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PCC (AB)
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2020-05-13 15:03 [p.2284]
Monsieur le Président, cette mesure législative n'est-elle pas présentée deux semaines trop tard? Des milliers de litres de lait ont été jetés il y a plusieurs semaines.
Cette mesure législative aurait-elle contribué à redresser la situation alors qu'elle était à son paroxysme?
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PCC (AB)
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2020-05-13 15:05 [p.2285]
Monsieur le Président, la ministre a déclaré que ces mesures législatives n'étaient pas nécessaires auparavant, car la Commission canadienne du lait disposait d'une capacité d'emprunt qui lui permettait de s'ajuster à la pandémie, avec comme résultat de devoir jeter du lait.
Qu'est-ce qui a changé pour que la Commission ait besoin d'augmenter sa capacité d'emprunt? Est-ce pour s'ajuster à la COVID ou est-ce pour s'ajuster à la hausse des importations en provenance des États-Unis dans la foulée de l'Accord Canada—États-Unis—Mexique?
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PCC (AB)
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2020-05-13 15:11 [p.2285]
Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Beauce.
C'est un plaisir pour moi de prendre la parole au sujet du projet de loi C-16. Je sais que nous allons tous appuyer ce projet de loi aujourd'hui, ce qui montre bien que nous soutenons le secteur agricole canadien. Néanmoins, la façon dont ce projet a été présenté soulève certaines questions et met en lumière bon nombre de problèmes par rapport à l'approche du gouvernement à l'égard du secteur agricole canadien dans son ensemble.
Ce que le gouvernement propose aujourd'hui, c'est d'augmenter la capacité d'emprunt du secteur agricole. Je pense que tous les partis y seront favorables. Il ne s'agit pas d'injecter des fonds ni de mettre sur pied un programme visant à fournir des liquidités à l'ensemble du secteur agricole.
J'ai cependant demandé à la ministre s'il s'agit d'une réaction à la pandémie de COVID-19 ou plutôt aux problèmes qu'engendrera pour le secteur laitier canadien la hausse des importations américaines à venir dans le cadre de l'Accord États-Unis—Mexique—Canada.
Dans sa réponse, la ministre a dit que la Commission canadienne du lait avait la capacité d'emprunt et la ligne de crédit nécessaires pour faire face à la pandémie de COVID lorsqu'elle était à son apogée, c'est-à-dire lorsque les restaurants et les écoles étaient fermés et que beaucoup de clients traditionnels des producteurs laitiers du Canada fermaient leurs portes et étaient temporairement en confinement. À la suite de ces fermetures, un bon nombre de producteurs, surtout dans l'Est du Canada, ont dû jeter des millions de litres de lait, ce qu'aucun Canadien ne souhaite.
Il était certainement bon de voir des Canadiens de partout au pays passer à l'action et faire tout leur possible pour aider les producteurs d'ici, qu'il s'agisse de banques alimentaires, d'écoles ou de toute personne disposée à prendre leur produit et à le donner ensuite aux gens qui en avaient besoin.
Cependant, la réponse de la ministre me dit que le projet de loi vise davantage les effets futurs de l'Accord États-Unis—Mexique—Canada, dont l'industrie laitière canadienne subira les conséquences.
Lorsque le Canada a signé cet accord, il a renoncé à une grande part de sa souveraineté en matière de commerce. Non seulement l'accord augmentera les importations de produits laitiers américains, mais il limitera également les débouchés des producteurs laitiers canadiens sur les marchés étrangers et la croissance commerciale de certains produits fabriqués ici même, au Canada.
Un autre problème qui me vient à l'esprit est le temps qu'il a fallu au gouvernement libéral pour s'attaquer à un problème qui avait été souligné très tôt par le secteur agricole canadien. C'est un problème persistant du gouvernement actuel.
Revenons un peu à l'annonce, la semaine dernière, de mesures d'aide de 250 millions de dollars pour les agriculteurs. Pour mettre cela en perspective, la Fédération canadienne de l'agriculture a demandé 2,6 milliards de dollars, soit la somme qui, à son avis, permettrait d'offrir une aide concrète aux agriculteurs canadiens.
Lorsque les producteurs canadiens ont constaté que la somme annoncée représentait moins de 10 % de ce qui est jugé comme étant nécessaire pour que l'industrie, les producteurs, les transformateurs d'aliments, les éleveurs et les familles agricoles puissent se maintenir à flot pendant cette pandémie, ils ont ressenti beaucoup de frustration.
Mettons les choses en perspective. Il s'agit de 250 millions de dollars pour le secteur agricole canadien, alors que le président des États-Unis a donné 19 milliards de dollars aux agriculteurs étatsuniens. Cela nuit énormément à la compétitivité de l'industrie agricole canadienne.
En examinant tous les autres programmes qui ont été annoncés à l'intention des entreprises canadiennes, on constate que le secteur agricole du pays n'a droit qu'à des miettes. C'est d'autant plus pénible que le premier ministre ne cesse de répéter que le secteur agricole canadien offre un service essentiel et qu'il est un pilier fondamental de notre sécurité alimentaire et de notre économie. Il est insensé d'affirmer une telle chose sans fournir aux intervenants de ce secteur les ressources dont ils ont besoin pour réussir. On ne peut que constater la frustration évidente des agriculteurs, des producteurs et des transformateurs d'aliments du Canada, qui ont exprimé leur mécontentement cette semaine dans la foulée de l'annonce faite par la ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire.
Aujourd'hui encore, la ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire a dit que le secteur agricole peut se tourner vers les programmes existants de gestion des risques de l'entreprise. Ces programmes n'ont jamais été conçus pour faire face à une pandémie comme celle de la COVID-19. Ils ont été conçus pour faire face à d'autres variables qui affectent divers secteurs du monde agricole, mais certainement pas à une pandémie mondiale. Comme elle a parlé du 1,6 milliard de dollars du programme Agri-stabilité, prenons l'exemple de ce programme. Moins de 35 % des agriculteurs ont souscrit à ce programme parce qu'il est inefficace et lourd. Ils doivent attendre des mois, voire des années, avant de recevoir un paiement. Ils pourraient avoir fait faillite d'ici là.
Penchons-nous sur Agri-investissement. La ministre a affirmé que ce programme prévoit un autre milliard de dollars. Or, les producteurs se demandent qui a cet argent, où il se trouve et qui y a accès. Très souvent, ces fonds ont déjà été dépensés ou sont mis de côté pour assurer la transition vers la prochaine génération.
C'est le seul cas où le gouvernement demande aux petits entrepreneurs de vider d'abord leur compte bancaire. Par exemple, ils n'ont pas à le faire pour être admissibles ou avoir accès au Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes. Pourtant, c'est exactement ce que la ministre de l'Agriculture demande aux agriculteurs.
Bon nombre de ces agriculteurs ont peut-être 5 000 ou 10 000 $ dans leur compte d'Agri-investissement. On ne parle pas de grosses sommes d'argent. La ministre de l'Agriculture leur dit toutefois qu'ils devraient vider leurs comptes d'épargne en espérant que le gouvernement envisage ensuite la mise en place d'autres programmes d'aide pour eux. Aucun autre secteur de l'économie canadienne n'est tenu de répondre à une telle demande. C'est injuste.
Les répercussions de cette situation sont assez profondes. M. Sylvain Charlebois, un expert canadien en matière de sécurité alimentaire, a déclaré que, à défaut d'aide fédérale, 15 % des exploitations agricoles canadiennes risquent la faillite. Ce sont donc 30 000 exploitations agricoles familiales qui sont menacées. C'est un chiffre énorme, et on ne peut pas imaginer l'incidence que cela aura sur les économies rurales.
Plus important encore, quelle incidence cette situation aura-t-elle sur la sécurité alimentaire au Canada et sur le prix des denrées alimentaires dans les magasins?
Beaucoup d'entre nous dans cette enceinte n'avaient jusqu'ici jamais vu des rayons vides dans une épicerie. J'espère que cette expérience permettra aux Canadiens de tout le pays de mieux comprendre d'où vient leur nourriture, qui la produit, comment et pourquoi on la produit.
Jour après jour, nous demandons aux Canadiens de tout le pays de rester à la maison, de se protéger et de préserver leur santé. En même temps, parce qu'ils sont considérés comme assurant un service essentiel, nous demandons aux agriculteurs, aux éleveurs et aux employés des entreprises de transformation alimentaire de se lever tous les jours et d'aller travailler dur pour qu'il y ait de la nourriture sur nos tables et sur les rayons des épiceries.
Ces gens demandent qu'on les respecte. Or, pour ce faire, le gouvernement doit leur signifier qu'ils sont une priorité pour lui et ajuster ses programmes en conséquence. Avec 250 millions de dollars égrenés parmi une panoplie de programmes, on voit tout de suite que les agriculteurs, la sécurité alimentaire et l'intégrité de la chaîne d'approvisionnement n'ont jamais figuré parmi ses priorités.
C'est sans parler du fait qu'il ne s'agit même pas de nouveaux programmes ni d'argent frais. Cela aussi, c'est frustrant. Le gouvernement a beau dire qu'il a pris ces mesures à cause de la pandémie de COVID-19 et que c'est pour cette raison qu'il souhaite changer la loi sur la Commission canadienne du lait, mais c'est loin d'être suffisant pour vraiment atténuer les contrecoups de la pandémie.
Nous n'avons pas affaire ici à des mesures extraordinaires prises parce que le secteur agricole se trouve dans une situation encore jamais vue. Non, nous avons plutôt affaire à une série de vieux programmes réchauffés qu'on tente de nous faire passer pour du neuf. Quel message envoie-t-on au milieu agricole?
Les agriculteurs ont l'impression que le gouvernement libéral leur offre une petite bouteille d'eau pour éteindre l'incendie qui ravage leur demeure. C'est tout simplement insuffisant. Le milieu agricole a besoin de plus. Les agriculteurs, les éleveurs et les transformateurs ont besoin de plus, car ils travaillent d'arrache-pied jour après jour et ils sont fiers de ce qu'ils font.
Tout ce qu'ils veulent, c'est que le gouvernement libéral soit là pour eux et leur montre qu'il a un minimum de considération pour leur labeur. Voici la vraie question que le gouvernement doit se poser: va-t-il se tourner vers les importations pour nourrir les familles canadiennes? Est-ce là son plan?
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PCC (AB)
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2020-05-13 15:21 [p.2287]
Monsieur le Président, c'est indéniable. Au cours des dernières semaines, les États-Unis ont demandé au Canada d'attribuer 100 % des contingents tarifaires aux détaillants, alors que les transformateurs et les producteurs de produits laitiers demandent que les contingents tarifaires soient le plus près possible de la ferme.
Le gouvernement libéral a constaté qu'il n'y a aucun autre accord commercial dans l'histoire du pays où le Canada a cédé sa souveraineté à un autre pays en matière de commerce, mais c'est exactement ce qui s'est passé avec l'Accord États-Unis—Mexique—Canada. Les États-Unis peuvent désormais intervenir dans toutes nos négociations commerciales avec de nouveaux partenaires commerciaux n'ayant pas d'économie de marché. De surcroît, ils contrôlent maintenant la croissance de la production canadienne de produits laitiers essentiels. Aucun autre accord commercial ne le permet, mais c'est ce qui est arrivé sous le gouvernement libéral avec l'Accord États-Unis—Mexique—Canada.
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PCC (AB)
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2020-05-13 15:22 [p.2287]
Monsieur le Président, mon collègue a tout à fait raison.
Le Canada accuse un retard considérable par rapport à ses alliés et à ses concurrents du monde entier lorsqu'il s'agit de soutenir le secteur agricole. La semaine dernière, Bob Lowe, président de la Canadian Cattlemen's Association, a dit au comité qu'il ne fait aucun doute que le gouvernement actuel ne traite pas le secteur agricole canadien avec le respect qu'il mérite comparativement à l'aide qui est accordée dans d'autres pays.
Il est indéniable que des débouchés exceptionnels s'offrent au secteur agricole canadien, mais celui-ci aura de la difficulté à les saisir à cause des politiques et de l'inaction du gouvernement libéral. Par conséquent, les Canadiens devront payer leur épicerie plus cher cet automne, ou de nombreux produits ne seront pas accessibles, à moins que nous les importions d'autres pays. Il serait dommage d'en arriver là, alors que nous pouvons produire ces produits ici même, au Canada.
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PCC (AB)
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2020-05-13 15:24 [p.2287]
Monsieur le Président, je suis vraiment content que mon collègue ait posé cette question. Quand nous avons apporté ces changements aux programmes de gestion des risques de l'entreprise, la taxe sur le carbone n'existait pas. Nous n'avions pas perdu cinq milliards de dollars de ventes de nos produits de base sur les marchés étrangers où nous n'avions plus le même accès. Il n'y avait pas de barrages illégaux, de grèves du Canadian National ni de retards dans le transport du grain.
La situation de l'agriculture canadienne aujourd'hui est tout à fait différente de ce qu'elle était sous le gouvernement conservateur. Personne ne demandait d'améliorations des programmes de gestion des risques de l'entreprise sous le gouvernement conservateur parce que l'agriculture se portait bien et qu'elle était une priorité à l'époque du ministre de l'Agriculture Gerry Ritz et de notre ministre du Commerce, le député d'Abbotsford, lequel a trouvé 50 nouveaux marchés étrangers pour nos produits agricoles. Plus tard, l'agriculture a été négligée, et nous en voyons les conséquences actuellement.
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PCC (AB)
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2020-05-13 17:12 [p.2303]
Monsieur le Président, je remercie le député de Brandon—Souris de son intervention, de ses vastes connaissances sur le secteur agricole et de ses observations sur le projet de loi C-16.
J'aimerais que le député nous fasse part de propos de certains habitants de sa circonscription concernant les répercussions de la pandémie sur la Commission canadienne du lait et les producteurs laitiers.
Est-ce que l'accord dont il est question aujourd'hui a plus à voir avec l'Accord États-Unis—Mexique—Canada? Quelle est l'incidence de ce dernier sur les producteurs laitiers du pays?
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PCC (AB)
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2020-05-13 17:16 [p.2304]
Monsieur le Président, le débat de ce soir se résume à l'insuffisance lamentable des efforts des libéraux, notamment en ce qui concerne l'aide destinée au secteur de l'agriculture.
À ce sujet, si on inclut les 200 millions de dollars accordés à la Commission canadienne du lait, comment l'aide financière du Canada pour le secteur agricole dans son ensemble se compare-t-elle à celle d'autres pays, comme les États-Unis?
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PCC (AB)
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2020-05-13 17:28 [p.2306]
Monsieur le Président, j'aimerais remercier mon collègue de nous avoir fait part de son expérience et pour ses explications détaillées sur cette question.
Quelles sont les répercussions pour les citoyens de sa circonscription du fait que rien n'a été prévu pour accroître la capacité de transformation à l'échelle du Canada et des conséquences de cette inaction?
On a annoncé deux enveloppes de 50 millions de dollars, une pour les éleveurs de bétail et l'autre pour les producteurs de porc. C'est loin d'être suffisant pour compenser les pertes associées à l'abattage d'animaux, même pour les producteurs laitiers. Le projet de loi C-16 ne prévoit aucun financement pour compenser les pertes subies par les producteurs qui ont dû abattre de leurs animaux en raison non seulement de la pandémie, mais aussi de l'augmentation des importations en vertu de l'Accord États-Unis—Mexique—Canada.
Quelles sont les conséquences de n'avoir prévu aucune solution pour résoudre le problème d'engorgement dans la capacité de transformation? À quel point la situation est-elle critique?
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PCC (AB)
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2020-05-13 18:46 [p.2317]
Monsieur le Président, j'ai écouté l'allocution du député avec attention. Il a parlé du fait qu'environ 95 % des aliments dans sa circonscription sont importés, ce qui est un problème. Comment les agriculteurs canadiens pourraient-ils nourrir le pays si le secteur pétrolier et gazier disparaissait?
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PCC (AB)
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2020-04-29 17:12 [p.2265]
Monsieur le Président, j'ai beaucoup apprécié l'histoire de mon collègue, le fait que pratiquer son métier de chiropraticien l'a amené à comprendre l'industrie automobile.
Avec ce que le gouvernement libéral propose en matière d'agriculture, je crains que deux ou trois générations séparent plusieurs jeunes du monde agricole, et qu'ils n'aient aucune idée de la provenance de leur nourriture, à part qu’elle se trouve à l'épicerie du coin.
Le député pourrait-il expliquer comment cette expérience va aider la jeune génération à mieux comprendre l'agriculture et la provenance de leurs aliments?
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PCC (AB)
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2020-04-29 17:14 [p.2266]
Monsieur le Président, pour donner suite aux propos du député, je précise que j'étais mécanicien automobile avant d'être élu à la Chambre des communes. Les voitures sont un sujet populaire aujourd'hui. Mes amis m'ont toujours dit qu'il n'y avait pas d'outil assez puissant pour régler les problèmes au Parlement, mais je leur ai dit que je devais tout de même tenter ma chance, et c'est pourquoi je siège dans cette enceinte.
La COVID-19 a bouleversé la vie de tout le monde. Nous pratiquons la distanciation physique et avons considérablement changé notre façon de vivre. Ce que je trouve le plus difficile, c'est de ne pas pouvoir me réunir le dimanche avec ma congrégation locale. La COVID-19 a grandement changé nos vies.
De nombreuses personnes m'ont demandé quand nous reviendrons à un semblant de normalité et quand nous pourrons nous rassembler, notamment à l'église. Ce sont des questions importantes et légitimes pour ma collectivité.
Beaucoup de gens veulent savoir comment nous en sommes arrivés là. On dirait que nos prises de décisions reposent sur un certain nombre de modèles, mais il s'agit d'une science inexacte. Les modèles n'ont de valeur qu'en fonction des données sur lesquelles ils reposent. Qui élabore ces modèles? D'où ces modèles viennent-ils? Quels modèles utilisons-nous? Voilà des questions pertinentes qui me sont posées et pour lesquelles je n'ai pas de réponse. Je ne sais pas de quoi ont l'air ces modèles, je ne sais pas qui les élabore et je ne sais pas sur quelles données ils sont fondés. Au fur et à mesure que la pandémie évolue, je pense que nous devrions nous demander si les hypothèses que nous avons formulées au départ sont toujours valables. Les données utilisées pour élaborer les modèles étaient-elles exactes?
Aujourd'hui, nous discutons d'un programme de prestations pour les étudiants. À mon avis, il s'agit très certainement d'une mesure qui se trouve au bas de la liste. Chaque fois que nous prenons une nouvelle mesure pour résoudre la crise de la COVID-19, nous devrions revenir en arrière pour vérifier si les hypothèses émises au début de la crise tiennent toujours la route. On dit toujours qu'il est plus facile de porter un jugement après coup. Maintenant que nous avons un peu de recul, nous pouvons vérifier si les hypothèses émises en janvier sont toujours valables. La maladie est-elle aussi contagieuse qu'elle l'était? A-t-elle des répercussions? Je sais que des gens meurent partout au pays, mais les mesures que nous prenons pour prévenir la mortalité fonctionnent-elles? Comment savons-nous qu'elles fonctionnent? Voilà des questions qu'on me pose, mais le gouvernement n'a pas nécessairement réussi à y donner de réponses adéquates.
Chaque jour, le gouvernement annonce des mesures en réaction à la crise de la COVID-19, mais il revient rarement en arrière. S'il revenait en arrière, le gouvernement pourrait dire qu'une hypothèse émise le 3 janvier s'est confirmée ou infirmée et que la situation s'est améliorée ou détériorée. Ce n'est pas vraiment ce qu'il fait, et je crois que nous devrions nous attaquer à ce problème d'entrée de jeu. J'aimerais savoir quels sont les modèles utilisés, qui en est l'auteur et quelles hypothèses sont tirées de ces modèles pour que les Canadiens moyens, où qu'ils se trouvent au Canada, puissent dire qu'elles sont sensées.
On demande aux Canadiens de mettre leur vie en suspens. Je dirais que les propriétaires de restaurant de ma région ont particulièrement hâte de savoir à quoi s'en tenir. Ils communiquent avec moi pour savoir quand ils pourront rouvrir et certains me disent qu'ils sont au bord de la faillite.
Ils ont aussi l'impression que les objectifs ne cessent de changer. Ils me disent qu'il y a plus d'un mois, on ne parlait que d'aplanir la courbe et qu'à présent, on parle d'arrêter la propagation. Ce sont deux objectifs valables, mais qui semblent différents. On ne dit plus tout à fait la même chose, mais on ne nous a jamais expliqué pourquoi nous sommes passés d'aplanir la courbe à arrêter la progression. Je souscris à ces deux objectifs, mais on ne nous a pas expliqué pourquoi il fallait les poursuivre. Les gens me disent qu'on semble avoir aplani la courbe et me demandent quand ils vont pouvoir rouvrir leur restaurant, quand ils vont pouvoir retourner au travail. C'est très important.
Les gens craignent aussi beaucoup que toutes les interventions du gouvernement, c'est-à-dire les versements mensuels de 2 000 $ au titre de la PCU et même la prestation proposée pour les étudiants, altèrent l'économie. Il ne fait aucun doute que ce sera le cas. Les interventions du gouvernement vont changer l'économie du pays. Le gouvernement peut-il nous fournir des modèles des changements économiques auxquels nous pouvons nous attendre?
Nous avons constaté ailleurs que lorsque le salaire minimum est augmenté, par exemple, les loyers augmentent proportionnellement. Savons-nous l'incidence qu'aura le fait de donner 2 000 $ par mois, comme nous le faisons actuellement? Qu'adviendra-t-il de cet argent? Il ne restera pas simplement dans le compte de banque de la personne qui le reçoit. Celle-ci l'utilisera pour payer des choses comme son loyer et son épicerie. Quelle incidence cela aura-t-il sur le coût du logement et des aliments? Il faut tenir compte de toutes ces choses. A-t-on établi des modèles? Nous nous attendons à ce que le gouvernement nous explique quelles seront certaines des répercussions des prestations qu'il met de l'avant.
Nous avons fait part de notre crainte que le système de paiements aux étudiants dissuade les gens de travailler, puis le NPD a répondu que nous accusions les gens d'être paresseux. Personne n'a accusé qui que ce soit d'être paresseux. Nous disons simplement que, la nature humaine étant ce qu'elle est, les gens feront une analyse coûts-avantages. Si une personne a le choix entre aller travailler dans une usine locale et gagner 1 000 $ ou bien rester à la maison et recevoir 1 200 $ par mois du gouvernement, elle fera une analyse coûts-avantages. Il n'y a rien de paresseux là-dedans. Il s'agit simplement d'une analyse coûts-avantages, et nous ne voulons pas créer une mesure qui encouragerait les gens à rester chez eux.
Il est également intéressant de constater qu'ils semblent être d'accord avec nous concernant le caractère incitatif de la prestation et le fait qu'une personne devrait pouvoir gagner de l'argent tout en recevant la prestation pour étudiants.
Nous, les conservateurs, sommes heureux d'appuyer la mesure, même si de nombreux points doivent être améliorés. Le gouvernement a écouté, en particulier lors de la première ronde, en ce qui concerne la subvention salariale de 10 %. Lorsque nous avons dit que ce n'était pas suffisant, il est revenu avec une subvention salariale de 75 %, qui devrait suffire.
Il était également intéressant d'entendre le chef néo-démocrate demander pourquoi ces systèmes semblent être plutôt taillés sur mesure que généralisés. Je pourrais peut-être proposer une réponse à cette question, car je me souviens de la campagne électorale de 2015. Je suppose que je peux pardonner au député, car je ne pense pas qu'il était ici en 2015.
Pendant la campagne électorale de 2015, les libéraux nous ont accusés, partout au pays, de donner des chèques à des millionnaires avec notre programme de prestation fiscale pour enfants. La première chose qu'ils ont faite en arrivant au pouvoir fut de modifier ce programme pour empêcher que des chèques soient envoyés à des millionnaires. Cependant, nous avions dit que puisque la prestation était imposable, nous pouvions la récupérer en impôts. Même si, au départ, nous l'accordions à tous les parents, nous pouvions récupérer l'argent versé aux gens riches au moment de l'imposition. Voilà notre raisonnement en 2013-2014, lorsque nous avons mis en place cette prestation. À l'époque, il m'a semblé que c'était un raisonnement logique. Je suis heureux de constater dans les discours des néo-démocrates sur la Prestation canadienne d'urgence pour étudiants qu'ils commencent aussi à comprendre ce raisonnement.
Sur ce, je suis heureux de pouvoir dire que nous allons appuyer le projet de loi, mais que nous espérons que des changements importants pourront y être apportés afin que les éléments qui dissuadent les gens de travailler soient éliminés. Nous voudrions qu'il y ait un système d'enregistrement afin que les étudiants qui demandent la prestation inscrivent leurs compétences et que nous puissions tenter de leur trouver du travail, notamment dans le secteur de l'agriculture.
Dans ma région, de nombreux agriculteurs ont commencé à préparer leurs semoirs. Ils installent de nouveaux socs et ils sont prêts à commencer les labours pour planter les semailles de cette année.
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PCC (AB)
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2020-04-29 17:26 [p.2267]
Monsieur le Président, il ne fait aucun doute que la Seconde Guerre mondiale offre un bon modèle pour sortir de la présente crise. Ma question porte davantage sur les modèles de propagation de la pandémie et sur ce qu'il est possible d'anticiper à partir de ceux-ci. En janvier, j'estimais la situation très nébuleuse lorsque nous avons pris la décision de fermer le Parlement et de mettre l'économie canadienne en veilleuse. Nous avons essentiellement suivi la recommandation du gouvernement. Je n'ai pas vu le modèle concernant le coronavirus en particulier et j'aimerais qu'on réponde à ces questions et qu'on donne des précisions. Les hypothèses faites au sujet de la COVID et de sa propagation se sont-elles révélées justes?
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PCC (AB)
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2020-04-29 17:28 [p.2268]
Monsieur le Président, la dernière fois que les libéraux ont parlé d'équilibre budgétaire, c'est lorsqu'ils ont garanti aux Canadiens que le budget allait s'équilibrer de lui-même en 2019. Depuis lors, il n'a plus du tout été question d'équilibre budgétaire de l'autre côté de la Chambre. C'est plutôt inquiétant.
Mon collègue a parlé d'argent tombé du ciel, et c'est un miracle auquel j'aimerais bien croire.
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PCC (AB)
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2020-04-11 15:58 [p.2138]
Monsieur le Président, j'aimerais revenir sur une question posée par le député de Carleton. Dans ma circonscription, il y a une scierie qui est une division d'une grande société mère. La société mère fait également la production de pâte à papier. C'est un secteur qui a été très prospère et qui l'est demeuré pendant cette période. Cependant, la division de cette entreprise qui est établie dans ma circonscription et qui fournit des matériaux de bois au secteur de la construction a connu une baisse de 60 à 80 % de ses revenus. Comme c'est la division d'une société mère et qu'elle ne peut démontrer une baisse de 30 % de ses revenus, elle a dû mettre à pied 60 personnes et elle n'est pas admissible à la subvention salariale.
Quelles mesures le gouvernement prendra-t-il pour s'assurer que les divisions de grandes entreprises qui ne sont peut-être pas admissibles aujourd'hui aux subventions salariales le deviennent?
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