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John Dalrymple
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John Dalrymple
2015-05-04 15:47
Merci beaucoup. Je suis ravi d'être parmi vous. Je suis ici pour représenter l'École nationale de ballet du Canada. Notre principale source de financement étant le ministère du Patrimoine canadien, vous comprendrez pourquoi nous sommes très heureux d'être ici aujourd'hui.
L'école de ballet existe depuis 55 ans. Nous avons essentiellement pour vocation de faire valoir l'utilité de la danse dans la vie de chaque Canadien. La danse enrichit la qualité de vie, améliore la santé et procure des bienfaits émotionnels et cognitifs, que vous soyez spectateurs ou danseurs. Quel est notre rôle dans ce processus? Il s'agit principalement — et ce, depuis la création de notre organisation — de fournir aux jeunes une formation de calibre olympique pour faire d'eux les grands interprètes et vedettes de demain. L'école repose sur ce principe indéfectible.
Dans le cadre de nos réflexions sur l'avenir de notre art et de notre organisation, il y a une question qui nous paraît essentielle: comment faire pour exposer un plus grand nombre de personnes à l'utilité de la danse? En général, seul un petit segment de la population est exposé à la danse à un jeune âge, et ces gens deviendront, nous l'espérons, les spectateurs de demain. Mais qu'en est-il des autres jeunes Canadiens et du reste de la population canadienne, notamment des personnes âgées pour qui la danse peut également s'avérer très bénéfique?
Nous avons lancé un programme appelé Sharing Dance, et c'est vraiment là-dessus que portera mon exposé d'aujourd'hui. Sharing Dance est un programme-cadre qui comporte trois volets. Le premier s'adresse aux jeunes. Il s'agit d'appuyer les enseignants du système scolaire public, partout au pays, en offrant un contenu qui est déjà inclus dans le programme d'éducation physique et qui est lié à la danse. Quand j'étais enfant — et c'est encore le cas dans de nombreuses écoles —, on nous apprenait la danse carrée dans le cadre de trois cours d'éducation physique, et c'est à peu près tout ce qu'on avait comme initiation à la danse. Le problème, c'est qu'il y a très peu de spécialistes de la danse dans les écoles publiques ordinaires. La danse fait partie du programme général d'éducation physique. Nous estimons donc qu'il nous incombe d'aider les enseignants à faire rayonner la danse à l'école.
Le deuxième volet s'adresse aux personnes âgées. Le vieillissement entraîne des troubles cérébraux, mais il est possible d'en combattre les effets grâce à des activités régulières, dont la danse spécialisée. C'est justement l'objectif d'un programme appelé Dancing With Parkinson, que nous administrons.
Le troisième volet, appelé Sharing Dance Day, se veut l'occasion de présenter une chorégraphie de danse amusante et très accessible à l'ensemble de la collectivité. Elle s'adresse aux participants des deux autres volets ainsi qu'à toute autre personne qui souhaite y prendre part. Une fois par année, nous organisons une célébration multigénérationnelle de la danse au Canada et, maintenant que le compte à rebours avant 2017 est enclenché, notre but est d'amener un million de Canadiens à participer à ce programme tout au long de l'année du 150e anniversaire.
Le programme Sharing Dance aborde de grands enjeux sociaux. À mon avis, c'est là un rôle important pour toute forme d'art ou toute discipline artistique. Il ne suffit pas de dire qu'il faut financer les arts pour le simple plaisir de la chose. Nous devons absolument examiner certaines des grandes questions qui se posent à la société. L'obésité juvénile et le manque d'activité physique constituent de véritables priorités pour la plupart des Canadiens. Il y a un manque de ressources pour les arts, la danse, et même les activités d'éducation physique dans la plupart des écoles publiques. Tous ces cours subissent une pression à la baisse. La santé émotionnelle des jeunes est une question qui préoccupe les gens. Par ailleurs, les Canadiens considèrent que les questions liées au vieillissement constituent une autre priorité, à mesure que vieillissent les membres de la génération du baby-boom. Nous croyons que les efforts visant à intégrer la danse dans la collectivité peuvent avoir des effets positifs sur toutes ces questions.
Durant le reste de mon exposé, je voudrais faire un lien entre mes observations et les grandes lignes qui m'ont été fournies en prévision de ce témoignage.
Pour commencer, nous avons sollicité des commentaires sur la façon dont la danse peut définir et exprimer les divers aspects de la culture canadienne. À la lumière des programmes que nous offrons dans le système scolaire, nous savons que certains élèves ont du mal à s'exprimer en anglais ou en français comme ils le voudraient. Un des aspects positifs de la danse, c'est son caractère inclusif. Ainsi, la danse leur permet d'être sur un pied d'égalité avec leurs camarades de classe. Il en va de même pour les élèves qui ont de graves handicaps physiques ou problèmes de mobilité.
Les enfants manifestent un intérêt envers la danse, souvent en raison de leurs origines culturelles. Donc, si nous donnons aux enfants plus d'occasions de danser dans le cadre scolaire, nous leur permettrons de miser là-dessus et d'y aller de pied ferme. La danse célèbre nos différences, mais elle souligne aussi nos similarités, parce que même si les styles de danse varient d'une culture à l'autre, nous racontons tous la même histoire.
Par ailleurs, nous voulions savoir comment les jeunes Canadiens peuvent profiter de la danse pour acquérir et perfectionner leurs aptitudes physiques ou leurs talents musicaux. Vous avez demandé à obtenir des renseignements sur les bienfaits de la danse sur la santé. En fait, la danse est une excellente forme d'activité physique. Il n'y a probablement aucune autre forme d'art qui met en jeu la même intensité ou qualité d'activité physique. À preuve, d'après des études réalisées par l'Université de l'État de l'Arizona et le National Cancer Institute aux États-Unis, les niveaux d'intensité d'équivalent métabolique de la danse, exécutée dans un contexte scolaire, dépassent souvent ceux de la plupart des autres activités physiques traditionnelles pratiquées en classe, notamment le hockey, le basketball et le baseball. En somme, nous avons là une activité qui offre tous les bienfaits émotionnels et cognitifs associés à l'expression artistique, mais qui procure aussi des bienfaits physiques supérieurs à ceux offerts par les autres activités physiques qui sont traditionnellement pratiquées dans le système scolaire. Ces avantages sur le plan mental et émotionnel sont d'une importance cruciale.
Nous reconnaissons que les enfants d'aujourd'hui font face à un grand nombre de sources de stress complexes. La possibilité de favoriser les compétences sociales et le bien-être affectif grâce à une activité créatrice est quelque chose de vraiment important. En outre, cette spécialité nous permet de redonner à la collectivité, ce qui compte pour notre grande organisation artistique.
J'ajouterais, en dernier lieu, qu'environ 15 % des enfants canadiens ont accès à la danse dans le cadre d'activités récréatives payées par leurs parents. Mais cela signifie que 85 % des enfants y ont accès de façon officielle uniquement par l'entremise du système scolaire. Donc, c'est pour nous une occasion en or de remédier à la situation.
En ce qui concerne les répercussions sur les économies locales, en gros, nous cherchons à créer les spectateurs de demain. On ne peut pas s'attendre à ce qu'un individu s'intéresse à la danse avant-gardiste, créative et de calibre olympique, s'il n'y a jamais été exposé dans son enfance. C'est fondamental, et il y a des tonnes de recherches pour le démontrer.
Par conséquent, nous estimons que les investissements dans les activités de danse pour les enfants sont d'une importance capitale pour l'avenir de notre art. Nous examinons aussi des programmes qui nous permettent d'identifier les enfants ayant des capacités de leadership afin de leur fournir des expériences d'immersion.
Quant à savoir comment le gouvernement appuie la danse au Canada, comme je l'ai dit, entre 10 et 15 % des jeunes Canadiens participent à des programmes officiels. Notre organisation étant la plus grande organisation de formation de danse, nous recrutons, chaque année, des jeunes à partir de cette petite tranche de danseurs engagés afin de les inviter à suivre notre programme de ballet professionnel. Par conséquent, il y a un nombre inconnu de jeunes qui sont doués sur le plan kinesthésique et qui ont le potentiel de poursuivre une excellente carrière en danse, mais qui n'ont pas encore été découverts parce qu'ils n'ont pas encore été exposés à cette forme d'art. L'aspect le plus merveilleux de cette initiative, c'est que non seulement elle nous aide à repérer un plus grand nombre de danseurs formidables de calibre olympique au Canada, mais elle donne aussi l'occasion à tous les jeunes Canadiens de profiter de ces bienfaits.
Pour ce qui est d'encourager nos danseurs à rester au Canada, si on revient à l'argument selon lequel il faut former les spectateurs de demain, je pense que ces efforts encourageront un plus grand nombre d'artistes à demeurer au Canada. Beaucoup de danseurs vont en Europe parce que leur travail est plus valorisé à l'étranger qu'ici. Selon moi, le financement de ces programmes permettra de faire rayonner la pertinence de la danse, ce qui en fera augmenter la valeur ici, au Canada.
Enfin, nous cherchons à recueillir de l'information sur la façon dont nous pouvons aider les danseurs qui envisagent un changement de carrière. D'ailleurs, comme notre organisation administre le plus grand programme de formation pour les professeurs de ballet professionnel et récréatif au Canada, nous savons que l'occasion d'exposer plus de jeunes à la danse permettra de bâtir et d'appuyer une plus grande collectivité de danse récréative, ce qui offrira plus de débouchés aux professeurs et plus d'emplois aux danseurs qui sont en réorientation de carrière.
Je serai heureux de répondre à vos questions, et je vous remercie de votre attention.
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