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Lib. (MB)
Monsieur le Président, le 20 mai, notre hebdomadaire franco-manitobain La Liberté fêtera son 105e anniversaire.
Lauréat de nombreux prix nationaux, tels des prix d'excellence de l'Association de la presse francophone et des Canadian Community Newspaper Awards, La Liberté est un leader national, mais c'est par son rôle communautaire qu'il se démarque.
Ses partenariats avec la Division scolaire franco-manitobaine et le Collège Louis-Riel, et notamment ses pages « Dans nos écoles » nous offrent un portrait de notre génération future grandissante et inspirante. Les publireportages nous font découvrir la vitalité et la diversité de nos organisations francophones.
La Liberté raconte notre histoire et nous offre une perspective propre à notre communauté. Notre journal n'est pas une version française des nouvelles du jour, mais un véritable reflet de notre communauté d'expression française dans toutes ses couleurs et toutes ses perspectives.
Bonne fête à La Liberté!
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Lib. (MB)
Monsieur le Président, comme c'est toujours le cas, c'est un grand honneur pour moi de prendre la parole à la Chambre pour appuyer cette importante motion. J'aimerais remercier mon collègue de Timmins—Baie James d'avoir présenté cette importante motion et d'avoir fait ce discours percutant ce matin.
Avant de commencer, j'aimerais signaler que je partagerai mon temps de parole avec la députée de Labrador, avec qui je siège au caucus autochtone et qui a consacré sa vie à la promotion des droits des Autochtones et à la réconciliation.
La réconciliation est un processus complexe et extrêmement important dans lequel chaque Canadien a un rôle à jouer, selon moi. La réconciliation commence par le respect. Nous devons respecter les cultures, les langues, les traditions et les identités distinctes des uns et des autres pour progresser vers la réconciliation.
Le débat d'aujourd'hui est motivé par la réconciliation. En 2015, le premier ministre a affirmé que, en partenariat avec les nations autochtones, les provinces, les territoires et d'autres partenaires importants, il allait mettre en oeuvre l'ensemble des appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada. Je sais qu'en tant que gouvernement, nous sommes toujours déterminés à réaliser cette promesse et que nous devons le faire correctement.
Tous les appels à l'action ne peuvent pas être mis en oeuvre facilement ou rapidement. Nous ne devons pas considérer les appels à l'action comme une simple liste de tâches à accomplir, mais bien comme un véritable cheminement vers la réconciliation.
Le premier ministre s'est engagé à travailler avec tous les autres partenaires importants, y compris l'Église catholique et le pape, pour mener à bien ces appels à l'action. La demande exprimée dans l'appel à l'action no 58 du rapport de la Commission de vérité et réconciliation est très claire et réfléchie:
Nous demandons au pape de présenter, au nom de l'Église catholique romaine, des excuses aux survivants, à leurs familles ainsi qu'aux collectivités concernées pour les mauvais traitements sur les plans spirituel, culturel, émotionnel, physique et sexuel que les enfants des Premières Nations, des Inuits et des Métis ont subis dans les pensionnats dirigés par l'Église catholique.
Notre premier ministre a travaillé avec diligence pour essayer d'obtenir des excuses de l'Église. Il a demandé des excuses en personne au pape lors d'une audience privée. Il est toutefois malheureux qu'au cours des dernières semaines, nous ayons constaté une réticence de la part de l'Église à présenter de telles excuses.
J'aimerais mettre l'accent, pendant le peu de temps dont je dispose, sur le processus de guérison par lequel nos communautés doivent passer pour travailler à la réconciliation. Il est important de rappeler aux gens l'histoire des pensionnats autochtones et du génocide culturel que le gouvernement du Canada a mené par le biais de ses diverses politiques et lois, tout cela dans le dessein de détruire la spiritualité et les différentes cultures des peuples autochtones.
Les pensionnats représentaient l'un des outils de ce génocide et ils étaient conçus pour « tuer l'Indien dans le cœur de l'enfant ». Le rôle de l'Église catholique et des autres confessions chrétiennes dans les pensionnats est indéniable. Même s’ils étaient financés par le gouvernement fédéral, ils étaient presque exclusivement dirigés par des Églises et des ordres religieux. Les pensionnats ont été créés parce que le gouvernement et les Églises croyaient que les enfants autochtones devaient être endoctrinés pour qu'ils en viennent à assimiler le mode de vie euro-canadien et chrétien ainsi que la culture canadienne dominante.
Les enfants autochtones n'avaient pas le droit de parler leur langue ou de pratiquer leurs coutumes spirituelles et ancestrales. La spiritualité ancestrale de nombreux élèves a été remplacée de force par le christianisme.
Quand il est question des pensionnats, nous négligeons souvent de parler de l'impact de leur assimilation forcée à un milieu chrétien et de la perte des connaissances spirituelles ancestrales. Il n'est pas étonnant que le christianisme et ses enseignements aient constitué un aspect fondamental des pensionnats, puisque ces derniers étaient dirigés par des Églises et des ordres religieux. Il est question, dans le rapport de la Commission de vérité et réconciliation, de la violence spirituelle endurée par les élèves dans les pensionnats. On y indique que les enseignants chrétiens considéraient les élèves comme des païens de race inférieure ayant besoin d'être élevés par le christianisme. Les élèves ont ainsi appris à rejeter les traditions et croyances spirituelles ancestrales de leur famille et de leur communauté en faveur des religions chrétiennes.
La Commission d'enquête sur l'administration de la justice et les Autochtones du Manitoba, qui a été établie à la fin des années 1980, si je ne m'abuse, a aussi écrit au sujet des répercussions de l'assimilation spirituelle forcée dans les pensionnats autochtones et cité le grand chef Dave Courchene père. Celui-ci a tenu les propos suivants: « Les pensionnats autochtones ont enseigné aux jeunes à se détester. Il s'agit de mauvais traitements infligés aux enfants [...] Un trop grand nombre d'Autochtones ont entendu et porté le message. »
On peut aussi lire ce qui suit dans le rapport de la Commission d'enquête sur l'administration de la justice et les Autochtones:
Aujourd'hui, beaucoup de parents et de grands-parents autochtones sont le fruit du système des pensionnats autochtones. Ils ont été privés de l'occasion d'acquérir des compétences parentales, ce qui est habituellement un aspect important de la formation reçue par les enfants dans les familles autochtones, car ils ont été enlevés de leur famille et de leur communauté et les pensionnats autochtones portaient peu d'attention à cette question. Aucune compétence parentale n'a été observée ou enseignée dans ces institutions. Traditionnellement, les enfants autochtones apprennent leurs compétences parentales en observant leurs parents et en recevant des instructions de ceux-ci, au jour le jour. Plusieurs générations de parents autochtones ont été privées de ce processus d'apprentissage.
Les violences et l’assimilation forcée ont provoqué un traumatisme intergénérationnel, et c’est là l’héritage durable du système des pensionnats autochtones. En privant les enfants de leurs structures familiales traditionnelles et en les soumettant à la violence, aux abus, à l’assimilation forcée des valeurs et des cultures eurocanadiennes, on a créé un cycle de violence qui continue de briser de trop nombreuses familles autochtones encore aujourd’hui. Les abus dont ont été victimes les enfants dans les pensionnats autochtones sont aussi indéniables qu’ils sont scandaleusement cruels et non mérités. Ces jeunes enfants autochtones, inuits et métis méritaient beaucoup plus de la part du gouvernement.
Je reviens à la réconciliation et à la nécessité de guérir nos communautés et leurs membres. C’est uniquement par la guérison et la pleine réconciliation que nous réussirons à apporter la paix aux communautés autochtones et à briser le cycle de la violence qui se manifeste encore trop souvent.
Le gouvernement peut jouer un rôle pour favoriser la revitalisation de la culture autochtone en donnant aux peuples autochtones l’autonomie et les outils dont ils ont besoin pour apprendre leur culture, leur langue et leurs croyances traditionnelles. Quand il est question de guérison, le gouvernement ne peut nier le simple pouvoir d’une excuse. Le gouvernement s’est officiellement excusé pour le rôle qu’il a joué, mais il n’était pas l’unique institution responsable. Tous les acteurs doivent présenter leurs excuses pour le rôle qu’ils ont joué dans ces pensionnats, comme l’ont déjà fait les Églises protestantes.
Il faut absolument adopter une approche basée sur les survivants en ce qui concerne la guérison. Nous devons écouter les survivants des pensionnats indiens et leurs familles lorsque nous prenons des décisions relatives à la réconciliation. C'est ce qu'ont fait les commissaires de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, et cet exercice a mené au rapport de la Commission et aux appels à l'action.
Ces appels à l'action tiennent compte non seulement des souhaits des survivants, mais également de leurs besoins. Ils tiennent compte de ce dont ils ont besoin pour cheminer dans le processus de guérison.
En terminant, il est très clair que les survivants exigent des excuses et qu’ils les méritent. C’est pourquoi j’appuie cette motion aujourd’hui, qui demande au pape de présenter des excuses officielles aux survivants des pensionnats et à leurs familles.
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Lib. (MB)
Monsieur le Président, je n’accepte pas les sous-entendus de cette question. Je ne trouve pas que nous avons échoué. Nous avons 94 appels à l’action. Le premier ministre et le gouvernement sont absolument résolus à répondre à chacun d’eux, et nous assumons à l’heure actuelle la concrétisation de recommandations très importantes. Je siège au comité des affaires autochtones et du Nord. Nous y débattons du bien-fondé de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Notre débat est très approfondi. Les témoins entendus sont des experts juridiques. Nous considérons la Déclaration comme une recommandation cruciale. Nous devons cependant consacrer le temps voulu pour bien faire les choses. Il nous serait impossible de régler les 94 appels à l’action pendant notre premier mandat. Ce processus se poursuivra pendant le deuxième mandat.
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Lib. (MB)
Je suis tout à fait d’accord, monsieur le Président. J’ai honte d’avouer que dans ma province, le Manitoba, plus de 10 000 enfants autochtones sont pris en charge par les services à l'enfance et à la famille. J’en suis honteux. Nous devrions tous avoir honte.
Le gouvernement considère ce problème comme sa priorité. La ministre des Services aux Autochtones nous a aidés à établir un plan de collaboration avec le gouvernement provincial et avec des organismes de protection de l’enfance pour corriger ce problème. En fin de compte, le gouvernement ne pourra pas se vanter de l’avoir corrigé. Nous le devrons aux gens sur le terrain, aux familles et aux communautés de tout le pays, Manitoba inclus. Il faut donc que nous investissions environ la moitié des fonds dans la prévention, et non dans les prises en charge. Il faut que nous investissions dans le développement communautaire. Il faut que nous éduquions les jeunes parents, ces jeunes pères et mères, et que nous renforcions les capacités des communautés autochtones de tout le pays.
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Lib. (MB)
Monsieur le Président, lors des dernières élections, notre parti s'est engagé à renouveler notre relation de nation à nation avec les peuples autochtones.
Au Manitoba, la caserne Kapyong a été déclarée excédentaire par le ministère de la Défense en 2001. Le site de plus de 65 hectares compte 40 bâtiments. Contrairement au gouvernement précédent, nous envisageons la réconciliation au moyen d'une approche pangouvernementale.
Le premier ministre peut-il décrire à la Chambre le rôle du ministère de la Défense nationale et du gouvernement dans la réconciliation avec les Premières Nations au Canada?
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Lib. (MB)
Monsieur le Président, ce samedi, dans ma circonscription, Saint-Boniface—Saint-Vital, aura lieu un grand événement: le 30e anniversaire du Centre de recherche Albrechtsen de l'Hôpital Saint-Boniface.
On dit souvent du Centre qu'il est de classe mondiale parce qu'il réussit à attirer les meilleurs chercheurs de la planète et parce qu'il a plusieurs percées scientifiques d'importance à son actif, comme l'antibiotique PEG-2S, qu'il a découvert dernièrement et qui contribue à la lutte mondiale contre les bactéries résistantes aux antibiotiques.
Depuis ses débuts, le Centre de recherche Albrechtsen vise l'excellence. Dirigé, à ses débuts, par le Dr John Foerster et, maintenant, par le Dr Grant Pierce, le centre innove à l'échelle mondiale dans la recherche cardiovasculaire, les maladies neurodégénératives et l'agroalimentaire.
Je suis vraiment déçu de ne pas pouvoir être là samedi, mais je célébrerai avec eux en pensée.
Joyeux 30e anniversaire au Centre de recherche Albrechtsen de l'Hôpital Saint-Boniface.
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Lib. (MB)
Monsieur le Président,
Vous verrez à la mi-avril, Winnipeg sera vêtue de blanc.La place Bell MTS sera rayonnante, la victoire, éclatante.
Après un hiver qui semblait interminable, parfois même infernalUne autre tempête hivernale est attendue dans ma ville natale
Notre chant de prédilection « À nous la coupe Stanley »résonnera pour Wheeler, Laine, Hellebuyck, Scheifele et leurs coéquipiers.
La ténacité de Perreault et de ses coéquipiers nous fait sourireEt la jeunesse de l'équipe promet un bel avenir
Depuis des semaines à Winnipeg retentissent de vives acclamations,pour l'équipe de Jones au curling, ou au hockey féminin, les Bisons.Monsieur le Président, nous sommes prêts pour l'apothéose,tous ensemble debout, criant haut et fort « Go Jets go »!
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Lib. (MB)
Madame la Présidente, c’est toujours intéressant d’entendre des députés qui étaient précédemment au pouvoir raconter leurs souvenirs des jours de gloire du gouvernement de Stephen Harper. Ce qu’ils ne nous disent pas, c’est que durant ces jours de gloire, ces 10 années au pouvoir de Stephen Harper, ils ont accusé la plus faible croissance du PIB depuis la crise des années 1930. Ils ont accusé des déficits. Ils affirment avec véhémence être contre les déficits quand ils forment l’opposition, mais quand ils formaient le gouvernement, ils ont accusé des déficits neuf années sur 10, et ils ont eu le taux de création d’emplois le plus pitoyable depuis les années 1950.
Le député se rend-il compte qu’au cours des deux dernières années, il s'est créé plus de 600 000 emplois au pays? Est-il conscient du fait que le chômage est à son taux le plus faible en 40 ans? Se rend-il compte que durant le dernier voyage en Inde, des accords commerciaux représentant plus d’un milliard de dollars ont été conclus entre le Canada et l’Inde, ajoutant encore 6 000 emplois à plein temps, bien payés, dans notre pays?
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Lib. (MB)
Monsieur le Président, la communauté francophone de Saint-Boniface—Saint-Vital est une des plus vibrantes au Canada. Dans les écoles et les centres communautaires, les communautés francophones en milieu minoritaire continuent à travailler pour que le monde puisse vivre en français. Dans le budget de 2018 on a annoncé l'octroi de 400 millions de dollars pour soutenir la vitalité de nos langues officielles, notamment en s'attaquant aux priorités telles que l'immigration, l'éducation et les médias.
La ministre du Patrimoine canadien peut-elle faire le point sur les projets de notre gouvernement en matière de langues officielles?
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Lib. (MB)
Monsieur le Président, du 16 au 25 février, c'est le temps de fêter et chanter de bon coeur à Saint-Boniface—Saint-Vital. Depuis des mois, Léo La Tuque, la mascotte du Festival du voyageur, et son équipe hivernale travaillent fort pour préparer le terrain de ce grand festival au coeur de Winnipeg.
Tandis que les quelque 150 artistes et musiciens les feront bouger, les festivaliers pourront se régaler de savoureux mets canadiens-français traditionnels. Le plus grand festival d'hiver de l'Ouest canadien n'a pas son égal.
Alors prenons notre ceinture fléchée, notre bâton de tire et notre caribou et allons célébrer toute notre histoire au Festival du voyageur! Hé ho!
Des voix: Hé ho!
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Lib. (MB)
Monsieur le Président, je ressens une grande fierté chaque fois que j'interviens à la Chambre. Je suis fier de représenter la circonscription de Saint-Boniface—Saint-Vital et d'être un député issu de la nation métisse.
Lorsque je prends la parole, je pense souvent à Louis Riel, qui est né et a été inhumé à Saint-Boniface. Riel ne s'est jamais vu offrir le privilège qu'on m'accorde. En effet, bien qu'il ait été démocratiquement élu à titre de député pour la circonscription de Provencher, non pas à une, ni à deux, mais à trois occasions, jamais on ne lui a permis de siéger officiellement à la Chambre.
Aujourd'hui, la veille du Jour de Louis Riel au Manitoba, je pense au traitement que le système de justice canadien a réservé à Louis Riel. Accusé de haute trahison parce qu'il avait défendu les droits des Métis de la Saskatchewan, Riel a été condamné à mort par un jury composé de six hommes protestants de descendance anglaise et écossaise.
Plus de 130 ans plus tard, le Canada a beaucoup changé, mais l'héritage colonial de racisme systémique se fait toujours sentir dans nos institutions.
Le Comité permanent du patrimoine canadien a présenté récemment à la Chambre son rapport sur les formes de racisme et de discrimination religieuse systémiques. J'ai eu l'honneur de siéger à ce comité durant son étude, et j'ai entendu des universitaires et des militants autochtones parler en détail du racisme systémique qui existe dans notre pays aujourd'hui. Il ne fait aucun doute que le racisme systémique est présent aujourd'hui.
Dans le cadre de l'étude de la motion M-103, le sénateur Sinclair, qui a comparu comme témoin, a affirmé que « le racisme systémique est le racisme qui reste après qu'on s'est débarrassé des racistes ».
Les régimes, les politiques et les procédures en place au sein des institutions canadiennes sont très souvent par nature discriminatoires parce qu'ils sont fondés sur notre histoire et nos cultures coloniales.
C'est l'aspect systémique de ce racisme qui mène à une plus grande probabilité pour les Autochtones de se voir refuser la mise en liberté sous caution. C'est aussi le racisme systémique qui explique pourquoi les Autochtones passent plus de temps en détention avant procès. C'est le racisme systémique qui fait en sorte que les prévenus autochtones sont plus souvent accusés d'infractions multiples que les prévenus non autochtones. C'est aussi la raison pour laquelle les Autochtones sont plus de deux fois plus susceptibles d'être incarcérés.
Les statistiques révèlent la réalité troublante qui est vécue par les Autochtones dans le système de justice. Dans ma province, le Manitoba, plus de 70 % des détenus s'identifient comme Autochtones. Pourtant, les Autochtones ne représentent que 15 % de la population du Manitoba.
Les Autochtones ne sont pas enclins naturellement à la violence ou à la délinquance, pas plus que les autres groupes de la population. Rien dans la culture autochtone ne les y prédispose. Rien dans la nature humaine n'y prédispose. Nous devons nous rendre à l'évidence: la longue histoire coloniale du Canada a conduit à la discrimination et aux inégalités sociales. Les origines de la criminalité doivent être étudiées dans ce contexte. La pauvreté, la marginalisation et la criminalité sont liées, mais ces facteurs trouvent, encore une fois, leur origine dans un racisme systémique.
Le système judiciaire lui-même a contribué historiquement à la pauvreté dans les communautés autochtones de bien des manières, en ne les aidant pas à faire respecter leurs droits issus des traités ainsi que d'autres droits, notamment. La marginalisation des populations autochtones est le résultat des efforts systémiques du gouvernement. Il suffit de se rappeler les pensionnats autochtones. Plutôt que respecter les droits inhérents et issus des traités des peuples autochtones, le gouvernement du moment a essayé de les assimiler.
En continuant de nier aux Autochtones leurs droits inhérents et issus des traités, nous avons perpétué un cycle de pauvreté et de marginalisation pendant des générations.
Les séquelles laissées par les pensionnats indiens se font encore sentir vivement dans nos communautés autochtones. Le premier ministre John A. Macdonald avait dit qu'il fallait « tuer l'Indien dans l'enfant », autrement dit, enlever l'enfant de sa culture, de sa langue et de ses traditions. Les sévices et les traumatismes qu'ont subis les survivants des pensionnats autochtones ont des conséquences à long terme dans leur propre vie, ainsi que dans la vie de leurs descendants et sur la santé de leurs communautés.
Ce déni de culture est toujours bien vivant aujourd'hui. Nous ne savons pas quelles seront les conséquences à long terme de la crise actuelle sur les services de protection de l'enfance, mais nous savons que les enfants autochtones partout au pays sont plus susceptibles d'être appréhendés et placés en foyer d'accueil que les autres.
Dans ma propre province, et c'est triste, il y a plus 12 000 enfants autochtones en foyer d'accueil. Trop souvent, ils ne sont pas placés dans des maisons adaptées à leur culture. Au contraire, ce système entretient le phénomène d'assimilation que les populations autochtones ont connu au cours de leur histoire. Cette crise a souvent été décrite comme la nouvelle version de la rafle des années 1960, une autre injustice historique perpétrée par les gouvernements et le colonialisme.
Cela me fait de la peine de le dire, mais il y a des gens au Canada qui ont grandi dans la crainte des Autochtones, et plus particulièrement des hommes autochtones. Cette crainte leur a été apprise. La haine est un comportement acquis.
Le nombre de crimes haineux perpétrés contre les Autochtones au pays demeure extrêmement élevé. De plus, ce qui complique les choses, c'est que le signalement des crimes haineux est sporadique. Trop souvent, les victimes sont réticentes à signaler les crimes haineux aux organismes d'application de la loi, si bien que nous sommes incapables d'avoir un compte rendu exact des crimes haineux et de la violence motivée par la haine au Canada. Le non-signalement est un problème grave chez les Autochtones, et il est attribuable à leur manque de confiance envers les organismes d'application de la loi.
Il est inacceptable que, au Canada, les hommes et les femmes autochtones soient plus susceptibles d'être victimes de violence ou de meurtre. En 2015, 25 % des victimes de meurtre étaient autochtones. Le taux de victimes de crimes violents chez les femmes autochtones est deux fois plus élevé que chez les femmes non autochtones. Trop de familles subissent le traumatisme et la douleur de la perte d'un être cher à cause de la violence. Je ne veux certainement pas présumer des résultats du travail de la commission d'enquête sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, mais j'espère qu'il mènera à des mesures concrètes en vue de mettre fin à cette tragédie qui se poursuit.
L'une des choses les plus frustrantes, dans le présent débat, c'est que les problèmes soulevés n'ont rien de nouveau. En 1988, le gouvernement du Manitoba a institué la Commission d'enquête sur l'administration de la justice et les Autochtones. Le rapport, publié en 1991 et corédigé par le sénateur Murray Sinclair, du Manitoba, traite de bon nombre des problèmes dont nous discutons ce soir. J'invite tous les députés à le lire.
Toutefois, nous avançons sur la voie de la réconciliation, et je dois terminer mon discours sur une note d'espoir, car j'ai de l'espoir. Malgré toute la tristesse, la colère et la frustration que je ressens, j'ai sincèrement de l'espoir. C'est un enjeu qui nous concerne tous, peu importe qu'on soit libéral ou conservateur, autochtone ou non autochtone. C'est une question qui nous touche tous, et c'est ensemble que nous devons trouver une solution.
Les peuples autochtones du Canada méritent mieux. Je crois profondément que les mesures prises par le gouvernement contribuent à améliorer la vie des peuples autochtones partout au pays. J'ai été très fier d'entendre le premier ministre parler aujourd'hui de la création, en collaboration avec les peuples autochtones, d'un nouveau cadre axé sur les droits. Il s'agit d'une stratégie globale qui nous permettra de reconnaître et de mettre en oeuvre pleinement les droits des Autochtones.
En définitive, nous ne pouvons pas résoudre les problèmes de violence systémique au sein de nos institutions sans permettre l'autodétermination des peuples autochtones. Il s'agit d'une étape importante pour atteindre cet objectif. De plus, la ministre de la Justice a entamé un vaste examen du système de justice pénale, qui comprendra un examen de la participation autochtone au sein du système de justice.
Enfin, avant de répondre aux questions, j'aimerais remercier la famille et les proches de Colten Boushie qui ont pris le temps de me rencontrer hier. Je partage leur chagrin à la suite de la mort de leur proche. Aucune famille ne devrait avoir à vivre avec la douleur causée par la perte d'un proche due à la violence.
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Lib. (MB)
Monsieur le Président, je crois fermement — comme tous les députés d'ailleurs, j'en suis sûr — que l'éducation pave la voie vers une vie meilleure lorsqu'elle est respectueuse du patrimoine culturel des peuples autochtones et lorsqu'elle respecte les langues autochtones des Métis, des Premières Nations et des Inuits canadiens.
Je suis très fier de ce que le gouvernement entend accomplir. Nous allons investir plus de 2,6 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années dans l'éducation des Autochtones, dans l'éducation des Premières Nations, et nous croyons qu'il s'agit d'un premier pas concret. Cependant, il reste beaucoup de travail à accomplir, et nous sommes résolus à faire le nécessaire, en collaboration avec les Premières Nations, les Métis et les Inuits.
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Lib. (MB)
Monsieur le Président, il est assez évident que le député d'en face n'était pas présent à la Chambre aujourd'hui pour entendre l'annonce et le discours importants qu'a faits ce soir la ministre de la Justice sur ce que...
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Lib. (MB)
Monsieur le Président, permettez-moi de reformuler ma phrase. Il est assez évident que le député d'en face était distrait lorsque le premier ministre a parlé aujourd'hui avec beaucoup d'enthousiasme du nouveau cadre concernant les droits que nous allons mettre de l'avant en partenariat avec les Autochtones, les Métis et les Inuits. Il m'apparaît très évident que le député d'en face était distrait lorsque, il y a une demi-heure, la ministre de la Justice a parlé avec beaucoup d'enthousiasme de la nécessité de mieux définir les droits prévus à l'article 35 de la Constitution canadienne.
Le contenu de l'article 35 aurait dû être défini il y a longtemps. Nous sommes résolus à collaborer avec les Autochtones d'un bout à l'autre du pays pour définir les droits prévus à cet article. Nos efforts en ce sens commencent dès maintenant, et nous sommes totalement résolus à obtenir des résultats.
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Lib. (MB)
Monsieur le Président, je vais répéter une affirmation à laquelle souscrivent tous les députés ici présents: l'éducation est la clé d'un avenir meilleur.
Je sais que nous avons fait du bon travail à cet égard dans ma province, le Manitoba. Le gouvernement a récemment signé une entente avec les autorités scolaires des Premières Nations — qui, si je ne m'abuse, représentent une douzaine de Premières Nations du Manitoba —, afin de leur permettre de contrôler leur propre enseignement et de créer un programme pour les élèves de ces écoles.
Nous devons continuer de converser et de négocier de bonne foi. Nous devons écouter. L'une des choses les plus difficiles à faire dans ce travail, c'est d'écouter, d'écouter attentivement et sans interrompre, et d'essayer de trouver cet espace commun où chaque partie pourra trouver son profit. Je crois que c'est ce que veut dire le fait de « négocier de nation à nation », et nous sommes déterminés à avancer dans cette direction.
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