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Deljit Bains
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Deljit Bains
2018-10-23 8:47
Merci monsieur le président, mesdames et messieurs les membres du Comité.
J'aimerais commencer par vous remercier d'avoir entrepris cette importante étude. Je suis particulièrement reconnaissante à Mme Sidhu d'avoir proposé cet enjeu. Aujourd'hui, je vais vous parler du South Asian Health Institute de la Fraser Health Authority et je vais vous décrire le travail que ces gens font pour mobiliser la communauté sud-asiatique afin de prévenir le diabète.
Le South Asian Health Institute, ou SAHI, a été créé en 2013 dans le but de mieux comprendre les besoins en santé de la population sud-asiatique de la région servie par Fraser Health, où l'on compte plus de 250 000 résidants sud-asiatiques, ce qui correspond à 15 % de la population. Le « South Asian Health Report » révèle qu'un résidant de cette région sur cinq ne parle pas l'anglais. L'âge médian est 39 ans, et 79 % d'entre eux sont des immigrants. Vingt-deux pour cent d'entre eux vivent au Canada depuis un maximum de 10 ans.
Les problèmes de santé chroniques sont plus fréquents chez les personnes d'origine sud-asiatique de la région servie par Fraser Health. Par exemple, il y a trois fois plus de cas de diabète, et les personnes atteintes ont au moins 10 ans de moins que dans le reste de la population. Les risques de diabète et de maladies cardiaques sont présents chez les personnes d'origine sud-asiatique ayant un indice de masse corporelle, ou IMC, inférieur à celui des populations caucasiennes, et l'alimentation est un facteur de risque contributif clé.
Les personnes d'origine sud-asiatique, en particulier celles qui sont nées au Canada, signalent qu'elles consomment davantage de malbouffe et de boissons sucrées que la population générale servie par Fraser Health. Le programme Sehat du SAHI, qui est un programme novateur de promotion de la santé, a été créé en réponse aux cas plus nombreux de maladies chroniques dans la population sud-asiatique.
Les résultats se fondent sur la littératie en santé: les gens comprennent-ils vraiment ce qu'ils lisent et l'information qu'on leur donne? Ils se fondent sur la mobilisation communautaire: les gens doivent se sentir liés aux autres et croire que vous voulez les aider. Enfin, ils misent sur la création de partenariats: nous comprenons qu'il est important de travailler avec nos partenaires de la collectivité pour aider les gens à prendre davantage conscience des façons dont ils peuvent gérer leur santé.
Initialement, notre façon de définir notre problème a été de nous demander comment nous pourrions permettre aux personnes d'origine sud-asiatique de s'investir dans une mouvance de changement de comportement pour prendre en charge leur propre santé. Nous avons rapidement compris que nous devions cesser de leur dire quoi faire et qu'il fallait plutôt les mobiliser. Nous avons redéfini notre problème en nous demandant comment nous assurer que les personnes sud-asiatiques locales s'investissent dans une mouvance de changement de comportement pour prendre en charge leur propre santé.
Nous avons adopté une démarche de conception axée sur le client. Nous avons inversé l'approche traditionnelle, qui s'articule autour du système de santé, et nous avons plutôt placé la personne au centre de toutes nos activités. Nous avons créé l'Apnee Sehat Design Lab, un laboratoire de conception où l'on crée, met à l'essai et évalue de nouvelles façons de modifier les comportements.
La première étape est de comprendre ce qui importe aux gens, de les mobiliser à partir du point où ils en sont, selon leur horaire, dans leur langue et par leur culture. Nous avons aussi concentré nos efforts. En collaboration avec des partenaires de la collectivité, l'équipe a travaillé à une intervention en santé à la fois, la mettant à l'essai et la peaufinant avant de la mettre en oeuvre à l'échelle de la région.
Nous avons constaté que, quand nous parlions avec les gens, ils nous demandaient toujours ce qu'ils devaient manger ou éviter de manger. Ils s'intéressaient aux aliments et à la nutrition. Les activités de conception ont donné du nouveau matériel, des encouragements sous la forme de renforcement positif, des outils et des activités. Cela a donné lieu aux résultats du laboratoire, c'est-à-dire des activités visant l'éducation et les changements de comportement. Nous avons pu adapter notre travail pour qu'il soit mis en oeuvre à l'échelle de la région et nous avons mobilisé les gens.
Nous avons conçu quatre campagnes simultanées visant le sucre. Sehat Cooks travaille avec les gurdwaras et les temples afin de les aider à réduire la quantité de sucre qu'ils utilisent dans les aliments qu'ils servent. Par exemple, on a revu les recettes dans la cuisine, on a regardé les portions et les types de dons demandés. Nous avons créé des modèles d'aliments sucrés qui sont couramment consommés par les personnes sud-asiatiques et nous leur avons montré la quantité de sucre dans chacun. Nous avons suggéré des options plus simples en faisant des tests de goût et nous avons fourni de l'information au moyen de nos kiosques de promotion de la santé.
Grâce à nos observations, nous avons constaté que dans les plateaux des gens, il y avait 56 % de glucides, dont 21 % sous la forme de sucreries. Nous avons fourni l'information en anglais, en pendjabi et en hindi. Nous avons rédigé notre information dans une langue qu'ils peuvent comprendre, car nous trouvions que c'était extrêmement important. Toute notre équipe parlait la langue. Nous les avons aidés à comprendre non seulement ce qu'ils doivent éviter de manger, mais surtout, ce qu'ils peuvent manger. Nous avons préparé de l'information simple et facile à comprendre.
Notre équipe a travaillé avec les bénévoles des cuisines des temples qui préparent la nourriture. Nous avons mobilisé les membres des congrégations au moyen de conférences et de kiosques de promotion de la santé, et nous avons travaillé avec les responsables des temples. À quatre endroits importants, nous avons constaté une diminution de la quantité de sucre utilisée dans les aliments; la réduction était en moyenne de 25 %. À certains de ces endroits, on sert de la nourriture à 300 à 400 personnes par jour pendant la semaine, et à quelques milliers de personnes les fins de semaine.
Nous avons accompli cela en faisant des tests de goût avec les dirigeants et les bénévoles, en présentant nos modèles d'aliments et en travaillant avec les gens des gurdwaras, à préparer par exemple des rôtis et, surtout, en parlant la langue et en fournissant de l'information adaptée à la culture.
Le programme Sehat fonctionne en collaboration avec les entreprises locales et vise la réduction de la consommation de sucre au travail. Grâce à notre approche de conception des services, nous avons créé des feuilles de route servant à fournir aux employés de l'information sur les solutions santé des divers restaurants à proximité de leur lieu de travail. Nous les avons renseignés sur l'importance de boire plus d'eau et de réduire la consommation de boissons sucrées, et nous avons travaillé avec les employeurs à offrir des collations santé au lieu des collations sucrées que le personnel mange souvent. Après nos interventions, certains employés se sont abonnés à un gym, d'autres se sont mis à s'apporter des repas plus sains de la maison, et d'autres se sont mis à aller marcher pendant leur pause du midi.
Le programme Sehat Schools est une collaboration avec les écoles sud-asiatiques privées — ce qui comprend les élèves, les parents et les enseignants — qui vise la création d'outils éducatifs dont le but est d'encourager les élèves à adopter des comportements plus sains. Les parents nous ont dit que leurs enfants ne voulaient pas de repas sains et qu'ils souhaitaient par conséquent avoir des recettes et des idées pour donner plus de goût aux options saines.
Les enseignants nous ont dit que ce qui les préoccupait, c'était que les élèves apportaient des repas qui étaient mauvais pour la santé et qu'ils ne comprenaient pas l'importance de s'alimenter sainement.
Les élèves nous ont dit qu'ils n'aimaient pas les repas que leurs parents préparaient, alors que d'autres estimaient manger sainement. Nous travaillons en ce moment avec les leaders étudiants à la conception d'outils éducatifs afin qu'ils soient les champions de l'alimentation saine dans les écoles.
Nous travaillons aussi avec les directions des écoles à la conception, pour leur site Web, d'un onglet santé où se trouve de l'information sur la saine alimentation.
Dans le cadre du programme Sehat Media, nous avons créé un message adapté à la culture et destiné aux médias sociaux, dans un langage que les personnes d'origine sud-asiatique peuvent comprendre. Nos messages sont lus par plus de 125 000 personnes. Comme vous pouvez le voir, nous avons une démarche fondée sur des modèles et des milieux multiples, de sorte que les messages et les services de soutien soient transmis de façon uniforme dans tous les milieux et parmi tous les membres de la famille. Nous ne ciblons pas que la personne; nous ciblons la famille.
En ce qui concerne nos résultats à ce jour, nous intervenons dans 12 lieux de culte et deux écoles privées, et nous avons eu plus de 15 000 interactions. Nous avons distribué plus de 37 000 documents adaptés à la culture. Nous avons créé 90 ressources éducatives adaptées à la culture, dans deux langues différentes, et avons présenté des kiosques de promotion de la santé à 187 occasions.
Selon nos perspectives, il faut que le patient, la personne ou le client soit au centre des efforts. Vous devez répondre aux besoins du client. La mobilisation communautaire change la façon de fonctionner du système. Le système de santé n'est pas organisé pour mobiliser les clients le soir et la fin de semaine. C'est un partenariat qui fonctionne 24 heures par jour, 7 jours par semaine et 365 jours par année. Le changement prend du temps. À certains endroits, nous avons été présents toutes les semaines pendant huit mois, avant que les changements s'amorcent. Nous devions inspirer confiance et créer des liens. Il n'y a pas de solution universelle. Dans une population diverse, il peut y avoir des préjugés, et ce, même parmi les membres d'une même population.
Pour produire un effet, il faut concentrer les efforts. Et pour réaliser des changements, il faut que les gens soient prêts. Le programme initial était trop général et les gens s'en trouvaient dépassés. Ce n'est qu'après que nous ayons concentré les efforts sur la réduction de la consommation de sucre ajouté que le programme a mené à des gains.
Mettre en pratique la conception des services signifie qu'il faut observer et poser de bonnes questions, faire en sorte que le travail soit visible, créer et diffuser des prototypes dès le début, et souvent, intégrer l'évaluation aux activités quotidiennes, mener de la recherche axée sur le client et définir le vrai problème à résoudre.
Nous remettons en question les hypothèses et les conventions. Quand les méthodes traditionnelles ne fonctionnent pas, il faut cesser d'y recourir. L'engagement exige la confiance. Les gens ne vont s'ouvrir qu'aux personnes qui leur ont montré qu'ils font partie de la collectivité.
La culture et l'authenticité sont importantes. Tout doit être adapté à la culture et approprié sur le plan de la culture, notamment les membres de l'équipe, le matériel, les activités, le langage, la nourriture et les traditions. Cela permet aussi, dans le cadre du projet, de faire ressortir les croyances et pratiques malsaines et d'y réagir.
Nous créons des partenariats externes. Nous avons conclu que le laboratoire doit pouvoir collaborer ouvertement avec des fournisseurs de services, dont les fournisseurs de soins primaires, les organismes sans but lucratif, le gouvernement, les médias et les organismes de parrainage, et avoir accès aux ressources communes de ces partenaires, pour avoir des effets durables. Aucun groupe ou particulier ne possède la réponse aux problèmes complexes qui émergent de nos jours. La collaboration ouverte est la façon la plus efficace de relever de tels défis. L'établissement de partenariats a constitué un facteur de succès critique, par contraste avec la démarche antérieure. Les interventions particulières peuvent varier, mais l'approche est prometteuse, pour d'autres populations mal servies qui se caractérisent aussi par un risque accru de diabète.
Pour ce qui est de concevoir la mobilisation, la population sud-asiatique n'est pas homogène. Mobiliser les clients a été plus complexe qu'on le croyait, compte tenu des données existantes. L'intention derrière la conception d'activités et d'expériences, de petite ou de grande portée, était d'obtenir le maximum de mobilisation du public cible.
Il faut déterminer le quoi et le pourquoi, avant de déterminer le comment. Vous devez cerner les problèmes à résoudre et connaître les raisons pour lesquelles cela importe aux clients avant de concevoir une solution. Nous commençons souvent par la solution, sans connaître le besoin réel à combler.
Le programme Population et santé publique de Fraser Health mise sur une approche de promotion de la santé en cernant les solutions concrètes à l'appui du bien-être ainsi que de la santé physique, mentale et sociale.
Pour aider les gens et les communautés à améliorer leur santé, l'équipe de promotion des modes de vie sains de Fraser Heath travaille de concert avec les municipalités locales et les groupes communautaires afin d'aider les groupes et voisinages vulnérables à améliorer leurs initiatives de promotion des modes de vie sains. L'équipe est composée de divers professionnels de la santé possédant de l'expertise en matière de réduction du tabagisme, de saine alimentation, de sécurité alimentaire et d'activité physique.
Nous avons aussi une équipe qui se consacre entièrement aux environnements bâtis sains. Les environnements bâtis sont les milieux créés par l'humain ou les milieux physiques modifiés dans lesquels les gens vivent, travaillent et se divertissent. L'équipe responsable des environnements bâtis sains travaille avec les municipalités et d'autres partenaires à veiller à ce que l'on envisage tout processus de planification dans l'optique de la santé.
Un troisième programme relatif aux communautés saines est un programme de santé globale de l'environnement scolaire qui se concentre précisément sur le milieu scolaire. Presque toutes les communautés servies par Fraser Health ont mis en oeuvre les initiatives Live 5-2-1-0. Ces initiatives englobent des ateliers, des tribunes communautaires et la pratique communautaire, et des ressources matérielles ont été conçues à cette fin.
L'approche de la santé globale de l'environnement scolaire se fonde sur le principe selon lequel des élèves en santé apprennent mieux, et des élèves éduqués sont plus en santé. Ce cadre est utilisé à l'échelle du Canada, y compris en Colombie-Britannique, par les ministères de la Santé et de l'Éducation, ainsi que par l'initiative Healthy Schools B.C.
Voir le profil de Sonia Sidhu
Lib. (ON)
Merci, monsieur le président. Je remercie tous les témoins d'être présents et de nous avoir présenté de très bons exposés.
J'ai 18 ans d'expérience dans le domaine de la santé. En tant qu'éducatrice en diabète, coordonnatrice de la recherche et technologue en cardiologie, je connais tous les obstacles et les problèmes qui existent, que Mme Bains a expliqués.
Madame Bains, vous avez dit que vous collaborez avec les écoles locales dans la conception d'activités sur l'alimentation saine culturellement adaptées pour les enseignants et les familles. En quoi cela aura-t-il des répercussions sur les sud-asiatiques si la deuxième population sud-asiatique en importance s'y trouve, qu'une personne sur cinq ne parle pas l'anglais, et que l'âge médian est de 39 ans?
Quand j'étais en Colombie-Britannique, et j'ai fait les consultations durant l'été, je vous ai rencontrée. On a soulevé que durant les cours, parfois, les enfants peuvent enseigner à leurs parents. Par conséquent, est-ce que la collaboration avec les écoles locales visant à enseigner comment manger sainement aura plus de répercussions?
Deljit Bains
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Deljit Bains
2018-10-23 9:21
Lorsque nous avons commencé à faire des groupes de discussion avec les écoles — nous avons fait des groupes de discussion distincts avec les parents, les enfants et les enseignants —, nous avons constaté que les enfants avaient, en fait, beaucoup d'influence à la maison. Habituellement, dans les familles sud-asiatiques, les grands-mères préparaient les repas et les familles mangeaient simplement ce qu'elles avaient préparé. Nous constatons qu'il y a un changement de culture. Les enfants ont davantage leur mot à dire au sujet des repas qui sont préparés à la maison.
Nous croyons que grâce à l'inclusion de la cellule familiale, les parents et les enfants, les enfants commencent à penser autrement. Lorsque les enfants vont à l'école primaire en particulier, ils commencent à adopter des comportements plus sains qu'ils ne le font à un âge plus avancé. À un âge plus avancé, ils ont déjà leurs habitudes.
Voir le profil de Don Davies
NPD (BC)
Merci.
Madame Bains, vous avez mentionné le programme Sehat. Je me demande simplement si le diabète est l'une des maladies chroniques ciblées dans le cadre de ce programme. Les taux de prévalence du prédiabète ou du diabète de type 2 ont-ils changé depuis le lancement de votre programme?
Deljit Bains
Voir le profil de Deljit Bains
Deljit Bains
2018-10-23 10:06
Nous n'avons pas eu l'occasion de faire des recherches pour déterminer si les taux ont augmenté ou diminué. Le diabète figure certainement parmi nos priorités, puisque c'est une maladie chronique, mais nous en sommes aux premières étapes. Il faut mener des recherches sur 10 ans pour dégager des tendances.
Voir le profil de Ginette Petitpas Taylor
Lib. (NB)
Bonjour à tous. Merci d'être ici.
Tout d'abord, je tiens encore une fois à offrir mes sincères condoléances aux membres du caucus conservateur pour leur perte cette semaine. Cette nouvelle a touché tout le monde, mais votre caucus traverse une période difficile. Nous vous adressons nos condoléances.
Je veux également souhaiter la bienvenue à tout le monde à notre séance du Sous-comité des affaires émanant des députés. Je sais que nous attendions tous avec impatience de commencer nos travaux, car bon nombre de nos membres de tous les caucus veulent présenter leurs projets de loi.
Je vais céder la parole à Alexandre, qui passera en revue l'ordre du jour.
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