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Voir le profil de Lindsay Mathyssen
NPD (ON)
Oui, malheureusement, et on a également mentionné que lorsque ces dirigeants font preuve de racisme, cela donne pratiquement la permission à d'autres d'agir de la même façon. J'ai certainement entendu cela. Mon bureau aussi. Nous essayons de signaler ces choses autant que possible. Je pense que mon leader a déclaré que la haine est comme un feu; si on ne l'éteint pas rapidement, elle se répand beaucoup trop rapidement.
J'aimerais également revenir sur certains textes de loi dont nous avons déjà parlé et que vous venez de mentionner. Nous entendons souvent parler, entre autres, de la Loi sur l'équité en matière d'emploi. Nous savons que les femmes sont toujours beaucoup moins bien payées, mais c'est encore plus vrai dans le cas des femmes racialisées. Pourriez-vous nous parler du renforcement de la Loi sur l'équité en matière d'emploi et de la mise en œuvre de mesures en matière d'équité dans le cadre de tous les investissements fédéraux et les programmes de relance qui découlent de la COVID‑19, afin de garantir que les groupes racialisés et les autres groupes sous-représentés profitent de cette égalité, de cet accès à l'emploi et de ces ressources?
Samya Hasan
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Samya Hasan
2021-06-17 12:32
Je vous remercie de votre question, madame Mathyssen.
Cette question est très liée aux efforts de lutte contre le racisme que nous devons absolument intensifier. En ce qui concerne l'équité en matière d'emploi, comme vous le savez, pendant la pandémie, nous avons constaté que les communautés racialisées étaient touchées de façon disproportionnée par la COVID‑19, en partie parce qu'elles sont surreprésentées dans les emplois précaires de première ligne. Au cours des trois dernières années, le CASSA a mené une étude sur les immigrants sud-asiatiques à Toronto et sur leurs efforts pour obtenir un emploi décent. Nous avons notamment observé que, même si ces gens possèdent d'excellents antécédents et ont reçu une éducation de qualité ici ou dans leur pays d'origine, ils ont du mal à trouver un emploi décent. Je parle simplement d'un emploi où l'on offre plus que le salaire minimum. C'est donc très difficile.
Vous avez raison de parler de l'aspect sexospécifique de l'équité en matière d'emploi. En effet, les femmes font face à encore plus d'obstacles, en particulier celles qui ont des barrières linguistiques, celles qui ne maîtrisent pas aussi bien l'anglais ou celles qui restent longtemps à la maison pour s'occuper des responsabilités familiales et qui souhaitent ensuite retourner sur le marché du travail. Peu de possibilités de formation sont offertes aux femmes qui ont des conflits d'horaires. Les femmes racialisées se heurtent à de nombreux obstacles. Je pense que cela devrait représenter une partie importante de la Loi sur l'équité en matière d'emploi. Il faut aussi aborder ce dossier avec les provinces.
En effet, nous savons qu'à l'échelon fédéral, cette loi ne visera qu'une certaine partie de la population canadienne. Elle ne visera pas l'ensemble de la population. Il faut donc travailler avec les provinces et exercer des pressions pour obtenir un projet de loi sur l'équité en matière d'emploi à cet échelon.
Voir le profil de Joël Lightbound
Lib. (QC)
Merci beaucoup, monsieur le président.
Je remercie également nos témoins.
Je représente une circonscription qui a malheureusement connu la tragédie à la mosquée de Québec, le 29 janvier 2017. Cette mosquée est au cœur de ma circonscription.
Cela dit, je peux vous dire une chose: la communauté musulmane de Québec connaissait la peur bien avant le 29 janvier 2017. Il y avait, par exemple, des incidents impliquant des groupes comme La Meute qui distribuaient des cartes dans les épiceries halal ou devant la mosquée. Ils ne donnaient pas leur nom, mais ils disaient qu'ils les avaient à l'œil, qu'ils les surveillaient. Ils déposaient une tête de cochon devant la mosquée. Ils provoquaient toutes sortes d'incidents qui contribuaient à vivre dans un climat de peur dans lequel personne au pays ne devrait vivre en raison de sa foi.
Je ne crois pas que ce soit par manque de bonne volonté de la part de la police locale, mais je pense que celle-ci a manqué de formation ou de sensibilisation. Elle n'avait probablement pas le lien de confiance nécessaire et les ressources pour bien épauler la communauté face à cette menace que celle-ci sentait très clairement sur le terrain. Malheureusement, elle continue de le sentir par moment, et je crois que ce sentiment est généralisé d'un bout à l'autre du pays.
J'aimerais vous entendre, tant monsieur Fogel que monsieur Farooq, sur les meilleures pratiques des forces policières pour tisser un lien de confiance avec les communautés. Avez-vous des exemples de ce que nous pourrions faire au niveau fédéral à cet égard? En fait, j'en ai entendu un peu dans vos témoignages, mais j'aimerais que vous en parliez davantage.
Mustafa Farooq
Voir le profil de Mustafa Farooq
Mustafa Farooq
2021-06-16 17:33
Merci.
La question est importante. Je pense qu'il y a certaines pratiques exemplaires à adopter. Certaines consistent à se mettre à l'écoute de la collectivité et à travailler avec elle de façon authentique. Prenons la police de Québec, par exemple... Je me rappelle qu'en 2019, la police de Québec avait avancé l'idée que le nombre d'incidents haineux était en nette diminution. Ce n'était pas vrai. En parlant aux responsables, nous avons vite découvert qu'ils avaient mal calculé leurs statistiques et que les crimes haineux étaient beaucoup plus nombreux qu'ils le disaient. Lorsque les services de police travaillent avec les collectivités locales, qu'ils écoutent les collectivités locales, ceux qui disent que nous ne pouvons pas régler ce problème de la police et qu'il faut une approche multifactorielle, tout en maintenant, bien sûr, qu'il doit y avoir un rôle pour l'application efficace de la loi, je pense que c'est vraiment là que nous commençons à trouver des solutions.
Shimon Koffler Fogel
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Shimon Koffler Fogel
2021-06-16 17:34
J'hésite, mais je vais être un peu provocateur de mon côté.
Monsieur Farooq, si je me trompe, dites-le‑moi, je vous prie.
Voici une partie du défi. Différentes collectivités ont des relations et des antécédents différents avec les forces de l'ordre. Lorsque vous demandez comment les forces de l'ordre, les services de police, peuvent jouer un rôle plus constructif ou plus efficace, la réponse dépend de l'expérience d'une collectivité particulière. Pour les Canadiens musulmans qui ont pu se sentir victimes de profilage racial, ou pour les Autochtones, ou pour les femmes qui ont eu l'impression que la police a été généralement indifférente, il y a une première étape à franchir avant que tout le monde puisse se regrouper au même endroit pour se mettre à avancer. Je crois qu'il s'agit d'une question très complexe, qui fait ressortir la nécessité d'une évaluation et d'une gestion au niveau granulaire, et c'est pourquoi les municipalités sont si importantes dans la solution.
Voir le profil de Steven Guilbeault
Lib. (QC)
Je vous remercie, monsieur le président.
Monsieur le président, membres du Comité, bonjour.
J'aimerais d'abord souligner que je me joins à vous depuis Montréal, sur le territoire traditionnel des Mohawks et des autres peuples des Haudenosaunee.
Je vous remercie de m'avoir invité à prendre la parole devant vous aujourd'hui. Je suis accompagné, comme vous l'avez dit, de Mme Joëlle Montminy, sous-ministre adjointe principale, Affaires culturelles, et de M. Pierre-Marc Perreault, directeur par intérim, Initiative de citoyenneté numérique.
Tout comme vous et bien d’autres Canadiennes et Canadiens, je suis préoccupé par l'augmentation et la prolifération troublantes du contenu haineux, violent et malveillant qui circule sur Internet et dans les médias sociaux.
Le législateur et père de quatre enfants que je suis trouve que le contenu de ces plateformes est parfois profondément inhumain.
Je suis aussi profondément troublé par les conséquences et les répercussions de ce contenu dans le monde réel.
Je ne remets nullement en question les avantages de l'économie numérique et des médias sociaux. J'ai d’ailleurs publié un livre, un peu avant d’arriver en politique, qui parlait effectivement des bienfaits des technologies de l'économie numérique, notamment de l'intelligence artificielle, mais aussi de certains effets pervers.
Au Canada, plus de 9 adultes sur 10 sont abonnés à au moins une plateforme en ligne, et depuis le début de la pandémie, les plateformes en ligne occupent une place encore plus importante dans nos vies.
Nous utilisons les plateformes de médias sociaux, comme Facebook, Twitter, Instagram et YouTube, pour rester en contact avec nos familles, nos amis et nos collègues. Elles nous sont utiles pour travailler, faire des affaires, percer des marchés, étendre notre auditoire, exprimer nos opinions, nous faire entendre et participer à des débats démocratiques essentiels et cruciaux. Mais nous avons aussi constaté à quel point les médias sociaux peuvent avoir des effets négatifs et très néfastes.
Chaque jour, des internautes partagent du contenu préjudiciable, que ce soit sous la forme de discours haineux, d'exploitation sexuelle d’enfants, de propagande terroriste ou encore de propos incitant à la violence.
Les contenus préjudiciables ont contribué à un déferlement d'actes violents, comme l'attaque contre le Centre culturel islamique à Québec, en 2017, et des attaques similaires à Christchurch, en Nouvelle‑Zélande, en 2019.
C'est avec stupeur et consternation que la population du Canada et le reste du monde ont pris connaissance de ces tristes événements, et de bien d'autres. Nous sommes tous conscients du lien qui existe entre ces attaques et les discours haineux et dangereux véhiculés en ligne. Nous nous inquiétons pour notre sécurité sur Internet. Nous nous inquiétons à l'idée de ce que nos enfants et nos proches pourraient subir sur Internet.
Selon un récent sondage réalisé par la Fondation canadienne des relations raciales, 93 % des Canadiens et Canadiennes estiment que les discours haineux et le racisme en ligne constituent un problème, et au moins 60 % sont d'avis que le gouvernement a l'obligation de freiner la prolifération des contenus haineux et racistes en ligne.
De plus, le sondage a révélé que les groupes racisés au Canada sont trois fois plus susceptibles d'être confrontés à du racisme en ligne que les groupes non racisés.
Depuis le début de la pandémie de COVID‑19, nous observons sur Internet la montée du discours haineux antiasiatique et l'augmentation constante des propos antisémites, encore nourrie par les événements récents.
Dans une étude menée en juin 2020 par l'Institute for Strategic Dialogue, on apprend que les Canadiens et les Canadiennes utilisent plus de 6 600 services en ligne, pages et comptes hébergés sur différentes plateformes de médias sociaux pour véhiculer des idéologies teintées de suprémacisme blanc, de misogynie ou d'extrémisme. Ce type de contenu fait des ravages et détruit des vies. Il est intimidant et nuit aux échanges constructifs. Ce faisant, il nous empêche d'avoir un véritable débat démocratique et porte atteinte à la liberté d'expression.
Les faits parlent d'eux-mêmes. Nous devons agir, et nous devons agir maintenant. Nous sommes convaincus que chaque personne a le droit de s'exprimer et de participer aux échanges sur Internet dans toute la mesure du possible, sans avoir peur et sans être intimidée ni inquiétée pour sa sécurité. Nous croyons qu'Internet doit être un lieu inclusif où nous pouvons nous exprimer en toute sécurité.
Notre gouvernement est donc déterminé à prendre des mesures concrètes pour lutter contre le contenu préjudiciable en ligne, notamment si le contenu prône l'exploitation sexuelle d'enfants, le terrorisme, la violence, les discours haineux et le partage non consensuel d'images intimes.
C’est d'ailleurs l'une des priorités énoncées dans la lettre de mandat que m'a confiée le premier ministre, M. Justin Trudeau. Nous avons donc enclenché le processus afin d'élaborer un projet de loi qui répondra aux préoccupations de la population canadienne.
Au cours des derniers mois, mon cabinet et moi avons consulté plus de 140 intervenants d'organismes de la société civile et du secteur de la technologie numérique concernant cet enjeu. Il y a eu, notamment, plusieurs tables rondes. Nous avons discuté avec des groupes autochtones, des Canadiennes et des Canadiens racisés, des élus provinciaux et nos partenaires internationaux pour évaluer les diverses options et proposer une approche à privilégier.
De plus, puisqu'il s'agit d'un enjeu d'envergure mondiale, j'ai tenu une réunion virtuelle avec mes homologues de l'Australie, de la Finlande, de la France et de l'Allemagne, qui font partie du groupe de travail multipartite sur la diversité du contenu en ligne, afin d'échanger sur l'importance d'instaurer un écosystème numérique sain et de possibles collaborations en ce sens.
De concert avec mes collègues les ministres de la Justice, de la Sécurité publique, des Femmes et de l’Égalité des genres, de la Diversité et de l’Inclusion et de la Jeunesse ainsi que de l’Innovation, des Sciences et de l'Industrie nous nous employons à trouver la meilleure solution possible.
Ensemble, nous cherchons, pour le Canada, une approche qui assurera la protection de la population tout en préservant les droits de la personne, notamment la liberté d'opinion et d'expression, conformément à la Charte canadienne des droits et libertés. Notre objectif consiste à proposer un juste équilibre entre la protection de la liberté d'expression et l'élimination du contenu préjudiciable.
Je tiens à préciser que nous ne cherchons pas à limiter la liberté d'expression, nous visons plutôt à donner la parole à tous les utilisateurs de sorte qu'aucun point de vue ne soit mis de côté en raison de la présence de contenu préjudiciable.
Nous voulons bâtir une société où la radicalisation, la haine et la violence n'ont pas leur place, où tout le monde est libre de s'exprimer, où les échanges ne sont pas une source de division, mais l'occasion d'établir des liens, de mieux se comprendre et de s'entraider. Nous poursuivons nos travaux et espérons agir le plus rapidement et efficacement possible. J'espère sincèrement pouvoir compter sur le soutien du Comité et aller de l'avant pour bâtir un monde numérique plus transparent, responsable et équitable.
Je vous remercie de votre attention et je répondrai volontiers à vos questions.
Debra Shime
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Debra Shime
2021-06-03 16:41
Bon après-midi. J'aimerais d'abord remercier le Comité et le gouvernement et reconnaître leur travail essentiel et important pour soutenir les gens partout au Canada et pour appuyer les services communautaires essentiels qui aident nos familles et nos communautés.
Centraide United Way est le plus important bailleur de fonds de services communautaires essentiels au Canada. Notre action est centrée sur l'élimination de la pauvreté et nous veillons à ce que les Canadiens vulnérables aient le soutien dont ils ont besoin pour atteindre un mode de subsistance durable.
Chaque année, Centraide investit plus de 500 millions de dollars en appui à plus de 3 500 organismes dans plus de 5 000 collectivités dans l'ensemble des provinces et territoires, dont plus de 23 millions de dollars pour des programmes pour aînés qui aident 330 000 personnes chaque année. En outre, nous savons que des milliers d'autres personnes âgées participent à de nombreux autres programmes ciblés sur divers enjeux, notamment la sécurité alimentaire, les services aux personnes handicapées et le bien-être général de la collectivité. Durant la pandémie, grâce au soutien de nos donateurs et de nos entreprises partenaires, nous avons mobilisé 47 millions de dollars supplémentaires, ce qui regroupe notre investissement initial dans la collectivité et l'investissement du gouvernement.
En juin 2020, grâce au soutien du gouvernement fédéral offert par l'intermédiaire du programme Nouveaux Horizons pour les aînés, nous avons rapidement élargi le financement à plus de 870 organismes qui venaient en aide aux aînés isolés. Ces programmes ont permis d'offrir, par l'intermédiaire d'un réseau d'organismes communautaires dans chaque province et territoire, 1,3 million de services à plus de 700 000 aînés vulnérables pendant la pandémie. Ces programmes ont été mis en place afin de transformer les services existants pour satisfaire aux directives de santé publique, étendre les services existants et appuyer des régions auparavant mal desservies. Au cours de la dernière année, nous avons aussi financé plus de 5 200 programmes de services communautaires par le biais du Fonds d'urgence pour l'appui communautaire, dont 2 000 programmes de services destinés spécifiquement aux aînés.
Pour que tous les Canadiens aient accès aux services et puissent obtenir de l'aide pour trouver les services dans leur communauté, nous avons rapidement étendu, avec l'aide du gouvernement fédéral, notre ligne d'aide 211 à toutes les régions du Canada. Le service 211 a connu une augmentation stupéfiante de 39 % d'appels par rapport aux années précédentes. Parmi les appelants, on comptait et on compte toujours beaucoup de personnes âgées ou de personnes cherchant de l'aide pour leur [Difficultés techniques] un groupe particulièrement vulnérable. L'arrêt prolongé des activités publiques a touché les nombreux programmes et services communautaires sur lesquels les aînés, déjà vulnérables, comptaient pour combattre l'isolement, se créer un réseau social, accéder à des aliments adaptés à la culture, recevoir de l'aide en santé mentale et rester actifs.
Centraide a travaillé avec les municipalités, les organismes de santé publique, les fondations et les organismes de première ligne pour coordonner les interventions communautaires durant la pandémie. Nous nous sommes rapidement mobilisés pour créer des groupes d'intervention communautaires pour trouver des solutions, notamment pour assurer le maintien des services de repas à domicile, faciliter la transition des contacts en personne aux vérifications par téléphone, aider les aînés pour la livraison des ordonnances et de l'épicerie et apprendre aux gens à organiser des rencontres en ligne pour maintenir des liens sociaux essentiels.
Centraide a cerné, en fonction du contexte propre à chaque collectivité, les besoins des personnes qui étaient confrontées à des obstacles considérés comme des facteurs de vulnérabilité globale — notamment un faible revenu, l'appartenance à un groupe minoritaire et le fait d'être âgé de plus de 80 ans — et a trouvé des solutions. Parmi les principaux programmes financés, soulignons les programmes d'aide alimentaire, les activités visant à prévenir et éliminer l'isolement, les programmes d'hygiène personnelle et d'entretien ménager.
En terminant, j'aimerais attirer votre attention aujourd'hui sur cinq points essentiels.
Premièrement, la dernière année a démontré la capacité d'innovation et d'adaptabilité du secteur des services communautaires. Nous ne voulons pas perdre cet esprit d'innovation et de collaboration au sortir de la pandémie.
Deuxièmement, il est important de se concentrer sur le rôle des aidants dans le continuum de soins. Il est essentiel, dans le cadre de notre intervention, d'offrir aux aidants le soutien dont ils ont besoin pour que les aînés puissent rester en sécurité et en santé à la maison.
Troisièmement, les partenariats et les collaborations ont été au cœur de l'innovation et des interventions que nous avons vues au cours de la dernière année. Nous pouvons et nous devons encourager la collaboration et la coordination entre les organismes au lieu de favoriser la concurrence. Les aînés et leurs aidants ne s'en porteront que mieux.
Quatrièmement, nous aurions tort de ne pas mentionner l'incidence disproportionnée de la COVID‑19 sur les communautés de couleur — les communautés noire, autochtone et sud-asiatique en particulier. Nous devons redoubler d'ardeur pour lutter contre le racisme systémique et éliminer les obstacles et les inégalités qui en découlent.
Enfin, la nécessité de faire preuve de souplesse est une leçon à retenir pour les bailleurs de fonds. Les dirigeants locaux connaissent les besoins à l'échelle locale. Avec le soutien adéquat, ils trouveront les bonnes solutions. Nous nous attendons à une hausse des coûts des services, ce qui empêchera les organismes de fournir le même niveau de service dans les prochains mois. Ces organismes se sont mobilisés pendant cette crise et subissent d'énormes pressions. Nous devons les aider à maintenir leurs activités.
Le réseau Centraide United Way demeure résolu à aider les aînés alors que le Canada émerge de la troisième vague et cherche à rebâtir en mieux. Si nous voulons une reprise vigoureuse et équitable qui favorise le vieillissement en santé, nous devons appuyer les organismes communautaires dirigés par la communauté qui aident les aînés dans leur milieu de vie.
C'est particulièrement vrai pour les aînés des communautés les plus marginalisées, notamment les communautés noire et autochtone, et les aînés en situation vulnérable.
Je serai ravie de discuter davantage de n'importe laquelle de ces questions, au besoin.
Je vous remercie beaucoup de votre temps et de votre attention aujourd'hui.
Theresa Tam
Voir le profil de Theresa Tam
Theresa Tam
2021-05-21 11:09
Merci, monsieur le président et membres du Comité de la santé, de m'avoir invitée à prendre la parole aujourd'hui.
Le gouvernement du Canada a adopté une approche pangouvernementale pour lutter contre la pandémie de COVID-19.
Chaque jour, nous franchissons des étapes importantes dans le déploiement des vaccins au Canada. En seulement cinq semaines, nous avons doublé le nombre de doses de vaccin contre la COVID-19 administrées au Canada, passant de 10 millions de doses administrées à la mi-avril à plus de 20 millions de doses administrées à ce jour. Et, en date du 15 mai, 55 % des adultes admissibles avaient reçu une première dose d'un vaccin contre la COVID-19.
Comme indiqué dans le Plan canadien d'immunisation contre la COVID-19, l'objectif de notre campagne a été de permettre au plus grand nombre de Canadiens possible de se faire vacciner le plus rapidement possible contre la COVID-19, tout en veillant à ce que les populations à haut risque soient priorisées. Ce faisant, nous réduirons les maladies graves et les décès tout en minimisant les perturbations sociétales.
Pour atteindre ces objectifs, nous nous sommes consciencieusement appuyés sur les données scientifiques accumulées, sur les nouvelles données et sur les conseils d'experts en santé publique pour éclairer nos décisions, nos stratégies et nos recommandations. Les décisions du Groupe de travail sur le déploiement des vaccins de l'Agence de la santé publique du Canada sont guidées par des comités d'experts en immunisation, comme le Comité consultatif national de l'immunisation, et par une étroite collaboration avec les partenaires provinciaux et territoriaux.
Fonder notre approche sur la science en santé publique et l'équité nous a permis de définir les populations prioritaires et d'établir la stratégie d'une deuxième dose donnée plus tard que prévu qui est actuellement en place. Ces stratégies ont joué un rôle essentiel dans l'atteinte de nos objectifs en santé publique en plus d'optimiser la protection des groupes à risque et de la population en général.
Même si le nombre quotidien de cas de COVID-19 au pays reste élevé alors que nous continuons à ressentir les effets d'une troisième vague liée aux variants, il y a lieu d'être optimiste, car les mesures de santé publique ont un impact et la couverture vaccinale s'étend. Au cours des sept derniers jours, il y a eu une diminution de plus de 25 % des cas quotidiens, et par rapport à la semaine dernière le nombre de patients hospitalisés a baissé de 10 %. À l'échelle nationale, les décès ont diminué de 15 % par rapport à la semaine dernière.
La vaccination des populations prioritaires en premier, en particulier les personnes de 70 ans et plus et celles vivant dans des lieux d'habitation collective, a porté ses fruits, comme le confirme le fait que ce groupe d'âge a le taux de cas le plus bas au pays et que son taux d'hospitalisation est également en baisse.
Alors qu'au niveau national, tous les groupes d'âge connaissent une baisse des taux de cas, les personnes de 20 à 39 ans ont désormais le taux d'infection le plus élevé. À mesure que d'autres groupes d'âge deviennent admissibles à la vaccination dans différentes administrations au pays, cela souligne l'importance pour chacun de se faire vacciner dès qu'il est possible de le faire.
Nous sommes déterminés à éliminer les obstacles à la vaccination et à accroître la confiance à l'égard des vaccins. Le succès de la campagne de vaccination repose sur la participation du plus grand nombre de personnes possible. Ce message est diffusé haut et fort par le biais de la campagne nationale de communication lancée cette semaine qui utilise le concept de l'effet d'entraînement et fait appel à de multiples médias de masse pour encourager la vaccination. Je m'adresse moi-même à des groupes prioritaires clés, tels que des travailleurs de soutien personnel, et des influenceurs clés tels que des chefs religieux et des personnalités de YouTube populaires parmi les jeunes adultes.
La bonne nouvelle, c'est que la grande majorité des adultes au Canada ont indiqué leur intention de se faire vacciner. Cependant, malgré cette constatation encourageante, nous devons maintenir le rythme de la vaccination à mesure qu'augmente la couverture vaccinale. Alors que le nombre de cas diminue et qu'il y a pression pour assouplir les mesures sanitaires, il y a toujours un risque que les personnes qui se heurtent à des obstacles pour accéder aux vaccins soient laissées pour compte.
À cet égard, les efforts communautaires visant à encourager la vaccination seront cruciaux dans les mois à venir. Nous savons par expérience que ces approches fonctionnent. En voici des exemples: nous avons constaté des résultats positifs dans les taux de vaccination grâce à des approches qui font appel aux dirigeants autochtones et qui soutiennent, par exemple, des cliniques de vaccination urbaines gérées par des organisations autochtones et nous avons aussi constaté qu'il est possible de renseigner les personnes des communautés racialisées et marginalisées sur les vaccins en communiquant dans leur langue et sur des plateformes qu'elles utilisent déjà.
Grâce à un financement réservé, nous soutenons davantage les efforts des personnes qui ont l'expertise et la capacité pour promouvoir la confiance envers les vaccins au sein de leur communauté, en particulier dans celles qui connaissent des inégalités sociales et sanitaires ou qui ont été touchées de manière disproportionnée par la pandémie de COVID-19.
Le Fonds de partenariat pour l'immunisation a fourni 3 millions de dollars par année depuis 2016; il appuie 22 projets visant à accroître les taux de vaccination. En 2020, un montant supplémentaire de 30,25 millions de dollars a été confirmé pour financer plus de 100 projets axés sur la capacité des fournisseurs de soins de santé et des programmes communautaires, plus précisément des campagnes dans les médias sociaux, des ressources ciblées et des interventions de première ligne.
Le Défi de l'innovation communautaire des vaccins, financé à hauteur de 1,5 million de dollars, soutient des projets au sein de communautés diversifiées visant à faire connaître les vaccins contre la COVID-19 et à inspirer confiance à l'égard des vaccins de façon originale et adaptée aux communautés et aux cultures.
Il y a lieu d'être optimiste alors que nous commençons à ressentir les effets de l'élargissement de la couverture vaccinale au Canada, mais nous ne sommes pas encore sortis du bois. Selon la modélisation à long terme, le nombre de nouveaux cas continuera de diminuer si les mesures actuelles sont maintenues. La conjoncture est idéale pour maîtriser la COVID-19 au Canada très bientôt, mais cela nécessite deux mesures clés: premièrement, se faire vacciner dès qu'il est possible de le faire, et deuxièmement, continuer à respecter les mesures de santé publique jusqu'à ce qu'il soit vraiment sécuritaire de les assouplir. Ces deux éléments fourniront à la campagne de vaccination l'environnement nécessaire pour produire les meilleurs résultats possibles afin de protéger les Canadiens et de favoriser la réouverture que nous attendons tous avec impatience.
Merci.
Traci Anderson
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Traci Anderson
2021-04-27 11:55
Oui, pour les nouveaux immigrants, les communautés autochtones et les femmes de ces communautés, je pense que c'est très difficile. Encore une fois, je pense au manque de possibilités et au fait d'être défini par ces rôles traditionnels.
En plus de notre programme concernant les services de garde d'enfants et Internet, je pense qu'il faut offrir de meilleures perspectives à ces femmes, comme des emplois, des liens culturels et des possibilités de s'intégrer dans les collectivités. Je pense à un projet que nous menons localement, où nous proposons des activités récréatives aux jeunes, aux enfants et à leurs mères qui s'identifient comme des immigrants au Canada.
Je ne sais pas, madame Hart, si vous voulez aborder ce sujet.
Shealah Hart
Voir le profil de Shealah Hart
Shealah Hart
2021-04-27 11:56
Bien sûr, madame Anderson.
Je crois, bien entendu, que lorsque nous prenons en compte l'identité d'une personne, nous commençons à examiner les questions d'intersectionnalité et constatons, évidemment, que des éléments comme la race et la langue constituent des obstacles pour les familles. Qu'il s'agisse d'Autochtones, d'immigrants ou de personnes appartenant à une population racialisée, nous observons qu'elles éprouvent encore plus de difficultés que les personnes qui n'appartiennent pas à ces groupes.
Je pense que dans les collectivités rurales, ces personnes sont parfois plus marginalisées qu'elles ne le seraient dans les centres urbains. Je pense qu'il y a parfois plus de méfiance envers les nouvelles personnes qui arrivent dans la collectivité. Il est parfois difficile de s'intégrer ou d'être accepté lorsque vous avez affaire à des gens qui semblent très différents devous. Je pense qu'il est certain que ces populations connaissent plus de difficultés, et nous devons travailler fort pour nous assurer que les personnes qui appartiennent à ces groupes ont les mêmes possibilités que les autres dans nos collectivités rurales.
De même, je pense que nous devons accorder une attention particulière aux possibilités que nous créons dans nos collectivités rurales pour nous assurer qu'elles répondent aux besoins de familles uniques aux circonstances et aux antécédents uniques. Nous devons non seulement reconnaître que leur caractère unique est une chose extraordinaire, mais leur dire que nous allons les aider et leur demander ce qu'elles peuvent faire pour nous aider nous. Comment les deux parties peuvent-elles bénéficier d'enseignements mutuels, chacun profitant, grandissant et retirant quelque chose d'incroyable des possibilités que leurs partenariats sont en mesure de créer?
Voir le profil de Sonia Sidhu
Lib. (ON)
Voir le profil de Sonia Sidhu
2021-04-27 12:46
Je vous remercie, madame la présidente.
Je remercie tous les témoins d'être ici.
Je sais que les Punjabi Community Health Services offrent des services importants à la population de Brampton, ce dont je vous remercie.
Je voudrais poser ma question à Mme Dhillon.
Madame Dhillon, nous vivons dans la même communauté et observons quotidiennement les répercussions qu'a la pandémie dans Brampton. Notre comité s'est fait dire à quel point les communautés racialisées ont été touchées de manière disproportionnée par la pandémie. Comment pouvons-nous veiller à ce que ces communautés aient accès aux services de santé et soient soutenues lors de la reprise économique?
Puneet Dhillon
Voir le profil de Puneet Dhillon
Puneet Dhillon
2021-04-27 12:46
Je vous remercie, madame Sidhu, de poser une question très importante et bien nécessaire ces temps-ci. Je tenterai d'y répondre de mon mieux.
Pour ce qui est d'abord de la solution que j'entrevois pour le problème que les Torontois rencontrent tous, sachez qu'un manque de connaissance au sujet des ressources offertes pourrait nuire à l'accès aux services.
La méconnaissance de la langue constitue un autre obstacle, car la plupart des femmes sud-asiatiques qui restent à la maison et qui travaillent à domicile n'ont pas accès à des cours de langue, ce qui constitue un obstacle de taille. Étant moi-même Sud-Asiatique, je rencontre beaucoup d'autres femmes sud-asiatiques qui ne savent même pas comment utiliser un GPS, se connecter aux ressources ou même faire un appel téléphonique. La langue est donc devenue un énorme obstacle.
Un troisième obstacle s'est ajouté depuis le début de la pandémie de COVID-19, soit celui de la mobilité, car quand on arrive ici à titre d'immigrant, il y a toujours un problème de mobilité tant du point de vue financier que du point de vue physique. Les femmes sud-asiatiques, particulièrement celles d'origine pendjabi, qui veulent de déplacer dépendent parfois des membres masculins de leur famille. Elles doivent attendre qu'ils reviennent du travail pour les amener quelque part. Il y a ici un problème, dont la clé réside, selon moi, dans la sensibilisation et l'éducation sur les ressources offertes. L'amélioration des liens entre les organismes de services communautaires et les communautés et une offre plus diversifiée de services nous aideront à éliminer au moins une partie de ces obstacles, à mon avis.
Voir le profil de Andréanne Larouche
BQ (QC)
Merci beaucoup, madame la présidente.
Je remercie les témoins d'être parmi nous aujourd'hui pour nous parler des réalités que vivent les femmes de chez nous, et plus particulièrement de l'expérience des femmes immigrantes et des réalités différentes qu'elles vivent selon que leur intégration se fait en milieu rural ou en milieu urbain.
Tout d'abord, j'aimerais entendre parler davantage du travail invisible. Comme on le sait, le travail invisible est déjà pris en charge disproportionnellement par les femmes. Vous avez toutes les trois abordé cette question à votre manière.
Madame Chouakri, pouvez-vous nous dire de quelle façon cette réalité se manifeste davantage pour les femmes immigrées et racisées?
Yasmina Chouakri
Voir le profil de Yasmina Chouakri
Yasmina Chouakri
2021-04-27 12:54
Comme je l'ai dit, elles partagent les mêmes problèmes que l'ensemble des femmes en matière de travail invisible, c'est-à-dire l'ensemble des tâches domestiques et des soins à fournir aux enfants ou à un proche à charge, cependant tous les obstacles auxquels elles font face augmentent ce travail invisible et la charge mentale qui l'accompagne. Cela est particulièrement le cas pour les nouvelles arrivantes, soit les femmes qui sont au pays depuis moins de cinq ans. Pour elles s'ajoute l'obligation de comprendre le fonctionnement de la société d'accueil, du marché du travail, du système de francisation ou du système d'éducation, par exemple, si elles veulent retourner aux études. Elles doivent faire face à tout cela, alors qu'elles ont perdu le réseau d'entraide traditionnel qu'elles avaient dans leur pays d'origine. Souvent, les réseaux traditionnels s'appuient sur un modèle de famille élargie ou de structure familiale plus importante, où l'éducation des enfants n'est pas le propre d'un couple, mais une responsabilité assumée par toute la famille. Elles ont perdu tout cela et elles n'ont pas eu le temps de reconstruire un nouveau réseau d'entraide. Elles ne connaissent pas forcément les réseaux en place, non plus.
Au Réseau d'action pour l'égalité des femmes immigrées et racisées du Québec, l'organisme pour lequel je travaille, nous avons mené une enquête au sujet des répercussions de la pandémie sur les femmes immigrantes.
Dans un premier temps, plusieurs femmes immigrantes ont dit avoir trouvé extrêmement difficile et lourd d'assumer la surcharge familiale découlant des soins aux enfants et de la scolarité à la maison, surtout pendant le confinement total. Ces femmes avaient un important besoin de répit et d'accompagnement quant au système scolaire, aux soins aux enfants et à l'aide aux devoirs, entre autres. Elles n'étaient pas forcément préparées à vivre les conséquences de la pandémie de COVID-19.
J'aimerais souligner un autre élément parmi les plus importants qui sont ressortis de notre enquête. La question a été brièvement abordée plus tôt. En fait, beaucoup de femmes immigrantes qui ne maîtrisent pas la langue du pays d'accueil ont dit aux intervenantes interviewées ne pas avoir accès à l'information sur les ressources offertes dans leur langue. Ainsi, la seule information qu'elles peuvent obtenir leur provient d'un membre de la famille, ce qui ne garantit pas l'accès à la bonne information. Bon nombre de ces femmes ont donc formulé une demande commune. Puisqu'il est fréquent que ces femmes n'aient pas encore eu l'occasion d'apprendre la langue du pays d'accueil, elles aimeraient qu'il y ait moyen d'obtenir dans des langues autres que le français et l'anglais de l'information sur l'ensemble des ressources qu'il existe, qu'il s'agisse des mesures d'aide offertes par le gouvernement ou des ressources à leur disposition si jamais elles sont victimes de violence, à titre d'exemple.
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Lib. (NS)
Tout d'abord, merci à tous d'être ici, et merci de vos interventions à l'étape de la deuxième lecture à la Chambre. Le débat a été très intéressant.
J'aimerais aussi remercier Mme Waldron d'être parmi nous aujourd'hui. C'est elle qui m'a inspirée à présenter le projet de loi C-230 sur l'élaboration d'une stratégie nationale visant à remédier au racisme environnemental.
Chers collègues, tout comme le racisme systémique, le racisme environnemental fait malheureusement partie intégrante de la société canadienne depuis trop longtemps. Le racisme environnemental fait référence au fait que les communautés de couleur sont disproportionnellement exposées aux risques pour la santé découlant de politiques et de pratiques qui leur ont été imposées et qui les obligent à vivre à proximité de sources de déchets toxiques. On pense par exemple aux dépotoirs, aux sites de déchets toxiques, aux réseaux d'égouts, aux mines, aux sites d'enfouissement, aux centrales électriques, aux usines chimiques, aux grands axes routiers et aux émetteurs de particules en suspension dans l'air. Cette exposition fait en sorte que ces communautés souffrent énormément et présentent des taux plus élevés de problèmes de santé attribuables aux polluants dangereux.
Le terme « racisme environnemental » peut sembler nouveau pour certains, mais il a été créé en 1982 par Benjamin Chavez, un grand défenseur afro-américain des droits civils, pour désigner la discrimination raciale dans les politiques environnementales, l'application des lois et des règlements, le ciblage délibéré des communautés de couleur pour l'implantation d'installations de gestion des déchets toxiques, l'approbation officielle de la présence de poisons et de polluants mortels dans nos communautés, et l'exclusion historique des personnes de couleur dans les hautes sphères des mouvements écologiques.
Depuis quelques années, le public prend de plus en plus conscience de ces enjeux et le gouvernement n'a plus vraiment le choix d'agir pour reconnaître le problème et chercher des solutions. Nous le devons à l'ensemble de la population canadienne.
Je suis persuadée qu'en tant que législateurs, nous pouvons tous reconnaître le droit fondamental de tous les Canadiens d'avoir accès à de l'air pur et à de l'eau propre dans leurs communautés. Je sais que notre gouvernement travaille d'arrache-pied pour réaliser cet objectif.
J'ai pris conscience de ce problème il y a sept ans seulement, quand j'ai rencontré Mme Ingrid Waldron. Elle m'a alors expliqué que ses recherches et les données qu'elle avait recueillies avaient permis d'établir l'existence de racisme environnemental en Nouvelle-Écosse. Si quelqu'un doute encore de la réalité du racisme environnemental, je lui recommande fortement de lire le livre de Mme Waldron, There's Something in the Water, ou de regarder le documentaire inspiré du livre sur Netflix.
Selon le sommaire du projet de loi, le ministre de l'Environnement, en consultation avec des représentants des gouvernements provinciaux, des administrations municipales, des collectivités autochtones et d'autres collectivités touchées, doit élaborer une stratégie nationale visant à promouvoir les initiatives, dans l'ensemble du Canada, pour remédier aux préjudices causés par le racisme environnemental. Le projet de loi prévoit également des exigences en matière de rapport relativement à la stratégie et de collecte de données, notamment sur les conditions socioéconomiques et les effets sur la santé physique et mentale au sein des communautés du Canada touchées par le racisme environnemental.
Nous savons que les effets sont multiples, allant des éruptions cutanées aux troubles gastriques, et que dans certains cas ils entraînent des troubles plus graves comme les maladies respiratoires ou cardiovasculaires, la morbidité génésique, qui englobe les naissances prématurées et les bébés ayant une trisomie 21, ainsi que divers cancers qui touchent les femmes de manière disproportionnée.
Il a été prouvé que dans le cas de nombreuses maladies chroniques qui frappent notamment les communautés autochtones, les causes principales ne sont pas des facteurs génétiques ou internes, mais plutôt des facteurs externes, c'est-à-dire ce qui se trouve dans l'air, dans l'eau ou dans l'environnement.
Je suis très reconnaissante aux députés qui se sont prononcés en faveur de mon projet de loi, y compris la députée de Saanich—Gulf Islands, qui a appuyé le projet de loi C-230.
Je crois que c'est exactement ce que les Canadiens attendent de leur gouvernement, surtout en ces temps difficiles. Ils souhaitent que les parlementaires travaillent main dans la main pour améliorer la vie de tous les Canadiens.
L'adoption du projet de loi C-230 ferait du Canada un chef de file mondial dans la lutte contre les problèmes environnementaux, sociaux et de santé publique qui touchent les communautés autochtones, noires et d'autres communautés racialisées et vulnérables à l'échelle du pays.
L'urgence du problème se fait particulièrement sentir avec la sensibilisation croissante du public au racisme environnemental et la flambée des actes racistes et misogynes, de la violence fondée sur le sexe et des féminicides depuis le début de la pandémie de COVID-19. Les répercussions ont été disproportionnées pour les communautés vulnérables.
Chers collègues, je vous en prie, prenez la bonne décision et appuyez le projet de loi C-230.
La stratégie devra comprendre des mesures qui permettront d'étudier le lien entre la race, le statut socioéconomique et le risque environnemental; de recueillir de l'information et des statistiques sur l'emplacement des sources des dangers environnementaux, ainsi que sur les effets nocifs pour la santé des communautés touchées, et d'évaluer l'administration et l'application des lois environnementales dans chaque province.
Elle devra aussi inclure des mesures pour lutter contre le racisme environnemental, qui viseraient par exemple à revoir les lois, les politiques et les programmes fédéraux; à favoriser la participation de groupes communautaires à l'élaboration des politiques environnementales; à indemniser des particuliers ou des communautés, ou à assurer l'accès des communautés touchées à de l'air pur et à de l'eau propre.
Voilà. Je vais m'arrêter là.
Mme Waldron pourra vous en dire davantage.
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