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Voir le profil de Gérard Deltell
PCC (QC)
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2020-05-13 16:57 [p.2301]
Monsieur le Président, je tiens à saluer le président du Conseil du Trésor.
Tout d'abord, je tiens à le remercier et à le féliciter sincèrement. Au cours des deux derniers mois, j'ai eu affaire à lui et aux membres de son cabinet. Nous avons toujours eu une relation cordiale, efficace et prospère. Je tiens à le remercier du fond du cœur. Je l'apprécie grandement.
En tant que président du Conseil du Trésor, il est l'architecte, ou l'un des architectes, des politiques fiscales du gouvernement. Personne ne s'attendait à cela — nous le comprenons —, particulièrement en ce qui concerne la question de l'aide d'urgence.
Nous comprenons, et nous étions tous d'accord sur le principe de l'aide d'urgence. Or il y a aussi des effets pervers qui ont un impact direct sur l'agriculture. Des gens, particulièrement des jeunes, des étudiants, qui vont y avoir droit à partir de vendredi, peuvent être tentés de rester à la maison et de recevoir 1 200 $ par mois plutôt que d'aller travailler aux champs.
À contrario, le gouvernement provincial, sous l'égide du ministre André Lamontagne, a proposé une aide supplémentaire financière pour les gens qui vont travailler aux champs. Il propose 100 $ de plus pour les gens qui vont travailler dans les champs.
Le gouvernement aurait-il pu s'inspirer de cette approche pour inciter les gens à aller travailler, plutôt que, comme on le constate actuellement, souffrir de l'effet pervers de rester à la maison et d'être payés à ne rien faire?
Voir le profil de Jean-Yves Duclos
Lib. (QC)
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2020-05-13 16:58 [p.2302]
Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir l'occasion de souligner que, à Québec, nous formons une communauté tissée serrée et que mon équipe et moi avons le plaisir et l'honneur de travailler avec l'équipe du député de Louis-Saint-Laurent. Je pense que nous sommes tous très fiers d'être députés de nos circonscriptions, et nous pouvons aussi être très fiers de la collaboration qu'il y a entre nos équipes.
Au sujet de la Prestation canadienne d'urgence que nous avons mise en place, comme je l'ai dit un peu plus tôt, dans la région de Québec, des dizaines de milliers de familles reçoivent cette prestation d'urgence parce qu'elles en ont absolument besoin pour joindre les deux bouts. Cela étant dit, nous savons qu’il y a des difficultés et c'est pour cela que le gouvernement canadien a annoncé, il y a quelques jours, une aide très importante de 3 milliards de dollars pour augmenter la rémunération des travailleurs dans les secteurs essentiels de l'économie. On sait que le gouvernement québécois va l'utiliser de manière très judicieuse.
Voir le profil de Colin Carrie
PCC (ON)
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2020-04-29 14:56 [p.2245]
Monsieur le Président, je remercie la ministre de rappeler que les étudiants sont en mauvaise posture en ce moment.
Pour la plupart des gens, la collectivité que je représente, Owasha, est une ville qui dépend de l'industrie automobile, mais elle est rapidement en train de devenir une ville étudiante, car elle abrite trois établissements d'enseignement postsecondaire: l'Université Ontario Tech, le collège Durham, et l'Université Trenton.
À l'heure où le Parlement se penche sur cet enjeu, les conservateurs proposent des solutions pour améliorer les programmes gouvernementaux. Je me demandais si la ministre pouvait nous dire ce qu'elle pense de notre idée d'élargir un programme, de doubler le financement accordé au programme Emplois d'été Canada, et de le structurer de façon à ce que les étudiants soient jumelés au moyen d'une banque d'emplois à des postes dans le secteur agricole. Dans un contexte de vives inquiétudes par rapport aux perturbations au sein de notre chaîne d'approvisionnement, ce serait pertinent. Les employeurs ont besoin de main-d'oeuvre et il se trouve que les étudiants peuvent être mis à contribution. La ministre est-elle disposée à envisager les améliorations que nous proposons en matière de soutien aux étudiants?
Voir le profil de Carla Qualtrough
Lib. (BC)
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2020-04-29 14:57 [p.2246]
Monsieur le Président, la réponse courte est oui, absolument. Je me réjouis à l'idée de collaborer avec tous les députés pour améliorer les perspectives d'emplois des jeunes, notamment grâce à l'ajout d'emplois supplémentaires à nos programmes actuels.
Voir le profil de Eric Melillo
PCC (ON)
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2020-04-29 15:30 [p.2250]
Monsieur le Président, je suis honoré d'intervenir sur ce sujet important, alors que nous sommes tous aux prises depuis des mois avec une pandémie mondiale et une crise économique. Il est primordial que le Parlement soit en mesure de se réunir pour discuter de projets de loi et les améliorer, et faire en sorte que l'aide prévue se rende à tous les Canadiens qui en ont besoin.
C'est indéniable: la pandémie de COVID-19 frappe durement tous les Canadiens. Les propriétaires d'entreprise ainsi que les organismes à but non lucratif et de bienfaisance ont du mal à se maintenir à flot, et beaucoup de Canadiens ont perdu leur emploi. De plus, l'avenir des étudiants canadiens s'annonce incertain. Les emplois d'été constituent pour eux de précieuses occasions d'acquérir de nouvelles compétences, de faire de nouvelles rencontres et de préparer leur carrière. Surtout, d'innombrables étudiants de niveau postsecondaire comptent sur les emplois d'été pour non seulement financer leurs études, mais aussi se payer l'essentiel.
J'ai moi-même vécu cette expérience récemment, peut-être plus récemment que n'importe lequel de mes collègues. J'ai passé mon dernier examen universitaire l'été dernier, avant de retourner directement chez moi pour y faire campagne en vue des élections de 2019. Je peux donc affirmer que je comprends tout à fait les difficultés que vivent les étudiants en situation normale, car je les ai moi-même vécues. Or, ces difficultés sont amplifiées par la crise que nous traversons à l'heure actuelle.
Les étudiants subissent énormément de pressions financières et de stress psychologique, et ils manquent de temps à consacrer à d'autres activités pendant l'année scolaire. Cela fait partie des raisons pour lesquelles nombre d'entre eux choisissent de quitter leur emploi d'été lors de la rentrée scolaire, en s'attendant à pouvoir obtenir un emploi à leur retour, tout comme n'importe quel employé saisonnier partout au Canada.
Beaucoup d'étudiants ne peuvent pas fréquenter un établissement d'enseignement dans leur région. C'est le cas notamment de bon nombre d'étudiants du Nord de l'Ontario, moi y compris. Par conséquent, nous n'avons pas eu d'autre choix que de quitter nos emplois et de déménager pour entamer notre année scolaire. Comme nous le savons, les étudiants, qui sont actuellement sur le point de terminer leur année scolaire, tentent d'entrer sur le marché du travail juste au moment où de nombreuses entreprises font des mises à pied ou cessent complètement leurs activités. Les élèves du secondaire qui obtiendront leur diplôme cette année et qui cherchent à entrer sur le marché du travail se trouvent dans la même situation que les nouveaux diplômés des établissements universitaires et collégiaux. Ils ont tous des factures à payer, comme tout le monde. Ils doivent payer le loyer, l'épicerie et les droits de scolarité. Maintenant, pour des raisons indépendantes de leur volonté, beaucoup d'entre eux pourraient ne pas être en mesure de trouver un emploi dans un avenir prévisible.
Dans ma circonscription, Kenora, les exploitants d'entreprises touristiques font partie des plus grands créateurs d'emplois, surtout pour les étudiants. Or, ils dépendent de visiteurs qui, cet été, ne seront probablement pas au rendez-vous. D'autres entreprises font tout ce qu'elles peuvent pour ne pas mettre à pied leur personnel et elles ne sont pas en mesure d'embaucher de nouveaux employés. Ce scénario se répète partout au pays en ce moment. Les détails peuvent différer, mais les résultats sont les mêmes: des milliers de personnes qui comptaient trouver un emploi cet été pourraient ne pas y arriver.
C'est pourquoi j'ai été très surpris que les étudiants soient laissés pour compte dans la réponse initiale du gouvernement à la COVID-19. C'est pourquoi, le 7 avril, j'ai cosigné une lettre avec trois collègues conservateurs, les députés de Central Okanagan—Similkameen—Nicola, de Kildonan—St. Paul et de Mission—Matsqui—Fraser Canyon. Nous y demandions si le gouvernement avait l'intention de corriger son erreur. Je suis ravi que, après avoir été soumis pendant des semaines aux pressions exercées par moi, mes collègues conservateurs et d'autres députés de l'opposition, le gouvernement présente enfin une mesure législative pour soutenir les étudiants qui ne peuvent pas trouver de travail à cause de la pandémie de COVID-19. Je suis heureux que le gouvernement ait travaillé avec l'opposition officielle pour améliorer la mesure législative dont nous sommes saisis aujourd'hui.
Les conservateurs savent qu'aucune prestation du gouvernement ne peut remplacer une expérience professionnelle. En clair, nous croyons que toute personne capable de travailler devrait le faire. Nous reconnaissons cependant que dans certains secteurs, il n'y a simplement pas d'emplois.
Les étudiants canadiens doivent payer leur loyer et leurs frais de scolarité, et ils tentent d'épargner pour l'avenir. Dans la mesure du possible, ils doivent pouvoir acquérir de nouvelles compétences et rencontrer des personnes dans le même domaine qu'eux. Je peux dire qu'aucun étudiant ou nouveau diplômé ne souhaite avoir un trou de plusieurs mois dans son curriculum vitæ alors qu'il pourrait acquérir une expérience de travail précieuse. Je sais que ce n'est pas ce que j'aurais voulu, et si cela s'était produit dans mon cas, je ne serais peut-être pas ici aujourd'hui.
À l'heure actuelle, les étudiants n'ont pas uniquement besoin d'aide. Ils ont aussi besoin de solutions créatives pour inciter un maximum d'entre eux à acquérir une précieuse expérience de travail. Les conservateurs ont veillé à ce que les nouvelles prestations gouvernementales ne découragent pas involontairement l'emploi. Nous avons réussi à convaincre le gouvernement d'autoriser les personnes gagnant jusqu'à 1 000 $ par mois à recevoir la Prestation canadienne d'urgence afin que les Canadiens aptes à travailler puissent le faire tout en continuant de bénéficier de mesures de soutien.
De même, nous luttons en vue d'assouplir les critères d'admissibilité à l'aide offerte pour les loyers commerciaux afin qu'un plus grand nombre d'entreprises puissent rester à flot. Nous savons que l'économie canadienne se redressera beaucoup plus rapidement si les entreprises peuvent garder leurs portes ouvertes et les travailleurs conservent leur emploi.
Nous savons également que, bien que de nombreuses entreprises procèdent à des mises à pied, beaucoup ont du mal à recruter, notamment dans les domaines de l'agriculture, de la restauration et de l'hébergement. J'ai parlé à des chambres de commerce, à des propriétaires d'entreprise et à des agences de développement économique. Ce n'est un secret pour personne que de nombreuses entreprises peinent à trouver de la main-d'œuvre. Chaque année, le Canada fait venir 60 000 travailleurs étrangers rien que pour le secteur agricole. Beaucoup d'entreprises essentielles toujours en exploitation voient leurs problèmes de dotation exacerbés pendant la pandémie.
Voilà pourquoi le Parti conservateur propose un programme visant à jumeler des étudiants et de jeunes travailleurs à des emplois dans le secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire. À l'heure actuelle, beaucoup de producteurs agricoles sont aux prises avec une pénurie de main-d'œuvre parce qu'ils ne peuvent pas embaucher de travailleurs étrangers temporaires. Selon nous, les étudiants qui éprouvent de la difficulté à trouver un emploi pourraient combler ce besoin. Ce serait une excellente occasion pour eux d'acquérir de l'expérience de travail et de gagner un revenu tout en stabilisant notre approvisionnement alimentaire et en contribuant aux efforts du Canada en réponse à la COVID-19. Nous espérons pouvoir collaborer avec le gouvernement pour faire de ce programme une réalité.
J'ai appris avec plaisir que le gouvernement a accepté la proposition des conservateurs visant à ce que les étudiants qui présentent une demande pour la prestation d'urgence soient directement inscrits au Guichet-Emplois. Ainsi, nous nous assurons en premier que les emplois disponibles sont pourvus et que les étudiants ne ratent aucune possibilité d'emploi. Tout le monde y gagne: les étudiants qui se cherchent du travail et les employeurs qui ont besoin de main-d'œuvre.
Le gouvernement a également accepté d'ajouter une disposition de caducité dans le projet de loi et de tenir un examen parlementaire des répercussions de ce dernier. Il ne s'agit là que des précautions de base pour veiller à ce que le projet de loi ait toujours sa raison d'être et qu'il soit réellement utile, plutôt que d'avoir des conséquences néfastes imprévues sur le marché du travail.
Somme toute, tant que nous ne serons pas revenus à la normale, il y aura toujours des étudiants qui ne pourront pas se trouver un emploi pour des raisons indépendantes de leur volonté. Nous en sommes conscients. C'est pourquoi nous sommes favorables au principe de la prestation canadienne d'urgence pour étudiants. Cette prestation, si l'on y ajoute les propositions raisonnables que nous avons faites, garantira que les étudiants obtiennent l'aide dont ils ont besoin et qu'ils ne ratent aucune possibilité d'emploi.
Nous vivons une crise économique sans précédent en raison de la pandémie, et de nombreux vaillants Canadiens de toutes les couches de la société ont soudainement eu besoin d'une aide d'urgence. L'économie canadienne a assurément subi un choc terrible et nous savons que la situation s'envenimera si, cet été, des centaines de milliers d'étudiants se retrouvent soudainement incapables de payer leur loyer. Les effets à long terme de l'obligation pour les étudiants de retarder leurs études ou de les arrêter seraient également considérables. Si les étudiants se retrouvaient sans aide pendant cette crise, l'effet de dominos serait dévastateur et c'est pourquoi nous comprenons l'importance de cette aide.
Je presse le Parlement de donner aux étudiants les meilleures chances de réussite, de soutenir l'économie canadienne et d'aider ceux qui en ont le plus besoin. Je presse aussi le gouvernement de continuer de collaborer avec l'opposition pour trouver des solutions qui permettront au plus grand nombre possible d'étudiants de continuer à travailler afin de soutenir les secteurs qui sont durement touchés pendant la pandémie.
Voir le profil de Kristina Michaud
BQ (QC)
Monsieur le Président, je remercie mon honorable chef d'avoir bien voulu partager son temps de parole avec moi.
Avant de commencer, je veux saluer les gens d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia et les remercier de la grande résilience dont ils font preuve en ce temps de crise. C'est grâce à leur respect des mesures mises en place par les différentes instances de santé publique que la situation est relativement stable pour l'instant au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie.
Je suis heureuse d'être ici aujourd'hui pour débattre de ce projet de loi de mesures de soutien pour les étudiants en tant que porte-parole du Bloc québécois en matière de jeunesse. Ne pas laisser les étudiants de côté, le Bloc québécois en avait fait la demande insistante auprès du gouvernement. Notre demande a été entendue.
Le gouvernement nous a entendus et a mis en place la Prestation canadienne d'urgence pour les étudiants dans le but d'offrir un soutien aux étudiants et aux nouveaux diplômés qui ne sont pas admissibles à la Presation canadienne d'urgence ou à l'assurance-emploi — ou encore, qui ne sont pas en mesure de travailler à cause de la COVID-19.
C'est une prestation de 1 250 $ par mois versée aux étudiants admissibles, ou encore de 1 750 $ pour ceux qui prennent soin d'une personne avec un handicap. Qu'on me comprenne bien: c'est une très bonne nouvelle pour les jeunes qui sont incapables de reprendre leur emploi d'été régulier pour différentes raisons. Peut-être sont-ils malades, peut-être doivent-ils s'occuper d'une personne malade ou, par exemple, peut-être l'entreprise pour laquelle ils travaillaient l'année dernière ne peut pas rouvrir ses portes. Peu importe la raison, cette prestation d'urgence est la bienvenue.
Elle est bienvenue, cependant, dans la mesure où elle est perçue telle qu'elle est, c'est-à-dire une mesure d'urgence. Ayant moi-même été étudiante il y a très peu de temps, je ne peux faire autrement que de présumer que les étudiants seront les premiers à vouloir prêter main-forte dès que la situation le leur permettra. Ils le font déjà.
J'en discutais hier avec les présidents de l'Union étudiante du Québec et de la Fédération étudiante collégiale du Québec. On me dit que plusieurs de leurs membres ont déjà envoyé leurs CV par centaines pour travailler dans les CHSLD du Québec, dans les fermes et les entreprises qui offrent des services essentiels.
Le Bloc québécois reconnaît l'apport des jeunes à notre société. On sait que la grande majorité d'entre eux ne demanderont pas la prestation avant même d'avoir fait l'effort de trouver un emploi.
Cependant, on a entendu plusieurs critiques au cours des derniers jours quant à cette mesure. Le secteur économique québécois craint que les étudiants et les étudiantes ne fassent pas l'effort nécessaire de trouver un emploi avant de toucher le chèque qui est émis par Ottawa.
On comprendra que la Prestation canadienne d'urgence régulière a créé, en quelque sorte, deux classes de citoyens, ou plusieurs classes de citoyens, avec ses différents critères d'admissibilité, d'où la création de cette fameuse prestation spécifiquement pour les étudiants.
Cependant, les étudiants sont des citoyens comme les autres. Eux aussi ont des factures à payer. Un étudiant qui déménage de Gaspésie pour se rendre à l'Université du Québec à Montréal doit débourser autour de 3 600 $ le premier mois. Par la suite, chaque mois, il paie un montant d'environ 1 200 $ pour ses frais fixes, soit pour payer son loyer, sa nourriture, son transport, l'Internet et le téléphone. Pour certains étudiants d'autres régions métropolitaines du Canada, ces coûts sont encore plus élevés.
C'est vrai, certains d'entre eux ont la chance de recevoir l'aide de personnes tierces, comme les membres de leur famille, mais bon nombre d'entre eux ont besoin de nous. Ils ont besoin de l'aide du gouvernement.
Mme la ministre parlait tout à l'heure de Félix. J'ai envie de parler de Thomas. Thomas a appelé mon bureau dans les derniers jours. Il étudiait à l'Université Laval en génie civil. Compte tenu de la charge de travail de ses cours, il ne peut pas se permettre de travailler pendant l'année scolaire. Hier, il a passé son dernier examen de la session. Or, au lieu de diminuer après ce moment stressant, son niveau d'anxiété a augmenté.
Il sait que, après-demain, il devra payer son loyer, son téléphone, sa facture d'Internet, mais il ne sait pas comment il va y arriver. Lundi, il devait commencer son stage, stage qui a été annulé compte tenu de la crise que nous vivons tous. On aura deviné qu'il n'y a pas que Thomas qui vit ce genre de situation. Il n'y a pas que Félix, non plus. Des milliers d'étudiants et d'étudiantes de partout au Québec et au Canada la vivent.
Pour plusieurs étudiants, la période estivale est le temps pour eux de se préparer financièrement à la prochaine année scolaire. Toutefois, ce n'est pas juste une question d'argent. Ces emplois estivaux sont, oui, une source de revenus, mais ils permettent aussi d'acquérir de l'expérience. Pour d'autres, il s'agit simplement d'exigences à leur programme scolaire. Les étudiants sont donc eux aussi dans une situation hors du commun dans cette période de crise.
Je reviens donc à ces personnes qui, au cours des derniers jours, se sont prononcées sur leur mécontentement quant à la prestation modulée par le gouvernement pour les étudiants. Certains d'entre eux ont comme argument principal le mythe de la paresse des étudiants québécois et canadiens.
Pour casser ce mythe et pour changer ce qui pourrait être perçu comme un facteur dissuasif à l'emploi, le Bloc québécois a eu envie de proposer un compromis. Ce compromis serait bon pour tout le monde, mais, surtout, il augmenterait le pouvoir d'achat des étudiants et permettrait à l'État de réaliser des économies importantes pour les finances publiques.
Nous avons proposé que cela soit modifié pour que les jeunes puissent garder une part accrue de leur salaire avant d'être pénalisés. Nous avons proposé cela parce que nous pensons que la PCUE est en quelque sorte injuste. Elle est injuste pour les étudiants qui vont prendre la peine de trouver un emploi et qui ne pourront pas toucher la prestation pour chaque dollar gagné en plus des 1 000 $ qui font qu'un étudiant est admissible.
Nous savons que la PCU de base a été mise en place dans un contexte de confinement. Celle pour les étudiants sera mise en place dans un contexte tout autre, celui du déconfinement, nous le présumons. Ce changement est fondamental dans l'application de la mesure dans le sens où plusieurs entreprises rouvriront leurs portes dans la mesure du possible, mais de façon restreinte pour plusieurs. Je pense aux restaurateurs qui décideront d'ouvrir, par exemple, uniquement les soirs de fin de semaine plutôt que tous les jours au dîner et au souper. Cela fera que plusieurs emplois seront disponibles à temps partiel seulement. Ni les employeurs ni les employés ne seront avantagés lorsque l'étudiant devra refuser de faire les quelques heures supplémentaires de peur de perdre l'accès à sa prestation ou, comme le disait ma collègue, de perdre l'entièreté des 1 250 $. Nous trouvons tout simplement injuste que ceux qui veulent travailler soient pénalisés.
La crise touche particulièrement la santé de notre économie, et le besoin de main-d’œuvre est criant dans plusieurs domaines, notamment dans le secteur agricole. Chez nous, plusieurs producteurs doivent faire appel à de l'aide supplémentaire parce qu'ils ne pourront pas compter sur la contribution des travailleurs étrangers temporaires cet été, pour des raisons que nous connaissons tous.
Ainsi, nous croyons que la vaillance des étudiants en temps de crise n'est pas la question. La Prestation canadienne d'urgence est nécessaire pour soutenir les étudiants et les étudiantes, mais elle peut certainement être améliorée. Je salue les négociations qui ont été faites dans les dernières heures pour que nos demandes soient entendues en vue de l'adoption de ce projet de loi, soit que le gouvernement mette en place des incitatifs financiers et des mesures de soutien pour les étudiants et les jeunes aux différents emplois disponibles, notamment dans le secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire, afin d'assurer la stabilité économique des régions et la production alimentaire pendant la crise.
Ce que nous voulons tous et toutes, c'est que le gouvernement s'assure que les différentes mesures financières mises en place sont offertes de manière à remplir leurs objectifs principaux, tout en incitant à l'emploi en toutes circonstances.
Voir le profil de Alain Therrien
BQ (QC)
Voir le profil de Alain Therrien
2020-04-29 17:41 [p.2269]
Monsieur le Président, j'ai le grand plaisir de prendre la parole aujourd'hui sur le projet de loi portant sur l'aide aux étudiants dans cette pandémie.
Depuis le début, comme on le sait, le Bloc québécois a apporté une opposition très constructive. Nous essayons toujours d'améliorer les projets de loi. Je pense que les autres partis de l'opposition ont aussi, de manière générale, travaillé dans ce sens. Ce n'est donc pas très étonnant de voir que ce projet de loi fait l'unanimité.
Par contre, je dois dire que celui-ci comporte des lacunes. Il y a manifestement des pépins, des petites choses qui ne vont pas et auxquelles nous aurions aimé mieux travailler si nous avions eu plus de temps. Malheureusement, il n'y en a pas autant que nous le voudrions.
Pendant deux ou trois jours, nous avons souligné les problèmes au gouvernement, et nous étions prêts à offrir notre collaboration pour peaufiner ce projet de loi. Il n'est pas en tous points parfait, mais ce sont malheureusement des choses qui arrivent.
Parmi les principes fondamentaux de ce projet de loi, il y a un soutien financier pour les étudiants. Nous logeons à cette enseigne, nous aussi. Nous sommes d'accord sur le fait qu'il faut aider les étudiants. En effet, comme il n'y aura peut-être pas de tourisme, et comme les festivals seront annulés, il est possible que les étudiants aient de la difficulté à se trouver des emplois. Nous sommes tous d'accord là-dessus. Il faut une certaine forme d'aide financière pour que ces étudiants puissent bénéficier d'un revenu afin de payer leurs dépenses et de pouvoir retourner à l'école à l'automne en ayant de côté un petit pécule qui les aidera à poursuivre leur cheminement académique.
Or il faut aussi que, dans ce projet de loi, il y ait de la place pour un incitatif au travail, c'est-à-dire pour inciter les jeunes à aller travailler. Je ne dis pas du tout que les jeunes sont paresseux, mais il faut que ce projet de loi permette à un jeune de se dire qu'il a le goût d'aller travailler, qu'il a trouvé un emploi, que la PCUE lui dit d'aller travailler et de continuer de le faire, parce que cela va être payant.
Malheureusement, dans ce projet de loi, il y a un pépin majeur. Comme ma collègue de Thérèse-De Blainville l'a bien mentionné, le problème est qu'on donne aux étudiants 1 250 $ ou « zéro comme dans Ouellet ». On dirait que la machine à chèque est bloquée à 1 250 $ et que, après 1 000 $, on tombe à zéro. Or, si un étudiant travaille à peu près 18 heures par semaine au salaire minimum, il gagne 1 000 $ par mois. En plus des 1 250 $ de la PCUE, c'est parfait. Son patron lui demande alors s'il pourrait faire une heure de plus par semaine.
Que répondra-t-il, monsieur le Président? Je sais que vous m'écoutez attentivement et que vous connaissez la réponse. Il va dire « non ». Il ne voudra pas perdre 1 250 $ pour une heure de plus de travail. Tout le monde comprend cela.
Alors pourquoi laisse-t-on cela dans le projet de loi? Les étudiants risquent de cesser l'activité après 18 heures de travail. Y aura-t-il des étudiants qui vont travailler à temps plein? Peut-être que oui, mais ils ne seront pas encouragés — incités — à le faire.
J'ai enseigné l'économie durant quelques années. J'expliquais, dans les fondements de l'économie de marché, que, plus on travaille d'heures, plus le revenu augmente. C'est une règle de base, mais pas avec ce projet de loi, où, plus on travaille, plus on se met à perdre de l'argent. Ce n'est pas logique.
Le Bloc québécois a négocié pour qu'on retrouve dans cette loi une logique très simple: plus on travaille, plus on gagne d'argent. Malheureusement, le gouvernement nous a dit qu'il ne pouvait pas faire cela, parce que c'est trop compliqué et qu'il faudrait faire du cas par cas, étudiant par étudiant. Il faudrait dire, par exemple, qu'à la 19e heure, l'étudiant ne perdrait pas ses 1 250 $. On lui en enlèverait seulement une petite partie. Il voudrait donc continuer à travailler quand même.
On va tout simplement éliminer graduellement la Prestation canadienne d'urgence, de façon que l'étudiant réalise qu'il a avantage à travailler et qu'un pécule lui pend au bout du nez. C'est ce que nous avons demandé, mais on nous a répondu que la fonction publique ne pouvait pas entrer dans ces détails, car c'était trop compliqué et elle n’en avait pas le temps. Nous nous sommes donc retrouvés dans une impasse.
Finalement, nous avons obtenu un engagement de la part de la vice-première ministre. En effet, même si cela ne peut pas être fait de façon officielle et standardisée, parce que l'appareil de la fonction publique ne le permet pas, le gouvernement s'est engagé à le faire. Les libéraux ont dit qu'il s'agissait d'une bonne idée. Nous savions qu'il s'agissait d'une bonne idée, et nous en avons plusieurs autres.
Le gouvernement a dit que c'était une bonne idée et qu'il allait essayer, tant bien que mal, de tendre vers cela au moyen des mesures à venir. Il s'est engagé à respecter cette logique. Évidemment, nous accueillons favorablement les propos de la vice-première ministre, puisqu'ils nous donnent un peu d'espoir.
Lors des négociations, le Bloc québécois a considéré l'importance qu'un comité se penche sur les questions liées à l'agriculture. Cela a donc été inclus dans la motion. Nous avons réussi à faire comprendre cela au gouvernement, mais j'avoue que cela n'a pas été très difficile. Le gouvernement a rapidement convenu que l'idée d'avoir un comité sur l'agriculture était bonne, parce que plusieurs choses se passent dans le domaine de l'agriculture. Nous avons besoin d'obtenir des réponses à nos questions, et cela est un bon outil pour y arriver.
Par ailleurs, la motion suggère que le gouvernement offre des subventions aux employeurs qui vont engager des étudiants. Toutefois, elle précise que cela touche le domaine de l'agriculture ou de l'agroalimentaire.
Les députés du Bloc québécois se sont demandé s'il fallait offrir la même possibilité à d'autres personnes que les producteurs. Par exemple, cette possibilité pourrait être offerte aux employés des municipalités et aux gens qui veulent engager des étudiants et qui auraient droit à ces subventions.
J'étais inquiet de connaître la réponse du gouvernement à la demande du Bloc, mais le gouvernement a dit oui. Il a dit que c'était une bonne idée. Le Bloc a réussi à apporter des améliorations à la motion.
Enfin, ily a les aînés, dont on parle allègrement. Depuis plus d'un mois, nous disons au gouvernement qu'il oublie les aînés et qu'il faut intervenir en leur faveur. Nos propositions entraîneraient des coûts de 1 milliard de dollars, ce qui est peu en comparaison des 73 milliards de dollars en subventions salariales. Les aînés sont les grands oubliés, et ce sont ceux qui subissent le plus les affres de la crise de la COVID-19. Ils ont été les bâtisseurs de notre pays, de notre société. Il faut leur démontrer notre respect au moyen de gestes positifs. La motion en fait mention. Enfin, j'étais illuminé.
Selon la motion, il faut aider les aînés qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts, car la situation actuelle fait que le coût de la vie est plus élevé. Nous avons demandé au gouvernement d'inscrire dans la motion qu'il allait y réfléchir fortement et faire en sorte que les mécanismes de la pension de la Sécurité de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti puissent se réaliser à travers ces deux outils. C'est un mécanisme qui est déjà là et que le gouvernement est capable de contrôler comme il veut. C'est une autre suggestion du Bloc qui a été entendue par le gouvernement.
Nous ne sommes pas entièrement satisfaits, mais la perfection n'est pas de ce monde. Le gouvernement nous a écoutés et il a accepté plusieurs propositions que nous avons faites. Or il reste une dernière proposition, et elle est très importante: il s'agit d'inciter les étudiants à travailler.
Voir le profil de Yves-François Blanchet
BQ (QC)
Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec mon estimé collègue de La Prairie, sans cela, je vais me retrouver avec plus de temps.
J'ai une petite crainte que le sujet soulevé ce matin n'ait pas été traité avec le sérieux que la situation mérite. Dans le fond, j'ai une petite crainte que les libéraux nous trouvent sympathiques, au Bloc, de collaborer et que peut-être ils n'écoutent pas trop ou pas tant que cela. J'ai vu des réponses dans les médias au sujet des travailleurs étrangers qui ne sont pas du tout satisfaisantes, même pas proche d'être un peu satisfaisantes.
Quand j'étais plus jeune, j'ai travaillé à la ferme plusieurs années. J'ai payé mes études comme cela. C'était une autre époque, bien sûr, les choses ont beaucoup changé. Il y a une chose qui n'a pas changé. Si je m'impose à moi-même une quarantaine comme un collègue l'a fait, je vais avoir une chambre dans ma maison, une salle de bain, une cuisine, un poêle et un réfrigérateur. Je vais trouver cela long deux semaines, mais je vais avoir toutes les installations nécessaires. S'il y a 2, 3, 5 ou 12 travailleurs étrangers sur une exploitation agricole au Québec, il n'y aura pas 12 salles de bain, 12 cuisines, 12 réfrigérateurs et 12 chambres fermées. Ce n'est pas vrai que, si on reste à six pieds d'une personne, il n'y aura pas de problème. Ce ne sera pas simple de même. Il va falloir qu'on prenne cela bien davantage au sérieux.
Avant que la transmission communautaire se soit implantée, on avait dit pendant longtemps que les déplacements à l'étranger étaient le plus haut facteur de risque pour la propagation. Je réitère que nous voulons accueillir ces travailleurs. Ils sont très importants pour l'économie québécoise et canadienne et pour nos régions. Nous voulons qu'ils viennent.
Il est déjà confirmé que potentiellement 2 500 personnes vont arriver essentiellement du Guatemala et du Mexique pour venir travailler au Québec. Je le répète et cela ne peut pas être plus clair. Je le dis pour les médias et pour les collègues: ils n'auront pas été testés pour la COVID-19 avant de monter dans l'avion ni placés en quarantaine pendant 14 jours.
Quand ils vont débarquer, ils ne subiront pas de test de la COVID-19 et ne seront pas placés en quarantaine pendant 14 jours. Une organisation qui ne relève ni de la santé publique ni de l'État va les faire monter dans des autobus et les amener à des points de chute qui, selon toute vraisemblance, ne sont pas équipés pour faire cela d'une façon adéquate. Ce n'est pas une petite affaire.
« Ça va bien aller », c'est correct quand on fait des arcs-en-ciel dans les fenêtres, mais ce n'est pas correct lorsqu'on accueille des milliers de personnes qui, dans leur propre intérêt, devraient faire l'objet d'un meilleur encadrement. Je me permets d'insister.
Imaginons le risque. Selon les différents scénarios, il y aura entre 30 et 70 % des gens sur un territoire donné qui vont à un moment donné contracter la COVID-19. Le fait d'être un travailleur étranger ou d'être sur le territoire canadien ou québécois est difficilement une immunité. En conséquence, il risque d'y avoir des cas.
Notre devoir est de minimiser le risque qu'il y ait en effet des cas. La façon scientifiquement démontrée non pas d'assurer qu'il n'y en aura pas, mais bien de réduire la probabilité, c'est la quarantaine et le dépistage. Même lorsque ces derniers sont combinés, cela ne donne pas de certitude, mais donne une probabilité acceptable. Alors, minimalement, je reste profondément convaincu que les jolies phrases ne sont pas un remède et ne sont pas une prévention contre la COVID-19. Cela va prendre des mesures et des gestes concrets.
Imaginons qu'il y ait un cas dans une exploitation agricole quelconque. Un travailleur étranger testé positif est en contact relativement étroit avec d'autres. Ensuite apparaissent deux ou trois cas. L'appareil médiatique va s'emparer de cela, bien sûr, et les inquiétudes vont se propager plus vite que la maladie. Ces travailleurs vont subir un préjudice dans l'opinion publique à cause de l'inquiétude des gens. Les entreprises agricoles doivent non seulement payer pour cela, mais vont aussi subir un préjudice. Ainsi, l'État canadien va se faire dire, s'il n'a rien fait dans l'intervalle, qu'il n'a pas fait son travail.
N'est-ce pas notre devoir de demander quelles sont les ressources nécessaires, compte tenu de l'ensemble des ressources qui, de toute façon, sont déployées, pour ne pas qu'une proverbiale faille dans le système vienne détruire une partie des résultats autrement obtenus par les efforts en santé publique? J'insiste pour que davantage soit fait. Non, les belles paroles, ce ne sera pas assez. Nous restons tout à fait disponibles pour participer à une rencontre par vidéo à très court terme et nous entendre sur des mesures.
Je veux revenir rapidement sur un autre sujet. J'ai dit ce matin de bon cœur, en toute sincérité, que je pense que le gouvernement peut aisément et qu'il devrait soutenir les emplois dans l'industrie pétrolière au niveau où ils étaient avant la crise. Ce pétrole se vend. On en utilise. D'ailleurs, pour ceux qui prétendent que nous prenons cela sur la Lune ou en Arabie saoudite, c'est de l'Ouest canadien et de l'Ouest américain que provient notre pétrole au Québec. Nous le payons d'ailleurs. On ne nous le donne pas et on ne nous offre même pas une entente particulière. Nous pensons que les emplois devraient être rétablis au même niveau qu'avant, mais que tout nouveau projet, tout accroissement de la production énergétique devrait se faire dans des secteurs liés à l'énergie renouvelable. Nous pensons que beaucoup d'argent aurait dû éventuellement être déployé dans cette perspective. Or cet argent est sorti beaucoup plus vite, pour d'autres raisons. On devrait en profiter pour investir dans les énergies renouvelables. Je comprendrais très bien que l'essentiel de cet argent serve à soulager la situation économique en Alberta, dans l'Ouest canadien et à Terre-Neuve-et-Labrador, qui subissent ce contrecoup davantage que d'autres, je le reconnais.
Pour la suite, il faut envisager de faire une transition énergétique, surtout en soutenant les régions du Canada qui sont les plus touchées par cette crise. En effet, ce sont les régions qui sont productrices de pétrole. Je pense aussi qu'il faudrait considérer des programmes particuliers pour stimuler toutes les entreprises de partout au Québec et au Canada qui développent des technologies à caractère environnemental, des solutions de rechange au système actuel. Il y aura un marché mondial énorme pour cela et c'est la chose responsable à faire. Je pourrais en nommer 25. Ce sont des sujets qui méritent que nous continuions à les envisager et à en débattre préférablement, de mon point de vue, de façon virtuelle, en ne venant ici que lorsque vient le temps de voter.
Il y a un autre élément sur lequel il faudra agir. Nous n'en avons pas assez parlé. Je n'en ai pas assez parlé et je veux en parler davantage. L'invitation a été lancée. Nous avons proposé une série de mesures destinées à venir en aide aux aînés, qui sont les victimes les plus vulnérables de cette crise, celles qui souffrent le plus de l'isolement et celles pour lesquelles les enjeux économiques pourraient s'avérer les plus douloureux à la fin de l'exercice. Nous avons déjà demandé des mesures d'augmentation de la pension de la Sécurité de la vieillesse; l'amélioration du Supplément de revenu garanti; l'accès à Internet haute vitesse pour briser l'isolement; la baisse du prix des médicaments; la protection des régimes de retraite des entreprises qui risquent de tomber dans la crise et d'être achetées par d'autres entreprises qui ne voudront pas prendre en charge les régimes de retraite; et l'élimination complète des restrictions relatives à ce qu'on doit assortir à un régime de retraite personnel. Le rendement de ces régimes est négatif à l'heure actuelle. Je demande qu'on envisage cet ensemble de mesures le plus rapidement possible. Ces mesures ont, de surcroit, été élaborées en collaboration avec la FADOQ et les associations qui représentent les personnes plus âgées de notre société. Encore une fois, c'est de bonne foi que nous faisons ces propositions. Nous espérons que cela va donner des résultats, mais ne présumons pas de l'infinité de notre patience. Nous voulons des résultats rapides, mesurables et concrets. C'est ce dont les travailleurs étrangers, les fermes et les aînés ont besoin maintenant.
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PCC (QC)
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2020-03-25 4:29 [p.2079]
Madame la présidente, ma prochaine question s'adresse au ministre des Affaires étrangères.
Que fait le gouvernement pour s'assurer que les travailleurs étrangers temporaires et les travailleurs agricoles saisonniers des pays qui ont fermé leurs propres frontières pourront venir au Canada pour aider à faire la récolte de cette année?
Il faut nourrir les gens. Il est important d'avoir les ressources humaines pour y arriver.
Voir le profil de François-Philippe Champagne
Lib. (QC)
Madame la présidente, dans une crise comme celle-là, il est important d'assurer la sécurité sanitaire, économique et alimentaire des Canadiens.
Je vais travailler avec ma collègue la ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire afin de nous assurer que les pays hôtes des travailleurs étrangers les laissent partir afin qu'ils puissent venir aider les agriculteurs canadiens.
Voir le profil de Kody Blois
Lib. (NS)
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2020-01-27 17:55 [p.524]
Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole ce soir avec la députée de Pickering—Uxbridge.
Aujourd'hui, c'est la deuxième fois que j'ai l'occasion de prendre la parole en réponse au discours du Trône. J'apprécie l'occasion qui m'est donnée de souligner la raison pour laquelle je crois que tous les députés de la Chambre devraient appuyer ce vote ce soir.
Pour commencer, je vais parler des changements climatiques, qui est l'un des principaux sujets abordés dans le discours du Trône, à juste titre d'ailleurs, compte tenu de son importance pour nous tous, non seulement ici au Canada, mais partout dans le monde.
En fin de semaine, j'ai tenu des consultations prébudgétaires dans ma circonscription, Kings—Hants. Un consensus s'est nettement dégagé. Les gens s'attendent à ce que le gouvernement contribue davantage à l'effort mondial. C'est essentiel. Non seulement le Canada doit poursuivre sa transition, mais nous devons créer un cadre international pour faire pression sur les pays qui ne prennent pas cet enjeu au sérieux.
J'estime aussi qu'il est important que nous reconnaissions le rôle considérable que le secteur privé jouera dans l'atteinte des objectifs internationaux. Des incitatifs, comme la baisse d'impôt de 50 % pour les entreprises centrées sur des technologies à émission zéro, contribueront à positionner l'ingéniosité et la technolgie canadiennes à la fine pointe des efforts à faire. Je soupçonne que cela trouve écho chez un grand nombre de mes collègues de l'opposition, qui ont souligné ce point le mois dernier.
Dans Kings—Hants, nous avons les marées les plus hautes du monde, celles de la baie de Fundy. C'est une très grande chance de vivre dans cette région. Nous sommes bien placés pour attirer des touristes du monde entier en Nouvelle-Écosse. Cependant, les plus hautes marées du monde nous rappellent aussi brutalement que les collectivités côtières sont vulnérables à l'élévation du niveau de la mer. Pour moi, c'est un rappel quotidien de l'important travail qui reste à faire.
Le Canada est un pays commerçant. L'exportation de ses produits et services partout dans le monde est cruciale pour que les Canadiens aient des emplois de qualité et un niveau de vie élevé. Le discours du Trône a souligné l'importance de l'Accord Canada—États-Unis—Mexique. Cette semaine, nous amorcerons le débat sur l'adoption de cet important projet de loi de ratification.
Je tiens à ce que la Chambre comprenne l'importance du commerce international pour Kings—Hants. La vallée d'Annapolis est connue pour ses délicieuses pommes, surtout la variété Honeycrisp, que nos producteurs et nos transformateurs expédient partout dans le monde, notamment aux États-Unis. Nous avons une usine Michelin qui fabrique des pneus, dont bon nombre sont acheminés aux États-Unis dans le cadre d'une chaîne d'approvisionnement intégrée. Nos scieries exportent du bois d'œuvre utilisé dans le secteur de la construction résidentielle. La liste est encore longue, mais que ce soit dans Kings—Hants ou dans n'importe laquelle des 337 autres circonscriptions du Canada, l'Accord Canada—États-Unis—Mexique représente un accord commercial capital avec notre plus grand partenaire.
À ceux qui critiquent le travail que nous avons accompli dans cet important dossier, je rappelle que l'ancienne chef intérimaire du Parti conservateur a dit ouvertement qu'il s'agissait du meilleur accord commercial que nous pouvions conclure. Je m'attends à ce que tous les parlementaires veillent à ce qu'on ne mette pas inutilement en péril l'économie et les emplois canadiens en retardant la ratification de ce projet de loi.
Les Canadiens s'attendent à ce que le gouvernement mette l'accent sur la croissance économique et la mise en place des conditions favorables à la création d'emplois dans le secteur privé. Au cours des quatre dernières années, le gouvernement a, en partenariat avec les Canadiens de partout dans le pays, créé plus de 1 million d'emplois, dont 35 000 emplois en décembre et 340 000 emplois dans la seule année 2019. La plupart sont des emplois à temps plein.
J'étais heureux de voir l'accent qui a été mis sur l'économie dans le discours du Trône et je veux souligner deux sujets qui, selon moi, seront importants dans les jours à venir.
D'abord, je trouve excellent cet engagement à réduire les formalités administratives pour les propriétaires d'entreprises, une initiative lancée par mon prédécesseur au cours de la dernière session parlementaire, alors qu'il était président du Conseil du Trésor.
Je pense que le fait de simplifier chaque fois que nous le pouvons les processus que doivent suivre nos propriétaires d'entreprises et nos entrepreneurs lorsqu'ils interagissent avec le gouvernement est une bonne chose.
À Kings—Hants, le Programme des travailleurs agricoles saisonniers est un outil fédéral important qui permet aux agriculteurs d'avoir accès à la main-d'œuvre nécessaire pour faire croître leur entreprise et s'assurer que les produits agricoles canadiens soient acheminés vers les marchés nationaux et mondiaux. Bien que ce programme soit essentiel, je crois qu'il existe des moyens de simplifier le processus afin de faciliter encore plus la vie aux agriculteurs et aux demandeurs de nos collectivités.
Cela m'amène à mon deuxième point. Dans Kings—Hants, l'une des priorités dont j'entends parler est l'accès à la main-d'œuvre afin d'avoir la main-d'œuvre voulue pour combler les emplois nécessaires à la croissance de l'économie dans les régions rurales de la Nouvelle-Écosse. Pour que les communautés rurales soient dynamiques et disposent d'une main-d'œuvre qui assure leur viabilité, nous devons continuer de faire venir des immigrants du monde entier au Canada. Leur énergie et leurs talents permettront non seulement de faire avancer l'économie, mais aussi de faire des collectivités des endroits où il est encore plus agréable de vivre.
Je souhaite souligner l'exemple précis d'un couple de ma circonscription, Kings—Hants. Originaires d'Allemagne, Chris et Melissa Velden ont immigré à Summerville, une petite collectivité située sur la baie de Fundy dans le comté de Hants. Apportant avec eux une éthique de travail et une vision sans pareille, ils ont créé l'auberge Flying Apron Inn & Cookery. L'une des principales caractéristiques de leur entreprise est la possibilité de souper sur le plancher océanique au parc Burntcoat Head à East Hants, où l'on retrouve les plus hautes marées du monde. Chaque année, en moins d'une minute, 120 couples du monde entier réservent le droit de profiter de cette occasion unique. En fait, l'entreprise de Chris et Melissa Velden a récemment été mentionnée dans les expériences touristiques incontournables de l'édition du week-end du Globe and Mail . Ce n'est là qu'un petit exemple de l'avantage de veiller à ce que le Canada continue d'attirer des gens talentueux de partout dans le monde.
Les soins de santé sont une priorité des Canadiens de partout au pays, en particulier dans les communautés rurales du Canada atlantique.
Dans la région que je représente, il y a eu un effort de coordination entre le gouvernement local, les autorités provinciales et la chambre de commerce pour assurer un processus de recrutement coordonné afin d'attirer et de retenir les médecins de famille.
Évidemment, même si la prestation des soins de santé relève de la compétence provinciale, le gouvernement fédéral est un partenaire important. D'ailleurs, le gouvernement a versé plus d'argent que jamais auparavant à la Nouvelle-Écosse pour soutenir les soins de santé. Néanmoins, nous savons que tout n'est pas réglé. Je sais que le gouvernement continuera de faire plus pour assurer la santé et la sécurité de l'ensemble des Canadiens.
Je veux souligner d'autres points importants inclus dans le discours du Trône. Pour ce qui est de la collaboration avec les peuples autochtones, aucun autre gouvernement dans l'histoire canadienne n'a pris cette relation plus au sérieux, et nous savons tous que le travail se poursuivra dans les jours à venir.
Le secteur des ressources naturelles fournit, un peu partout au pays, des emplois et des revenus importants qui permettent de financer les dépenses publiques dans des domaines tels que la santé, les infrastructures et l'éducation. En Nouvelle-Écosse, c'est le secteur forestier qui est aux prises avec de l'incertitude à l'heure actuelle. Je me réjouis donc de savoir que la viabilité de l'industrie pour les années à venir est une priorité pour le gouvernement.
Investir dans la classe moyenne est une priorité du gouvernement depuis 2015. Les résultats sont sans équivoque: près d'un million de personnes sont sorties de la pauvreté et plus d'un million d'emplois ont été créés, en plus d'un taux de chômage qui démontre la gestion économique du gouvernement.
Je suis heureux de voir que notre gouvernement continuera de concentrer ses efforts dans ce domaine.
Le discours du Trône énonce des priorités importantes pour les Canadiens. Il tient compte des besoins de tous les Canadiens. J'espère que tous les députés l'appuieront ce soir.
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