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PCC (BC)
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2021-06-22 11:10 [p.8945]
Madame la Présidente, j’ai dit tout à l’heure qu’avec ce budget, le premier ministre avait perdu une occasion historique de repositionner notre économie sur la voie de la prospérité à long terme. J’ai toutefois reconnu que le budget proposait un certain nombre de mesures temporaires dont les Canadiens ont désespérément besoin pour sortir de cette pandémie. J’ai même félicité le gouvernement d’avoir prolongé les programmes de subvention salariale et de subvention au loyer ainsi qu’un certain nombre d’aides consenties aux Canadiens.
C’est ce que doit faire une opposition responsable: faire des suggestions utiles, quand c’est possible, et dénoncer les dysfonctionnements lorsqu’ils se produisent. Par conséquent, j’aimerais bien pouvoir dire que mes collègues conservateurs et moi allons appuyer ce budget, car le mieux ne doit pas être l’ennemi du bien. Pour autant, force nous est de constater qu’on est bien loin du budget de croissance que la ministre des Finances nous avait promis. Au contraire, comme l’a dit récemment l’ancien sous-ministre des Finances, Kevin Lynch, ce budget constitue le plus important « transfert de dette et de risque » que le Canada ait jamais connu. La ministre des Finances n’a pas su mesurer l’ampleur du défi à relever, et elle a donc omis d’inclure dans son budget des objectifs budgétaires rigoureux et un plan de gestion de la dette que réclamait pourtant sa propre lettre de mandat.
Avec ce budget, notre dette nationale va exploser et atteindre 1,4 billion de dollars à très court terme, ce qui n’empêche d’ailleurs pas le gouvernement d’envisager d’emprunter encore plus. Le seul objectif que la ministre s’est fixé est de ramener notre ratio dette-PIB à un peu moins de 50 %, soit bien au-dessus de ce qu’il était avant la pandémie. On laissera ainsi des dettes et des déficits pharaoniques à nos enfants et à nos petits-enfants.
On a demandé maintes et maintes fois à la ministre si elle prévoyait un retour à l’équilibre budgétaire, autrement dit si son gouvernement planifiait de vivre un jour selon ses moyens. À chaque fois, elle a refusé catégoriquement de répondre, ce qui sous-entend clairement que la réponse est non. Est-ce là le budget de croissance que le premier ministre avait promis? Absolument pas. En plus d’augmenter considérablement notre déficit, notre dette et la taille de notre gouvernement, ce budget ne contribuera guère à positionner notre économie sur la voie de la croissance et de la prospérité à long terme.
Pendant que les autres pays du G7 investissent massivement dans des secteurs comme les infrastructures essentielles, réduisent les impôts, entreprennent des réformes de leur réglementation, encouragent l’innovation et diminuent leurs échanges commerciaux avec des pays hostiles comme la Chine, notre premier ministre se contente de déverser un demi-billion de dollars tous azimuts pour assurer sa réélection.
Rien n’est prévu pour réorienter notre politique industrielle d’une économie du tangible vers une économie de l’intangible, et rien n’est prévu pour renforcer l’éducation, la recherche-développement et l’innovation au Canada, afin que les entreprises en démarrage soient en mesure de commercialiser leurs produits et de créer des emplois au pays. Rien n’est prévu non plus pour mettre un frein à l'exode de capitaux étrangers et pour assurer la construction des infrastructures nécessaires au développement de notre pays. Nous avons aujourd’hui la triste réputation d’être un pays où on ne peut rien bâtir. Le fiasco de Northern Gateway, de Keystone XL et d’Énergie Est et le futur fiasco de la canalisation 5 en sont des exemples flagrants, qui se sont tous produits sous l’actuel gouvernement libéral. Qui plus est, le budget abandonne complètement le secteur pétrolier et gazier en l’excluant explicitement du crédit d’impôt à l’investissement pour le captage, l’utilisation et le stockage du carbone.
Je repose la question: est-ce qu'il s'agit d'un budget de croissance? Absolument pas. En fait, même l’ancien conseiller politique du premier ministre, Robert Asselin, l’a récemment confirmé en disant que le budget « double la mise sur des programmes qui ne comblent pas les lacunes de notre secteur de l’innovation et qui ont donné peu de résultats jusqu’à présent ». Et de poursuivre: « il est difficile d’y voir un plan de croissance cohérent. »
La ministre des Finances n’a manifestement pas écouté ses propres conseillers libéraux. Elle n’a pas non plus songé à prendre des mesures dans d’autres dossiers urgents, comme la menace d’une hausse de l’inflation et, partant, des taux d’intérêt, ce qui aurait un grave impact sur les millions de Canadiens qui ont une hypothèque à rembourser.
En fait, la semaine dernière, Statistique Canada nous a appris que le coût de la vie continue d’augmenter à un taux jamais vu depuis 10 ans, ce qui montre bien que la dette d’un billion de dollars et les déficits successifs, qui sont l’héritage de la ministre, contribuent à faire augmenter considérablement le coût de la vie au Canada. Cela est en partie dû au fait que la ministre a injecté énormément d’argent dans notre économie alors que les économistes lui disaient qu’elle risquait d'attiser l’inflation, et voilà où nous en sommes aujourd’hui. Même le directeur parlementaire du budget a reconnu que le gouvernement libéral avait sans doute mal calibré les investissements consacrés à la relance.
Parlons franchement: le risque que des emprunts et des dépenses massifs provoquent une inflation galopante est très réel. Je sais que le gouvernement ne veut pas l’entendre et qu’il préfère se raccrocher à l’espoir que ces pressions inflationnistes seront temporaires. Toutefois, la Deutsche Bank allemande, particulièrement lucide, a récemment alerté la communauté internationale en disant que l’inflation est une véritable bombe à retardement, mais notre ministre refuse d’écouter.
Par exemple, pourquoi le gouvernement libéral investit-il des centaines de millions de dollars de deniers publics dans la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, qui est dirigée par l’État chinois? C’est une banque qui ne fait aucun investissement au Canada mais qui, par contre, finance les efforts déployés par la Chine pour étendre son pouvoir et son influence partout en Asie. En fait, le Canada ne devrait pas collaborer avec le régime communiste chinois tant que celui-ci poursuit son génocide contre la population musulmane ouïgoure, tant qu’il piétine la démocratie à Hong Kong, tant qu’il organise le trafic d’organes prélevés sur des minorités persécutées comme les membres du Falun Gong, et tant qu’il trahit le Canada dans la débâcle du vaccin CanSino. Pourquoi les libéraux continuent-ils de collaborer avec la Chine alors que le premier ministre ne peut même pas expliquer pourquoi deux scientifiques chinois ont été expulsés sous escorte du laboratoire de virologie de haute sécurité, à Winnipeg, avant d’être licenciés? Pourquoi le Canada investit-il des deniers publics dans une banque contrôlée par le régime communiste chinois quand nos deux Michael continuent de languir dans des prisons chinoises? Le ministre refuse de répondre à ces questions tout en continuant de gaspiller des deniers publics dans le but d'apaiser la Chine.
Le budget ne propose pas de plan précis pour la réouverture de notre frontière avec les États-Unis, notre plus important partenaire commercial. Environ 2 milliards de dollars de marchandises traversent la frontière quotidiennement, et pourtant, le budget fait à peine mention de la sécurité à la frontière et de la facilitation des échanges commerciaux, et il ne dit pas si des discussions sont en cours avec l’administration Biden pour rouvrir cette frontière en toute sécurité.
Nous allons juger le budget du gouvernement non pas sur la quantité, mais sur la qualité des dépenses, et sur ce plan-là, il n’y a pas grand-chose qu’on puisse récupérer. Nous, les conservateurs, sommes mieux en mesure de juger des mérites de ce budget et de déterminer l’impact qu’il va avoir sur les Canadiens à court terme, à moyen terme et à long terme. Comme je l’ai dit, à court terme, il y a un certain nombre de mesures que nous pouvons appuyer, car elles aideront les Canadiens à sortir de cette crise économique et sanitaire, mais à moyen et surtout à long terme, il n’y a vraiment pas de quoi se réjouir. Ce n’est qu’une litanie de dettes et de déficits, et le gouvernement libéral ne prend même pas la peine d’envisager un retour à l’équilibre budgétaire.
En tant qu’opposition officielle responsable, nous n’avons d’autre choix que de rejeter la proposition du gouvernement de vider les coffres pour favoriser la réélection des libéraux et d’en laisser la facture aux générations futures. Les Canadiens peuvent être sûrs d’une chose: un gouvernement conservateur mettra en œuvre un vrai plan de relance qui sécurisera l’avenir de notre pays en remettant les Canadiens au travail, en aidant les petits entrepreneurs à redémarrer, en rétablissant la réputation du Canada et son avantage concurrentiel, et en gérant prudemment le fardeau financier pharaonique que le gouvernement nous aura laissé. Les conservateurs l’ont déjà fait et ils sont prêts à le refaire.
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PCC (ON)
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2021-06-22 16:10 [p.8990]
Madame la Présidente, le premier ministre croit qu’il a découvert une véritable corne d’abondance. Au cours du dernier exercice, le déficit s’est chiffré à 354 milliards de dollars. Entre février 2020 et février 2021, la Banque du Canada a augmenté la masse monétaire de, ô surprise, 354 milliards de dollars. Le premier ministre pense que c'est formidable: c’est de l’argent facile. Il commence à devenir accro à l’idée de voir des billets sortir à toute vitesse des machines à imprimer et de nouvelles pièces de monnaie jaillir du dernier étage de l’édifice de la Banque du Canada, à quelques minutes d’ici.
Je soulève la question aujourd’hui, car un débat très intéressant sur la cible d’inflation de la Banque du Canada n’a pas lieu, bien que l'échéance approche à grands pas. À partir de 1991, la Banque et le gouvernement ont signé une entente selon laquelle la cible d’inflation s’établirait entre 1 % et 3 %; ils l'ont appelée le « cadre de conduite de la politique monétaire ». Ce sont des mots ennuyeux pour désigner ce qui peut avoir une incidence sur la santé financière des Canadiens plus que tout ce qui se produit ici, au Parlement. Cette entente concernant la cible d’inflation est renouvelée tous les cinq ans; elle le sera le 24 octobre de cette année. Le premier ministre a clairement indiqué qu’il allait déclencher des élections hâtives cet été, ce qui veut dire que s’il gagnait, il pourrait imposer une nouvelle règle sur l’inflation sans que les Canadiens aient un mot à dire. Je soupçonne que 99 % des Canadiens ne savent même pas que cela peut être débattu, mais voici pourquoi c’est important.
Si le premier ministre modifiait le mandat de la Banque du Canada en octobre, il pourrait commencer à financer de manière permanente de plus grandes parts des dépenses du gouvernement à l’aide de l'argent imprimé par la Banque du Canada, même si cela entraîne une inflation supérieure à 3 %, comme c’est le cas actuellement. Cela aurait été impossible avant la pandémie. Selon des ententes avec la Banque, nous, les Canadiens, étions protégés contre une augmentation indue des prix et une création monétaire inacceptable et injustifiable. Toutefois, compte tenu du renouvellement de cette entente, qui n'a fait l’objet d’aucun débat à la Chambre des communes ni au comité des finances, le premier ministre pourrait procéder à la plus forte augmentation de taxe non approuvée de l’histoire du pays: la taxe d’inflation.
Qu'est-ce que la taxe d'inflation? C'est très simple. Quand la Banque du Canada imprime de l'argent pour financer le gouvernement, cela procure au gouvernement une nouvelle source de revenus. L'an dernier, l'argent neuf imprimé par la Banque du Canada a été la principale source de revenus du gouvernement. Pas les impôts, pas la TPS, pas les droits de douane, pas même l'emprunt auprès des prêteurs du secteur privé, mais bien la production de nouveaux billets pour un total de 303 milliards de dollars comme source de revenus pour le gouvernement actuel. Le premier ministre pourrait vouloir poursuivre sur cette lancée à l'avenir. Or, cela cause un sérieux problème d'augmentation non seulement des impôts, mais du coût de la vie pour les Canadiens. Cette taxe sera payée sous forme d'augmentation des prix. Le prix des maisons a augmenté de 30 % tandis que le prix de la nourriture, du bois d'œuvre, des automobiles et des transports ont tous fracassé des records par rapport à ce qu'ils étaient dans les dernières années. Voilà la conséquence naturelle quand le gouvernement inonde le pays avec de l'argent bon marché. Quand l'argent n'a pas une grande valeur, la valeur de tout le reste augmente soudainement.
Nous pourrions demander à des experts s'ils pensent que cela constitue une taxe déguisée. Si vous me le permettez, je vous cite quelques experts, un à la fois.
Dans un discours prononcé en 1978, Milton Friedman, récipiendaire du prix Nobel d'économie a déclaré ce qui suit:
Dans toute l'histoire, il n'y a jamais eu d'inflation sans une augmentation extrêmement rapide de la quantité d'argent. On n'a jamais vu une augmentation extrêmement rapide de la quantité d'argent sans inflation[...]
C'est pourquoi M. Friedman a écrit, dans son étude détaillée intitulée « Une histoire monétaire des États‑Unis, 1867-1960 », que « l'inflation est toujours et partout un phénomène monétaire ». Il a aussi dit que « l'inflation, c'est comme une taxe imposée sans une loi », ce qui contrevient au principe fondamental selon lequel le Parlement devrait approuver toutes les taxes avant que le gouvernement puisse les imposer.
Certains pourraient dire que ce n'est qu'une vision classique de l'économie. Or, John Maynard Keynes, qu'on ne peut certainement pas qualifier d'économiste classique, a dit ceci:
Par un processus d'inflation continu, les gouvernements peuvent confisquer, secrètement et en cachette, une part importante de la richesse de leurs citoyens. Par cette méthode, non seulement ils confisquent, mais ils confisquent de manière arbitraire; et même si le processus appauvrit beaucoup de gens, quelques-uns s'en trouvent tout de même enrichis.
Ce processus a été démontré. L'inflation profite effectivement aux gens extrêmement fortunés. C'est pourquoi, dans la dernière année, où l'augmentation de la masse monétaire a contribué à l'inflation, nous avons vu les inégalités économiques entre les riches et les pauvres se creuser de façon considérable. Dans les six premiers mois où la banque centrale a fait marcher la planche à billets à toute allure, les 28 Canadiens les plus riches ont vu leur fortune augmenter de 32 %, alors que l'économie du pays accusait un déficit de 120 milliards de dollars.
Où ont-ils trouvé tout cet argent? La banque a imprimé de l’argent, ce qui a fait gonfler l’actif du super-riche tout en dévaluant le salaire du travailleur pauvre. Voilà une des raisons pour lesquelles nous préconisons le principe « pas de taxation sans représentation »: il ne suffit pas d’approuver la quantité de taxes et d’impôts, mais il faut en considérer la composition. La quantité renvoie à la valeur en dollars. Naturellement, cela a été énorme l’an dernier, mais la composition renvoie à celui qui paie.
Nous savons que le pauvre assume une part disproportionnée de la taxe d’inflation. Le gouverneur de la Banque du Canada a reconnu ce fait devant moi lorsqu’il a comparu devant le comité des finances. Il a déclaré que le pauvre paie plus en inflation parce qu’il transige plus avec de l’argent comptant. Il ne peut pas protéger sa richesse limitée dans des actifs à l’abri de l’inflation, comme de l’or, des propriétés foncières, des actions, des obligations, etc. La très petite somme d’argent dont il dispose lui sera donc subtilisée par ce voleur silencieux appelé l’inflation.
Aucun de nous dans cette enceinte ne pourrait se faire réélire s’il votait pour une augmentation d’impôt qui frapperait le travailleur pauvre et utilisait l’argent de façon disproportionnée pour accroître la richesse du super-riche. Voilà pourquoi aucun vote de ce genre n’a été tenu. Le gouvernement a simplement refilé le processus à la Banque du Canada pour qu’elle imprime de l’argent et fasse le sale travail à sa place.
Je vais paraphraser de nouveau Milton Friedman, un lauréat d’un prix Nobel, selon lequel l’inflation est la seule forme d’impôt qui peut être levé sans l’adoption d’une loi. Naturellement, il parlait en qualité d’économiste. Je vais démontrer que la taxe d’inflation a été un choix délibéré et que cette mesure a été prise sans l’approbation des Canadiens par la voix du Parlement. Je vais le démontrer en me reportant aux données empiriques indéniables produites par Milton Friedman.
Il avait démontré l’existence d’une corrélation parfaite entre l’augmentation de l’indice des prix à la consommation et l’augmentation de la masse monétaire pour chaque unité d’extrant économique qu’il a observée aux États‑Unis, au Royaume‑Uni, au Japon, en Allemagne et au Brésil. Autrement dit, dans ces cinq pays répartis sur quatre continents, l’inflation a connu une augmentation presque identique à l’augmentation de la masse monétaire. Voilà une preuve empirique qui démontre au-delà de tout doute que lorsque nous imprimons de l’argent, nous augmentons les prix au profit du riche et aux dépens du pauvre.
Les spécialistes du secteur financier moderne abondent dans le même sens. Le conseiller économique principal de HSBC, Steven Green, a écrit dans le Financial Times l’an dernier que l’inflation et les impôts sont, à bien des égards, les deux côtés de la même médaille. Il a ajouté qu’il en est ainsi parce qu’une inflation plus élevée que prévu sert à redistribuer la richesse, qui passe ainsi des créditeurs privés, comme les pensionnés, à des débiteurs publics. À cette étape, nous bouclons la bouche: la distinction entre la planche à billets et les impôts commencent à disparaître.
Warren Buffett, le plus grand investisseur de l'histoire, a dit ceci:
Les chiffres indiquent clairement que l'inflation est une taxe bien plus dévastatrice que tout ce qui a été adopté par notre assemblée législative. La capacité de consommation de capitaux de la taxe d'inflation est tout simplement extraordinaire. Prenons l'exemple d'une veuve qui place ses économies dans un compte sur livret au taux de 5 %. Qu'elle paie un impôt sur le revenu de 100 % sur ses revenus d'intérêts durant une période où l'inflation est à zéro ou qu'elle ne paie aucun impôt sur le revenu pendant des années où l'inflation s'élève à 5 %, cela ne changera rien pour elle. D'une façon ou d'une autre, son fardeau fiscal sera tel qu'il ne lui restera plus de revenu réel. Tout argent qu'elle dépense sortira directement de ses capitaux. Elle jugerait exorbitant un impôt sur le revenu de 120 %, mais ne semble pas être consciente qu'un taux d'inflation de 5 % est équivalent.
Disons qu'une veuve a réalisé des économies de l'ordre de 100 000 $. Si elle touche des revenus de 5 % là‑dessus, et que le taux d'inflation est de 5 %, elle ne gagnera rien. Tous ses revenus d'épargne se volatiliseront à cause de l'inflation. C'est comme si le Parlement du Canada adoptait un projet de loi imposant une taxe de 100 % sur tous ses revenus d'épargne, ce que nous ne ferions jamais. Cependant, c'est ce que fait la banque centrale, sans qu'on puisse demander des comptes aux politiciens.
Le célèbre Charlie Munger, partenaire d'affaires de M. Buffett, a dit ceci:
Je crois que les démocraties sont prédisposées à l'inflation parce que les politiciens y dépensent de façon démesurée, qu'ils ont accès à une presse à billets et qu'ils utilisent cet argent pour obtenir des votes. Si on regarde l'inflation sous l'Empire romain, où le règne des dirigeants était absolu, l'inflation était beaucoup plus importante, donc nous n'établissons pas de record. C'est un phénomène de longue haleine, peu importe le type de gouvernement.
Poursuivons avec John Kenneth Galbraith, célèbre économiste canadien de gauche qui a déclaré que rien n'affaiblit un gouvernement comme une inflation soutenue.
Pour leur part, Nouriel Roubini et David Backus, deux autres économistes de renommée mondiale, affirment que, puisque le gouvernement acquiert des biens et des services grâce à l'impression de billets, le seigneuriage est en fait un impôt du gouvernement sur des agents privés. On appelle aussi ce seigneuriage un impôt prélevé par l'inflation. Ils expliquent ensuite l'incidence de cet impôt, surtout sur les plus pauvres.
Ce n'est pas qu'un simple point de vue. C'est un fait mathématique qui est confirmé par certains des économistes les plus réputés de la planète, dont un bon nombre de lauréats du prix Nobel qui cumulent des centaines d'années de recherche inductive qui prouve que l'impôt a une incidence sur l'inflation. Il s'agit des réflexions de certains des plus grands investisseurs de notre ère. Ils s'entendent tous pour dire que l'inflation, quand elle est le fruit des fonds injectés dans l'économie par la banque centrale, n'est rien d'autre qu'un impôt.
C'est le genre de taxe qui a été imposée par les pires dirigeants qui soient. Pensons à Henry VIII, par exemple. Il avait la réputation d'être dépensier. Malgré l'immense fortune dont il avait hérité de son père — et je me demande si cela rappelle quelqu'un aux députés —, ses coffres étaient vides. Il était toujours à sec, et la livre britannique, qui correspondait littéralement à une livre d'argent, se faisait de plus en plus rare pour lui.
Il avait besoin de plus de pièces de monnaie, mais il n'avait pas suffisamment d'argent pour fabriquer tout ce dont il avait besoin, alors il a fait fondre les pièces existantes pour en fabriquer d'autres en cuivre, mais en les recouvrant d'une mince, très mince couche d'argent. Son visage se trouvait sur les pièces, bien entendu, tout égocentrique qu'il était, et son visage pointait à l'extérieur de la pièce; il ne s'agissait pas d'un portrait de profil. Comme son nez était protubérant sur la pièce, il frottait à l'intérieur des poches et des sacs d'argent, et la couche d'argent disparaissait et faisait apparaître un nez de cuivre rouge. Tout le monde savait donc que le roi Henry leur avait donné une pièce d'argent fausse, frauduleuse, puisque son nez était rouge. On dit que c'est la longueur du nez d'un politicien qui trahit ses mensonges. Dans le cas d'Henry VIII, c'était la couleur de son nez.
En fait, il a procédé à une dévalorisation massive de la monnaie. Au début de son règne, la livre britannique était composée à 92 % d’argent. La teneur a été réduite à 75 %, puis à 50 %, ensuite à 33 % et était rendue à 25 % en 1551. Son successeur l’a réduite encore davantage. Au bout du compte, la teneur en argent de chaque pièce a diminué d’environ 87 %, et on peut deviner ce qui est arrivé aux prix: ils ont grimpé d’environ 75 %. Tout coûtait de plus en plus cher. La vie s’est améliorée pour lui. Bien sûr, chacun sait qu’il souffrait de la maladie des rois, la goutte, qui résulte des excès de table et de boisson. Par conséquent, la vie était très agréable à la cour du roi, car il avait créé tout cet argent factice qui les enrichissait, lui et ses amis, mais c’était terrible pour les paysans et les gens ordinaires qui travaillaient à la sueur de leur front. Ils s’appauvrissaient à mesure que leur argent perdait de la valeur.
C’est la taxe par l’inflation. On voit bien que l'actuel premier ministre ne nous apprend rien de nouveau. L’idée n’est pas nouvelle. En fait, l’histoire nous enseigne, en matière d’économie, que les dirigeants répètent sans cesse les mêmes erreurs. Je cite Kipling:
Tant le chien retourne à son vomi et la truie à son bourbier,Tant les doigts bandés de l’imbécile vacillent et retournent se brûler [...]
Ainsi, nous nous brûlons encore et encore en reproduisant les mêmes erreurs que nos prédécesseurs.
Cela me ramène à la Banque du Canada. Les représentants de la Banque ont récemment abordé divers sujets qui n’ont rien à voir avec son mandat. L’ancien gouverneur Stephen Poloz, par exemple, s’est régulièrement prononcé sur des questions qui ne sont pas du tout de sa compétence, notamment en matière de politique sociale, lorsqu’il a proposé que le gouvernement prenne en charge les services de garde d’enfants. Cela dépasse largement le mandat de la Banque du Canada. Récemment, nous avons vu des gouverneurs et des sous-gouverneurs de la Banque du Canada commenter toutes sortes de sujets, de la politique fiscale à la politique environnementale, en passant par une foule de dossiers qui n’ont rien à voir avec le mandat de la Banque. Sur le site Web de la Banque, on peut même trouver un exposé du sous-gouverneur Paul Beaudry sur « le grand renouveau », selon ses propres mots, quel qu’en soit le sens. Il estime que cela relève du mandat de la Banque du Canada, alors que ce n’est évidemment pas le cas.
Il est à craindre que la Banque ne devienne qu’un instrument politique au service d’un gouvernement de gauche, qui tenterait d’accomplir de façon non démocratique ce qu'il ne pourrait jamais faire accepter aux Canadiens de façon démocratique.
Les Canadiens n’appuieraient jamais une hausse massive des impôts des pauvres qui servirait à financer les fantaisies idéologiques et l’enrichissement des super riches et de la super élite. C’est pourquoi nous, au Parlement, devons reprendre nos pouvoirs, les pouvoirs dont cette Chambre et celles qui l’ont précédée au Parlement britannique ont été investies depuis 800 ans, afin que les gouvernements, y compris les banques centrales, ne puissent prélever une taxe que les députés n’ont pas approuvée, que le principe du gouvernement responsable demeure, que le Parlement règne en maître, et que le citoyen passe avant l’État, et le peuple, avant la Couronne.
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PCC (BC)
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2021-06-22 16:36 [p.8994]
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son intervention très instructive et très fouillée sur l'inflation. Lors de mes rencontres avec des fabricants, des importateurs et des détaillants, j'ai beaucoup entendu parler de plusieurs nouvelles exigences réglementaires, qui imposent un fardeau et qui viennent d'entrer en vigueur ou qui sont sur le point d'entrer en vigueur, ainsi que des préoccupations concernant les prix, la disponibilité de produits et la compétitivité du Canada.
Je me demande si le député pourrait parler de la façon dont les fardeaux réglementaires peuvent se répercuter sur l'inflation.
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PCC (ON)
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2021-06-22 16:37 [p.8994]
Madame la Présidente, les répercussions possibles sont considérables. Par exemple, je crois que la députée a examiné les nouveaux règlements qui rendraient les appareils électroménagers achetés par les Canadiens beaucoup plus chers que les mêmes appareils vendus au sud de la frontière, même si nous disposons d'un marché intégré pour ces mêmes produits.
Soit dit en passant, les grandes entreprises n'assument pas les coûts occasionnés par les règlements; elles le refilent aux travailleurs en réduisant les salaires et aux consommateurs en augmentant les prix. En fait, bon nombre des plus grandes entreprises adorent la réglementation, car elles peuvent s'en servir pour exclure leurs concurrents en rendant l'accès au secteur de plus en plus difficile et de plus en plus coûteux pour d'autres entrepreneurs.
Qu'est‑ce que cela signifie? Une concurrence réduite entraîne toujours des prix plus élevés pour les consommateurs, des salaires plus bas et moins de possibilités de carrière pour les travailleurs.
Voir le profil de Sébastien Lemire
BQ (QC)
Madame la Présidente, j'ai bien aimé la partie historique du discours de mon collègue de Carleton lorsqu'il parlait de la valeur de la monnaie sous Henry IV, si ma mémoire est bonne.
Je constate que mon collègue a une certaine appréciation pour l'histoire. On a beaucoup taquiné les souverainistes avec la « piastre à Lévesque », qu'on disait à 70 ¢. Pourtant, dans les dernières décennies il y a eu bien des moments où on l'aurait appréciée, cette piastre à 70 ¢.
J'aimerais savoir ce que mon collègue pense de l'actuelle « piastre à Trudeau ». Peut-il me dire ce que serait la « piastre à Poilièvre » s'il était lui-même responsable des finances?
Voir le profil de Pierre Poilievre
PCC (ON)
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2021-06-22 16:39 [p.8994]
Madame la Présidente, le député ne m'a pas nommé par mon nom. Il a simplement mentionné le nom officiel de la piastre que je vais créer dans l'avenir. Si le Bloc québécois s'oppose à cette piastre, je pourrai dire que c'est un bloquiste qui avait suggéré que les conservateurs créent une telle piastre portant mon nom de famille. Ce sera une piastre qui conservera sa valeur, que les travailleurs vont apprécier et qui leur permettra d'acheter davantage. C'est la meilleure idée que j'ai jamais entendue ici, à la Chambre des communes.
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PCC (ON)
Voir le profil de Bob Saroya
2021-06-22 16:40 [p.8994]
Madame la Présidente, c’est pour moi un plaisir de parler du projet de loi C‑30, la loi d’exécution du budget.
Je me rends compte que c’est probablement la dernière fois que je prends la parole avant la tenue des élections. Avant d’en venir au budget, je voudrais dire que c’est pour moi un honneur de représenter les gens de Markham—Unionville au Parlement. Lorsque je suis arrivé au pays, il y a plus de 45 ans, je parlais à peine anglais et je n’aurais jamais imaginé représenter ma collectivité au conseil municipal, et encore moins au Parlement. Je veux remercier ma collectivité pour le soutien sans faille qu’elle m’a témoigné.
Les gens parleront encore pendant des générations de la COVID‑19. Un virus a paralysé le monde entier et tué des millions de personnes. Aucun gouvernement n’était vraiment préparé, et les politiciens ont dû prendre des mesures importantes rapidement au lieu d’attendre des années pour s’attaquer au problème. Dans certains pays, les politiciens ont saisi l’occasion pour travailler ensemble afin d’aider leur pays à surmonter la pandémie. Dans d’autres pays, les gouvernements ont tenu les gens dans l'ignorance, nié l’existence du problème et transformé chaque décision en spectacle politique. De toute évidence, le Canada se trouvait dans la deuxième catégorie.
Dans ce budget, le gouvernement libéral prévoit de continuer à mettre de l'avant bon nombre de ses très mauvaises idées. Au lieu de se concentrer sur ce dont les Canadiens ont besoin pour se remettre sur pied, les libéraux cherchent des façons de dépenser en fonction de leurs priorités. Naturellement, ces priorités comprennent toujours des mesures payantes pour les proches des libéraux. À ce jour, le travail de consultant et de lobbyiste n’a jamais été meilleur pour ceux qui ont des liens avec le premier ministre. Les priorités des libéraux ajoutent des milliards de dollars à la dette, des milliards que nous n’avons pas les moyens de dépenser.
Nous savons que, lorsque les députés libéraux défendent les folles dépenses du premier ministre, ils aiment utiliser des termes techniques difficiles à comprendre. Je vais donc essayer de faire le contraire et de présenter mes arguments de sorte qu’ils soient faciles à suivre.
Lorsque je suis arrivé au pays, je comptais chaque cent. J’étais un adolescent indien qui ne parlait presque pas anglais, et il n’était pas facile de trouver un emploi. Chaque dollar que je dépensais comptait. J’ai pris beaucoup de décisions difficiles, à cette époque-là, sur ce dont je pouvais me passer. Il y a eu beaucoup de repas de sandwichs au fromage.
Lorsque j’ai commencé à fonder ma famille, j’ai dû prendre encore des décisions difficiles. Nous ne pouvions pas dépenser plus que ce que nous gagnions. Je me rappelle avoir décidé de nombreuses fois, avec ma femme Roopa, d’économiser pour les études de nos enfants ou en prévision des périodes difficiles au lieu de prendre des vacances. Pour nous, l’éducation était ce qu’il y avait de plus important, et cela comprenait l’obligation d’enseigner à nos enfants à faire un budget.
J'estime que les décisions difficiles que j'ai prises à table avec Roopa, dans notre cuisine, ont été payantes. Mon aîné, Rohin, est aujourd'hui médecin, et je ne pourrais pas être plus fier de sa réussite. Les économies que j'ai faites alors qu'il était encore bébé l'ont aidé à payer ses études de médecine. L'histoire de sa femme, Preoli, qui est dentiste, est très semblable.
Mon autre fils, Tarun, a fait des études universitaires et travaille aujourd'hui au sein du gouvernement provincial. Il a aussi mis à profit sa scolarité dans le milieu des affaires. Ma fille, Shalin, vient d'être acceptée en droit. Tout cela nous confirme, à ma femme et moi, que nous avons fait le bon choix en économisant. Nous nous sommes privés de bien des choses, mais nous avions l'argent nécessaire pour payer les droits de scolarité de nos enfants.
Je sais que les libéraux détestent entendre les conservateurs comparer l'équilibre budgétaire à la gestion du budget familial. Pour les libéraux, c'est beaucoup plus compliqué que cela. Bien que le budget fédéral soit certes plus compliqué, la base demeure essentiellement la même.
Quand on emprunte, quelqu'un est responsable de cette dette. Certains députés seront peut-être surpris de l'apprendre. Chaque fois qu'il y a un vote à la Chambre sur des dépenses de fonds publics, je me demande qui va payer la note. Il y a des années de cela, quand il était question du budget, on entendait souvent dire que le gouvernement devrait dépenser allégrement en période de stagnation afin de stimuler l'économie, puis payer ses dettes en période de prospérité. Ainsi, advenant une autre crise, il aurait les fonds nécessaires pour stimuler à nouveau l'économie.
Le gouvernement libéral a délaissé cette vision des choses. Il veut faire croire aux Canadiens qu'aucun gouvernement n'a à rembourser quoi que ce soit, qu'il suffit d'une planification soignée pour que le gouvernement puisse indéfiniment jongler avec la dette et ainsi tirer tous les avantages de dépenses débridées sans jamais en subir les conséquences. Ce plan est atroce.
La pandémie de COVID‑19 a montré que les gouvernements doivent avoir la marge de manœuvre nécessaire pour faire des dépenses. Sans aide gouvernementale, nombre de Canadiens auraient déclaré faillite en raison de la COVID‑19. Je sais que, malgré cette aide, beaucoup de petites entreprises ont dû fermer leurs portes.
Avec la pandémie, la dette a atteint de nouveaux sommets. Quand nous votons sur les dépenses au Parlement, nous devons penser à nous préparer en vue de la prochaine crise. Il ne faut donc pas dépenser plus que nous en avons les moyens maintenant.
Voici ce qu'a déclaré la ministre des Finances:
Le Canada est un pays jeune et vaste, qui possède une formidable capacité de croissance. Ce budget stimulera cette capacité. Ce sont des investissements dans notre avenir et ils rapporteront beaucoup. Dans le contexte actuel où les taux d’intérêt sont faibles, non seulement nous pouvons nous permettre ces investissements [...], mais il serait peu judicieux de notre part de ne pas faire ces investissements.
Il serait « peu judicieux de notre part de ne pas faire ces investissements »; voilà une affirmation intéressante. Je me demande si la ministre des Finances peut citer un cas où il était peu judicieux de dépenser plus que ce que nous avions. Le gouvernement libéral semble croire qu’il est toujours nécessaire de dépenser davantage. On n'a qu'à penser à la promesse que le premier ministre a faite en 2015, soit que le budget serait équilibré avant longtemps et qu'après de petits déficits, tout irait bien. Les promesses de dépenses responsables n’ont été que des paroles creuses.
Je vais revenir à qui paie la note. La plupart des Canadiens ne se rendent probablement pas compte de ce que ces emprunts coûtent au Canada. Même avec de faibles taux d’intérêt, c’est bien au-delà de 20 milliards de dollars. En alourdissant notre dette nationale plus que tous ses prédécesseurs réunis, le premier ministre fera grimper les paiements d’intérêts à de nouveaux sommets.
Le premier ministre a dit à tout le monde que les budgets s’équilibrent d’eux-mêmes. S’il le pense encore, je tiens à lui assurer que ce n’est pas le cas. Lorsque nous ne faisons rien pour nous attaquer à la dette et aux dépenses, les choses empirent. On dit aux gens d’éviter ce genre de piège de l’endettement dans leur vie personnelle. Les libéraux croient que c’est responsable de gonfler l’endettement d'un niveau déjà historiquement élevé. Leur plan exige que les Canadiens pensent que la dette est un problème éloigné dans l’avenir et qu’ils seront d’accord pour transmettre la dette à la prochaine génération. Pour moi, c’est inacceptable.
Je suis venu dans ce pays en quête d’une vie meilleure. Je savais qu’ici, les gens pouvaient élever leur famille et assurer la réussite de leurs enfants. La dernière chose que je voudrais faire serait de leur passer la bombe de la dette dont ils devraient s’occuper, eux et leurs enfants.
Quand je parle aux résidants de Markham, on me dit la même chose. Les gens travaillent très fort pour que leurs enfants aient une vie meilleure qu’eux. Ils ne veulent pas leur préparer un avenir difficile.
Une crise de l’endettement finit toujours par des temps difficiles accompagnés d’une augmentation de l’impôt ou d'une réduction des services, ou des deux. Les nouvelles taxes dans le budget sont minuscules par rapport aux dépenses. Les libéraux devraient en doubler certaines chaque année pour pouvoir réunir les fonds nécessaires à la réduction de la dette.
Les hausses d’impôt des libéraux font en sorte qu’il est encore moins abordable de faire vivre une famille. Les Canadiens ne peuvent pas se permettre de payer plus. Certaines personnes pensent que l’inflation est une solution, mais c’est une erreur. L’inflation est une taxe sur tout, et il sera alors encore plus difficile d’emprunter de l’argent.
On a déjà mis en œuvre l’autre option, la réduction des services. Dans les années 90, le gouvernement libéral est allé à la banque pour emprunter de l’argent au milieu d’une crise de l’endettement, mais personne ne voulait lui en prêter. Pour mettre de l’ordre dans leurs affaires, les libéraux ont sabré massivement dans les dépenses du gouvernement, notamment dans les soins de santé. Nous en ressentons encore les effets aujourd’hui. Quelqu’un pense-t-il que les soins de santé au Canada peuvent faire l’objet d’une autre réduction? Je ne crois pas.
J’ai été choqué, comme bien des Canadiens, de constater que les soins de santé ne représentaient pas une énorme partie de ce budget. Les salles d’urgence de tout le pays sont débordées depuis deux ans. Les interventions chirurgicales essentielles ont été remises à plus tard, car les hôpitaux étaient des foyers de COVID‑19. Il faudra beaucoup de temps pour traiter l’arriéré des opérations.
Les provinces ont besoin d’aide du gouvernement fédéral pour les soins de santé, mais les libéraux n’ont pas l’air de s’en soucier. On peut sortir de ce pétrin. Il faut commencer par contrôler les dépenses pour lutter contre le problème de l’endettement. Le gouvernement ne peut pas repousser le problème.
Ce budget et ce plan d’avenir créeront plus de problèmes et rendront la vie plus difficile pour les Canadiens. C’est pourquoi je voterai contre ce budget.
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PCC (ON)
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2021-06-18 11:15 [p.8766]
Madame la Présidente, de nombreux Canadiens croulent sous les dettes et le poids du nouveau contexte inflationniste. Le taux d'inflation n'a pas été aussi élevé depuis des générations. Tout coûte plus cher, et ce sont les plus démunis qui en paient le prix.
Partout au Canada, y compris dans ma circonscription, Barrie—Innisfil, les coûts explosent, que l'on pense à l'épicerie, à l'essence, à la taxe sur le carbone, au logement ou au loyer, ce qui cause bien des nuits d'insomnie. Une aînée prénommée Elizabeth m'a récemment écrit ceci: « Nous devons maintenant choisir avec soin les aliments que nous achetons, même le prix des produits locaux a beaucoup augmenté. » Une telle situation ne devrait pas se produire au Canada.
Nous avons besoin d'un gouvernement qui comprend qu'il doit défendre les entreprises canadiennes, les gens qu'elles emploient et les produits qu'elles fabriquent, dans toutes les régions et dans tous les secteurs de l'économie. Ainsi, les entreprises d'ici seront concurrentielles au pays et dans le monde, et la confiance des investisseurs sera rétablie.
Il n'y a qu'un seul parti qui protégera l'avenir, qui unifiera le pays et qui ramènera l'espoir, les débouchés et la prospérité pour tous les Canadiens, et c'est le Parti conservateur du Canada.
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PCC (ON)
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2021-06-18 13:13 [p.8788]
Monsieur le Président, je poursuis au sujet de la question de privilège que j’ai soulevée précédemment.
Comme je l’ai démontré, la décision du gouvernement d'imprimer de l'argent pour payer ses factures a fait grimper le coût de la vie pour les Canadiens. L'inflation a augmenté relativement aux principaux produits de base, ce qui a exactement le même qu'une taxe sur la population. Avant d’entendre les réponses du gouvernement, qui prétend avoir imprimé de l'argent dans un autre but que pour faire des dépenses, permettez-moi d’aborder rapidement le prétexte que la Banque du Canada et le gouvernement ont ostensiblement invoqué pour justifier leur décision d'avoir recours à la manne qu'est la presse à billets.
Premièrement, la Banque du Canada a déclaré au Comité des finances, au printemps 2020, que le programme d’achat de la dette publique visait à rétablir l’ordre sur les marchés du crédit et des capitaux. Pour être juste envers la Banque, les marchés étaient tumultueux durant cette courte période, en mars 2020, alors que le monde réagissait au choc soudain des fermetures causées par la COVID-19. Les responsables de la Banque ont noté à l’époque qu’il y avait un écart important entre le cours acheteur et le cours vendeur sur les marchés obligataires, ce qui signifie que les vendeurs d’obligations demandaient beaucoup plus que ce que les acheteurs étaient prêts à payer et que, par conséquent, ces marchés se bloquaient, menaçant la capacité des gouvernements à lever des fonds et à faire fonctionner les marchés. C’est ce qui s’est passé fin mars 2020, mais cela n’a duré qu’une dizaine de jours. L’écart entre les cours acheteur et vendeur a disparu au début du mois d’avril, et c’est alors que les obligations ont non seulement commencé à s’échanger librement sur les marchés publics, mais aussi à augmenter à un rythme extraordinaire. Les prix des obligations ont commencé à gonfler, car les banques centrales en général, et tout particulièrement notre banque centrale, ont commencé à les acheter à un rythme sans précédent.
De plus, bien que les marchés financiers aient connu une chute soudaine à la fin du mois de mars 2020, ils avaient plus que récupéré avant l’été. En fait, aujourd’hui, nos marchés de capitaux sont plus élevés qu’ils ne l’ont jamais été. En fait, l'indice boursier Standard & Poor’s/TSX, qui est le plus important indice boursier canadien, a connu une hausse telle que la valeur de la capitalisation boursière a dépassé celle du PIB du Canada pour la première fois de l'histoire. Elle tourne actuellement autour de 125 % du PIB et atteint ainsi des sommets record.
De plus, comme je l’ai démontré, les émissions de prêts hypothécaires ont atteint des records et ont augmenté plus rapidement que jamais, dans l'histoire de notre pays. Le montant des liquidités dans les comptes bancaires des particuliers et des entreprises a augmenté de 200 milliards de dollars. Autrement dit, l’absence de liquidités ou une paralysie des marchés des capitaux et du crédit ne peuvent plus servir de justification pour continuer à imprimer de l’argent et à le pomper dans le système financier. Aujourd’hui, il y a plus d’argent en circulation sur les marchés que jamais auparavant, sous forme de crédit que de capitaux. Les entreprises et les ménages ont plus de liquidités que jamais auparavant. Par conséquent, l’affirmation selon laquelle on imprime de l'argent simplement pour veiller à ce qu'il y ait suffisamment de liquidités sur les marchés des capitaux et du crédit est manifestement fausse.
Cette affirmation est d'autant plus fausse que la banque centrale a commencé à justifier autrement la nécessité de continuer à imprimer de l'argent. Elle prétendait au début qu’elle voulait éviter la désinflation ou déflation. Apparemment, selon elle, c’était le grand risque qui résultait de la COVID-19. Cependant, comme les données que j’ai déjà présentées le démontrent, il n’y a pas de désinflation, sauf peut-être pour les billets de cinéma et d’avion, car les gens n'ont pas le droit d’en acheter. Par conséquent, à l’exception des secteurs de l’économie où les achats sont effectivement interdits par les autorités locales pour des raisons de santé publique, les prix augmentent en fait...
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Lib. (ON)
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2021-06-18 13:18 [p.8789]
Monsieur le Président, j’invoque le Règlement. Le député parle de la même question de privilège depuis environ 50 minutes, si l’on inclut les 45 minutes qui précèdent aujourd’hui. Or, lorsqu'on écoute la teneur de ses propos, on voit bien qu'ils n'ont rien à voir avec une question de privilège, contrairement à ce qu'il a invoqué comme raison pour prendre la parole au départ. Surtout, je crois que vous devez tenir compte, dans votre décision, du fait que la première occasion qu’il avait de poursuivre son intervention sur cette question de privilège était hier. Or, il a choisi de ne pas le faire hier. Cela devrait vous donner une indication, étant donné que c’était une journée de l’opposition, de la raison pour laquelle il a choisi de ne pas le faire hier.
Par conséquent, je pense qu’il est clair que ce qui se passe actuellement est de l’obstruction dans le but d’empêcher un débat sur un projet de loi du gouvernement. En effet, le député ne nous fournit aucun argument visant à démontrer qu'il y aurait eu violation d'un privilège, alors que ce devrait être l’objet du débat en ce moment. Je comprends que vous lui ayez accordé une certaine latitude, ce qui est juste, à mon avis, mais il n'a jamais abordé la question de privilège qui devrait être au cœur du débat. Vous devriez peut-être lui accorder deux ou trois minutes de plus pour qu’il le fasse, mais par la suite, il serait juste que vous utilisiez votre pouvoir de Président pour lui couper la parole, pour dire que vous en avez assez entendu et que vous rendrez votre décision plus tard.
Voir le profil de Gérard Deltell
PCC (QC)
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2021-06-18 13:19 [p.8789]
Monsieur le Président, j’invoque le Règlement. Il y a trois éléments à prendre en compte dans votre décision sur la question de privilège.
Premièrement, le député de Carleton a respecté les règles qui régissent les travaux de la Chambre des communes lorsqu’il a soulevé une question de privilège il y a deux jours et lorsqu’il l’a soulevée de nouveau aujourd’hui. Il finira de présenter ses arguments aujourd’hui.
Deuxièmement, la décision vous appartient, à vous et à personne d’autre. Je sais que vous prendrez votre décision, et je respecterai cette décision parce que vous êtes le Président de la Chambre et que vous n’avez pas de leçon à recevoir d'un côté ou de l'autre de la Chambre. La décision vous appartient.
Troisièmement, comme mon collègue de Kingston et les Îles a soulevé la question de l’obstruction, je lui rappelle que son parti est doué d'une efficacité inouïe lorsque vient le temps de faire de l'obstruction. En effet, lors des réunions de cinq comités parlementaires, les libéraux ont passé 177 heures à faire de l’obstruction. Nous sommes des amateurs comparativement à eux.
Voir le profil de Pierre Poilievre
PCC (ON)
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2021-06-18 13:22 [p.8790]
Monsieur le Président, la Banque du Canada et le gouvernement ont ensuite prétendu qu’ils sont obligés de continuer d’accroître la masse monétaire, d’imprimer de l’argent comptant et de le fournir au gouvernement pour éviter la déflation ou la désinflation, qu’ils signalent comme étant une grande menace provenant de la COVID. Toutefois, comme je le disais, rien ne prouve que ces menaces se soient manifestées. En dehors des secteurs où les consommateurs ne peuvent pas dépenser leur argent, comme les compagnies aériennes et les salles de cinéma, il y a effectivement de l’inflation partout. En fait, comme je l’ai dit, l’inflation a maintenant dépassé non seulement la cible de 2 % de la Banque du Canada, mais la fourchette de 1 à 3 % acceptable pour l’inflation. Nous sommes bien loin de la spirale déflationniste qui nous guette cette année ou à tout moment dans un avenir immédiat. Par conséquent, cette initiative n’est pas justifiée.
Enfin, la Banque du Canada prétend qu’elle continue d’imprimer de l’argent parce que le chômage demeure élevé. Il est vrai que le taux de chômage est élevé, que nous sommes le deuxième pays du G7 où le taux de chômage est le plus élevé, mais il n’y a absolument aucune indication, historique ou présente, que l’impression d’argent résout ce problème. L’impression d’argent n’a jamais créé d’emplois et, en fait, si la Banque du Canada examinait ses propres antécédents des années 1970 alors qu’elle avait lancé un programme semblable de création d’argent, elle se souviendrait que cela a en fait porté le taux de chômage à 12 % et celui de l’inflation à 12 % et que, plus tard, les taux d’intérêt ont grimpé à 20 %.
Cette crise de stagnation du début des années 1980, soit dit en passant, nous a laissé non seulement dans la pire situation économique depuis la Grande Dépression, mais elle a causé le taux de suicide le plus élevé chez les Canadiens. Autrement dit, la lutte contre le chômage ne peut pas justifier l’impression d’argent. Au contraire, cela n’a aucun sens. Par conséquent, la seule explication pour l’impression continue d'argent est que cet argent est destiné au financement des opérations gouvernementales.
Quand un député allègue une violation de privilège de ce genre, la coutume veut qu'il s'appuie sur des témoignages d'experts, autrement dit des scientifiques et d'autres personnes qui connaissent les faits, comme s'ils témoignaient à titre de témoins experts devant un tribunal. Je porterai à votre attention ce que les économistes les plus réputés de l'histoire de l'humanité ont à dire à propos de la taxe d'inflation. Je parlerai tout d'abord d'une conférence prononcée en 1978 par le lauréat du prix Nobel d'économie...
Voir le profil de Pierre Poilievre
PCC (ON)
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2021-06-18 13:26 [p.8790]
Monsieur le Président, je passe donc à la troisième et dernière caractéristique d’une taxe, soit le fait qu’elle est obligatoire. Cette taxe d’inflation est de toute évidence obligatoire. Si les gens ne la paient pas, ils ne peuvent acheter de produits alimentaires, dont le prix est en hausse. Ils ne peuvent acheter de maison, dont le prix est en hausse. Ils ne peuvent acheter de vêtements, dont le prix est en hausse. Ils ne peuvent acheter de produits essentiels. Le seul moyen d’éviter de payer cette taxe d’inflation, c’est de mourir de froid, de crever de faim et de se priver de carburant pour survivre. Autrement dit, s’ils ne veulent pas mourir, les gens doivent payer les prix qu’on leur demande.
La seule solution de rechange consisterait à enfreindre une disposition du Code criminel qui interdit aux gens de voler parce que, je le répète, c’est la seule façon d’éviter de payer les prix gonflés que le gouvernement impose aux gens.
Cette inflation a les trois caractéristiques qui définissent une taxe selon le dictionnaire Oxford: premièrement, c’est une somme d’argent prélevée par le gouvernement; deuxièmement, elle est payée par la population et, troisièmement, elle est obligatoire. Cette taxe remplit ces trois conditions.
La tradition d’exiger que chaque hausse de taxes imposée à la population soit présentée au Parlement remonte à 800 ans, à la Magna Carta. C’est probablement pour cette raison que nous avons un Parlement. Le principal point de friction entre le peuple et le roi a toujours été l’appétit insatiable de ce dernier pour les recettes fiscales et le désir du peuple de résister à cet appétit et de protéger les fruits de son travail.
Si on devait décréter que les gouvernements sont autorisés à faire indirectement ce qu’ils ne peuvent faire directement, par exemple imprimer de l’argent pour financer leurs dépenses et en refiler le coût à la population en faisant grimper le taux d’inflation, on établirait un précédent en vertu duquel les gouvernements pourraient enfreindre le fameux principe de « pas de taxation sans représentation » en contournant simplement le processus législatif parlementaire et en augmentant les impôts par la production de billets.
Enfin, je souligne que cette règle existe non seulement pour empêcher le gouvernement de prélever trop d’argent, mais pour l’empêcher de prélever l’argent aux mauvais endroits. C’est une taxe que jamais nous n’approuverons parce qu’elle touche plus durement les plus démunis, d’une manière détournée, en augmentant la valeur des actifs et en accroissant la fortune des plus nantis.
En conclusion, si on présentait à la Chambre une proposition visant à augmenter les impôts des personnes les plus pauvres du pays afin d’accroître la fortune des plus riches et à donner au gouvernement une capacité illimitée de dépenser, cette proposition serait rejetée presque à l’unanimité parce qu’aucun député de la Chambre n’oserait aller défendre cette décision devant ses électeurs.
C’est précisément la raison pour laquelle nous avons ce précédent. C’est pourquoi nous avons le privilège et le devoir de voter sur chaque hausse de taxes. Défendons ces anciennes libertés anglaises qui donnent sa pertinence au Parlement et font que ce pays est celui du peuple et non celui de la Couronne.
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PCC (ON)
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2021-06-18 13:30 [p.8791]
Je remercie le député de Carleton de ses observations. Je vais prendre la question en délibéré et je reviendrai à la Chambre avec une décision en temps opportun.
Comme il est 13 h 30, la Chambre passe maintenant à l'étude des affaires émanant des députés inscrites au Feuilleton d'aujourd'hui.
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