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Mary Oko
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Mary Oko
2021-06-22 15:42
Merci, monsieur le président.
Distingués membres du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées, je vous remercie de me permettre de participer aux travaux importants que ce comité a été chargé d'entreprendre.
Comme vous le savez, je m'appelle Mary Oko. Je comparais devant vous aujourd'hui en tant que membre d'une famille dont la mère est actuellement au Copernicus Lodge, un établissement de soins de longue durée situé à Toronto, en Ontario. Je suis également présidente du conseil des familles, qui représente les familles dont des proches vivent dans cet établissement. Ma mère, Wanda Oko, est âgée de 95 ans et est atteinte de démence avancée. Je comparais devant vous pour vous expliquer comment ma mère et moi avons été touchées par la COVID et comment nous pouvons, à mon avis, améliorer la situation de nos aînés à l'avenir.
Je vais d'abord vous donner quelques informations générales.
Pendant la première vague, l'établissement dans lequel ma mère se trouve a eu de la chance, car il n'y a pas eu d'éclosion de COVID.
Pendant la deuxième vague, l'établissement a été durement touché. Vingt-deux résidants sont morts de la COVID. De plus, parmi les 200 résidants, 100 ont été infectés, et parmi les 300 employés, 85 l'ont aussi été. De nombreux résidants souffrent encore. Leur santé s'est dégradée. Bon nombre de ceux qui étaient capables de marcher et qui étaient indépendants auparavant ont maintenant besoin de déambulateurs ou de fauteuils roulants ou sont alités. Ma mère est l'une de ces victimes. Avant que les mesures de confinement soient prises, elle marchait. Elle est maintenant alitée, et pendant le confinement, elle a développé une escarre de stade 4 sur son coccyx de la taille d'une balle de golf qui ne guérira probablement jamais. Elle n'a pas contracté la COVID, mais elle a souffert du confinement et d'autres restrictions qui ont été mises en place sous prétexte d'assurer la sécurité des résidants.
Aujourd'hui, je vais vous faire part de trois problèmes qui nous ont profondément affectées, ma mère et moi.
Premièrement, le soutien de la part du personnel était insuffisant. Ma mère vit dans un établissement de soins de longue durée depuis neuf ans. Parce que le soutien qui lui était fourni était insuffisant, je me suis sentie obligée d'engager, à mes frais, une aide-soignante qui l'a aidée à faire des activités de stimulation intellectuelle, à faire de l'exercice, à se nourrir et à faire quelques promenades à l'extérieur. En outre, je lui rendais visite deux fois par semaine pour l'aider dans ces activités et pour d'autres besoins, comme s'habiller et se laver. Sans cette aide supplémentaire, ma mère n'aurait pas continué à marcher ou ne serait pas demeurée active intellectuellement.
Lorsque la COVID a frappé, l'aide-soignante de ma mère et moi n'avions plus accès à l'établissement. Lorsque j'ai été autorisée à y retourner en septembre 2020, la santé de ma mère s'était détériorée parce qu'elle n'avait pas bénéficié des soins supplémentaires que nous lui prodiguions auparavant. Elle avait cessé de parler et était moins éveillée. Pendant le confinement de la deuxième vague, elle ne faisait pas d'exercice et ne pouvait pas quitter sa chambre. Ma mère est maintenant alitée et a besoin d'utiliser un appareil pour passer de son lit à son fauteuil roulant.
L'aide à l'alimentation a toujours été un aspect concernant lequel le manque de personnel est le plus évident. Avant l'arrivée de la COVID dans l'établissement, l'aide-soignante et moi aidions ma mère à se nourrir. Pendant le confinement de la deuxième vague, en raison des pénuries de personnel et de l'absence du soutien de la famille, ma mère ne mangeait pas bien et son bien-être général s'est détérioré.
Deuxièmement, mon rôle d'aidante pour ma mère n'a pas été pris en compte. Étant donné qu'il n'y a pas assez de personnel pour fournir des soins adaptés à chaque résidant, les membres du personnel se sont toujours réjouis de l'aide que j'apportais lorsque je venais voir ma mère. Ils accordaient également de l'importance au fait que je pouvais signaler rapidement les problèmes qui nécessitaient l'attention du personnel ou, dans certains cas, qui devaient être portés à l'attention du médecin.
Lorsque la COVID a frappé, j'ai été exclue, comme de nombreuses familles au Canada. J'ai été limitée à des réunions vidéo. Lors de ces réunions, ma mère ne remarquait pas ma présence, car elle va mieux lorsque je lui tiens la main et que je lui parle.
Durant la deuxième vague, lorsqu'on a interdit une fois de plus aux familles d'entrer au beau milieu de l'éclosion, comme je l'ai déjà mentionné, ma mère a développé une escarre sévère. Avant que le confinement et les mesures de restrictions soient imposés en raison de la COVID, j'aurais pu avoir accès à ma mère et collaborer avec le personnel pour régler ses problèmes. Les familles n'étaient pas autorisées à apporter leur aide au moment où l'établissement en avait grandement besoin.
Troisièmement, ma mère et moi, qui agis comme son mandataire, n'avons pas été consultées comme il se doit pour les décisions qui ont des conséquences sur ma mère. Nous considérons le Copernicus Lodge comme le foyer de ma mère et non comme un simple établissement. Comme ma mère est atteinte de démence avancée, j'ai toujours participé aux discussions et à la prise de décisions relatives aux soins qui lui sont prodigués. La COVID a changé cette situation. En particulier, au cours de la deuxième vague, ma mère et moi, sa mandataire, n'avons pas été consultées sur certaines des décisions qui ont été prises et qui avaient des répercussions sur les soins qui lui étaient prodigués.
Par exemple, le 14 décembre, deux résidants ont obtenu un résultat positif au test de dépistage de la COVID à l'étage de ma mère, puis neuf, encore une fois principalement à l'étage de ma mère. Il a donc été décidé de confiner plus de 200 résidants dans leur chambre 24 heures sur 24, sept jours sur sept, souvent dans des zones où il n'y avait aucun cas actif. Cette décision a été prise à la suite de réunions entre le Bureau de santé publique de Toronto, le ministère des Soins de longue durée, Unity Health — l'hôpital qui travaille en partenariat avec notre établissement — et l'équipe de direction du Copernicus Lodge. Les résidants et les membres des familles des résidants touchés par ces décisions n'ont pas eu voix au chapitre lors de ces réunions.
Tout autre patient de notre système de soins de santé est consulté dans les décisions qui ont des répercussions sur sa santé. Durant la COVID, il n'en est pas de même pour les personnes âgées qui vivent dans des établissements de soins de longue durée ou leur mandataire. Pourquoi cela est‑il considéré comme étant quelque chose d'acceptable?
Comment régler les problèmes? J'ai quatre suggestions.
Premièrement il faut que des normes nationales pour les soins de longue durée soient adoptées. En comparant ce qui se passait dans l'établissement de ma mère avec ce qui se passait dans d'autres établissements de soins de longue durée à Toronto ou dans d'autres provinces, je constate qu'il y a un manque d'uniformité dans la façon dont on s'occupe de nos aînés sur bien des plans, notamment en ce qui concerne les effectifs, les tests de dépistage de la COVID et les mesures de prévention et de contrôle des infections.
Aucune personne âgée ne devrait avoir l'impression d'être victime de discrimination en raison de la ville ou du village où elle vit, de la province ou du territoire ou du type de foyer qu'elle choisit. Nous sommes tous des Canadiens, et nos aînés devraient être traités de façon juste et équitable d'un océan à l'autre.
Deuxièmement, on ne doit jamais exclure les familles. Elles jouent un rôle essentiel dans les soins fournis à nos aînés. Nous connaissons nos proches, et nous pouvons collaborer avec les établissements pour qu'ils reçoivent des soins de qualité, ce dont ils ont besoin. Jusqu'à ce que l'on règle les problèmes d'effectifs et que le financement à cet égard soit adéquat, il est essentiel que les familles ne soient pas privées du droit d'améliorer la qualité des soins, voire la qualité des soins palliatifs pour leurs proches qui vivent dans des établissements de soins de longue durée. Ma mère et nos aînés auront toujours besoin de l'amour et du soutien de leur famille.
Troisièmement, il faut mieux faire connaître le conseil des familles. Depuis le début de la COVID, le conseil des familles du Copernicus Lodge défend ses résidants avec vigueur. Il a fait pression pour la reprise des douches et des bains réguliers, il a demandé qu'on augmente les activités de stimulation intellectuelle et d'autres activités, et bien d'autres choses encore, mais les membres du conseil des familles sont des bénévoles non rémunérés, et c'est un véritable défi d'attirer des membres et de les inciter à rester membres, surtout lorsque les agences de soins de santé et les membres de la direction bien rémunérés ne nous écoutent pas.
Enfin, les résidants doivent être entendus à la table. Dans toutes les discussions qui ont des répercussions sur la santé et le bien-être des résidants, leur voix ou la voix des mandataires qui les représentent doivent être incluses.
Je vous supplie de ne jamais réduire ma mère au silence.
Merci.
Kathy Majowski
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Kathy Majowski
2021-06-22 15:49
Merci, monsieur le président. Je remercie Mme Oko d'avoir parlé de son expérience.
Bonjour à tous. J'aimerais souligner que je m'adresse à vous depuis le territoire du Traité no 1, soit le territoire traditionnel des peuples anishinabe, inninewak, oji-cri, dakota et déné, et depuis le cœur de la nation métisse.
Le Réseau canadien pour la prévention du mauvais traitement des aînés est un organisme national à but non lucratif composé de personnes et d'organisations qui se soucient des personnes âgées et de la prévention de la maltraitance à un âge avancé.
La maltraitance des aînés a longtemps été surnommée la « pandémie silencieuse ». Elle était répandue dans nos collectivités bien avant l'apparition de la COVID. Comme dans le cas de la violence fondée sur le sexe, la situation de la maltraitance des aînés s'est enflammée pendant la COVID et c'est devenu une pandémie de l'ombre en 2020.
Nous avons tous vécu le stress causé par la pandémie et les répercussions de la pandémie. Ce qui a aidé bon nombre d'entre nous à relever le défi chaque jour, c'est le soutien d'une famille ou d'un groupe social. Pour de nombreux Canadiens âgés, ces liens essentiels ont été détruits par la pandémie. La nécessité de rester à la maison et la distanciation ont réduit les possibilités d'interactions sociales et d'accès aux services de base.
Au cours des premiers mois de la pandémie, nous avons mené une enquête pour évaluer les effets immédiats de la COVID‑19 sur nos membres. Nous avons demandé aux personnes chargées de la prévention de la maltraitance des aînés et aux prestataires de services de nous dire ce qu'ils avaient vécu et observé. Lorsqu'ils ont été interrogés sur les répercussions de la pandémie sur les personnes âgées qu'ils aident, les répondants ont indiqué que l'augmentation de la maltraitance des aînés et de la violence conjugale était le problème numéro un, suivi de près par la réduction de l'accès aux services et à du soutien et l'augmentation de l'isolement social.
L'isolement social représente une grave menace pour la santé publique; il peut avoir des conséquences mortelles. Il peut être aussi néfaste pour la santé que le fait de fumer 15 cigarettes par jour. L'isolement social entraîne l'adoption de comportements néfastes pour la santé, affecte la santé mentale et constitue également un facteur de risque de maltraitance et de négligence envers les aînés ainsi que d'auto-négligence. Une personne âgée isolée peut ne pas avoir accès à des produits de première nécessité, être plus vulnérable aux escrocs et être coincée chez elle avec l'individu qui la maltraite, sans avoir accès à de l'aide.
Près de 65 % des répondants à notre enquête ont déclaré que la COVID‑19 a eu des répercussions importantes sur leurs programmes et leurs activités, 83 % d'entre eux ayant signalé une perturbation des services aux clients et 46 %, une augmentation de la demande de services. C'était la tempête parfaite: des personnes âgées de plus en plus isolées qui ont davantage besoin de services de soutien, lesquels ont été fortement perturbés par la pandémie. La distanciation sociale est devenue une arme à double tranchant.
Nous connaissons tous la suite. Les personnes âgées qui vivent à domicile ont signalé souffrir davantage d'isolement et de problèmes de santé mentale. En Ontario, la ligne d'assistance aux personnes âgées a signalé une augmentation de 250 % des appels concernant des mauvais traitements envers les aînés et, pendant ce temps, dans certains établissements de soins de longue durée, il y a eu des cas de mauvais traitements et de négligence épouvantables chez les résidents.
L'année qui vient de s'écouler a été un test de résistance qui a mis en évidence les faiblesses de notre système. Les Canadiens âgés ont été les plus durement touchés par cette pandémie par les décès, l'isolement et la diminution de leur sécurité et de leur qualité de vie, et ils refusent d'être sacrifiés et ignorés plus longtemps.
Environ 90 % des Canadiens âgés vivent à domicile et la plupart d'entre nous espèrent vieillir à la maison. Pour que cela se produise en toute sécurité, nous devons nous attaquer au problème des mauvais traitements et de la négligence dans nos collectivités.
Nous recommandons entre autres l'amélioration des programmes de formation dans tous les secteurs avec des soins adéquats prodigués aux personnes âgées à leur domicile et dans leur collectivité. Non seulement nous devons veiller à ce qu'il y ait suffisamment de ressources humaines pour accomplir les tâches assignées, mais les personnes âgées doivent également disposer d'un réseau de soutien et de services communautaires qui collaborent bien ensemble et qui ont la formation nécessaire pour reconnaître et prévenir l'âgisme et la maltraitance des personnes âgées et qui connaissent les ressources locales, régionales et nationales disponibles. La formation doit tenir compte des questions relatives aux traumatismes et à la violence et être axée sur l'équité afin que soit établi un pont entre les secteurs et les mandats pour favoriser une approche plus inclusive et collaborative de la prévention et de l'intervention.
Nous recommandons également d'encourager le développement de collectivités amies des aînés et de veiller à ce que cet effort soit axé sur la prévention de la maltraitance des aînés.
Nous savons que les préposés aux services de soutien à la personne, qui sont également connus sous le nom d'aides-soignants, sont les gens qui sont le plus fréquemment en contact avec les personnes âgées qui reçoivent de l'aide à domicile et que leur niveau de formation et de surveillance n'est pas uniforme. Une réglementation de ce rôle favoriserait une meilleure protection du public en précisant les responsabilités professionnelles, et la mise en place de normes minimales pour l'accès à la pratique ainsi que de processus pour répondre aux plaintes. De plus, une réglementation permettrait d'augmenter la sécurité par la vérification des compétences pour une pratique sûre au moyen d'un registre public et par la communication de renseignements sur les plaintes, à l'instar d'autres organismes de réglementation.
L'un des éléments importants consisterait à établir des exigences minimales en matière de formation et à normaliser les programmes, notamment en ce qui concerne les soins tenant compte des traumatismes, les soins aux personnes atteintes de démence, ainsi que la sensibilisation, la prévention et l'intervention liées à la maltraitance des aînés, y compris les informations sur le processus de signalement si l'on soupçonne qu'il y a de la maltraitance. Cela favoriserait également la sécurité et la stabilité de ces professionnels, qui sont souvent des femmes issues de communautés racialisées, elles-mêmes plus vulnérables.
Nous recommandons d'offrir un financement soutenu et approprié au secteur de l'intervention en cas de mauvais traitements et de négligence à l'égard des aînés, au même titre que le financement lié à la violence familiale. En particulier, nous recommandons de fournir un soutien et un financement réservé au Réseau canadien pour la prévention du mauvais traitement des aînés, afin de veiller à ce qu'il existe un organisme national qui se consacre à la prévention des mauvais traitements infligés aux aînés et aux efforts de sensibilisation à cet égard. Cela permettra aussi de favoriser l'échange d'informations fiables entre les intervenants et les fournisseurs de services d'un bout à l'autre du Canada.
Enfin, nous recommandons la création d'un bureau fédéral de défense des intérêts des aînés. Ce bureau devrait assurer une surveillance et un leadership systémiques sur les questions liées aux besoins actuels des aînés canadiens, ainsi que fournir au gouvernement un aperçu, des analyses et des conseils sur les besoins futurs de notre population vieillissante. La sensibilisation aux mauvais traitements et à la négligence dont sont victimes les aînés et les interventions à cet égard devraient représenter un mandat clé et permanent de ce bureau.
Je vous remercie.
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PCC (SK)
Je tiens à prendre note de vos commentaires.
Vous avez parlé des familles et de l'importance de ne pas les exclure. Comme j'ai travaillé dans un établissement de santé, je sais à quel point il est important de ne pas tomber dans le piège de l'institutionnalisation des personnes hospitalisées. C'est un sujet que vous avez évoqué lorsque vous avez parlé de votre mère, qui n'avait pas accès à cette stimulation constante tous les jours.
Je pense que ce qui est très important, c'est la place qu'occupent les membres de la famille dans la prestation des soins. En effet, ils ne font pas que participer activement aux soins, mais ils défendent également les intérêts de leurs proches. Les membres de la famille et les amis — ceux qui rendent visite à leurs proches — sont les plus grands défenseurs des intérêts des personnes âgées, et parfois les voix qui se font les mieux entendre. Je tenais à souligner que selon moi, ces activités sont vraiment importantes et il faut les mentionner.
En ce qui concerne la dotation en personnel, dans mon rôle de ministre du cabinet fantôme des aînés, j'ai entendu de nombreux témoignages sur les pénuries de personnel. D'après votre expérience, quel impact les pénuries de personnel ont-elles eu sur la qualité des soins que vous avez observés, en particulier pour les personnes âgées dans les établissements de soins de longue durée?
Mary Oko
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Mary Oko
2021-06-22 15:59
L'exemple le plus probant que je peux vous donner, c'est que ma mère a une plaie de lit de stade 4. Cela s'est produit pendant les trois semaines où les familles ont été tenues à l'écart en raison du confinement. L'établissement et les divers intervenants savaient que nous avions une pénurie de personnel infirmier, en particulier de personnel infirmier autorisé, et ce n'était donc pas comme si 200 personnes restaient dans leur chambre et que nous avions miraculeusement un énorme contingent de personnel supplémentaire pour aider à fournir les niveaux de soins appropriés à chacun des résidants. Ces établissements ont dû se contenter des niveaux de personnel qu'ils avaient, même en faisant appel à du personnel intérimaire. Le problème avec le personnel intérimaire, c'est qu'il ne connaît pas très bien les résidants.
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PCC (SK)
Cette relation n'est pas négligeable, n'est‑ce pas? Vous savez ce que les résidants aiment, ce qu'ils n'aiment pas et comment communiquer avec eux, et cela facilite beaucoup les choses.
Mary Oko
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Mary Oko
2021-06-22 15:59
Une grande partie de mes activités de défense des intérêts consiste à éviter d'attaquer le personnel. Ces gens font de leur mieux, mais ils sont dans une situation sans issue. En effet, les niveaux de financement et les ratios de dotation en personnel sont tout à fait insuffisants pour fournir le niveau de soins dont nos personnes âgées ont besoin, surtout dans le cas des établissements de soins de longue durée, où l'âge moyen des aînés est de 80 ans. Un grand nombre d'entre eux souffrent de démence, et ils ont besoin d'un certain type de soins précis.
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PCC (SK)
C'est également ce point qui me pose problème. En effet, je sais que le gouvernement a parlé d'introduire de nouvelles pénalités pour les fournisseurs de soins. C'est ce qui me dérange, car si nous avons des résidants qui vivent dans un établissement où la capacité est insuffisante — c'est‑à‑dire qu'il y a une pénurie de personnel —, je ne pense pas qu'il soit acceptable de pénaliser quelqu'un parce qu'il ne peut pas physiquement faire la charge de travail. Il y a visiblement un problème de dotation en personnel.
Je voulais également formuler un commentaire au sujet de la santé mentale. Pourriez-vous nous dire, en vous fondant sur votre expérience, comment les personnes âgées que vous avez observées ont été touchées? Comment leur santé mentale a‑t‑elle été affectée par leur séjour dans un établissement de soins de longue durée pendant la pandémie?
Michael Silverman
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Michael Silverman
2021-06-18 13:11
Je vous remercie de m'avoir invité à témoigner ici aujourd'hui.
J'aimerais aborder la question de la vaccination des travailleurs de la santé contre la COVID.
La vaccination des travailleurs de la santé est une mesure incroyablement efficace pour contrôler la COVID‑19. Une étude effectuée par le ministère des anciens Combattants de Cleveland a révélé que les travailleurs de la santé vaccinés ont 19 fois moins de chances de contracter la COVID que ceux qui n'ont pas été vaccinés. Un établissement a connu quatre éclosions de COVID, toutes associées à une transmission par des travailleurs de la santé non vaccinés. Il n'y a pas eu d'éclosions parmi les travailleurs vaccinés.
Une éclosion récente est partie d'un seul travailleur de la santé non vacciné qui a transmis la COVID à 20 autres travailleurs de la santé et à 26 résidents, entraînant la mort de trois patients. Cela s'est produit en dépit du fait que les patients de l'établissement avaient été vaccinés en grand nombre.
Au Canada, les taux de vaccination des travailleurs de la santé sont très variables d'un établissement à l'autre, et les taux de vaccination du personnel y sont souvent bien inférieurs à ceux de la population générale. Comme la vaccination du travailleur de la santé qui s'occupe de vous peut contribuer à vous protéger, ces taux de vaccination variables soulèvent une importante question d'équité du point de vue de la prestation des soins de santé et de la sécurité des patients.
Beaucoup de patients ne réagissent pas au vaccin en raison de problèmes graves comme le cancer, la dialyse, la transplantation d'organes ou d'autres conditions entraînant une immunodépression. Ils sont vulnérables et dépendent donc des travailleurs de la santé et de leur entourage pour éviter d'être exposés à la COVID.
Contrairement à ce qui se passe dans le secteur privé, les patients qui doivent aller à l'hôpital ne peuvent pas simplement décider de rester chez eux. Nous avons donc l'obligation morale de leur garantir que nous ferons le maximum pour leur éviter de tomber gravement malades et de mourir quand ils nous sont confiés.
Cela soulève la question de savoir si la vaccination devrait être obligatoire pour les travailleurs de la santé qui fournissent des soins directs aux patients.
L'éventualité d'une politique de vaccination obligatoire soulève diverses préoccupations. Premièrement, en raison de la protection de la vie privée, les travailleurs de la santé n'ont même pas à déclarer leurs renseignements médicaux à leur établissement.
Il est vrai que la confidentialité des renseignements médicaux doit être maintenue, mais il existe des exceptions que le public a le droit de connaître pour être protégé. Les problèmes d'alcoolisme d'une personne doivent rester une affaire privée. Mais, s'il s'agit d'un pilote de ligne commerciale, l'organisme de réglementation de la sécurité aérienne a le droit confirmé d'exiger d'en être informé.
À notre connaissance, beaucoup de gens n'accueilleraient pas facilement des personnes non vaccinées chez eux. Pourtant, à l'heure actuelle, les patients hospitalisés n'ont même pas le droit de demander si le préposé aux soins de santé qui vient dans leur chambre est vacciné.
La plupart des patients n'accepteraient pas de recevoir des soins directs d'une personne non vaccinée. C'est pourtant ce qui se passe encore régulièrement et cela ne perdure qu'en raison d'un manque de transparence qui permet au système de refuser cette information au patient.
Les patients ont le droit de s'attendre à ce que les soins qu'ils reçoivent dans un établissement médical s'appuient sur des principes scientifiques permettant de choisir la meilleure solution. Nous n'accepterions pas qu'un travailleur de la santé décide unilatéralement qu'il n'est pas nécessaire de se laver les mains et continue de prodiguer des soins sans se laver les mains entre deux patients. Il faut maintenir certains principes scientifiques faisant absolument consensus au sujet de la sécurité des patients pour fournir des soins fondés sur les connaissances scientifiques.
Je ne suis pas en train de recommander que ceux qui s'opposent vigoureusement à la vaccination soient vaccinés contre leur gré. Je dis cependant que le rôle de fournir des soins de santé de première ligne est un privilège et non un droit.
Si des travailleurs de la santé préfèrent ne pas se faire vacciner, malgré les risques bien documentés pour eux-mêmes et pour leurs patients, les hôpitaux devraient pouvoir décider de ne pas permettre que leurs patients soient mis en danger. Ces travailleurs pourraient être réaffectés à des activités non liées aux soins directs si c'est possible ou, sinon, être licenciés. Il faudrait prendre des dispositions spéciales pour les travailleurs de la santé allergiques aux vaccins, mais une véritable allergie aux vaccins est un phénomène extrêmement rare.
Nos hôpitaux exigent déjà que les travailleurs de la santé fournissent la preuve qu'ils sont vaccinés contre d'autres agents pathogènes courants, dont la rougeole et l'hépatite B. Plusieurs pays ont adopté des politiques de vaccination obligatoire contre la COVID pour les travailleurs de la santé.
La commission de l'égalité des chances en emploi des États-Unis a statué que toutes les entreprises peuvent obliger leurs employés à se faire vacciner pour protéger leurs clients. Beaucoup de grands hôpitaux des États-Unis ont donc adopté une politique de vaccination obligatoire du personnel.
Mais, au Canada, même si la plupart des dirigeants d'établissements médicaux aimeraient instaurer ce genre de politique, ils sont paralysés par des questions relevant de la réglementation, notamment de la Charte des droits et libertés, et par le fait qu'il n'y a pas de directives fédérales ou provinciales.
On a de toute urgence besoin de directives fédérales et d'une stratégie nationale à cet égard. Je demande donc la création d'un comité qui serait composé de représentants d'établissements médicaux, de fournisseurs de soins de santé, d'éthiciens, de groupes de défense des droits des patients et de juristes. Cela permettrait d'élaborer rapidement des lignes directrices sur la mise en œuvre de politiques de vaccination obligatoire contre la COVID pour les travailleurs de la santé de première ligne.
Merci.
Voir le profil de Marcus Powlowski
Lib. (ON)
Rapidement, docteur Silverman, avez-vous quelque chose à dire sur les mesures à prendre pour protéger les travailleurs de la santé à l'échelle mondiale?
Nous avons tous deux travaillé à l'étranger dans le domaine de la santé. Est‑ce qu'on vaccine les travailleurs de la santé des pays en développement et sont-ils protégés?
Michael Silverman
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Michael Silverman
2021-06-18 13:46
J'ai plusieurs collègues en Afrique subsaharienne. Ils se plaignent tous du peu de disponibilité du vaccin. Leur gouvernement leur dit qu'il est disponible, mais, quand ils y vont, l'armoire est vide. Ils doivent attendre longtemps avant de recevoir la première ou la deuxième dose. En fait, les armoires sont vides dans beaucoup de ces endroits.
Serge Séguin
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Serge Séguin
2021-06-17 15:50
Merci beaucoup, monsieur le président.
L'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées, communément appelée l'AQDR, a été fondée le 1er mai 1970. Elle est incorporée en tant qu'organisme à but non lucratif en vertu de la partie III de la Loi sur les compagnies du Québec. En ce moment, elle compte 25 300 membres, lesquels sont répartis dans 41 sections de l'AQDR et dans 16 régions administratives du Québec.
Le Comité étudie aujourd'hui les répercussions de la COVID‑19 sur les aînés. Cela tombe bien, puisque l'AQDR a également fait une enquête auprès de ses membres, à la fin de l'année 2020, sur le même sujet. Du 30 octobre au 8 novembre 2020, nous avons réalisé un sondage auprès de nos membres branchés, soit environ 17 000 sur un total de 25 000. Il y a eu 1 214 membres qui ont répondu à 96 questions ouvertes et fermées. Les questions ouvertes ont soulevé 4 000 commentaires de la part des répondants. La firme de sondage Infras, de Lévis, au Québec, a certifié que le sondage était représentatif à 90 %.
À partir des réponses au sondage, nous avons élaboré un rapport d'analyse qui nous a permis de dégager 15 demandes et 31 recommandations à l'intention du gouvernement du Québec, plus particulièrement du ministère de la Santé et des Services sociaux et de la ministre québécoise responsable des Aînés et des Proches aidants, Mme Marguerite Blais. Nous avons regroupé ces demandes et recommandations sous quatre thèmes. Les deux premiers, soit la qualité de vie ainsi que les services de santé et services sociaux, sont deux volets du maintien de la qualité de vie et des services de santé et services sociaux durant la pandémie. Le troisième thème est l'amélioration des services de santé et services sociaux après la pandémie. Enfin, le quatrième thème est celui du soutien et de la reconnaissance des proches aidants.
Tous les documents de cette enquête sont accessibles sur la page d'accueil de notre site Internet à aqdr.org. Nous avons fourni au Comité l'adresse URL pour accéder aux documents de notre enquête sur les répercussions de la COVID‑19 sur nos membres.
Jusqu'à présent, nous avons rencontré les trois responsables du dossier des aînés des trois partis de l'opposition à l'Assemblée nationale du Québec. Nous avons rencontré la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants pour discuter de notre enquête et de nos recommandations à l'intention du gouvernement. Nous avons demandé une rencontre avec le ministre québécois de la Santé et des Services sociaux, M. Christian Dubé. Malheureusement, nous n'avons pas encore eu de réponse. Le ministre a toutefois reçu notre rapport d'enquête et le rapport de sondage de la compagnie Infras.
À la suite de nos recommandations qui sont ressorties de cette enquête, nous demandons des états généraux pour définir les besoins des personnes aînées et les services qui doivent leur être fournis au cours des prochaines années, ainsi que pour nous prémunir contre d'autres pandémies qui pourraient survenir.
Je vous remercie.
Connie Newman
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Connie Newman
2021-06-17 15:54
Je vous remercie, et je vous suis reconnaissante de me permettre de vivre cette expérience. C'est très intéressant.
Je m'appelle Connie Newman, et je suis la directrice exécutive, comme vous le savez, de l'Initiative du Manitoba, province amie des aînés, auprès de la Manitoba Association of Senior Centres. Je travaille avec une équipe de 6 conseillers qui établissent des liens avec plus de 60 centres membres dans la province et plus de 90 collectivités amies des aînés dans tout le Manitoba.
À l'heure actuelle, je prends soin de trois personnes qui vivent chacun dans un foyer de soins personnels — en tout, trois foyers différents. J'ai de la chance: mes trois bons amis — ils ne sont pas des membres de la famille — ont tous survécu à la COVID. J'ai donc de l'expérience. Je suis également l'une des nombreuses personnes de mon âge à bien se débrouiller avec la technologie, pour ainsi dire.
Je vous ferai part d'un ensemble de réflexions, les miennes et celles d'autres personnes avec qui je suis régulièrement en communication.
Les foyers de soins personnels sont des institutions. Pourtant, ils sont censés être des foyers. Pourquoi sont-ils présentés comme des hôpitaux ou des institutions? Collectivement, nous devons améliorer les règlements, tant à l'échelle provinciale qu'à l'échelle nationale. Il faut surveiller l'application des règlements. Les transferts de fonds aux provinces doivent être assortis de normes.
Pour les familles ayant des êtres chers dans des foyers de soins personnels, les défis ont été amplifiés lorsque les visites en personne sont devenues impossibles en raison des restrictions liées à la COVID‑19. Dans certains cas, il y a eu un isolement presque total et des périodes sans visites. Les visites étaient plus courtes, moins fréquentes, et les possibilités de conversation étaient restreintes.
Avant la COVID, les aidants et les bénévoles apportaient un soutien indispensable à leurs proches, à leur famille et à leurs amis. Avec l'arrivée de la COVID, ce soutien a été confié au personnel, qui n'avait pas le temps de se concentrer sur la personne comme le faisaient les aidants et les bénévoles.
Parlons maintenant de la collectivité: 93 % des aînés vivent dans leur collectivité. C'est ce que l'on appelle souvent « vieillir chez soi ». J'ai commencé à m'intéresser à cette notion au début de ma carrière. Il faut tout un village pour élever un enfant. Je crois que c'est aussi le cas pour prendre soin des aînés.
En 2008, l'Organisation mondiale de la santé nous a dit de nous préparer à l'évolution démographique. Nous sommes aujourd'hui en 2021. Nous comptons plus d'aînés que d'adolescents. La population se transforme. Beaucoup de gens vivent plus longtemps que jamais; nous sommes nombreux à être en bonne santé et à essayer de le rester. Beaucoup d'aînés n'ont pas de famille dans leur collectivité. La collectivité est un lien social. Nous savons tous que la participation sociale est un facteur déterminant de la santé d'une personne, quel que soit son âge. Lorsque la COVID a frappé, nous n'étions pas prêts pour le changement démographique. Nous n'étions certainement pas prêts pour l'isolement.
Je suis une ardente défenseure des collectivités amies des aînés. Cela fait partie de mes interactions quotidiennes: participation sociale, communication, logement, transport, santé communautaire, aménagement d'espaces extérieurs et participation civique. Quand j'y pense, dans le contexte d'une collectivité canadienne amie des aînés, force est de constater que, depuis le début de la pandémie, la collectivité a travaillé ensemble pour les personnes de tous âges. Quand on examine ces domaines, la COVID a eu des répercussions sur les aînés, notamment sur le plan des transports ou du manque total de moyens de transport. Les programmes destinés aux personnes qui vieillissent dans leur collectivité — cela représente 93 % d'entre nous — doivent être maintenus, améliorés et encouragés.
Au Manitoba, on trouve, dans chaque collectivité et chaque district, des agents de liaison qui sont chargés d'établir des liens individualisés avec les aînés et de les aider, dans la mesure du possible, à trouver des services. Durant la pandémie de COVID, ils ont fait de leur mieux pour tenter de maintenir une certaine forme de communication. Les interactions par Zoom en ont sauvé plus dans les cas où il y avait une bonne connexion WiFi; la ligne téléphonique 211 est également devenue une bouée de sauvetage.
Les personnes atteintes de démence et leurs aidants comptent parmi les personnes les plus précieuses de nos collectivités, et la pandémie de COVID‑19 a exposé ces familles à des risques encore plus grands.
Les personnes atteintes de démence et leurs aidants ont subi les conséquences négatives du vide laissé par la suspension des programmes officiels. On a cessé d'offrir des programmes de jour pour adultes. Les aînés à faible revenu qui vivent seuls ou en communauté... Nous devons nous assurer que leurs besoins fondamentaux sont satisfaits — la pyramide de Maslow vaut également pour les aînés.
En ce qui concerne l'accès à Internet, à qui incombe la responsabilité de garantir l'égalité d'accès au Web? Est‑ce juste qu'une personne vivant dans une région rurale ou éloignée ne puisse pas bénéficier de la même qualité d'accès à l'information? Comment se fait‑il qu'aujourd'hui, les logements sociaux en milieu urbain ne disposent pas d'un accès WiFi? Pourtant, les appareils ne coûtent pas cher. Le coût de la formation est minime. Le WiFi pour l'égalité d'accès doit être une priorité pour tous les gouvernements.
Nous devons continuer à collaborer avec l'Organisation mondiale de la santé dans le cadre de la « Décennie pour le vieillissement en bonne santé ». Depuis le début de la pandémie, j'ai passé plusieurs matinées à écouter ces sages du monde entier. Nous devons apprendre les uns des autres. Nous savons que la COVID a été lourde de conséquences pour les femmes âgées vivant dans des régions rurales et éloignées, et les données actuelles sont biaisées ou sous-déclarées. Beaucoup d'autres souffrent de problèmes de santé mentale et éprouvent des niveaux accrus d'anxiété et de dépression à cause d'un isolement prolongé. Nous constatons aujourd'hui que les gens hésitent beaucoup à reprendre des activités.
Les possibilités d'interactions et d'engagement social sont limitées maintenant que nous sommes passés au mode virtuel. Beaucoup d'aînés ont un accès limité au WiFi ou choisissent de ne pas l'utiliser.
Drew Dilkens
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Drew Dilkens
2021-06-07 11:07
Merci beaucoup, monsieur le président. C'est vrai que le vent souffle, mais par à‑coups aujourd'hui.
Je vous remercie, vous et les membres du Comité, de me donner l'occasion de plaider en faveur des collectivités frontalières, non seulement Windsor, mais toutes les collectivités de partout au pays, pour qu'elles aient accès aux vaccins excédentaires offerts par nos voisins américains.
Dans ma collectivité, avant le début de la pandémie, la frontière entre Windsor et Detroit ressemblait beaucoup à celle entre Ottawa et Gatineau, dans l'ombre de la Colline du Parlement.
Des milliers de travailleurs de la santé vivent dans ma collectivité, mais se rendent travailler tous les jours à Detroit.
Au début de la pandémie, quand Detroit était un point chaud quant au nombre d'éclosions — en fait, l'un des pires endroits aux États-Unis —, les infirmières canadiennes traversaient la frontière chaque jour pour appuyer le système de santé dans le Sud-Est du Michigan. Il n'est pas exagéré de dire que, sans les travailleurs de la santé canadiens, des hôpitaux entiers auraient fermé au Michigan, ce qui aurait créé des problèmes généralisés. En fait, le département d'État américain a reconnu cette précieuse contribution, et le consul général américain est venu à Windsor. Lui et moi avons distribué des cartes-cadeaux de remerciement aux médecins, aux infirmières et aux pharmaciens qui traversaient le tunnel Windsor-Detroit et le pont Ambassador.
C'était en avril 2020.
Au début de la vaccination, la Ville de Windsor a pris des mesures pour appuyer tous les aspects du processus. Des centaines d'employés municipaux ont été redéployés pour prêter main-forte à des cliniques de vaccination de masse à Windsor. Nous avons mis sur pied un centre d'appels spécial pour veiller à ce que le processus se déroule sans heurts et de façon efficace.
Cela n'a pas été sans difficultés, la plus importante étant l'écart entre l'offre et la demande.
Au début, 12 000 personnes âgées de plus de 80 ans figuraient sur notre liste d'attente. Certaines avaient attendu six semaines avant de téléphoner pour prendre leur premier rendez-vous.
En fait, j'ai pris moi-même 180 rendez-vous. Quand j'ai appelé une dame de 86 ans, elle s'est mise à pleurer de joie. Elle n'était pas sortie de chez elle depuis six semaines. Elle ne voulait même pas sortir son bac de recyclage sans son téléphone de peur de manquer l'appel qui lui donnerait de nouveau la possibilité d'embrasser ses petits-enfants.
Le problème, c'est que la peur et l'incertitude qu'elle avait ressenties au début n'ont fait qu'empirer après sa première injection, parce qu'on lui a dit de rentrer chez elle et d'attendre jusqu'à quatre mois que quelqu'un d'autre l'appelle pour lui donner un deuxième rendez-vous.
Mesdames et messieurs les membres du Comité, nous pouvons et devons faire mieux jusqu'à ce que tout le monde ait été complètement vacciné. Aujourd'hui, de nombreux responsables médicaux de Detroit et de l'État du Michigan ont offert de nous envoyer leurs vaccins excédentaires, dont beaucoup expireraient autrement et seraient jetés parce que le nombre de personnes souhaitant se faire vacciner est en baisse, cela à deux kilomètres à peine de Detroit.
La semaine dernière, nous avons appris que l'État du Michigan avait jeté 35 000 doses, tandis que, selon moi ces doses auraient pu servir à vacciner des Canadiens.
Je comprends qu'une foule de questions se posent, des questions qu'il faudrait régler pour rendre possible ce genre d'effort international de vaccination. Je ne suis pas ici pour minimiser ou banaliser les efforts nécessaires pour que cela se produise, mais je suis ici pour préconiser que cet effort soit accéléré, parce que cela aiderait les Canadiens à avoir accès à leur deuxième dose plus rapidement que si nous n'agissons pas.
Le rapport du Comité consultatif d'experts en matière de tests et de dépistage de la COVID‑19, publié par le gouvernement fédéral le 28 mai, souligne précisément que les Canadiens qui n'ont qu'une dose sont grandement désavantagés sur le plan de la santé publique. Je comprends qu'il existe une voie pour que les Canadiens soient entièrement vaccinés en fonction de l'approvisionnement national réparti entre les provinces, mais ce processus prendra des mois pour que tous les Canadiens admissibles reçoivent leur deuxième dose. Aujourd'hui, nos homologues américains se proposent d'envoyer des vaccins excédentaires au Canada.
Il est urgent de dialoguer avec toutes les parties concernées des deux côtés de la frontière pour trouver une solution.
Tout au long de cette pandémie, tous les ordres de gouvernements ont déplacé des montagnes pour protéger la santé et la sécurité du public. Les initiatives stratégiques qui auraient autrement pris des années se règlent en quelques jours, et je m'engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour créer les conditions propices au succès.
La semaine dernière, le conseil d'administration de la Windsor-Detroit Tunnel Corporation a voté en faveur de la fermeture du tunnel international dans le but d'organiser une clinique de vaccination à la frontière, en aval de la rivière Detroit. J'ai établi une liste d'attente en ligne pour les résidents de Windsor-Essex qui sont prêts à faire la queue pour recevoir les vaccins excédentaires des États-Unis. Aujourd'hui, plus de 11 500 Canadiens figurent sur cette liste.
Des solutions créatives ont été trouvées au poste frontalier de Carway entre l'Alberta et le Montana, et je félicite tous les intervenants des deux côtés de la frontière pour la créativité dont ils ont fait preuve afin que l'on fasse, là‑bas, ce qu'il faut. Les vaccins excédentaires du Montana servent à des Canadiens qui attendaient. Je demande le même type de créativité et d'effort pour être [Difficultés techniques] afin que nous puissions atteindre notre objectif binational commun de vacciner pleinement nos résidents pour réunir les familles, pour relancer nos économies, pour remettre les gens au travail, pour faire ouvrir les entreprises et pour rouvrir la plus longue frontière non défendue du monde.
Cependant, j'ai besoin de l'aide et du leadership de notre gouvernement fédéral, et c'est ce que je demande encore aujourd'hui.
Merci. J'attends avec impatience les questions et les discussions de ce matin.
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PCC (MB)
Est‑ce que le contrat de Switch Health dont nous parlions tout à l'heure exige que les échantillons prélevés par l'intermédiaire du portail en ligne soient recueillis sous la supervision d'une infirmière?
Iain Stewart
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Iain Stewart
2021-06-07 12:40
En fait, cela varie d'une administration à une autre. Rien n'exige que les échantillons soient prélevés sous la surveillance d'une infirmière. Cela varie d'une province à l'autre. Il peut s'agir d'un professionnel de la santé autorisé ou autre. Le libellé varie d'une province à une autre.
Cela dit, si je me souviens bien, l'effectif de la société comprend environ 1 029 infirmières. Je crois que 29 employés ne sont pas infirmiers. Lorsque nous avons appris que ces employés surveillaient aussi les prélèvements, nous avons demandé qu'ils soient affectés à d'autres tâches, même si la province ne l'exigeait pas, afin que des équipes médicales dûment formées s'occupent de la supervision.
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