Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député d’Essex.
Avant de parler du budget, permettez-moi de dire que c’est peut-être la dernière fois que je me présente devant vous, monsieur le Président, car la rumeur d’élections va bon train. Je tiens donc à vous remercier des services rendus à votre pays et à vous dire quel plaisir cela a été de vous côtoyer. Je vous souhaite bonne chance dans tout ce que vous entreprendrez par la suite.
Je prends de nouveau la parole au sujet du projet de loi d’exécution du budget. Bien que la majeure partie de ce budget soit importante parce qu’il aide les familles et les entreprises à avoir un revenu pour tenir bon pendant cette crise, il est aussi important d'indiquer en quoi il risque d’hypothéquer l’avenir de nombreuses familles et de jeunes, car nous avons accumulé une énorme dette.
En février dernier, j’ai été nommé ministre du cabinet fantôme responsable de la reprise économique après la COVID-19. C’est un immense honneur parce que cela m’a permis de parcourir le pays virtuellement et de voir les répercussions économiques de la COVID‑19 sur chaque secteur, dans chaque région et auprès chaque groupe démographique du pays.
Une relance économique vigoureuse doit inclure tous les groupes démographiques, tous les secteurs et toutes les régions, et faire en sorte que tous les citoyens et toutes les régions du pays prospèrent. Il lui faut aussi des objectifs précis avec des stratégies quantifiables pour tous les secteurs, afin que personne ne soit laissé pour compte. Il est impossible de mettre en œuvre un plan tout fait, mais c'est pourtant ce que je vois dans le budget libéral. Nous ne réussirons pas à avoir une pleine reprise si nous ne prenons pas en compte tous les secteurs de l’économie.
Le budget explique comment les libéraux fédéraux se proposent de rebâtir l’économie canadienne de manière à y faire participer les Canadiens. C’est un exemple de beaux discours du gouvernement sans mesure claire, précise, réfléchie et stratégique.
Si le gouvernement souhaitait en fait la participation de tous les Canadiens, il aurait exposé les résultats en matière de création d’emplois, de croissance et de prospérité dans le secteur agricole de ce pays, peut-être dans le secteur de l’énergie, le secteur forestier et le secteur des ressources naturelles, pour n’en citer que quelques-uns. Des millions de Canadiens y travaillent. Il est temps que le gouvernement ait au moins l’honnêteté de dire ce qu’il cherche à faire. Sincèrement, j’ai l’impression que nous sommes embarqués dans un cycle sans fin où l’on dépense plus pour arriver à moins. On parle beaucoup, mais on n’agit pas.
Je reviens à la première fois où j’ai eu l’occasion de contribuer à l’économie. J’ai pu acheter des parts d’une entreprise quand j’avais 21 ans. Quand j’y repense, j’étais prêt à prendre le monde à bras le corps, à bâtir quelque chose, à le faire prospérer. Malheureusement, je n’entends plus les jeunes parler comme cela. Je ne le vois pas dans ce budget, qui ne met pas nécessairement les citoyens sur la voie de la réussite.
Il y a beaucoup de chiffres dans ce budget, comme la plus lourde dette et le plus gros déficit de l’histoire de notre pays, mais avec pas grand-chose en contrepartie. Nous n’allons certainement pas de l’avant. En fait, j’ai souvent l’impression que nous reculons. Il est important que nous regardions un nouveau chiffre. Le Canada ne fait plus partie des 10 économies les plus compétitives. Nous sommes pratiquement en queue de classement de notre groupe de pays pairs pour ce qui est de l’innovation, au 17e rang, d’après l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle.
Le Canada se classe 11e parmi les pays du G7, sur 29 pays industrialisés, avec un ratio dette-PIB de 33 %, et le Canada est tombé au 25e rang sur 29 pays. Autrement dit, le Canada arrive cinquième pour son niveau d’endettement total. Aucun autre pays n’a connu une baisse aussi prononcée de son classement pour l’endettement. Le ratio de la dette par rapport au PIB passera de 31 % l’an dernier à 56 % cette année. Selon la Banque du Canada, les investissements des entreprises augmenteront de 0,8 % au cours des deux prochaines années et ne retrouveront pas les niveaux de 2019 avant 2023.
La consommation et les dépenses publiques représenteront environ 80 % de la croissance de l’économie au cours des deux prochaines années, tandis que les investissements et les exportations seront quasiment nuls. Une industrie importante comme celle des combustibles minéraux a représenté 22 % des exportations de notre pays. Elle est à l'origine du principal produit d’exportation, ce que nous ne devrions pas oublier. Nous possédons toujours les troisièmes réserves prouvées de pétrole au monde et nous sommes le troisième exportateur de pétrole.
Tout comme il le fait depuis 2015, le gouvernement a ignoré le secteur canadien des ressources naturelles. Il n’y a pratiquement aucune mention du secteur de l’énergie, le plus grand exportateur du Canada. En ignorant la force des secteurs des ressources, de l'exploitation forestière et de l’agriculture du Canada, entre autres, le gouvernement n’a pas reconnu l’importance que ces secteurs auraient pour notre économie malmenée. Le monde veut plus de nos ressources naturelles et en a besoin. Nous devrions donc penser à accroître notre part de marché et non à accélérer son déclin. À tout le moins, nous devrions essayer d’élaborer des politiques nous garantissant de jouer un rôle actif dans ces secteurs.
Un chapitre entier du budget est consacré aux initiatives environnementales visant à atteindre la carboneutralité d’ici 2050. Il prévoit 18 milliards de dollars de dépenses, mais s'appuie sur des hypothèses douteuses en ce qui concerne les répercussions sur la croissance économique. Au lieu de soutenir un catalyseur éprouvé de la croissance économique comme le secteur des ressources naturelles pour accélérer la relance et remettre les Canadiens au travail, le premier ministre a décidé de poursuivre l’abandon de ce secteur et de miser notre avenir sur des technologies incertaines.
Les conservateurs ne sont pas opposés au développement et au renforcement du secteur axé sur l’environnement du Canada. En fait, avec le Parti conservateur, j’encourage vivement les acteurs canadiens de ce secteur à poursuivre leur croissance et à créer davantage d’emplois et de revenus tout en contribuant suffisamment à la durabilité écologique de la nation. Je suis fier de notre industrie. Elle fait un travail fantastique et est un chef de file dans le monde. Nous devons en être fiers et la défendre. Alors que nous continuons à combattre la pandémie et les dommages économiques qu’elle cause, nous devons libérer et exploiter les capacités de toutes les sources de revenus rentables, et cela comprend les technologies vertes et les ressources naturelles.
Le budget renferme de vagues références à la création d’emplois verts et au recyclage de la main-d’œuvre pour les nouveaux emplois. C’est très vague. Où et dans quels secteurs ces emplois seront-ils créés, et quand? Ce sont de bien belles paroles, mais les actes sont plus éloquents. Dans la province d’où je viens, les gens veulent savoir s’ils seront formés à un emploi vert, où sera cet emploi, quel type de revenu ils toucheront et comment ils pourront subvenir aux besoins de leur famille dans leur nouvelle fonction. Nous avons beaucoup entendu parler de recyclage pour ces emplois, qui n’existent pas encore, mais on a besoin de gens de métier qu'à partir du moment où les choses sont approuvées et réalisées dans notre pays.
Que faut-il faire? Si nous voulons stimuler l’économie, nous devons compter sur le secteur privé. En raison du coût élevé qu’il faut payer pour faire des affaires au Canada, des formalités administratives et de la réglementation excessive, les propriétaires de petites entreprises sont dans une situation difficile. Il faut que cela change. La capacité du Canada d’attirer des investissements étrangers en a clairement souffert. Nous devons pouvoir dire aux investisseurs qu’ils sont les bienvenus chez nous et que leurs investissements le sont également. Il faut dissiper le risque perçu lié à l’investissement dans le secteur énergétique du Canada.
À quoi ressemblera l’avenir? Quelle trajectoire devons-nous emprunter? À quoi ressemble le pays aujourd’hui? Il est en proie à l’inflation. L’objectif était de 2 %, et nous avons atteint un taux d’environ 3,6 %. Cette situation est très préoccupante pour les gens qui ont un budget à respecter. Ma pire crainte pour le pays, c’est que le gouvernement continue d’investir des sommes exorbitantes dans des programmes qui n’ont pas été suffisamment testés et qui sont sous-productifs, des initiatives typiques du programme politique du gouvernement. Il a beau être intitulé « Une relance axée sur les emplois, la croissance et la résilience », le budget du gouvernement fédéral contient très peu de détails sur des mesures ciblées et il est dépourvu d’éléments mesurables. Il n’explique nullement comment sera mis en œuvre ce plan de relance.
Je m’inquiète de voir que ce budget est loin d’être axé sur la résilience et la durabilité. Si le gouvernement voulait favoriser la résilience, il se demanderait comment les dépenses fédérales vont permettre au pays de prospérer après la pandémie. Nous devons nous assurer que toutes les dépenses contribuent à la productivité du pays et assurent notre viabilité à long terme. Pour favoriser le bien-être de notre population et la vitalité de notre économie, nous ne pouvons pas nous permettre de rester coincés dans cette spirale sans fin de dépenses incontrôlées faites par le gouvernement dans l'espoir que quelque chose finisse par arriver.
En ce moment, la priorité de notre pays doit être l’investissement et l’engagement de remettre les Canadiens au travail. Voilà pourquoi le Parti conservateur du Canada mettrait en oeuvre le plan de relance économique du Canada, un plan qui rétablirait les centaines de milliers d’emplois perdus dans les secteurs les plus durement touchés. Les Canadiens méritent un leadership fort, un leadership inclusif et un plan solide non seulement pour la reprise, mais aussi pour la prospérité pour de nombreuses années à venir.