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Armand Caron
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Armand Caron
2014-05-13 8:49
Monsieur le président Chong, monsieur le vice-président Godin, que je salue puisqu'il est le député d'Acadie—Bathurst, madame la vice-présidente St-Denis et membres du comité, bonjour.
Je tiens tout d'abord à vous remercier de l'invitation à comparaître aujourd'hui devant le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes. C'est d'autant plus un plaisir pour moi de le faire à titre de président du Conseil des gouverneurs du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, ou CCNB. De plus, le thème de la situation économique des communautés de langue officielle en situation minoritaire nous interpelle tout particulièrement.
Je n'ai pas à vous convaincre de l'importance des actions touchant les langues officielles au Canada par rapport aux objectifs d'épanouissement des communautés minoritaires. Dans le domaine de l'éducation au Nouveau-Brunswick, cela contribue à diverses initiatives à tous les niveaux, visant ainsi la vitalité et le développement économique de nos communautés.
Je vais donc vous parler brièvement de notre institution de formation, des données que nous avons sur sa contribution économique sur le plan provincial, des défis auxquels elle fait face dans l'exécution de son mandat, pour terminer avec quelques pistes de solutions et des recommandations afin de pouvoir relever ces défis avec nos partenaires.
En tant qu'institution de formation technique et professionnelle, le CCNB contribue depuis 40 ans à l'épanouissement de la société acadienne et francophone de la seule province officiellement bilingue au pays.
Notre communauté constitue un tiers des quelque 750 000 habitants de la province. Pourtant, ni la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick, ni la Loi reconnaissant l’égalité des deux communautés linguistiques officielles au Nouveau-Brunswick, ni l'inscription dans la Charte canadienne des droits et libertés du principe de l'égalité des deux communautés linguistiques du Nouveau-Brunswick n'ont su apporter, dans les faits, l'égalité et le niveau de développement économique tant souhaités.
Récemment, en 2010, la Loi sur les collèges communautaires du Nouveau-Brunswick nous a finalement dotés de notre société collégiale autonome en français, remplaçant ainsi une structure bilingue telle qu'elle était préconisée jusqu'alors.
La mission du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick est de contribuer à l'épanouissement des personnes et de la société acadienne et francophone en offrant des programmes de formation axés sur les compétences qui correspondent aux besoins du marché de l'emploi, en soutenant des activités de recherche appliquée qui stimulent les processus d'innovation et en nous engageant activement au sein de nos communautés. Cela se traduit par plus de 92 programmes de formation technique et professionnelle offerts dans nos cinq campus, qui sont en adéquation avec les besoins du marché.
En 2012-2013, le CCNB a accueilli plus de 8 560 étudiants dans sa programmation régulière et en formation continue, et affichait un taux de placement de 86 % durant l'année suivant l'obtention du diplôme.
Une étude récente menée par l'Economic Modeling Specialists International sur l'impact de la présence du CCNB dans la province démontrait qu'en 2012-2013, le CCNB comptant plus de 700 employés et un budget de 60 millions de dollars, l'effet global du CCNB et de la productivité de ses étudiants dans l'économie du Nouveau-Brunswick était de 400,5 millions de dollars, un montant équivalant à environ 1,4 % du produit intérieur brut de la province. La masse salariale était de 44 millions de dollars. Le taux de rendement des investissements des contribuables de la province dans le CCNB était de 3,6 %. Chaque dollar dépensé a eu les résultats suivants: 4,50 $ de rendement pour les étudiants grâce aux revenus perçus pendant toute leur vie, et 5,40 $ de rendement pour la société grâce aux revenus provinciaux additionnels et aux économies sociales.
Le contexte socioéconomique est préoccupant. Une étude a été menée en 2012 par le professeur Maurice Beaudin, économiste à l'Université de Moncton, portant sur les besoins et les tendances du marché de l'emploi et de la formation de la main-d'oeuvre dans le Nord du Nouveau-Brunswick. Selon les résultats, on retrouve plus de 70 % de la population acadienne et francophone dans cette partie essentiellement rurale de la province. Il en ressort que présentement, l'économie du Nord du Nouveau-Brunswick est confrontée à un déclin démographique, à un taux de chômage élevé et à un faible taux d'alphabétisme et d'éducation de sa population. Bien que de bons emplois soient disponibles, les entrepreneurs peinent parfois à les pourvoir.
À part notre campus de Dieppe, qui bénéficie d'un meilleur climat économique dans le sud-est de la province, les quatre autres campus du CCNB sont situés dans le Nord du Nouveau-Brunswick, soit à Bathurst, à Campbellton, à Edmundston et dans la Péninsule acadienne, au sein d'une région dite de ressources où l'économie est basée sur les mines, la forêt, la tourbe et la pêche. Or, les changements structurels économiques importants qui se sont produits au cours des 20 dernières années font en sorte que la région est en voie de transition sur le plan économique.
Il en résulte des tendances lourdes qui nous préoccupent, dont l'exode des jeunes des régions du Nord du Nouveau-Brunswick vers l'Ouest canadien et vers les corridors urbains du Sud du Nouveau-Brunswick, ainsi que le vieillissement de la population, qui est un effet principal de l'érosion de jeunes cohortes qui compromet l'offre de travailleurs qualifiés. Une troisième tendance liée à l'éducation fait en sorte que nous avons un faible taux de littératie et de diplomation ainsi qu'un pourcentage élevé de personnes inactives et sans diplôme ou certificat.
Dans ce contexte, le Conseil économique du Nouveau-Brunswick signale depuis plusieurs années que les employeurs de la région font face, parmi les plus grands défis de leur développement, à une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée en ce qui a trait non seulement aux connaissances spécialisées, mais également aux compétences comme l'adaptabilité et la capacité de travailler en équipe.
Maintenant, je vais vous signaler des recommandations pour des pistes d'action.
Il est clair qu'à l'heure actuelle, la région du Nord du Nouveau-Brunswick est mal préparée pour faire face aux changements structurels de l'économie. Le CCNB y voit toutefois des occasions de positionnement à l'égard de la formation, du développement institutionnel et de l'innovation.
Considérant la place et le rôle important du CCNB dans le cadre du Plan d'action de développement économique du Nouveau-Brunswick et de la Stratégie de perfectionnement des compétences de la main-d'oeuvre du Nouveau-Brunswick 2013-2016, le CCNB est en mesure de présenter des recommandations pour des pistes d'action à approfondir.
Il apparaît donc essentiel pour le CCNB de rehausser les compétences des personnes sans formation ou peu formées ainsi que celles des personnes sans emploi ou sous-employées. Le CCNB est prêt à jouer son rôle en concertation avec les principaux acteurs de l'industrie, de la communauté, des gouvernements et des autres établissements de formation.
Pour leur part, les intervenants de l'industrie souhaitent qu'il y ait création de valeur ajoutée dans le secteur des ressources naturelles. Les projets qui s'intéressent à la deuxième et à la troisième transformation des ressources naturelles sont perçus comme étant très porteurs, de même que ceux du secteur de la fabrication industrielle, particulièrement dans le cadre des mégaprojets et des grands chantiers industriels.
De concert avec la province, le gouvernement fédéral peut contribuer directement au rehaussement de l'économie locale grâce à des investissements dans plusieurs secteurs. D'abord, il faudrait accroître le financement de la recherche appliquée et de l'innovation au postsecondaire, et plus particulièrement au collégial. Ensuite, il faudrait investir dans les projets d'infrastructure dans le cadre de Chantiers Canada 2014. Pour le CCNB, cela signifie le maintien des infrastructures actuelles et l'ajout d'espaces de façon à répondre adéquatement aux besoins de formation et de recherche. Troisièmement, il faudrait soutenir le recrutement étudiant à l'échelle internationale et la mobilité des étudiants et du personnel. Quatrièmement, il faudrait financer adéquatement les études par un système de prêts et bourses adapté aux besoins des étudiants. Cinquièmement, il faudrait financer les stages en entreprise. Sixièmement, il faudrait financer la formation en santé en français. Nous recevons déjà des sommes du Consortium national de formation en santé, le CNFS. Nous comptons également sur le financement du Programme des langues officielles dans l'enseignement, de Patrimoine canadien. Enfin, nous souhaitons l'établissement d'institutions fédérales dans les régions.
En conclusion, il nous paraît évident que, n'eussent été le faible taux d'alphabétisme et le taux élevé de décrochage scolaire dans une province comme la nôtre, le CCNB aurait pu apporter une plus grande contribution à l'essor de la province, car le bassin pour le recrutement au postsecondaire aurait été plus grand aujourd'hui.
En raison de la dénatalité, ces défis face au recrutement vont s'intensifier dans les prochaines années si rien n'est fait pour, d'une part, garder les jeunes à l'école et, d'autre part, pouvoir rejoindre une grande partie de notre population sous-scolarisée.
Cela sera possible en précisant et en contrôlant mieux toute la notion d'accessibilité aux études, de façon à en réduire les obstacles financiers. Il est essentiel de travailler en synergie avec tous les partenaires pour répondre aux besoins des communautés acadiennes et francophones. Il faut absolument que le gouvernement provincial, responsable de l'éducation, fasse de la culture de l'apprentissage et de la formation continue une priorité interministérielle, avec l'appui du gouvernement fédéral grâce aux différents programmes s'adressant aux minorités de langue officielle dans l'ensemble du pays.
Je vous remercie de m'avoir invité à prendre la parole. Je souhaite bon succès au processus de consultation entamé par le Comité permanent des langues officielles.
Armand Caron
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Armand Caron
2014-05-13 9:24
Merci.
Nous parlons beaucoup de la formation de nos gens afin qu'ils puissent décrocher un emploi. Pourtant, ce qui est un peu curieux, c'est qu'il y a tout de même beaucoup d'emplois. Je lisais ce matin un article de L'Acadie Nouvelle, journal francophone du Nouveau-Brunswick, où il était question d'un sommet sur l'emploi qui se tient actuellement au Nouveau-Brunswick. On pouvait y lire que dans les 10 prochaines années, il était possible que 40 000 emplois nécessitant certaines qualifications ne puissent pas être pourvus. Ce n'est donc pas uniquement le manque de formation qui est en cause. Il faut également songer à offrir la formation qui sera nécessaire pour pourvoir les emplois qui auront été créés par le départ à la retraite de plusieurs personnes.
Pour répondre à votre question, je dirais que les gens réalisent que l'économie du Nouveau-Brunswick change, particulièrement dans le nord de la province, qui dépend beaucoup des ressources naturelles. Maintenant, les entreprises ne sont plus en compétition uniquement entre elles, mais également avec celles du monde entier. Elles doivent innover davantage et acquérir davantage de compétences, entre autres choses.
Il faut aussi changer la culture au sein de notre population. Je m'explique. Auparavant, quand nos jeunes terminaient leur secondaire, s'ils réussissaient bien, ils devaient aller à l'université; s'ils réussissaient moins bien, ils allaient au collègue. Aujourd'hui, les gens réalisent qu'à l'échelle nationale — et ce n'est pas différent dans notre région —, une société équilibrée comme la nôtre a autant besoin de gens de métier et de technologues que d'universitaires. Même dans les écoles secondaires, il faudra faire évoluer cette culture.
M. Godin a demandé tout à l'heure comment on pouvait aider les gens qui n'avaient pas une formation suffisante pour aller plus loin. Je pense que ces gens auront besoin d'être appuyés en ce sens. On ne peut pas simplement leur dire d'aller s'instruire et que ça débouchera sur quelque chose. Il faut que quelqu'un les accompagne. C'est là que le collège communautaire peut jouer un rôle d'accompagnement dans la formation. Aujourd'hui les gens, surtout les jeunes, réalisent qu'ils ne pourront pas faire leur vie ni réussir leur carrière s'ils ne poursuivent pas leurs études au-delà du secondaire.
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