Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec un autre député.
C'est un véritable honneur pour moi de représenter les résidants de Saint-Boniface—Saint-Vital qui, le 19 octobre dernier, ont voté avec conviction pour changer ensemble.
La circonscription de Saint-Boniface—Saint-Vital est le berceau et la dernière demeure du père du Manitoba et chef des Métis, Louis Riel. M. Riel est bien connu, mais outre ce chef, des milliers de Métis moins connus ou parfaitement inconnus sont nés, ont grandi, ont vécu, ont travaillé et sont enterrés dans les cimetières qui se trouvent le long de la rivière Rouge, dans la circonscription de Saint-Boniface—Saint-Vital.
Je suis fier de dire que de nombreux citoyens, jeunes ou vieux, se réclament aujourd'hui de l'identité métisse, une identité qui, au cours de l'histoire, a été réprimée et enlevée à ses détenteurs par les autorités du Manitoba.
Saint-Boniface—Saint-Vital, c'est aussi une communauté franco-métisse, qui est sans doute la plus vibrante dans tout l'Ouest canadien. Des institutions comme l'Université de Saint-Boniface, le Centre culturel franco-manitobain, le Cercle Molière, la Maison Gabrielle-Roy, la Maison Riel, le Musée de Saint-Boniface et l'Union nationale métisse, parmi beaucoup d'autres, nous garantissent que la population pourra vivre fière et francophone dans l'avenir.
Saint Boniface—Saint Vital est aussi l'une des circonscriptions les plus diversifiées de Winnipeg. Nous avons des quartiers historiques parmi les plus anciens de la ville. Les habitants de certains quartiers connaissent de sérieuses difficultés d'argent alors que ceux d'autres quartiers comptent parmi les mieux nantis de la ville.
L'immigration a été une force positive dans ma circonscription. Un grand nombre de collectivités et de quartiers se targuent de compter une grande diversité de néo-Canadiens, dont beaucoup sont d'origine sikhe ou indienne et beaucoup viennent de l'Europe de l'Est.
De plus en plus d'Africains parlant français demeurent à Saint-Boniface parce qu'ils veulent étudier à l'Université de Saint-Boniface. Ce ne sont que des bonnes nouvelles, et j'espère que cela continuera ainsi longtemps.
Tout cela pour dire que les résidants de Saint Boniface—Saint Vital ont voté massivement en faveur d'une reconstruction des villes grâce au programme d'infrastructure annoncé dans le discours du Trône, qui est le plus vaste jamais entrepris au Canada. Les gens de ma région ont voté massivement en faveur d'un renouvellement de la classe moyenne grâce à un allégement fiscal destiné à cette classe, comme l'indique le discours du Trône. Ils ont voté pour une Allocation canadienne aux enfants plus généreuse et non imposable, qui tirera plus de 300 000 enfants de la pauvreté. Les gens de ma circonscription se sont prononcés pour un Canada qui reconnaît que les changements climatiques sont bien réels et qu'il faut s'y attaquer de façon globale et intelligente, afin que les futurs citoyens, nos enfants et petits-enfants, ne fassent pas les frais de la politique à courte vue d'aujourd'hui.
Ma longue expérience de conseiller municipal me permet d'affirmer à mes collègues que les villes de tous les coins du pays ont désespérément besoin de financement pour les infrastructures de base. Les routes régionales, les rues des quartiers résidentiels, les trottoirs, les ruelles, les ponts, l'infrastructure souterraine et les centres communautaires, entre autres, ont tous besoin des investissements du gouvernement fédéral.
Je vais donner aux députés un exemple d'actualité en leur parlant de Winnipeg.
La Ville consacre plus de 1 milliard de dollars par année à l'infrastructure souterraine et de surface, ce qui est loin d'être suffisant. Un rapport, qui date maintenant de plusieurs années, disait que la Ville devrait dépenser 400 millions de dollars de plus par année juste pour maintenir l'infrastructure dans son état actuel. Je répète que cela ne permettrait pas d'améliorer l'infrastructure, mais l'empêcherait de se détériorer davantage.
Le moment est propice aux investissements fédéraux dans l'infrastructure du Canada et je suis fier que le discours du Trône parle d'aller de l'avant en ce sens. Nous créerons des milliers d'emplois dans le secteur de la construction dans toutes les régions de notre grand pays et, les taux d'intérêt n'ayant jamais été aussi bas, il n'y a jamais eu meilleur moment pour emprunter pour investir dans l'infrastructure publique.
Les citoyens de ma circonscription ont aussi voté pour qu'il y ait du leadership dans le développement et l'amélioration de la relation avec les Métis, les Premières Nations et les Inuits. Que nous l'admettions ou non, il y a trop de citoyens autochtones dans les statistiques sur la pauvreté, dans les files de chômeurs, dans les rangs des assistés sociaux, dans les hôpitaux et dans les services d'aide à l'enfance. Nous devons renverser la vapeur. En collaboration avec les communautés et les dirigeants autochtones, le Canada doit travailler à améliorer les soins de santé, les services d'éducation et la situation de l'emploi chez les Autochtones.
La ville que je représente est la capitale autochtone du Canada. Nous avons plus de Métis, de membres des Premières Nations et d'Inuits à Winnipeg aujourd'hui qu'il y en a en tout au Nunavut, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Yukon. Actuellement, les populations ayant la croissance la plus rapide à Winnipeg sont les jeunes Métis, les jeunes des Premières Nations et les jeunes Inuits. Le Canada doit établir un partenariat de nation à nation afin de créer des débouchés pour ces jeunes Autochtones. Le discours du Trône précise le cadre dans lequel nous pourrons relever ces défis.
Les citoyens de Saint-Boniface—Saint-Vital ont voté pour que le gouvernement du Canada propose enfin un moyen de régler la question des revendications territoriales de 1870 des Métis du Manitoba conformément à la décision de la Cour suprême, qui était claire et sans équivoque. La Cour a statué que le gouvernement du Canada a agi à l'époque de manière incompatible avec l'honneur de la Couronne lorsqu'il a bâclé la répartition des terres aux familles métisses négociée par le gouvernement provisoire à l'entrée du Manitoba dans la Confédération. Grâce à un leadership fort et à 30 années de contestation de la Fédération des Métis du Manitoba, nous avons maintenant une décision judiciaire claire, et le gouvernement fédéral promet de respecter la décision de la Cour suprême. Je suis fier d'être membre de ce gouvernement.
Les résidants de Saint-Boniface—Saint-Vital ont aussi voté en faveur de la justice pour la nation métisse au Manitoba et au Canada et pour un gouvernement fédéral qui suivra un chemin critique afin de résoudre les revendications territoriales datant de 1870, tel que décrété par la Cour suprême en 2013. L'emploi est un enjeu de grande importance pour les jeunes Métis, et notre peuple demande mieux du gouvernement fédéral.
Le discours du Trône a établi un parcours positif et encourageant, soulignant de nombreux éléments dont j'ai parlé. Je suis fier d'appuyer ces initiatives importantes. Les résidants de ma circonscription sont heureux que notre grand pays se dirige enfin vers un plan positif qui créera des emplois, rebâtira nos villes et nos communautés et luttera contre la pauvreté et les changements climatiques.
Le discours du Trône de 2015 présente un programme positif et optimiste. Il donne un aperçu des mesures qui seront prises pour concrétiser bon nombre des initiatives que j'ai mentionnées.
Je suis fier d'appuyer ces initiatives importantes, et les gens que je représente sont fiers que notre grand pays s'engage dans la bonne direction pour créer des emplois, rebâtir des villes, lutter contre la pauvreté, résoudre les questions autochtones et s'attaquer aux changements climatiques.
Je tiens à préciser que je partage mon temps de parole avec le député de Steveston—Richmond-Est.