Monsieur le Président, je suis heureux de pouvoir participer aujourd'hui au débat sur cette motion importante.
Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec un éminent parlementaire, le député de Scarborough—Guildwood.
J'aimerais commencer en remerciant les électeurs de Beauséjour, au Nouveau-Brunswick. C'est la première occasion que j'ai de prononcer un discours dans ce nouveau Parlement. C'est la cinquième fois que les électeurs de Beauséjour m'accordent leur confiance et, pour cette raison, je tenais absolument à les remercier et à exprimer ma volonté de les servir au meilleur de mes capacités pendant les quatre prochaines années.
Je peux indiquer aussi à la Chambre, comme l'ont fait mes collègues de Cape Breton—Canso et de Toronto-Centre, que nous allons appuyer la motion déposée par le gouvernement, amendée par le NPD et aussi par le sous-amendement de mon collègue de Toronto-Centre.
Il est aussi important de noter que cette mission en Libye, à laquelle les Forces canadiennes participent activement, a été autorisée par les Nations Unies. Certains de mes collègues ont fait référence aux deux résolutions, 1970 et 1973, qui ont autorisé une intervention militaire visant à protéger les civils, à garantir que les personnes touchées par cette crise dévastatrice reçoivent de l'aide et à s'assurer que le régime du colonel Kadhafi n'est pas en mesure d'utiliser des avions ou des hélicoptères de combat, ou d'autres armes lourdes, pour attaquer la population civile non armée de la Libye.
Les Nations Unies, en adoptant la résolution 1973, ont imposé une zone d'exclusion aérienne au-dessus du territoire libyen le 17 mars de cette année.
Le Parlement canadien, comme on le sait très bien, a approuvé la participation canadienne le 21 mars. Le Parlement canadien a approuvé de façon unanime la participation du Canada avant les dernières élections fédérales.
L'OTAN a décidé de prolonger — ou d'étendre, si vous voulez — la durée de la mission jusqu'au 22 septembre 2011.
Il est également important d'indiquer l'appui de notre parti, et mon collègue de Scarborough—Guildwood s'étendra plus longtemps sur ce sujet dans quelques minutes, pour les hommes et les femmes servant dans les Forces canadiennes qui, comme toujours, font un travail remarquable dans des conditions très difficiles.
Du point de vue de la politique étrangère, le député de Toronto-Centre a bien expliqué la position du Parti libéral selon laquelle nous devrions élargir le rôle du Canada non seulement en Libye, mais aussi dans les autres démocraties fragiles de la région.
Au début du débat d'aujourd'hui, le ministre des Affaires étrangères a reconnu officiellement, à juste titre, le Conseil national de transition libyen et l'a félicité pour son travail important à Benghazi, ainsi que pour ses tentatives de construire des institutions démocratiques et des institutions d'État qui seront accessibles aux Libyens en cas de changement de gouvernement.
Nous croyons que le Canada peut jouer un plus grand rôle. Nous appuyons certainement la décision du gouvernement de reconnaître cette institution représentant les Libyens. Nous sommes également encouragés par la décision du gouvernement d'augmenter l'aide humanitaire de 2 millions de dollars. C'est un bon début.
De notre point de vue, on ne peut pas mettre l'accent uniquement sur l'intervention militaire. Grâce à leur travail efficace, nos diplomates, nos organismes non gouvernementaux, nos organismes de développement et, bien entendu, l'Agence canadienne de développement international, peuvent jouer un rôle crucial pour ce qui est de protéger les habitants de ce grand pays qu'est la Libye. Leurs efforts peuvent également aider les Libyens à bâtir la capacité et les institutions nécessaires pour assurer les fondations d'une démocratie naissante, dotée d'institutions d'État durables dans une région du globe qui, malheureusement, a souvent été déchirée par des conflits armés à une époque où la démocratie aurait offert une solution tout à fait positive et progressiste à ces pays.
Le ministre des Affaires étrangères a annoncé ce matin une aide accrue du Canada, soit l'augmentation de notre aide humanitaire de 2 millions de dollars, ainsi que la reconnaissance officielle du Libyan National Council en tant que représentant de la population libyenne. On l'applaudit pour cela. Pour nous, c'est un début important. Comme je l'ai dit, le Canada a une longue tradition pour ce qui est d'appuyer des démocraties qui lancent cet aspect de la vie civile d'un pays, ce qui est souvent difficile.
Si quelqu'un doute que nous vivions dans un monde instable, les événements qui ont eu lieu au printemps dernier dans cette partie du monde, le Moyen-Orient — événements qu'on désigne maintenant sous le nom de printemps arabe — sont venus nous rappeler le rôle que la communauté internationale peut jouer.
Selon moi, la Chambre se mobilise aujourd'hui pour appuyer non seulement le travail des membres de nos forces armées, mais aussi les efforts déployés par les diplomates canadiens, les employés exceptionnels du ministère des Affaires étrangères et de l'Agence canadienne de développement international ainsi que les milliers d'autres personnes qui oeuvrent au sein d'organismes non gouvernementaux.
Il y a aussi les experts en droit constitutionnel. Je pense aux difficultés que représente l'établissement d'un système fédéral dans des régions du monde qui n'ont connu presque rien d'autre que le conflit. Des politicologues et des professeurs de droit international ont contribué à bâtir un avenir démocratique dans plusieurs pays dans la région où se trouve la Libye — le Moyen-Orient. Le gouvernement devra continuer à démontrer une ouverture beaucoup plus grande à l'égard de ce genre d'action et ne pas simplement viser une contribution militaire, quoique importante et autorisée par les Nations Unies. Nous croyons qu'on peut offrir une plus grande contribution et d'une durée plus importante en appuyant ces instances.
Je vais conclure en disant que le Parti libéral est très fier du rôle que le Canada a joué pour mettre sur pied des institutions démocratiques et pour aider et protéger les gens qui sont confrontés à de graves difficultés au chapitre des droits de la personne.
Je pense que nous avons tous été consternés quand nous avons vu, en février, des attaques sauvages et brutales du régime du colonel Kadhafi à l'endroit de civils non armés. Pendant ce temps, il y avait des manifestations pacifiques dans des pays comme la Tunisie, en Égypte et en Libye, des gens qui exprimaient leur désir de choisir leur propre avenir, d'élire les personnes qui gouverneront leur pays, de choisir ceux qui régiront leur pays dans le respect de la primauté du droit, des droits de la personne et des droits des femmes, qui sont très souvent brutalisées par ces régimes qui cherchaient à mettre fin à ces manifestations pacifiques. Quand nous avons été témoins de cette brutalité, je pense que tout le monde à la Chambre et au Canada a convenu, comme nous l'avons fait en mars, que nous devions jouer un rôle.
Nous avons commencé par jouer un rôle sur le plan militaire. Nous avons déployé le NCSM Charlottetown, du personnel des forces aériennes et des employés de soutien et, comme je l'ai dit au début de mon discours, nous avons fait de l'excellent travail. Je pense que personne ne remet en question notre contribution sur le plan militaire.
Toutefois, le temps est maintenant venu pour le gouvernement, pour la Chambre, et je l'espère, pour le Comité des affaires étrangères, d'examiner les mesures additionnelles qu'ils pourraient prendre, au chapitre de la gouvernance, du renforcement des capacités, de respect des droits des femmes, ainsi que pour veiller à ce que la Cour pénale internationale soit en mesure de traduire en justice les responsables de ces massacres. C'est une idée canadienne. Nous devrions continuer d'appuyer les institutions multilatérales comme celle-ci pour aider les Libyens dans leur cheminement vers la démocratie et la liberté.