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Jocelyn Downie
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Jocelyn Downie
2021-06-21 18:35
Bonjour et merci de votre invitation.
Je me nomme Jocelyn Downie et je suis la titulaire de la chaire Palmer d'études du droit et des politiques publiques de l'Université Dalhousie. Chercheuse universitaire en droit, j'écris sur l'aide médicale à mourir depuis longtemps et j'ai participé de près à de nombreux processus touchant les sujets dont vous êtes saisis. C'est dans ce contexte que, ce soir, je vous livre mes observations.
Pour les deux phases de votre travail, j'entretiens deux espoirs et défis. Le premier est que vous vous inspirerez du travail de nos prédécesseurs, notamment des comités législatifs, des arrêts, des groupes d'experts et des statisticiens officiels. J'espère que chacun des membres de votre comité lira la totalité de ces rapports et décisions. Sérieusement, je sais que c'est beaucoup, mais ça vaut la peine. Vous comprendrez alors comment et pourquoi nous nous retrouvons ici, en disposant d'un socle solide pour déterminer notre ligne de conduite. Il ne faut pas réinventer la roue ni vous fier à des tiers pour savoir ce que ces sources de première main ont dit. C'est particulièrement vrai de l'arrêt Carter.
Mon deuxième espoir et défi est que, délibérément et explicitement, vous formulerez des recommandations appuyées sur des faits et appliquant les conditions rigoureuses que la preuve doit remplir. Ça signifie s'orienter selon la pyramide de confiance jointe à la déclaration préliminaire communiquée aux greffiers de votre comité. Ça signifie également prendre connaissance du corpus considérable de faits revus par des comités de lecture ou dont la validité a été vérifiée par les tribunaux, sur l'aide médicale à mourir au Canada. Il est inutile ou injustifié de formuler des recommandations basées sur des récits anecdotiques ou non vérifiés. Quand des lacunes existent dans des faits dignes de confiance, ne les comblez pas avec des éléments auxquels on ne peut pas se fier, pour ensuite formuler vos recommandations. À la place, réclamez plus de recherche et facilitez‑la.
Maintenant, sur la matière que vous avez réservée pour la phase 1, j'ai sept observations à formuler et à rendre publiques avant d'entrer dans le vif de ce dont vous voulez discuter. Pour des raisons évidentes, je me bornerai aux questions qui sont de ressort fédéral.
1o Il n'y a pas eu de pente glissante. Le retour récent aux critères d'admissibilité est simplement un retour aux limites posées par l'arrêt Carter de la Cour suprême.
2o Comme vous l'avez entendu dire par Santé Canada, il y a deux semaines, le nombre de cas augmente, mais c'est ce à quoi on devrait s'attendre quand quelque chose devient légal, que la sensibilisation augmente, l'accès aussi, que la honte diminue et que les statistiques deviennent plus nombreuses. Ce n'est pas mauvais.
3o Les données de qualité sur l'adhésion et l'accès aux soins palliatifs ainsi que sur la vulnérabilité socioéconomique ne confortent pas les inquiétudes soulevées à cet égard pendant les débats législatifs. Elles reflètent un phénomène semblable à celui qu'on a observé dans d'autres pays tolérants. Ceux qui ont accès à l'aide médicale à mourir sont de façon disproportionnée des privilégiés, par opposition à des personnes socioéconomiquement vulnérables.
4o Plusieurs problèmes sont devenus évidents pendant la période de mise en oeuvre du projet de loi C‑14 et ont été ensuite corrigés par le projet de loi C‑7, notamment la réduction du nombre de témoins, la suppression de la période d'attente de 10 jours et l'introduction de la renonciation au consentement final. La cause la plus flagrante de l'inconstitutionnalité de la loi a été corrigée par la suppression du critère d'admissibilité fondé sur le caractère « raisonnablement prévisible ».
5o S'il vous plaît, ne vous méprenez pas sur la signification de « mort naturelle devenue raisonnablement prévisible » ou ne citez pas l'expression de façon inexacte. Elle n'a jamais signifié « atteint d'une maladie mortelle » ou « à l'article de la mort ». Elle signifie plutôt, comme le ministre de la Justice l'a lui‑même expliqué et confirmé et comme ça s'est avéré en pratique clinique, « suffisamment rapproché dans le temps », ce qui peut être sur une échelle de plusieurs années, ou « dont l'évolution est prévisible », comme après un diagnostic de sclérose latérale amyotrophique (ou de la maladie de Lou Gehrig).
6o Dans la phase 1, l'aide médicale à mourir dans les prisons a besoin de votre attention et la mérite. J'espère que vous convoquerez comme témoins Service correctionnel Canada, l'enquêteur correctionnel du Canada et les Pres Jessica Shaw de l'Université de Calgary et Adelina Iftene de l'Université Dalhousie. Ils pourront expliquer les problèmes et proposer — ou recevoir, dans le cas de Service correctionnel Canada — des solutions.
Enfin, 7o J'espère que le gouvernement fédéral se servira de son pouvoir de convocation et de son pouvoir financier pour encourager, catalyser et faciliter la recherche essentielle. Nos tribunaux et nos décideurs ont considérablement profité de l'application, à la recherche sur l'aide médicale à mourir, de la démarche néerlandaise, unique en son genre, principalement les études quinquennales faites sur le certificat de décès. Nous pourrions « donner au suivant », c'est‑à-dire à d'autres pays, et éviter l'enlisement de nos débats sur la politique, si nous faisions nous-mêmes ce genre de recherche. Ça signifie une recherche commandée et financée par l'État, mais pourtant indépendante. Sans doute, présenterait-elle des difficultés — par exemple celle de la variabilité de nos certificats de décès —, mais qui ne seraient pas insurmontables.
Je vous remercie de votre attention, et j'attends avec impatience vos questions et commentaires.
Trudo Lemmens
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Trudo Lemmens
2021-06-21 18:40
Mesdames les coprésidentes, et mesdames et messieurs les membres du Comité, je vous remercie de l'invitation à témoigner aujourd'hui dans le cadre de votre examen parlementaire.
Dans ce débat polarisé, où certains fondent toutes leurs préoccupations relatives à l'aide médicale à mourir sur la religion, permettez-moi tout d'abord de mentionner clairement que mon approche est fondée sur les droits de la personne et sur le respect de l'égalité des droits et de la dignité des personnes malades, âgées et handicapées, ainsi que sur la reconnaissance du devoir de protection de l'État contre un décès prématuré, qui est reconnu dans l'arrêt Carter. Elle s'appuie sur des décennies de travail sur la réglementation professionnelle, la gouvernance de la santé, la santé et les droits de la personne, et le droit sur la fin de la vie.
Un examen de ces nouvelles pratiques du point de vue de la gouvernance de la santé est louable. Malheureusement, le Parlement a mis la charrue devant les bœufs en élargissant la loi avant une évaluation sérieuse de nos pratiques actuelles. Imaginons que nous décidions d'autoriser une nouvelle forme de thérapie génique pour des maladies graves et incurables, mais qu'avant d'entreprendre un examen solide du rapport risques-avantages sur cinq ans, mandaté par la loi, nous l'introduisions comme une forme standard de thérapie largement disponible sur demande.
J'ai assurément des inquiétudes au sujet de cet examen, particulièrement en ce qui concerne la prémisse de départ. Dans n'importe quel domaine de l'élaboration des politiques, il est difficile de réduire une pratique une fois qu'elle bénéficie d'une confiance officielle et déclarée. Il est également difficile de changer les comportements et les attentes une fois qu'une procédure est facilitée et normalisée, et de concevoir des structures par la suite pour découvrir les problèmes et recenser les lacunes, en particulier lorsqu'une pratique laisse tant de flexibilité et repose fortement sur l'intégrité des professionnels engagés dans cette pratique.
J'exhorte le Comité à prendre un peu de recul et à se rappeler que la Cour suprême de la Colombie-Britannique, dans l'arrêt Carter, sur lequel repose notre pratique actuelle, a déclaré — en faisant référence au choix, certes, mais aussi à l'intérêt supérieur du patient — que s'il était éthique pour un médecin, dans un cas particulier, d'aider une personne à mourir, ce ne serait que dans des circonstances circonscrites et exceptionnelles... L'imposition de restrictions strictes découle du consensus voulant que l'aide médicale à mourir sans restriction présenterait des risques graves.
Le Comité devrait être prêt à se demander si la pratique actuelle respecte ce principe et ce que signifierait un élargissement encore plus grand de cette pratique. Il devrait faire plus que passer en revue les données statistiques, largement autodéclarées, et les analyses limitées qui ont été entreprises. Il devrait prendre le temps d'écouter les membres des familles qui ont eu de mauvaises expériences avec des demandes d'aide médicale à mourir précipitées de leurs proches et les personnes qui se trouvent déjà dans une situation difficile au sein de nos systèmes de soins de santé et de soutien social, en particulier pendant la pandémie, et pour qui les offres d'aide médicale à mourir sont souvent reçues comme une menace à leur bien-être.
Le Comité devrait entendre Jonathan Marchand, un homme atteint de la sclérose latérale amyotrophique, ou SLA, qui s'est plaint devant le Sénat de son manque de choix en matière de soins de santé; les membres de la famille de Chris Gladders, qui a reçu l'aide médicale à mourir dans des circonstances sordides et scandaleusement déshumanisantes; Roger Foley, qui s'est vu offrir l'aide médicale à mourir au lieu d'avoir accès à de bons soins; la famille d'Alan Nichols; et d'autres cas plus récents qui émergent. Il devrait prendre au sérieux les voix des personnes handicapées qui voient dans la promotion explicite de l'aide médicale à mourir une confirmation que notre société donne la priorité à la fin de leur vie plutôt qu'à la prestation de mesures d'aide et de soins adéquats.
Je vous invite à être imaginatifs et à vous demander comment notre approbation sociétale et juridique d'une large pratique d'aide médicale à mourir peut déjà avoir une incidence sur ce que nous pensons que nos personnes âgées et nos personnes handicapées devraient faire lorsqu'elles souffrent et lorsque les solutions à leurs souffrances sont complexes et ne sont pas immédiatement disponibles. Quelles répercussions cela aura‑t‑il sur la façon dont ils pensent à ce qu'ils devraient faire lorsqu'ils sont confrontés à la vieillesse, à la fragilité et au handicap?
Je vous invite à garder à l'esprit les problèmes de santé difficiles auxquels les Autochtones et les Canadiens racialisés font face de manière disproportionnée, la situation révoltante de nombre de nos aînés dans les maisons de soins de longue durée — révélée au grand jour pendant la pandémie — et le manque de choix pour les personnes âgées et les personnes handicapées. Pensez‑y en examinant les risques de normalisation de l'aide médicale à mourir comme thérapie contre la souffrance, en analysant de manière critique la prémisse de notre loi sur l'aide médicale à mourir voulant que les procédures liées à la capacité et au consentement éclairé offrent déjà une protection suffisante contre les abus.
Beaucoup de préoccupations concernant les répercussions du capacitisme s'inscrivent dans le long terme, mais j'ai déjà mentionné des exemples concrets de préoccupations actuelles. Est‑ce fréquent? Je crois que nous avons besoin de données plus solides.
Le premier rapport sur l'aide médicale à mourir de Santé Canada devrait être un signal d'alarme. En plus de montrer la normalisation de l'aide médicale à mourir par son adoption rapide — particulièrement dans certaines provinces —, plus rapide que, par exemple, en Belgique et aux Pays-Bas, deux pays qui investissent beaucoup plus dans les soins palliatifs et le soutien social que nous, le rapport confirme...
La coprésidente (L'hon. Yonah Martin): Il vous reste 30 secondes.
M. Trudo Lemmens: ... certaines des préoccupations liées à nos pratiques de fin de vie, déjà plus larges que strictes. Il documente, par exemple, divers facteurs associés à la souffrance insupportable qui sont à la base des plus de 15 000 demandes d'aide médicale à mourir. Dans 34 % des cas, il s'agit de la crainte d'être un fardeau pour la famille, les amis et les soignants, et dans 14 % des cas, de la solitude. Dans 53 % des cas, il s'agit de la perte de dignité, un concept profondément influencé par les perceptions de capacitisme que notre pratique de l'aide médicale à mourir peut encourager; et dans 54 % des cas, d'un contrôle inadéquat de la douleur ou d'une peur de la douleur, ce qui témoigne d'un manque possible d'accès à des soins de santé et des soins palliatifs adéquats — et même dans certains cas, d'une souffrance existentielle.
Au cours de la période de questions...
Voir le profil de Michael Cooper
PCC (AB)
Je remercie encore la coprésidente.
Monsieur Lemmens, la Dre Romayne Gallagher, qui est médecin en soins palliatifs et membre de la faculté de médecine de l'Université de la Colombie-Britannique, a écrit un article. Elle y soutient que bien souvent, l'aide médicale à mourir, ou AMM, devrait être considérée comme une erreur médicale puisque la souffrance à l'origine de cette demande aurait pu être soulagée par des soins palliatifs et d'autres méthodes.
Pourriez-vous commenter cette affirmation, à la lumière du rapport de Santé Canada et du tableau énumérant les 11 types de souffrances intolérables et leur fréquence dans les demandes d'AMM?
Trudo Lemmens
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Trudo Lemmens
2021-06-21 18:59
En effet, le rapport de Santé Canada et d'autres études qui ont été réalisées et publiées dans la littérature évaluée par les pairs révèlent que de nombreuses personnes qui reçoivent l'AMM au Canada — ce n'est pas la majorité, mais il y a quand même un nombre substantiel de personnes — n'ont pas eu accès à des soins palliatifs adéquats.
Certaines études sont plus positives. L'étude évaluée par les pairs de Downar est la plus encourageante en ce qui concerne l'accès aux soins palliatifs, mais elle ne traite pas en détail de la qualité des soins, et elle n'évalue pas non plus si les soins palliatifs offerts étaient de qualité suffisante.
Le rapport de Santé Canada indique également que 19 % des gens ont eu accès à des soins palliatifs seulement deux semaines avant l'AMM. Un autre 19 % des patients ont reçu ces soins au cours du dernier mois seulement.
Si vous parlez à des spécialistes des soins palliatifs, comme vous le ferez sans doute, ils vous diront assurément que ceux‑ci prennent du temps. Il faut du temps pour offrir des solutions de rechange aux gens.
Les messages que nous tirons des rapports et des données ne nous permettent pas de conclure hors de tout doute que la situation est parfaite et que les gens ont accès à des soins palliatifs sans faille.
Grâce aux données, nous savons que les soins palliatifs font défaut dans de nombreuses provinces canadiennes et que bien des provinces n'ont pas accès à des soins palliatifs adéquats. Des améliorations importantes peuvent donc être apportées à ce chapitre.
Pamela Wallin
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L'hon. Pamela Wallin
2021-06-21 19:16
Je vous remercie.
J'aimerais faire suite à la remarque du sénateur Kutcher selon laquelle les anecdotes ne sont pas des données. À votre avis, y a‑t‑il un grand nombre de demandes d'AMM qui ont été faites par manque d'accès aux soins palliatifs?
Jocelyn Downie
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Jocelyn Downie
2021-06-21 19:17
Il n'y a absolument aucune preuve en ce sens. Ce qui se produit lorsque vous demandez des soins palliatifs... Si personne ne vous a proposé de soins palliatifs avant votre demande d'AMM, votre médecin est légalement tenu de vous parler de l'option des soins palliatifs. Il est très important de le savoir et d'en être conscient. Non, ce n'est pas le cas.
Pamela Wallin
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L'hon. Pamela Wallin
2021-06-21 19:17
Je voudrais simplement revenir sur la question du privilège, et me placer en quelque sorte de l'autre côté de la médaille. Les préoccupations que nous entendons se rapportent au manque d'accès, selon l'endroit où se trouvent les patients. Il peut s'agir d'un effet régional, si le patient vit en milieu rural plutôt qu'urbain. En fait, un certain nombre de personnes sont venues me voir personnellement. Encore une fois, ce sont des données anecdotiques.
J'aimerais savoir ce que vous savez sur le manque d'accès pour les personnes qui demandent l'AMM.
Jocelyn Downie
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Jocelyn Downie
2021-06-21 19:18
Ma préoccupation concernant le manque d'accès se rapporte principalement aux institutions qui n'autorisent pas l'AMM pour des raisons religieuses, ou aux organisations de soins palliatifs qui ont décidé de ne pratiquer aucune AMM. Je considère que c'est un problème. Je ne l'ai pas soulevé, car il relève des provinces, mais c'est une préoccupation vraiment grave.
L'autre chose que je voudrais dire, et qui va dans le sens de votre préoccupation, c'est qu'il y a en fait des gens qui sont désemparés. S'ils ne connaissent pas l'AMM ou qu'ils n'ont pas l'impression d'avoir beaucoup de pouvoir, ils ne vont pas en faire la demande. En revanche, pour quelqu'un comme moi ou comme tous les témoins d'aujourd'hui, nous allons simplement dire ce que nous voulons. Vous êtes là à parler des demandes anticipées. Nous sentons que nous pouvons en faire la demande, défendre nos intérêts et y avoir accès. Je pense qu'il y a des gens démunis qui n'y ont pas accès.
Voir le profil de René Arseneault
Lib. (NB)
Je vous remercie, madame Downie. Il me reste peu de temps et j'ai une deuxième question à vous poser.
On connaît l'arrêt Carter. À l'unanimité, les juges nous disent que la personne qui demande l'aide médicale à mourir doit souffrir d'une maladie incurable qui lui cause des souffrances physiques ou psychologiques et pour laquelle elle n'est pas tenue d'obtenir des médicaments ou des traitements.
L'argument principal des opposants à l'aide médicale à mourir est toujours qu'il manque de soins palliatifs ou qu'il y a d'autres options. Comment peut-on concilier cela avec l'arrêt Carter?
Jocelyn Downie
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Jocelyn Downie
2021-06-21 19:28
Dans l'arrêt Carter c. Canada, la juge Smith a entre autres noté que l'on avait offert à Gloria Taylor des soins palliatifs qu'elle a refusés. Le cas de Gloria Taylor était au coeur de l'arrêt Carter. Ce n'est pas tout le monde qui veut des soins palliatifs. Ces soins ne sont pas bénéfiques pour tous, mais il n'en demeure pas moins que l'on devrait les offrir à tout le monde.
Ce sont deux choses qui vont de pair. L'aide médicale à mourir et les soins palliatifs ne sont pas en opposition. Ils font partie de notre boîte à outils pour les soins de fin de vie.
Voir le profil de Geoff Regan
Lib. (NS)
Vous êtes un des nombreux exemples de nouveaux venus en Nouvelle-Écosse, dans la région atlantique et au Canada, qui sont arrivés ici avec un regard nouveau et de solides compétences et qui ont créé une activité économique qui profite à la région, et vous en profitez aussi, je crois, en propageant la paix et la gentillesse.
En tant qu'ancien étudiant de l'Université St. Francis Xavier, il y a de cela quelques années, je suis heureux de savoir que les étudiants peuvent non seulement encore se rendre au restaurant The Wheel pour s'acheter une pizza, mais qu'ils peuvent aussi aller au Peace By Chocolate se procurer d'excellents chocolats, que je peux aussi acheter dans des boutiques partout au Canada. C'est fantastique.
Connie Newman
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Connie Newman
2021-06-17 15:54
Je vous remercie, et je vous suis reconnaissante de me permettre de vivre cette expérience. C'est très intéressant.
Je m'appelle Connie Newman, et je suis la directrice exécutive, comme vous le savez, de l'Initiative du Manitoba, province amie des aînés, auprès de la Manitoba Association of Senior Centres. Je travaille avec une équipe de 6 conseillers qui établissent des liens avec plus de 60 centres membres dans la province et plus de 90 collectivités amies des aînés dans tout le Manitoba.
À l'heure actuelle, je prends soin de trois personnes qui vivent chacun dans un foyer de soins personnels — en tout, trois foyers différents. J'ai de la chance: mes trois bons amis — ils ne sont pas des membres de la famille — ont tous survécu à la COVID. J'ai donc de l'expérience. Je suis également l'une des nombreuses personnes de mon âge à bien se débrouiller avec la technologie, pour ainsi dire.
Je vous ferai part d'un ensemble de réflexions, les miennes et celles d'autres personnes avec qui je suis régulièrement en communication.
Les foyers de soins personnels sont des institutions. Pourtant, ils sont censés être des foyers. Pourquoi sont-ils présentés comme des hôpitaux ou des institutions? Collectivement, nous devons améliorer les règlements, tant à l'échelle provinciale qu'à l'échelle nationale. Il faut surveiller l'application des règlements. Les transferts de fonds aux provinces doivent être assortis de normes.
Pour les familles ayant des êtres chers dans des foyers de soins personnels, les défis ont été amplifiés lorsque les visites en personne sont devenues impossibles en raison des restrictions liées à la COVID‑19. Dans certains cas, il y a eu un isolement presque total et des périodes sans visites. Les visites étaient plus courtes, moins fréquentes, et les possibilités de conversation étaient restreintes.
Avant la COVID, les aidants et les bénévoles apportaient un soutien indispensable à leurs proches, à leur famille et à leurs amis. Avec l'arrivée de la COVID, ce soutien a été confié au personnel, qui n'avait pas le temps de se concentrer sur la personne comme le faisaient les aidants et les bénévoles.
Parlons maintenant de la collectivité: 93 % des aînés vivent dans leur collectivité. C'est ce que l'on appelle souvent « vieillir chez soi ». J'ai commencé à m'intéresser à cette notion au début de ma carrière. Il faut tout un village pour élever un enfant. Je crois que c'est aussi le cas pour prendre soin des aînés.
En 2008, l'Organisation mondiale de la santé nous a dit de nous préparer à l'évolution démographique. Nous sommes aujourd'hui en 2021. Nous comptons plus d'aînés que d'adolescents. La population se transforme. Beaucoup de gens vivent plus longtemps que jamais; nous sommes nombreux à être en bonne santé et à essayer de le rester. Beaucoup d'aînés n'ont pas de famille dans leur collectivité. La collectivité est un lien social. Nous savons tous que la participation sociale est un facteur déterminant de la santé d'une personne, quel que soit son âge. Lorsque la COVID a frappé, nous n'étions pas prêts pour le changement démographique. Nous n'étions certainement pas prêts pour l'isolement.
Je suis une ardente défenseure des collectivités amies des aînés. Cela fait partie de mes interactions quotidiennes: participation sociale, communication, logement, transport, santé communautaire, aménagement d'espaces extérieurs et participation civique. Quand j'y pense, dans le contexte d'une collectivité canadienne amie des aînés, force est de constater que, depuis le début de la pandémie, la collectivité a travaillé ensemble pour les personnes de tous âges. Quand on examine ces domaines, la COVID a eu des répercussions sur les aînés, notamment sur le plan des transports ou du manque total de moyens de transport. Les programmes destinés aux personnes qui vieillissent dans leur collectivité — cela représente 93 % d'entre nous — doivent être maintenus, améliorés et encouragés.
Au Manitoba, on trouve, dans chaque collectivité et chaque district, des agents de liaison qui sont chargés d'établir des liens individualisés avec les aînés et de les aider, dans la mesure du possible, à trouver des services. Durant la pandémie de COVID, ils ont fait de leur mieux pour tenter de maintenir une certaine forme de communication. Les interactions par Zoom en ont sauvé plus dans les cas où il y avait une bonne connexion WiFi; la ligne téléphonique 211 est également devenue une bouée de sauvetage.
Les personnes atteintes de démence et leurs aidants comptent parmi les personnes les plus précieuses de nos collectivités, et la pandémie de COVID‑19 a exposé ces familles à des risques encore plus grands.
Les personnes atteintes de démence et leurs aidants ont subi les conséquences négatives du vide laissé par la suspension des programmes officiels. On a cessé d'offrir des programmes de jour pour adultes. Les aînés à faible revenu qui vivent seuls ou en communauté... Nous devons nous assurer que leurs besoins fondamentaux sont satisfaits — la pyramide de Maslow vaut également pour les aînés.
En ce qui concerne l'accès à Internet, à qui incombe la responsabilité de garantir l'égalité d'accès au Web? Est‑ce juste qu'une personne vivant dans une région rurale ou éloignée ne puisse pas bénéficier de la même qualité d'accès à l'information? Comment se fait‑il qu'aujourd'hui, les logements sociaux en milieu urbain ne disposent pas d'un accès WiFi? Pourtant, les appareils ne coûtent pas cher. Le coût de la formation est minime. Le WiFi pour l'égalité d'accès doit être une priorité pour tous les gouvernements.
Nous devons continuer à collaborer avec l'Organisation mondiale de la santé dans le cadre de la « Décennie pour le vieillissement en bonne santé ». Depuis le début de la pandémie, j'ai passé plusieurs matinées à écouter ces sages du monde entier. Nous devons apprendre les uns des autres. Nous savons que la COVID a été lourde de conséquences pour les femmes âgées vivant dans des régions rurales et éloignées, et les données actuelles sont biaisées ou sous-déclarées. Beaucoup d'autres souffrent de problèmes de santé mentale et éprouvent des niveaux accrus d'anxiété et de dépression à cause d'un isolement prolongé. Nous constatons aujourd'hui que les gens hésitent beaucoup à reprendre des activités.
Les possibilités d'interactions et d'engagement social sont limitées maintenant que nous sommes passés au mode virtuel. Beaucoup d'aînés ont un accès limité au WiFi ou choisissent de ne pas l'utiliser.
Voir le profil de Corey Tochor
PCC (SK)
Merci beaucoup.
Merci à nos témoins.
Nous parlons de l'injustice de certaines décisions relatives aux personnes d'au moins 75 ans, de réduire l'âge d'application de ces mesures ou d'en faire profiter tous les aînés. Je suis d'accord. C'est injuste.
Au début de la pandémie, nous savions que les aînés seraient les malheureuses victimes de ce virus. Une fois cet épisode derrière nous et dans les années à venir, nous allons revenir sur certaines des décisions qui ont été prises. Il ne s'agit pas de jeter le blâme, mais nous aurions dû offrir une protection béton à nos aînés, puisque nous savions qu'ils seraient les plus touchés par ce virus. Nous n'en avons pas fait assez pour les aînés, selon moi.
Madame Newman, c'est fou comme vous me rappelez ma mère. J'aime tellement votre témoignage, car vous n'y allez pas par quatre chemins. C'est fort remarquable. Je viens de Saskatoon. J'ai passé pas mal de temps à Winnipeg. Je suis un gars des Prairies, moi aussi. Certaines des difficultés que nous avons là‑bas sont probablement très proches de celles vécues au Manitoba.
Pouvez-vous nous fournir un peu plus de détails sur les différences que vous avez constatées dans les soins offerts pendant la pandémie dans les régions rurales du Manitoba par rapport à Winnipeg, où vous vivez, si je ne m'abuse?
Connie Newman
Voir le profil de Connie Newman
Connie Newman
2021-06-17 16:31
Il y a une grande différence. C'est le jour et la nuit en matière d'accès aux soins dans les régions rurales par rapport aux centres urbains que sont Winnipeg, Regina ou Saskatoon. C'est pour cette raison que je fais activement la promotion de nos agents de liaison, qui œuvrent partout dans cette province. Nous en avons plus de 103 répartis dans diverses collectivités. Ce sont nos personnes-ressources. Elles ont un groupe d'aînés attitré et, puisque nous sommes dans le Manitoba rural, tout le monde se connaît. Elles savaient qu'elles devaient garder un œil sur Mme Smith, M. Jones, etc.
Quand il y a eu le confinement, le plus difficile... Les soins à domicile sont encadrés par des règles précises. Au Manitoba, il y a beaucoup de personnes dans les communautés rurales ou éloignées qui n'ont pas de famille. D'abord, elles se sont retrouvées sans ressources, en partie parce que personne n'était au courant. Ensuite, elles avaient peur, car elles n'étaient déjà pas en santé avant la pandémie. Comment pouvaient-elles aller passer un test de dépistage? Comment pouvaient-elles obtenir leur vaccin? Si ce n'était pas de la présence de nos agents de liaison, je ne suis pas certaine que ces personnes seraient là et dûment vaccinées aujourd'hui. Il y a encore un problème là‑bas, et je dois y remédier après cette réunion.
Tout est question de communication; il faut savoir qui sait quoi dans ces communautés. Pour moi, c'est un gros morceau.
Voir le profil de Corey Tochor
PCC (SK)
Vous avez parlé des vaccins et c'est la prochaine chose que vous aborderez. Je pense que tout indique que le fait de retarder l'administration des deuxièmes doses prolonge les restrictions en vigueur. Avez-vous des renseignements sur les livraisons de vaccins au Manitoba? Nous savons tous que l'entrée au Canada est retardée, mais y a‑t‑il en ce moment des programmes novateurs au Manitoba pour faire vacciner les personnes âgées dans les régions rurales ou urbaines dont vous pouvez faire part au Comité?
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