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Lib. (NB)
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2020-02-24 14:04 [p.1424]
Madame la Présidente, c'est le coeur lourd que je prends la parole à la Chambre aujourd'hui pour rendre hommage au regretté Charles Hubbard, qui est mort le 12 février. Il a été un ami et un collègue de beaucoup d'entre nous ici, à la Chambre.
Charlie a été député de Miramichi de 1993 à 2008, et il a servi les habitants de cette circonscription avec beaucoup de fierté. Il a été secrétaire parlementaire du ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien et secrétaire parlementaire du ministre des Transports dans le gouvernement de Paul Martin.
Avant de se lancer en politique, Charlie a servi dans les Forces armées canadiennes et, en 1963, il a commencé son illustre carrière d'enseignant. Par la suite, il est devenu le premier directeur de l’école secondaire Miramichi Valley, et il a aussi participé activement à de nombreux organismes communautaires au fil des années.
Charlie était un amateur d'activités de plein air, y compris l'agriculture et la pêche.
J'offre mes condoléances à sa femme Pat, leurs enfants et leurs petits-enfants. Charlie a été pour moi un bon ami et un mentor, et il était un véritable défenseur de la région de Miramichi. Il nous manquera.
Voir le profil de John Williamson
PCC (NB)
Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Durant la période des questions, la députée de Lakeland a posé une question. Vous l'avez réprimandée pour avoir employé des propos incendiaires. Le motif de cette réprimande n'était pas clair, du moins de ce côté de la Chambre. Était-ce pour avoir utilisé le terme « foutaise »? Était-ce pour avoir parlé de l'hémorragie en Alberta? Ou était-ce pour avoir mentionné l'augmentation marquée du taux de suicide?
Voir le profil de Jenica Atwin
PV (NB)
Voir le profil de Jenica Atwin
2020-02-24 16:13 [p.1446]
Madame la Présidente, j'ai l'impression qu'on rate un peu la cible. Il manque l'idée de souveraineté et d'autodétermination. Ce dont il est vraiment question, c'est la volonté de faire progresser les droits des Autochtones au pays.
Dans son discours, le député a souvent parlé de « nos communautés autochtones ». Ces communautés ne nous appartiennent pas. Elles sont entièrement souveraines. Le député ne croit-il pas qu'une telle terminologie dénote une certaine démagogie ou une certaine condescendance?
Voir le profil de Jenica Atwin
PV (NB)
Voir le profil de Jenica Atwin
2020-02-24 17:44 [p.1458]
Madame la Présidente, c'est un honneur de prendre la parole à la Chambre pour représenter les gens de Frédéricton et parler en leur nom.
Aujourd'hui, nous débattons du projet de loi C-6, qui vise à modifier le serment de citoyenneté. Pour mettre les choses en perspective, j'aimerais vous parler de mon expérience. Avant d'être élue députée, j'ai été enseignante et j'ai défendu les droits des jeunes Autochtones dans les écoles publiques. J'ai travaillé pour faire disparaître les obstacles rencontrés par les enfants autochtones dans le système d'éducation du Nouveau-Brunswick. J'ai travaillé pour sensibiliser la population en général sur la véritable histoire du Canada et sur les conséquences que comporte le fait d'ignorer celle-ci. J'ai appris l'histoire des pensionnats autochtones par moi-même et non dans le cadre de mon programme d'études. Il m'a fallu deux ans pour compulser les témoignages, les lettres, les documents et les photos. Je suis passée par toute la gamme des émotions tandis que je prenais conscience de mon identité en tant que non-Autochtone, de mon rôle et de la responsabilité qui m'incombe de réparer les dommages causés. Le fait de comprendre cette responsabilité a fait naître ma passion pour l'enseignement et m'a menée à l'enceinte où j'interviens aujourd'hui.
Les 94 appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada devaient servir de feuille de route. Ils couvrent différents aspects, y compris les entreprises, l'éducation, la santé, les jeunes, les femmes et la justice. Les Canadiens se demandent peut-être où cette route nous a menés et combien d'appels à l'action ont été mis en œuvre. Le premier ministre s'est engagé, en collaboration avec les communautés autochtones, les provinces, les territoires et d'autres partenaires essentiels, à mettre intégralement en œuvre les appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation, en commençant par donner suite à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. C'était en 2015.
Ian Mosby suit les progrès des recommandations de la Commission. Sur les ondes de CBC, il a dit ceci: « Une des choses que partagent les appels à l'action qui ont été concrétisés, c'est la grande simplicité de leur mise en œuvre ou le fait qu'ils demandent le maintien de mesures déjà en place. »
Selon Mme Cindy Blackstock: « En 2020, il faut cesser de nourrir l'appétit insatiable du gouvernement qui veut sans cesse être remercié pour ses mesures inadéquates et exiger l'élimination complète de l'inégalité. »
Les observations de l'institut Yellowhead sur les progrès réalisés sont particulièrement touchantes. Il a écrit ce qui suit:
Par ailleurs, nous avons tenu pour acquis que, pour donner suite à l'un ou l'autre des appels à l'action, il ne suffisait pas de poser des gestes symboliques, de prendre des engagements budgétaires ou de « prendre acte des préoccupations » au sein du ministère des Relations Couronne-Autochtones. Nous avons donc évalué la situation en établissant si on a pris ou non des mesures particulières qui puissent apporter le genre de changements structurels concrets et significatifs qui sont nécessaires pour améliorer la vie des peuples autochtones dans l'ensemble du pays.
Examinons le bilan. En ce qui concerne les 52 recommandations générales pour la réconciliation, sept d'entre elles ont été suivies. En ce qui a trait à la justice, une recommandation sur 18 a été suivie. En ce qui concerne la langue et la culture, une recommandation sur cinq a été suivie. Pour ce qui est de la santé, de l'éducation et des services à l'enfance, aucune recommandation n'a été suivie. On a donné suite à cinq recommandations pendant la première année et à seulement quatre recommandations en 2016. Au rythme où vont les choses, il faudra encore attendre environ 38 ans avant qu'on donne suite à l'ensemble des appels à l'action. La réconciliation devra donc attendre à 2057, juste à temps pour l'atteinte de la cible de zéro émission nette.
Dans les lettres de mandat de 2019, le premier ministre a répété qu'aucune relation n'est plus importante pour le Canada que sa relation avec les Autochtones. Je pense qu'il est temps de faire appel au conseiller conjugal. Pensons, par exemple, au fait que le Canada conteste actuellement devant les tribunaux une décision du Tribunal canadien des droits de la personne rendue en septembre 2019, qui dit que le gouvernement fédéral a, délibérément ou de façon inconsidérée, fait subir un traitement discriminatoire aux enfants des Premières Nations, d'une manière qui a contribué à la mort d'enfants et à une multitude de séparations inutiles des familles. Je dirais que, pour un gouvernement qui se préoccupe autant des apparences, ce bilan est peu reluisant.
Je n'ai pas à rappeler à la Chambre la situation actuelle avec les Wet'suwet'en, qui a provoqué une crise qui continue de secouer le Canada. Cette crise met à l'épreuve la détermination du premier ministre et du gouvernement à remplir leur mandat de réconciliation, tout en veillant à l'intérêt public. La résolution de cette crise aurait pu être un vrai coup d'éclat, donnant le ton à l'établissement de relations positives et pacifiques pour des années à venir. Toutefois, je crois que la situation a été gérée de manière désastreuse, et cela a donné lieu au racisme explicite et flagrant qu'on observe dans les sections de commentaires en ligne et qui se répand dans les rues et les cours d'école.
Voilà le véritable obstacle aux appels à l'action, à la réconciliation et à l'espoir d'un meilleur avenir pour les Autochtones du Canada. Nous avons entendu beaucoup de beaux discours au cours des dernières semaines. Le chef de l’opposition a tenté de nous renseigner sur le privilège. Remarquons que c'est un homme blanc et riche, qui a prononcé ces paroles devant les grandes portes de la Chambre des communes. Il devrait bien savoir ce que c'est d'être privilégié. Pourtant, ses remarques indiquent le contraire.
Nous avons entendu bon nombre de platitudes, de blagues et de remarques paternalistes. Nous avons entendu des promesses qui, trois jours plus tard, ont été rompues, et l'importance du dialogue être grandement exagérée.
La très complète Commission de vérité et réconciliation, la précédente Commission royale sur les peuples autochtones et l'enquête sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées ont été ont été le fruit du dialogue et devaient orienter l'action du Canada. Un dialogue est une conversation entre des parties, mais le Canada ne semble pas écouter.
Pour conclure, je vais changer de ton. Je vais évidemment appuyer cette initiative visant à mettre en œuvre l'une des 94 recommandations. Toutefois, j'aimerais souligner le moment choisi pour faire avancer cette initiative et remettre en question son incidence dans le climat politique actuel au pays.
Les choses ont changé. Nous avons échoué à bâtir les ponts de la guérison qui sont essentiels dans notre démarche, guérison qui sous-tend chacune des 94 recommandations. Aujourd'hui, nous nous penchons sur un seul appel à l'action, le 94e, alors que 84 d'entre eux ne sont toujours pas concrétisés. Nous allons probablement soumettre cette initiative à l'examen du comité et, un jour, peut-être que nos nouveaux arrivants proclameront un serment qui reconnaît quelque chose que la majorité des colonisateurs du Canada n'ont pas reconnu.
Cela étant dit, cette modification aura une influence positive sur l'expérience vécue par les immigrants dans notre pays. Par contre, pour ce qui est de répondre à l'appel à l'action lancé il y a belle lurette par les peuples autochtones, on repassera.
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PV (NB)
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2020-02-24 17:52 [p.1460]
Madame la Présidente, oui, le Parti vert appuie le projet de loi à l'étude qui, comme on l'a dit, fait suite à l'une des 94 recommandations. Si on cherche à établir un ordre d'importance ou de priorité parmi les recommandations, ce classement peut avoir un aspect symbolique, et il y a justement un certain symbolisme dans le fait qu'il s'agisse de la 94e recommandation. Je crois que les membres de la Commission de vérité et réconciliation, qui ont travaillé avec ardeur, auraient aimé que nous réglions beaucoup d'appels à l'action avant celui-là.
Bref, c'est un pas dans la bonne direction, un pas nécessaire, mais nous aurions probablement dû en faire 93 autres avant d'arriver à celui-là.
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PV (NB)
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2020-02-24 17:53 [p.1460]
Madame la Présidente, la réponse simple est oui. Comme notre temps est limité à la Chambre, nous devons traiter en priorité des dossiers les plus urgents. Cela dit, le gouvernement a choisi de soumettre ce projet de loi à l'étude de la Chambre, et je l'appuie.
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PV (NB)
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2020-02-24 17:54 [p.1460]
Madame la Présidente, je suis très frustrée. Je suis restée assise patiemment pour écouter les interventions lors du débat d'urgence sans avoir la possibilité de prendre la parole, alors je profite de cette occasion pour exprimer mes préoccupations.
Mes enfants sont autochtones. Ce que je retiens de toute la situation, comme je l'ai mentionné, c'est le racisme qui déborde des sections de commentaires et de la société en général. Je suis vraiment inquiète. C'est pourquoi je voudrais que l'on s'attaque sérieusement au racisme.
À cela s'ajoute l'ensemble des autres recommandations. Elles découlent inévitablement de cet état d'esprit. Il faut mieux comprendre comment cohabiter, mais il faut faire tomber les murs qui existent. Le racisme est puissant dans la société et je m'inquiète pour mes enfants, pour mes étudiants et pour le Canada. Il faut réagir sans tarder.
Voir le profil de John Williamson
PCC (NB)
Monsieur le Président, hier, le ministre des Transports a affirmé à la Chambre que le service de VIA Rail avait été rétabli entre Ottawa et Montréal. De plus, le ministre a dit qu'il voyageait souvent avec VIA Rail. C'est donc une bonne nouvelle pour lui et les autres députés de la région de Montréal.
J'ai été surpris d'apprendre que le service de VIA Rail vers le Canada atlantique n'avait pas repris. D'ailleurs, VIA Rail a suspendu tous ses services entre Montréal et Halifax.
Les barrages illégaux sont érigés dans l'Ouest et le centre du Canada, pas dans l'Est. Pourquoi alors est-ce que VIA Rail ne rétablit pas ses services vers le Canada Atlantique?
Voir le profil de Richard Bragdon
PCC (NB)
Voir le profil de Richard Bragdon
2020-02-21 11:56 [p.1386]
Monsieur le Président, au Nouveau-Brunswick, 24 000 personnes comptent sur le secteur forestier pour gagner leur vie. Le premier ministre a déjà fait du tort à cette industrie en négociant de mauvais accords commerciaux, et voilà qu'il continue de le faire avec son inaction face aux barrages. Forêt NB indique que si les perturbations des services ferroviaires et portuaires se poursuivent pendant une semaine de plus seulement, des milliers d'emplois et de contrats seront menacés.
Quand le premier ministre agira-t-il au lieu de pratiquer une politique de dialogue sans fin et de faire traîner les choses? J'aimerais pouvoir rassurer les travailleurs forestiers du Nouveau-Brunswick en leur disant que les barricades seront démantelées.
Voir le profil de René Arseneault
Lib. (NB)
Madame la Présidente, j’écoute avec beaucoup d’intérêt les commentaires de mon estimé collègue de Montarville.
Je trouve curieux que le Bloc québécois, dont le discours principal est que le gouvernement fédéral devrait autant que possible éviter d'intervenir dans la province du Québec, demande maintenant pourquoi le gouvernement fédéral n’intervient pas au nom de la sécurité publique de la province du Québec dans le dossier des barricades.
Comme mon estimé collègue, je suis suffisamment âgé pour pouvoir me souvenir des événements d’Oka en 1990. La Sûreté du Québec avait été envoyée sur les lieux des barricades. Ensuite, on avait demandé au fédéral d’intervenir et ce conflit avait duré 78 jours, soit deux mois et demi.
Dans un premier temps, j’aimerais demander à mon estimé collègue ce qu’il retient des événements d’Oka par rapport à la situation d’aujourd’hui, laquelle ne vise pas seulement une petite partie du Québec, mais s'applique à tout le pays. Que retient-il de ces fameux 78 jours qui ont été nécessaires pour en arriver à une résolution?
Ensuite, ce qu’il qualifie de procrastination de la part du gouvernement est en fait une ouverture au dialogue entre les principaux intervenants à l’heure où on se parle.
Voir le profil de Wayne Long
Lib. (NB)
Voir le profil de Wayne Long
2020-02-20 14:02 [p.1320]
Monsieur le Président, lors de la dernière campagne électorale, j'ai promis de défendre la réforme démocratique à la Chambre si j'étais réélu. Je suis maintenant de retour.
Je prends la parole pour commencer à remplir cette promesse en parlant à mes nombreux collègues de l'occasion historique qui s'offre, dans ce contexte de Parlement minoritaire, d'améliorer le caractère démocratique de la Chambre.
En modifiant le Règlement de façon à ce que tous les députés soient pleinement habilités à défendre les intérêts de leurs concitoyens sur la Colline du Parlement, que ce soit en créant une Chambre parallèle ou en s'attaquant à la discipline de parti, nous pouvons faire en sorte que la voix des électeurs ne soit pas étouffée par les discours partisans acerbes et les habitudes de vote dans la Chambre du peuple.
Le jour des élections, ce sont nos noms qui apparaissent en premier sur les bulletins de vote des électeurs, suivis du nom de nos partis. Accordons tous la priorité aux gens de nos circonscriptions au cours de la présente législature. Profitons de cette occasion historique de transcender les lignes de parti pour mettre en œuvre la réforme démocratique dont la Chambre a besoin.
Voir le profil de John Williamson
PCC (NB)
Monsieur le Président, le nombre de pertes d'emplois liées à ces barrages illégaux augmente d'heure en heure. Hier soir, le CN a annoncé la mise à pied de 450 travailleurs. Aujourd'hui, VIA Rail a annoncé 1 000 autres mises à pied. Le gagne-pain et la sécurité des travailleurs canadiens et de leur famille sont menacés, et le premier ministre ne leur offre que des platitudes.
Si ces blocages ferroviaires illégaux se poursuivent, les provinces de l'Atlantique manqueront de propane, les aéroports n'auront plus le liquide de dégivrage qui nous permet de continuer à circuler durant l'hiver, et les installations de traitement des eaux auront bientôt épuisé les produits chimiques qui garantissent la salubrité de l'eau potable.
Quand le gouvernement défendra-t-il enfin les intérêts du Canada atlantique?
Voir le profil de Ginette Petitpas Taylor
Lib. (NB)
Madame la Présidente, ma collègue a parlé de la stratégie de lutte contre la violence fondée sur le sexe.
En effet, en 2017, le gouvernement a inauguré sa toute première stratégie de lutte contre la violence fondée sur le sexe, que nous avons appuyée d'un financement de plus de 100 millions de dollars répartis sur cinq ans.
Ma collègue pourrait-elle parler de la manière dont le projet de loi C-5 s'insère dans cette stratégie?
Voir le profil de Ginette Petitpas Taylor
Lib. (NB)
Madame la Présidente, c'est un grand plaisir de parler aujourd'hui de cette importante mesure législative, le projet de loi C-5, Loi modifiant la Loi sur les juges et le Code criminel.
J'attache beaucoup d'importance à ce projet de loi, car j'ai vu de mes propres yeux les nombreux obstacles auxquels les femmes et les Canadiens sont confrontés lorsqu'ils sont victimes de violence sexuelle.
Comme je l'ai mentionné à plusieurs reprises dans cette enceinte, avant d'entrer en politique, j'étais une travailleuse sociale de première ligne. Pendant plus de 23 ans, j'ai travaillé au sein du service régional de Codiac de la GRC en tant que coordinatrice des services aux victimes. Pendant cette période, j'ai eu le privilège d'accompagner de nombreux survivants de violence sexuelle dans des moments très difficiles.
Au sein de la GRC, une partie de mon travail consistait à aider les policiers à mener ce type d'enquêtes et à aider les victimes à se retrouver dans un système très complexe, à les préparer en vue du procès et souvent à les accompagner au tribunal. J'ai eu le privilège d'accompagner des milliers de victimes qui ont vécu ces situations très difficiles. J'aimerais pouvoir dire ici aujourd'hui que je n'ai jamais entendu de juge formuler des commentaires inappropriés, mais ce n'est pas le cas. J'ai été personnellement témoin de certains traitements subis par les victimes. Voilà pourquoi je suis si ravie que ce projet de loi progresse. Je suis heureuse de constater que l'ensemble des députés l'appuient.
S'il est adopté, le projet de loi permettra de former les juges des cours supérieures qui instruisent les causes d'agression sexuelle afin qu'ils ne soient pas influencés par des mythes ou des stéréotypes préjudiciables qui persistent encore dans notre société. Il permettra aussi de mieux comprendre le contexte social entourant ce type de crime dans notre pays. Une telle formation servira aussi à nous assurer que les juges appliquent la loi en respectant la dignité et la réalité des survivants ainsi que des survivantes. Cette formation assurera également qu'ils sont bien outillés pour rendre des décisions de façon équitable et impartiale.
De plus, ce projet de loi obligera les juges à expliquer par écrit leur décision finale dans les affaires d'agression sexuelle. Cela contribuera à rendre le procès plus ouvert et transparent.
L'agression sexuelle est une forme de violence fondée sur le sexe. C'est l'un des crimes les moins signalés au Canada. Quand j'étais travailleuse de première ligne, on disait souvent que moins de 6 % des survivants osaient porter plainte. Aujourd'hui, à la Chambre, nous avons entendu que ce serait plutôt 5 %. Nous savons donc que ce crime passe véritablement sous silence. Malheureusement, la violence fondée sur le sexe est une des violations des droits de la personne les plus répandues et les plus profondément ancrées de notre époque. Nous ne devons pas oublier qu'elle est toutefois évitable à 100 %.
J'aimerais parler des efforts concertés du gouvernement du Canada pour lutter contre ce type de violence et la prévenir, car le projet de loi C-5 n'est qu'un des aspects importants d'une vaste série d'initiatives conçues pour mieux soutenir les survivants et leurs familles, en plus de promouvoir des systèmes juridique et judiciaire adaptés aux besoins.
Premièrement, je me permets d'expliquer ce qu'est la violence fondée sur le sexe.
Ce type de violence est dirigé contre une autre personne en fonction de son identité ou de son expression de genre, ou encore de l'identité ou de l'expression de genre qu'on lui prête. La violence fondée sur le sexe est liée aux injustices sexuelles, à la dynamique inégale du pouvoir et aux normes et comportements sexuels néfastes. La violence fondée sur le sexe est décuplée par les autres formes de discrimination.
Les femmes et les filles, les femmes racialisées, les lesbiennes, les gais, les bisexuels, les Autochtones et les personnes handicapées courent un risque accru de subir la violence fondée sur le sexe. Les personnes transgenres et bispirituelles, ainsi que les personnes de diverses identités de genre se heurtent aussi à des taux plus élevés de violence au Canada.
Au Canada, la violence fondée sur le sexe demeure omniprésente. Selon les données recueillies par Statistique Canada, de 2008 à 2018, plus de 700 femmes ont été tuées par leur partenaire intime au Canada. En 2018, une femme sur trois a été victime de comportements sexuels non désirés en public. Ces chiffres sont déjà terrifiants en soi, mais la réalité des femmes et des filles autochtones est encore pire. En 2018, le taux d'homicide a été presque sept fois plus élevé chez les femmes et les filles autochtones que chez les femmes et les filles non autochtones.
Face à ce tableau sombre, le gouvernement a pris des mesures.
En 2017, le gouvernement du Canada est passé à l'action en lançant la toute première stratégie fédérale pour prévenir et contrer la violence fondée sur le sexe intitulée « Stratégie du Canada pour prévenir et contrer la violence fondée sur le sexe ».
La Stratégie investit plus de 200 millions de dollars dans des initiatives fédérales, afin de prévenir la violence fondée sur le sexe, de soutenir les survivants et les survivantes ainsi que leur famille et de promouvoir des systèmes judiciaires et juridiques plus réactifs.
La Stratégie contre la violence fondée sur le sexe est la toute première stratégie fédérale de ce type, car elle requiert une approche pangouvernementale et elle s'inspire du militantisme communautaire et de l'action féministe.
Nous avons écouté les survivants et les organismes de défense des femmes et de promotion de l'égalité qui, partout au pays, travaillent inlassablement pour lutter contre la violence fondée sur le sexe au sein de leurs collectivités. J'aimerais donner quelques exemples d'initiatives relevant de la Stratégie qui ont été inspirées par leur voix.
Dans le cadre de la Stratégie, l'Agence de la santé publique du Canada investira plus de 40 millions de dollars sur 5 ans, puis au-delà de 9 millions de dollars par année par la suite. Elle investira notamment dans des initiatives qui visent à prévenir les mauvais traitements contre les enfants et la violence dans les fréquentations chez les adolescents et les jeunes, ainsi qu'à outiller les professionnels de la santé afin qu'ils puissent répondre à la violence fondée sur le sexe.
Par exemple, l'Agence de la santé publique du Canada finance des projets grâce auxquels de jeunes Canadiens apprennent à développer et à maintenir des relations saines, qui sont exemptes de violence et de mauvais traitements. Les éducateurs disposent également de nouveaux outils pour accroître leur capacité à fournir des conseils de ce genre aux jeunes Canadiens.
Enseigner aux adolescents canadiens ce qu'est une relation saine contribue également à favoriser des liens positifs, à changer les mentalités et à promouvoir l'égalité des sexes. Cela permet de favoriser une meilleure compréhension et, en fin de compte, de rendre la société plus sûre pour les jeunes d'un bout à l'autre du pays.
En outre, l'Agence de la santé publique du Canada investit plus de 6 millions de dollars par an afin de protéger la santé des survivants de la violence familiale. Autres projets financés, ceux qui visent à améliorer la santé physique et mentale des jeunes et des enfants, à aider les mères victimes de violence familiale à comprendre les répercussions de la violence sur leur rôle parental et le développement de leurs enfants, à renforcer l'estime de soi des mères et à améliorer leurs compétences parentales et relationnelles positives ainsi qu'à renforcer la résilience et les aptitudes à la vie quotidienne des jeunes femmes.
Tout comme le projet de loi C-5 se propose de former les juges, dans le cadre de la stratégie, nous formons les agents de première ligne de la GRC afin qu'ils puissent mieux comprendre le contexte social entourant la violence fondée sur le sexe. L'objectif est que les survivants osent davantage dénoncer leurs agresseurs et que les agents comprennent mieux leur situation.
Ce ne sont là que quelques exemples qui montrent les progrès constants de la stratégie.
Dans le cadre de la Stratégie, nous travaillons en étroite collaboration avec tous les niveaux de gouvernement, y compris les gouvernements provinciaux et territoriaux, ainsi que plusieurs ministères et organisations. Nous mettons en commun nos ressources pour renforcer notre capacité à soutenir les personnes touchées par la violence fondée sur le sexe dans les communautés partout au Canada.
Nous travaillons à l’établissement d’un plan national dont l’objectif est de s’assurer que toute personne confrontée à la violence fondée sur le sexe dispose d’une protection et de services fiables et opportuns, quels qu’ils soient et peu importe où vit la personne.
Je pourrais continuer à parler de nos réalisations et des efforts incessants que nous déployons, mais je conclus en disant que la stratégie du Canada pour prévenir la violence fondée sur le sexe continue d'être mise en œuvre parce que nous savons qu'il reste encore beaucoup à faire.
Nous devons appuyer pleinement le projet de loi C-5. Nous comptons sur tous les députés pour nous aider à poursuivre ce travail crucial visant à mettre fin à la violence fondée sur le sexe au sein de nos communautés.
Voir le profil de Ginette Petitpas Taylor
Lib. (NB)
Madame la Présidente, j'aimerais en profiter pour remercier mon collègue de Guelph pour le travail formidable qu'il fait dans sa circonscription dans le domaine de la santé mentale et des services de soutien. Je le remercie pour tout le travail qu'il continue de faire.
Des cours de sensibilisation devraient être donnés dans toutes les professions et les juges ne font pas exception. C'est vraiment important. Lorsque je regarde les efforts déployés par Mme Ambrose pour que ce projet de loi voie le jour, je ne peux que la féliciter pour son excellent travail. C'est probablement un domaine sur lequel personne ne s'est penché au fil des ans, mais nous sommes certainement conscients que, si nous voulons que notre système judiciaire réponde aux besoins de tous les survivants de violence sexuelle et de tous les types de victimes, nous devons veiller à ce que la formation nécessaire soit donnée.
Je félicite encore tous les députés de vouloir appuyer le projet de loi pour qu'il soit renvoyé, espérons-le, sans tarder à l'autre endroit.
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