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Mary Oko
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Mary Oko
2021-06-22 15:42
Merci, monsieur le président.
Distingués membres du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées, je vous remercie de me permettre de participer aux travaux importants que ce comité a été chargé d'entreprendre.
Comme vous le savez, je m'appelle Mary Oko. Je comparais devant vous aujourd'hui en tant que membre d'une famille dont la mère est actuellement au Copernicus Lodge, un établissement de soins de longue durée situé à Toronto, en Ontario. Je suis également présidente du conseil des familles, qui représente les familles dont des proches vivent dans cet établissement. Ma mère, Wanda Oko, est âgée de 95 ans et est atteinte de démence avancée. Je comparais devant vous pour vous expliquer comment ma mère et moi avons été touchées par la COVID et comment nous pouvons, à mon avis, améliorer la situation de nos aînés à l'avenir.
Je vais d'abord vous donner quelques informations générales.
Pendant la première vague, l'établissement dans lequel ma mère se trouve a eu de la chance, car il n'y a pas eu d'éclosion de COVID.
Pendant la deuxième vague, l'établissement a été durement touché. Vingt-deux résidants sont morts de la COVID. De plus, parmi les 200 résidants, 100 ont été infectés, et parmi les 300 employés, 85 l'ont aussi été. De nombreux résidants souffrent encore. Leur santé s'est dégradée. Bon nombre de ceux qui étaient capables de marcher et qui étaient indépendants auparavant ont maintenant besoin de déambulateurs ou de fauteuils roulants ou sont alités. Ma mère est l'une de ces victimes. Avant que les mesures de confinement soient prises, elle marchait. Elle est maintenant alitée, et pendant le confinement, elle a développé une escarre de stade 4 sur son coccyx de la taille d'une balle de golf qui ne guérira probablement jamais. Elle n'a pas contracté la COVID, mais elle a souffert du confinement et d'autres restrictions qui ont été mises en place sous prétexte d'assurer la sécurité des résidants.
Aujourd'hui, je vais vous faire part de trois problèmes qui nous ont profondément affectées, ma mère et moi.
Premièrement, le soutien de la part du personnel était insuffisant. Ma mère vit dans un établissement de soins de longue durée depuis neuf ans. Parce que le soutien qui lui était fourni était insuffisant, je me suis sentie obligée d'engager, à mes frais, une aide-soignante qui l'a aidée à faire des activités de stimulation intellectuelle, à faire de l'exercice, à se nourrir et à faire quelques promenades à l'extérieur. En outre, je lui rendais visite deux fois par semaine pour l'aider dans ces activités et pour d'autres besoins, comme s'habiller et se laver. Sans cette aide supplémentaire, ma mère n'aurait pas continué à marcher ou ne serait pas demeurée active intellectuellement.
Lorsque la COVID a frappé, l'aide-soignante de ma mère et moi n'avions plus accès à l'établissement. Lorsque j'ai été autorisée à y retourner en septembre 2020, la santé de ma mère s'était détériorée parce qu'elle n'avait pas bénéficié des soins supplémentaires que nous lui prodiguions auparavant. Elle avait cessé de parler et était moins éveillée. Pendant le confinement de la deuxième vague, elle ne faisait pas d'exercice et ne pouvait pas quitter sa chambre. Ma mère est maintenant alitée et a besoin d'utiliser un appareil pour passer de son lit à son fauteuil roulant.
L'aide à l'alimentation a toujours été un aspect concernant lequel le manque de personnel est le plus évident. Avant l'arrivée de la COVID dans l'établissement, l'aide-soignante et moi aidions ma mère à se nourrir. Pendant le confinement de la deuxième vague, en raison des pénuries de personnel et de l'absence du soutien de la famille, ma mère ne mangeait pas bien et son bien-être général s'est détérioré.
Deuxièmement, mon rôle d'aidante pour ma mère n'a pas été pris en compte. Étant donné qu'il n'y a pas assez de personnel pour fournir des soins adaptés à chaque résidant, les membres du personnel se sont toujours réjouis de l'aide que j'apportais lorsque je venais voir ma mère. Ils accordaient également de l'importance au fait que je pouvais signaler rapidement les problèmes qui nécessitaient l'attention du personnel ou, dans certains cas, qui devaient être portés à l'attention du médecin.
Lorsque la COVID a frappé, j'ai été exclue, comme de nombreuses familles au Canada. J'ai été limitée à des réunions vidéo. Lors de ces réunions, ma mère ne remarquait pas ma présence, car elle va mieux lorsque je lui tiens la main et que je lui parle.
Durant la deuxième vague, lorsqu'on a interdit une fois de plus aux familles d'entrer au beau milieu de l'éclosion, comme je l'ai déjà mentionné, ma mère a développé une escarre sévère. Avant que le confinement et les mesures de restrictions soient imposés en raison de la COVID, j'aurais pu avoir accès à ma mère et collaborer avec le personnel pour régler ses problèmes. Les familles n'étaient pas autorisées à apporter leur aide au moment où l'établissement en avait grandement besoin.
Troisièmement, ma mère et moi, qui agis comme son mandataire, n'avons pas été consultées comme il se doit pour les décisions qui ont des conséquences sur ma mère. Nous considérons le Copernicus Lodge comme le foyer de ma mère et non comme un simple établissement. Comme ma mère est atteinte de démence avancée, j'ai toujours participé aux discussions et à la prise de décisions relatives aux soins qui lui sont prodigués. La COVID a changé cette situation. En particulier, au cours de la deuxième vague, ma mère et moi, sa mandataire, n'avons pas été consultées sur certaines des décisions qui ont été prises et qui avaient des répercussions sur les soins qui lui étaient prodigués.
Par exemple, le 14 décembre, deux résidants ont obtenu un résultat positif au test de dépistage de la COVID à l'étage de ma mère, puis neuf, encore une fois principalement à l'étage de ma mère. Il a donc été décidé de confiner plus de 200 résidants dans leur chambre 24 heures sur 24, sept jours sur sept, souvent dans des zones où il n'y avait aucun cas actif. Cette décision a été prise à la suite de réunions entre le Bureau de santé publique de Toronto, le ministère des Soins de longue durée, Unity Health — l'hôpital qui travaille en partenariat avec notre établissement — et l'équipe de direction du Copernicus Lodge. Les résidants et les membres des familles des résidants touchés par ces décisions n'ont pas eu voix au chapitre lors de ces réunions.
Tout autre patient de notre système de soins de santé est consulté dans les décisions qui ont des répercussions sur sa santé. Durant la COVID, il n'en est pas de même pour les personnes âgées qui vivent dans des établissements de soins de longue durée ou leur mandataire. Pourquoi cela est‑il considéré comme étant quelque chose d'acceptable?
Comment régler les problèmes? J'ai quatre suggestions.
Premièrement il faut que des normes nationales pour les soins de longue durée soient adoptées. En comparant ce qui se passait dans l'établissement de ma mère avec ce qui se passait dans d'autres établissements de soins de longue durée à Toronto ou dans d'autres provinces, je constate qu'il y a un manque d'uniformité dans la façon dont on s'occupe de nos aînés sur bien des plans, notamment en ce qui concerne les effectifs, les tests de dépistage de la COVID et les mesures de prévention et de contrôle des infections.
Aucune personne âgée ne devrait avoir l'impression d'être victime de discrimination en raison de la ville ou du village où elle vit, de la province ou du territoire ou du type de foyer qu'elle choisit. Nous sommes tous des Canadiens, et nos aînés devraient être traités de façon juste et équitable d'un océan à l'autre.
Deuxièmement, on ne doit jamais exclure les familles. Elles jouent un rôle essentiel dans les soins fournis à nos aînés. Nous connaissons nos proches, et nous pouvons collaborer avec les établissements pour qu'ils reçoivent des soins de qualité, ce dont ils ont besoin. Jusqu'à ce que l'on règle les problèmes d'effectifs et que le financement à cet égard soit adéquat, il est essentiel que les familles ne soient pas privées du droit d'améliorer la qualité des soins, voire la qualité des soins palliatifs pour leurs proches qui vivent dans des établissements de soins de longue durée. Ma mère et nos aînés auront toujours besoin de l'amour et du soutien de leur famille.
Troisièmement, il faut mieux faire connaître le conseil des familles. Depuis le début de la COVID, le conseil des familles du Copernicus Lodge défend ses résidants avec vigueur. Il a fait pression pour la reprise des douches et des bains réguliers, il a demandé qu'on augmente les activités de stimulation intellectuelle et d'autres activités, et bien d'autres choses encore, mais les membres du conseil des familles sont des bénévoles non rémunérés, et c'est un véritable défi d'attirer des membres et de les inciter à rester membres, surtout lorsque les agences de soins de santé et les membres de la direction bien rémunérés ne nous écoutent pas.
Enfin, les résidants doivent être entendus à la table. Dans toutes les discussions qui ont des répercussions sur la santé et le bien-être des résidants, leur voix ou la voix des mandataires qui les représentent doivent être incluses.
Je vous supplie de ne jamais réduire ma mère au silence.
Merci.
Kathy Majowski
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Kathy Majowski
2021-06-22 15:49
Merci, monsieur le président. Je remercie Mme Oko d'avoir parlé de son expérience.
Bonjour à tous. J'aimerais souligner que je m'adresse à vous depuis le territoire du Traité no 1, soit le territoire traditionnel des peuples anishinabe, inninewak, oji-cri, dakota et déné, et depuis le cœur de la nation métisse.
Le Réseau canadien pour la prévention du mauvais traitement des aînés est un organisme national à but non lucratif composé de personnes et d'organisations qui se soucient des personnes âgées et de la prévention de la maltraitance à un âge avancé.
La maltraitance des aînés a longtemps été surnommée la « pandémie silencieuse ». Elle était répandue dans nos collectivités bien avant l'apparition de la COVID. Comme dans le cas de la violence fondée sur le sexe, la situation de la maltraitance des aînés s'est enflammée pendant la COVID et c'est devenu une pandémie de l'ombre en 2020.
Nous avons tous vécu le stress causé par la pandémie et les répercussions de la pandémie. Ce qui a aidé bon nombre d'entre nous à relever le défi chaque jour, c'est le soutien d'une famille ou d'un groupe social. Pour de nombreux Canadiens âgés, ces liens essentiels ont été détruits par la pandémie. La nécessité de rester à la maison et la distanciation ont réduit les possibilités d'interactions sociales et d'accès aux services de base.
Au cours des premiers mois de la pandémie, nous avons mené une enquête pour évaluer les effets immédiats de la COVID‑19 sur nos membres. Nous avons demandé aux personnes chargées de la prévention de la maltraitance des aînés et aux prestataires de services de nous dire ce qu'ils avaient vécu et observé. Lorsqu'ils ont été interrogés sur les répercussions de la pandémie sur les personnes âgées qu'ils aident, les répondants ont indiqué que l'augmentation de la maltraitance des aînés et de la violence conjugale était le problème numéro un, suivi de près par la réduction de l'accès aux services et à du soutien et l'augmentation de l'isolement social.
L'isolement social représente une grave menace pour la santé publique; il peut avoir des conséquences mortelles. Il peut être aussi néfaste pour la santé que le fait de fumer 15 cigarettes par jour. L'isolement social entraîne l'adoption de comportements néfastes pour la santé, affecte la santé mentale et constitue également un facteur de risque de maltraitance et de négligence envers les aînés ainsi que d'auto-négligence. Une personne âgée isolée peut ne pas avoir accès à des produits de première nécessité, être plus vulnérable aux escrocs et être coincée chez elle avec l'individu qui la maltraite, sans avoir accès à de l'aide.
Près de 65 % des répondants à notre enquête ont déclaré que la COVID‑19 a eu des répercussions importantes sur leurs programmes et leurs activités, 83 % d'entre eux ayant signalé une perturbation des services aux clients et 46 %, une augmentation de la demande de services. C'était la tempête parfaite: des personnes âgées de plus en plus isolées qui ont davantage besoin de services de soutien, lesquels ont été fortement perturbés par la pandémie. La distanciation sociale est devenue une arme à double tranchant.
Nous connaissons tous la suite. Les personnes âgées qui vivent à domicile ont signalé souffrir davantage d'isolement et de problèmes de santé mentale. En Ontario, la ligne d'assistance aux personnes âgées a signalé une augmentation de 250 % des appels concernant des mauvais traitements envers les aînés et, pendant ce temps, dans certains établissements de soins de longue durée, il y a eu des cas de mauvais traitements et de négligence épouvantables chez les résidents.
L'année qui vient de s'écouler a été un test de résistance qui a mis en évidence les faiblesses de notre système. Les Canadiens âgés ont été les plus durement touchés par cette pandémie par les décès, l'isolement et la diminution de leur sécurité et de leur qualité de vie, et ils refusent d'être sacrifiés et ignorés plus longtemps.
Environ 90 % des Canadiens âgés vivent à domicile et la plupart d'entre nous espèrent vieillir à la maison. Pour que cela se produise en toute sécurité, nous devons nous attaquer au problème des mauvais traitements et de la négligence dans nos collectivités.
Nous recommandons entre autres l'amélioration des programmes de formation dans tous les secteurs avec des soins adéquats prodigués aux personnes âgées à leur domicile et dans leur collectivité. Non seulement nous devons veiller à ce qu'il y ait suffisamment de ressources humaines pour accomplir les tâches assignées, mais les personnes âgées doivent également disposer d'un réseau de soutien et de services communautaires qui collaborent bien ensemble et qui ont la formation nécessaire pour reconnaître et prévenir l'âgisme et la maltraitance des personnes âgées et qui connaissent les ressources locales, régionales et nationales disponibles. La formation doit tenir compte des questions relatives aux traumatismes et à la violence et être axée sur l'équité afin que soit établi un pont entre les secteurs et les mandats pour favoriser une approche plus inclusive et collaborative de la prévention et de l'intervention.
Nous recommandons également d'encourager le développement de collectivités amies des aînés et de veiller à ce que cet effort soit axé sur la prévention de la maltraitance des aînés.
Nous savons que les préposés aux services de soutien à la personne, qui sont également connus sous le nom d'aides-soignants, sont les gens qui sont le plus fréquemment en contact avec les personnes âgées qui reçoivent de l'aide à domicile et que leur niveau de formation et de surveillance n'est pas uniforme. Une réglementation de ce rôle favoriserait une meilleure protection du public en précisant les responsabilités professionnelles, et la mise en place de normes minimales pour l'accès à la pratique ainsi que de processus pour répondre aux plaintes. De plus, une réglementation permettrait d'augmenter la sécurité par la vérification des compétences pour une pratique sûre au moyen d'un registre public et par la communication de renseignements sur les plaintes, à l'instar d'autres organismes de réglementation.
L'un des éléments importants consisterait à établir des exigences minimales en matière de formation et à normaliser les programmes, notamment en ce qui concerne les soins tenant compte des traumatismes, les soins aux personnes atteintes de démence, ainsi que la sensibilisation, la prévention et l'intervention liées à la maltraitance des aînés, y compris les informations sur le processus de signalement si l'on soupçonne qu'il y a de la maltraitance. Cela favoriserait également la sécurité et la stabilité de ces professionnels, qui sont souvent des femmes issues de communautés racialisées, elles-mêmes plus vulnérables.
Nous recommandons d'offrir un financement soutenu et approprié au secteur de l'intervention en cas de mauvais traitements et de négligence à l'égard des aînés, au même titre que le financement lié à la violence familiale. En particulier, nous recommandons de fournir un soutien et un financement réservé au Réseau canadien pour la prévention du mauvais traitement des aînés, afin de veiller à ce qu'il existe un organisme national qui se consacre à la prévention des mauvais traitements infligés aux aînés et aux efforts de sensibilisation à cet égard. Cela permettra aussi de favoriser l'échange d'informations fiables entre les intervenants et les fournisseurs de services d'un bout à l'autre du Canada.
Enfin, nous recommandons la création d'un bureau fédéral de défense des intérêts des aînés. Ce bureau devrait assurer une surveillance et un leadership systémiques sur les questions liées aux besoins actuels des aînés canadiens, ainsi que fournir au gouvernement un aperçu, des analyses et des conseils sur les besoins futurs de notre population vieillissante. La sensibilisation aux mauvais traitements et à la négligence dont sont victimes les aînés et les interventions à cet égard devraient représenter un mandat clé et permanent de ce bureau.
Je vous remercie.
Voir le profil de Rosemarie Falk
PCC (SK)
Je vous remercie beaucoup, monsieur le président.
J'aimerais remercier nos deux témoins de contribuer à notre étude aujourd'hui, alors que nous cherchons des moyens de mieux soutenir les aînés du Canada à l'issue de la pandémie actuelle.
Nous savons que la pandémie de COVID‑19 a mis en évidence et exacerbé les lacunes de nos établissements de soins de longue durée. Malheureusement, ce sont nos aînés qui ont payé le prix le plus élevé pour ces lacunes. Quel que soit son lieu de résidence, chaque personne âgée a le droit de vieillir dans la dignité. Chaque échelon du gouvernement a la responsabilité d'agir.
Madame Mary Oko, je tiens à vous remercier pour votre vulnérabilité et votre volonté de défendre les intérêts de votre mère et, en fin de compte, de toutes les personnes âgées.
Je ne veux pas voir une approche paternaliste du gouvernement fédéral lorsqu'il s'agit d'établir des normes nationales à cet égard. Madame Oko, j'aimerais savoir dans quelle mesure vous pensez ou croyez qu'il serait important d'inviter non seulement les provinces et les territoires à la table de négociations pour l'établissement de normes nationales, mais aussi les travailleurs de première ligne, les défenseurs des droits des aînés et les organismes de soins.
Mary Oko
Voir le profil de Mary Oko
Mary Oko
2021-06-22 15:56
Je pense qu'il faut adopter une approche collaborative à cet égard. Il faut que de nombreuses personnes participent à ce processus — et certainement les travailleurs de première ligne.
Ici, en Ontario, nous avons une très forte association d'infirmières et d'infirmiers qui milite et plaide en faveur de la qualité des soins que les résidants des établissements de soins de longue durée devraient recevoir. De tels intervenants et des groupes de défense des intérêts devraient donc être présents à la table, et les résidants et les familles des gens qui ne peuvent pas parler pour eux-mêmes devraient certainement être représentés.
Je reconnais que ce que je propose en matière de normes nationales revient à ce dont parlait Mme Majowski. Le principe sur lequel je m'appuie, c'est que quel que soit le type d'établissement dans lequel une personne âgée choisit de vivre, les établissements de soins de longue durée ne sont qu'une option parmi d'autres. Il faudrait que la situation soit uniforme à l'échelle du pays. Il a été très frustrant pour moi et pour de nombreuses familles — j'ai des amis dans d'autres régions du Canada et nous comparons nos observations — de constater à quel point la qualité des soins offerts à nos personnes âgées peut varier. C'est presque comme si nous vivions dans 13 pays différents au lieu d'un seul.
Voir le profil de Kate Young
Lib. (ON)
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2021-06-22 16:02
J'aimerais remercier sincèrement nos deux témoins d'aujourd'hui. Nous avons entendu des témoignages captivants, surtout lorsque Mme Oko nous a parlé de son expérience avec sa mère et de ce qu'elle avait vécu.
Mon père est décédé dans un établissement de soins de longue durée il y a huit ans, avant l'épidémie de COVID‑19. Puisque je connais les défis auxquels il a fait face dans un établissement de soins de longue durée, même à l'époque — et les choses n'ont fait qu'empirer avec la COVID‑19 —, je compatis réellement avec vous et je ne peux pas imaginer ce que vous avez dû vivre.
Vous avez manifesté le désir d'accroître l'importance du rôle des familles et de créer un conseil des familles, afin que les gens écoutent les préoccupations des résidants.
Pensez-vous que cela devrait être réglementé dans le cadre des normes relatives aux soins de longue durée? Est‑ce nécessaire ou est‑ce quelque chose que les familles des résidants devraient elles-mêmes réclamer?
Mary Oko
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Mary Oko
2021-06-22 16:03
En réponse à cette question, je pense qu'il faut réglementer cela. En Ontario, cette notion fait partie de la Loi sur les foyers de soins de longue durée. Toutefois, en Colombie-Britannique — j'ai des amis dans cette province —, il n'y a pas de loi de ce genre et il n'existe pas de conseil des familles. Dans cette province, les familles — ainsi que mes amis — ont dû se réunir et créer, sur Facebook, leur propre groupe de conseil des familles officieux. Les familles communiquent entre elles pour offrir du soutien et partager des ressources.
Même en Ontario, où cette notion est réglementée, l'idée d'un conseil des familles n'est pas toujours respectée dans tous les établissements de soins. Certains établissements fonctionnent très bien avec un conseil des familles, mais d'autres ne souhaitent pas travailler avec un tel conseil. Dans ces cas, les intervenants estiment qu'ils ne comprennent pas ce type de conseil et ils pensent que cela occasionnera du travail supplémentaire et qu'ils font déjà tout le nécessaire pour s'occuper des résidants.
Encore une fois, la majorité des résidants qui reçoivent des soins de longue durée souffrent d'une forme de démence ou de déficience cognitive. Et même si de nombreux établissements ont un conseil des résidants, les membres ne peuvent pas communiquer efficacement en leur nom, car ils craignent d'en subir les répercussions s'ils s'expriment de manière trop négative.
Au sein de mon propre conseil des familles, il y a des familles qui craignent de s'exprimer parce qu'elles ont l'impression que cela fera diminuer la qualité des soins que reçoivent leurs proches.
Voir le profil de Louise Chabot
BQ (QC)
Merci, monsieur le président.
Je remercie les témoins.
Le Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées mène présentement cette étude sur la réalité vécue par les aînés pendant les pires moments de la pandémie. Or, certains problèmes existaient déjà auparavant, bien avant le début de nos travaux. Nous pouvons discuter des conditions de vie de nos aînés de façon globale, tant sur le plan financier que sur le plan social ou sanitaire.
Madame Oko, malheureusement, plusieurs aînés dans les résidences vivent une situation comme celle de votre mère et vous. Au Québec, ce fut aussi le cas dans certains établissements. Je ne mettrais pas dans le même panier tous les établissements publics de soins pour aînés, parce qu'il y a eu aussi de beaux exemples et de belles pratiques pendant la pandémie. Cependant, la situation est arrivée de façon sournoise, et chacune des provinces a pris des mesures pour y remédier, tant bien que mal. Parfois, ce fut douloureux pour les personnes aînées, leurs proches et leur famille.
On a dû prendre des mesures pour protéger les personnes aînées, notamment en empêchant leurs proches de les visiter, et vous avez tout à fait raison de dire que l'isolement a eu des effets divers. Je vous remercie de vos témoignages, même s'ils étaient difficiles. Je crois qu'ils reflètent les témoignages criants de gens d'un bout à l'autre du Canada, selon les réseaux.
Par contre, je dois vous dire en tout respect que je suis sceptique quant à une solution que vous semblez mettre en avant, soit des normes nationales qui viendraient d'Ottawa pour réglementer ce qui se fait dans chaque province. Je pourrais vous illustrer les innombrables normes que nous avons, au Québec, concernant nos établissements et l'organisation des soins. Ce sont des choix que nous avons faits, notamment en ce qui concerne les ratios entre le nombre de préposés et le nombre de bénéficiaires. Je ne pense pas que cela puisse faire l'objet d'une politique nationale qui s'appliquerait uniformément. J'ai beaucoup de difficulté à croire que cela réglera la situation.
Cependant, vous avez mentionné une chose que nous trouvons importante. Vous avez parlé du sous-financement en ce qui concerne le personnel. C'est donc le sous-financement [difficultés techniques] des provinces, qui sont habilitées à s'occuper de l'organisation des soins, puisque c'est une compétence provinciale. Alors, Ottawa doit apporter sa contribution. Le gouvernement de l'Ontario et celui du Québec avaient une demande à faire au gouvernement fédéral: hausser considérablement les transferts en santé pour que la part fédérale du financement des dépenses corresponde aux besoins des provinces pour assurer les services.
Que pensez-vous de la position du gouvernement de l'Ontario, de celui du Québec et des autres gouvernements? Est-ce qu'Ottawa doit apporter une plus grande contribution?
Mary Oko
Voir le profil de Mary Oko
Mary Oko
2021-06-22 16:13
Lorsque j'ai parlé de normes nationales en matière de soins de longue durée, je ne voulais pas dire par là qu'Ottawa les imposerait à chacune des provinces. À mon avis, le gouvernement a l'obligation de financer chacune des provinces, mais il doit aussi collaborer avec elles. Pourquoi est‑ce qu'on ne s'inspirerait pas des meilleures approches provinciales, pour en faire profiter tous les Canadiens?
En ce qui a trait à votre point, la situation varie grandement d'un endroit à l'autre. Par exemple, je peux visiter ma mère à l'heure actuelle, mais je dois passer un test de réaction en chaîne de la polymérase chaque semaine, et ce, depuis le mois d'août. J'ai reçu tous mes vaccins; ma mère aussi. En plus de ce test, je dois aussi faire un test rapide et lorsque je suis dans la résidence, je dois porter un masque chirurgical et une visière. Selon ce que me disent des amis, au Québec, le test de réaction en chaîne de la polymérase et le test rapide ne sont pas nécessaires. Il faut simplement porter l'équipement de protection individuelle complet. En Colombie-Britannique, il n'est pas non plus nécessaire de passer ces tests et il faut seulement porter le masque chirurgical. Pourquoi est‑ce différent d'une province à l'autre?
Tout au long de la pandémie, j'aurais aimé déménager ma mère d'une province à l'autre en fonction des événements et de ce qui était le mieux pour les aînés à chaque étape. Pourquoi est‑ce que je me retrouve dans une telle situation? Pourquoi les familles se retrouvent-elles dans cette situation? Nous aimons nos proches et nous voulons qu'ils reçoivent les meilleurs soins possible, et je crois que les provinces ne devraient pas recevoir de chèque en blanc sans devoir rendre des comptes.
Vous représentez diverses provinces et je crois qu'en tant que leaders, vous pouvez travailler avec les provinces pour trouver une solution qui sera juste et équitable pour tous les aînés du pays.
Voir le profil de Adam Vaughan
Lib. (ON)
Je vous remercie.
À l'instar de tous les membres du Comité, je suis reconnaissant de ces témoignages personnels profondément touchants.
Madame Oko, vous avez parlé de normes nationales, mais vous semblez aussi dire qu'elles ne viennent pas d'Ottawa, mais qu'Ottawa les appuie en les incluant dans les conditions de financement. Autrement dit, elles découlent des travailleurs de première ligne, des familles et des expériences vécues, mais elles sont liées au financement fédéral versé aux provinces.
Est‑ce le système que vous préconisez?
Mary Oko
Voir le profil de Mary Oko
Mary Oko
2021-06-22 16:30
Oui; je pense que les meilleures idées ne peuvent toutes venir d'une seule source. À mon avis, il faut une collaboration générale. Le gouvernement fédéral, les provinces, les municipalités, les intervenants, les défenseurs et les familles doivent s'unir et travailler ensemble pour établir une norme qui rendrait, sur le plan de [Difficultés techniques] et des ressources, qui serait réalisable dans l'ensemble du pays, d'un océan à l'autre.
Voir le profil de Adam Vaughan
Lib. (ON)
Cela découle‑t‑il, en partie, du fait que la situation dans les soins de longue durée en Ontario ne s'est pas améliorée au cours de l'été malgré les investissements du gouvernement fédéral, comme vous l'avez constaté? En fait, certaines lacunes se sont accentuées durant la deuxième vague, ce qui a démontré que ce n'était pas une question d'argent, mais que le système devait aussi être modifié. Est‑ce en partie de là que vient cette observation?
Mary Oko
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Mary Oko
2021-06-22 16:31
Eh bien, oui, mais aussi de simples discussions avec des amis du Québec et de la Colombie-Britannique, surtout, et de la comparaison de notes sur les pratiques dans ces provinces.
Toutefois, je suis convaincue que si je discutais avec des familles d'autres provinces, nous verrions aussi des disparités. Il y avait des disparités dans la ville de Toronto elle-même. En pleine éclosion, un établissement — le nôtre — obligeait le personnel à faire un test de dépistage de la COVID tous les cinq jours seulement, alors qu'un autre établissement dans la même situation testait le personnel tous les trois jours. Même ville, même autorité de santé publique, même ministère des Soins de longue durée, et pourtant... Pourquoi cela se passait‑il ainsi? Les familles n'ont jamais reçu de réponse adéquate.
Suzanne Dupuis-Blanchard
Voir le profil de Suzanne Dupuis-Blanchard
Suzanne Dupuis-Blanchard
2021-06-03 16:23
Nous revenons toujours aux normes relatives aux soins de longue durée — pas seulement leur élaboration, mais aussi la capacité de les mettre en œuvre, en créant les conditions idéales pour le faire. Nous savons que c'est une question fédérale-provinciale-territoriale à divers échelons, mais il faut absolument trouver une façon d'élaborer des normes de soins de longue durée et, plus important encore, de les mettre en œuvre.
Voir le profil de Anthony Housefather
Lib. (QC)
Merci, monsieur le président.
J'aimerais remercier tous les témoins du travail acharné qu'ils font pour nos aînés. Nous leur en sommes très reconnaissants.
Je vais commencer par Mme Mackenzie.
Tout au long de la pandémie de COVID, de très nombreuses personnes sont mortes dans divers établissements de soins de longue durée de ma circonscription. J'ai quatre établissements où plus de 50 personnes sont mortes. J'ai vu des établissements qui manquaient non seulement de personnel, mais aussi d'équipement. Notamment, il pouvait y avoir quatre personnes par chambre, alors qu'il ne devrait pas y en avoir plus d'une ou deux dans notre société actuelle. J'ai vu des infirmières et des préposées aux bénéficiaires très bien intentionnées, mais sous-payées et en sous-effectif. J'ai vu des familles qui ont été exclues, tout comme l'ont été des aidants précieux et nécessaires pour les patients. Des personnes ne mouraient pas seulement de la COVID, mais aussi de négligence. C'est une tragédie.
Bien que cela relève de la compétence provinciale, madame Mackenzie, vous avez parlé de l'applicabilité des normes nationales et de la façon d'en faire des normes significatives. Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur votre opinion quant à l'importance des normes nationales dans ce cas et à la façon de les rendre significatives et applicables?
Merci.
Isobel Mackenzie
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Isobel Mackenzie
2021-06-01 16:56
Je pense effectivement que nous avons besoin de normes nationales, mais comme je l'ai dit, les normes ne signifient rien si elles ne sont pas appliquées et qu'il n'y a pas de surveillance. Comment donc faire en sorte qu'elles soient efficaces? Elles doivent être mesurables, et il doit y avoir des conséquences en cas de non-respect. Si c'était réalisé au moyen du mécanisme de transferts en santé que le gouvernement fédéral utilise déjà — les listes d'attente en chirurgie doivent être gérées d'une certaine façon, et les provinces ne sont pas autorisées à faire de la surfacturation —, cela se traduirait par des pénalités financières dans les paiements de transfert du gouvernement fédéral.
Ce sont là des leviers que le gouvernement fédéral peut utiliser et qui pourraient pousser les provinces à exiger une meilleure reddition de comptes de la part de leurs établissements de soins, qu'ils soient exploités par le secteur public ou qu'ils fassent l'objet d'un contrat avec un exploitant privé. Je ne saurais trop insister sur l'importance de l'ouverture et de la transparence. C'est ce que souhaite le public. Il en sera le moteur, et s'il sait qui respecte les normes, qui ne les respecte pas et où va l'argent, je pense que le gouvernement fédéral aura le soutien de ses citoyens.
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