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Voir le profil de Mumilaaq Qaqqaq
NPD (NU)
Voir le profil de Mumilaaq Qaqqaq
2021-06-21 14:15 [p.8844]
Monsieur le Président, c'est aujourd'hui la Journée nationale des peuples autochtones. Ce devrait être une journée de célébration, de culture et d'histoire, mais je ressens énormément de tristesse et de colère.
Quand cette institution parle des communautés autochtones, il est souvent question de résilience. Les représentants de l'institution fédérale parlent de leurs investissements sans précédent, alors que pour chaque tranche de 5 $ qu'ils investissent, seulement 25 ¢ vont aux Autochtones. C'est une insulte. Ils se donnent des tapes dans le dos alors même qu'ils privent les Inuits de leur accès à des espaces sûrs et habitables qui les gardent en vie.
Je continuerai à le dire. Nous n'avons rien fait pour les Autochtones dans cette institution qui devrait nous remplir de fierté. Personne ici ne devrait se péter les bretelles. En fait, chaque membre de cette institution devrait ressentir une honte extrême. J'ai honte que les Inuits soient continuellement privés de leur droit à la vie et de leur droit à l'autodétermination.
Aujourd'hui, j'applaudis les Inuits et les Autochtones. Sans nous, sans notre force et notre résilience, nous ne serions pas là.
Matna.
Voir le profil de Judy A. Sgro
Lib. (ON)
Madame la Présidente, c'est un honneur pour moi de prendre la parole à distance aujourd'hui pour souligner les efforts constants d'un militant des droits des travailleurs, que je connais depuis longtemps: il s'agit de Marino Toppan.
Marino est le créateur du projet de monument commémoratif en l'honneur des travailleurs italiens décédés dans le cadre de leurs fonctions. Ce monument, qui a été érigé en 2016, est l'un des plus grands du genre au Canada, et il rend hommage aux travailleurs italiens — près de 2 000 — qui sont décédés pendant qu'ils exécutaient leur travail, il y a plus d'un siècle. Je sais que la communauté italienne est profondément reconnaissante de cet important hommage.
Marino a aussi publié des ouvrages, dont un intitulé Land of Triumph and Tragedy: Voices of the Italian Fallen Workers. Dans mon bureau, ce livre est placé bien à la vue sur une tablette.
Au nom de tous les Canadiens d'origine italienne d'un bout à l'autre de notre pays, en mon nom et celui de mon époux, Sam, j'aimerais remercier Marino pour tout ce qu'il a fait pour aider les familles de ces travailleurs italiens à retrouver un sentiment de paix.
Grazie mille.
Voir le profil de Marcus Powlowski
Lib. (ON)
Monsieur le Président, la fin de semaine s'annonce belle pour beaucoup d'Ontariens parce que, pour la première fois depuis des mois, ils pourront se rassembler à l'extérieur dans un groupe pouvant compter jusqu'à 10 personnes. De surcroît, les Philippino-Canadiens pourront célébrer la Fête de l'indépendance des Philippines.
Pour la communauté philippino-canadienne, la dernière année s'est avérée particulièrement difficile, étant donné que de nombreux membres de cette communauté travaillent dans des établissements de soins de longue durée ou dans des usines de transformation de la viande, qui ont été durement touchés par la COVID. Quoi qu'il en soit, cette fin de semaine, j'ai bien l'intention, à l'instar des Philippino-Canadiens et des Philippins du monde entier, de faire la fête.
Personne ne sait mieux faire la fête que les Philippins. Comme de nombreux Philippins, je consacrerai la fin de semaine à manger du pancit, du lechon et du Bicol Express, en plus de boire, bien entendu, du Tanduay et de la San Miguel.
Maligayang Araw ng Kalayaan.
Voir le profil de Julie Dzerowicz
Lib. (ON)
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2021-06-10 14:01 [p.8216]
Madame la Présidente, Davenport est la circonscription du Canada qui compte le plus de membres de la communauté portugaise. Je suis fière de prendre la parole à la Chambre des communes aujourd'hui, car c'est la journée du Portugal, de Camões et des communautés portugaises, et de célébrer celles-ci au cours du mois de juin, qui, comme nous le savons tous, est désigné Mois du patrimoine portugais au Canada.
En raison de la COVID, nous devons célébrer différemment cette année, mais nous espérons pouvoir bientôt prendre part à des activités entourés de rouge et de vert, d'une foule de danseurs ranchos et de bandas défilant fièrement avec leurs instruments. Je remercie tous les dirigeants, les clubs, les associations et les médias portugais qui, infatigablement, communiquent leur amour de la culture, de la langue et de la communauté portugaise à tous les Canadiens.
Prenons le temps de célébrer le Portugal ce mois-ci, que ce soit en commandant un repas à votre churrasqueira préféré, en écoutant du fado, en regardant Ronaldo participer à la Coupe du monde ou en buvant un verre d'un excellent vin du Douro ou d'Alentejo.
Viva le Portugal et viva le Canada! Obrigada, madame la Présidente.
Voir le profil de Peter Fonseca
Lib. (ON)
Monsieur le Président, nous célébrons en juin le Mois du patrimoine portugais, un moment idéal pour souligner l'apport des Canadiens d'origine portugaise. Je tiens aussi à signaler que le 10 juin, date d'aujourd'hui, marque la Journée du Portugal. À cette occasion, les Portugais vivant au Portugal et ailleurs dans le monde rendent hommage à Luís Vaz de Camões, un poète du XVIe siècle, dont la prose a saisi l'esprit de l'ère des découvertes.
C'est une journée qui me remplit de fierté, à la fois comme Canadien d'origine portugaise et comme résidant de Mississauga, une ville qui compte plus de 20 000 Luso-Canadiens. La diaspora portugaise du Canada est l'une des plus importantes de la planète: près d'un demi-million de personnes d'origine portugaise vivent au Canada.
La dernière année a été très difficile. Comme je l'ai moi-même constaté, la communauté portugaise a subi de grandes pertes, ici comme au Portugal. Nous restons solidaires, plus forts et plus proches que jamais.
Je transmets donc mes vœux à la communauté portugaise, Feliz Dia de Portugal. Viva Canadá. Viva Portugal.
Voir le profil de Justin Trudeau
Lib. (QC)
Voir le profil de Justin Trudeau
2021-06-08 10:07 [p.8065]
Monsieur le Président, assalam alaikum.
Ces derniers temps, de nombreux Canadiens se promènent le soir pour prendre un peu d'air frais après avoir passé de longues journées à la maison en raison de la pandémie. Dimanche dernier, à London, en Ontario, c'est ce qu'ont fait une grand-mère, deux parents et deux enfants, qui représentaient trois générations de la famille Afzaal. Il y avait Salman, Madiha, leurs enfants Yumna et Fayez et la grand-mère de ces derniers. Malheureusement, contrairement aux autres soirs, cette famille n'est pas rentrée chez elle. Leurs vies ont été fauchées dans un acte de violence brutal, lâche et éhonté. Ce meurtre n'était pas un accident. C'était une attaque terroriste motivée par la haine au cœur d'une de nos collectivités.
Je suis horrifié par l'attaque qui a enlevé la vie à quatre membres d'une famille et blessé gravement un petit garçon de 9 ans dimanche soir à London, en Ontario. Nous sommes de tout cœur avec leurs proches en ces moments extrêmement difficiles. Nous espérons tous que le petit garçon pourra se remettre de ses blessures rapidement, même si nous savons qu'il vivra longtemps avec la tristesse, l'incompréhension et la colère causées par cette attaque lâche et islamophobe.
Ce n'est malheureusement pas un cas isolé. Il y a eu celui de la grande mosquée de Québec.
Mohamed-Aslim Zafis, qui a été lâchement assassiné dans une mosquée de Toronto, des femmes musulmanes noires qui ont été victimes d'attaques violentes à Edmonton et tant d'autres personnes partout au Canada qui ont fait l'objet d'insultes, de menaces et d'actes de violence ont tous été ciblés en raison de leur foi musulmane. De tels gestes se produisent au Canada et il faut que cela cesse.
Nous ne devons pas nous habituer à cette violence. Nous ne devons pas nous laisser désensibiliser. Nous ne devons pas accepter que cela devienne normal. Chaque fois que nous sommes témoins de cette haine, nous devons la dénoncer. Cela commence par de petits gestes.
Les mots comptent. Ils peuvent servir de terreau au développement de tendances insidieuses et nocives, qui mènent parfois à une violence bien réelle. Les dirigeants et les Canadiens, face à de mauvaises blagues, au racisme occasionnel, aux allusions visant uniquement à dénigrer l'autre, aux discours toxiques, à la désinformation, à l'extrémisme en ligne et à la polarisation que nous voyons trop souvent dans le discours public et en politique, doivent non seulement dire qu'assez, c'est assez, mais aussi agir. Nous ne pouvons permettre à aucune forme de haine de prendre racine, car les conséquences peuvent être beaucoup trop graves. Nous l'avons vu à Christ Church et à d'autres endroits dans le monde. Nous l'avons vécu ici.
Actuellement, les Canadiens sont révoltés par ce qui s'est passé dimanche dernier, et de nombreux Canadiens musulmans ont peur.
Hier soir, j'ai parlé avec Ed Holder, maire de London, et Nawaz Tahir, un représentant de la communauté musulmane locale, pour présenter mes condoléances et discuter de l'urgence d'en faire davantage pour assurer la sécurité des collectivités.
Nous sommes solidaires des habitants de London et de la communauté musulmane du Canada. Nous continuerons à financer des initiatives comme le Programme de financement des projets d'infrastructure de sécurité pour protéger les collectivités à risque, leurs écoles et leurs lieux de culte. Nous continuerons à lutter contre la haine en ligne et ailleurs, notamment en prenant d'autres mesures pour démanteler les groupes haineux d'extrême droite, comme nous l'avons fait avec les Proud Boys en inscrivant ce groupe à la liste des entités terroristes du Canada. Nous continuerons à faire tout en notre pouvoir pour assurer la sécurité des collectivités.
L'auteur de l'attaque cruelle de dimanche à London ne nous représente pas en tant que Canadiens. Nous savons que nous sommes plus forts dans la paix que dans la haine et la violence. Nous savons aussi qu'il faut nous dire dire la vérité: cette haine et cette violence existent chez nous, que ce soit dans la rue, en ligne ou ailleurs. Tant qu'elle va exister, nous aurons du travail à faire.
À tous ceux qui pensent qu'il n'y a pas de racisme et de haine au pays, je demande ceci: « Comment expliquer la violence perpétrée contre cet enfant hospitalisé? Comment pouvons-nous regarder les familles concernées en face et affirmer que l'islamophobie n'existe pas? » Si on l'écoute, la musulmane noire qui jette constamment un coup d'œil par-dessus son épaule, craignant que quelqu'un lui enlève son hidjab ou lui fasse du mal, nous dira que l'islamophobie existe. Si on les écoute, les parents qui supplient leurs enfants de ne pas porter d'habits traditionnels par crainte qu'ils se fassent attaquer ou harceler simplement pour la façon dont ils sont habillés nous diront que le racisme existe.
Les familles musulmanes ressentent souvent de l'inconfort ou même de la peur lorsqu'elles se promènent dans les rues vêtues d'habits traditionnels. En vérité, la plupart des Canadiens ne sont pas nécessairement conscients de cette peur qu'éprouvent beaucoup trop de musulmans canadiens racialisés lorsqu'ils sortent de chez eux.
Si l'attaque de London permet aux Canadiens non musulmans de comprendre une chose, ce devrait être l'anxiété et la peur que nos concitoyens canadiens vivent, mais qu'ils ne devraient pas avoir à vivre. Il nous incombe de comprendre cette expérience et d'offrir notre soutien et notre aide. Nous pouvons et devons agir.
Les Canadiens luttent contre une pandémie mondiale depuis plus d'un an et ils l'ont fait en unissant leurs efforts et en travaillant ensemble. C'est la seule manière d'affronter le visage hideux de la haine. Je veux que tous les Canadiens sachent que nous nous trouvons tous diminués lorsque l'un d'entre nous est ciblé. Nous devons nous élever contre le racisme et la terreur, les rejeter et plutôt collaborer pour appuyer ce qui fait la force de notre pays: la diversité.
Que la paix et la grâce vous accompagnent.
Voir le profil de Jagmeet Singh
NPD (BC)
Voir le profil de Jagmeet Singh
2021-06-08 10:27 [p.8067]
Monsieur le Président, assalam alaikum.
Aujourd'hui, c'est une journée difficile. Nous réfléchissons à ce que cette tragédie signifie pour les musulmans et leurs familles partout au pays. D'autres l'ont déjà dit, mais ce genre d'incident se produit tellement souvent. En cette période de pandémie, nous avons tous fait des promenades avec nos proches, parce qu'il n'y a nulle part d'autre où aller. Presque tout est fermé, alors nous allons nous promener. L'idée qu'une famille qui se promène ne puisse pas rentrer chez elle, qu'une simple petite promenade dans son quartier soit la dernière ou que l'on ne puisse pas marcher en toute sécurité dans sa propre rue ne nous traverse pas l'esprit. Nous devons réfléchir à ce que cela signifie pour une famille musulmane. En ce moment, des gens s'entretiennent avec leurs proches et leur disent qu'ils ne devraient peut-être pas aller se promener. Il y a, dans notre pays, des gens qui se demandent littéralement s'ils doivent franchir le seuil de leur porte.
Nous réfléchissons à ce que cela signifie. Certains ont dit que ce n'est pas le Canada que nous connaissons, et je m'interroge sur le sens de ces mots. L'attaque en question s'est produite à London, en Ontario. J'y ai vécu pendant cinq ans, et j'ai adoré mon séjour là-bas. Je pense au fait que mes parents ont choisi de faire du Canada leur pays. J'adore mon pays, ma patrie, mais ne nions pas la réalité: c'est bien ce qui se passe au Canada. C'est bien cela, le Canada: un endroit où les restes de 215 petits enfants ont été découverts dans des tombes anonymes, un endroit où on ne peut pas marcher dans la rue si on porte le hidjab, car on risque de se faire tuer. C'est cela, le Canada. Nous ne pouvons pas nier ce fait. Nous ne pouvons pas le rejeter, car cela n'aide personne.
La réalité, c'est que le Canada est un pays qui perpétue le racisme, la violence, le génocide des peuples autochtones, et c'est aussi un endroit où les musulmans ne sont pas en sécurité. Ils ne le sont pas. Ils ne sont pas en sécurité. Les musulmans ne sont pas en sécurité dans ce pays. J'ai parlé à des musulmans qui se demandent combien d'autres vies devront être perdues, combien d'autres familles devront être attaquées dans la rue et combien d'autres devront être tuées avant que nous fassions quelque chose.
Des personnes innocentes ont été abattues pendant la prière dans un lieu de culte, une mosquée, au Québec. Un homme musulman a été poignardé à mort à Toronto. Dans ces deux situations, il ne fait aucun doute que les agressions étaient motivées par la haine. Les auteurs de cette violence ont perpétré des actes infiniment haineux contre des personnes qu'ils ne connaissaient pas simplement parce qu'elles avaient une identité, des pratiques religieuses et une apparence différentes. C'est la réalité. Les gens vivent constamment dans la peur. Quand ils marchent dans la rue, ils se demandent s'ils se feront attaquer tout simplement en raison de leur apparence, et non pas parce qu'ils ont un ennemi ou parce que quelqu'un a quelque chose à leur reprocher. Est-ce que je serai la cible d'attaques aujourd'hui simplement en raison de mon apparence? Il s'agit là d'une vraie question que des gens se posent.
La vie est difficile lorsqu'on doit penser à cela. Les gens fuient la violence et la persécution. Les réfugiés arrivent au Canada en se disant qu'ils seront enfin en sécurité ici, mais ils ne le sont pas.
Quand je pense à tous les Canadiens musulmans, je suis sincèrement désolé qu'ils aient à vivre dans ces circonstances, c'est-à-dire dans la peur. Toutefois, nous avons le pouvoir sur certaines choses. En pensant à ces vies perdues, nous pensons à Salman, à Madiha, à Yumna, au jeune Fayez, qui se bat pour sa survie, et à sa grand-mère. Nous pensons à ces vies perdues et au jeune Fayez, qui est encore en vie. Que pouvons-nous faire? Les choses doivent changer. Nous ne pouvons pas continuer d'agir comme avant. Nous ne pouvons pas faire comme si rien n'était arrivé. Tant de vies ont été perdues, et les gens sont frustrés. Que pouvons-nous faire?
Je tiens à souligner que c'est la réalité avec laquelle nous devons composer. Voilà ce qu'est le Canada d'aujourd'hui. Il s'agit d'un aspect de notre pays. Nous devons composer avec ce dernier. Nous ne pouvons pas faire semblant qu'il n'existe pas. Nous devons y faire face. Il s'agit d'un aspect du pays dans lequel nous vivons, et nous devons trouver comment améliorer la sécurité de la population. Nous devons prendre conscience que la haine constitue réellement la menace la plus grande et la plus immédiate pour la sécurité des Canadiens. Cette menace prend racine dans l'idéologie de l'extrême droite. Elle provient de la suprématie blanche. Elle vient des groupes haineux qui se nourrissent de ce type d'intolérance et qui radicalisent les gens. Voilà quelle est la pire menace pour la vie des Canadiens à l'heure actuelle.
Les choses doivent changer. Il faut mettre en place des ressources afin de contrer ces menaces réelles et urgentes qui mettent en péril la vie de Canadiens. Il ne s'agit pas de problèmes qui viennent d'ailleurs: ils prennent naissance ici, au Canada, et sont le fait de personnes radicalisées qui ont appris à haïr les gens dont l'apparence ou la façon de prier sont différentes des leurs. Voici la vraie menace qui pèse sur les Canadiens. Il faut être à l'écoute et reconnaître que nous avons besoin de ressources pour contrer cette vraie menace.
Comme on le sait, et c'est une dure réalité, certains politiciens misent sur l'islamophobie pour se faire du capital politique. Ils s'en servent pour semer la discorde. Cela doit cesser. Personne ne doit utiliser de nouveau l'islamophobie pour marquer des points politiques, une tactique qui a déjà été employée, comme nous le savons tous. Nous savons comment cette tactique a été utilisée. Je ne cherche pas à rejeter tout le blâme sur les politiciens qui misent sur l'islamophobie pour se faire du capital politique, absolument pas, mais ils contribuent décidément au problème. Certains se servent de l'islamophobie pour marquer des points et pour semer la discorde dans l'espoir d'obtenir des votes, et c'est ce qui mène à des événements comme ceux qui sont survenus récemment. C'est ce qui arrive quand ils sèment la zizanie entre les gens. Quand ils attisent la haine, des gens meurent.
Nous devons aussi nous pencher sur les propos haineux en ligne. C'est une réalité, et elle a pour effet de radicaliser les gens. Les messages haineux propagés sur le Web enseignent aux gens à haïr et à craindre les personnes qui ne sont pas comme eux. Nous sommes conscients de ce problème et nous devons nous y attaquer sérieusement.
Les choses doivent changer. Ça ne peut pas continuer. Il ne faut pas qu'une autre personne meure alors que nous nous tournons les pouces. Il ne faut pas qu'une autre famille soit fauchée dans la rue alors que nous ne faisons rien.
Ce qui s'est passé est un acte de violence, un acte de terrorisme et un acte de haine, et nous devons faire face à la haine directement.
Ce qui s'est passé est insensé et incompréhensible, mais nous devons agir. Il est maintenant temps de prendre la décision de faire quelque chose pour mettre fin à la haine et à cette sorte de violence.
À la lumière de cette tragédie, nous devons décider maintenant de changer les choses au Canada et d'unir nos efforts afin de mettre fin à la haine et à la violence et de ne pas permettre que des dirigeants politiques se servent de cette haine qui nous divise pour se faire du capital politique. Les choses ne peuvent pas continuer ainsi. Nous devons nous attaquer sérieusement au problème.
Je tiens à dire à tous les membres de la communauté musulmane au Canada, qui souffrent en ce moment, que je compatis à leur douleur. Je la comprends. Nous veillerons à ce qu'ils n'aient pas à vivre dans la peur et à ce qu'ils n'aient pas à craindre de marcher dans les rues. Nous nous battrons pour eux.
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PV (BC)
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2021-06-08 10:36 [p.8068]
Monsieur le Président, je vous remercie d'avoir présenté ma demande et je remercie tous mes collègues de me donner l'occasion de parler de cette horrible tragédie.
Assalam alaikum.
Je commencerai par ces paroles: « Nous avons le coeur brisé, et nous sommes abasourdis. » Ces paroles pourraient avoir été dites par tous les Canadiens, mais elles ont été prononcées par Omar Khamissa, responsable de l’engagement communautaire pour le Conseil national des musulmans canadiens.
Je veux dire à tous les membres du Conseil et à toutes les personnes qui se rendent régulièrement au Centre islamique du Sud-Ouest de l'Ontario que j'ai eu le grand honneur de rencontrer des imams, de discuter du véritable esprit islamique et de parler de l'énorme contribution qu'apporte la communauté musulmane au Canada.
La communauté et les familles musulmanes font partie intégrante de notre pays. Nous formons une famille partout au Canada. C'est un moment de grande tristesse sans pareil.
C'est ce que nous disons chaque fois qu'une situation comme celle-là se produit. J'ai entendu des propos de la sorte venant des députés, du premier ministre, du chef de l'opposition officielle, du chef du Bloc québécois et du chef du Nouveau Parti démocratique, qui ont livré un discours poignant pour nous rappeler à quel point notre société n'est pas celle que nous croyons.
Nous nous regardons dans le miroir depuis un certain temps déjà, et il est difficile d'aimer ce que nous voyons, particulièrement lorsque Kukpi7 Rosanne Casimir a annoncé la découverte de 215 enfants qui sont morts depuis longtemps, mais pas si longtemps que cela. Il s'agit des corps de petits enfants enterrés au pensionnat autochtone de Kamloops.
Cette tragédie nous rappelle notre solidarité. Beaucoup d'entre nous ici à la Chambre se souviendront d'avoir affronté le froid glacial de Québec, en 2017, pour se tenir aux côtés de la communauté islamique de cette ville, après la fusillade de la mosquée de Québec, et pour dire « plus jamais ».
Alors que nous unissons de nouveau nos voix pour appeler la société à faire mieux, je ne peux m'empêcher de penser à la députée de Mississauga—Erin Mills et à sa motion M-103. Je pense au courage dont elle a fait preuve, car je sais qu'elle a été prise pour cible. Elle a reçu d'horribles messages après avoir dit qu'il fallait faire quelque chose contre l'islamophobie, l'antisémitisme et toutes les formes de haine. Nous devons faire un examen de conscience et réfléchir à ce que nous allons faire.
Lorsqu'ils ont été saisis de la motion M-103, nombre de députés ont été exposés à l'islamophobie. Même si je sais que ce sont des gens aimables, j'ai dû répondre par écrit à bon nombre de résidants de ma circonscription pour leur dire qu'il y avait un malentendu et que la motion M-103 ne visait pas à élever l'islam au-dessus du christianisme.
C'est ce qu'ils craignaient. J'ai dû expliquer que l'adoption de la motion M-103 ne voulait pas dire que le Canada allait adopter la charia. Il y avait autre chose qui se cachait sous la surface. En effet, des gens de ma circonscription m'ont envoyé des liens vers des sites Web où on trouvait des nouvelles qu'ils m'ont demandé de lire et qui disaient que la motion M-103 ferait tout ce que je viens de mentionner.
J'aurais dû prendre des notes, hier, lorsque le ministre du Patrimoine, dans son témoignage devant le comité de l'éthique, a énuméré une série de statistiques sur le nombre de crimes haineux alimentés par une montée de la haine en ligne, ainsi que sur le nombre de chefs de police qui signalent une augmentation de la radicalisation et de l'incitation à la haine envers des personnes en raison de leur foi ou de la couleur de leur peau.
Je n'arrive pas à comprendre. Bien sûr, je suis l'ancienne cheffe du Parti vert, et notre cheffe actuelle a exprimé une profonde tristesse en notre nom à tous. Cela dit, je crois que nous devrions tous, à titre d'élus, prendre un instant pour écouter et peut-être inviter tout simplement des membres de la communauté islamique à venir nous parler. Il y a quelque chose qui ne va pas dans la magnifique collectivité de London. J'ai eu l'honneur d'y passer beaucoup de temps.
Je tiens à offrir mes condoléances à notre ancien collègue, qui a été député de London-Ouest avant d'être le maire de London. J'offre aussi mes condoléances à la députée actuelle de London-Ouest, à la députée de London—Fanshawe, au député de London-Centre-Nord et à tous les députés qui sont touchés personnellement par cette tragédie. Je sais qu'ils ont le cœur brisé et qu'ils n'arrivent pas à comprendre comment cela a pu se produire dans leur collectivité. Je n'y arrive pas non plus.
Tout ce que je sais, c’est qu’en tant que Canadiens, nous pouvons faire beaucoup, beaucoup mieux que cela. Il faut commencer par reconnaître que quelque chose cloche si nous laissons la possibilité à des gens d’être rongés par une haine féroce qui les amène, avec préméditation selon la police, à vouloir décimer une belle famille qu’ils voient se promener un dimanche.
Notre pays ne pourra jamais exprimer au jeune Fayez combien nous sommes désolés, combien nous espérons qu’il se remettra et combien nous pleurons la perte des membres de sa famille, la famille Afzaal.
Cela dit, je ne crois pas que nous, politiciens, puissions prétendre que nous avons des réponses, mais je suis d’accord avec le chef du Nouveau Parti démocratique pour dire que si un parti politique essaie une fois de plus de nous diviser sur le port du hijab, nous devons les dénoncer.
Nous devons veiller à dire à toutes les communautés islamiques de notre pays que nous leur demandons pardon du fond de notre cœur pour avoir laissé croître cette haine parmi nous; que nous les aimons; que nous nous préoccupons de leur sort, autant que de celui des autres membres de la famille humaine qui est si profondément anéantie. Nous avons le cœur brisé, et nous sommes abasourdis.
Voir le profil de Kenny Chiu
PCC (BC)
Voir le profil de Kenny Chiu
2021-06-04 11:17 [p.7969]
Madame la Présidente, la déesse de la démocratie tient en main un flambeau, allumé par des actions historiques. Un homme courageux portant un lourd fardeau s'est tenu devant une colonne de tanks, parce que des armes à feu et des tanks étaient utilisés pour réprimer les manifestations pacifiques d'étudiants et de travailleurs.
Des milliers de gens ont été inspirés et ont manifesté avec des parapluies devant la police antiémeute, parce qu'ils croyaient en quelque chose de plus grand que leur pays.
Pendant 32 ans, la population a porté des flambeaux. Qu'il pleuve ou fasse soleil, ces gens veulent la liberté et la démocratie, la paix, la prospérité et la collaboration responsable de la Chine.
Cette année, parce qu'ils craignent des représailles, ils ne le feront pas. Ils n'ont plus le droit de rappeler les faits du passé. C'est donc à nous de porter ce lourd fardeau, de porter les flambeaux. Comme partout sur la planète, il faut brandir le flambeau de la démocratie. Il ne faut jamais laisser sombrer dans l'oubli ce qu'est la liberté ni ce que représentent les événements de la place Tiananmen.
[Le député s'exprime en Mandarin.]
Voir le profil de Marc Miller
Lib. (QC)
Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec la députée de Vancouver Centre.
Kwe. Unusakut. Tansi. Hello. Bonjour. Je tiens à reconnaître d’abord que je m’exprime aujourd’hui depuis le territoire ancestral du peuple algonquin anishinabe.
Les collectivités, les familles et les amis autochtones souffrent. Les émotions sont fortes et la douleur est réelle. Pour les Autochtones, les événements de cette semaine ne sont peut-être pas une surprise. Cela ne les rend pas moins choquants ou moins douloureux. Il n’y a pas une seule collectivité qui ne soit pas en deuil aujourd’hui. Les nouvelles venues de Kamloops la semaine dernière ont rouvert des blessures qui n’étaient pas cicatrisées, même si les gens pensaient qu’elles l’étaient.
Nos pensées et nos actions en ce moment doivent aider les collectivités et les familles à découvrir la vérité, afin qu’elles puissent continuer à guérir. Nous ne pouvons pas guérir sans la vérité, aussi douloureuse soit-elle. Elle est dans le cœur et l’esprit de tous les Canadiens, et honnêtement, si elle ne l’y est pas, elle devrait y être.
Au cours de la semaine dernière, les gens ont livré des récits poignants et atroces qui montrent vraiment quel genre d’endroits ces établissements étaient, et effectivement, les témoignages de députés aujourd’hui le confirment. Je les remercie pour leurs témoignages.
Un ami guérisseur sur lequel je compte beaucoup m’a rappelé que, par exemple, l’Institut Mohawk à Six Nations avait un verger et des pommes, mais les enfants ne pouvaient pas en manger. Ils étaient punis s’ils le faisaient. Il y avait des poules, mais les enfants ne pouvaient pas prendre les œufs parce qu’ils étaient destinés au marché. La seule fois où ils pouvaient en avoir un, c’était à Pâques. Appeler ces endroits des écoles est un euphémisme. C’étaient des camps de travail, et les gens mouraient de faim.
Je sais que les gens sont impatients d’obtenir des réponses sur ce que le gouvernement fédéral fera, ce que nous ferons à l’échelle nationale et ce que le Canada fera. Permettez-moi de vous dire clairement que nous serons là pour les collectivités autochtones qui veulent poursuivre la quête de la vérité.
Le fait est que la suite nous sera dictée par les collectivités touchées, comme cela a été énoncé particulièrement dans l’appel à l’action 76 du rapport de la Commission de vérité et réconciliation. Nous serons là pour les collectivités. Nous devons respecter la vie privée, l’espace et la période de deuil de ces collectivités qui reprennent leurs esprits et élaborent leurs protocoles pour honorer ces enfants. Elles nous ont expressément demandé de le faire. Nous le ferons, et les Canadiens doivent le respecter.
Hier, la ministre des Relations Couronne-Autochtones a annoncé un financement de 27 millions de dollars pour soutenir le Centre national pour la vérité et la réconciliation et mettre en œuvre les appels à l’action 74 à 76. Ce financement permettra d’aider les survivants, leur famille et les collectivités de tout le Canada à localiser et commémorer les enfants qui sont morts ou ont disparu alors qu’ils fréquentaient les pensionnats.
Nous devons aussi nous regarder directement dans les yeux et faire face à cette réalité, à savoir une certaine méconnaissance ou une ignorance du grand public sur certains points de notre histoire, et surtout les moments les plus pénibles. C'est une vérité qui est très pénible, d'abord et avant tout pour les communautés autochtones affectées, les individus et les familles qui revivent des moments très pénibles de leur propre histoire ou celle de leurs parents, cousins, oncles et tantes.
Notre rôle à tous, en tant que leaders, politiciens et députés de la Chambre, est aussi d'éduquer et de contribuer à cette éducation. À la lumière de ce que l'on a vu cette semaine, force est de constater que, encore une fois, il reste beaucoup de vérités à découvrir. Cela doit être expliqué. Trop souvent, cette explication provient des peuples autochtones eux-mêmes. Trop souvent, ils ont pris sur leurs épaules la responsabilité d'éduquer les Canadiens et, trop souvent, nous ne transmettons pas cette connaissance à nos enfants. Heureusement, maintenant, les enfants apprennent cela à l'école et ils nous relatent la vérité très difficile de ce qui s'est passé. Ce fardeau sur les épaules des peuples autochtones n'est pas juste, et ils ne devraient pas l'avoir.
Je le dis et je le répète: nous serons là pour les communautés et les familles autochtones. Nous soutiendrons la recherche de la vérité et nous répondrons aux appels à l'action 72 à 76, entre autres, par un premier investissement de 27 millions de dollars. Ce financement sera distribué en fonction des priorités et des demandes des communautés elles-mêmes.
Le rôle du gouvernement est d'appuyer financièrement les communautés dans leur processus de deuil et de guérison, encore très vif dans ce cas-ci. Les communautés elles-mêmes prendront des décisions si, oui ou non, elles vont procéder à des fouilles plus invasives.
Dans le cas présent, à Kamloops et dans les communautés environnantes, nous avons directement parlé au leaders pour leur offrir des services en santé mentale et en sécurité, car les émotions sont vives, mais nous allons respecter l'espace qu'elles nous ont demandé de respecter.
C'est évidemment pénible pour les familles qui ont peut-être eu des oncles, des tantes ou des cousins ayant disparu, desquels ils n'ont pas encore de nouvelles, mais le point à retenir, c'est que le gouvernement du Canada sera là avec le soutien et le financement nécessaires pour les communautés qui en auront besoin.
L’une des nombreuses choses mises en évidence soulignée cette semaine, au milieu de la douleur à Kamloops, est que les enfants autochtones ont leur place dans leur famille et leur collectivité. La place des enfants est à la maison, où ils peuvent être avec leurs parents et leurs aînés; où ils peuvent apprendre la culture, la langue et les traditions de leur nation; et où ils peuvent recevoir en retour tout ce qui a été pris à leurs parents et à leurs grands-parents. Le projet de loi C-92 affirme ce droit inhérent. Je tiens à souligner que ce droit fondamental est un droit que nous tenons tous pour acquis.
Nous partageons tous la responsabilité de veiller à ce qu’il en soit ainsi. Le nombre d’enfants autochtones qui ont été pris en charge au cours des dernières années dépasse de loin le nombre de ceux qui ont fréquenté les pensionnats. Il faut en prendre conscience. En 2016, plus de 52 % des enfants placés en famille d’accueil au Canada étaient Autochtones et ils représentent 7 % de la population des enfants. La vérité est que pour les enfants retirés de leur collectivité, leurs liens avec leur culture et leurs traditions ont aussi été compromis.
Réparer un système qui ne fonctionne pas nécessite des réformes à long terme. Le gouvernement du Canada est déterminé à éliminer et continue d’éliminer ces politiques et pratiques discriminatoires envers les enfants autochtones, et nous le faisons main dans la main avec nos partenaires autochtones. La Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis, qui répond à des appels à l’action, ouvre une nouvelle voie. Les gouvernements et les collectivités autochtones ont toujours été habilités à décider de ce qui est le mieux pour leurs enfants, leurs familles et leurs collectivités, et la loi leur donne la possibilité d’exercer pleinement ce pouvoir et de le renforcer.
Grâce à ce travail, mené par les collectivités autochtones, deux lois autochtones sont désormais appliquées: la loi des Nations indépendantes Wabaseemoong en Ontario et la Cowessess First Nation Miyo Pimatisowin Act, en Saskatchewan. Dans chacune de ces communautés, les enfants auront davantage l’occasion de grandir dans leur propre culture et entourés de leurs proches. Ils seront accueillis chez eux.
Nous nous rapprochons de notre objectif ultime commun de réduire le nombre d’enfants autochtones pris en charge. La réforme du système de services à l’enfance et à la famille est une étape importante. La réparation des préjudices subis en est une autre.
Depuis que le Tribunal canadien des droits de la personne a rendu sa première ordonnance pour que le Canada cesse ses pratiques discriminatoires en 2016, nous collaborons avec les dirigeants et les partenaires des Premières Nations pour que soient respectées les ordonnances du tribunal.
Nous avons l’objectif commun d’une indemnisation juste et équitable. Je veux être clair: aucun enfant des Premières Nations ne se verra refuser une indemnisation juste et équitable. Les enfants ne devraient pas se voir refuser les produits ou les services dont ils ont besoin parce que les gouvernements ne peuvent pas s’entendre sur qui les paiera. C’est pourquoi, grâce au principe de Jordan, nous avons injecté environ 2 milliards de dollars dans divers services, en orthophonie, en soutien scolaire, en équipement médical, en services de santé mentale et bien plus encore. C’est transformateur et c’est ce qu'il faut faire.
Le gouvernement ne remet pas en question l’idée que les enfants des Premières Nations qui ont été retirés de leur foyer, de leur famille et de leur collectivité devraient être indemnisés. Nous sommes déterminés à fournir aux enfants des Premières Nations l’accès aux soutiens et aux services nécessaires, mais il est important de clarifier certaines questions limitées, et c’est pourquoi nous avons demandé une révision judiciaire. Nous devons nous concentrer sur ce qui est vraiment important, c’est-à -dire assurer une indemnisation juste et équitable aux enfants des Premières Nations touchés par le programme des services à l’enfance et à la famille et faire en sorte que les enfants des Premières Nations aient accès au soutien dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin.
Je rappelle à la Chambre qu’il existe également deux recours collectifs concurrents qui portent essentiellement sur le même groupe d’enfants. Nous sommes néanmoins en pourparlers avec les parties aux différentes affaires, mais ces discussions doivent rester confidentielles par respect.
Enfin, aucune affaire judiciaire ne peut réaliser le changement transformateur que nous devons effectuer en tant que pays.
Comme nous l'avons encore rappelé lors de la récente découverte à Kamloops, chaque enfant de ce pays devrait avoir le soutien et les services dont il a besoin pour s'épanouir.
Le fait de retirer un enfant de sa famille ou de sa communauté devrait être un absolu dernier recours. Nous devons faire le travail nécessaire pour changer le système et veiller à ce que chaque personne soit traitée de manière équitable et juste, sans préjugés ou injustices, mais avec respect et dignité. C'est notre responsabilité en tant que gouvernement et en que tant que Canadiens qui veulent faire du Canada un meilleur endroit pour tous.
Nous ne pouvons pas changer le passé, mais nous pouvons en tirer des leçons pour chercher des moyens de remédier à ces torts, de reconnaître ce qui n'aurait jamais dû arriver et de faire tout notre possible pour assurer un avenir meilleur.
Meegwetch. Nakurnii. Masi cho.
Voir le profil de Patricia Lattanzio
Lib. (QC)
Monsieur le Président, juin a été reconnu officiellement comme le Mois du patrimoine italien. J'aimerais donc attirer l'attention de la Chambre sur la contribution des Canadiens d'origine italienne non seulement au sein de leurs collectivités, mais partout au Canada.
Au cours des dernières générations seulement, un grand nombre d'Italo-Canadiens ont travaillé sans relâche et ont connu du succès dans le domaine des affaires, des sciences, de l'éducation, du droit et de la politique. Grâce à leur dévouement et à leur esprit innovateur, ils ont joué chaque jour un rôle inestimable dans la vie d'innombrables Canadiens et ont façonné le paysage social, économique et culturel du Canada tel que nous le connaissons aujourd'hui.
Je suis extrêmement honorée de représenter la circonscription de Saint-Léonard-Saint-Michel, qui compte l'une des plus importantes communautés italiennes au Canada. Cette communauté dynamique nous rappelle à quel point les nouveaux arrivants peuvent enrichir notre pays d’une façon unique et durable.
Je souhaite à tout le monde un bon Mois du patrimoine italien. [La députée s'exprime en italien.]
[Traduction]
Voir le profil de Francesco Sorbara
Lib. (ON)
Monsieur le Président, c'est le Mois du patrimoine italien au Canada. En ce 2 juin, l'Italie célèbre le 75e anniversaire de la Festa della Repubblica et de la création de la République italienne.
[Le député s'exprime en italien et fournit le texte suivant:]
Buona Festa della Repubblica a tutti.
[Traduction]
Au Canada, nous sommes fiers de célébrer notre patrimoine italien et de le faire connaître, tout comme notre importante contribution à la création de ce pays que nous avons le privilège d'avoir pour patrie.
[Le député s'exprime en italien et fournit le texte suivant:]
Ma anche quest’anno, rispettiamo e onore il passato. Il 27 maggio, il nostro Primo Ministro ha presentato
[Traduction]
des excuses officielles pour l'internement d'Italo-Canadiens durant la Seconde Guerre mondiale.
À l'occasion du Mois du patrimoine italien, je souhaite rendre hommage à la résilience de ces immigrants qui ont tant souffert.
Comme l'a déclaré le premier ministre:
Quelle meilleure façon de prouver qu'ils aimaient le pays où ils avaient choisi de faire leur vie? Il aurait été si facile pour eux de tourner le dos au Canada. Au lieu de cela, ils se sont consacrés à le bâtir.
Bon Mois du patrimoine italien!
[Le député s'exprime en italien.]
Voir le profil de Larry Bagnell
Lib. (YT)
Voir le profil de Larry Bagnell
2021-06-01 20:46 [p.7798]
Madame la présidente, je prends la parole depuis le territoire traditionnel de la nation Kwanlin Dün et du conseil des Ta'an Kwäch'än.
Je commencerai par présenter une déclaration que j'ai publiée dans les médias sociaux.
Au départ, je suis resté abasourdi devant l'ampleur de cette terrible tragédie. Il y avait tellement d'enfants décédés et tellement de familles en deuil. Toutes ces émotions me laissaient le coeur brisé. Même s'il avait été question d'un seul enfant, sa famille aurait éprouvé une peine infinie et durable.
Je suis allé avec Angus Sidney à une installation commémorative faite de chaussures. Pendant une promenade, hier, nous étions plusieurs à imaginer ce qui se passerait s'il s'agissait de nos propres enfants. Comme un parent peut-il supporter une souffrance aussi immense?
Pendant l'événement d'hier, plusieurs chefs ont exprimé leur profonde tristesse. Il était encourageant de les entendre, sous la direction de Doris Bill, parler de la voie à suivre et de la réconciliation. Rien ne peut effacer ces tragédies terribles, mais nous tous qui faisons partie du gouvernement du Canada, cette entité responsable de la création et du maintien des pensionnats autochtones, devons faire tout notre possible pour que ces enfants et ceux qui n'ont pas encore été trouvés retournent chez eux, dans leur famille.
De même, le soutien continu au processus de guérison créé par les Autochtones est primordial. La priorité doit être accordée à la poursuite d'un travail intensif avec les familles des victimes, avec les groupes de femmes autochtones comme ceux au Yukon, qui mènent les efforts au pays, et avec d'autres dirigeants et organisations autochtones dans l'ensemble du Canada afin de répondre à tous les appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation. Nous pouvons tous travailler en continu avec ceux dont le cœur n'est pas encore au même endroit que celui des nombreuses personnes qui ont participé hier au rassemblement au Yukon, inspiré de l'amour.
Je veux maintenant passer en revue ce que certains de mes concitoyens ont demandé ou exigé au cours des derniers jours. Presque tous ceux qui m'ont contacté voulaient que tous les sites des pensionnats autochtones au Canada soient fouillés pour trouver toutes les tombes qui pourraient y être. Ils comprennent que le processus doit être mené par les Autochtones. Il faut que ce soit comme le souhaitent les familles et que ce soit culturellement approprié. Ils veulent que tous les appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation, celles dont le gouvernement fédéral est responsable, soient pleinement mis en œuvre, en particulier les numéros 74 à 76 relatifs aux événements des derniers jours.
Il doit y avoir enquête et reddition de comptes. Les Premières Nations veulent que les Canadiens se renseignent et reconnaissent cette période sombre de notre histoire. Quelqu'un a déclaré qu'il ne s'agit pas d'un chapitre sombre de notre histoire, mais plutôt des bases d'une colonisation injuste du Canada. Elles souhaitent la pleine compensation des survivants du pensionnat autochtone St. Anne et des personnes qui ont souffert d'un système d'aide à l'enfance inadéquat.
Elles ont aussi déclaré nécessaire de tenir de grandes cérémonies de fermeture, puis d'avoir de l'eau potable et d'autres bonnes conditions, de même qu'une journée nationale de deuil. Quelqu'un m'a remis une liste de crimes terribles, épouvantables, perpétrés contre des enfants précis. Les auteurs de ces crimes n'ont jamais eu à rendre de comptes, et ce sont des circonstances qui rendent la guérison fort difficile, voire impossible.
Dans notre petite ville de Whitehorse, il y a eu une commémoration spontanée sur les marches du parvis de l'église catholique, où plus de 400 paires de chaussures pour enfants sont apparues. À l'invitation d'Angus Sidney, j'ai passé la nuit avec lui sur ces marches pour rendre hommage à ces vies interrompues beaucoup trop tôt. Le lendemain, des milliers de Yukonnais ont marché pour récupérer ces chaussures et les placer autour d'un feu sacré qui brûle encore à l'heure qu'il est. La procession s'est faite dans le silence, brisé uniquement par le battement des tambours. Une fois devant le feu, des chefs ont parlé de la tragédie et de la tristesse, mais aussi des véritables leaders, de la voie à suivre et de la réconciliation.
Étant donné que ce chapitre déplorable de notre histoire n'a pas été enseigné depuis longtemps dans nos écoles, ce n'est qu'après ce tragique épisode que nombre de Canadiens en ont appris davantage sur ces morts accablantes. Je félicite tous les gens qui ont organisé des événements partout au pays. Je félicite les dirigeants autochtones et les dizaines de milliers de Canadiens qui ont pris part aux tristes cérémonies partout au pays et qui ont ouvert leur cœur en vue d'amorcer le processus difficile que nous devons tous entamer pour promouvoir la réconciliation qui apportera la paix à tous et qui nous aidera à avancer ensemble.
Marsi.
Voir le profil de Elizabeth May
PV (BC)
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2021-06-01 22:09 [p.7810]
Monsieur le Président, je tiens d'abord à reconnaître que je suis sur le territoire du peuple W_SÁNEC. Je vais m'exprimer en SENCOTEN, et je lève les mains au ciel pour rendre hommage aux gens de ce peuple.
[La députée d'exprime en SENCOTEN.]
[Traduction]
En particulier, je lève les mains au ciel pour rendre hommage aujourd'hui à l'un de mes amis les plus chers, un citoyen de ma circonscription qui est également mon député provincial. Ce soir, je n'utiliserai pas mes propres paroles, mais les siennes. Adam Olsen est membre de la nation tsartlip. Il a prononcé ces paroles hier à l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique:
Nous savons que si ces enfants avaient été non pas autochtones, mais européens, nous n'aurions pas tant tardé à agir. [...] en notre for intérieur, nous savons que, dans notre société, le fait est tout simplement que [...] certains enfants sont moins importants.
Nous savons que, sous la façade reluisante et heureuse du Canada [...] se cache un passé grotesque et honteux. Depuis 30 ans, les membres de ma famille racontent ce qu'ils ont vécu dans ces établissements ignobles. Depuis 30 ans, on tait leur histoire. Les membres de nos familles se font dire que [le Canada et] les Canadiens [...] ne veulent pas entendre leur histoire. On leur dit de cesser de mentir. On leur dit de cesser leurs exagérations.
Notre institution a publié une déclaration déplorant les proportions inimaginables de cette tragédie. C'est une caractérisation incroyablement regrettable de la situation que nous vivons. Pour les Autochtones, cette nouvelle n'est ni étonnante ni inimaginable. Elle vient confirmer le traumatisme que nos familles endurent depuis des générations [...]
Alors que nous sommes toujours aux prises avec le meurtre et la disparition de femmes, de filles et d'enfants autochtones, que nous suspendons des robes rouges en reconnaissance de notre réalité actuelle, la découverte à Kamloops [nous rappelle] que cette histoire n'a rien de nouveau. Elle habite les pensées, voire les cauchemars des membres de nos familles depuis 130 ans. C'est la terreur avec laquelle nos ancêtres ont vécu.
La seule raison qu'il y aurait de qualifier la situation d'inimaginable serait que ces établissements, ces gouvernements de la Couronne [...] et les gens qui ont occupé ces Chambres dans le passé soit n'ont pas écouté nos témoignages soit s'en fichaient complètement, la réalité dans notre pays étant que certains enfants sont moins importants. Dans les deux cas, c'est terrible!
Il n'y a rien à imaginer pour ceux qui ont prêté attention. Nos aînés autochtones et nos familles racontent les sombres détails de leur expérience dans les pensionnats depuis des décennies. La Commission de vérité et réconciliation en a fait état.
Vous n'avez pas besoin de vous l'imaginer. Il vous suffit d'y croire et de vous en soucier suffisamment pour agir avec le même empressement que s'il s'agissait de votre enfant qui n'était pas revenu chez vous après l'école, comme si votre enfant était allé à l'école et n'en revenait pas, comme s'il n'était pas là lorsque vous allez le chercher [...]
On attribue souvent à Duncan Campbell Scott, superintendant adjoint des Affaires indiennes de 1913 à 1932, l'expression « Tuer l'Indien pour sauver l'homme » [...]
Les pensionnats étaient un outil essentiel au processus visant à « tuer l'Indien », pour reprendre les paroles de M. Scott. Séparer délibérément les familles en envoyant de force les enfants dans des pensionnats était un moyen d'accélérer le processus consistant à dépouiller les Autochtones de leurs terres et de leurs ressources [...]
Dans nos familles, il y a toujours eu des histoires de membres de la famille qui ne sont jamais revenus chez eux, d'enfants décédés au pensionnat et enterrés là-bas, les familles à peine informées, voire nullement informées [...]
J'aimerais pouvoir dire que les enfants autochtones ne sont plus arrachés de force à leur communauté, mais, je ne le peux pas. J'aimerais pouvoir dire que les Autochtones ne sont pas considérablement surreprésentés parmi les personnes tuées par des policiers, dans le système de justice pénale, parmi les victimes de l'itinérance, du suicide, de la dépendance et de l'intoxication par les drogues, toutes des statistiques dans lesquelles nul ne souhaite être surreprésenté [...]
Nous devons cesser de prétendre que nous n'étions pas au courant. Nous devons cesser de prétendre que la situation était mieux qu'elle ne l'était. Nous devons cesser d'agir comme si nous avions gagné honnêtement cette richesse, car ce n'est pas le cas. Ces terres et ces ressources dont dépend le gouvernement de la Couronne proviennent de la dépossession des Autochtones. Depuis des décennies, le gouvernement provincial [et j'ajouterai le gouvernement fédéral] jouit des terres et des ressources obtenues grâce aux pensionnats et à d'autres politiques honteuses [...]
Je suis si reconnaissant de la réaction incroyable du public à cette tragédie que vivent nos parents de Kamloops et de la région intérieure. Je suis reconnaissant que notre famille, nos amis et nos voisins exigent [...] que le gouvernement réponde comme si c'était nos enfants qui n'étaient pas rentrés à la maison après l'école.
C'est effectivement un lourd fardeau, mais nous pouvons alléger ce fardeau si nous le portons tous ensemble. HÍSW_?E SIÁM.
Voir le profil de Marilène Gill
BQ (QC)
Voir le profil de Marilène Gill
2021-06-01 22:17 [p.7811]
Monsieur le Président, les mots me manquent encore une fois ce soir pour dire à quel point cela me fait mal de prendre la parole pour aborder la question des pensionnats.
Cela me fait mal en tant que mère parce que je pense à toutes celles qui ont perdu leurs enfants. Je pense à toutes les familles et aux nations qui portent sur leurs épaules le lourd fardeau du passé. Cela me fait mal de penser que pendant des décennies et des siècles, partout en Amérique du Nord britannique, puis au Canada, on a littéralement tenté d'effacer les peuples qui ont vécu ici, pendant des millénaires.
Cela me fait mal de penser à tous ces hommes, toutes ces femmes et tous ces enfants, morts ou vivants, qui ont souffert des grands desseins de l'État canadien qui, pour étendre son dominion d'un océan à l'autre, s'est livré à un génocide culturel en tuant l'enfance dans l'Indien, d'avoir trop voulu tuer l'Indien dans l'enfant.
Toutefois, ce qui me fait encore plus mal, c'est qu'au fur et à mesure que s'accumulent mes années passées au Parlement, la question que je me pose et qui se présente à mon esprit est la suivante: pourquoi est-ce qu'on doit reparler, toujours reparler des horreurs chaque année sans toutefois voir les choses avancer?
Je dois l'avouer, je n'ose même pas imaginer combien cela peut être souffrant et frustrant pour les familles des victimes des pensionnats et pour les communautés elles-mêmes, alors que nous tous, ici, nous nous sommes engagés en politique pour changer les choses. Nous ne voyons pas les choses changer, mais elles non plus. Ces choses ne changent pas assez rapidement.
Je sais qu'aujourd'hui, à cette heure, nous sommes dans un moment solennel et nous ne voulons pas politiser la question qui est devant nous, avec raison. Par contre, pour que les choses avancent, il est de mon devoir, comme députée de l'opposition, de poser les bonnes questions.
Établissons d'abord quelques faits.
La Commission de vérité et réconciliation du Canada a recensé 3 200 décès de pensionnaires. Aujourd'hui, le Centre national pour la vérité et la réconciliation en recense 4 118. Malgré tout, les plus récentes données tendent à démontrer que ces chiffres pourraient être bien plus élevés et pourraient atteindre bientôt 6 000 pensionnaires décédés.
Ce matin, dans un reportage paru dans le Globe and Mail, l'ancien sénateur Murray Sinclair et ancien commissaire de la Commission estimait que ce chiffre pourrait être plus élevé, avançant que jusqu'à 15 000 enfants auraient pu avoir trouvé la mort dans les pensionnats.
Six années après le dépôt du rapport de la Commission de vérité et réconciliation, nous avons l'impression que plus nous en savons, moins nous en savons. Que s'est-il passé pour que nous en arrivions là?
Manifestement, il faut faire la lumière là-dessus, comme il faut faire la lumière sur le rôle financier de l'État fédéral et sur le degré de collaboration entre l'Église et lui. Nous ne sommes pas sans savoir que le Canada a financé les communautés religieuses qui tenaient les pensionnats en leur accordant une allocation par enfant.
Or, au moment de suspendre l'allocation, le gouvernement tenait-il un registre des enfants qui étaient décédés? Comment se fait-il que le fédéral ait subventionné leur éducation sans savoir cela? L'Église tenait-elle un registre des enfants pour encaisser les subsides de l'État?
Ce sont des questions sur lesquelles nous devons nous pencher. Il est urgent d'y répondre parce que les familles ont besoin de savoir. C'est une condition essentielle pour qu'elles puissent faire leur deuil et pour qu'elles puissent guérir.
En terminant, il faut aussi faire la lumière sur la réalisation des appels à l'action 72 à 78 de la Commission. Des 33,8 millions de dollars qui ont été réservés dans le budget de 2019, il reste encore 27,1 millions de dollars à dépenser. Nous devons faire la lumière sur le passé. Nous devons également faire la lumière là-dessus. C'est notre devoir de mémoire qui est ici en jeu et notre honneur vis-à-vis des peuples autochtones.
Je suis de tout cœur avec les communautés de Kamloops et avec toutes les communautés de la Côte-Nord, du Québec et du Canada.
[La députée s'exprime en innu.]
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