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Lib. (ON)
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2021-06-18 11:47 [p.8773]
Madame la Présidente, des entreprises de partout au pays ont été durement touchées par la pandémie de COVID‑19. Tandis que nous amorçons la relance, il faut absolument soutenir les communautés pendant le processus de réouverture. C'est particulièrement important pour les entreprises autochtones, qui sont souvent confrontées à des obstacles, notamment concernant l'accès au capital ou à des services Internet à large bande.
Le ministre pourrait-il parler à la Chambre des mesures de soutien actuelles destinées aux entreprises des Premières Nations, des Inuits et des Métis?
Voir le profil de Marc Miller
Lib. (QC)
Madame la Présidente, mercredi, le gouvernement libéral a annoncé un financement de 117 millions de dollars qui servira à renouveler le Fonds d'appui aux entreprises communautaires autochtones et soutiendra les entreprises et les économies locales. La première ronde de cette initiative a permis de financer plus de 1 000 entreprises appartenant aux Premières Nations, aux Métis et aux Inuits.
Nous sommes conscients que les entreprises autochtones, surtout les microentreprises communautaires comme celles des perleurs et des artisans, sont confrontées à des défis particuliers du fait de leur taille et qu'elles ont été touchées de façon démesurée par la pandémie. Ce fonds axé sur des distinctions permettra d'alléger les difficultés financières des entreprises, de soutenir les emplois et de garder ces entreprises en activité pendant la reprise économique.
Voir le profil de Brenda Shanahan
Lib. (QC)
Monsieur le Président, les entrepreneures de partout au Canada ont été touchées de façon disproportionnée par la COVID‑19.
Des femmes ont été obligées de quitter la population active pour s'occuper de leurs enfants, à cause de la pandémie. Elles ont pris plus de temps à réintégrer le marché du travail. Le budget de 2021 prévoit un investissement générationnel dans le système d'apprentissage et de garde des jeunes enfants qui rendra possible le retour des femmes au travail.
Est-ce que la ministre peut nous parler des autres mesures que le budget de 2021 propose pour appuyer les femmes en entrepreneuriat?
Voir le profil de Mona Fortier
Lib. (ON)
Voir le profil de Mona Fortier
2021-06-16 15:01 [p.8530]
Monsieur le Président, j'aimerais remercier mon honorable collègue de sa question très importante.
Nous savons que la pandémie a mis en évidence des lacunes importantes de notre filet de sécurité sociale, notamment les défis que doivent relever les femmes entrepreneures. C'est pour cette raison que notre gouvernement a mis en avant une mesure transformatrice d'investissement dans l'apprentissage et la garde d'enfants. Non seulement cela aidera ces femmes entrepreneures à retourner au travail, mais cela nous aidera aussi à bâtir une économie plus forte et résiliente
Il faut également souligner l'investissement proposé pour renforcer la Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat qui offrira aux femmes entrepreneures un meilleur accès au financement, au mentorat et à la formation.
En tant que femme ayant eu une petite entreprise...
Voir le profil de Sébastien Lemire
BQ (QC)
Monsieur le Président, je vous remercie de votre générosité pour ce qui est de mon temps de parole. En passant, je vous offre mes félicitations: j'ai été un témoin privilégié de votre discours d'hier et c'était une belle leçon de démocratie. J'étais content d'y assister.
Le projet de loi C‑30 représente de la part du gouvernement fédéral un manque flagrant de considération pour le Québec et pour les choix et les volontés des Québécoises et des Québécois. Je tiens à rappeler que le Bloc québécois a voté contre le budget de 2021 parce que le gouvernement fédéral ne répondait pas à nos deux principales demandes: augmenter de façon significative et durable les transferts canadiens en santé de 22 à 35 % — demande partagée par l'Assemblée nationale et faisant l'unanimité parmi les provinces —, et augmenter de 110 $ par mois la pension de la Sécurité de la vieillesse des gens âgés de 65 ans et plus.
Malgré ses réserves, le Bloc québécois reconnaît que le budget de 2021 est celui d'une relance économique post-COVID. Il permet un meilleur accès au crédit pour les petites entreprises québécoises. Il était essentiel que le projet de loi C-30 prévoie une augmentation des budgets reliés au crédit pour les petites entreprises, particulièrement pour celles en démarrage, qui en ont arraché pendant la pandémie. Par ses prêts liés à la propriété intellectuelle, le projet de loi C‑30 encourage l'innovation et un potentiel de relance économique plus écologique.
Toutefois, pour aider la relance des entreprises, il n'y a pas que l'accès au crédit, car ce dernier mène dans bien des cas à un endettement qui pousse les entreprises à la faillite. Il devient nuisible lorsqu'il est utilisé afin d'assumer les coûts fixes et récurrents des entreprises. Le crédit ne fait que repousser la faillite dans certains cas. Pour relancer les entreprises, qu'est-ce que le gouvernement a fait pour diminuer leur fardeau administratif? Il n'a rien fait, ou si peu.
Pourtant, le gouvernement fédéral peut agir et n'a aucune excuse: avec plus de 1 000 milliards de déficit, je pense qu'il a une certaine marge de manœuvre. Le fédéral n'aide pas suffisamment les entreprises à saisir les occasions soulevées par les accords internationaux, qui sont si complexes à comprendre avec les lois, règlements, mesures, normes et clauses tellement nombreuses qu'il est difficile pour les entrepreneurs de les évaluer adéquatement et d'en voir toutes les possibilités. Il y a un besoin de communication. Qu'est-ce que le gouvernement fédéral attend pour réduire ce fardeau et mieux accompagner les entreprises jusqu'aux marchés internationaux, et pour renforcer la capacité des industries et des entreprises du Québec et du Canada à faire face à la compétition mondialisée?
Ayant à cœur les entreprises québécoises, particulièrement les entreprises agricoles, je déplore que le gouvernement fasse si peu pour réduire le fardeau fiscal des entrepreneurs agricoles. De plus, une des solutions les plus simples pour réduire le fardeau administratif des entreprises du Québec est l'instauration d'une déclaration unique de revenus gérée par l'État du Québec. Il s'agit d'ailleurs d'une demande récurrente du premier ministre du Québec, François Legault, et d'une volonté unanime de l'Assemblée nationale du Québec.
Je rappelle que l'État du Québec perçoit déjà la TPS pour Ottawa. L'État du Québec possède donc toutes les capacités de percevoir l'ensemble des taxes et des impôts sur son territoire. Par le fait même, en ayant directement accès aux renseignements fiscaux des pays étrangers, l'État du Québec posséderait aussi toutes les capacités de lutter contre les paradis fiscaux, domaine dans lequel Ottawa n'a aucune crédibilité. Ce gain d'expertise majeure pour Revenu Québec permettrait une meilleure justice fiscale pour les contribuables québécois.
Voir le profil de René Arseneault
Lib. (NB)
Madame la Présidente, aujourd'hui, je tiens à reconnaître une autre jeune entrepreneure de ma région: Sophie Nadeau Becker, âgée de 11 ans.
Cette jeune demoiselle de Saint-Jacques a déjà le sens des affaires. Récemment, elle a lancé sa microentreprise familiale, qui confectionne et vend des gâteries faites maison et des foulards pour chien. Sa marque de commerce est Ohlala... de Sophie.
Une fois par semaine, avec l'aide de son frère Félix, Sophie cuisine des biscuits pour toutous et les vend aux commerces de la région.
L'entreprise s'est développée au point où elle a maintenant plus de 200 clients. La jeune entrepreneure cherche même des étudiants qui voudraient se joindre à son équipe cet été.
Nous admirons cette belle et jeune relève qui continue à nous épater et à nous rassurer relativement à l'avenir de notre économie.
Encourageons les jeunes à croire en leurs rêves, car ils pourraient bien se réaliser.
Entretemps, j'encourage les gens de Madawaska—Restigouche à gâter leurs petites boules de poils à quatre pattes avec les produits Ohlala de Sophie.
Voir le profil de Steven MacKinnon
Lib. (QC)
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2021-06-07 14:06 [p.8014]
Monsieur le Président, cette semaine, l'Association canadienne des entrepreneurs en couverture et ses 400 membres corporatifs célèbrent la Semaine nationale des couvreurs. Cette semaine nationale a pour but de faire connaître dans tout le Canada l'importance des toits pour les commerces et les foyers.
Rappelons-nous que le toit est l'une des composantes les plus importantes de toute structure et qu'il est aussi la première ligne de défense contre les éléments naturels.
Je profite donc de cette occasion pour reconnaître l'un de leurs membres et entrepreneurs de l'Outaouais, M. Alain Raymond, président et fondateur du Groupe Raymond. M. Raymond est un homme d'affaires accompli qui a même été nommé personnalité de l'année par la Chambre des commerces de Gatineau en 2018. Son entreprise compte maintenant plus de 300 employés partout au Québec.
À titre de secrétaire parlementaire de Services publics et Approvisonnement Canada, je suis fier de mon implication auprès de l'industrie pancanadienne de la construction. C'est donc avec grand plaisir que je souhaite à tous les couvreurs de l'Outaouais et du Canada une bonne Semaine nationale des couvreurs.
Voir le profil de Andréanne Larouche
BQ (QC)
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2021-06-04 13:40 [p.7987]
Madame la Présidente, je prends la parole aujourd'hui au sujet du projet de loi C-234. Tout comme mon collègue de Joliette l'a déjà exprimé dans un précédent discours, je ne surprendrai personne en affirmant que le Bloc québécois votera contre le projet de loi C-234. Nous doutons fortement de l'efficacité d'un tel projet de loi et jugeons qu'il ne ferait que pousser les gens à dépenser pour des systèmes de sécurité qui ne les protègeront pas davantage.
Ce projet de loi vise à modifier la Loi de l'impôt sur le revenu afin de créer un crédit d'impôt non remboursable pour l'achat d'un système de sécurité domiciliaire pour les particuliers. Il crédite un taux maximum de 5 000 $ et comprend le total des sommes dépensées pour la sécurité domiciliaire. Cela comprend l'acquisition, l'installation, l'entretien et la surveillance d'un système de sécurité installé au domicile d'un particulier. Le domicile admissible comprend les constructions séparées de la maison, comme un garage ou même une grange. Le crédit peut être utilisé chaque année. Toutefois, en cas de dépenses faites par plusieurs membres d'un même domicile, le montant total du crédit ne pourra dépasser 5 000 $.
J'aborderai ce discours sous trois angles, d'abord en expliquant pourquoi nous croyons que cet argent pourrait être beaucoup mieux utilisé. Je parlerai ensuite de la question de la hausse de la criminalité, dont nous avons notamment discuté au Comité permanent de la condition féminine. Finalement, je proposerai des pistes de solutions pour contrer ce problème.
Tout d'abord, si nous nous opposons au projet de loi C-234, c'est parce que nous croyons que l'argent dépensé pour subventionner l'achat de tels systèmes serait beaucoup mieux dépensé si on le transférait aux corps de police provinciaux, aux policiers autochtones et à la GRC. Les corps de police des Premières Nations manquent cruellement de ressources, et le gouvernement doit commencer par les financer adéquatement afin d'aider les communautés éloignées. J'ai aussi eu l'occasion de discuter du problème du manque de ressources à la GRC dans le cadre d'un remplacement que j'ai fait cette semaine même au Comité permanent de la sécurité publique et nationale.
Le projet de loi C-234, déposé par le député de Prince Albert, du Parti conservateur, dit que l'augmentation de la criminalité dans les zones rurales est plus prononcée que dans les régions urbaines. Il attribue ce fait aux régions parfois mal desservies par les forces de l'ordre. Les citoyens se tourneraient ainsi parfois vers des systèmes de sécurité, comme des caméras ou des systèmes d'alarme. Si la police a déjà de la difficulté à intervenir, à quoi bon investir dans un système d'alarme?
Il est évident que l'intervention policière serait trop lente pour prévenir le crime, de toute façon. Habitant moi-même en région dite rurale, je me suis parfois butée à ce type de problème et de réalité. Le député a d'ailleurs lui-même reconnu que son projet de loi ne résoudra pas le problème. Le Bloc québécois n'est évidemment pas insensible à cette préoccupation, et je ne le suis pas non plus, ayant entendu des témoignages au Comité permanent de la condition féminine. Toutefois, pourquoi ne pas investir davantage dans la GRC et dans les corps de police provinciaux en transférant ces montants au Québec, aux provinces et aux territoires?
En donnant un tel crédit d'impôt, on encourage plutôt les gens à dépenser pour des systèmes qui n'aideront probablement pas à prévenir les crimes. Le préambule du projet de loi C-234 tente pourtant de justifier la pertinence du projet de loi en mentionnant:
Attendu: que le Comité permanent de la sécurité publique et nationale de la Chambre des communes, dans son trente-troisième rapport de la quarante-deuxième législature, reconnaît que la criminalité en milieu rural est de plus en plus préoccupante pour les résidents des régions rurales de l'ensemble du pays; que le Comité a entendu que, même si la criminalité en milieu rural est un problème plus criant dans l'Ouest canadien, les provinces de l'Est sont également aux prises avec un taux de criminalité élevé en milieu rural; que des témoins ont rapporté au Comité des incidents liés aux crimes contre les biens, tels des introductions par effraction, des vols et, dans certains cas, des agressions avec violence, notamment de violence sexuelle et de violence envers les femmes, [...]
Je le répète, ce projet de loi C-234 ne fera que pousser les gens à dépenser pour des services et des produits qui ne donneront qu'un faux sentiment de sécurité.
Les communautés autochtones manquent cruellement de ressources et sont souvent mal desservies par les corps de police. L'argent dépensé par ce projet de loi serait beaucoup mieux investi s'il l'était dans la sécurité pour les communautés des Premières Nations, qui demandent que cela devienne un service essentiel. Selon le vice-président de l'Association des chefs de polices des Premières Nations, Jerel Swamp, « les ressources des services de police autochtones sont limitées ». Ce que nous avons pu constater au Comité permanent de la condition féminine, c'est que les femmes autochtones étaient souvent les plus touchées par les problèmes de sécurité. Il est difficile d'imaginer que ces services de police soient les seuls au Canada à ne pas être classés comme étant un service essentiel.
Je cite un autre exemple, celui du service de police de Rama, en Ontario, qui n'a pas d'argent pour financer une unité médicolégale ou criminelle ou pour procurer de l'aide aux victimes. Cela est pourtant essentiel, notamment dans les cas d'agressions sexuelles.
Le gouvernement fédéral s'était pourtant engagé dans son discours du Trône à accélérer la mise en place d'un cadre juridique pour reconnaître les services de police des Premières Nations comme un service essentiel. Il avait déjà promis de prendre des mesures à ce sujet peu après les élections de 2019. Ces engagements avaient été renouvelés après les manifestations autochtones contre le projet d'oléoduc de Coastal GasLink, en Colombie-Britannique. Or, les Autochtones attendent toujours la sanction royale.
Toujours selon M. Swamp, le ministère de la Sécurité publique finance les services par l'entremise du Programme des services de police des Premières Nations, mais le financement reçu est insuffisant pour fournir les services dont les communautés ont besoin.
La promesse fédérale de faire des services de police des Premières Nations un service essentiel est un pas dans la bonne direction. Nos ministères de la Sécurité publique ont dit que l'adoption d'une loi visant à faire de la police autochtone un service essentiel nécessitait la mise en place d'un meilleur cadre financier.
Le Programme des services de police des Premières Nations a été créé en 1991 pour financer des accords entre le gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux ou territoriaux et les collectivités des Premières Nations ou inuites, afin de fournir des services de police à ces collectivités. Le gouvernement fédéral contribue 52 % du financement du Programme des services de police des Premières Nations, le reste étant assuré par les gouvernements provinciaux et territoriaux. Le Programme fournit des services de police à près de 60 % des collectivités des Premières Nations et inuites.
En 2018-2019, le ministère de la Sécurité publique a dépensé plus de 146 millions de dollars dans le cadre du Programme, pour soutenir 1 322 postes d'agent de police dans plus de 450 communautés des Premières Nations et inuites. Selon M. Swamp, ce financement ne serait cependant pas uniforme et ne s'applique qu'à court terme. Cela rend donc la planification difficile et entraîne un manque de prévisibilité. Malgré tout, le chef de police croit que ces services sont efficaces pour enquêter sur des crimes violents tout en ne disposant que de ressources limitées.
Deuxièmement, dans le cadre d'une étude sur les femmes en milieu rural, le Comité permanent de la condition féminine a abordé la problématique de la criminalité, non seulement dans les milieux urbains, mais aussi dans les régions rurales.
Parmi les autres pistes de solution proposées par des témoins ayant comparu devant le Comité, il a notamment été suggéré que le gouvernement transfère au Québec, aux provinces et aux territoires un financement d'exploitation durable pour les refuges et maisons de transition qui viennent en aide aux femmes touchées par la violence dans les collectivités. Il a aussi été proposé que plus d'investissements soient transférés au Québec et aux provinces pour aider les survivantes d'actes violents.
Certains ont recommandé, notamment pour la GRC, de la formation mieux adaptée aux réalités des femmes, dans le but de lutter contre les préjugés et de tenir compte du traumatisme qu'elles ont pu subir. Pour d'autres, il faut que l'on travaille à sortir les femmes de la pauvreté, notamment en leur permettant d'avoir un meilleur accès au marché du travail en bénéficiant de services de garde universels.
À ce sujet, il faut donner au Québec un droit de retrait du programme fédéral proposé, avec pleine compensation, étant donné que le Québec possède déjà un tel programme, lequel a fait ses preuves puisqu'il a permis à beaucoup de femmes de sortir de la pauvreté.
Je demanderais d'ailleurs ici une sortie de crise qui soit féministe et économique et qui tienne compte du fait que les programmes sont souvent mal adaptés aux femmes entrepreneures.
Troisièmement, il faut aussi travailler en prévention, notamment en bonifiant les programmes sociaux qui améliorent notre système de santé, particulièrement dans le domaine de la santé mentale. Pour cela, il n'y a pas de solution magique: cela va prendre plus de moyens, notamment financiers. Une hausse des transferts en santé est plus que nécessaire, et ce, d'une façon substantielle, permanente et prévisible, et qui couvre jusqu'à 35 % des coûts des systèmes de santé, ce qui nous permettra de prendre soin de notre monde.
En conclusion, je crois tout comme collègue de Joliette que la lutte contre la criminalité passe d'abord par la lutte contre la pauvreté. Il faut travailler en amont à améliorer la situation et à viser une plus grande égalité des chances. C'est une valeur qui est importante pour nous au Québec. La fin justifie les moyens: si nous évitons que des gens se retrouvent dans un état de vulnérabilité, sans nourriture et dans un logement insalubre et inadéquat, nous contribuons à réduire un terreau fertile à la criminalité. Nous avons donc le devoir d'agir.
Voir le profil de René Arseneault
Lib. (NB)
Monsieur le Président, décidément, la jeunesse est inspirante au Madawaska—Restigouche.
Un jeune homme de ma circonscription âgé de 12 ans a décidé de se lancer en affaires. À l'aide de sa famille, Malik Duguay a monté une entreprise appelée Hogwork's. Il fabrique et vend des baguettes magiques inspirées de l'univers de Harry Potter. Ses baguettes sont sculptées de ses mains. Il les peint, y apporte des détails, y ajoute du cuivre et du métal, selon la demande. Bon an, mal an, l'entreprise prend de l'ampleur, si bien que Malik a maintenant fabriqué plus de 200 baguettes vendues un peu partout dans le monde. Voir son entreprise grandir davantage est son rêve le plus cher. Comme il démontre beaucoup de persévérance, parions que c'est déjà dans la poche.
Le 9 juin prochain, Malik Duguay sera récompensé du prix Leader de demain.
Pour ceux qui veulent un peu de magie en ce temps de pandémie, on peut se procurer une baguette en se rendant sur son site Web ou sur sa page Facebook Hogwork's.
Bravo, Malik, et bonne chance dans cette aventure.
Voir le profil de Emmanuel Dubourg
Lib. (QC)
Voir le profil de Emmanuel Dubourg
2021-06-02 15:09 [p.7826]
Monsieur le Président, cette semaine, j'ai eu le plaisir de me joindre à la ministre de la Petite entreprise pour le lancement du Fonds de prêts pour l'entrepreneuriat des communautés noires. C'est le premier de ce genre au Canada. Les entrepreneurs noirs pourront obtenir des prêts allant jusqu'à 250 000 $ afin de pouvoir démarrer, accroître et développer leur entreprise.
Le premier ministre peut-il nous expliquer comment ce fonds s'intègre dans notre approche gouvernementale pour rendre plus autonomes ces entrepreneurs?
Voir le profil de Justin Trudeau
Lib. (QC)
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2021-06-02 15:10 [p.7826]
Monsieur le Président, je veux d'abord remercier le député de Bourassa de son travail acharné visant à lutter contre le racisme systémique.
Le Fonds de prêts n'est qu'un des trois piliers du Programme pour l'entrepreneuriat des communautés noires. Pour nous assurer que le Programme soutient la réussite des entrepreneurs et des propriétaires d'entreprise noirs, nous avons augmenté son financement à 400 millions de dollars. Nous reconnaissons que le racisme systémique est aussi dans le monde des affaires, et le lancement du Fonds de prêts est un pas vers un changement significatif à long terme.
Voir le profil de Mary Ng
Lib. (ON)
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2021-05-31 20:04 [p.7676]
Madame la présidente, bonsoir à tous les députés qui participent au débat du comité plénier d'aujourd'hui.
Grâce à la distribution rapide des vaccins, j'ai bon espoir que nous serons en mesure de relancer notre économie. Les investissements prévus dans le budget de 2021 permettront d'avoir une relance économique forte, durable et inclusive.
Le Plan d’intervention économique pour répondre à la COVID-19 du gouvernement a protégé des millions d'emplois, offert des mesures d'urgence qui ont aidé d'innombrables familles et permis à des entreprises de se maintenir à flot pendant la pandémie. Nous soutenons les citoyens et les entrepreneurs canadiens depuis le début de la pandémie.
Le budget de 2021 prévoit des mesures pour nous aider à venir à bout de la COVID-19 et protéger la santé et la sécurité des Canadiens, tout en assurant un avenir meilleur, plus équitable et plus prospère pour les générations futures. Le moment est venu d'agir, et le budget nous met sur la bonne voie. Toutefois, nous ne sommes pas en 2009. Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre une décennie pour nous remettre de la récession causée par la COVID.
Nous prenons des mesures promptes, décisives et responsables.
Nous procédons à des investissements ambitieux et ciblés pour accélérer la création d'emplois et la croissance des entreprises, ce qui permettra une relance plus rapide que si nous n'avions rien fait. C'est le budget le plus favorable aux petites entreprises de toute l'histoire du Canada.
Nous prolongeons la Subvention salariale d'urgence du Canada et la Subvention d'urgence du Canada pour le loyer jusqu'à septembre, échéance qui pourrait être reportée si les mesures de santé publique l'exigent.
Nous annonçons aussi de nouvelles mesures de soutien pour faciliter la relance, comme le Programme d'embauche pour la relance du Canada, parce que 500 000 Canadiens sont encore au chômage ou ont un horaire de travail réduit à cause de la pandémie. Nous investirons 600 millions de dollars pour permettre aux entreprises d'embaucher plus de travailleurs ou d'augmenter les heures de travail et la rémunération de leurs employés actuels.
Nous avons également annoncé des investissements importants pour favoriser la réussite d'entrepreneurs diversifiés par l'entremise du Programme pour l'entrepreneuriat des communautés noires, de la Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat et d'investissements pour les entrepreneurs autochtones. Cela s'inscrit dans l'approche globale adoptée par le gouvernement pour rendre l'économie canadienne plus inclusive et combler les écarts auxquels se heurtent les entrepreneurs racialisés et sous-représentés depuis bien trop longtemps.
Le budget de 2021 est ambitieux.
Il ne nous permettra pas seulement de nous engager sur la voie de la reprise. Il nous mènera là où nous devons aller pour être concurrentiels, plus prospères et encore plus résilients. Dès que j'ai été nommée ministre, j'ai voulu faire en sorte que les entreprises aient les outils dont elles ont besoin pour lancer leurs activités, prendre de l'expansion et accéder aux nouveaux marchés mondiaux. La COVID-19 et la reprise économique n'ont fait que rendre ce travail encore plus important.
Les entreprises d'ici ont besoin des outils et du financement nécessaires pour être concurrentielles dans l'économie d'aujourd'hui. C'est pourquoi nous bonifions le Programme de financement des petites entreprises du Canada en faisant passer le montant maximal des prêts à 500 000 $, avec une marge de crédit potentielle pouvant aller jusqu'à 150 000 $, afin d'offrir des liquidités pour couvrir les frais de démarrage et les actifs incorporels, comme les logiciels de gestion des données et la propriété intellectuelle. Nous nous sommes aussi engagés à prendre des mesures décisives pour baisser les frais de carte de crédit pour les petites entreprises, ce qui contribuera à rendre les transactions avec les clients plus profitables. Nos rues principales deviendront ainsi encore plus concurrentielles.
Au-delà des questions de financement, nous voulons que les entrepreneurs d'ici aient l'expertise et les outils pour protéger les innovations canadiennes dans une économie mondiale de plus en plus intangible. La pandémie a grandement accéléré le virage vers l'économie numérique. Plus d'entreprises ont fait leur entrée dans le monde numérique au cours des six derniers mois que dans les 10 dernières années.
La pandémie a aussi montré le besoin des entreprises d'avoir l'expertise, les technologies et les outils de pointe pour soutenir la concurrence. Dans le budget de 2021, nous investissons 4 milliards de dollars dans les petites et moyennes entreprises pour leur permettre de passer au numérique et d'adopter de nouvelles technologies afin de croître et de renforcer leur compétitivité. Cette mesure soutiendra quelque 160 000 entreprises et permettra de créer des emplois pour près de 30 000 jeunes Canadiens.
Au-delà de la reprise, il vise à assurer la croissance et la compétitivité à long terme.
De nos jours, les petites entreprises sont à un clic de devenir des exportatrices et nous voulons aider le plus grand nombre d'entre elles à prospérer à l'échelle mondiale et à ancrer leur réussite au Canada, où elles créeront des emplois.
Il y a également eu une autre transition planétaire, celle de la durabilité. Nous savons que l'environnement et l'économie vont de pair, et c'est pourquoi nous avons annoncé 1 milliard de dollars sur 5 ans pour inciter le secteur privé à investir dans les projets technologiques propres au Canada, pour que ces derniers demeurent concurrentiels et à la fine pointe de l'innovation. Cela contribuera à l'atteinte de l'objectif de zéro émission nette au Canada d'ici 2050. Grâce au budget, nous aidons les entreprises à démarrer et à prendre de l'expansion dès maintenant et à être prêtes à réussir et à prospérer dans l'économie du futur.
Même si les voyages ont été limités en raison de la COVID-19, cela n'a pas ralenti nos efforts de création de débouchés en matière de commerce et d'investissement, de diversification commerciale et de recherche de solutions aux problèmes de la chaîne d'approvisionnement, surtout en ce qui concerne les biens essentiels. La COVID-19 ne peut servir d'excuse au ralentissement du commerce international ou au repli sur soi par des politiques protectionnistes.
Le commerce international joue un rôle essentiel dans la création d'emplois et de débouchés permettant la croissance. Ce sera plus vrai que jamais pour la relance économique au pays. Grâce à la mise en œuvre du nouvel ALENA, de l'Accord économique et commercial global et de l'Accord de partenariat transpacifique global et progressiste, les entreprises canadiennes ont accès à de nouveaux marchés qui leur permettent de prendre de l'expansion.
Le Canada et nos travailleurs d'un océan à l'autre en bénéficieront.
Nous avons poursuivi notre travail afin que les 14 accords de libre-échange du Canada, y compris le nouvel ALENA et le récent accord de continuité commerciale avec le Royaume-Uni, continuent de servir les intérêts du Canada ainsi que les entreprises, les entrepreneurs, les travailleurs et les familles du pays.
Au début du mois, j'ai rencontré mes homologues mexicains et américains pour discuter de la mise en œuvre du nouvel ALENA et travailler avec eux sur nos priorités communes, dont l'environnement, la main-d'œuvre et le commerce inclusif, dans le cadre de notre reprise économique commune. De l'industrie sidérurgique à l'industrie laitière, en passant par l'industrie forestière et les technologies propres, les entreprises et les travailleurs canadiens de tous les secteurs peuvent compter sur nous.
Le gouvernement a réorienté ses efforts pendant la pandémie pour appuyer les entreprises canadiennes en organisant des missions commerciales par vidéoconférences en France, à Singapour, à Taïwan et en Corée du Sud, en organisant le premier Symposium Canada-Afrique sur la croissance propre et en organisant l'an dernier une tournée de présentation de l'AECG en ligne. Plus de 2 000 entrepreneurs y ont participé; nous avons donc rendu le commerce international plus accessible. Nous avons établi plus de 150 liens entre les entreprises pour les entreprises canadiennes.
Nous continuons à adopter une approche Équipe Canada pour aider les entreprises et les entrepreneurs à réussir au pays et à l'étranger au moyen de la trousse d'outils commerciaux du Canada, qui réunit le Service des délégués commerciaux, Exportation et développement Canada, la Banque de développement du Canada, la Corporation commerciale canadienne et Investir au Canada. Ils travaillent tous ensemble et se concentrent sur le soutien des entreprises canadiennes et de leurs besoins.
Le budget de 2021 appuiera le Service des délégués commerciaux en affectant un montant de 21,3 millions de dollars au cours des cinq prochaines années et de 4,3 millions de dollars par la suite pour stimuler les exportations canadiennes dans le domaine des technologies propres. Nous travaillerons avec nos partenaires internationaux et des institutions multilatérales pour réduire les restrictions et les obstacles au commerce, maintenir l'ouverture des chaînes d'approvisionnement et reconstruire une économie plus inclusive et résiliente qu'avant. Nous continuerons de travailler ensemble, comme nous l'avons fait pendant la pandémie, notamment dans le cadre de l'initiative sur le commerce et la santé de l'Organisation mondiale du commerce, pour maintenir l'ouverture et la résilience de nos chaînes d'approvisionnement cruciales dans le domaine de la santé et des soins médicaux.
Il est essentiel de poursuivre notre travail les uns avec les autres ainsi qu'avec tous nos partenaires internationaux pour trouver des solutions qui permettront d'accélérer la production et la distribution équitable de vaccins abordables et efficaces contre des maladies mortelles. On ne viendra à bout de la pandémie que le jour où on y aura mis fin partout. Nous sommes déterminés à poursuivre notre travail pour qu'il y ait une reprise mondiale équitable et rapide.
Je suis prête à répondre aux questions.
Voir le profil de Anita Vandenbeld
Lib. (ON)
J'aurais maintenant quelques questions à poser.
Dans son discours, la ministre a parlé de la diversité et de l'importance d'aider des entrepreneurs et propriétaires d'entreprises diversifiés à avoir accès aux marchés mondiaux. J'aimerais ajouter que, dans ma circonscription, il existe un groupe d'entrepreneurs autochtones, que j'ai rencontrés récemment. Ces gens ont plein d'idées et ils m'ont fait quelques recommandations bien concrètes.
Nous savons que la COVID-19 a touché de nombreuses entreprises et de nombreux entrepreneurs, en particulier chez les Autochtones. Nous savons également que le développement économique et l'entrepreneuriat chez les Autochtones sont des éléments clés de l'autodétermination. Le groupe d'entrepreneurs et d'entreprises autochtones en question dans ma circonscription, Ottawa-Ouest—Nepean, souhaite en savoir davantage sur ce que fait le gouvernement pour les aider non seulement à démarrer des entreprises, mais aussi à les faire prospérer et à accéder aux marchés d'exportation.
Concernant la question que je veux poser à ma collègue, que fait le gouvernement pour aider les entrepreneurs autochtones à prospérer au pays et à l'étranger?
Voir le profil de Rachel Bendayan
Lib. (QC)
Voir le profil de Rachel Bendayan
2021-05-31 21:46 [p.7691]
Madame la présidente, je sais qu'un règlement de la Chambre permet à un député de porter une casquette, pourvu qu'il la retire avant de prendre la parole. En conséquence, je retire ma casquette, mais je souligne que les Canadiens de Montréal viennent de remporter leur série il y a quelques instants à peine.
Je veux remercier ma collègue, la secrétaire parlementaire, de soulever la question de l'aide aux entrepreneurs autochtones.
J'aimerais également souligner qu'il s'agit aujourd'hui d'une journée historique pour soutenir les communautés marginalisées ou qui sont aux prises avec du racisme systémique. Aujourd'hui, nous avons annoncé que des prêts étaient maintenant disponibles dans le cadre du Programme pour l’entrepreneuriat des communautés noires. Cette annonce a été faite par le premier ministre et par la ministre de la Petite entreprise.
S'agissant des entrepreneurs autochtones, il y a beaucoup de bonnes nouvelles. Nous appuyons les entrepreneurs autochtones depuis de nombreuses années déjà. Environ 420 millions de dollars ont été investis dans des entreprises autochtones et le budget de 2021 prévoit une somme additionnelle de 42 millions pour élargir le programme, ainsi que 22 millions pour l'entrepreneuriat des femmes autochtones.
Nous sommes déterminés à soutenir les fabuleuses et très intéressantes entreprises autochtones partout au pays. Nous poursuivons la diversification pour faire en sorte qu'elles puissent exporter dans le monde entier.
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NPD (QC)
Madame la Présidente, cela me fait extrêmement plaisir de me lever à la Chambre aujourd'hui pour participer à ce débat fort important. Il s'agit d'un débat qui nous touche tous. Le NPD a d'ailleurs soulevé, depuis plusieurs années, des préoccupations en lien avec les déchets plastiques.
Évidemment, nous parlons de l'exportation des déchets plastiques, et il y a beaucoup à dire à ce sujet. Je vais aussi parler de la réduction de l'utilisation du plastique en général et, surtout, du plastique à usage unique, comme les bouteilles d'eau que l'on utilise malheureusement encore trop souvent. Je vais aussi aborder le thème de la réduction des déchets en général, plastiques ou autres, puisque cela est à la source de plusieurs problèmes.
Je m'en voudrais de ne pas souligner les initiatives locales dans Rosemont-La Petite-Patrie. Les gens veulent vraiment que des gestes soient posés par des entreprises qui ont une vision quant à la réduction de l'utilisation des déchets plastiques et des déchets en général.
J'aimerais saluer les initiatives de certains commerces présents dans nos quartiers: Épisode, Vrac & Bocaux, La Cale pub zéro déchet, Méga Vrac Rosemont, Rose Ross, La Brume dans mes Lunettes, Le Frigo de Bacchus, La réserve naturelle, La fabrik éco, le café Dispatch, Manitoba, Véganation et Le Cornélien, sans oublier Vrac sur Roues. Ce dernier n'est pas situé dans Rosemont-La Petite-Patrie, mais il fait la livraison à vélo de produits en vrac; il ne produit donc pas de gaz à effet de serre. La livraison est offerte dans ma circonscription et dans d'autres quartiers.
Le premier élément que j'ai soulevé portait sur l'exportation des déchets plastiques, ce à quoi touche le projet de loi C-204. Si j'en ai le temps, je vais aussi parler de l'utilisation du plastique en général et de la réduction des déchets.
La situation actuelle est absolument dramatique. Comme le disait mon collègue, dans nos mers et nos océans, il y a des îles de plastique. En fait, un continent de plastique se promène dans l'océan Atlantique, sans compter la pollution plastique sur les rives de nos rivières, de nos lacs ou du fleuve Saint-Laurent. Depuis des années, des gens font des corvées pour ramasser le plus de déchets possible, afin d'éviter que des poissons et des tortues meurent à cause des sacs de plastique qui jonchent les berges et pour avoir un milieu naturel plus propre et moins endommagé par la présence humaine et, surtout, par la présence industrielle.
Quand vient le temps de parler de l'exportation de plastiques, le Canada est vraiment un cancre. Notre pays ne prend pas ses responsabilités et pellette littéralement dans la cour du voisin les déchets qu'il n'est plus capable de gérer ou qu'il ne veut pas gérer ici.
Je tiens à souligner que ce problème s'est probablement accentué avec la pandémie. On utilise plus de plastique aujourd'hui, pour des raisons médicales que l'on peut fort bien comprendre. Quant aux émissions de gaz à effet de serre, le ralentissement économique nous a probablement permis de les réduire un peu ou de les faire stagner au lieu de les augmenter. En ce qui a trait à la pollution par le plastique, la pandémie a probablement empiré le phénomène, à cause de tous les masques que nous sommes encore obligés de porter — on peut très bien comprendre pourquoi il faut les porter, mais cela ne veut pas dire que le problème a disparu. Le problème a été amplifié, et il est d'autant plus important de trouver rapidement des solutions.
En 2018, le Canada a expédié 44 000 tonnes de déchets plastiques vers d'autres pays. On se souvient de la chicane entre le Canada et les Philippines, où l'on a dû dépenser plus de 1 million de dollars pour rapatrier 69 conteneurs expédiés illégalement. Pendant six ans, nous avons tenté de convaincre les Philippines d'éliminer les déchets que nous avions envoyés dans leur cour; nous voulions que les Philippines s'occupent de nos déchets et de nos problèmes.
Ce n'est pas la seule fois que cela est arrivé. En effet, cette année, le gouvernement de la Malaisie a renvoyé au Canada 11 conteneurs de déchets plastiques. Nous ne sommes pas capables de prendre nos propres responsabilités et de respecter les traités internationaux dont la députée de Repentigny nous a parlé un peu plus tôt.
Le Canada est incapable de traiter ses propres déchets plastiques ou de réduire la consommation de plastique. Nous envoyons donc cela dans les pays du tiers-monde en leur demandant de s'occuper de nos déchets — il s'agit parfois de déchets médicaux.
On fait cela parce qu'on a une capacité bien trop limitée de recyclage des déchets plastiques qu'on produit. Généralement, on les envoyait en Chine, mais celle-ci a décidé, à bon escient, de désormais les refuser parce qu'on n'est pas capable de s'en occuper soi-même. Pourtant, c'est non seulement la bonne chose à faire, la chose responsable à faire, mais, en plus, c'est un créneau dans lequel créer des emplois. Avoir la capacité de recycler ses déchets, c'est bon pour l'environnement et cela peut être bon pour l'économie.
Je me rappelle avoir visité il y a quelques années une entreprise au cœur du Québec qui procédait au déchiquetage des contenants de lessive à base de plastique de catégorie 2, assez dur. Elle en faisait de petites pastilles qui étaient ensuite utilisées pour fabriquer des tuyaux d'irrigation pour nos agriculteurs et nos agricultrices. Elle donnait donc une deuxième vie à ce plastique, au lieu de le brûler ou de le jeter dans les champs ou dans nos rivières, en aidant à fabriquer un produit nécessaire à notre agriculture. Ce qui était encore plus extraordinaire avec cette entreprise, c'est qu'elle favorisait l'insertion à l'emploi en embauchant des gens dont la plupart avaient un handicap auditif. Cela créait donc de l'emploi pour des personnes ayant généralement de la difficulté à s'en trouver.
Je pense qu'on doit être conscient de la nécessité de réduire l'utilisation du plastique, souvent à usage unique. Il faut le recycler et il faut pour cela des infrastructures. Le fait de ne pas les avoir à l'heure actuelle est un scandale. Les différents paliers de gouvernement, y compris le gouvernement fédéral, devraient investir pour qu'on en soit capable. Toutefois, il faut réduire l'utilisation du plastique.
Par exemple, il n'est pas compliqué d'aller chercher une commande de nourriture au magasin en apportant son propre contenant recyclable au lieu que le magasin utilise un contenant en styromousse. Il n'est pas compliqué d'avoir une petite bouteille réutilisable pour transporter son eau quand on a soif. De plus en plus de gens le font, mais malheureusement il y a encore trop de gens qui achètent leur eau potable en bouteilles de plastique, alors qu'il y a souvent un robinet d'eau dans la maison, de l'eau filtrée par les municipalités, gratuite et tout à fait potable.
La réduction de l'utilisation du plastique exige de parler aussi du suremballage. Cela est important. Je suis très content de représenter la circonscription de Rosemont—La Petite-Patrie, car c'est là qu'il y a eu la première « attaque au plastique » de toute l'Amérique du Nord, laquelle s'est répétée quelques fois depuis.
Il y a deux ou trois ans, trois jeunes femmes ont pris l'initiative de demander aux gens qui sortaient d'une épicerie d'enlever tout le plastique qui emballait leurs fruits et légumes. Leur but était de faire prendre conscience à ces gens qu'il n'était pas nécessaire d'acheter des produits suremballés et qu'ils pouvaient prendre des sacs réutilisables ou un filet pour aller faire leur épicerie. Il s'agissait aussi de passer aux propriétaires d'épicerie le message qu'on préfère acheter des produits qui ne sont pas suremballés.
Un des exemples que je donne souvent à ce sujet et qui me rend complètement dingue, c'est celui des bananes qui sont vendues dans un carton en styromousse enveloppé de pellicule de plastique et d'une autre couche de plastique. La banane a déjà une pelure, elle est déjà protégée, on n'a pas besoin d'avoir tout cela en plus.
Dans nos habitudes de production, mais également de consommation, il y a tellement de choses à changer. Cette « attaque de plastique » s'était faite en collaboration avec l'épicerie et les gens avaient bien aimé qu'on leur demande de réfléchir à ces questions.
Il faut réduire également notre production de déchets en général. On dit que les Québécois et les Canadiens sont parmi les plus grands producteurs de déchets au monde, à raison en moyenne de deux kilos par personne, par jour. Pour changer ces habitudes de vie, on a donc un effort formidable à faire collectivement, mais également localement et individuellement.
Changer ces habitudes va entraîner un changement dans l'offre des différents commerces. Je reviens ici aux belles initiatives de tous ces commerces, épiceries, pubs et restaurants qui visent zéro déchet. Il faut qu'on les encourage, car ces initiatives sont vraiment bonnes. Il y en a partout au Québec, il faut découvrir quels commerces le font, et les encourager.
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