Hansard
Consultez le guide de l'usager
Pour obtenir de l’aide, contactez-nous
Consultez le guide de l'usager
Pour obtenir de l’aide, contactez-nous
Ajouter un critère de recherche
Résultats : 1 - 15 de 7945
Voir le profil de Lenore Zann
Lib. (NS)
Voir le profil de Lenore Zann
2021-06-22 18:22 [p.9004]
propose que le projet de loi S‑205, Loi modifiant la Loi sur le Parlement du Canada (artiste visuel officiel du Parlement), soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
— Monsieur le Président, je suis heureuse de prendre la parole aujourd’hui au sujet du projet de loi S‑205, qui vise à créer le poste d’artiste visuel officiel du Parlement. Le titulaire serait membre du personnel de la Bibliothèque du Parlement, au même titre que le poète officiel du Parlement. L’artiste visuel officiel du Parlement aurait pour mandat de promouvoir les arts au Canada par l’intermédiaire du Parlement, notamment en encourageant la population à mieux connaître les arts, à les apprécier et à y être sensible, et en favorisant leur développement. Aux termes de ce projet de loi, « arts » s’entend du dessin, de la peinture, de la sculpture, de la gravure de reproduction, du design, de l’artisanat, de la photographie, de la vidéographie et du cinéma.
J’aimerais remercier la marraine de ce projet de loi au Sénat, la sénatrice Patricia Bovey, du travail accompli pour que ce projet de loi soit présenté à la Chambre. J’aimerais également souligner que l’artiste Peter Gough, de la Nouvelle-Écosse, est à l’origine de cette merveilleuse idée. Malheureusement, Peter est décédé avant de voir son idée se concrétiser. Cependant, il y a de nombreux autres artistes exceptionnels en Nouvelle-Écosse et au Canada qui, j’en suis sûre, seront heureux de voir ce projet de loi aller de l’avant et honorer la mémoire de M. Gough ainsi que le travail de la communauté artistique du Canada.
Comme je l’ai dit, le projet de loi S-205 fait appel au même concept que celui du poète officiel du Parlement. Le commissaire aux langues officielles du Canada, le président du Conseil des arts du Canada et le président de l’Académie royale des arts du Canada ont tous témoigné au sujet de cet important projet de loi, tout comme le directeur du Musée des beaux-arts du Canada.
Le titulaire, nommé pour deux ans, aurait pour mandat de promouvoir les arts au Canada par l’entremise du Parlement, notamment en favorisant la connaissance, la jouissance et le développement des arts. Je ne saurais trop insister sur la contribution des artistes canadiens à notre société, à notre bien-être collectif et à la compréhension que nous avons les uns des autres, qu’il s’agisse de Canadiens de longue date, de néo-Canadiens, d’immigrants, de membres des Premières nations ou de réfugiés. Les arts peuvent abattre les barrières qui se dressent entre nous, ce dont nous avons besoin aujourd’hui plus que jamais. Les artistes du Canada mettent en lumière ce qu’être Canadien veut dire. Par le truchement de médias différents, ils font ressortir nos parcours et nos trajectoires, selon les points de vue de nombreuses cultures et régions différentes. Ils sont parfois critiques, mais ils reflètent ce que nous sommes.
Ces 18 derniers mois, nous avons traversé l’une des périodes les plus difficiles que notre pays ait connues depuis des décennies. La pandémie nous a forcés à nous isoler, ce qui a mené à la solitude et au désespoir de nombreux Canadiens, notamment des jeunes. Je dois dire que nos jeunes attendent avec impatience le jour où ils pourront sortir et profiter de nouveau des arts en personne et, comme ma chère nièce, Maia, me l’a dit peu de temps avant de rendre son dernier souffle cette semaine: « Que serait la vie sans musique? La vie serait tellement déprimante sans la musique. » Je suis tout à fait d’accord avec elle. Tout au long de cette pandémie, les artistes du Canada ont été là pour nous donner un peu de lumière et d’espoir en attendant le moment où amis, familles et collègues pourront nous retrouver ensemble.
Les arts sont aussi des moteurs économiques. Troisième employeur en importance au Canada, le secteur des arts et de la culture emploie quelque 600 000 Canadiens et représente 7,5 % de notre PIB. La recherche a montré que les arts contribuent positivement à notre santé, à notre éducation et à notre environnement, et je pense que nous avons besoin de plus d’arts dans les écoles. Les arts sont de véritables programmes de santé mentale. Demandez à n’importe quel enfant de raconter son histoire, et je suis certain qu’il préférera s’exprimer par le dessin, par l’écriture ou même par le théâtre en se glissant dans un personnage, plutôt que de parler directement de lui-même. C’est parfois beaucoup plus facile à faire.
Où serait l’industrie du tourisme sans les arts et les artistes du Canada? Les arts sont une langue internationale universelle et ils sont le prisme par lequel d’autres pays nous identifient comme Canadiens. En anglais, les arts nous différencient des Américains. Les Américains ont leurs propres arts et leur propre culture, mais nous devons appuyer les nôtres pour que nous ne soyons pas noyés et pour que les gens puissent entendre nos propres histoires et nos propres voix, pas seulement celles des Américains.
La dimension culturelle des événements internationaux existe non seulement pour divertir, mais pour montrer au monde qui nous sommes, et nous le faisons très bien. Le gouvernement du Canada s'est engagé à rétablir le pilier culturel de notre politique étrangère. Nous nous présentons au monde par le biais des arts, qui permettent de mieux comprendre qui nous sommes sur la scène internationale.
Je crois qu'il est temps que le Parlement nomme un artiste visuel officiel dont les œuvres pourraient dépeindre, pour la postérité, les événements qui captent l'attention des parlementaires et le travail qu'ils font pour améliorer la vie des Canadiens. Je demande l'appui des députés pour concrétiser cette initiative. C'est une façon concrète de remercier les artistes de leur contribution à la société canadienne, surtout pendant une période aussi difficile que celle que nous vivons actuellement.
J'aimerais réciter un poème de George Elliott Clark, ancien poète officiel du Parlement, qui s'intitule Sur l'idée de nommer un artiste visuel officiel:
La page blanche, la toile blanche estIndubitablement délicieuseComme le brouillard qui cache puis révèleCe que l'espoir fige bientôtUne architecture fantastiqueL'imagination bien née:Ce que la Vision, œil de soiA rêvé, un Quoi éclairant un Pourquoi...Peintures et encres explosent en arcs-en-cielUn film sculpte la lumière, en un clin d'oeil;Une aiguille, dansante, devient lyrique,Toute forme devient épique.L'art vit dans l'œil de ceux et celles,Dont la vision imagine un artiste officiel.
Voir le profil de Matthew Green
NPD (ON)
Voir le profil de Matthew Green
2021-06-22 18:29 [p.9004]
Monsieur le Président, dans son préambule, la députée a parlé du processus de sélection, et elle a dit que l'artiste visuel officiel serait choisi parmi trois candidats qui reflètent la diversité canadienne. Pourquoi est-il important pour la députée que son projet de loi d'initiative parlementaire tienne compte de la diversité canadienne?
Voir le profil de Lenore Zann
Lib. (NS)
Voir le profil de Lenore Zann
2021-06-22 18:29 [p.9005]
Monsieur le Président, la planète tout entière se compose d'une pléthore d'histoires, les personnes de cultures différentes ne voyant pas la réalité ni la vie de la même façon. Ce n'est que par la transmission visuelle et orale de toutes ces histoires que nous pouvons apprécier toute la beauté du monde et de la vie. D'où toute l'importance d'assurer une bien plus grande expression de la diversité au pays, de sorte que davantage de personnes puissent la vivre et, espérons-le, en ressortir grandies.
Voir le profil de Caroline Desbiens
BQ (QC)
Monsieur le Président, je remercie notre collègue de Cumberland—Colchester de son projet de loi, que nous apprécions ici à la Chambre.
J'aimerais demander à ma collègue s'il ne serait pas plus avantageux et plus léger, pour l'exercice en soi, d'avoir au Parlement un comité d'artistes qui puissent y refléter la diversité mieux que ne le ferait une seule personne, laquelle court le risque d'un parti pris influencé par sa perception personnelle? Un comité ferait peut-être davantage l'unanimité qu'une seule personne.
Voir le profil de Lenore Zann
Lib. (NS)
Voir le profil de Lenore Zann
2021-06-22 18:31 [p.9005]
Monsieur le Président, c'est une question très perspicace, et je comprends le cheminement de ma collègue.
Ici, en Nouvelle‑Écosse, nous avons un comité d'artistes nommés par le gouvernement provincial. Ses membres décident de l'attribution des subventions et de ce genre de choses pour la Nouvelle‑Écosse. Toutefois, pour être franche, l'art par l'intermédiaire d'un comité, c'est loin d'être une sinécure. Chaque artiste a son point de vue, sa vision de son travail au sein du comité. Par exemple, il n'y a habituellement pas dix sculpteurs. Un artiste concrétise sa vision, puis la partage avec le monde.
Voilà sur quoi porte ce projet de loi: mettre en lumière le caractère unique de l'artiste canadien. Un artiste différent sera choisi tous les deux ans afin d'en mettre de nombreux en valeur et de leur permettre de partager leurs œuvres avec les Canadiens.
Voir le profil de Kate Young
Lib. (ON)
Voir le profil de Kate Young
2021-06-22 18:32 [p.9005]
Monsieur le Président, j’aimerais remercier la députée de Cumberland—Colchester d’avoir présenté ce projet de loi. Étant la mère d’un artiste visuel diplômé du Nova Scotia College of Art and Design, je suis très fière et heureuse de cette initiative de ma collègue.
La députée croit-elle vraiment que les Canadiens sous-estiment la manière dont les arts nous ont façonnés?
Voir le profil de Lenore Zann
Lib. (NS)
Voir le profil de Lenore Zann
2021-06-22 18:33 [p.9005]
Monsieur le Président, je crois que les gens en général sous-estiment l’influence des arts dans leur vie et la mesure dans laquelle ils ont besoin des arts pour se rapprocher. Pendant la pandémie, par exemple, que faisaient les gens? Ils regardaient des séries à la télévision et lisaient des livres. Ce sont les arts qui ont contribué à les réunir et les ont aidés à préserver leur santé mentale.
Malheureusement, dans ma circonscription, un jeune homme de 18 ans, amateur de théâtre, a perdu la vie. Il avait abandonné l’école et ne pouvait pas suivre sa passion. C’est sur scène qu’il était heureux, mais la COVID-19 l’a privé de ce bonheur. J’estime que la promotion des arts aidera les Canadiens. Les arts nous aident à rester forts et contribuent à notre bien-être mental, affectif et spirituel.
Voir le profil de Garnett Genuis
PCC (AB)
Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui pour appuyer le projet de loi S‑205 et affirmer l'importance des arts dans la vie de tous les Canadiens et, en fait, de tous les peuples depuis des temps immémoriaux. L'appréciation des belles choses et la joie qui en découle sont des aspects fondamentaux de la condition humaine. Les arts nous permettent d'éveiller notre esprit, d'aiguiser notre pensée et de mieux comprendre les notions de bonté et de vérité, en union avec la beauté.
Je réfléchissais à des façons d'introduire le sujet. Je me suis rappelé que, dans la tradition catholique, nous célébrons aujourd'hui la fête de saint Thomas More. On associe son nom à certaines choses plus qu'à d'autres, mais il s'agit d'un personnage complexe qui a beaucoup contribué à la politique et à la littérature. Il est surtout connu pour la façon dont sa carrière s'est terminée: il a été exécuté pour avoir refusé d'approuver le mariage du roi. Il l'a fait par principe et par acquit de conscience. Que nous soyons d'accord ou non sur la position qu'il a adoptée, nous pouvons tous admirer le courage d'un homme politique qui prend position sur un principe et qui reconnaît que ses convictions sont plus importantes que sa carrière ou même sa vie.
Saint Thomas More était aussi un grand humaniste. Il parlait de justice. Il parlait de dignité humaine et établissait un lien explicite entre les mauvais traitements infligés aux gens et la criminalité. Ses écrits et ses commentaires sur ces questions ont été des sources d'inspiration et de contenu pour des gens de toutes les allégeances politiques. Doté d'un sens artistique aiguisé, il savait énoncer ses idées et présenter ses arguments politiques, indirectement peut-être, sous la forme de magnifiques compositions littéraires.
J'encourage tous les députés qui ne l'ont pas fait à lire L'Utopie, d'où vient le concept de l'utopie comme une construction politique. Il a écrit cet ouvrage relativement court, L'Utopie, où il imagine un voyage vers une contrée lointaine appelée Utopie, dont il décrit en détail les caractéristiques, les modes de relations et les croyances de son peuple fictif. Évidemment, il vivait à une époque où il était difficile de présenter directement certaines idées politiques. Comme le montre la fin de sa carrière, si on avait certaines convictions et qu'on les exprimait, les conséquences pouvaient être sinistres. On pouvait être supprimé, non pas comme on l'entend aujourd'hui, mais littéralement supprimé.
Il a parlé de certaines idées et a soulevé certaines questions en décrivant une société imaginaire qui fonctionnait selon des normes et des règles différentes. De nombreuses questions se posaient à l'époque, et se posent toujours, sur ce que de nombreux aspects du livre voulaient vraiment dire. Décrivait-il une société idéale? En revanche, certains aspects de cette société semblaient différer de ceux qu'il défendait et préconisait en tant que politicien. Il ne décrivait peut-être pas une société idéale; il tentait peut-être simplement de développer l'imagination créatrice. Il essayait de faire naître des possibilités en créant un espace dans lequel il était acceptable de penser à des sujets qui auraient peut-être été jugés trop subversifs s'il avait commenté directement les normes et les politiques de son propre pays.
Je pense que L'Utopie a ouvert la voie à la tradition de bouleverser des idées établies au moyen de la subtilité de l'art lorsqu'il est peut-être difficile de présenter ces autres idées directement. Depuis, il existe tout un genre de littérature utopique et dystopique, où la dystopie est évidemment l'inverse de l'utopie. De nombreuses grandes œuvres modernes reprennent cette tradition et utilisent ce mécanisme qui consiste à imaginer un autre lieu, une autre époque et un autre contexte pour commenter subtilement nos réalités actuelles. Certaines des œuvres de Margaret Atwood sont évidemment célèbres à cet égard, comme La Servante écarlate. L'ouvrage intitulé Les Fils de l'homme est un autre grand roman dystopique que j'ai lu récemment et qui, à mon avis, a beaucoup de valeur.
Ce que j'essaie de dire, c'est que, à lui seul, l'art a de la valeur. C'est aussi un véhicule qui permet de soulever des questions et de susciter des réflexions qui ne sont pas nécessairement évidentes et qui ne sont pas directement accessibles au moyen d'un discours politique explicite. L'art permet aussi d'ouvrir des possibilités qui ne sont pas examinées autrement ou qui sont plus difficiles à défendre directement.
C'est peut-être le cas en raison des répercussions directes subies par ceux qui avancent des idées contraires, mais c'est peut-être aussi le cas simplement parce que certains concepts sortent tellement du moule qu'il est difficile d'envisager ce qu'ils signifient à moins qu'ils soient décrits sous une forme littéraire. À titre d'exemple, Thomas Moore a réussi à stimuler l'imagination créatrice par l'art et la littérature.
Nous voyons l'utilité pour le Parlement de créer le poste d'artiste visuel officiel afin de souligner la valeur des artistes et de reconnaître les arts comme un mécanisme par lequel le Parlement utilise sa position et son leadership au pays pour affirmer l'importance des arts. Cependant, c'est aussi une occasion de reconnaître, dans la vie nationale, les nombreuses conversations que nous avons sur les grands défis auxquels notre pays est confronté. Les questions relatives à la justice, aux droits de la personne et à la façon dont nous nous comportons et répondons à certains enjeux peuvent être soulevées et façonnées par l'art.
Dans cette optique, je suis tout à fait en faveur du projet de loi. Il s'agit d'un des nombreux projets de loi d'initiative parlementaire dont la Chambre est saisie — dont certains d'ailleurs proviennent du Sénat —, qui ont une grande utilité et que les conservateurs appuient avec plaisir. Si j'ai bien compris, le projet de loi S‑205, à l'instar du projet de loi S‑204 dont nous avons débattu la semaine dernière, a été appuyé à l'unanimité par les sénateurs. Comme c'était le cas pour le projet de loi S‑204, il obtient aussi beaucoup d'appuis à la Chambre. Tout indique que tous les députés appuieront les dispositions intéressantes du projet de loi. C'est une de ces choses pour lesquelles les parlementaires des deux Chambres peuvent travailler de concert, afin de faire avancer divers projets de loi d'initiative parlementaire importants.
En ce qui concerne l'échéancier législatif à venir, il semble malheureusement que le premier ministre cherche à dénigrer les travaux du Parlement pour donner l'impression qu'il ne fonctionne pas bien. En réalité, le Parlement a beaucoup travaillé pour faire avancer des dossiers importants, mais peut-être pas toujours dans le sens que le gouvernement aurait souhaité.
Par exemple, la marraine du projet de loi est sans doute au courant du travail effectué au comité Canada-Chine, un comité créé contre la volonté du gouvernement, un comité qui a mené des études sérieuses, a effectué un travail important sur la situation à Hong Kong, a pris part à des discussions dans d'autres comités et a reconnu le génocide des Ouïghours, ce qui s'est fait grâce au leadership du Parlement, et non du gouvernement. Maintenant, le Parlement fait valoir ses droits d'accès à des documents. Ce sont là des exemples marquants de leadership de la part du Parlement.
Si le premier ministre critique le Parlement, cela a moins à voir avec le fait que le Parlement ne fonctionne pas et plus avec le fait que, de son point de vue, il fonctionne trop bien. Le Parlement fait des choses que le gouvernement n'aime peut‑être pas, mais il a néanmoins a su montrer la voie, souvent grâce à la collaboration des partis de l'opposition et, parfois, en travaillant avec certains députés ministériels.
Or, à l'approche de la fin de la session du printemps, on a vraiment l'impression que le premier ministre cherche à dénigrer les travaux du Parlement pour justifier le déclenchement d'élections. Si des élections sont déclenchées, cela mettra en péril, évidemment, des projets de loi majeurs qui n'ont pas encore été adoptés.
Nous devrions réfléchir au fait qu'en cette fin possible de session du printemps, nous sommes saisis de projets de loi qui ont été adoptés au Sénat. Si la Chambre pouvait étudier ces projets de loi, cela nous permettrait de les adopter avant la fin de la session du printemps pour qu'ils puissent ensuite entrer en vigueur.
Comme je l'ai indiqué, le projet de loi dont nous débattons actuellement est important. Il reconnaît le rôle fondamental que les arts jouent dans notre pays, l'effet profond de la beauté sur les êtres humains et aussi la façon dont les arts peuvent susciter des questions et des idées dont on n'aurait peut‑être jamais discuté autrement.
Voir le profil de Caroline Desbiens
BQ (QC)
Monsieur le Président, quelle belle façon de terminer notre passage à la Chambre durant la session parlementaire.
L'objectif du projet de loi est de créer le poste d'artiste visuel officiel du Parlement, chargé non seulement de concevoir des œuvres, mais aussi de promouvoir les arts au Canada par l'intermédiaire du Parlement, notamment en encourageant la population à mieux connaître les arts, à les apprécier, à y être sensible et en favorisant leur développement. C'est noble, mais c'est ambitieux pour une seule et même personne.
L'art visuel peut être universel, entre autres, et il ne se bute pas à la barrière de la langue. L'art visuel raconte, invente et projette, le réel comme l'abstrait. Selon le Regroupement des artistes en arts visuels du Québec, de par sa nature même, l'art est le reflet de l'expression humaine et est profondément lié à la société qui lui est contemporaine. Il est, de ce fait, un véhicule de diffusion et de dialogue exceptionnel, offrant au public des occasions d'échange, indispensables à l'évolution de la société. C'est une belle définition. Même si l'art est souvent considéré comme un miroir de la société, tout comme elle, il s'interprète en fonction du vécu et de l'histoire de la personne qui le regarde. Ce vécu, qui est le nôtre, enveloppe notre regard de ces teintes, de sorte que là où quelqu'un voit la mer, un autre peut voir le ciel; là où une personne comprend la solitude, une autre peut se sentir empreinte liberté; là où un humain voit le désir d'exister ou de se souvenir, un autre peut percevoir de la haine, et même du mépris.
L'art est un moyen d'expression puissant, et trouver une personne qui le maîtrise en étant capable de s'exprimer sans censure dans une œuvre forte et pure et dans un contexte où l'on politise tout, ce ne sera, ma foi, pas une mince affaire. Comment peut-on exiger d'un artiste passion et neutralité, inspiration et représentativité? C'est tout un défi. Les textures, les couleurs, les nuances, tout peut être un symbole, positif pour l'un, négatif pour l'autre. Tout peut être une arme à interprétation. Nous l'avons malheureusement vu à plusieurs reprises. L'art commande la liberté. Même si je suis la dernière à vouloir empêcher une personne de créer et de vivre de sa créativité, il n'en demeure pas moins que cet artiste aura de très grandes responsabilités.
Étant moi-même créatrice de chansons engagées, je sais que le choix des mots est d'une extrême importance et influence mon auditeur. D'ailleurs, j'ai déjà créé une œuvre où la chanson rencontrait les artistes visuels. Mon œuvre, intitulée Chansons sur toiles, qui a gagné un petit prix en Suisse, était le reflet, le miroir, d'images de Charlevoix peintes par les artistes de Charlevoix. Mes chansons ont donc été peintes à ce moment-là.
Ayant rencontré plusieurs artistes d'arts visuels et voyant l'ampleur du défi que représente peindre une chanson, je comprends peut-être davantage le défi qui attend cette personne. La manière de porter au regard et à l'esprit de toutes et tous l'expression visuelle du Parlement et de tous les citoyens qui y sont représentés, souvent dans la confrontation ou à tout le moins dans la divergence, n'est pas une simple tâche. Une période aussi grise, aussi triste, où nous avons dû, bien malgré nous, être éloignés les uns des autres et être séparés contre nature, n'allège en rien le défi que l'artiste devra relever.
Cela étant dit, l'art a le pouvoir de nous émouvoir, de nous choquer, de nous émerveiller à nouveau et de nous faire réfléchir et évoluer. Tout cela, alors que nous voyons désormais la vie d'un autre oeil. Nous comprenons maintenant à quel point nous avons besoin les uns des autres, que chaque petit geste compte et à quel point aussi nous ressentons intensément le besoin de nous revoir, de nous étreindre.
L'art reflètera certes notre sortie de la noirceur. Il est rare que nous puissions affirmer que l'humanité toute entière a vécu une même tragédie. Or le message d'espoir et d'amour qui en ressortira sera d'autant plus beau, d'autant plus grand. L'art se devra de refléter tout cela, et plus encore. Il devra nous guider vers la suite, en captant notre attention sur les valeurs et les espoirs que nous chérissons et qui ne sont pas animés par les mêmes objectifs. Qu'en sera-t-il de l'influence que cet artiste aura sur les changements climatiques, par exemple, et les divers points de vue du Parlement?
Comment véhiculera‑t‑il la différence fondamentale qu'il y a entre le multiculturalisme libéral et l'interculturalisme souhaité par le Québec, plus novateur et mieux adapté à la réalité, et ce, en toute impartialité? Plutôt que dans son isolement ou sa fausse indifférence, sera‑t‑il libre d'exprimer la diversité, qui se veut un élan de partage et d'échange culturel, dans ce qu'elle a de plus beau, à savoir sa singularité et sa reconnaissance?
Cet artiste sera également responsable de favoriser et promouvoir l'art. Il faudra donc trouver le ton puis le promouvoir, d'où l'importance, voire la nécessité de la justesse. Or, je ne sais à quel point l'obligation de le faire par l'entremise du Parlement du Canada pourra lui donner la latitude et la liberté dont il aura besoin.
Devra‑t‑il respecter quelconque critère historique ou politique? Ce type de bien est très insidieux et il faut pouvoir rassurer toutes les communautés, à savoir que l'art sera mis en valeur pour ce qu'il est, pour sa valeur culturelle, sociale et historique, et contextualisé dans le vécu de chacune d'elle, et non pas comme une succession d'œuvres simplement canadiennes dans le respect absolu des valeurs canadiennes, parfois imposées par le pouvoir en place.
Non, l'artiste doit être de Medicine Hat, avec tout ce que cela représente, un Fransaskois, un Huron‑Wendat, un Franco‑Ontarien du nord de l'Ontario, un Acadien, un Montréalais de la Côte‑des‑Neiges, du Plateau ou d'Hochelaga, un Nordien ou un Nisga'a, un Charlevoisien, un Madelinot, un Bleuet du Lac ou un Innu, avec toutes les richesses que chaque histoire, chaque racine et chaque conviction portent.
C'est pourquoi le doute s'installe lorsque je pense à qui pourrait porter cette grande responsabilité digne des plus grandes vertus et devenir l'artiste du Parlement. Le Bloc québécois n'étant point contre la vertu, nous espérons que l'artiste sera à la hauteur exigeante de ce mandat. Ce qui forme une nation appartient à celle‑ci et l'expression de ce qu'elle est appartient à ses artistes, dont les visions sont diverses et parfois divergentes. C'est exactement ce qui fait qu'une société évolue vers le meilleur.
C'est pourquoi mon humble réflexion se résume à ceci: limiter le Parlement à une seule signature, aussi libre puisse‑t‑elle être dans son interprétation personnelle, c'est donner le pouvoir du message à un seul esprit, aussi large soit‑il. Cela ne peut que limiter l'immense ouverture dont ce Parlement a besoin pour que s'exprime l'entièreté de nos projets multiples et qui nous sont propres, pour aujourd'hui et demain. C'est ce que je souhaite à ce Parlement et à cet artiste qui habitera ces lieux.
Voir le profil de Matthew Green
NPD (ON)
Voir le profil de Matthew Green
2021-06-22 18:53 [p.9007]
Monsieur le Président, c'est en tant que fier résidant d'Hamilton et député d'Hamilton‑Centre que je m'exprime aujourd'hui en faveur du projet de loi S‑205. Depuis des générations, ma ville est un haut lieu culturel, un refuge pour les artistes, un endroit où ils viennent vivre, créer, explorer et partager leurs œuvres avec le reste du pays. Je suis emballé par cette loi modifiant la Loi sur le Parlement du Canada pour créer un poste d'artiste visuel officiel du Parlement, et je constate l'immense influence que les arts visuels ont eue sur ma vie.
Ceux qui connaissent bien Hamilton ou qui ont eu le privilège d'explorer notre formidable ville auront certainement pris le temps de visiter l'Art Gallery of Hamilton. Toute personne qui a fait sa scolarité à Hamilton se souviendra sûrement de ses sorties scolaires à cette galerie d'art. Et, je prie les députés de me croire, les jeunes enfants qui ont l'occasion de découvrir l'installation permanente de Kim Adams, intitulée Bruegel-Bosch Bus, peuvent y passer des heures. En fait, toute personne qui examine cette installation peut y passer des heures à tenter d'en interpréter le sens, voire à rêvasser et à inventer.
Les arts enrichissent nos vies en société de tant de façons. Lorsque je me promène dans ma circonscription, Hamilton-Centre, je suis frappé par la beauté des œuvres d'art publiques, l'inspiration des artistes qui leur a donné vie et les histoires qu'elles racontent. L'art n'est pas toujours accessible et tous n'y ont pas accès de manière équitable. À une certaine époque dans notre ville, l'art était confiné dans des endroits comme les galeries d'art ou d'autres établissements qui pouvaient ne pas être ouverts au public.
Je pense que le fait d'avoir un artiste visuel officiel du Parlement témoigne de notre volonté d'avoir un libre accès à l'art, car tous les gens, peu importe leur revenu ou l'endroit où ils habitent, méritent de voir les œuvres d'art dans toute leur splendeur et leur beauté et les histoires qu'elles racontent.
J'aimerais prendre un moment pour souligner à quel point les artistes locaux ont marqué profondément notre ville. Il fut un temps, il n'y a pas si longtemps, où Hamilton était un endroit abordable pour vivre. Bien sûr, les choses ont changé avec le temps, mais certains artistes ont décidé, au cours des 10 ou 15 dernières années, de s'y établir. Il existe à Hamilton une culture unique, collectiviste, où les artistes prennent soin les uns des autres et créent des espaces parfois nouveaux. J'ai eu l'occasion et le plaisir de siéger à la Fondation humanitaire d'Hamilton au moment de la transition entre l'art comme activité philanthropique et l'art comme partie d'un établissement ou lieu de rencontre au sein de nos villes, et j'aimerais remercier mon bon ami Jeremy Freiburger de Cobalt Connects qui m'a aidée à trouver ce point de référence.
Je songe aux façons dont un artiste visuel officiel du Parlement pourrait servir d’exemple pour le pays et, comme l’a mentionné l’intervenante précédente, donner un aperçu de la diversité unique de notre pays. Quand la députée de Cumberland—Colchester a présenté ce projet de loi d’initiative parlementaire, j’ai jugé important de souligner qu'il faut veiller à ce que l’artiste officiel reflète la diversité du Canada. Dans de tels contextes, on ne regarde pas seulement qui est représenté; bien souvent, si l’on vient d’une collectivité diversifiée, on remarque aussi qui n’est pas représenté. C’est pourquoi sa mention de notre poète officiel de 2016-2017, George Elliott Clarke, était si importante pour moi. Je me souviens d’avoir entendu certaines de ses nombreuses œuvres dans lesquelles il disait la vérité à ceux qui sont au pouvoir, et ce, d’une façon qui n’aurait peut-être pas été possible sans son expérience personnelle.
Quand je songe à cela et que je vois comment nos quartiers ont été transformés par l’art public, comment l’on s’émerveille en trouvant et en découvrant de nouvelles œuvres d’art, qu’il s’agisse de murales ou de sculptures, ou qu’elles soient l’œuvre de graffeurs qui ont contribué à notre collectivité, bref, quelle que soit la forme que prend l’art visuel, je suis profondément reconnaissant.
Si les députés connaissent ma circonscription, ils sauront qu'à une certaine époque, elle était perçue comme un endroit marqué par un industrialisme austère, ce qui a sa propre beauté artistique, mais ma région est certainement embellie par des œuvres d'art public. Je songe à la façon dont ces œuvres sont représentatives de notre ville et à la façon dont l'artiste visuel officiel pourrait, lui aussi, être représentatif de notre pays.
Si je peux me le permettre, j'aimerais saluer le nouveau directeur général d'Hamilton Artists Inc., mon ami et mon voisin, Derek Jenkins, qui est aussi un artiste multidisciplinaire et un cinéaste. Je salue également le nouveau coordonnateur des programmes publics collectifs, John Hill, qui est un artiste de la nation des Oneidas et qui croit que l'art peut donner aux gens les outils nécessaires pour imaginer des mondes nouveaux et pleins d'espoir. J'adore ce message. J'adore la promesse qui s'y rattache, et j'ai l'impression que cela pourrait résumer la promesse liée à ce projet de loi d'initiative parlementaire.
Il y a tellement d'artistes talentueux dans notre ville. Je pourrais passer une heure aujourd'hui à présenter toutes les personnes extraordinaires qui feraient d'incroyables artistes visuels officiels. Je pense à la façon dont ils tissent des liens avec tous les formidables groupes communautaires de notre ville, comme la Coalition of Black and Racialized Artists, qui a pour mandat de favoriser et d'accroître la diversité, ce dont notre scène artistique et culturelle a tant besoin.
Je songe à l'alchimiste visuelle, Stylo Starr, au photographe de renommée mondiale, George Qua-Enoo, au travail incroyablement important et positif de la créatrice de la poupée Herstory, Queen Cee, ou à son mari, Leon « Eklipz » Robinson, qui possède un héritage culturel hors du commun, étant à la fois maître graffiteur, artiste de hip-hop prodigieux, poète, photographe, peintre et cinéaste. En fait, j'ai eu le privilège de collaborer avec lui à un projet dans le cadre duquel il a permis à de jeunes enfants de créer leur propre art dans notre incroyable parc Gage. Cette oeuvre est toujours là, près de la piste de pompage, et il s'agit d'un monument qui illustre la créativité de nos enfants et leur capacité de construire de belles choses dans notre collectivité grâce à des activités artistiques.
Je réfléchis souvent aussi aux façons dont quelques-unes de mes œuvres préférées expriment les luttes qu’ont vécues certaines personnes dans ce pays. Je songe à l’artiste montréalaise spécialiste des techniques mixtes Kit Lang, dont l’œuvre Incendiary: Mary Joseph Angélique illustre les vérités historiques et contemporaines qu’affronte la diaspora afro-canadienne au Canada; ou à l’artiste originaire de Hamilton Kapwani Kiwanga, qui offre parfois une critique du colonialisme; ou encore aux œuvres de Syrus Marcus Ware, dont les portraits commémorent les militants et révolutionnaires de chez nous afin de ménager aux personnes noires, autochtones, racisées, queers ou trans, ou aux personnes vivant avec un handicap, des havres de création. Je songe à Camille Turner et à ses perceptions de la « canadienneté », notamment ses prestations en tant que Miss Canadiana, qui s’en prennent à l’idée que le corps noir est étranger ou autre.
La liste est longue des occasions inouïes que ce projet de loi émanant des députés offre à la Chambre des communes de rendre hommage à nos artistes et à leur art, de les élever et de les célébrer, de même que le multiculturalisme et la diversité qui distinguent le Canada.
En terminant, je voudrais remercier la députée de Cumberland—Colchester d’avoir présenté cet important projet de loi et de me donner l’occasion de prendre la parole aujourd’hui pour vous parler de certains des nombreux artistes remarquables de Hamilton-Centre.
Voir le profil de Sonia Sidhu
Lib. (ON)
Voir le profil de Sonia Sidhu
2021-06-22 19:02 [p.9009]
Monsieur le Président, je suis fière de prendre la parole aujourd’hui pour appuyer le projet de loi S-205, qui concerne la création d’un poste d’artiste visuel officiel du Parlement.
Je veux remercier ma collègue la députée de Cumberland—Colchester d’avoir présenté cet important projet de loi à la Chambre des Communes. Je voudrais aussi remercier la sénatrice Bovey d’avoir présenté ce projet de loi, qui a son rôle à jouer dans la promotion des arts partout au Canada. La sénatrice Bovey a voué sa longue carrière à la promotion des arts, et nous éprouverions tous beaucoup de difficulté à trouver une personne aussi qualifiée dans ce domaine. Elle avait déjà réclamé la création d’un tel poste dans un projet de loi qui avait été présenté au cours de la dernière session de cette législature, comme l’avait fait le sénateur Wilfred Moore avant elle en 2018. À deux reprises, ce projet de loi a été adopté au Sénat avant de se rendre à la Chambre; alors, unissons nos efforts pour faire adopter le projet de loi S-205 dans cette enceinte.
Tout comme dans le cas du poète officiel, il s'agirait d'un poste d'agent du Parlement non partisan relevant de la Bibliothèque du Parlement. Le titulaire se verrait confier la tâche de promouvoir les arts partout au pays, en en encourageant la connaissance, l'appréciation, l'éveil et le développement. Le poste s'accompagne d'un vaste mandat, étant donné que les arts visuels incluent le dessin, la peinture, la sculpture, l'imprimerie, l'artisanat, la photographie, la vidéographie et la cinématographie. Le mandat consisterait à promouvoir les arts au Canada par l'entremise du Parlement en créant ou en commandant des œuvres artistiques. À la demande du Président de l'une ou l'autre des Chambres, le titulaire pourrait créer des œuvres servant au Parlement ou lors de cérémonies officielles. L'artiste officiel pourrait aussi parrainer des activités artistiques et conseiller le bibliothécaire parlementaire sur la collection de la bibliothèque et ses acquisitions pour enrichir celle-ci dans le domaine de la culture.
À l'instar d'autres pays, le Canada arrive à un moment de son histoire où il jette un regard sur le passé et réexamine quels personnages il souhaite célébrer et commémorer. Je suis donc heureuse de voir qu'on précise dans le projet de loi que l'artiste devra être choisi à partir d'une liste qui reflète la diversité du Canada. Si ce projet de loi est adopté, nous aurons au fil du temps de artistes qui représenteront les nombreuses cultures que l'on trouve au pays: celle des anglophones, des francophones, des Autochtones, des nouveaux venus, des hommes, des femmes et des gens de tous les horizons qui s'expriment au moyen des divers médiums utilisés en arts visuels.
Le milieu des arts dépend souvent d'organismes sans but lucratif et a souvent besoin de l'aide des institutions gouvernementales et de subventions publiques. Le gouvernement finance le Conseil des Arts du Canada, Téléfilm Canada, l'Office national du film, CBC/Radio-Canada et d'autres institutions qui permettent à nos artistes de s'épanouir et de se faire connaître sur la scène mondiale. En 2017, le gouvernement a annoncé des investissements supplémentaires de 300 millions de dollars sur 10 ans dans le Fonds du Canada pour les espaces culturels, ce qui a plus que doublé son budget annuel jusqu'en 2028. En outre, le budget de 2019 prévoyait des investissements supplémentaires pour soutenir les arts, la culture et les festivités par l'intermédiaire de cinq programmes du ministère du Patrimoine canadien, ainsi que pour soutenir la diffusion des arts. C'est une façon de plus pour le gouvernement de témoigner son soutien à l'industrie.
La pandémie est difficile pour toute la communauté artistique. Les musées et les galeries ont dû fermer leurs portes, tandis que les occasions artistiques se sont faites plus rares. Toutefois, beaucoup d'artistes ont décidé de relever les défis posés par ces circonstances difficiles et ont trouvé des façons d'offrir leurs créations en ligne. Le gouvernement soutient d'ailleurs nombre d'entre eux dans cette aventure.
Dans ma collectivité, la galerie d'art, le musée et les archives de Peel, qu'on surnomme la PAMA, propose un éventail d'expositions permanentes et itinérantes de peintures, de photos, de sculptures et d'artefacts en plus d'être les principales archives culturelles de notre région. Elle met en valeur les œuvres autochtones anciennes et modernes, des artefacts locaux, des œuvres d'artistes locaux et bien plus encore.
En octobre dernier, la PAMA a reçu une subvention de 100 000 $ afin qu'elle dispose des ressources nécessaires pour poursuivre son travail de préservation du patrimoine local pendant la pandémie. On a également annoncé tout récemment qu'elle recevrait 800 000 $ du gouvernement fédéral pour apporter les améliorations en matière d'infrastructure dont elle a tant besoin.
Dans ma collectivité, il existe de nombreuses initiatives qui encouragent la création artistique par des membres de communautés très diverses. Le Festival international du film d'Asie du Sud, ou IFFSA, en est un exemple. En tant que plus grand festival de films sud-asiatiques en Amérique du Nord, l'IFFSA est une plateforme exceptionnelle qui permet aux artistes locaux de faire valoir leurs talents. Le festival, qui ne se limite pas aux films, joue un rôle social essentiel grâce à la promotion de l'engagement civique et du dialogue culturel.
Dans ma circonscription, Brampton—Sud, le secteur des arts bénéficie également d'autres initiatives fédérales comme le programme Emplois d'été Canada. Les emplois d'été dans le domaine des arts sont soutenus par l'entremise de la galerie des beaux-arts de Brampton, située dans le centre-ville de Brampton, et dans le cadre de l'Arts and Culture Initiative of South Asia. Qui sait? Peut-être qu'un des artistes appuyés par la galerie d'art de Peel, ou par l'un de ces autres programmes locaux, sera nommé un jour au poste d'artiste visuel officiel du Parlement.
L'art, sous toutes ses formes, a le potentiel d'être à la fois le reflet d'une société et le reflet de ses forces et faiblesses. Il est la manifestation de nos espoirs et de nos rêves, ainsi que de nos luttes quotidiennes. Que ce soit par la pierre ou le pinceau, les artistes s'ouvrent à nous, mais ce n'est pas tout: ils nous aident aussi à nous ouvrir à nous-mêmes.
J'attends avec impatience non seulement l'adoption du projet de loi, mais aussi les grandes œuvres d'art qui seront mises en valeur par les futurs artistes visuels officiels de notre pays.
Voir le profil de Scott Aitchison
PCC (ON)
Voir le profil de Scott Aitchison
2021-06-22 19:10 [p.9010]
Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole. Il me faut remercier le député de Richmond—Arthabaska. Nous siégeons ensemble au comité du patrimoine, et il m’a demandé de parler de ce projet de loi, que nous appuyons. Il m’a fait cette demande un peu plus tôt aujourd’hui. Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour me préparer, mais j’ai pensé que ce serait une bonne occasion de parler de ce dont il a beaucoup été question aujourd’hui, c’est-à-dire de l’importance des arts visuels en tant que moyen puissant d’informer, d’instruire et de guérir. De nombreux députés l’ont déjà exprimé avec éloquence.
Je constate avec intérêt qu’aucun d’entre eux ni l’autre député conservateur qui est intervenu avant moi n’ont parlé encore de l’importance des arts pour nous raconter en tant que Canadiens. Ils sont essentiels pour notre plein épanouissement. Ils font partie de notre développement et de notre guérison. Il me paraît extrêmement important, par ailleurs, en tant que conservateur, de souligner les retombées économiques considérables des arts.
Je peux donner aux députés toutes sortes d'exemples dans ma circonscription, Parry Sound—Muskoka. Parry Sound-Muskoka est un endroit magnifique avec de nombreux points de vue magnifiques. Chaque année, des milliers de touristes et de propriétaires de chalets s'y rendent. Ce qu'il y a d'unique, à Muskoka, c'est notamment le fait que nous avons tant d'artistes qui vivent aux abords des magnifiques lacs et des arbres qui agrémentent notre paysage.
En fait, le Muskoka Autumn Studio Tour a été l'une des toutes premières tournées des studios créées au Canada en 1979. On y trouve des dizaines d'artistes, comme Catherine O'Mara et Janice Feist, Stan Tait et Miranda Britton, qui fabriquent des bijoux, et Marni Martin, qui fabrique de magnifiques tapisseries.
Ces personnes font un travail incroyable et elles créent de si beaux objets, mais elles ont aussi bâti leur carrière. Elles travaillent toutes dans ce domaine et elles connaissent un énorme succès. Le Muskoka Autumn Studio Tour est un excellent exemple de la raison pour laquelle soutenir les arts est également une décision économique très judicieuse. Je signale cet exemple à mon collègue de la Colombie‑Britannique.
J'aimerais également souligner que la sénatrice Bovey, de l'autre endroit, a d'abord proposé cette motion, qui a depuis été transmise aux députés. Elle a souligné l'importance du secteur des arts pour l'économie et son incidence sur celle-ci. Elle a indiqué que la part du PIB que représentaient les industries culturelles canadiennes en 2017 était de 58,9 milliards de dollars, soit 1 611 $ par habitant, ce qui correspond à environ 2,8 % du PIB national. Ces chiffres datent de 2017. Ce secteur contribue donc de façon importante à notre économie.
Quand je songe à l'importance de raconter notre histoire, j'ai également en tête les artistes de ma région, par exemple Brenda Wainman Goulet, l'une des fondatrices du Muskoka Autumn Studio Tour, qui est malheureusement décédée subitement il y a quelques années. J'étais maire de Huntsville à l'époque. Quand la famille m'a demandé de prendre la parole à ses funérailles, j'ai longuement réfléchi au travail de Branda Wainman Goulet. Elle a marié des métaux à du granit de Muskoka, ce qui a donné certaines des plus belles sculptures que j'aie vues.
Lorsqu'est venu le temps d'aménager la façade du théâtre Algonquin, le nouveau théâtre de Huntsville, nous voulions y installer une œuvre spéciale, une statue spéciale. Brenda Wainman Goulet a réalisé une sculpture en bronze de Tom Thomson, un célèbre précurseur du Groupe des sept connu pour ses paysages saisissants du Bouclier canadien. Plus qu'à tout autre endroit en ville, c'est au centre-ville de Huntsville, au côté de ce bronze, que j'ai vu les gens prendre la pose.
Lors de son service commémoratif, j'ai beaucoup pensé à l'importance de la beauté. Je me suis alors rappelé un livre que j'avais lu des années plus tôt, Voyage en Italie. Je ne doute pas que le Président le connaît. Il s'agit en fait de la version éditée du journal de Johann Wolfgang von Goethe, un jeune homme accompli du XVIIIe siècle. Il a été nommé membre du conseil privé du duc Karl August à l'âge de 25 ans.
C'était un homme accompli. Il a supervisé l'expansion des mines d'argent dans le duché de Saxe-Weimar. Il a mis en œuvre des réformes universitaires là-bas. Il a siégé aux commissions de la guerre et de l'autoroute, le tout à l'âge de 25 ans. C'était un jeune homme d'exception. Il a aussi joué un rôle primordial dans la planification des jardins botaniques et la reconstruction du palais ducal, qui est aujourd'hui un site du patrimoine mondial de l'UNESCO en Italie.
Toutefois, à l'âge de 37 ans, Goethe se sentait frustré et avait l'impression qu'il manquait quelque chose à sa vie. Pour se ressourcer, il a décidé de parcourir l'Italie. C'est ce qu'il a fait de 1786 à 1788. Il a bien sûr documenté son expérience dans son journal.
Il a vraiment cherché à comprendre quelles étaient les conditions qui faisaient de l'Italie un tel paradis. Bien sûr, l'Italie était bien connue en tant qu'endroit magnifique à l'époque. Il a conclu que, grâce à l'art qui semblait littéralement omniprésent en Italie, la beauté n'y était pas un sursis momentané à la monotonie du quotidien. C'était le quotidien, et la beauté nourrissait son esprit.
L'art est bon pour l'économie et il est bon pour l'esprit. Il est important que nous racontions et comprenions nos histoires, que les futures générations les connaissent et que nous saisissions de façon significative ce que nous faisons ici. Pour ces raisons, je pense qu'il est très important que l'ensemble des députés appuient ce projet de loi et le concept d'un artiste visuel officiel du Parlement.
Voir le profil de Pierre Paul-Hus
PCC (QC)
Monsieur le Président, je me lève pour souligner le fait que, malgré toute l'importance que nous accordons aux arts et à la culture, je trouve déplorable que nous soyons en train de débattre du projet de loi S‑205, qui vise à créer le poste d'artiste visuel officiel du Parlement.
Alors que le premier ministre et le leader du gouvernement à la Chambre des communes passent leur temps à dire aux médias et à tout le monde que le Parti conservateur fait de l'obstruction et bloque les projets de loi importants, nous nous retrouvons à débattre, à 19 h 20, d'un projet de loi pour créer un poste d'artiste officiel. Est-ce cela, un projet de loi d'une importance capitale pour l'avancement du pays?
On sait que le premier ministre veut probablement déclencher des élections cet été. Je tenais tout simplement à souligner officiellement que, nonobstant l'importance que nous accordons aux arts et à la culture, ce qui est primordial pour la société, je trouve très bizarre de devoir débattre de ce sujet aujourd'hui alors que ce gouvernement nous accuse faussement de faire de l'obstruction sur l'ensemble des autres projets de loi.
Cela dit, je souhaite que tout le monde ait une ouverture sur les arts. C'est très important. Malgré ce que certains peuvent penser des conservateurs, nous sommes des gens cultivés, nous voyageons et nous visitons des cathédrales, des monuments et des musées. Nous ne sommes pas des êtres totalement stupides, loin de là. Toutefois, nous n'aimons pas nous faire dire que nous retardons les travaux parlementaires d'une importance capitale. Il ne reste que 24 heures avant la fin de la session parlementaire et nous débattons présentement de l'établissement d'un poste d'artiste officiel.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
La période prévue pour l'étude des affaires émanant des députés est maintenant expirée et l'ordre est reporté au bas de l'ordre des priorités au Feuilleton.
Résultats : 1 - 15 de 7945 | Page : 1 de 530

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
>
>|
Exporter en: XML CSV RSS

Pour plus d'options de données, veuillez voir Données ouvertes