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Lib. (QC)
propose:
Que le comité prenne note des députés qui ne se représentent pas comme candidats aux élections pour la 44e législature.
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Lib. (PE)
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2021-06-15 18:23 [p.8500]
Pourquoi suis-je le premier à intervenir, monsieur le Président?
Des voix: Oh, Oh!
L'hon. Wayne Easter: Allez-vous rappeler la Chambre à l'ordre, monsieur le Président?
Madame la Présidente, qui était là auparavant, a comme moi un bureau au 12e étage de l'édifice de la Bravoure. Je la félicite pour le rôle qu'elle joue à la Chambre des communes.
Je trouve un peu étrange de faire un discours de ce genre à distance plutôt qu'à la Chambre, où j'ai eu le grand honneur de servir les Canadiens pendant près de 28 ans. Comme le savent les députés, j'occupe actuellement le troisième rang parmi les députés qui siègent depuis le plus longtemps à la Chambre. J'ai d'ailleurs quatre heures de plus d'ancienneté que la députée de Vancouver-Centre, qui a souvent été ma voisine de banquette et a été une collègue fantastique pendant toutes ces sessions parlementaires où notre parti a été le parti au pouvoir, puis l'opposition officielle, puis le troisième parti avant de revenir au pouvoir. Je ne commenterai pas ses chaussures, mais je dirai qu'il faut pratiquement porter des lunettes de soleil quand on s'assoit à ses côtés.
La Chambre des communes est un endroit où s'est bâtie l'histoire et où se sont prises les décisions, parfois bonnes, parfois moins bonnes, qui ont fait du Canada ce qu'il est aujourd'hui, un pays reconnu comme l'un des meilleurs endroits où vivre dans le monde. Quel que soit notre parti, il nous arrive tous, parfois au cours de débats ardus ou de votes tenus tard en soirée, d'avoir la chance d'influencer le programme législatif et la gouvernance du pays. Nous n'arrivons pas toujours à nos fins mais ici, à la Chambre, nous avons notre mot à dire. La Chambre peut à la fois nous intimider et nous inspirer. J'ai eu l'honneur, comme nous tous, de faire partie de ce petit pourcentage de Canadiens qui ont eu, au fil des ans, la Chambre des communes comme lieu de travail.
Lorsque j'ai brigué l'investiture du Parti libéral dans Malpeque, en juin 1993, la course a été relativement mouvementée et s'est prolongée jusqu'aux petites heures du matin. Je dois remercier tous les candidats qui m'ont soutenu activement depuis ce temps. L'exécutif de l'association de circonscription, les directeurs de campagne, les équipes de campagne, les responsables des communications et les militants ont contribué autant que moi à mes neuf victoires électorales. Je les remercie sincèrement de leur soutien actif et de leurs encouragements.
Que puis-je dire aux résidants de Malpeque? Ce fut pour moi un honneur de les servir en tant que député au cours des trois dernières décennies. Je les remercie du fond du cœur de m'avoir appuyé. Grâce à l'engagement actif de ceux qui m'ont rendu visite au bureau ou qui m'ont croisé dans la rue, j'ai toujours reçu de bons conseils qui m'ont permis de rester au fait des dossiers qui sont au cœur des préoccupations des Prince-Édouardiens.
Il est arrivé à l'occasion qu'un résidant de ma circonscription aille un peu trop loin, notamment lors d'une campagne électorale pendant laquelle un de mes amis, qui est agriculteur, a posé un panneau de contreplaqué de quatre pieds sur huit sur le bord de la route pour exiger que nous nous dépêchions, le ministre de l'Agriculture et moi, à prendre part aux négociations entourant l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce afin de protéger la gestion de l'offre. Nous l'avons fait, avec succès, mais il était extrêmement exigeant.
Les mots me manquent pour dire à quel point je suis reconnaissant du soutien que j'ai reçu de ma famille. Je n'étais pas censé me laisser emporter par l'émotion. Tous les députés savent que leur temps ne leur appartient jamais vraiment. Pire encore, il arrive que les familles doivent composer avec notre procrastination politique, une idée qui peut nous sembler géniale à première vue, mais ce n'est pas forcément le cas.
Je remercie infiniment mon épouse, Helen, nos enfants, Kimberley et Jamie, ainsi que les membres de leur famille élargie, Marc et Gaya. Nous avons la chance d'avoir quatre petits-enfants qui sont nés pendant ma carrière de député: Alexander, Sophia, Ila et Fiara. Les membres de ma famille immédiate ont toujours été et sont encore là pour me donner des conseils, même quand ils ne sont pas sollicités.
Les héros méconnus des députés sont les employés qui travaillent dans les bureaux de circonscription et de la Colline du Parlement. Dans la circonscription, ils s'occupent des questions qui touchent les gens au quotidien, comme l'assurance-emploi, le Programme de prestations d'invalidité du RPC, l'immigration, les questions liées aux aînés, et bien d'autres. On dit qu'ils traitent des dossiers. Il y a eu trop d'employés au fil des ans pour que je puisse les nommer, mais je les remercie du même souffle que les employés actuels, qui sont Robin Moore, Alan Waddell, Kim MacDonald et Krystal Rice, pour le travail qu'ils font au nom des insulaires.
Je suis très reconnaissant envers les employés de la Colline du Parlement pour tous les efforts qu'ils déploient pour traiter les dossiers, faire de la recherche, examiner les projets de loi et s'acquitter d'une multitude de responsabilités visant à soutenir mes efforts aux comités pour fouiller des enjeux et examiner des projets de loi, ainsi que pour le Groupe interparlementaire Canada-États‑Unis. Au nom des Canadiens, je remercie beaucoup James Auer et Jeremy Wains, les employés actuels, du travail qu'ils accomplissent. De nombreuses soirées ont été passées sur la Colline du Parlement à travailler sur divers enjeux.
Je suis également reconnaissant de tout le travail fait par mes anciens employés de la Colline du Parlement, et je veux en nommer un en particulier, Michael O'Neill, qui est décédé après les élections de 2015. Nous avons travaillé ensemble pendant 22 ans, et ce qu'il aimait par-dessus tout, c'était lorsque nous mettions notre propre gouvernement au défi de faire mieux. De nombreux employés nous fournissent de l'aide sur la Colline du Parlement, qu'il s'agisse des pages et des greffiers du Parlement, des gardiens de sécurité, du personnel de la cafétéria, des concierges, des traducteurs, des interprètes et des analystes de la Bibliothèque du Parlement. Leur travail ne passe pas inaperçu, et je les remercie au nom de tous les Canadiens.
Je tiens à rendre hommage à une analyste de la Bibliothèque du Parlement qui a travaillé au Groupe interparlementaire Canada—États‑Unis pendant de nombreuses années. Son travail nous aura permis, à moi et à de nombreux collègues, de créer les liens forts qui nous unissent aujourd’hui à nos homologues américains, ce qui nous a véritablement aidés à trouver des solutions transfrontalières. Je suis convaincu de parler aussi au nom du coprésident, le sénateur MacDonald, et des anciens coprésidents Rob Merrifield et le regretté Gord Brown, en félicitant June Dewetering pour son dévouement exceptionnel, sa fine connaissance de la politique américaine et les amitiés qu’elle entretient avec les responsables du Congrès et du Sénat.
J’ai eu le bonheur d’occuper de nombreuses fonctions au Parlement. J’ai siégé à de nombreux comités et j’ai travaillé comme secrétaire parlementaire du ministre des Pêches et secrétaire parlementaire du ministre de l’Agriculture. Je remercie le premier ministre Chrétien de m’avoir nommé au Cabinet à titre de procureur général. Je n’oublierai jamais l’appel que j’ai passé au procureur général des États‑Unis, John Ashcroft, pour lui dire que nous avions décidé de ne pas prendre part à la guerre en Irak. À cette occasion, mes échanges avec mon homologue américain ont été des plus intéressants.
J’ai eu le plaisir de servir sous trois premiers ministres: le premier ministre Chrétien, le premier ministre Martin et l’actuel premier ministre. Ils portent une lourde responsabilité, à l’instar de tous les premiers ministres. J’ai sincèrement aimé présider le comité des finances et travailler avec les députés, tous partis confondus.
Je dirai que je suis arrivé à la Chambre fort de mon incroyable expérience à titre de président du Syndicat national des cultivateurs et du fait que j'avais déjà visité une grande partie du Canada. Je crois fermement que le Canada peut être un pays plus fort que la somme de ses parties. J'ai vu le pays d'un océan à l'autre, et j'ai un petit conseil à donner: un député doit connaître son pays. Nous sommes un peu trop restrictifs à l'égard des déplacements autorisés pour les députés. Lorsque j'ai commencé, avant l'arrivée d'Internet, les députés pouvaient faire une visite guidée du pays. Nous pouvions voir le pays, rencontrer les gens sur le terrain, comprendre et observer ce qu'ils vivent en temps réel. Cet endroit doit rétablir cette pratique afin de donner aux députés l'occasion d'apprendre à connaître leur pays.
Enfin, monsieur le Président, je tiens à vous féliciter, vous et tous les Présidents précédents, d'avoir réussi, du moins la plupart du temps, à maintenir l'ordre à la Chambre, quoiqu'un Président a interrompu la danse de la poule que je faisais avec le député de Carleton.
En terminant, comme je l'ai dit dans mon intervention hier, et comme vous, monsieur le Président, le dites dans votre prière, nous sommes chanceux d'avoir les libertés, les possibilités et la paix dont nous jouissons au Canada. C'est tellement vrai. Ce fut pour moi un honneur de travailler avec les résidants de Malpeque et de les servir. Ce fut un honneur de travailler avec tous les députés, quelle que soit leur allégeance politique. Au bout du compte, c'est à force de discuter, à force d'apprendre à nous connaître les uns les autres, et à force de débattre que nous prenons de meilleures décisions stratégiques et forgeons un meilleur pays.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Le Président n'est pas censé prendre parti ou faire preuve de partialité. Depuis six ans, j'ai le plaisir de travailler avec le prochain intervenant. C'est un fabuleux vice-président et un véritable gentleman, dans tous les sens du terme.
Chers collègues, le député de Simcoe-Nord a la parole.
Voir le profil de Bruce Stanton
PCC (ON)
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2021-06-15 18:34 [p.8501]
Monsieur le Président, il est très difficile de concevoir qu'il s'agit de mon dernier discours officiel à la Chambre des communes, moi qui, depuis 2011, ai généralement participé aux débats en cette auguste Chambre seulement en tant que président de séance.
Quelle aventure que ces 15 dernières années! Environ un an après l'obtention de mon diplôme et mon entrée au sein de l'entreprise familiale, j'ai commencé à m'intéresser à la politique. J'étais encore un jeune homme quand j'ai assisté à l'impressionnante assemblée d'investiture du candidat conservateur de ma circonscription. Il y avait plus de 2 000 membres présents, de même que 7 ou 8 candidats. En plus des discours et des affiches, il y avait là une énergie politique qui m'était jusqu'alors inconnue. Depuis, j'ai la piqûre.
Organisée en raison du départ à la retraite de Philip Rynard après huit mandats consécutifs à titre de député de ma circonscription, cette assemblée d'investiture a permis à Doug Lewis de prendre le relais. Il a fait partie du Cabinet du premier ministre Mulroney jusqu'en 1993. M. Lewis aura été un excellent mentor et demeure un proche partisan et confident. Je le remercie de m'avoir ouvert la voie.
Étrangement, il n'y a eu qu'un député entre M. Lewis et moi, soit Paul DeVillers, qui a représenté la circonscription de 1993 jusqu'à mon élection. J'ai vite constaté que je devais me montrer à la hauteur de l'excellent service offert par mes prédécesseurs.
Je raconte tout cela parce que je ne suis que le quatrième député de Simcoe-Nord de mon vivant. Le prochain député de cette circonscription incroyable aurait intérêt à retenir les leçons que les Rynard, Lewis, DeVillers et Stanton ont apprises auprès des fabuleux résidants de Simcoe-Nord.
Je prends un instant pour remercier sincèrement tous ces gens pour le privilège d'avoir été leur voix au Parlement pendant plus de 15 ans.
Maintenant, j'aimerais faire d'autres remerciements. Une des choses pour lesquelles je suis très reconnaissant est d'avoir eu l'occasion d'apprendre le français. Depuis 2006, j'ai suivi des cours auprès du service de formation linguistique ici, à la Chambre, à raison de deux heures par semaine, afin de préserver ma compréhension et mon vocabulaire, ainsi que de les améliorer au fil du temps.
Grâce à Mme Roseline Lemire, ma professeure pendant 15 ans, je peux parler et comprendre cette belle langue. Je la remercie profondément, ainsi que toute l'équipe des services de formation linguistique.
Je tiens également à remercier Mme Lorraine Bergeron, qui était ma professeure à temps partiel dans la circonscription.
Elles ont ouvert mon cœur à la richesse de la culture francophone dans ma circonscription et partout au pays. C'est un accomplissement, dans ma vie, dont je serai éternellement fier.
Je tiens à remercier comme il se doit les gens de ma circonscription qui m'ont aidé à remporter ces cinq élections consécutives. En tant que députés, nous avons tous des bénévoles qui aident à collecter des fonds, à poser des affiches, à frapper aux portes, à téléphoner et à inciter les gens à aller voter.
Je salue les centaines d'entre eux qui m'ont aidé à gagner. Je tiens à décerner une mention spéciale à plusieurs d'entre eux qui ont fait preuve d'un engagement extraordinaire ce faisant: Wayne Edgett, Rod Williams, Phil DeBruyne, Steve McFadden, Claire et Dave Dusome, Charlene Anderson, Avery Bassett, Diane Bell, Kirk Farquhar, Alison Stoneman, Frank Takacs et Jim Hutchinson.
Ayant servi tant d'années, il est évident que j'ai eu des leaders bénévoles exceptionnels dans mes campagnes qui ne sont plus parmi nous. Je pense, en particulier, à George German, à Edna Parker, à Scott Macpherson, à Andy Durnford et à mon éminent conseiller et avocat, Dave Anderson. Il y a une citation attribuée à Abraham Lincoln qui dit: « Aujourd'hui, j'ai réussi parce que j'avais un ami qui croyait en moi et je ne voulais pas le décevoir. »
Lorsque je pense à ces femmes et à ces hommes remarquables qui ont consacré leur énergie et leur temps précieux à ma réussite en politique, les paroles ne suffisent pas pour exprimer à quel point je suis touché par leur soutien indéfectible.
Pour ce qui est du travail essentiel d'un député, je n'ai pas à chercher plus loin que les personnes talentueuses de ma circonscription et de mes bureaux parlementaires. C'était les premiers visages souriants et les premières voix que voyaient et entendaient les habitants de ma circonscription et la première impression qu'ils avaient des services offerts par notre bureau et de la courtoisie avec laquelle ils étaient offerts.
Ils ont mérité les éloges, les notes aimables et les petits cadeaux de chocolat et de bonbons que les concitoyens leur donnaient, que ce soit après qu'ils ont résolu un cas épineux ou simplement parce qu'ils avaient été courtois. Ils sont les meilleurs et cela va me manquer de travailler avec eux.
Je dois en nommer quelques-uns. Connie Kennedy‑Pearsall est ici à Ottawa en ce moment. Avant Mme Kennedy‑Pearsall, il y avait Ashley Peyrard, Sarah Pendlebury et Linda Rudd. Elles m'ont toutes énormément aidé sur la Colline. Dans ma circonscription, Kurtis Schlueter, Christine Elsdon, Judy Fulsom, Kelly Banks, David Dalrymple et Diane Bell ont effectué un travail inestimable ces dernières années en s'appuyant sur le travail exceptionnel d'anciens membres du personnel — James Nicol, Judy Forma et Brooke Leishman — ainsi que sur les bénévoles et les stagiaires qui ont apporté leur aide en cours de route.
Monsieur le Président, vous vous rendrez compte que votre rôle de Président de la Chambre vous permet de faire équipe avec un groupe de professionnels impeccables qui s'occupent toujours des aspects administratifs de la Chambre. Je vous remercie, monsieur le Président, et je remercie les autres occupantes du fauteuil, soit les députées d'Algoma—Manitoulin—Kapuskasing et de Brossard—Saint‑Lambert, de leurs conseils et de leur amitié. Ce fut un plaisir de travailler avec vous tous.
Depuis 2011, nous avons l'honneur de travailler avec ces remarquables greffiers de la Chambre. Leurs judicieux conseils, le respect qu'ils portent aux traditions et aux usages parlementaires, et leur professionnalisme inébranlable nourrissent continuellement la confiance envers l'intégrité des activités de la Chambre. Le travail qu'ils font au quotidien est incroyable.
Aux pages et aux superviseurs des pages, le travail que vous faites est indispensable pour les occupants du fauteuil. Je vous remercie de vos services et de votre gentillesse, non seulement pour nous, mais pour tous les députés.
Aux sergents d'armes, aux interprètes, aux agents des délibérations et de la vérification et aux fonctionnaires qui travaillent aux Journaux, qui ne sont pas ici, mais à l'étage plus bas, je vous remercie de l'attention discrète et méticuleuse que vous portez à chaque seconde de nos séances. J'en profite aussi pour saluer tous les employés qui s'occupent des travaux dans l'enceinte parlementaire, des services alimentaires, de l'entretien, de la sécurité et de l'administration. Ils rendent ce lieu de travail sûr et efficace, même lorsque des circonstances inhabituelles ou périlleuses menacent de nuire à notre travail.
Toutefois, je n'aurais pas pu accomplir ce travail sans le soutien des miens, surtout mon épouse, Heather, qui est aussi ma meilleure amie. Quand j'ai commencé, elle terminait ses études en enseignement à l'Université York. Nous ne savions pas ce dans quoi nous nous embarquions, mais nous avons donné le meilleur de nous-mêmes. Ma chérie, je te remercie pour ton amour, ton dévouement. Je te remercie d'avoir assumé avec brio le rôle de fonctionnaire par association durant ces 15 dernières années. Je remercie aussi tes parents, Ian et Joan MacDougall, de leur soutien.
Nos enfants ont fait preuve d'une patience indescriptible et ils sont assez fiers de leur paternel, d'une certaine manière. Ils nous ont aidés durant les campagnes électorales, ont accepté mes absences la semaine et mes horaires chargés la fin de semaine et ils ont toujours été très compréhensifs à l'égard d'un emploi qui, souvent, nous éloignait les uns des autres.
Valerie et Lauren n'avaient que 10 et 7 ans à nos débuts ici. Aujourd'hui, elles mènent leur propre carrière. Nos plus vieux, Stephanie avec son époux John, et Jason avec son épouse Amanda, ont maintenant leur propre famille. Nous avons très hâte de passer plus de temps auprès d'eux. À nos petits-enfants Carter, Sienna, Vivian, Lyla, Jack et Leo, j'aimerais dire que nana et grand-papa seront plus souvent là dans les années à venir. Que du bonheur en perspective.
Mon frère Doug et mes sœurs, Sandra et Dianne, nous regardent peut‑être. Je veux qu'ils sachent à quel point je leur suis reconnaissant de leurs encouragements constants. Ils savent que c'est notre père, Ron, qui m'a incité à me lancer en politique. Notre père est mort en 2014, et je sais qu'il était extrêmement fier de mon travail et de mes années de service. Mon frère et mes sœurs savent que son héritage se perpétue à travers nous et que notre mère continue de s'intéresser à la fonction publique et à lui vouer de l'affection, comme il nous l'a si bien appris.
Maintenant, comme le dirait le regretté Jim Flaherty, je parle probablement déjà depuis longtemps. Je veux donc simplement dire en terminant que cela a été un incroyable privilège de siéger ici depuis 2006, de travailler aux côtés de députés venant de partout au pays, de m'inspirer de leur énergie et de leur dévouement, ainsi que de faire partie du même caucus parlementaire que le premier ministre Harper, les chefs de parti qui lui ont succédé, soit Rona Ambrose et les députés de Regina—Qu’Appelle et de Durham, et les autres membres du caucus qui ne ménagent aucun effort pour maintenir l'unité au sein de notre coalition conservatrice plutôt complexe et pour servir les Canadiens.
Je tirerai ma révérence lors de la prochaine campagne électorale, dont on ne connaît pas encore la date, mais je me souviendrai toujours des amitiés que j'ai nouées au fil des années et de l'insigne honneur d'avoir été un humble serviteur de la Chambre et le député de Simcoe-Nord.
Voir le profil de Louise Charbonneau
BQ (QC)
Voir le profil de Louise Charbonneau
2021-06-15 18:45 [p.8503]
Monsieur le Président, d'entrée de jeu, je tiens à saluer la dignité et l'efficacité avec laquelle vous et vos collègues, le vice-président de la Chambre et les deux vice-présidentes adjointes de la Chambre, avez honoré la fonction de Président de la Chambre. Grâce à votre vigilance et à votre impartialité, vous m'avez permis, à moi, une débutante de 70 ans, de m'exprimer dans cette enceinte au nom des citoyens de Trois‑Rivières, et ainsi défendre leurs intérêts. Je vous en remercie.
J'aimerais remercier l'ensemble du personnel de la Chambre des communes, les interprètes et le personnel des TI, qui font un travail impeccable à tous les égards dans le contexte de la pandémie.
Je désire aussi souligner le travail de la formidable équipe de mon bureau de circonscription, celle qui a accompagné mes premiers pas comme députée et l'équipe actuelle. Certains ont cru en moi avant même que je me présente comme candidate à l'élection. Leur fidélité, leur appui inconditionnel et leur confiance ont façonné la politicienne que je suis devenue. Gabriel, Nicolas, Josée et André sont là pour se dévouer et servir les gens de la circonscription. Ils déploient tous les efforts nécessaires pour répondre adéquatement aux besoins de nos concitoyens. Une députée seule ne serait pas à la hauteur sans son équipe. Je les remercie du fond du cœur.
En raison de la pandémie et des réajustements qu'elle a nécessités, ce mandat aura certainement été l'un des plus extraordinaires des dernières années. Je dirais même que ce mandat passera à l'histoire. Je ressens une grande fierté d'avoir pu venir en aide à de nombreux concitoyens de ma circonscription avant et pendant la pandémie.
Je me suis aussi adaptée à cette nouvelle réalité imposée par le confinement. J'ai dû notamment apprendre à maîtriser la technologie nécessaire pour siéger virtuellement et pour voter par reconnaissance faciale. À mon âge, cela n'est pas évident. À cause de la COVID‑19, je n'aurai pas réellement vécu la vie parlementaire sur la Colline, ce qui, je l'avoue, demeure pour moi un regret. Je tenais donc à être présente ici, dans cette enceinte, pour mon discours d'au revoir.
Ce mandat aura été des plus éprouvants à plusieurs égards. Cette année, la COVID‑19 m'a enlevé ma sœur, Danielle, m'a éloignée de mes enfants, de mes petits-enfants et de ma famille. De plus, un de mes employés traverse encore, après 50 semaines, les effets de deux cancers.
Malgré ce contexte difficile, j'ai tout de même constaté de belles choses lors de mes activités parlementaires.
Entre autres, j'ai été heureuse de constater les avancées considérables qu'ont faites les femmes en politique depuis maintenant plusieurs années, mais également combien il reste de travail à faire. Je garde la conviction que cette politique, faite autrement, féministe, ouverte est la voie de l'avenir. Vivement que les nouvelles générations emboîtent le pas!
Durant le travail parlementaire et les périodes de confinement, j'ai appris, j'ai pris conscience d'une chose: j'ai encore tant de rêves à réaliser. Celui d'être députée était l'un de mes plus grands. En ce sens, je me considère malgré tout choyée par la vie. J'ai encore une énergie débordante que j'utiliserai dans d'autres sphères de la vie. C'est donc l'urgence de vivre qui motive ma décision de ne pas briguer un second mandat. Soyez sûrs, cependant, que ma passion pour la politique demeure intacte. Je compte donc poursuivre mon travail de députée avec la même assiduité, et ce, jusqu'à ce que les citoyens de Trois-Rivières soient appelés aux urnes et que mon successeur soit élu.
J'ai bien évidemment une pensée pour ces femmes et ces hommes qui, en participant au processus électoral, ont choisi de porter leur confiance en ma personne et m'ont offert l'honneur de les représenter à la Chambre des communes. Aux Trifluviennes et aux Trifluviens, je dis merci.
Sur un plan plus personnel, je tiens à dire toute ma reconnaissance à mon conjoint qui, par son appui inconditionnel, malgré le rythme infernal imposé par la politique, a été là pour m'appuyer tout au long de mon parcours de militante, de présidente d'exécutif, de directrice de campagne et, finalement, de candidate et de députée du Bloc québécois de Trois-Rivières. Mille mercis, Michel.
Aux membres de ma famille, à mes amis, aux militantes et aux militants de Trois-Rivières, à Nicole Philippe et à l'exécutif du Bloc québécois qui m'ont soutenue dans cette folle aventure politique, merci.
Finalement, je salue mes collègues du Bloc québécois avec qui j'ai eu l'honneur et le privilège de servir les citoyens de ma circonscription. La Chambre me permettra de saluer mon mentor, le doyen francophone de la Chambre des communes, M. Louis Plamondon. Son exemple et ses conseils m'ont grandement servie dans ma tâche. Ce que j'ai baptisé le « plamondisme » m'a permis de garder le contact avec mes électeurs malgré le confinement imposé pendant la pandémie. Cette proximité, ces contacts humains avec mes électeurs m'ont tant manqué durant cette période.
Je veux aussi dire toute mon admiration à mes collègues. Combien de fois ils m'ont épatée par leur maîtrise des dossiers, leur engagement sincère, leur fougue, leur sincérité, leur acharnement à défendre leurs dossiers respectifs, dans le but d'améliorer les conditions de vie des Québécoises et des Québécois!
Je garderai un souvenir impérissable de chacune et de chacun d'entre eux.
Enfin, un mot spécial à mon chef, Yves‑François Blanchet, qui n'a cessé de m'impressionner au quotidien par ses talents d'orateur et d'analyste et par son leadership. Il a prouvé maintes fois, avant et pendant la pandémie, qu'il est de la trempe des véritables chefs d'État. L'histoire ne l'oubliera pas. Merci pour tout.
En conclusion, je suis extrêmement fière du chemin parcouru. J'ai évolué et j'ai grandi depuis le jour de mon élection en 2019 et depuis le jour de mon assermentation comme députée du Bloc québécois de Trois‑Rivières. Je suis fière de la femme et de la politicienne que je suis devenue. J'entreprends cette dernière étape avec enthousiasme et optimisme. Comme une de mes amies me dit souvent, « fais‑toi une belle vie ».
C'est ce que j'ai l'intention de faire. Merci, monsieur le Président.
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NPD (NL)
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2021-06-15 18:57 [p.8504]
Monsieur le Président, je tiens à vous remercier, ainsi que les leaders parlementaires et les whips, d'avoir organisé le débat de ce soir pour nous donner, à moi et aux autres qui ne se présenteront pas aux prochaines élections, l'occasion de prendre la parole devant le Parlement et de prononcer ce qu'il est convenu d'appeler un discours d'adieu. L'idée me paraît toutefois, à certains égards, un peu étrange. Bien sûr, nous pourrons peut-être tous nous retrouver ici en septembre s'il n'y a pas d'élections. C'est donc plutôt un discours « au cas où ». Il s'agit également d'un discours d'adieu qui est prononcé à 1 500 milles de distance, au moyen de Zoom, et qui s'adresse aussi à certaines des personnes dont je n'ai pas vraiment eu l'occasion de faire la connaissance depuis ma réélection en 2019. C'est un peu dommage, mais la pandémie y est pour quelque chose.
Nous avons travaillé d'arrache-pied, malgré le manque de contact humain, et nous avons réussi à faire beaucoup de grandes choses. Nous poursuivons nos efforts dans ce sens, même aujourd'hui, lorsque j'ai eu l'honneur de faire la dernière intervention au sujet d'une motion d'initiative parlementaire sur les soins dentaires pour les Canadiens. Nous venons de terminer un rapport, qui sera présenté à la Chambre, sur le racisme et les services policiers au Canada, à l'issue d'une étude que j'ai eu l'honneur de lancer avec d'autres en juillet dernier. Nous n'avons pas chômé. Nous avons d'ailleurs beaucoup aimé siéger tard jusqu'à minuit ces derniers jours, conformément à la motion que nous avons adoptée. Il y a lieu de se demander qui voudrait abandonner tout cela. C'est tellement emballant, mais il faut beaucoup de dévouement, et nous semblons adorer notre travail.
Certains pourraient s'interroger sur la raison de notre départ. Pour moi, une partie de la réponse réside dans le fait que je suis arrivé à la Chambre au cours de la 33e législature, ayant été élu dans le cadre d'une élection partielle lorsque Ed Broadbent était au meilleur de sa forme à titre de chef du NPD et que Brian Mulroney était premier ministre. À cette époque, j'ai appris très tôt, en tant que parlementaire — et je crois que le député de Malpeque l'a souligné —, que je pouvais jouer un rôle même sous un gouvernement majoritaire et faire preuve d'efficacité en modifiant des mesures législatives ou en contribuant aux débats et en influençant ainsi le cours des discussions à la Chambre.
Nous avions un groupe solide de députés sous la direction d'Ed. Je ne pense pas qu’il y ait encore des députés de la 33e législature à la Chambre. Je sais que Wayne a servi pendant 28 ans, mais il a commencé en 1993. D’ailleurs, je suis désolé d’apprendre de la bouche du député de Malpeque que Mike O’Neill est décédé. Il a été mon adjoint législatif en 1987‑1988. Le député de Malpeque a eu la chance de travailler avec cet homme exceptionnel. Il connaissait aussi plutôt bien Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Je suis heureux de savoir qu’il a servi le député pendant si longtemps. Je l’ai rencontré de nombreuses fois pendant toutes ces années.
Puis, en 1988, j’ai été défait lors des élections et cela aura pris 20 ans avant que je ne revienne à la Chambre comme député.
Je vais raconter une petite histoire. Lorsque je me suis présenté pour la première fois, en 1987, le poste que je briguais était celui de St. John’s-Est. Aucun néo-démocrate n’y avait été élu depuis la Confédération en 1948, et presque aucun libéral n’avait remporté ce siège — peut-être un ou deux dans les années 1960. Alors, j’avais proposé ma candidature.
Je pratiquais le droit à cette époque. Lorsque je suis allé voir le juge pour signer certains papiers, ce dernier, qui avait été député provincial, m’a dit: « Alors, M. Harris, j’ai entendu dire que vous alliez vous lancer en politique, si tant est qu'être candidat pour le NPD équivaille à se lancer en politique. » J’étais censé rire à cette supposée plaisanterie. Puis, il a passé 45 minutes à m’expliquer quel grand honneur c’était d’être un politicien. C'était une « noble vocation » selon lui de participer à l’élaboration des lois qui gouvernent notre peuple. Il a parlé de ses expériences avec Joey Smallwood, etc.
Il avait tort de dire que je ne me lançais pas vraiment en politique, même si je n'aurais jamais cru avoir la carrière que j'ai eue, avec les 10 années que j'ai passées au Parlement fédéral et les 16 années à l'assemblée législative provinciale, mais je n'ai jamais oublié cette expression, « noble vocation », pour souligner que nous sommes ici pour servir la population, que nous avons un rôle à jouer, que ce rôle est important et que c'est un grand honneur que de le remplir.
Lorsque j'ai été défait, en 1988, je n'ai pas vraiment fait de pause dans ma carrière parlementaire. J'ai pris ce que j'avais appris au Parlement et je l'ai emmené à l'Assemblée législative de Terre‑Neuve‑et‑Labrador en 1990. J'ai été élu cinq fois et j'ai été député pendant 16 ans, en grande partie en tant que chef du Nouveau Parti démocratique de la province de Terre‑Neuve‑et‑Labrador.
Je suis revenu en 2008, à la demande de Jack Layton. Je suis resté jusqu'en 2015, surtout à titre de porte-parole en matière de défense, et pendant quelques temps, à titre de porte-parole en matière de sécurité publique et en matière de justice. J'ai vraiment aimé le leadership inspirant de Jack Layton, qui nous a fait progresser jusqu'à devenir l'opposition officielle. Il est malheureusement et tragiquement décédé et a été remplacé par Thomas Mulcair, qui, nous le savons, est reconnu comme étant l'un des plus efficaces chefs de l'opposition de l'époque moderne.
J'ai, malheureusement, essuyé une nouvelle défaite en 2015 et, pendant quatre ans, j'ai été un ex-député, mais j'en ai profité pour me joindre à l'Association canadienne des ex-parlementaires. Je recommande fortement à tous ceux qui cesseront d'être députés de joindre cette association. C'est un groupe formidable qui permet de garder le contact avec nos anciens collègues, ainsi qu'avec des gens que nous avons connus, mais qui n'ont pas été députés en même temps que nous. Que nous décidions de quitter la vie de parlementaire de notre propre chef ou en raison du résultat des élections, garder le contact avec ceux qui ont été députés en même temps que nous est une bonne chose.
Je suis revenu en 2019 et c'est pourquoi je suis ici aujourd'hui. Je ne voulais vraiment pas m'éterniser sur cette histoire, mais je souhaitais décrire le contexte de mon expérience unique de député, qui s'étend sur une période de 34 ans. Le député de Malpèque sert les Canadiens depuis 28 ans, mais ses années de service ont été consécutives. Sa carrière n'a pas été aussi variée que la mienne. Il est un député chevronné, qui a toujours siégé à la Chambre. Il a pu puiser dans son expérience ici, qui a été plus longue que la mienne.
J'ai aimé chaque année de ma carrière de député. Ce fut une formidable expérience et, comme tous ceux qui interviendront le diront sans doute, il s'agit d'une profession honorable. C'est également un grand honneur et un privilège de représenter les gens de sa circonscription à la Chambre des communes. Nous ne pouvons pas le faire sans leur soutien et je remercie sincèrement tous les électeurs de St. John's‑Est. Qu'ils aient voté pour moi ou non, ils habitaient ma circonscription. Je les remercie de m'avoir accordé leur appui au fil des ans de même que le privilège de parler en leur nom et de les servir à la Chambre des communes. J'ai tâché de faire de mon mieux en ce sens.
Je représente aussi les habitants de Terre‑Neuve‑et‑Labrador à titre de seul député néo-démocrate de la province. De plus, je suis actuellement le seul membre de l'opposition de Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Les électeurs et nos concitoyens sont l'âme de la politique. Nous communiquons et collaborons avec eux et nous les aidons quand nous le pouvons. J'ai toujours beaucoup aimé l'aspect humain de la politique.
Dix minutes, c'est bien peu de temps pour faire autre chose que remercier les gens, les bénévoles, les militants et les donateurs qui m'ont permis d'être ici. Nous devons aussi remercier notre famille. Sans le soutien qu'elle nous fournit, nous ne pourrions pas faire notre travail.
Ma femme, Ann, et nos trois enfants, Amelia, Sarah et John, m'ont beaucoup appuyé. Ils m'ont encouragé et ont aimé mon travail. Je remercie mes employés, qui m'ont aidé dans mes fonctions. Je n'y serais pas arrivé sans eux. Je remercie le personnel de mon bureau de circonscription et mon personnel d'Ottawa, qui ont aidé mes concitoyens du mieux qu'ils l'ont pu. C'est incroyable de voir ce que nous pouvons faire pour nos concitoyens avec le système que nous avons.
Le personnel de la Colline est aussi incroyable. Les personnes-ressources de la Bibliothèque du Parlement ont été exceptionnelles avec moi et ont grandement aidé nos comités, et nous le savons tous.
Je souhaite réitérer ce que le député de Malpeque a dit concernant notre Parlement. Il n’est pas parfait. Cela prendrait beaucoup de travail pour rendre notre monde et le Parlement parfaits. Toutefois, c’est un excellent système pour faire entendre la voix du peuple, qui donne la possibilité de travailler avec d’autres parlementaires pour essayer d’améliorer les choses. Comme je l’ai dit, c’est une noble vocation.
Je souhaite encourager tous les jeunes qui souhaiteraient se lancer en politique de prendre le relais et de porter le flambeau aussi loin qu’ils peuvent. C’est une noble vocation. C’est un métier qui vaut la peine d’être fait et c’est très louable de contribuer à rendre notre pays meilleur, et à rendre le monde meilleur et plus sûr. Il y a tellement à faire et trop peu de candidats, alors je les invite à se consacrer à cette cause.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, au fil des ans, j'ai pris la parole à propos de nombreux sujets d'actualité et de questions urgentes, comme la pandémie, mais ce soir, c'est différent. Ce sera ma dernière intervention à la Chambre. J'aimerais exprimer quelques réflexions sur mon passage en politique et sur ce que j'y ai appris en tant que député de Mississauga—Malton.
Je vais commencer en disant à quel point je suis reconnaissant d'avoir eu l'occasion de servir ma communauté dynamique et ce beau pays pendant plus de 13 ans.
Je veux d'abord remercier les résidants de Brampton et de Mississauga, qui m'ont fait confiance pour les représenter dans cette enceinte durant cinq mandats. J'ai tenté de me montrer digne de leur confiance, que je n'ai jamais tenue pour acquise.
Comme les députés le savent très bien, on ne peut pas faire de la politique tout seul. C'est un sport d'équipe, et j'ai eu la chance d'avoir des coéquipiers fantastiques tout au long de ma carrière. Je remercie mes collègues à la Chambre de leur amitié et de leurs conseils; mon personnel travaillant et nos excellents fonctionnaires; les membres de mon association de circonscription de leur engagement sans faille; de même que les centaines de bénévoles qui donnent de leur temps pour rendre ce pays encore meilleur. Je ne saurais exprimer avec des mots toute la reconnaissance que j'ai envers eux.
J'aimerais surtout remercier le très honorable premier ministre de l'amitié et de la confiance qu'il m'a accordées au fil des années. Siéger au sein du Cabinet a été le plus grand honneur de ma vie. Je suis ravi d'avoir participé directement à l'élaboration des politiques et des programmes économiques pour l'ensemble des Canadiens.
La vie politique n'est pas facile pour les familles. Je tiens à remercier tout particulièrement ma belle et formidable épouse, Bram, ainsi que mes remarquables filles, Nanki et Kirpa, de tous les sacrifices qu'elles ont consentis pour me permettre de servir la Chambre. Je les remercie énormément. Leur amour et leur appui ont fait toute la différence pour moi. Toute hésitation que je puis avoir à quitter cet endroit s'estompe quand je pense que je pourrais passer plus de temps avec elles.
Quand mes parents ont immigré au Canada dans les années 1970, ils n'auraient jamais imaginé, même dans leurs rêves les plus fous, que leur fils se retrouverait dans cette enceinte. Mon père a quitté un petit village au Rajasthan, en Inde, pour venir s'établir au Canada. À son arrivée, il parlait très peu l'anglais, et il avait 5 $ en poche. Cependant, il était venu ici à la recherche de meilleures perspectives économiques. En quelques années, mon père a appris la menuiserie d'un ébéniste italo‑canadien qui l'appelait Vincenzo, ce qui, à son avis, sonnait mieux que Balwinder. Mon père a porté ce nom avec honneur.
Ma mère travaillait de nuit dans une usine de biscuits. Ainsi, elle pouvait être à la maison tous les matins pour préparer mon déjeuner et celui de mon frère, Harjot, et nous aider à attacher notre patka, le couvre-chef que portent les jeunes enfants sikhs. Elle savait combien je tenais à faire du sport, combien j'adorais le sport. Pour que je puisse jouer en toute confiance, il fallait que mon patka soit bien attaché. Elle travaillait toute la nuit, mais elle arrivait toujours à la maison à temps pour que je me sente bien prêt pour la journée d'école.
Mes parents travaillaient fort et réussissaient bien. Mon père a acheté une entreprise d'armoires, et ma famille a quitté le quartier Jane and Finch de Toronto pour s'installer à Brampton. Malgré cette réussite, je crois qu'il ne s'est jamais attendu à ce qu'un membre de la famille soit un jour assis à la table du Cabinet et contribue à fabriquer des lois plutôt que des armoires. Cela n'arrive qu'au Canada.
Dès mon plus jeune âge, mes parents m'ont fait comprendre que le Canada avait été très généreux envers nous, que nous devions y contribuer en retour et que nous avions la responsabilité de créer, à notre tour, des occasions de réussite pour d'autres personnes. J'ai tout de même eu ma part de défis. Comme j'avais une apparence un peu différente de celle des autres enfants, j'ai été la cible de commentaires désobligeants et de moqueries. J'ai toutefois grandi à l'époque de la Charte des droits et libertés.
Il y a un moment qui a été marquant pour moi, et c'est la décision dans l'affaire de Baltej Singh Dhillon, qui a autorisé l'agent de la GRC à porter son turban avec son uniforme. Cela a mené à une certaine controverse, bien sûr, mais pour un jeune sikh, le message envoyé favorisait mon sentiment d'appartenance et m'indiquait que je pouvais jouer un rôle important dans les institutions canadiennes. Avec le recul, je comprends que ces changements étaient le fruit d'une société inclusive et multiculturelle fondée sur la vision pour laquelle l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau et de nombreux autres s'étaient vaillamment battus. Cette vision a amené une volonté croissante d'acceptation, d'évolution et de célébration.
Lorsque je me suis décidé à me lancer en politique, j'ai choisi le parti de la Charte, le Parti libéral, comme famille politique. Par contre, même au sein de cette famille, il y en avait qui croyaient que je devais cacher mes origines. Une des grosses pointures du parti m'a même dit: « Ne mets pas ta photo dans le dépliant. » À l'époque, j'avais été décontenancé, mais j'ai gardé le silence et j'ai pris mon mal en patience. Par contre, je suis heureux de dire que mon silence n'a pas duré longtemps et que je n'ai pas suivi ce conseil; j'ai mis ma photo dans tous les dépliants. Je me disais que, tant qu'à me présenter, je voulais que les gens sachent qui était la personne à qui ils allaient accorder leur confiance. Je n'allais pas cacher mes origines ni qui je suis. En passant, pour ceux qui se le demandent, j'ai remporté ma première élection avec 57 % des votes, la plus importante majorité dans la région de Peel. Ce n'était pas la première fois que je me battais pour l'égalité, et ce ne fut pas la dernière.
Peu après ma première élection, le débat sur le mariage entre personnes de même sexe a mis à l'épreuve ma détermination à tenir mon bout. Nombre de mes concitoyens n'appuyaient pas le mariage homosexuel, mais pour moi, le choix était clair: les gens aiment qui ils veulent, et nous ne pouvons pas décider qui a le droit de faire quoi, point final. Cette position m'a valu beaucoup de critiques, mais je suis fier de l'avoir adoptée. Étant moi-même quelqu'un qui a toujours eu l'air différent, je savais qu'il n'y avait pas d'autres options. C'est également ce que j'ai fait valoir à ceux qui, d'une part, se plaignaient d'être eux-mêmes victimes de discrimination, mais qui, d'autre part, prônaient la discrimination contre d'autres personnes.
Lorsque j'ai été nommé ministre de l'Industrie, j'étais parfaitement conscient d'être la première personne de couleur à occuper ce poste, et je tenais absolument à laisser la porte ouverte à d'autres. Certes, nous avons pris de nombreuses initiatives pour créer des emplois et accélérer les progrès scientifiques et l'innovation, mais je suis surtout fier d'avoir défendu l'égalité et l'équité parmi les décideurs. C'est avec fierté que j'ai lancé le Défi 50‑30. Dans le cadre de cette initiative, nous avons demandé aux organisations des secteurs privé et public d'aspirer à atteindre deux objectifs: la parité hommes-femmes au sein des conseils d'administration et des hautes directions au Canada, et une représentation importante, d'au moins 30 %, parmi ces mêmes dirigeants, de personnes issues de groupes sous-représentés, comme les Canadiens noirs, les personnes handicapées, les membres de la communauté LGBTQ2S, ainsi les Premières Nations, les Inuits et les Métis. Jusqu'ici, plus de 1 000 organisations canadiennes ont relevé le défi de faire accéder des personnes sous-représentées à des postes d'influence économique et de direction.
Bien que le sort réservé aux personnes jugées différentes soit objectivement meilleur au pays, nous avons encore un long chemin à parcourir. Comme beaucoup de Canadiens, j'ai eu le cœur brisé lorsque j'ai appris la nouvelle tragique des 215 enfants découverts sur le site d'un ancien pensionnat à Kamloops. Cela devrait nous rappeler à tous que le monde entier nous regarde, que le Canada est un pays en constante évolution et que nous avons beaucoup à faire en matière de réconciliation.
Tandis que nous composions avec cette cette tragédie historique, nous avons été horrifiés de constater qu'à London, en Ontario, la haine est toujours bien présente. La haine est pernicieuse. Elle s'en prend à ceux dont le seul crime est d'être différents. J'affiche également ouvertement ma foi. Ces victimes auraient pu être ma famille.
Bien que je sache que tous les députés condamnent ces crimes, nous devons nous rappeler que chaque fois que nous suscitons la division, nous plantons et alimentons les germes de la haine. Dans ces moments, le pays nous regarde, mais ce que nous disons et faisons dans l'intervalle a tout autant de répercussions.
En fait, il y a ceux dans ce pays qui prétendent encore servir l'intérêt public en adoptant des lois sur la discrimination et en dressant les Canadiens les uns contre les autres. Cette approche va finir par échouer, comme elle l'a toujours fait, mais nous devons faire comprendre à nos dirigeants que ce n'est pas quelque chose que nous allons tolérer dans le Canada d'aujourd'hui. C'est notre diversité qui fait notre force. Pour citer une fois de plus l'ancien premier ministre, « une société qui met l'accent sur l'uniformité est une société qui crée l'intolérance et la haine ».
J'ai demandé 30 secondes supplémentaires pour faire une dernière observation. Je suis reconnaissant de l'indulgence qui m'est accordée.
Je suis extrêmement optimiste pour l'avenir. Je constate que la génération de mes filles envisage déjà ces difficultés très différemment, et c'est une source d'espoir pour moi. La politique m'a appris que le progrès n'est pas linéaire. Il se produit lorsque suffisamment de bonnes personnes luttent suffisamment longtemps et suffisamment fort pour rectifier la situation.
Les leçons les plus importantes sont celles que nous apprenons encore et encore, et cela me surprend. Malgré tout ce que j'ai vécu, le conseil que j'ai à donner à mes filles se résume à ce que mes parents m'ont enseigné, c'est-à-dire d'être reconnaissant pour tout ce qui nous est donné et de rendre la pareille en redonnant au suivant. Il faut croire en soi, sans être égocentrique, être gentil envers les autres et comprendre que ceux qui ne sont pas gentils sont ceux qui ont le plus besoin de gentillesse. Enfin, en politique comme dans la vie, il faut tenter de laisser les choses un peu mieux qu'on les a trouvées.
Chers collègues, j'espère que, à la fin de nos années au service de la population, nos efforts auront permis à notre collectivité et à notre pays de se porter mieux. Je suis convaincu que ceux qui siègent à la Chambre et ceux qui occuperont les banquettes longtemps après notre départ feront de même.
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PCC (ON)
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2021-06-15 19:20 [p.8507]
Monsieur le président, pendant presque 16 ans, j'ai eu l'honneur de prendre la parole à la Chambre des communes pour représenter les intérêts des Canadiens. Comme le dit l'adage, toute bonne chose a une fin. Le jour où les prochaines élections seront déclenchées, je ferai mes adieux à mes collègues et à vous. Aujourd'hui, je tiens à remercier les nombreuses personnes qui m'ont permis d'être député et de servir mon pays.
D'abord et avant tout, je remercie Almut Sweet, la belle et merveilleuse femme que j'ai épousée il y a presque 40 ans. Elle a dû tolérer trop d'absences, d'interruptions et de stress. C'est malheureusement le lot que doivent supporter nos partenaires pour nous permettre d'être présents ici, à Ottawa. Almut a aussi eu à subir deux chirurgies contre le cancer et à endurer la perte tragique de notre fille, Lara. Je souhaite exprimer mon amour éternel, ainsi que ma gratitude et mon respect profond à ma bien‑aimée, pour sa volonté de faire des sacrifices afin de me permettre de servir nos concitoyens et notre pays.
Je souhaite maintenant remercier tous mes enfants qui, comme ma femme, ont souvent dû supporter mon absence parce que j'étais à Ottawa. Ils ont tous été si bons envers moi, qualifiant toujours mes absences de mission à laquelle ils avaient donné leur aval. Ils ont toujours été reconnaissants de mon travail à titre de représentant de notre pays. J'ai vraiment hâte de passer plus de temps avec eux, plus de temps avec Theresa, Christopher, Lucian, Reuben, D.C. et mes petits-enfants, qui sont beaucoup trop nombreux pour tous être nommés ici.
Je remercie les résidants de la circonscription de Flamborough—Glanbrook, mais aussi ceux de Waterdown, Westdale, West Hamilton, Dundas et Ancaster, que j'ai également servi pendant longtemps. Je les remercie du fond du cœur de m'avoir accordé leur confiance et d'ainsi me permettre de représenter leurs intérêts à la Chambre des communes. Leur vote m'a donné un privilège réservé à bien peu de Canadiens au cours de l'histoire de notre grande nation, et pour cela, ils ont mon éternelle et sincère gratitude.
L'une des missions de mon bureau était de lancer avec succès la carrière politique de jeunes gens. Je prie donc mes collègues de me pardonner, car j'ai eu beaucoup d'employés au fil des ans et ils méritent d'être nommés: Doug, Carolyn, Diane, Steph, Laurie, Erin, Justin, Kesha, Michael, Katherine, Rebecca, Justin, Jacob, James, Nathan, Rachel, Monica, Alicia, Sandra, Lewan, Chris, Jacob, Colin, Tracey et, actuellement, Patricia, Liz, James, Simon, Denise, Alex et Dan.
Tous les députés devraient admettre sans hésiter que sans un personnel travailleur, dévoué et patient, ils n'accompliraient pas grand-chose. Je remercie les membres de l'équipe Sweet de tout ce qu'ils ont fait pour me faire bien paraître et, surtout, de tout ce qu'ils accomplissent pour les Canadiens. Ils sont un cadeau pour notre pays.
Comme je viens de le dire, tous mes employés sont extraordinaires, mais il y en a qui me sont très chers, parce qu'ils ont cru en moi et m'ont accompagné dès le début, et ils méritent une mention spéciale. Doug et Carolyn Brown ont accepté de me guider tout au long du processus de création d'un bureau de circonscription et, ce faisant, ils ont placé la barre très haut pour tous les futurs membres du personnel. Leur approche professionnelle et pondérée en matière de services aux gens de notre circonscription nous a permis de jouir d'une excellente réputation dans toute la région métropolitaine d'Hamilton et, par conséquent, de régler avec succès les problèmes de milliers de personnes, qu'il s'agisse de porter secours à des Canadiens dans un pays sous la dictature d'un despote ou de traiter ces redoutables dossiers de l'Agence du revenu du Canada. Je suis à jamais redevable à Doug et à Carolyn pour leur service et leur amitié. Le Canada est un meilleur pays grâce à eux.
Stef Rose, mon premier adjoint législatif, était tellement déterminé à exceller qu'il s'est entretenu avec de nombreux cadres supérieurs de la Colline pour s'assurer qu'il serait en mesure d'exercer ses fonctions avec excellence, et il a certainement été à la hauteur. À trois reprises, Stef a réécrit pour moi un projet de loi qui est devenu l'un des rares projets de loi d'initiative parlementaire à être adoptés avec l'appui de tous les partis. Il s'agit de la Loi sur l'équité à l'égard des victimes de délinquants violents. Stef a géré les travaux de comités, et bien plus encore, mais au bout du compte, il s'est toujours démarqué parce qu'il était prêt à aller plus loin. Je suis si heureux que mon ami Stef soit là où il a toujours voulu être, et le Canada est un endroit meilleur et plus sûr grâce à ses efforts.
J'ai réussi à convaincre un homme exceptionnel, du nom de Dan Muise, que j'étais le candidat qui devait être élu pour servir les Canadiens aux côtés de Stephen Harper. Dan a commencé sa carrière en tant qu'adjoint spécial de Jean Charest, lorsqu'il a été élu député à la Chambre.
La circonscription s'appelait à l'époque Ancaster‑Dundas‑Flamborough‑Westdale et, à partir de 2004, Dan m'a aidé dans pratiquement tous les aspects de ma carrière parlementaire, y compris en m'écoutant déverser mes frustrations sur lui lorsque j'avais eu une journée particulièrement difficile.
Bien des gens ne sauront jamais tout ce que Dan a fait pour le pays et on ne le remerciera jamais assez pour ses services, mais Dan n'est pas le genre de personne qui cherche les récompenses. S'il est dévoué pour le Canada, c'est parce qu'il l'aime. Je le remercie de ses services, de son vaillant travail et de son dévouement et de la profonde amitié que nous avons développée.
Puis, il y a nos meilleurs amis qui nous aident à garder les pieds sur terre et qui nous donnent une meilleure vision de la vie que celle qui prévaut dans la bulle d'Ottawa. Ce sont eux qui nous épaulaient dans la première partie de notre vie et ils savent qui nous sommes et qui nous devenons. Bob Baxter et Reid Meyers nous ont quittés pour rejoindre l'éternité, mais ils ont été les mentors d'un jeune homme qui avait un parc de dépanneuses en 1982 et ils l'ont encouragé à développer sa personnalité, son intelligence et sa spiritualité.
Mes meilleurs amis, Larry et Leslie Brune, m'ont aidé, ainsi que ma famille, de toutes les manières imaginables. Leur générosité, leur hospitalité, leur dévouement et leur gentillesse ont contribué dans une mesure non négligeable à mon succès et sont l'une des principales raisons pour lesquelles je suis ici aujourd'hui. Le couple dont je parle est venu en aide discrètement à des centaines de personnes et l'a fait si humblement et si discrètement que peu de gens sont au courant des effets remarquables qu'il a eu sur de grands groupes d'Américains et de Canadiens. Les efforts désintéressés déployés par le couple pour servir les autres sont si grands que le langage humain est incapable d'expliquer leur amour pour autrui.
Je remercie tout particulièrement mon ami Franc, officier de réserve dans les Forces de défense israéliennes, qui m'a toujours accueilli en Israël. C'est un très bon ami et un frère que je vois si rarement. Je lui souhaite paix et protection, ainsi qu'à sa famille.
Je remercie les nombreux partisans et donateurs qui ont donné temps et argent et qui ont mis à contribution leurs talents pour que je puisse continuer à mener des campagnes fructueuses successives. Leur aide est très importante pour notre démocratie et elle passe souvent inaperçue, mais ils sont vraiment la force motrice derrière chaque candidat qui détermine leur réussite ultime. Je les remercie.
Je tiens maintenant à transmettre un message à mes collègues. Tous les députés devraient réfléchir régulièrement à l'ampleur de leur responsabilité et au fait que nous vivons dans un pays où, dans la plupart des cas, les gens sont élus en fonction de leurs mérites et non de leur statut social ou de leur richesse, comme dans certains pays. Nous sommes chanceux de vivre dans un pays où ce sont les électeurs qui déterminent les résultats des élections, et non des partis politiques ayant le droit d'établir des listes pour les électeurs ou un régime dominé par une élite malveillante qui dicte aux électeurs comment voter. Il s'agit d'un cadeau précieux, que les générations précédentes ont protégé soigneusement. Des Canadiens ont versé leur sang dans des conflits passés pour le protéger.
Peu importe l'allégeance politique des députés, leur responsabilité individuelle est de protéger cette institution précieuse. C'est justement pourquoi nous sommes obligés de prêter serment à Sa Majesté la reine du Canada. Nous ne protégeons pas cette institution parce que nous sommes privilégiés. Nous la protégeons parce que c'est dans cette enceinte que nous débattons et que nous réglons les problèmes graves qui préoccupent les Canadiens.
Je croyais avoir les choses bien en main jusqu'au soir où nous devions voter pour décider si nos troupes allaient rester en Afghanistan. Je connaissais les enjeux, tout comme le bon travail que nos militaires avaient accompli. Je savais que des jeunes filles et des femmes n'avaient jamais connu la liberté avant que nos soldats arrivent.
Cependant, à l'appel de la sonnerie, le poids de ce que nous nous apprêtions à faire s'est mis à me peser sur les épaules comme jamais auparavant. Je me suis rendu compte que mon vote allait non seulement permettre à nos troupes de poursuivre leur bon travail, mais aussi que de jeunes femmes et de jeunes hommes allaient continuer d'être mis en danger et que des Canadiens allaient mourir.
Au cours de ma carrière, j'ai vécu de nombreux moments émouvants qui m'ont transformé et qui m'ont fait mieux comprendre l'ampleur de nos responsabilités, mais de laisser nos troupes dans une des régions les plus dangereuses de l'Afghanistan, que d'autres pays avaient abandonnée, s'est avéré le plus marquant. J'encourage tous mes collègues à penser par eux-mêmes, en gardant à l'esprit le serment que nous avons prêté, de même que les préoccupations qu'ils ont pour les résidants de leur circonscription et pour tous les Canadiens.
Les partis politiques sont eux-mêmes des institutions fantastiques. Je suis très reconnaissant à mon parti, le Parti conservateur du Canada, ainsi qu'à mes collègues, qui sont mes frères et sœurs d'armes. C'est pourquoi j'encourage les députés de tous les partis à faire preuve d'un bon esprit d'équipe, certes, mais aussi à être prêts à réfléchir aux enjeux et à prendre soin de leur intégrité personnelle. Quand les députés se regardent dans le miroir chaque jour, ils doivent avoir la conviction d'être fidèles à eux-mêmes.
Certains de mes collègues sont devenus des amis, et ces liens demeureront bien après mon départ de la politique.
Le député de Niagara-Ouest est un excellent ami. Après mon élection, il m'a téléphoné et m'a dit: « Viens faire un tour ici. Je t'apprendrai les ficelles du métier pour que tu puisses trouver rapidement ta vitesse de croisière sans avoir à tout démêler par toi-même. » Dino a été d'une grande générosité. Il a toute ma reconnaissance.
Le député de Brantford—Brant est un vrai gentleman dont j'apprécie la personnalité et la franchise. Quand on a la chance d'avoir des collègues avec qui ont peut débattre et être en désaccord tout en demeurant amis, c'est inestimable.
Dave Van Kesteren a pris sa retraite avant la dernière élection, mais nous avons longtemps servi ensemble et été voisins de banquette. Nous sommes devenus d'excellents amis. Nous avons démêlé beaucoup d'enjeux importants et nous nous sommes bien amusés.
Le député de Coast of Bays—Central—Notre Dame a fait de notre voyage à Londres et en Écosse un événement spécial, tout comme le député de Gatineau qui s'est joint à moi pour le parcours de jogging le plus pittoresque de ma vie, le long de la Tamise, à Londres.
Pendant près de 15 ans, j'ai siégé au Sous-comité des droits internationaux de la personne aux côtés du député de Lanark—Frontenac—Kingston et de deux excellents députés libéraux, Mario Silva et Irwin Cotler. Nous avons travaillé de concert pour défendre des personnes emprisonnées, persécutées, torturées et tuées. Ensemble, nous avons réussi à sauver de nombreuses vies. Je suis très reconnaissant qu'ils aient collaboré et travaillé avec moi.
Enfin, certains m'ont demandé pourquoi je quitte la Chambre des communes. En vérité, je ne vais pas bien. Je veux profiter de l'occasion pour encourager ceux qui ne vont pas bien à obtenir de l'aide.
Depuis le moment où j'ai pris la décision de ne pas me présenter aux prochaines élections, en janvier, j'ai beaucoup réfléchi à ce qui a causé ma jaunisse mentale. J'ignore si elle est due aux quatre années où, à l'âge de 12 ans, j'ai été incarcéré en milieu juvénile. C'est peut-être l'agression au couteau dont j'ai été victime à Lockport, dans l'État de New York; la trahison commise par des associés à l'époque où j'étais un jeune homme d'affaires; la perte de deux enfants, l'une à la naissance, alors que je tentais d'accoucher sa mère, et une autre, qui s'est enlevé la vie. Peut-être que l'attaque terroriste sur la Colline du Parlement y est pour quelque chose, de même que les trop nombreuses funérailles que j'ai organisées, parce qu'on me considère comme le gars qui peut le supporter. Je sais que les quinze ans à écouter les pires histoires de souffrance humaine au comité des droits de la personne ont joué un rôle. L'ensemble de toutes ces expériences ont probablement joué un rôle, de même que les mesures draconiennes de confinement.
Nous devrions tous respecter le fait que nous avons chacun nos limites et que ces limites ne sont pas les mêmes pour tous. Heureusement, bien des gens ont des limites supérieures aux nôtres, comme de nombreux membres des Forces canadiennes, envers qui nous sommes reconnaissants.
Nous devons tous être conscients de nos limites et veiller à obtenir le soutien et l'aide nécessaires avant que le fardeau ne devienne trop lourd. C'est ce que je compte faire, et j'encourage tous ceux qui peuvent m'entendre et qui ont besoin d'aide à chercher le soutien nécessaire et à ne pas ménager les efforts pour l'obtenir. Ils n'ont pas à avoir honte. Nous avons tous besoin d'aide parfois.
Je prie également ceux qui n'ont pas besoin d'aide actuellement de se montrer patients et d'aider les autres. Pas plus tard que le week-end dernier, mon ami, Nicholas Lauwers, qui est psychothérapeute, m'a offert son soutien et m'a aidé à me remettre sur la bonne voie juste en étant à l'écoute. Je l'en remercie.
J'adresse mes derniers remerciements, mais les plus importants, au Seigneur Jésus-Christ. Le processus que j'ai entamé pour rebâtir ma vie après m'être engagé auprès du Christ guide tous les aspects de ma vie. Je suis par-dessus tout reconnaissant envers Dieu.
Sur les arcs de l'édifice du Centre se trouvent trois passages des Saintes Écritures: « Un peuple sans idéal est voué à mourir »; « Ô Dieu, donne tes jugements au roi, et ta justice au fils du roi » et « Il dominera d'une mer à l'autre ».
Ce sont des paroles qui ont guidé des gens de principe qui, même s'ils n'étaient pas parfaits, se sont efforcés de bâtir un pays où des gens des quatre coins du monde voudraient s'établir. Il n'y a personne qui reste éveillé la nuit en se demandant comment s'y prendre pour aller en Iran. Personne ne se dit que tout ira bien une fois en Russie.
En revanche, des gens de partout dans le monde rêvent de venir au Canada et font des pieds et des mains pour y parvenir.
Que Dieu continue de bénir le Canada et de protéger nos foyers et nos droits.
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Lib. (NB)
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2021-06-15 19:37 [p.8509]
Monsieur le Président, je salue mes honorables collègues, mes chers concitoyens et partisans, les membres de mon équipe dévouée, ainsi que ma famille bien-aimée et mes amis.
Je voyais venir la journée d'aujourd'hui depuis plusieurs mois, mais je l'appréhendais avec un peu de tristesse.
Depuis plus de cinq ans et demi, j'ai l'honneur et le privilège de siéger à la Chambre des communes et d'y représenter les bonnes gens de Miramichi—Grand Lake. Je suis très fier de ce que le gouvernement libéral et moi-même avons réussi à accomplir dans la circonscription, mais il reste encore, bien sûr, une longue liste de choses à faire. Ce sera toutefois au prochain député libéral de Miramichi—Grand Lake de prendre la relève, car j'annonce aujourd'hui que je ne serai pas candidat aux prochaines élections fédérales. Je demeure toutefois député jusque-là.
Il est toujours risqué de remercier des personnes et de reconnaître leur travail, puisque, la plupart du temps, on oublie certaines personnes que l'on devrait absolument remercier. J'espère que, si j'oublie des personnes, elles me le pardonneront. Je leur en serai toujours très reconnaissant.
À cette étape de ma vie, les six ans passés ici représentent une petite partie de tout ce que j'ai fait jusqu'ici. J'ai passé la plus grande partie de ma vie dans ma communauté, avec ma famille, à bâtir notre entreprise tout en faisant partie d'organisations locales, provinciales et nationales.
La voix que j'ai fait entendre à la Chambre n'était pas celle d'un politicien renommé ni celle d'une personne ayant une vaste expérience en droit ou en sciences politiques, une expertise que je respecte et admire et qui est sans contredit nécessaire à la Chambre. Ma voix était en fait — et je crois que c'est tout aussi important — celle des gens brillants et travaillants qui vivent dans les régions rurales, y compris celle des communautés autochtones dynamiques de la région.
Je suis heureux d'avoir eu la chance de faire entendre cette voix de bien des façons, par exemple en ayant le privilège de siéger au comité des pêches et des océans et au comité permanent de l'agriculture, que j'ai l'honneur et la chance de présider depuis que je siège à la Chambre.
J'ai aussi pu m'exprimer pendant de nombreuses conversations et réunions avec les ministres et mes collègues du caucus, et à titre de président du caucus libéral du Nouveau-Brunswick, qui regroupe mes collègues néo-brunswickois.
Enfin, j'ai eu le grand privilège d'avoir l'oreille du très honorable premier ministre, que je tiens à remercier personnellement de m'avoir fait confiance et de m'avoir accordé son ferme appui durant mon mandat à titre de député de Miramichi—Grand Lake. Il a visité ma circonscription bien des fois en temps de crise afin de prendre des engagements et d'offrir son soutien, notamment à la suite de la tempête de verglas de 2017 et pendant les jours sombres du centre de paie situé dans ma circonscription. Toutefois, il a également fait de nombreuses visites impromptues simplement pour rencontrer les gens de Miramichi—Grand Lake et échanger avec eux.
Merci énormément, monsieur le premier ministre. Merci de vos conseils et d'être là pour nous durant cette épouvantable pandémie.
Je dois également admettre que j'ai beaucoup appris et beaucoup retiré des nombreux débats et conversations que j'ai eus avec tous les autres députés, dont je chérirai toujours l'amitié.
Notre gouvernement a réussi à accomplir de belles choses pour notre pays et pour ma circonscription de Miramichi—Grand Lake. Même s'il en reste encore beaucoup à accomplir, durant mon mandat, notre région a connu une belle période de croissance économique et sociale.
J'aimerais énumérer quelques-unes de nos nombreuses réalisations dans ma circonscription. Bien entendu, je mentionne encore une fois le centre de paie, qui venait tout juste d'être inauguré par le gouvernement précédent dans ma circonscription et qui, tout le monde en conviendra, était totalement dysfonctionnel. Nous avons réussi à le stabiliser en y créant 400 emplois fédéraux locaux supplémentaires et en y investissant des sommes adéquates pour redresser la situation et le rendre fonctionnel.
Parmi les nombreux investissements que le gouvernement et moi avons concrétisés, mentionnons: la rénovation de l'hôtel de ville de Minto, dans ma circonscription; la station de traitement des eaux usées à Chipman; le quai de Chatham; le nouveau bâtiment de la foire agricole de Napan; le nouveau terminal de l'aéroport de Miramichi; la salle Lisa LeBlanc, une salle de spectacle dédiée à la chanteuse dans mon village, Rogersville; la toiture du complexe sportif de Neguac; la rénovation de l'aréna Tom Donovan, à Renous; le nouveau pont Anderson; le nouveau système d'approvisionnement en eau potable du village de Doaktown; une école élémentaire pour notre collectivité autochtone d'Elsipogtog; des améliorations aux systèmes d'approvisionnement en eau potable et de traitement des eaux usées des villages de Neguac, de Minto et de Rogersville; et la modernisation des aires de service du parc national Kouchibouguac.
Sur le plan de la stratégie économique, ma circonscription a aussi bénéficié des millions de dollars investis dans notre secteur de la pêche, notamment par des mises à niveau de nos usines de transformation, les ports pour petits bateaux et un financement stable pour nos pêcheurs. Des millions de dollars ont été investis dans notre secteur primaire, par exemple dans les tourbières, la foresterie et l'agriculture. Un investissement considérable a aussi été fait dans notre industrie touristique pour les saisons estivale et hivernale.
Sur le plan social, des investissements sans précédent dans l'Allocation canadienne pour enfants permettent de verser plus de 3 millions de dollars à plus de 5 000 familles de Miramichi—Grand Lake chaque mois. Il y a aussi l'amélioration du programme Nouveaux Horizons et du programme d'accessibilité pour les personnes handicapées, pour ne nommer que ceux-là. Le financement du programme Emplois d'été Canada a été doublé, et les investissements dans les initiatives axées sur la santé mentale, le logement et l'immigration ont atteint des sommets inégalés.
Bien qu'il reste beaucoup de travail à faire, nos efforts soutenus auprès des Premières Nations ont permis de réaliser d'importants progrès dans les domaines du logement, de l'eau potable, de l'enseignement de la langue et de la culture, ainsi que des efforts sur le plan de la vérité et de la réconciliation. Je suis évidemment très fier de notre engagement soutenu à l'égard de l'environnement, que ce soit notre plan de protection des océans, les dispositions législatives axées sur le principe du pollueur-payeur et l'interdiction des plastiques, sans oublier notre engagement à atteindre la carboneutralité d'ici 2050. Grâce à ces mesures, nous pourrons faire en sorte de léguer une planète habitable à la prochaine génération.
Je tiens aussi à remercier les maires, les conseillers, les entreprises et les dirigeants locaux de toutes les communautés de ma circonscription pour leur travail remarquable et leur excellente collaboration.
Je veux maintenant profiter de l'occasion pour reconnaître et remercier personnellement mon équipe de bureau: Ashley, Hannah, Roger, Bertrand, Christine, Marie‑Paule et Peggy, mon ancienne employée Josée, et feu Louise.
De moi‑même, et de la part des gens de Miramichi—Grand Lake qui ont cogné à notre porte pour obtenir de l'aide et qu'ils ont servis professionnellement, je leur dis un gros merci. Qu'ils sachent qu'ils ont aidé beaucoup de gens.
Je dis aussi un gros à mon équipe de campagne et à tous les électeurs de Miramichi—Grand Lake auxquels je dois entièrement le privilège d'avoir servi à la Chambre.
Je souhaite également remercier toute l'équipe de la Chambre des communes, des agents de sécurité aux employés de la cafétéria, des pages à l'ensemble du personnel de soutien. Je veux que ces gens sachent qu'ils sont appréciés et indispensables. Je les remercie du plus profond de mon cœur. J'ai eu d'excellentes conversations avec eux, et j'ai aimé mes apartés avec les agents de sécurité et tous les membres de l'équipe. C'était super.
Enfin, je désire remercier certains des êtres qui me sont le plus chers et qui ont beaucoup sacrifié pour moi, notamment ma fille Vicky, son mari Gerard, mon fils Derek et Sarah. À mes petits‑enfants Tristan, James et Joelle, je dis: « Pépère est de retour ». Je remercie également ma mère, mes huit frères et sœurs et leur famille élargie de leur soutien.
En terminant, je tiens à informer la Chambre que je n'ai pas servi seul les bonnes gens de Miramichi—Grand Lake. En effet, mon épouse, Lise, m'a accompagné à tant d'activités et s'est occupée de tant de choses pour me permettre de faire mon travail qu'on peut dire qu'elle a, elle aussi, servi les habitants de notre circonscription. Le commissaire à l'éthique n'a pas à s'inquiéter: elle n'a obtenu aucune rémunération pour ses services. C'est grâce aux efforts inlassables de Lise que notre famille et notre entreprise ont survécu. Je ne la remercierai jamais assez. Cette femme incroyable a été mon roc et mon refuge, et je l'aimerai éternellement. Je lui dirai, et j'espère que cela ne l'ennuiera pas: « Je suis de retour ».
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BQ (QC)
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2021-06-15 19:46 [p.8510]
Monsieur le Président, me revoici pour une troisième fois depuis que je pensais que c'était mon dernier discours. S'il n'y a pas d'élections, je vais revenir en faire un autre.
En 2015, j'ai été élu comme député, j'avais 30 ans et j'avais de jeunes enfants. J'ai voyagé aller-retour pendant deux ans afin d'être sûr de ne rien manquer dans la vie de mes enfants et, si c'était à refaire, je le referais. Mon objectif a toujours été de donner un monde meilleur à mes enfants et, pour moi, cela voulait dire leur donner un pays qui n'est pas le Canada, mais qui est bel et bien le Québec.
J'ai toujours été fier d'être le député de Mirabel, mais je n'ai jamais été fier des terres qui ont été volées par le gouvernement fédéral. Il s'agit de 97 000 acres de chez nous, des terres de gens que je connais, des voisins. Je suis fier d'être le député de Mirabel et d'avoir défendu ces gens-là.
Je remercie mes enfants de m'avoir attendu aussi souvent. Quand je suis parti tout à l'heure de la maison, ils savaient que je venais ici faire mon discours d'adieu. Ils avaient hâte que je revienne, mais je ne les verrai pas avant demain matin puisqu'ils vont être couchés quand je vais revenir. Ce n'est pas grave. Je remercie mon épouse Johanie, qui a toujours été là avec moi, qui m'a aidée et qui croit à notre cause.
Je ne suis pas le premier ministre et je ne me mettrai donc pas à pleurer, mais, maintenant que les fleurs sont lancées, c'est au tour du pot.
Le plus gros problème du Canada, c'est le Canada lui-même. C'est un État qui se dit progressiste, qui l'inscrit dès qu'il le peut dans un traité ou dans une loi, mais, au fond, c'est un État archaïque dicté par une monarchie.
Le message progressiste du Canada est que nous ne naissons pas tous égaux en droit puisque la royauté est au-dessus du commun des mortels et hérite de ses pouvoirs par sa naissance. C'est contraire à la démocratie, c'est le contraire de ce qu'on prône dans la Chambre. Je comprends les traditions, mais le poids en métal d'une masse comme celle de la Chambre peut faire vivre une famille pendant un an.
Le Canada se dit aussi un grand défenseur des droits de la personne. Il se targue sur la scène internationale de sauver la veuve et l'orphelin. Or, au fond, il n'est même pas capable de fournir de l'eau potable aux communautés autochtones dont il a la responsabilité sur son propre territoire. Le tiers-monde est présent sur son territoire, il lui pend au bout du nez et il ne le voit même pas.
Le Canada a aussi créé les Casques bleus et se vante d'être un vecteur de paix dans le monde. Or, pendant ce temps, les contrats d'armement qu'il a conclu avec des pays du Moyen-Orient fournissent des véhicules Jeep qui servent à tuer des civils. Le Canada est donc un vecteur de paix, mais complice des États totalitaires qui écrasent leur population.
Le Canada se dit aussi un État égalitaire, mais il refuse d'adopter une loi sur les paradis fiscaux afin de les contrer et de récupérer plein d'argent en impôts qui permettrait à l'État de faire des transferts en santé. Pourtant, il ne le fait pas. Voilà le problème éthique. Un autre problème, c'est qu’éthiquement le Canada est un pays et donc un paradis fiscal pour les compagnies minières parce que les lois ne s'appliquent pas.
Le Canada se dit quand même vert en se déclarant pour l'environnement et en disant qu'il veut que tout le monde soit bien et que tout le monde respire. Il dit qu'il va planter 2 milliards d'arbres et que c'est génial. D'un autre côté, c'est un pétro-État qui finance des compagnies pétrolières et l'énergie d'hier, mais qui ne finance pas celle de demain. Le Québec est plus vert que lui, puisque c'est nous qui payons avec nos impôts.
Le Canada se dit fort et uni et dit que l'identité canadienne est géniale. Cependant, l'identité canadienne est fragile. C'est un géant aux pieds d'argile. Les Albertains sont plus fiers d'être Albertains. Les Québécois sont plus fiers d'être Québécois. Pierre Falardeau disait de renverser les monuments pour voir les vers qui grouillent. Voilà le problème.
Le Canada se dit un pays démocratique. Or, il a volé le référendum de 1995, c'est la commission Gomery qui l'a dit, sans parler du scandale des commandites et des irrégularités que le Canada a amenées dans une élection démocratique.
Le Canada se dit aussi à l'avant-garde des droits des travailleurs, mais ce pays n'est même pas capable d'adopter une loi pour le retrait préventif des femmes et le droit de grève. Il n'y a aucune loi anti-briseurs de grève au Canada.
L'histoire du Canada s'est construite sur la conquête des peuples déjà présents, sur la volonté de les assimiler. Le père fondateur du Canada, John A. Macdonald, est un raciste invétéré, même si la députée d'Ahuntsic‑Cartierville dit que c'est un bon gars.
Pour se construire une identité, le Canada a usurpé tous les symboles culturels des Québécois, autrefois appelés les « Canayens », comme la feuille d'érable, qui ne pousse presque pas ailleurs au Canada, la musique, les paroles de l'hymne national, le castor que le Canada n'a pas, la poutine. Est-ce qu'on peut être d'accord pour dire qu'à l'ouest de la rivière des Outaouais, il n'y a pas de poutine mangeable? On va s'entendre sur une chose: les deux traits culturels qui restent au Canada et qui n'ont pas été pris à quelqu'un d'autre, ce sont les maudites rocheuses et l'équipe de hockey qui ne gagne jamais à Toronto.
Pour citer Mononc’ Serge, « Canada is not my country ». Je le dis en anglais pour que tous puissent comprendre. Je suis un député indépendantiste, un député du Bloc québécois. J'ai été indépendantiste toute ma vie. Je veux que le Québec soit un pays. Vive le Québec libre!
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Lib. (ON)
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2021-06-15 19:53 [p.8511]
Monsieur le Président, avant de quitter la Chambre pour ce qui pourrait bien être la dernière fois en tant que député de Sudbury, je voudrais saisir l'occasion pour parler du temps que j'ai passé à la Chambre et de la communauté dynamique de Sudbury, que je représente.
Comme on le sait, quand on se lance en politique, cela ne se fait pas seul. D'abord et avant tout, c'est une décision de famille. J'ai eu l'honneur de servir les gens de Sudbury grâce à l'appui de mon épouse Lyne et de mes enfants Mylène, Henri et Théo. Je suis fier d'eux et je les aime.
Hier, c'était notre 24e anniversaire de mariage. Je remercie Lyne de m'avoir appuyé continuellement et d’avoir partagé avec moi cette expérience inoubliable dans ce voyage de vie ensemble.
Je veux aussi remercier mon équipe, mes partisans, qui travaillent fort, et tous les électeurs de Sudbury de m'avoir accordé leur confiance de façon soutenue. L'aide que j'ai reçue en cours de route, de même que les amis que je me suis faits et que les leçons que j'ai apprises, ne me quitteront jamais. Je remercie tous ces gens-là. La liste est plutôt longue, mais je voudrais remercier Mike et Marie-Eve, qui m'ont accompagné depuis le début, ainsi que mon équipe: Funmibi, Lynn, Sophie et Bernard. Je veux remercier le premier ministre de la confiance qu'il m'a témoigné en me nommant au poste de secrétaire parlementaire du ministre des Ressources naturelles, que j'ai occupé pendant presque trois ans.
En tant que député, j'ai constaté le travail incroyable qui peut être accompli par les divers comités quand la partisanerie est mise de côté. Il arrive en effet que cela se produise à la Chambre. Le mercredi, quand les députés sont à la Chambre juste avant le début des travaux, nous entonnons tous l'Ô Canada. C'est dommage que les Canadiens ne puissent pas être témoins du fait que la plupart des députés sont de fiers Canadiens au premier chef, avant d'être membres d'un parti politique.
Dans cette enceinte, j'ai également été témoin des divisions frappantes occasionnées par la partisanerie et des dommages durables causés par le déni de constats évidents, comme les changements climatiques et le racisme institutionnel auxquels les Canadiens sont confrontés chaque jour.
Nous avons le devoir, comme députés, de démontrer à tous les Canadiens que nous avons appris de notre propre histoire depuis plus de 153 ans et que nous devons tous respecter nos différences. Nous devons démontrer que la peur de nos différences linguistiques, culturelles, religieuses, raciales ou relatives à l'orientation sexuelle n'a pas de place dans notre société.
Cette année a été très difficile pour tous les Canadiens, et je sais que le travail de l'actuel gouvernement a eu une incidence très positive sur leur vie. Dans la circonscription de Sudbury, les gens ont beaucoup profité des programmes que nous avons mis en place. Je suis honoré et touché d'avoir joué un rôle à cet égard.
Pour moi, le rôle de la Chambre et des députés, c'est d'écouter les Canadiens, de travailler et de trouver la meilleure façon de les aider. Pour avoir écouté les Canadiens et à cause des changements apportés depuis 2015, j'ai beaucoup d'espoir pour le Canada et je vais dire pourquoi.
Premièrement, l'ingéniosité des Canadiens me donne espoir. Les gouvernements du pays doivent continuer à cultiver les possibilités que génère le formidable talent des Canadiens. Commençons par la circonscription de Sudbury. Il y a 40 ans, nos lacs étaient tous pollués. Les roches noires dominaient le paysage et la pollution des mines décimait les arbres. L'ingéniosité, c'est ériger une « supercheminée » pour que la pollution se dépose plus loin. Nous avons ensuite planté 14 millions d'arbres sur la roche noire. Aujourd'hui, grâce à la recherche, à l'ingéniosité, aux règlements et à la collectivité, nous avons réduit de 98 % la présence de dioxyde de soufre et tous nos lacs sont poissonneux. Nous pouvons boire l'eau et la supercheminée sera démantelée dans les prochaines années.
L'environnement et l'économie vont de pair, et c'est chez nous que ça se passe.
Ainsi, Sudbury est devenu un centre de recherche international.
Au début de 2016, le centre SNOLAB, à Sudbury, un consortium de recherche public-privé de premier ordre qui est situé à deux kilomètres sous terre dans la mine Creighton de Vale, et son équipe de chercheurs de renommée mondiale, dirigée par Art McDonald, ont reçu le prix Nobel de physique.
De plus, de nombreuses entreprises de l'approvisionnement minier à Sudbury sont à l'avant-garde des technologies pour les véhicules souterrains électriques. De nouvelles technologies pour le stockage d'énergie et les batteries sont développées à une échelle industrielle à Sudbury.
L'industrie minière ouvre aussi la voie en ce qui concerne les partenariats économiques avec les Premières Nations. Par exemple, le projet Côté Gold, qui est situé dans la circonscription voisine de Nickel Belt, laquelle est bien représentée par mon ami le député de Nickel Belt, a comme partenaires deux communautés locales des Premières Nations, les Premières Nations de Mattagami et de Flying Post. À Sudbury, les Premières Nations d'Atikameksheng et de Wahnapitae sont aussi des partenaires des projets miniers.
Nous devons continuer de soutenir cet esprit novateur. Il me permet d'espérer des percées scientifiques, des débouchés économiques et des emplois au Canada.
J'ai de l'espoir, parce que les Canadiens désirent que plus d'efforts soient consacrés à la lutte contre les changements climatiques.
En septembre 2018, Sophia Mathur, une jeune étudiante, a communiqué avec mon bureau à Sudbury pour me demander de participer à la toute première grève du mouvement Vendredi pour l'avenir dans la région. À partir de ce moment, Sophia et un groupe dynamique de jeunes amis ont organisé plus de 70 activités, y compris des manifestations avec pancartes, des chants, des danses à la Bollywood et de nombreux efforts de sensibilisation. Ces jeunes inspirants montrent l'exemple, et il y en a tant aux quatre coins de notre magnifique pays. Le message de Sophia pour moi et pour tous les députés est simple: nous pouvons maintenant montrer la voie dans ces dossiers importants ou nous pouvons laisser le champ libre.
Avec la tarification de la pollution, un plan sur les batteries pour véhicules électriques, un plan sur l'hydrogène, un plan canadien pour les minéraux, la promesse de planter 2 milliards d'arbres, les normes sur les combustibles propres, les incitatifs pour les technologies propres, les mesures législatives sur la responsabilité environnementale et bien d'autres politiques, nous sommes en voie d'atteindre nos cibles de réduction des émissions de carbone de 2030 et 2050.
Grâce à des Canadiennes comme Sophia, j'ai confiance en l'avenir.
Je suis aussi optimiste parce que les Canadiens savent maintenant, plus que jamais, qu'il est prioritaire d'apprendre la vérité et de promouvoir la réconciliation avec les nations autochtones.
J'ai un autre souvenir du début de l'année 2016. La Première Nation de Whitefish River, dans le Nord de l'Ontario, m'a invité à rendre visite aux enfants de cette nation. J'y ai rencontré le chef Shining Turtle, qui m'a informé des besoins de sa nation. Il m'a parlé du réseau d'aqueduc de sa nation, qui avait désespérément besoin d'améliorations pour répondre aux besoins croissants. Il m'a parlé des soins de santé offerts à sa nation, de l'école de sa nation, et il m'a expliqué que certaines familles étaient laissées pour compte. Il m'a dit que sa nation attendait qu'on règle ces problèmes depuis des années, et même des décennies, dans certains cas.
En travaillant ensemble au fil du temps, nous avons pu résoudre ces problèmes. Je suis retourné dans sa communauté en 2018 pour annoncer un investissement dans le centre Waubetek pour l'excellence dans les projets miniers autochtones, dirigé par Dawn Madahbee Leach. J'ai profité de l'occasion pour rendre visite au chef, et j'ai vu avec quelle rapidité on avait amélioré le réseau d'aqueduc, alors que les travaux étaient auparavant retardés par des formalités administratives depuis des années.
J'ai été à même de constater à quel point l'application du principe de Jordan est un moyen essentiel et efficace pour répondre aux besoins des communautés des Premières Nations en voyant les enfants de la Première Nation de Whitefish Lake surmonter leurs problèmes de santé et fréquenter l'école pour la première fois. Je leur dis chi-meegwetch.
Outre la levée de plus de 100 avis de faire bouillir l'eau, nombre de nations ont récemment été connectées au réseau, on a offert des possibilités de formation sans précédent aux Premières Nations et on a conclu des partenariats sans précédent dans le cadre de projets d'exploitation des ressources naturelles, et nous avons entamé le processus de vérité et de réconciliation. Étant donné l'ampleur de ce processus, j'espère que, dans cette Chambre, les députés de toutes les allégeances politiques n'abandonneront pas et continueront d'avancer avec les peuples autochtones.
J'ai bon espoir que nous pouvons avoir un Canada bilingue fort. Les communautés francophones en situation minoritaire ont demandé que des investissements soient faits dans leurs infrastructures culturelles, scolaires et communautaires. À Sudbury, j'ai vu les effets de ces investissements lorsqu'on a fondé la Place des Arts du Grand Sudbury, un projet mené par Paulette Gagnon et le Regroupement des organismes culturels de Sudbury.
Nous aurons notre place des arts dans la communauté et plusieurs organismes communautaires pourront assurer la pérennité et la vitalité de notre communauté. J'ai pu voir cette histoire se répéter durant les cinq dernières années partout au Canada. J'ai donc de l'espoir.
Je tiens à remercier tout particulièrement les habitants de Sudbury de m'avoir accordé leur confiance à deux reprises. Ce fut vraiment l'un des plus grands honneurs de ma vie d'être la voix de Sudbury à Ottawa. Je leur en serai éternellement reconnaissant.
Sudbury est un microcosme du Canada. Avec une population majoritairement anglophone et plus de 45 000  résidants francophones, Sudbury représente la troisième plus grande communauté francophone à l'extérieur du Québec et une forte population autochtone. Sudbury s'est construite grâce aux vagues d'immigrants venus d'Italie, de Finlande, de Pologne, d'Ukraine, de Grèce, de Croatie, de Serbie et de bien d'autres pays, et plus récemment, grâce à de nombreux immigrants de l'Asie du Sud, de Syrie et d'Afrique. Les députés peuvent voir que je suis fier d'être sudburois.
J'ai grandi dans une maison de la classe ouvrière à Kapuskasing.
Mon père, Jean, a travaillé comme soudeur pour l'usine Spruce Falls pendant 40 ans. Nous étions une famille d'accueil, et, après avoir accueilli 18 enfants en 5 ans dans notre foyer, ma mère, Paulette, a fini son secondaire et son baccalauréat en travail social à la Laurentienne et à l'Université de Hearst tout en gérant la maison avec mon père, pour moi, ma sœur Roxanne et mon frère Denis. Ils m'ont transmis comme valeurs la loyauté et le travail acharné, et ces valeurs seront toujours avec moi. Je suis fier d'être leur fils.
Mes extraordinaires collègues à la Chambre vont me manquer. Vraiment. Ce fut un honneur de servir les habitants de ma circonscription et les Canadiens.
Grâce au chef Shining Turtle, qui a été une source d'inspiration pour moi, à Sophia Mathur et à la bande des Vendredis pour l'avenir, à Paulette Gagnon, à René Larocque ainsi qu'aux personnes remarquables attirées par Sudbury et le Canada, mais aussi grâce à des projets comme SNOLAB et la technologie des batteries industrielles, je suis plus que jamais optimiste quant à notre avenir. C'est grâce à tous ces gens que je quitte cette Chambre avec plus d'espoir que je n'en avais en arrivant, espoir que le Canada et les Canadiens continueront à relever les défis de l'avenir, et espoir que la Chambre et les merveilleux Canadiens qui y siègent continueront de montrer la voie.
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NPD (NU)
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2021-06-15 20:04 [p.8513]
Monsieur le Président, matna.
Chaque fois que j'entre dans l'enceinte de la Chambre des communes et que je prends la parole dans cette salle, on me rappelle sans relâche que je n'ai pas ma place ici.
Je ne me suis jamais sentie en sécurité ou protégée dans mon poste, surtout à la Chambre des communes, et j'ai souvent dû me donner des mots d'encouragement dans l'ascenseur ou prendre un moment dans les toilettes pour maintenir mon calme. Lorsque je franchis ces portes, non seulement cela me rappelle de la maison coloniale en feu dans laquelle j'entre volontairement, mais je suis déjà en mode survie.
Depuis j'ai été élue, je m'attends à être arrêtée par des agents de sécurité sur mon lieu de travail. Des agents de sécurité m'ont poursuivi en courant dans les couloirs et ont failli poser leurs mains sur moi et j'ai fait l'objet de profilage racial en tant que députée. Je sais quoi faire dans ces situations. Ma vie au Canada, surtout cette expérience, m'a appris beaucoup de choses. En tant que femme à la peau brune, je ne bouge pas trop rapidement ou soudainement, je n'élève pas la voix, je ne fais pas de scène, je maintiens le contact visuel et je ne cache pas mes mains.
L'instinct de survie est propre à tous les Inuks. Nous n'avons pas le choix. Il y a moins de deux générations de cela, on entendait par instinct de survie la résistance aux températures extrêmes et la capacité de trouver de la nourriture tout l'hiver. Aujourd'hui, l'instinct de survie, c'est être capable d'envisager un refuge chaud et une vie abordable pour voir le gouvernement fédéral nous en priver.
Les institutions fédérales doivent changer leurs politiques et procédures afin de tenir compte de la réalité plutôt que de créer des obstacles pour les personnes comme moi. Je ne devrais pas avoir peur d'aller travailler. Personne ne devait avoir peur d'aller travailler. Il est possible d'instaurer le changement en commençant à la Chambre des communes, pour qu'il se reflète ensuite à l'échelle du pays. Il y a une résistance au changement, un refus de changer, mais ce n'est pas parce que nous n'en sommes pas capables.
Les personnes comme moi n'ont pas leur place dans une institution fédérale. Je suis un être humain qui veut utiliser cette institution pour aider les autres, mais le fait est que cette institution et le pays qu'elle représente ont été créés aux dépens des peuples autochtones, qu'ils sont le fruit de leurs traumatismes et de leur déplacement. Même si on nous dit que nous devrions nous présenter aux élections, nous devons quand même surmonter des obstacles majeurs. Les jeunes se font dire qu'ils manquent d'expérience, qu'ils ne sont pas prêts à diriger. Les femmes, elles, doivent prendre place gentiment, puis se taire. Les personnes ayant un handicap ont pour leur part constaté à maintes reprises qu'on ne s'intéresse même pas à elles. Le taux de suicide chez les Inuits est le plus élevé au pays. Nous vivons une épidémie de suicides, et cette institution refuse de s'en soucier.
Depuis que je siège dans cette enceinte, j'ai entendu tant de jolis mots, comme « réconciliation », « diversité » et « inclusion ». Des gens de l'extérieur de mon parti m'ont qualifiée de courageuse, de brave et de forte. Je serai toutefois honnête, brutalement honnête. Les belles paroles, sans résultats concrets, font mal lorsqu'elles sont prononcées par ceux qui exercent un pouvoir sur l'institution fédérale et qui refusent d'agir. Il n'y a pas de quoi être fier de l'héritage que cette institution continue non seulement à maintenir, mais à bâtir et à alimenter. Les gens au pouvoir ont des choix à faire, et ils choisissent constamment des priorités qui maintiennent en place des systèmes d'oppression. Songeons aux bébés qui deviennent malades dans des maisons infestées de moisissures et aux parents qui ont perdu des enfants parce que ces individus puissants n'estiment pas que le changement en vaut le coût.
Récemment, j'ai demandé à un ministre ce qu'il ferait à ma place. Si sa circonscription affichait le taux de suicide le plus élevé et comptait le plus grand nombre de maisons ayant besoin de réparations, si des femmes et des filles disparaissaient dans sa collectivité et si des enfants étaient placés dans des familles d'accueil sans égard pour leur bien-être, comment se sentirait‑il? J'ai demandé si le ministre allait changer sa réponse si je lui disais de continuer à attendre. Il n'a pas su me répondre. Il a dit qu'il n'essaierait même pas de se mettre à ma place. Voilà justement le problème. Les Inuits ont demandé à ceux qui ont le pouvoir et la capacité d'apporter des changements d'essayer de se mettre à leur place et de survivre le temps d'un jour, d'une semaine, d'un mois. Ils n'ont pas pu.
Il est peut-être impossible pour les ministres de comprendre ce que nous vivons chaque jour, mais je les exhorte à nous écouter, à nous croire et à remédier à la situation. Quand nous leur disons d'agir maintenant, ils doivent agir maintenant. S'ils comprennent vraiment, alors ils devraient avoir honte, car s'ils comprennent à quel point cela fait mal, ils savent à quel point la blessure est profonde. Il serait plus facile pour moi de me faire dire que j'ai tort et que les ministres ne sont pas d'accord avec moi que de me faire dire que j'ai raison et que je suis courageuse, mais qu'il n'y a pas de marge de manœuvre dans le budget pour les droits fondamentaux de la personne que tant d'autres personnes tiennent pour acquis.
Je n'ai pas ma place ici, mais j'espère que ma présence commence à ébranler les fondements de l'institution fédérale qui a commencé à coloniser les Inuits il y a à peine 70 ans. Je sais que c'est difficile à entendre pour certains députés, mais c'est la réalité et la vérité. Cet endroit a été édifié en opprimant les peuples autochtones, des gens comme mon grand-père, qui est né et qui a grandi sur cette terre, mais qui a été réinstallé de force dans un établissement financé et construit par l'institution fédérale.
Notre histoire est tachée de sang, du sang d'enfants, de jeunes, d'adultes et d'aînés. Il est temps de regarder la balance de la justice: d'un côté, il y a une montagne de souffrance et chaque fois que le gouvernement nous donne un grain de sable en soutien, il semble croire que les traumatismes passés ont été effacés et qu'il mérite une tape dans le dos. Dans les faits, il faudra une montagne de soutien pour que le processus de guérison puisse seulement commencer. Tant que dans cette enceinte résonneront des promesses creuses plutôt que de véritables actions, ma place ne sera pas ici.
Bien que ma place ne soit peut-être pas dans cette institution, je suis à ma place dans mon parti. Le NPD a toujours eu à cœur de faire entendre la voix des personnes de différents horizons auxquelles l'institution fédérale ne porte pas attention.
Je tiens à remercier le chef de mon parti, le député de Burnaby-Sud, de m'avoir écoutée et de m'avoir fait sentir que je pouvais dire ce que j'avais à dire, en toute sécurité et sans hésiter. Quand des députés d'autres partis m'ont demandé de défendre un enjeu que leur parti refusait d'aborder, je ne me suis jamais sentie muselée par le NPD. Je ne pourrais jamais me joindre à un autre parti. Je suis néo-démocrate et fière de l'être.
Je remercie mes collègues de New Westminster—Burnaby, de North Island—Powell River et en particulier d'Hamilton Centre d'avoir toujours été là pour moi. Sans mes collègues du NPD, je n'aurais pas eu une si bonne plateforme, aussi sincère dans sa volonté de faire plus, de faire mieux et de faire ce qui s'impose.
Je voudrais aussi remercier mes meilleurs alliés, ma mère et mon père, Pia et Jimmy, ainsi que mon frère, Lars, de tout ce qu'ils ont fait pour moi depuis le début.
Je salue aussi bien bas tout mon personnel, sans qui je n'aurais pas pu survivre. Avec tout ce qui a été produit dans mon bureau, dont je suis très fière, je sais que je n'y serais pas arrivée sans eux. Je leur en suis très reconnaissante.
Bien entendu, je remercie du fond du cœur les Inuits et les Nunavummiuts qui croient en moi et qui m'appuient. Vos messages d'encouragement sont beaucoup plus importants que l'on pense. Je voudrais remercier Pauktuutit de toujours défendre les femmes et les jeunes filles inuites comme moi, et de dire la vérité à ceux qui sont au pouvoir, même quand cela dérange.
Je lutterai toujours pour les droits des peuples autochtones du Nunavut et de partout au pays. Je crois que le pays vit une transformation, et que les Canadiens commencent à prendre conscience de la réalité. J'espère qu'un jour, les personnes comme moi auront leur place ici. J'espère qu'une autre jeune personne, une personne inuk, une femme, ou les trois à la fois, marchera sur mes traces et continuera à inciter cette institution à soutenir les peuples autochtones au Canada.
J'ai prouvé au pays et au monde que rien n'est impossible, que l'espoir peut naître là où on l'avait délibérément éteint, et que lorsque nous unissons nos forces et utilisons nos voix, nous pouvons ouvrir la voie à de réels changements. Je resterai toujours convaincue que nous pouvons faire de la politique différemment. Nous avons déjà commencé et nous allons continuer d'avancer dans cette voie en veillant à ne pas dévier en cours de route.
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Lib. (ON)
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2021-06-15 20:14 [p.8515]
Monsieur le Président, c'est le cœur lourd que je prends la parole à la Chambre des communes pour prononcer mon discours d'adieu.
Si j'ai bon espoir de pouvoir prendre la parole de nouveau à la Chambre, je ne peux en être certaine. La durée de vie des gouvernements minoritaires a tendance à être imprévisible, alors je profite de l'occasion pour faire mes adieux officiels.
Ce n'est pas facile. Ce n'est jamais facile de quitter quelque chose d'aussi important, mais se lancer en politique n'était pas une décision facile à prendre non plus.
Lorsque j'ai commencé à songer à me lancer en politique, en 2014, bon nombre de mes amis et de mes collègues croyaient que j'avais perdu la raison, mais je savais que ce n'était pas le cas. Je savais au plus profond de mon être que les Canadiens voulaient du changement et je voulais contribuer à amener ce changement. Mon seul regret aujourd'hui, c'est de ne pas m'être présentée pour le Parti libéral beaucoup plus tôt, parce que ce fut un honneur absolu que de représenter les gens de London‑Ouest à la Chambre et je suis fière de ce que nous avons accompli.
Lorsque j'ai été élue pour la première fois, en 2015, mes deux petits-fils jumeaux, Harrison et Francis, n'avaient que 2 ans. Ils ont maintenant 8 ans, et c'est à eux que j'ai pensé en rédigeant mon discours d'adieu, dans l'espoir qu'un jour ils écouteront ce discours et en comprendront toute la signification.
Mes souvenirs des six dernières années sont une succession rapide de hauts et de bas, de réalisations dont je suis très fière et de chagrin amer, en particulier à la suite de l'horrible meurtre récent de quatre citoyens de ma circonscription, des membres de la famille Afzaal, qui ont été tués alors qu'ils marchaient en bordure de la rue dans London‑Ouest par un dimanche soir, tués simplement parce qu'ils étaient musulmans.
Cette attaque terroriste est venue rappeler à notre collectivité que nous ne sommes pas à l'abri de la haine. Cette haine s'est manifestée par la destruction d'une merveilleuse famille musulmane, et elle a laissé le fils de 9 ans, Fayez, à l'hôpital, blessé physiquement et émotionnellement. Sa grand-mère, Talat, sa mère, Madiha, son père, Salman et sa grande sœur de 15 ans, Yumna, lui ont été brutalement enlevés. C'est une perte incommensurable. Tout cela à cause de la haine.
Toutefois, les résidants de London ont rapidement transformé la haine en amour. En effet, des milliers de citoyens de London de toutes les cultures et de toutes les confessions ont envahi les rues vendredi soir pour rendre hommage à la famille Afzaal, qui restera à jamais dans notre cœur. Beaucoup de gens de l'extérieur du Canada ont exprimé leur consternation à l'idée qu'une telle chose puisse arriver ici. Nous sommes censés être un pays qui accueille à bras ouverts la diversité. La diversité fait notre force. Or, de tels actes odieux nous rappellent à quel point cette force est fragile. De nombreuses personnes dans notre collectivité estiment que si cela peut se produire à London, en Ontario, cela peut survenir n'importe où.
Les temps sont extrêmement difficiles pour tout le monde au Canada. Il y a seulement deux semaines, nous découvrions les restes de 215 enfants autochtones dans des tombes anonymes à l'ancien pensionnat autochtone de Kamloops. Ces enfants ont été arrachés à leur famille et ne sont jamais rentrés. Nous avons le cœur lourd devant ce nouvel exemple de notre incroyable mépris à l'endroit des peuples autochtones. Tant de douleur à encaisser. Il serait si facile de prétendre que cela est arrivé il y a fort longtemps et que ce ne serait pas possible aujourd'hui. Ne nous faisons pas d'illusions. Nous devons réconcilier notre fierté et notre pays avec notre histoire.
Je veux que mes petits-fils apprennent la vraie histoire du Canada, sans fard, car, si nous voulons comprendre ce que signifie être Canadien, nous devons d'abord connaître la vérité. J'exhorte tous les Canadiens à profiter de la fête du Canada qui approche pour réfléchir à la façon dont notre pays peut être plus aimant, mieux sensibilisé et plus ouvert.
J'ai grandi dans les années 1960. J'étais si fière du Canada à l'occasion de notre centenaire; 1967 était une année glorieuse. Mon père a amené toute la famille à Montréal en voiture pour Expo 67. Mon père était un Néo-Canadien et aimait passionnément sa terre d'accueil. Ce qu'il ne savait pas, et ce que nous ne savions pas, c'était le prix payé par les peuples autochtones pour assurer notre fierté nationale.
Je ne peux siéger à la Chambre sans ressentir le poids des décisions passées, prises par des députés qui pensaient alors agir pour le bien commun en retirant les enfants de leur famille pour les forcer à s'assimiler, à adopter notre façon de penser. Ils croyaient avoir raison, mais ils avaient tellement tort. Quelle honte, quelle honte nationale, et j'en suis tellement désolée.
Malgré toute cette tristesse, Harrison et Francis, je suis fière d'être Canadienne, et je suis très fière d'avoir eu l'honneur de siéger à la Chambre, avec des personnes exceptionnelles, et d'adopter de bonnes lois. Exercer les fonctions de député en temps de pandémie était quelque chose d'inattendu pour chacun de nous, mais malgré cette période difficile, nous avons accompli tellement de choses. Je n'ai pas le temps de tout énumérer, mais j'aimerais parler de certains des dossiers dans lesquels je me suis le plus investie.
Je suis très fière d'avoir poussé le gouvernement à consacrer 30 millions de dollars à la recherche sur le cancer chez les enfants. Trop d'enfants meurent du cancer, et nous devons faire plus de recherches pour savoir comment les soigner, afin qu'ils puissent vivre longtemps et en bonne santé.
Je suis fière d'avoir coparrainé une étude sur le logement des Autochtones dans les régions rurales, urbaines et nordiques, et j'espère que cette étude provoquera des changements qui permettront aux Autochtones d'obtenir le logement dont ils ont besoin et qu'ils méritent.
Les personnes handicapées ont toujours été au centre de mes préoccupations, même avant de me lancer en politique, et je suis donc fière d'avoir contribué à l'adoption, à la Chambre et au Sénat, de la Loi canadienne sur l'accessibilité. Cette mesure législative ouvrira la voie à un Canada plus accessible pour la génération actuelle et celles qui suivront.
La façon dont nous traitons les aînés a toujours été très importante pour moi et je n'ai jamais compris pourquoi il n'y avait pas de ministre des Aînés pour s'occuper des dossiers qui concernent ces derniers. En tant que membres du caucus pour les aînés, nous avons fait pression sur le premier ministre pour qu'il nomme un ministre dédié aux enjeux qui concernent ce groupe de Canadiens. En cette Journée internationale de sensibilisation aux abus envers les aînés, je suis fière de pouvoir dire que nous avons entamé des consultations sur ce problème grandissant.
Nous connaissons l'importance des organismes sans but lucratif pour le tissu de la société canadienne et j'ai été de ceux qui ont travaillé pour que le gouvernement en fasse plus pour les organisations qui viennent en aide à des milliers de Canadiens partout au pays. La COVID‑19 a mis en lumière tous les bienfaits attribuables à ce secteur dans l'ensemble du pays et nous ne pouvons nous permettre de le laisser tomber. C'est pourquoi je suis fière de faire partie d'un groupe de travail de députés qui continuent de demander au gouvernement de renforcer le soutien des organismes de bienfaisance et des organismes sans but lucratif. Le dernier budget prévoit 400 millions de dollars pour aider ces organismes à s'adapter et à se moderniser afin qu'ils puissent mieux soutenir la relance économique des collectivités du pays.
En outre, c'est un grand honneur pour moi d'avoir occupé le poste de secrétaire parlementaire de l'ancienne ministre des Sciences au moment où le gouvernement libéral redonnait aux scientifiques le rôle qui leur revient dans le processus décisionnel. Je tiens à remercier l'ancienne ministre des Sciences, qui a toujours exigé que l'on fasse ce qui devait être fait, peu importe les obstacles. Je remercie la ministre responsable des personnes handicapées de m'avoir appris à ne jamais sous-estimer le potentiel de quiconque, de même que la ministre du Développement économique, qui m'a montré que la sphère politique regorge de bonnes personnes qui veulent faire ce qu'il y a de mieux pour notre pays. Je tiens également à la remercier de m'avoir poussée à apprendre le français. Même si je ne la maîtrise pas autant que je le voudrais, j'apprécie maintenant cette langue et j'encourage tous ceux qui sont intéressés à faire le saut en politique à apprendre le français dès maintenant.
Bien sûr, je tiens à remercier les résidants de London-Ouest qui m'ont accordé leur confiance au cours des six dernières années. J'ai adoré faire du porte-à-porte et échanger avec eux sur les sujets qui leur importent vraiment, et je les remercie de leur soutien au fil des ans. Qu'ils aient ou non voté pour moi, je leur suis reconnaissante de m'avoir permis d'être leur voix au Parlement.
Ensemble, nous avons fait de grandes choses pour la ville de London. Nous avons ouvert nos cœurs, nos bras et nos foyers à des familles syriennes qui se construisent une nouvelle vie dans notre ville. Par ailleurs, grâce au financement du gouvernement fédéral, une nouvelle usine des Aliments Maple Leaf est en cours de construction. Toujours dans le domaine de l'industrie alimentaire, nous appuyons sans réserve l'initiative The Grove, à London, un centre agricole qui nous aidera à devenir un chef de file dans le domaine de la fabrication agricole. Nous ne pouvons pas oublier non plus les millions de dollars investis dans l'usine de traitement des eaux usées de Greenway, un projet d'infrastructure essentielle pour London-Ouest.
Il y a tellement de gens à remercier. Il y a d'abord ma famille, qui m'a soutenue dès le début: mon fils, Billy; ma belle-fille, Kelly; ma fille, Lauren et mon futur gendre, Marc. Vous avez fait preuve d'un soutien et d'une compréhension inébranlables. À mon frère, Bill, et à ma belle-sœur, Johanna, merci de me rappeler à quel point maman et papa auraient été fiers de ce que j'ai accompli.
À mon mari, Brian Meehan, merci d'avoir été à mes côtés tout au long de cette nouvelle aventure dans laquelle nous nous sommes lancés ensemble. Je ne peux pas imaginer faire ce travail sans un conjoint sur qui compter, et il a été pour moi un fervent partisan, un confident et une source de réconfort. Nous n'avions vraiment aucune idée de ce qui nous attendait, mais il était là à chaque étape, et c'est lui qui m'a aidée à prendre la décision définitive de ne pas me présenter aux prochaines élections.
Je remercie les membres de mon personnel — Devin Munro, Elaine Furie, Mack McGee, Pat Shanahan et Brendan Edge — d'avoir toujours été là pour moi et nos concitoyens, et d'avoir répondu à leurs appels et à leurs courriels jour après jour. Cela n'a pas été facile, mais ils m'ont fait bien paraître. Je les considère tous comme des amis et je ne peux pas imaginer comment je m'en serais sortie dans mes fonctions de députée sans leur soutien.
Enfin, je remercie mes petits-fils, Harrison et Francis, qui trouvent toujours des façons de me faire sourire. Lorsque j'ai annoncé à Harrison que je n'allais pas me présenter aux prochaines élections et qu'il n'aurait pas à m'accompagner pour faire du porte-à-porte, il m'a répondu: « Est-ce que ça veut dire que tu ne retourneras plus jamais à la tour libérale? » Il l'appelle la tour libérale. Lorsqu'il est venu sur la Colline du Parlement il y a deux ans, à l'occasion du dernier jour de séance officiel dans l'ancienne enceinte de la Chambre avant le début des travaux de rénovation, il a marché vers ce qui lui a semblé une immense tour, la tour de la Paix. Comme j'étais une députée libérale, selon sa logique, ce devait être la tour libérale.
Un jour, lorsque les travaux de rénovation seront terminés, j'espère retourner à la tour libérale avec mes petits-fils et m'émerveiller de toute cette histoire. Ils lèveront peut-être les yeux en disant: « Grand-maman Kate a fait de son mieux pour faire du Canada un meilleur pays pour tous. »
Merci, monsieur le Président.
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NPD (ON)
Voir le profil de Scott Duvall
2021-06-15 20:26 [p.8516]
Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui en tant que fier député de ma circonscription, Hamilton Mountain. J'ai eu l'immense honneur et privilège de servir mes concitoyens en tant que député au cours des six dernières années et, avant cela, en tant que conseiller municipal du quartier 7 pendant neuf ans. J'ai passé plus de 15 ans à servir les habitants d'Hamilton Mountain en tant que représentant élu. Ce fut une expérience passionnante et enrichissante que d'écouter les gens de ma collectivité, de défendre leurs intérêts et de lutter pour les habitants d'Hamilton à l'hôtel de ville et ici, à Ottawa.
Il est maintenant temps pour moi de laisser ma place à d'autres personnes afin qu'elles poursuivent ce travail important et extraordinaire. Après avoir quitté la vie politique, je prévois de passer du temps avec les personnes que j'aime profondément et qui me tiennent à cœur, et de faire du bénévolat auprès des aînés dans le besoin. Je veux aussi travailler avec mes petits-enfants dans mon atelier et les aider à construire des choses.
Étant donné qu'il s'agit peut-être de l'une des dernières occasions que j'ai de prendre la parole à la Chambre, je veux en profiter pour parler des causes que mon caucus et moi avons défendues au cours des six années que j'ai passées à Ottawa et de ce qui m'a incité à me porter candidat en premier lieu.
Je suis venu à Ottawa pour défendre la population d'Hamilton ainsi que les travailleurs et les retraités canadiens. Je suis fier d'être un métallurgiste, et c'est mon enracinement dans le mouvement syndical qui explique mon adhésion au Nouveau Parti démocratique. Le mouvement syndical a été ma vie, depuis mon passage à la chaîne de production de Stelco, puis comme délégué syndical et enfin comme président de la section locale 5328 des Métallos. La protection des travailleurs a été une priorité tout au long de mon mandat de député.
Ce que nous avons vu à la Chambre illustre la raison pour laquelle nous avons besoin d'une voix forte qui se batte pour les travailleurs et les syndicats. Nous avons été témoins des efforts déployés par le gouvernement pour légiférer le retour au travail des travailleurs en grève, en les empêchant ainsi de négocier un accord équitable avec leurs employeurs. Nous avons vu le gouvernement refuser d'intervenir contre les briseurs de grève. Nous avons vu le gouvernement refuser de protéger les pensions des travailleurs en cas de faillite et d'insolvabilité, et privilégier plutôt les grandes banques et les investisseurs. Voilà pourquoi il est si important de continuer à lutter pour les travailleurs dans cette enceinte.
J'ai vécu la faillite de Stelco et je n'oublierai jamais les conseils du juge Farley, à qui j'exprimais ma révolte de voir comment les travailleurs avaient été traités dans le processus de protection contre la faillite. Il m'avait répondu: « Je répugne à agir ainsi, monsieur Duvall, mais si vous voulez que ça change, allez à Ottawa et faites modifier la loi. » C'est une autre raison pour laquelle je suis ici.
Nous avons tous été témoins de la volonté du gouvernement de créer un système à deux volets, qui sépare les aînés en deux catégories, les « aînés juniors » et les « aînés seniors », en accordant une augmentation des prestations de la Sécurité de la vieillesse aux seconds, mais pas aux premiers. Nous avons également vu le gouvernement ne rien faire pour protéger les personnes âgées seules et les laisser payer beaucoup plus d'impôts que celles qui sont en couple et disposent pourtant du même revenu. Depuis que je suis à Ottawa, ma priorité a été de me battre pour les aînés, de les défendre et de pousser le gouvernement à faire mieux.
À la Chambre, j'ai parrainé un certain nombre de projets de loi et fait la promotion de nombreuses initiatives. Je me suis fait le champion d'une mesure législative anti-briseurs de grève visant à protéger les syndicats pendant les conflits de travail et à empêcher les employeurs de saper leurs négociations collectives. Je me suis opposé à la décision du gouvernement de légiférer pour forcer les travailleurs en grève à reprendre le travail, leur enlevant ainsi l'un des outils les plus puissants dont ils disposent pour négocier collectivement une entente équitable. J'ai essayé de protéger les pensions des travailleurs pendant les procédures de faillite et d'insolvabilité et de faire en sorte que les paiements de la partie non capitalisée des régimes de retraite passent avant les paiements aux grandes banques et aux investisseurs.
J'espère qu'avant que le Parlement ne soit dissous, très probablement à cause du déclenchement bien inutile d'élections par les libéraux, nous pourrons faire adopter, à la Chambre, le projet de loi C‑253, qui est notre meilleure chance de protéger les retraités et les pensionnés
Pendant la pandémie, le temps passé à la maison m'a rappelé l'importance de la famille et des êtres qui nous sont chers. En tant que députés et fonctionnaires, nous sommes souvent contraints de faire passer nos devoirs et nos responsabilités avant et nos familles après. Le prix à payer peut être énorme, et j'ai eu la chance d'avoir ma famille à mes côtés pendant tout ce temps.
Je voudrais remercier ma femme, Sherry; mes enfants, Laurie, Mandy et Megan, ainsi que toute ma famille et mes petits-enfants. Ils ont été d'un tel soutien et ils ont fait de nombreux sacrifices pour que je puisse faire ce travail important et servir notre collectivité. Je suis très heureux à l'idée de passer plus de temps à la maison avec Sherry, et j'espère qu'elle aussi est heureuse à l'idée de m'avoir avec elle, notre famille et nos petits-enfants.
Je tiens à rappeler à tous mes collègues à la Chambre l'importance de notre famille et de nos proches ainsi que le rôle qu'ils jouent pour soutenir notre travail. Notre famille et nos proches font autant de sacrifices que nous, voire plus, pour nous permettre de servir notre collectivité. Nous ratons beaucoup de moments importants de leur vie pendant que nous siégeons, et, lorsque nous quittons la fonction publique, je crois que nous leur devons de rattraper le temps perdu et qu'il faut chérir notre famille.
Je tiens à remercier mon incroyable équipe d'employés, tant ici, à Hamilton, qu'à Ottawa. Sans ordre particulier, je tiens à dire à Val, à Rose, à Bill, à Tony, à Kathleen et à Aiden, ainsi qu'aux anciens membres de mon équipe, soit Chris, Erin et Jackie, que je les remercie pour tout ce qu'ils ont fait pour m'appuyer, pour leur dévouement et leur loyauté, pour le travail que nous avons accompli au fil des ans et pour les services qu'ils ont rendus aux habitants d'Hamilton. Leur dévouement envers nos concitoyens montre à quel point il est important pour un député d'avoir une équipe formidable qui se bat pour sa collectivité. Ils m'ont fait bien paraître chaque jour.
Je veux remercier les gens qui travaillent en coulisse pour soutenir le caucus néo-démocrate, l'équipe de l'antichambre du NPD, en particulier Anthony et Christian, qui ont tellement facilité et rendu plus efficaces mon travail de député et les séances à la Chambre. C'est grâce à leur dévouement que notre caucus est efficace et que nous réussissons ce que nous faisons de mieux. Ils nous ont très bien guidés et je n'oublierai jamais leur contribution à notre équipe.
Je remercie mes collègues du caucus néo-démocrate d'avoir lutté avec moi pour protéger les travailleurs, les retraités et les aînés. Je suis fier d'avoir servi au sein d'un caucus qui, tous les jours, travaille fort pour protéger les gens. Je leur suis reconnaissant de leur appui, de leur amitié et de leurs connaissances communes, qui ont fait de moi un meilleur député.
Je remercie mon chef, le député de Burnaby-Sud de l'orientation qu'il a donné au parti. Il me tarde de le voir devenir premier ministre et de montrer qu'un gouvernement néo-démocrate est celui qui fait passer les gens en premier. Les Canadiens peuvent compter sur les néo-démocrates pour défendre leurs intérêts.
Je remercie les gens du milieu syndical qui m'ont appuyé dans mon travail et qui m'ont aidé à défendre les causes que j'ai épousées. Je remercie plus particulièrement l'équipe exceptionnelle des Métallurgistes unis, le directeur de la division du Canada, Ken Neumann, et le directeur du district 6, Marty Warren, de m'avoir accordé leur confiance pour que je défende les travailleurs, les retraités et les pensionnés. Par leur travail et leur militantisme, ils montrent que le mouvement syndical canadien est fort, qu'il ne va pas défendre les droits des travailleurs canadiens en silence, mais plutôt en parlant haut et fort en leur nom jusqu'à ce qu'ils soient entendus.
Je remercie les membres du NPD d'Hamilton Mountain et l'ensemble des bénévoles, des partisans et des militants qui se sont engagés pendant chaque campagne électorale et qui se sont battus pour que les gens d'Hamilton Mountain soient représentés par un député néo-démocrate et un parti qui est prêt à se battre pour eux.
Je remercie également Monique Taylor, la députée provinciale d'Hamilton Mountain. Nous avons fait de l'excellent travail d'équipe ensemble, que ce soit lorsqu'elle était mon adjointe au conseil municipal ou maintenant, lorsque nous travaillons ensemble pour représenter Hamilton Mountain aux échelons provincial et fédéral. Je suis très fier du travail qu'elle fait pour notre collectivité, et il me tarde de voir ses prochaines réalisations.
Je tiens à remercier les gens d'Hamilton. Sans eux et leur soutien, je n'aurais jamais eu l'honneur de siéger à la Chambre des communes ou d'avoir l'importante responsabilité de lutter pour défendre leurs intérêts. Chaque jour où j'ai servi les gens d'Hamilton a été un privilège. J'ai été touché par la confiance qu'ils m'ont accordée pour les représenter.
Je remercie encore une fois ma conjointe Sherry, qui est mon épouse depuis 47 ans. Je serai à la maison dorénavant.
Monsieur le Président, ce fut un grand honneur d'être député. Je vous remercie et je vous estime.
Je tiens à remercier toutes les personnes à la Chambre et tous les députés. Beaucoup d'entre eux sont devenus mes amis. Je leur en suis vraiment reconnaissant. J'ai vécu des moments inoubliables, et beaucoup de gens vont me manquer.
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Lib. (ON)
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2021-06-03 10:10 [p.7861]
Monsieur le Président, il y a eu des discussions entre les partis, et je crois que vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante. Je propose:
Qu’un débat exploratoire au sujet des députés qui ne souhaitent pas solliciter un nouveau mandat pour la 44e législature ait lieu, conformément à l’article 53.1 du Règlement, le mardi 15 juin 2021 et que, nonobstant tout article du Règlement, ordre spécial ou usage habituel de la Chambre:
(a) aucun député ne puisse prendre la parole pendant plus de 10 minutes, et que les discours ne soient pas assujettis à une période de questions et d’observations, pourvu que tout député qui se lève pour prendre la parole puisse indiquer à la présidence qu’il partagera son temps de parole avec un autre député;
(b) la présidence ne reçoive ni demande de quorum, ni motion dilatoire, ni demande de consentement unanime.
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