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PCC (ON)
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2018-11-29 9:45
C’est bon à entendre.
Je crois que Mme Boudreau a parlé de la possibilité de garder les produits pharmaceutiques en question derrière le comptoir.
Je suis allé dans un Shoppers Drug Mart l’autre jour, et tous les médicaments comme Aleve, etc., pour les infections des sinus, qui peuvent servir à fabriquer ces drogues, étaient là.
Une chose qui m’a surpris — je n’y avais peut-être jamais prêté attention — c’est le paiement aux caisses en libre-service. En ce moment même, quelqu'un remplit peut-être son sac d’épicerie de ces médicaments et va les payer à la caisse sans que personne ne le sache. Ne devrions-nous pas demander aux pharmacies de...
Même si les pharmacies tiennent aux caisses en libre-service pour réduire leurs coûts, il faudrait peut-être que les gens aient à s'adresser au pharmacien pour pouvoir obtenir une boîte. Est-ce une chose que nous devrions exiger des pharmacies?
Michelle Boudreau
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Michelle Boudreau
2018-11-29 9:46
Nous travaillons avec l’Association nationale des organismes de réglementation de la pharmacie, l’ANORP, que vous connaissez peut-être. Elle donne des conseils aux ordres de pharmaciens des diverses provinces sur des choses, comme l’endroit où les produits doivent être gardés — derrière le comptoir ou devant — et il revient à l'ordre des pharmaciens de chaque province de prendre ces décisions.
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Lib. (ON)
Merci, monsieur le président.
J’aimerais commencer par les pharmaciens.
Le Sud-Ouest de l’Ontario est aux prises avec une crise des opioïdes. Il est vrai que la Colombie-Britannique figure en tête de liste, mais le sud-ouest de l’Ontario n’est pas à l’abri des problèmes.
Je vous remercie beaucoup d’avoir soulevé la question des programmes de retour des médicaments. Je ne connais pas grand-chose à ce sujet, sauf ce que j’ai lu. Vous êtes un expert en la matière. Ils semblent avoir un certain succès. Je lisais un article sur le cas du Manitoba. Un programme a récemment été renouvelé pour cinq ans. En 2017, selon un article du Winnipeg Free Press, 16 000 kilogrammes de médicaments inutilisés ou périmés ont été retournés par les citoyens. Il s’agit de médicaments en général, mais cela semble très bien.
J’ai deux questions à vous poser. Le Manitoba y participe. Est-ce que ce programme existe dans toutes les provinces? Vous dites que 90 % des pharmacies offrent ce service. Je suppose que toutes les provinces du pays le prévoient.
Joelle Walker
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Joelle Walker
2018-09-20 11:01
Les programmes varieront d’une province à l’autre. Il y a une association qui s’appelle la Health Products Stewardship Association et qui est présente dans environ la moitié des provinces. C'est elle qui aide à financer certains de ces programmes.
Malheureusement, comme les systèmes de santé sont si disparates d’une province à l’autre, certaines provinces n’ont pas ce genre de programme. C'est le cas du Nouveau-Brunswick, par exemple, où les pharmaciens paient de leur poche la destruction des médicaments retournés.
Santé Canada continue d'imposer certains paramètres à cet égard, pour limiter le détournement, afin que les pharmaciens aient des bacs et des sacs spéciaux dans leurs pharmacies. Ils doivent être en mesure de se débarrasser des médicaments de façon sécuritaire, surtout quand il s'agit d'aiguilles, d'objets tranchants et d’autres substances potentiellement dangereuses. Presque toutes les pharmacies les acceptent, mais la quantité qu’elles...
Je pense que les statistiques dont vous parlez sont à l'échelle nationale. Je pense que le nombre total de retours de médicaments est d’environ 400 millions de tonnes par an.
Quand on considère cela dans le contexte de l’autre question dont nous avons parlé au sujet de l’assurance-médicaments, il y a beaucoup de gaspillage dans notre système. Nous pensons qu’il faut s’attaquer à ces problèmes en raison de la crise des opioïdes, étant donné...
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Lib. (ON)
Joelle Walker
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Joelle Walker
2018-09-20 11:03
... sont retournées aux pharmacie chaque année.
Voir le profil de Sonia Sidhu
Lib. (ON)
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2017-06-15 11:33
Merci, monsieur le président.
Merci à tous les présentateurs. Vos témoignages sont impressionnants.
Ma première question est pour Mme Dattani. Selon un texte publié en 2015 dans « Le Traducteur », la publication sur les politiques en matière de santé de votre organisation, l'objectif global de la gérance des antibiotiques est de maximiser les résultats pour les patients en réduisant les conséquences non voulues de l'utilisation des antibiotiques. On notait aussi que les pharmaciens peuvent être un partenaire important dans la prévention de la propagation de la RAM.
Pouvez-vous expliquer davantage le rôle du pharmacien dans ce processus? Comment l'efficacité de ce rôle peut-elle être améliorée relativement à la RAM?
Shelita Dattani
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Shelita Dattani
2017-06-15 11:33
Merci de votre question.
Comme j'y ai fait allusion dans mes observations, les pharmaciens exercent actuellement plusieurs activités, qu'il s'agisse de conseiller des patients, de faire la promotion de la santé publique et de la santé en général ou de discuter pendant les immunisations. Les pharmaciens peuvent définitivement avoir un plus grand rôle à jouer s'ils peuvent intervenir dans la thérapie d'un patient, adapter les prescriptions, adapter la durée de la thérapie et prescrire des médicaments pour des types d'infections simples et sans complications.
C'est la situation qui prévaut dans quelques provinces, mais cela n'est pas uniforme partout au pays. Je trouve cela complètement illogique, étant donné que j'ai les mêmes connaissances, compétences et jugement que mes collègues du Nouveau-Brunswick ou de l'Alberta, qui sont en mesure de poser ces gestes et qui agissent comme gérants des antimicrobiens, alors que je ne peux pas le faire. L'examen de cette question, soit l'harmonisation des pratiques dans l'ensemble du pays, afin de permettre aux pharmaciens d'exercer ce rôle élargi, représente une solution clé.
Anna Romano
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Anna Romano
2017-01-31 11:26
Merci, monsieur le président.
Je me réjouis de l'occasion qui m'est offerte de m'adresser au Comité au nom de l'Agence de la santé publique du Canada.
Permettez-moi de commencer en vous donnant quelques définitions importantes qui, je pense, illustreront l’importance primordiale de soutenir et d'améliorer la santé mentale pour assurer la santé publique. L'Organisation mondiale de la santé définit la santé mentale comme « un état de bien-être dans lequel chaque personne réalise son potentiel, fait face aux difficultés normales de la vie, travaille avec succès de manière productive et peut apporter sa contribution à la communauté ».
La maladie mentale fait référence à des problèmes de santé mentale généralement diagnostiqués et traités par les professionnels de la santé mentale. La dépression et l'anxiété sont les deux maladies mentales les plus répandues, mais il en existe d'autres, comme la schizophrénie.
Nous savons que la maladie mentale est l’une des causes importantes de la pauvreté. Nous savons également que vivre dans la pauvreté peut nuire à la santé mentale. L’Organisation mondiale de la santé a récemment souligné que la pauvreté, le logement inadéquat et la difficulté à trouver un emploi ou à faire des études étaient des facteurs de risque en santé mentale.
Comprendre les facteurs sociaux et économiques qui influencent la santé mentale est essentiel à l’élaboration de programmes de santé publique efficaces. À l’Agence de la santé publique, nous travaillons en amont pour aider à renforcer les facteurs de protection qui favorisent la santé mentale en aidant les Canadiens à acquérir de la résilience et des habiletés d'adaptation pour prévenir la maladie mentale. Parallèlement à d’autres stratégies de réduction de la pauvreté, une bonne santé mentale peut aider à briser les cycles de la pauvreté.
Les activités de l’agence en matière de promotion de la santé mentale comprennent des programmes de surveillance et de dépistage — que l’on appelle également des « recherches en matière d’intervention » — et des programmes communautaires destinés aux populations vulnérables comme les enfants, les jeunes, les survivants de violence et les personnes âgées.
J’aimerais prendre quelques minutes pour vous parler de certains des investissements de l'agence dans ces domaines.
Étant donné que nous nous concentrons sur la prévention et la promotion, nous avons fait du soutien aux enfants et aux jeunes vulnérables une priorité de santé publique. Chaque année, nos programmes de soutien prénatal et parental touchent 278 000 enfants et parents à risque dans plus de 3 000 collectivités du Canada.
Nous investissons environ 112 millions de dollars par année dans trois programmes: le Programme canadien de nutrition prénatale, le Programme d’action communautaire pour les enfants et le Programme d'aide préscolaire aux Autochtones dans les collectivités urbaines et nordiques. Les familles qui ont recours à ces programmes sont confrontées à des conditions de vie difficiles telles que le faible revenu, la monoparentalité ou la parentalité des jeunes, l'isolement social ou géographique, les situations de violence ou de négligence, ainsi que les problèmes de toxicomanie. Ces programmes favorisent la parentalité positive, la participation des parents, l'attachement, la résilience et les relations saines. Ce sont tous des facteurs de protection associés à la santé mentale.
Les évaluations des programmes et les sondages auprès des participants nous montrent que ces programmes ont des effets positifs importants sur les parents et leurs enfants, y compris l’amélioration de la santé mentale.
L'Agence de la santé publique évalue également les interventions de promotion de la santé mentale pour comprendre quels types d'interventions fonctionnent, pour qui et dans quel contexte. Plus précisément, nous investissons 1,5 million de dollars par année dans des projets axés sur les enfants, les jeunes et leurs familles, qui augmentent les facteurs de protection de la santé mentale, comme le soutien social aux parents vulnérables, l'attachement entre les parents et les enfants, la résilience et la capacité de créer des relations saines. Par exemple, le « Fourth R » est un programme de prévention en milieu scolaire qui favorise des relations saines entre les jeunes. Le programme comprend la modélisation de rôles pour renforcer les habiletés relationnelles, le mentorat par les pairs, la prévention de l'intimidation, des séances sur l'utilisation sécuritaire des médias sociaux ainsi que des leçons pour traiter et prévenir la violence dans les fréquentations.
En outre, l'agence appuie les projets communautaires qui favorisent autant la santé physique que la santé mentale des survivants de la violence familiale. La pauvreté, le chômage et le stress économique font partie des nombreux facteurs de risque de violence familiale. La violence familiale peut causer de graves problèmes de santé et sociaux tout au long de la vie d’une victime, y compris un risque accru de problèmes de comportement chez les enfants, la consommation de drogues et d'alcool, des tentatives de suicide chez les adolescents et la maladie mentale.
L’agence soutient des projets à l’échelle du pays qui touchent les populations vulnérables, notamment les jeunes de la rue, les populations autochtones et du Nord, ainsi que les parents et les enfants touchés par la violence. Ces projets évaluent également l'efficacité des approches novatrices de promotion de la santé en mesurant les changements dans les résultats de santé mentale tels que l’anxiété, la dépression et les troubles liés au stress post-traumatique.
À toutes les étapes de leur vie, les Canadiens peuvent souffrir d’une mauvaise santé mentale. Les personnes âgées n’y échappent pas. Les personnes âgées à faible revenu sont plus exposées à l’isolement social, à la solitude et à la dépression, ainsi qu’à une mauvaise santé et à un décès prématuré. D’autres experts l'ont dit: la lutte contre la pauvreté ne se limite pas au soutien du revenu. II s’agit également de renforcer les liens de la communauté et de donner aux Canadiens la possibilité d’accéder à des services de soutien sociaux. C’est pourquoi l’Agence de la santé publique continue de travailler en étroite collaboration avec les provinces et les territoires, ainsi qu’avec l’Organisation mondiale de la santé, pour assurer le fonctionnement de l’Initiative des collectivités amies des aînés. Au Canada, cette initiative a renforcé l’inclusion sociale dans plus de mille collectivités en réunissant les aînés, leurs aidants, les gouvernements et d’autres intervenants afin d’aider les aînés à demeurer actifs, engagés et en bonne santé dans leurs collectivités.
L’agence collabore également avec des partenaires pour sensibiliser les gens à la santé mentale des aînés et à mettre des ressources à leur disposition. Par exemple, l'agence a accordé des fonds à la Coalition canadienne pour la santé mentale des personnes âgées, en collaboration avec Shoppers Drug Mart, afin d'élaborer des ressources pour les aînés et leurs familles pour lutter contre certains problèmes de santé mentale chez les personnes âgées. Cette initiative assure également aux pharmaciens une formation continue et un accès à l’information dont ils ont besoin.
Je conclurai ici en soulignant que l’investissement dans la promotion de la santé mentale peut contribuer à la réduction de la pauvreté. Toutefois, la complexité des problèmes de pauvreté et de mauvaise santé exige une approche pluridisciplinaire pour assurer le succès des mesures prises pour y remédier.
Merci de votre attention et du temps et de l'énergie que vous consacrez à ce sujet. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
Alistair Bursey
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Alistair Bursey
2016-10-18 8:54
Bonjour à tous. Je vous remercie de l'occasion que vous nous donnez de participer aujourd’hui à vos travaux.
Je m'appelle Alistair Bursey. Je suis un pharmacien de Fredericton, au Nouveau-Brunswick.
Je suis ici aujourd’hui pour vous entretenir du problème croissant de la dépendance aux opioïdes dans nos communautés, du point de vue d’un praticien qui a à faire face en première ligne à une crise urgente de santé publique. Je suis également le président de l’Association des pharmaciens du Canada, qui est le porte-parole au niveau national des 40 000 pharmaciens de notre pays. Je suis accompagné aujourd’hui de mon collègue, M. Phil Emberley, qui est le directeur des Affaires professionnelles de notre association et exerce également comme pharmacien communautaire à Ottawa.
Permettez-moi de commencer par remercier les membres de votre Comité d’avoir lancé cette étude urgente. Il est manifeste que, au Canada, l’usage abusif des opioïdes prend l’apparence d’une épidémie et il devient indispensable, dans notre pays, qu’un leadership énergique prenne les choses en main pour endiguer cette marée. M. Emberley et moi sommes en mesure d’affirmer que les pharmaciens sont les spécialistes en la matière quand on en vient à l’utilisation de médicaments, mais également que nous intervenons en première ligne dans nos communautés. Dans l’exercice de notre métier, nous sommes confrontés au quotidien aux tragédies imputables à l’usage abusif des opioïdes. Notre mission, comme pharmaciens, est de traiter tous les patients de nos communautés. J’ai moi-même constaté, au cours des années, que le nombre de patients suivant des traitements des dépendances augmente à un rythme déconcertant. Les générations, les unes après les autres, sont prises dans les griffes de la toxicomanie et nous en constatons souvent les effets des années après que les dommages aient été causés. Nous savons fort bien que ce problème ne peut pas être réglé du jour au lendemain. Nous pouvons néanmoins intervenir de nombreuses façons différentes pour traiter les personnes touchées, pour empêcher les prescriptions et les distributions inappropriées et pour protéger les jeunes des griffes de la toxicomanie.
J’en viens maintenant aux commentaires que j’entends vous faire aujourd’hui en commençant par ceux sur la prévention. Si nous devons, bien évidemment, nous attaquer à la crise actuelle, il est également impératif que nous nous penchions sur certaines des causes sous-jacentes qui nous ont menés à cette situation. Tous les paliers de gouvernement doivent collaborer pour adopter une approche proactive afin de contribuer à lutter dès le début contre l’utilisation abusive des opioïdes, avant qu’elle ne devienne un problème. Il nous faut pour cela une combinaison de politiques et de programmes de sensibilisation du public aux conséquences de l’utilisation abusive des opioïdes et des médicaments contre la douleur. Il faudrait accorder une attention toute particulière à l'éducation des jeunes Canadiens puisque l'expérience montre que nombre d'entre eux sont exposés aux stupéfiants illégaux avant la fin de leurs études secondaires.
L'une des clés de la réussite dans ce domaine tient à la mise en place de partenariats efficaces avec les prestataires de soins de santé. Les pharmaciens communautaires jouent un rôle important dans l'éducation des patients aux méfaits imputables aux opioïdes d'ordonnance et à d'autres médicaments potentiellement dangereux. Je peux vous en donner comme exemple la révision par le pharmacien des médicaments déjà prescrits à un patient donné pour voir comment il y a réagi. Ce service fournit aussi l’occasion de préciser au patient comment prendre en toute sécurité ses médicaments contre la douleur et permet de détecter les comportements toxicomaniaques. La révision des médicaments prescrits peut également mettre en évidence les idées fausses d'un patient sur la façon de prendre ses médicaments et sur le moment auquel il doit le faire, peut permettre de détecter les médicaments qui ne contrôlent pas la douleur comme il faudrait et se reporte à la thérapie prescrite pour lutter de façon optimale contre la douleur. Cette interaction précieuse entre le pharmacien et le patient est essentielle pour assurer un emploi sécuritaire et optimal des médicaments. Au Canada, un pharmacien voit en moyenne chaque client 14 fois par année. Il a donc de multiples occasions d'intervenir auprès de celui-ci en faisant appel à ses propres compétences et peut également consulter le médecin de famille pour mieux soulager les douleurs de ce patient.
L’APhC est favorable à l'annonce récente du gouvernement de son intention d'apporter des changements réglementaires imposant la pose d'étiquettes d'avertissement sur les opioïdes et la remise au client d'un feuillet de renseignements à l'intention des patients décrivant les risques d’accoutumance et de surdose. C’est un bon début. Cela dit, des feuillets et des étiquettes d'avertissement ne remplacent pas l’attention d’un pharmacien. C'est pourquoi l'APhC recommande que toutes les provinces et territoires, et le gouvernement fédéral à titre de prestataires de services de santé, accroissent le financement des services pharmaceutiques pour couvrir la révision des médicaments contre la douleur par un pharmacien. Assurer le financement de la consultation d'un pharmacien, et du suivi par celui-ci, contribuerait dans une large mesure à améliorer les résultats pour ces patients. L'éducation va de pair avec l'amélioration des pratiques de prescription. Le gouvernement a convenu qu'il faut en faire davantage pour améliorer le processus de prescription des opioïdes, mais le Canada a pris du retard en la matière. Nous savons que les lignes directrices du Canada sur la prescription de médicaments sont périmées et ne tiennent pas compte des meilleurs éléments de preuve disponibles. Cela n'empêche que nos normes ne sont toujours pas à la hauteur de la situation. Dans l'attente de nouvelles lignes directrices, attendues l'an prochain, les médecins prescripteurs peuvent se sentir poussés à prescrire des opioïdes aux patients victimes de douleurs aiguës ou chroniques sans même avoir essayé les approches non pharmacologiques. Aux États-Unis, les Centers for Disease Control incitent les médecins prescripteurs à commencer à traiter leurs patients avec de faibles doses et en ne leur prescrivant que des quantités limitées. Il faut que nous adoptions immédiatement des normes comparables au Canada pour nous assurer que les patients bénéficient des meilleurs soins possible.
Il n'y a pas que les lignes directrices sur la prescription de médicaments qui doivent être révisées pour nous permettre d'exercer notre profession de façon plus efficace et pour réduire la consommation inappropriée d'opioïdes. Une pharmacie est le modèle de remise des médicaments le plus sûr, le plus efficace, le plus efficient et le plus responsable pour dispenser des médicaments d'ordonnance. Toutefois, les pharmaciens ne peuvent pas dépasser l'efficacité des outils mis à leur disposition. La mosaïque actuelle des programmes de surveillance pharmaceutique, les PSP, en vigueur au Canada ne permet pas de détecter les cas de prescription de plus d'un médicament pour un même trouble ni l’obtention d’ordonnances multiples. Les PSP ne sont que des solutions palliatives.
Le fait d'aller au-delà de la surveillance pharmaceutique pour mettre en oeuvre un système intégré d'information sur les drogues et pour adopter les dossiers de santé électroniques, dans toutes les provinces et dans tous les territoires, permettrait aux pharmaciens et aux médecins d’accéder aux informations dont ils ont besoin pour collaborer à la lutte contre les prescriptions inappropriées et pour détecter les comportements toxicomaniaques.
Lorsqu’un médecin prescripteur ne pourra plus prétendre ignorer qu'un patient est traité par un autre médecin, les responsabilités en la matière seront mieux assurées. Il faut accélérer l’entrée en service des dossiers de santé électroniques et du système d'information sur les drogues pour réduire la dépendance aux opioïdes.
Les régimes d’assurance-médicaments peuvent également réduire l'approvisionnement en opioïdes d'ordonnance en limitant le nombre de doses qu'ils acceptent de rembourser au cours d'une période donnée. Cela fait plus de 20 ans que, dans la province où je réside, le Nouveau-Brunswick, un médecin ne peut prescrire des opioïdes ni d'autres médicaments contrôlés pour plus de 35 jours, mais de tels contrôles ne sont pas en vigueur dans toutes les régions du pays. Limiter la quantité de médicaments remis en une seule fois à un patient offre aux pharmaciens un plus grand nombre de possibilités d'exercer un contrôle et d'intervenir, et leur permet, au besoin, de contacter le médecin prescripteur dans un délai beaucoup plus court.
Du point de vue de la sécurité publique, restreindre l'approvisionnement maximum des patients entraîne une diminution des stocks de stupéfiants dans nos communautés. L'expérience m'a appris que des patients victimes de douleurs et suivant des chimiothérapies ont été agressés par des criminels qui en veulent à leurs ordonnances d'opioïdes. Le fait de remettre en une seule fois un patient un plus petit nombre de gélules peut contribuer à réduire le risque de détournement.
Il faut par contre être conscient que l'application de ces restrictions par les pharmaciens ne représente qu'une goutte d'eau dans la lutte contre la crise de santé publique. La fabrication illégale, dans des laboratoires clandestins, de produits pharmaceutiques contrefaits est purement et simplement la principale cause de l'épidémie de surdoses. Ces stupéfiants sont très dangereux et exposent leurs consommateurs à des risques élevés de surdose puisqu'il est impossible de savoir quels produits entrent dans leur composition, et en quelle quantité. La fabrication illicite d'opioïdes synthétiques, comme le fentanyl, est de plus en plus courante et les corps policiers ont besoin de disposer des outils voulus pour mettre un frein à la croissance des approvisionnements.
Le gouvernement a obtenu des résultats intéressants avec les restrictions imposées sur les produits chimiques précurseurs, mais il faut en faire encore davantage pour restreindre la production de ces stupéfiants dangereux. L'Association canadienne des chefs de police signale que des criminels importent des presses commerciales à comprimés au Canada, mais que les douaniers n'ont pas les pouvoirs nécessaires pour les saisir. Pour mesurer l'importance de la chose, il faut savoir qu'il est possible d'acheter ces machines en ligne pour moins de 10 000 $ et qu'elles permettent de fabriquer de 10 000 à 18 000 pilules à l’heure.
Comme pharmacien, je peux vous assurer qu'aucun particulier n'a de raison valable pour posséder l'une de ces machines. L’APhC recommande vivement au gouvernement d'imposer des pénalités pour l'importation illégale des divers types de presses à comprimés, et d'en restreindre la possession aux seuls pharmaciens et autres spécialistes détenant un permis idoine.
Enfin, nous ne pouvons pas laisser de côté la dimension humaine de l'usage abusif des opioïdes et nous ne pouvons pas laisser tomber les gens qui en sont déjà victimes. Il nous faut davantage de programmes pour aider les toxicomanes prenant des opioïdes. Les pharmaciens sont en première ligne pour aider les anciens toxicomanes en délivrant des médicaments pour traiter la dépendance, tels que la méthadone, le suboxone et la naloxone, et en assurant un soutien, un suivi et des contrôles réguliers, parfois sur une base quotidienne.
Les prestataires de services de santé qui mettent en oeuvre ces programmes de traitement et de soutien ont besoin de recevoir davantage d'aide. Il n’y a pas de solution miracle pour mettre fin à une crise qui s'intensifie depuis des décennies, mais nous voulons également prendre grand soin de ne pas causer des effets imprévus. En commençant à restreindre l'accès légal à ces stupéfiants, nous pourrions mettre en danger les travailleurs de première ligne du domaine des soins de la santé. Les pharmaciens seront les premiers à subir de l'intimidation, des menaces et des vols.
J'ai eu l'occasion de discuter récemment avec un collègue de Terre-Neuve. Il m'a raconté que des travailleurs terre-neuviens, partis travailler dans les champs pétrolifères de l'Alberta et devenus toxicomanes, sont revenus dans leur communauté rurale et ont dévalisé une pharmacie en y mettant le feu au moyen de gallons d'essence et d'un briquet.
Les pharmaciens sont très préoccupés par les défis qu'ils vont devoir affronter à la suite du resserrement des approvisionnements.
Les législateurs, les responsables de la réglementation et les professionnels des soins de la santé doivent coopérer pour trouver des solutions permettant d'endiguer la toxicomanie. Les pharmaciens sont prêts à assumer le rôle d'un chaînon important de la solution, et nous demandons le soutien de ce comité dans la lutte contre l'usage abusif des opioïdes au Canada.
Voir le profil de Darshan Singh Kang
Ind. (AB)
Merci monsieur.
Monsieur Bursey, quel rôle les pharmaciens peuvent-ils jouer pour cibler et traiter les personnes atteintes de troubles liés à l’utilisation de ces substances?
Alistair Bursey
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Alistair Bursey
2016-10-18 10:17
Les pharmaciens sont souvent les yeux et les oreilles des médecins en première ligne. Nous voyons les patients, en particulier ceux souffrant de dépendance ou les patients qui prennent des médicaments contre la douleur, de nombreuses fois tout au long de l’année. Au Nouveau-Brunswick, une personne rend visite à son pharmacien en moyenne 16 fois dans l’année. Cela nous met en excellente position pour reconnaître les toxicomanes et pour collaborer avec nos médecins à nos programmes de traitement des dépendances, pour trouver des solutions et pour nous assurer que les patients dépendants peuvent être traités. Je crois que les pharmaciens jouent un rôle essentiel en collaborant avec les autres professionnels de la santé.
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Lib. (ON)
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2016-09-29 9:41
Nous avons entendu le témoignage de l'Association des pharmaciens. Ils craignent que notre pays perde le service complet qu'offre le pharmacien, non seulement la vente les médicaments, mais également les conseils qu'ils donnent sur les médicaments, les complications et autres questions. Est-il possible de faire en sorte que si nous adoptons un programme national d'assurance-médicaments, il y ait des modèles de couverture complète et de remboursement complet intégrés pour les gens qui vendent les médicaments?
Peter Weltman
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Peter Weltman
2016-09-29 9:42
Encore une fois, je pense qu'il s'agit là d'une orientation stratégique. Si vous nous dites que vous voulez un programme géré sur cette base, de la même façon qu'il l'est aujourd'hui, en y apportant tel et tel changement et si vous nous demandez d'en estimer le coût, nous pourrons le faire, mais nous ne pourrons pas vous dire: « Si vous avez fait cela, nous pourrions faire ceci ou si vous avez fait ceci, nous pourrions faire cela ».
M. John Oliver: Merci.
Walter Natynczyk
Voir le profil de Walter Natynczyk
Walter Natynczyk
2016-06-09 8:53
Monsieur le président, membres du comité, monsieur le vérificateur général, mesdames et messieurs, je suis heureux d'être ici aujourd'hui au nom d'Anciens Combattants Canada. Je suis accompagné de Michel Doiron, sous-ministre adjoint, Prestation des services, et de la Capitaine à la retraite Cyd Courchesne, médecin en chef.
Je souhaite remercier le vérificateur général et son personnel de leur contribution continue à l'efficacité, à l'efficience et à la responsabilité du ministère dans ses démarches pour favoriser le bien-être de nos vétérans et de leur famille.
À titre de ministre des Anciens Combattants, l'honorable Kent Hehr a indiqué, immédiatement après le dépôt du rapport, que nous acceptons toutes les recommandations qui y sont formulées et que nous prenons de mesures immédiates pour nous assurer que le Programme des avantages pour soins de santé est efficace, qu'il est valorisé et qu'il répond aux besoins des vétérans.
Pour vous donner une idée de la taille du programme, au cours de l'exercice 2014-2015, le Programme de prestations pharmaceutiques d'Anciens Combattants Canada a contribué aux coûts des médicaments pour environ 51 000 vétérans de l'ordre de 80 millions de dollars. Bien que le rapport ait établi que la plupart des recommandations du vérificateur général formulées en 2014 concernant les Programmes ont été mises en oeuvre, il a souligné des domaines à améliorer et formulé des recommandations connexes.
La couverture médiatique se concentre sur le coût de la marijuana pour le gouvernement du Canada et sur les doses maximales, ce qui risque de détourner l'attention du fait que le rapport touche à l'ensemble des prestations pharmaceutiques.
Nous avons également constaté qu'il existe de fausses idées concernant le rôle du ministère dans le versement de prestations pharmaceutiques. Dans les faits, Santé Canada est responsable de la réglementation des médicaments pour tous les Canadiens, y compris nos vétérans. Anciens Combattants Canada ne prescrit pas de médicaments; il paie plutôt les traitements médicaux autorisés par le médecin ou le professionnel de la santé du vétéran.
Je vais revenir sur les quatre points principaux du rapport du vérificateur général.
Premièrement, nous ne disposons pas d'un processus adéquat pour prendre des décisions fondées sur des données probantes concernant la liste des médicaments du programme. Deuxièmement, nous devons revoir nos stratégies visant à améliorer l'efficience et la rentabilité du programme; nous devons contrôler le coût croissant de la marijuana à des fins médicales; enfin, nous n'avons procédé à aucune analyse de l'utilisation des médicaments qui ne sont pas inscrits sur notre liste des médicaments, mais qui sont accessibles aux vétérans admissibles au cas par cas.
La mise en oeuvre des recommandations du vérificateur général nous aidera à mieux atteindre notre objectif visant à soutenir la santé et le bien-être des vétérans de façon efficace.
Je vais maintenant aborder brièvement les activités d'Anciens Combattants Canada qui sont en cours ou prévues par rapport à chacun des domaines prioritaires.
D'abord et avant tout, nous devons nous assurer que nos décisions concernant la liste des médicaments s'appuient sur des examens systématiques fondés sur des données probantes. Pour déterminer les médicaments qui doivent être inclus, nous faisons appel à l'expertise de l'Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé. Une fois que Santé Canada approuve un médicament pour usage au Canada, cet organisme indépendant s'appuie sur les conseils d'un organisme consultatif pour examiner les données sur l'efficacité et la rentabilité des médicaments et les données sur les patients et pour formuler des recommandations à l'intention des régimes provinciaux d'assurance-médicaments financés par des fonds publics concernant leur inscription sur la liste.
Un pharmacien national d'Anciens Combattants Canada a été embauché en 2015 et travaille avec des homologues du plan de santé publique pour cerner les pratiques exemplaires en matière de gestion relative au formulaire. Une équipe spécialisée en gestion de prestations pharmaceutiques examine le programme et élabore un cadre décisionnel renforcé qui permettra de déterminer les types d'éléments probants à prendre en compte, le moment auquel il faut en tenir compte et la façon dont ils seront évalués pour la prise de décisions relatives aux listes de médicaments.
Nous améliorons en outre l'accès en temps opportun des hommes et des femmes en voie d'être libérés des Forces au Programme de soutien pharmaceutique. Par exemple, en avril 2015, nous avons mis en oeuvre des changements afin que les matelots, les soldats et les aviateurs — hommes et femmes — sur le point de prendre leur retraite puissent continuer à recevoir les mêmes prestations pharmaceutiques auprès d'ACC que celles qu'ils recevaient quand ils étaient dans les Forces, en se fondant sur les antécédents de prise de médicaments et les critères d'admissibilité d'ACC.
Anciens Combattants Canada examinera et évaluera la rentabilité de sa liste de médicaments et travaillera avec ses partenaires fédéraux et l'Alliance pancanadienne pharmaceutique afin d'en améliorer la rentabilité d'ici mai 2017.
Le ministère tirera parti de ses partenariats avec Santé Canada et d'autres administrations et régimes d'assurance-médicaments fédéraux et consultera le secteur privé afin de cerner les occasions de mettre en oeuvre des stratégies rentables pour notre programme.
Par ailleurs, Anciens Combattants Canada examinera et évaluera régulièrement sa liste de médicaments et les données sur les demandes. Cette analyse permettra de déterminer les changements à apporter au programme afin d'aider à réduire le fardeau administratif pour les vétérans et les coûts d'exécution du programme.
Relativement à la marijuana à des fins médicales, il serait utile d'examiner le contexte dans lequel on fournit aux vétérans l'accès à la marijuana à des fins médicales.
En 2001, Santé Canada a commencé à donner aux Canadiens un accès contrôlé à la marijuana à des fins médicales. Santé Canada contrôlait le règlement des demandes, la distribution du produit et les coûts, de même que les limites de consommation. Des règlements connexes précisaient les problèmes de santé pour lesquels la marijuana pouvait être approuvée ainsi que les spécialistes qui pouvaient la prescrire à des fins médicales.
Dans le régime de soins de santé canadiens, comme je l'ai mentionné, il incombe au médecin de premier recours du vétéran de déterminer les traitements pour soins de santé adéquats pour répondre aux besoins de son patient.
En 2007, à la lumière de l'approbation d'un cadre supérieur, le ministère a approuvé, à titre exceptionnel, le paiement à un client de la marijuana à des fins médicales pour des motifs de compassion. À partir de 2008, Anciens Combattants Canada a permis que les coûts liés à la marijuana à des fins médicales soient couverts pour les vétérans admissibles dont la demande avait été approuvée par Santé Canada. Au cours de l'exercice 2008-2009, cinq clients ont été remboursés, pour des dépenses s'élevant à environ 19 000 $. En 2013, les demandes de 112 clients ont été approuvées, les dépenses s'élevant à 400 000 $.
En 2014, Santé Canada a approuvé des modifications réglementaires qui réduisaient son rôle en matière de réglementation et de délivrance de licences à des producteurs privés. Les restrictions ont été levées en ce qui a trait à la quantité de marijuana pouvant être autorisée par les médecins, et le prix a été établi par les producteurs privés autorisés par Santé Canada.
Compte tenu de ces changements, Anciens Combattants Canada — la Dre Courchesne — a instauré une pratique pour l'approbation des demandes de vétérans admissibles pour une quantité de marijuana allant jusqu'à 10 grammes par jour, sous réserve de l'autorisation de leur médecin ou professionnel de la santé, et s'ils sont inscrits auprès d'un producteur autorisé par Santé Canada. La directrice générale, Professionnels de la santé d'Anciens Combattants Canada  — toujours la Dre Courchesne — examine toutes les demandes dont la quantité dépasse 10 grammes par jour. Bien que six demandes de ce type aient été approuvées précédemment, lesquelles sont maintenant assujetties à une clause de droits acquis, aucune quantité dépassant 10 grammes par jour n'a été approuvée en vertu de nos lignes directrices internes actuelles.
Depuis 2014, le nombre de vétérans qui consomment de la marijuana à des fins médicales et les dépenses connexes ont considérablement augmenté.
Plus tôt cette année, le ministère des Anciens Combattants, l'honorable Kent Hehr, a demandé la réalisation d'un examen ministériel pour évaluer la façon dont nous fournissons de la marijuana à des fins médicales à titre d'avantage offert aux vétérans.
Cet examen ministériel, qui prévoit entre autres diverses consultations, a été lancé afin d'évaluer l'approche actuelle concernant l'accès pour les vétérans à la marijuana à des fins médicales à titre de médicament. Nous serons en mesure de faire le point sur cet examen au cours des prochains mois.
Des représentants du ministère consultent des spécialistes médicaux, des fournisseurs et des vétérans à qui l'on a prescrit de la marijuana pour en apprendre davantage sur la question. Ces consultations vont servir à élaborer une approche de surveillance efficace permettant d'assurer le bien-être des vétérans.
En ce qui concerne la surveillance de l'utilisation des médicaments, je tiens à rassurer les vétérans et leur famille qu'il existe des alertes dans notre système de prestations pharmaceutiques, de même que dans les systèmes des pharmacies et les systèmes provinciaux de soins de santé. Nous reconnaissons néanmoins que nous avons besoin d'une approche plus claire en matière de surveillance de l'utilisation des médicaments et de détection des tendances.
Nous veillerons à ce que nos pratiques de surveillance fassent systématiquement l'objet d'un examen pour assurer une efficacité optimale, tout en tirant parti des pratiques exemplaires des autres ministères ou administrations. Les processus renforcés comprendront la présentation périodique de rapports étayés à notre Comité d'examen du formulaire des médicaments.
Tout changement à la surveillance de l'utilisation des médicaments par Anciens Combattants Canada respectera le fait que les soins de santé d'un vétéran relèvent principalement de médecins ou de professionnels de la santé agréés et du système de soins de santé.
Monsieur le président, mesdames et messieurs, je tiens à vous assurer que nous avons pris des mesures afin de combler nos lacunes et que nous aurons donné suite à chacune des recommandations formulées dans le rapport du vérificateur général d'ici le printemps 2017.
Encore une fois, je remercie le vérificateur général et son personnel de leur travail et de leur soutien pour le bien-être de nos vétérans. Merci de votre attention.
Merci.
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Lib. (QC)
Ma première question s'adresse au sous-ministre. Je veux vous remercier d'avoir clarifié le rôle d'Anciens Combattants Canada dans la gestion des prestations pharmaceutiques. Bien entendu, notre étude porte non pas uniquement sur l'utilisation des fonds publics, mais aussi sur la façon dont ces fonds sont utilisés pour améliorer la santé et le bien-être des citoyens, en particulier ceux qui ont servi leur pays.
Je veux savoir comment ce problème a pu dégénérer à ce point avant que le vérificateur général ne publie son rapport.
J'aimerais en apprendre beaucoup plus sur les fonctions associées à votre nouveau poste de pharmacien; son titulaire est-il en mesure de remplir ses fonctions seul? J'aimerais également que vous m'expliquiez comment le cadre décisionnel a été élaboré. Je veux surtout savoir pourquoi, dans votre plan d'action, les dates d'achèvement cibles sont simplement identifiées par T1, T2 et T3. Compte tenu de l'urgence du problème, je me demande pourquoi, franchement, vous n'avez pas été plus rigoureux en ce qui concerne le calendrier.
Walter Natynczyk
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Walter Natynczyk
2016-06-09 9:04
Merci beaucoup de votre question, madame.
Je dirais qu'au fil du temps, dans le but de réaliser des gains d'efficience à l'échelle du ministère et de structurer... Il y avait autrefois une équipe pharmaceutique. Cette équipe a été décentralisée à l'échelle du ministère, ce qui a mené à une réduction du nombre d'experts du domaine pharmaceutique au sein du ministère.
Nous avons donc, l'année dernière, remis sur pied cette équipe et sommes allés chercher l'expertise voulue pour régler cet enjeu et véritablement mettre en place le leadership, la gestion et la structure nécessaires à l'élaboration d'un cadre décisionnel. Ainsi, nous allons pouvoir suivre un plan très réfléchi, tout en reconnaissant que nous allons travailler en collaboration avec nos partenaires clés, soient les Forces armées canadiennes, le ministère de la Défense nationale et Santé Canada. Nous nous assurerons de travailler de concert avec eux dans l'avenir.
Je vais maintenant demander à la Dre Courchesne d'approfondir certains éléments de votre question.
Cyd Courchesne
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Cyd Courchesne
2016-06-09 9:06
Merci, monsieur.
Comme on l'a déjà mentionné, nous n'avions pas de pharmacien à l'époque où je suis arrivée au ministère, il y a 18 mois. Selon moi, cette absence nuisait au bon fonctionnement du Comité d'examen du formulaire des médicaments.
Nous avons embauché une pharmacienne ayant beaucoup d'expérience — elle était dans les Forces armées canadiennes — et avons immédiatement commencé à mettre en place des procédures visant à renforcer le processus décisionnel, conformément aux recommandations du vérificateur général. À dire vrai, nous avions cerné cette lacune avant même la publication du rapport. Mme Vesterfelt siège au comité —relevant de l'Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé qui examine les médicaments au Canada —. Elle siège également à plusieurs autres comités provinciaux ou fédéraux. Son rôle est principalement de fournir des services d'analyse et de consultation au ministère, certes, mais aussi au Comité d'examen du formulaire des médicaments.
Actuellement, tout ce qui est présenté doit d'abord être analysé avant d'être soumis au processus décisionnel, et nous avons mis en place des principes directeurs à cet effet. Je n'irais pas jusqu'à dire que les décisions du Comité d'examen du formulaire des médicaments étaient prises n'importe comment dans le passé, mais le processus aurait pu être plus rigoureux. L'une des recommandations émanant du BVG concernait une lacune au chapitre de la documentation. Maintenant, tout ce qui est présenté au comité pour examen est assorti d'une analyse écrite figurant dans le compte rendu de décision du Comité; ainsi, on peut suivre toutes les démarches du processus d'examen. Puisque l'un des principes directeurs concerne la rentabilité, on procède à une analyse économique pour tout ce qui est présenté au comité.
Voir le profil de Brenda Shanahan
Lib. (QC)
Merci beaucoup, docteure.
Je ne crois pas que la collecte des données soit un problème, puisque les demandes de médicaments doivent être présentées, et les paiements doivent être versés. En fait, le problème tient à l'analyse.
Je vais revenir plus tard aux échéances qui figurent dans votre plan d'action, et je crois que mes collègues auront d'autres questions à ce sujet également.
Pourquoi n'a-t-on pas prévu des échéances plus serrées pour l'établissement de ce cadre décisionnel? J'oserais même dire que vous vous donnez trop de temps, étant donné qu'on parle du processus décisionnel.
Cyd Courchesne
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Cyd Courchesne
2016-06-09 9:08
Je crois que nous avons prévu ces échéances parce qu'il faut du temps pour mettre en oeuvre de nouvelles procédures, et ce, même si nous avons maintenant une nouvelle pharmacienne nationale et nous embauchons du personnel.
Je ne crois pas que nous allons attendre la date d'échéance pour mener ces mesures à bien. Ces travaux sont en cours, et nous prévoyons terminer d'ici mai de l'année prochaine, tout en gardant à l'esprit qu'il faut du temps pour organiser et mettre en oeuvre des changements. N'oubliez pas que je n'ai qu'une seule pharmacienne, qui travaille avec du personnel nouvellement embauché pour soutenir les activités liées à la liste des médicaments couverts.
Cyd Courchesne
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Cyd Courchesne
2016-06-09 9:25
D'entrée de jeu, je veux dire que nous ne sommes pas un système de soins de santé, et je ne dis pas cela comme excuse. Nous ne prescrivons pas de médicaments, ni dispensons de soins directs. Nous assurons la gestion d'une liste de médicaments couverts. Nous veillons à ce que la population ait accès aux médicaments dont elle a besoin à un prix optimal pour le gouvernement.
Il existe des alertes dans notre système. Je ne veux pas vous donner l'impression qu'il n'y a aucune alerte et que tout est remboursé. En 2004, nous ne demandions régulièrement à Croix Bleue Medavie, qui administre le programme en notre nom, de nous rendre des comptes. L'organisation nous envoie bien des rapports sur les gens qui ont excédé leur limite, et nous procédons à un examen minutieux avant de faire part de la situation aux fournisseurs de soins de ces personnes. Nous envoyons des lettres aux fournisseurs de soins pour leur dire « Savez-vous que nous avons reçu deux demandes pour une ordonnance? »
Mais la situation a changé au Canada pour les pharmacies. Aujourd'hui, les pharmacies et les pharmaciens dans toutes les provinces sont reliés. Avant, on pouvait présenter la même ordonnance à trois pharmacies différentes sans que personne ne le sache. Eh bien aujourd'hui, on peut le savoir. Les alertes relatives à l'interaction des médicaments et aux ordonnances remplies plusieurs fois sont activées au point de vente, alors nous n'avons pas besoin d'effectuer une surveillance, puisqu'elle est faite ailleurs. Si un pharmacien se rend compte que quelqu'un a rempli une ordonnance ailleurs, disons à un autre Shoppers Drug Mart, pour des benzodiazépines, il mettra un frein à tout ça en communiquant avec l'autre pharmacien et avec le médecin prescripteur.
Il en va de même pour l'interaction de médicaments. Nous ne sommes pas un fournisseur de soins de santé, alors nous n'effectuons pas de surveillance à ce chapitre. Ce sont les pharmaciens qui vont dire: « Il n'est pas recommandé de prendre ces deux médicaments ensemble. Vu le médicament que vous prenez pour votre hypertension, on n'aurait pas dû vous prescrire ce médicament ». Ensuite, on communique immédiatement avec le médecin prescripteur.
Le système prévoit plus d'une vérification, alors nous n'avons pas besoin d'effectuer une surveillance à l'heure actuelle.
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Lib. (ON)
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2016-06-09 10:09
J'aimerais poser quelques questions à propos du Comité d'examen du formulaire des médicaments et des personnes qui y siègent, car, selon le rapport du vérificateur général, celles-ci sont chargées d'examiner, de tenir à jour et de modifier le programme de prestations pharmaceutiques, ainsi que de formuler des recommandations à l'intention de la haute direction et de la conseiller.
Qui siège à ce comité? Ensuite, puisque nous parlons de décisions fondées sur des données probantes, en quoi cela est-il différent de ce qui se faisait auparavant? Je sais que vous êtes en train d'examiner la question, alors que se passait-il au sein de ce comité auparavant, et comment les choses ont-elles évolué maintenant que vous faites votre examen?
Walter Natynczyk
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Walter Natynczyk
2016-06-09 10:10
Je vais commencer, puis je vais demander à la Dre Courchesne d'intervenir.
Le Comité d'examen du formulaire des médicaments est formé de professionnels de la santé de notre ministère. Cela comprend la Dre Courchesne et notre conseiller pharmaceutique national, de même que les pharmaciens et les médecins consultants de Croix Bleue Medavie. En outre, nous avons les spécialistes de la prestation de services de l'équipe de Michel Doiron, ainsi que des membres des Forces armées canadiennes.
Voir le profil de Paul Lefebvre
Lib. (ON)
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2016-06-09 10:10
Je me demande s'il en a toujours été ainsi, car Mme Courchesne a dit au début qu'aucun pharmacien ne participait. Pouvez-vous nous en dire davantage?
Cyd Courchesne
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Cyd Courchesne
2016-06-09 10:11
... au ministère, mais il y avait des pharmaciens dans le Comité d'examen du formulaire des médicaments, de Croix Bleue Medavie.
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Lib. (ON)
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2016-06-09 10:11
Il y en avait. D'accord.
Maintenant que nous songeons à des décisions fondées sur des données probantes, en quoi est-ce différent d'avant?
Walter Natynczyk
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Walter Natynczyk
2016-06-09 10:11
Encore une fois, nous avons ravivé le leadership au chapitre des conseils pharmaceutiques au ministère, car il était déficient depuis quelques années. Même si nous comptions sur des pharmaciens, il ne s'agissait pas de pharmaciens et d'Anciens Combattants. Ils venaient de Croix Bleue Medavie et d'autres organisations.
Nous avons effectivement recréé la masse critique du noyau décisionnel au sein du ministère, alors nous avons maintenu les structures voulues pour mettre sur pied une stratégie, élaborer un plan et le mettre en oeuvre de manière très rigoureuse afin que nous sachions de quelle manière les décisions sont prises, quand elles sont prises et — encore une fois, si l'on revient au point souligné par le vérificateur général — quand nous allons réellement faire ces choses afin d'accomplir cela en temps opportun.
Cyd.
Perry Eisenschmid
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Perry Eisenschmid
2016-05-16 15:40
Merci à vous, monsieur le président, et merci au Comité de nous avoir invités aujourd'hui.
Je m'appelle Perry Eisenschmid. Je suis chef de la direction de l'Association des pharmaciens du Canada. Je suis accompagné par mon collègue, Phil Emberley, notre directeur des Affaires professionnelles, qui est également pharmacien ici à Ottawa.
Nous sommes venus aujourd'hui au nom des 40 000 pharmaciens du Canada. Les pharmaciens voient tous les jours les conséquences pour les patients qui n'ont pas les moyens de se procurer leurs médicaments. Ces pharmaciens ne font pas seulement qu'offrir des conseils aux patients pour les aider à suivre leur traitement médicamenteux, ils sont également ceux qui doivent transmettre la nouvelle dévastatrice aux patients qu'ils n'ont aucune couverture.
Bref, les pharmaciens sont les professionnels de la santé qui sont les plus concernés par votre étude. Nous, qui côtoyons des patients confrontés tous les jours à une couverture insuffisante pour leurs médicaments d'ordonnance, nous qui en constatons l'impact négatif, voulons participer au dialogue sur un régime national d'assurance-médicaments.
Notre premier souci, c'est de nous assurer que les patients ont accès aux médicaments dont ils ont besoin et qui leur conviennent. Nous devons avant tout accorder la priorité aux bénéfices pour la santé et aux besoins des patients. Le fait d'investir en amont dans les médicaments et services nécessaires est non seulement salutaire pour les patients, mais assure également la viabilité de notre régime de soins de santé.
Du point de vue de notre association, le statu quo n'est point acceptable. Soyons clairs: notre association est tout à fait pour un régime d'assurance-médicaments pancanadien dans lequel le gouvernement fédéral joue un rôle pour s'assurer que tous les Canadiens ont accès aux médicaments dont ils ont besoin, quels que soient leurs revenus.
Notre association croit que tout régime d'assurance-médicaments pancanadien doit avoir quatre grandes priorités: premièrement, s'assurer que tous les Canadiens peuvent se procurer les médicaments dont ils ont besoin; deuxièmement, mettre les Canadiens à l'abri de difficultés financières indues; troisièmement, garantir aux patients l'accès à un approvisionnement stable en médicaments cliniquement prouvés et bon marché; quatrièmement, offrir l'accès à la pleine gamme de services pharmacologiques.
Nous sommes ici pour transmettre deux messages au Comité. Le premier, c'est que le Comité devrait examiner les solutions progressives et à long terme. Le deuxième, c'est l'importance des soins qui font partie de l'assurance-médicaments.
Votre comité a recueilli les témoignages de personnes qui ont des avis différents quant à la façon d'aider les Canadiens qui ne bénéficient pas d'une couverture ou dont l'assurance est insuffisante. Nous sommes tous d'accord que le Canada pourrait offrir un meilleur accès aux médicaments d'ordonnance. Il reste à savoir, cependant, comment on doit procéder.
De façon générale, la discussion a reposé sur la présomption voulant qu'il y a deux seules façons d'aborder le problème: créer un nouveau régime national d'assurance-médicaments, ou faire fond sur le système actuel afin de le rendre plus équitable et efficace. Nous ne sommes pas d'accord. L'un n'exclut pas forcément l'autre.
Nous savons que les Canadiens ne veulent pas que leurs amis, leur famille ou leurs voisins aient à choisir entre payer le loyer et s'acheter des médicaments. Nous sommes également d'accord qu'il faudra du temps pour concevoir et mettre en oeuvre un nouveau régime national d'assurance-médicaments qui remplacerait tous les régimes publics et privés. En attendant, de nombreux Canadiens continueraient à être privés des médicaments dont ils ont besoin.
C'est la raison pour laquelle nous recommandons à la fois des mesures immédiates pour améliorer l'accès des Canadiens aux médicaments, ainsi que des mesures s'inscrivant dans une approche à plus long terme. Notre recherche fournit au Comité diverses possibilités pratiques et abordables afin d'améliorer le régime actuel, ce qui permettrait d'aider immédiatement les Canadiens qui passent actuellement entre les mailles du filet.
À long terme, il sera important de reconnaître que tous les modèles présentent des forces et des faiblesses. Quelle que soit l'approche retenue par le Canada, nous devrions être conscients des risques possibles. C'est d'autant plus important lorsqu'il est question d'accès et des meilleurs résultats possible pour la santé, et nous devrions trouver des façons d'atténuer les risques. Au final, nous devons nous assurer que les pharmaciens puissent donner aux patients le meilleur traitement médicamenteux pour leur santé.
Voilà ce qui m'amène notre deuxième recommandation, qui est l'aspect soin de l'assurance-médicaments. Il est certes essentiel de gérer les coûts, mais ce n'est qu'un élément. Un régime d'assurance-médicaments efficace doit non seulement combler les lacunes de la couverture accordée aux patients, mais également régler les problèmes d'accès aux services qui permettent d'offrir une pharmacothérapie sûre et efficace aux patients. En tant qu'experts dans le domaine pharmacologique, les pharmaciens savent que le fonctionnement de tout régime futur repose sur des considérations importantes, que le régime soit public ou privé, afin que les Canadiens tirent les meilleurs avantages possible de leurs médicaments d'ordonnance sur le plan de la santé.
Quel que soit votre point de vue, il demeure que les médicaments ne représentent que 15,7 % des dépenses totales dans le domaine de la santé au Canada. Un traitement médicamenteux indiqué, suivi à la lettre, est une intervention à forte valeur, à coût faible et bénéfique sur le plan de la santé, surtout si on le compare à d'autres interventions qui coûtent cher, comme la chirurgie et les visites aux urgences.
Les médicaments d'ordonnance sont un outil puissant et perfectionné. Ils permettent de sauver des vies lorsqu'ils sont utilisés à bon escient, mais leur abus peut mener à des problèmes de santé et même à la mort. Tout régime d'assurance-médicaments a comme élément clé la gestion et le plafonnement des frais associés aux médicaments, mais l'heure est venue de voir plus grand. Ne serait-il pas mieux d'investir afin de s'assurer dans un premier temps que tous les Canadiens ont les médicaments indiqués, et ensuite que nos citoyens peuvent bénéficier facilement d'une surveillance et d'une gestion efficaces de leurs médicaments?
Un plan à long terme pour l'assurance-médicaments doit mettre l'accent sur la santé des Canadiens pendant toute leur vie, et non seulement lorsqu'ils sont à la pharmacie pour acheter leurs médicaments. Une approche holistique, qui reconnaît la valeur d'une pharmacothérapie indiquée, peut nous aider à réaliser des économies dans l'ensemble du régime de soins de santé, tout en offrant des soins axés sur le patient qui soient viables. Il faut s'assurer que les Canadiens puissent se procurer les médicaments qui améliorent leur santé, ce qui veut dire que les Canadiens pourront bénéficier des conseils et de la surveillance des experts incontestés dans le domaine des médicaments. Les 40 000 pharmaciens qui travaillent dans les collectivités et les hôpitaux du pays se consacrent pendant de nombreuses années, à l'université et au travail, à l'étude exclusive de la façon dont les médicaments agissent et des conditions dans lesquelles ils n'ont et n'ont pas l'effet souhaité.
Au cours des dernières années, la portée de la pratique des pharmaciens a énormément grandi, ce qui est avantageux à la fois pour les patients et les assureurs. Les services pharmacologiques accrus vont au-delà de la distribution de médicaments d'ordonnance et reposent sur l'accessibilité et l'expertise des pharmaciens pour ce qui est d'offrir une surveillance bien nécessaire dans notre système de soins pharmaceutiques.
Prenons, par exemple, les services d'examen des médicaments offerts par les pharmaciens. Ces services aident à assurer la consommation correcte et le respect de l'ordonnance, deux grands facteurs pour ce qui est de l'obtention des meilleurs résultats en matière de santé et des frais associés au régime d'assurance-médicaments. Dans certains cas, il est question de réduire la consommation de médicaments, et dans d'autres, d'augmenter le nombre de médicaments.
En voici un exemple pratique. La plupart des personnes âgées de plus de 65 ans prennent au moins cinq médicaments. Pour ce qui est de la tranche d'âge des plus de 85 ans, c'est 10 médicaments ou plus à la fois. C'est un défi auquel s'attaque la profession. Nous avons connu le cas d'une dame de 77 ans, vivant à Ottawa, qui prenait pas moins de 32 médicaments différents. Avec l'aide d'un pharmacien, on a pu réduire le nombre de médicaments à 17 en toute sécurité. Grâce aux examens de médicaments, les pharmaciens peuvent travailler avec les patients et les professionnels de la santé afin de trouver les pharmacothérapies optimales pour que les Canadiens prennent les médicaments dont ils ont besoin.
Malheureusement, ces services ne sont pas offerts à tous les Canadiens. Le grand défi, c'est que les services des pharmaciens sont offerts différemment dans le pays, et certains services sont plus complets que d'autres. Un régime d'assurance-médicaments qui reconnaît le rôle des services offerts par les pharmaciens, tels que les examens des médicaments, répondrait à bon nombre des préoccupations qu'a entendues votre comité quant au besoin d'aller au-delà du simple fait de payer pour les médicaments. Il y aurait alors l'aspect soins de l'assurance-médicaments.
Il ne s'agit pas uniquement des examens des médicaments; d'autres avantages découleraient de la diversification des services pharmacologiques. Une étude menée en Ontario a permis de trouver que les soins offerts par un pharmacien peuvent réduire de façon considérable la tension artérielle, atténuant ainsi le risque d'AVC d'environ 30 %. De plus, il faut songer à la façon dont les pharmaciens aident les gens à arrêter de fumer. Les données récentes du programme antitabagisme des pharmaciens en Ontario montrent que 29 % des participants au programme ne fumaient toujours pas au bout d'un an. Il y a également le vaccin contre la grippe, surtout dans le cas des personnes qui sont à risque de souffrir de séquelles: un sondage récent a conclu que 28 % des Canadiens dans ce groupe n'auraient pas été immunisés s'il n'y avait pas eu l'offre pratique de vaccins dans une pharmacie.
Pour terminer, nous aimerions dire au Comité que l'objectif de tout modèle d'assurance-médicaments pancanadien, que ce soit à court ou à long terme, ne devrait pas uniquement viser la réduction des frais, mais également la prestation de soins optimaux. On devrait adopter comme principe la valorisation de chaque dollar dépensé au titre du régime de soins de santé, et non seulement sur les médicaments. Nous devons reconnaître que les dépenses sur les médicaments sont un investissement dans la santé des Canadiens et que la course après des économies à court terme peut parfois mener à des coûts à plus long terme, à la fois pour ce qui est des dépenses dans le domaine de la santé et de la qualité de vie.
Nous savons que le Comité est saisi d'une tâche complexe. Il n'y a pas de réponses ou de solutions simples. Néanmoins, nous encourageons le Comité à se pencher sur les approches à court et à long terme. Nous encourageons également le Comité à s'assurer que les soins font partie de tout régime d'assurance-médicaments. Les services des pharmaciens sont une composante essentielle d'un régime pancanadien.
Merci beaucoup. Nous serons heureux de répondre à vos questions.
Voir le profil de Darshan Singh Kang
Ind. (AB)
Je vous remercie.
Ma prochaine question s'adresse à l'Association des pharmaciens du Canada.
Est-ce que vos membres sont rémunérés par des sociétés pharmaceutiques lorsqu'ils vendent des médicaments de marque alors qu'il existe un médicament générique tout aussi efficace?
Deuxièmement, est-ce qu'un régime national d'assurance-médicaments aurait une incidence sur cette pratique?
Philip Emberley
Voir le profil de Philip Emberley
Philip Emberley
2016-05-16 16:17
Je vous remercie pour votre question.
Non, les pharmaciens ne sont pas rémunérés par une société pharmaceutique lorsqu'ils vendent un médicament de marque. Les pharmaciens sont tenus d'offrir le médicament le moins coûteux. Cela fait partie de leur code de déontologie.
Pour répondre à votre deuxième question, je dirai qu'un régime national d'assurance-médicaments ne changera pas cette situation.
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PCC (ON)
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2016-05-16 16:19
Je vous remercie, monsieur le président. Vous faites un excellent travail aujourd'hui.
Je suis préoccupé par le fait que nous parlons d'améliorer l'accès aux produits pharmaceutiques. Je crois qu'il faut savoir que, sans mesures de contrôle, cela pourrait s'avérer dangereux et coûteux. Au Canada, le nombre excessif d'ordonnances et l'abus de médicaments d'ordonnance constituent un problème. J'aimerais avoir votre opinion à ce sujet.
Divers témoins nous ont dit que jusqu'à 40 % des personnes âgées prennent des médicaments inappropriés. Monsieur Eisenschmid, je crois que vous avez mentionné que les pharmaciens pourraient repérer ce genre de situation. Monsieur Emberley, je crois que vous avez travaillé au sein du gouvernement de la Colombie-Britannique et que vous êtes un spécialiste de l'utilisation optimale des médicaments.
Avez-vous déjà calculé combien d'argent le système public pourrait épargner si les médicaments étaient mieux prescrits aux patients?
Perry Eisenschmid
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Perry Eisenschmid
2016-05-16 16:21
Je n'ai jamais vu une telle analyse. C'est au cas par cas, mais je crois que des économies importantes sont possibles.
Cela revient au sujet de mon exposé. Il faut s'assurer que tous les Canadiens bénéficient d'une couverture appropriée et que les médicaments soient couverts par des régimes publics ou privés. C'est une excellente chose. L'objectif ultime, cependant, est d'éviter de prescrire davantage de médicaments. Les professionnels doivent gérer les médicaments pour s'assurer que le patient obtient les bons soins. Nous croyons que les pharmaciens, qui travaillent dans 10 000 pharmacies ouvertes, 24 heures sur 24, 7 jours par semaine, sont le premier point de contact idéal et les spécialistes les mieux placés pour s'assurer que les médicaments sont prescrits correctement et non d'une manière excessive.
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PCC (ON)
Voir le profil de Colin Carrie
2016-05-16 16:21
Je crois que c'est important dans votre pratique, car 40 % du temps, les personnes âgées ne reçoivent pas la bonne médication. À quel point est-ce dangereux pour le système?
Je suis également préoccupé par les statistiques au sujet de l'abus d'opioïdes. Je crois que le Canada enregistre le nombre le plus élevé d'utilisateurs d'opioïdes. On se demande pourquoi les Canadiens ont davantage besoin d'opioïdes que les citoyens d'autres pays dans le monde.
Quel rôle pouvez-vous jouer en tant que pharmaciens et quelle incidence cela aurait-il sur votre relation avec les médecins?
Un de mes voisins à Oshawa était pharmacien et il m'a dit qu'il repérait des contre-indications dans des ordonnances. Je peux voir dans quelle mesure votre rôle pourrait être élargi. Cela pourrait être très rentable. Dans quelle mesure votre relation avec les médecins changerait-elle?
Philip Emberley
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Philip Emberley
2016-05-16 16:23
C'est une excellente question, et je dirais qu'il s'agit d'un problème qui ne concerne pas uniquement les médecins, les infirmières ou les pharmaciens. C'est un problème qui indique qu'il faut adopter une approche axée sur le travail d'équipe. Il faut adopter une approche qui tire profit des connaissances et des compétences de chaque professionnel.
Cela fait 28 ans que je suis pharmacien, et je crois qu'au cours des 10 dernières années, les pharmaciens ont établi une collaboration beaucoup plus étroite avec les médecins en vue d'optimiser les soins. Il n'est pas question de cesser la médication des gens. Il s'agit plutôt de trouver la combinaison optimale de médicaments dont les gens ont besoin.
Je dois mentionner que certains aînés que je vois prennent tellement de médicaments qu'ils ne savent plus pourquoi ils prennent tel ou tel médicament. Il s'agit parfois d'un mélange toxique. Je crois que les pharmaciens peuvent apporter une contribution utile en analysant la médication, en formulant une recommandation lorsque c'est approprié et en signalant qu'il y a un problème auquel il faut remédier. C'est ainsi que nous pourrons parvenir à optimiser les soins pour le patient.
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PCC (ON)
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2016-05-16 16:24
En ce qui concerne les soins par rapport aux coûts, je me souviens qu'il y a quelques années Deb Matthews était préoccupée à l'égard du gouvernement fédéral, car elle voulait que davantage d'opioïdes contenus dans des emballages inviolables soient vendus au lieu des opioïdes génériques. Je crois qu'elle a affirmé que 85 % de la population de l'une de nos Premières Nations avait une dépendance aux opioïdes.
C'est préoccupant, car il est facile de rédiger une ordonnance. Dans certains cas, comment un pharmacien pourrait-il faire en sorte que l'ordonnance soit plus appropriée, comme vous l'avez mentionné, afin que les Canadiens reçoivent les médicaments qui leur conviennent? Comment pouvons-nous envisager votre rôle et la portée de votre pratique et quelle importance devrions-nous accorder à un régime d'assurance-médicaments?
Vous avez mentionné que, dans certaines provinces, vous n'êtes pas entièrement rémunérés pour les conseils que vous donnez. Comment pouvons-nous changer cela en vue d'améliorer le système et le travail de l'équipe qui s'occupe du patient?
Perry Eisenschmid
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Perry Eisenschmid
2016-05-16 16:25
Je peux commencer, et ensuite, Phil pourra renchérir.
L'un des principaux obstacles, et bien des gens ne s'en rendent pas compte, c'est que la rémunération des pharmaciens pour ce genre de services élargis provient malheureusement du budget des gouvernements provinciaux réservé aux régimes d'assurance-médicaments. En voulant constamment limiter les coûts, on se retrouve dans une situation où les provinces n'ont pas beaucoup les moyens de financer ces importants services élargis dont nous parlons.
Si le gouvernement fédéral contribue davantage financièrement par l'entremise d'un régime national d'assurance-médicaments ou d'une autre façon, nous devrons examiner la nécessité de commencer à financer ces services avec des fonds qui ne proviennent pas des budgets provinciaux consacrés aux régimes d'assurance-médicaments, qui sont continuellement réduits, pour faire en sorte que les médicaments prescrits soient gérés efficacement.
Lorsqu'un trop grand nombre de médicaments sont prescrits, les pharmaciens le constatent immédiatement. Ils voient des patients qui font les frais d'ordonnances inappropriées. Ils sont aux premières loges et, s'ils sont rémunérés convenablement et que la réglementation les autorise à le faire, ils pourront intervenir et faire ce qu'il faut pour rectifier la situation.
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PCC (ON)
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2016-05-16 16:26
Il semble que les professionnels canadiens de la santé savent très bien comment prescrire, mais quand vient le temps de prescrire moins... Est-ce que les pharmaciens pourraient travailler en partenariat avec les médecins à cet égard? Étant donné les énormes quantités d'opioïdes que prennent les Canadiens tous les ans, peut-on savoir pourquoi c'est au Canada qu'on consomme le plus d'opioïdes? Je crois que 25 % des personnes qui commencent à prendre des opioïdes prescrits par un médecin développent une dépendance.
Perry Eisenschmid
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Perry Eisenschmid
2016-05-16 16:26
Je crois que certains partenariats existent actuellement. Il faudrait qu'il y en ait davantage. Comme vous l'avez fait valoir, ce sont les médecins qui normalement prescrivent un médicament et c'est le pharmacien qui voit le patient régulièrement et qui renouvelle les ordonnances. Les pharmaciens sont les mieux placés pour intervenir de façon appropriée à mon avis.
Philip Emberley
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Philip Emberley
2016-05-16 16:27
Oui, en effet, des patients se mettent à avoir des problèmes, et on ne peut pas tout simplement cesser un médicament. Dans bien des cas, il faut une méthode systématique pour les aider à réduire la dose.
Je crois que les pharmaciens font autre chose de très important, puisqu’ils voient les patients très souvent, et c’est de s’en rendre compte quand les patients commencent à avoir des problèmes. Il y a des signes visibles, par exemple, quand les patients renouvellent leur ordonnance plus tôt qu’il ne le faut. Vous vous en doutez, quand les gens se mettent à avoir des problèmes. Je pense que s’il est un rôle important que les pharmaciens jouent, c’est bien d’informer les membres de l’équipe de telles situations afin qu’ils puissent intervenir et offrir des services de gestion de la toxicomanie.
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Lib. (QC)
Merci, monsieur le président.
Je remercie également les témoins de leurs discours très intéressants et des informations extrêmement importantes qu'ils nous fournissent dans le cadre de cette étude.
Je n'ai pas encore eu le temps de me présenter. Je suis député de la circonscription de Thérèse-De Blainville. Elle est située au nord de la ville de Montréal, au Québec.
Je vais d'abord m'adresser surtout aux représentants de l'Association des pharmaciens.
Monsieur Eisenschmid, à plusieurs reprises, vous avez mentionné qu'il ne faut pas trop s'attarder au coût des médicaments. Qu'on le veuille ou non, les coûts de la recherche se reflètent dans le coût des médicaments. L'estimation des coûts d'un éventuel système d'assurance-médicaments pancanadien nous montre qu'ils seraient élevés.
J'aimerais vous entendre sur le fait que les pharmacies de détail majorent parfois le prix des médicaments d'ordonnance. J'ai ici des chiffres qui remontent à 2012-2013. Cette marge bénéficiaire représentait 4,2 % des coûts totaux payés par les régimes d'assurance publics pour les médicaments d'ordonnance, soit environ 323 millions de dollars. Donc, les régimes d'assurance publics imposent un plafond au remboursement de la marge bénéficiaire des médicaments d'ordonnance.
Pourquoi les pharmacies de détail majorent-elles le prix des médicaments d'ordonnance? Les régimes privés imposent-ils eux aussi un plafond au remboursement de la marge bénéficiaire?
Selon vous, comment faudrait-il aborder la question du plafonnement de la marge bénéficiaire des médicaments d'ordonnance dans l'éventualité de la création d'un système pancanadien d'assurance-médicaments?
Perry Eisenschmid
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Perry Eisenschmid
2016-05-16 16:38
Nous représentons les pharmaciens, qui sont normalement payés à l’heure ou sont des employés salariés. Cette question devrait plutôt s’adresser aux propriétaires de chaînes de magasins de détail, qui pourraient vous parler de leurs opérations commerciales.
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Lib. (QC)
D’accord. Je suis un peu surpris, mais ça va.
Depuis la mise en place des premiers régimes d'assurance-médicaments provinciaux dans les années 1970, les compagnies de médicaments génériques ont offert des rabais aux pharmacies. Les médicaments génériques sont ainsi devenus une partie importante des revenus des pharmacies. Cependant, au cours des dernières années, les réductions des taux de remboursement des médicaments génériques par les régimes publics ont diminué les rabais consentis aux pharmaciens par les fabricants de médicaments génériques.
Les compagnies de médicaments génériques continuent-elles à offrir ce genre de rabais aux pharmacies? Si oui, quel pourcentage de leurs revenus ces rabais représentent-ils généralement? Dans quelle mesure ces rabais sont-ils consentis ou redonnés aux clients par les pharmacies?
Philip Emberley
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Philip Emberley
2016-05-16 16:39
Des provinces canadiennes permettent encore les rabais aux pharmacies. Certaines ont instauré des contrôles. Par exemple, l’Ontario ne permet pas les rabais pour les entreprises qui fabriquent des médicaments génériques.
Avec les changements qui ont été apportés aux prix des médicaments génériques à l’échelle du Canada, les rabais ont nettement diminué. Nous trouvons très important qu’il y ait des fonds convenables pour bon nombre des services que nous avons décrits et que les pharmaciens offrent. Je sais que les rabais ont diminué récemment.
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Lib. (QC)
Ma deuxième question est celle-ci: est-ce qu’on fait profiter les clients de ces rabais? Est-ce que les clients obtiennent un pourcentage des rabais, ou les rabais vont-ils tous aux pharmaciens? Avez-vous ce genre d’information?
Perry Eisenschmid
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Perry Eisenschmid
2016-05-16 16:40
Je crois que votre question porte en réalité sur les modèles de paiement des pharmacies en tant qu’activités commerciales et des pharmaciens eux-mêmes. Je crois que vous soulevez un excellent point, et c’est qu’en ce moment, les montants versés aux pharmacies et aux pharmaciens ne correspondent pas aux services et à la valeur qui est offerte. Il ne fait aucun doute qu’en ce moment, les pharmacies misent beaucoup sur les rabais ou sur les allocations qui, dans certaines provinces, les aident à financer leurs activités en général, parce qu’ils vous diraient qu’ils ne sont pas convenablement payés pour les interventions directes comme le respect de l’ordonnance.
Nous dirions tous qu’il faudra au bout du compte un changement dans la structure des paiements aux pharmacies et aux pharmaciens pour que les paiements correspondent aux services et pour que les pharmacies n’aient pas à compter sur la marge de profits sur les médicaments qu’elles dispensent pour couvrir d’autres services. C’est ce que nous dirions.
Voir le profil de Ramez Ayoub
Lib. (QC)
La plupart du temps, les pharmaciens sont propriétaires de leur pharmacie ou ils sont des exploitants de la pharmacie. Comme vous l'avez dit, ce n'est toutefois peut-être pas toujours le cas. Il y a des pharmaciens qui travaillent à taux horaire. Cela est autre chose, si je comprends bien la situation.
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PCC (AB)
Merci.
C’est à vous que je vais vous adresser ma question, monsieur Eisenschmid.
Le Comité a entendu divers groupes de témoins — des universitaires, des membres de l’industrie, des particuliers et des représentants — et nombreux sont ceux qui ont montré du doigt les pharmaciens quand il s’agit des prix élevés des médicaments. Les universitaires à l’origine du rapport Pharmacare 2020 sont même allés jusqu’à mettre en doute la crédibilité de votre organisation pour la réalisation de travaux de recherche et s’en sont pris à certaines des statistiques que vous aviez présentées, indiquant que vos conclusions étaient motivées par les marges de profits plutôt que par d’autres possibilités.
J’imagine que vous connaissez bien ces allégations. Je vais en fait vous demander d'y réagir.
Perry Eisenschmid
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Perry Eisenschmid
2016-05-16 16:43
Nous avons été très déçus par ces allégations et par leurs attaques contre la crédibilité de l’Association des pharmaciens du Canada. Nous trouvions qu’elles n’étaient pas fondées. En fait, nous avons eu des discussions de suivi avec eux pour essayer de comprendre les raisons de cela.
La recherche qui a suscité en particulier leurs critiques n’avait pas de perspective particulière. C’était une analyse économique menée par un chercheur en économie qui essayait en gros de présenter des faits et de mettre à jour le modèle de M. Morgan, parce qu’il utilisait les taux de change de 2013. Nous savions que le monde avait beaucoup changé depuis qu’il avait créé son modèle, alors nous avons commandé une étude portant sur ce modèle, mais aussi sur d’autres modèles, y compris celui du Québec et celui de l’Île-du-Prince-Édouard, par exemple.
Nous voulions seulement faire ressortir des faits. Ce n’était pas un document énonçant notre position. Nous n’avons pas fait de recommandation. Nous voulions seulement nous assurer que les décideurs auraient accès à des données pertinentes.
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Lib. (ON)
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2016-05-16 16:49
Ma deuxième question porte sur le rapport intitulé Pharmacare Costing in Canada. On y déclare qu'un programme national d'assurance-médicaments empêcherait les pharmaciens de bien servir les patients. Quand j'ai demandé ce que cela signifiait à l'auteur du rapport, il m'a expliqué qu'à d'autres endroits où les régimes publics ne payent pas les pharmaciens aussi bien que les régimes privés, les pharmaciens retiennent leurs services.
Je dois vous poser la question suivante, vous qui êtes le chef de votre association. Si nous adoptons un programme national d'assurance-médicaments, ordonnerez-vous vraiment aux pharmaciens canadiens de ne pas fournir tous leurs services, plutôt que de négocier avec le gouvernement dans le but de trouver une rémunération juste et honnête?
Perry Eisenschmid
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Perry Eisenschmid
2016-05-16 16:49
Bien sûr que non.
Je pense que vous confondez encore les associations. Nous représentons les pharmaciens typiquement rémunérés à l'heure ou salariés qui travaillent dans les pharmacies. Ils ne négocient pas avec le gouvernement pour établir leurs conditions de travail ou leur rémunération.
Perry Eisenschmid
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Perry Eisenschmid
2016-05-16 16:50
C'est le point de vue du chercheur.
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Lib. (ON)
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2016-05-16 16:51
Il y a donc des solutions qui permettent aux pharmaciens de continuer à offrir des services aux Canadiens tout en étant bien rémunérés. Nous disposons de différentes façons de payer les services.
Ainsi, de façon générale, vous appuyez l'affirmation selon laquelle un modèle de liste des médicaments fermée ne nuit pas à la santé des Canadiens.
Perry Eisenschmid
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Perry Eisenschmid
2016-05-16 16:51
Ce type de modèle n'est pas toujours nuisible.
Je le répète, nous ne sommes ni pour ni contre un programme entièrement payé par l'État. Nous voulions présenter les faits. Tout programme national d'assurance-médicaments peut fonctionner efficacement, pourvu qu'il vise non seulement la réduction des coûts, mais aussi le bien-être des patients.
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Lib. (ON)
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2016-05-16 16:52
Je tiens à dire que vos documents présentent le régime national d'assurance-médicaments sous un jour très défavorable. Que ce soit votre intention ou non, vous semblez vous y opposer, ce qui est une position difficile pour votre association et vos membres, à mon avis.
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PCC (AB)
D'accord.
À votre avis, combien coûterait la nationalisation de la gamme complète des services offerts actuellement par les pharmaciens dans le cadre du régime privé? Vous avez dit 6,6 milliards de dollars. Pensez-vous que cette somme comprend tout?
Perry Eisenschmid
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Perry Eisenschmid
2016-05-16 16:57
Ce n'est pas une question de ce que je pense. C'est l'expert-conseil spécialisé dans le domaine qui était d'avis que c'était le bon chiffre, et nous n'avons aucune raison d'en douter.
Perry Eisenschmid
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Perry Eisenschmid
2016-05-16 16:57
Ce n'est pas pour les services offerts par les pharmaciens. Il y a une discussion distincte à ce sujet; j'en ai parlé brièvement. On n'a pas évalué le coût des services offerts par les pharmaciens. La somme comprend la gestion des médicaments et le respect des ordonnances.
Voir le profil de Rachael Harder
PCC (AB)
Oui. Il faudrait en tenir compte dans un programme d'assurance-médicaments, non?
Perry Eisenschmid
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Perry Eisenschmid
2016-05-16 16:57
Pas nécessairement, mais nous vous le recommandons fortement. Un programme national d'assurance-médicaments ne vaut pas grand-chose si on ne veille pas à ce que les gens utilisent convenablement les médicaments.
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