Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui au sujet du projet de loi d'exécution du budget. Je ferai part à la Chambre de quelques-unes de mes réflexions concernant le budget. Le document même, déposé par la ministre des Finances, fait 865 pages. C'est le document budgétaire le plus volumineux de toute l'histoire du fédéral. Hélas, quantité ne rime pas nécessairement avec qualité.
Sur le plan de la quantité, nous connaissons des dépenses et des déficits records. Le présent exercice et celui de l'an dernier se classent respectivement aux premier et deuxième rangs et ils ont donné lieu aux dépenses et aux déficits les plus colossaux jamais enregistrés de toute l'histoire du Canada, très loin devant le troisième déficit en importance. Le déficit actuel, que devront rembourser les Canadiens, totalisera plus d'un demi-billion de dollars. Cette somme ne comprend de surcroît que les deux dernières années; ce n'est sûrement pas fini. Si l'on inscrit sur une feuille de papier le chiffre 5 suivi de 11 zéros, on obtient presque le montant du déficit cumulé depuis le début de la Confédération. Nous sommes bien loin de là où nous étions lorsque le premier ministre a promis « un modeste déficit à court terme » il y a six ans.
Les Canadiens paieront pour ces dépenses pendant des décennies. Puisque toutes les dépenses sont tirées d'emprunts, nous paierons aussi des intérêts. Nous ne remboursons pas la dette aujourd'hui, mais ses effets pèseront sur notre économie comme un boulet au pied d'un nageur.
À l'heure actuelle, les taux d'intérêt sont maintenus à un bas niveau. La Banque du Canada achète la dette publique sur le marché libre, ce qui exerce une pression à la baisse sur les taux d'intérêt. Cela permet au gouvernement d'emprunter et de dépenser, mais cela a des répercussions sur la vie des gens ordinaires dans ma circonscription, Richmond‑Centre.
Par conséquent, tous les prix augmentent. Grâce au crédit facile en raison des faibles taux d'intérêt, les prix de l'immobilier ont monté en flèche. Les jeunes de ma circonscription n'ont pas les moyens de se loger, tandis que les aînés sont assis sur une manne. Les loyers augmentent parce que les propriétaires doivent pouvoir financer et rembourser des dettes de plus en plus élevées. L'inabordabilité des logements est l'une des conséquences des énormes déficits publics.
La hausse des prix s'observe également dans tous les autres domaines, en allant de la nourriture à l'essence, en passant par les services, et j'en passe. Les perturbations des chaînes d'approvisionnement causées par la COVID‑19 n'aident pas. Tous les gens sur le terrain peuvent voir ce qui se passe. Les prix allaient nécessairement augmenter, mais la politique financière du gouvernement rend la situation bien pire qu'elle ne devrait l'être.
Je concède que, en mars de l'année dernière, nous en savions beaucoup moins sur la COVID‑19 qu'aujourd'hui. Les gouvernements du monde entier ont réagi de différentes manières, mais la plupart d'entre eux ont invariablement fourni de l'aide d'urgence à la population pendant que nous tentions de comprendre la situation.
À part cela, le gouvernement n'a aucune excuse pour ce qu'il fait depuis environ six mois. Le gouvernement libéral a mis beaucoup de temps pour ramener le pays sur la voie de la relance économique. Rien ne l'illustre mieux que la lenteur de la vaccination contre la COVID‑19 au Canada. Des centaines de millions, voire des milliards de dollars ont été gaspillés dans les efforts initiaux.
En tant que pays industrialisé, nous devrions afficher des résultats de pays industrialisé, mais le gouvernement libéral accuse plutôt un sérieux retard. Dans le moment, la plupart des Canadiens, moi y compris, comptent parmi ceux qui sont partiellement vaccinés. Cependant, par rapport à nos amis pleinement vaccinés du Sud, aux États‑Unis, et à des pays comme Israël, nous sommes à la traîne. Ce retard nous coûtera cher comme on peut le constater dans le budget dont nous sommes saisis aujourd'hui.
De nombreux médias présentent des preuves évidentes que la situation revient à la normale ailleurs qu'au Canada. Des gens assistent à des activités sportives, socialisent et font de l'exercice sans avoir à porter de masque. En fait, les gouvernements provinciaux nous laissent maintenant entrevoir une telle éventualité. Toutefois, les gens se souviennent de la promesse initiale des libéraux fédéraux, qui avaient dit qu'il faudrait deux semaines pour aplanir la courbe, mais les choses ne se sont pas du tout passées comme prévu.
Dans un tel climat d’incertitude, qui voudrait se préparer à une éventuelle reprise? Par deux fois en Colombie‑Britannique, on a coupé l’herbe sous le pied aux restaurants, presque sans préavis.
Ce que je veux dire, c’est que les mauvaises décisions prises par le gouvernement concernant les vaccins contre la COVID‑19 ont engendré de nouvelles dépenses d’urgence. Des dizaines, voire des centaines de milliards de dollars auraient pu être économisés si nous avions été en tête de peloton, plutôt qu’à la traîne, dans notre réaction à la pandémie.
Malheureusement, le gouvernement libéral a commis tellement de faux pas que notre plan d’action est entravé. La lenteur avec laquelle le gouvernement a réagi a déjà provoqué des déséquilibres sur le marché du travail. Des entreprises me disent qu’elles n’arrivent pas à recruter, car les subventions du gouvernement sont trop intéressantes et que ce dernier livre concurrence aux entreprises qui veulent recruter. Pour revenir à mon premier argument, cela signifie que le coût de la main-d’œuvre augmente et qu’alors, les prix augmentent partout. L’instabilité de notre économie, provoquée par les faux pas du gouvernement, freine la reprise.
Au moins avant la pandémie, le secteur touristique de Richmond était très dynamique. Aujourd’hui, les agences de voyages et les entreprises qui dépendent du tourisme ont dû complètement cesser leurs activités. Il faut redynamiser ce secteur. Nous soutenons le tourisme, pas la virtualisation. C’est ce que je dis à mes concitoyens de Richmond.
Presque tous les secteurs économiques du pays ont subi les contrecoups de la pandémie de COVID‑19, mais celui de l'hôtellerie et du tourisme a été particulièrement touché. En effet, que ce soit à cause de la fermeture des frontières internationales, des directives relatives aux frontières provinciales ou des périodes de confinement obligatoire à la maison, le gagne-pain de centaines de milliers de Canadiens du secteur de l'hôtellerie et du tourisme et des secteurs connexes a été affecté par la pandémie.
Beaucoup de citoyens de ma circonscription qui travaillent pour les compagnies aériennes, dans les infrastructures liées aux voyages, dans l'hôtellerie et dans le tourisme m'ont dit la même chose: « Aidez-nous ».
J'aimerais saisir cette occasion qui m'est donnée de remercier mes collègues de Niagara Falls et de Durham pour les efforts qu'ils ont déployés afin de défendre les intérêts des travailleurs du secteur du tourisme ici même, dans cette enceinte. Ils ont été entendus.
Dans Richmond-Centre, on retrouve l'aéroport international de Vancouver et nombre d'autres grandes entreprises de l'industrie aéronautique qui gèrent les lignes aériennes et assurent la maintenance des avions et des hélicoptères. Les sommes prévues dans le budget doivent être accompagnées d'une stratégie sur l'industrie aéronautique qui nous permettra d'être concurrentiels sur les marchés internationaux.
Le dernier sujet dont j'aimerais parler est très important pour moi. Depuis de nombreuses années, j'ai la chance de servir non seulement les citoyens de Richmond-Centre, mais aussi des Canadiens d'un peu partout au pays...