Merci beaucoup pour ces questions, monsieur Blaikie, et aussi pour les conversations très détaillées et professionnelles que vous et moi avons eues au cours des dernières semaines, et auxquelles ont également participé nos excellents représentants commerciaux qui, je crois, en savent beaucoup plus long que nous sur le sujet du commerce.
J'aimerais répondre en deux parties, d'abord en parlant du commerce en général et des Canadiens progressistes, et ensuite, de vos propositions précises.
L'un de mes objectifs, dès le début de cette négociation, a été de parvenir à un accord commercial vraiment progressiste, un accord commercial que les Canadiens, qui avaient peut-être traditionnellement des doutes sur les vertus du libre-échange, pourraient appuyer. C'est pourquoi, entre autres choses, nous avons fait un réel effort pour inclure les dirigeants syndicaux, et je mentionnerais particulièrement Hassan Yussuff, qui, je le sais, a beaucoup parlé avec vous aussi, pour sa participation au conseil de l'ALENA et pour les conseils qu'il a donnés tout au long des négociations.
Monsieur Blaikie, vous avez souligné deux questions qui préoccupent les progressistes au Canada... et en fait, M. Manley s'inquiète depuis longtemps de l'une des questions que vous avez mentionnées, le RDIE. Cependant, vous avez mentionné les préoccupations que les progressistes ont depuis longtemps à l'égard des accords de libre-échange en général, et du nouvel ALENA en particulier, en ce qui concerne le RDIE et la clause de proportionnalité. Deux des choses dont je suis le plus fière, c'est que nous nous sommes complètement débarrassés du RDIE — une grande victoire, un avantage réel pour le Canada et un précédent puissant — et que nous avons éliminé la clause de proportionnalité.
Je mentionnerais également, comme élément du programme commercial progressiste que nous avons non seulement mis au point, mais concrétisé dans le nouvel ALENA, les protections sans précédent pour les travailleurs. Le Mexique — et encore une fois, je vous remercie beaucoup, monsieur l'ambassadeur Seade — dans le cadre de cet accord, a mis en œuvre des réformes historiques en matière de main-d'œuvre qui donnent aux travailleurs mexicains le droit de s'organiser. L'accord rend cet engagement du Mexique exécutoire. C'est un gain énorme pour les travailleurs du Canada, des États-Unis et du Mexique. Il en va de même pour les dispositions relatives à la valeur de la main-d'œuvre. Il en va de même pour les mesures de protection et de protection environnementales sans précédent que nous avons prises à l'égard des Autochtones et des femmes.
Je vais maintenant passer à la deuxième partie de votre question. J'aimerais aussi que cet accord, c'est-à-dire tout le processus de négociation et, en fin de compte, la ratification, nous apporte des certitudes pour nos échanges commerciaux avec les États-Unis et le Mexique, mais également qu'il renforce le consensus national autour du Canada en tant que pays commerçant. Je suis d'accord avec vous pour dire que la transparence est une bonne chose. Nous avons négocié en cherchant à être très transparents et à consulter les Canadiens, mais je conviens avec vous qu'il serait souhaitable de chercher à officialiser certaines des choses que nous avons faites. En ce qui concerne l'avis de 90 jours, permettez-moi simplement de dire que les Canadiens ont eu beaucoup plus de temps que cela pour apprendre que nous allions entamer une négociation de l'ALENA. C'est effectivement une bonne chose que d'informer les Canadiens lorsque nous envisageons de conclure un accord commercial.
Pour ce qui est de l'énoncé des objectifs, nous avons lancé les négociations dans un assez long discours que j'ai prononcé ici, à Ottawa, dans lequel j'ai énoncé en détail les objectifs du Canada. Il était important, je crois, que les Canadiens entendent cela. Encore une fois, je pense que nous serions très favorables à l'idée de trouver une façon de codifier cet effort, tout comme lorsqu'il s'agit de partager avec les Canadiens notre évaluation de l'incidence économique d'un accord donné.
Thank you very much for those questions, Mr. Blaikie, and also for the very detailed, professional conversations you and I have been having in recent weeks, and that have also involved our excellent trade officials who, I believe, have forgotten more about trade than any of us will ever learn.
I'd like to respond in two parts, first, talking about overall trade and progressive Canadians, and then second, about your specific proposals.
One of my objectives from the outset of this negotiation has been to achieve a truly progressive trade agreement, a trade agreement that Canadians, who perhaps traditionally have had doubts about the virtues of free trade, could support. That is why, among other things, we made a real effort to include union leaders, and I'd like to single out Hassan Yussuff, who I know has been speaking with you a lot as well, for his participation in the NAFTA council and for the advice he has offered throughout the negotiation.
Mr. Blaikie, you've pointed out two issues that progressives in Canada...and actually Mr. Manley has long been concerned about one of the issues you mentioned, ISDS. However, you mentioned concerns that progressives have long had with free trade agreements in general, and the new NAFTA in particular: ISDS and the proportionality clause. Two of the things I am the proudest of with the new NAFTA is that we have gotten rid of ISDS completely—a huge victory, a real benefit to Canada and a powerful precedent—and we have gotten rid of the proportionality clause.
I would also mention, as an element of the progressive trade agenda that we have not only articulated but done in the new NAFTA, the unprecedented protections for labour. Mexico—and again thank you very much, Ambassador Seade—as part of this agreement, has implemented historic labour reforms giving Mexican workers the right to organize. This agreement critically makes that commitment by Mexico enforceable. That is a huge win for workers in Canada, the United States and Mexico. The same is true of labour value content provisions. It is also true with our unprecedented environmental protections and protections for indigenous people and on the basis of gender.
Now I want to get to the second part of your question. I also would like this agreement, the entire negotiation process, ultimately, the ratification, to give us certainty in our trade with the U.S. and Mexico, but also to solidify the national consensus around Canada as a trading nation. I agree with you that transparency is a good thing. In the process of the NAFTA negotiation we have sought to be very transparent and very consultative with Canadians, but I agree with you that it would be a good thing to seek to formalize some of the things we have done. When it comes to the 90-day notification, let me simply say that Canadians had far more time than that to know we would be entering into a NAFTA negotiation, but it's a good thing to let Canadians know when we're contemplating working toward a trade agreement.
On the statement of objectives, we launched the NAFTA negotiation with a pretty long speech that I gave here in Ottawa, stating at some length what Canada's objectives would be. I think that was important for Canadians to hear. Again, I think that we would look very favourably at the notion of finding some way to codify that effort, likewise when it comes to sharing with Canadians our assessment of the economic impact of a particular deal.