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Kathleen Cooper
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Kathleen Cooper
2015-06-18 15:48
Tout d'abord, j'aimerais vous parler de l'Association canadienne du droit de l'environnement. Nous sommes un organisme d'intérêt public à but non lucratif spécialisé en droit de l'environnement. Nous avons également une clinique d'aide juridique en Ontario, où nous fournissons des services de représentation juridique aux personnes à faible revenu et aux communautés vulnérables.
Ensuite, nous avons des priorités relatives à la réforme du droit, et parmi nos priorités stratégiques, il y a la santé de l'environnement et des humains. Pour déterminer les priorités dans ce vaste domaine, nous adoptons une approche fondée sur la santé des populations, la même qu'utilisent Santé Canada, l'Agence de la santé publique du Canada et les agences de la santé publique de partout. Il s'agit d'établir des priorités en se concentrant sur les enjeux qui touchent potentiellement ou directement un grand nombre de gens ou qui entraînent de graves conséquences.
Il n'y a pas de conséquence plus grave qu'un produit cancérigène connu et appuyé par de solides preuves scientifiques. Le radon, comme on vous le dira plus tard, j'en suis sûre, est dans une catégorie à part comparativement à la plupart des autres produits cancérigènes dans l'environnement. C'est la raison pour laquelle nous nous sommes concentrés sur le radon.
Aujourd'hui, je parlerai d'un rapport que nous avons préparé l'an dernier, intitulé Radon in Indoor Air: A Review of Policy and Law in Canada. Je crois qu'on vous a distribué le communiqué de presse qui a été publié le jour où nous avons publié le rapport. C'est tout ce que j'ai pu faire traduire étant donné les contraintes de temps relativement à la réunion d'aujourd'hui.
Nous avons analysé la politique et la législation aux niveaux fédéral et provincial partout au Canada, et nous avons examiné les compétences et les rôles de chacun. Nous nous sommes concentrés sur les édifices publics et sur les codes du bâtiment, nous avons examiné d'autres politiques et lois provinciales pertinentes et les dispositions connexes de la common law, et nous avons formulé plusieurs recommandations, mais aujourd'hui, je me concentrerai seulement sur les recommandations que nous avons formulées au gouvernement fédéral.
Dans l'ensemble, nous avons conclu que les Canadiens avaient besoin d'une meilleure protection juridique contre le radon. Nous avons découvert une série de directives incohérentes et, dans la plupart des cas, impossibles à mettre en oeuvre.
Nous avons conclu qu'un leadership très important avait été assumé au sein du gouvernement fédéral, et Kelley Bush, de Santé Canada, vous fournira des détails à cet égard aujourd'hui, même si nous avons certainement formulé des recommandations sur la prise d'autres mesures. Aux échelons provincial et territorial, où se trouvent la plupart des compétences, nous avons cerné un large éventail de lois qui doivent être mises à jour ou qui contiennent des lacunes ou des ambiguïtés. La jurisprudence est très limitée, ce qui souligne le besoin d'améliorer la loi ou de procéder à une réforme juridique. Je n'entrerai pas dans les détails au sujet de ce qui a été effectué au niveau fédéral en ce qui concerne le radon, même si le rapport contient ces détails, car Kelley vous les fournira plus tard.
En résumé, dans le cadre du programme national sur le radon, on a mené des recherches et des tests très utiles, et on a cartographié les régions à teneur élevée en radon. Les directives liées à la présence du radon dans l'air l'intérieur ont été mises à jour en 2007. Les dispositions sur le radon contenues dans le Code national du bâtiment ont été mises à jour, il y a un programme de certification pour les experts en réduction des quantités de radon, et on a mené une campagne nationale pour fortement encourager les Canadiens à effectuer des tests dans leur logement. En effet, on recommande de mener ces tests dans chaque logement au Canada.
Nous recommandons, pour tirer parti de ces travaux importants, d'amorcer l'étape logique suivante. Par l'entremise du travail accompli par la Coalition du budget vert au cours de l'année dernière, nous avons recommandé un crédit d'impôt pour les mesures de réduction de la concentration de radon. Nous avons recommandé que la Loi de l'impôt sur le revenu ajoute un crédit d'impôt pour la réduction de la concentration de radon allant jusqu'à 3 000 $ pour les particuliers canadiens, aussi longtemps que les travaux sont effectués par un expert certifié par le programme national. Cela n'a pas été prévu dans le budget, même si nous pensons qu'il s'agit toujours d'une très bonne idée. Les représentants fédéraux auxquels nous avons parlé de cette initiative ont réagi de façon très positive.
Nous avons également recommandé d'envoyer un message clair au sujet du radon, et d'utiliser des mots tels « radiation » et « radioactivité », car ils sont exacts, et les gens les comprennent davantage lorsqu'il s'agit des risques liés aux radiations et au radon. Nous avons également recommandé un meilleur partage des données à l'échelle nationale entre le gouvernement fédéral et les provinces et les territoires en ce qui concerne les tests effectués, ainsi que le partage des renseignements qui sont payés à l'échelle nationale. Il faudrait également rendre ces renseignements publics.
En ce qui a trait aux recommandations concernant des mesures fédérales, nous avons remarqué que selon le rapport de la David Suzuki Foundation publié le mois dernier, l'Organisation mondiale de la santé recommande une concentration en dessous de 100 pour le radon dans l'air intérieur. Actuellement, au niveau fédéral, le niveau permis est 200 becquerels par mètre cube. Nous avons certainement appuyé cette recommandation et nous recommandons que le gouvernement fédéral réduise ce seuil à 100 dans sa directive sur la concentration du radon dans l'air intérieur.
Les deux autres volets que j'aimerais aborder et qui sont liés à votre étude sont le Code canadien du travail et la nécessité de le mettre à jour, et la nécessité d'améliorer le respect, partout au Canada, des lignes directrices sur les radiations émises par les matières radioactives d'origine naturelle, c'est-à-dire les lignes directrices canadiennes des MRN. Je parlerai donc de ces deux volets.
Le Code canadien du travail prévoit une seule limite exécutoire pour le radon au Canada et elle s'applique de façon générale, mais seulement aux milieux de travail fédéraux réglementés. De plus, à 800 becquerels par mètre cube, elle est désuète. Nous croyons, tout d'abord, qu'elle devrait être réduite au niveau de référence fédéral de 200 becquerels par mètre cube, et ce niveau devrait être ensuite réduit à 100 becquerels par mètre cube. Apparemment, on devait effectuer la mise à jour de cette limite en 2015, mais il semble maintenant que cela se fera en 2016, et ce serait donc formidable si votre comité pouvait recommander l'accélération de ce processus.
Les lignes directrices canadiennes des MRN, quant à elles, ont été préparées par un comité fédéral-provincial-territorial. Nous avons interrogé des inspecteurs en santé et sécurité au travail de partout au Canada et nous avons conclu qu'il y avait beaucoup de confusion et d'incertitude au sujet des règlements sur le radon dans les milieux de travail ou sur l'application des lignes directrices canadiennes des MRN. En fait, elles s'appliquent dans tous les milieux du travail au Canada. Elles s'appliquent dans tous les espaces intérieurs qui sont des milieux de travail, y compris la pièce dans laquelle vous êtes assis.
Toutefois, il s'agit d'un système réactif fondé sur les plaintes. Les inspecteurs reçoivent peu de plaintes — ou aucune —, car il y a un manque de sensibilisation, et ils ne prennent donc pas de mesure d'application. De plus, certains inspecteurs ne croyaient pas que le radon causait un risque pour la santé et la sécurité au travail. Ils étaient même d'avis que la prise de mesures d'application était peu probable, car le seul niveau de radiation sur lequel on s'entend vise les travailleurs exposés aux radiations. Ce n'est tout simplement pas exact, et nous avons donc formulé des recommandations en réponse à cette situation.
Quant à nos recommandations relativement au Code canadien du travail, comme je l'ai mentionné, ce dernier devrait être rapidement mis à jour. Il est dépassé depuis de nombreuses années et il recommande toujours le niveau de 800 becquerels par mètre cube.
En ce qui concerne le radon, nous recommandons que le comité de protection de la radiation fédéral-provincial-territorial, qui s'occupe de nombreux autres problèmes, en plus du radon — par exemple, il s'occupe de toute une série de problèmes liés à l'exposition aux radiations —, mette sur pied un groupe de travail pour les inspecteurs en santé et sécurité au travail de partout au pays, afin d'éclaircir les choses et de favoriser une mise en oeuvre plus cohérente et généralisée des lignes directrices canadiennes des MRN pour assurer la sécurité et la santé des travailleurs. En effet, lorsque ces directives ne sont pas mises en oeuvre de façon uniforme, les travailleurs de partout au pays ne sont pas tous protégés au même degré, et il est possible que des gens souffrent de surexposition, au travail et à la maison, s'ils ont la malchance d'être exposés à des niveaux de radon élevés dans ces deux espaces intérieurs. À cet égard, nous avons formulé une série de recommandations sur les codes du travail provinciaux, mais je ne les aborderai pas aujourd'hui.
Dans un autre volet de l'exposition en milieu de travail, c'est-à-dire les experts en réduction des concentrations de radon, nous avons également recommandé que CAREX Canada, dont vous entendrez les représentants aujourd'hui, entreprennent, dans le cadre du Programme national de compétence sur le radon au Canada, des recherches et des activités de surveillance sur les doses de rayonnement auxquelles sont exposés ces experts, afin de veiller à leur fournir également un milieu de travail sécuritaire.
Pour résumer les conclusions du rapport et pour vous encourager à adopter certaines de ces recommandations au cours de vos délibérations, nous avons conclu qu'il était nécessaire de prévoir plus d'obligations juridiques que de lignes directrices dans ce domaine, et ce pour plusieurs raisons, notamment la nécessité de souligner la gravité du problème et d'appuyer l'envoi de messages de sensibilisation à la population par le gouvernement fédéral et d'autres organismes dont vous entendrez les représentants aujourd'hui, notamment le Partenariat canadien pour la santé des enfants et l'environnement.
De plus, il est nécessaire de prévoir l'obligation juridique de mener des tests dans les édifices publics et de veiller à ce que la population ait accès à ces renseignements. Il faut aussi corriger la réponse non uniforme chez les inspecteurs de la santé publique et les inspecteurs en santé et sécurité au travail, et leur fournir les outils nécessaires pour qu'ils prennent des mesures en ce qui concerne le radon. Comme je l'ai mentionné, nous n'avons pratiquement trouvé aucune jurisprudence dans les lois ou la common law. Nous avons également conclu que l'amélioration ou la réforme de la loi représente une meilleure solution aux problèmes liés au radon que des poursuites coûteuses et visant des situations particulières.
Ensuite, comme je l'ai mentionné, le gouvernement doit prendre des mesures précises, notamment la mise à jour des lignes directrices fédérales, l'octroi d'un crédit d'impôt pour aider les Canadiens à prendre des mesures liées à la réduction des concentrations du radon lorsque les niveaux sont élevés, la mise à jour du Code canadien du travail, et veiller à l'application des lignes directrices canadiennes des MRN.
Nous avons calculé les économies liées aux soins de santé qui découleront des mesures de prévention des décès attribuables au cancer du poumon. Si tous les logements du Canada respectaient la limite de 200 becquerels par mètre cube, on pourrait réaliser des économies de plus de 17 millions de dollars par année, car on éviterait de nombreux décès liés au cancer du poumon. Ce nombre doublerait probablement si on réduisait la limite à 100 becquerels par mètre cube. Manifestement, tous ceux qui travaillent en oncologie vous diront que les coûts indirects sont cinq fois plus élevés que les coûts directs, et il est donc possible d'économiser beaucoup d'argent, en plus d'éviter la douleur et les souffrances liées au cancer du poumon.
Tom Kosatsky
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Tom Kosatsky
2015-06-18 16:43
De toute façon, vous savez que le tabagisme cause le cancer du poumon chez les fumeurs. Vous savez sans doute également que l'exposition au tabac entraîne le cancer du poumon chez les personnes qui vivent avec des fumeurs. Je ne m'attarderai pas vraiment là-dessus, mais si vous allez à la diapositive intitulée « Cancer du poumon chez ceux qui n'ont jamais fumé », vous verrez qu'une nouvelle notion fait l'objet d'études depuis seulement une dizaine d'années, à savoir la prévalence du cancer du poumon chez les non-fumeurs permanents. J'avoue qu'avant d'être invité à témoigner devant le comité, je ne savais pas grand-chose à ce sujet. Il se trouve que c'est là une tout autre maladie. Elle comporte des similitudes avec le cancer du poumon chez les fumeurs, mais il y a quelques différences très importantes.
D'abord, le facteur géographique est différent. C'est très prévalent en Asie et chez les Asiatiques au Canada. Il y a aussi une prédominance féminine, ce qui signifie que le cancer du poumon est beaucoup plus prévalent chez les non-fumeuses que chez les non-fumeurs. Autre différence: la répartition selon l'âge. Les non-fumeurs semblent développer le cancer du poumon à un âge beaucoup plus jeune que les fumeurs. Ensuite, les types de cellules ou les types de cancer sont différents. Les non-fumeurs n'ont pas de cancer du poumon épidermoïde à petites cellules, qui est caractéristique des fumeurs. C'est un type et une forme de cellules complètement différents. La génétique diffère aussi, car il y a un certain lien familial. Ce n'est pas très marqué, mais il y a une très forte relation génétique, selon les analyses génétiques. On peut presque prédire qui sera susceptible d'avoir cette maladie, ce qui est vraiment important. De plus, il y a généralement plus de symptômes au moment du diagnostic que dans le cas du cancer du poumon chez les fumeurs. Assez étrangement, les chances de survie après cinq ans sont meilleures pour les non-fumeurs que les fumeurs, même si cela se présente plus tard. À bien des égards, il s'agit d'une autre maladie.
Le cancer du poumon lié au radon se trouve quelque peu entre les deux, car, comme je vais l'expliquer, la plupart des cancers du poumon liés au radon surviennent chez les fumeurs. La question de savoir s'il est plus rentable d'arrêter de fumer n'aurait pu être plus juste.
La diapositive suivante s'intitule « Principaux facteurs de risque (exposition professionnelle exclue) », et je l'ai ajoutée uniquement parce que vous en aviez fait la demande. Il y a un certain nombre de conditions qui sont associées au cancer du poumon chez les non-fumeurs, comme l'exposition au radon, les antécédents familiaux, l'utilisation d'hormones chez les femmes, l'exposition à la fumée de tabac ambiante et, dans une certaine mesure, la pollution atmosphérique. À cela s'ajoute la fumée d'huiles à friture, c'est-à-dire la cuisson d'aliments à l'intérieur sur une longue période. Il y a aussi le chauffage domestique par bois ou par produits de bois en Asie et en Afrique. Voilà autant de facteurs qui sont associés au cancer du poumon. Il y a aussi un lien avec les infections pulmonaires comme la tuberculose à long terme, chose que je connaissais peu. Comme pour bien d'autres mauvaises choses dans la vie, la pauvreté entre aussi en ligne de compte. Le cancer du poumon est associé à la pauvreté, même si on exclut tous les autres facteurs. Dans une certaine mesure, un régime alimentaire riche en fruits et légumes peut atténuer ou prévenir cette maladie. Donc, mangez vos fruits et vos légumes verts, et vous serez moins susceptibles d'avoir le cancer du poumon, indépendamment des autres facteurs.
Passons maintenant à la diapositive suivante, qui porte sur les États-Unis, comme en témoigne le drapeau américain. Ce graphique présente le pourcentage de cas de cancer du poumon selon la cause. Le tabagisme actif compte pour 90 % des cas. L'exposition au radon représente entre 9 et 15 % des cas aux États-Unis et environ 15 % au Canada. En ce qui concerne l'exposition aux substances cancérogènes en milieu de travail, le pourcentage est de 10 %. Quant à la pollution atmosphérique, c'est de 1 à 2 %. Le total dépasse 100 % parce que, comme vous le verrez, certaines de ces causes interagissent ou créent ensemble un effet multiplicateur. Si vous êtes exposés au radon, ne fumez pas. Si vous fumez, ne vous exposez pas au radon.
Le cancer du poumon chez les non-fumeurs est une cause très importante, plus précisément la sixième en importance parmi toutes les causes. Pour ce qui est du cancer du poumon lié au radon — n'oubliez pas qu'on parle ici des États-Unis, mais le résultat serait le même pour le Canada —, c'est la huitième cause en importance. Comment est-ce possible? C'est peut-être parce que le tabagisme et l'exposition au radon sont interactifs, c'est-à-dire que l'un multiplie l'effet de l'autre. Dans tous les cas, cela signifie que le cancer du poumon chez les non-fumeurs est un problème très grave.
Peu importe la concentration, le radon est mauvais pour la santé, et ce, pas seulement au-dessus du seuil de 200. Une limite artificielle, quelle qu'elle soit, n'est pas très utile pour réduire l'exposition de l'ensemble de la population. Il serait préférable que nous soyons tous exposés à moins de radon, au lieu de sélectionner une zone, peut-être par souci de commodité, ou un niveau. C'est peut-être pratique, mais ce n'est pas vraiment utile comme mesure de santé publique. Il vaudrait mieux que l'ensemble de la population soit exposé à moins de radon. C'est une relation linéaire. Plus vous êtes exposés à une grande quantité de radon sur une longue période, plus vous êtes susceptibles de développer le cancer du poumon.
Par ailleurs, comme je le disais, plus on fume, plus il y a interaction. Sur la dernière diapositive, que j'ai préparée en utilisant des données canadiennes, on voit que la plupart des cancers du poumon liés au radon surviennent chez les fumeurs. Si 1 000 personnes qui n'ont pas jamais fumé étaient exposées à des concentrations élevées de radon, comme les niveaux enregistrés dans la partie intérieure de la Colombie-Britannique, environ 36 d'entre elles développeraient un cancer du poumon. En revanche, si les personnes qui fument étaient exposées au radon, environ 100 d'entre elles développeraient un cancer du poumon. Si on ajoute les deux facteurs, c'est-à-dire si les personnes étaient exposées à la fois au tabagisme et à une concentration élevée de radon, 270 d'entre elles développeraient un cancer. On parle là de 270 sur 1 000 personnes; c'est énorme.
Comment réduire les risques? Premièrement, il faut arrêter de fumer, voire ne jamais fumer. Deuxièmement, il faut réduire l'exposition au radon, et cela vaut pour l'ensemble de la population. Moins il y a de tabagisme, moins il y a de radon et, par ricochet, moins il y aura de cancer du poumon. En fait, si nous réduisons le niveau d'exposition au tabagisme, le radon deviendra une cause plus importante du cancer du poumon. Mais il y aura beaucoup moins de cas de cancer du poumon. Si nous éliminons le tabagisme, le nombre de cas de cancer du poumon diminuera en général, et ce, de façon considérable, mais toutes les autres causes gagneront en importance. Le noeud du problème, c'est l'interaction entre le tabagisme et le radon, qui peut aggraver les effets de deux, trois, quatre ou même huit fois; bref, cette interaction sera ainsi éliminée.
Quel a été le point de vue du secteur canadien de la santé publique sur le radon? Avant 2007, on avait adopté une approche plutôt passive, car c'était considéré, en grande partie, comme un dossier d'intérêt privé. Santé Canada a été d'un grand secours. Le ministère a fourni des conseils aux gens qui en demandaient. À cette époque, la directive était fixée à 800 becquerels par mètre cube, c'est-à-dire 800 désintégrations par seconde par mètre cube. Par la suite, lorsque la concentration prescrite a été révisée à la baisse, le secteur public a pris une position plus active. Santé Canada a participé à des tests à grande échelle partout au pays afin d'établir un profil du radon à l'échelle nationale, de sorte que nous ayons une idée de nos concentrations. Santé Canada a joué un rôle beaucoup plus actif sur le plan des conseils et, grâce à cette ligne directrice préconisant un niveau inférieur, le ministère a encouragé la détection et les mesures correctives. Mais, selon moi, ce n'est pas la voie à suivre. La solution consiste, dès le départ, à éliminer la présence de radon dans les bâtiments.
Examinons cette diapositive compliquée, qui présente des données sur l'Ontario. La province a examiné les concentrations de radon partout sur son territoire afin de déterminer combien de cas de cancer du poumon pourraient être évités grâce à des mesures pour les concentrations supérieures à 200 becquerels par mètre cube, notamment en adoptant une ligne directrice préconisant 100 ou 50 becquerels par mètre cube — ce qui est faisable — ou en réduisant les concentrations le plus possible pour les amener aux niveaux de radon à l'extérieur, qui sont relativement bénins. À 200 becquerels par mètre cube, si toutes les résidences en Ontario étaient rénovées pour atteindre les niveaux de radon à l'extérieur, on éviterait 2 % de tous les cas de cancer du poumon en Ontario. Autrement dit, par rapport à la ligne directrice actuelle fixée à 200 becquerels par mètre cube, si tout le monde mesurait les concentrations de radon dans sa maison et prenait des mesures correctives pour les amener au niveau de radon à l'extérieur ou même pour éliminer complètement le radon, on éviterait 2 % de tous les cas de cancer du poumon. Si toutes les résidences en Ontario, peu importe les niveaux de radon détectés, étaient rénovées de sorte que les concentrations de radon dans l'air intérieur soit égale aux niveaux de radon à l'extérieur, nous éviterions 13 % de tous les décès causés par le cancer du poumon en Ontario. S'il y a moyen d'y arriver, pourquoi ne pas le faire? Pourquoi ne pas réduire davantage ces taux?
La diapositive suivante porte sur la modification des concentrations de radon au fil du temps. Ces données proviennent des Pays-Bas. Les résultats pour le Canada seraient les mêmes. Oui, les concentrations de radon ont augmenté à mesure qu'on a construit des immeubles plus étanches. Raison de plus d'examiner les effets combinés des rénovations sur le radon.
Anne-Marie Nicol
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Anne-Marie Nicol
2015-06-18 17:06
Vous devriez également avoir reçu un imprimé du jeu de diapositives, qui s'intitule Le radon et le cancer du poumon. Je sais que je suis la toute dernière personne à témoigner, et je vous remercie de votre patience. Heureusement, beaucoup de personnes ont déjà parlé de certains points que je souhaite aborder; je ferai donc un bref survol des premières diapositives
Je suis professeure adjointe à l'Université Simon Fraser en Colombie-Britannique. Je travaille également au Centre de collaboration nationale en santé environnementale avec Tom et Sarah, et je dirige CAREX Canada, le système de surveillance des substances cancérogènes financé par le Partenariat canadien contre le cancer. Je suis ici parce que nous avons accordé la priorité à l'exposition des Canadiens aux agents cancérogènes présents dans l'environnement et aux causes principales des décès par cancer attribuables aux expositions environnementales. Le radon est, de loin, l'agent cancérogène le plus important. Je dois admettre que lorsque j'ai commencé ma recherche auprès de CAREX, je n'avais jamais entendu parler du radon. Après avoir passé en revue la documentation, je me suis rendu compte que le Canada avait joué un rôle très important, au fil du temps, pour comprendre le lien entre le radon et le cancer du poumon.
Les données tirées de nombreuses études menées auprès d'ouvriers dans les mines d'uranium, à Eldorado et même ici, en Ontario, ont servi à déterminer le rapport entre l'exposition et le cancer du poumon. Nous avons été à l'avant-plan de ces recherches, mais c'était surtout dans un contexte universitaire plutôt que dans un contexte de santé publique.
Comme nous l'avons déjà dit, l'OMS affirme qu'il s'agit d'un cancérogène important. J'aimerais également signaler que des organismes partout dans le monde en sont arrivés à la conclusion que le radon est plus dangereux qu'ils ne le pensaient. En 1993, nous avions une certaine idée de la relation entre le radon et le cancer du poumon. Ces chiffres ont doublé. La courbe dont Tom a parlé ressemblait à cela et, maintenant, elle a l'air de cela. Aujourd'hui, le radon est reconnu comme étant beaucoup plus dangereux que prévu initialement. La raison, c'est que le radon est un émetteur de particules alpha.
Le Canada est un pays riche en uranium. L'uranium se trouve dans le sol et, lorsqu'il se désintègre, il se transforme en un gaz. Cela signifie qu'il peut se déplacer dans le sol. Ce gaz émet un rayonnement alpha, qui est une forme très dangereuse de rayonnement susceptible d'endommager l'ADN. Sur la diapositive suivante, vous verrez les lésions directes et indirectes de l'ADN. Cette information est une gracieuseté de M. Aaron Goodarzi. D'ailleurs, une chaire de recherche canadienne étudie actuellement cette question en Alberta.
La diapositive suivante, qui porte sur le rayonnement et les lésions de l'ADN, montre que le rayonnement alpha est puissant. Ces particules sont dotées d'un faible pouvoir de pénétration; donc, si elles touchent notre peau, il n'y aura pas autant de lésions que si elles parviennent à nos poumons. Nos poumons sont très sensibles. La paroi des poumons est vulnérable et, lorsque les cellules pulmonaires absorbent ces particules, elles sont endommagées. Les particules alpha sont très destructrices. Elles se répercutent sur l'ADN comme un coup de canon. Il est difficile de réparer de telles lésions, d'où la probabilité accrue de mutations génétiques et de cancer.
La prochaine diapositive concerne les stratégies destinées à réduire les risques. Pour récapituler, le rayonnement émis par le radon cause des lésions considérables. Il est difficile pour le corps de réparer les lésions une fois que le radon s'infiltre dans les poumons.
Passons maintenant à la diapositive suivante, qui porte sur l'éducation et l'établissement des priorités. Le radon est présent partout au pays. Les chercheurs ont élaboré des cartes sur les sites potentiels de radon. Celle-ci nous a été fournie par Radon Environmental, qui a tenu compte des emplacements de l'uranium et des sites potentiels de produits à forte capacité de désintégration, même si nous reconnaissons que chaque maison est différente. Nous avons ajouté une carte des États-Unis pour montrer que nous ne sommes pas les seuls et que les États situés à la frontière ont un profil de radon semblable à celui du Canada. Nous savons qu'aux termes des stratégies canadiennes actuelles, il faut sensibiliser non seulement la population, mais aussi les intervenants du domaine. La plupart des professionnels de la santé publique n'ont jamais entendu parler du radon. Quand nous travaillons auprès d'unités de santé publique, nous observons que les inspecteurs en hygiène du milieu, les inspecteurs en santé publique et les médecins hygiénistes ne savent toujours pas que le radon est dangereux. De nombreux fonctionnaires et ministères de la Santé ne sont pas non plus au courant.
De plus, les chercheurs en santé partout au pays commencent à peine à se pencher sur ce domaine. Pour modifier les codes du bâtiment, les gens doivent en connaître les raisons. Nous devons offrir de la formation sur les tests de détection et les mesures correctives. Les gens doivent comprendre pourquoi ils font ce genre de travail.
Kelley Bush a fait allusion aux efforts qui sont déployés pour surveiller la sensibilisation au sein de la population. Ce travail est effectué par Statistique Canada. La diapositive suivante présente un échantillon canadien représentatif. Cette enquête est réalisée depuis 2007, mais ce graphique montre les résultats à partir de 2009. On peut voir qu'environ 10 % de la population était au courant du radon. Ce taux est passé à près de 30 %. Cela représente le nombre de personnes qui savent en quoi consiste le radon et qui peuvent le décrire avec précision. Donc, environ 30 % des Canadiens savent que le radon peut causer le cancer du poumon.
Santé Canada recommande à tous les propriétaires de mesurer les concentrations de radon dans leur maison. La diapositive suivante, qui repose également sur les données recueillies par Statistique Canada, montre clairement que très peu de gens ont soumis leur maison à des tests de détection. Moins de 10 % des Canadiens partout au pays ont mesuré les concentrations de radon dans leur maison. Le programme de sensibilisation au radon existe depuis 2007. Alors pourquoi les propriétaires ne font-ils pas ces tests? Parce qu'il n'y a pas d'exigences réglementaires, comme Kathleen Cooper l'a expliqué tout à l'heure. Non seulement les gens doivent être renseignés, mais ils doivent aussi être motivés à apporter des modifications. La décision appartient aux consommateurs. Nous leur avons laissé le soin de mesurer les concentrations de radon dans leur maison.
Je crois que plusieurs facteurs contribuent à cette situation, comme le déni, la nature invisible du gaz et la méconnaissance. Les trousses de détection ne sont toujours pas facilement accessibles dans l'ensemble du pays. On peut appeler pour savoir où les trouver, mais elles ne sont pas toujours disponibles. Dans les régions rurales, les gens ont plus de mal à y avoir accès. Par ailleurs, les gens craignent les coûts ultérieurs liés à la mise en oeuvre des mesures correctives — par exemple, je ne veux pas m'en mêler parce que je ne sais pas combien j'aurai à débourser pour rénover mon sous-sol. Dans certains cas, les coûts peuvent être assez considérables, selon la structure de la maison.
Passons à la diapositive suivante. Selon moi, pour réduire le risque de cancer du poumon associé à l'exposition au radon, nous devons renforcer le leadership. Ainsi, le gouvernement peut reconnaître qu'il s'agit d'un risque légitime. Les gens ne sont pas au courant, et nous devons jouer un rôle accru pour amener les gens à s'intéresser davantage à ce sujet. Cela ne concerne pas seulement Santé Canada, mais tous les ordres de gouvernement — ministères de la Santé, provinces, municipalités. En outre, nous devons former les gens de métier pour qu'ils sachent quoi faire, en toute connaissance de cause, au moment de construire des maisons résistantes au radon. Pourquoi ce tuyau est-il important? Pourquoi ce ventilateur est-il important? Encore une fois, nous voulons éliminer le radon dans les bâtiments de demain.
D'autres pays ont montré que les incitatifs financiers fonctionnent. Les gens sont disposés à apporter des améliorations éconergétiques à leur maison parce qu'ils obtiennent un remboursement, mais ces rénovations font augmenter la concentration de radon. Ce fait a été clairement établi. Plus la maison est bien isolée, plus le radon demeure à l'intérieur. Au Manitoba, des chercheurs se penchent sur cette question. Par contre, au Manitoba, on a maintenant droit à un remboursement par l'entremise de Manitoba Hydro lorsqu'on prend des mesures correctives contre le radon. Certaines régions du pays emboîtent le pas, mais nous devons offrir une sorte d'incitatif aux citoyens.
Enfin, j'aimerais dire un mot sur l'exposition au radon en milieu de travail, parce que j'étudie cette question. Certaines personnes travaillent dans des installations souterraines ou dans des sous-sols, et même dans des bâtiments au niveau du sol, où les concentrations de radon sont élevées. Certains de ces travailleurs sont des employés du gouvernement fédéral. Il faut renforcer les exigences relatives à la détection et à la mise en oeuvre des mesures correctives en milieu de travail.
C'est tout. Merci.
Voir le profil de Wladyslaw Lizon
PCC (ON)
Oui, très courte, monsieur le président. Il était question tout à l'heure d'une campagne de sensibilisation. Si je peux m'exprimer pour eux, la majorité de mes électeurs ne savent rien à propos du radon et n'ont aucune idée des statistiques à cet égard.
Lorsque je vais chez le médecin, il y a une brochure pour m'informer que je devrais passer un test de dépistage de l'antigène prostatique spécifique ou me faire examiner le coeur. Je n'ai jamais vu de brochure pour m'inviter à mesurer le niveau de radon dans ma maison. Avez-vous quelque chose à dire à ce sujet?
Tom Kosatsky
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Tom Kosatsky
2015-06-18 17:25
À la fois Santé Canada et le Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique ont sollicité les médecins — nous, de la Colombie-Britannique, et ceux de l'ensemble du pays, par l'intermédiaire de Santé Canada — et ont organisé des campagnes de sensibilisation à leur intention. Nous avons fait parvenir des dépliants aux médecins et nous avons parlé de ce problème dans la littérature médicale. Les médecins peuvent nous aider à cet égard, surtout dans le cas de patients qui sont des fumeurs ou qui vivent dans des régions où il y a beaucoup de radon. Ils peuvent faire énormément pour encourager les gens à se protéger du cancer du poumon. Nous pourrions tous en faire davantage, mais nous n'aurions pas besoin de tout cela si nous tenions compte de ce problème à l'étape de la construction.
Jürgen Rehm
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Jürgen Rehm
2015-05-26 16:41
Merci beaucoup de me permettre de vous présenter le point de vue du Centre de toxicomanie et de santé mentale, le plus grand hôpital pour les maladies psychiatriques.
Je voudrais commencer par une définition de « dépendance » étant donné qu'on nous a demandé de parler des dépendances. En général, ce terme comprend les toxicomanies, mais aussi, depuis plus récemment, les troubles liés aux paris et aux jeux. Par exemple, le DSM-5 et le CIM-11 actuellement en préparation incluront également ce genre de troubles.
Si vous prenez l'ensemble des dépendances, nous devons dire que l'abus d'alcool représente la dépendance la plus répandue. Le tabagisme soulève un point d'interrogation, car les troubles qui y sont liés ne sont généralement pas évalués dans les enquêtes auprès de la population générale comme l'ESCC. Pour ce qui est du nombre de personnes touchées par des dépendances, l'alcool arrive encore au premier rang. Au Canada, environ un homme sur vingt — et c'est pour tous les groupes d'âge — présente des troubles liés à la consommation d'alcool et ce taux est de 1,7 % pour les femmes.
Les troubles liés à la consommation de cannabis représentent la deuxième dépendance la plus importante et pour toutes les autres dépendances à la drogue, le taux est d'environ la moitié de celui du cannabis, soit à peu près 0,7 %. Là encore, la prévalence est plus importante pour les hommes que pour les femmes par un facteur de 2:1 pour la plupart de ces dépendances.
Pour ce qui est des méfaits, un grand nombre de troubles résultant des substances licites sont associés à beaucoup plus [Note de la rédaction: inaudible] sur le plan de la mortalité et de la morbidité, mais aussi de l'invalidité que les substances illégales. Et toutes ces dépendances sont fortement associées à d'autres troubles mentaux. Cela veut dire qu'en général, elles s'accompagnent de troubles de l'humeur. Environ une personne sur cinq ayant une dépendance présente en même temps des troubles de l'humeur et si vous incluez les troubles anxieux généralisés, ils touchent environ une personne sur dix. Bien entendu, les troubles de l'humeur sont ce que nous appelons normalement la dépression et comprennent toute une gamme d'états dépressifs.
Pour passer à vos questions concernant la stratégie sur la santé mentale et la façon dont les dépendances sont traitées, dans l'ensemble, les dépendances sont couvertes par la stratégie sur la santé mentale, et il y a beaucoup de choses très importantes à dire à leur sujet. Néanmoins, en pratique, si vous examinez les politiques nationales et les approches stratégiques, vous verrez que beaucoup de choses ont été réglementées par la Stratégie nationale antidrogue du gouvernement du Canada et que cela entraîne un conflit d'objectifs et un conflit entre les principales approches.
Lorsque nous examinons la Stratégie nationale antidrogue, l'ajout récent de l'usage non médical d'opiacés délivrés sur ordonnance et l'usage non médical d'autres drogues est un pas dans la bonne voie. Comme vous l'avez entendu dire dans le premier témoignage, bien entendu, c'est en partie le résultat de dépendances causées par le système médical.
Néanmoins, les deux substances les plus coûteuses du point de vue de la santé et de l'économie sont le tabac et l'alcool qui restent entièrement en dehors de la stratégie. Même si c'est un problème de moindre envergure et moins coûteux, je mentionnerai de nouveau que les paris et les jeux ne sont pas non plus inclus dans la Stratégie nationale antidrogue.
Nous soulignons que toutes les dépendances et les toxicomanies devraient être considérées comme des problèmes de santé et faire l'objet d'une approche de santé publique. Cela veut dire que nous devrions avoir pour les drogues illicites une approche reposant sur quatre piliers, soit la prévention, la réduction des méfaits, le traitement et l'application de la loi. Le même principe s'applique aux substances licites.
Nous devons dire également que l'approche en cours au Canada à l'égard des substances illicites est trop axée sur la répression. Autrement dit, si nous examinons l'équilibre entre une approche reposant sur quatre piliers et l'approche canadienne actuelle, la balance penche du côté de la répression, tant en ce qui concerne l'argent dépensé que les efforts globaux de la société. Il faudrait ajouter à cela la réduction des méfaits, une approche qui est entièrement absente actuellement. Plus le Canada pourra orienter son approche globale vers la sphère de la santé publique, meilleures seront nos chances de réduire les méfaits globaux.
Pour répondre à la première question, je résumerais en disant qu'au Canada, il faudrait aborder les dépendances avec une approche de santé publique, plus ou moins comme nous l'avons vu dans le cas de la stratégie sur la santé mentale. Si nous adoptons l'approche de la santé publique, nous aurons à modifier certaines choses dans la Stratégie nationale antidrogue, mais nous serons récompensés par de meilleures stratégies pour s'attaquer aux dépendances et réduire les méfaits qui y sont reliés.
Dans la deuxième partie de mon exposé, je voudrais examiner la question de la stigmatisation. Vous avez parlé de la stigmatisation à l'égard des dépendances et malheureusement, la dépendance entraîne une forte stigmatisation dans notre société. Nous ne sommes pas le seul cas au monde. Les dépendances sont les troubles mentaux les plus stigmatisés dans tous les pays riches, en Amérique du Nord, en Europe et au Japon.
D'après les enquêtes, nous savons que même si la stigmatisation globale associée à la santé mentale a diminué au cours des dernières décennies, pour ce qui est des dépendances, ce n'est malheureusement pas le cas. Les personnes qui ont des dépendances sont jugées imprévisibles et dangereuses. En général, les gens considèrent qu'elles ont une moralité défaillante et sont seules responsables de leur assuétude. Bien entendu, cela pose un problème non seulement pour les intéressés, mais aussi pour le système de soins de santé dans son ensemble, car de tous les troubles mentaux, ce sont ceux pour lesquels le taux de traitement est le plus bas.
Le taux de traitement des troubles mentaux reste en dessous du taux de traitement des troubles somatiques, mais le taux est particulièrement bas pour les dépendances. Par exemple, pour les troubles liés à la consommation d'alcool, seulement une personne sur dix reçoit un traitement adéquat ou est soignée en Ontario.
Un facteur qui y contribue est notre tendance à voir le monde en noir et blanc, généralement à considérer qu'une personne est malade ou n'est pas malade et non pas comme un continuum. Malheureusement, à cause de cette approche dichotomique qui ne voit pas la dépendance comme une forte consommation de substance au fil du temps, comme une étape d'un continuum — que nous partageons tous — ces personnes sont plus stigmatisées et davantage exclues de notre société. Elles ne cherchent donc pas à se faire soigner, parce qu'elles ne veulent pas avoir à reconnaître leur dépendance. Cela entraîne des problèmes dans tout le système de santé, autant dans les soins primaires que les soins spécialisés.
La stigmatisation fait obstacle à un continuum de soins sans faille et cela fait partie des problèmes touchant les dépendances.
Je vais m'arrêter là. Je dispose de 10 minutes et comme je les ai utilisées, je voudrais simplement résumer.
Toutes les dépendances devraient être considérées comme un problème de santé publique et être abordées du point de vue de la santé publique. La stigmatisation est l'un des principaux obstacles, non seulement pour la santé mentale en général, mais également pour le traitement des dépendances.
Merci beaucoup.
Voir le profil de Rona Ambrose
PCC (AB)
Merci beaucoup, monsieur le président. Je remercie également les membres du comité. Je tiens à tous vous remercier du travail que vous faites dans le cadre du Comité de la santé. Je sais que bon nombre d'entre vous prennent très à coeur les questions relatives à la santé, et je les remercie de leur dévouement à cet égard.
Je suis accompagnée de Simon Kennedy, nouveau sous-ministre de Santé Canada, de Krista Outhwaite, présidente nouvellement nommée de l'Agence de la santé publique du Canada, et du Dr Gregory Taylor, administrateur en chef de la santé publique du Canada, que vous avez déjà rencontré. Je sais qu'il participera à la seconde moitié de la réunion. Vous pourrez lui poser des questions à propos de son voyage en Guinée et en Sierra Leone, où il est allé rendre visite à nos troupes et à d'autres personnes qui luttent sur le terrain contre le virus Ebola. Je suis certaine qu'il aura de merveilleuses choses à vous raconter.
Michel Perron est ici pour représenter l'Institut de recherche en santé du Canada. Il occupe lui aussi ses fonctions depuis peu. Je sais que, la dernière fois, vous avez rencontré le Dr Alain Beaudet.
Enfin, je suis accompagnée de M. Bruce Archibald, président de l'Agence canadienne d'inspection des aliments. Je sais que vous l'avez déjà rencontré lui aussi.
Monsieur le président, dans un premier temps, j'aimerais vous présenter un aperçu de quelques-uns des principaux sujets qui nous ont occupés ces derniers temps. Je vous parlerai d'abord du système de soins de santé du Canada, des pressions qui s'exercent sur lui et des occasions d'amélioration que nous offre l'innovation. J'attirerai ensuite votre attention sur quelques activités que nous avons menées récemment en ce qui concerne des questions prioritaires comme la violence familiale, l'innocuité des médicaments et la salubrité des aliments.
Selon l'Institut canadien d'information sur la santé, le Canada a affecté une somme d'environ 215 milliards de dollars aux soins de santé en 2014 uniquement. Les provinces et les territoires, qui ont la responsabilité de dispenser les soins de santé aux Canadiens, travaillent très fort pour s'assurer que leur système répond continuellement aux besoins des Canadiens. Cependant, compte tenu du vieillissement de la population, des maladies chroniques et de l'incertitude économique, le financement et la prestation de soins de qualité sont des tâches qui ne deviendront pas plus faciles avec le temps.
Le gouvernement demeure un solide partenaire des provinces et des territoires grâce à des montants inégalés de transferts. Depuis 2006, les transferts fédéraux en santé ont augmenté de près de 70 % et devraient passer de 34 milliards de dollars, cette année, à plus de 40 milliards de dollars par année d'ici la fin de la décennie, ce qui représente une somme sans précédent.
Cet investissement fédéral constant dans les soins de santé procure aux provinces et aux territoires la prévisibilité et la souplesse financière voulues pour répondre aux contraintes auxquelles leurs administrations sont confrontées et pour respecter leurs priorités.
En outre, bien entendu, le soutien qu'offre le gouvernement fédéral à la recherche en santé par le truchement des IRSC et les investissements qu'il a faits dans des domaines comme ceux de la santé mentale, de la prévention du cancer et de la sécurité des patients contribue à accroître l'accessibilité des Canadiens aux soins de santé et la qualité des soins qui leur sont offerts.
Afin de tirer parti des transferts plus généreux que jamais et des investissements ciblés que je viens de mentionner, nous avons pris un certain nombre d'autres mesures qui visent à améliorer la santé des Canadiens et à alléger la pression qui s'exerce sur le système de santé. À ce jour, nous avons mobilisé des investissements du secteur privé de plus de 27 millions de dollars pour soutenir les partenariats faisant la promotion de modes de vie sains. Je suis très heureuse du dynamisme que nous avons observé partout au Canada.
L'an dernier, en collaboration avec Canadian Tire, les Partenaires philanthropes LIFT et la CBC, nous avons lancé le Jeu d'échange, initiative qui avait pour but de trouver des idées novatrices encourageant les Canadiens à mener une vie plus saine et plus active. En janvier dernier, nous avons annoncé que la meilleure idée avait été soumise par la Division du Québec de la Société canadienne du cancer. Cette idée — le « trottibus » est un programme novateur d'autobus scolaire pédestre qui offre aux enfants de l'école primaire une façon sécuritaire et amusante de se rendre à l'école tout en étant actifs. Le gouvernement fédéral versera un financement de 1 million de dollars pour contribuer à mettre en oeuvre cette merveilleuse idée partout au pays.
D'autres projets d'innovation sociale encouragent tous les enfants à mener une vie active dès le plus jeune âge de manière à ce que l'on puisse réaliser de véritables progrès au chapitre de la prévention des maladies chroniques, de l'obésité et d'autres problèmes de santé. Nous soutenons aussi l'innovation en matière de soins de santé par l'entremise d'investissements des Instituts de recherche en santé du Canada. En fait, notre gouvernement est à présent le plus important bailleur de fonds de la recherche en santé au Canada. Il investit à peu près 1 milliard de dollars chaque année dans ce domaine.
Depuis qu'elle a été lancée en 2011, la Stratégie de recherche axée sur le patient a pour but d'améliorer les choses en faisant profiter les patients des résultats des plus récentes recherches. J'ai été heureuse de constater qu'on nous a octroyé des fonds supplémentaires dans le cadre du budget de 2015 de manière à ce que nous puissions aller de l'avant en nous appuyant sur cette initiative fructueuse, qui englobe notamment un important partenariat avec la Fondation canadienne pour l'amélioration des services de santé.
Les Canadiens bénéficient d'un système de santé qui offre un accès à des soins de qualité supérieure et qui favorise de bons résultats en matière de santé. Toutefois, compte tenu du vieillissement de la population, de l'évolution de la technologie et des nouvelles réalités économiques et financières, nous ne pouvons pas nous permettre de nous reposer sur nos lauriers. C'est pourquoi nous avons ardemment soutenu les initiatives novatrices qui visent à améliorer la qualité des soins de santé et à les rendre plus abordables.
Comme vous le savez, le Groupe consultatif sur l'innovation des soins de santé, que j'ai lancé en juin dernier, a consacré les 10 derniers mois à étudier les principaux secteurs d'innovation au Canada et à l'étranger dans le but de déterminer comment le gouvernement fédéral peut soutenir les idées les plus prometteuses. À ce jour, le groupe a rencontré plus de 500 personnes, y compris des patients, des familles, des dirigeants d'entreprise, des économistes et des chercheurs, et il est en train d'analyser tout ce qu'il a entendu. J'ai hâte de recevoir son rapport final, qui me sera soumis en juin.
Il y a un autre sujet que j'aimerais aborder, soit celui de la violence familiale. Il s'agit d'un problème pressant en matière de santé publique auquel nous n'accordons pas toute l'attention qu'il mérite. La violence familiale a d'indéniables répercussions sur la santé des femmes, des enfants et même des hommes qui en sont victimes. Elle a aussi des effets très importants sur le système de santé et le système de justice.
La violence familiale peut causer des douleurs et des maladies chroniques, des problèmes de toxicomanie, divers troubles comme la dépression, l'anxiété et l'automutilation, de même que de nombreuses autres souffrances graves que ses victimes devront subir pendant toute leur vie. Voilà pourquoi j'ai été heureuse d'annoncer l'hiver dernier que le gouvernement fédéral investirait 100 millions de dollars sur 10 ans pour soutenir la lutte contre la violence familiale et contribuer à la bonne santé des victimes de violence. Cet investissement aidera les professionnels de la santé et les organisations communautaires à améliorer la santé physique et mentale des victimes de violence et contribuera à mettre fin aux cycles intergénérationnels de la violence.
En plus des efforts que nous avons déployés pour contrer la violence familiale et soutenir l'innovation en vue d'accroître la durabilité du système de soins de santé, nous avons réalisé des progrès considérables relativement à un certain nombre d'importants problèmes relatifs à l'innocuité des médicaments. Les Canadiens veulent et méritent des soins sur lesquels ils peuvent se fier et compter. À cet égard, j'aimerais remercier le comité de l'étude réfléchie qu'il a faite du projet de loi phare du gouvernement en matière de santé des patients, la Loi de Vanessa. Se situant dans le prolongement des consultations que nous avons menées auprès des Canadiens avant son dépôt, l'examen attentif qu'a fait le comité du projet de loi, y compris les amendements utiles proposés par le député Young, ont permis de renforcer le projet de loi et contribueront à le doter de la transparence accrue à laquelle s'attendent les Canadiens.
Comme vous le savez, la Loi de Vanessa permettra d'apporter au Canada les plus importantes améliorations en matière d'innocuité des médicaments en plus de 50 ans. En outre, il me permettra, en tant que ministre, de procéder au rappel de médicaments non sécuritaires et d'imposer de nouvelles sanctions sévères, notamment des peines d'emprisonnement et des amendes pouvant aller jusqu'à 5 millions de dollars par jour, alors que l'amende maximale s'élève actuellement à 5 000 $ par jour. De surcroît, ce texte législatif oblige les sociétés pharmaceutiques à mener des essais plus approfondis et à revoir les étiquettes afin que les renseignements sur les risques pour la santé y figurent en langage clair et simple, ce qui englobe la mise à jour des mises en garde pour les enfants. De plus, il améliorera la surveillance en obligeant des établissements de santé à déclarer les effets indésirables d'un médicament, et il exigera que Santé Canada respecte de nouvelles exigences en matière de transparence en ce qui a trait à ses décisions réglementaires relatives aux homologations de médicaments.
Pour nous assurer que les nouveaux pouvoirs en matière de transparence permettent aux familles et aux chercheurs du Canada d'accéder à l'information dont ils ont besoin, nous venons de lancer une autre série de consultations afin de nous enquérir des types de renseignements les plus susceptibles de contribuer à l'amélioration de l'innocuité des médicaments. Outre les améliorations découlant de la Loi de Vanessa, nous faisons d'énormes progrès et accroissons la transparence au moyen du Cadre réglementaire de transparence et d'ouverture de Santé Canada. En plus des résumés des examens de l'innocuité permettant aux patients et aux professionnels de la santé de prendre des décisions plus éclairées, nous publions de l'information plus détaillée en ce qui concerne les inspections dont ont fait l'objet les sociétés et les installations de fabrication de médicaments. Les renseignements fournis concernent notamment les dates d'inspection, les permis, les types de risque observés et les mesures prises par Santé Canada. Les patients peuvent également consulter la base de données de Santé Canada sur les essais cliniques pour déterminer si un essai présentant de l'intérêt a donné des résultats conformes aux exigences réglementaires.
La lutte contre la toxicomanie et la dépendance au Canada est une autre de mes priorités. Il ne fait aucun doute que la dépendance aux drogues dangereuses a des répercussions dévastatrices et considérables sur les familles et les collectivités du Canada. Je suis heureuse que la campagne de publicité que Santé Canada a lancée l'automne dernier pour donner suite à des recommandations du comité aide les parents à discuter avec leurs adolescents des dangers que pose la consommation de marijuana et de médicaments sur ordonnance. La campagne est axée sur ces deux types de produits, car un trop grand nombre de jeunes consomment de façon abusive des médicaments censés les guérir.
Notre gouvernement reconnaît également que les personnes aux prises avec la toxicomanie ont besoin d'aide pour se libérer de l'emprise de la drogue. Bien sûr, le gouvernement fédéral soutient les activités de prévention et les projets de traitement dans le cadre de sa stratégie nationale antidrogue. Il s'est engagé à investir plus de 44 millions de dollars pour accroître l'ampleur de la stratégie de façon à ce qu'elle englobe la consommation abusive de médicaments sur ordonnance, et il continue de collaborer avec les provinces afin d'améliorer les services de traitement de la toxicomanie.
Afin de discuter des mesures que nous pouvons prendre pour nous attaquer collectivement au problème de la consommation abusive de médicaments sur ordonnance, j'ai rencontré des médecins, des pharmaciens, des représentants des Premières Nations et des organismes d'exécution de la loi, des spécialistes en toxicomanie, des experts en médecine, et, évidemment, des parents, et je continuerai à le faire.
Enfin, notre gouvernement continue de faire de véritables investissements en vue de renforcer le système d'assurance de la salubrité des aliments. Par exemple — et il s'agira du dernier que je vais vous fournir —, j'ai récemment annoncé que nous allions investir plus de 30 millions de dollars sur cinq ans pour la création du Réseau d'information sur la salubrité des aliments. Ce réseau moderne permettra de renforcer l'interconnexion des spécialistes du domaine de la salubrité des aliments et permettra aux laboratoires d'échanger sur une plateforme Web sécuritaire des informations relatives à la surveillance et des données touchant la salubrité des aliments nécessaires de toute urgence. Cela nous aidera à être encore mieux placés pour protéger les Canadiens contre les risques liés à la salubrité en renforçant notre capacité de prévoir et de déceler les problèmes liés à la salubrité des aliments, et d'intervenir, le cas échéant. Cet investissement viendra s'ajouter au financement sans précédent que nous avons déjà versé et aux pouvoirs accrus qui ont été instaurés, notamment en ce qui a trait à la mise en oeuvre de sanctions plus sévères, de mesures de contrôle plus rigoureuses à l'égard de la bactérie E. coli, de nouvelles exigences en matière d'étiquetage des viandes et d'activités améliorées de surveillance des inspections.
En conclusion, je souligne qu'il ne s'agit là que de quelques-unes des priorités que nous soutiendrons au moyen des fonds que notre gouvernement a alloués au portefeuille de la santé. Dans le cadre du présent Budget principal des dépenses, nous investirons notamment dans la santé des Premières Nations, dans les activités menées actuellement pour contribuer à l'initiative internationale visant à endiguer l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest et dans les importantes activités liées à la recherche et à la salubrité des aliments que j'ai déjà mentionnées.
Je vais m'arrêter là-dessus. Mes collaborateurs et moi serons très heureux de répondre aux questions des membres du comité. Merci.
John Dalrymple
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John Dalrymple
2015-05-04 15:47
Merci beaucoup. Je suis ravi d'être parmi vous. Je suis ici pour représenter l'École nationale de ballet du Canada. Notre principale source de financement étant le ministère du Patrimoine canadien, vous comprendrez pourquoi nous sommes très heureux d'être ici aujourd'hui.
L'école de ballet existe depuis 55 ans. Nous avons essentiellement pour vocation de faire valoir l'utilité de la danse dans la vie de chaque Canadien. La danse enrichit la qualité de vie, améliore la santé et procure des bienfaits émotionnels et cognitifs, que vous soyez spectateurs ou danseurs. Quel est notre rôle dans ce processus? Il s'agit principalement — et ce, depuis la création de notre organisation — de fournir aux jeunes une formation de calibre olympique pour faire d'eux les grands interprètes et vedettes de demain. L'école repose sur ce principe indéfectible.
Dans le cadre de nos réflexions sur l'avenir de notre art et de notre organisation, il y a une question qui nous paraît essentielle: comment faire pour exposer un plus grand nombre de personnes à l'utilité de la danse? En général, seul un petit segment de la population est exposé à la danse à un jeune âge, et ces gens deviendront, nous l'espérons, les spectateurs de demain. Mais qu'en est-il des autres jeunes Canadiens et du reste de la population canadienne, notamment des personnes âgées pour qui la danse peut également s'avérer très bénéfique?
Nous avons lancé un programme appelé Sharing Dance, et c'est vraiment là-dessus que portera mon exposé d'aujourd'hui. Sharing Dance est un programme-cadre qui comporte trois volets. Le premier s'adresse aux jeunes. Il s'agit d'appuyer les enseignants du système scolaire public, partout au pays, en offrant un contenu qui est déjà inclus dans le programme d'éducation physique et qui est lié à la danse. Quand j'étais enfant — et c'est encore le cas dans de nombreuses écoles —, on nous apprenait la danse carrée dans le cadre de trois cours d'éducation physique, et c'est à peu près tout ce qu'on avait comme initiation à la danse. Le problème, c'est qu'il y a très peu de spécialistes de la danse dans les écoles publiques ordinaires. La danse fait partie du programme général d'éducation physique. Nous estimons donc qu'il nous incombe d'aider les enseignants à faire rayonner la danse à l'école.
Le deuxième volet s'adresse aux personnes âgées. Le vieillissement entraîne des troubles cérébraux, mais il est possible d'en combattre les effets grâce à des activités régulières, dont la danse spécialisée. C'est justement l'objectif d'un programme appelé Dancing With Parkinson, que nous administrons.
Le troisième volet, appelé Sharing Dance Day, se veut l'occasion de présenter une chorégraphie de danse amusante et très accessible à l'ensemble de la collectivité. Elle s'adresse aux participants des deux autres volets ainsi qu'à toute autre personne qui souhaite y prendre part. Une fois par année, nous organisons une célébration multigénérationnelle de la danse au Canada et, maintenant que le compte à rebours avant 2017 est enclenché, notre but est d'amener un million de Canadiens à participer à ce programme tout au long de l'année du 150e anniversaire.
Le programme Sharing Dance aborde de grands enjeux sociaux. À mon avis, c'est là un rôle important pour toute forme d'art ou toute discipline artistique. Il ne suffit pas de dire qu'il faut financer les arts pour le simple plaisir de la chose. Nous devons absolument examiner certaines des grandes questions qui se posent à la société. L'obésité juvénile et le manque d'activité physique constituent de véritables priorités pour la plupart des Canadiens. Il y a un manque de ressources pour les arts, la danse, et même les activités d'éducation physique dans la plupart des écoles publiques. Tous ces cours subissent une pression à la baisse. La santé émotionnelle des jeunes est une question qui préoccupe les gens. Par ailleurs, les Canadiens considèrent que les questions liées au vieillissement constituent une autre priorité, à mesure que vieillissent les membres de la génération du baby-boom. Nous croyons que les efforts visant à intégrer la danse dans la collectivité peuvent avoir des effets positifs sur toutes ces questions.
Durant le reste de mon exposé, je voudrais faire un lien entre mes observations et les grandes lignes qui m'ont été fournies en prévision de ce témoignage.
Pour commencer, nous avons sollicité des commentaires sur la façon dont la danse peut définir et exprimer les divers aspects de la culture canadienne. À la lumière des programmes que nous offrons dans le système scolaire, nous savons que certains élèves ont du mal à s'exprimer en anglais ou en français comme ils le voudraient. Un des aspects positifs de la danse, c'est son caractère inclusif. Ainsi, la danse leur permet d'être sur un pied d'égalité avec leurs camarades de classe. Il en va de même pour les élèves qui ont de graves handicaps physiques ou problèmes de mobilité.
Les enfants manifestent un intérêt envers la danse, souvent en raison de leurs origines culturelles. Donc, si nous donnons aux enfants plus d'occasions de danser dans le cadre scolaire, nous leur permettrons de miser là-dessus et d'y aller de pied ferme. La danse célèbre nos différences, mais elle souligne aussi nos similarités, parce que même si les styles de danse varient d'une culture à l'autre, nous racontons tous la même histoire.
Par ailleurs, nous voulions savoir comment les jeunes Canadiens peuvent profiter de la danse pour acquérir et perfectionner leurs aptitudes physiques ou leurs talents musicaux. Vous avez demandé à obtenir des renseignements sur les bienfaits de la danse sur la santé. En fait, la danse est une excellente forme d'activité physique. Il n'y a probablement aucune autre forme d'art qui met en jeu la même intensité ou qualité d'activité physique. À preuve, d'après des études réalisées par l'Université de l'État de l'Arizona et le National Cancer Institute aux États-Unis, les niveaux d'intensité d'équivalent métabolique de la danse, exécutée dans un contexte scolaire, dépassent souvent ceux de la plupart des autres activités physiques traditionnelles pratiquées en classe, notamment le hockey, le basketball et le baseball. En somme, nous avons là une activité qui offre tous les bienfaits émotionnels et cognitifs associés à l'expression artistique, mais qui procure aussi des bienfaits physiques supérieurs à ceux offerts par les autres activités physiques qui sont traditionnellement pratiquées dans le système scolaire. Ces avantages sur le plan mental et émotionnel sont d'une importance cruciale.
Nous reconnaissons que les enfants d'aujourd'hui font face à un grand nombre de sources de stress complexes. La possibilité de favoriser les compétences sociales et le bien-être affectif grâce à une activité créatrice est quelque chose de vraiment important. En outre, cette spécialité nous permet de redonner à la collectivité, ce qui compte pour notre grande organisation artistique.
J'ajouterais, en dernier lieu, qu'environ 15 % des enfants canadiens ont accès à la danse dans le cadre d'activités récréatives payées par leurs parents. Mais cela signifie que 85 % des enfants y ont accès de façon officielle uniquement par l'entremise du système scolaire. Donc, c'est pour nous une occasion en or de remédier à la situation.
En ce qui concerne les répercussions sur les économies locales, en gros, nous cherchons à créer les spectateurs de demain. On ne peut pas s'attendre à ce qu'un individu s'intéresse à la danse avant-gardiste, créative et de calibre olympique, s'il n'y a jamais été exposé dans son enfance. C'est fondamental, et il y a des tonnes de recherches pour le démontrer.
Par conséquent, nous estimons que les investissements dans les activités de danse pour les enfants sont d'une importance capitale pour l'avenir de notre art. Nous examinons aussi des programmes qui nous permettent d'identifier les enfants ayant des capacités de leadership afin de leur fournir des expériences d'immersion.
Quant à savoir comment le gouvernement appuie la danse au Canada, comme je l'ai dit, entre 10 et 15 % des jeunes Canadiens participent à des programmes officiels. Notre organisation étant la plus grande organisation de formation de danse, nous recrutons, chaque année, des jeunes à partir de cette petite tranche de danseurs engagés afin de les inviter à suivre notre programme de ballet professionnel. Par conséquent, il y a un nombre inconnu de jeunes qui sont doués sur le plan kinesthésique et qui ont le potentiel de poursuivre une excellente carrière en danse, mais qui n'ont pas encore été découverts parce qu'ils n'ont pas encore été exposés à cette forme d'art. L'aspect le plus merveilleux de cette initiative, c'est que non seulement elle nous aide à repérer un plus grand nombre de danseurs formidables de calibre olympique au Canada, mais elle donne aussi l'occasion à tous les jeunes Canadiens de profiter de ces bienfaits.
Pour ce qui est d'encourager nos danseurs à rester au Canada, si on revient à l'argument selon lequel il faut former les spectateurs de demain, je pense que ces efforts encourageront un plus grand nombre d'artistes à demeurer au Canada. Beaucoup de danseurs vont en Europe parce que leur travail est plus valorisé à l'étranger qu'ici. Selon moi, le financement de ces programmes permettra de faire rayonner la pertinence de la danse, ce qui en fera augmenter la valeur ici, au Canada.
Enfin, nous cherchons à recueillir de l'information sur la façon dont nous pouvons aider les danseurs qui envisagent un changement de carrière. D'ailleurs, comme notre organisation administre le plus grand programme de formation pour les professeurs de ballet professionnel et récréatif au Canada, nous savons que l'occasion d'exposer plus de jeunes à la danse permettra de bâtir et d'appuyer une plus grande collectivité de danse récréative, ce qui offrira plus de débouchés aux professeurs et plus d'emplois aux danseurs qui sont en réorientation de carrière.
Je serai heureux de répondre à vos questions, et je vous remercie de votre attention.
Voir le profil de Stéphane Dion
Lib. (QC)
Merci, monsieur le président.
Merci, monsieur Dalrymple.
Madame Browring, monsieur Lemay et monsieur Hunter, je vous remercie de nous avoir fourni une très bonne photographie de la situation.
Toutefois, si j'utilisais mes sept minutes pour vous demander de me décrire le film, quel genre de présentation auriez-vous fait, tous les trois, il y a cinq ou dix ans? Y a-t-il des choses qui ont changé? Vers quoi nous dirigerions-nous si nous continuions à appliquer les politiques d'aujourd'hui dans cinq ou dix ans d'ici? Il serait très utile pour les membres du comité de vous entendre non seulement utiliser une approche synchronique, mais aussi diachronique.
M. Lemay pourrait commencer.
John Dalrymple
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John Dalrymple
2015-05-04 16:15
Je vais continuer sur la question du numérique. Je crois qu'en général, cela a son importance. Je vois cela comme une occasion favorable pour ce secteur. Nous savons que les gens qui vont voir du contenu culturel sur Internet sont deux fois plus enclins à se procurer des billets ultérieurement que s'ils n'avaient pas vu ce contenu. Alors, pour ce qui est d'élargir l'auditoire, je pense que le numérique est essentiel. Et la tendance est encore plus prononcée chez les jeunes. Nous avons été parachutés dans le monde du numérique, mais eux y sont nés. Nous devons nous assurer d'investir dans la sphère numérique et veiller à y offrir du contenu et une programmation de qualité, parce que c'est dans cette sphère que nous allons trouver les jeunes, et que les possibilités associées au numérique ne sont pas négligeables. L'idée d'asseoir des spectateurs dans une salle de spectacle d'une certaine taille est une chose, mais c'en est une autre de penser à offrir des programmes à des milliers ou des millions de personnes. La technologie numérique nous permet de faire cela.
La santé publique est un aspect qui n'était pas très reconnu il y a environ cinq ans et l'on n'en parlait à peu près pas. Mais à cause des arguments très solides qu'elle met de l'avant pour présenter la danse comme un bienfait pour la santé physique, l'esprit et les émotions, l'École nationale de ballet suscite un vif intérêt auprès de bailleurs de fonds et de partenaires potentiels qui n'auraient jamais pensé à s'associer à elle, comme Au Canada le sport c’est pour la vie et l'Agence de la santé publique du Canada.
Le dernier élément est l'accessibilité. Nous devons voir la danse comme une forme d'art corporelle, mais nous pouvons créer des activités de danse de qualité qui s'adressent à tous, sans égard pour leur état de santé ou leur mobilité physique. Ces enjeux ont plus d'importance aujourd'hui qu'ils n'en avaient il y a cinq ans.
Anthony Miller
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Anthony Miller
2015-04-23 15:34
Monsieur le président, membres du comité, merci beaucoup de me donner l'occasion de parler de l'examen fait par Santé Canada des données probantes liées au Code de sécurité 6, qui, selon moi, a mené à des conclusions dangereuses.
Je suis médecin épidémiologiste spécialisé en étiologie, en prévention et en dépistage du cancer. J'ai fait des recherches sur le rayonnement ionisant et le cancer, les champs électromagnétiques et d'autres aspects des causes du cancer. J'ai siégé à de nombreux comités chargés d'évaluer la cancérogénicité de diverses expositions, y compris de groupes de travail du Centre international de recherche sur le cancer, qu'on appelle couramment le CIRC, et dont le Canada est membre. J'ai été le premier membre canadien de son conseil scientifique.
J'ai été chercheur principal invité dans le cadre du programme des monographies du CIRC, de septembre 2011 à janvier 2012, où j'ai entre autres passé en revue des articles scientifiques qui ont été utilisés par un groupe de travail pour déterminer que les champs de radiofréquence sont un cancérigène de classe 2B, c'est-à-dire un cancérigène possible. J'ai aussi été l'un des pairs examinateurs invités par la Société royale du Canada pour participer à l'examen de l'ébauche du rapport de son groupe d'experts sur le Code de sécurité 6.
J'ai un certain nombre de préoccupations au sujet des documents qui ont récemment été publiés par Santé Canada sur le Code de sécurité 6, y compris le document intitulé « Justification ». Ce que Santé Canada a dit dans sa dernière version du Code de sécurité 6, c'est qu'il faut faire une distinction entre le code et certaines lignes directrices municipales et nationales, qui sont fondées sur des considérations sociopolitiques. Selon moi, c'est une déclaration surprenante, parce qu'elle semble interdire la prise en compte de toute nouvelle donnée probante sur les dangers pour la santé, donnée, justement, qu'il faudrait évaluer si l'objectif est la sécurité des humains.
Depuis l'examen du CIRC, dans le cadre duquel il a été déterminé que les champs de radiofréquences étaient un cancérigène possible chez l'humain, un certain nombre d'études ont fait l'objet de rapports. Selon moi — et aussi selon un certain nombre de collègues qui ont rédigé deux ou trois articles avec moi sur cette question, dont l'un que vous rencontrerez la semaine prochaine —, ces études viennent appuyer les données probantes selon lesquelles les champs de radiofréquences sont non seulement un cancérigène possible chez l'humain, mais un cancérigène probable, ce qui lui vaudrait la classification 2A. Si c'est le cas, il devrait être impossible de faire fi d'un tel danger dans les approches réglementaires.
Une des études les plus importantes a été réalisée en France. Il s'agit d'une importante étude cas-témoin, dans le cadre de laquelle on a constaté un risque deux fois plus élevé de gliomes, la forme la plus maligne de tumeurs cérébrales, après deux années d'exposition au rayonnement des téléphones cellulaires. Après cinq ans, le risque était cinq fois plus élevé. Les chercheurs ont aussi découvert que ceux qui vivaient en zone urbaine — où il y a probablement un certain nombre d'autres cancérigènes pouvant influer sur l'apparition de tumeurs cérébrales —, le risque était encore plus élevé.
Cela nous ramène au Code de sécurité 6 et au rapport que Santé Canada a commandé afin d'obtenir un examen des données probantes. C'est le document qui a été produit par le groupe d'experts de la Société royale. Je crois qu'il y avait des conflits au sein du groupe d'experts. Comme vous le savez probablement, le président a changé, et le groupe n'avait pas suffisamment d'expertise en épidémiologie. On a demandé à un de mes amis, Paul Demers, de présider le groupe d'experts. Je crois que vous l'avez rencontré récemment. Selon moi, on l'a placé dans une position intenable.
Si vous lisez attentivement le document, il est dit que le groupe n'a pas eu suffisamment de temps pour examiner toutes les données et que, par conséquent, il a dû s'appuyer sur les examens réalisés par d'autres personnes sans procéder une évaluation minutieuse de ces études. Selon moi, c'est la raison pour laquelle les conclusions du groupe sont fausses.
Il est important de reconnaître qu'il n'y a pas de niveau sécuritaire d'exposition à des cancérigènes chez l'humain. Même si le risque croît parallèlement à une augmentation de l'intensité de l'exposition et que, pour bon nombre de cancérigènes, comme la fumée du tabac, le risque s'accroît encore plus en fonction de la durée de l'exposition, la seule façon d'éviter le risque carcinogène, c'est d'éliminer complètement l'exposition. C'est la raison pour laquelle nous avons tendance à interdire les cancérigènes dans l'environnement. L'amiante est un exemple précis de la raison pour laquelle tant d'efforts sont déployés pour que les gens, surtout les jeunes, ne fument pas. De plus, nous comprenons maintenant que la constitution génétique des gens varie, et que certains gènes font en sorte que diverses personnes sont plus susceptibles que d'autres aux effets des cancérigènes. Les codes de sécurité devraient être conçus pour protéger les personnes les plus susceptibles.
En tant qu'épidémiologiste, j'ai beaucoup travaillé sur le cancer du sein, et l'une des choses les plus préoccupantes que j'ai découvertes, c'est une série de rapports sur des cas, à commencer par certains rapports de Californie. En outre, un cas semblable a récemment été découvert en Saskatchewan. En tout, il y a maintenant sept rapports de cas de femmes qui ont contracté un cancer du sein inhabituel exactement là où elles mettaient leur téléphone cellulaire dans leur soutien-gorge. Ce sont des tumeurs inhabituelles. Elles sont multifocales, ce qui signifie qu'elles apparaissent à plusieurs endroits. L'emplacement des tumeurs semble refléter l'endroit où les femmes plaçaient leur téléphone cellulaire. Le rayonnement du téléphone cellulaire semble avoir accru chez ces femmes le risque de contracter un cancer du sein, risque qu'elles couraient présumément déjà. Il s'agit dans tous les cas de femmes relativement jeunes. Ce sont des cas très inhabituels, et ils nous préoccupent beaucoup.
Il y a aussi des cancers du cerveau et des tumeurs de la glande parotide, des tumeurs des glandes salivaires. On a relevé plusieurs cas de personnes qui ont contracté ces types de cancers. Récemment, en Israël, une étude a permis de cerner un risque accru d'apparition de ces cancers, particulièrement lorsque l'exposition augmentait.
Compte tenu de la longue histoire naturelle du cancer et du fait que les populations humaines n'ont pas été exposées pendant assez longtemps pour que l'on puisse exclure un effet carcinogène, il est selon moi extrêmement important d'adopter une approche fondée sur la précaution en matière d'exposition des humains aux champs électromagnétiques, particulièrement dans le cas des enfants. Il convient de signaler que les gens, s'ils sont bien informés, peuvent réduire leur exposition aux champs électromagnétiques venant d'appareils qui utilisent la technologie Wi-Fi, mais, dans le cas des tours de téléphonie cellulaire et des compteurs intelligents, ils n'ont aucun contrôle sur leur exposition. Puis, il y a la question des personnes qui fabriquent ces appareils et ceux qui font la promotion de la technologie Wi-Fi dans toutes sortes de situations... Nous en sommes arrivés à une situation où les résidences des gens sont saturées de radiofréquences.
Il sera très difficile de prouver de façon concluante que cela a un impact. Au sein d'une grande population, si le taux d'occurrence normal est relativement rare — et les tumeurs cérébrales sont relativement rares —, même si on double le risque, qu'on le triple ou qu'on le quadruple, il sera difficile de le cerner précisément. Nous devons réaliser ces études.
D'ici là, afin d'éviter une possible épidémie de cancer causé par les champs électromagnétiques des appareils Wi-Fi ou d'autres dispositifs, nous devrions renforcer les codes qui visent à protéger le public. Selon moi, Santé Canada n'a pas fait du bon travail. Il faut réviser la version actuelle du Code de sécurité 6.
Merci, monsieur le président.
Frank Clegg
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Frank Clegg
2015-04-23 15:45
Monsieur le président, membres du comité, je tiens à vous remercier de m'avoir invité pour discuter avec vous cet après-midi et d'avoir choisi de consacrer du temps à l'étude de Code de sécurité 6.
Lorsque j'étais responsable des opérations canadiennes de Microsoft, j'ai appris qu'il était essentiel de miser sur le processus. Aujourd'hui, en tant que membre du conseil d'Indigo Books and Music, mon rôle a changé, et je m'occupe davantage de gouvernance et de surveillance. Dans les deux cas, le processus est essentiel à la réussite. Le gouvernement est la plus grosse organisation, ses processus sont donc d'une importance primordiale. J'examine régulièrement les situations de réussite et d'échec, et je crois que je peux vous expliquer pourquoi le processus du Code de sécurité 6 est un échec sur toute la ligne et qu'il laisse les Canadiens sans protection.
Nassim Taleb a écrit un livre intitulé Le cygne noir au sujet des événements très peu probables qui ont un impact extrême et qui ne devraient pas se passer, comme les déversements de pétrole, les déraillements de train et les écrasements d'avion. Taleb appelle ces événements des « cygnes noirs ».
Si quelqu'un décide que tous les cygnes sont blancs et refuse toute preuve de l'existence de cygnes noirs, il conclura que tous les cygnes sont blancs. Les cygnes noirs sont rares, mais ils existent. Malheureusement, les experts se sont convaincus eux-mêmes que la probabilité de ces événements était nulle. Ils n'ont pas procédé à une planification appropriée, et des gens sont morts.
La American Academy of Environmental Medicine est une organisation internationale de médecins et de scientifiques qui a prédit, entre autres, l'augmentation des sensibilités chimiques multiples, qui sont maintenant protégées par de nombreuses politiques publiques. En ce qui concerne l'augmentation sans précédent d'appareils sans fil, l'académie a prévu « un danger généralisé pour la santé publique pour lequel le système de santé n'est pas encore prêt ».
Selon moi, l'analyse de Santé Canada s'en est tenue à l'identification et au dénombrement des cygnes blancs et a fait fi des données probantes liées aux cygnes noirs. Un représentant de Santé Canada a dit ce qui suit au comité le 24 mars:
… certaines études ont révélé des effets biologiques ou des effets nocifs liés aux champs de RF à des niveaux inférieurs aux limites établies dans le Code de sécurité 6, je tiens à préciser que ces études sont peu nombreuses et qu'elles ne représentent pas la source de données prédominante dans les secteurs visés.
En d'autres mots, les cygnes noirs existent.
Parmi les documents qui vous ont été remis — je ne sais pas si vous les avez, puisque nous en avons demandé la traduction — il y a un document intitulé « Analyse de 140 études communiquées par Canadian for Safe Technology (C4ST) durant la période de consultations publiques sur le Code de sécurité 6 ». Un tableau dans ce document montre que Santé Canada concède qu'il y a en fait 36 études qui respectent tous ses critères de qualité et qui prouvent l'existence de préjudices à des niveaux inférieurs à ceux établis dans le Code de sécurité 6.
En tant que Canadien, je suis perturbé; en tant que membre de direction, je trouve cela tout à fait inexcusable.
Des 36 études que Santé Canada juge satisfaisantes, six démontrent un lien avec le cancer. Treize autres démontrent l'existence d'effets sur le cerveau et le système nerveux. Dans 16 études, Santé Canada admet qu'il y a des perturbations biochimiques. Finalement, sept études scientifiques de haut niveau révèlent des effets sur le développement intellectuel ou le comportement d'apprentissage. Toutes ces études montrent qu'il y a des effets malgré des niveaux de radiation inférieurs aux limites établies dans le Code de sécurité 6. De quelle façon ces données probantes, ces cygnes noirs, ont-elles été évaluées?
Durant son enquête sur deux ans, C4ST a déterminé que Santé Canada n'a même pas les logiciels nécessaires pour consulter, résumer et analyser le grand nombre d'études pertinentes. Si notre groupe de bénévoles compétents et qualifiés a réussi à découvrir 140 études, combien d'autres ont été manquées ou omises?
Santé Canada parle de son approche fondée sur le poids de la preuve. On peut difficilement savoir combien d'études sont nécessaires pour l'emporter sur 36 études qui démontrent l'existence de préjudices, surtout chez des enfants. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi Santé Canada ne met pas l'accent sur ces études et ne traite pas en priorité leurs répercussions. Malgré les demandes pour publier les critères de poids de la preuve conformément aux normes internationales, Santé Canada refuse de le faire. Même le récent document de justification de 2015 ne fournit pas cette information cruciale.
Santé Canada rejette les éléments de preuve scientifiques sauf s'ils révèlent des préjudices à des niveaux de rayonnement micro-ondes suffisamment élevés pour chauffer la peau. La notion selon laquelle les micro-ondes ne sont pas néfastes, sauf si elles peuvent chauffer la peau ne tient plus depuis des décennies. La prémisse centrale de cet argument, ce cygne blanc, remonte à la théorie d'Einstein selon laquelle le rayonnement non ionisant n'est pas préjudiciable, ou, s'il l'est, c'est qu'il est à un niveau suffisant pour chauffer les tissus. Albert Einstein est décédé l'année où Steve Jobs est né. Le fait de penser que la science n'a pas évolué depuis, c'est adopter un mode de réflexion axé sur les « cygnes blancs » classique, qui fait partie d'un processus condamné à échouer.
Actuellement, Santé Canada dit sur son site Web qu'il n'y a aucun préjudice possible lié au système Wi-Fi ou aux téléphones cellulaires parce qu'il a étudié toutes les données scientifiques. Cependant, sous serment, les représentants de Santé Canada ont fourni une réponse plus complète. Devant la Cour supérieure du Québec, en septembre 2013, le scientifique principal de Santé Canada, James McNamee, a admis que Santé Canada a seulement évalué les risques fondés sur l'effet thermique, c'est-à-dire le chauffage des tissus.
Malheureusement, le Canada n'a pas investi le temps nécessaire et n'a pas obtenu les avis partagés nécessaires des experts pour réaliser un examen approprié. Nos recherches nous ont permis de découvrir que l'auteur du Code de sécurité 6 de Santé Canada a publié des articles qui démontrent qu'il a un préjugé à l'égard de ce sujet.
En quelques heures, sur trois jours, votre comité sur la santé a parlé plus longtemps avec des experts scientifiques qui croient que des niveaux de rayonnement sans fil inférieurs aux niveaux établis dans le Code de sécurité 6 peuvent être néfastes que ne l'a fait l'ensemble des représentants de Santé Canada. Vous ne pouvez pas trouver des cygnes noirs lorsque vous ne parlez pas avec les experts qui les ont vus.
C'est une règle fondamentale des affaires: on ne peut pas gérer ce qu'on ne mesure pas. Il est évident que Santé Canada non seulement ne respecte pas cette règle, mais qu'en plus il y est réfractaire. Une note de service adressée au ministre de la Santé obtenue en mars 2012 en vertu de l'accès à l'information a révélé que le ministère « n'appuie pas la recommandation d'établir un processus de rapport des effets indésirables liés précisément à l'exposition aux champs de radiofréquences ». La note de service dit ensuite: « les plaintes des consommateurs... peuvent être aiguillées vers... le système Web... aux termes de la... loi concernant la sécurité des produits de consommation ». Il s'agit d'une solution inadéquate et, je crois, d'une occasion manquée.
Je vous renvoie à la feuille d'information de C4ST. Je crois que vous l'avez. J'aimerais souligner trois exemples tirés de ce document: le Code de sécurité 6 de Santé Canada compte parmi les pires codes nationaux dans le monde. Le Canada s'est laissé devancé par des pays comme la France, Taïwan et la Belgique dans la protection de ses citoyens. Enfin, Santé Canada a gaspillé plus de 100 000 $ de l'argent des contribuables, puisque le rapport de la Société royale du Canada n'est pas un examen indépendant.
Santé Canada affirme aussi que le Code de sécurité 6 est une ligne directrice et que les autres organisations ainsi que les ordres de gouvernement provinciaux et locaux sont libres d'adopter des niveaux inférieurs s'ils jugent cela nécessaire. Cependant, ce n'est pas ce qui se passe. Nous avons vu des commissions scolaires, des compagnies d'électricité, des services publics d'aqueduc, Industrie Canada et des fabricants s'en remettre à l'analyse de Santé Canada et, pour le dire franchement, abdiquer leurs responsabilités à ce chapitre. Ils ne réalisent pas leurs propres analyses.
Il existe des solutions plus sécuritaires. Au Canada, il y a plusieurs situations liées à des tours de téléphonie cellulaire où des promoteurs ont volontairement offert de limiter l'exposition aux rayonnements, les établissant, dans certains cas, à des niveaux qui sont des milliers de fois inférieurs que ce que prévoit le Code de sécurité 6. Il y a une solution en Iowa, qui utilise des compteurs intelligents filaires, ce qui constitue une solution plus sécuritaire et plus sûre à moindre coût.
Compte tenu du fait que nos antécédents en Amérique du Nord ne sont pas reluisants en ce qui concerne des produits comme le tabac, l'amiante, les BPA, la thalidomide, le DDT, la mousse isolante d'urée-formaldéhyde et de nombreux autres éléments, le recours au principe de précaution d'évitement prudent devrait être recommandé jusqu'à ce que la science prouve au-delà de tout doute raisonnable qu'il n'y a aucun potentiel de préjudice.
Au cours des trois dernières années, des scientifiques ont publié chaque mois de nouvelles études qui démontrent les préjudices irréparables des rayonnements à des niveaux inférieurs à ceux prévus dans le Code de sécurité 6. C'est la raison pour laquelle nous demandons au comité de prendre trois mesures décisives.
Premièrement, réaliser une campagne nationale de sensibilisation à l'intention des Canadiens sur les méthodes permettant de réduire l'exposition aux radiofréquences, interdire les systèmes Wi-Fi dans les garderies et les maternelles et interdire la commercialisation d'appareils sans fil aux enfants.
Deuxièmement, protéger les personnes sensibles aux radiofréquences en prenant des mesures d'adaptation et en adoptant des niveaux sécuritaires d'exposition aux systèmes sans fil dans les milieux de travail fédéraux et les domaines de responsabilité fédérale.
Et enfin, troisièmement, créer un système de rapport des effets indésirables à l'intention des Canadiens ainsi qu'une base de données publique permettant de recueillir de meilleures données concernant les liens potentiels entre les effets sur la santé et l'exposition aux radiofréquences.
Dans un même ordre d'idées, recommander à Santé Canada de réaliser un examen systématique complet, assujetti à des normes internationales, concernant la possible nocivité des radiofréquences pour la santé humaine, en misant sur un groupe d'examens scientifiques dont les avis sont équilibrés. C'est un exemple classique de réflexion axé sur le « cygne noir » qui a mené à l'échec du Code de sécurité 6.
En conclusion, les bénévoles de C4ST ont trouvé 36 cygnes noirs que Santé Canada juge de haute qualité. Combien y en aurait-il si Santé Canada s'était vraiment donné la peine de regarder? Encore mieux, combien de cygnes noirs faudra-t-il avant que Santé Canada prenne les mesures qui s'imposent? Merci beaucoup.
Magda Havas
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Magda Havas
2015-04-23 15:55
Merci beaucoup de m'avoir invitée à participer à la discussion aujourd'hui. Je suis Magda Havas. Je suis professeure agrégée en Études environnementales et des ressources à l'Université Trent, à Peterborough, en Ontario.
Au cours des 25 dernières années, j'ai enseigné à des étudiants de l'université et je leur parle des effets biologiques des champs électromagnétiques et du rayonnement électromagnétique, ce que nous appelons de façon générale le « smog électrique ». Selon moi, le smog électrique est un nouvel enjeu en matière de santé publique, en grande partie — mais pas entièrement — en raison de la prolifération rapide des technologies sans fil. Les professionnels de la santé et le public sont de plus en plus préoccupés tandis que les maladies chroniques augmentent, tout comme les soins de santé.
Depuis 2000, j'ai été invitée à présenter plus de 300 exposés dans le cadre de conférences médicales: dans des universités, devant des représentants du Congrès et du Sénat américains ou à des groupes communautaires préoccupés par la présence de technologie Wi-Fi dans les écoles et d'antennes dans leur quartier. En 2002, Charles Caccia m'a demandé de présenter un exposé devant le Comité de l'environnement de la Chambre des communes. En 2010, j'ai comparu devant le Comité permanent de la santé pour discuter de la même question que celle dont nous parlons aujourd'hui. En 2013, nous avons présenté un exposé à l'Association médicale canadienne et au Collège royal des médecins et chirurgiens au sujet des effets néfastes du smog électrique et le besoin de protéger le public.
J'ai commencé ma carrière au milieu des années 1970 en tant que toxicologue en matière d'environnement. À ce moment-là, le nouvel enjeu était les pluies acides. J'ai été l'une des scientifiques qui ont étudié les dommages causés par les pluies acides dans les forêts et les lacs. Mes recherches examinées par des pairs et publiées et celles d'autres scientifiques ont permis l'adoption de législation sur l'air pur, ce qu'on a appelé l'Accord sur les pluies acides, adopté au niveau international par le premier ministre Mulroney et le président Bush, en 1991. Cet accord a permis de garantir à des millions de Canadiens et d'Américains un air plus pur et un environnement plus sain. De plus, il protégeait les écosystèmes aquatiques et terrestres.
Nous devons prendre des mesures législatives semblables pour contrer le smog électrique. L'accord sur les pluies acides a été le fruit du travail de la Canadian Coalition on Acid Rain, des ministres fédéral ou provinciaux de l'environnement comme Charles Caccia et Jim Bradley et d'un grand nombre d'études scientifiques réalisées dans l'est de l'Amérique du Nord et dans le nord de l'Europe centrale. Cet accord a été conclu 15 ans après le début de mes études sur les effets des pluies acides. Nous avons réussi à faire adopter une législation sur l'air pur parce que les députés ont fondé leurs décisions politiques sur la science et non sur la désinformation de représentants de l'industrie.
À ce moment-là, on ne prenait pas les pluies acides au sérieux. Les scientifiques de l'industrie affirmaient à qui voulait l'entendre que les pluies acides n'existaient pas ou qu'elles étaient naturelles et n'étaient pas responsables de la disparition de poissons et de la mort des arbres. Ce déni d'un problème est chose courante lorsqu'il est question de santé et d'environnement et qu'il y a des conséquences financières pour ceux qui génèrent la pollution. La même chose s'est produite dans divers dossiers: l'amiante, le DDT, le plomb et la cigarette. C'est maintenant le tour du smog électrique.
Je me trouve aujourd'hui dans une situation semblable à celle où je me trouvais lorsque je travaillais sur les pluies acides. Il y a des scientifiques de l'industrie qui affirment à répétition que la pollution électromagnétique ne cause pas le cancer et n'a pas d'effet néfaste sur la santé. Ces industries du sans-fil peuvent se cacher derrière le Code de sécurité 6 de Santé Canada, qui les protège davantage qu'il ne protège le public.
Les écoles qui ont installé des systèmes Wi-Fi, les compagnies de télécommunication qui ont installé des antennes dans les hôpitaux et les milieux résidentiels et les gouvernements provinciaux et les administrations municipales qui n'ont pas d'expertise en la matière se cachent tous derrière le Code de sécurité 6 de Santé Canada. Ils croient à tort qu'ils sont protégés. Ils ne se rendent pas compte que cette ligne directrice a été conçue pour protéger le personnel militaire contre le chauffage des tissus sur une période moyenne de six minutes. L'objectif n'était pas de protéger un bébé dans un berceau à côté d'un interphone de surveillance pour bébé qui émet des micro-ondes 12 heures par jour.
La science que j'enseigne remonte aux années 1940, lorsque les laboratoires de la Marine américaine documentaient des cas de maladie chez les opérateurs d'équipement radar. À l'époque, c'est ce qu'on appelait la maladie des micro-ondes. Aujourd'hui, on parle plutôt de sensibilité électromagnétique. Les opérateurs de radars tombaient malades en raison des mêmes fréquences utilisées plus tard dans les fours à micro-ondes, ce qu'on appelait à l'époque la portée radar. Les mêmes fréquences sont maintenant utilisées dans les dispositifs Wi-Fi. Nous ne voudrions pas vivre près de l'installation radar, mais nous générons les fréquences radars chez nous grâce à nos technologies sans fil.
Les symptômes de la sensibilité électromagnétique incluent les maux de tête, les douleurs chroniques, la fatigue chronique, les problèmes de sommeil, les difficultés de concentration, une piètre mémoire à court terme, des troubles de l'humeur, y compris la dépression et l'anxiété, des étourdissements, de la nausée et des acouphènes. Jusqu'à 3 % de la population, soit un million de Canadiens, ont des symptômes de sensibilité électromagnétique qui sont si graves qu'ils ne peuvent pas fonctionner dans notre monde moderne.
De plus, 35 %, soit 10 millions de Canadiens de plus, affichent des symptômes de légers à modérés. Ces symptômes ressemblent à ceux du vieillissement, et c'est pourquoi j'appelle la sensibilité électromagnétique le syndrome du vieillissement rapide.
Mes recherches montrent que le rayonnement des radiofréquences d'un téléphone sans fil à des niveaux bien inférieurs à 1 % des niveaux du Code de sécurité 6 provoque un rythme cardiaque irrégulier ou rapide chez les personnes sensibles. C'est ce qu'on appelle la tachycardie. Chez certaines personnes, le rythme cardiaque augmente de 60 battements par minute à 100 battements par minute lorsqu'ils sont couchés dans un lit sans savoir si l'appareil est allumé ou non. La tachycardie est souvent associée à l'anxiété. Les gens ont l'impression d'avoir une crise cardiaque.
Stephen Sinatra, un cardiologue américain, croit que les anomalies cardiaques mineures, dont l'une s'appelle le syndrome de Wolff-Parkinson-White, affectent un enfant sur 700. Combiné à de l'exercice et à l'exposition à des rayonnements micro-ondes, comme ceux des systèmes Wi-Fi ou des antennes de téléphonie cellulaire environnantes, il s'agit d'une combinaison dangereuse pouvant mener à un arrêt cardiaque.
Parmi les élèves des écoles primaires d'Ottawa — ils sont environ 143 000 —, et il y a peut-être jusqu'à 200 élèves qui, en raison de syndromes cardiaques, sont à risque s'il y a des systèmes Wi-Fi dans leur milieu scolaire. Dans le cadre des premières études auprès des opérateurs de radars, les médecins recommandaient aux travailleurs de faire l'objet d'un dépistage pouvant cerner toute irrégularité cardiaque avant de travailler là où il y a un rayonnement micro-onde. Il faudrait peut-être évaluer les enfants avant de les faire fréquenter des écoles qui ont installé des systèmes Wi-Fi.
Dans le cadre de mes recherches, j'essaie de trouver des marqueurs biologiques de la sensibilité électromagnétique afin que les médecins soient mieux outillés pour diagnostiquer cette maladie environnementale. Jusqu'à présent, nous en avons trouvé plusieurs — rythme cardiaque, variabilité du rythme cardiaque, viscosité sanguine, le sucre chez les diabétiques et des problèmes de coordination musculaire chez les personnes atteintes de sclérose en plaques. Il faut d'autres marqueurs biologiques. Contrairement aux autres études épidémiologiques, qui documentent une association entre un agent et un résultat, nos études démontrent une relation de cause à effet.
Les experts qui témoignent dans des audiences comme la nôtre ont des antécédents généraux ou précis dans le domaine des sciences ou de la médecine. Ceux qui ont des connaissances générales et aucune expérience auprès de patients ou grâce à des recherches, sont susceptibles de fournir des renseignements trompeurs. La raison en est que nous vivons actuellement un changement de paradigme quant à notre compréhension du lien entre l'énergie électromagnétique et le fonctionnement du corps humain.
Nous reconnaissons maintenant que nos cellules et nos organes communiquent les uns avec les autres à l'aide d'impulsions électromagnétiques plutôt qu'avec uniquement des messagers chimiques. Tout signal qui interfère avec cette communication peut avoir un impact néfaste sur la santé des personnes. Les effets sont non seulement fonction de l'intensité, mais aussi de la modulation de la fréquence des ondes.
Ce que vous voyez ici, au bas de la diapositive, c'est une photo de mon sang au microscope. Les cellules autour... quelques-unes sont connectées. La plupart sont libres. C'est ce à quoi ressemble du sang relativement sain.
Après l'utilisation d'un ordinateur pendant 50 minutes, mon sang devient comme celui que vous voyez dans le coin supérieur gauche. Les cellules sanguines collent ensemble. Dix minutes après avoir utilisé un téléphone sans fil, mon sang devient très collant, très visqueux, et il ne distribue plus l'oxygène dans mon corps comme il devrait le faire. C'est l'un des symptômes de la sensibilité électromagnétique.
Dans les écoles de médecine, on ne parle pas aux étudiants du smog électrique, puisqu'il s'agit d'un problème relativement récent, et on ne leur montre pas non plus comment diagnostiquer une sensibilité électromagnétique. Pour eux, cette maladie n'existe pas. Lorsque les médecins ne peuvent pas identifier une maladie, ils présument souvent qu'elle est de nature psychologique. J'ai parlé à des psychiatres qui me disent qu'ils voient régulièrement des patients aux prises avec des problèmes physiologiques, pas des problèmes psychologiques. Certaines de ces personnes ont une sensibilité électromagnétique.
Les scientifiques de l'industrie parlent souvent d'autres études selon lesquelles des sujets qui affirment avoir une sensibilité électromagnétique n'arrivent pas à déterminer subjectivement si un appareil est allumé ou non. Ils concluent donc faussement que cela signifie que la personne n'a pas de sensibilité électromagnétique. L'hypothèse erronée, ici, c'est que la perception n'est pas nécessairement liée à une action physiologique qui se produit et que les réactions se produisent immédiatement. Ni l'une ni l'autre de ces affirmations n'est vraie.
Nous pouvons être à l'extérieur un jour ensoleillé sans que le soleil ne soit visible ni chaud et quand même avoir un coup de soleil. Nous ne percevons pas la radiation ultraviolette. Le coup de soleil se développe au fil du temps. La sensibilité au soleil varie d'une personne à l'autre, tout comme la sensibilité électromagnétique. En effet, la sensibilité au soleil est une bonne analogie de la sensibilité électromagnétique. Plus longtemps on est exposé, plus grave sera le coup de soleil.
Si vous réfléchissez aux 20 ans qu'il a fallu pour s'attaquer au problème des pluies acides et aux 50 années qu'il a fallu pour s'attaquer au problème du tabac, les perspectives pour les technologies sans fil sont sombres. C'est parce qu'il n'y a pas une seule cause. Il y a plusieurs choses dans l'environnement qui génèrent le smog électrique.
Le fait est que les niveaux de rayonnements micro-ondes sont actuellement bien au-dessus des niveaux de fonds et continuent d'augmenter à mesure que plus d'appareils sans fil entrent sur le marché. Ces niveaux, même s'ils sont inférieurs à ceux prévus dans le Code de sécurité 6, ont un impact négatif sur la santé humaine. Nous pouvons attendre encore 5 ans, ou nous pouvons prendre des mesures dans la bonne direction dès maintenant pour réduire notre exposition. S'il faut pencher d'un côté, il faut pencher du côté de la prudence.
J'aimerais faire une courte démonstration si vous me donnez 30 secondes.
Voir le profil de David Wilks
PCC (BC)
Merci, monsieur le président.
Merci aux témoins d'être venus. Je vais partager mon temps de parole avec M. Richards, parce qu'il devra quitter à la fin de la première heure, je crois.
Vous m'avez beaucoup intéressé lorsque vous avez parlé des agents de police et des radars; j'ai fait cela pendant une année et demie.
Monsieur Miller, vous avez dit, dans votre déclaration préliminaire, que nous avions raté l'occasion d'assurer une plus grande sécurité du public. Vous avez donné quelques éclaircissements, mais j'aimerais que vous en disiez un peu plus sur l'occasion que nous aurions ratée et sur ce que nous pourrions présenter dans les recommandations adressées à Santé Canada et au ministre.
Anthony Miller
Voir le profil de Anthony Miller
Anthony Miller
2015-04-23 16:15
Quand je pense à Santé Canada, je ne veux pas dire que votre comité a raté une occasion. L'occasion que Santé Canada a ratée, c'était de procéder à un examen scientifique approprié des données qui pourrait convaincre les responsables — et je ne comprends pas pourquoi ils ne sont pas encore convaincus — du fait que les limites qu'ils conseillent d'adopter ne suffisent pas à bien protéger la population. C'est pourquoi j'estime que Santé Canada a raté une occasion de protéger la population, voire de prévenir un grave problème de cancers dans l'avenir.
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