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2020-05-13 18:28 [p.2314]
Monsieur le Président, le Parti vert appuie ce projet de loi visant à modifier la Loi sur la Commission canadienne du lait. De plus, il est en faveur de l'adoption de mesures supplémentaires pour aider les agriculteurs canadiens.
Comme beaucoup d'autres députés l'ont signalé aujourd'hui, les agriculteurs canadiens ont besoin d'aide. Ils ont besoin d'aide pour composer avec le fait que leurs produits ne sont soudainement plus en demande. Des dizaines de milliers de restaurants, de cafés et de casse-croûtes ont fermé leurs portes il y a deux mois. Les écoles et les hôtels se sont vidés. À ce moment-là, la demande de produits laitiers pour le café, les produits de boulangerie, les sandwichs et les desserts de ces établissements s'est évaporée.
Les vaches laitières n'arrêtent pas subitement de produire du lait quand il n'est plus en demande. En outre, puisque les producteurs laitiers ne peuvent pas réduire la production rapidement, ils continuent d'avoir des produits à offrir, même si la demande pour ceux-ci a disparu. On a dû jeter une partie du lait produit. Cependant, au lieu de le jeter au complet, des producteurs laitiers partout au pays ont donné des centaines de milliers de litres de lait excédentaire aux personnes dans le besoin. Les Producteurs laitiers du Canada ont annoncé que les producteurs se sont engagés à donner des produits laitiers d'une valeur de 10 millions de dollars à des banques alimentaires canadiennes. Les producteurs laitiers ont aussi donné des centaines de milliers de dollars en argent comptant. Je les félicite de l'aide qu'ils apportent pour nourrir les gens dans le besoin.
Au Parti vert, nous n'aimons pas le gaspillage. Nous croyons en l'idée d'une économie circulaire, où rien n'est gaspillé et où chaque produit a un cycle de vie complet. Je peux donc dire que nous n'aimons pas voir des produits laitiers détruits sans raison. Accorder une aide financière fédérale plus importante aux éleveurs laitiers pour stocker le beurre et le fromage est un bon moyen, pour le gouvernement, de les aider et d'éviter de gaspiller des aliments précieux.
Malheureusement, les problèmes pour les agriculteurs canadiens et en matière de sécurité alimentaire dans ce pays n'ont pas commencé avec la crise de la COVID-19 et ils ne s'arrêteront pas avec la réouverture des restaurants et des cafés.
L'âge moyen chez les agriculteurs au Canada est de 55 ans. La plupart des agriculteurs âgés interrogés ont répondu n'avoir personne en vue pour reprendre leurs fermes familiales. Les familles qui voudraient faire passer leurs exploitations à la génération suivante devraient pouvoir le faire sans avoir à payer d'énormes impôts. C'est un problème que nous pouvons aussi régler.
Parallèlement à cela, de plus en plus de jeunes choisissent la profession d'agriculteur. C'est la bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle, c'est que, à moins qu'ils aient grandi dans une ferme familiale et qu'ils comptent prendre la relève de leurs parents, bon nombre de jeunes agriculteurs ont beaucoup de difficulté à accéder à des terres cultivables.
En Colombie-Britannique, la valeur élevée des terres est un facteur important. D'un côté, les terres agricoles qui ne sont pas protégées par les réserves de terres agricoles sont de plus en plus utilisées pour des projets domiciliaires. D'un autre côté, les terres protégées par les réserves de terres agricoles et que l'on ne peut pas utiliser pour des projets domiciliaires sont tout de même trop chères pour que les jeunes agriculteurs puissent les acheter ou les louer. Malheureusement, à cause de cette situation, les terres agricoles finissent en jachère ou elles ne sont pas utilisées pour produire des aliments.
L'île de Vancouver a une très longue saison agricole et l'un des meilleurs climats pour la production d'aliments au Canada. Nous avons également une vaste superficie de terres agricoles de première qualité, mais la principale culture est le foin.
Pourquoi ne cultivons-nous pas plus d'aliments? C'est une question très pertinente à poser en ce moment. La production d'aliments est devenue trop centralisée et nous dépendons beaucoup trop des chaînes d'approvisionnement internationales. Jusque dans les années 1950, environ 85 % des aliments consommés sur l'île de Vancouver étaient cultivés sur place. De nos jours, nous importons 95 % des aliments que nous mangeons.
Si une grave perturbation de la chaîne d'approvisionnement devait survenir, notamment en raison d'un tremblement de terre, l'île de Vancouver se retrouverait dans une situation très périlleuse. Nos magasins et nos entrepôts peuvent nous fournir en aliments pendant trois jours. Notre population s'accroît. Nous devons penser sérieusement à augmenter notre capacité locale de production d'aliments.
Cela vaut pour toutes les autres régions du pays. Il faut, de toute urgence, appuyer les efforts en vue de renforcer la production locale d'aliments. C'est l'une des mesures les plus efficaces que nous puissions prendre pour bâtir des collectivités fortes capables de surmonter les difficultés liées aux changements climatiques au cours des prochaines décennies.
La pandémie de COVID-19 met en lumière de nombreux problèmes et de nombreuses faiblesses dans les chaînes de production alimentaire du Canada.
Il y a presque 10 ans, le gouvernement fédéral s'est libéré de sa responsabilité en matière d'inspection des abattoirs et il l'a transférée aux provinces. Les répercussions de cette décision se font encore sentir dans les petites exploitations agricoles de la Colombie-Britannique. De nombreux petits abattoirs régionaux ont fermé parce qu'il était trop dispendieux de respecter les nouvelles normes provinciales, qui exigeaient qu'un bureau et des toilettes séparés soient attitrés aux inspecteurs lors de leurs visites.
Dans de nombreux cas, la situation n'a fait que consolider la part de marché des grandes sociétés. Aujourd'hui, les petits éleveurs qui envoyaient auparavant leurs animaux vers l'abattoir local près de chez eux sont maintenant obligés de transporter par camion les animaux pendant des heures jusqu'aux grands abattoirs. Bien souvent, les grands abattoirs exigent des frais supérieurs à ceux que demandaient les abattoirs locaux et le nombre minimal d'animaux à abattre pour un seul contrat est aussi beaucoup plus élevé.
Beaucoup de petits éleveurs n'ont eu d'autre choix que de cesser l'élevage d'animaux de boucherie. Chaque fois qu'un éleveur prend une telle décision, c'est la sécurité alimentaire locale qui écope. Cela accélère la centralisation de la production alimentaire au Canada et entraîne aussi une diminution de la qualité de vie des animaux d'élevage.
Beaucoup de petits agriculteurs ont des fermes qui ressemblent à celles des comptes pour enfants. Les grandes exploitations industrielles qui comptent des dizaines de milliers d'animaux confinés n'ont rien à voir avec les fermes des livres pour enfants. Il n'est pas toujours vrai que plus c'est grand mieux c'est. La transition vers de grands parcs d'engraissement et de plus grands abattoirs a entraîné des conséquences, notamment la propagation de la COVID-19 parmi les travailleurs. Il s'agit d'un problème provincial. Par surcroît, ce changement a entraîné de graves problèmes pour les agriculteurs et dans la chaîne d'approvisionnement et fera augmenter le prix des aliments.
Le différend avec la Chine concernant le canola a mis un autre problème en lumière. Le fait de mettre l'accent sur la production de certaines cultures d'exportation rend nos agriculteurs vulnérables aux différends commerciaux et aux pratiques commerciales déloyales. Il est important que le Canada continue à faire son possible pour nourrir les gens qui ne mangent pas à leur faim dans le monde, mais il est tout aussi important de veiller à ce que les pays à faible et moyen revenu soient en mesure de nourrir leur population. Ainsi, l'aide étrangère accordée directement à ces pays peut contribuer à accroître leur capacité à devenir plus autonomes.
Comme je l'ai mentionné plus tôt, il est essentiel de renforcer la production alimentaire locale. Pour la première fois depuis des décennies, on constate une augmentation substantielle du nombre de jeunes qui souhaitent se lancer en agriculture. Voilà une tendance à soutenir et à encourager. Il faut voir quel rôle le gouvernement peut jouer pour aider les jeunes agriculteurs à s'établir sur des terres qu'ils pourront exploiter. Ce genre d'initiative exige une réflexion à long terme parce qu'il peut falloir des années avant qu'un ancien pré puisse être utilisé pour la production alimentaire, mais c'est possible et vaut la peine d'être fait.
L'agriculture biologique régénératrice peut permettre de séquestrer le carbone. C'est un outil essentiel dans la lutte contre le changement climatique. Il faut soutenir l'agriculture biologique régénératrice. Il faut accroître la sécurité alimentaire en augmentant la production alimentaire locale. Le gouvernement devrait financer davantage les infrastructures alimentaires locales afin que les communautés de tout le Canada puissent compter sur des aliments produits localement, dans la mesure où le climat de leur région le permet.
Je tiens à saluer le marché fermier Cedar, qui a ouvert la fin de semaine dernière, et le marché Island Roots, qui a inauguré aujourd'hui la saison en plein air.
La production alimentaire locale renforce la sécurité alimentaire et réduit l'empreinte carbone de la nourriture que nous mangeons. Il faut développer et renforcer l'agriculture urbaine et les initiatives d'agriculture et de jardins communautaires. Il a été démontré que ces projets créent de bons emplois et permettent de fournir des fruits et des légumes frais à des personnes à faible revenu.
Avant d'être élu, je travaillais pour un organisme à but non lucratif local, Nanaimo Foodshare, et je donnais de la formation à des personnes faisant face à des obstacles d'employabilité et des personnes ayant diverses capacités. Notre programme reposait sur la nourriture. Nous leur montrions comment cultiver divers aliments, comment cuisiner et quels étaient les aliments nutritifs. Nous leur obtenions des emplois dans la production alimentaire, dans des fermes, dans le secteur de la transformation, dans les épiceries et dans des restaurants et les amenions à s'intéresser aux divers aspects de l'alimentation.
Je me rappelle avoir été dans une fourgonnette avec un groupe. Nous nous dirigions vers une ferme quand un jeune d'une Première Nation m'a dit qu'il ne voulait pas aller travailler à la ferme ce jour-là. Un emploi dans une ferme ne l'intéressait pas.
En fin de compte, après avoir passé la journée en plein air à planter et à creuser la terre avec ses camarades, il m'a dit qu'il voulait vraiment travailler dans une ferme. Je lui ai donc trouvé un emploi dans une ferme. Le travail lui a beaucoup plu. En fait, il a adoré cela.
D'autres jeunes auprès desquels j'interviens adorent aussi travailler dans des fermes. Ils adorent nourrir les poulets, prendre soin des animaux, ensemencer les terres, regarder pousser les plantes et remplir d'autres tâches. Beaucoup de jeunes profitent d'une telle expérience.
Dans ma circonscription, les fermes en milieu urbain cultivent de nombreux produits, qui vont ensuite garnir les paniers d'aliments sains distribués par Foodshare. Ces paniers sont remis à des familles à faible revenu, à des aînés, à des étudiants et à des personnes ayant diverses capacités, car une bonne alimentation est essentielle à la santé physique et mentale et au bien-être. Les jeunes ayant diverses capacités qui se heurtent à des problèmes dans leur vie éprouvent un sentiment de fierté lorsqu'ils aident d'autres personnes de leur milieu qui doivent aussi affronter des problèmes. Ils sont fiers de se retrousser les manches et d'aider les autres.
J'ai dit plus tôt que les problèmes des agriculteurs canadiens concernant la sécurité alimentaire n'avaient pas commencé avec la crise de la COVID-19 et qu'ils n'allaient pas prendre fin avec la réouverture des cafés et des restaurants. La triste réalité c'est qu'un très grand nombre de cafés et de restaurants ne rouvriront jamais, ce qui aura un effet d'entraînement et nuira à leurs fournisseurs, les producteurs de lait par exemple. La marge de profit de nombreux cafés et restaurants était très mince et, dans certains cas, les nouveaux restaurants fonctionnaient à perte le temps de se constituer une clientèle. De nombreux restaurants dépendent beaucoup du tourisme pendant les mois d'été. C'est alors la haute saison pour eux, et ils en profitent pour amasser l'argent qui leur permettra de survivre le reste de l'année. L'industrie laitière et beaucoup d'autres industries dépendent des touristes qui fréquentent les restaurants et les hôtels pendant l'été.
L'industrie du tourisme vit elle aussi beaucoup d'incertitude. Dans l'ensemble du pays, l'industrie du tourisme emploie davantage de Canadiens que l'industrie pétrolière et gazière. L'avenir est sombre pour les exploitants d'entreprises touristiques cette année. Les hôtels, les motels, les voyagistes et les entreprises de pêche touristique comptent parmi les entreprises de ma circonscription qui risquent de ne jamais rouvrir. Je le répète, des fermetures massives vont nuire aux entreprises dont les activités sont liées au tourisme, comme les restaurants et les fermes. Nous devons aider ces entreprises afin qu'elles puissent braver cette tempête et survivre jusqu'à la saison touristique de l'an prochain.
Nous devrions commencer à penser à des stratégies de marketing pour stimuler le tourisme intérieur. Notre pays devra faire preuve de créativité au fur et à mesure que nous sortirons de cette crise. En effet, nous ne pourrons pas compter sur le tourisme étranger pendant un certain temps. Lorsqu'il sera possible de le faire en toute sécurité, nous devrons encourager davantage de Canadiens à redécouvrir les destinations touristiques de leur région. Il s'agit là d'une autre facette de la renaissance de la filière locale: redécouvrir tout l'agrément qu'offrent les lieux de chez nous, se rapprocher de la nature et de nos parcs, et renouer avec nos communautés, nos voisins, et les agriculteurs locaux.
L'agriculture joue un rôle très important pour nous tous. Quoi que nous fassions, quels que soient nos professions, nos passe-temps ou nos passions, comme le dit si bien le sympathique personnage « Farmer Brown »: « Nous mangeons tous pour vivre ».
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2020-05-13 18:43 [p.2317]
Monsieur le Président, il ne faut surtout pas mettre au rancart les programmes qui étaient dans l'air avant l'arrivée de la COVID-19. Il y avait beaucoup de bonnes idées là-dedans. Maintenant que le pays est en crise, nous comprenons mieux tout ce que ces programmes pourraient faire pour les agriculteurs et les petites entreprises. Je pense par exemple à la création d'un revenu minimum garanti, ce que réclame le Parti vert depuis des dizaines d'années, car on garantirait ainsi à tous un revenu en deçà duquel il serait impossible de descendre.
Ces idées sont dans l'air depuis un certain temps déjà et elles méritent qu'on les appuie. Nous aurons beaucoup de leçons à tirer de la crise actuelle, entre autres en ce qui concerne la situation des aînés et les centres d'hébergement pour personnes âgées. Il faudra aussi voir aux lacunes du réseau de la santé, au manque d'entretien des hôpitaux et aux infrastructures vieillissantes. Il y aura de nombreuses leçons à tirer de tout cela. Nous en parlions déjà avant la crise, et il faudra s'y atteler une fois qu'elle sera derrière nous.
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2020-05-13 18:45 [p.2317]
Monsieur le Président, je sais que nous devons améliorer les programmes destinés aux agriculteurs, qui sont les propriétaires de petites entreprises. Depuis des années, on encourage les propriétaires de petites entreprises à se verser des dividendes. J'ai moi-même dirigé une petite entreprise et c'est ainsi que je me payais. Si j'exploitais toujours cette entreprise à l'heure actuelle, je n'aurais pas droit à un prêt aux petites entreprises parce que je me verserais des dividendes.
De nombreux agriculteurs ont recours à des contrats et à la sous-traitance, ils ne sont donc pas admissibles aux nouveaux programmes. Cela les met en péril. La situation pose des problèmes et nous pourrions finir par perdre beaucoup de petites exploitations agricoles. Dans les régions où le développement urbain empiète sur les terres agricoles canadiennes, le risque de perdre ces terres est accru.
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2020-05-13 18:46 [p.2317]
Monsieur le Président, j'ai parlé de l'agriculture régénératrice, qui nécessite beaucoup moins de carburants fossiles. L'agriculture régénératrice est un élément clé de la lutte contre les changements climatiques. J'en ai discuté à des réunions avec des agriculteurs et des producteurs de grains. Ils m'ont expliqué avoir changé leur système de production agricole pour qu'il soit plus régénérateur et pour qu'il séquestre le carbone.
On fait des progrès en innovant, comme la compagnie Caterpillar, qui a conçu une excavatrice alimentée par des batteries. Il faut un système électrique qui permet de recharger l'équipement agricole pour s'en servir. Nous pouvons y arriver. Nous devons seulement faire preuve d'un peu de créativité et d'innovation, et viser l'avenir dont nous rêvons.
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2020-04-20 11:04 [p.2159]
Monsieur le Président, je soulève une question de privilège. C'est la première occasion que j'ai de le faire.
D'entrée de jeu, je dois parler de l'énorme tragédie survenue au cours du week-end en Nouvelle-Écosse. Je suis convaincu que nous sommes tous touchés par cet horrible événement. Cette tragédie ne fait que rendre encore plus pressante ma demande.
Monsieur le Président, votre rôle consiste à protéger les droits et les privilèges de tous les députés. Traditionnellement, le Président est aussi responsable de la sécurité physique des députés, ainsi que de toutes les personnes qui travaillent au Parlement. Il est évident que nous faisons actuellement face à une pandémie mondiale attribuable au virus de la COVID-19. C'est en raison des conséquences de cette pandémie que, le 13 mars 2020, la Chambre a convenu à l'unanimité d'ajourner ses travaux jusqu'à aujourd'hui.
C'est cependant pour la forme que la Chambre s'est alors entendue pour fixer au 20 avril la date de la reprise de ses travaux. Le 13 mars, personne ne savait ce que signifiait en réalité la vie en période de pandémie. Personne ne connaissait l'expression « aplatir la courbe ». Nous le savons maintenant. À mon avis, lorsque nous avons convenu de l'ajournement le 13 mars, nous avons placé dans la motion un simple expédient pour poursuivre l'ajournement conformément aux conseils en matière de santé publique. Jusqu'à hier, il aurait suffi que les leaders à la Chambre des quatre principaux partis signent une lettre vous demandant, monsieur le Président, de prolonger l'ajournement. Or, si cette lettre n'a pas été envoyée, c'est à cause d'un seul parti représenté à la Chambre. C'est pour cela que nous sommes ici aujourd'hui.
Les droits et les privilèges de nombreux députés sont enfreints d'emblée par toute motion portant poursuite des travaux réguliers de la Chambre, travaux auxquels ils ne peuvent participer. Tous les députés de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador ne peuvent se présenter à la Chambre à cause des règles de quarantaine en vigueur dans ces provinces, qui les obligent à rester confinés pendant 14 jours lorsqu'ils rentrent chez eux. Ils doivent même s'isoler de leur propre famille.
La situation est particulièrement difficile pour eux aujourd'hui dans la foulée de ces terribles meurtres, car ils ne peuvent se rassembler. Ils ne peuvent réconforter leurs concitoyens affligés par le deuil. Aucun d'entre nous, du premier ministre à la gouverneure générale, ne peut aller en Nouvelle-Écosse pour les réconforter. Nous sommes de tout cœur avec tous les Néo-Écossais et les Canadiens touchés par cette tragédie. Ma collègue de Saanich—Gulf Islands, ancienne résidante de la Nouvelle-Écosse et fière Cap-Bretonnaise, connaît un membre de la famille d'une des victimes. Le temps est vraiment mal choisi pour débattre de règles de procédure à la Chambre.
On porte également atteinte aux droits et aux privilèges de ma collègue de Fredericton. Si elle voulait représenter en personne à la Chambre les habitants de sa circonscription, ce qui est son devoir et son droit, elle devrait s'isoler de son mari et de ses enfants pendant 14 jours à son retour chez elle.
Le gouvernement québécois a également demandé aux députés du Québec de ne pas voyager. L'idée que quelques-uns d'entre eux se rendent à Ottawa porte atteinte à leurs privilèges et aux directives du gouvernement du Québec.
Les droits des députés du Québec sont violés.
Le Parlement n'est pas un club de débats réservé à d'importants groupes ou partis politiques organisés. Les partis politiques ne sont pas mentionnés dans notre Constitution. Le Parlement est une assemblée de représentants dûment élus. Tous les députés sont égaux, tout comme le sont chacun des électeurs et chacune des circonscriptions.
Nous sommes aujourd'hui en territoire inconnu. Les députés du Parti vert se fondent sur les règles et les procédures qui protègent depuis des siècles les démocraties parlementaires fondées sur le modèle de Westminster. Ces règles évoluent, mais le rôle du Président consiste d'abord et avant tout à protéger les droits de chacun des députés.
En situation de pandémie, le Président devrait sûrement considérer qu'il y a matière à question de privilège. De plus, étant donné que le débat se poursuit, ce qui constitue un affront au Parlement, je vous demande, monsieur le Président, de conclure qu'il y a, de prime abord, matière à question de privilège et de renvoyer sans délai la question au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre, qui tient actuellement une réunion virtuelle. Je vous demande aussi de prendre en main la protection de la Chambre, d'ajourner immédiatement et indéfiniment les travaux et de nous informer du moment où nous pourrons les reprendre selon l'avis des autorités de la santé publique quant au moment où il sera possible pour tous les députés d'exercer leurs droits et leurs privilèges à la Chambre. Je vous demande aussi de continuer de faire respecter la volonté que les députés ont exprimée le 11 avril en adoptant à l'unanimité un ordre toujours en vigueur actuellement, qui veut que l'on organise sans délai la tenue de périodes des questions virtuelles et que l'on convoque de nouveau les députés seulement lorsqu'il sera absolument nécessaire de légiférer.
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2020-04-20 11:46 [p.2163]
Monsieur le Président, en ces temps extraordinaires, il est très important pour nous de sauvegarder la démocratie. Il est important de demander des comptes au gouvernement et de poser des questions. Ce qui m'inquiète, c'est que les députés viennent d'un océan à l'autre de ce pays et qu'il n'est pas possible pour l'instant de les faire venir à Ottawa pour représenter le pays de façon équitable.
Comment allons-nous sortir d'Ottawa pour faire en sorte que ces voix soient entendues et que ce Parlement virtuel soit opérationnel le plus rapidement possible afin que nous puissions entendre ces questions? Lorsque je pose des questions à la Chambre des communes, je ne suis pas toujours satisfait des réponses. Cependant, j'ai écrit à des ministres et j'ai obtenu des réponses concernant les problèmes avec lesquels mes électeurs sont aux prises et j'ai reçu des commentaires positifs sur la façon dont nous pouvons les aider.
Y a-t-il une raison pour laquelle nous ne pouvons pas avoir de distanciation physique pour la période des questions? Un Parlement virtuel nous éviterait de devoir voyager et d'avoir du personnel dans cette enceinte. Avons-nous besoin de nous rencontrer en personne? Avons-nous besoin de le faire dans cette enceinte et à ce moment précis?
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2020-04-20 12:11 [p.2167]
Madame la Présidente, il est certain que nous devons donner l'exemple, nous montrer responsables et écouter les autorités sanitaires et ce qu'elles nous ont demandé de faire. Elles nous ont demandé de rester chez nous.
Initialement, lorsque la frontière a été fermée, on nous a dit qu'elle rouvrirait demain, mais le gouvernement veut maintenant prolonger sa fermeture de 30 jours. L'opposition a fait son travail en ce qui concerne le projet de loi C-13. Comme nous n'étions pas d'accord avec le contenu de la mesure législative, nous avons travaillé tous ensemble et celui-ci a été changé.
Le député n'a-t-il pas vu le député de Carleton questionner le ministre des Finances au comité des Finances? C'était télévisé. On rend des comptes, dans les comités.
Si les enseignants peuvent faire la classe en utilisant Zoom et diriger une réunion où des enfants posent des questions, je ne vois pas pourquoi le Président ne pourrait pas diriger virtuellement une période des questions. Je suis très déçu que nous ne nous comportions pas devant les Canadiens comme nous le devrions. Nous devrions rester chez nous, faire ce que les autorités sanitaires nous ont demandé de faire et utiliser les outils virtuels dont nous disposons pour demander des comptes au gouvernement.
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2020-04-20 12:41 [p.2171]
Madame la Présidente, j'ai été quelque peu offensé par les propos du chef de l’opposition, à savoir que les députés du Bloc québécois ne se préoccupent pas de leurs concitoyens. Ils sont aux prises avec une pandémie au Québec. Des gens meurent. Les résidences pour personnes âgées font face à un problème sérieux. Ma circonscription compte beaucoup de personnes âgées, et il est donc important de suivre les règles sanitaires et les instructions qui nous ont été données. En pleine période de pandémie, il ne faudrait surtout pas sacrifier nos aînés.
La députée de Shefford est-elle d'accord avec ma question de privilège proposant l'ajournement de la Chambre?
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2020-04-20 13:14 [p.2176]
Monsieur le Président, il y a beaucoup de gens dans ma circonscription qui soulèvent les mêmes préoccupations. Il s'agit de propriétaires de petites entreprises qui ne correspondent pas aux critères définis pour les programmes, mais aussi d'étudiants, de personnes âgées et de travailleurs. Des employeurs de ma circonscription me disent que certaines personnes qui reçoivent la Prestation canadienne d'urgence ne veulent pas retourner travailler, car, en gagnant plus de 1 000 $, ils perdront leur prestation de 2 000 $. Ainsi, le programme, qui est censé servir de bouée de sauvetage, est non pas un seau, mais plutôt une passoire, et il faut rectifier considérablement le tir.
Le député ne convient-il pas qu'il vaudrait mieux que tous les Canadiens aient droit à un revenu minimum garanti qui fixerait un seuil de revenu en dessous duquel ils ne pourraient pas tomber, qui stabiliserait leur niveau de vie et qui couvrirait le loyer, la note d'épicerie et les dépenses urgentes, de sorte que personne ne soit laissé pour compte?
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2020-04-20 13:43 [p.2180]
Monsieur le Président, je suis d'accord qu'il est très important de demander des comptes au gouvernement et de pouvoir lui poser des questions. Souvent, pendant la période des questions, les députés de l'opposition posent des questions auxquelles ils ne reçoivent pas une réponse complète. Je crois que, très souvent, les députés de l'opposition ne reçoivent pas une réponse qui les satisfait.
Les gens qui vivent dans les régions rurales ont de sérieux problèmes à se connecter à Internet. C'est un problème que nous dévoile la crise de la COVID-19. De nombreux Canadiens sont comme des citoyens de deuxième classe parce qu'ils n'ont pas accès à Internet dans leur collectivité. J'ai été installateur d'antennes satellitaires. Nous pourrions permettre aux députés de se connecter par satellite afin qu'ils puissent participer à un Parlement virtuel et nous pourrions nous assurer que les connexions sont fiables.
Le député ne convient-il pas que c'est essentiel que tous les députés, de toutes les régions, d'un bout à l'autre du pays, aient l'occasion de participer aux débats à la Chambre et de poser des questions, au lieu que ce soit l'affaire de quelques députés privilégiés?
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2020-04-20 14:00 [p.2182]
Monsieur le Président, j'aimerais profiter de l'occasion pour remercier tous les travailleurs de première ligne de ma collectivité, du Canada et du monde entier. Il est particulièrement triste de constater, aujourd'hui, qu'un certain nombre de travailleurs de première ligne figurent parmi les personnes qui ont été tuées en Nouvelle-Écosse: des aides-soignants, des agents correctionnels, un membre de la GRC et un pompier.
Les travailleurs de première ligne vivent séparés de leurs proches, pendant cette pandémie. Une amie infirmière de ma collectivité n'a pas embrassé ses deux jeunes garçons ni passé du temps avec eux depuis des semaines. C'est une situation que l'on retrouve dans des milliers de foyers partout au pays.
Les travailleurs de première ligne font d'énormes sacrifices pour protéger nos collectivités et assurer les services essentiels. C'est pourquoi il est impératif que le reste d'entre nous, y compris les députés à la Chambre, respectent leurs sacrifices en continuant à suivre les directives des autorités sanitaires, comme je l'ai demandé dans ma question de privilège ce matin.
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PV (BC)
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2020-04-20 15:07 [p.2195]
Monsieur le Président, le gouvernement créera-t-il un revenu de subsistance garanti d'urgence afin qu'aucun Canadien ne se retrouve sans le sou en raison de la COVID-19?
Ma boîte de courrier électronique est remplie de messages de gens — des étudiants, des aînés, des personnes handicapées — qui n'ont pas droit aux programmes annoncés et qui voient leurs dépenses augmenter soudainement. Les petites entreprises en démarrage n'ont droit à aucun des programmes gouvernementaux. Les agriculteurs non plus. Certains restaurants qui viennent tout juste d'ouvrir leurs portes se retrouvent eux aussi les mains vides. J'ai eu des messages de Canadiens qui étaient en congé de maladie l'année dernière et qui n'auront droit à rien cette année parce qu'ils n'ont pas gagné 5 000 $, puisqu'ils n'ont pas travaillé.
Beaucoup de gens ont besoin d'aide, et je me demande quand le gouvernement entend venir en aide à tous les Canadiens qui sont touchés par la crise actuelle en créant un revenu de subsistance garanti.
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2020-04-20 15:28 [p.2198]
Monsieur le Président, j'offre mes plus sincères condoléances au nom du Parti vert du Canada. Nos pensées accompagnent tous les Néo-Écossais et tous les Canadiens qui sont affectés par cette horrible tragédie.
Le premier ministre Stephen McNeil a dit: « Ce qui nous définira, ce n'est pas cette tragédie, mais la façon dont nous allons y répondre. » La chef par intérim du Parti vert de la province, Jo-Ann Roberts, a ajouté ceci: « En tant que Néo-Écossais et Canadiens, nous allons faire preuve de solidarité, nous allons appuyer les familles des disparus. Nous allons faire des muffins, chanter et réciter des prières. Nous allons offrir du soutien psychologique et de l'amour, et nous allons honorer la mémoire des victimes. »
La Nouvelle-Écosse est une province tissée serrée. Tout le monde sera affecté. Ma collègue la députée de Saanich—Gulf Islands, ancienne Néo-Écossaise et fière Cap-Bretonnaise, connaît un proche de l'une des victimes. Le sentiment de sécurité a été ébranlé dans la province, mais les Néo-Écossais sont forts et résilients, et ils sauront s'entraider pour traverser cette épreuve.
Nous portons tous le deuil. Notre espoir d'un avenir meilleur se fonde sur la certitude que nous sommes plus forts que cette tragédie. Notre amour et nos prières accompagnent les proches des 18 Néo-Écossais qui ont péri.
Je suis impressionné par la réaction des Néo-Écossais à cette tragédie, par l'amour et le soutien dont ils font preuve même en cette période de distanciation physique causée par la COVID-19. Étant moi-même musicien, je tire un grand réconfort de la musique diffusée dans le cadre de la « fête de cuisine » virtuelle de la Nouvelle-Écosse. Des citoyens, en maintenant une distance de deux mètres, longent la route qui mène au poste local de la GRC. Une vigile virtuelle est prévue pour vendredi, des personnes partagent leur art, et amis et êtres chers s'appellent et s'entraident d'une multitude de façons.
Les victimes identifiées jusqu'à présent sont Lisa McCully, enseignante; Heather O'Brien, infirmière; Kristen Beaton, infirmière; Sean McLeod et Alanna Jenkins, tous deux agents correctionnels; Tom Bagley, pompier volontaire; Heidi Stevenson, gendarme de la GRC; Emily Tuck et ses parents, Jolene Oliver et Aaron Tuck; ainsi que Greg et Jamie Blair.
Voici un poème rédigé par Sheree Fitch, qui vit dans la région où s'est déroulée la tragédie:
Nous pleurons parce que nous aimonsIl y a des moments, mon enfant, où les choses arrivent sans raisonOù on se demande pourquoi, sans trouver réponse à la questionOù, sans que l'on puisse y comprendre quoi que ce soitDes gens passent de vie à trépasLorsque tu as mal à ce point, mon enfantLorsque tu te sens effrayé, perdu, souffrantMême lorsque nous sommes loin l'un de l'autrePleurons ensemble, côte à côteN'oublie pas qu'il y a beaucoup d'amourQue nous pleurons parce que nous aimonsIl y a des moments où la tristesse devient étouffanteOù la douleur semble te plonger dans un gouffre d'une profondeur infinieOù tu ne vois plus les rayons du soleilOù tu voudrais sombrer dans un profond sommeilLorsque tu as mal à ce point, mon enfantLorsque tu te sens effrayé, perdu, souffrantMême lorsque nous sommes loin l'un de l'autrePleurons ensemble, côte à côteN'oublie pas qu'il y a beaucoup d'amour encoreQue nous pleurons parce que nous aimonsJ'aimerais avoir des réponses à te donner, mon enfantJ'aimerais que rien de tout cela ne puisse arriverIl y a des souhaits impossibles à réaliser, mon enfantL'idée que tu le saches m'est insupportableLorsque tu as mal à ce point, mon enfantLorsque tu te sens effrayé, perdu, souffrantMême lorsque nous sommes loin l'un de l'autrePleurons ensemble, côte à côteOui, il y a beaucoup d'amour, énormément d'amour encoreNous pleurons parce que nous aimons
Pour bien des gens, ce jour sera l'un des plus difficiles. Je pense aux enfants, mais nous sommes tous des enfants. Je songe au traumatisme et au choc que nous subissons tous. Je pense à West Grey et à Fredericton. Aujourd'hui, à mesure que nous découvrirons les détails et que nous saurons qui, parmi nos proches et nos connaissances, sont touchés, restons bienveillants et soyons solidaires.
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PV (BC)
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2020-04-20 16:18 [p.2204]
Madame la Présidente, c'est un peu irréel de voir seulement quelques députés à la Chambre. Mon voyage à travers le pays pour me rendre ici a été très étrange. J'avais le choix entre faire un vol de nuit de 16 heures, sans escale, ou d'échelonner mon déplacement sur deux jours, avec escales dans des aéroports vides.
Le Parti vert représente 1,1 million d'électeurs. Il est donc important que je les représente ici aujourd'hui. C'est une moyenne de 387 000 électeurs par député. En comparaison avec les autres partis, les libéraux représentent 38 000 électeurs par député, et les conservateurs, 50 000 électeurs par député, en moyenne. Je parle donc au nom d'un grand nombre de personnes, celles qui ont voté pour les verts.
Nous devons respecter les directives des autorités de la santé publique et faire preuve de respect à l'égard des travailleurs de la santé et les travailleurs de première ligne qui risquent leur vie en combattant cette pandémie. Nous avons collaboré avec le gouvernement libéral dans les coulisses, non pas pour faire de la partisanerie sur le dos de la pandémie, mais pour communiquer avec les ministres et les secrétaires parlementaires et mettre de l'avant les préoccupations.
Nous avons examiné certains des programmes qui ont été présentés, et nous avons proposé des idées sur les changements qui doivent y être apportés pour corriger leurs lacunes. Une partie des changements que nous réclamions ont été apportés, même si cela ne s'est pas toujours fait aussi rapidement que nous le souhaitions. Cependant, nous travaillons ensemble pour passer à travers cette crise qui nous touche tous.
Les employés d'épicerie, les travailleurs de la santé de première ligne et les employés des maisons de soins infirmiers font tous du travail essentiel qui ne peut pas être accompli à distance. De plus, aucun de ces travailleurs ne doit passer par deux ou trois aéroports pour se rendre au travail comme je l'ai fait. Le personnel des entreprises partout dans le monde, y compris les plus grandes, travaille à distance. Des classes virtuelles sont organisées sur Zoom, et les enseignants peuvent donner à leurs étudiants l'occasion de parler et d'interagir. Nous devrions nous aussi pouvoir travailler à distance.
Les députés ayant un accès limité à Internet pourraient travailler à distance à partir d'un hôtel ou d'un motel situé à proximité de l'endroit où ils vivent et réduire ainsi leurs déplacements à travers le pays. Cela nous permettrait également d'économiser de l'argent. Jusqu'à maintenant, les députés ont exercé efficacement leur rôle de surveillance. Or, certains députés tentent de semer la peur et de créer un problème qui n'existe pas.
Nous avons un moyen de demander des comptes au gouvernement. Il suffit de regarder les vidéos des séances du comité des finances pour le constater.
Cette pandémie a mis en évidence nombre des problèmes que nous connaissons dans ce pays. J'ai parlé des conditions de vie dans une résidence pour personnes âgées de ma propre communauté, le Nanaimo Seniors Village. Heureusement, cet établissement a été pris en charge par l'autorité sanitaire de l'île de Vancouver, qui a pu régler le problème avant que la pandémie ne se déclare.
Cette résidence pour aînés a été revendue plusieurs fois à des exploitants privés. Chaque fois, les travailleurs ont été licenciés, l'accréditation du syndicat a été révoquée, puis les travailleurs ont été réembauchés à un salaire inférieur pour des emplois à temps partiel sans avantages sociaux. Ces travailleurs ont donc dû aller travailler dans plus d'une résidence pour aînés. Cette situation se produit à différents endroits au pays, et on constate aujourd'hui que ces travailleurs répandent la COVID-19 d'une résidence pour aînés à l'autre, créant ainsi une tragédie qui aurait pu être évitée.
Les étudiants qui espéraient trouver du travail cet été sont laissés pour compte. Les étudiants qui obtiennent leur diplôme et qui avaient des emplois en vue ne peuvent bénéficier d'aucun programme. Les personnes âgées et les personnes handicapées font face à des coûts plus élevés en raison de la COVID-19 et ne reçoivent pas l'aide dont elles ont besoin.
Les microentreprises et les nouvelles entreprises sont laissées pour compte. Une microbrasserie de ma communauté a démarré en novembre. Elle ne répond pas au critère des 20 000 $ de masse salariale pour l'année dernière, mais elle a versé 13 000 $ en décembre, 13 000 $ en janvier et 13 000 $ en février. Faute de pouvoir bénéficier d'une aide, les personnes qui les dirigent vont perdre toutes leurs économies, et leur dur labeur et tout leur engagement n'auront servi à rien.
Dans ma circonscription, il y a une aînée qui a travaillé toute sa vie. L'année dernière, elle n'a pas travaillé pendant huit mois à cause d'une opération. Elle a recommencé à travailler en janvier, mais elle n'est pas admissible à la Prestation canadienne d'urgence parce qu'elle n'a pas gagné 5 000 $ l'année dernière, même si elle a gagné plus de 5 000 $ toutes les autres années et qu'elle a payé des impôts. Maintenant, elle a besoin d'aide, mais elle n'a droit à rien.
Nous avons une solution à ce problème. Nous constatons actuellement les inégalités flagrantes qui existent dans les collectivités canadiennes. Dans ma circonscription et ailleurs au pays, il y a une crise de l'itinérance. Avec un revenu minimum garanti, aucun Canadien ne verrait son niveau de vie se dégrader au point de ne plus pouvoir pour s'offrir un logement, une alimentation saine et nutritive et une bonne qualité de vie.
Nous pourrions fournir un revenu de subsistance garanti d'urgence en envoyant un chèque à tous les Canadiens et en ayant recours à la facturation inversée, où ceux qui n'ont pas besoin du chèque le retournent. Ultimement, l'an prochain, ceux qui n'avaient pas besoin du chèque et qui ne l'ont pas retourné seraient imposés en fonction du montant de ce dernier. Ainsi, nous n'oublierions personne. Je pourrais dresser une longue liste de personnes qui n'ont pas droit à ces programmes. Nous devons relancer l'économie, et ce, de façon sécuritaire.
Nous devrions nous inspirer de Taïwan. Mon frère y vit et y travaille. Cet État faisait partie des 10 pays les plus touchés par la COVID-19 en février. Il a eu son premier cas présumé le même jour de janvier que le Canada. Au moment où le monde a constaté la propagation du virus à Wuhan, Taïwan a accru la production de ses usines; elle a eu recours à l'armée pour aider à accélérer la production d'équipement de protection individuelle sur son territoire. Elle ainsi fait des réserves.
Mon frère n'a pas pu enseigner pendant deux semaines. Sa conjointe n'a pas manqué un jour de travail. Deux semaines après le congé d'hiver, les étudiants sont retournés à l'école, munis d'un masque. Mon frère enseigne en portant un masque. Chaque semaine, il achète trois masques à la pharmacie. C'est le nombre auquel il a droit. Taïwan a interdit la constitution de réserves. De plus, les gens qui fixent des prix abusifs s'exposent à sept ans de prison ou à une amende de 700 000 $. La situation a été prise au sérieux. Taïwan occupe maintenant le 106e rang de la liste des pays touchés par la COVID-19. Elle compte 422 cas et 6 décès. Le Canada, lui, est treizième. Nous avons 36 000 cas et 1 600 décès.
Il sera certainement possible, après la crise, de faire des analyses et de tirer des leçons. Le gouvernement a eu l'humilité d'admettre que sa réponse initiale n'était pas parfaite et il a demandé conseil aux députés de l'opposition afin d'améliorer les mesures présentées. Encore aujourd'hui, de nombreuses entreprises et de nombreuses personnes passent entre les mailles du filet.
L'heure n'est pas à la recherche de coupables ni aux querelles partisanes. Nous devons continuer de cerner les groupes et les entreprises qui ne sont pas couverts par les programmes d'aide en réponse à la COVID-19 et voir à ce qu'ils reçoivent de l'aide.
Nous devons faire face à une crise encore plus grave: l'urgence climatique. Nous l'avons tous reconnu. Les scientifiques et les épidémiologistes nous avertissent depuis des années que les changements climatiques favoriseront l'éclosion de pandémies. La saison des incendies de forêt est déjà commencée en Colombie-Britannique. Les préparatifs relatifs aux inondations sont en cours partout au pays. Il faut aussi écouter les scientifiques sur ce front et agir pour éviter les catastrophes.
La crise de la COVID-19 nous a montré que nous pouvons y arriver. Nous pouvons travailler tous ensemble. Nous pouvons agir; c'est l'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants qui en dépend.
Nous avons aussi constaté toute l'importance de financer le système de santé. Nous devons assurer la robustesse du réseau de la santé canadien, ainsi que celle de l'infrastructure connexe. C'est important.
Nous pouvons tirer de nombreuses leçons de cette situation difficile. Présentement, ce sont des leçons que nous ne devons pas ignorer à mesure que nous traversons la crise et que nous gardons espoir en notre capacité d'en sortir tous en meilleure posture. Ensemble, nous pouvons y arriver.
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2020-04-20 18:54 [p.2229]
Monsieur le président, le Centre d'amitié autochtone Tillicum Le'lum, dans ma circonscription, sert 12 000 Autochtones vivant en milieu urbain. Ce centre parvient à survivre avec un maigre financement de base de 139 000 $. Il reste ouvert malgré la crise et gère notamment un centre de santé, un refuge pour jeunes, des logements pour jeunes et personnes âgées, une maison pour mères seules, une banque alimentaire pour 150 familles et des services de counseling en matière de violence familiale et de toxicomanie. En temps normal, ce centre offre en plus des programmes d'emploi et d'éducation de base pour adultes, un service de garderie, des programmes destinés aux jeunes et aux familles ainsi que des repas, et tout cela avec un financement de base d'à peine 139 000 $.
Ce centre, qui fait partie intégrante de notre communauté autochtone locale, en arrache énormément en cette période de crise. Il compte parmi les organismes qui sont en première ligne dans la lutte contre la COVID-19 dans ma collectivité.
Le gouvernement a alloué aux centres d'amitié 15 millions de dollars sur les 305 millions de dollars d'aide financière accordée aux divers organismes des Premières Nations, des Métis et des Inuits. Sur un total global de 180 milliards de dollars d'aide financière, 305 millions de dollars seulement sont destinés aux organismes autochtones.
Le gouvernement va-t-il augmenter l'aide financière et le financement de base destinés aux centres d'amitié autochtones qui s'occupent des populations autochtones vivant en milieu urbain partout au pays?
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