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Voir le profil de Pablo Rodriguez
Lib. (QC)
Monsieur le Président, il y a eu consultations entre les partis et vous constaterez qu'il y a consentement unanime pour adopter la motion suivante.
Je propose:
Que, nonobstant tout article du Règlement, ordre spécial ou usage habituel de la Chambre, l'application des articles 15 et 17 du Règlement soit suspendue pour la séance actuelle; et que les dispositions des paragraphes l) et n) de l'ordre adopté le samedi 11 avril 2020 demeurent en vigueur pour les comités ayant prévu des réunions par vidéoconférence plus tard aujourd'hui.
Voir le profil de Candice Bergen
PCC (MB)
Monsieur le Président, pourrais-je demander une précision? L'interprète a parlé des articles 7 et 8, mais je crois qu'il s'agit plutôt des articles 15 et 17. Le leader du gouvernement à la Chambre peut-il préciser?
Voir le profil de Pablo Rodriguez
Lib. (QC)
Monsieur le Président, je crois bien avoir prononcé les chiffres 15 et 17. Si je ne l'ai pas fait, je m'en excuse. Il s'agit bien des articles 15 et 17 du Règlement.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Conformément au paragraphe 79.2(2) de la Loi sur le Parlement du Canada, il est de mon devoir de présenter à la Chambre un rapport du directeur parlementaire du budget intitulé « Déclaration de gains et de pertes dans les résultats financiers du gouvernement du Canada ».
Conformément à l'article 32(5) du Règlement, ce rapport est réputé renvoyé en permanence au Comité permanent des finances.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Voir le profil de Kevin Lamoureux
2020-05-26 10:07 [p.2399]
Monsieur le Président, conformément à l'article 36(8)a) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles et sous forme électronique, la réponse du gouvernement à une pétition.
Pendant que j'ai la parole, je propose:
Que la Chambre passe maintenant à l'ordre du jour.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
Des voix: D'accord.
Des voix: Non.
Le Président: Que tous ceux qui appuient la motion veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le Président: Que tous ceux qui s'y opposent veuillent bien dire non.
Des voix: Non.
Le Président: À mon avis, les oui l'emportent.
Et cinq députés ou plus s'étant levés:
Le Président: Convoquez les députés.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Le député de Rosemont—La Petite-Patrie invoque le Règlement.
Voir le profil de Alexandre Boulerice
NPD (QC)
Monsieur le Président, vous constaterez que le vote s'est déroulé de telle manière qu'on a demandé aux députés qui s'opposaient à la motion de se lever très rapidement, ce qui n'a pas donné la possibilité au caucus néo-démocrate de se lever afin de pouvoir faire enregistrer son vote.
Notre vote n'a pas été enregistré du tout, et je considère que cela fait partie de nos privilèges parlementaires de voir un vote enregistré. La procédure fait en sorte que nous sommes beaucoup moins nombreux à la Chambre aujourd'hui. Cela s'est déroulé un peu plus vite que prévu, et notre vote n'a pas été pris en considération.
Le caucus du NPD aimerait donc que son vote soit compté.
Voir le profil de Cathy McLeod
PCC (BC)
Monsieur le Président, il semble que, contrairement aux autres députés, les néo-démocrates ont oublié comment voter. Vous avez annoncé le résultat du vote et je propose qu'il soit maintenu.
Voir le profil de Matthew Green
NPD (ON)
Voir le profil de Matthew Green
2020-05-26 10:14 [p.2400]
Monsieur le Président, dans la confusion, j'aimerais savoir si, lorsque je me suis levé, mon vote a été consigné, et s'il a été consigné comme un oui ou un non. Si vous vérifiez la bande vidéo, vous constaterez que je me suis levé pendant le vote.
Voir le profil de Alain Therrien
BQ (QC)
Voir le profil de Alain Therrien
2020-05-26 10:15 [p.2400]
Monsieur le Président, ils avaient amplement le temps de se lever. Je ne sais pas ce qui s'est passé.
Peut-être étaient-ils en congé de maladie?
En tous les cas, cela importe peu. Ils ne se sont pas levés, alors je pense que la décision est facile à prendre.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Le député d'Hamilton-Centre a voté non, contre la motion.
Je rappelle aux députés que, selon la procédure habituelle, si un député vote d'une façon et qu'il souhaite ensuite changer son vote, il peut invoquer le Règlement et demander la permission de la Chambre pour que son vote soit consigné différemment. Le député doit toutefois obtenir le consentement unanime de la Chambre pour que son vote soit modifié.
Voir le profil de Matthew Green
NPD (ON)
Voir le profil de Matthew Green
2020-05-26 10:16 [p.2400]
Monsieur le Président, compte tenu de la confusion et de la nature inhabituelle de la séance d'aujourd'hui, j'aimerais pouvoir changer mon vote.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
D'accord?
Des voix: D'accord.
Des voix: Non.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Voir le profil de Kevin Lamoureux
2020-05-26 10:17 [p.2400]
Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
D'accord?
Des voix: D'accord.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Il reste 10 minutes au député de Foothills. En fait, il lui reste 16 minutes et demie. L'écran n'indique pas la bonne durée restante.
Nous reprenons le débat. Le député de Foothills a la parole.
Voir le profil de John Barlow
PCC (AB)
Voir le profil de John Barlow
2020-05-26 10:18 [p.2400]
Monsieur le Président, je vous remercie de m'avoir accordé 6 minutes et demie de plus, car je m'étais préparé mentalement à parler pendant 16 minutes et demie. Je vous remercie d'avoir précisé le temps qu'il me restait.
Cette semaine, j'ai écouté une conférence en ligne d'Alltech, une grande société agricole. Un des conférenciers a déclaré ceci: « Une crise ne forge pas le caractère; elle révèle votre caractère et celui de votre équipe. » Je pense que ce commentaire est plus pertinent que jamais, puisque, en ce moment, les Canadiens s'attendent non seulement à ce que nous agissions en tant que parlementaires et représentants élus, mais aussi à ce que nous fassions figure de phares de la démocratie et incarnions les valeurs que défend le Canada. Ils s'attendent à ce que nous soyons des sources d'inspiration et des leaders. En temps de crise, nous devrions jouer un rôle de premier plan et être des chefs de file. À mon avis, pour assumer ce rôle, il faut notamment aller au travail.
J'aimerais récapituler un peu pour la gouverne des députés qui n'étaient pas à la Chambre hier.
Hier, la députée d'Ottawa-Ouest—Nepean a dit dans son discours que la Chambre ne compte pas et qu'il ne faudrait pas se formaliser d'être absent du Parlement. Je pense qu'elle a tort. Pour notre part, il n'y a pas de plus grand honneur que d'avoir été élus par nos concitoyens et de les représenter ici au Parlement, à la Chambre des communes. Je pense que le Parlement constitue le fondement même de notre démocratie.
Quelqu'un m'a dit un jour qu'il y a eu plus de joueurs de hockey dans la Ligue nationale de hockey qu'il n'y a eu de députés. Selon moi, la plupart d'entre nous se sont fait dire par leurs parents qu'ils n'avaient aucune chance de devenir joueurs de hockey professionnel, mais je ne sais pas s'ils nous auraient dit que nous ne pourrions pas devenir députés. Me voici au Parlement, et ce, grâce aux habitants de ma circonscription.
Lorsque les gens de Foothills m'ont élu, pour moi, mon travail consistait à être ici pour les représenter, pour parler en leur nom à la Chambre des communes et travailler au sein du Parlement. J'aimerais penser que mes collègues, indépendamment de leur parti, comprennent que leur présence ici fait partie intégrante du travail de député. S'ils ne veulent pas être ici, je pense qu'ils devraient s'interroger sur ce qu'ils veulent accomplir en tant que politiciens et représentants élus. S'ils ne considèrent pas leur présence ici, à la Chambre des communes, au Parlement, comme un service essentiel ou une priorité, ils devraient vraiment se demander s'ils veulent ce travail, car notre présence ici en est un élément très important. Ce devrait en fait être vu comme un honneur. C'est quelque chose dont nous devrions tous être très fiers, peu importe quel parti nous représentons. Chose certaine, les habitants de nos circonscriptions s'attendent à nous voir ici.
Hier soir, j'ai lu quelques courriels que m'ont envoyés mes concitoyens. Comme tous mes collègues, j'en ai reçu un bon nombre. Mes concitoyens de Foothills me demandent de retourner au travail, ce qui ne consiste pas seulement à participer à une réunion de comité virtuelle, mais à remettre en marche le Parlement. J'aimerais lire certains des commentaires que j'ai reçus de mes concitoyens.
Missy, une habitante de Twin Butte, en Alberta, a écrit ceci:
Continuez à exercer des pressions sur notre gouvernement afin qu'il se remette au travail! N'est-ce pas un service essentiel? Il faut que l'opposition puisse offrir de la rétroaction et poser des questions [au premier ministre]. À l'heure actuelle, il n'y a pas de freins et contrepoids... C'est effrayant!
Voici ce que Pat, un habitant de High River, a écrit:
J'aimerais savoir ce que vous faites, le cas échéant, pour ramener les libéraux à la Chambre afin que vous puissiez tous remplir les fonctions que nous vous payons à remplir... Prétendre que le virus vous empêche de travailler est de la pure foutaise. Les employés dans les épiceries et autres magasins travaillent. [Pourquoi pas vous?] Je ne vois aucune raison pour laquelle vous et [les parlementaires] ne devriez pas travailler aussi. Si les libéraux refusent de retourner [au] Parlement, [celui-ci devrait être] dissous et des élections devraient être déclenchées.
Karen a écrit ceci:
Je suis extrêmement déçue que le gouvernement fédéral estime que le Parlement n'est pas un élément essentiel de l'administration du Canada. La justification [invoquée] est une gifle pour ceux [d'entre nous] qui travaillent tous les jours [...] [Il est] temps de permettre aux Canadiens de retourner au travail.
Rick a écrit ceci:
Le Parlement doit reprendre ses travaux, ne serait-ce que dans un format réduit. J'ai regardé la séance de la semaine dernière, et l'opposition a soulevé quelques excellentes questions et de bonnes idées. Cette [version] inadéquate d'appareil gouvernemental ne peut pas continuer à elle seule.
Ellen, de High River, a écrit ceci:
Le Parlement DOIT reprendre ses travaux! C'est le moins qu'on puisse dire. Il doit y avoir un moyen d'obliger le premier ministre à rappeler le Parlement, sans qu'un million de personnes aient à descendre dans les rues d'Ottawa [pour l'exiger].
Il ne s'agit là que de certaines des observations de mes concitoyens sur ce qui est, selon eux, l'endroit névralgique où les travaux parlementaires ont lieu.
Hier, le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social a déclaré que nous étions dans un Parlement virtuel. Nous ne sommes pas dans un Parlement virtuel: nous tenons des réunions virtuelles de comité, un comité plénier. C'est très différent du Parlement.
Le gouvernement induit la population en erreur lorsqu’il prétend que le Parlement siège en séance virtuelle, car l’opposition ne peut pas présenter des motions, nous ne pouvons examiner que des projets de loi portant sur la COVID-19, et nous ne pouvons pas discuter de la possibilité de faire revenir la majorité des comités. Certes, la pandémie de COVID-19 est une priorité, nous en convenons tous. Pour autant, il ne faut pas dire qu’il n’y a pas d’autres questions presque aussi importantes.
Le chef de l’opposition officielle a parlé hier des projets énergétiques qui s’entassent sur la table du Cabinet, des projets d’une valeur de 85 milliards de dollars. L’un de ces projets concerne la mine de charbon Riversdale, près de Crowsnest Pass, en Alberta, dans ma circonscription. Il s’agit de charbon métallurgique, ce qui montre bien le degré d’ignorance des libéraux, qui piaillent en disant qu’il faut fermer l’industrie du charbon. Je précise donc, pour leur gouverne, puisque manifestement certains ne se sont pas bien renseignés, qu’il s’agit d’une mine de charbon métallurgique dont on exploite le charbon pour fabriquer de l’acier.
Je constate que la députée s’empresse de réclamer à cor et à cri la fermeture de cette industrie, sans savoir que l’emploi de milliers de personnes de ma collectivité en dépend. L’ouverture de cette mine serait un don du ciel pour cette collectivité qui est en mauvaise posture, car elle permettrait de créer plus de 1 000 emplois pendant sa construction et des centaines pendant son exploitation.
Le projet est en suspens, on ne sait pas s’il va être approuvé ou non, alors qu’il a déjà franchi toutes les étapes et qu’il ne lui manque plus qu'un permis et l’approbation du Cabinet. Imaginez l’incertitude dans laquelle vit cette collectivité. Imaginez les conséquences de cette incertitude sur la quincaillerie de Blair, sur le restaurant-café-couette de Dawn, sur le journal de Lisa, sur l’organisation d’activités locales et sur les autres entreprises de la collectivité.
Cette collectivité retient son souffle en attendant la décision qui sera prise au sujet de cette mine, mais le dossier traîne sur la table du Cabinet ou dans un autre bureau du gouvernement à cause de la COVID-19. J’espère que le gouvernement est capable de faire plusieurs choses à la fois, car nous devons non seulement nous occuper de la COVID-19 mais aussi faire revenir le Parlement pour pouvoir examiner d’autres dossiers tout aussi importants.
Une fois que la crise de la COVID-19 sera passée, nous allons nous retrouver face à un gouffre financier abyssal. Le directeur parlementaire du budget a déjà indiqué que le déficit s’élevait à environ 252 milliards de dollars. Avec la prolongation de la Prestation canadienne d’urgence et de la subvention salariale, ce chiffre risque fort de doubler et de faire grimper la dette du Canada a un billion de dollars. Pour sortir le Canada de ce gouffre financier, il va falloir que nous nous appuyions sur quelques industries.
Il y a très peu de secteurs d'activité, dans les circonstances actuelles, vers lesquels les Canadiens peuvent se tourner et dont le gouvernement devrait tout faire pour consolider les assises, à part sans doute l'énergie et l'agriculture. Quoi qu'il advienne avec la COVID, les gens auront toujours besoin de chauffer leur maison, de mettre de l'essence dans leur voiture, d'acheter des vivres et de nourrir leurs proches. À ce sujet, certains commencent d'ailleurs à évoquer très sérieusement la crainte d'une pénurie mondiale de nourriture. Le reste du monde risque alors de compter sur le Canada et ses agriculteurs pour fournir une partie de la solution. À ce compte-là, ne devrions-nous pas faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que ces deux secteurs d'activité se portent le mieux possible une fois la pandémie terminée?
Or, s'il y a deux secteurs d'activité que le gouvernement libéral néglige, c'est bien ces deux-là, alors qu'il devrait plutôt les considérer comme des piliers de l'économie nationale et de la relance économique. Je ne comprends tout simplement pas qu'il puisse en être autrement. Si le Parlement revenait, nous pourrions en discuter ici même.
Prenons par exemple le secteur énergétique. Le Comité permanent des ressources naturelles ne siège pas. Pourquoi? Il s'agit pourtant d'un des plus importants secteurs d'activité du pays, dont les redevances, pour le seul gouvernement fédéral, dépassent les 60 milliards de dollars — et c'est sans parler des centaines de millions de dollars en taxes et en impôts que récoltent le fédéral, les provinces et les municipalités. Le Canada aura besoin de cet argent lorsque la COVID-19 sera derrière nous, mais, pour l'heure, impossible d'en discuter, car nous n'avons droit à rien d'autre qu'une grosse séance de comité, ce qui veut dire qu'on ne peut pas parler de quoi que ce soit hormis le sujet à l'ordre du jour.
Il y a des projets qui sont essentiels pour les communautés, comme la mine de la société Riversdale l'est pour Crowsnest Pass, dans ma circonscription, par exemple. Il s'agit d'un seul projet parmi les dizaines de projets dans toutes les circonscriptions et toutes les régions à l'échelle de notre pays. Si, de mon côté, j'entends les gens que je représente me parler d'un projet d'une telle envergure et des retombées qu'il pourrait avoir sur leur économie, je suis convaincu que, de leur côté, mes collègues ont les mêmes conversations avec les gens de leur circonscription.
Au fur et à mesure que nous traversons cette pandémie et que nous progressons vers la relance de notre économie — peu importe la manière dont nous procéderons —, les provinces auront leur mot à dire sur la façon d'y arriver et nous voudrons nous assurer d'agir dans les conditions les plus sûres possible. Par ailleurs, nous ne pouvons qu'imaginer dans quelle situation seraient notre pays et notre économie si nos secteurs de l'énergie et de l'agriculture étaient vigoureux. Nous serions dans une position bien différente, car, au départ de cette pandémie de COVID-19, nos assises financières étaient très faibles en raison des dépenses incontrôlées du gouvernement libéral.
Je me rappelle qu’aux élections de 2015, l’actuel premier ministre déclarait que le déficit allait être de 10 milliards de dollars pendant quatre ans et qu’en 2019, le budget serait équilibré. Ce n’est manifestement pas ce qui est arrivé. Le déficit a atteint 28 milliards de dollars, et ce, avant la COVID-19. Des projets de loi néfastes ont été adoptés, comme les projets de loi C-69 et C-48, qui ont ravagé le secteur de l’énergie. Des gens ont érigé des barrages illégaux. La taxe sur le carbone nous a été imposée. Les retards dans le transport ferroviaire ont eu des effets catastrophiques sur le secteur agricole. Plus de 5 milliards de dollars se sont envolés sur des marchés étrangers à cause des gaffes politiques du premier ministre.
Les députés se doutent un peu que nous n'en serions pas là si ces deux industries s’étaient bien portées quand a éclaté la pandémie de COVID. Nous serions assez bien placés pour nous en sortir, mais malheureusement, ce n’est pas le cas. Des gens auraient du travail, au lieu d'être sans emploi. En tout cas, pour nous, en Alberta, qui comptions près de 200 000 travailleurs du secteur de l’énergie au chômage bien avant la COVID-19, la situation ne s’arrange pas du tout avec ce que nous vivons en ce moment.
Quand je parle à mes concitoyens, ils comprennent la situation dans laquelle se trouve le pays avec la pandémie. Nous voulons tous que nos familles et nos amis soient en sécurité, mais ils veulent aussi retourner travailler. Je trouve cela difficile. Mon épouse et moi quittons de temps en temps la maison pour aller faire des provisions et, le week-end dernier, nous sommes allés dans une jardinerie acheter des arbres et des fleurs pour le jardin. Des adolescents de 15 ans y travaillent. Ils aident leur collectivité à leur façon, et j’ai du mal à admettre que nous ne puissions pas en faire autant en servant notre collectivité ici, à la Chambre des communes.
Pourquoi les députés libéraux, ceux du Bloc québécois et ceux du NPD essaient-ils de se cacher? Pourquoi ne veulent-ils pas siéger en ces murs? Qu’est-ce qui les retient? Nous sommes 60 députés au Parlement cette semaine, mais nous sommes là seulement pour une réunion de comité. Pourquoi ne pouvons-nous pas faire un petit effort de plus et revenir à la normale? Je pense que c’est ce que les Canadiens nous demandent de faire. Comme je le disais au début de mon intervention, nous sommes censés donner l’exemple. Alors, pourquoi sommes-nous à la traîne derrière tout le monde? Pourquoi demandons-nous aux Canadiens de toutes les catégories sociales de reprendre le chemin du travail, tout en refusant nous-mêmes de le faire? Nous disons que c’est bon pour eux, mais pas vraiment pour nous. C’est regrettable, à mon sens, et cela donne une très mauvaise impression aux Canadiens. Ils se tournent vers nous, leurs représentants élus, chaque jour. Ils nous ont choisis. Ils nous ont élus pour que nous parlions ici en leur nom et il est anormal que les libéraux, les néo-démocrates, les bloquistes et les verts nous en empêchent.
Je ne sais pas comment ils font pour expliquer aux habitants de leur circonscription, en les regardant dans les yeux, que, contrairement aux députés, eux doivent reprendre leur travail à l'épicerie, à l'hôpital, à la pharmacie ou à la quincaillerie. Si c'est ainsi qu'ils pensent vraiment, ils devraient faire un examen de conscience et se demander pourquoi ils ont voulu devenir députés, à l'origine, puisqu'ils ne veulent pas monter au front, faire preuve de leadership, être une source d'inspiration pour le reste du Canada et être de ceux qui montrent que tout va bien aller. Nous serons ici pour prendre des décisions difficiles dans l'intérêt des habitants de notre circonscription.
Il s'agit véritablement de demander des comptes au gouvernement. Le pays ne peut pas être gouverné éternellement au moyen de conférences de presse. Notre démocratie, ce n'est pas cela.
Je sais que les habitants de ma circonscription en ont assez de voir le premier ministre sortir de sa résidence tous les matins, faire ses annonces, puis regagner ses pénates et c'est tout. Ils veulent qu'on leur rende des comptes. Très souvent, ils approuvent les programmes qui ont été mis en œuvre et ils apprécient vraiment les améliorations que l'opposition officielle a obligé le gouvernement à apporter. Quoi qu'il en soit, ils attendent de nous que nous nous comportions comme des meneurs, et non des suiveurs. Ils attendent de nous que nous retournions travailler, et c'est ce que le gouvernement devrait faire.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
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2020-05-26 10:34 [p.2403]
Monsieur le Président, le député passe à côté d'un point très important. Les membres du caucus libéral peuvent lui assurer qu'ils travaillent, peu importe qu'ils se trouvent à Ottawa ou dans leur circonscription. Au bout du compte, le rôle d'un député va bien au-delà de la simple représentation à la Chambre des communes. Il ne fait aucun doute que celle-ci est un élément important de leurs fonctions. C'est un privilège, indéniablement. C'est un honneur de se lever pour intervenir à la Chambre.
La motion à l'étude aujourd'hui fera en sorte que le gouvernement rende des comptes et que l'institution continue de tourner rondement malgré la pandémie. On a tort de laisser sous-entendre que les députés ne travaillent pas — c'est le cas du moins pour les membres du caucus libéral. Nous travaillons chaque jour, que ce soit à la Chambre des communes ou ailleurs.
Le député ne réalise-t-il pas que son travail à la Chambre se poursuivra, en mode hybride, même durant les mois de juillet et d'août, ce qui est sans précédent?
Voir le profil de John Barlow
PCC (AB)
Voir le profil de John Barlow
2020-05-26 10:36 [p.2403]
Monsieur le Président, je peux faire part de mon point de vue sur la situation. Cependant, je veux d'abord saisir l'occasion de remercier du fond du cœur les membres de mon personnel. Ils ont été tout à fait incroyables. Mon bureau de circonscription n'a jamais été plus occupé. Mon personnel et moi avons des discussions très émotives avec les électeurs et les entrepreneurs de notre circonscription, qui souffrent à cause de cette pandémie. Je ne suis pas en train de dire que nous ne travaillons pas dans nos circonscriptions respectives.
Or, le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes vient de dire que le Parlement continuerait à tourner, sauf que ce n'est pas vrai. Il n'est pas question de séances de la Chambre des communes, et le secrétaire parlementaire le sait. Il s'agit plutôt de réunions virtuelles de comité, où de nombreuses activités parlementaires importantes n'ont pas lieu.
Voir le profil de Cathy McLeod
PCC (BC)
Monsieur le Président, je tiens moi aussi à remercier les employés des bureaux de circonscription et des bureaux d'Ottawa, qui travaillent sans relâche depuis quelques mois.
Les libéraux ne cessent de répéter que ce qu'ils proposent est excellent et que cela nous permettra de poser toutes sortes de questions. C'est quelque chose que nous pouvons déjà faire, mais il est rare que nous obtenions de véritables réponses. Il n'y aura donc que davantage de questions qui demeureront sans réponse.
Il est important d'articuler les différences entre des séances de la Chambre des communes et des réunions d'un comité. Les libéraux proposent de fermer le Parlement pendant encore un mois.
Voir le profil de John Barlow
PCC (AB)
Voir le profil de John Barlow
2020-05-26 10:37 [p.2403]
Monsieur le Président, ma collègue a tout à fait raison.
Je sais qu'une grande partie des Canadiens ne suivent pas les travaux du Parlement au quotidien comme nous le faisons. Ils ne voient pas nécessairement toutes les subtilités et les fins rouages du Parlement. Je pense notamment au rôle que jouent tous les comités permanents, aux motions de l'opposition et aux occasions de débattre pleinement d'enjeux.
Pour nous et pour le reste des Canadiens, tout cela revient à une question de confiance. Pendant les réunions du comité, les libéraux ont tenté de s'arroger des pouvoirs sans précédent et ont pris un décret d'une portée gigantesque pour modifier le Code criminel. Ils ont fait cela sans examen public ni débat. Comme je le disais, c'est une question de confiance.
Je regrette, mais les gens de ma circonscription et moi ne faisons pas confiance à ce processus en ce moment.
Voir le profil de Monique Pauzé
BQ (QC)
Voir le profil de Monique Pauzé
2020-05-26 10:38 [p.2403]
Monsieur le Président, d’abord je voudrais dire, comme d'autres collègues, que je suis au travail et que l’équipe avec laquelle je travaille à Repentigny et moi sommes s tout à fait fières du travail que nous faisons pour les gens de la circonscription.
Je vais revenir sur un bout du discours de mon collègue au sujet du secteur de l’énergie. Je ne sais pas s’il lit pendant le confinement que nous subissons, mais certains météorologistes, écologistes et scientifiques, l’Agence internationale de l’énergie, ainsi que Stephen Hammer de la Banque mondiale sont intervenus pour dire qu’il fallait que ce soit une relance verte. Dernièrement, hier et aujourd’hui, 40 millions de professionnels de la santé demandent que ce soit une relance verte.
Pourquoi est-ce que son parti n’est pas capable d’envisager l’énergie du côté vert, du côté renouvelable et du côté respectueux de l’environnement?
Voir le profil de John Barlow
PCC (AB)
Voir le profil de John Barlow
2020-05-26 10:39 [p.2403]
Monsieur le Président, cette question est extrêmement frustrante, et je crois qu'elle révèle le manque de connaissances de ma collègue sur le secteur de l'énergie.
De 75 à 85 % de toute l'énergie renouvelable et verte est produite par des sociétés énergétiques dites traditionnelles. Sans elles, il n'y aurait aucune industrie de l'énergie renouvelable au Canada. Ces sociétés comprennent qu'il y aura une période de transition. Ce sont elles qui investissent dans la technologie et l'innovation dans ce secteur.
J'aimerais demander à ma collègue quel moyen de transport elle a utilisé pour se rendre ici aujourd'hui. Comment communique-t-elle avec les gens de sa circonscription? Pense-t-elle vraiment que nous assistons à la fin du secteur pétrolier et gazier? À quoi ressemblerait un tel avenir?
J'encourage la députée à lire sur le sujet pour bien comprendre l'enjeu ici.
Voir le profil de Matthew Green
NPD (ON)
Voir le profil de Matthew Green
2020-05-26 10:40 [p.2404]
Monsieur le Président, en ce qui a trait aux données réelles concernant la crise de la COVID-19, je rappelle à la Chambre que, pendant cette pandémie, 81 765 personnes ont été infectées, et 6 180 personnes sont mortes. Le fait de mettre cette pandémie et cette crise mondiales sur un pied d'égalité avec les profits du secteur pétrolier et gazier est une insulte pour les familles qui ont perdu des proches.
On laisse entendre aux Canadiens que nous n'avons pas travaillé. Or, je sais que, dans ma circonscription, nous avons travaillé encore plus fort pendant cette grave crise. Qu'a fait le Parti conservateur pendant cette crise?
Voir le profil de John Barlow
PCC (AB)
Voir le profil de John Barlow
2020-05-26 10:41 [p.2404]
Monsieur le Président, il est intéressant d'entendre le député parler de cette pandémie et des circonstances tragiques que nous vivons. Je pense que personne ici ne remet cela en question. Cependant, comment croit-il que nous pourrons venir à bout de cette pandémie? L'équipement de protection individuelle, les vaccins et les antiviraux sont tous conçus au moyen de produits issus de l'industrie pétrochimique. Sans cette industrie, je me demande où nous en serions. Comment le député pourrait-il travailler très fort, et comment arriverait-il à communiquer avec les gens de sa circonscription? Est-ce qu'il leur ferait des signaux avec les mains?
Soyons réalistes. Un parlementaire ne devrait pas poser des questions aussi irréalistes au nom des gens de sa circonscription et s'attaquer davantage à une région du pays en particulier plutôt qu'une autre. Tous les gens et toutes les industries du pays devraient travailler ensemble pour se sortir de la crise au lieu de semer la division.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
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2020-05-26 10:42 [p.2404]
Monsieur le Président, les Canadiens de partout au pays méritent toute notre admiration pour la façon dont ils ont réagi au cours des derniers mois.
Je préfère utiliser l'expression « distanciation physique » plutôt que « distanciation sociale », parce que les gens peuvent encore communiquer entre eux de différentes façons, mais il est important de maintenir les mesures de distanciation physique. Il faut se laver les mains et mettre un masque. Les Canadiens ont vraiment bien répondu à l'appel de multiples façons afin de minimiser les impacts négatifs du coronavirus. Nous devons tous être reconnaissants aux Canadiens en général pour la façon dont ils ont réagi.
J'aimerais que mon collègue nous dise ce qu'il en pense.
Voir le profil de John Barlow
PCC (AB)
Voir le profil de John Barlow
2020-05-26 10:43 [p.2404]
Monsieur le Président, je suis entièrement d'accord avec mon collègue. Nous devons tous prendre le temps de dire aux Canadiens de partout au pays que nous leur sommes reconnaissants d'avoir tout fait en leur pouvoir pour contrer la pandémie.
Lorsque nous avons été élus, je pense que personne ici n'avait anticipé que nous aurions à gérer une crise de la sorte, non seulement à la Chambre des communes, mais dans nos bureaux de circonscription également. Encore une fois, je souligne l'excellent travail accompli par notre personnel pour aider les gens de nos circonscriptions respectives à traverser la crise, celui accompli par les travailleurs de première ligne, les professionnels de la santé et des services d'urgence, les jeunes qui travaillent dans les épiceries, tous les gens de notre région et de l'ensemble du Canada qui font de leur mieux pour assurer notre sécurité et notre santé, y compris les producteurs agricoles qui travaillent tous les jours pour que nous ayons de quoi mettre dans notre assiette et que les rayons des épiceries soient bien remplis.
High River, dans ma circonscription, a connu l'une des plus importantes éclosions au pays en raison de la présence de l'usine de transformation de la viande de Cargill et de plusieurs centres de soins de longue durée.
J'aimerais saisir l'occasion pour remercier les citoyens de ma circonscription qui travaillent à Cargill Meat Solutions. Ils travaillent dur pour se protéger et protéger leur famille, mais ils continuent d'aller travailler de sorte que nos industries agricoles et de transformation puissent poursuivre leurs activités. Je les remercie sincèrement.
Voir le profil de Omar Alghabra
Lib. (ON)
Monsieur le Président, j'avise la Chambre que je partagerai mon temps de parole avec la députée de Fredericton.
J'aimerais remercier tous nos travailleurs de première ligne au service des Canadiens qui risquent leur vie pour que le reste de la société puisse accéder aux services essentiels en toute sécurité. J'aimerais également saluer les fonctionnaires, qui travaillent nuit et jour pour offrir aux Canadiens l'aide dont ils ont besoin en cette période de pandémie.
Il est important de souligner ce point de départ. Nous traversons une pandémie. Des millions de Canadiens ont perdu leur emploi parce que les experts en santé publique recommandent de rester à la maison de manière à ce que les gens soient séparés, que le virus ne se propage pas davantage et qu'il y ait le moins de pertes de vie possible. En tant que gouvernement, conformément aux conseils des scientifiques et des experts en santé publique, nous avons demandé aux Canadiens de demeurer chez eux. Nous avons demandé aux Canadiens de modifier leur méthode de travail. La même chose vaut pour le Parlement.
L'une des premières mesures prises par le Parlement — et c'était une décision judicieuse — a été de demander au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre d'étudier comment le Parlement pouvait s'adapter à cette nouvelle réalité. J'ai la chance de siéger à ce comité. Les membres du Comité ont ensuite poursuivi leurs travaux. Nous nous réunissions virtuellement pour entendre les témoignages d'experts du Canada et d'autres parlements dans le monde. Nous avons présenté un rapport établissant un plan d'action en vue de la reprise des travaux du Parlement.
Nous avons signalé au Parlement qu'il devait créer de nouveaux articles du Règlement relatifs aux circonstances exceptionnelles, et que ces nouveaux articles ne s'appliqueraient pendant une période déterminée que si tous les partis reconnus à la Chambre des communes y consentaient. Si nous souhaitions prolonger cette période déterminée, il nous faudrait toujours obtenir le consentement de tous les partis à la Chambre. Il va sans dire que dans des circonstances exceptionnelles, nous devons tous travailler ensemble. Ces dispositions exceptionnelles permettraient au Parlement de poursuivre ses travaux dans ces circonstances exceptionnelles. Nous reverrions la façon de tenir les journées de l'opposition, de déposer les projets de loi, de débattre de ces projets de loi et de les mettre aux voix.
Le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre des communes a mis au point un plan de reprise des travaux parlementaires. Néanmoins, pour une raison que j'ignore, les députés conservateurs n'étaient pas d'accord et se sont opposés farouchement à ce plan. Ils ont présenté un rapport dissident, et c'est leur droit. Toutefois, je tiens à rappeler que l'objet du présent débat n'est pas de déterminer si le Parlement est un service essentiel; nous sommes tous d'accord sur ce point. Là où nous ne sommes pas d'accord, c'est la raison pour laquelle les conservateurs refusent de penser à d'autres moyens de continuer à faire fonctionner le Parlement.
Tous les députés devraient bénéficier d'un accès égal au Parlement afin que leurs privilèges soient respectés. Chaque député, quels que soient son lieu de résidence et la circonscription qu'il ou elle représente, doit être en mesure de jouer son rôle parlementaire. Voilà pourquoi le Comité a demandé au Parlement de veiller à ce que les privilèges de chaque député soient respectés. Cependant, l'opposition officielle nous demande de réduire le nombre de députés en cette enceinte. Nous comprenons leur position, mais comment les députés qui ne pourront siéger en personne pourront-ils s'acquitter de leurs fonctions? Comment les privilèges des autres députés seront-ils protégés si les conservateurs ne sont pas disposés à leur permettre ou à leur donner un moyen de participer aux débats?
Je voudrais en fait poser une question à ce sujet au député conservateur qui vient de s'exprimer. Il a dit que nous étions à la traîne, et je suis bien d'accord. Si les parlements du monde entier trouvent des moyens pour mener leurs travaux de manière hybride ou virtuelle, ils donnent aussi aux parlementaires les moyens de faire leur travail.
Or, les conservateurs font de l'obstruction. Ils rejettent nos idées et disent que nous devons travailler exactement de la même façon et revenir « à la normale ». C'est exactement ce qu'a dit l'intervenant précédent. Nous savons que nous ne nous trouvons pas dans des circonstances normales. Nous savons que le Parlement, le gouvernement et les responsables de la santé publique ont demandé aux autres Canadiens de trouver une façon différente d'accomplir leur travail afin de respecter les conseils de santé publique. Pourquoi le Parlement ne le ferait-il pas aussi? Nous avons demandé à des millions de Canadiens de le faire.
Les députés conservateurs regarderont-ils leurs concitoyens dans les yeux et leur diront-ils que, certes, ils leur ont demandé de rester chez eux, mais qu'eux-mêmes sont incapables de trouver un moyen d'accomplir leur travail différemment et qu'ils obligent les députés à se présenter au Parlement? Les conservateurs disent qu'ils ne demandent pas à l'ensemble des 338 députés d'être présents à la Chambre, mais comment ceux qui ne le sont pas pourront-ils représenter leurs concitoyens? Comment pourront-ils participer aux débats? Comment pourront-ils voter?
Lorsque j'ai posé la question au chef de l’opposition hier, il a répondu que nous devions nous pencher là-dessus. C'est ce que nous avons fait. Nous avons étudié les questions et le comité a proposé une solution, mais les conservateurs n'étaient pas d'accord. Ils ne peuvent pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Ils ne peuvent pas dire qu'ils souhaitent que le Parlement travaille, mais s'opposer aux solutions proposées quant à la façon dont le Parlement peut travailler. Où est la logique dans leur raisonnement?
J'ai entendu mon collègue dire que ce n'est pas ainsi que le Parlement doit travailler. Je suis d'accord. Il a raison. Lorsque nous nous réunissons en comité plénier, le Parlement n'est pas pleinement fonctionnel. Toutefois, lorsque nous avons proposé de rendre le Parlement pleinement fonctionnel, les conservateurs ont dit non. Que veulent-ils enfin?
Ils sont incohérents. S'ils veulent un Parlement hybride, ils doivent déterminer quels articles du Règlement requièrent une modification. Comment les députés qui sont absents pourront-ils débattre? Comment pourront-ils voter? Les conservateurs ne peuvent pas demander que le Parlement reprenne ses travaux sans d'abord discuter de ces questions. L'un ne va pas sans l'autre.
D'autres pays et d'autres législateurs, ailleurs dans le monde, ont trouvé une solution. Pourquoi les conservateurs sont-ils incapables de s'entendre sur une formule? Pourquoi ne vivent-ils pas dans le présent et ne reconnaissent-ils pas que nous traversons une pandémie et que le gouvernement a demandé aux Canadiens d'un bout à l'autre du pays de travailler à distance et de respecter les conseils des dirigeants de la santé publique? Les conservateurs disent que les partis pourraient choisir les députés qui seraient présents à la Chambre, ceux qui n'y seraient pas et ceux qui voteraient ou ne voteraient pas. Cette façon de procéder constituerait une violation des privilèges des députés qui représentent les gens de leur circonscription.
Je conviens avec les conservateurs que le Parlement constitue un service essentiel et j'ajoute que nous souhaitons tous qu'il fonctionne pleinement dans les circonstances actuelles. La question est de savoir comment procéder. Nous convenons tous que les 338 députés ne peuvent être physiquement présents à la Chambre. Bon, il y a du progrès. Nous sommes d'accord sur le fait que le Parlement est essentiel et qu'il n'est pas nécessaire que tous les députés soient présents à la Chambre, mais comment les députés qui ne seront pas ici, lorsque le Parlement fonctionnera pleinement, pourront-ils participer et représenter leurs électeurs? Les conservateurs sont muets comme des carpes. Bref, ils ne proposent aucune solution.
Toutefois, j'ai de bonnes nouvelles. Le comité a émis des suggestions. Le comité propose une façon pour le Parlement et les députés de représenter les électeurs tout en respectant les directives des autorités de la santé publique, en tenant compte du fait que nous sommes en plein milieu d'une pandémie qui, malheureusement, a fait énormément de victimes.
C'est le défi que je lance aux députés du Parti conservateur. Trouvons une façon de faire fonctionner le Parlement dans les circonstances actuelles de façon à ce que tous les députés puissent accomplir leur devoir dans le respect de leurs privilèges. Que l'on m'épargne les discours grandiloquents. Nous sommes tous d'accord pour dire que le Parlement est un service essentiel. Attardons-nous à faire notre travail et à bien représenter nos concitoyens. Les partis de l'opposition ont un rôle à jouer et le gouvernement a un rôle à jouer. Ce qui sera avantageux pour les Canadiens, c'est un Parlement pleinement fonctionnel qui respecte les directives des représentants de la santé publique.
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PCC (ON)
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2020-05-26 10:55 [p.2406]
Monsieur le Président, j'ai écouté l'allocution de mon collègue avec grand intérêt. Il m'a demandé de regarder les gens de ma circonscription dans les yeux et de leur demander s'ils veulent que le Parlement siège compte tenu de ce que nous recommandent les responsables de la santé publique. Qu'il me dise à qui au juste il aimerait que je pose cette question.
Aimerait-il que je la pose à l'employé de A&W qui m'a servi mon hamburger l'autre jour? Aux travailleurs de la santé, aux policiers ou aux pompiers qui sont à leur poste jour après jour peut-être? Veut-il que je pose la question au couple qui gère la quincaillerie Home Hardware où j'ai pu me procurer un interrupteur de lampe l'autre jour? Pourquoi pas aux employés de Home Depot ou de Costco et à toutes les autres personnes qui travaillent dans ma circonscription et qui s'attendent à ce que je m'acquitte de mes responsabilités, à ce que je respecte le serment que j'ai prêté devant Sa Majesté la reine et à ce que je les représente ici, à la Chambre des communes?
Voilà les personnes à qui je poserais la question dans ma circonscription. Qui, selon lui, me dirait de ne pas être présent ici?
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, c'est bien dommage, mais certains font de l'écoute sélective. Je dis que les parlementaires doivent retourner au travail, mais aussi qu'il faudrait demander aux travailleurs courageux dont parle mon collègue comment ils ont adapté leur façon de travailler. Ont-ils modifié la façon dont ils accomplissent leurs tâches?
Il laisse entendre que seul un petit nombre de députés devraient être présents à la Chambre. Qu'en est-il des députés qui ne sont pas ici? Comment vont-ils assumer leurs fonctions? Comment vont-ils voter au nom de leurs concitoyens? Le député ne veut-il pas respecter leur privilège? Ne veut-il pas respecter ses collègues qui ne peuvent pas siéger à la Chambre, mais qui souhaitent se faire entendre et représenter leurs concitoyens?
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NPD (ON)
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2020-05-26 10:56 [p.2406]
Monsieur le Président, je suis venu siéger cette semaine parce qu'il nous reste encore beaucoup de pain sur la planche et qu'il faut s'assurer que le Parlement met l'accent sur la crise en cours. Une semaine après l'interruption des activités en raison de la COVID, des millions de personnes partout au pays ne pouvaient pas payer leur loyer. C'est scandaleux dans un pays comme le nôtre.
Hier, les conservateurs n'ont posé aucune question sur le fait que certaines personnes ne peuvent plus payer leur loyer. Je les ai entendus divaguer au sujet de Margaret Thatcher, de l'Union soviétique, du péril rouge chinois et de la main mystique du marché. Toutefois, ils n'ont absolument rien dit sur le fait qu'il faut envoyer l'armée dans des établissements de soins de longue durée, où de nombreux aînés sont morts. Rien dans leur comportement ne laisse supposer qu'ils prennent suffisamment au sérieux cette pandémie.
Lorsque, exceptionnellement, nous avons pris la décision de nous former en comité plénier — et, en temps normal, je me méfie beaucoup des changements apportés au Règlement du Parlement —, c'était pour nous permettre de nous concentrer sur la situation et de poser des questions pour que, une fois de retour dans nos circonscriptions, nous puissions montrer que nous prenons la pandémie au sérieux et que nous obtenons les réponses que les Canadiens méritent d'avoir.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, le Parlement a un rôle important à jouer. Il va sans dire que les circonstances exceptionnelles que nous vivons nous ont tous pris par surprise. Le gouvernement, tout comme les députés, essaie de s'adapter à une situation qui évolue de jour en jour, et personne n'a le monopole de la vérité.
Voilà pourquoi il est aussi important que les députés puissent se faire entendre, qu'ils puissent participer, qu'ils puissent poser des questions et soulever des enjeux au nom de leurs concitoyens. Les députés ont été d'une grande utilité jusqu'ici. Le Parlement doit absolument trouver un moyen pour qu'ils puissent représenter efficacement les gens qui habitent dans leur circonscription et s'exprimer fièrement.
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PCC (ON)
Monsieur le Président, à propos de ce que vient de dire le député néo-démocrate, je le mets au défi de redire que je ne travaille pas, parce qu'il lui suffirait de demander à n'importe qui dans ma circonscription pour s'apercevoir qu'il n'a pas la moindre idée de la somme de travail que j'ai abattue.
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NPD (ON)
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2020-05-26 10:59 [p.2406]
J'invoque le Règlement, monsieur le Président.
Je n'ai jamais dit que la députée se tournait les pouces dans sa circonscription, alors je crois qu'elle devrait remettre les pendules à l'heure et s'en tenir aux faits.
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PCC (ON)
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2020-05-26 10:59 [p.2406]
Je crois que nous nous rapprochons du débat, alors je vais laisser la députée d'Elgin—Middlesex—London terminer sa brève observation, après quoi nous écouterons la réponse.
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PCC (ON)
Monsieur le Président, concernant les commentaires sur Mme Thatcher et d'autres sujets, le député n'a manifestement pas entendu nos questions sur les Forces armées canadiennes, dont fait justement partie un de mes fils, et dont les membres aident des établissements de soins de longue durée.
Il devrait peut-être comprendre que nous sommes tous dans la même situation, que nous traversons tous les mêmes épreuves. Cette situation nous concerne tous parce que nous tenons à nos familles et à nos concitoyens.
Ce qui me préoccupe, c'est de recevoir des lettres d'entrepreneurs qui me disent avoir dû mettre la clé sous la porte et, lorsque j'écris au ministre des Finances à ce sujet, de ne recevoir aucune réponse après deux mois et demi. Voilà ce qui me préoccupe. Pourquoi n'est-il pas important d'avoir des occasions de poser des questions, mais aussi de...
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PCC (ON)
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2020-05-26 11:00 [p.2406]
Nous allons manquer de temps.
Le secrétaire parlementaire du premier ministre a la parole.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, je remercie ma collègue de servir notre pays, tout comme je remercie aussi son fils de servir notre pays. Nous sommes fiers des services rendus par les membres de nos Forces armées canadiennes, en particulier en cette période difficile.
Je suis d'accord avec elle. Tous les députés, ceux de l'opposition comme les députés ministériels, devraient pouvoir poser des questions et participer au débat. Mais comment?
Pour conclure, je sais que la députée travaille très fort pour les habitants de sa circonscription, mais est-ce qu'elle les rencontre en personne? J'en doute. Elle leur parle au téléphone ou par Zoom. Si elle les rencontre en personne, elle s'assure de respecter les règles de distanciation physique. Je lui suis reconnaissant de respecter les directives de la santé publique lorsqu'elle s'acquitte de son devoir auprès de ses concitoyens. Nous devrions pouvoir en faire autant ici.
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PV (NB)
Voir le profil de Jenica Atwin
2020-05-26 11:01 [p.2407]
Monsieur le Président, je remercie le secrétaire parlementaire du premier ministre d’avoir partagé son temps avec moi aujourd’hui.
C’est un réel plaisir, comme c’est toujours le cas, d’être ici avec vous tous. Je suis ravie de voir certains députés pour la première fois depuis des mois. Tout le monde m'a manqué. Encore une fois, il n’a pas été facile de venir ici. J’ai pris la route avec ma famille pour venir jusqu’ici depuis le Nouveau-Brunswick. Ils resteront avec moi. Nous demeurerons ici le temps qu'il faudra pour les travaux du Parlement qui sont cruciaux à ce moment-ci.
Je pense à tous les députés qui ne sont pas ici aujourd’hui. S'ils n'y sont pas, ce n’est pas faute de vouloir être là ou parce qu’ils ne travaillent pas. En balayant du regard cette enceinte, je vois que nous sommes une trentaine séparés par plusieurs sièges vides. Je me rappelle que chaque siège vide représente environ 100 000 Canadiens. Leurs voix ne seront pas entendues ici aujourd’hui.
Certains députés croient qu’une juste représentation des députés par parti est adéquate pour prendre des décisions et poser des questions au gouvernement. Cependant, n’oublions pas que nous travaillons d’abord et avant tout pour nos électeurs et non pour nos partis.
Je suis ravie de représenter la circonscription de Fredericton et de soulever les questions qui sont importantes pour mes électeurs. Comme le député de Foothills l’a mentionné, c’est une expérience inoubliable d’avoir été élue à la Chambre et de me tenir ici dans cet endroit historique, qui constitue un symbole de notre liberté et de notre démocratie. C’est un endroit où se côtoient la dignité et le respect. Pourtant, il y a eu des commentaires irrespectueux, tels que des insinuations voulant que nos collègues ne se présentent pas au travail parce qu’ils ne peuvent pas être ici en personne.
Nous avons entendu des anecdotes du temps de la guerre et des citations de Winston Churchill, entre autres, laissant sous-entendre que la COVID-19 en 2020 est en quelque sorte similaire à la Seconde Guerre mondiale et à l’épidémie de grippe. Bien sûr, nous savons que ce n’est pas le cas.
L’expression « sans précédent » a été utilisée un nombre de fois inégalé pour décrire la situation à laquelle nous faisons face. Nous ne voyons pas les forces mondiales affronter des régimes tyranniques. Il n’y a pas de bombes qui explosent au-dessus de nos têtes. Nous faisons face à un ennemi invisible. C’est un ennemi qui ne fait aucune distinction, qui infecte son hôte à un rythme que vous n’avons jamais vu auparavant et qui a laissé nos communautés vulnérables.
Nous avons assurément un rôle essentiel à jouer en tant que parlementaires, mais c’est aussi un rôle sans précédent dans toute notre histoire. La motion dont nous sommes saisis nous demande d’être créatifs, coopératifs et respectueux les uns des autres. Elle vise, j’en suis convaincue, à permettre la pleine participation, dans cette Chambre, des représentants de toutes les circonscriptions de notre beau pays.
Peu de députés du Canada atlantique ont pu être présents aujourd’hui. Cela me préoccupe, car ma région natale fait face à des problèmes urgents et uniques. À l’heure actuelle, nous avons des problèmes concernant la saison du homard, les quotas de pêche et l’incapacité des transformateurs à recruter suffisamment de travailleurs. Les travailleurs saisonniers étrangers n’ont été autorisés à entrer au Nouveau-Brunswick que vendredi dernier, ce qui a retardé le démarrage de la saison et entraîné de graves conséquences pour l’économie et la production agricole.
Mentionnons aussi le traitement de la tragédie de Portapique à l'égard duquel les gens réclament une enquête publique. Cette tragédie a également suscité un débat au sujet des mesures collectives à prendre en matière de santé mentale et de violence familiale, surtout dans les zones rurales.
Les villes et les villages du Canada atlantique sont beaucoup plus petits que les grands centres urbains des autres provinces, ce qui signifie qu’une partie des fonds fédéraux alloués au Nouveau-Brunswick, à l’Île du Prince-Édouard et même à la Nouvelle-Écosse ne peuvent pas être utilisés par les municipalités qui en ont le plus besoin.
Sans compter que le Nouveau-Brunswick, dans sa situation unique de province bilingue, doit aussi s’assurer que la minorité francophone reçoit des informations précises et pertinentes sur le virus. Je signale que cette province jouit d’une position très enviable dans le monde, car elle compte très peu de cas de COVID-19 et aucun décès. Finalement, habiter au Nouveau-Brunswick, c’est un avantage.
Le Canada devrait surveiller de près ce qui se passe dans ma province au fur et à mesure qu’elle déconfine son économie, car il pourra en tirer des leçons sur la façon dont les entreprises peuvent se relancer après la COVID-19, avec l'aide nécessaire. Il faut pouvoir parler des enjeux propres à certaines régions. Or, la plupart des députés qui représentent les circonscriptions de ces régions ne peuvent pas être ici à cause des restrictions imposées en ce qui concerne les déplacements interprovinciaux, les liaisons aériennes nationales et le nombre de députés présents à la Chambre.
Je note également que, pour d’autres députés, il n’est pas prudent d’être ici. Je songe notamment à ceux qui viennent de localités isolées ou qui risquent de contaminer leur collectivité en se rendant à Ottawa. Pouvons-nous vraiment demander à ceux qui ne sont pas ici aujourd’hui de risquer de devenir des vecteurs de transmission? Par ailleurs, comment la Chambre peut-elle prendre des décisions et représenter tout le Canada sans la présence des représentants de ces régions vulnérables?
Je reste convaincue que, tant que nous ne pouvons pas avoir l’assurance que la participation virtuelle pourra être totalement intégrée à la participation présentielle à des séances de la Chambre ou d’un comité spécial, nous ne servons pas les intérêts des Canadiens des régions rurales, du Nord, de l’Atlantique et de la côte Ouest. Aujourd’hui même, nous ne représentons pas toutes les régions du Canada de façon équitable, ce qui est pourtant l’un des principes fondamentaux de la Chambre. Cela dit, je vois que le gouvernement fait un effort en présentant une motion qui intègre la participation virtuelle et les séances présentielles.
Je reconnais également que les séances quotidiennes se dérouleraient au sein du Comité spécial sur la pandémie de la COVID-19, plutôt que dans le cadre de séances plénières à la Chambre des communes, ce qui serait l'idéal.
Compte tenu de ces éléments, j’appuierai la motion parce que je crois qu'elle sert la démocratie à ce stade.
Lorsque nous aurons déterminé comment fonctionnera l’intégration virtuelle des députés, la Chambre devra se réunir à nouveau pour déposer des projets de loi urgents, notamment celui qui concerne l’aide médicale à mourir. À ce chapitre, le ministre de la Justice a demandé en février à la Cour suprême de surseoir de quatre mois l'application de son arrêt afin d'éviter qu'il y ait un cadre différent au Québec et dans le reste du Canada. Nous avons déjà bénéficié d’une prolongation. Des questions difficiles restent à régler et les Canadiens qui souhaitent recevoir l'aide médicale à mourir comptent sur nous pour adopter ce projet de loi.
En mars, le gouvernement a présenté un projet de loi visant à criminaliser la pratique cruelle de la thérapie de conversion. Nous devons nous engager à interdire au plus vite cette dernière. Nous devons également prendre connaissance des détails du projet de loi sur les armes à feu censés découler des changements réglementaires apportés le 1er mai. Les Canadiens doivent en prendre connaissance pour mettre un terme aux suppositions qui polarisent la population.
En trouvant le moyen d'intégrer en un tout la présence virtuelle et la présence concrète des députés, le Canada ouvre la voie de l'avenir au moment où le monde du travail se transforme radicalement. Certains Canadiens devront continuer à faire du télétravail pendant un certain temps. D'autres souhaiteront le faire. D'autres encore devront répartir leur travail entre leur domicile et leur bureau. Nous savons faire preuve de créativité. Il y aura moins de déplacements par avion et moins de déplacements pour se rendre au travail. Proposons des modèles de lieux de travail en permettant aux députés de prendre les meilleures décisions pour leurs concitoyens et de participer pleinement au débat et au processus décisionnel qui ont lieu à la Chambre.
J’espère que tous les Canadiens sauront à quel point nous travaillons fort pour eux chaque jour. Que nous soyons dans nos salons en compagnie de nos enfants devant un écran Zoom, ou ici à la Chambre des communes, notre engagement et nos efforts sont indéfectibles.
Je pense constamment à ceux qui sont laissés pour compte dans la lutte contre la COVID-19, par exemple les organisations à but non lucratif, les organisations caritatives et les groupes religieux qui, pour une raison ou pour une autre, ne sont pas admissibles au programme de subvention salariale en dépit des services essentiels qu’ils fournissent dans la collectivité. Mentionnons aussi les nettoyeurs et les caissiers qui ne bénificient pas du supplément de salaire au Nouveau-Brunswick; les dentistes inquiets de leur avenir et qui ont du mal à se procurer de l'équipement de protection individuelle; les étudiants étrangers qui n'ont toujours pas droit aux prestations pour étudiants et qui n’ont nulle part où aller et aucun soutien; les femmes enceintes qui n’ont pas de réponses précises au sujet de leurs prestations de congé parental pour les semaines à venir, et bien d’autres.
Mes collègues et moi travaillons pour eux. Je sais que nous pouvons continuer à faire ce travail de façon à protéger la santé et la sécurité de nos communautés.
Voir le profil de Francis Scarpaleggia
Lib. (QC)
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2020-05-26 11:09 [p.2408]
Monsieur le Président, j’ai pris plaisir à écouter l’intervention de la députée. J’ai notamment retenu dans son propos le fait que nous sommes ici pour représenter nos concitoyens d’abord et notre parti ensuite. Évidemment, notre système repose sur les allégeances politiques, ce qui est normal et bien.
Cependant, j’entends beaucoup les députés d’en face dire que nous pourrions régler ce problème en votant par roulement. Je comprends que ce puisse être attrayant, mais en entendant parler la députée, je me suis dit, et si un député ne fait pas partie du groupe qui vote sur un projet de loi qui lui tient particulièrement à cœur, mais pas à son whip? Sans vouloir critiquer notre formidable whip, que se passera-t-il si un député insiste pour être à la Chambre parce qu’il veut prendre position sur une question importante pour les habitants de sa circonscription?
Comment le roulement préserverait-il notre privilège parlementaire?
Voir le profil de Jenica Atwin
PV (NB)
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2020-05-26 11:10 [p.2408]
Monsieur le Président, le député a raison de dire que cette formule ne protégerait pas notre privilège parlementaire. Nous avons le droit d’être ici et d’exprimer notre préoccupation sur tout sujet dont la Chambre est saisie. Comme députée d’un petit parti, je suis chargée de nombreux dossiers en tant que porte-parole et j’ai des intérêts et des responsabilités peut-être plus vastes que d’autres députés. Je tiens donc à participer à tout ce qui se passe.
Je pense vraiment que cela montre notre capacité de collaborer. Nous nous montrons créatifs et conciliants. Cette motion doit être adoptée et elle devrait nous réjouir. C’est une excellente idée. Les Canadiens seront très heureux de la voir mise en pratique, et elle l’est déjà ailleurs. Il est donc temps de l’essayer en y mettant du nôtre. Nous devons changer d’attitude.
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PCC (SK)
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2020-05-26 11:11 [p.2408]
Monsieur le Président, le Nouveau-Brunswick comme la Saskatchewan ont une bonne longueur d’avance. Nos provinces s’en sortent très bien. L’Ontario et le Québec doivent rattraper leur retard sur nos deux provinces.
Je dirai une chose à la députée, qui est une nouvelle venue à la Chambre: aucun projet de loi d’initiative parlementaire ne sera adopté. Nous allons perdre près d’une année de projets de loi d’initiative parlementaire à la Chambre des communes. Ces mesures représentent un privilège important des députés, car elles leur permettent de soulever certains enjeux.
Que pense la députée du fait qu'il est impossible de présenter des projets de loi d’initiative parlementaire avant l’automne, voire plus tard?
Voir le profil de Jenica Atwin
PV (NB)
Voir le profil de Jenica Atwin
2020-05-26 11:12 [p.2409]
Monsieur le président, le député a raison. Hier, quand il parlait des projets de loi d’initiative parlementaire, je me suis surprise à hocher souvent la tête. Il s’agit d’un élément essentiel dans ce que nous faisons à la Chambre et il est regrettable qu’ils ne soient pas prévus dans cette nouvelle motion. Je n’ai pas eu la chance de gagner à la loterie; mon numéro est beaucoup plus loin sur la liste. C’est peut-être pour cette raison que je suis plus disposée à soutenir cette motion, mais elle n’est pas juste pour les députés qui souhaitent présenter des projets de loi d’initiative parlementaire.
Le député a raison. Cette motion n’est pas parfaite. La situation n'est pas idéale, mais nous devons agir pour protéger la santé des collectivités et, malheureusement, les projets d’initiative parlementaire n’ont pas leur place dans ce qui est proposé aujourd’hui.
Voir le profil de Andréanne Larouche
BQ (QC)
Voir le profil de Andréanne Larouche
2020-05-26 11:12 [p.2409]
Monsieur le Président, je remercie ma collègue de son discours. Elle a notamment abordé la question des violences familiales.
Est-ce que, dans certains cas, dans sa province et au Québec, des programmes pourraient permettre à davantage de femmes de se sortir de situations de violence en cette période de crise, mais que les provinces et le Québec sont parfois les mieux placés pour reconnaître leurs compétences.
Voir le profil de Jenica Atwin
PV (NB)
Voir le profil de Jenica Atwin
2020-05-26 11:13 [p.2409]
Monsieur le Président, en tant qu’alliés des femmes dans le dossier de la violence conjugale, nous faisons certainement tout ce que nous pouvons. La situation est difficile à la grandeur du pays. Nous devons être très proches de la réalité régionale, car il faut tenir compte de nombreux éléments culturels autour de cette question. C’est l’une des choses importantes dont nous voulons discuter ici, mais nous voulons le faire avec la participation de tous les députés au sein d'un Parlement virtuel. Je suis ouverte à toute idée qui permettrait la participation pleine et entière de toutes les voix pour aborder des questions très graves comme la violence conjugale au Canada.
Voir le profil de Lindsay Mathyssen
NPD (ON)
Voir le profil de Lindsay Mathyssen
2020-05-26 11:13 [p.2409]
Monsieur le Président, j’ai apprécié le discours de ma collègue aujourd’hui. Elle est très réfléchie et c’est toujours un plaisir de l’écouter.
Nous parlons ici du retour au travail ou de la poursuite du travail et de la façon dont les choses doivent changer. La députée a parlé de sa famille et elle a reconnu que bien des gens éprouvent des problèmes à la maison, où ils doivent concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle. Dans notre débat sur ce retour au travail, de toute évidence, les néo-démocrates cherchent les meilleures solutions. Les congés de maladie rémunérés sont extrêmement importants. J’aimerais aussi que la députée nous dise comment nous pouvons offrir plus de soutien en matière de garde d’enfants et en venir à un système universel de garderies financé par le gouvernement fédéral.
Voir le profil de Jenica Atwin
PV (NB)
Voir le profil de Jenica Atwin
2020-05-26 11:14 [p.2409]
Monsieur le Président, les écoles et les garderies sont fermées. Mes enfants sont avec moi. Cette situation a engendré de nombreux défis en cours de route. Cela a peut-être constitué la plus grande difficulté. Il s’agit de concilier la vie professionnelle et la vie personnelle. Comme je l’ai dit, lors de conférences sur Zoom, on a souvent vu mes enfants à l’écran, mais cela a aussi ajouté un élément d’humanité à notre travail.
Bien sûr, en rouvrant, les garderies ont dû supporter des coûts accrus. Nous devons tenir compte du caractère abordable des garderies pour les Canadiens à la grandeur du pays. Si nous voulons que notre économie reprenne, les garderies doivent être là pour les travailleurs et elles doivent être abordables.
Voir le profil de Alain Therrien
BQ (QC)
Voir le profil de Alain Therrien
2020-05-26 11:15 [p.2409]
Monsieur le Président, le Québec est une société distincte. Même le très fédéraliste Robert Bourassa le mentionnait et le défendait face aux autres Canadiens.
« Société distincte » veut dire, entre autres, que nous parlons majoritairement le français. C'est la seule langue officielle du Québec. Nous avons une culture qui est différente. Nous ne sommes ni meilleurs ni pires, nous sommes différents.
Économiquement, nous sommes différents aussi. Nous sommes le royaume de la petite et de la moyenne entreprise. Le dynamisme québécois repose sur le dynamisme des petits entrepreneurs québécois qui, à force de labeur et de travail, ont été capables de créer des entreprises qui étaient petites au départ, certes, mais qui sont devenues moyennes, voire grosses dans certains cas.
La pandémie est une menace pour ce tissu industriel québécois, pour cet esprit novateur, pour cet entrepreneuriat. Menacées par la faillite à cause de la pandémie, certaines PME vont disparaître. D'autres endroits au Canada peuvent tenir le même discours et c'est correct. Cependant, au Québec, la PME est encore plus importante étant donné la différence de notre tissu industriel.
Ces entreprises sont menacées par la faillite, certes, mais également par autre chose: elles sont menacées d'être achetées par des étrangers. Ce faisant, tous les efforts et toute la créativité échapperaient aux Québécois, et les décisions seraient prises, à moyen et long termes, dans un autre pays. Cette menace ferait que les entreprises aux prises avec la situation temporaire qu'est la pandémie de la COVID-19 pourraient en subir des effets permanents. Il faut donc se méfier et faire attention à ce que cela ne se produise pas.
Le Bloc québécois a pour seul objectif de veiller à l'intérêt des Québécois. C'est pour cette raison que les 20 et 29 avril, lors des débats sur des motions qui ont été adoptées à la Chambre, face à un gouvernement qui se montrait ouvert à nos suggestions, nous avons soumis des propositions pour protéger l'entrepreneuriat de la pandémie, où nous savions que nous étions fragiles.
Le 20 avril, quand nous soulevé l'idée de collaborer au projet de Subvention salariale d'urgence du Canada, nous savions que certaines entreprises étaient très fragilisées par le maintien de leurs coûts fixes en dépit de l'absence de revenus, une situation pouvant leur être fatale. C'est pour cela que nous avions demandé au gouvernement de greffer à l'entente du 20 avril une aide supplémentaire pour faire face aux coûts fixes.
Nous avions devant nous une proposition de subventions salariales évaluées à 73 milliards de dollars. Nous avons réussi à convaincre le gouvernement d'inclure dans sa motion une subvention partielle des coûts fixes des entreprises, une mesure importante qui permettrait d'éviter la faillite à des vedettes de demain. C'est ce que nous proposions.
Qu'avons-nous obtenu en retour?
Nous avons obtenu un programme qui n'apportait à peu près aucune solution pour les entreprises. Ce programme était trop timide, trop léger, voire inaccessible dans certains cas. La plupart des entreprises nous ont dit que ce programme n'était pas bon pour elles et qu'il leur fallait autre chose.
C'est pour cette raison que nous avons talonné le gouvernement en lui disant qu'il fallait améliorer ce qui avait été proposé dans la motion. Nous lui avons rappelé qu'il s'était engagé et qu'il nous avait donné sa parole. Nous lui avons dit qu'il fallait aider les entreprises, l'heure étant grave.
Cependant, rien n'a été fait depuis. C'est le silence radio. Quand le gouvernement a déposé sa motion il y a 11 jours, le Bloc a immédiatement dit que, pour protéger les entreprises, il fallait améliorer et accroître l'aide accordée pour faire face aux coûts fixes.
Hier, le leader du gouvernement à la Chambre a dit que le gouvernement avait fait un premier pas — petit pas, s'il en est. Si le petit pas s'arrête là, c'est insuffisant, alors que nous proposions justement de continuer à aider ces entreprises. Il s'agit donc là d'une promesse non tenue.
Monsieur le Président, j'ai oublié de vous indiquer que je vais partager mon temps de parole avec la députée de Saint-Jean. Je suis désolé. Je suis sûr que vous saurez me pardonner. Vous êtes tellement gentil, cela n'a pas de sens. C'est avec vous que je devrais négocier à l'avenir.
Le deuxième aspect important, c'est que des entreprises veulent engager des gens et que des municipalités ont besoin d'engager des gens. On sent que la reprise économique arrive, on voit de meilleurs jours venir. Pour que les entreprises trouvent des employés et que les gens souhaitent reprendre le collier, il faut les aider. Il faut inciter les gens à travailler. Il faut leur dire de recommencer à travailler et à faire un effort de production. L'économie québécoise et du reste du Canada ne s'en portera que mieux.
Le 29 avril, le gouvernement a créé la PCUE et nous l'avons félicité puisqu'il est vrai que certains étudiants ne trouveront pas d'emploi et qu'ils ont besoin d'une sécurité financière pour poursuivre leurs études. Nous avons applaudi cette mesure. Lorsque nous avons analysé la proposition du gouvernement, nous avons constaté qu'elle contenait une tare qui ferait que les étudiants seraient peut-être moins portés à travailler.
Est-ce que je les trouve paresseux? Non, ce n'est pas de la paresse. Toutefois, tel qu'il a été structuré et rédigé, le programme fait que le salaire d'un étudiant qui travaille deux ou sept jours par semaine reste le même. Même un caniche royal avec un képi sur la tête comprend que, si son salaire ne change pas, peu importe qu'il travaille deux ou sept jours, il devrait travailler deux jours. C'est assez clair, mais il semble que le gouvernement n'a pas compris. C'est pourquoi nous avons demandé au gouvernement de s'engager à inciter les étudiants à travailler en s'assurant que, en toutes circonstances, le salaire des étudiants augmente s'ils travaillent plus. Notre soutien était conditionnel à cela.
C'est une règle fondamentale de l'économie: plus on travaille, plus on gagne. Nul besoin de sortir des marionnettes et des crayons de cire pour comprendre cela. Le gouvernement nous a dit que c'était une bonne idée. La vice-première ministre a dit à la Chambre qu'il s'agissait d'une bonne idée et que le gouvernement travaillerait là-dessus. Trois semaines plus tard, il n'y a rien; il n'a fait aucun pas en avant. C'est pire que pour les coûts fixes, pour lesquels les libéraux ont fait un pas et sont épuisés. Dans le cas de la PCUE, aucun pas n'a été fait.
Nous sommes devant un gouvernement qui ne respecte pas ses engagements. Ainsi, quand arrive une autre ronde de négociations, nous ne pouvons pas embarquer. Nous ne pouvons pas négocier avec un gouvernement qui nous promet des choses qu'il ne fait pas. Nous avons déjà joué dans ce mauvais film, mais cela ne nous tente plus.
Nous lui avons même donné une chance. On voit à quel point nous sommes gentils. Nous avons dit au gouvernement de tenir les deux promesses qu'il avait faites. Nous lui avons donné huit jours, mais il n'a pas fait d'effort. Il devait faire d'autres pas pour les coûts fixes afin d'améliorer ce qu'ils ont commencé très timidement, et ensuite faire ce qu'il a promis.
Nous avons attendu, mais, finalement, nous nous sommes fait dire non et indiquer comment cela fonctionnerait. Alors, aujourd'hui, nous disons comment les choses vont fonctionner pour nous, au Bloc. Nous ne pouvons pas intervenir et nous asseoir à une table avec des gens qui n'ont que peu de respect pour leur parole.
Nous avons une parole et nous avons des idées très claires. Ce qui est bon pour le Québec est bon pour le Bloc québécois. Ce qui est bon pour la nation québécoise est bon pour le peuple québécois. Il faut aider les petites et les moyennes entreprises à survivre à la pandémie, ces bourgeons qui deviendront des Bombardier éventuellement. Il faut donner la chance à ces entreprises de survivre et c'est ce que nous faisons depuis le début. Nous travaillons fort là-dessus et nous ne lâcherons pas. Notre programme est simple et clair: ce qui est bon pour le Québec est bon pour nous.
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Lib. (MB)
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2020-05-26 11:25 [p.2410]
Monsieur le Président, le député fait allusion à la nécessité d’aider les travailleurs et à celle d’aider les entreprises, mais aussi au fait qu'il y a un lien entre les deux. Que ce soit au Québec ou dans ma province, le Manitoba, tant les petites entreprises que les travailleurs sont en mauvaise posture. C’est l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement a consacré tant d’énergie et de nombreuses ressources pour veiller à ce que cet aspect de notre économie subisse le moins de dommage possible.
La subvention salariale en est un exemple. En proposant un programme de subvention salariale solide, nous garantissons que les travailleurs et les employeurs sont protégés. En assurant cette protection, nous serons mieux placés pour faire croître notre économie. Nous protégeons des emplois tout en protégeant des entreprises.
Ce n’est qu’un des nombreux programmes disponibles et cela montre pourquoi il est si important que le gouvernement du Canada travaille avec les gouvernements provinciaux pour veiller à atténuer les répercussions négatives du coronavirus. Le député ne pense-t-il pas que c’est une bonne chose?
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BQ (QC)
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2020-05-26 11:26 [p.2410]
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
C'est sûr que les subventions salariales sont importantes. Regardons les libéraux: ils ont les deux mains dedans. Pour eux, c’est vraiment très important, sauf que la nature du programme en question a été un peu violée par l’action disgracieuse du gouvernement lorsqu'il s’est mis les mains dans la Subvention salariale d’urgence du Canada. Pourtant, les libéraux ne sont aucunement menacés de faillite. Je suis convaincu qu’ils ne feront pas faillite cette année.
En économie, il y a deux types de coûts qu'une entreprise doit assumer: les coûts fixes et les coûts variables. Les coûts variables, ce sont généralement les salaires. Ils sont couverts par la Subvention salariale d'urgence du Canada.
Ce que nous proposons est encore plus important pour le Québec, parce que les PME sont le cœur de notre économie. Oui, il y a des entreprises au Manitoba, et c’est correct. Nous ne disons pas que c’est mauvais pour le reste du Canada.
Je vais revenir sur les coûts fixes. Les entreprises ont, bien sûr, des coûts variables et des masses salariales à respecter, mais elles ont aussi des coûts fixes, ce qui fait que même quand il n’y a pas de production, il y a des coûts à combler. C’est cela qui est crucial.
On ne peut pas seulement aider les entreprises à payer leurs coûts variables, on doit aussi les aider à payer leurs coûts fixes. C’est le b-a ba de la microéconomie. J'enseigne cela au cégep et à l’université. Il faut aider les entreprises relativement aux coûts fixes. C’est pour cela que nous avons tendu la main au gouvernement, mais nous n'avons pas obtenu de réponses.
Est-ce parce qu'il a oublié...
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PCC (ON)
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2020-05-26 11:28 [p.2411]
L'honorable député de Bellechasse—Les Etchemins—Lévis a la parole.
Voir le profil de Steven Blaney
PCC (QC)
Monsieur le Président, j'aimerais poser une question à mon collègue de La Prairie.
Est-ce que le député appuie la motion du Parti conservateur qui vise justement à améliorer les programmes libéraux?
Le député a mentionné dans son discours que les mesures libérales étaient trop légères, inaccessibles et mal ciblées. Le Parlement peut aider le gouvernement à faire en sorte que les mesures aident les Québécois et les Canadiens.
Est-ce qu’il appuie la motion du Parti conservateur pour que nous revenions au Parlement afin d'avoir des meilleures lois pour servir les gens du pays lors de cette pandémie?
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BQ (QC)
Voir le profil de Alain Therrien
2020-05-26 11:28 [p.2411]
Monsieur le Président, une chose est sûre, je n’appuie pas le fait que les conservateurs vont aussi puiser dans la Subvention salariale d’urgence du Canada pour essayer d’éponger des supposés problèmes financiers alors qu’ils sont riches comme Crésus. Je dirais même que Crésus était pauvre comparativement aux conservateurs. Les deux grands partis payants ont les deux mains dans la Subvention salariale d'urgence du Canada. Cela ferait une méchante photo.
Oui, le Parlement devrait continuer à siéger de façon normale. Je suis d’accord avec lui. Oui, il y a des questions qui restent en suspens. Quand nous avons négocié les coûts fixes à la table du gouvernement, il y avait deux absents, soit le NPD et les conservateurs. Il y avait juste le Bloc québécois qui poussait pour qu’il y ait une amélioration de l’aide qu’on pourrait verser aux entreprises. C'est par les entreprises qui survivent qu'un tissu économique est plus fort et que les emplois sont durables et de qualité.
Voir le profil de Christine Normandin
BQ (QC)
Voir le profil de Christine Normandin
2020-05-26 11:29 [p.2411]
Monsieur le Président, je remercie mon très estimé collègue de La Prairie de m'avoir laissé la parole. Je lui en suis reconnaissante.
On me demande à l'occasion comment j'entrevois la sortie de crise, ce que j'espère que nous retenions de cette crise. J'y ai réfléchi et je pense que c'est important qu'on y pense tous un petit peu.
Je vais faire un parallèle en remontant dans mes souvenirs à un moment où j'étais beaucoup plus jeune, en 1998. J'avais 13 ou 14 ans.
Voir le profil de Christine Normandin
BQ (QC)
Ma région a vécu la crise du verglas, qui a marqué l'imaginaire collectif. On avait réalisé à ce moment qu'il s'était créé des mouvements de solidarité, un peu comme c'est le cas maintenant. Il y a eu de l'aide entre les citoyens. Je me souviens de mon père qui se promenait avec sa génératrice pour aller vider les caves de gens qui habitaient sur le rang chez nous et les pompes qui ne fonctionnaient pas parce qu'il n'y avait pas d'électricité. On a aussi réalisé — et ce sont les plus vieux qui nous le font remarquer parce que j'étais moi-même trop jeune pour m'en rendre compte — qu'au moment où on a rallumé les lumières, beaucoup de cette solidarité a été perdue. Malheureusement, je crains que cela arrive aussi au moment où on trouvera un vaccin. Présentement, nous sommes dans une situation où on encourage énormément l'achat local.
J'ose espérer qu'on pourra garder cette belle solidarité, mais il y a des choses qui devront être mises en place par le gouvernement et par le Parlement pour s'assurer qu'il nous restera quelque chose de cette crise. Ce serait une insulte aux gens qui souffrent présentement et aux gens qui auront péri des suites de la COVID-19 que de ne pas tirer de leçon de cette pandémie et de ne pas saisir l'occasion pour devenir meilleurs.
Des choses peuvent être faites présentement dans certains dossiers, mais elles auraient aussi pu être faites par le passé, ce qui nous aurait permis de passer un peu mieux à travers la crise. Je vais donner trois exemples particuliers. Il y a la question des aînés, qui a été un des clous sur lesquels le Bloc québécois a énormément tapé. Même avant la crise, même avant qu'on puisse penser qu'il y aurait un jour ce genre de pandémie, le Bloc québécois soulevait le problème. Au moment où on a instauré le système de Sécurité de la vieillesse, cela couvrait l'équivalent de 20 % du revenu industriel moyen. Compte tenu du désinvestissement qu'il y a eu année après année, cela correspond à l'équivalent de 13 % du salaire moyen. Le pouvoir d'achat des aînés a grandement diminué. Nous souhaitons pouvoir dire que les 300 $ qui ont été octroyés, c'est un bon coup, mais cela ne doit pas être ponctuel. Oui, cela aidera en partie pendant la crise, mais les problèmes que les aînés vont subir vont continuer d'exister.
On peut penser notamment au coût du panier d'épicerie à l'automne, qui risque d'être très élevé, notamment pour les fruits et les légumes frais, surtout ceux qui viendront de nos maraîchers et de nos agriculteurs. Quelque chose aurait dû être fait avant la crise, mais on peut encore le faire dans le cadre de la crise. Il s'agit d'augmenter le pouvoir d'achat de nos aînés et de s'assurer, par la force des choses, qu'ils continuent à contribuer à notre économie, qu'ils continuent à faire leurs achats chez nos producteurs locaux et qu'ils continuent à être actifs, économiquement parlant, dans notre société. Malheureusement, ce sont des choses que nous ne pourrons peut-être pas faire si le Parlement se résume à quatre périodes de questions par semaine.
Il y a un autre point que nous avons beaucoup soulevé pendant la crise, et c'est la question des transferts en santé. Depuis plusieurs années, il y a un désinvestissement massif des transferts fédéraux en santé vers les provinces et le Québec. Dans certains cas, on peut critiquer certaines réformes que les provinces ont tenté de mettre sur pied. Même certains acteurs de ces réformes admettent que ce qui a été fait était peut-être perfectible, qu'ils auraient pu faire les choses autrement et que cela aurait été mieux. Il reste que, quand on n'a pas l'argent, on part avec une béquille énorme. Le désinvestissement fédéral est la cause principale des problèmes actuels du système de santé. Cela existait avant la crise. Cela aurait dû être réglé avant la crise. La situation que nous vivons présentement devrait à tout le moins nous faire dire que nous ne voulons pas que cela ne se reproduise plus tard.
Il y a une chose qu'on peut faire présentement, c'est de s'assurer que les entreprises qui bénéficient des paradis fiscaux ne reçoivent pas de subvention salariale. Nous avons fait le calcul. Les grandes banques épargnent en impôt annuellement l'équivalent d'environ 2,5 milliards de dollars; or il en coûterait entre 1,9 et 2 milliards de dollars pour rétablir les transferts en santé. En s'assurant que les vrais fautifs, les gens qui légalement, mais immoralement utilisent les paradis fiscaux, paient leur juste part d'impôt, on pourrait rétablir les transferts en santé.
On espère que cela n'arrivera pas, mais il faudra être prêt à réagir si une autre crise survient. Il faut s'assurer de tirer des leçons de la crise que l'on vit présentement.
Un autre sujet que j'ai beaucoup aimé aborder pendant la crise est toute la question des agriculteurs, plus spécifiquement sous l'angle des travailleurs étrangers temporaires qui sont les piliers de notre production. Ce sont des gens qui sont absolument nécessaires à notre sécurité et à notre souveraineté alimentaires et qui nous permettent de nous approvisionner en produits frais et locaux.
La problématique des permis de travail fermés existe depuis longtemps. Les producteurs agricoles se plaignent du manque de flexibilité qu'impose un permis de travail fermé. Je vais donner quelques exemples d'avant la crise.
Pensons d'abord à un agriculteur qui n'aurait besoin de quelqu'un qu'à temps partiel, peut-être une journée par semaine. Cela ne vaut pas la peine de faire venir quelqu'un du Guatemala en lui disant qu'il ne va travailler qu'une journée par semaine. Cependant, un permis de travail fermé ne permet pas d'échanger ou de partager le travail d'un employé entre plusieurs entreprises agricoles.
Par ailleurs, la charge de travail n'est pas répartie de la même façon d'une entreprise agricole à une autre. Par exemple, la fin de l'hiver représente une charge de travail un peu moins grande pour les producteurs laitiers, puisque ce n'est ni le début ni la fin des récoltes. Par contre, pour les producteurs acéricoles, la fin de l'hiver est une période très occupée de l'année, car c'est à ce moment-là qu'ils commencent à semer. Cette répartition inégale de la charge de travail empêche là aussi de se partager les services des employés. Ce problème existait déjà avant la crise.
Pendant la crise, alors que l'on subissait une pénurie majeure de travailleurs étrangers temporaires, des producteurs ont été incapables de se partager l'aide de travailleurs dans des moments très critiques. Pensons ici aux pomiculteurs qui avaient besoin de faire tailler leurs pommiers pour lancer leur saison. Au même moment et souvent sur le terrain juste à côté, des producteurs acéricoles dont la saison de cabane à sucre avait été annulée avaient à leur disposition une poignée de gens qu'ils ne pouvaient pas faire travailler et dont ils auraient bien aimé pouvoir partager les services avec les pomiculteurs.
Pensons aussi aux producteurs maraîchers qui ont souvent deux récoltes par été. Alors qu'un premier lot de travailleurs récolte les produits, un deuxième groupe juste en arrière plante en prévision d'une seconde récolte. Or, la majorité des maraîchers de chez nous ont présentement suffisamment de gens pour récolter, mais pas assez pour planter en arrière. Si toutes les entreprises s'étaient entendues pour mieux utiliser les travailleurs à leur disposition, elles auraient pu avoir deux récoltes, ce qui aurait constitué une meilleure production à la fin de l'année.
Advenant une autre crise, il serait bien de considérer de nouvelles modalités en lien avec les permis fermés. Si une tempête de grêle détruisait ma récolte, mais pas celle de mon voisin, ce dernier pourrait sauver sa récolte en recourant à davantage de main-d'oeuvre si l'on pouvait se partager les services des travailleurs. Plus près d'ici, lorsqu'il y a eu des inondations, les travailleurs agricoles qui n'étaient pas trop occupés à ce moment-là n'ont pas pu prêter main-forte et installer des sacs de sable pour protéger les gens des inondations.
Ce problème existe depuis longtemps et pourrait être résolu. Pour notre part, nous faisons des propositions et nous suggérons des pistes, comme la possibilité de permettre à un travailleur titulaire d'un permis fermé d'aller quand même travailler ailleurs pendant un certain nombre de jours.
Cependant, nous ne pouvons pas présenter toutes ces réflexions à l'heure actuelle, puisque deux partis ont choisi de restreindre la tenue de ces échanges à entre nous. Pourtant, le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre a mené une étude remarquable sur la tenue de séances virtuelles du Parlement.
Je trouve dommage que l'on reconnaisse d'entrée de jeu que la pandémie de la COVID-19 constitue un immense problème, mais que l'on décide de se lier les mains en s'empêchant de trouver des solutions pour maintenant et pour l'avenir. D'une certaine façon, je trouve que le fait de ne pas travailler dès maintenant à aider les gens qui souffrent et ceux qui meurent de la COVID-19 constitue un manque de respect envers ces personnes. Il est dommage que cette crise ne fasse pas ressortir le meilleur de nous-mêmes.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Voir le profil de Kevin Lamoureux
2020-05-26 11:39 [p.2412]
Monsieur le Président, la députée fait valoir plusieurs points. Je suis d'accord avec certains, mais d'autres sont discutables, selon moi. Par exemple, je suis d'avis que le gouvernement a investi des montants sans précédent dans les soins de santé et je n'ai pas été témoin des compressions qu'elle évoque. Je pose une question à la députée afin de faire un lien entre ses observations et l'importance véritable de la motion à l'étude.
Assurément, il faut reconnaître que personne n'aurait été en mesure de prédire la situation il y a quelques mois. Si on considère tout ce qui a été fait, qu'il s'agisse des programmes ou de la collaboration du gouvernement avec l'opposition, force est d'admettre que nous avons accompli beaucoup de choses en une période relativement courte. La démocratie est importante. Nous avons discuté de l'intégration virtuelle complète ces derniers mois et nous avons réalisé des progrès considérables à cet égard. C'est là l'objet de la motion: nous faire avancer dans l'atteinte d'une intégration complète, pour que tous les députés puissent apporter leur contribution au Parlement.
La députée convient-elle que, grâce à la motion, elle aura beaucoup plus de latitude et sera beaucoup plus en mesure d'interroger le gouvernement sur tous les points qu'elle soulève? Elle pourra le faire non seulement durant les mois de mai et juin, mais aussi durant les mois de juillet et août, ce qui est sans précédent, d'après ce que je comprends.
Voir le profil de Christine Normandin
BQ (QC)
Voir le profil de Christine Normandin
2020-05-26 11:41 [p.2413]
Monsieur le Président, je ne peux pas m'empêcher de prendre la balle au bond au sujet de la question des transferts en santé et de rappeler que la ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec a écrit, en novembre, à la ministre de la Santé pour lui rappeler qu'il y avait un problème en ce qui a trait aux transferts et qu'elle réclamait que ce soit ramené à 25 %. Cela a d’ailleurs été une demande commune et unanime de l'ensemble des premiers ministres des provinces au Conseil de la fédération, en décembre dernier. Je pense qu'il y a d'autres gens qui partagent mon point de vue.
Pour ce qui est de la question du Parlement, la motion qui est devant nous nous permet de questionner le gouvernement. C'est bien. Je ne dis pas que c'est absolument mauvais, mais ce n'est pas suffisant. Nous n'avons pas de journées de l'opposition. Nous ne pouvons pas déposer des projets de loi. Nous ne pouvons pas débattre de motions. C'est une période de questions beaucoup plus qu'une période de réponses. Malheureusement, ce n'est pas suffisamment pour nous permettre de faire avancer des programmes autant que nous le pourrions. Oui, des choses ont été faites. Je ne le nie pas. Toutefois, la possibilité d'en faire beaucoup plus, c'est ce qui nous est nié aujourd'hui, et c'est ce que nous déplorons.
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