Interventions à la Chambre des communes
 
 
 
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PCC (QC)
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2019-06-12 18:20 [p.29026]
Madame la Présidente, je suis très heureux de prendre la parole à la Chambre. Comme d’habitude, j’aimerais saluer tous les citoyens et les citoyennes de Beauport—Limoilou qui nous écoutent présentement. Nous avons eu l’honneur de nous rencontrer, par milliers, en fin de semaine, au Grand bazar du Vieux-Limoilou, où j'avais un kiosque, en tant que député. C’était une très belle fête à l’extérieur, et le beau temps était présent.
Avant de discuter de la motion, j’aimerais dire aux citoyens de Beauport—Limoilou que nous pourrons nous rencontrer tout au long de l'été, lors des activités ou des festivals qui se tiendront à Beauport ou à Limoilou. Comme chaque année, je vais tenir, au mois d’août, la Fête de l’été du député, où plusieurs milliers de personnes viennent me rencontrer. Souvent, nous dégustons ensemble des hot dogs, des croustilles et du blé d’Inde de l’île d’Orléans. C’est pour nous une chance de nous rencontrer, de discuter des enjeux de la circonscription et de faire part des services que mon bureau peut donner en ce qui a trait au gouvernement fédéral.
J’aimerais dire qu'il s'agit peut-être du dernier discours que je prononcerai à la Chambre lors de la 42e législature. Ce fut un honneur incroyable d'être ici, et je voudrais voir cet honneur renouvelé le 21 octobre prochain, le jour de l'élection.
J’ai l’intention de présenter ma candidature lors des prochaines élections, et j'espère représenter mes concitoyens encore très longtemps. Je suis extrêmement fier du travail que j’ai fait au cours des quatre dernières années, que ce soit le travail que j'ai fait dans ma circonscription, le travail relatif à mon portefeuille, les langues officielles du Canada, ou le travail que j'ai fait lors des débats.
Je demande donc à mes concitoyens de me faire une faveur, soit celle de me faire confiance pour quatre autres années. Je serai présent tous les jours pour les servir.
Aujourd’hui, nous débattons de la motion M-227, une tentative libérale visant à faire une étude en comité. C’est quand même louable de faire une étude au Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées. Il s'agit d'un comité fort important de la Chambre des communes. Un député du Parti libéral propose de mener une étude sur la pénurie de main-d’œuvre relative aux métiers spécialisés au Canada.
Dès que j’ai vu cela, j’ai voulu parler un peu de cette motion. Que ce soit à Québec, à Regina, à Nanaimo ou ailleurs au Canada, il y a une crise en ce moment. La pénurie de main-d’œuvre nous touchera assez rapidement.
On dit que, d’ici quelques années, il manquera 150 000 travailleurs dans la grande région de Québec. Cela est dû à un phénomène assez incroyable: les baby-boomers ont pris leur retraite. En effet, les baby-boomers, y compris mes parents, partent à la retraite, une retraite bien méritée. C’est donc un enjeu très important, et il faut s’y attarder.
D’ailleurs, j’aimerais rappeler que, en janvier, en février et en mars, j’ai posé quelques questions à la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et du Travail. Je lui disais qu’il y avait un grave problème de pénurie de main-d’œuvre au Canada. Chaque fois, elle tournait ma question en dérision en disant que les libéraux avaient créé 600 000 emplois. Aujourd’hui, ils disent en avoir créé 1 million.
Je suis content que la motion ait été déposée, mais il s'agit davantage d'un geste vertueux que d’autre chose. En fait, il s'agit davantage d'un exercice public de communication, bien que je ne remette pas en question le fait que mon collègue souhaite vraiment aborder le problème. Dans six ou sept jours, la 42e législature sera dissoute. En fait, la Chambre va s'ajourner. Pour ce qui est de la dissolution, elle aura lieu dans quelques mois, lors des élections.
Le comité auquel siège mon collègue ne pourra pas faire l'étude de la motion. Nous, les députés qui siégeons au Comité permanent des langues officielles, terminons notre étude sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles. Nous nous sommes dit que nous terminerions nos recommandations demain, à midi, pour nous assurer de pouvoir déposer à la Chambre le rapport du Comité permanent des langues officielles.
Bref, il s'agit d'un exercice de communication publique, car le comité ne pourra pas se pencher sur la question. Toutefois, je trouve que ce serait bien de parler de la pénurie de main-d’œuvre relative aux métiers spécialisés aux Canadiens qui nous écoutent. Que sont les métiers spécialisés? Il s’agit du coiffeur, du paysagiste, de l’ébéniste, de l’électricien, du machiniste, du mécanicien, de l’opérateur d’équipement, comme les grues. Ce dernier est un emploi incroyable. Ce n’est pas facile d'obtenir un emploi d’opérateur de grue. Il s'agit aussi du peintre, du plombier, du soudeur et du technicien.
Je vais expliquer pourquoi la pénurie de main-d’œuvre dans les métiers spécialisés est inquiétante. Si les citoyens regardent autour d'eux, ils réaliseront que ces métiers sont essentiels. Ce sont ces travailleurs qui font tout ce qui nous entoure: les autoroutes, les viaducs, les aqueducs, les métros, les réseaux de transport structurants, comme le futur tramway de Québec, dont nous parlons beaucoup dernièrement, les chemins de fer qui traversent le pays, les gratte-ciels dans les grandes villes comme Montréal, Toronto et Vancouver, les usines en région rurale, les tracteurs, les machines, les canaux de la voie maritime du Saint-Laurent, qui ont été construits dans les années 1950, etc.
En Chine, en Inde et aux États-Unis, les investissements en infrastructure sont énormes. Par exemple, dans les dernières années, le gouvernement américain n'a pas rechigné une seconde à investir 5 milliards de dollars pour améliorer les infrastructures du port de New York et du New Jersey, qui a été construit par des hommes et des femmes des corps de métiers spécialisés. De notre côté, à Québec, nous attendons toujours que les libéraux confirment une petite enveloppe de 60 millions de dollars pour le projet Beauport 2020, qui s'appelle aujourd'hui le projet Laurentia et qui vise à assurer la compétitivité maritime du fleuve Saint-Laurent dans les années à venir.
Il y a donc un manque d'investissement dans les infrastructures canadiennes. Les libéraux aiment dire que le projet d'Infrastructure Canada est historique, mais seulement 14 milliards des 190 milliards de dollars annoncés ont été dégagés. Cependant, ce n'est pas tout. Même si les libéraux débloquaient l'argent et faisaient des investissements massifs pour dépasser les autres pays du G20 et du G7, les grandes économies mondiales, ils ne pourraient pas concrétiser leurs projets incroyables sans main-d’œuvre spécialisée. D'ailleurs, au chapitre des investissements en infrastructure, même le Nigeria, qui a 200 millions d'habitants, est en train de nous rattraper.
Il est donc temps que nous, les législateurs, nous attardions à cette question, mais de toute évidence, ce n'est pas ce que les libéraux ont fait au cours des dernières années, même si j'ai entendu parler de certaines mesures saupoudrées d'une province à l'autre. L'annonce de cette étude est tardive.
Par ailleurs, rappelons que cette question relève de la compétence provinciale, puisque c'est la réglementation provinciale qui encadre la formation de la main-d’œuvre spécialisée. Cela dit, le gouvernement fédéral peut quand même être utile en mettant en place différentes mesures par l'entremise des transferts fédéraux, comme des subventions et des prêts aux apprentis, des crédits d'impôt et des programmes de formation de la main-d’œuvre. Tout cela nécessite une relation harmonieuse entre les provinces et le gouvernement fédéral. Non seulement les acteurs politiques doivent bien s'entendre, mais les politiciens eux-mêmes aussi.
Si, par grand malheur, les libéraux obtiennent un autre mandat de quatre ans, les impôts et les taxes vont augmenter considérablement, puisqu'ils voudront combler les grands déficits qu'ils ont accumulés depuis quatre ans. En 2016, ils ont imposé des conditions concernant les transferts en santé. Ensuite, ils ont précipité la légalisation de la marijuana, alors que les provinces voulaient plus de temps. Puis, ils ont imposé la taxe sur le carbone à des provinces comme le Nouveau-Brunswick, qui avait fermé plusieurs centrales au charbon et qui avait réduit ses émissions de gaz à effet de serre substantiellement. Les libéraux lui ont dit qu'ils le considéraient toujours comme un délinquant et qu'il lui imposait la taxe libérale sur le carbone. Finalement, aujourd'hui, ils précipitent l'étude du projet de loi C-69, qui vise à mettre en œuvre une réglementation beaucoup trop rigide qui empêchera l'exploitation des ressources naturelles dans différentes provinces, alors que six premiers ministres ont affirmé que cela suffoquerait leur économie locale.
Comment peut-on espérer que ce gouvernement collabore pour arriver à une entente afin de pallier la pénurie de main-d'œuvre dans les métiers spécialisés, lorsqu'on constate que son bilan en matière de relations intergouvernementales est complètement médiocre?
Madam Speaker, it gives me great pleasure to rise in the House. As usual, I want to say hello to all the residents of Beauport—Limoilou who are watching right now. I had the honour of meeting thousands of them last weekend at the Grand bazar du Vieux-Limoilou, where I had a booth, as the local member of Parliament. It was a fantastic outdoor party, and the weather co-operated beautifully.
Before I discuss the motion, I just want the people of Beauport—Limoilou to know that we will have plenty of opportunities to meet this summer at all the events and festivals being held in Beauport and Limoilou. As usual, I will be holding my annual summer party in August, where thousands of people come to meet me. We often eat hot dogs, chips and popcorn from Île d'Orléans together. It is a chance for me to get to know my constituents, talk about the issues affecting the riding, and share information about the services that my office can provide to Canadians dealing with the federal government.
I also want to say that this may be the last speech I give in the House during the 42nd Parliament. It was a huge honour to be here, and I hope to again have that honour after election day, October 21.
I plan to run in the upcoming election and I hope to represent my constituents for a long time to come. I am extremely proud of the work I have done over the past four years, including the work I did in my riding, on my portfolio, Canada's official languages, and during debates.
I am asking my constituents to do me a favour and put their trust in me for another four years. I will be here every day to serve them.
Today we are debating Motion No. 227, a Liberal motion to conduct a study in committee. It is commendable to do a study at the Standing Committee on Human Resources, Skills and Social Development and the Status of Persons with Disabilities. This is a very important House of Commons committee. A Liberal Party MP is proposing to conduct a study on labour shortages in the skilled trades in Canada.
As soon as I saw that I wanted to say a few words about this motion. Whether it be in Quebec City, Regina, Nanaimo, or elsewhere in Canada, there is a crisis right now. The labour shortage will affect us quite quickly.
We have heard that, a few years from now, the greater Quebec City area will need an additional 150,000 workers. This remarkable shortage will be the result of baby boomers retiring. Baby boomers, including my parents, will enjoy a well-deserved retirement. This is a very important issue, and we must address it.
I would like to remind the House that, in January, February and March, I asked the Minister of Employment, Workforce Development and Labour about the serious labour shortage problem in Canada. Each time, she made a mockery of my question by saying that the Liberals had created 600,000 new jobs. Today, they say one million.
I am glad that this motion was moved, but it is more or less an exercise in virtue signalling. Actually, it is more of an exercise in public communications, although I am not questioning my colleague's sincere wish to look into the issue. In six or seven days, the 42nd Parliament will be dissolved. Well, the House will adjourn. Parliament will be dissolved in a few months, before the election.
My colleague's committee will not be able to study the motion. My colleagues and I on the Standing Committee on Official Languages are finishing our study of the modernization of the Official Languages Act. We decided that we would finalize our recommendations tomorrow at noon, to ensure that we are able to table the report from the Standing Committee on Official Languages in the House.
In essence, this is a public communications exercise, since the committee will not be able to study the issue. However, I think it would be good to talk about the labour shortages in the skilled trades with the Canadians who are watching us. What are skilled trades? We are talking about hairdressers, landscapers, cabinetmakers, electricians, machinists, mechanics, and crane or other equipment operators. Skilled trades also include painters, plumbers, welders and technicians.
I will explain why the labour shortage in the skilled trades is worrisome. When people take a good look around they soon realize that these trades are very important. Skilled tradespeople build everything around us, such as highways, overpasses, waterworks, subways, transportation systems like the future Quebec streetcar line that we have talked about a lot lately, the railroads that cross the country, skyscrapers in major cities like Montreal, Toronto and Vancouver, factories in rural areas, tractors, equipment and the canals of the St. Lawrence Seaway, which were built in the 1950s.
China, India and the United States are making huge investments in infrastructure. For example, in recent years, the U.S. government did not flinch at investing $5 billion to improve the infrastructure of the Port of New York and New Jersey, which was built by men and women in the trades. In Quebec, we are still waiting for the Liberals to approve a small $60-million envelope for the Beauport 2020 project, now called the Laurentia project, which will ensure the shipping competitiveness of the St. Lawrence for years to come.
There has been a lack of infrastructure investment in Canada. The Liberals like to say that their infrastructure Canada plan is historic, but only $14 billion of the $190 billion announced have actually been allocated. That is not all. Even if the Liberals were releasing the funds and making massive investments to surpass other G20 and G7 countries, the world's largest economies, they would not be able to deliver on their incredible projects without skilled labour. Consider this: even Nigeria, with a population of 200 million, is catching up with us when it comes to infrastructure investments.
It is about time that we, as legislators, dealt with this issue, but clearly that is not what the Liberals have been doing over the past few years, although I have heard some members talk about a few initiatives here and there in some provinces. The announcement of this study is late in coming.
I would also remind the House that this is a provincial jurisdiction, given that provincial regulations govern the training of skilled workers. That said, the federal government can still be helpful by implementing various measures through federal transfers, such as apprenticeship grants and loans, tax credits and job training programs. This all requires a smooth, harmonious relationship between the provinces and the federal government. Not only do the political players have to get along well, but so do the politicians themselves.
If, God forbid, the Liberals get another four-year term in office, taxes will increase dramatically, since they will want to make up for the huge deficits they racked up over the past four years. In 2016, they imposed conditions on health transfers. Then, they rushed ahead with the legalization of marijuana even though the provinces wanted more time. Then, they imposed the carbon tax on provinces like New Brunswick, which had already closed a number of coal-fired plants and significantly reduced its greenhouse gas emissions. The Liberals said that they still considered the province to be an offender and imposed the Liberal carbon tax. Finally, today, they are rushing through the study of Bill C-69, which seeks to implement regulations that are far too rigid and that will interfere with the development of natural resources in various provinces, even though six premiers have stated that this bill will stifle their local economies.
How can we hope that this government will collaborate to come to an agreement seeking to address skilled trades shortages when it has such a poor track record on intergovernmental relations?
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PCC (QC)
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2017-11-03 13:51 [p.14965]
Monsieur le Président, je dois admettre que mon collègue conservateur de Kitchener—Conestoga et ma collègue du NPD ont tous deux fait de très beaux discours. J'ai été fort impressionné par sa référence à M. Diefenbaker, un grand homme canadien qui vient de sa province. J'allais justement parler de lui aujourd'hui. Je suis toujours très heureux de le faire, bien que je vais en parler d'une manière un peu différente.
Au Parti conservateur, nous sommes contre le projet de loi C-325, Loi modifiant la Déclaration canadienne des droits relativement au droit au logement, proposé par la députée de North Island—Powell River. Je pourrais dire que le sens des termes « prix raisonnable et sans obstacles injustifiés », dans le préambule, est vague. Je pourrais dire que le projet de loi ne tient pas compte des différences des prix du marché. Je pourrais aussi dire que l'article 92 de la Constitution fait de ce sujet une compétence provinciale et que la Déclaration canadienne des droits, mise en branle par M. Diefenbaker, touche seulement les questions fédérales.
Toutefois, ce n'est pas sous cet angle que je vais parler de mon opposition à ce projet de loi. Je voudrais plutôt aborder les idées philosophiques sous-jacentes qui sont à la base de cette proposition de la députée de North Island—Powell River. En illustrant ces idées sous-jacentes, je compte étoffer mon argument contre ce projet de loi.
D'abord, je voudrais dire que ni la gauche intellectuelle canadienne, soit les penseurs marxistes de l'Osgoode Hall Law School ou de l'Université de la Colombie-Britannique, ni la droite intellectuelle, c'est-à-dire l'école de Calgary, à mon humble avis, ne seraient d'accord sur l'introduction de ce droit dans la Déclaration canadienne des droits.
Cela dit, je lève mon chapeau à la députée de North Island—Powell River, parce qu'elle a proposé de modifier la Déclaration canadienne des droits plutôt que la Charte canadienne des droits et libertés. J'en suis extrêmement fier, puisque ainsi, la députée souscrit au constitutionnalisme libéral à la britannique, c'est-à-dire le constitutionnalisme libéral de type westminstérien, au lieu de souscrire au constitutionnalisme libéral de type américain. La différence est minime, mais cette simple nuance constitue toute une différence sur plusieurs siècles. Voici pourquoi.
Selon le constitutionnalisme libéral à la britannique de type westminstérien, le pouvoir et le dernier mot de l'ordre constitutionnel résident dans le pouvoir législatif. C'est pourquoi M. Diefenbaker, ce grand homme canadien, n'aurait jamais, au grand jamais enchâssé la Déclaration canadienne des droits dans la Constitution. En faisant cela, on donnerait le dernier mot de l'ordre constitutionnel aux juges, c'est-à-dire au pouvoir judiciaire.
La députée de North Island—Powell River témoigne donc beaucoup de respect à l'égard de notre culture politique canadienne du constitutionnalisme libéral westminstérien, une culture qui, fort malheureusement, a été mise au ban, voire mise à mort par une révolution constitutionnelle perpétrée par ce parti-là et Pierre Elliot Trudeau en 1982. Ils nous ont dirigés vers un constitutionnalisme libéral à l'américaine, selon lequel le dernier mot appartient aux juges. Nous avons la clause dérogatoire, mais aucun premier ministre n'a osé l'utiliser à ce jour, bien malheureusement.
C'est un débat historique, aujourd'hui. Selon moi, cette question nous amène beaucoup plus loin que la question du logement. Depuis le siècle des Lumières, on débat de la façon d'établir un équilibre entre les droits individuels et les droits collectifs. Même au Canada, on a ce débat depuis 1867. Depuis 1982, soit depuis 35 ans, il y a un très beau débat entre les intellectuels canadiens.
John Locke, le père intellectuel du libéralisme moderne et de l'individualisme, pensait que la liberté individuelle était antérieure à l'apparition de l'État, soit à la mise en place de toute Constitution ou droit positif de l'homme. Il croyait donc au droit naturel. Il pensait aussi que tout régime politique basé sur cette idée, son idée à lui, plaçait l'individu au coeur de l'État de droit.
Cela est à la base de notre débat d'aujourd'hui sur le droit au logement, puisque John Locke nous aurait dit que le droit au logement ne fait pas partie d'un droit individuel, qui est à la base même du droit naturel et qui a préséance sur le droit positif.
On voit qu'il y a au Canada le même genre de débat, qui tire un peu plus loin, depuis l'enchâssement de la Charte en 1982, une révolution constitutionnelle bien triste selon moi. Il y a des auteurs progressistes de pensée marxiste comme Mandel, Petter, Hutchinson, McWhinney, Hirschl, Mackay et Lebel-Grenier, qui sont les porte-étendards de la pensée intellectuelle de gauche marxiste universitaire. Il y a aussi les penseurs de l'école dite conservatrice, des penseurs du torysme canadien, ce sont Banfield, Morton, Patenaude, Knopff et Martin.
Dans les deux cas, bien qu'ils appartiennent à deux écoles de pensée totalement différentes, ils diraient que ce n'est pas en enchâssant un droit ou en apportant un nouveau droit qu'on va régler la situation de l'accès du logement au Canada.
Je suis peut-être en train de prendre de grands détours, mais j'arrive au point quand même. Ces personnes auraient dit qu'avoir accès à un logement, à de la nourriture ou à l'éducation, c'était un combat politique qu'il fallait livrer. Ils diraient, par exemple, que le droit des homosexuels a été acquis par des combats politiques, et non par le biais de la Cour suprême du Canada ni par des droits enchâssés. Ils diraient que le combat pour le droit des femmes s'est fait sur le plancher politique. Il a été mené, par exemple par les suffragette au début du XXe  siècle, et non par la Cour suprême du Canada. C'est ce qu'ils auraient dit.
Tout est dans ce paradigme entre le droit négatif et le droit positif. C'est là que se trouve la distinction entre ces deux écoles de pensée des penseurs marxistes et conservateurs.
J'arrive à ce que disait la députée. C'est que, du côté du NPD, on espère être en mesure d'intégrer dans le droit canadien des notions de droit positif. On donne donc quelque chose à quelqu'un, ce qui est très rare dans la Constitution canadienne. C'est ce qu'on a, par exemple, pour les ayants droit en ce qui concerne la francophonie canadienne en matière du droit linguistique. C'est peut-être la seule chose qui donne des droits positifs dans notre Constitution.
Dans la pensée conservatrice qui est typique du libéralisme classique, on dirait que non, on est dans le droit négatif, c'est-à-dire que notre liberté s'arrête là où celle de l'autre commence. Tout le droit canadien est bâti sur une pyramide dont l'objectif fondamental est de s'assurer qu'on ne fait pas quelque chose qui brime le droit de l'autre. On n'a pas un droit positif. C'est un débat sain.
Ma collègue a dit qu'elle pensait livrer un combat politique. Toutefois, son combat politique devrait être mené pour contrôler les prix ou le marché immobilier. Il faudrait peut-être aller au palier provincial pour se battre concernant les champs de compétences appartenant aux provinces. Être ici au Parlement fédéral et vouloir intégrer un nouveau droit, qui sera seulement des lettres alphabétiques sur une feuille de papier, ne permet pas de livrer un combat politique en tant que tel.
Ces paroles sur Diefenbaker étaient très importantes et bien pensées, mais ma lecture de Diefenbaker, c'est qu'il n'aurait pas été jusqu'à intégrer ce droit dans la Déclaration canadienne des droits.
Je suis en désaccord à la fois avec deux extrêmes, soit les penseurs marxistes de la Osgoode Hall Law School, de Toronto, et ceux de l'École de Calgary qui, eux, disent qu'on devrait donner le droit à la propriété, alors que les autres disent qu'on devrait donner le droit au logement. Les deux extrêmes sont complètement faux, parce que dans les deux cas, on va paralyser l'État. La puissance de l'État est fondamentale au Canada pour faire respecter notre souveraineté d'abord et avant tout, soit sur les plans militaire, économique et politique.
Quand on dit d'enchâsser le droit de propriété dans la Constitution, on empêche le gouvernement de faire passer des lignes hydroélectriques, par exemple, ou de faire des projets de grande envergure. Quand on parle de droit au logement, on paralyse également l'État, parce qu'il devrait fournir un logement à tous les Canadiens, ce qui serait complètement aberrant sur le plan économique.
Restons dans le droit chemin, celui d'avant 1982 et soyons westminstériens.
Mr. Speaker, I must say that my Conservative colleague, the member for Kitchener—Conestoga, and my NDP colleague both gave excellent speeches. I was quite impressed by her reference to Mr. Diefenbaker, a great Canadian who hailed from her province. I myself was planning to bring him up today. I will still do so with pleasure, although my take will be slightly different.
The Conservative Party opposes Bill C-325, the act to amend the Canadian Bill of Rights to include the right to housing, which was introduced by the member for North Island—Powell River. I could say it is because the phrase “at a reasonable cost and free of unreasonable barriers” in the preamble is vague. I could say that the bill fails to consider price differences in housing markets. I could also say that section 92 of the Constitution considers housing to be a provincial matter, whereas the Canadian Bill of Rights, which was set in motion by Mr. Diefenbaker, applies only to matters of federal jurisdiction.
However, I am not going to use this perspective in my speech today in opposition to this bill. Instead, I would like to talk about the philosophical ideas underlying the bill introduced by the member for North Island—Powell River. I will use these underlying ideas to build my argument against this bill.
I would like to start by saying that, in my humble opinion, both Canada's intellectual left, which includes Marxist theorists at the Osgoode Hall Law School or at the University of British Columbia, and the intellectual right, meaning the Calgary School, would disagree with introducing this right into the Canadian Bill of Rights.
That said, hats off to the member for North Island—Powell River for proposing an amendment to the Canadian Bill of Rights instead of the Canadian Charter of Rights and Freedoms. This makes me very proud, since it means that the member subscribes to the British tradition of liberal constitutionalism, in other words, the Westminster tradition of liberal constitutionalism, instead of subscribing to the American tradition of liberal constitutionalism. It is a small distinction, but that small distinction makes a big difference over many centuries. I will explain why.
Under the Westminster-type British model of liberal constitutionalism, the legislative branch is the ultimate authority and has the last word on constitutional matters. That is why Mr. Diefenbaker, a great Canadian if ever there was one, would never, not in a million years, have enshrined the Canadian Bill of Rights in the Constitution. Doing so would make the judiciary, or the judicial branch, the ultimate authority.
The member for North Island—Powell River has a great deal of respect for our Canadian political culture based on the Westminster tradition of liberal constitutionalism, a culture that, sadly, was stifled, if not snuffed out, by a cultural revolution led by that party over there and Pierre Elliot Trudeau in 1982. They brought us closer to an American-style liberal constitutionalism, under which the judiciary gets the final word. We have the notwithstanding clause, sure, but regrettably, no prime minister has dared to invoke it.
Today's debate is historic. I believe this issue goes well beyond that of housing. The debate over how to strike a balance between individual and collective rights started in the age of enlightenment. Even in Canada, this debate has been going on since 1867. Since 1982, or for the last 35 years, Canadian intellectuals have engaged in a mighty fine debate.
John Locke, father of modern liberalism and individualism, believed that individual liberty predated the notion of statehood, and thus the establishment of any constitution or system of positive law. He therefore believed in natural law, and so, to his mind, all political systems based on this idea would place the individual at the heart of the constitutional state.
This is all fundamental to the debate we are having here today on housing, because John Locke would have said that the right to housing does not constitute an individual right, which forms the basis of natural law and therefore supercedes positive law.
A similar debate, although somewhat wider in scope, has been going on in Canada since the Charter was enshrined in 1982 in the midst of what I would characterize as a disgraceful cultural revolution. Progressive authors such as Mandel, Petter, Hutchinson, McWhinney, Hirschl, Mackay, and Lebel-Grenier are the standard-bearers of left-leaning, Marxist intellectual thought in academic circles. Then, there are the so-called conservative thinkers, the fathers of Canadian toryism: Banfield, Morton, Patenaude, Knopff and Martin.
Although they belong to radically different schools of thought, all of these thinkers would agree that enshrining rights or bringing in new rights is no way to address the housing situation in Canada.
My reasoning may seem circuitous but I am nearing my point. These people would have said that access to housing, food, and education is to be secured through political struggle. They would have said, for instance, that homosexuals acquired their rights through political struggle, and not by way of the Supreme Court of Canada or enshrined rights. They would have said that it is in the political arena that women fought to acquire their rights. In this case, the fight was waged by the suffragettes in the early 20th century, not by the Supreme Court of Canada. That is what they would have said.
Everything rests in that interplay between negative and positive rights. That is where we can distinguish between these two schools of thought, between Marxist and conservative thinkers.
I am circling back to what the member said. In the NDP, the hope is that we will be able to incorporate some positive rights into Canadian law. In other words, we would be looking to make concessions, a truly rare occurrence under the Canadian Constitution. That is what happened in the case of language rights granted to French-speaking Canada. That might be the only case of a positive right under our Constitution.
Conservative thought typically associated with classical liberalism would lean toward the idea that we have negative rights, or in other words, that our freedom stops where that of others begins. Canadian law is a pyramid that rests wholly upon the fundamental goal of ensuring that other people's rights are not infringed upon. There is no such thing as a positive right. This is a healthy debate.
My colleague stated that she believed to be waging a political fight. Perhaps she ought to fight to control prices or the housing market. Perhaps the fight ought to be taken to the provinces over their traditional areas of jurisdiction. Being here in the federal Parliament, seeking to incorporate new rights that will amount to nothing more than a bunch of letters on a piece of paper, does not constitute a political fight.
There were some important and well thought out observations around Diefenbaker, but my reading of the man is that he would not have gone so far as to incorporate this right into the Canadian Bill of Rights.
I disagree with both extremes, which are the Marxist thinkers of Osgoode Hall Law School in Toronto on one end of the spectrum, and on the other, those of the Calgary School, who believe in property rights above all else, where others believe in the right to housing. Both of these extremes are dead wrong, because in both cases, the result would be to paralyze the state. The power of the state is essential in Canada if we are to enforce our sovereignty first and foremost, namely in the military, economic and political spheres.
Enshrining property rights in the Constitution would prevent the government from running power transmission lines, for instance, or from carrying out large scale projects. Enshrining the right to housing in the Constitution would likewise paralyze the state, as it would have to supply housing to every Canadian, which is totally unrealistic, economically speaking.
Let us remain on the right track, the one we were on prior to 1982, and let us stick to the Westminster model.
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