Hansard
Consultez le guide de l'usager
Pour obtenir de l’aide, contactez-nous
Consultez le guide de l'usager
Pour obtenir de l’aide, contactez-nous
Ajouter un critère de recherche
Résultats : 1 - 15 de 915
Voir le profil de Jagmeet Singh
NPD (BC)
Voir le profil de Jagmeet Singh
2021-06-23 14:32 [p.9050]
Monsieur le Président, dans quelques semaines, le premier ministre réduira de 800 $ l'aide versée aux familles alors que ce soutien est indispensable et que la pandémie n'est toujours pas finie. En revanche, le premier ministre n'a intenté aucune poursuite contre les ultrariches qui ont fait de l'évasion fiscale. On voit clairement qui le premier ministre favorise.
Le premier ministre a souvent répété que les Canadiens peuvent compter sur le gouvernement. Or, ce n'est pas vraiment une façon d'aider que de réduire l'aide dont la population a besoin alors que la pandémie est toujours en cours.
Le premier ministre reviendra-t-il sur cette fâcheuse décision de réduire l'aide dont les gens ont besoin jusqu'à la fin de la pandémie?
Voir le profil de Justin Trudeau
Lib. (QC)
Voir le profil de Justin Trudeau
2021-06-23 14:33 [p.9050]
Monsieur le Président, en dépit de ce que prétendent les néo-démocrates, depuis le début de la pandémie, nous nous sommes simplement et directement employés à soutenir les Canadiens. À preuve, nous avons offert aux travailleurs, aux familles, aux aînés et aux jeunes, des mesures d'aide qui représentent des investissements de plusieurs milliards de dollars.
Pour aider les Canadiens à traverser la pandémie, le gouvernement propose dans le budget de 2021 de prolonger la Prestation canadienne de la relance économique jusqu'à concurrence de 50 semaines et la Prestation canadienne de la relance économique pour les proches aidants jusqu'à concurrence de 42 semaines. Nous remercions les partis qui collaborent avec nous à la Chambre pour faire adopter le budget de 2021 afin de permettre que le gouvernement continue de soutenir les Canadiens, aussi longtemps qu'il sera nécessaire, jusqu'à l'automne et au-delà s'il le faut.
Voir le profil de Peter Julian
NPD (BC)
Madame la Présidente, je m'adresse à vous à partir du territoire traditionnel et non cédé de la Première Nation Qayqayt et du peuple Salish de la côte.
Je prends la parole aujourd’hui alors que la session parlementaire tire à sa fin. C’est peut-être le dernier discours que je ferai pendant cette législature. Le premier ministre n’a pas caché son désir profond de déclencher des élections le plus rapidement possible, et les rumeurs semblent indiquer que d’ici à la fin de l’été, nous serons en campagne électorale.
Il est important d’examiner ce que le NPD a réussi à accomplir au cours des 15 derniers mois, dans le contexte de la pandémie. Il faut également examiner les échecs manifestes du gouvernement ainsi que la façon dont, selon moi, les Canadiens aspirent à reconstruire leur pays en mieux après cette pandémie.
Chaque jour, nous rendons hommage à nos premiers intervenants, à nos travailleurs de première ligne et à nos travailleurs de la santé qui ont été si courageux et si déterminés pendant cette pandémie. Chaque fois que nous en parlons, nous pensons aussi aux quelque 26 000 Canadiens décédés pendant la pandémie. Nous savons qu’elle est loin d’être terminée. Bien que les travailleurs de la santé travaillent aussi fort qu’ils le peuvent, certains variants sont troublants, car ils affectent même des personnes entièrement vaccinées.
Nous devons veiller à maintenir les mesures de protection afin de soutenir la population pendant ces prochains mois. Voilà pourquoi le NPD et le député de Burnaby-Sud, notre chef, sont profondément troublés en voyant le gouvernement se préparer à sabrer massivement dans les prestations d'urgence dont les Canadiens dépendent.
La Prestation canadienne d'urgence a permis à des centaines de milliers de familles canadiennes de se nourrir. Or, voilà que dans le projet de loi d’exécution du budget C‑30, la prestation, qui était supérieure au seuil de pauvreté, sera abaissée en dessous du seuil de pauvreté. C’est ce que le premier ministre voulait dès le départ. On se rappelle qu’il y a 15 mois, il avait proposé une aide initiale d'à peine 1 000 $ par mois. Il voulait accorder 1 000 $ par mois. C’était nettement insuffisant. C’est la raison pour laquelle le député de Burnaby-Sud et le caucus néo-démocrate ont insisté pour que cette prestation suffise à nourrir et à loger la plupart des Canadiens. Nous l’avons fait augmenter à 2 000 $ par mois, ou 500 $ par semaine.
Nous ne nous sommes pas arrêtés là, évidemment. Nous avons insisté pour que les étudiants bénéficient aussi de ces avantages. Les étudiants avaient du mal à payer leurs frais de scolarités, et bon nombre ne trouvaient pas d’emploi. Nous avons exercé des pressions pour obtenir du soutien. Nous avons fait pression pour obtenir du soutien pour les aînés et pour les personnes handicapées. Je suis profondément déçu que le gouvernement n’ait jamais accepté d’inscrire le nom de chaque personne handicapée dans une base de données nationale. On aurait pu dresser cette liste à partir de leurs déclarations de revenus. Le gouvernement a refusé de le faire, de sorte que les prestations aux personnes handicapées n’ont été versées qu’à environ un tiers des personnes qui y auraient été admissibles au Canada, laissant pour compte la plupart d’entre elles.
Nous avons également insisté pour que le gouvernement accorde une subvention salariale afin de maintenir les emplois. Nous avions vu cela dans d’autres pays, comme au Danemark et en France, avec des mesures de protection bien définies pour que l’argent ne soit pas utilisé à mauvais escient en distribuant des dividendes ou des primes aux dirigeants. Nous avons insisté pour que cela se produise au Canada avec les mêmes protections. Nous avons réussi à obtenir une subvention salariale de 75 %. Le gouvernement a refusé de mettre en place les mesures visant à protéger les Canadiens contre les abus de sorte que, comme nous le savons, certaines grandes entreprises ont distribué des milliards de dollars en dividendes et en grosses primes aux cadres supérieurs alors qu’elles recevaient la subvention salariale du gouvernement fédéral.
Nous avons aussi fait pression pour qu'il y ait une subvention pour le loyer pour les petites entreprises. Je sais que le député de Courtenay—Alberni, le député de Burnaby-Sud et plusieurs autres députés du caucus néo-démocrate ont insisté pour que ces subventions et ces mesures de soutien au loyer soient mises en place. Le programme initial était manifestement inadéquat. Nous avons continué à faire pression jusqu’à ce que nous obtenions une subvention pour le loyer que plus d'entreprises canadiennes pourraient utiliser.
Nous sommes fiers de nous être assurés qu'on s'occupait des gens, et cela fait partie de nos responsabilités en tant que parlementaires. Certains observateurs ont fait remarquer que les députés néo-démocrates sont les abeilles ouvrières du Parlement. Nous acceptons ce titre avec fierté, car nous croyons qu'il est important que nous nous battions pour les gens.
Qu’est ce que le gouvernement a fait de lui-même, une fois que vous mettez de côté la pression exercée par le NPD et le fait que le gouvernement a souvent eu besoin de l’appui du NPD pour que ses mesures soient adoptées par le Parlement? Nous avons pu tirer parti de ce soutien pour garantir que les programmes profitent aux gens, mais le gouvernement a mis de l’avant un certain nombre de programmes sans l’aide du NPD, notamment les 750 milliards de dollars en liquidités pour les grandes banques du Canada, un train de mesures obscènes et irresponsables.
Ces 750 milliards de dollars ont été versés par l’entremise de diverses institutions fédérales, sans aucune condition. Il n’y avait aucune obligation de réduire les taux d’intérêt à zéro, comme l’ont fait de nombreuses coopératives de crédit. Je suis membre de deux coopératives de crédit, la Vancouver City Savings et la Community Savings dans la vallée du bas Fraser de la Colombie-Britannique. Toutes deux ont ramené leur taux d’intérêt à zéro au plus fort de la crise.
Bon nombre des coopératives de crédit sous gestion démocratique ont compris l’importance de ne pas tirer profit de cette pandémie, mais les grandes banques ne l’ont pas fait. Elles ont reçu pour 750 milliards de dollars de soutien des liquidités sans être obligées de réduire les taux d’intérêt à zéro ni de supprimer les frais ou les commissions de service.
Nous avons vu des quantités phénoménales de bénéfices excessifs réalisés au fil de cette pandémie. Ces aides publiques massives ont été utilisées pour créer les conditions propices à la réalisation de 60 milliards de dollars de bénéfices liés à la pandémie. Pour augmenter encore plus leurs bénéfices, les grandes banques ont augmenté leurs frais de service. Souvent, en reportant des prêts hypothécaires, elles ajoutaient des frais et des pénalités et augmentaient les taux d’intérêt. Elles ont agi de manière déplorable en bénéficiant de la liberté d’action que le gouvernement fédéral leur laissait, car il a refusé d’assortir de conditions le plan de sauvetage massif et sans précédent.
L’histoire nous apprend que les gouvernements fédéraux précédents ont agi différemment. Ils ont adopté des dispositions législatives strictes pour empêcher les bénéfices excessifs. Ils ont veillé à ce qu’il y ait une réelle volonté de garantir que les ultrariches paient leur juste part d’impôt. Nous avons traversé la Seconde Guerre mondiale parce que nous avons mis en place un impôt sur les bénéfices excessifs qui garantissait que les entreprises ne pourraient pas profiter de la misère des autres. Cela a conduit à une prospérité sans précédent au sortir de la Seconde Guerre mondiale.
Ce n’est pas le cas avec le gouvernement actuel. Ce n’est pas le cas avec ce premier ministre. Au lieu de prendre la moindre mesure contre les bénéfices excessifs, ceux-ci ont été encouragés, et nous avons vu jusqu’à présent les milliardaires canadiens augmenter leur richesse de 80 milliards de dollars pendant la pandémie. Nous avons vu 60 milliards de dollars de profits dans le secteur bancaire, largement alimenté par des fonds publics, un soutien public et un soutien en liquidités.
Nous avons également vu le gouvernement refuser catégoriquement de mettre en place l’une des mesures que d’autres gouvernements ont utilisées pour contrer les bénéfices excessifs durant la pandémie. Il n’y a pas d’impôt sur la fortune ni d’impôt sur les profits récoltés pendant la pandémie. Si l’on examine les priorités du gouvernement lorsqu’il agit seul, sans le NPD et sans toutes les mesures pour lesquelles nous nous sommes battus pendant la pandémie, on constate qu’il accorde 750 milliards de dollars en liquidités aux grandes banques canadiennes, sans condition aucune. Cela ne rectifie nullement le problème des milliardaires canadiens qui ont connu une augmentation sans précédent de leur richesse pendant cette pandémie. Ce n’est pas un impôt sur la fortune ni un impôt sur les profits récoltés pendant la pandémie et c’est un refus catégorique de sévir contre les paradis fiscaux à l’étranger.
Faisons la somme de ce que le gouvernement a fait de lui-même au cours des 15 derniers mois. Il y a 750 milliards de dollars de soutien en liquidités versés aux banques et 25 milliards de dollars qui, selon le directeur parlementaire du budget, s’envolent chaque année à l’étranger dans les paradis fiscaux de riches Canadiens et de sociétés prospères. Il y a eu 10 milliards de dollars en impôt sur la fortune que le gouvernement a refusé de mettre en place: ce sont 10 milliards de dollars par an qui pourraient servir à tant de choses et répondre à tant de besoins des Canadiens.
Cependant, le gouvernement refuse obstinément d’instituer cette mesure fiscale que tant d’autres pays ont adoptée. Il refuse de mettre en place un impôt sur les profits récoltés pendant la pandémie, qui aurait permis de recueillir près de 10 milliards de dollars au cours des 15 derniers mois.
Nous parlons d’un montant de près de 800 milliards de dollars en diverses mesures que le gouvernement a mises en place, ou de pratiques qu’il a refusé de freiner de quelque façon que ce soit, et qui auraient pu aider considérablement à répondre aux besoins des Canadiens. Les Canadiens attendent avec impatience le moment — qui arrivera bientôt, espérons-le — où nous pourrons reconstruire ce pays d’une manière plus équitable qui ne laissera personne de côté. Nous devons examiner pourquoi le gouvernement refuse obstinément d’instituer ces mesures. Les Canadiens veulent savoir. Ce n’est pas parce que la capacité fiscale de le faire n’existe pas. Nous l’avons certainement constaté.
Je n’ai qu’à ajouter le montant incroyable que le gouvernement a investi dans le pipeline Trans Mountain, qui, selon le directeur parlementaire du budget, s’élève jusqu’à maintenant à 12,5 milliards de dollars. C’est un montant qui ne cesse d’augmenter, compte tenu des coûts de construction déjà engagés ou devant l’être dans les prochains mois. Il en a coûté 4,5 milliards de dollars à l’entreprise elle-même, ce qui est beaucoup plus que le prix annoncé. Si l’on additionne ces chiffres, on arrive à près de 20 milliards de dollars que le gouvernement dépense pour un pipeline qui, à en croire l’Agence internationale de l’énergie elle-même, n’est pas dans l’intérêt du public ou de la planète. Je dis bien près de 20 milliards de dollars. Il ne faut pas oublier que le gouvernement et le premier ministre ont trouvé cet argent du jour au lendemain, quand le secteur privé s’est retiré du projet parce que celui-ci n’était pas financièrement viable. Dans les 24 heures, le premier ministre et le ministre des Finances de l’époque ont annoncé qu’ils trouveraient l’argent pour acheter le pipeline. Par la suite, ils ont injecté encore plus l’argent dans ce pipeline sans vraiment comprendre les répercussions financières et environnementales, et sans prendre de précautions à ces égards.
Le gouvernement a prouvé qu’il peut trouver de gros sous quand il le veut, mais les Canadiens doivent se poser un certain nombre de questions.
Pourquoi les Canadiens ne peuvent-ils pas avoir un régime public universel d’assurance-médicaments? Le gouvernement a rejeté le projet de loi du NPD qui aurait établi la Loi canadienne sur l’assurance-médicaments selon les mêmes conditions que la Loi canadienne sur la santé. Les députés libéraux ont voté contre, mais nous savons que près de 10 millions de Canadiens n’ont pas accès à leurs médicaments ou ont du mal à les payer. Selon la plupart des estimations, quelques millions de Canadiens ne sont pas en mesure de payer leurs médicaments. D’après l’Association des infirmières et infirmiers du Canada, des centaines de personnes meurent parce qu’elles n’ont pas accès à leurs médicaments ou n’ont pas les moyens de les payer. Le directeur parlementaire du budget nous dit que le Canada économiserait près de 5 milliards de dollars en mettant en place un régime public universel d’assurance-médicaments. Et, évidemment, le gouvernement a catégoriquement refusé de donner suite à l’engagement qu’il avait pris lors des élections de 2019. Pourtant, lors de la prochaine campagne électorale, les libéraux feront d’autres promesses tenant à cœur au premier ministre.
Pour quelle raison ne pouvons-nous pas avoir un régime public universel d’assurance-médicaments? Eh bien, il n’y en a pas. Un tel régime serait rentable. Il améliorerait la vie des gens. Il contribuerait à notre qualité de vie et à notre compétitivité à l’échelle internationale, car il allégerait le fardeau des régimes d’assurance-médicaments des petites entreprises. La raison pour laquelle nous ne pouvons pas avoir d’assurance-médicaments n’est pas d’ordre financier, mais politique. C’est le gouvernement libéral qui refuse obstinément de le mettre en place. Les libéraux gardent cela comme une carotte qu’ils brandissent à l’électorat à chaque élection ou une fois sur deux. C’est ce qu’ils font depuis un quart de siècle, mais ils refusent de le mettre en place.
Pourquoi ne peut-il pas y avoir de l’eau potable salubre dans toutes les collectivités canadiennes? Les députés ministériels diraient que c’est compliqué et difficile. Pourtant, rien n’a paru compliqué ni difficile pour renflouer Trans Mountain. Il n’a pas été compliqué et difficile pour le gouvernement de trouver d’énormes liquidités, sans précédent dans l’histoire du Canada ou de tout autre pays, pour soutenir nos grandes banques et les aider à consolider leurs profits pendant la pandémie. Ce n’est certainement pas une question de finances, puisque 25 milliards de dollars de l’argent des contribuables sont envoyés chaque année dans des paradis fiscaux à l’étranger.
Par conséquent, la raison pour laquelle nous ne pouvons pas avoir d’eau potable est manifestement, à mon avis, une question politique. Il n’y a pas de volonté politique, comme l’a si bien dit la députée de Nunavut dans son discours il y a quelques jours.
Examinons les raisons pour lesquelles nous n’avons pas droit au logement dans ce pays. Nous savons que nous l’avions après la Seconde Guerre mondiale. Parce qu’un impôt sur les profits excessifs avait été mis en place et que nous avions des mesures très claires à cet égard, nous avons pu lancer un programme de logement sans précédent de 300 000 unités de logement public dans tout le pays, des maisons comme celle derrière moi, d’où je parle à la Chambre. Ils ont été construits très vite, dans tout le pays. En l’espace de trois ans, 300 000 unités de logement ont été construites parce que nous savions que des femmes et des hommes revenaient de l’étranger et que nous devions nous assurer que des logements étaient disponibles. Pourquoi n’avons-nous pas droit au logement? Parce que les libéraux ont dit non à cela aussi. Cependant, la réalité est que nous pourrions très bien répondre aux besoins des Canadiens en matière de logement abordable si le gouvernement actuel accordait moins d’importance aux banques et aux milliardaires et une plus grande importance aux gens ordinaires.
Examinons l’accès à l’éducation postsecondaire. Le montant que la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants a publié concernant la scolarité gratuite pour l’éducation postsecondaire représente un montant net d’environ 8 milliards de dollars pour le gouvernement fédéral chaque année. J’ai souligné que l’impôt sur les profits récoltés durant une pandémie correspond à ce montant environ, et pourtant, le gouvernement refuse de le mettre en œuvre. Les étudiants sont obligés de payer leurs prêts étudiants en ce moment parce que le gouvernement a refusé de prolonger le moratoire sur les versements de prêts étudiants pendant la pandémie. Encore une fois, les banques, les milliardaires et les ultrariches sont une grande priorité pour le gouvernement, mais les gens ordinaires, pas tellement.
Penchons-nous sur les soins de longue durée. Le NPD a présenté une motion au Parlement — que les libéraux ont rejetée — visant à éliminer la recherche du profit à tout prix dans les soins de longue durée et à mettre en place un financement stable dans tout le pays pour implanter des normes élevées en matière de soins de longue durée. Nous croyons que nous avons besoin d’un système de soins de santé élargi qui comprend l’assurance-médicaments et les soins dentaires. La motion visant à fournir des soins dentaires aux Canadiens à faible revenu qui n’y ont pas accès a été rejetée par les libéraux il y a quelques jours à peine. Cette motion aurait fait en sorte que les soins de longue durée soient régis par des normes nationales et financés par le gouvernement fédéral, de sorte que les aînés de ce pays qui vivent dans des foyers de soins de longue durée soient traités avec le respect qui leur est dû. Le gouvernement a encore une fois dit qu’il ne pouvait pas faire cela. Une fois de plus, les banques, les milliardaires et les ultrariches sont une grande priorité, mais les personnes âgées, qui ont travaillé toute leur vie pour leur pays, qui ont apporté un soutien à leur collectivité et qui ont tant contribué, ne sont pas une grande priorité pour le gouvernement.
Parlons des transports. Le secteur du transport par autocar est très important pour la sécurité des gens qui se déplacent d’une région à l’autre du pays, et pourtant, nous avons vu des services d’autocar et de transport interurbain disparaître, et le gouvernement fédéral refuse de mettre en place un réseau national pour les autocars similaire à celui que nous avons pour les trains. Dans un pays aussi vaste que le Canada, où tant de gens ont du mal à se rendre d’une région à l’autre pour des raisons aussi importantes que des rendez-vous médicaux parce qu’ils n’ont pas accès à un véhicule, c’est quelque chose qui devrait absolument être envisagé. Pourtant, le gouvernement refuse de se pencher sur la question parce que les banques, les milliardaires et les ultrariches viennent en tête de ses priorités.
Enfin, parlons de l’énergie propre. Nous savons que nous devons faire la transition vers une économie axée sur l’énergie propre. Des milliards de dollars ont été versés à des PDG du secteur pétrolier et gazier, mais le gouvernement n’est tout simplement pas prêt à investir dans l’énergie propre. Cela contraste de façon frappante avec les quelque 20 milliards de dollars qu’il consacre à l’oléoduc Trans Mountain, en vue de servir une cause politique plutôt que d’adopter une mesure sensée du point de vue économique ou environnemental. Il est prêt à dépenser des milliards de dollars à mauvais escient, alors que nous croyons que cet argent doit aller aux Canadiens pour répondre à leurs besoins. C’est certainement ce dont il sera question dans tout le pays au cours de la prochaine campagne électorale.
Voir le profil de Denis Trudel
BQ (QC)
Voir le profil de Denis Trudel
2021-06-21 12:46 [p.8831]
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de ses propos. Il a effectivement énuméré avec justesse les secteurs de l'économie qui en ont vraiment arraché pendant la pandémie et parlé des aînés, des handicapés et de la crise du logement. Seulement au Québec, il y a 40 000 personnes en attente d'un logement social, un HLM, et 450 000 personnes qui ont un besoin impérieux de se loger: c'est énorme.
Pendant la pandémie, le gouvernement a lancé la fameuse Subvention salariale d'urgence du Canada pour aider les travailleurs des entreprises en difficulté. Le Parti conservateur, le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique ont touché cette Subvention, ce qui est à mon avis un scandale. Les libéraux et le NPD n'ont pas fait savoir qu'ils allaient la rembourser. On s'en va en campagne électorale dans deux mois, et le NPD va prendre l'argent du gouvernement, qui devait servir aux travailleurs en difficulté, pour payer ses pancartes électorales. Mon collègue ne se sent-il pas un petit peu gêné?
Voir le profil de Peter Julian
NPD (BC)
Madame la Présidente, la raison pour laquelle nous avons lutté pour que les organisations sans but lucratif soient capables de toucher la Subvention salariale, c'est justement pour que toutes les organisations ayant à choisir entre congédier leurs employés ou continuer de les employer puissent continuer à employer ces gens.
Comme le député vient de le mentionner, c'est le député de Burnaby‑Sud et le caucus du NPD qui ont le plus poussé pour mettre en place cette initiative qui, comme il se sait très bien, existait dans d'autres pays, notamment en Europe. C'était important pour le Canada. Le gouvernement a commencé par refuser, mais le NPD a continué à pousser, comme nous le faisons d'habitude, car nous sommes le parti des travailleurs et des travailleuses. Nous voulions que ces gens conservent leur emploi.
Comme on le sait tous, nous avons réussi. La Subvention a permis aux travailleurs et aux travailleuses, y compris au Québec, de continuer à être employés.
Voir le profil de Lenore Zann
Lib. (NS)
Voir le profil de Lenore Zann
2021-06-22 0:11 [p.8924]
Monsieur le Président, je crois que nous venons d'entendre le discours de la prochaine campagne électorale du député. J'admire la voix du député et je constate qu'il a de l'expérience et de l'entraînement pour livrer son message, mais je dois lui demander pourquoi il s'oppose au fait que les artistes canadiens soient rémunérés correctement pour le travail qu'ils font en ligne.
Voir le profil de Kerry Diotte
PCC (AB)
Voir le profil de Kerry Diotte
2021-06-22 0:11 [p.8924]
Monsieur le Président, c'est un vieux truc pour détourner l'attention. C'est comme un tour de passe-passe. Il n'est pas question des artistes canadiens. J'en connais beaucoup, et certains de mes meilleurs amis sont des artistes. Il est question de liberté d'expression.
Le gouvernement et les libéraux essaient sans arrêt de nous couvrir de honte, mais il est question de liberté d'expression et rien d'autre. Si les députés parlaient à des Canadiens ordinaires chez Tim Hortons, maintenant que l'économie est relancée dans notre bonne vieille Alberta, ils leur diraient qu'ils n'aiment pas le projet de loi.
Voir le profil de Alexandre Boulerice
NPD (QC)
Monsieur le Président, je suis heureux de participer au débat ce soir au sujet de cette question si importante.
Comme je viens d'avoir de bons mots pour mon collègue de Drummond, je voudrais également avoir de bons mots pour ma collègue d'Edmonton Strathcona. Elle a fait un travail magistral et formidable au Comité permanent du patrimoine canadien sur le projet de loi C‑10, son adjointe, Mme Laveza Khan, a également travaillé extrêmement fort là-dessus, ainsi que mon adjoint Samuel Fortin-Pouliot qui, lui aussi, a travaillé très fort. Je félicite tout le monde, ils ont vraiment fait le travail, comme on dit.
Je suis d'accord sur le fait qu'il fallait absolument réviser la Loi sur la radiodiffusion. Cela fait 30 ans que cette loi a été adoptée. Elle était rendue complètement, et elle est encore en ce moment, archaïque et obsolète. Elle ne répond pas à la réalité et au contexte actuel avec les nouveaux diffuseurs numériques. Je pense qu'il faut toujours avoir cela en tête quand on débat de ce projet de loi.
C'est pourquoi, au NPD, nous avons toujours été en relation et en contact avec les différents acteurs et intervenants du milieu culturel québécois, notamment la Coalition pour la diversité des expressions culturelles, la Coalition pour la culture et les médias, mais également avec ACTRA, Unifor ou Music Canada. Ils nous ont toujours interpellés. Nous avons travaillé avec eux pour essayer d'améliorer ce projet de loi qui est tellement important.
Depuis le rapport Yale, qui date de quelques années, on a compris à quel point il fallait absolument mettre à l'ordre du jour et ramener au XXIe siècle la Loi sur la radiodiffusion. Nous étions d'accord sur les grandes orientations du rapport Yale, en tant que progressistes et néo-démocrates. C'est tellement important, parce qu'il est question ici de notre souveraineté culturelle. Il est question ici de faire en sorte que les grands nouveaux diffuseurs numériques participent, investissent et contribuent à la production de contenu original canadien et québécois. Ce n'est pas le cas.
Il faut bien comprendre dans quel écosystème nous naviguions et nous naviguons encore, en espérant que cela puisse changer et pourquoi ce projet de loi, en principe, au départ, est si important. Nous avons un système qui est basé sur les télédiffuseurs classiques et les câblodistributeurs qui contribuent à un fonds pour être capables d'investir afin de raconter nos histoires à la télévision, au cinéma et ainsi de suite.
Or, des grands joueurs, des nouveaux joueurs, qui, aujourd'hui, ne sont plus si nouveaux que cela, n'avaient pas contribué pour un sou. C'est une très bonne chose de pouvoir les amener autour de la table et de les forcer comme les autres télédiffuseurs traditionnels à contribuer à l'essor, à l'épanouissement de la culture québécoise, canadienne et autochtone, dans son ensemble.
Malheureusement, le projet de loi qui nous a été soumis, dès le départ, a été bâclé. Nous, au NPD, étions prêts à collaborer. Nous avons toujours été prêts à collaborer, à amener des amendements et des bonifications, à régler des problèmes dans le projet de loi afin qu'il réponde au mieux aux besoins du secteur culturel, de nos artistes, artisans et techniciens, mais également aux besoins de la population pour avoir un contenu culturel qui nous ressemble et qui nous rassemble et sur lequel nous sommes capables d'avoir une prise afin de raconter nos histoires qui sont tellement appréciées par nos concitoyens, au Québec ou au Canada. Pensons à tous les exemples de grands succès télévisuels, cinématographiques ou musicaux que nous connaissons.
Malheureusement, nous avons dû faire face à une très mauvaise communication du ministre du Patrimoine canadien qui a été, ma foi, incapable d'expliquer son projet de loi à moult reprises.
Il s'est fait attaquer, sous certains prétextes, par le Parti conservateur et il a été incapable de rassurer les gens et de continuer dans une direction constructive et positive pour ce projet de loi.
Évidemment, il a beaucoup été question de la liberté d'expression. C'est un enjeu important et nous n'allons pas le pousser sous le tapis et dire que nous ne nous en préoccupons pas. Comme député du NPD, comme néo‑démocrates et progressistes, s'il y avait un projet de loi qui était sur la table et qui remettait en question la liberté d'expression des gens, des citoyens et des citoyennes, cela nous inquièterait évidemment grandement.
Le NPD a une feuille de route importante sur la protection de la liberté d'expression et les droits des citoyens et des citoyennes. Ce n'est pas quelque chose qu'on a pris à la légère. Nous avons fait notre travail en comité et également dans les médias, sur la place publique et à la Chambre pour soulever ces questions et prendre le temps nécessaire pour avoir les avis juridiques, entendre les experts et avoir les avis de conformité à la Charte canadienne des droits et libertés avec le ministère de la Justice. Ces avis sont d'ailleurs arrivés à deux reprises avant et après le retrait de l'article 4.1.
Nous avons toujours été en faveur du principe du projet de loi. Nous espérons que nous pourrons y parvenir, car c'est une bonne chose pour le milieu culturel que d'impliquer les géants du Web à contribuer et à financer en partie notre production culturelle originale canadienne et québécoise.
Nous avons fait notre travail et nous étions prêts à entendre les arguments pour être sûrs et certains de protéger la liberté d'expression. C'est ce que nous avons fait et c'est la ligne directrice du NPD, à savoir soutenir le secteur culturel, nos artistes, artisans et techniciens. En même temps, nous voulions être absolument certains que tout était fait en conformité avec la Charte et avec les droits des citoyens et citoyennes de pouvoir continuer à exprimer leurs opinions ou à envoyer les vidéos qu'ils veulent sur certains médias sociaux. C'était vraiment important que nous fassions ce travail-là et nous l'avons de façon responsable et raisonnable. Malheureusement, nous avons dû subir quelques bâillons qui ont empêché certains débats et nos droits, en tant que parlementaires.
Je trouve assez bizarre la façon dont les libéraux ont géré ce projet de loi. Ils ont imposé un bâillon à un comité, ce qui est arrivé seulement trois fois dans l'histoire. Malgré ce bâillon, ils ont dû recourir à une super motion. Le gouvernement libéral a traité ce projet de loi comme si on l'avait laissé aller et qu'on l'avait pris à la légère, alors que c'était trop important pour l'équité dans notre écosystème pour la programmation canadienne et pour la défense de la programmation et du contenu en français, ainsi que dans les langues autochtones.
Que ce soit pour nos artistes de la télévision, du cinéma ou de la musique, nous voulons qu'ils aient la chance de poursuivre leurs activités et d'être rémunérés à bon escient pour le travail qu'ils font, notamment pour les musiciens sur YouTube, et qu'ils puissent continuer de raconter nos histoires. C'est une question d'emplois et c'est un secteur économique très important. Le secteur culturel représente des dizaines de milliers d'emplois dans tout le pays.
Plus que cela, la culture, c'est ce qui nous définit, qui dit qui nous sommes, quelle est notre vision de la société, comment nous abordons les sujets, les discussions sociales et les débats. C'est aussi la possibilité de changer nos points de vue et notre vision du monde, et la possibilité de changer le monde.
Je trouve triste que, le 21 juin, nous soyons encore obligés de parler de cela. Les libéraux auraient dû mieux gérer leur programme.
Cependant, je pense que ce projet de loi, en somme, atteint des objectifs qui sont importants pour notre secteur culturel, nos artistes et nos artisans. Le NPD va toujours être là pour les défendre.
Voir le profil de Gord Johns
NPD (BC)
Voir le profil de Gord Johns
2021-06-18 10:27 [p.8759]
Madame la Présidente, je veux remercier mon collègue d’avoir évoqué l’importance d’accroître les investissements pour les personnes âgées; ce qui est plus que nécessaire.
En tant que porte-parole pour les petites entreprises et le secteur touristique, j’aimerais parler des petites entreprises, qui ont clairement demandé une prolongation de la subvention salariale et de l’aide au loyer jusqu’au printemps prochain, en particulier pour celles qui dépendent du tourisme. De nombreuses petites entreprises répondent aux besoins des touristes internationaux, et nous savons qu’il n’y en aura pas cette année.
Mon collègue convient-il qu’il faudrait prolonger ces programmes pour s’assurer que ces entreprises puissent survivre jusqu’à l’an prochain, étant donné que les frontières ne rouvriront pas de sitôt?
Voir le profil de Robert Morrissey
Lib. (PE)
Voir le profil de Robert Morrissey
2021-06-18 10:28 [p.8759]
Madame la Présidente, c’est une question pertinente.
Je répondrais simplement à mon collègue en reprenant les paroles du premier ministre, qui a dit très clairement que nous soutiendrons les Canadiens et nos entreprises aussi longtemps qu’il le faudra, jusqu’à ce que nous sortions de cette pandémie.
Voir le profil de Daniel Blaikie
NPD (MB)
Voir le profil de Daniel Blaikie
2021-06-18 11:44 [p.8772]
Madame la Présidente, depuis que les libéraux ont annoncé une réduction considérable du montant de la Prestation canadienne de relance économique dans leur budget, les néo-démocrates exercent des pressions auprès du gouvernement pour qu'il annule cette décision.
La réponse que les libéraux donnent à la Chambre est carrément malhonnête. Ils prétendent que nous avons le choix entre appuyer leur budget et cette réduction ou nous opposer au budget et à la prolongation de la prestation. Or, ils savent pertinemment qu'il existe une troisième option, c'est-à-dire prolonger la prestation tout en la maintenant au niveau actuel.
Je demande simplement un peu d'honnêteté. Le gouvernement reconnaîtra-t-il que cette option existe et expliquera-t-il enfin pourquoi il choisit plutôt de réduire le budget des Canadiens qui ont du mal à joindre les deux bouts?
Voir le profil de Carla Qualtrough
Lib. (BC)
Voir le profil de Carla Qualtrough
2021-06-18 11:45 [p.8772]
Madame la Présidente, la Prestation canadienne de relance économique fait partie d'un train complet de mesures d'urgence et de relance visant à soutenir les travailleurs et les entreprises du Canada. Si les partis de l'opposition appuient le projet de loi C‑30, le nombre de semaines pendant lesquelles les Canadiens peuvent toucher la Prestation canadienne de relance économique sera porté à 50 semaines, les critères d'admissibilité aux prestations d'assurance-maladie seront assouplis, les entreprises pourront continuer d'accéder à la subvention salariale, et nous aiderons les Canadiens à réintégrer la population active en créant 500 000 occasions de formation et d'emploi, de même qu'en lançant le programme d'embauche pour la relance économique du Canada.
Nous continuerons de prendre tous les moyens nécessaires. Toutefois, nous implorons les partis de l'opposition de nous aider à adopter le projet de loi C‑30.
Voir le profil de Matthew Green
NPD (ON)
Voir le profil de Matthew Green
2021-06-18 14:56 [p.8803]
Madame la Présidente, je souhaite commencer mes observations sur le projet de loi C‑30, la loi d'exécution du budget, en prenant un moment pour réfléchir à mon passage à la Chambre.
À mon arrivée, j'ai eu l'occasion de réagir au discours du Trône. À ce moment-là, nous avions tous l'espoir qu'en situation de gouvernement minoritaire, nous pourrions travailler d'une manière qui profiterait le plus possible aux Canadiens. Puis, lors du discours du Trône suivant, après la prorogation, j'ai exprimé le regret que nous n'ayons pas pu faire mieux pour les Canadiens en cette période de crise.
Je veux profiter de ce moment de réflexion pour ramener la conversation sur les 25 000 personnes qui sont décédées de la COVID‑19 au pays. Nous avons entendu le député précédent parler du secteur agricole. Je tiens à souligner le décès récent d'un travailleur agricole migrant, une personne qui n'a pas bénéficié des mesures de protection de base que la plupart des Canadiens semblent tenir pour acquises. Je veux réfléchir à la question clé, à savoir ce qu'une loi d'exécution du budget est censée faire en temps de crise, pendant la pandémie de COVID‑19. Nous avons entendu le terme « sans précédent » très souvent.
La dernière fois que j'ai pris la parole à la Chambre, j'ai parlé de l'occasion que nous pouvions saisir, et j'ai dit que les néo-démocrates pouvaient lutter pas pour ce qu'on fait déjà, mais pour ce qu'on pourrait faire au Canada. J'aimerais pouvoir dire aujourd'hui que nous avons atteint cet idéal, mais je dois plutôt continuer de souligner les promesses que le gouvernement libéral a faites, mais qu'il n'a pas tenues envers les Canadiens de la classe ouvrière. Nous savons que tous n'ont pas été touchés par cette crise de la même façon.
Pendant la pandémie, les inégalités se sont creusées. Il n'y a pas eu de mobilisation générale ni d'esprit d'équipe à l'échelle du pays. Pendant que tous les autres étaient à 200 $ de l'insolvabilité, que 25 000 personnes ont trouvé la mort, dont un grand nombre qui ont du endurer des conditions de vie déplorables dans des centres de soins de longue durée qui avaient été privatisés et retirés de notre système de santé dit universel, les ultrariches parmi nous ont amassé une fortune de près de 80 milliards de dollars.
Nous avons appris beaucoup de choses à propos du gouvernement libéral au cours des dernières années. Il fait de beaux discours et est friand de grands titres dans les médias, mais il n'a pas l'intention d'agir. Certaines de ses propres annonces budgétaires ne font même pas partie du projet de loi de mise en œuvre du budget. Il n'y a pas d'impôt sur la fortune ni d'impôt sur les profits excessifs. Le gouvernement parle de consultations, ce qui lui permet d'attendre avant de donner des nouvelles à la Chambre. Pendant ce temps, les gens ultrariches du pays continuent de tirer profit de la misère des autres.
Il faut faire un choix chaque fois qu'on présente un budget: il faut décider, au fond, si on sera du côté du 1 % de gens ultrariches ou du côté des gens ordinaires comme nous. Depuis le début, les gens de ma circonscription, Hamilton‑Centre, remarquent que les libéraux ricanent alors qu'eux-mêmes craignent de perdre leur emploi ou de ne pas pouvoir payer le loyer. Ils ne peuvent même pas rêver d'acheter une première maison. C'est depuis longtemps un rêve impossible pour les gens de ma ville, puisque les salaires de la classe ouvrière ont été réduits alors que les ultrariches accumulaient des quantités scandaleuses d'argent.
Cette crise a fait ressortir la fragilité des filets de sécurité sociale dont nous sommes tant fiers, ces mesures qui, supposément, nous distinguent du reste du monde. Tout ce système a été établi au détriment des gens de la classe ouvrière. Nous n'avons qu'à regarder à quel point le programme d'assurance-emploi — que les gouvernements libéraux ont pillé pour équilibrer les budgets — s'est complètement écroulé, laissant à eux-mêmes les travailleurs à temps partiel et les travailleurs autonomes. Pendant la crise, ce sont les travailleurs qui ont directement subi les conséquences de toutes ces années d'austérité et de sous-financement des gouvernements libéraux et conservateurs qui se sont succédé.
Durant cette crise historique, alors que nous exigeons de meilleurs avantages pour les travailleurs et que nous luttons pour assurer une certaine sécurité à la population, des députés déplorent que le Canadien moyen puisse obtenir la maigre somme de 2 000 $ par mois. Les dépenses combinées de tous les programmes et de toutes les mesures sociales s'élèvent à environ 100 milliards de dollars, ce qui est bien peu comparativement aux 750 milliards de dollars qui ont été transférés à Bay Street et aux grandes banques.
Lorsque nous discutions d'un revenu minimum garanti et de l'augmentation de la PCU, je me souviens que le député de Winnipeg-Nord a dit: « Qu'allons-nous faire? Claquer des doigts pour aider les Canadiens? » Les libéraux l'ont bien fait pour Bay Street. Cela représente le plus vaste transfert de richesse entre la population, les travailleurs ordinaires, et les ultrariches du pays. C'est comme Robin des Bois, mais à l'envers.
Nous luttions pour défendre les travailleurs et pour trouver un équilibre. Parmi les erreurs qui ont été commises durant la pandémie, il y a le fait que l'aide de la subvention salariale a été versée aux entreprises plutôt que d'être versée directement aux travailleurs. Les libéraux l'ont fait en sachant qu'il y avait des lacunes et des échappatoires presque aussi importantes que l'escroquerie que constituent les paradis fiscaux. À quoi cela a-t-il abouti?
En 2020, le secteur pétrolier et gazier a reçu 18 milliards de dollars. Imperial Oil a touché 120 millions de dollars au titre de la Subvention salariale d'urgence du Canada pour ensuite verser 324 millions de dollars à ses actionnaires. Chartwell a reçu 3 millions de dollars et a versé 11 fois ce montant, soit 33 millions de dollars, à ses actionnaires.
Pendant les débats d'hier, un député libéral a tenté de remettre en question les propos du député de Burnaby en laissant entendre qu'il n'en faisait pas suffisamment à titre personnel pour contribuer à sa communauté.
J'ai une question à poser à la Chambre et à l'ensemble des Canadiens qui sont à l'écoute. Quand je parle des sommes que les entreprises canadiennes volent aux contribuables de ce pays, il faut se demander cui bono, c'est-à-dire à qui profite ce crime? Qui à la Chambre détient des actions qui ont produit des dividendes ayant peut-être été financés par la Subvention salariale d'urgence du Canada?
Air Canada a reçu 6 milliards de dollars. Pourtant, Greyhound se retire, et le gouvernement n'a pas jugé bon de soutenir les localités nordiques et rurales en offrant un service, en mettant en place une stratégie nationale de transport par autocar, qui aurait permis aux gens de se déplacer partout au pays. Il y a aussi près de 1 milliard de dollars qui ont été accordés aux sociétés pharmaceutiques. Or, nous n'avons pas d'accès privilégié à l'approvisionnement. Bref, nous donnons de l'argent au secteur privé sans rien obtenir en retour.
Pourquoi ne voyons-nous pas immédiatement, dans ce projet de loi d’exécution du budget, la capacité en tant que nation d’avoir nos propres vaccins, si vitaux? Parce que le gouvernement préfère s’incliner devant les grandes entreprises pharmaceutiques, les laisser fixer l’ordre du jour, les prix sur le marché, le marché mondial.
Personne n’est en sécurité dans ce pays tant que le monde entier n’est pas en sécurité. Le gouvernement continue de se vanter du nombre de vaccins qu’il a réussi à se procurer, tout en allant piger dans le système COVAX. Parallèlement, sans aucune autorité morale, il bloque les dérogations aux brevets que le monde entier demande.
Ma propre ville a été désignée comme un foyer d’infection du variant Delta cette semaine. Ce budget ne nous permet pas de répondre adéquatement aux éventuelles mutations du virus qui pourraient anéantir notre opération de vaccination.
Je veux que les libéraux réfléchissent à leurs promesses des deux dernières années par rapport à ce qu’ils ont véritablement accompli. En définitive, je veux qu’ils assument leurs responsabilités face à tous ceux qu’ils laissent sur la touche avec ce projet de loi d’exécution du budget.
Voir le profil de Louise Charbonneau
BQ (QC)
Voir le profil de Louise Charbonneau
2021-06-18 15:09 [p.8804]
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de Hamilton-Centre de sa présentation. Il a beaucoup parlé du programme de Subvention salariale d'urgence du Canada. Je voulais l'entendre sur les partis politiques qui ont reçu la subvention salariale.
Qu'en pense-t-il?
Voir le profil de Matthew Green
NPD (ON)
Voir le profil de Matthew Green
2021-06-18 15:09 [p.8805]
Madame la Présidente, franchement, je ne pensais pas que c'était approprié. Je tiens à le préciser clairement. Cependant, je crois que les partis qui avaient beaucoup d'argent dans leurs coffres sont ceux ayant le plus de comptes à rendre.
Nous aurions dû concentrer tous nos efforts sur les simples travailleurs canadiens.
Résultats : 1 - 15 de 915 | Page : 1 de 61

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
>
>|
Exporter en: XML CSV RSS

Pour plus d'options de données, veuillez voir Données ouvertes