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Mustafa Farooq
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Mustafa Farooq
2021-06-16 16:18
Merci, monsieur le président et membres du Comité, de nous donner l'occasion de vous faire part de nos réflexions pour votre étude de l'extrémisme violent à caractère idéologique à la suite de l'attentat terroriste de London.
Je m'appelle Mustafa Farooq. Je suis avocat et PDG du Conseil national des musulmans canadiens. Je suis accompagné aujourd'hui de ma collègue Sameha Omer, directrice des affaires juridiques du Conseil.
À titre d'information, le Conseil est un organisme communautaire indépendant, non partisan et sans but lucratif voué à la défense des droits de la personne et des libertés civiles des communautés musulmanes vivant au Canada. Depuis près de 20 ans, nous défendons avec ardeur les droits de la personne au Canada. Nous en faisons la promotion sans relâche dans les domaines de l'éducation et de la sensibilisation communautaire, de la mobilisation des médias et de la défense des droits du public ainsi que de la lutte contre la discrimination et l'islamophobie.
Compte tenu de l'intensification documentée de la haine, du racisme et de l'islamophobie dans nos collectivités, nous sommes ici aujourd'hui parce que nous nous soucions beaucoup de la sécurité publique. Je pense que cela m'a frappé personnellement ce week-end, lorsque j'ai présenté des membres de la mosquée de Québec à ceux de la communauté musulmane de London à l'occasion des funérailles de la famille Afzaal. J'ai ensuite sauté dans mon auto pour essayer de retourner à Toronto à temps pour participer à une vigile à la mosquée de l'International Muslims Organization, l'IMO, à Etobicoke.
Cette réalité dénonce un déraillement total de certaines attitudes dans notre pays. Hier soir, j'étais à l'Institut islamique de Toronto, et pendant que je me préparais à témoigner devant ce comité, deux individus ont menacé de bombarder le centre après avoir tenté de s'y introduire par effraction. En même temps, nous essayions de soutenir une musulmane noire qui aurait été agressée à Edmonton, tout en parlant aux représentants du centre Baitul Hadi d'Edmonton, sur lequel quelqu'un avait peint une croix gammée.
Le soir du 29 janvier, un homme armé s'est introduit dans le Centre culturel islamique de Québec. Il a abattu six fidèles musulmans et en a blessé plusieurs autres en menant une attaque terroriste contre la mosquée et contre les musulmans qui se trouvaient dans le Centre. Les victimes sont Ibrahima Barry, Azzedine Soufiane, Aboubaker Thabti, Khaled Belkacemi, Mamadou Tanou Barry et Abdelkarim Hassane. La haine et la violence nous ont privés de leur présence sur terre à cause de la pire attaque contre un lieu de culte de toute l'histoire moderne du Canada.
Dans la soirée du 12 septembre 2020, un homme apparemment lié à un groupe de suprémacistes blancs, l'O9A, est entré dans le stationnement de la mosquée de l'IMO à Etobicoke et a coupé la gorge de Mohamed-Aslim Zafis. Ce soir‑là, j'ai vu son corps dans le stationnement, alors même que je l'avais rencontré pendant l'année quand il distribuait de la nourriture aux pauvres aux pires moments de la crise de la COVID‑19.
Le 7 juin, à London, un individu a frappé une famille avec son véhicule pour des motifs présumés de haine. Des accusations de terrorisme ont maintenant été portées contre lui. Je vais lire les noms des personnes décédées: Salman Afzaal et sa mère, son épouse Madiha Salman et leur fille Yumna. Avant de quitter London, j'ai rencontré leur jeune garçon, le seul survivant de l'attaque. Je ne saurais trouver les mots pour vous décrire cette rencontre.
Nous sommes ici aujourd'hui parce que les groupes de suprémacistes blancs, d'islamophobie violente, de néonazis et de droite alternative se créent exponentiellement. Ils deviennent plus audacieux, qu'il s'agisse de groupes comme les Soldats d'Odin qui épient une mosquée en Colombie-Britannique, un groupe qui s'appelle « The Clann » qui intimide les fidèles de la plus ancienne mosquée du Canada à Edmonton, de groupes comme La Meute au Québec et des groupes qui planifient actuellement les célébrations de l'attentat terroriste de London en Ontario. Cette liste exclut tous les autres individus qui ont commis les agressions dont j'ai parlé hier. Entre autres, à Calgary, une femme portant une burka aurait été accostée. Comme ma collègue, Mme Omer, peut vous le dire, c'est un phénomène assez courant chez nous. Nous recevons ces appels jour après jour pendant toute l'année.
Mon allocution d'aujourd'hui porte directement sur les moyens de démanteler les groupes suprémacistes blancs et néonazis, qui constituent une source majeure d'incitation et de promotion de la haine, de la xénophobie et de la violence contre certains segments de la population, notamment contre les membres de la communauté musulmane. Je tiens également à souligner que nos collègues du Centre consultatif des relations juives et israéliennes qui sont avec nous aujourd'hui se sont joints à nous l'an dernier avec des dizaines d'organismes canadiens de premier plan pour réclamer plus d'action contre les groupes suprémacistes blancs.
Pour gagner du temps, je vais passer directement aux recommandations que nous désirons présenter au Comité. Nous discuterons davantage de ces recommandations et de ces approches clés au Sommet national sur la lutte contre l'islamophobie qui, je le sais, a également reçu un important appui bipartite. De notre point de vue, il faut prendre des mesures pour éliminer au plus vite les problèmes que causent les groupes de suprémacistes blancs au Canada.
Tout d'abord, nous pensons qu'il faudrait appliquer les dispositions actuelles du Code criminel, en particulier les dispositions de la Loi antiterroriste sur l'inscription des terroristes et l'article 70 du Code criminel, pour démanteler des groupes comme les Three Percenters. Bien que le gouvernement ait appliqué des dispositions législatives en vigueur pour démanteler des groupes de suprémacistes blancs comme Blood & Honour, Combat 18, Proud Boys, nous sommes convaincus que le Code criminel nous permet déjà de dresser une liste des groupes terroristes et de démanteler des milices. Ces dispositions doivent s'appliquer aux plus de 250 autres organismes de suprématie blanche au Canada.
L'article 70 du Code criminel, par exemple, interdit aux gens de se réunir dans le but de « s'entraîner ou de faire l'exercice », « de suivre des séances d'entraînement ou de maniement des armes » et « d'exécuter des manœuvres militaires ». On pourrait l'appliquer pour empêcher les actions de groupes et la mobilisation de groupes comme les Three Percenters. En parlant d'extrémisme violent à caractère idéologique, il faut reconnaître que le Code criminel contient déjà des dispositions qui peuvent servir à démanteler certains de ces groupes.
Deuxièmement, nous recommandons que l'on ajoute au Code criminel de nouvelles dispositions législatives sur l'inscription des groupes suprémacistes blancs pour préciser que ce sont des groupes suprémacistes blancs. Les groupes comme les Soldats d'Odin n'atteignent peut-être pas le seuil élevé de la liste des entités terroristes et ne constituent pas une milice, mais ils représentent une menace considérable pour les communautés musulmanes canadiennes. Tout comme le groupe qui organise une célébration de l'attaque terroriste de London, il n'y a aucune raison de permettre à ces groupes de continuer d'exister, de se rassembler, de se mobiliser et de planifier leurs actes haineux au Canada.
Mustafa Farooq
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Mustafa Farooq
2021-06-16 16:26
Troisièmement, je pense qu'il faut établir une réglementation rigoureuse et équilibrée de la haine en ligne pour protéger les libertés civiles. On devra pour cela consulter les meilleurs experts du Canada et de l'étranger.
Enfin, nous voudrions que le gouvernement mène un examen sur la façon dont les organismes de sécurité nationale traitent les groupes néonazis et les suprémacistes blancs.
Je souligne également que nous vous fournirons un mémoire et un suivi contenant plus de détails sur ces recommandations.
Merci.
Shimon Koffler Fogel
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Shimon Koffler Fogel
2021-06-16 16:27
Je vous remercie, monsieur le président, ainsi que les membres du Comité, de nous avoir invités à participer à cette importante discussion. Je m'appelle Shimon Fogel. Je suis président-directeur général du Centre consultatif des relations juives et israéliennes, qui se consacre à la défense des droits des fédérations juives du Canada. Cet organisme national non partisan et sans but lucratif représente plus de 150 000 juifs canadiens affiliés à des fédérations juives de tout le pays. Notre mission est de préserver et de protéger la qualité de vie des juifs au Canada en défendant leurs droits.
Pour la communauté juive du Canada, cette conversation sur l'extrémisme violent à caractère idéologique est inextricablement liée à l'antisémitisme. Au moment où je vous parle, les Canadiens d'origine juive font face à une montée dangereuse de l'antisémitisme partout au pays et, en fait, partout dans le monde. La fédération de l'United Jewish Appeal, l'UJA, de la région du Grand Toronto surveille de près la sécurité de la communauté juive de la région. Le mois dernier, elle a signalé cinq fois plus d'incidents antisémites par rapport aux mois précédents. En mai, les gens qui participaient à un rassemblement pacifique en faveur d'Israël à Montréal ont été criblés de pierres. La police a saisi des armes et a procédé à 15 arrestations, notamment pour voies de fait à main armée. En avril, à Victoria, quelqu'un a peint à l'aérosol « Kill the Jews » et « Gas the Jews » sur les murs d'une institution de la communauté juive. Nous avons également vu des bannières portant des croix gammées et des symboles nazis lors de rassemblements anti-israéliens dans plusieurs villes. Des entreprises juives ciblées partout au Canada ont subi du vandalisme et du boycottage.
Au Canada, personne ne devrait se sentir menacé dans son propre quartier. Personne ne devrait ressentir le besoin de cacher son identité. Aucun Canadien ne devrait avoir l'impression qu'il n'a pas sa place. Pourtant, certains membres de la communauté juive pensent à deux fois avant de porter leur kippa ou un collier avec l'étoile de David en public. Ce n'est pas le Canada que nous connaissons ou que nous voulons.
En 2019, l'année des dernières données de Statistique Canada, les juifs étaient le groupe religieux le plus ciblé des crimes haineux déclarés par la police et la deuxième cible de tous les crimes haineux le plus souvent déclarés par la police. En moyenne, un incident antisémite se produit presque chaque jour de l'année. Les Canadiens juifs, qui ne représentent que moins de 1 % de la population du pays, constituaient le 16 % de toutes les victimes de crimes haineux en 2019, une tendance qui s'est ensuite répétée chaque année. Cela devrait préoccuper sérieusement tous les Canadiens.
Les incidents antisémites se produisent également en ligne, et le nombre en est troublant. En ligne, l'antisémitisme et l'extrémisme idéologique se propagent et menacent le bien-être de tous les Canadiens. Les médias sociaux sont devenus un élément central de notre vie quotidienne, et des groupes racistes, xénophobes, misogynes, antiautoritaires et autres groupes haineux exploitent des plateformes comme YouTube, Facebook, TikTok, Twitter et Instagram pour répandre leurs idéaux toxiques en s'adressant souvent à nos enfants et à nos jeunes adultes. Ces groupes ignobles sont aussi actifs sur Parler, 8chan et dans d'autres coins sombres d'Internet où, en faisant la promotion de leur haine, ils radicalisent et recrutent de jeunes Canadiens.
Nous savons d'expérience que cette toxicité qui se propage en ligne n'a que trop souvent des conséquences réelles. Les activités en ligne ont entraîné le meurtre de juifs à Pittsburgh et de musulmans à Christchurch. Le tireur de Pittsburgh aurait affiché plus de 700 messages antisémites dans des communautés en ligne remplies de haine au cours des neuf mois précédant l'attaque. La diffusion en direct des meurtres du tireur de Christchurch visait à inciter d'autres gens à commettre ces actes haineux.
Bien que nous nous réjouissions de l'ajout des Proud Boys à la liste des entités terroristes, nous sommes convaincus qu'il faut en faire davantage. Depuis un certain temps, nous encourageons fortement le gouvernement du Canada à y inscrire le Corps des gardiens de la révolution iranienne dans sa totalité ainsi que Samidoun, un organisme affilié au Front populaire pour la libération de la Palestine qui exerce ses activités ici même au Canada.
Cessons cependant de croire que la radicalisation ne se fait qu'avec l'appui d'un groupe organisé. La prolifération du contenu en ligne a donné du pouvoir à ce qu'on appelle les loups solitaires. La radicalisation peut se manifester à distance et circuler dans les clavardages et les forums sans le soutien direct ou la coordination d'un groupe organisé. La police et les services de sécurité ont encore plus de peine à suivre ces activités suspectes. D'après ce que nous savons de l'horrible tragédie de London, le meurtrier a agi de façon indépendante et a peut-être été radicalisé comme un loup solitaire. Il en va de même pour l'attaque de l'homme en fourgonnette à Toronto en 2018.
L'antisémitisme n'est pas commis uniquement par des extrémistes violents motivés par une idéologie. Bien que la haine des juifs soit au cœur de nombreux systèmes de croyances xénophobes, comme le néonazisme et la suprématie des Blancs, l'antisémitisme est également un élément clé de l'extrémisme violent à caractère religieux et à caractère politique. L'antisémitisme est une haine qui ne se contient pas dans une catégorie. On le retrouve dans les trois catégories d'extrémisme.
La plupart des gens ne comprennent peut-être pas que l'antisémitisme menace non seulement les Juifs, mais tous les Canadiens ainsi que notre mode de vie. La lutte contre l'antisémitisme profite à tout le monde, et nous devons le dénoncer dès que nous le voyions, parce que les attaques contre les juifs ne finissent jamais par des attaques contre des juifs.
Les Canadiens d'origine juive tiennent à vivre dans une société démocratique juste et libérale. On a beaucoup parlé du rôle des forces de l'ordre. Nous sommes convaincus qu'une force policière bien instruite et bien dotée en ressources est un élément essentiel de la lutte contre les crimes haineux.
Permettez-moi donc de conclure en formulant cinq recommandations à l'intention du Comité.
Premièrement, nous recommandons que les organismes d'application de la loi disposent des outils nécessaires pour lutter contre la haine et la radicalisation, notamment en renforçant les unités de liaison communautaire et de lutte contre les crimes haineux de la police existantes et en finançant la création d'unités là où il n'y en a pas encore. Cela comprend l'augmentation des ressources pour les services de sécurité afin de surveiller, de suivre et de protéger les Canadiens contre la radicalisation en ligne.
Deuxièmement, nous recommandons d'accroître les ressources des organismes d'application de la loi, des procureurs de la Couronne, des juges et d'autres intervenants et de bien les éduquer sur l'importance de lutter contre la haine en ligne.
Troisièmement, nous recommandons de renforcer la loi pour lutter contre la haine en ligne, notamment en élaborant une approche à plusieurs volets. Il faut sensibiliser les gens à la haine en ligne, adopter des recours civils pour lutter contre la haine en ligne et imposer aux administrateurs de plateformes en ligne et aux fournisseurs de services Internet des règles sur la surveillance et sur la lutte contre la haine en ligne.
Quatrièmement, nous pensons que le financement du Programme de financement des projets d'infrastructure de sécurité devrait être augmenté. Ce programme permet aux organismes privés sans but lucratif vulnérables, comme les lieux de culte et les établissements d'enseignement, d'accroître leur sécurité. Pour illustrer rapidement la valeur de ce programme, un gardien de sécurité de la congrégation Shaar Hashomayim à Montréal a réussi à vaincre un incendie criminel à la synagogue grâce aux caméras de surveillance financées en partie par ce programme.
Enfin, nous recommandons que le Canada instaure un abattement des frais de sécurité pour les établissements communautaires. Se trouvant parmi les groupes les plus ciblés par les crimes motivés par la haine, les établissements juifs consacrent chaque année des millions de dollars à la rémunération de leur personnel de sécurité. Nous recommandons que le gouvernement fédéral mette en œuvre un abattement des frais de sécurité pour les lieux de culte, les écoles et les centres communautaires vulnérables.
En conclusion, monsieur le président et membres du Comité, même si la communauté juive est résiliente, elle se sent elle aussi vulnérable en ce moment. Nous vous demandons respectueusement d'agir. Ce que nous avons proposé ne servira pas seulement la communauté juive, mais tous les Canadiens. L'histoire nous a appris à maintes reprises que si l'on ne fait rien, la toxine de l'antisémitisme nous empoisonnera tous.
Merci de m'avoir invité ici aujourd'hui.
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NPD (BC)
Merci, monsieur le président.
J'ai une question pour Mme MacDonald au sujet de l'application de la loi. Nous venons de terminer une étude sur l'application de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement. Dans le cadre de cette étude, nous avons parlé des obstacles importants auxquels font face certains citoyens et certains groupes à cet égard.
Pouvez-vous nous parler de l'application de la loi, dans le contexte du projet de loi dont nous discutons aujourd'hui? Comment pourrait-elle être améliorée afin que les citoyens ou les collectivités puissent obtenir réparation?
Elaine MacDonald
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Elaine MacDonald
2021-06-16 17:21
Le coût représente probablement le plus grand obstacle: les coûts négatifs, les frais d'avocat ou le coût d'accès aux tribunaux. Ecojustice Canada intervient dans de nombreux litiges, et le risque associé au coût est important.
Les coûts ne sont pas aussi importants devant la Cour fédérale, mais ils peuvent l'être dans certains tribunaux provinciaux, et le risque associé au coût est un enjeu pour de nombreux particuliers et pour les petites collectivités qui n'ont tout simplement pas suffisamment de fonds. C'est le plus grand obstacle qui les empêche de porter leur cause devant les tribunaux. C'est pourquoi nous avons proposé un outil facile et à faible risque qui permettrait d'annuler les coûts, à moins que l'affaire ne soit vexatoire, par exemple.
La Loi canadienne sur la protection de l'environnement comprend une disposition sur l'intervention pour la protection de l'environnement, que nous avons examinée, et nous la jugeons préoccupante. Elle n'a jamais été utilisée parce qu'elle crée de nombreux obstacles. Par exemple, elle exige que la personne demande d'abord une enquête du gouvernement et qu'elle obtienne une réponse vague du ministre ou encore aucune réponse. Ensuite, elle peut aller de l'avant, mais encore là, le risque en matière de coût représente le principal obstacle à cet égard.
Voir le profil de Taylor Bachrach
NPD (BC)
Dans le même ordre d'idées, est‑ce que le concept d'application de la loi a la même force dans le projet de loi que dans la Loi canadienne sur la protection de l'environnement, par exemple, ou est‑ce que la force du projet de loi est plutôt de permettre aux citoyens d'obtenir réparation devant les tribunaux?
Elaine MacDonald
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Elaine MacDonald
2021-06-16 17:23
Notre recommandation en matière d'application de la loi allait de pair avec la recommandation voulant que le gouvernement fédéral soit tenu de s'assurer de ne pas perpétuer le racisme environnemental. Si le gouvernement fédéral ne respectait pas cette obligation, les citoyens disposeraient d'un outil pour le forcer à le faire. Les deux iraient de pair.
Voir le profil de John Barlow
PCC (AB)
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2021-06-15 15:46
Merci beaucoup, monsieur le président. Merci, madame Pritchard. Veuillez chasser l'impression que vous serez littéralement sur la sellette pendant la prochaine heure. C'est certainement une chance de profiter des lumières de quelqu'un qui possède votre expérience et vos connaissances dans ce domaine.
Je tenais à aborder certains des témoignages que nous avons entendus jusqu'ici et obtenir votre opinion sur ce que vous jugez possible. Les fonctionnaires de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, l'ACIA, nous ont dit que le projet de loi C‑205 serait difficile à mettre en oeuvre et à appliquer, avec les ressources actuelles.
Vous avez évoqué l'épidémie de grippe aviaire dans la vallée du Fraser, en 2014. Nous avons été les témoins de la maladie de la vache folle et des inquiétudes soulevées par la peste porcine africaine, ensemble auquel, après-coup, je rattache l'épidémie de COVID qui, si nous en avons retiré quelque chose, nous a appris qu'il est possible de vaincre des obstacles, quand on connaît les priorités des fonctionnaires, qu'on leur communique les bonnes orientations et qu'on leur accorde les ressources suffisantes.
Avez-vous l'impression que, avec les bonnes ressources, la compréhension du risque existant et les bonnes priorités, le projet de loi C‑205 pourrait être mis en oeuvre et appliqué?
Jane Pritchard
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Jane Pritchard
2021-06-15 15:48
Je ne suis certainement pas compétente pour juger des ressources dont dispose l'ACIA. Après avoir épluché le projet de loi, je suppose, d'après mon expérience dans la préconisation de règlements et après une carrière dans le domaine de la réglementation, qu'il y a deux ou trois façons de considérer la chose.
Si je rédigeais les notes d'orientation sur cette question et que quelqu'un confectionnait le règlement, je pense qu'on pourrait déduire que si quelqu'un s'est introduit dans un lieu, un espace fermé ou un immeuble sans se conformer aux marches à suivre en matière de biosécurité en ce lieu, il aurait porté atteinte à la biosécurité.
Dans tous les secteurs dans lesquels j'ai travaillé, chaque lieu d'élevage est assujetti à une norme. Si on ne se conforme pas à cette norme, essentiellement, d'après moi, c'est une atteinte à la norme.
Si, également, quelqu'un s'introduit illégalement et furtivement dans un lieu, l'ACIA ne le noterait pas. On pourrait régler la question de la biosécurité très simplement, en se demandant si les protocoles ont été suivis ou non.
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PCC (AB)
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2021-06-15 15:49
Merci.
Revenons à votre dernière observation, dans votre déclaration préliminaire, sur les actions que vous assimilez à de la pure cruauté et sur votre adhésion à toute mesure qui permettrait de combattre le stress, les problèmes de santé mentale et l'anxiété que ces actions causent aux familles d'exploitants agricoles, aux transformateurs et aux animaux.
À quel point importe‑t‑il, d'après vous et d'après votre expérience, que le gouvernement fédéral fasse preuve de leadership et se dote de ce genre de législation qui, le cas échéant, aurait une action dissuasive et montrerait à ces groupes d'activistes les conséquences du non‑respect des protocoles de biosécurité et du fait de franchir une ligne rouge, quand on s'introduit dans un lieu privé et dans un local fermé pour s'adonner à cette activité illégale? À quel point importe‑t‑il au gouvernement de démontrer sa volonté et de mettre ces mesures dissuasives en place?
Jane Pritchard
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Jane Pritchard
2021-06-15 15:50
Ce l'est doublement. D'abord, l'existence d'une loi fédérale est toujours utile, parce que le niveau fédéral l'emporte sur celui de la province. Le fonctionnaire chargé d'appliquer une loi de la province se sent toujours appuyé quand il peut compter sur l'appui évident d'une loi fédérale.
Ensuite, la loi fédérale s'ajoute à celle de la province. L'effet est donc doublement dissuasif. De plus, l'expérience de l'élaboration de politiques nationales par rapport à des politiques des provinces m'a enseigné qu'il vaut toujours mieux compter sur un texte immuable d'une province à l'autre, pour prévenir l'excuse de l'ignorance de la différence des lois entre les provinces.
Les assemblées législatives des provinces doivent parfois affronter cette excuse, invoquée par des étrangers d'autres provinces dont les lois sont différentes. Il est certain que, en matière de bien-être et de santé des animaux, nous penchons vers tout ce qui favorise l'uniformité d'une province à l'autre.
Voir le profil de Yves Perron
BQ (QC)
Je vous remercie.
Je reviens à l'application des lois provinciales. Il semble que, selon plusieurs témoins, le fait de devoir prouver qu'il y a eu dommage rend aussi l'application des lois difficile. Ce serait une des forces du projet de loi C‑205, qui enlèverait ce fardeau. Si je vous ai bien entendue dans votre allocution d'ouverture, on pourrait se baser simplement sur le fait que le protocole n'a pas été respecté. Comme il y aurait déjà faute, on enlèverait le fardeau de la preuve.
Vous ai-je bien comprise?
Jane Pritchard
Voir le profil de Jane Pritchard
Jane Pritchard
2021-06-15 16:04
Je passe toute la journée à lire la réglementation et à tenter de comprendre comment l'appliquer. Lorsqu'on ne se préoccupe pas de savoir si le fait de pénétrer dans un tel lieu peut exposer les animaux à une maladie ou à une substance toxique, cela signifie… À mon avis, si on ne suit pas les protocoles, cela pourrait arriver.
Je pense que le fardeau de la preuve n'est pas de démontrer qu'une maladie a été transmise, mais qu'elle aurait pu l'être. Je pense que le seuil du fardeau de la preuve est beaucoup plus bas.
Voir le profil de Yves Perron
BQ (QC)
D'accord, je vous remercie beaucoup.
Tantôt, vous avez dit ne pas être une spécialiste des ressources de l'Agence canadienne d'inspection des aliments. Croyez-vous qu'il peut y avoir un partenariat efficace avec les forces de police locales à ce moment-là, qui pourraient constater simplement l'infraction?
Jane Pritchard
Voir le profil de Jane Pritchard
Jane Pritchard
2021-06-15 16:05
Très brièvement, lorsque j'ai parlé à la GRC, dans la vallée du Fraser, les agents m'ont dit qu'ils souhaitent certainement établir ce genre de relations, mais ils n'ont pas beaucoup de ressources à leur disposition pour développer cette expertise et ce soutien.
Nous travaillons certainement tous ensemble en cas d'éclosion de maladies. Je suis sûre qu'il existe une façon d'y arriver.
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