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BQ (QC)
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2021-06-23 14:07 [p.9046]
Monsieur le Président, il y a de ces nouvelles qui sont très décourageantes pour notre planète.
Dans ma région, le projet Goldboro sème la grogne. Des citoyens de la Montérégie et de l'Estrie ont récemment appris que la compagnie gazière albertaine Pieridae mène présentement une opération de lobbying auprès du gouvernement fédéral et de députés afin d'obtenir des fonds publics pour la construction d'un port et d'un complexe de liquéfaction de gaz naturel près d'Halifax. L'objectif est d'alimenter une entreprise énergétique allemande. La compagnie aurait besoin d'aller chercher près de 1 milliard de dollars en deniers publics.
Selon une présentation faite en décembre 2020, le gaz transiterait par des oléoducs situés notamment au Québec. Le hic, c'est que la pleine capacité semble déjà atteinte. Il faut donc craindre que, si la compagnie obtient le soutien financier du gouvernement fédéral, d'autres oléoducs devront être construits sur le territoire québécois.
Ce projet est risqué sur le plan environnemental et n'apporterait aucune retombée économique au Québec, puisque le gaz ne ferait qu'y transiter. Il ramène le fantôme d'Énergie Est. La relance économique qu'on souhaite verte ne doit pas passer par ce type de projet.
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NPD (BC)
Madame la Présidente, je m'adresse à vous à partir du territoire traditionnel et non cédé de la Première Nation Qayqayt et du peuple Salish de la côte.
Je prends la parole aujourd’hui alors que la session parlementaire tire à sa fin. C’est peut-être le dernier discours que je ferai pendant cette législature. Le premier ministre n’a pas caché son désir profond de déclencher des élections le plus rapidement possible, et les rumeurs semblent indiquer que d’ici à la fin de l’été, nous serons en campagne électorale.
Il est important d’examiner ce que le NPD a réussi à accomplir au cours des 15 derniers mois, dans le contexte de la pandémie. Il faut également examiner les échecs manifestes du gouvernement ainsi que la façon dont, selon moi, les Canadiens aspirent à reconstruire leur pays en mieux après cette pandémie.
Chaque jour, nous rendons hommage à nos premiers intervenants, à nos travailleurs de première ligne et à nos travailleurs de la santé qui ont été si courageux et si déterminés pendant cette pandémie. Chaque fois que nous en parlons, nous pensons aussi aux quelque 26 000 Canadiens décédés pendant la pandémie. Nous savons qu’elle est loin d’être terminée. Bien que les travailleurs de la santé travaillent aussi fort qu’ils le peuvent, certains variants sont troublants, car ils affectent même des personnes entièrement vaccinées.
Nous devons veiller à maintenir les mesures de protection afin de soutenir la population pendant ces prochains mois. Voilà pourquoi le NPD et le député de Burnaby-Sud, notre chef, sont profondément troublés en voyant le gouvernement se préparer à sabrer massivement dans les prestations d'urgence dont les Canadiens dépendent.
La Prestation canadienne d'urgence a permis à des centaines de milliers de familles canadiennes de se nourrir. Or, voilà que dans le projet de loi d’exécution du budget C‑30, la prestation, qui était supérieure au seuil de pauvreté, sera abaissée en dessous du seuil de pauvreté. C’est ce que le premier ministre voulait dès le départ. On se rappelle qu’il y a 15 mois, il avait proposé une aide initiale d'à peine 1 000 $ par mois. Il voulait accorder 1 000 $ par mois. C’était nettement insuffisant. C’est la raison pour laquelle le député de Burnaby-Sud et le caucus néo-démocrate ont insisté pour que cette prestation suffise à nourrir et à loger la plupart des Canadiens. Nous l’avons fait augmenter à 2 000 $ par mois, ou 500 $ par semaine.
Nous ne nous sommes pas arrêtés là, évidemment. Nous avons insisté pour que les étudiants bénéficient aussi de ces avantages. Les étudiants avaient du mal à payer leurs frais de scolarités, et bon nombre ne trouvaient pas d’emploi. Nous avons exercé des pressions pour obtenir du soutien. Nous avons fait pression pour obtenir du soutien pour les aînés et pour les personnes handicapées. Je suis profondément déçu que le gouvernement n’ait jamais accepté d’inscrire le nom de chaque personne handicapée dans une base de données nationale. On aurait pu dresser cette liste à partir de leurs déclarations de revenus. Le gouvernement a refusé de le faire, de sorte que les prestations aux personnes handicapées n’ont été versées qu’à environ un tiers des personnes qui y auraient été admissibles au Canada, laissant pour compte la plupart d’entre elles.
Nous avons également insisté pour que le gouvernement accorde une subvention salariale afin de maintenir les emplois. Nous avions vu cela dans d’autres pays, comme au Danemark et en France, avec des mesures de protection bien définies pour que l’argent ne soit pas utilisé à mauvais escient en distribuant des dividendes ou des primes aux dirigeants. Nous avons insisté pour que cela se produise au Canada avec les mêmes protections. Nous avons réussi à obtenir une subvention salariale de 75 %. Le gouvernement a refusé de mettre en place les mesures visant à protéger les Canadiens contre les abus de sorte que, comme nous le savons, certaines grandes entreprises ont distribué des milliards de dollars en dividendes et en grosses primes aux cadres supérieurs alors qu’elles recevaient la subvention salariale du gouvernement fédéral.
Nous avons aussi fait pression pour qu'il y ait une subvention pour le loyer pour les petites entreprises. Je sais que le député de Courtenay—Alberni, le député de Burnaby-Sud et plusieurs autres députés du caucus néo-démocrate ont insisté pour que ces subventions et ces mesures de soutien au loyer soient mises en place. Le programme initial était manifestement inadéquat. Nous avons continué à faire pression jusqu’à ce que nous obtenions une subvention pour le loyer que plus d'entreprises canadiennes pourraient utiliser.
Nous sommes fiers de nous être assurés qu'on s'occupait des gens, et cela fait partie de nos responsabilités en tant que parlementaires. Certains observateurs ont fait remarquer que les députés néo-démocrates sont les abeilles ouvrières du Parlement. Nous acceptons ce titre avec fierté, car nous croyons qu'il est important que nous nous battions pour les gens.
Qu’est ce que le gouvernement a fait de lui-même, une fois que vous mettez de côté la pression exercée par le NPD et le fait que le gouvernement a souvent eu besoin de l’appui du NPD pour que ses mesures soient adoptées par le Parlement? Nous avons pu tirer parti de ce soutien pour garantir que les programmes profitent aux gens, mais le gouvernement a mis de l’avant un certain nombre de programmes sans l’aide du NPD, notamment les 750 milliards de dollars en liquidités pour les grandes banques du Canada, un train de mesures obscènes et irresponsables.
Ces 750 milliards de dollars ont été versés par l’entremise de diverses institutions fédérales, sans aucune condition. Il n’y avait aucune obligation de réduire les taux d’intérêt à zéro, comme l’ont fait de nombreuses coopératives de crédit. Je suis membre de deux coopératives de crédit, la Vancouver City Savings et la Community Savings dans la vallée du bas Fraser de la Colombie-Britannique. Toutes deux ont ramené leur taux d’intérêt à zéro au plus fort de la crise.
Bon nombre des coopératives de crédit sous gestion démocratique ont compris l’importance de ne pas tirer profit de cette pandémie, mais les grandes banques ne l’ont pas fait. Elles ont reçu pour 750 milliards de dollars de soutien des liquidités sans être obligées de réduire les taux d’intérêt à zéro ni de supprimer les frais ou les commissions de service.
Nous avons vu des quantités phénoménales de bénéfices excessifs réalisés au fil de cette pandémie. Ces aides publiques massives ont été utilisées pour créer les conditions propices à la réalisation de 60 milliards de dollars de bénéfices liés à la pandémie. Pour augmenter encore plus leurs bénéfices, les grandes banques ont augmenté leurs frais de service. Souvent, en reportant des prêts hypothécaires, elles ajoutaient des frais et des pénalités et augmentaient les taux d’intérêt. Elles ont agi de manière déplorable en bénéficiant de la liberté d’action que le gouvernement fédéral leur laissait, car il a refusé d’assortir de conditions le plan de sauvetage massif et sans précédent.
L’histoire nous apprend que les gouvernements fédéraux précédents ont agi différemment. Ils ont adopté des dispositions législatives strictes pour empêcher les bénéfices excessifs. Ils ont veillé à ce qu’il y ait une réelle volonté de garantir que les ultrariches paient leur juste part d’impôt. Nous avons traversé la Seconde Guerre mondiale parce que nous avons mis en place un impôt sur les bénéfices excessifs qui garantissait que les entreprises ne pourraient pas profiter de la misère des autres. Cela a conduit à une prospérité sans précédent au sortir de la Seconde Guerre mondiale.
Ce n’est pas le cas avec le gouvernement actuel. Ce n’est pas le cas avec ce premier ministre. Au lieu de prendre la moindre mesure contre les bénéfices excessifs, ceux-ci ont été encouragés, et nous avons vu jusqu’à présent les milliardaires canadiens augmenter leur richesse de 80 milliards de dollars pendant la pandémie. Nous avons vu 60 milliards de dollars de profits dans le secteur bancaire, largement alimenté par des fonds publics, un soutien public et un soutien en liquidités.
Nous avons également vu le gouvernement refuser catégoriquement de mettre en place l’une des mesures que d’autres gouvernements ont utilisées pour contrer les bénéfices excessifs durant la pandémie. Il n’y a pas d’impôt sur la fortune ni d’impôt sur les profits récoltés pendant la pandémie. Si l’on examine les priorités du gouvernement lorsqu’il agit seul, sans le NPD et sans toutes les mesures pour lesquelles nous nous sommes battus pendant la pandémie, on constate qu’il accorde 750 milliards de dollars en liquidités aux grandes banques canadiennes, sans condition aucune. Cela ne rectifie nullement le problème des milliardaires canadiens qui ont connu une augmentation sans précédent de leur richesse pendant cette pandémie. Ce n’est pas un impôt sur la fortune ni un impôt sur les profits récoltés pendant la pandémie et c’est un refus catégorique de sévir contre les paradis fiscaux à l’étranger.
Faisons la somme de ce que le gouvernement a fait de lui-même au cours des 15 derniers mois. Il y a 750 milliards de dollars de soutien en liquidités versés aux banques et 25 milliards de dollars qui, selon le directeur parlementaire du budget, s’envolent chaque année à l’étranger dans les paradis fiscaux de riches Canadiens et de sociétés prospères. Il y a eu 10 milliards de dollars en impôt sur la fortune que le gouvernement a refusé de mettre en place: ce sont 10 milliards de dollars par an qui pourraient servir à tant de choses et répondre à tant de besoins des Canadiens.
Cependant, le gouvernement refuse obstinément d’instituer cette mesure fiscale que tant d’autres pays ont adoptée. Il refuse de mettre en place un impôt sur les profits récoltés pendant la pandémie, qui aurait permis de recueillir près de 10 milliards de dollars au cours des 15 derniers mois.
Nous parlons d’un montant de près de 800 milliards de dollars en diverses mesures que le gouvernement a mises en place, ou de pratiques qu’il a refusé de freiner de quelque façon que ce soit, et qui auraient pu aider considérablement à répondre aux besoins des Canadiens. Les Canadiens attendent avec impatience le moment — qui arrivera bientôt, espérons-le — où nous pourrons reconstruire ce pays d’une manière plus équitable qui ne laissera personne de côté. Nous devons examiner pourquoi le gouvernement refuse obstinément d’instituer ces mesures. Les Canadiens veulent savoir. Ce n’est pas parce que la capacité fiscale de le faire n’existe pas. Nous l’avons certainement constaté.
Je n’ai qu’à ajouter le montant incroyable que le gouvernement a investi dans le pipeline Trans Mountain, qui, selon le directeur parlementaire du budget, s’élève jusqu’à maintenant à 12,5 milliards de dollars. C’est un montant qui ne cesse d’augmenter, compte tenu des coûts de construction déjà engagés ou devant l’être dans les prochains mois. Il en a coûté 4,5 milliards de dollars à l’entreprise elle-même, ce qui est beaucoup plus que le prix annoncé. Si l’on additionne ces chiffres, on arrive à près de 20 milliards de dollars que le gouvernement dépense pour un pipeline qui, à en croire l’Agence internationale de l’énergie elle-même, n’est pas dans l’intérêt du public ou de la planète. Je dis bien près de 20 milliards de dollars. Il ne faut pas oublier que le gouvernement et le premier ministre ont trouvé cet argent du jour au lendemain, quand le secteur privé s’est retiré du projet parce que celui-ci n’était pas financièrement viable. Dans les 24 heures, le premier ministre et le ministre des Finances de l’époque ont annoncé qu’ils trouveraient l’argent pour acheter le pipeline. Par la suite, ils ont injecté encore plus l’argent dans ce pipeline sans vraiment comprendre les répercussions financières et environnementales, et sans prendre de précautions à ces égards.
Le gouvernement a prouvé qu’il peut trouver de gros sous quand il le veut, mais les Canadiens doivent se poser un certain nombre de questions.
Pourquoi les Canadiens ne peuvent-ils pas avoir un régime public universel d’assurance-médicaments? Le gouvernement a rejeté le projet de loi du NPD qui aurait établi la Loi canadienne sur l’assurance-médicaments selon les mêmes conditions que la Loi canadienne sur la santé. Les députés libéraux ont voté contre, mais nous savons que près de 10 millions de Canadiens n’ont pas accès à leurs médicaments ou ont du mal à les payer. Selon la plupart des estimations, quelques millions de Canadiens ne sont pas en mesure de payer leurs médicaments. D’après l’Association des infirmières et infirmiers du Canada, des centaines de personnes meurent parce qu’elles n’ont pas accès à leurs médicaments ou n’ont pas les moyens de les payer. Le directeur parlementaire du budget nous dit que le Canada économiserait près de 5 milliards de dollars en mettant en place un régime public universel d’assurance-médicaments. Et, évidemment, le gouvernement a catégoriquement refusé de donner suite à l’engagement qu’il avait pris lors des élections de 2019. Pourtant, lors de la prochaine campagne électorale, les libéraux feront d’autres promesses tenant à cœur au premier ministre.
Pour quelle raison ne pouvons-nous pas avoir un régime public universel d’assurance-médicaments? Eh bien, il n’y en a pas. Un tel régime serait rentable. Il améliorerait la vie des gens. Il contribuerait à notre qualité de vie et à notre compétitivité à l’échelle internationale, car il allégerait le fardeau des régimes d’assurance-médicaments des petites entreprises. La raison pour laquelle nous ne pouvons pas avoir d’assurance-médicaments n’est pas d’ordre financier, mais politique. C’est le gouvernement libéral qui refuse obstinément de le mettre en place. Les libéraux gardent cela comme une carotte qu’ils brandissent à l’électorat à chaque élection ou une fois sur deux. C’est ce qu’ils font depuis un quart de siècle, mais ils refusent de le mettre en place.
Pourquoi ne peut-il pas y avoir de l’eau potable salubre dans toutes les collectivités canadiennes? Les députés ministériels diraient que c’est compliqué et difficile. Pourtant, rien n’a paru compliqué ni difficile pour renflouer Trans Mountain. Il n’a pas été compliqué et difficile pour le gouvernement de trouver d’énormes liquidités, sans précédent dans l’histoire du Canada ou de tout autre pays, pour soutenir nos grandes banques et les aider à consolider leurs profits pendant la pandémie. Ce n’est certainement pas une question de finances, puisque 25 milliards de dollars de l’argent des contribuables sont envoyés chaque année dans des paradis fiscaux à l’étranger.
Par conséquent, la raison pour laquelle nous ne pouvons pas avoir d’eau potable est manifestement, à mon avis, une question politique. Il n’y a pas de volonté politique, comme l’a si bien dit la députée de Nunavut dans son discours il y a quelques jours.
Examinons les raisons pour lesquelles nous n’avons pas droit au logement dans ce pays. Nous savons que nous l’avions après la Seconde Guerre mondiale. Parce qu’un impôt sur les profits excessifs avait été mis en place et que nous avions des mesures très claires à cet égard, nous avons pu lancer un programme de logement sans précédent de 300 000 unités de logement public dans tout le pays, des maisons comme celle derrière moi, d’où je parle à la Chambre. Ils ont été construits très vite, dans tout le pays. En l’espace de trois ans, 300 000 unités de logement ont été construites parce que nous savions que des femmes et des hommes revenaient de l’étranger et que nous devions nous assurer que des logements étaient disponibles. Pourquoi n’avons-nous pas droit au logement? Parce que les libéraux ont dit non à cela aussi. Cependant, la réalité est que nous pourrions très bien répondre aux besoins des Canadiens en matière de logement abordable si le gouvernement actuel accordait moins d’importance aux banques et aux milliardaires et une plus grande importance aux gens ordinaires.
Examinons l’accès à l’éducation postsecondaire. Le montant que la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants a publié concernant la scolarité gratuite pour l’éducation postsecondaire représente un montant net d’environ 8 milliards de dollars pour le gouvernement fédéral chaque année. J’ai souligné que l’impôt sur les profits récoltés durant une pandémie correspond à ce montant environ, et pourtant, le gouvernement refuse de le mettre en œuvre. Les étudiants sont obligés de payer leurs prêts étudiants en ce moment parce que le gouvernement a refusé de prolonger le moratoire sur les versements de prêts étudiants pendant la pandémie. Encore une fois, les banques, les milliardaires et les ultrariches sont une grande priorité pour le gouvernement, mais les gens ordinaires, pas tellement.
Penchons-nous sur les soins de longue durée. Le NPD a présenté une motion au Parlement — que les libéraux ont rejetée — visant à éliminer la recherche du profit à tout prix dans les soins de longue durée et à mettre en place un financement stable dans tout le pays pour implanter des normes élevées en matière de soins de longue durée. Nous croyons que nous avons besoin d’un système de soins de santé élargi qui comprend l’assurance-médicaments et les soins dentaires. La motion visant à fournir des soins dentaires aux Canadiens à faible revenu qui n’y ont pas accès a été rejetée par les libéraux il y a quelques jours à peine. Cette motion aurait fait en sorte que les soins de longue durée soient régis par des normes nationales et financés par le gouvernement fédéral, de sorte que les aînés de ce pays qui vivent dans des foyers de soins de longue durée soient traités avec le respect qui leur est dû. Le gouvernement a encore une fois dit qu’il ne pouvait pas faire cela. Une fois de plus, les banques, les milliardaires et les ultrariches sont une grande priorité, mais les personnes âgées, qui ont travaillé toute leur vie pour leur pays, qui ont apporté un soutien à leur collectivité et qui ont tant contribué, ne sont pas une grande priorité pour le gouvernement.
Parlons des transports. Le secteur du transport par autocar est très important pour la sécurité des gens qui se déplacent d’une région à l’autre du pays, et pourtant, nous avons vu des services d’autocar et de transport interurbain disparaître, et le gouvernement fédéral refuse de mettre en place un réseau national pour les autocars similaire à celui que nous avons pour les trains. Dans un pays aussi vaste que le Canada, où tant de gens ont du mal à se rendre d’une région à l’autre pour des raisons aussi importantes que des rendez-vous médicaux parce qu’ils n’ont pas accès à un véhicule, c’est quelque chose qui devrait absolument être envisagé. Pourtant, le gouvernement refuse de se pencher sur la question parce que les banques, les milliardaires et les ultrariches viennent en tête de ses priorités.
Enfin, parlons de l’énergie propre. Nous savons que nous devons faire la transition vers une économie axée sur l’énergie propre. Des milliards de dollars ont été versés à des PDG du secteur pétrolier et gazier, mais le gouvernement n’est tout simplement pas prêt à investir dans l’énergie propre. Cela contraste de façon frappante avec les quelque 20 milliards de dollars qu’il consacre à l’oléoduc Trans Mountain, en vue de servir une cause politique plutôt que d’adopter une mesure sensée du point de vue économique ou environnemental. Il est prêt à dépenser des milliards de dollars à mauvais escient, alors que nous croyons que cet argent doit aller aux Canadiens pour répondre à leurs besoins. C’est certainement ce dont il sera question dans tout le pays au cours de la prochaine campagne électorale.
Voir le profil de Dan Albas
PCC (BC)
Monsieur le Président, je tiens à féliciter mon compatriote de la Colombie-Britannique pour le travail qu’il a accompli au sein du caucus multipartite sur les coopératives de crédit. Il a augmenté les profits de certaines entreprises, en particulier des grandes banques. J’aimerais aussi souligner que beaucoup de petites caisses de crédit, contrairement aux grandes, comme Vancity, en font déjà beaucoup. Dans ma région, la coopérative de crédit Valley First fait affaire avec Feed the Valley. Interior Savings Credit Union offre des bourses aux étudiants.
Au lieu de parler des opinions que nous partageons, je vais exercer mes fonctions de parlementaire en posant à mon collègue une question sur un enjeu au sujet duquel nos opinions divergent. Oui, le pipeline Trans Mountain ne devrait pas être financé à même les fonds publics. En fait, les conservateurs croient que les projets de pipeline devraient aller de l’avant parce qu’ils sont sûrs, puis laisser le marché développer ce domaine de notre économie.
Les députés néo-démocrates de ma circonscription, Central Okanagan—Similkameen—Nicola, sont en faveur de cela, car ils reconnaissent les avantages que notre pays en retirera, comme la création d’emplois. Qu’est-ce que mon collègue voudrait dire aux membres de son propre parti dans ma région de la province?
Voir le profil de Peter Julian
NPD (BC)
Monsieur le Président, en réalité, je n’ai pas rencontré un seul député néo-démocrate convaincu qu’il faille injecter 18 milliards de dollars de fonds publics dans le projet Trans Mountain. Après avoir évalué ce projet, le directeur parlementaire du budget a conclu qu’il n’est pas viable, compte tenu du contexte actuel et selon les conclusions du rapport de l’Agence internationale de l’énergie.
Selon le directeur parlementaire du budget, injecter des milliards de dollars de plus dans un projet d’oléoduc qui n’est pas viable ne créerait pas d’emplois. En fin de compte, une fois que le projet Trans Mountain sera terminé, nous savons qu’il y créera 60 emplois à temps plein en Colombie-Britannique. C’est une somme démesurée pour créer 60 emplois à temps plein.
Pour les gens à...
Voir le profil de James Cumming
PCC (AB)
Voir le profil de James Cumming
2021-06-22 12:31 [p.8957]
Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député d’Essex.
Avant de parler du budget, permettez-moi de dire que c’est peut-être la dernière fois que je me présente devant vous, monsieur le Président, car la rumeur d’élections va bon train. Je tiens donc à vous remercier des services rendus à votre pays et à vous dire quel plaisir cela a été de vous côtoyer. Je vous souhaite bonne chance dans tout ce que vous entreprendrez par la suite.
Je prends de nouveau la parole au sujet du projet de loi d’exécution du budget. Bien que la majeure partie de ce budget soit importante parce qu’il aide les familles et les entreprises à avoir un revenu pour tenir bon pendant cette crise, il est aussi important d'indiquer en quoi il risque d’hypothéquer l’avenir de nombreuses familles et de jeunes, car nous avons accumulé une énorme dette.
En février dernier, j’ai été nommé ministre du cabinet fantôme responsable de la reprise économique après la COVID-19. C’est un immense honneur parce que cela m’a permis de parcourir le pays virtuellement et de voir les répercussions économiques de la COVID‑19 sur chaque secteur, dans chaque région et auprès chaque groupe démographique du pays.
Une relance économique vigoureuse doit inclure tous les groupes démographiques, tous les secteurs et toutes les régions, et faire en sorte que tous les citoyens et toutes les régions du pays prospèrent. Il lui faut aussi des objectifs précis avec des stratégies quantifiables pour tous les secteurs, afin que personne ne soit laissé pour compte. Il est impossible de mettre en œuvre un plan tout fait, mais c'est pourtant ce que je vois dans le budget libéral. Nous ne réussirons pas à avoir une pleine reprise si nous ne prenons pas en compte tous les secteurs de l’économie.
Le budget explique comment les libéraux fédéraux se proposent de rebâtir l’économie canadienne de manière à y faire participer les Canadiens. C’est un exemple de beaux discours du gouvernement sans mesure claire, précise, réfléchie et stratégique.
Si le gouvernement souhaitait en fait la participation de tous les Canadiens, il aurait exposé les résultats en matière de création d’emplois, de croissance et de prospérité dans le secteur agricole de ce pays, peut-être dans le secteur de l’énergie, le secteur forestier et le secteur des ressources naturelles, pour n’en citer que quelques-uns. Des millions de Canadiens y travaillent. Il est temps que le gouvernement ait au moins l’honnêteté de dire ce qu’il cherche à faire. Sincèrement, j’ai l’impression que nous sommes embarqués dans un cycle sans fin où l’on dépense plus pour arriver à moins. On parle beaucoup, mais on n’agit pas.
Je reviens à la première fois où j’ai eu l’occasion de contribuer à l’économie. J’ai pu acheter des parts d’une entreprise quand j’avais 21 ans. Quand j’y repense, j’étais prêt à prendre le monde à bras le corps, à bâtir quelque chose, à le faire prospérer. Malheureusement, je n’entends plus les jeunes parler comme cela. Je ne le vois pas dans ce budget, qui ne met pas nécessairement les citoyens sur la voie de la réussite.
Il y a beaucoup de chiffres dans ce budget, comme la plus lourde dette et le plus gros déficit de l’histoire de notre pays, mais avec pas grand-chose en contrepartie. Nous n’allons certainement pas de l’avant. En fait, j’ai souvent l’impression que nous reculons. Il est important que nous regardions un nouveau chiffre. Le Canada ne fait plus partie des 10 économies les plus compétitives. Nous sommes pratiquement en queue de classement de notre groupe de pays pairs pour ce qui est de l’innovation, au 17e rang, d’après l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle.
Le Canada se classe 11e parmi les pays du G7, sur 29 pays industrialisés, avec un ratio dette-PIB de 33 %, et le Canada est tombé au 25e rang sur 29 pays. Autrement dit, le Canada arrive cinquième pour son niveau d’endettement total. Aucun autre pays n’a connu une baisse aussi prononcée de son classement pour l’endettement. Le ratio de la dette par rapport au PIB passera de 31 % l’an dernier à 56 % cette année. Selon la Banque du Canada, les investissements des entreprises augmenteront de 0,8 % au cours des deux prochaines années et ne retrouveront pas les niveaux de 2019 avant 2023.
La consommation et les dépenses publiques représenteront environ 80 % de la croissance de l’économie au cours des deux prochaines années, tandis que les investissements et les exportations seront quasiment nuls. Une industrie importante comme celle des combustibles minéraux a représenté 22 % des exportations de notre pays. Elle est à l'origine du principal produit d’exportation, ce que nous ne devrions pas oublier. Nous possédons toujours les troisièmes réserves prouvées de pétrole au monde et nous sommes le troisième exportateur de pétrole.
Tout comme il le fait depuis 2015, le gouvernement a ignoré le secteur canadien des ressources naturelles. Il n’y a pratiquement aucune mention du secteur de l’énergie, le plus grand exportateur du Canada. En ignorant la force des secteurs des ressources, de l'exploitation forestière et de l’agriculture du Canada, entre autres, le gouvernement n’a pas reconnu l’importance que ces secteurs auraient pour notre économie malmenée. Le monde veut plus de nos ressources naturelles et en a besoin. Nous devrions donc penser à accroître notre part de marché et non à accélérer son déclin. À tout le moins, nous devrions essayer d’élaborer des politiques nous garantissant de jouer un rôle actif dans ces secteurs.
Un chapitre entier du budget est consacré aux initiatives environnementales visant à atteindre la carboneutralité d’ici 2050. Il prévoit 18 milliards de dollars de dépenses, mais s'appuie sur des hypothèses douteuses en ce qui concerne les répercussions sur la croissance économique. Au lieu de soutenir un catalyseur éprouvé de la croissance économique comme le secteur des ressources naturelles pour accélérer la relance et remettre les Canadiens au travail, le premier ministre a décidé de poursuivre l’abandon de ce secteur et de miser notre avenir sur des technologies incertaines.
Les conservateurs ne sont pas opposés au développement et au renforcement du secteur axé sur l’environnement du Canada. En fait, avec le Parti conservateur, j’encourage vivement les acteurs canadiens de ce secteur à poursuivre leur croissance et à créer davantage d’emplois et de revenus tout en contribuant suffisamment à la durabilité écologique de la nation. Je suis fier de notre industrie. Elle fait un travail fantastique et est un chef de file dans le monde. Nous devons en être fiers et la défendre. Alors que nous continuons à combattre la pandémie et les dommages économiques qu’elle cause, nous devons libérer et exploiter les capacités de toutes les sources de revenus rentables, et cela comprend les technologies vertes et les ressources naturelles.
Le budget renferme de vagues références à la création d’emplois verts et au recyclage de la main-d’œuvre pour les nouveaux emplois. C’est très vague. Où et dans quels secteurs ces emplois seront-ils créés, et quand? Ce sont de bien belles paroles, mais les actes sont plus éloquents. Dans la province d’où je viens, les gens veulent savoir s’ils seront formés à un emploi vert, où sera cet emploi, quel type de revenu ils toucheront et comment ils pourront subvenir aux besoins de leur famille dans leur nouvelle fonction. Nous avons beaucoup entendu parler de recyclage pour ces emplois, qui n’existent pas encore, mais on a besoin de gens de métier qu'à partir du moment où les choses sont approuvées et réalisées dans notre pays.
Que faut-il faire? Si nous voulons stimuler l’économie, nous devons compter sur le secteur privé. En raison du coût élevé qu’il faut payer pour faire des affaires au Canada, des formalités administratives et de la réglementation excessive, les propriétaires de petites entreprises sont dans une situation difficile. Il faut que cela change. La capacité du Canada d’attirer des investissements étrangers en a clairement souffert. Nous devons pouvoir dire aux investisseurs qu’ils sont les bienvenus chez nous et que leurs investissements le sont également. Il faut dissiper le risque perçu lié à l’investissement dans le secteur énergétique du Canada.
À quoi ressemblera l’avenir? Quelle trajectoire devons-nous emprunter? À quoi ressemble le pays aujourd’hui? Il est en proie à l’inflation. L’objectif était de 2 %, et nous avons atteint un taux d’environ 3,6 %. Cette situation est très préoccupante pour les gens qui ont un budget à respecter. Ma pire crainte pour le pays, c’est que le gouvernement continue d’investir des sommes exorbitantes dans des programmes qui n’ont pas été suffisamment testés et qui sont sous-productifs, des initiatives typiques du programme politique du gouvernement. Il a beau être intitulé « Une relance axée sur les emplois, la croissance et la résilience », le budget du gouvernement fédéral contient très peu de détails sur des mesures ciblées et il est dépourvu d’éléments mesurables. Il n’explique nullement comment sera mis en œuvre ce plan de relance.
Je m’inquiète de voir que ce budget est loin d’être axé sur la résilience et la durabilité. Si le gouvernement voulait favoriser la résilience, il se demanderait comment les dépenses fédérales vont permettre au pays de prospérer après la pandémie. Nous devons nous assurer que toutes les dépenses contribuent à la productivité du pays et assurent notre viabilité à long terme. Pour favoriser le bien-être de notre population et la vitalité de notre économie, nous ne pouvons pas nous permettre de rester coincés dans cette spirale sans fin de dépenses incontrôlées faites par le gouvernement dans l'espoir que quelque chose finisse par arriver.
En ce moment, la priorité de notre pays doit être l’investissement et l’engagement de remettre les Canadiens au travail. Voilà pourquoi le Parti conservateur du Canada mettrait en oeuvre le plan de relance économique du Canada, un plan qui rétablirait les centaines de milliers d’emplois perdus dans les secteurs les plus durement touchés. Les Canadiens méritent un leadership fort, un leadership inclusif et un plan solide non seulement pour la reprise, mais aussi pour la prospérité pour de nombreuses années à venir.
Voir le profil de Earl Dreeshen
PCC (AB)
Monsieur le Président, ma circonscription, Red Deer—Mountain View, est maintenant presque entièrement ouverte, malgré l'échec complet du gouvernement libéral dans la lutte contre la pandémie de COVID‑19. Si nous avons réussi, c'est parce que nous sommes des Albertains. Non seulement l'Alberta est maintenant en tête de peloton au chapitre de la vaccination et de la réouverture de son économie, mais la province est également en bonne posture pour mener la relance économique dans tout le Canada, à condition que le gouvernement libéral cesse de lui mettre des bâtons dans les roues.
Pourquoi le gouvernement libéral fait‑il fi du rôle de chef de file de l'Alberta, et pourquoi punit‑il sans cesse la province en lui imposant des mesures draconiennes comme le projet de loi C-69?
Voir le profil de Anita Anand
Lib. (ON)
Voir le profil de Anita Anand
2021-06-22 15:06 [p.8981]
Monsieur le Président, à chaque étape, le gouvernement fédéral a appuyé les provinces et les territoires afin de combattre la pandémie de COVID‑19. À preuve, nous avons acheté 2,7 milliards de pièces d'équipement de protection individuelle pour les provinces et les territoires, et 40 % de ces contrats, en valeur monétaire, ont été accordés à des entreprises canadiennes, y compris à des entreprises de l'Alberta. Nous avons acheté plus de 100 millions de vaccins, et nous en aurons reçu la moitié d'ici la fin de juin. D'une part, les conservateurs s'attribuent le mérite de notre approvisionnement en vaccins et, d'autre part, ils critiquent notre approvisionnement en équipement de protection individuelle et en vaccins. Laquelle des deux affirmations est la bonne? J'aimerais bien le savoir.
Voir le profil de Taylor Bachrach
NPD (BC)
Monsieur le Président, je sais que mon collègue est au courant des récents modèles présentés par l'Agence internationale de l'énergie concernant ce qu'il faudrait faire pour atteindre l'objectif de la carboneutralité d'ici 2050. Ces modèles demandent notamment l'annulation de toutes les nouvelles infrastructures dans le secteur des carburants fossiles dès cette année. Je me demande comment le député peut justifier la construction de l'oléoduc Trans Mountain dans le contexte de l'atteinte de cet objectif d'ici 2050, surtout après que le premier ministre ait signé le communiqué du G7 qui mentionnait précisément les modèles de l'Agence.
Voir le profil de Patrick Weiler
Lib. (BC)
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question et du travail essentiel qu'il a fait au Comité permanent de l'environnement et du développement durable pour contribuer à l'adoption de ces amendements importants.
Il est vrai que le rapport de l'Agence internationale de l'énergie est très révélateur. C'est un rapport que le gouvernement du Canada et un certain nombre d'autres pays ont demandé à l'agence. Il arrive à des conclusions très importantes sur l'étendue et la vitesse de la transition que nous vivons déjà. Comme mon collègue l'a dit, après cette année, il ne serait plus nécessaire de lancer des projets d'exploration ou de production. Cette situation transformera en profondeur la façon dont l'énergie est produite partout dans le monde, y compris au Canada. Nous devons prendre ce fait en compte.
Dans le discours que j'ai prononcé plus tôt, j'ai notamment parlé de l'hydrogène, qui pourrait bien être un carburant d'avenir pour certains des secteurs où la réduction des émissions est difficile. L'hydrogène bleu et l'hydrogène vert sont prometteurs; ils font partie de ce que sera le secteur canadien de l'énergie.
Voir le profil de Kristina Michaud
BQ (QC)
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours. J'ai des chiffres assez intéressants devant moi. L'Agence internationale de l'énergie a clairement indiqué ces dernières semaines que, pour atteindre la carboneutralité d'ici 2050, il fallait que la production pétrolière mondiale soit réduite de 50 % d'ici 2040 et de 75 % d'ici 2050.
Le gouvernement annonce sans équivoque dans ce projet de loi qu'il veut atteindre la carboneutralité en 2050. Cependant, ses propres projections et celles du ministère des Ressources naturelles disent que la production pétrolière et gazière au Canada va continuer de croître jusqu'en 2045. En 2045, nous allons donc produire encore plus que nous produisions en 2019. À la lumière de ces chiffres et de la mouture actuelle du projet de loi, le député pense-t-il que le Canada va réussir à atteindre ses cibles de réduction de gaz à effet de serre?
Voir le profil de Brad Redekopp
PCC (SK)
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2021-06-22 21:01 [p.9022]
Monsieur le Président, ce qu'il faut comprendre dans les données que la députée a fournies, c'est que la planète consommera encore du gaz et du pétrole pendant de nombreuses années à venir. Je veux m'assurer que Canada sera le pays qui produira ce pétrole et ce gaz pour approvisionner la planète.
Nous sommes l'un des pays ayant les règles les plus rigoureuses en matière des droits de la personne, de politiques du travail et de lois environnementales. Nous ne voulons pas de pétrole qui nous vienne de pays qui n'ont pas des règles aussi rigoureuses que les nôtres. C'est clairement ce que nous voulons, et le Canada peut montrer l'exemple à cet égard.
Nous devons aussi nous rappeler que nos producteurs de pétrole et de gaz sont de bons adeptes de la technologie et qu'ils en mettent au point constamment, ce qui réduit l'empreinte carbone de nos émissions. Grâce à la technologie et à de bonnes lois, nous pouvons être des chefs de file dans le monde et produire le pétrole et le gaz dont la planète aura besoin pendant de nombreuses années à venir.
Voir le profil de Matthew Green
NPD (ON)
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2021-06-22 23:00 [p.9036]
Madame la Présidente, l'un de mes divertissements préférés à la Chambre des communes est de regarder le député de Calgary-Centre se disputer avec le ministre des Ressources naturelles pour savoir quel parti est le plus déterminé à appuyer l'industrie des hydrocarbures. Le député a parlé de reddition de comptes. Le projet de loi prévoit l'établissement d'un organisme consultatif, dont il a parlé, qui était censé avoir le mandat d'examiner les progrès du gouvernement.
Quelles mesures précises de reddition de comptes le député voudrait-il que nous adoptions pour faire en sorte que l'industrie soit tenue responsable des changements climatiques?
Voir le profil de Greg McLean
PCC (AB)
Voir le profil de Greg McLean
2021-06-22 23:01 [p.9036]
Madame la Présidente, la reddition de comptes concerne l'ensemble du pays, y compris l'industrie pétrolière et gazière. Je remercie donc le député de sa question, surtout parce qu'elle touche au ministre des Ressources naturelles de l'autre côté de la Chambre.
Nous devons fixer des objectifs. Nous devons imposer des objectifs et des objectifs réglementaires en vue de réduire la carbonisation de notre économie, ce qui s'applique à toutes les industries.
À ce jour, l'industrie des ressources naturelles est celle qui a le mieux réussi à se décarboniser. Nous devons continuer sur cette lancée. Une entreprise de ma circonscription a réduit son empreinte carbone de 18 % au cours des quatre dernières années. Il s'agit d'un progrès considérable. Si on peut me montrer une autre entreprise ou une autre industrie au Canada qui réduit son empreinte carbone de 4,5 % par année, nous réussirons tous à ce chapitre.
Voir le profil de Monique Pauzé
BQ (QC)
Voir le profil de Monique Pauzé
2021-06-22 23:02 [p.9036]
Madame la Présidente, si mon discours intéresse les gens, je les invite à lire les données de maîtres Gooderham et Nathan, dont je me suis fortement inspirée.
La main gauche sait‑elle ce que fait la main droite? Il semble que non au Canada. L'augmentation de la production des sables bitumineux du Canada n'est pas compatible avec l'objectif de la carboneutralité. D'un côté, le rapport « Avenir énergétique du Canada en 2020 », publié par la Régie de l'énergie du Canada, n'indique aucun changement à venir dans la politique et le plan du Canada afin de limiter l'augmentation de la production de pétrole actuellement prévue. De l'autre côté, le plan du gouvernement, intitulé Un environnement sain et une économie saine et une annexe publiée le 11 décembre 2020 ne comportent aucun engagement à freiner l'augmentation de la production des sables bitumineux, laquelle devrait se poursuivre jusqu'en 2045, selon le rapport de la Régie.
Le gouvernement et le ministre de l’Environnement et du Changement climatique ont gardé le silence pendant plus de six mois après la publication de ce rapport. Ils n'ont formulé aucun commentaire sur la façon de concilier, d'un côté, les plans actuels du Canada visant à accroître l'exploitation des sables bitumineux avec, de l'autre côté, l'objectif de la carboneutralité d'ici 2050.
Les secteurs pétrolier et gazier, on le sait, sont la principale source de croissance des émissions de gaz à effet de serre du Canada. Plus ces dernières augmentent, plus nous tardons à inverser la tendance et plus le niveau annuel d'élimination des émissions devra être élevé après 2050 si on veut un jour atteindre la carboneutralité. Tous les risques, toutes les pertes, toutes les souffrances vont être transférés aux générations futures en échange de notre propre gain financier immédiat.
Un aspect vraiment troublant du rapport de la Régie de l'énergie du Canada est qu'il ne contient ni analyse ni conclusion pouvant informer les citoyens canadiens des futurs niveaux d'extraction des sables bitumineux compatibles avec l'objectif de l'Accord de Paris de 1,5 degré. Des études semblables sont pourtant courantes et réalisables. Cela fournirait une évaluation sûre et concrète des futurs niveaux de production des sables bitumineux dans un monde qui s'engage à ne pas dépasser 1,5 degré de réchauffement.
Un exemple récent d'une telle étude, datant de fin 2019, est le scénario de développement durable de l'Agence internationale de l'énergie. La nécessité de disposer de ce type d'information sur la future production pétrolière du Canada est plus accentuée à la lumière du nouveau scénario de la carboneutralité d'ici 2050 de l'Agence internationale de l'énergie et du projet de loi C‑12.
Quelle voie le gouvernement entend‑il prendre à l'égard de la production canadienne? Il serait important de le savoir. D'ailleurs, l'allégation extraordinaire du gouvernement du Canada selon laquelle les émissions des industries pétrolière et gazière seront réduites à 138 millions de tonnes d'ici 2030 n'est confirmée par aucune analyse de données divulguée au public. Aucun des rapports semestriels successifs du Canada n'a jamais laissé entendre que des réductions d'émissions de cette ampleur pourraient être réalisées d'ici 2050. Tout est donc fait pour induire la population en erreur et donner une fausse assurance.
Je vais citer quelqu'un que j'admire et qui est décédé il y a longtemps. Il a été un grand premier ministre du Québec et il s'appelait René Lévesque. Il disait: « La tâche des vrais démocrates est de voir à ce que le peuple soit de plus en plus au courant, instruit, renseigné sur ses propres intérêts ». C'est cela, la véritable démocratie, mais nous en sommes loin.
La réalité est que, au fil des ans, le Canada est devenu un cancre sur la scène internationale. Lord Deben, président du Climate Change Committee du Royaume‑Uni, dit qu'il doit y avoir un rappel constant, rien de moins. Il faut marteler la réalité et souligner, sans relâche, à quoi mène la négation des changements climatiques ainsi que les effets économiques négatifs qui découlent de cet aveuglement. Il faut que le Canada prenne la pleine mesure de ce que ses comportements et son inaction en matière de lutte contre les changements climatiques produisent dans les autres pays de la planète. We Matter. C'est cela, la transparence.
Pourquoi Lord Deben parle‑t‑il d'inaction climatique? Récapitulons: le 12 décembre 2011, le Canada est devenu le premier pays à se retirer du Proctocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre, qu'il avait signé en 1997 et qui était entré en vigueur en 2005. Le Canada devait réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 6 % par rapport au niveau de 1990. Au moins, à cette époque, on utilisait la bonne année, 1990, et non 2005 comme le fait le gouvernement actuel et comme l'a fait le gouvernement conservateur précédent, avec pour résultat que les émissions canadiennes n'ont diminué que de 1,5 % depuis 2005.
En 2015, un peu désespérés du gouvernement Harper sur la question climatique, beaucoup de Québécois et de Canadiens ont tenté leur chance avec le premier ministre actuel, qui promettait déjà de faire de la lutte contre les changements climatiques une priorité. Ils ont déchanté, en particulier lorsque le premier ministre a décidé d'acheter l'oléoduc Trans Mountain au coût de 4,5 milliards de dollars.
En guise de premier tour de magie libéral, le premier ministre affirmait que les profits seraient réinvestis dans des projets d'énergie renouvelable et que c'était cela, la transition. Or, les coûts de Trans Mountain et de son expansion sont aujourd'hui rendus à plus de 12,6 milliards de dollars. Des profits, il n'y en aura pas. Au fond, le gouvernement a décidé d'investir dans les énergies fossiles plutôt que dans les technologies vertes aux frais des contribuables, point à la ligne.
Pour lutter contre les changements climatiques, il y a un deuxième tour de magie libéral. On veut nous vendre du pétrole vert. On va donc nous faire croire qu'on encourage l'hydrogène propre et vert alors qu'il est fait à partir de gaz naturel. Il s'agit d'hydrogène bleu. Il provient du gaz naturel, qui est une énergie fossile, et il ne faut pas aller vers cela. Ainsi, le seul but de la stratégie canadienne, c'est de trouver de nouveaux débouchés pour le gaz de l'Ouest.
On va aussi nous faire croire qu'on réduira les émissions avec les technologies de captage d'utilisation et de stockage du carbone. Toutefois, quand le carbone est capté pour être injecté dans le puits de pétrole pour en augmenter la durée de vie, cela ne réduit pas les émissions, cela les augmente.
Finalement, le troisième tour de magie, ce sont les arbres. On va planter 2 milliards d'arbres d'ici 2030 pour pouvoir continuer d'exploiter les sables bitumineux en même temps. En tout, 2 milliards d'arbres, c'est 30 mégatonnes de moins d'ici 2030. Trans Mountain, c'est 620 mégatonnes de plus de gaz à effet de serre d'ici 2030. Le calcul est facile à faire.
Le gouvernement prétend maintenant que la plantation retirerait 2 millions de tonnes par an des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Je ne suis pas botaniste, mais comment les arbres qui ne sont pas arrivés à maturité peuvent-ils capter du carbone de manière significative?
C'est drôle, parce que quand on regarde les projections du ministère des Ressources naturelles dans le cadre du programme Accroître les forêts canadiennes, on voit que la majorité des 2 milliards d'arbres seront plantés en 2028, en 2029 et en 2030. À ce jour, 30 millions d'arbres ont été plantés. À ce rythme, il faudra plus de 65 ans avant de remplir cette promesse électorale de 2019 des libéraux. C'est bon de planter des arbres, c'est sûr, mais peut-on se fier uniquement là-dessus pour réduire les émissions de gaz à effet de serre? Soyons sérieux.
La politique climatique du Canada est décevante. La gouvernance climatique du Canada, elle, est déficiente et elle va continuer de l'être, avec le projet de loi C‑12 ou pas, parce que les prévisions sont que, d'une main, la production de pétrole et de gaz va continuer d'augmenter au moins jusqu'en 2040, et que, de l'autre main, c'est incompatible avec la lutte contre les changements climatiques.
Le projet de loi C‑12 a été écrit et fait sur mesure pour ne rien changer au plan du gouvernement libéral. Les libéraux vont faire des choses, mais elles vont être insuffisantes, parce qu'ils gaspillent toutes les bonnes actions d'une main en continuant de subventionner les énergies fossiles de l'autre main.
Mes collègues me demanderont pourquoi le Bloc appuie le projet de loi. La réponse est simple: c'est parce que nous sommes d'accord sur l'objectif de carboneutralité à l'horizon de 2050 et parce que, établir cet objectif dans la loi, c'est l'essentiel de ce que le projet de loi C‑12 accomplit.
Nous sommes en faveur du projet, mais nous ne nous faisons pas d'illusions. Disons-le aussi, affirmer la carboneutralité pour 2050, ce n'est pas révolutionnaire. Cet objectif était dans l'Accord de Paris, et nous avons ratifié l'Accord de Paris en 2016. On ne le dit jamais assez: pour atteindre la carboneutralité, il faut d'abord atteindre le plafonnement mondial des émissions, et le Canada n'est pas sur la voie de participer à sa juste part pour atteindre cet objectif rapidement.
Les libéraux devraient parler un peu moins de 2050 et un peu plus de 2030. Les Québécoises et les Québécois peuvent compter sur le Bloc pour être aux aguets et à l'affût des actions de ce gouvernement. Nous ne laisserons pas le premier ministre continuer à faire des coups de baguette magique libérale pour nous faire croire que le pétrole vert existe. Le premier ministre est le grand champion de l'écoblanchiment, parce que le pétrole vert n'existe pas et n'existera jamais.
Voir le profil de Gabriel Ste-Marie
BQ (QC)
Voir le profil de Gabriel Ste-Marie
2021-06-22 23:14 [p.9038]
Madame la Présidente, je tiens d'abord à saluer et à féliciter ma collègue de Repentigny pour son très bon discours, enflammé et rempli de convictions. Je lui lève mon chapeau.
Il y a des gens qui veulent défendre l'industrie en disant que cela a des retombées positives.
Qu'est-ce que ma collègue a à leur dire?
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