue que c'est le cas de chacun ici présent, doivent maintenant se concentrer sur trois choses: nous devons offrir aide et soutien pour les nouvelles élections; nous devons soutenir l'Ukraine économiquement; et nous devons appuyer l'intégrité territoriale de l'Ukraine, particulièrement en ce qui a trait aux revendications que nous entendons déjà et que nous entendrons peut-être de la part de la Russie.
Pour ce qui est des élections, la date du scrutin a été fixée, et celui-ci se tiendra en mai. Il importe que nous mettions l'accent là-dessus, que le Canada soit présent et qu'une délégation canadienne de haut niveau soit sur place à l'avance. C'est à ce moment-là que nous verrons se former un nouveau gouvernement ukrainien pleinement légitime. C'est un point crucial. Gardons à l'esprit cette récompense. Les observateurs internationaux sont vraiment essentiels pour conférer cette légitimité — non pas simplement pour marquer le processus de notre sceau d'approbation, mais aussi pour garantir qu'il soit véritablement juste et ouvert.
Par ailleurs, et ce point a déjà été mentionné aujourd'hui, mais je ne saurais insister suffisamment sur son importance, l'Ukraine a maintenant réussi à renverser un gouvernement autoritaire, un régime dont les intentions sanglantes sont devenues de plus en plus évidentes à mesure que le conflit s'aggravait.
L'Ukraine n'a pas encore de nouveau gouvernement fonctionnel et efficace. La grande difficulté pour ce gouvernement, c'est que, au début de la crise, la situation économique était très mauvaise en Ukraine. La crise n'a fait qu'exacerber le problème. Si nous croyons aux valeurs défendues par les manifestants au Maïdan — et je suis persuadée que c'est notre cas à tous —, nous devons absolument appuyer les autorités démocratiques ukrainiennes. Il faut déployer des efforts multilatéraux et multipartites. Il faut que le FMI, l'Union européenne et le Canada mettent l'épaule à la roue.
Je ne saurais trop insister là-dessus. Après tout, au cours de notre vie, soit ces 20 dernières années, l'Ukraine a déjà connu deux révolutions démocratiques. Elle en est maintenant à sa troisième révolution. L'Ukraine est devenue un État indépendant en 1991. Puis, en 2004-2005, lors de la révolution orange, les Ukrainiens se sont débarrassés d'un gouvernement qui avait des tendances autoritaristes.
Appuyons l'Ukraine maintenant pour que, dans 10 ans, nous n'ayons pas encore à débattre à la Chambre de la façon de réagir à une autre révolution dans ce pays. Cela serait insupportable pour le peuple ukrainien, qui, jusqu'ici, a fait preuve d'un engagement exemplaire à l'égard de la démocratie, d'une foi inébranlable en celle-ci et d'une volonté remarquable de ne pas céder au cynisme. Les Ukrainiens finiront aussi par en avoir assez. En ce moment crucial, il est important de ne pas abandonner les idéaux démocratiques et les efforts consacrés à la mission. L'étape vraiment difficile commence maintenant.
Un de nos collègues, qui, je l'espère, prendra la parole ce soir, possède une vaste expérience de la situation en Pologne et des révolutions que ce pays a connues. La première leçon qu'on peut tirer de la Pologne, c'est qu'une société civile puissante est essentielle pour renverser un régime autoritaire. Deuxièmement, l'appui donné par des institutions de l'extérieur peut faire la différence entre la réussite ou l'échec des nouvelles autorités démocratiques. On ne saurait trop insister sur l'importance des liens avec l'Union européenne, la volonté de faire partie de l'Europe et l'appui que les pays européens ont offert à la Pologne pour l'aider à bâtir une société démocratique. Nous devons offrir un soutien semblable à l'Ukraine afin d'atteindre un objectif semblable.
La troisième chose dont les Ukrainiens ont besoin maintenant, c'est notre appui à l'intégrité territoriale du pays. C'est absolument essentiel. Les événements survenus en Ukraine n'étaient pas ce que le Kremlin voulait, ni ce qu'il prévoyait. Je pense réellement qu'il ne s'y attendait vraiment pas, à en juger par les déclarations qui en proviennent. Il est très difficile, pour les autorités russes actuelles, d'imaginer les Ukrainiens comme peuple indépendant, après avoir entendu Vladimir Poutine dire qu'il considère les Ukrainiens et les Russes comme un seul peuple. Vladimir Poutine ne comprend pas que les Ukrainiens puissent vouloir vivre sous un régime différent.
Nous devons faire savoir très clairement aux Russes que la communauté internationale défend l'intégrité territoriale de l'Ukraine, que le peuple ukrainien a pris sa décision dans le sang et que nous devons l'appuyer. C'est essentiel pour la démocratie ukrainienne et pour la stabilité géopolitique de toute la région.
En terminant, je lance un appel à mes collègues d'en face. Je crois qu'il y a consensus à la Chambre au sujet de l'Ukraine. Si nous sommes parvenus à un consensus, ce n'est pas seulement parce que nous sommes nombreux à être d'origine ukrainienne ou à compter des Canadiens d'origine ukrainienne dans notre circonscription —  beaucoup de membres de ma famille, Canadiens d'origine ukrainienne, comme moi, vivent dans la circonscription de la députée d'Edmonton—Strathcona —, mais parce que nous croyons tous à la démocratie. C'est une valeur absolument fondamentale pour les Canadiens.
Querellons-nous ici au sujet de questions politiques sur lesquelles nous ne nous entendons généralement pas. Querellons-nous au sujet du fractionnement du revenu ou de Keystone, mais n'utilisons pas l'Ukraine à des fins politiques partisanes, en oubliant ceux à qui cette révolution a coûté la vie. Ne diminuons pas l'importance de leur sacrifice. Je pense que personne ici ne veut cela. Si nous pouvons affirmer aux Ukrainiens que nous nous unissons pour les soutenir, nous leur envoyons un message très fort.
Nous leur disons que nous mettons de côté nos allégeances politiques et que le Canada tout entier les appuie. Nous pouvons donner un bel exemple à la population ukrainienne. Nous ne nous entendons pas sur certaines questions, c'est vrai, mais nous partageons tout de même certaines valeurs et nous sommes disposés à mettre nos désaccords de côté pour leur venir en aide.
Résultats : 91 - 105 de 131 | Page : 7 de 9

|<
<
1
2
3
4
5
6
7
8
9
>
>|
Exporter en: XML CSV RSS

Pour plus d'options de données, veuillez voir Données ouvertes