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Eric Choi
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Eric Choi
2021-05-27 11:26
Merci beaucoup, madame la présidente, et merci aux membres du Comité de m'avoir invité ce matin.
Permettez-moi de commencer par parler un peu de GHGSat. Nous sommes une petite PME qui a été créée en 2011 pour apporter une solution du secteur privé aux changements climatiques. Notre siège social est à Montréal, et nous avons aussi des bureaux à Ottawa et à Calgary, en plus de bureaux internationaux à Houston et à Londres, en Angleterre.
Notre vision à GHGSat consiste à utiliser les satellites pour devenir la référence mondiale en réduction des émissions de gaz à effet de serre de n'importe quelle source dans le monde, afin de permettre ainsi aux intervenants du secteur de l'énergie, des ressources, de la production d'électricité, de l'agriculture, de la gestion des déchets et de la durabilité de prendre des décisions éclairées en la matière.
Bien qu'il y ait évidemment d'autres satellites dans l'espace qui mesurent aussi les gaz à effet de serre, comme les satellites de la NASA et ceux de l'Agence spatiale européenne, il est intéressant et remarquable d'observer que GHGSat, une PME canadienne, est actuellement la seule entité privée ou publique au monde qui possède des satellites capables de mesurer les gaz à effet de serre à haute résolution jusqu'à seulement 25 mètres. Nos satellites — des satellites canadiens — sont théoriquement capables de mesurer les émissions de gaz à effet de serre provenant de sources aussi petites que des puits de gaz individuels. Il s'agit d'une capacité d'attribution essentielle.
La technologie spatiale jouera un rôle de plus en plus important dans la transition du Canada vers des pratiques plus écologiques et plus durables et vers une meilleure reconstruction. Sur les 50 variables climatiques essentielles désignées par l'Organisation météorologique mondiale comme nécessaires pour surveiller les changements climatiques, 26 ne peuvent être efficacement observées que depuis l'espace. Les satellites environnementaux sont donc directement arrimés aux objectifs du Programme de développement durable à l'horizon 2030 du Canada, en particulier en vue de prendre des mesures urgentes pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions — soit l'objectif 13 — et pour favoriser l'industrialisation inclusive et durable ainsi que l'innovation, conformément à l'objectif 9.
En matière de technologies, qu'il s'agisse de technologies spatiales ou de technologies vertes, il y a deux façons dont le gouvernement du Canada peut jouer un rôle dans la stimulation de l'innovation et l'expansion des débouchés commerciaux durables. La première consiste à investir dans la recherche et le développement en début de croissance. La deuxième consiste à adopter rapidement de nouvelles innovations, ce qui réduit le risque et permet au secteur privé d'offrir ses nouveaux produits et services sur le marché international.
Le Canada est un chef de file mondial en matière d'appui à la R-D en début de croissance dans l'industrie et le milieu universitaire. À titre d'exemple, la technologie novatrice derrière nos satellites de surveillance du méthane a été mise au point avec l'appui de Technologies du développement durable Canada, de l'Agence spatiale canadienne et du Programme d'aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada.
Pour assurer une meilleure reprise économique du Canada après la pandémie, le gouvernement du Canada pourrait apporter des améliorations en appuyant l'industrie au-delà de la phase initiale de R-D. L'une des mesures les plus efficaces qui pourraient être prises à cet égard constituerait à adopter rapidement de nouvelles innovations et à être un client clé des technologies vertes et durables. Cela renforcerait la compétitivité du Canada et accroîtrait les débouchés commerciaux, car l'une des premières choses qu'un client éventuel demande à l'échelle internationale, c'est de savoir si un nouveau produit ou service a été adopté sur le marché intérieur.
Il y a des exemples de tendance d'ancrage dans le domaine des satellites environnementaux que nous connaissons bien, comme le programme commercial d'acquisition de données de petits satellites de la NASA aux États-Unis ou le programme de missions de tierces parties de l'Agence spatiale européenne.
Ce sera une année charnière pour le Canada alors que nous attendons la COP26 en novembre. L'un des projets de premier plan qui devrait ressortir de cette conférence des Nations unies sur le climat est l'observatoire international des émissions de méthane, ou IMEO, qui est le projet du Programme des Nations unies pour l'environnement et qui est la source de données satellitaires permettant d'identifier les super-émetteurs de méthane et ainsi fournir des données exploitables pour un suivi diplomatique.
Au cours des derniers mois chez GHGSat, nous avons discuté avec les ministères pertinents du gouvernement du Canada de la possibilité de fournir des données satellitaires sur le méthane à l'IMEO comme preuve très concrète de l'engagement de notre pays à lutter contre les changements climatiques.
Pour conclure, et pour réitérer ce que certains des intervenants précédents ont dit, le succès de notre reprise après la pandémie et de la transition de notre industrie vers des pratiques plus vertes et plus durables reposera sur notre partenariat avec le gouvernement et le secteur privé dans cet effort de reconstruction.
Voilà qui met fin à mon exposé. Je suis maintenant prêt à répondre à vos questions.
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Lib. (QC)
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2021-05-20 16:49
Je sais que vous avez dit, dans votre témoignage, que vous espériez que le montant du Fonds stratégique pour l'innovation soit de 30 milliards de dollars. Nous commençons par 7 milliards de dollars.
Vous m'excuserez si je vous ai mal cité.
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Lib. (QC)
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2021-05-20 16:50
D'accord. Le budget comprend un investissement important de 7 milliards de dollars pour le FSI, un programme efficace qui a aidé les entreprises à croître et à innover.
Selon vous, comment l'industrie des produits chimiques et des matières plastiques va-t-elle tirer parti de ce financement de 5 milliards de dollars pour la décarbonisation de l'industrie, par l'entremise de l'accélérateur net zéro?
Bob Masterson
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Bob Masterson
2021-05-20 16:50
Cela crée effectivement des occasions pour nous, et il est vrai que nous avons eu trois grands investissements au Canada dans le cadre du Fonds stratégique d'innovation jusqu'ici, pour un total proposé de 9 milliards de dollars, je crois, mais l'un de ces investissements a été suspendu à cause de la COVID. Nous verrons si l'investisseur va revenir. Donc, l'industrie a déjà une certaine expérience.
Le total de 30 milliards de dollars que j'ai mentionné représente l'investissement — l'investissement total — qui devrait être fait dans notre secteur. Encore une fois, nous ne nous attendons pas à ce que le gouvernement finance tous les investissements en capitaux de notre secteur, mais nous nous attendons à ce qu'il mette en place des conditions propices aux investissements.
J'ai donné un exemple historique. Il aurait dû y avoir 30 milliards de dollars au lieu de seulement sept. Cela montre que nous accusons de plus en plus de retard, et c'est pourquoi il est donc urgent que d'autres mesures soient prises.
L'argent du FSI, surtout de l'accélérateur net zéro, a été accueilli très favorablement. Nous avons des entreprises qui vont évidemment en tirer parti, mais ce que je veux dire, c'est que cela ne représente qu'une minorité des installations du Canada. Nous devons créer un contexte commercial favorable à la recapitalisation. Pour atteindre la carboneutralité, nous devons recapitaliser non seulement notre secteur, mais aussi le secteur minier et tous les autres secteurs de l'économie, et cela suppose d'attirer des investissements autant canadiens qu'étrangers.
C'est un travail d'envergure, et les dépenses du FSI ne suffiront pas, même si elles sont importantes et qu'elles ont été bien accueillies.
Jim Balsillie
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Jim Balsillie
2021-05-20 12:40
Merci, monsieur le président.
Je m'appelle Jim Balsillie et je représente le Conseil canadien des innovateurs. En rapport avec le budget, j'ai deux observations à vous soumettre concernant la structure de l'économie moderne avant de conclure avec une recommandation.
Le rythme accéléré de l'innovation et de la transformation numérique que nous avons connu au cours des 30 dernières années a créé une nouvelle forme d'économie au sein de laquelle la richesse et le pouvoir émanent désormais du contrôle des données et des précieux éléments de propriété intellectuelle. Parallèlement à cela, de nouvelles technologies s'articulant autour de l'automatisation des processus de prise de décisions et d'apprentissage sont en train de refaçonner notre espace social et politique. C'est ainsi que les actifs incorporels en sont venus à compter pour 91 % de la valeur totale de 28 billions de dollars des entreprises du S&P 500.
C'est une transformation d'une ampleur et d'une vitesse sans précédent qui se caractérise par l'émergence d'entreprises très lucratives exerçant un monopole fondé sur les droits attachés à la propriété intellectuelle et le contrôle des données. La croissance des salaires est maintenant concentrée au sein d'un petit noyau d'entreprises riches en propriété intellectuelle et en données, ce qui est un facteur d'iniquité. Ces entreprises ont une faible propension à investir du fait qu'elles ne produisent généralement pas de biens tangibles. Les coûts marginaux de production de leurs biens incorporels sont au contraire presque nuls. En outre, les modalités fiscales applicables aux bénéfices tirés des actifs incorporels permettent à ces entreprises de déployer des stratégies efficaces pour payer le moins d'impôt possible, ce qui entraîne une érosion de l'assiette fiscale du Canada.
Différents pays du monde, à commencer par les États-Unis dans les années 1980, ont modernisé et recalibré leurs stratégies pour la prospérité afin de s'adapter à la transition de l'économie traditionnelle vers une économie basée sur les actifs incorporels. L'orthodoxie tactique qui prévaut au Canada, et qui transpire encore du plus récent budget, fait en sorte que l'on continue de s'en remettre à des stratégies de croissance de l'économie de production traditionnelle, même si une telle approche occasionne sans cesse une productivité déficiente, un recul par rapport aux indicateurs d'innovation et, de façon plus marquée encore au cours de la dernière décennie, une baisse de notre PIB par habitant comparativement à celui des États-Unis. Comme vous pouvez le voir dans le graphique annexé au document que je vous ai transmis, le déficit du Canada quant aux paiements et aux rentrées de fonds liés à la propriété intellectuelle augmente à un rythme alarmant. Qui plus est, ce déficit serait beaucoup plus prononcé encore si la valeur des flux nets de données était prise en compte.
Au sein de l'économie contemporaine, l'objectif est de générer et de contrôler des actifs de propriété intellectuelle et de données pour bénéficier des avantages économiques et non économiques qu'ils nous procurent par rapport aux pays avec lesquels nous sommes en concurrence. Non seulement les stratégies mises en œuvre par le Canada pour la prospérité sont-elles inadéquates, mais elles vont souvent à l'encontre du résultat recherché. La première de ces stratégies consiste à créer des agences et des programmes favorisant l'investissement direct étranger sans les étayer au moyen d'un cadre analytique actualisé, comme cela se fait ailleurs dans le monde. La deuxième stratégie a donné lieu à une chasse effrénée aux accords de libre-échange sur une période de 15 ans malgré le fait que les économistes écrivaient déjà en 2003 que les ententes commerciales internationales allaient dorénavant viser à renforcer les mesures de protection pour ceux qui détiennent la propriété intellectuelle, plutôt qu'à réduire les tarifs douaniers comme c'est le cas depuis toujours. Notre troisième stratégie nous a vus consentir des investissements colossaux dans la recherche scientifique en l'absence de politiques et de stratégies adéquates régissant la propriété intellectuelle. En quatrième lieu, il faut noter les mandats sous-financés et obsolètes confiés à des instances réglementaires essentielles au sein d'une économie moderne, comme celles responsables des investissements étrangers, de la protection des renseignements personnels et de la concurrence.
Le budget fédéral est le reflet d'une approche désuète de l'économie contemporaine. Il ne tient pas compte en outre des limites bien concrètes de nos institutions. Il est tout à fait irresponsable de regrouper 270 mesures dans un document de 700 pages et de penser qu'elles pourront être mises en œuvre. Il est futile d'investir des sommes aussi gigantesques à même les deniers publics sans pouvoir compter sur des cadres actualisés et des stratégies claires permettant de produire les résultats souhaités pour le Canada. Bien qu'il demeure tout à fait envisageable que le dollar investi à même les fonds publics finisse par se transformer en 10 ¢, il y a aussi le fait que le maintien de mesures contre-productives risque de faire sombrer le Canada dans un schéma de rendements négatifs en matière d'investissements publics.
Il faut dire enfin que la redistribution d'une assiette économique fixe et les points d'ancrage financiers prudents que plusieurs préconisent ne suffiront pas sans une stratégie visant à générer de nouvelles richesses. Le Canada a un urgent besoin de stratégies de croissance adaptées aux réalités modernes et de budgets qui vont dans le même sens.
J'ai à vous soumettre une recommandation qui pourrait véritablement contribuer à améliorer la planification et la mise en œuvre des budgets au Canada. Le gouvernement devrait remettre en place le Conseil économique du Canada pour se donner à l'interne une capacité d'analyse de l'économie contemporaine. La nature de l'économie mondiale actuelle exige plus que jamais auparavant une grande force d'intégration horizontale, d'analyse approfondie et d'intervention rapide étant donné le rythme accéléré de l'innovation et l'ampleur des réactions et des débordements qui caractérisent notre société réseautée. Un Conseil économique bien structuré permettra une revitalisation essentielle de nos instances stratégiques tout en aidant le gouvernement à se redonner une capacité cruciale pour l'intérêt national, notamment dans le contexte de la reprise économique à l'issue de la pandémie.
En conclusion, je rappelle qu'une mauvaise compréhension des nouvelles réalités économiques a des conséquences tout ce qu'il y a de plus tangibles sur notre prospérité, notre sécurité et, par le fait même, notre souveraineté. La simple distribution d'argent ne fonctionne pas aussi bien qu'auparavant du fait que le volume de crédits nécessaire pour faire croître le PIB d'une seule unité a triplé entre 2007 et 2015. De plus, on ne peut pas simplement courir après les emplois en présumant que toutes les entreprises sont relativement semblables; c'est une stratégie de nivellement vers le bas qui va rendre les inégalités encore plus flagrantes.
Le Canada est tout à fait capable de rebâtir en mieux, mais il faut d'abord qu'il sache ce qu'il doit rebâtir et comment il doit s'y prendre.
Je vous remercie.
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Lib. (NS)
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2021-05-20 13:39
Dans le même ordre d'idées que la question que j'ai posée à Mme Tiessen sur la façon dont nous pouvons nous préparer à réussir, il y a quelques enveloppes incluses dans le budget autour du Fonds pour l'innovation stratégique, dont environ 5 milliards de dollars pour le fonds Accélérateur net zéro.
Vous vous adressez ici à un groupe de parlementaires. Dans votre esprit, qu'est-ce que vous nous demanderiez de faire à l'issue de cette réunion, aux fins de la prochaine étape, pour nous assurer que l'argent prévu dans le budget est effectivement employé de la manière la plus efficace?
Jim Balsillie
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Jim Balsillie
2021-05-20 13:40
Nous avons un problème dans la mesure où nous considérons les entreprises comme étant homogènes alors qu'elles sont étonnamment hétérogènes dans leur évolution au cours des 20 dernières années. Nous considérons également les emplois comme étant relativement homogènes alors qu'en fait, ils ont des caractéristiques entièrement différentes qui bénéficient aux particuliers et au pays. Ma recommandation numéro un est que nous n'avons pas la capacité d'analyser, de créer des programmes, de les mettre en œuvre et d'en assurer le suivi pour obtenir les résultats que nous recherchons en matière de qualité des emplois, des entreprises, de la productivité et de la sécurité, des éléments qualifiés d'intangibles dans cette part de 91 % de l'économie. Nous parlons beaucoup, mais nous devons comprendre que le Canada a adopté une approche orthodoxe de néolibéralisme extrême il y a 30 ans.
L'économiste qui a écrit pour la Commission Macdonald a dit que la libéralisation du travail, du capital et des marchés était une bonne chose, mais qu'elle devait s'accompagner d'une stratégie d'innovation industrielle, sans quoi nous nous retrouverions dans un équilibre de faible productivité et de faible croissance. C'était Richard Harris. Il en était l'économiste, et ils ont ignoré... C'était un traité en deux volumes, et ils n'ont tenu compte que d'un seul des deux. La première chose que nous devons faire est d'avoir la capacité, sans quoi nous allons continuer — ce qui est la définition de la bêtise — à faire la même chose encore et encore en espérant un résultat différent.
Shannon Joseph
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Shannon Joseph
2021-05-19 16:11
Merci beaucoup.
Je suis Shannon Joseph, vice-présidente aux Relations gouvernementales et affaires autochtones de l'Association canadienne des producteurs pétroliers, c'est-à-dire l'ACPP.
L'ACPP représente l'industrie du pétrole et du gaz naturel en amont. Nous tenons à remercier le Comité de l'occasion qui nous est donnée de participer à l'étude du projet de loi C-12.
Ce projet de loi et le travail que fait le Canada pour concrétiser ses engagements en matière de changements climatiques sont importants pour toutes les industries et tous les Canadiens. L'ACPP et nos sociétés membres appuient solidement, par leurs investissements, la performance et l'innovation en matière environnementale. Nous voulons aider le gouvernement fédéral à atteindre ses objectifs de changement climatique. Cela dit, nous tenons à souligner au Comité que la voie vers la carboneutralité que propose le projet de loi C-12 vise aussi à créer des possibilités économiques pour le Canada.
Nous avons noté le commentaire qu'a fait le premier ministre, à l'occasion du Sommet des dirigeants sur le climat du 22 avril 2021, selon lequel notre réponse aux changements climatiques peut être « notre plus grande opportunité économique ». Comme les membres du Comité le comprendront, on gère ce que l'on mesure, d'où l'inclusion dans le projet de loi de cibles clés en matière de changements climatiques pour répondre aux exigences de la mesure de la performance de 2050. Si la carboneutralité passe par la création de croissance, d'investissements et d'emplois, de même, en plus de la performance environnementale, il nous faut des cibles économiques, ainsi que des mesures quantitatives de performance économique intégrées dans le projet de loi.
Après cela, les voies d'accès à la carboneutralité seront différentes dans les diverses régions du pays, pendant l'application du programme. Le projet de loi doit aussi en tenir compte dans les façons dont sont développées et évaluées les stratégies. Cela doit se faire en étroite collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux et tenir compte de leurs stratégies et politiques en matière de changements climatiques. Le Canada est un pays exportateur, et le pétrole et le gaz naturel sont notre première exportation.
Notre contribution à l'économie du Canada dépasse le 1,1 milliard de dollars par année. Nous avons plus d'un demi-million de femmes et d'hommes dans des emplois spécialisés et bien rémunérés, d'un littoral à l'autre, dont 63 000 en Ontario et 18 000 au Québec. Notre chaîne d'approvisionnement nationale à l'extérieur de l'Alberta comprend plus de 2 700 entreprises dont les achats annuels dépassent les 4 milliards de dollars. De plus, nos achats à des entreprises autochtones dépassent les 2,4 milliards de dollars par année, qui représentent 11 % de nos approvisionnements dans les sables bitumineux. Nous sommes parmi les plus importants employeurs d'Autochtones au Canada et sommes engagés à jouer un rôle important dans la réconciliation.
Je souligne ces points parce que notre industrie occupe une grande place dans le tissu économique et social du Canada et que nous avons joué et voulons continuer de jouer un rôle dans la prospérité du Canada et dans l'atteinte des objectifs environnementaux du pays.
L'innovation est un moyen important de jouer ce rôle. Un autre témoin vous a parlé des technologies disponibles. Il en reste encore beaucoup à développer. Selon une étude réalisée en 2018 par le Global Advantage Consulting Group pour le Réseau d'innovation pour les ressources propres, environ 75 % de tous les investissements en technologies propres au Canada proviennent de l'industrie du gaz naturel et du pétrole.
Non seulement notre leadership en matière d'innovation contribuera à réduire les émissions chez nous, mais, grâce au partage et à l'exportation de sa technologie, le Canada pourra aider à les réduire partout dans le monde. Le captage, l'utilisation et le stockage du carbone l'illustrent bien. Le projet Weyburn-Midale en Saskatchewan est l'un des plus importants et des plus anciens au monde. Nous espérons voir davantage de ces projets.
Notre nouvelle industrie du gaz naturel liquéfié en Colombie-Britannique a aussi joué un rôle dans la réduction des émissions mondiales et dans la production de résultats d'atténuation ou de crédits de carbone échangeables à l'échelle internationale dans le cadre de l'Accord de Paris pour le Canada.
À elle seule, la Chine ajoute une grande centrale au charbon à son réseau électrique toutes les deux semaines. La production d'électricité à partir de charbon continue également de croître en Inde et en Asie du Sud-Est, tout en mettant l'accent sur l'amélioration du niveau de vie des citoyens. Si elles fonctionnaient au gaz naturel canadien, ces installations produiraient nettement moins de polluants atmosphériques et d'émissions de gaz à effet de serre, comme l'Ontario l'a constaté lorsqu'elle a remplacé ses sources d'énergie.
Nous ne pouvons pas nous permettre, ni sur le plan environnemental ni sur le plan économique, d'adopter une vision étroite de ce à quoi pourra ressembler l'atténuation des changements climatiques au Canada. Le projet de loi C-12 devrait préciser le rôle que les secteurs économiques et les autres intervenants joueront dans l'élaboration des plans et l'atteinte des cibles. Il devrait faire en sorte que l'expertise des technologies et les occasions qui s'offrent aux différents secteurs et régions soient mises à contribution dans le processus décisionnel de l'organisme consultatif et décisionnel global du Canada.
Nous recommandons d'élargir le rôle du gouverneur en conseil et en particulier du ministre des Finances dans l'élaboration de cibles, de plans et de politiques de soutien en vertu de la loi, compte tenu surtout de leurs effets éventuels sur l'ensemble de l'économie et de la société canadiennes. Nous ne jugeons pas opportun de confier tout cela à un même ministre.
En travaillant ensemble, l'industrie et le gouvernement pourront accélérer l'innovation et mettre au point les technologies qu'il faudra pour réduire les émissions tout en fournissant de l'énergie produite de façon responsable pour répondre à la demande mondiale. Nous espérons que nos recommandations à votre comité pourront aider le Canada dans ce processus.
Merci.
Jeanette Jackson
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Jeanette Jackson
2021-05-14 13:07
Excellent. Je vous remercie de m'accueillir.
Je tiens à souligner que les terres sur lesquelles se trouve notre bureau font partie du territoire traditionnel non cédé des nations Musqueam, Squamish, Tsleil-Waututh et Tsawwassen.
Foresight est l'accélérateur de l'écosystème des technologies propres du Canada. Nous réunissons des partenaires pour recenser, commercialiser et adopter les technologies propres nécessaires pour soutenir la transition mondiale vers une économie verte. La communauté de l'innovation est au cœur de tout ce que nous faisons, soutenue par nos partenaires de l'industrie, du milieu universitaire, du gouvernement et, bien sûr, de la communauté des investisseurs. Notre mandat global consiste à positionner le Canada comme un chef de file mondial en matière d'innovation dans le domaine des technologies propres, grâce à des programmes et des initiatives pertinentes.
J'aimerais commencer par quelques déclarations et par saluer les efforts déployés pour positionner le Canada comme chef de file mondial. Pour accroître l'innovation et l'adoption des technologies propres, nous devons mieux lier les entreprises canadiennes de technologies propres aux marchés et aux investisseurs mondiaux, et les organismes gouvernementaux jouent un rôle clé dans divers domaines à cet égard.
Le premier rôle concerne les politiques et les partenariats. Le gouvernement canadien a la possibilité d'exercer un leadership éclairé. Notre taxe sur le carbone progressiste en est un exemple. Grâce à ce leadership éclairé, nous créons la confiance sur les marchés pour que les acheteurs et les investisseurs internationaux viennent au Canada en raison de ce type d'initiatives politiques.
Nous voulons également examiner les accords commerciaux. L'AECG, l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne, et d'autres accords commerciaux progressistes nous permettront également d'entretenir de meilleures relations avec ces régions et de nous assurer que les entreprises de technologies propres comprennent les pratiques exemplaires à utiliser pour pénétrer ces marchés et faire des affaires.
J'aimerais également souligner certaines des possibilités que présente la stratégie nationale. Nous avons assisté à de nombreuses et excellentes conversations entre les gouvernements canadien et européens, par exemple, sur la façon dont l'hydrogène, le captage, l'utilisation et le stockage du carbone et la bioéconomie peuvent jouer un rôle important dans nos deux économies en collaborant, en comprenant les besoins de chacune de nos régions respectives et en nous concentrant sur les possibilités d'innovation que nous pouvons exporter.
Nous devons également nous pencher sur l'adoption. Si nous voulons vraiment développer les entreprises de technologies propres au Canada, nous avons besoin d'un solide programme d'incitation à l'approvisionnement national. En réalité, ce sont ces exemples qui nous permettent de faire croître nos solutions au Canada et de les présenter à l'étranger.
Nous avons également travaillé sur d'autres possibilités d'adoption par l'entremise de notre programme SDG Connect, en partenariat avec le service des délégués commerciaux. Ce jumelage stratégique donne l'occasion aux acheteurs internationaux de présenter leurs besoins aux innovateurs canadiens et, encore une fois, de créer des occasions pour les Canadiens d'innover à l'échelle mondiale et d'exporter.
Le prochain volet porte sur le capital. Nous avons vu beaucoup de mécanismes internationaux différents qui créent vraiment des environnements de capital solides pour les investissements initiaux et ultérieurs. Il est également important d'organiser des séances de jumelage stratégique d'investisseurs pour présenter les entreprises canadiennes dans toutes les régions respectives où leurs technologies pourraient s'appliquer.
Le deuxième volet concerne l'innovation. Nous commençons à voir de nombreuses entreprises de technologies propres se développer, mais il est important que nous disposions également d'un flux solide et robuste d'entreprises en phase de démarrage. Je pense que nous devons, en tant que société, creuser et veiller à ce que les entreprises de haute qualité en phase de démarrage soient axées sur les problèmes et bien au fait des occasions à saisir à l'échelle nationale et mondiale. Bien entendu, les programmes de FedDev et des organismes gouvernementaux provinciaux peuvent vraiment aider à stimuler ces types d'initiatives.
Enfin, en termes d'échelle, nous avons besoin de voir plus d'investissements dans les entreprises en phase d'expansion. Je sais qu'il y a eu beaucoup d'annonces de soutien récemment à cet égard, mais si nous pouvons continuer à alimenter cette mentalité de croissance chez les entreprises et leur fournir le soutien dont elles ont besoin, elles seront beaucoup mieux positionnées pour une croissance exponentielle des exportations. Il n'a pas été facile de comprendre les fondements des technologies propres pour les investisseurs, mais ce que nous avons vu au cours de l'année dernière, c'est que plus de 1,7 billion de dollars d'entrées de capitaux dans des fonds liés aux facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance et à la durabilité ont porté leurs fruits, et qu'un montant record de 23,7 milliards de dollars a été investi en capital-risque dans 1 255 technologies climatiques.
La combinaison d'une politique et d'une poussée de capitaux représente une rare occasion pour le Canada. Nous avons d'excellents créateurs de technologies et des universités formidables, mais nos marchés et nos investisseurs locaux ne suffisent pas à capitaliser pleinement nos entreprises pour qu'elles soient concurrentielles à l'échelle mondiale. En fait, une étude de TDDC, Technologies de développement durable Canada, et de Cycle Capital montre que les entreprises canadiennes de technologies propres ne peuvent généralement réunir qu'environ la moitié des capitaux propres et des capitaux d'emprunt de ceux d'une entreprise de technologies propres comparable aux États-Unis et dans d'autres régions européennes. Si nous voulons être concurrentiels dans les décennies à venir, nous devons faire en sorte que les investisseurs privés et l'industrie au Canada ne restent pas sur la touche et s'engagent massivement auprès de nos entrepreneurs en technologies propres.
Pour présenter quelques exemples de réussite, nous réussissons dans certains domaines sur la scène internationale. Occidental a un partenariat avec Carbon Engineering au Texas. Svante a un excellent partenariat avec Chevron en Californie. MineSense a des projets en Amérique du Sud, et Enerkem a des usines de transformation des déchets en produits chimiques en Espagne et en Chine.
Nous commençons à voir un élan, mais comment transformer ces quatre histoires en une centaine d'autres? C'est ce que nous essayons vraiment de découvrir.
En guise d'information, TDDC est une excellente occasion et un excellent mécanisme pour mettre en valeur la démonstration de technologies. Il serait intéressant d'envisager le déploiement d'un premier projet hors site, dans le cadre de ce modèle de financement.
DEC, Développement économique Canada, est également très utile pour soutenir les possibilités de développement des exportations. Il serait bon de voir une plus grande flexibilité dans les options de financement. DEC n'est pas habilité à accepter des risques technologiques et des rendements inférieurs à ceux du marché.
Affaires mondiales a également été un excellent partenaire stratégique pour nous dans nos projets. Nous travaillons en étroite collaboration avec le service des délégués commerciaux. Des activités comme le jumelage industriel ou SDG Connect sont une excellente occasion de faire connaître les entreprises canadiennes et de positionner le Canada comme un chef de file mondial.
ECCC, Environnement et Changement climatique Canada, a également apporté un grand soutien dans tout le Canada en finançant les ateliers sur l'AECG. Ces types de programmes aident à informer les différents intervenants de la communauté pour qu'ils comprennent ce que nous devons faire pour faire de bonnes affaires et effectuer un suivi de toutes les attentes commerciales établies au niveau fédéral.
Enfin, le programme pilote du PARI, le Programme d'aide à la recherche industrielle, tant au niveau national qu'international, est un autre outil formidable.
En guise de conclusion, je dirai que nous faisons vraiment tout ce que nous pouvons pour aider les PME à se développer au pays et à vendre à l'étranger, mais nous avons besoin de plus de ressources et d'outils pour y parvenir en tant que communauté d'accélérateurs. Nous devons augmenter le nombre d'entreprises prêtes à exporter et trouver de manière plus proactive des entreprises étrangères à la recherche d'innovations canadiennes.
Nous proposons un programme de formation prêt à l'exportation — un programme SDG Connect élargi — pour accroître notre réserve d'entreprises prêtes à exporter. Nous avons des occasions de présenter les propositions à cet égard.
Il est également essentiel de développer davantage les relations entre le Canada et le réseau mondial d'accélérateurs de technologies propres dans les pays partenaires. Cela comprend les États-Unis, l'Union européenne, l'Asie et l'Amérique latine. Ces accélérateurs sont des têtes de pont et des points de validation permettant à nos entreprises d'accéder à ces marchés et investisseurs mondiaux. Nous avons effectué une partie du travail dans ce domaine dans nos bureaux, mais nous aimerions beaucoup nous pencher sur cette question avec le gouvernement fédéral également.
Enfin, il existe des pratiques exemplaires intéressantes sur lesquelles nous pouvons nous appuyer. Hier, un article a été publié concernant le modèle CAN Health, le réseau de santé CAN, qui peut être appliqué aux technologies propres. Nous aimerions travailler avec vous tous et vos divers partenaires et collaborateurs pour voir comment ce modèle peut aider les technologies propres au Canada à croître et à nous positionner comme prêts à exporter sur les marchés mondiaux.
Je vous remercie. Je suis prête à répondre à vos questions.
Geneviève Aubry
Voir le profil de Geneviève Aubry
Geneviève Aubry
2021-05-13 11:13
Je vous remercie de me recevoir aujourd'hui.
Je m'adresse à vous, aujourd'hui, en tant que directrice du Collectif Territoire, un organisme à but non lucratif établi en Abitibi-Témiscamingue, qui s'est donné pour mandat d'unir les génies des sciences, des arts et de l'industrie pour produire des bénéfices pour les écosystèmes et les communautés.
Depuis 2018, le Collectif travaille sur un projet qui suscite l'adhésion dans la communauté, soir le projet lac Osisko. Ce projet vise à réhabiliter et à mettre en valeur le lac Osisko, situé au centre-ville de Rouyn-Noranda, dans une approche créative et participative, qui unit plusieurs secteurs et la population.
Le lac Osisko a été endommagé par les activités humaines et industrielles des dernières décennies, et il présente divers problèmes, dont plusieurs sont communs à différents lacs de la région et du pays. Il s'agit de sédiments contaminés, de taux de phosphore élevés, de plantes aquatiques envahissantes, de contaminants émergents, et j'en passe. Pour préserver la biodiversité et la vitalité de cet écosystème, il est important de trouver des solutions créatives et adaptées pour favoriser son rétablissement. C'est donc par la recherche de solutions que nous mettons en place un véritable laboratoire d'innovation territoriale.
Le projet lac Osisko est un terrain de recherche et d'expérimentation pour des ingénieurs, des scientifiques, des artistes et d'autres inventeurs, qui unissent leurs expertises et leurs talents dans la poursuite de ce but noble et inspirant. Le projet regroupe déjà plus de 40 partenaires. Il s'agit d'entreprises industrielles, d'artistes, d'universités, de centres collégiaux de transfert technologique, d'écoles, d'organismes environnementaux publics et parapublics, et j'en passe.
Nombreux sont ceux qui s'unissent autour du projet, parce que c'est un projet positif, constructif et dont les retombées sont multiples et puissantes. C'est un projet dans lequel les partenaires trouvent leur compte. C'est aussi un projet ayant un impact territorial. Il a été sélectionné par l'organisme Future of Good dans le palmarès des 100 meilleurs projets de relance au Canada.
Le projet lac Osisko est une vitrine technologique pour des entreprises industrielles et minières, principalement, qui sont très actives dans notre région. Leur expertise est reconnue mondialement. Par ce projet, ces entreprises valorisent et développent des pratiques inspirantes en matière d'innovation environnementale, de réhabilitation d'écosystèmes dégradés et de biorestauration, et ainsi de suite. Elles sont nombreuses à collaborer à ce projet, et elles en sont fières.
S'ajoute à cette riche contribution celle de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, au sujet de laquelle M. Rousson vient de nous faire une éloquente présentation. Des chercheurs de l'UQAT participent au projet en apportant leur savoir-faire en biologie, en génie minier, en éthique et en création numérique.
Le centre collégial de transfert de technologie associé au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, soit le Centre technologique des résidus industriels, ou CTRI, est aussi engagé dans le projet, notamment en matière de biorestauration.
Les artistes apportent une créativité, un regard, une beauté et des questionnements, qui donnent sa couleur au projet.
En plus de compter sur un noyau fort de partenaires locaux et régionaux, le projet rayonne, et il suscite des partenariats ailleurs dans la province, au pays et dans le monde.
Le Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie souhaite examiner comment le gouvernement du Canada, dans son plan de relance, peut appuyer les industries dans leur transition vers des pratiques plus vertes et plus durables, et soutenir les initiatives de développement et d'innovation territoriales.
Devant l'ampleur des défis environnementaux, économiques et humains mis doublement en lumière par la crise sanitaire et climatique, ce plan est l'occasion de mettre en place des modèles de développement des territoires en syntonie avec les besoins, les particularités et les forces des communautés.
Pour soutenir les industries dans leur transition, le gouvernement du Canada doit démontrer qu'il accorde sa confiance aux initiatives de développement et d'innovation territoriale portées par les communautés. Vous ne serez pas surpris de m'entendre dire qu'une manière sûre de soutenir ces initiatives, c'est de mettre en place un fonds de soutien à l'innovation territoriale. Ce type de fonds est géré par et pour les communautés territoriales, et il évalue les projets en fonction de la capacité de ceux-ci à répondre adéquatement, et de manière novatrice, aux besoins des communautés.
Les projets les plus porteurs sont souvent ceux qui émergent des territoires, et dont le développement n'est pas entravé par les critères restrictifs ou exhaustifs de certains programmes gouvernementaux.
Un fonds de soutien à l'innovation territoriale est un fonds basé sur l'évaluation du potentiel d'impact des projets en fonction des besoins et des particularités des territoires d'où ils émergent.
Un fonds de soutien pour l'innovation, c'est un fonds administré de manière indépendante, par un comité de sélection dont la légitimité est largement reconnue par les gens du territoire.
C'est un fonds qui accorde du soutien pour comprendre et documenter l'impact des projets et mobiliser la connaissance acquise. C'est aussi un fonds qui favorise le transfert et la mise à l'échelle des innovations, des connaissances et des compétences développées, pour en faire bénéficier d'autres communautés et d'autres territoires.
Un tel fonds, j'en rêve depuis longtemps, et j'espère que cette tribune, aujourd'hui, m'aura permis de vous faire prendre conscience du fait que, dans les efforts du Canada pour une relance verte, il est essentiel de donner aux territoires les coudées franches pour qu'elles choisissent elles-mêmes les projets qui ont le plus grand potentiel d'impact et de retombées positives pour les communautés.
Voir le profil de Sébastien Lemire
BQ (QC)
Je vous remercie, madame la présidente.
J'aimerais tout simplement signaler au député de Pontiac que sa circonscription couvre un grand territoire, qui comprend notamment la municipalité de Grand-Remous, qui se trouve à proximité du centre de l'UQAT, à Mont-Laurier. Nos circonscriptions sont donc voisines.
Madame Aubry, la ville de Rouyn-Noranda aura bientôt 100 ans. Elle n'est pas aussi vieille que Montréal, qui fêtera bientôt ses 400 ans, ou que La Pocatière, mais elle célébrera tout de même un anniversaire dans lequel vous jouerez probablement un rôle.
Quels sont les tenants et les aboutissants du rôle que Collectif Territoire joue dans la relance économique et écologique à l'égard de l'innovation territoriale et de la transition industrielle? Quelle incidence Collectif Territoire peut-il avoir sur cette relance?
Geneviève Aubry
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Geneviève Aubry
2021-05-13 12:09
Collectif Territoire joue un rôle que le monde de l'innovation appelle un rôle d'intermédiaire. C'est un rôle très important dans ce milieu lorsqu'on adopte une vision systémique de l'innovation selon laquelle les talents, les compétences et l'expertise nécessaires pour innover sont répartis et non propres à une seule organisation. Ce rôle rend d'autant plus importants les acteurs qui mobilisent l'écosystème d'innovation de manière à mettre en relation les acteurs clés de cet écosystème, à briser les silos et à ouvrir les frontières. C'est vraiment le rôle que nous jouons.
Cela apporte une valeur ajoutée au transfert de la science à l'industrie, comme M. Rousson l'a mentionné, parce qu'elle assure des liens entre la recherche appliquée et la recherche fondamentale. Elle permet aussi de développer la culture scientifique des jeunes d'âge scolaire en favorisant la contribution des artistes et du monde culturel au travail de mobilisation des connaissances, de pédagogie et de communication.
Tout cela contribue donc vraiment à une vision holistique et fait en sorte qu'il n'est pas seulement question d'innovation radicale, mais aussi de recombinaison des initiatives d'innovation existantes qui permettront de réaliser une relance verte et durable.
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Lib. (ON)
Voir le profil de Ali Ehsassi
2021-05-13 12:47
Merci, madame la présidente, et merci à tous les témoins d'être des nôtres aujourd'hui.
Monsieur Mills, je me demande si nous pourrions reprendre là où nous nous sommes arrêtés. Vous nous expliquiez la nécessité de stimuler l'innovation et la prise de risques, et autres choses du genre.
Puisque vous nous avez exposé à quel point il est important de fournir les incitatifs nécessaires à la prise de risques pour stimuler l'innovation, je présume que vous abordez la question sous un angle comparatif. Selon vous, quel pays ou autorité a fait le meilleur travail à cet effet?
Mark P. Mills
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Mark P. Mills
2021-05-13 12:48
Ce sont habituellement les États-Unis et le Canada. Il s'agit de l'épicentre de la création d'entreprises. C'est en Amérique du Nord, et non en Europe, que les petites entreprises sont créées. En fait, peu importe le critère utilisé pour étudier les nouvelles entreprises, la création d'entreprises, l'Amérique du Nord était jusqu'à tout récemment ce que nous pourrions appeler l'autorité la plus sympathique aux innovateurs, aux entrepreneurs et aux petites entreprises.
Aujourd'hui, toutefois, cela devient plus ardu, en particulier dans certains secteurs, surtout celui de l'exploitation des ressources naturelles. La majorité des petites mines dont les capitaux proviennent du secteur privé ont quitté les États-Unis il y a longtemps déjà, et le Canada connaît les mêmes difficultés. Toutefois, il demeure le pays qui s'en tire le mieux.
L'Allemagne, la France et l'Italie traînent de la patte. Je ne critique personne ici, remarquez bien. J'expose simplement la réalité de la gouvernance.
Pensons à BlackBerry, aux débuts de la révolution du téléphone intelligent. Bien honnêtement, on en retrace les origines au Canada, avant qu'Apple, bien sûr, vienne damer le pion à BlackBerry et la recentre aux États-Unis. J'aime encore mon vieux BlackBerry, en passant. Mais, pour des raisons évidentes, ce n'est plus ce que j'utilise.
Voilà de bons exemples.
Nous espérons qu'il y aura ce type d'innovation dans les secteurs des ressources matérielles, comme l'exploitation minière, pétrolière et gazière. En fait, nous nous y attendons. C'est toutefois plus difficile parce qu'il s'agit d'industries [Difficultés techniques]. L'innovation est plus difficile parce que c'est à une bien plus grande échelle, mais ce n'est pas impossible.
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