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Kathy Majowski
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Kathy Majowski
2021-06-22 15:49
Merci, monsieur le président. Je remercie Mme Oko d'avoir parlé de son expérience.
Bonjour à tous. J'aimerais souligner que je m'adresse à vous depuis le territoire du Traité no 1, soit le territoire traditionnel des peuples anishinabe, inninewak, oji-cri, dakota et déné, et depuis le cœur de la nation métisse.
Le Réseau canadien pour la prévention du mauvais traitement des aînés est un organisme national à but non lucratif composé de personnes et d'organisations qui se soucient des personnes âgées et de la prévention de la maltraitance à un âge avancé.
La maltraitance des aînés a longtemps été surnommée la « pandémie silencieuse ». Elle était répandue dans nos collectivités bien avant l'apparition de la COVID. Comme dans le cas de la violence fondée sur le sexe, la situation de la maltraitance des aînés s'est enflammée pendant la COVID et c'est devenu une pandémie de l'ombre en 2020.
Nous avons tous vécu le stress causé par la pandémie et les répercussions de la pandémie. Ce qui a aidé bon nombre d'entre nous à relever le défi chaque jour, c'est le soutien d'une famille ou d'un groupe social. Pour de nombreux Canadiens âgés, ces liens essentiels ont été détruits par la pandémie. La nécessité de rester à la maison et la distanciation ont réduit les possibilités d'interactions sociales et d'accès aux services de base.
Au cours des premiers mois de la pandémie, nous avons mené une enquête pour évaluer les effets immédiats de la COVID‑19 sur nos membres. Nous avons demandé aux personnes chargées de la prévention de la maltraitance des aînés et aux prestataires de services de nous dire ce qu'ils avaient vécu et observé. Lorsqu'ils ont été interrogés sur les répercussions de la pandémie sur les personnes âgées qu'ils aident, les répondants ont indiqué que l'augmentation de la maltraitance des aînés et de la violence conjugale était le problème numéro un, suivi de près par la réduction de l'accès aux services et à du soutien et l'augmentation de l'isolement social.
L'isolement social représente une grave menace pour la santé publique; il peut avoir des conséquences mortelles. Il peut être aussi néfaste pour la santé que le fait de fumer 15 cigarettes par jour. L'isolement social entraîne l'adoption de comportements néfastes pour la santé, affecte la santé mentale et constitue également un facteur de risque de maltraitance et de négligence envers les aînés ainsi que d'auto-négligence. Une personne âgée isolée peut ne pas avoir accès à des produits de première nécessité, être plus vulnérable aux escrocs et être coincée chez elle avec l'individu qui la maltraite, sans avoir accès à de l'aide.
Près de 65 % des répondants à notre enquête ont déclaré que la COVID‑19 a eu des répercussions importantes sur leurs programmes et leurs activités, 83 % d'entre eux ayant signalé une perturbation des services aux clients et 46 %, une augmentation de la demande de services. C'était la tempête parfaite: des personnes âgées de plus en plus isolées qui ont davantage besoin de services de soutien, lesquels ont été fortement perturbés par la pandémie. La distanciation sociale est devenue une arme à double tranchant.
Nous connaissons tous la suite. Les personnes âgées qui vivent à domicile ont signalé souffrir davantage d'isolement et de problèmes de santé mentale. En Ontario, la ligne d'assistance aux personnes âgées a signalé une augmentation de 250 % des appels concernant des mauvais traitements envers les aînés et, pendant ce temps, dans certains établissements de soins de longue durée, il y a eu des cas de mauvais traitements et de négligence épouvantables chez les résidents.
L'année qui vient de s'écouler a été un test de résistance qui a mis en évidence les faiblesses de notre système. Les Canadiens âgés ont été les plus durement touchés par cette pandémie par les décès, l'isolement et la diminution de leur sécurité et de leur qualité de vie, et ils refusent d'être sacrifiés et ignorés plus longtemps.
Environ 90 % des Canadiens âgés vivent à domicile et la plupart d'entre nous espèrent vieillir à la maison. Pour que cela se produise en toute sécurité, nous devons nous attaquer au problème des mauvais traitements et de la négligence dans nos collectivités.
Nous recommandons entre autres l'amélioration des programmes de formation dans tous les secteurs avec des soins adéquats prodigués aux personnes âgées à leur domicile et dans leur collectivité. Non seulement nous devons veiller à ce qu'il y ait suffisamment de ressources humaines pour accomplir les tâches assignées, mais les personnes âgées doivent également disposer d'un réseau de soutien et de services communautaires qui collaborent bien ensemble et qui ont la formation nécessaire pour reconnaître et prévenir l'âgisme et la maltraitance des personnes âgées et qui connaissent les ressources locales, régionales et nationales disponibles. La formation doit tenir compte des questions relatives aux traumatismes et à la violence et être axée sur l'équité afin que soit établi un pont entre les secteurs et les mandats pour favoriser une approche plus inclusive et collaborative de la prévention et de l'intervention.
Nous recommandons également d'encourager le développement de collectivités amies des aînés et de veiller à ce que cet effort soit axé sur la prévention de la maltraitance des aînés.
Nous savons que les préposés aux services de soutien à la personne, qui sont également connus sous le nom d'aides-soignants, sont les gens qui sont le plus fréquemment en contact avec les personnes âgées qui reçoivent de l'aide à domicile et que leur niveau de formation et de surveillance n'est pas uniforme. Une réglementation de ce rôle favoriserait une meilleure protection du public en précisant les responsabilités professionnelles, et la mise en place de normes minimales pour l'accès à la pratique ainsi que de processus pour répondre aux plaintes. De plus, une réglementation permettrait d'augmenter la sécurité par la vérification des compétences pour une pratique sûre au moyen d'un registre public et par la communication de renseignements sur les plaintes, à l'instar d'autres organismes de réglementation.
L'un des éléments importants consisterait à établir des exigences minimales en matière de formation et à normaliser les programmes, notamment en ce qui concerne les soins tenant compte des traumatismes, les soins aux personnes atteintes de démence, ainsi que la sensibilisation, la prévention et l'intervention liées à la maltraitance des aînés, y compris les informations sur le processus de signalement si l'on soupçonne qu'il y a de la maltraitance. Cela favoriserait également la sécurité et la stabilité de ces professionnels, qui sont souvent des femmes issues de communautés racialisées, elles-mêmes plus vulnérables.
Nous recommandons d'offrir un financement soutenu et approprié au secteur de l'intervention en cas de mauvais traitements et de négligence à l'égard des aînés, au même titre que le financement lié à la violence familiale. En particulier, nous recommandons de fournir un soutien et un financement réservé au Réseau canadien pour la prévention du mauvais traitement des aînés, afin de veiller à ce qu'il existe un organisme national qui se consacre à la prévention des mauvais traitements infligés aux aînés et aux efforts de sensibilisation à cet égard. Cela permettra aussi de favoriser l'échange d'informations fiables entre les intervenants et les fournisseurs de services d'un bout à l'autre du Canada.
Enfin, nous recommandons la création d'un bureau fédéral de défense des intérêts des aînés. Ce bureau devrait assurer une surveillance et un leadership systémiques sur les questions liées aux besoins actuels des aînés canadiens, ainsi que fournir au gouvernement un aperçu, des analyses et des conseils sur les besoins futurs de notre population vieillissante. La sensibilisation aux mauvais traitements et à la négligence dont sont victimes les aînés et les interventions à cet égard devraient représenter un mandat clé et permanent de ce bureau.
Je vous remercie.
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Lib. (ON)
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2021-06-22 16:05
Je vous remercie beaucoup, madame Oko.
Vous êtes sûrement très heureuse que notre gouvernement ait récemment entrepris des consultations en vue de définir la notion de mauvais traitements infligés aux personnes âgées, afin de bien la comprendre et d'élaborer de meilleures lois à cet égard.
J'aimerais maintenant m'adresser à Mme Majowski.
Nous savons évidemment que les personnes âgées peuvent être victimes de mauvais traitements dans n'importe quel établissement — dans les établissements de soins de longue durée, les hôpitaux, les endroits où elles font leurs achats et même dans leur propre domicile. À votre avis, quelles mesures peuvent être prises pour améliorer le signalement des mauvais traitements infligés aux personnes âgées?
Kathy Majowski
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Kathy Majowski
2021-06-22 16:06
Je vous remercie beaucoup de votre question.
Le signalement est un enjeu très délicat. En effet, il ne faut pas oublier que, tout d'abord, 91 % de nos personnes âgées vivent dans la collectivité, de sorte qu'elles reçoivent du soutien dans cette collectivité. Lorsqu'elles subissent des mauvais traitements, nous savons que les coupables sont souvent des personnes qui leur sont proches, qu'il s'agisse d'un voisin, d'un ami, d'un membre de la famille qui joue un rôle de soignant ou même [Difficultés techniques] de la personne, ce qui complique énormément le signalement. Je dirais que c'est comparable au signalement de la violence familiale.
Parfois, lorsque des travailleurs de la santé, des travailleurs des services sociaux ou des travailleurs des services communautaires assument une responsabilité de déclaration obligatoire, cela va en réalité à l'encontre de ce que souhaite la personne âgée. En effet, il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les personnes âgées ne veulent pas signaler ces incidents. Il se peut qu'elles ne veuillent pas que les membres de leur famille s'attirent des ennuis en subissant des conséquences juridiques pour leur comportement. Parfois, c'est parce que la personne âgée ressent une certaine culpabilité. Nous envisageons donc un scénario de réduction des risques dans lequel la mise en place de soutiens supplémentaires peut soulager une partie de la pression et réduire la nécessité de dépendre de la personne qui inflige les mauvais traitements. Dans de nombreux cas, cela peut améliorer la situation.
Il est important de prendre en compte [Difficultés techniques] parler du signalement. En effet, les personnes âgées sont tout aussi capables que les gens plus jeunes de décider ce qui leur convient le mieux, et elles peuvent avoir des opinions divergentes sur le type de comportement acceptable. Nous devons tenir compte de leur point de vue et comprendre que nous avons peut-être de merveilleuses idées pour améliorer sensiblement la situation de ces personnes, mais que si ce n'est pas ce qu'elles veulent, cela fera diminuer leur qualité de vie et leur bien-être, et qu'elles pourraient se sentir moins en sécurité. La prévention des mauvais traitements infligés aux personnes âgées est une conversation très complexe et nuancée, surtout lorsque ces personnes vivent dans la collectivité.
La conversation est toutefois différente, par exemple, lorsqu'il s'agit du milieu des soins de longue durée. En effet, il s'agit d'un environnement beaucoup plus structuré. Il existe certainement des moyens d'uniformiser un peu plus les processus de signalement. Malheureusement, la situation n'est pas uniforme à l'échelle du pays. Les provinces et les territoires ont tous des modèles différents, et les familles et le personnel doivent donc connaître les ressources offertes dans leur établissement. Mais les choses deviennent certainement beaucoup plus complexes lorsqu'on parle de la collectivité.
Voir le profil de Ryan Turnbull
Lib. (ON)
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2021-06-22 16:28
Merci.
Madame Majowski, j'ai une question pour vous, rapidement. Vous avez parlé d'un sondage que vou avez réalisé et de l'augmentation de la maltraitance envers les aînés pendant la pandémie. À quel type de mauvais traitements faites-vous référence? Est‑ce qu'il s'agit d'exploitation sociale ou financière? De négligence? De maltraitance physique? Pouvez-vous nous parler des tendances que vous avez observées?
Kathy Majowski
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Kathy Majowski
2021-06-22 16:29
Je vous ferai volontiers parvenir un rapport sur notre sondage.
Nous avons envoyé le sondage à nos membres, à notre réseau, qui comprend des fournisseurs de services de première ligne et des chercheurs sur le terrain partout au pays. Je ne saurais dire si nous avons une ventilation aussi précise. Je sais qu'il existe divers degrés et diverses formes de maltraitance à l'égard des aînés, mais essentiellement, lorsque nos fournisseurs de services de première ligne aux aînés rapportent une augmentation, nous nous fions à cette information.
Voir le profil de Louise Chabot
BQ (QC)
Merci, monsieur le président.
J'aimerais parler de la maltraitance. C'est un sujet criant pour nos aînés. Je peux vous dire qu'au Québec, nous avons maintenant une politique visant à lutter contre la maltraitance, qui a été établie avant même la pandémie. Cette politique, qui donne une définition de la maltraitance, protège également les membres du personnel qui dénoncent certaines situations.
J'aimerais m'attarder davantage à la maltraitance financière. Quel rôle pourrions-nous mieux jouer en matière de fraude ou de maltraitance financière?
Kathy Majowski
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Kathy Majowski
2021-06-22 16:33
Quel serait le rôle des rapports? Je veux m'assurer de bien comprendre la question.
Voir le profil de Louise Chabot
BQ (QC)
Ce que je voulais dire, c'est que chaque province a probablement ses propres politiques pour traiter de ces questions. Toutefois, en matière de fraude financière, le fédéral pourrait jouer un rôle. Y aurait-il quelque chose à renforcer?
Kathy Majowski
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Kathy Majowski
2021-06-22 16:33
Oui, absolument. Il y a la question de la dépendance à l'égard de la personne qui se livre à l'exploitation financière.
Dans le cas de fraudes et d'arnaques, l'exploitation est le fait d'étrangers, d'escrocs qu'on trouve dans divers secteurs. Dans le cas de l'exploitation financière, l'exploiteur est une personne proche de l'aîné qui en est victime, par exemple un voisin, un membre de la famille ou un ami.
Quant au rôle du fédéral, je pense que la sensibilisation est un aspect essentiel. Beaucoup de gens ne savent pas nécessairement qu'elles sont victimes d'exploitation. On leur dit qu'ils doivent de l'argent à quelqu'un, ou qu'ils paient pour des services. Ils ont remis leur carte bancaire ou leur carte de crédit, ou encore donné une procuration. Sensibiliser les aînés à leurs droits les aiderait à prendre conscience qu'il est inacceptable qu'on les traite ainsi et qu'on prenne leur argent, et que cela doit cesser.
Violaine Guerin
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Violaine Guerin
2021-06-22 16:46
Merci, monsieur le président.
Le Conseil régional de développement social des Laurentides a pour mission d'accroître et de soutenir la capacité d'action collective en matière de développement social dans la région des Laurentides. Ses membres proviennent de différents secteurs œuvrant auprès des personnes vulnérables, notamment les aînés.
Les mesures qui ont été adoptées en contexte pandémique ont eu des répercussions profondes sur la santé mentale des personnes aînées, et on a observé une hausse de l'incidence des troubles psychologiques, dont la dépression, les troubles anxieux, les troubles du sommeil et le syndrome de stress post-traumatique.
Il est probable que les répercussions sur la santé psychologique et la santé physique des personnes âgées perdurent au-delà du contexte de la pandémie et de la période de maintien des consignes de distanciation physique. Afin de minimiser les répercussions négatives, il serait opportun de veiller à ce que les politiques relatives aux visites dans les établissements d'hébergement, les hôpitaux et les hospices traduisent un souci de parvenir à un équilibre entre la nécessité de protéger les autres et le fait que les résidants ont besoin de voir leur famille et d'avoir des rapports sociaux.
Il serait également opportun d'étudier et de revoir les modalités de participation des aînés à l'échelle nationale, afin de renforcer leur participation à la prise de décision et à l'élaboration des politiques qui les concernent. La participation sociale est un facteur de protection de la santé des personnes âgées. On remarque des fonctions cognitives plus élevées chez ceux qui la pratiquent. Alors que les mesures de distanciation physique visent à protéger la santé des populations vulnérables, ces mêmes mesures entraînent secondairement l'isolement social, lequel favorise à son tour la détérioration de la santé mentale et physique ainsi que des capacités cognitives.
Les personnes âgées se percevant comme isolées durant la pandémie avaient tendance à adopter des comportements défavorables à leur santé. De plus, l'interruption de plusieurs services communautaires et des visites à domicile en raison de la pandémie a eu des répercussions notables sur la santé des personnes âgées qui dépendent de ces services.
La pandémie a également engendré la croissance des discours teintés d'âgisme et de la discrimination envers les personnes âgées. Ces discours renforcent une perception préconçue des personnes aînées comme étant des personnes vulnérables dont la vie a une valeur moindre que celle des plus jeunes. [Difficultés techniques], on bafoue l'identité sociétale des personnes âgées en les percevant comme un groupe homogène, ce qui augmente leur susceptibilité à la discrimination et à l'exclusion, et n'illustre pas adéquatement la contribution sociétale de cette population ni la résilience de ces personnes devant la crise. Ces discours peuvent entraîner plusieurs conséquences sociétales, notamment en contribuant à une discrimination envers les travailleurs âgés et les retraités souhaitant retourner sur le marché du travail à la suite de la pandémie.
L'intériorisation des messages teintés d'âgisme par les personnes âgées pourrait aussi entraîner des conséquences importantes, telles qu'une perte d'estime de soi et une perte du sentiment d'être utile au sein de la société.
Il serait donc pertinent d'utiliser, pour décrire les personnes âgées, un langage qui ne les stigmatise pas, d'éviter d'avoir recours à des stéréotypes et d'éviter d'étiqueter les personnes âgées comme étant uniformément fragiles et vulnérables. Il faudrait également s'abstenir d'utiliser, pour désigner les personnes âgées, des mots qui ont des connotations négatives et qui véhiculent des préjugés. Il faudrait donc favoriser les échanges intergénérationnels afin d'accroître la solidarité entre les générations et de lutter contre les préjugés. Il faudrait également développer des campagnes de sensibilisation pour lutter contre l'âgisme.
La fraude et la maltraitance sous toutes leurs formes ont connu une recrudescence durant la pandémie. Les aînés ont été ciblés dans un contexte de vulnérabilité et d'anxiété exacerbées. Il sera important de les outiller adéquatement afin que tous soient les mieux informés possible sur les différentes arnaques et fraudes dont ils pourraient être victimes. Il serait donc souhaitable de renforcer les services de prévention et de protection des personnes âgées contre toute forme de violence, de maltraitance et de fraude. Il faudrait également informer, éduquer, sensibiliser et outiller les aînés pour qu'ils soient conscients de l'existence de ces phénomènes.
La pandémie est venue avec son lot de défis et nous a contraints à nous adapter très rapidement aux nouvelles technologies. Toutefois, ce passage au mode virtuel implique une exclusion sociale de deuxième ordre des personnes âgées. On dénote une hétérogénéité non négligeable sur le plan de la littératie numérique chez les aînés, qui participent peu aux rassemblements virtuels en contexte pandémique. Il existe des inégalités marquées dans la participation sociale virtuelle de cette population, car elle exclut davantage les personnes aînées à faible revenu possédant de plus faibles niveaux d'éducation ainsi que celles possédant des états de santé défavorables.
La situation a amplifié le phénomène de fracture numérique, notamment pour les aînés vivant en milieu rural, où l'accès à Internet fait encore défaut, et pour les aînés les plus vulnérables qui n'ont pas les moyens financiers de s'équiper d'outils technologiques.
Il serait donc pertinent d'aider les aînés ainsi que celles et ceux qui s'occupent d'eux pour qu'ils puissent avoir accès à des outils de communication numérique ou à d'autres moyens de garder le contact avec leur famille et leurs réseaux sociaux lorsque les déplacements physiques sont limités. Il faudrait également permettre aux personnes âgées de participer aux programmes d'apprentissage tout au long de la vie et améliorer leur accès aux technologies de l'information et de la communication.
Ceci n'est pas nouveau: les aînés souhaitent demeurer chez eux le plus longtemps possible. Étant donné les événements que nous avons vécus durant la pandémie, où le nombre de décès a été très élevé au sein des différentes ressources d'hébergement pour aînés, les personnes âgées sont confortées dans leur volonté de rester dans leur domicile privé. Les gouvernements devront se pencher sur des solutions concrètes pour favoriser le maintien à domicile des aînés. Les services à domicile devront être plus facilement accessibles, afin que le maintien à domicile se fasse dans les meilleures conditions possible.
Également, la pénurie de logements abordables, adaptables et accessibles est un problème qui ne fait que croître. Cela incite parfois les aînés à se délocaliser et à se rapprocher des grands centres pour avoir accès à des logements moins coûteux et plus proches des services. Il serait donc souhaitable d'augmenter les services mobiles afin de garantir l'accès aux personnes âgées plus isolées, ou à celles dont la mobilité est limitée, pour évaluer leurs besoins et leur apporter un soutien.
Il serait également souhaitable d'assurer l'offre continue de services de soins adéquats aux personnes âgées, tels que les services de santé mentale et les soins palliatifs et gériatriques, notamment en soutenant les aidantes et les aidants naturels non rémunérés qui prodiguent des soins à domicile et dans les communautés, ainsi que les travailleuses et travailleurs sociaux rémunérés qui fournissent des soins à domicile et des soins en établissement.
Il faut veiller également au maintien des services communautaires et de l'aide apportée aux personnes âgées, notamment les services sociaux et juridiques, malgré les mesures de distanciation physique.
Il faut reconnaître le rôle crucial des proches aidants et leur permettre de jouer ce rôle avec les outils nécessaires.
Nous suggérons de mettre en place des programmes qui favorisent et soutiennent le maintien à domicile.
De plus, il faut construire davantage de logements communautaires abordables et accessibles aux aînés pour les maintenir dans leur milieu de vie dans un environnement sécuritaire.
Dans les Laurentides, 6,3 % des aînés de 65 ans et plus vivent sous le seuil de faible revenu, selon la mesure du panier de consommation, ce qui représente 5 930 individus en situation précaire. Il est important de développer une expertise et une vigilance à propos des conditions de vie et d'emploi des personnes de 55 ans et plus en évaluant la couverture des besoins essentiels et la sortie de la pauvreté après la prise de la retraite.
Il y a nécessité d'accorder la priorité à la réalisation effective du droit à une qualité de vie de base pour tous et toutes à la retraite, comme dans l'ensemble du parcours de vie.
La participation sociale des aînés n'est plus à démontrer. Certes, le vieillissement de la population engendre son lot de défis...
Connie Newman
Voir le profil de Connie Newman
Connie Newman
2021-06-17 16:02
Merci. Je suis désolée.
En ce qui concerne la COVID, les aînés et la maltraitance des aînés, sachez que 8,2 % des aînés sont victimes de maltraitance. Le système judiciaire, à tous les ordres de gouvernement, doit faire attention aux lois existantes, à l'éducation et au sens de ces lois. Nous devons surveiller l'âgisme. Nous, les membres de la société civile, ainsi que les gouvernements qui définissent les politiques, devons travailler ensemble pour veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte, quel que soit son âge. Les échecs de la COVID doivent servir de leçons pour l'avenir.
Je vous remercie.
Voir le profil de Alice Wong
PCC (BC)
Je vous remercie, madame la ministre.
Ma question suivante concerne les aînés.
La maltraitance des aînés est en augmentation, surtout pendant la COVID. Beaucoup de ces aînés sont des femmes. Là encore, j'ai posé la même question et, une fois de plus, rien n'a été fait.
Voulez-vous nous dire ce que vous allez faire pour aider nos pauvres aînés sur qui plane la menace de maltraitance?
Voir le profil de Maryam Monsef
Lib. (ON)
Madame la présidente, premièrement, je m'inscris en faux contre l'affirmation selon laquelle rien n'a été fait. En fait, le gouvernement en fait plus que tout autre avant, mais ce n'est pas suffisant. Nous devons faire plus. Des siècles de misogynie, de haine, de racisme, de sexisme et de colonialisme ne se défont pas en cinq ou six ans, et avec les comptes que nous voyons réclamer tout autour de nous, nous progressons plus vite.
Aujourd'hui, nous devons reconnaître que la maltraitance des aînés existe. C'est un fait. Ce que nous avons vu pendant la pandémie — une des plus dures leçons et une des expériences les plus honteuses —, c'est que nos aînés sont victimes de négligence et de violence et que les soins qu'ils reçoivent sont indignes. Nous avons vu aussi que les personnes qui s'occupent d'eux ne sont pas traitées comme il le faudrait.
Nous nous sommes associés à des organisations qui s'efforcent de dénoncer et de prévenir la maltraitance des aînés dans tout le pays. Ma collègue, la ministre des Aînés, ne mâche pas ses mots face à ce problème.
Encore une fois, s'il y a des organisations dans vos collectivités qui font un travail important et qui ont besoin de plus de soutien, n'hésitez pas à communiquer avec mon équipe et avec moi parce que nous aimerions beaucoup collaborer avec elles.
Suzanne Dupuis-Blanchard
Voir le profil de Suzanne Dupuis-Blanchard
Suzanne Dupuis-Blanchard
2021-06-03 15:38
Je vous remercie, monsieur le président. Je remercie également les membres du Comité de s'intéresser aux répercussions de la COVID‑19 sur les aînés.
Au nom des membres du Conseil national des aînés, je veux présenter nos sincères condoléances aux Canadiens qui ont perdu un parent ou un être cher pendant la pandémie, et nos pensées vont aux membres de la famille qui sont séparés de leurs proches vivant dans des installations de soins de longue durée depuis 13 ou 14 mois.
En plus d'agir à titre de présidente du Conseil national des aînés, je suis infirmière immatriculée depuis 30 ans, possédant de l'expérience dans les domaines du vieillissement et de la santé communautaire. Je participe actuellement aux efforts de vaccination contre la COVID‑19. Je suis aussi enseignante à l'école des sciences infirmières de l'Université de Moncton, où je suis également titulaire d'une chaire de recherche sur le vieillissement de la population du Consortium national de formation en santé, grâce à laquelle j'étudie le vieillissement à domicile. Je suis aussi directrice du Centre sur le vieillissement.
Le Conseil national des aînés a été créé en 2007 pour conseiller le gouvernement fédéral, par l'entremise des ministres des Aînés et de la Santé, sur des questions relatives à la santé, au bien-être et à la qualité de vie des aînés. Le Conseil compte actuellement 11 membres, dont moi-même. Ces membres viennent d'un large éventail de secteurs ayant un lien avec le vieillissement, notamment le milieu universitaire, le secteur social, le domaine de la santé, des organisations communautaires et de première ligne et le secteur privé. Lorsqu'il formule les conseils qu'il destine aux ministres, le Conseil entreprend une variété d'activités, commandant des recherches, consultant des aînés et des intervenants du pays et réunissant des groupes d'experts et des tables rondes.
Quand la pandémie de COVID‑19 a frappé en mars 2020, le Conseil était en train de mettre en œuvre un plan de travail triennal allant de 2018 à 2021. Ce plan comprend quatre grandes priorités: trouver des mesures pour réduire les crimes et les torts ciblant les aînés; examiner les objectifs et les éléments potentiels d'une stratégie nationale des aînés; adopter un point de vue stratégique adapté aux aînés sur le plan du vieillissement en santé afin de potentiellement examiner les politiques et les initiatives fédérales; et trouver des mesures pour contrer l'âgisme en modifiant le discours public sur le vieillissement.
C'est en 2019 que, dans le cadre d'une assemblée générale publique et d'une table ronde d'experts à Winnipeg, nous nous sommes penchés sur la priorité relative aux mesures visant à réduire les crimes ciblant les aînés et les torts financiers causés aux aînés. De plus, nous avons publié le rapport « Ce que nous avons entendu », qui est disponible sur notre site Web. Je tiens tout de même à vous présenter quelques points qui demeurent pertinents dans le contexte de la COVID‑19.
Le Conseil a constaté que les crimes et les torts ciblant les aînés sont commis par divers acteurs et prennent une variété de formes, de la fraude amoureuse à la vente de porte à porte agressive. Il importe de souligner que l'isolement social peut constituer un facteur de risque clé, puisque les fraudeurs exploitent souvent le sentiment de solitude des aînés isolés qui ont soif de contacts humains de base. La pauvreté et l'insécurité économique peuvent également rendre les aînés plus vulnérables à certaines formes d'arnaque.
Vous pouvez comprendre qu'avec l'accroissement de l'isolement social provoqué par la pandémie, les aînés sont la cible de nouvelles fraudes, qui prennent notamment la forme d'appels téléphoniques non sollicités prétendument faits par des entreprises privées ou des fournisseurs de soins de santé offrant des trousses d'autodépistage ou même un vaccin payés à l'avance; et par des entreprises privées vendant des produits frauduleux censés traiter ou prévenir la COVID‑19.
Quand la pandémie a commencé, le Conseil a rapidement réorienté ses priorités afin de surveiller la situation des aînés pendant la crise. Nous avons immédiatement constaté que la pandémie avait et aurait sur eux des répercussions disproportionnées, et que des études commençaient à être publiées pour évaluer la situation selon divers angles, particulièrement sur les soins de longue durée, mais aussi — dans une moindre mesure — sur des questions comme l'isolement social et les aînés vivant hors des installations de soins de longue durée.
Le Conseil a déterminé que pour ajouter de la valeur, il prodiguerait des conseils de haut niveau aux ministres en examinant les constats des recherches et les points de vue des aînés et des intervenants, et en établissant des valeurs et des principes pour favoriser la santé et le bien-être des aînés. Ainsi, avant même la deuxième vague, le Conseil a préparé un rapport à l'intention des ministres après avoir examiné plus de 40 rapports sur les aînés et la pandémie. Ce rapport, intitulé Seniors Well-Being in Canada: Building on Lessons Learned from the Pandemic, sera bientôt ajouté au site Web du Conseil. Si les membres du Comité souhaitent en recevoir une copie, je vous en ferais volontiers parvenir une après la séance.
Le rapport offre 22 actions, appuyées sur des données probantes, en fonction de cinq thèmes principaux. Chaque action est ensuite divisée en actions à court, moyen et long terme. Notre avis aux ministres a tenu compte d'éléments fondamentaux comme le vieillissement en santé et la qualité de vie des aînés, le continuum complet de soins, c'est-à-dire du domicile jusqu'au foyer de soins, les répercussions négatives de la COVID‑19 ainsi que le respect des champs de compétence des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux.
Depuis, le Conseil continue de s'intéresser aux répercussions de la pandémie sur les aînés et a récemment présenté aux ministres des conseils sur les normes relatives aux installations de soins de longue durée, puisque cela figure dans les lettres de mandat révisées des ministres et dans le budget de 2021. Nous continuons de surveiller les recherches publiées au sujet de la pandémie et des aînés, et nous continuerons de conseiller les ministres au sujet de cette question importante. Nous avons aussi entrepris des discussions sur notre prochain plan de travail.
Je vous remercie de m'avoir offert l'occasion de témoigner devant vous. Je suis certainement impatiente de discuter avec vous.
Voir le profil de Louise Chabot
BQ (QC)
Le Québec a adopté une loi sur la maltraitance des aînés et des personnes vulnérables majeures. J'ai d'ailleurs eu le plaisir de participer à la commission parlementaire sur la question. C'est une loi qui est quand même [difficultés techniques]. Je ne sais pas si cela existe dans les autres provinces.
Qu'est-ce que le fédéral peut faire relativement à ces enjeux?
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