Hansard
Consultez le guide de l'usager
Pour obtenir de l’aide, contactez-nous
Consultez le guide de l'usager
Pour obtenir de l’aide, contactez-nous
Ajouter un critère de recherche
Résultats : 121 - 135 de 1450
Voir le profil de Matthew Green
NPD (ON)
Voir le profil de Matthew Green
2020-05-26 10:40 [p.2404]
Monsieur le Président, en ce qui a trait aux données réelles concernant la crise de la COVID-19, je rappelle à la Chambre que, pendant cette pandémie, 81 765 personnes ont été infectées, et 6 180 personnes sont mortes. Le fait de mettre cette pandémie et cette crise mondiales sur un pied d'égalité avec les profits du secteur pétrolier et gazier est une insulte pour les familles qui ont perdu des proches.
On laisse entendre aux Canadiens que nous n'avons pas travaillé. Or, je sais que, dans ma circonscription, nous avons travaillé encore plus fort pendant cette grave crise. Qu'a fait le Parti conservateur pendant cette crise?
Voir le profil de Charlie Angus
NPD (ON)
Voir le profil de Charlie Angus
2020-05-26 10:56 [p.2406]
Monsieur le Président, je suis venu siéger cette semaine parce qu'il nous reste encore beaucoup de pain sur la planche et qu'il faut s'assurer que le Parlement met l'accent sur la crise en cours. Une semaine après l'interruption des activités en raison de la COVID, des millions de personnes partout au pays ne pouvaient pas payer leur loyer. C'est scandaleux dans un pays comme le nôtre.
Hier, les conservateurs n'ont posé aucune question sur le fait que certaines personnes ne peuvent plus payer leur loyer. Je les ai entendus divaguer au sujet de Margaret Thatcher, de l'Union soviétique, du péril rouge chinois et de la main mystique du marché. Toutefois, ils n'ont absolument rien dit sur le fait qu'il faut envoyer l'armée dans des établissements de soins de longue durée, où de nombreux aînés sont morts. Rien dans leur comportement ne laisse supposer qu'ils prennent suffisamment au sérieux cette pandémie.
Lorsque, exceptionnellement, nous avons pris la décision de nous former en comité plénier — et, en temps normal, je me méfie beaucoup des changements apportés au Règlement du Parlement —, c'était pour nous permettre de nous concentrer sur la situation et de poser des questions pour que, une fois de retour dans nos circonscriptions, nous puissions montrer que nous prenons la pandémie au sérieux et que nous obtenons les réponses que les Canadiens méritent d'avoir.
Voir le profil de Charlie Angus
NPD (ON)
Voir le profil de Charlie Angus
2020-05-26 10:59 [p.2406]
J'invoque le Règlement, monsieur le Président.
Je n'ai jamais dit que la députée se tournait les pouces dans sa circonscription, alors je crois qu'elle devrait remettre les pendules à l'heure et s'en tenir aux faits.
Voir le profil de Lindsay Mathyssen
NPD (ON)
Voir le profil de Lindsay Mathyssen
2020-05-26 11:13 [p.2409]
Monsieur le Président, j’ai apprécié le discours de ma collègue aujourd’hui. Elle est très réfléchie et c’est toujours un plaisir de l’écouter.
Nous parlons ici du retour au travail ou de la poursuite du travail et de la façon dont les choses doivent changer. La députée a parlé de sa famille et elle a reconnu que bien des gens éprouvent des problèmes à la maison, où ils doivent concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle. Dans notre débat sur ce retour au travail, de toute évidence, les néo-démocrates cherchent les meilleures solutions. Les congés de maladie rémunérés sont extrêmement importants. J’aimerais aussi que la députée nous dise comment nous pouvons offrir plus de soutien en matière de garde d’enfants et en venir à un système universel de garderies financé par le gouvernement fédéral.
Voir le profil de Charlie Angus
NPD (ON)
Voir le profil de Charlie Angus
2020-05-26 11:51 [p.2414]
Monsieur le Président, j'ai écouté ma collègue avec beaucoup d'intérêt. Je suis préoccupé du fait qu'elle a parlé d'une reprise rapide et vigoureuse de l'économie. L'arrivée de la COVID a bouleversé en un clin d'œil notre conception de l'économie. Il n'est pas réaliste de penser qu'il suffira de remettre l'économie en marche, comme s'il s'agissait d'un interrupteur, pour que tout redevienne comme avant. On sait avec certitude qu'il y aura une véritable hécatombe dans le secteur de la restauration dans les grands centres urbains. Par ailleurs, on a également vu comment le secteur pétrolier s'est effondré avant la COVID. Aujourd'hui, les investisseurs internationaux se sont carrément retirés.
Il faudra une vision à long terme. Il faudra entre autres décider du sort des travailleurs qui touchent la Prestation canadienne d'urgence en ce moment? Bon nombre d'entre eux n'ont plus d'emploi. Le gouvernement est-il disposé à faire ce qui s'impose pour rebâtir et relancer l'économie, à poursuivre prudemment ses investissements et à veiller à ce que le mois d'août ou octobre venu, on ne cesse pas simplement de verser la Prestation canadienne d'urgence aux travailleurs qui ont perdu leur emploi?
Voir le profil de Charlie Angus
NPD (ON)
Voir le profil de Charlie Angus
2020-05-26 12:30 [p.2420]
Monsieur le Président, ce furent 10 minutes fascinantes.
Étant donné qu'il y a tant de révisionnisme à la Chambre, j'aimerais parler de l'excellent travail qui a été accompli lorsque la crise économique a frappé. Lorsque le gouvernement a commencé à parler du remaniement de l'assurance-emploi et des prestations fiscales pour enfants, nous savions que cela ne fonctionnerait pas et qu'il faudrait créer un tout nouveau programme, une option à laquelle les conservateurs s'opposaient carrément.
Les fonctionnaires ont travaillé la nuit, et pendant la fin de semaine de Pâques, pour lancer la PCU. Nous savons que les conservateurs attaquent sans relâche la PCU et parlent de gens qui dorment dans leur hamac et qui ne vont pas travailler. Cependant, il ne faut pas oublier le travail des employés de l'Agence du revenu du Canada à Sudbury et des employés de Service Canada à Timmins et à Thunder Bay, ainsi que le travail incroyable du Réseau de développement des collectivités et de FedNor dans le Nord, qui stabilise notre région, et les nouveaux fonds de 50 millions de dollars qui sont injectés dans le Nord en ce moment. Des fonctionnaires extraordinaires ont répondu à l'appel et il est vraiment important que nous reconnaissions le travail qu'ils ont fait pour lancer ce programme. Ils ont travaillé dans des conditions très difficiles afin que des millions de Canadiens ne perdent pas leur sécurité économique et ne soient pas anéantis en cette période de crise sans précédent.
Une occasion importante s'offre à nous, puisque nous sommes de retour à la Chambre et que nous entendons toutes sortes de propos révisionnistes. Je tiens à ce que le compte rendu fasse état, d'une part, du travail effectué par les fonctionnaires, qui ont redoublé d'efforts pendant une crise sans précédent, et, d'autre part, de la façon dont nous avons pu travailler au Parlement pour modifier la Prestation canadienne d'urgence de manière à la rendre plus efficace.
Je le souligne, parce que, aux États-Unis, sous le gouvernement Trump, les Américains ont droit à un paiement unique de 1 250 $. En Angleterre, sous un gouvernement majoritaire, les travailleurs autonomes n'ont eu droit à aucune aide financière. Il faudra attendre à juin. Des gens seront ruinés s'ils doivent attendre aussi longtemps.
Cependant, parce que le Canada a un gouvernement minoritaire, et parce que les néo-démocrates étaient prêts à négocier pour que des mesures soient prises, nous avons réussi à convenir de quelque chose. Les fonctionnaires ont fait un travail extraordinaire, et je tiens donc à les remercier.
Voir le profil de Alexandre Boulerice
NPD (QC)
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours.
Je ne comprends pas très bien pourquoi les conservateurs s'obstinent à refuser une solution qui va bien fonctionner. Un Parlement hybride permettra à tout le monde de participer et de poser des questions au gouvernement, comme on l'a vu en Grande-Bretagne.
J'aimerais entendre mon collègue au sujet de la formule du comité plénier. Personnellement, je trouve très intéressant d'avoir cette possibilité de discuter pendant cinq minutes avec un ou plusieurs ministres et d'aller un peu plus au fond des choses que ce que nous pouvons normalement faire avec la version traditionnelle, selon laquelle une période de 30 secondes est accordée à la question, suivie d'une minute de réponse seulement.
Voir le profil de Matthew Green
NPD (ON)
Voir le profil de Matthew Green
2020-05-26 13:04 [p.2425]
Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Timmins—Baie James. Par ailleurs, monsieur le Président, j'aimerais que vous me fassiez signe lorsqu'il ne me restera que deux minutes, car j'ai tendance à parler longuement.
Nous avons assisté à des échanges fougueux et entendu plusieurs arguments convaincants au sujet de la crise de la COVID-19. Les députés m'ont entendu plus tôt faire mention des 6 180 décès causés par le virus. Dans le contexte de cette pandémie mondiale, chaque chiffre représente une histoire, une famille éprouvée par la perte d'un être cher. En présence de statistiques aussi impressionnantes— on parle de 80 000 cas —, je ne crois pas que nous soyons en mesure de bien saisir la gravité de la situation. Je ne crois pas que nous ayons pris le temps, en tant que pays, de faire le deuil de toutes ces victimes.
Hier, nous avons entendu les hommages rendus à une officière et pilote décédée lors d'un tragique accident. Je tiens à exprimer la même empathie pour la perte de milliers de Canadiens partout au pays. Je le fais parce que nous vivons un moment historique. La Chambre a la possibilité de tracer l'avenir du pays. J'admets que nous avons entendu bien des discours enflammés de la part de députés de tous les partis. Quand une personne prétend que le gouvernement ou un parti induit la population en erreur, je crois qu’elle se trompe profondément en laissant entendre que nous ne travaillons pas pour affronter la crise en cours. En faisant croire que nous ne retournons pas au travail, on va à l’encontre même de l’esprit des propos de l’intervenant précédent, qui a souligné à quel point le personnel travaille dur et à quel point les émotions sont à fleur de peau. Les membres du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre, tous partis confondus, travaillent chaque jour avec diligence pour veiller à ce que le gouvernement rende le plus de comptes possible à la population.
Je suis heureux d'informer la Chambre que j'ai collaboré, en cours de route, avec des collègues du Bloc québécois et du Parti conservateur pour nous assurer d'être suffisamment préparés en vue de la deuxième vague qui a été annoncée. Nous savons que le gouvernement avait la responsabilité de créer une réserve de millions de pièces d'équipement de protection adéquates. Nous savons aussi qu'au début de la pandémie, nous aurions pu observer de meilleures pratiques fondées sur des données probantes, ce qui se serait peut-être traduit par un bilan inférieur à 6 000 morts. Il est trop tard pour la crise actuelle, mais il faut commencer à planifier dès maintenant pour prévenir des morts et des tragédies dans l'avenir.
Derrière chaque chiffre, il y a une histoire. Chaque mort brise le cœur des Canadiens partout au pays, sans oublier qu'il ne s'agit que des chiffres rapportés. Ces chiffres m'empêchent de dormir. Ce sont ces chiffres qui me réveillent le matin pour que je me mette au travail, que ce soit à distance à partir d'Hamilton-Centre ou ici même aujourd'hui.
Nous vivons des moments historiques. Les gens de nos circonscriptions nous ont choisis pour représenter non pas leurs intérêts financiers, mais leur vie elle-même, qui est en jeu en ce moment. C'est un honneur et un privilège et c'est la chose la plus importante que je ferai de toute ma carrière. Je ne m'en excuserai pas. Je n'ai pas à m'excuser du travail que les néo-démocrates ont fait à la Chambre pour les Canadiens. Si, parmi les députés ici présents, certains ont l'impression qu'ils ne sont pas en train de travailler ou qu'ils n'arrivent pas à obtenir des résultats, ils en sont les seuls responsables.
Lorsque nous, les néo-démocrates, avons proposé de créer un système hybride qui permettrait de représenter toutes les voix de partout au pays, nous l'avons fait au moyen d'un petit, mais formidable, caucus de 24 députés des quatre coins du Canada, du Nunavut à St. John's, en passant par Windsor et jusque dans Skeena—Bulkley Valley, dans le nord de la Colombie-Britannique.
Nous comprenons la complexité de la situation. Nous comprenons la ferveur des propriétaires de petites entreprises qui sont sur le point de tout perdre après avoir travaillé pendant des décennies pour subvenir aux besoins de leur famille. Nous comprenons les travailleurs comme ceux de l'usine de transformation des viandes de Cargill, qui sont obligés de retourner au travail pour assurer notre sécurité alimentaire, sachant les risques que cela comporte pour eux. Nous comprenons les parents seuls qui sont à la maison et qui doivent choisir entre nourrir leur famille ou payer le loyer, une décision déchirante s'il en est. La crise nous a présenté des visions éloquentes de l'avenir.
Soyons clairs: ce n'est pas la classe moyenne qui est pressée de retourner au travail, mais bien les capitalistes. Beaucoup d'opinions ont été exprimées sur ce que le socialisme a l'air. On a formulé des commentaires très malveillants sur la manière dont nous nous sommes rendus au travail aujourd'hui et insinué que nous aimons le pétrole et l'essence. Pour ma part, j'aimerais demander aux députés s'ils aiment les soins de santé, l'éducation publique et tous les biens et services chers aux Canadiens. Ceux-ci ont été mis sur pied par un État social démocrate et nous distinguent des autres pays du monde.
Nous avons l'occasion de répondre aux besoins de tous les Canadiens. Nous avons la possibilité de répondre aux besoins de toutes les personnes qui se trouvent à être au pays durant la pandémie. Nous avons non seulement l'occasion, mais aussi l'obligation morale de le faire, peu importe la citoyenneté de la personne. Qu'il s'agisse de travailleurs étrangers temporaires ou de personnes sans papiers qui se sont rendus ici à la recherche de la liberté dont parlent nos amis conservateurs, tous méritent d'avoir la possibilité de survivre à la pandémie. Or, nous savons que tous ne vivent pas la pandémie avec des moyens égaux.
Les néo-démocrates sont déterminés à remédier à ce problème coûte que coûte. Nous travaillerions dans un système hybride selon une formule qui permet aux députés de s'exprimer partout au Canada, et ce, pendant tout l'été ou tant et aussi longtemps que nécessaire afin de trouver une solution pour les Canadiens. Nous sommes résolus à le faire.
Le chef de l’opposition a déclaré clairement que le reste des députés préfèrent voir comment pourrait être le Canada, mais que les conservateurs, eux, préfèrent le voir tel qu'il est. C'est très révélateur. Dans Hamilton-Centre, d'où je viens, je vois des gens qui souffrent.
Est-ce que la réalité à laquelle nous voulons retourner est celle de la profonde inégalité économique et des disparités raciales qui persistent ici ou celle où les Autochtones sont considérés comme des citoyens de deuxième classe dans tout le pays selon la définition prévue dans la Loi sur les Indiens? Non. Je ne m'excuserai jamais de vouloir que le pays devienne ce qu'il pourrait être et non qu'il redevienne ce qu'il était.
C'est l'occasion qui s'offre à nous aujourd'hui. Nous pouvons faire quelque chose d'aussi simple que d'ajouter 10 jours de congés de maladie payés à l'assurance-emploi, que de créer un régime d'assurance-médicaments qui couvrirait chacun et chacune d'entre nous ou que de garantir le droit au logement, ce qui se traduirait par la construction de 500 000 logements d'un bout à l'autre du pays. Si nous en parlons, c'est parce que nous voyons la souffrance qui nous entoure — et si jamais certains députés ne la voient pas, c'est qu'ils sont encore plus privilégiés que les autres. S'ils ne voient pas la souffrance autour d'eux, je les invite à venir dans ma circonscription, qui arrive au troisième rang national pour la faiblesse du revenu. Je vais leur montrer ce que cela signifie, moi, 6 000 morts. Le pire, c'est qu'il y en aura encore bien plus quand tout sera fini.
Nous avons l'obligation morale de faire tout ce qui est en notre pouvoir sur le plan législatif. Qu'on utilise le nom qu'on veut, Parlement ou comité plénier, et que les séances se déroulent en personne ou à distance, nous devons suivre les consignes des scientifiques et des médecins et faire comme le reste du pays afin que chacun comprenne à quel point la situation est critique. Quand tout cela sera derrière nous, peut-être la Chambre pourra-t-elle mettre la politique de côté un instant et pleurer les milliers de vies qui auront été perdues. C'est pour ça que je suis ici. C'est pour ces gens que je suis ici.
Sur ce, je vais me rasseoir et laisser le reste de mon temps de parole à mon collègue de Timmins—Baie James.
Voir le profil de Matthew Green
NPD (ON)
Voir le profil de Matthew Green
2020-05-26 13:14 [p.2426]
Monsieur le Président, pour reprendre une expression des libéraux, je dirais qu'il reste certainement encore beaucoup à faire. Bien que nous soyons fiers du travail effectué dans nos comités, nous savons que trop de gens sont exclus. Au cours des quatre à six prochains mois, notre priorité doit être les Canadiens qui souffrent profondément. Le Parlement virtuel que nous proposons vise à mettre sur pied un système hybride qui nous permettrait de rester sur la bonne voie et de nous concentrer sur ce qui est le plus important.
Soyons clairs: le plus important, c'est la vie des Canadiens. Ce ne sont pas les profits des sociétés pétrolières ni les autres sujets abordés dans le but de détourner notre attention. Nous devons nous concentrer sur les vies perdues dans le cadre de cette pandémie. Nous appuyons entièrement la reprise de travaux parlementaires, que les députés y participent par téléconférence ou en étant présents physiquement à la Chambre, selon un système hybride.
Voir le profil de Matthew Green
NPD (ON)
Voir le profil de Matthew Green
2020-05-26 13:16 [p.2426]
Monsieur le Président, je peux comprendre que l'on veuille se servir d'un vocabulaire légaliste, mais l'esprit et la lettre de ce que je dis, c'est que nous devons faire fonctionner l'État avec tous les outils nécessaires pour que les Canadiens obtiennent ce qu'ils veulent. Certains de nos collègues viennent de se mettre à chahuter. Les conservateurs nous font sentir leur impatience de reprendre supposément le travail. Je leur dirais que nous n'avons jamais arrêté de travailler. Notre petit caucus a accompli beaucoup de choses. D'ailleurs, s'il y a un parti qui joue activement son rôle d'opposition, c'est bien le nôtre, et ce, jour après jour.
On voit bien l'attitude réactionnaire des conservateurs. Eux qui disent adhérer au principe de la liberté d'expression aimeraient pouvoir choisir les personnes qui prennent la parole dans cette enceinte. Je constate qu'il ne me reste plus de temps. Je suis persuadé que j'aurai l'occasion de parler de la liberté d'expression en réponse à une autre question.
Voir le profil de Matthew Green
NPD (ON)
Voir le profil de Matthew Green
2020-05-26 13:18 [p.2427]
Monsieur le Président, la question de la députée est d'une importance capitale. Comme je l'ai dit, pour reprendre l'expression des libéraux, il reste beaucoup de travail à faire.
Comme les députés s'en souviendront, la première version des mesures d'aide mise en œuvre par les libéraux était une sorte de complément mal défini de l'assurance-emploi et ne subvenait certainement pas aux besoins des plus vulnérables. Nous, les néo-démocrates, nous sommes battus pour que la prestation soit universelle et qu'un montant de 2 000 $ soit versé à chaque personne au pays. Qu'a fait le gouvernement libéral? Il a mis en place des critères relatifs aux moyens financiers qui ont eu pour effet d'exclure des personnes très vulnérables, comme des personnes qui avaient gagné un peu d'argent ou qui étaient les propriétaires uniques de leur entreprise et qui n'avaient pas réalisé des gains suffisants pour être admissibles.
Pour empirer les choses et ajouter à la confusion, des députés chevronnés du Parti libéral disaient à tout le monde de présenter une demande. Depuis le début, nous soutenons qu'il faut fournir de l'aide à un plus grand nombre de personnes et qu'il faut le faire plus rapidement, au lieu d'être obsédé par l'idée d'accompagner les programmes de critères visant à exclure des gens.
Voir le profil de Charlie Angus
NPD (ON)
Voir le profil de Charlie Angus
2020-05-26 13:19 [p.2427]
Monsieur le Président, c'est comme toujours un grand honneur de prendre la parole à la Chambre pour représenter les habitants de Timmins—Baie James et d'être ici en cette période où notre monde entier change fondamentalement et à jamais. Ce que la Chambre doit accepter, c'est que nous sommes en plein milieu d'une crise économique et sanitaire sans précédent et qu'il incombe au Parlement de se réunir pour trouver une façon de répondre à celle-ci.
Avant que je prenne la parole, nous avons entendu parler d'un rapport de l'armée canadienne dans lequel on a appris que des militaires envoyés en renfort dans des centres de soins de longue durée y ont constaté un mépris flagrant pour la vie des personnes âgées et ont été témoins de cas de mauvais traitements et de négligence au sein du système de soins à but lucratif. Tous les yeux du pays sont tournés vers nous. Les Canadiens nous regardent et ils vont nous demander ce que nous prévoyons faire pour remédier de façon permanente à cette horrible situation. Certains députés diront que c'est une question de compétence provinciale, mais à cela je leur répondrai que c'est sous la surveillance de plusieurs provinces que cette négligence a eu lieu. Les personnes âgées méritaient mieux, et nous allons étudier comment garantir que les soins de santé offerts soient dignes du XXIe siècle.
La COVID a très clairement mis au jour les mythes et l'arrogance de notre société. Elle a fait ressortir les iniquités et nous a forcés à commencer à y remédier. Le Canada se réveille maintenant dans un nouveau siècle, et celui qui l'a précédé avec toutes ses certitudes arrogantes est disparu pour de bon.
Hier, le chef de l'opposition a parlé de la main invisible, magique et mystique du marché qui crée tout ce dont on a besoin. Ce sont là des propos vraiment étranges quand on sait que le Canada n'avait pas suffisamment d'équipement de protection individuelle, que notre plus proche voisin, les États-Unis, volait les fournitures médicales qui nous étaient destinées et que les travailleurs de la santé de première ligne ont dû quêter de l'argent parce que le pays n'avait pas la capacité de gérer la pandémie.
Les Canadiens se tourneront vers le Parlement pour demander ce qu'il compte faire pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise. Nous ne devrions jamais être forcés de faire intervenir l'armée pour que les aînés restent en vie. Le Canada a envoyé des militaires lors des tremblements de terre en Haïti. Voilà une situation qui nécessitait la présence de l'armée, comme les inondations et les incendies catastrophiques. Cette fois-ci, il a fallu faire intervenir l'armée parce qu'on a fait preuve d'une terrible négligence en ce qui concerne les soins de santé aux aînés, et les reportages font état de négligence et d'abus flagrants.
Il a également fallu adapter le fonctionnement du Parlement. Néanmoins, une chose est certaine: les députés de l'opposition ne renoncent jamais à leur temps de parole. C'est leur outil le plus précieux. Les députés n'écourtent jamais le débat et ne ratent jamais une occasion d'intervenir, parce c'est l'outil dont ils disposent. Dans le contexte de la présente crise, nous avons bien vu que nous devions nous retirer du Parlement et réfléchir à la façon de reprendre les travaux. Nous, les néo-démocrates, nous sommes mis à négocier puisque le gouvernement est minoritaire. C'est ainsi qu'on procède en situation de gouvernement minoritaire.
La première série de négociations avait comme point de départ le fait que des millions de Canadiens se retrouvaient soudainement dans une situation où ils ne pouvaient plus payer leur loyer. Voilà pour le fameux mythe de la classe moyenne et de ceux qui veulent en faire partie. On a pu voir que des millions de gens qui ont des petits boulots et des millions de travailleurs à contrat ne seraient pas en mesure de payer leur loyer. C'est alors que nous avons commencé à pousser le gouvernement.
Au départ, le gouvernement voulait apporter de petits changements à l'assurance-emploi et augmenter un peu l'Allocation canadienne pour enfants. Les néo-démocrates estimaient que l'ampleur de la crise était telle qu'il fallait faire quelque chose de tout à fait différent, une chose que l'on aurait crue impossible en février: un montant minimal de 2 000 $ par mois pour aider les gens à tenir le coup. Nous avons travaillé avec le gouvernement sur cette prestation. Nous n'avons jamais eu le moindre soutien des conservateurs. Ils étaient tous là à hurler. Ils parlaient des tire-au-flanc et de gens dormant dans leur hamac. Nous avons collaboré avec le gouvernement, mais lui avons dit que la mesure était trop restrictive. Nous avons soulevé la question des travailleurs autonomes. Il fallait apporter un changement pour eux, et nous avons dû négocier à chaque étape. Voilà ce qu'on peut faire dans une situation de gouvernement minoritaire.
Les Étatsuniens ont obtenu un paiement unique de 1 250 $. Pas étonnant qu'il y ait tant de troubles sociaux aux États-Unis actuellement: il y a une rupture de la solidarité sociale. Si nous avions versé un paiement unique de 1 250 $ en mars, cela aurait été une catastrophe économique pour le Canada. Nous avons compris que nous avions le pouvoir du gouvernement fédéral, que les provinces n'ont pas. Nous disposons de la Banque du Canada pour soutenir ces mesures. Nous savions que nous pouvions accorder à tout le moins 2 000 $ par mois, alors nous avons inclus les travailleurs autonomes.
Sous Boris Johnson, l'Angleterre a aussi adopté un revenu de base, mais il n'inclura pas les travailleurs autonomes avant juin. Si nous avions fait la même chose au Canada, des millions de personnes auraient tout perdu.
Voici comment nous avons négocié. Nous avons fait des concessions par rapport à notre temps de parole, pour lequel nous avons l'habitude de nous battre pour empêcher le gouvernement de clore le débat et pour que nous puissions intervenir en comité. Nous avons fait des concessions à cet égard au nom d'un principe plus important: aider les Canadiens en temps de crise.
Nous avons négocié avec le gouvernement au nom des petites entreprises. À l'origine, le gouvernement comptait offrir une subvention salariale de 10 %. Nous avons fait valoir que ce pourcentage était inadéquat et qu'il fallait le faire passer à 75 %. Nous avons négocié ce pourcentage. Nous sommes en mesure de négocier dans un contexte de gouvernement minoritaire.
Le gouvernement a maintenant présenté une motion afin que la Chambre se réunisse en comité plénier quatre jours par semaine. Les gens de ma circonscription ne m'ont jamais entendu expliquer les tenants et les aboutissants du processus parlementaire parce que je n'en ai pas l'habitude, mais l'idée qu'il s'agisse là de simulacres de séances est une fausseté, une déformation de la réalité. Nous avons pu nous adresser directement aux ministres et leur poser des questions très précises pour exercer plus de pressions.
Nous avons demandé comment nous allions procéder d'ici la fin de juin. Il ne s'agit pas de fermer le Parlement de façon permanente.
Comment allons-nous procéder d'ici la fin de juin? Nous avons dit que nous avions deux demandes claires.
Nous voulions la tenue de certaines séances pendant l'été parce que nous ne savons pas comment la COVID évoluera durant cette saison. Les conservateurs n'ont nullement exprimé le désir de se présenter au travail cet été. Le Parlement ne siège habituellement pas l'été, mais nous avons obtenu gain de cause à cet égard.
Nous avons aussi dit que nous appuierions cette motion clé du gouvernement si ce dernier se penchait sur la situation des personnes qui retournent à un emploi où elles gagnent 14 $ l'heure et n'ont pas de congé de maladie. Nous ne voyons jamais les conservateurs intervenir pour parler des gens gagnant 14 $ l'heure, à part pour remercier une personne leur ayant servi le hamburger qu'ils ont commandé le matin au service au volant. Il est formidable d'entendre un député remercier un employé d'un service au volant, comme ce fut le cas plus tôt, mais les conservateurs ne disent pas un mot sur le fait que les travailleurs qui tombent malades ne peuvent pas s'absenter.
Il est extraordinaire que nous ayons réussi à négocier 10 jours de maladie avec le gouvernement. Ce qui est aussi extraordinaire, c'est que nous devrons commencer à discuter à l'échelle fédérale de la façon dont nous pouvons instaurer ces congés de maladie partout au pays en temps de pandémie, ce qui risque de faire perdre la raison à nos collègues bloquistes. Nous devrons négocier une solution ici.
Nous allons maintenant parler jusqu'à la fin de juin de ce que nous devons faire, mais pour nous sortir de cette situation, nous devons avoir les idées très claires. La reprise économique ne va pas se faire toute seule.
Nous avons entendu le chef de l'Opposition dire que le gouvernement doit cesser d'intervenir pour que les gens puissent faire leurs propres choix. Parler de faire des choix alors que des millions de Canadiens ne peuvent pas payer leur loyer, c'est vraiment avoir une vision du siècle passé. Empêchons le gouvernement d'intervenir et laissons faire le secteur privé. Quiconque a discuté avec des représentants des différentes industries sait qu'ils ne pensent pas pouvoir sortir de cette crise sans une sorte de vision et de l'aide.
Nous discutons de ce que sera le rôle du gouvernement. Cela fait deux jours que nous sommes là et les conservateurs nous ont parlé de beaucoup de choses. Ils ont parlé de Margaret Thatcher. Vous vous en souvenez? Elle avait affirmé que la société, cela n'existe pas. Devinez quoi? la COVID nous a montré qu'une telle affirmation était fausse. Bien sûr, les conservateurs ont aussi parlé de Winston Churchill puis on est revenu à Margaret Thatcher et on est passé à l'Union soviétique et sa bonne vieille approche. La seule chose qu'ils ne nous ont pas dite, c'est de tenir le delta du Mékong pour éviter l'effet domino.
On nous répète sans cesse les mêmes excuses éculées tirées d'une vision désuète du XXe siècle. Ce que nous avons appris en 2020 grâce à la COVID-19, c'est que les vieux mythes ne suffisent plus. Nous aurons besoin d'une nouvelle stratégie pour les investissements publics dans les services de santé. Nous devrons faire appel à un engagement du public et nous soumettre à des normes afin que le retour au travail ne soit plus dangereux. Il ne faut pas simplement demander au gouvernement de rester à l'écart. Nous aurons aussi besoin d'un plan pour rebâtir l'économie.
Nous, les néo-démocrates, sommes prêts à céder une partie de notre temps de parole afin que nous puissions débattre dans un contexte de gouvernement minoritaire et ainsi accorder la priorité aux besoins des Canadiens. C'est ce que nous continuerons de faire. Nous laisserons les conservateurs s'insurger et gesticuler sur leurs banquettes. Peut-être qu'ils mentionneront Castro dans leur prochaine intervention, ou une autre personne inspirée de leur vision du XXe siècle.
Voir le profil de Charlie Angus
NPD (ON)
Voir le profil de Charlie Angus
2020-05-26 13:31 [p.2429]
Monsieur le Président, je suis ici depuis de nombreuses années. Personne ne m'accusera jamais d'être impartial. Je suis toujours prêt à me lancer dans la bataille, parce que c'est ainsi qu'a toujours fonctionné le Parlement et c'est le Parlement que j'ai toujours connu. Cependant, nous voyons qu'il y a une cause plus grande que nous, plus grande que tout ce que nous aurions pu imaginer. Timothy Morton parle d'hyperobjet, une chose que notre pensée ne peut complètement appréhender. C'est là l'ampleur de la pandémie.
J'entends les conservateurs parler de revenir ici comme si c'était un inconvénient, mais je ne vois pas en quoi ce le serait. Ma famille s'inquiète chaque fois que je dois venir ici et me dit que je dois rester à la maison pendant deux semaines. Et mes enfants? Je vois ce que font les gens chez eux. Ils sont inquiets. Comme l'a affirmé mon collègue d'Hamilton, les gens de la classe moyenne ne sont pas pressés de retourner au travail, car ils savent qu'ils seront en première ligne.
Les Canadiens ont adopté des mesures extraordinaires de solidarité sociale. Je suis vraiment fier du Canada présentement. Nous devons montrer aux Canadiens que, lorsque nous nous réunissons pour discuter de ces enjeux, nous mettons tous nos efforts sur la résolution de la crise en cours afin d'en sortir plus résilients, plus forts et plus justes. C'est la tâche qui nous incombe et nous l'accomplirons.
Voir le profil de Charlie Angus
NPD (ON)
Voir le profil de Charlie Angus
2020-05-26 13:34 [p.2429]
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa bonne question.
Pour le NPD, il est clair que le gouvernement fédéral doit respecter ses obligations et mettre en place un financement adéquat pour les systèmes provinciaux. C'est la vision du NPD.
Il est clair aussi que la pandémie ne respecte pas les zones de responsabilité; elle affecte tout le monde et le Canada. Le gouvernement fédéral du Canada doit certainement discuter avec les provinces. Cependant, nous avons aussi l'obligation de mettre en place des mesures pour nous assurer que les droits des personnes âgées dans les CHSLD et dans toutes les maisons pour aînées, partout au Canada, sont respectés.
Cette crise est un désastre pour notre pays et la négligence a été extraordinaire. Nous avons l'obligation de travailler ensemble pour trouver une solution. Pour ce faire, il est impératif d'augmenter les fonds aux provinces.
Voir le profil de Charlie Angus
NPD (ON)
Voir le profil de Charlie Angus
2020-05-26 13:50 [p.2431]
Monsieur le Président, en ce qui concerne les enjeux liés à la viande bovine, nous commencions à observer une situation très favorable chez beaucoup de nos agriculteurs, mais depuis lors, nous avons été très, très durement touchés. Certains agriculteurs pourraient ne pas s'en sortir, parce qu'ils ont gardé leur bétail pendant l'hiver, pensant que les prix allaient être avantageux.
Le député a abordé la question de la gestion de l'offre, mais nous devons aussi réfléchir à nos capacités en matière de production. Nous ne sommes pas plus avancés que nous l'étions durant la crise de l'ESB, avec trois usines couvrant 85 % de la production, et personne ne s'attendait à ce que la pandémie frappe Cargill aussi durement, mais ce fut le cas.
J'aimerais que le député nous parle de l'importance de disposer d'une certaine capacité provinciale ou régionale pour aider nos agriculteurs, car il y a un besoin de viande bovine qui commence à se faire ressentir dans les épiceries. Nous devons agir. Le programme de retrait ne va tout simplement pas permettre aux gens de passer à travers cette crise, mais le problème structurel plus large de la capacité d'abattage demeure un problème qui a été révélé par la pandémie.
Résultats : 121 - 135 de 1450 | Page : 9 de 97

|<
<
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
>
>|
Exporter en: XML CSV RSS

Pour plus d'options de données, veuillez voir Données ouvertes