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Lib. (PE)
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2021-06-22 15:40
La séance est ouverte.
Bienvenue à la 43e séance du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées de la Chambre des communes.
La réunion d'aujourd'hui se déroule en format hybride, conformément à l'ordre adopté par la Chambre le 25 janvier 2021. Les délibérations seront diffusées sur le site Web de la Chambre des communes. Sachez que seule la personne qui a la parole sera visible à l'écran, et non l'ensemble du Comité.
Conformément au paragraphe 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le mardi 2 février 2021, le Comité reprend son étude sur les répercussions de la COVID‑19 sur les aînés.
J'aimerais souhaiter la bienvenue à nos témoins qui disposeront chacune de cinq minutes pour faire leur déclaration préliminaire, après quoi nous leur poserons des questions.
Nous accueillons aujourd'hui Mme Mary Oko, présidente du Family Council of Copernicus Lodge; et Mme Kathy Majowski, infirmière autorisée et présidente du conseil d'administration du Réseau canadien pour la prévention du mauvais traitement des aînés.
J'aimerais donner quelques consignes additionnelles à nos témoins.
Des services d'interprétation sont offerts pour cette vidéoconférence. Au bas de votre écran, vous pouvez choisir entre le parquet, l'anglais et le français. Lorsque vous parlez, exprimez-vous lentement et clairement. Lorsque vous n'avez pas la parole, votre micro devrait être en mode sourdine.
Vous remarquerez peut-être qu'à chaque série de questions, lorsque les députés commencent à approcher de la fin de leur tour, je lève un doigt pour indiquer qu'il leur reste une minute. Ne paniquez pas. Vous aurez l'occasion de terminer votre intervention. Une minute, c'est en fait assez long.
Cela dit, nous allons d'abord entendre Mme Oko, qui dispose de cinq minutes.
Bienvenue au Comité. La parole est à vous.
I call this meeting to order.
Welcome to meeting number 43 of the House of Commons Standing Committee on Human Resources, Skills and Social Development and the Status of Persons with Disabilities.
Today's meeting is taking place in a hybrid format, pursuant to the House order of January 25, 2021. The proceedings will be made available via the House of Commons website. The webcast will always show the person speaking rather than the entirety of the committee.
Pursuant to Standing Order 108(2) and the motion adopted by the committee on Tuesday, February 2, 2021, the committee will resume its study of the impact of COVID-19 on seniors.
I would like to welcome our witnesses to begin our discussion. Each will have five minutes of opening remarks, followed by questions.
We have with us today Mary Oko, the chair of the Family Council of Copernicus Lodge, and from the Canadian Network for the Prevention of Elder Abuse we have Kathy Majowski, board chair and registered nurse.
For the benefit of our witnesses, I'd like to make a couple of additional comments.
Interpretation is available in this video conference. You have the choice at the bottom of your screen of either “floor”, “English” or “French”. When speaking, please speak slowly and clearly. When you're not speaking, your mike should be on mute.
You may notice that in each round of questions, when the MPs start to get close to the end of their turn, I'll hold up one finger to indicate one minute left. Don't panic. You'll have a chance to finish your thought. A minute is actually quite a long time.
With that, we're going to start with Ms. Oko for five minutes.
Welcome to the committee. You have the floor.
Mary Oko
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Mary Oko
2021-06-22 15:42
Merci, monsieur le président.
Distingués membres du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées, je vous remercie de me permettre de participer aux travaux importants que ce comité a été chargé d'entreprendre.
Comme vous le savez, je m'appelle Mary Oko. Je comparais devant vous aujourd'hui en tant que membre d'une famille dont la mère est actuellement au Copernicus Lodge, un établissement de soins de longue durée situé à Toronto, en Ontario. Je suis également présidente du conseil des familles, qui représente les familles dont des proches vivent dans cet établissement. Ma mère, Wanda Oko, est âgée de 95 ans et est atteinte de démence avancée. Je comparais devant vous pour vous expliquer comment ma mère et moi avons été touchées par la COVID et comment nous pouvons, à mon avis, améliorer la situation de nos aînés à l'avenir.
Je vais d'abord vous donner quelques informations générales.
Pendant la première vague, l'établissement dans lequel ma mère se trouve a eu de la chance, car il n'y a pas eu d'éclosion de COVID.
Pendant la deuxième vague, l'établissement a été durement touché. Vingt-deux résidants sont morts de la COVID. De plus, parmi les 200 résidants, 100 ont été infectés, et parmi les 300 employés, 85 l'ont aussi été. De nombreux résidants souffrent encore. Leur santé s'est dégradée. Bon nombre de ceux qui étaient capables de marcher et qui étaient indépendants auparavant ont maintenant besoin de déambulateurs ou de fauteuils roulants ou sont alités. Ma mère est l'une de ces victimes. Avant que les mesures de confinement soient prises, elle marchait. Elle est maintenant alitée, et pendant le confinement, elle a développé une escarre de stade 4 sur son coccyx de la taille d'une balle de golf qui ne guérira probablement jamais. Elle n'a pas contracté la COVID, mais elle a souffert du confinement et d'autres restrictions qui ont été mises en place sous prétexte d'assurer la sécurité des résidants.
Aujourd'hui, je vais vous faire part de trois problèmes qui nous ont profondément affectées, ma mère et moi.
Premièrement, le soutien de la part du personnel était insuffisant. Ma mère vit dans un établissement de soins de longue durée depuis neuf ans. Parce que le soutien qui lui était fourni était insuffisant, je me suis sentie obligée d'engager, à mes frais, une aide-soignante qui l'a aidée à faire des activités de stimulation intellectuelle, à faire de l'exercice, à se nourrir et à faire quelques promenades à l'extérieur. En outre, je lui rendais visite deux fois par semaine pour l'aider dans ces activités et pour d'autres besoins, comme s'habiller et se laver. Sans cette aide supplémentaire, ma mère n'aurait pas continué à marcher ou ne serait pas demeurée active intellectuellement.
Lorsque la COVID a frappé, l'aide-soignante de ma mère et moi n'avions plus accès à l'établissement. Lorsque j'ai été autorisée à y retourner en septembre 2020, la santé de ma mère s'était détériorée parce qu'elle n'avait pas bénéficié des soins supplémentaires que nous lui prodiguions auparavant. Elle avait cessé de parler et était moins éveillée. Pendant le confinement de la deuxième vague, elle ne faisait pas d'exercice et ne pouvait pas quitter sa chambre. Ma mère est maintenant alitée et a besoin d'utiliser un appareil pour passer de son lit à son fauteuil roulant.
L'aide à l'alimentation a toujours été un aspect concernant lequel le manque de personnel est le plus évident. Avant l'arrivée de la COVID dans l'établissement, l'aide-soignante et moi aidions ma mère à se nourrir. Pendant le confinement de la deuxième vague, en raison des pénuries de personnel et de l'absence du soutien de la famille, ma mère ne mangeait pas bien et son bien-être général s'est détérioré.
Deuxièmement, mon rôle d'aidante pour ma mère n'a pas été pris en compte. Étant donné qu'il n'y a pas assez de personnel pour fournir des soins adaptés à chaque résidant, les membres du personnel se sont toujours réjouis de l'aide que j'apportais lorsque je venais voir ma mère. Ils accordaient également de l'importance au fait que je pouvais signaler rapidement les problèmes qui nécessitaient l'attention du personnel ou, dans certains cas, qui devaient être portés à l'attention du médecin.
Lorsque la COVID a frappé, j'ai été exclue, comme de nombreuses familles au Canada. J'ai été limitée à des réunions vidéo. Lors de ces réunions, ma mère ne remarquait pas ma présence, car elle va mieux lorsque je lui tiens la main et que je lui parle.
Durant la deuxième vague, lorsqu'on a interdit une fois de plus aux familles d'entrer au beau milieu de l'éclosion, comme je l'ai déjà mentionné, ma mère a développé une escarre sévère. Avant que le confinement et les mesures de restrictions soient imposés en raison de la COVID, j'aurais pu avoir accès à ma mère et collaborer avec le personnel pour régler ses problèmes. Les familles n'étaient pas autorisées à apporter leur aide au moment où l'établissement en avait grandement besoin.
Troisièmement, ma mère et moi, qui agis comme son mandataire, n'avons pas été consultées comme il se doit pour les décisions qui ont des conséquences sur ma mère. Nous considérons le Copernicus Lodge comme le foyer de ma mère et non comme un simple établissement. Comme ma mère est atteinte de démence avancée, j'ai toujours participé aux discussions et à la prise de décisions relatives aux soins qui lui sont prodigués. La COVID a changé cette situation. En particulier, au cours de la deuxième vague, ma mère et moi, sa mandataire, n'avons pas été consultées sur certaines des décisions qui ont été prises et qui avaient des répercussions sur les soins qui lui étaient prodigués.
Par exemple, le 14 décembre, deux résidants ont obtenu un résultat positif au test de dépistage de la COVID à l'étage de ma mère, puis neuf, encore une fois principalement à l'étage de ma mère. Il a donc été décidé de confiner plus de 200 résidants dans leur chambre 24 heures sur 24, sept jours sur sept, souvent dans des zones où il n'y avait aucun cas actif. Cette décision a été prise à la suite de réunions entre le Bureau de santé publique de Toronto, le ministère des Soins de longue durée, Unity Health — l'hôpital qui travaille en partenariat avec notre établissement — et l'équipe de direction du Copernicus Lodge. Les résidants et les membres des familles des résidants touchés par ces décisions n'ont pas eu voix au chapitre lors de ces réunions.
Tout autre patient de notre système de soins de santé est consulté dans les décisions qui ont des répercussions sur sa santé. Durant la COVID, il n'en est pas de même pour les personnes âgées qui vivent dans des établissements de soins de longue durée ou leur mandataire. Pourquoi cela est‑il considéré comme étant quelque chose d'acceptable?
Comment régler les problèmes? J'ai quatre suggestions.
Premièrement il faut que des normes nationales pour les soins de longue durée soient adoptées. En comparant ce qui se passait dans l'établissement de ma mère avec ce qui se passait dans d'autres établissements de soins de longue durée à Toronto ou dans d'autres provinces, je constate qu'il y a un manque d'uniformité dans la façon dont on s'occupe de nos aînés sur bien des plans, notamment en ce qui concerne les effectifs, les tests de dépistage de la COVID et les mesures de prévention et de contrôle des infections.
Aucune personne âgée ne devrait avoir l'impression d'être victime de discrimination en raison de la ville ou du village où elle vit, de la province ou du territoire ou du type de foyer qu'elle choisit. Nous sommes tous des Canadiens, et nos aînés devraient être traités de façon juste et équitable d'un océan à l'autre.
Deuxièmement, on ne doit jamais exclure les familles. Elles jouent un rôle essentiel dans les soins fournis à nos aînés. Nous connaissons nos proches, et nous pouvons collaborer avec les établissements pour qu'ils reçoivent des soins de qualité, ce dont ils ont besoin. Jusqu'à ce que l'on règle les problèmes d'effectifs et que le financement à cet égard soit adéquat, il est essentiel que les familles ne soient pas privées du droit d'améliorer la qualité des soins, voire la qualité des soins palliatifs pour leurs proches qui vivent dans des établissements de soins de longue durée. Ma mère et nos aînés auront toujours besoin de l'amour et du soutien de leur famille.
Troisièmement, il faut mieux faire connaître le conseil des familles. Depuis le début de la COVID, le conseil des familles du Copernicus Lodge défend ses résidants avec vigueur. Il a fait pression pour la reprise des douches et des bains réguliers, il a demandé qu'on augmente les activités de stimulation intellectuelle et d'autres activités, et bien d'autres choses encore, mais les membres du conseil des familles sont des bénévoles non rémunérés, et c'est un véritable défi d'attirer des membres et de les inciter à rester membres, surtout lorsque les agences de soins de santé et les membres de la direction bien rémunérés ne nous écoutent pas.
Enfin, les résidants doivent être entendus à la table. Dans toutes les discussions qui ont des répercussions sur la santé et le bien-être des résidants, leur voix ou la voix des mandataires qui les représentent doivent être incluses.
Je vous supplie de ne jamais réduire ma mère au silence.
Merci.
Thank you, Mr. Chair.
Distinguished members of HUMA, thank you for allowing me to participate in the valuable work that this committee has been tasked to undertake.
As you know, I'm Mary Oko. I'm appearing before you today as a family member whose mom is currently at Copernicus Lodge, a long-term care home located in Toronto, Ontario. I'm also the chair of the Family Council, representing the families who have loved ones living in the home. My mom, Wanda Oko, is 95 years old, and has advanced dementia. I come before you to share how my mom and I were impacted by COVID and how I think we can make things better for our seniors moving forward.
I'll start by giving you some background.
During wave 1, my mom's home was fortunate not to have any COVID outbreaks.
During wave 2, my mom's home was hit pretty hard. Twenty-two residents died of COVID, and 100 of 200 residents and 85 of 300 staff were infected. Many residents are still suffering. Their health has declined; many who were once walking and independent now need walkers or wheelchairs or are bedridden. My mom is one such casualty. Before the lockdowns, she was walking; now she is bedridden, and during the lockdown she developed a stage 4 bedsore on her tailbone the size of a golf ball that will likely never heal. She didn't get COVID; however, she suffered due to the lockdown and other restrictions implemented under the guise of keeping residents safe.
Today I will share three concerns that have deeply affected me and my mom.
The first one is insufficient staff support for my mom. My mom has lived in long-term care for nine years. Because of poor supports provided, I felt compelled to hire, at my own expense, a care assistant who helped her with mental stimulation, exercise, feeding, and some outdoor excursions. In addition, I visited her twice per week to help with these and other activities, such as dressing and hygiene. Without this added support, my mom would not have continued walking or maintained mental engagement.
When COVID hit, my mom's care assistant and I were locked out of the home. When I was allowed back into the home in September 2020, my mom had declined because our extra care had not been available. She had stopped talking and she was less engaged. During the wave 2 lockdown, she received no access to exercise and was not able to leave her room. My mom is now bedridden and needs the assistance of a lift to move her from bed to wheelchair.
Assistance with feeding has always been an area where staff shortages are most obvious. Prior to COVID, my care assistant and I helped with my mom's feeding. During the wave 2 lockout, staff shortages and a lack of family support resulted in my mom eating poorly and a decline in her overall well-being.
As my second point, my role as a caregiver for my mom was not considered. Given there is a lack of staff to provide the level of care tailored for each resident, the staff always welcomed my help when I came to see my mom. They also valued that I could quickly identify issues that needed the attention of staff, or in some cases needed to be escalated to the doctor.
When COVID hit, I, like many families across Canada, was shut out. I was reduced to video meetings. At these meetings, my mom didn't acknowledge my presence, as she is better when I'm holding her hand and talking to her.
During wave 2, when families were once again locked out in the midst of our outbreak, as I mentioned earlier, my mom developed a serious bedsore. In pre-COVID lockdowns and restrictions, I could have had access to my mom and worked with the staff in addressing any issues she had. Families were not allowed to help when the home badly needed our support.
Lastly, my mom and I, as her power of attorney, were not properly consulted in decisions that impact my mom. We consider Copernicus my mom's home and not just an institution. Since my mom has advanced dementia, I have always been involved in the discussions and decisions relating to the level of care provided to her. COVID changed this situation. Especially, during wave 2 my mom and I as her power of attorney were not included in some of the decisions that were being made that impacted her level of care.
As an example, on December 14, two residents tested positive for COVID on my mom's floor, and then nine, again mostly on my mom's floor. This led to a decision to confine over 200 residents to their rooms 24-7, many in areas where no active cases existed. This decision was made based on meetings held between Toronto Public Health, the Ministry of Long-Term Care, Unity Health—which is the hospital that's partnered with our home—and the Copernicus management team. Residents and families of residents being impacted by such decisions were not given a voice at these meetings.
Any other patient in our health care system is given the benefit of consultation in decisions that impact their health. During COVID, as it relates to COVID, no such consideration is given to seniors living in long-term care or to their power of attorney. Why is this considered acceptable?
How do we fix this? Here are my four suggestions.
First is national standards for long-term care. Comparing what was happening in my mom's home with other long-term care homes in Toronto or in other provinces, I note there is a lack of consistency in how our seniors are cared for in many areas, including staffing levels, COVID testing, and IPAC controls.
No senior should ever feel that they are discriminated against based on the city or town they live in, the province or territory or the type of home they choose to live in. We are all Canadians, and our seniors should be treated fairly and equitably from coast to coast to coast.
Second, never lock out families. Families serve an integral role in the level of care provided to our seniors. We know our loved ones, and we can and do work with the homes to provide the quality of care our loved ones need. Until adequate staffing levels are addressed and funded, it is essential that families not be denied the right to improve the quality of care and indeed the quality of palliative care for our loved ones who live in long-term care. My mom and our seniors will always need their family for love and support.
Third, raise the profile of family council. During COVID, the Family Council at Copernicus Lodge was a strong voice speaking for their residents. The Family Council pushed for the resumption of regular bathing and showering, demanded increases in mental stimulation and activities and so much more, but family council members are unpaid volunteers, and it is a real challenge to attract and retain members, especially when we are not listened to by well-paid management and health care agencies.
Lastly, a resident voice at the table is needed. In any discussions that impact the health and well-being of the residents, their voice and/or the voice of the power of attorney who represents the resident needs to be included.
I beg you to never silence my mom's voice.
Thank you.
Kathy Majowski
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Kathy Majowski
2021-06-22 15:49
Merci, monsieur le président. Je remercie Mme Oko d'avoir parlé de son expérience.
Bonjour à tous. J'aimerais souligner que je m'adresse à vous depuis le territoire du Traité no 1, soit le territoire traditionnel des peuples anishinabe, inninewak, oji-cri, dakota et déné, et depuis le cœur de la nation métisse.
Le Réseau canadien pour la prévention du mauvais traitement des aînés est un organisme national à but non lucratif composé de personnes et d'organisations qui se soucient des personnes âgées et de la prévention de la maltraitance à un âge avancé.
La maltraitance des aînés a longtemps été surnommée la « pandémie silencieuse ». Elle était répandue dans nos collectivités bien avant l'apparition de la COVID. Comme dans le cas de la violence fondée sur le sexe, la situation de la maltraitance des aînés s'est enflammée pendant la COVID et c'est devenu une pandémie de l'ombre en 2020.
Nous avons tous vécu le stress causé par la pandémie et les répercussions de la pandémie. Ce qui a aidé bon nombre d'entre nous à relever le défi chaque jour, c'est le soutien d'une famille ou d'un groupe social. Pour de nombreux Canadiens âgés, ces liens essentiels ont été détruits par la pandémie. La nécessité de rester à la maison et la distanciation ont réduit les possibilités d'interactions sociales et d'accès aux services de base.
Au cours des premiers mois de la pandémie, nous avons mené une enquête pour évaluer les effets immédiats de la COVID‑19 sur nos membres. Nous avons demandé aux personnes chargées de la prévention de la maltraitance des aînés et aux prestataires de services de nous dire ce qu'ils avaient vécu et observé. Lorsqu'ils ont été interrogés sur les répercussions de la pandémie sur les personnes âgées qu'ils aident, les répondants ont indiqué que l'augmentation de la maltraitance des aînés et de la violence conjugale était le problème numéro un, suivi de près par la réduction de l'accès aux services et à du soutien et l'augmentation de l'isolement social.
L'isolement social représente une grave menace pour la santé publique; il peut avoir des conséquences mortelles. Il peut être aussi néfaste pour la santé que le fait de fumer 15 cigarettes par jour. L'isolement social entraîne l'adoption de comportements néfastes pour la santé, affecte la santé mentale et constitue également un facteur de risque de maltraitance et de négligence envers les aînés ainsi que d'auto-négligence. Une personne âgée isolée peut ne pas avoir accès à des produits de première nécessité, être plus vulnérable aux escrocs et être coincée chez elle avec l'individu qui la maltraite, sans avoir accès à de l'aide.
Près de 65 % des répondants à notre enquête ont déclaré que la COVID‑19 a eu des répercussions importantes sur leurs programmes et leurs activités, 83 % d'entre eux ayant signalé une perturbation des services aux clients et 46 %, une augmentation de la demande de services. C'était la tempête parfaite: des personnes âgées de plus en plus isolées qui ont davantage besoin de services de soutien, lesquels ont été fortement perturbés par la pandémie. La distanciation sociale est devenue une arme à double tranchant.
Nous connaissons tous la suite. Les personnes âgées qui vivent à domicile ont signalé souffrir davantage d'isolement et de problèmes de santé mentale. En Ontario, la ligne d'assistance aux personnes âgées a signalé une augmentation de 250 % des appels concernant des mauvais traitements envers les aînés et, pendant ce temps, dans certains établissements de soins de longue durée, il y a eu des cas de mauvais traitements et de négligence épouvantables chez les résidents.
L'année qui vient de s'écouler a été un test de résistance qui a mis en évidence les faiblesses de notre système. Les Canadiens âgés ont été les plus durement touchés par cette pandémie par les décès, l'isolement et la diminution de leur sécurité et de leur qualité de vie, et ils refusent d'être sacrifiés et ignorés plus longtemps.
Environ 90 % des Canadiens âgés vivent à domicile et la plupart d'entre nous espèrent vieillir à la maison. Pour que cela se produise en toute sécurité, nous devons nous attaquer au problème des mauvais traitements et de la négligence dans nos collectivités.
Nous recommandons entre autres l'amélioration des programmes de formation dans tous les secteurs avec des soins adéquats prodigués aux personnes âgées à leur domicile et dans leur collectivité. Non seulement nous devons veiller à ce qu'il y ait suffisamment de ressources humaines pour accomplir les tâches assignées, mais les personnes âgées doivent également disposer d'un réseau de soutien et de services communautaires qui collaborent bien ensemble et qui ont la formation nécessaire pour reconnaître et prévenir l'âgisme et la maltraitance des personnes âgées et qui connaissent les ressources locales, régionales et nationales disponibles. La formation doit tenir compte des questions relatives aux traumatismes et à la violence et être axée sur l'équité afin que soit établi un pont entre les secteurs et les mandats pour favoriser une approche plus inclusive et collaborative de la prévention et de l'intervention.
Nous recommandons également d'encourager le développement de collectivités amies des aînés et de veiller à ce que cet effort soit axé sur la prévention de la maltraitance des aînés.
Nous savons que les préposés aux services de soutien à la personne, qui sont également connus sous le nom d'aides-soignants, sont les gens qui sont le plus fréquemment en contact avec les personnes âgées qui reçoivent de l'aide à domicile et que leur niveau de formation et de surveillance n'est pas uniforme. Une réglementation de ce rôle favoriserait une meilleure protection du public en précisant les responsabilités professionnelles, et la mise en place de normes minimales pour l'accès à la pratique ainsi que de processus pour répondre aux plaintes. De plus, une réglementation permettrait d'augmenter la sécurité par la vérification des compétences pour une pratique sûre au moyen d'un registre public et par la communication de renseignements sur les plaintes, à l'instar d'autres organismes de réglementation.
L'un des éléments importants consisterait à établir des exigences minimales en matière de formation et à normaliser les programmes, notamment en ce qui concerne les soins tenant compte des traumatismes, les soins aux personnes atteintes de démence, ainsi que la sensibilisation, la prévention et l'intervention liées à la maltraitance des aînés, y compris les informations sur le processus de signalement si l'on soupçonne qu'il y a de la maltraitance. Cela favoriserait également la sécurité et la stabilité de ces professionnels, qui sont souvent des femmes issues de communautés racialisées, elles-mêmes plus vulnérables.
Nous recommandons d'offrir un financement soutenu et approprié au secteur de l'intervention en cas de mauvais traitements et de négligence à l'égard des aînés, au même titre que le financement lié à la violence familiale. En particulier, nous recommandons de fournir un soutien et un financement réservé au Réseau canadien pour la prévention du mauvais traitement des aînés, afin de veiller à ce qu'il existe un organisme national qui se consacre à la prévention des mauvais traitements infligés aux aînés et aux efforts de sensibilisation à cet égard. Cela permettra aussi de favoriser l'échange d'informations fiables entre les intervenants et les fournisseurs de services d'un bout à l'autre du Canada.
Enfin, nous recommandons la création d'un bureau fédéral de défense des intérêts des aînés. Ce bureau devrait assurer une surveillance et un leadership systémiques sur les questions liées aux besoins actuels des aînés canadiens, ainsi que fournir au gouvernement un aperçu, des analyses et des conseils sur les besoins futurs de notre population vieillissante. La sensibilisation aux mauvais traitements et à la négligence dont sont victimes les aînés et les interventions à cet égard devraient représenter un mandat clé et permanent de ce bureau.
Je vous remercie.
Thank you, Mr. Chair, and thank you to Ms. Oko for sharing her experiences.
Good afternoon, everyone. I'd like to acknowledge that I'm speaking to you from Treaty No. 1 territory, the traditional territory of the Anishinabe, Inninewak, Oji-Cree, Dakota and Dene peoples, and from the heart of the Métis nation.
The Canadian Network for the Prevention of Elder Abuse is a national non-profit organization made up of individuals and organizations that care about older adults and the prevention of harm in later life.
Elder abuse has long been nicknamed “the silent pandemic”. It was rampant in our communities long before COVID. Like gender-based violence, it has flared under COVID and emerged as a shadow pandemic in 2020.
We all experienced the stress and impact of the pandemic. What helped many of us rise to the challenge every day was a supportive family or social group. For many older Canadians, these crucial bonds were obliterated by the pandemic. The necessity to stay home and socially distance whittled away opportunities for social interactions and access to core services.
During the first few months of the pandemic, we ran a survey to evaluate the immediate impact of COVID-19 on our members. We asked elder abuse prevention folks and senior service providers what they were experiencing and observing. When asked about the impact on the seniors they served, respondents listed “increase in elder abuse and domestic violence” as the number one issue, followed closely by “decreased access to services and supports” and “increase in social isolation”.
Social isolation is a serious public health risk, with life-threatening consequences. It can be as damaging to health as smoking 15 cigarettes a day. It incurs negative health behaviours and decreased mental health, and it's also a risk factor for elder abuse, neglect and self-neglect. An isolated older adult may lack access to necessities, be more vulnerable to scammers and be trapped at home with their abuser, with no access to supports.
Almost 65% of our survey respondents reported the impact of COVID-19 on their programs and operations as “high”, with 83% reporting a disruption of services to clients and 46% reporting an increased demand for services. This was the perfect storm: increasingly isolated older adults in greater need of support services that were highly disrupted by the pandemic. Social distancing became a double-edged sword.
We all know what followed. Older adults living at home reported higher rates of isolation and mental health struggles. The Seniors Safety Line in Ontario reported a 250% increase in calls about elder abuse, and meanwhile, in some long-term care homes, residents endured appalling abuse and neglect.
The past year was a stress test that exposed the weaknesses in our system. Older Canadians have borne the brunt of this pandemic through deaths, isolation and decreased safety and quality of life, and they're not willing to be sacrificed and ignored anymore.
Around 90% of older Canadians live at home, and most of us hope to age in place. For this to happen safely, we need to be addressing abuse and neglect in our communities.
Our recommendations include improved training and education programs across sectors by providing adequate care for older adults in their homes and communities. We need to be focused not only on making sure that there are enough human resources to complete the assigned tasks; but older adults should also have a network of supports and community services that work well together and are trained and educated in recognizing and preventing ageism and elder abuse and are familiar with the local, regional and national resources available. The training needs to be trauma- and violence-informed, with an equity orientation to act as a bridge across sectors and mandates for a more inclusive and collaborative approach to prevention and response.
We also recommend encouraging the development of age-friendly communities and ensuring that this effort has an elder abuse prevention lens.
We know that personal support workers, also known as health care aides, have the most consistent and frequent contact with older adults receiving support in their homes and have inconsistent levels of education, training and oversight. Regulation of this role would increase protection for the public by stipulating professional responsibilities and would implement at least minimum standards for entry to the practice, as well as put processes in place for responding to complaints. Regulation would also increase safety by verifying qualifications and competencies for safe practice via a public registry and by providing information on complaints, similar to other regulatory bodies.
A key element would be minimum educational requirements and standardization of educational programs, including for trauma-informed care; dementia care; and elder abuse awareness, prevention and response, including information about the reporting process if there is suspicion of elder abuse. This would also foster safety and stability for these professionals, who are often women from racialized communities who are themselves more vulnerable.
We recommend providing sustained and appropriate funding for the elder abuse and neglect response sector on a par with domestic violence funding. In particular, we recommend providing dedicated support and funding to the CNPEA to ensure that there is a national organization dedicated to elder abuse prevention and awareness that will foster the exchange of reliable information among stakeholders and service providers across Canada.
Finally, we would recommend establishing a federal office of seniors advocate. It should provide systemic oversight and leadership on issues related to the current needs of Canadian seniors, as well as provide insight, analysis and direction to the government on the future needs of our aging population. Elder abuse and neglect awareness and response should be a key and ongoing mandate of this office.
Thank you.
Voir le profil de Rosemarie Falk
PCC (SK)
Je vous remercie beaucoup, monsieur le président.
J'aimerais remercier nos deux témoins de contribuer à notre étude aujourd'hui, alors que nous cherchons des moyens de mieux soutenir les aînés du Canada à l'issue de la pandémie actuelle.
Nous savons que la pandémie de COVID‑19 a mis en évidence et exacerbé les lacunes de nos établissements de soins de longue durée. Malheureusement, ce sont nos aînés qui ont payé le prix le plus élevé pour ces lacunes. Quel que soit son lieu de résidence, chaque personne âgée a le droit de vieillir dans la dignité. Chaque échelon du gouvernement a la responsabilité d'agir.
Madame Mary Oko, je tiens à vous remercier pour votre vulnérabilité et votre volonté de défendre les intérêts de votre mère et, en fin de compte, de toutes les personnes âgées.
Je ne veux pas voir une approche paternaliste du gouvernement fédéral lorsqu'il s'agit d'établir des normes nationales à cet égard. Madame Oko, j'aimerais savoir dans quelle mesure vous pensez ou croyez qu'il serait important d'inviter non seulement les provinces et les territoires à la table de négociations pour l'établissement de normes nationales, mais aussi les travailleurs de première ligne, les défenseurs des droits des aînés et les organismes de soins.
Thank you so much, Chair.
I would like to thank both of our witnesses for their contributions to our study today as we look to better support Canada's seniors as we navigate beyond this pandemic.
We know that the COVID-19 pandemic has underscored and exacerbated shortcomings in our long-term care homes. Unfortunately, it is our seniors who have paid the highest price for these shortcomings. Regardless of where they live, every senior has the right to age in dignity. Every level of government has a responsibility to take action.
Ms. Mary Oko, I want to thank you for your vulnerability and your willingness to advocate on behalf of your mother and, ultimately, all seniors.
I don't want to see an “Ottawa knows best” approach when it comes to national standards. Ms. Oko, I'm wondering how important you would think or believe it would be to not only have the provinces and territories at the table when it comes to discussion of national standards, but also to have frontline workers, seniors advocates and caregiving organizations.
Mary Oko
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Mary Oko
2021-06-22 15:56
Je pense qu'il faut adopter une approche collaborative à cet égard. Il faut que de nombreuses personnes participent à ce processus — et certainement les travailleurs de première ligne.
Ici, en Ontario, nous avons une très forte association d'infirmières et d'infirmiers qui milite et plaide en faveur de la qualité des soins que les résidants des établissements de soins de longue durée devraient recevoir. De tels intervenants et des groupes de défense des intérêts devraient donc être présents à la table, et les résidants et les familles des gens qui ne peuvent pas parler pour eux-mêmes devraient certainement être représentés.
Je reconnais que ce que je propose en matière de normes nationales revient à ce dont parlait Mme Majowski. Le principe sur lequel je m'appuie, c'est que quel que soit le type d'établissement dans lequel une personne âgée choisit de vivre, les établissements de soins de longue durée ne sont qu'une option parmi d'autres. Il faudrait que la situation soit uniforme à l'échelle du pays. Il a été très frustrant pour moi et pour de nombreuses familles — j'ai des amis dans d'autres régions du Canada et nous comparons nos observations — de constater à quel point la qualité des soins offerts à nos personnes âgées peut varier. C'est presque comme si nous vivions dans 13 pays différents au lieu d'un seul.
I feel that it has to be a collaborative approach. You need to have many people at the table, and definitely frontline workers.
Here in Ontario, we have a very strong registered nurses association that's been a very strong advocate and proponent for the quality of care that residents should be having. Individuals like that and advocacy groups should also be at the table, and also there should definitely be representation from the residents and from the families of those who cannot speak for themselves.
I agree that what I'm proposing in terms of national standards does touch upon what Kathy was referring to. My idea is that regardless of the type of home a senior chooses to live in, long-term care is just one option of many. There should be consistency across the country. It's been very frustrating for me and for many families—I have friends in other parts of Canada, and we compare notes—how disparate the quality of care is for our seniors. It was almost as though we were in 13 different countries instead of one country.
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PCC (SK)
Je tiens à prendre note de vos commentaires.
Vous avez parlé des familles et de l'importance de ne pas les exclure. Comme j'ai travaillé dans un établissement de santé, je sais à quel point il est important de ne pas tomber dans le piège de l'institutionnalisation des personnes hospitalisées. C'est un sujet que vous avez évoqué lorsque vous avez parlé de votre mère, qui n'avait pas accès à cette stimulation constante tous les jours.
Je pense que ce qui est très important, c'est la place qu'occupent les membres de la famille dans la prestation des soins. En effet, ils ne font pas que participer activement aux soins, mais ils défendent également les intérêts de leurs proches. Les membres de la famille et les amis — ceux qui rendent visite à leurs proches — sont les plus grands défenseurs des intérêts des personnes âgées, et parfois les voix qui se font les mieux entendre. Je tenais à souligner que selon moi, ces activités sont vraiment importantes et il faut les mentionner.
En ce qui concerne la dotation en personnel, dans mon rôle de ministre du cabinet fantôme des aînés, j'ai entendu de nombreux témoignages sur les pénuries de personnel. D'après votre expérience, quel impact les pénuries de personnel ont-elles eu sur la qualité des soins que vous avez observés, en particulier pour les personnes âgées dans les établissements de soins de longue durée?
I do want to take note of your remarks.
You made mention of families and how important it is to not shut them out. From my background and experience of having worked in a medical facility, when it comes to people who are being hospitalized, I know how important it is to not fall into that institutionalization lull. It's something that you referred to when you spoke of your mother not having that constant stimulation every day.
I think what's so important is how much our families do in the caregiving role. It's not just that they're actively doing things, but they're also advocating. Family members and close friends—the ones who go and visit loved ones—are the biggest advocates and sometimes the loudest voices. I wanted to note that I think those activities are really important and valid to mention.
With regard to staffing, in my role as shadow minister for seniors, I've heard a lot of testimony on staffing shortages. In your experience, how have staffing shortages impacted the quality of care that you've seen, specifically for seniors in long-term care homes?
Mary Oko
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Mary Oko
2021-06-22 15:59
L'exemple le plus probant que je peux vous donner, c'est que ma mère a une plaie de lit de stade 4. Cela s'est produit pendant les trois semaines où les familles ont été tenues à l'écart en raison du confinement. L'établissement et les divers intervenants savaient que nous avions une pénurie de personnel infirmier, en particulier de personnel infirmier autorisé, et ce n'était donc pas comme si 200 personnes restaient dans leur chambre et que nous avions miraculeusement un énorme contingent de personnel supplémentaire pour aider à fournir les niveaux de soins appropriés à chacun des résidants. Ces établissements ont dû se contenter des niveaux de personnel qu'ils avaient, même en faisant appel à du personnel intérimaire. Le problème avec le personnel intérimaire, c'est qu'il ne connaît pas très bien les résidants.
The biggest example is the fact that my mom has a stage 4 bedsore. When it happened, it was in the three weeks while the families were being locked out. The home and the various people at the table knew that we had a shortage of nurses, specifically of registered nurses, so it wasn't like 200 people were in their rooms and we miraculously had a huge contingent of extra staff to help provide that level of care for each of these residents. They had to make do with the staffing levels that they had, even with the use of agency staff. The problem with having agency staff is that they don't know the residents very well.
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PCC (SK)
Cette relation n'est pas négligeable, n'est‑ce pas? Vous savez ce que les résidants aiment, ce qu'ils n'aiment pas et comment communiquer avec eux, et cela facilite beaucoup les choses.
There's a rapport with that, right, when you have that relationship? You know what they like, what they don't like and how to communicate, and that goes a long way.
Mary Oko
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Mary Oko
2021-06-22 15:59
Une grande partie de mes activités de défense des intérêts consiste à éviter d'attaquer le personnel. Ces gens font de leur mieux, mais ils sont dans une situation sans issue. En effet, les niveaux de financement et les ratios de dotation en personnel sont tout à fait insuffisants pour fournir le niveau de soins dont nos personnes âgées ont besoin, surtout dans le cas des établissements de soins de longue durée, où l'âge moyen des aînés est de 80 ans. Un grand nombre d'entre eux souffrent de démence, et ils ont besoin d'un certain type de soins précis.
A lot of my advocacy is not to attack the staff. The staff have done the best that they can, but they're in a no-win situation. The funding levels and staffing ratios are completely inadequate to provide the level of care that our seniors need, especially in long-term care, where the average age of seniors is 80. Many of them have dementia, and they need specific types of care.
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PCC (SK)
C'est également ce point qui me pose problème. En effet, je sais que le gouvernement a parlé d'introduire de nouvelles pénalités pour les fournisseurs de soins. C'est ce qui me dérange, car si nous avons des résidants qui vivent dans un établissement où la capacité est insuffisante — c'est‑à‑dire qu'il y a une pénurie de personnel —, je ne pense pas qu'il soit acceptable de pénaliser quelqu'un parce qu'il ne peut pas physiquement faire la charge de travail. Il y a visiblement un problème de dotation en personnel.
Je voulais également formuler un commentaire au sujet de la santé mentale. Pourriez-vous nous dire, en vous fondant sur votre expérience, comment les personnes âgées que vous avez observées ont été touchées? Comment leur santé mentale a‑t‑elle été affectée par leur séjour dans un établissement de soins de longue durée pendant la pandémie?
This is where I'm also leery. I know the government has talked about bringing in new penalties for caregivers. This is what I'm not okay with, because if we have residents who live in a home and there isn't the capacity—there are staffing shortages—I don't think it's okay to penalize somebody because they physically cannot do the workload. There clearly is a staffing issue.
I also wanted to make a note about mental health. Could you share at all, in your experience, how seniors you've witnessed have been impacted? How has their mental health being impacted, living in long-term care throughout this pandemic?
Mary Oko
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Mary Oko
2021-06-22 16:01
Encore une fois, ma mère était éveillée et elle pouvait participer à des conversations. Mais elle ne parle plus maintenant. Il est décourageant de voir à quel point un grand nombre d'autres résidants qui étaient mobiles et capables de converser le sont beaucoup moins maintenant. Ils ont même besoin d'aide pour se nourrir. Ces gens doivent être stimulés ou ils ne peuvent pas être stimulés et ils sont confus lorsqu'on tente de leur parler, car ils ont également reçu des messages contradictoires.
Par exemple, pendant le confinement, dans l'établissement de soins de ma mère, de nombreux résidants sont restés dans leur chambre 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Même ceux qui essayaient de sortir de leur chambre se faisaient constamment dire de ne pas le faire et on les repoussait dans leur chambre. Lorsque les choses ont commencé à se stabiliser et que les résidants ont été autorisés à sortir, ils étaient pétrifiés. Ils restaient dans leur chambre, et le personnel a simplement conclu que les résidants ne voulaient plus sortir. Mais les résidants avaient été habitués à ne pas sortir. Ils avaient reçu tellement de messages négatifs que maintenant, ils restaient dans leur chambre, mais cela n'a fait qu'accroître leur isolement et leur déclin.
Again, my mom was engaged and she was talking. She's not talking now. With many of the other residents, it was disheartening to watch those who were mobile and conversable. They are now less so than they were. They now need assistance with feeding. They need to be engaged, or they can't engage and you try to talk to them and they're confused, because they were also getting mixed messages.
During the lockdown, in my mom's home many of the residents were kept in their rooms 24-7. Even the ones who tried to get out of their rooms were constantly being told not to and being pushed back into their rooms. Once things started stabilizing and the residents were allowed to go out, they were petrified. They stayed in their rooms, and the staff would turn around and say, “Well, the residents don't want to come out.” They had been trained not to come out. They had so many negative messages that now they stayed in their rooms, but that just increases their isolation and their decline.
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Lib. (ON)
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2021-06-22 16:02
J'aimerais remercier sincèrement nos deux témoins d'aujourd'hui. Nous avons entendu des témoignages captivants, surtout lorsque Mme Oko nous a parlé de son expérience avec sa mère et de ce qu'elle avait vécu.
Mon père est décédé dans un établissement de soins de longue durée il y a huit ans, avant l'épidémie de COVID‑19. Puisque je connais les défis auxquels il a fait face dans un établissement de soins de longue durée, même à l'époque — et les choses n'ont fait qu'empirer avec la COVID‑19 —, je compatis réellement avec vous et je ne peux pas imaginer ce que vous avez dû vivre.
Vous avez manifesté le désir d'accroître l'importance du rôle des familles et de créer un conseil des familles, afin que les gens écoutent les préoccupations des résidants.
Pensez-vous que cela devrait être réglementé dans le cadre des normes relatives aux soins de longue durée? Est‑ce nécessaire ou est‑ce quelque chose que les familles des résidants devraient elles-mêmes réclamer?
Thank you very much to both of our witnesses today. That was gripping testimony, especially from Ms. Oko, hearing about her experiences with her mother and what she had gone through.
My father died in a long-term care facility eight years ago, before COVID. Knowing the challenges that he faced in a long-term care facility, even that long ago—things have only gotten worse and worse through COVID—I really do feel for you, and can't imagine what it must have been like.
You talked about wanting to raise the profile of families and this idea of having a family council for people to listen to the concerns of residents.
Do you think that should be regulated as a part of long-term care standards? Is that needed, or is that something that the families of residents themselves have to really push for?
Mary Oko
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Mary Oko
2021-06-22 16:03
En réponse à cette question, je pense qu'il faut réglementer cela. En Ontario, cette notion fait partie de la Loi sur les foyers de soins de longue durée. Toutefois, en Colombie-Britannique — j'ai des amis dans cette province —, il n'y a pas de loi de ce genre et il n'existe pas de conseil des familles. Dans cette province, les familles — ainsi que mes amis — ont dû se réunir et créer, sur Facebook, leur propre groupe de conseil des familles officieux. Les familles communiquent entre elles pour offrir du soutien et partager des ressources.
Même en Ontario, où cette notion est réglementée, l'idée d'un conseil des familles n'est pas toujours respectée dans tous les établissements de soins. Certains établissements fonctionnent très bien avec un conseil des familles, mais d'autres ne souhaitent pas travailler avec un tel conseil. Dans ces cas, les intervenants estiment qu'ils ne comprennent pas ce type de conseil et ils pensent que cela occasionnera du travail supplémentaire et qu'ils font déjà tout le nécessaire pour s'occuper des résidants.
Encore une fois, la majorité des résidants qui reçoivent des soins de longue durée souffrent d'une forme de démence ou de déficience cognitive. Et même si de nombreux établissements ont un conseil des résidants, les membres ne peuvent pas communiquer efficacement en leur nom, car ils craignent d'en subir les répercussions s'ils s'expriment de manière trop négative.
Au sein de mon propre conseil des familles, il y a des familles qui craignent de s'exprimer parce qu'elles ont l'impression que cela fera diminuer la qualité des soins que reçoivent leurs proches.
In response to that question, I feel it needs to be regulated. In Ontario, it is part of the Long-Term Care Homes Act. However, in B.C.—I have friends in B.C.—there is no such act and there is no such thing as a family council. What families have had to do, my friends included, is come together and create their own quasi-family council groups through Facebook. Families were connecting to provide support and share resources.
Even in Ontario, where it's regulated, the idea of a family council is not always respected within ever single home. There are some homes that work very well with a family council, and then there are some homes that do not want to work with a family council. They feel that they don't understand it. They feel that it's just extra work. They feel that they're doing what they need to do to take care of the residents.
Again, the majority of the residents who are in long-term care have some form of dementia or cognitive disability. Even though many of the homes have a residents council, they cannot effectively communicate on behalf of themselves, because they're in fear that if they speak out too negatively, there will be ramifications imposed against them.
I have families within my own family council that are afraid to speak out because they feel that the quality of care their loved one will be getting will decline.
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Lib. (ON)
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2021-06-22 16:05
Je vous remercie beaucoup, madame Oko.
Vous êtes sûrement très heureuse que notre gouvernement ait récemment entrepris des consultations en vue de définir la notion de mauvais traitements infligés aux personnes âgées, afin de bien la comprendre et d'élaborer de meilleures lois à cet égard.
J'aimerais maintenant m'adresser à Mme Majowski.
Nous savons évidemment que les personnes âgées peuvent être victimes de mauvais traitements dans n'importe quel établissement — dans les établissements de soins de longue durée, les hôpitaux, les endroits où elles font leurs achats et même dans leur propre domicile. À votre avis, quelles mesures peuvent être prises pour améliorer le signalement des mauvais traitements infligés aux personnes âgées?
Thank you very much, Ms. Oko.
Hopefully, you are very pleased that our government recently launched a consultation to define seniors abuse so that they can understand it properly and come up with better legislation.
I will go to Ms. Majowski for a moment.
Of course we know that seniors can experience elder abuse in any facility—in long-term care facilities, hospitals, while they're shopping, even in their own home. In your opinion, what steps can be taken to improve the reporting of abuse of seniors?
Kathy Majowski
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Kathy Majowski
2021-06-22 16:06
Je vous remercie beaucoup de votre question.
Le signalement est un enjeu très délicat. En effet, il ne faut pas oublier que, tout d'abord, 91 % de nos personnes âgées vivent dans la collectivité, de sorte qu'elles reçoivent du soutien dans cette collectivité. Lorsqu'elles subissent des mauvais traitements, nous savons que les coupables sont souvent des personnes qui leur sont proches, qu'il s'agisse d'un voisin, d'un ami, d'un membre de la famille qui joue un rôle de soignant ou même [Difficultés techniques] de la personne, ce qui complique énormément le signalement. Je dirais que c'est comparable au signalement de la violence familiale.
Parfois, lorsque des travailleurs de la santé, des travailleurs des services sociaux ou des travailleurs des services communautaires assument une responsabilité de déclaration obligatoire, cela va en réalité à l'encontre de ce que souhaite la personne âgée. En effet, il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les personnes âgées ne veulent pas signaler ces incidents. Il se peut qu'elles ne veuillent pas que les membres de leur famille s'attirent des ennuis en subissant des conséquences juridiques pour leur comportement. Parfois, c'est parce que la personne âgée ressent une certaine culpabilité. Nous envisageons donc un scénario de réduction des risques dans lequel la mise en place de soutiens supplémentaires peut soulager une partie de la pression et réduire la nécessité de dépendre de la personne qui inflige les mauvais traitements. Dans de nombreux cas, cela peut améliorer la situation.
Il est important de prendre en compte [Difficultés techniques] parler du signalement. En effet, les personnes âgées sont tout aussi capables que les gens plus jeunes de décider ce qui leur convient le mieux, et elles peuvent avoir des opinions divergentes sur le type de comportement acceptable. Nous devons tenir compte de leur point de vue et comprendre que nous avons peut-être de merveilleuses idées pour améliorer sensiblement la situation de ces personnes, mais que si ce n'est pas ce qu'elles veulent, cela fera diminuer leur qualité de vie et leur bien-être, et qu'elles pourraient se sentir moins en sécurité. La prévention des mauvais traitements infligés aux personnes âgées est une conversation très complexe et nuancée, surtout lorsque ces personnes vivent dans la collectivité.
La conversation est toutefois différente, par exemple, lorsqu'il s'agit du milieu des soins de longue durée. En effet, il s'agit d'un environnement beaucoup plus structuré. Il existe certainement des moyens d'uniformiser un peu plus les processus de signalement. Malheureusement, la situation n'est pas uniforme à l'échelle du pays. Les provinces et les territoires ont tous des modèles différents, et les familles et le personnel doivent donc connaître les ressources offertes dans leur établissement. Mais les choses deviennent certainement beaucoup plus complexes lorsqu'on parle de la collectivité.
Thank you very much for the question.
Reporting is a very tricky conversation. We do want to keep in mind that, first of all, 91% of our older adults live in the community, so they are being supported in the community. In the abuse that they experience, in many cases we know that the perpetrators are people who are close to them, whether it be a neighbour, a friend, a family member who's providing some sort of caregiving role, or is even [Technical difficulty—Editor] the person, so reporting is a very delicate conversation. I would say it's on par with domestic violence reporting.
Sometimes when health workers, social services workers or community services workers take on the responsibility of mandatory reporting, we're actually going against what the older adult would want. There are many reasons that they don't want to report. It may be that they don't want their family member to get in trouble, to experience legal ramifications for the behaviour. Sometimes it's because they do feel some guilt. We look at it as a bit of a harm reduction scenario where putting additional supports into place can take off some of the strain or reduce their need to depend on the abuser. In many cases, that can improve the situation.
It is important to consider [Technical difficulty—Editor] talk about reporting. Older adults are just as capable as younger adults to decide what's best for their lives, and they may have different ideas of what kind of behaviour is acceptable. We need to meet them where they're at and understand that we might have really wonderful ideas on how we can significantly improve the situation for them, but if it's not something that the person wants, then it's really going to contradict quality of life and happiness, safety and security. Elder abuse prevention is a very convoluted and nuanced conversation, particularly when we're talking about people who are living in the community.
For long-term care, for example, the conversation is much different. It is a much more structured environment. There definitely are ways that the reporting can be made a little bit more standardized. It's different across the country, unfortunately. Provinces and territories all have different models, so families and staff should be aware what resources are available for their facility, but in the community it's a much more complicated conversation.
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