Merci beaucoup, monsieur le président.
Bonjour à vous et aux membres du Comité. Je vous remercie de m'avoir demandé de participer à cette étude du projet de loi C-30.
En guise d'introduction, j'aimerais dire trois choses. Le premier point concerne le contexte dans lequel nous nous trouvons. L'incidence de la COVID-19 sur les gens et notre économie a été énorme. Il y aura des dommages permanents, mais ils seront surtout limités aux secteurs qui ont été fermés. Dans une récession typique, les mauvaises nouvelles dans un secteur contaminent habituellement les autres secteurs en raison d'une baisse de confiance. Cela ne s'est pas produit cette fois-ci. Je pense que c'est la principale raison pour laquelle l'économie a nettement dépassé les prévisions au cours de la dernière année.
Cette vigueur économique a suscité un débat sur la pertinence des mesures de relance budgétaire. Cela a donné au gouvernement une marge de manœuvre financière beaucoup plus grande que prévu. Toutefois, tout traumatisme économique majeur marquera l'économie. Plus l'économie tardera à se rétablir, plus les cicatrices seront profondes. Elles se manifestent sous forme d'un niveau de revenu national qui serait inférieur à ce qu'il pourrait être autrement — véritablement pour toujours — et je souscris donc à l'opinion selon laquelle il est logique de pousser l'économie plus fort pendant les premières étapes de la reprise, parce que cela encourage les investissements et crée une nouvelle croissance économique.
Mon deuxième point concerne la viabilité financière. Un plan financier crédible dans lequel le niveau de la dette publique par rapport au revenu national cesse d'augmenter et les coûts du service de la dette sont gérables répond à la norme minimale — ou plutôt technique — de viabilité. J'attire votre attention sur le tableau des pages 379 et 380 du budget, qui montre que ces critères sont respectés. Soit dit en passant, si l'on compare ce tableau à un tableau semblable du budget de 2019 présenté il y a deux ans, on constate que ce budget ne représente pas un virage brusque vers un gouvernement tentaculaire, comme beaucoup l'ont dit. La ligne de tendance des dépenses budgétaires prévues revient à environ 15 % du revenu national, tout comme c'était le cas avant la COVID. La ligne de tendance des recettes budgétaires fait exactement la même chose.
On craint, à juste titre, que cette norme minimale de viabilité financière ne laisse l'économie vulnérable aux chocs futurs. Eh bien, cette question doit faire l'objet d'un débat politique plus vaste, un débat qui, à mon avis, devrait reconnaître la situation financière difficile de nos provinces. Quand nous combinons la dette fédérale et la dette provinciale, comme nous devrions le faire lorsque nous envisageons la résilience future du Canada, nous voyons que notre situation financière n'est pas très différente de celle des autres grandes économies.
Mon troisième point, c'est qu'il y a de nombreuses façons de bâtir une résilience future sans austérité gouvernementale ni hausse des impôts. Si nous y réfléchissons, nous pouvons nous sortir du fardeau de la dette de la COVID, tout comme nous nous sommes affranchis de la dette de la Deuxième Guerre mondiale quand j'étais jeune. Il y a de nombreuses façons de stimuler notre taux de croissance économique à long terme et de nous sortir de notre endettement.
Tout d'abord, l'immigration est le plus important moteur de croissance économique du Canada, tout comme dans les années 1950 et 1960. Tout ce que nous pouvons faire pour rendre ce processus plus efficace sera un bon investissement dans la croissance future.
Deuxièmement, un programme national de garderies, tel qu'annoncé, peut aussi aider à stimuler la croissance de la main-d'œuvre. J'espère qu'il pourra être déployé sans délai. C'est le genre de programme qui peut littéralement s'autofinancer. Si nous pouvons augmenter le niveau du revenu national d'à peine 2 % de cette façon, ce qui représente un revenu national supplémentaire de 40 à 50 milliards de dollars chaque année, de 6 à 8 milliards se retrouveront automatiquement dans les coffres du gouvernement, également chaque année.
Troisièmement, comme je l'ai déjà dit devant ce comité, l'une de nos plus grandes sources inexploitées de croissance économique future consiste à harmoniser la réglementation provinciale à l'échelle du pays afin de réduire les frictions commerciales interprovinciales. Cette initiative offre à peu près deux fois plus de possibilités de croissance économique que la proposition sur la garde d'enfants et, en fait, sa mise en œuvre ne coûterait rien. Il me semble que trouver des façons novatrices de stimuler la croissance économique et d'éviter d'augmenter les impôts devrait être en tête de liste, en cette période très précaire, tant au niveau fédéral que provincial.
Merci, monsieur le président.