Hansard
Consultez le guide de l'usager
Pour obtenir de l’aide, contactez-nous
Consultez le guide de l'usager
Pour obtenir de l’aide, contactez-nous
Ajouter un critère de recherche
Résultats : 1 - 100 de 715
Voir le profil de Raquel Dancho
PCC (MB)
Voir le profil de Raquel Dancho
2020-01-27 11:05 [p.427]
Monsieur le Président, je suis heureuse de partager mon temps de parole aujourd'hui avec le député de Kenora.
Il y a plus de 150 ans, il aurait été difficile de prédire que la vision commune des pères fondateurs du Canada qui se sont réunis pour créer un dominion d'un océan à l'autre aurait amené une femme de 29 ans à prononcer le premier discours de la nouvelle année et de la nouvelle décennie à la Chambre des communes.
En tant que députée élue pour la première fois, j'ai vécu un moment spécial en écoutant la gouverneure générale du Canada prononcer le discours du Trône. Au cours de cet événement solennel, je n'ai pu m'empêcher de repenser à mes humbles racines et à tout le chemin que j'ai parcouru. Je fais partie de la quatrième génération d'agriculteurs canadiens présents dans une petite localité de l'Est du Manitoba. Les membres de ma famille étaient des pionniers des Prairies, dont la vie reposait sur le sacrifice, la lutte et les principes de responsabilité personnelle et de résilience.
À l'époque, le Canada était un pays jeune, qui ne bénéficiait pas du solide filet social qui le caractérise aujourd'hui. Les gens ne pouvaient alors compter que sur leur foi, leur famille et leur collectivité pour les aider à traverser les périodes éprouvantes marquées par les difficultés financières. Ils n'avaient pas d'autre choix que de persévérer et de faire de leur mieux pour subvenir aux besoins de la génération suivante.
C'est vers l'âge de 9 ans que j'ai commencé à m'intéresser au service public. Lors d'une chaude journée d'été à la ferme de mes grands-parents, les adultes de ma famille, assis à la table de la cuisine, exprimaient avec force leurs points de vue à propos d'une autre politique néfaste que les libéraux d'Ottawa avaient imposée aux agriculteurs. Même à ce jeune âge, je ressentais l'injustice de l'ingérence nuisible du gouvernement dans nos vies. Il existait un fossé entre ma famille d'humbles travailleurs et les décideurs d'Ottawa.
C'est à ce moment-là que j'ai décidé que, à l'âge adulte, j'irais à Ottawa afin de me battre pour ma famille. Le parcours a été long: venant d'une petite ville de campagne, j'ai été la première de ma famille à fréquenter l'université et à monter dans l'arène politique fédérale. En tant que femme dans la vingtaine, je prends la parole aujourd'hui, monsieur le Président, pour représenter un groupe démographique qui l'a rarement été à la Chambre.
J'attribue une bonne partie de mon succès à la détermination dont j'ai hérité de mes ancêtres pionniers, à l'instar de la forte volonté de lutter pour les Canadiens ordinaires contre les programmes du gouvernement, qui ne tiennent presque jamais compte des difficultés que connaissent ces gens. Voilà pourquoi je suis vraiment honorée de représenter les habitants de Kildonan—St. Paul.
Ma circonscription possède un riche patrimoine et occupe une place importante dans notre histoire nationale. Cette histoire est rattachée à la puissante rivière Rouge, qui coule en plein coeur de Kildonan-St. Paul. La rivière est l'élément vital de la collectivité depuis des milliers d'années; elle l'a d'abord été pour les Premières Nations du Traité no 1, puis les Métis de la rivière Rouge et les colons de Lord Selkirk, et plus tard les colons polonais, ukrainiens, allemands et mennonites du début du XXe siècle.
Plus récemment, ma circonscription a accueilli de nombreux nouveaux arrivants de l'Inde et des Philippines. Aujourd'hui, Kildonan-St. Paul est une circonscription diversifiée qui est enrichie de l'apport de jeunes familles, de nouveaux Canadiens, de personnes âgées, de propriétaires de petites entreprises, de gens de métier et de dizaines de groupes culturels et confessionnels.
Cependant, ce qui me dérange, c'est que le discours du Trône et les priorités du gouvernement libéral qui y figurent ne tiennent pas compte des priorités des Winnipegois et des Manitobains que je représente. Pendant une bonne partie des deux dernières années, quand je faisais du porte-à-porte, les gens me parlaient de leur désir d'avoir un représentant qui se battrait pour les vaillants travailleurs canadiens de leur collectivité, un député qui ferait comprendre au gouvernement libéral que les hausses d'impôt, les dettes incommensurables et les déficits perpétuels ne mènent pas à la prospérité économique et que, au contraire, ils mettent en péril les programmes sociaux du Canada et la sécurité financière future des Canadiens.
De plus, les questions environnementales préoccupent les habitants, surtout le centre de dépollution de l'eau du secteur nord de Winnipeg, qui est situé au centre de ma circonscription et qui traite 70 % des eaux usées de la ville. Des travaux de modernisation de plus de 1 milliard de dollars sont nécessaires, car on est incapable de retirer un degré acceptable de phosphore des eaux usées avant de les déverser dans la rivière Rouge, ce qui a des répercussions sur la santé du lac Winnipeg, laquelle, comme les Manitobains le savent, se dégrade en raison de la prolifération d'algues ces dernières années. Le lac Winnipeg, la rivière Rouge et la rivière Assiniboine façonnent l'histoire du Manitoba depuis des milliers d'années, et les trois ordres de gouvernement doivent joindre leurs efforts pour appuyer ce projet essentiel.
Autre priorité: le prolongement de la route Chief Peguis depuis la rue Main jusqu'à la route 90, qui augmenterait considérablement l'habitabilité du secteur nord-ouest de Winnipeg. En effet, il réduirait la circulation dans les rues résidentielles afin de permettre les déplacements à pied, à vélo et en transports en commun. En appuyant l'achèvement du boulevard périphérique interne, on atténuerait la congestion routière à Winnipeg. Malheureusement, le premier ministre et le gouvernement, qui accumulent des déficits de milliards de dollars et qui perçoivent des millions de dollars de plus en recettes fiscales, ont largement négligé les projets d'infrastructures essentielles au Manitoba.
Les gens de Winnipeg s'attendent aussi à ce que le gouvernement fédéral prenne des mesures concrètes pour résoudre la crise de la méthamphétamine, qui sévit à Winnipeg depuis quelques années et qui a contribué à une hausse marquée des crimes violents, dont 44 meurtres en 2019, soit plus du double de l'année précédente.
La pression sur les premiers intervenants et les organismes communautaires de première ligne est énorme, car ce sont eux qui vivent avec les conséquences terribles et traumatisantes de cette crise. J'ai moi-même pu constater à quel point la situation est urgente lorsque j'ai participé à une patrouille de nuit avec le Bear Clan, un groupe communautaire autochtone qui vient en aide aux personnes vulnérables des quartiers centraux de Winnipeg. Ce soir-là, nous avons trouvé un gros sac rempli de seringues enfoui dans un banc de neige. Malgré un froid mordant — il faisait 30 sous zéro —, les bénévoles avec qui j'étais l'ont ramassé et l'ont apporté en lieu sûr. C'est toutefois quand j'ai vu, entre deux objets à ramasser, trois jeunes enfants nous regarder par une fenêtre située au deuxième étage que j'ai eu mon plus grand choc, parce que je me suis tout de suite imaginé à quel point toute cette neige devait sembler invitante pour eux chaque fois qu'ils sortaient pour se rendre à l'école ou pour jouer dehors.
L'année dernière, le Bear Clan a ramassé au-delà de 145 000 seringues usagées seulement dans le quartier North End. À l'époque, le gouvernement libéral s'était engagé à financer les efforts du Bear Clan de manière durable et prévisible, alors j'espère sincèrement que le ministre des Services aux Autochtones fera sienne la promesse de sa prédécesseure.
En plus de représenter les gens qui habitent dans ma circonscription, mon chef m'a aussi confié la responsabilité de servir les Canadiens à titre de ministre du cabinet fantôme pour le nouveau ministère de la Diversité et de l'Inclusion et de la Jeunesse. Ce sera pour moi un honneur, et je m'engage à me servir de la tribune qui m'est ainsi offerte pour favoriser l'inclusion de tous les Canadiens, quelles que soient leurs origines ethniques ou raciales, pour défendre les libertés et le droit à l'égalité des membres de la communauté LGBTQ et pour assurer un avenir libre, prospère et sain aux jeunes du pays.
De nombreux obstacles attendent les jeunes Canadiens. Quand je faisais du porte-à-porte, aucun sujet n'est revenu aussi souvent que le coût de la vie. Or, ce problème a de nombreuses conséquences aussi néfastes les unes que les autres pour les jeunes de ma génération. Nous traînons la plus lourde dette étudiante de l'histoire du Canada. Nous devons attendre la moitié ou la fin de la trentaine pour acheter notre première maison — advenant que nous n'y ayons pas renoncé — et comme nous devons souvent nous contenter de petits boulots, peu d'entre nous peuvent compter sur un régime de retraite digne de ce nom. Nos salaires stagnent pour la plupart, mais le coût de la vie, lui, n'arrête pas d'augmenter. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que nous croulions sous les dettes et que nous ayons de moins en moins d'enfants, quand nous en avons.
Pendant ce temps, les baby-boomers vieillissent et touchent leur pension de retraite et ils commencent à compter beaucoup sur les services de santé et les services sociaux, qui sont déjà surchargés. Cependant, dans le discours du Trône du gouvernement libéral, on ne fait guère mention de ces questions financières cruciales. Les investissements pluriannuels et déficitaires de plusieurs milliards de dollars ne suivent aucun plan stratégique visant à assurer l'avenir financier de ma génération en cas de flambée des taux d'intérêt ou de ralentissement économique. Le gouvernement nous place en mauvaise position pour faire face à un monde incertain et changeant, et si nous ne faisons pas les choses correctement, ma génération en subira les conséquences.
J'assumerai mon rôle de porte-parole en demandant des comptes au gouvernement au nom de ma génération et des jeunes conservateurs de tout le Canada et, tandis que mon parti et le pays se penchent sur les enjeux des années 2020, je me battrai pour les Canadiens ordinaires. Je me battrai pour la liberté, la sûreté, la sécurité, la santé, la paix, la prospérité et un gouvernement qui respecte la riche mosaïque de croyances de notre pays. Je me battrai également pour les priorités des habitants de ma circonscription, Kildonan—St. Paul. Je ferai en sorte que leurs voix et leurs priorités soient entendues haut et fort dans cette enceinte.
En terminant, je tiens à saluer les gens qui ont aidé à me faire élire: mon équipe. Je remercie tous les bénévoles, nouveaux ou de longue date, qui ont consacré des centaines d'heures à la campagne électorale, ainsi que ma famille, mes parents et mes deux sœurs, qui m'appuient dans la poursuite de mes rêves depuis des décennies. De plus, je remercie très sincèrement mon fiancé Scott, qui se trouve dans la tribune aujourd'hui. Il était à mes côtés à l'époque où l'idée d'être députée n'était qu'une chimère.
Rien n'est plus important que la famille, et j'ai été très chanceuse à cet égard. Je travaille sans relâche pour que la mienne soit fière de ce que je compte bien faire à Ottawa, c'est-à-dire me battre pour les Canadiens ordinaires.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Voir le profil de Kevin Lamoureux
2020-01-27 11:14 [p.429]
Madame la Présidente, la députée a parlé de se battre pour les Canadiens. Je suis certain qu'elle acceptera de faire cause commune avec moi et le caucus libéral dans nos efforts pour bien servir les Canadiens de toutes les régions du pays.
Par exemple, le présent gouvernement a accordé des allégements fiscaux aux Canadiens de la classe moyenne. Il a sorti littéralement des centaines de milliers de personnes âgées et d'enfants de la pauvreté en bonifiant l'Allocation canadienne pour enfants et en augmentant le Supplément de revenu garanti. Un grand nombre de mesures progressistes ont été prises au cours des dernières années pour aider la classe moyenne de sorte qu'elle se porte maintenant mieux et qu'elle est plus forte. Est-ce le genre de politiques pour lesquelles nous pouvons nous attendre à bénéficier de son appui?
Qui plus est, une motion a été déposée aujourd'hui pour présenter l'accord commercial entre le Canada, le Mexique et les États-Unis. N'est-elle pas d'accord pour dire que c'est une bonne mesure qui mérite notre appui?
Voir le profil de Raquel Dancho
PCC (MB)
Voir le profil de Raquel Dancho
2020-01-27 11:15 [p.429]
Madame la Présidente, je demande au député de s'arrêter à la situation économique du Canada sous son gouvernement. Environ 71 000 Canadiens ont perdu leur emploi en novembre. Il ne n'aura pas oublié, j'en suis certaine. On a enregistré, en octobre 2019 le plus grand nombre de faillites personnelles en une décennie, soit le plus depuis la crise financière mondiale. Des entreprises, comme Encana, quittent le Canada en raison des hausses d'impôt et des règlements nuisibles du gouvernement. Les investissements des entreprises canadiennes dans les usines et le matériel ont chuté de 20 % au cours des cinq dernières années. C'est le pire résultat à ce chapitre depuis plus de cinquante ans. Les investissements directs étrangers au Canada ont chuté de 56 % depuis l'arrivée au pouvoir du présent gouvernement.
Dans mon allocution, j'ai beaucoup parlé de l'avenir du pays et des enjeux auxquels les jeunes sont confrontés. J'invite le député d'en face à revenir sur ce qu'il a dit et à réfléchir aux conséquences des mesures financières irresponsables de son gouvernement.
Voir le profil de Alistair MacGregor
NPD (BC)
Madame la Présidente, je souhaite la bienvenue à la Chambre à la députée de Kildonan—St. Paul. Son premier discours en cette enceinte m'a beaucoup impressionné.
La semaine dernière, le chef du Nouveau Parti démocratique, le député de Burnaby-Sud, a présenté une ébauche de projet de loi visant à établir un régime national d'assurance-médicaments en établissant un cadre qui s'appliquera de façon semblable à la Loi canadienne sur la santé.
Dans toutes les circonscriptions du Canada, beaucoup de gens ont peine à composer avec ce que coûtent les médicaments au quotidien. En fait, beaucoup de familles doivent faire le choix difficile entre payer le loyer et les services publics et payer des médicaments sur ordonnance.
Nous avons fait parvenir une lettre au Parti conservateur pour inviter ses députés à se joindre à nous pour établir ce régime national. J'aimerais savoir ce que pense la députée de cette proposition. J'aimerais aussi connaître l'incidence des coûts des médicaments sur ordonnance sur les résidants de sa circonscription.
Voir le profil de Raquel Dancho
PCC (MB)
Voir le profil de Raquel Dancho
2020-01-27 11:17 [p.429]
Madame la Présidente, il y a de nombreux aînés dans ma circonscription. J'ai parlé à des milliers d'entre eux au cours des deux dernières années et je puis affirmer que les aînés sont aux prises avec de graves difficultés financières, et la taxe sur le carbone des libéraux qui, comme tout le monde sait, augmente le prix de tout, ne les aide pas. Tout est transporté à Winnipeg dans des camions qui brûlent du carburant, ce qui fait augmenter le coût du panier d'épicerie, de l'essence, du chauffage et du transport pour les aînés, qui ont des revenus extrêmement fixes. Le Régime de pensions du Canada ne suit pas l'inflation et cela a de lourdes conséquences. Le gouvernement libéral n'a rien fait pour les aînés, sinon de leur rendre la vie encore plus chère avec des mesures comme la taxe sur le carbone.
Voir le profil de Michel Boudrias
BQ (QC)
Voir le profil de Michel Boudrias
2020-01-27 11:17 [p.429]
Madame la Présidente, je voudrais féliciter ma collègue pour son intervention remplie de bon sens à bien des égards, notamment sur ses préoccupations locales, voire provinciales, en matière d’infrastructure, en matière sociale, en matière de jeunesse. Ce sont des valeurs assez communes et généralement partagées par les députés de cette Chambre. Cependant, pour l’ensemble de ces dossiers qui sont des préoccupations non seulement régionales, mais aussi locales dans à peu près 90 % des cas, il s’agit de pouvoirs provinciaux, notamment en ce qui touche à l'infrastructure et à la santé.
Comme le gouvernement fédéral dépense pratiquement les deux tiers de ses budgets en transferts, est-ce que ma collègue serait d’accord pour qu'il y ait davantage de transferts vers les provinces pour financer ces programmes-là?
Voir le profil de Raquel Dancho
PCC (MB)
Voir le profil de Raquel Dancho
2020-01-27 11:18 [p.429]
Madame la Présidente, j'appuierais toute mesure permettant d'améliorer le sort des gens de ma circonscription et de l'ensemble des Manitobains. Comme je l'ai indiqué dans mon discours, ils traversent une période difficile sur le plan économique, en particulier les jeunes. Nous voulons un gouvernement dont les investissements dans l'avenir du Canada ont une incidence raisonnable, et qui réduit les impôts ainsi que la taille de l'État tout en investissant dans les infrastructures essentielles.
Toutes les priorités que j'ai mentionnées visent le financement trilatéral des infrastructures, un financement provenant des trois ordres de gouvernement. Il est important que tous les députés s'entendent avec les deux autres ordres de gouvernement dans le but de financer les infrastructures essentielles destinées à bâtir notre nation pour la prochaine génération.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Voir le profil de Kevin Lamoureux
2020-01-27 11:19 [p.429]
Madame la Présidente, c'est toujours avec plaisir que j'interviens à la Chambre pour parler des divers sujets qui m'interpellent.
Nous sommes à l'aube d'une nouvelle décennie et je suis très optimiste car, ces dernières années, le gouvernement du Canada a eu une attitude très progressiste et a été capable de répondre aux besoins des Canadiens d'un océan à l'autre. Qu'il soit bien clair que les Canadiens de la classe moyenne et ceux qui aspirent à en faire partie sont la priorité du gouvernement. C'est le cas depuis le tout premier jour de son mandat, et même avant.
Je me souviens que, lorsque le premier ministre a été élu chef du Parti libéral, nous formions le troisième parti et nous étions là-bas, tout au fond de la Chambre des communes. Pendant sa campagne à la direction, il avait déclaré haut et fort que sa priorité était le bien-être de la classe moyenne du Canada et de ceux qui aspiraient à en faire partie. Il croyait qu'en renforçant la classe moyenne l'économie ne s'en porterait que mieux. C'est un fait établi.
La députée d'en face a mentionné le fait qu'au mois de novembre, 70 000 personnes se sont retrouvées au chômage, mais n'oublions pas ce que nous avons accompli au cours des quatre dernières années. L'économie canadienne a créé, net, bien plus d'un million de nouveaux emplois. C'est beaucoup plus que ce que Stephen Harper a réalisé pendant les huit ou neuf ans où il était au pouvoir. Nous avons accompli énormément de choses.
Je partagerai mon temps de parole avec le député de Hull—Aylmer.
J'étais très fier d'être assis à côté de la vice-première ministre il y a tout juste 20 minutes, lorsqu'elle a déposé un avis de motion des voies et moyens qui porte sur l'accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.
Cela dit, le commerce est important pour le Canada. Il s'agit d'un moyen d'ajouter de la valeur à notre économie. Au cours des quatre dernières années, le gouvernement a réussi à signer un grand nombre d'accords commerciaux, soit plus de 25 ou 30 accords avec de nombreux pays. De manière audacieuse et dynamique, nous avons entrepris de signer des contrats commerciaux partout sur la planète, car nous sommes conscients que notre pays est grandement tributaire du commerce mondial. Voilà l'une des façons qui nous permet d'aider la classe moyenne et d'assurer la croissance de l'économie. Nous pouvons le voir de nos yeux.
Je fais souvent allusion à l'industrie du porc du Manitoba et à la façon dont elle continue de croître et de fournir des milliers d'emplois dans la province, que ce soit à Brandon, à Neepawa, dans la ville de Winnipeg ou dans les communautés rurales. Voilà le genre de choses qui ont des retombées concrètes, et on ne parle ici que d'une seule industrie. Ces emplois existent en bonne partie grâce au commerce. Le commerce est d'une importance capitale. C'est pourquoi il était si encourageant de voir le gouvernement y accorder une grande priorité.
Nous nous tournons vers les députés de l'opposition, en particulier vers le Parti conservateur qui a été un ardent défenseur du commerce dans les dernières années. Nous pensons que les conservateurs auront l'occasion de parcourir l'Accord et qu'ils continueront de soutenir le commerce avec les États-Unis. Il en va de même pour le Bloc et les néo-démocrates. Nous savons à quel point cet accord est important pour le Canada.
Nous avons parlé des enjeux soulevés au cours des dernières années et j'ai rappelé un certain nombre d'entre eux dans la question adressée à la députée de Kildonan—St. Paul. Nous les avons réglés grâce à des politiques sociales positives et progressistes et nous avons constaté une continuation.
Je pourrais parler du premier projet de loi que nous avons présenté en 2015, celui qui prévoyait un allégement fiscal pour la classe moyenne du Canada. Durant cette même période, nous avons augmenté les impôts du 1 % le plus riche. Quatre ans plus tard, nous constatons une diminution des impôts de la classe moyenne du Canada et de ceux qui aspirent à en faire partie. Ce sont des centaines de millions de dollars qui vont dans les poches des Canadiens et qui s'ajoutent à leur revenu disponible.
Quant aux prestations que nous avons bonifiées, les membres du caucus libéral vont souvent mentionner l'Allocation canadienne pour enfants. Comme je l'ai déjà dit par le passé, plus de neuf millions de dollars sont versés tous les mois dans Winnipeg-Nord pour aider les enfants.
Nous pourrions parler de la bonification du Supplément de revenu garanti. Nous nous sommes engagés à aider les personnes âgées les plus pauvres, celles qui ont 75 ans et plus et qui vivent une période difficile. Nous souhaitons accroître davantage leurs revenus ouvrant droit à pension. J'ai hâte de voir ce projet se concrétiser. Nous comprenons à quel point il est important d'appuyer les jeunes et les personnes âgées.
Grâce aux investissements de ce genre et aux allégements d'impôt, il y a davantage d'argent disponible dans les collectivités. Résultat: cet argent est dépensé un peu partout au pays, ce qui a pour effet de stimuler l'emploi.
C'est pourquoi je suis d'avis, tout comme mes collègues, j'en suis certain, qu'en veillant à la solidité et au dynamisme de la classe moyenne ainsi qu'en aidant davantage de Canadiens à y accéder, on contribue du même coup à la solidité et au dynamisme de l'économie canadienne.
Du côté des investissements en capitaux, notre engagement soutenu s'est maintenu au fil des ans. Pensons par exemple aux milliards de dollars consacrés à la toute première Stratégie nationale sur le logement, un geste on ne peut plus tangible qui aura des retombées très positives pour des milliers de Canadiens de partout au pays et qui met en lumière l'importance du logement.
Nous pourrions aussi parler d'infrastructures, qu'il s'agisse de routes ou d'autres genres d'installations communautaires publiques. Des centaines de millions, voire des milliards de dollars ont déjà été investis d'un bout à l'autre du pays.
Pour la première fois, nous avons un gouvernement qui est prêt à négocier avec les provinces pour produire des résultats concrets. On a pu le voir dans le dossier du Régime de pensions du Canada. Les travailleurs actuels auront plus d'argent à la retraite grâce à l'initiative que nous avons prise il y a quelques années.
Je pense sincèrement que le gouvernement sait combien il est important d'investir dans les programmes sociaux. À mon avis, si on demandait aux Canadiens de nous parler des avantages de la vie au Canada, ils seraient nombreux, du moins dans Winnipeg-Nord, à mentionner notre système de santé. Les gens tiennent beaucoup à ce système. Ils pensent que c'est un bon système. La Loi canadienne sur la santé établit le genre de cadre que les Canadiens approuvent. Le gouvernement verse des montants records pour les soins de santé dans toute la fédération. Ce n'est pas tout: on envisage aussi à présent de mettre sur pied un régime d'assurance-médicaments.
Voilà 30 ans que je suis parlementaire. Pendant la majeure partie de ce temps, il n'a jamais été question d'un régime national d'assurance-médicaments. Ce n'est que depuis quatre ans qu'on en parle régulièrement, pratiquement chaque semaine. S'il n'en tenait qu'à moi, l'instauration d'un régime national d'assurance-médicaments serait à l'ordre du jour quotidiennement, car je pense vraiment que c'est une bonne idée. Je pense que nous allons continuer de bénéficier du soutien des néo-démocrates dans ce dossier.
Je suis disposé à discuter de ce qui pourrait être fait pour mettre en place un tel système. Il y a quelques années, ma fille — qui est la députée provinciale d'un secteur que je représente dans Winnipeg-Nord — et moi nous sommes engagés à continuer d'essayer de faire avancer ce dossier. Elle a présenté des pétitions à ce sujet à l'Assemblée législative du Manitoba, tout comme je l'ai fait de mon côté à la Chambre des communes à de nombreuses reprises. Je l'ai fait parce que je sais à quel point il est important pour tous les Canadiens de continuer d'essayer de faire avancer ce dossier. Je pense que le caucus ministériel est uni dans sa volonté de voir à la concrétisation d'un régime d'assurance-médicaments.
Je vois que mon temps de parole est écoulé, je vais donc en rester là.
Voir le profil de Mario Simard
BQ (QC)
Voir le profil de Mario Simard
2020-01-27 11:31 [p.431]
Madame la Présidente, mon collègue a dit que la classe moyenne était une priorité du gouvernement. Chez moi, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, la classe moyenne vit de l'industrie de l'aluminium, de la gestion de l'offre et de la forêt. Ces trois secteurs ont été sacrifiés dans toutes les ententes commerciales signées par les précédents gouvernements.
Je voudrais poser une simple question à mon collègue: est-ce qu'il compte soutenir l'initiative de notre parti visant à revoir le statut de l'aluminium dans l'accord entre les États-Unis, le Canada et le Mexique?
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Voir le profil de Kevin Lamoureux
2020-01-27 11:31 [p.431]
Madame la Présidente, il y a un aspect de l'accord de libre-échange que je trouve encourageant. Nous aurons beaucoup plus d'information à ce sujet au cours des prochains jours. D'après ce que je crois comprendre, on apportera des améliorations considérables qui ne faisaient pas partie de l'accord précédent. L'un des secteurs qui profiteront le plus de ces changements est l'industrie de l'aluminium dans son ensemble.
Je parle souvent de mes racines québécoises. Le Québec me tient à cœur, tout comme les emplois qui y sont créés, et je veux qu'on les protège. J'espère que mon collègue d'en face participera au débat sur l'accord de libre-échange entre le Canada, le Mexique et les États-Unis. Je crois qu'il constatera que cet accord est vraiment plus avantageux pour l'industrie que le précédent. C'est là-dessus que nous devrions baser notre évaluation, du moins en bonne partie. Les gens que le député représente se porteront mieux grâce à cet accord.
Voir le profil de John Brassard
PCC (ON)
Voir le profil de John Brassard
2020-01-27 11:33 [p.431]
Madame la Présidente, j'aimerais que le député me donne plus de détails sur cet accord, car, de ce côté-ci de la Chambre, nous avons de la difficulté à obtenir ces renseignements. Le député serait peut-être en mesure de nous parler des avantages pour les secteurs de l'aluminium, de la foresterie et de l'automobile, ou du moins de nous fournir quelques renseignements à ce sujet.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Voir le profil de Kevin Lamoureux
2020-01-27 11:33 [p.431]
Madame la Présidente, je trouve encourageant d'entendre une telle question. Beaucoup d'information sera communiquée dans les prochains jours. Espérons que cela nous éclairera, le député d'en face et moi, car, à l'heure actuelle, je ne connais pas tous les détails.
Ce que je sais, pour l'avoir vérifié, c'est que, pour ce qui est de certaines préoccupations soulevées par l'opposition, l'accord commercial est aujourd'hui plus avantageux que ce que nous avions auparavant. D'ailleurs, nous avons lutté sans relâche pour cela. Nous désirions un accord avantageux pour les Canadiens.
Je suis très optimiste. J'ai bon espoir que, une fois tous les détails communiqués, les conservateurs travailleront diligemment pour bien comprendre l'accord dans son ensemble. À mon avis, si je me fie au passé, ils seront disposés à appuyer l'accord, puisque les libéraux et les conservateurs ont toujours assez bien collaboré lorsqu'il est question d'accords commerciaux.
Voir le profil de Brian Masse
NPD (ON)
Voir le profil de Brian Masse
2020-01-27 11:35 [p.431]
Madame la Présidente, l'idée d'un régime national d'assurance-médicaments remonte aux débuts de notre régime d'assurance-maladie, dans les années 1960. Le fait que le député laisse entendre qu'il n'y a que quatre ans que la Chambre des communes y travaille en dit long. J'aimerais demander au député si, selon lui, les députés du Parti libéral qui proposent un tel régime depuis 1997 fabulaient et faisaient fausse route. Était-ce uniquement de la fiction? Était-ce un mensonge à l'époque? Les députés n'avaient-ils pas de bonnes intentions? Se sont-ils réveillés tout d'un coup aujourd'hui pour se rendre compte qu'on en parle depuis des décennies au pays?
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Voir le profil de Kevin Lamoureux
2020-01-27 11:35 [p.431]
Madame la Présidente, comme je l'ai mentionné, je suis parlementaire depuis 30 ans, si on combine l'expérience que j'ai acquise en politique provinciale et en politique fédérale. Ce n'est qu'au cours des quatre ou cinq dernières années que cette question s'est glissée à l'avant-plan et qu'on en débat en profondeur. J'ai été porte-parole en matière de santé au Manitoba et, à cette époque, la question a rarement été abordée. Ce n'est vraiment qu'au cours des quatre dernières années qu'elle a pris la place qu'elle occupe maintenant, et c'est grâce à tout l'excellent travail accompli par les députés de l'ensemble de partis, pas seulement un parti en particulier. Aucun parti ne peut s'attribuer tout le mérite.
Ce qui importe, c'est de bien servir les Canadiens. Ce qui compte, c'est le Canada et la réponse à un enjeu important pour les Canadiens.
Voir le profil de Greg Fergus
Lib. (QC)
Voir le profil de Greg Fergus
2020-01-27 11:36 [p.432]
Madame la Présidente, tout d'abord, j'aimerais saluer tous mes collègues de la Chambre des communes et leur souhaiter une bonne année.
C'est la première fois que je prononce un discours dans le cadre de cette 43e législature du Canada. C'est avec grand plaisir que j'adresse la parole à tous et à toutes, y compris les Canadiennes et les Canadiens qui nous écoutent aujourd'hui.
Avant de faire mes commentaires sur le discours du Trône, je mentionne que c'est un document que je trouve exceptionnel. Il invite les parlementaires à collaborer, comme les Canadiens l'ont exigé à la dernière élection. Ils souhaitent que nous travaillions ensemble pour le mieux-être des Canadiens.
J'aimerais remercier mes concitoyens de Hull—Aylmer. La circonscription de Hull—Aylmer se trouve de l'autre côté de la rivière et de la Chambre des communes, au Québec, dans l'Outaouais. Elle se trouve au confluent des rivières des Outaouais et de la Gatineau. C'est un endroit exceptionnel. Mes concitoyens sont fiers de leur ville historique. Ils savent très bien que, sans Hull—Aylmer, il n'y aurait pas d'Ottawa.
Au début du XIXe siècle, Philemon Wright est venu des États-Unis pour s'installer dans cette région et pour fonder l'industrie du bois d'œuvre. Grâce à cela, on a créé ce qui est devenu la région de la capitale nationale et le lieu de notre Parlement.
Pourtant, notre région date de bien avant l'arrivée des personnes originaires d'Europe ou d'Afrique; elle est foulée par des peuples autochtones depuis 8 000 ans. Elle est le carrefour où les peuples autochtones sont venus faire du commerce, échanger des histoires et bâtir l'avenir ensemble. C'est la raison pour laquelle je trouve approprié que le Parlement canadien se trouve ici. À notre façon, nous pouvons nous travailler ensemble pour aider les Canadiens.
Je suis très fier de parler en faveur du discours du Trône. Il soulève de très importantes questions. Il s'agit de dossiers et de points de vue politiques essentiels au bien-être du Canada, maintenant et pour l'avenir. Au premier plan, il y a la lutte contre les changements climatiques. On ne peut pas penser à une situation plus importante. C'est un objectif que nous devons avoir pour nous assurer de léguer un monde meilleur à nos enfants, à nos petits-enfants et aux générations à venir. Je suis très fier de l'engagement que nous avons pris de déclarer le Canada pays carboneutre d'ici 2050. Il est essentiel d'avoir d'importantes initiatives nationales.
Comme député de Hull—Aylmer, je suis en train de mettre sur pied un nouveau forum public, comme les 24 forums publics que j'ai tenus pendant le dernier mandat. Cette fois, un grand thème réunira les forums publics que je vais organiser, soit celui de la lutte contre les changements climatiques.
Nous travaillons avec des représentants de la province et de la municipalité, des intervenants clés comme le Conseil régional sur l'environnement et le développement durable de l'Outaouais et d'autres gens qui s'occupent de ces questions. Comment peut-on mieux coordonner les actions des particuliers, des entreprises, des intervenants clés et de tous les paliers de gouvernements? J'espère que notre région et ma circonscription seront carboneutres bien avant 2050. C'est très important, et je travaillerai en ce sens.
Je sais que notre gouvernement veut travailler avec tous les députés et toutes les formations politiques pour que nous puissions vraiment nous attaquer à cette question. Aucune mesure n’est trop petite et nous avons certainement l’obligation de penser à de grandes mesures pour vraiment nous attaquer à cette question. Nous voulons collaborer avec tous les députés de la Chambre pour atteindre cet objectif.
Le discours du Trône s’occupe non seulement des grandes questions existentielles comme les changements climatiques, mais il revient aussi sur la question du Canada. Comment peut-on renforcer la classe moyenne et aider ceux et celles qui travaillent très fort pour en faire partie? Mon collègue de Winnipeg-Nord a souligné l’importance de l’Allocation canadienne pour enfants. Il a une carrière politique de 30 ans, aux niveaux fédéral et provincial, et je sais qu’il a une très bonne mémoire là-dessus.
En 1988, j’étais page parlementaire. Je me souviens que, peu après mon année comme page parlementaire, le Parlement a pris l’engagement solennel d’éliminer la pauvreté infantile au Canada. C’était en 1990 et on avait promis de le faire en 10 ans, soit d’ici à l’an 2000. C’était une initiative. Cela fait 30 ans. Pendant 25 de ces 30 années, on n’a pas changé le taux de pauvreté au Canada. Or, en 2015, notre gouvernement a pris une initiative pour les Canadiens, soit celle d’instaurer l’Allocation canadienne pour enfants. C’était exceptionnel. En quatre petites années, nous avons réduit la pauvreté infantile au Canada d’un tiers et nous avons réduit le taux de pauvreté générale d’un tiers. Maintenant, plus de 300 000 jeunes Canadiens sont sortis de la pauvreté. Si cela n’est pas un des devoirs les plus importants des députés, je demande ce que c’est. C’est exceptionnel.
J’ai été un peu déçu que des gens s’opposent à cela, mais j’espère que tous les députés de la Chambre vont continuer d'appuyer ce programme. Si nous avons fait cela en quatre ans, j’espère que nous pouvons continuer le travail. C’est l’engagement que nous avons pris.
Il y a une autre chose très importante pour le renforcement de la classe moyenne et de ceux et celles qui travaillent fort pour en faire partie. Il s’agit de nous assurer que nous avons une économie forte et durable. Nous venons d’accomplir cela avec le nouvel ALENA, que nous venons de signer et que la ministre vient tout juste de déposer ce matin. C’est, encore une fois, une chose très importante. Le Canada n’est pas un énorme pays avec une très grande population, mais nous travaillons fort. Nous savons très bien que notre prospérité dépend foncièrement de la création de liens et du commerce international. C’est ce que nous venons de conclure avec le nouvel ALENA, qui va renforcer les emplois de millions de Canadiens.
Nous ne nous sommes pas arrêtés là. Lors de la dernière législature, avec la collaboration de plusieurs députés de la Chambre, nous avons aussi conclu l’accord de libre-échange avec l’Europe, un marché de 500 millions de personnes. Encore une fois, c’est exceptionnel. Je pourrais parler de la réconciliation avec les peuples autochtones, qui est très importante pour ma circonscription. La population de ma circonscription comporte un fort pourcentage de personnes algonquines. Je pourrais aussi parler d’assurer la santé et la sécurité des Canadiens.
Pour conclure, j’aimerais simplement dire à tous mes collègues que je pense que ce document en est un auquel tout le monde peut se rallier. J’espère que je peux compter sur l’appui de tous mes collègues parlementaires pour améliorer le sort des Canadiens.
Voir le profil de John Brassard
PCC (ON)
Voir le profil de John Brassard
2020-01-27 11:46 [p.433]
Madame la Présidente, j'aimerais remercier mon collègue de son discours.
J'ai beaucoup de respect pour mon collègue. Cependant, on a beaucoup de problèmes à régler.
Ce matin, le gouvernement a présenté une motion de voies et moyens au sujet de l'Accord Canada—États-Unis—Mexique, mais elle donne très peu d'éléments pour aider les parlementaires à comprendre la situation. Comme l'a dit mon collègue, les conservateurs sont depuis toujours favorables aux accords de libre-échange, mais il faudrait au moins savoir quels seront les impacts de l'Accord sur différents secteurs de l'économie canadienne, notamment ceux de l'aluminium, de la foresterie et de l'automobile. Nous n'avons eu que très peu de précisions à ce sujet jusqu'à maintenant.
Au nom des Canadiens et de tous ceux à qui l'Accord profitera selon le secrétaire parlementaire, je crois que nous devons mieux comprendre la situation. J'aimerais que mon collègue nous donne davantage de détails concernant les avantages pour les Canadiens et pour les secteurs que je viens de mentionner.
Voir le profil de Greg Fergus
Lib. (QC)
Voir le profil de Greg Fergus
2020-01-27 11:47 [p.433]
Madame la Présidente, je crois que la question que le député de Barrie—Innisfil vient de soulever au sujet de l'Accord Canada—États-Unis—Mexique est importante. Les gains pour le secteur de l'aluminium, par exemple, illustrent bien comment les Canadiens se sont mobilisés.
Selon ce que j'ai lu dans les journaux et comme nous le verrons en détail en examinant la loi habilitante, grâce à ce nouvel accord, les secteurs de l'aluminium et de l'acier disposent désormais de règles d'origine, qui garantissent que 70 % de l'acier et de l'aluminium proviendront maintenant de l'Amérique du Nord. Nous n'apposerons plus simplement une étiquette sur un produit importé d'ailleurs dans le monde. Nous fabriquerons ces produits au Canada. Ce n'est jamais arrivé auparavant. Le secteur de l'aluminium n'a jamais bénéficié de ce genre de garantie. Il s'agit clairement d'un gain. Voilà pourquoi les producteurs d'aluminium appuient fortement cet accord.
Voir le profil de Yves Perron
BQ (QC)
Voir le profil de Yves Perron
2020-01-27 11:49 [p.433]
Madame la Présidente, je voudrais d'abord rassurer nos collègues du gouvernement: les gens du Bloc québécois sont fondamentalement en faveur de tout traité de libre-échange qui avantagerait l'économie du Québec.
Par contre, le Bloc québécois s'attarde aussi sur les détails des attentes qu'on négocie afin de voir quelles en seront les conséquences. Quand on parle de l'acier et de l'aluminium, et l'on vient encore d'y faire référence, l'acier est protégé à partir du lieu où l'on va le couler, mais pas l'aluminium. Il y a des détails comme cela. C'est important de regarder les conséquences à long terme. Souvenons-nous aussi que la gestion de l'offre a été sacrifiée.
Je multiplie les rencontres avec les intervenants du milieu laitier. J'ai eu l'horreur de constater que le Canada a même accepté de limiter ses capacités d'exportation ailleurs qu'aux États-Unis. C'est du jamais vu. On veut essayer d'adopter un projet de loi, une entente, sans en discuter. Sur le plan de la démocratie, il est fondamental d'analyser chacune des clauses en comité pour voir quelles seront les conséquences sur l'économie.
Voir le profil de Greg Fergus
Lib. (QC)
Voir le profil de Greg Fergus
2020-01-27 11:50 [p.433]
Madame la Présidente, je remercie le député de Berthier—Maskinongé de sa question. De plus, j'aimerais lui souhaiter la bienvenue à la Chambre des communes.
Tout d'abord, j'aimerais corriger le tir ou remettre les pendules à l'heure. Les gens du secteur de l'acier et de l'aluminium ont dit clairement qu'ils étaient en faveur du projet de loi. Contrairement à l'ancien accord, cet accord garantit pour la première fois que l'acier et l'aluminium seront produits ici, en Amérique du Nord. Ils n'ont jamais eu cette garantie. En fait, 70 % de l'aluminium et de l'acier utilisé doit provenir du Canada, des États-Unis ou du Mexique. Les États-Unis et le Mexique n'ont pas un vrai secteur de l'aluminium, mais les Canadiens en ont un. Les députés libéraux du Québec ont travaillé très fort afin de s'assurer de protéger et de promouvoir notre industrie de l'aluminium.
Voir le profil de Alistair MacGregor
NPD (BC)
Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec le député de Rosemont—La Petite-Patrie.
C'est un grand honneur d'être de retour à la Chambre grâce aux habitants formidables de Cowichan—Malahat—Langford, qui m'ont réélu en vue de cette 43e législature. Comme il s'agit de mon premier discours de cette législature, je saisis l'occasion pour les remercier de la confiance qu'ils m'ont encore une fois accordée et de l'énorme responsabilité associée à ce rôle.
Je suis extrêmement chanceux de représenter une circonscription tout simplement splendide, une région de 4 700 kilomètres carrés de l'île de Vancouver qui est parsemée de merveilleuses localités, de Chemainus à Duncan, en passant par la ville de Langford, au sud, et Lake Cowichan, à l'ouest, sans oublier Port Renfrew. C'est le seul endroit qui jouit d'un climat méditerranéen au Canada. Nous pouvons ainsi faire pousser diverses cultures et nous avons, sans surprise, une longue et riche tradition agricole. De nombreuses Premières Nations vivent dans des localités situées à l'ouest et au sud de la région, y compris les tribus Cowichan, Penelakut, Lyackson, Halalt et Malahat. Bien évidemment, ces communautés autochtones existent depuis des milliers d'années. Le fait d'être leur député m'a permis de beaucoup apprendre ces quatre dernières années. Je continuerai de faire appel à elles pour obtenir leurs conseils et leurs enseignements alors que nous traçons la voie vers une véritable réconciliation.
Je profite également de l'occasion pour souhaiter un bon retour à la Chambre aux nouveaux élus de 2019. Si je me fie à ma propre expérience comme nouveau député il y a quatre ans, je sais que la tâche peut sembler plutôt énorme. Cependant, les nouveaux députés ne doivent jamais oublier que les gens de leur circonscription leur ont confié le mandat de les représenter à la Chambre des communes. Ils leur ont fait confiance et chaque siège dans cette enceinte représente une région géographique unique et distincte du Canada. J'estime que les députés, en dépit de leurs différends, doivent d'abord et avant tout s'acquitter de cette responsabilité. Les électeurs ont toujours raison.
Lorsque je jette un coup d'oeil aux résultats des élections dans ma circonscription, notamment aux voix exprimées pour chaque parti, je constate que les gens de Cowichan—Malahat—Langford souhaitent clairement que le gouvernement prenne des mesures en ce qui concerne le changement climatique, le logement et les soins de santé, parce que les trois partis qui ont remporté le plus de voix ont tous pris des engagements à ces égards, à divers degrés, dans leur plateforme. Les électeurs ont vu que ces trois enjeux figuraient dans le programme de ces partis et ils en ont tenu compte lors du scrutin.
Je me penche d'abord sur la question du changement climatique. Il ne fait absolument aucun doute qu'il s'agit du dossier prioritaire en ce XXIe siècle. Je n'ai pas à répéter tout ce qui a été dit à la Chambre lors de la dernière et de l'avant-dernière législatures. Nous en sommes maintenant à un point où, l'an dernier, plus de 11 000 scientifiques de plus de 150 pays ont souligné aux décideurs que le changement climatique constitue l'enjeu de l'heure et qu'il faut évaluer les progrès en établissant des cibles scientifiquement mesurables. Malheureusement, les débats à la Chambre se sont trop souvent limités à la taxe sur le carbone que tous les experts du domaine considèrent comme une infime partie de l'ensemble des mesures à prendre pour lutter contre le changement climatique.
Quand on se met à discuter des coûts engendrés par les changements climatiques, on ne prend pas en compte — et c'est bien commode — les coûts économiques qu'auront les changements climatiques si on ne fait rien pour les contrer. Les experts fixent ce chiffre à environ 10 % du PIB mondial, et on parle en trillions et non en milliards de dollars. J'aimerais donc poser la question suivante à ceux qui dénigrent la taxe sur le carbone: quelle part des recettes fiscales de notre pays sont-ils prêts à mobiliser dans la lutte contre les feux de forêt en Colombie-Britannique ou en Alberta? Quelle part des recettes fiscales à venir sont-ils prêts à mobiliser pour sauver l'aéroport international de Vancouver de la montée des eaux et des inondations dues au fleuve Fraser?
Le Canada est un pays côtier. Notre pays possède le plus long littoral au monde, et bon nombre de nos concitoyens vivent et travaillent dans des villes côtières. Nous devons donc, en tant que pays, trouver le moyen de commencer à atteindre ces objectifs et reconnaître que notre mode de vie au cours des dernières décennies a sa part de responsabilités, mais nous devons aussi faire preuve de leadership et montrer qu'il y a une solution. Se contenter de parler des changements climatiques n'est pas suffisant, parce qu'il y a un autre grand danger qui menace le Canada et ce sont les inégalités croissantes.
Au cours de mes quatre dernières années en tant que député et lors de mes rencontres avec des résidants de ma circonscription, j'ai aussi appris que la justice environnementale n'est pas possible sans justice économique et sociale.
On peut toujours aller à la rencontre des gens qui ont du mal à payer leurs factures et qui se demandent s'ils auront toujours un emploi le mois prochain et s'ils pourront prendre la décision difficile qui s'impose entre payer le loyer et les services publics ou se nourrir sainement. Or, si on ne dispose pas d'un plan complet de lutte contre les changements climatiques qui tient compte des membres les plus désavantagés de notre société, on ne pourra pas les aider.
Il faut mettre en place un plan de transition juste, qui comprend toutes les mesures nécessaires. D'une certaine manière, il faut adopter un plan complet, que certains qualifient de « New Deal vert ». Il est important de pouvoir compter sur la participation des simples citoyens et la bonne volonté des sociétés, mais ce n'est pas suffisant. Nous savons que nous en sommes maintenant à un stade où il faut commencer à traiter cette question sérieusement.
J'aimerais maintenant passer aux soins de santé puisqu'il s'agit de l'autre grand enjeu. Lors des dernières élections, le NPD s'est engagé à établir un régime national d'assurance-médicaments. Nous voulons respecter notre promesse, contrairement aux libéraux qui ont promis la même chose pour la première fois en 1997. Je tiens simplement à rectifier le tir à cet égard.
Un régime de soins dentaires est un autre enjeu important. Je pense qu'un régime national de soins dentaires changera bien des choses pour les Canadiens. J'ai écouté des membres de mon caucus parler à leurs concitoyens. Nous avons tous rencontré des gens qui sont gênés par l'état de leurs dents. Ils sont même obligés de mettre leurs mains devant leur bouche parce qu'ils sont gênés par l'état de leurs dents.
Nous savons qu'une bonne santé buccodentaire joue un rôle très important dans un bon état de santé général. Il s'agit d'ailleurs d'une question de classe parce que les personnes aisées ont des dents saines, mais les personnes qui vivent dans la pauvreté ont de très mauvaises dents. La meilleure façon d'améliorer le sort des gens est de faire en sorte de couvrir des choses comme les soins dentaires et l'assurance-médicaments sans mettre les gens dans la fâcheuse position de devoir faire des choix difficiles.
C'est bien beau de parler d'allégements fiscaux, mais, s'ils ne profitent qu'aux gens qui en ont le moins besoin et que l'on n'évalue pas ce qu'il en coûte vraiment aux gens qui vivent en marge de la société et au bas de l'échelle sociale, nous ne progresserons pas en tant que pays.
Je dois parler de la crise des opioïdes. Cette crise continue à faire des ravages dans ma circonscription. Chaque jour, à Duncan, une partie de la ville est le théâtre de cette crise. Elle rappelle constamment aux habitants de la ville l'échec des politiques fédérales jusqu'à maintenant.
À moins que les Canadiens ne soient prêts à avoir une discussion difficile pour savoir s'il faut adopter des politiques visant à établir un approvisionnement sûr en drogues et s'engager à décriminaliser la possession de petites quantités d'opioïdes, nous ne progresserons jamais. Les organismes qui tentent de fournir de l'aide œuvrent toujours dans le carcan de la politique fédérale actuelle.
Nous sommes à un point de rupture, que ce soit les propriétaires d'entreprise qui doivent gérer la crise au quotidien, la GRC, qui a répondu à plus de 300 appels en une année civile, et les gens qui tentent de porter secours aux personnes victimes d'une surdose. Les gens souffrent d'usure de compassion. Ils souffrent d'épuisement. À moins de disposer des ressources fédérales nécessaires pour s'attaquer adéquatement à ce problème, nous continuerons à en parler.
Nous sommes en pleine épidémie et devons déclarer une urgence sanitaire nationale. Il faut qu'Ottawa assume ses responsabilités en fournissant les fonds nécessaires aux provinces et aux villes comme la mienne pour qu'elles puissent s'attaquer efficacement à ce problème.
Je terminerai en soulignant que je suis très fier d'être de nouveau le porte-parole de mon parti en matière d'agriculture. J'ai hâte de collaborer avec tous les partis à la Chambre pour adopter des politiques qui profiteront aux agriculteurs.
Je tiens également à souligner que le gouvernement est minoritaire et à dire à quel point c'est différent et merveilleux, comparativement à la législature précédente. Plutôt que de dicter à l'opposition la façon de procéder, le gouvernement devra maintenant faire preuve de beaucoup de bonne volonté et devra négocier de bonne foi. Nous serons parfois appelés à mettre de côté nos divergences d'opinions pour être en mesure de servir les intérêts des Canadiens.
Voir le profil de Stéphane Lauzon
Lib. (QC)
Madame la Présidente, j’aimerais remercier mon collègue de son discours toujours aussi passionné.
Il a dit à deux ou trois reprises que l’environnement était une priorité. Or, le discours du Trône indique lui aussi que l’environnement est une priorité absolue, suggérant plusieurs actions que mon collègue a mentionnées.
Ma question est simple: est-il d’accord avec notre gouvernement sur le fait qu’on doit non seulement travailler ensemble pour apporter de bonnes idées en matière d’environnement, mais aussi se soucier de l’économie afin de faire avancer intelligemment le dossier de l’environnement et de devenir carboneutre en 2050?
Voir le profil de Alistair MacGregor
NPD (BC)
Madame la Présidente, je suis tout à fait d'accord avec ce qui se dit ici au sujet de l'environnement, mais je dois également juger le gouvernement d'après ses actions.
Je comprends les engagements pris dans le discours du Trône à l'égard de la lutte contre les changements climatiques, mais il convient de noter qu'au cours de la dernière législature, le gouvernement a autorisé l'achat de l'oléoduc Trans Mountain, un projet qui touche directement la côte de la Colombie-Britannique et qui triplera nos exportations de bitume dilué.
Nous voici en 2020 et nous continuons à investir dans l'infrastructure des combustibles fossiles et dans l'expansion de celle-ci, alors que, de toutes parts, les scientifiques nous disent qu'il faut mettre un terme à ce genre d'investissements. Surtout, nous devons trouver le moyen de faire participer les travailleurs du secteur pétrolier et gazier à une stratégie de transition équitable.
J'incite donc le gouvernement dont fait partie le député à écouter les organismes comme Iron and Earth, qui regroupe des travailleurs du secteur pétrolier qui comprennent que leur industrie ne sera pas éternelle. Ces travailleurs veulent que le gouvernement entreprenne dès maintenant un plan de transition pour nous permettre de prendre le taureau par les cornes et de commencer à nous attaquer à ce problème avec tout l'empressement qui s'impose.
Voir le profil de Dan Albas
PCC (BC)
Madame la Présidente, je comprends tout à fait. En décembre 2018, la Chambre a tenu un débat d'urgence sur la crise des opioïdes. Depuis, Princeton, une collectivité de ma circonscription, a enregistré plus de décès causés par une surdose d'opioïdes par habitant que toute autre région du Canada. La députée de Kelowna—Lake Country a déclaré qu'il s'agit d'un problème urgent dans sa collectivité, qui est aussi la mienne, car je représente une partie de Kelowna.
J'aimerais savoir si le financement qui est supposément versé a eu une incidence véritable sur la circonscription du député. Selon lui, le gouvernement a-t-il fait du bon travail à cet égard?
Voir le profil de Alistair MacGregor
NPD (BC)
En un mot, non, madame la Présidente. Dans le budget de 2017, je crois, on s'était engagé à verser environ 100 millions de dollars sur cinq ans. Étant donné l'ampleur de la crise actuelle, c'est une somme dérisoire.
Comme je l'ai mentionné dans mon allocution, nous en sommes à un point où les agents de la GRC, qui sont les premiers intervenants, souffrent d'usure de compassion et d'épuisement. Le problème dans ma collectivité nous rappelle sans cesse l'échec de la politique fédérale.
Je supplie le gouvernement libéral de traiter la situation pour ce qu'elle est, c'est-à-dire une crise. Déclarons une urgence sanitaire nationale, libérons des ressources fédérales et attaquons-nous convenablement à cette crise. Offrons aux gens l'aide qu'ils méritent.
Voir le profil de Alexandre Boulerice
NPD (QC)
Madame la Présidente, je tiens à vous remercier de m'offrir l'occasion de réagir au discours du Trône qui a été déposé par le gouvernement libéral.
Pour commencer, j'aimerais citer Edmond Rostand, qui, à ce sujet, dirait: « C'est un peu court, jeune homme! ». Il manque énormément de choses dans le discours du Trône, notamment pour les Québécois et les Québécoises. Le mot « Québec » n'y est pas prononcé une seule fois. C'est une omission assez particulière de la part d'un gouvernement minoritaire. On se serait attendu à ce qu'il se préoccupe davantage des besoins et des intérêts du Québec dans le discours du Trône. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Par ailleurs, il manque de détails, de clarté et d'engagements fermes à plusieurs égards. Il y a tout un rouleau de verbiage, de blabla, de bonnes intentions et de vœux pieux, mais il y a peu de détails, sauf quand cela fait l'affaire des libéraux.
Depuis des années, les libéraux nous promettent des fonds pour la Stratégie nationale sur le logement et pour la lutte contre l'itinérance. Malheureusement, ce qu'on constate sur le terrain, c'est un manque criant de ressources de la part du gouvernement fédéral et l'absence de réels engagements permettant la réalisation de projets et à la construction de coopératives d'habitation et d'habitations à loyer modique, ou HLM. La question du logement est cruciale pour plusieurs Canadiens et Québécois, car pour plusieurs familles, cela représente la plus grande dépense. En ce moment, il y a des gens qui luttent pour se loger convenablement. Malheureusement, en matière de logement, depuis plusieurs années, les libéraux ont de belles paroles, mais en font très peu.
Dans Rosemont—La Petite-Patrie, un tiers des ménages dépensent plus de 30 % de leurs revenus pour se loger. Dans ma circonscription, une famille sur trois est littéralement dans un état de pauvreté ou frôle la pauvreté. Or nous savons tous que la norme est de dépenser 30 % de son revenu pour se loger.
En ce moment, malheureusement, nous avons un seul projet de logement social, et celui-ci sera bientôt terminé. Il n'y a rien de prévu pour la suite. Comment cela se fait-il? Cela fait quatre ans qu'on nous bassine en nous disant que le logement est une priorité et qu'il faut construire des logements abordables et des logements sociaux. Pourtant, il n'y a rien qui débloque, puisque le gouvernement fédéral se chicane avec le gouvernement du Québec pour déterminer qui devra mettre son drapeau et son logo sur le projet.
Selon nous, au NPD, il est temps que l'on pose de vrais gestes afin que les gens puissent se loger à un coût abordable. Les libéraux doivent arrêter de se chicaner avec le gouvernement du Québec et lui transférer les fonds. Ainsi, on pourra mettre en marche le programme AccèsLogis, qui permettra de réaliser des projets qui aideront réellement les gens. Je n'en peux plus des chicanes entre Ottawa et Québec aux dépens des familles, des individus et des travailleurs les plus pauvres de ma circonscription et de partout au Québec. Le budget sera bientôt déposé, alors il est temps de débloquer de l'argent. Cela presse, nous en avons besoin.
Ensuite, je ne sais pas où était le député de Winnipeg-Nord au cours des 25 dernières années. Il dit qu'on parle de l'assurance-médicaments depuis quatre ans, mais je lui rappelle que c'était dans le programme de son parti en 1997. Cela faisait aussi partie des discussions lorsqu'on a instauré l'assurance-maladie au pays dans les années 1960. C'était un petit rappel pour mon collègue de Winnipeg-Nord. Les libéraux parlent encore de l'assurance-médicaments, mais il faudra voir s'il y aura plus que des consultations et des rapports. Vont-ils réellement mettre quelque chose sur pied?
Nous sommes le seul pays au monde qui a un régime d'assurance-maladie public et universel sans avoir de régime d'assurance-médicaments public et universel pour le compléter. C'est une anomalie. Cela fait en sorte que les Canadiens et les Québécois font partie de ceux qui paient très cher pour leurs médicaments. Cela pose un peu moins de problèmes au Québec, puisque nous avons un régime hybride géré par le gouvernement québécois. Cependant, cela pose énormément de problèmes à beaucoup de gens qui doivent parfois faire des choix déchirants comme celui de manger ou de payer leurs médicaments. Cela entraîne la progression de maladies, des retours au travail précipités, d'autres problèmes de santé et des coûts pour le système de santé, puisque des gens ne prennent pas tous les médicaments qu'ils devraient prendre ou les prennent partiellement.
Au NPD, nous sommes d'avis qu'il est plus que temps que la Loi canadienne sur la santé contienne un principe énonçant l'importance d'avoir une assurance-médicaments complète, gratuite et universelle et disant que cela fait partie des valeurs de notre société, puisqu'on veut prendre soin des gens. En ce moment, ce n'est pas le cas, et il y a des gens qui en souffrent. Cette question est une priorité du NPD.
Au Québec, cela est également demandé par plusieurs groupes importants qui voient la différence que cela pourrait faire dans la vie des gens. Les trois grandes centrales syndicales au Québec, la FTQ, la CSN et la CSQ, le demandent, mais également plusieurs groupes de la société civile, notamment l'Union des consommateurs du Québec. Ils disent que cela ferait une différence dans la vie des gens si on avait comme principe d'avoir une assurance-médicaments publique et universelle, évidemment gérée par les provinces et le gouvernement du Québec.
L'année dernière, j'ai rencontré des gens directement touchés par l'absence d'un tel principe ou d'un tel programme fédéral, par exemple des travailleurs et des travailleuses qui travaillent dans le commerce de détail, des gens syndiqués qui travaillent chez Métro, Provigo ou Loblaws. Ils travaillent à temps partiel pour un salaire très modeste et sont obligés de cotiser à l'assurance-médicaments de leur employeur. Sous le régime québécois, cette assurance complémentaire n'est pas facultative, elle est obligatoire. On ne peut pas faire le choix d'opter pour le régime public, on est obligés de cotiser au régime privé. Pour beaucoup de travailleurs, cela représente un coût allant parfois jusqu'à 25 % de leur salaire.
J'ai rencontré un jeune travailleur d'environ 25 ans qui me disait que, pour chaque mois travaillé, sa première semaine de salaire ne sert qu'à payer l'assurance-médicaments auprès de son employeur. Une assurance-médicaments publique et universelle changerait la vie d'une telle personne de manière considérable. Cela simplifierait les négociations collectives pour plusieurs groupes. Pour lui, cela voudrait dire une augmentation concrète de salaire de 25 %. Ce n'est pas rien. Non seulement les médicaments de ce travailleur seraient couverts, mais la paie qu'il rapporte à la maison serait également beaucoup plus avantageuse pour lui.
Pour toutes ces raisons, nous disons au gouvernement libéral qu'il est temps de passer à l'action. Le rapport Hoskins nous apprenait, il y a quelques mois, que cela est une bonne chose, que cela a été étudié en profondeur et que notre société en a besoin. Nous, au NPD, disons qu'il est temps d'aller de l'avant et de prendre cela au sérieux, et nous serons là pour appuyer le gouvernement s'il fait quelque chose de public et d'universel.
L'autre chose que nous aurions aimé voir dans ce discours du Trône est une couverture pour les soins dentaires. Cela représenterait une autre manière concrète d'aider les gens dans leur vie.
Nous avons un régime d'assurance-maladie fort apprécié — une création néo-démocrate, par ailleurs — mais partiel, car certaines parties du corps ne sont pas couvertes. C'est un peu bizarre. C'est comme si nous avions décidé collectivement que notre cœur et nos bras étaient assurés, mais que nos yeux et nos dents ne l'étaient pas. Aucune logique ne justifie cela. Le fait de devoir payer le dentiste pour se faire soigner et avoir une bonne hygiène dentaire entraîne aussi des coûts considérables pour plusieurs personnes.
Une couverture pour les soins dentaires ferait toute une différence dans la vie des gens, pour un coût à peu près équivalent à la baisse d'impôt que le gouvernement libéral a annoncée — une baisse d'impôt dont vont profiter, une fois de plus, les plus fortunés et les plus riches de notre société.
Si on avait pris cet argent qui représente un peu moins de 1 milliard de dollars, soit environ 800 ou 850 millions de dollars, on aurait pu offrir des soins dentaires à l'ensemble des Québécois et des Canadiens. Ce sont des choix que nous, les néo-démocrates, ferions différemment du gouvernement libéral.
Nous espérons que le gouvernement va être capable de mettre en place une assurance-médicaments et des soins dentaires publics. Nous espérons également que le gouvernement va bonifier la contribution fédérale pour les soins à la petite enfance. Au Québec, il manque 42 000 places dans les CPE, dans les garderies publiques. Nous espérons qu'il y aura de la bonne volonté de la part du gouvernement fédéral pour donner un coup de pouce au régime québécois des CPE, pour que les familles soient capables d'inscrire leurs enfants dans des garderies à faible coût.
Il ne me reste qu'une minute, et cela est trop peu pour parler de l'urgence climatique et du fait que le gouvernement actuel dit une chose et fait son contraire, encore une fois. Nous, au NPD, déplorons l'autorisation de l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain. En effet, cela va complètement à l'encontre des engagements du gouvernement fédéral envers la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre.
Nous avons bien hâte de voir la réaction du gouvernement face au nouveau projet de sables bitumineux Frontier. J'espère que le gouvernement, s'il est sérieux dans le fait d'avoir des cibles plus ambitieuses pour 2030, va prendre des mesures cohérentes et logiques relativement à cet objectif demandé par l'ensemble de la population, notamment par la jeunesse.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Voir le profil de Kevin Lamoureux
2020-01-27 12:16 [p.437]
Madame la Présidente, je salue la passion avec laquelle le député parle de l'assurance-médicaments. Ce programme retient beaucoup l'attention depuis quatre ou cinq ans et inspire de vives discussions. Les néo-démocrates l'appuient fortement. Le caucus du gouvernement l'appuie aussi fortement depuis quelques années. Nous avons posé quelques gestes à titre de gouvernement. Nous avons investi des sommes considérables, des centaines de millions de dollars, en fait, pour faire avancer cette idée. Un comité permanent a étudié ce dossier et a formulé des recommandations. Un conseil consultatif s'est aussi penché sur la question. Nous allons de l'avant.
J'entends souvent des gens dire que certains néo-démocrates ressemblent par moments à des libéraux pressés. C'est possible, en fait. Le député convient-il qu'une majorité de députés appuient l'idée d'un programme national d'assurance-médicaments, sous une forme ou sous une autre? En convient-il?
Voir le profil de Alexandre Boulerice
NPD (QC)
Madame la Présidente, j'aimerais voir de l'action. J'aimerais que l'on aide concrètement les gens. Je demande au gouvernement libéral de taxer les géants du web, d'augmenter les impôts des banques et de s'attaquer aux paradis fiscaux, ce qui permettra d'avoir de l'argent pour s'occuper du monde.
Voir le profil de John Brassard
PCC (ON)
Voir le profil de John Brassard
2020-01-27 12:18 [p.437]
Madame la Présidente, le député a soulevé de nombreuses questions à propos de l'assurance-médicaments et du plan des libéraux. Ma question est simple: croit-il vraiment que les libéraux réussiront à mettre en oeuvre un régime d'assurance-médicaments?
Voir le profil de Alexandre Boulerice
NPD (QC)
Madame la Présidente, c'est une question simple, mais la réponse peut être complexe.
Nous sommes en situation de gouvernement minoritaire. Dans le passé, nous avons été déçus par les libéraux, qui rompaient leurs promesses à répétition. Nous connaissons ce film, nous y avons déjà joué, tout le monde le sait. Cette fois-ci, avec la bonne foi de tout le monde, j'espère que nous allons effectivement être capables d'aller de l'avant.
Voir le profil de Elizabeth May
PV (BC)
Voir le profil de Elizabeth May
2020-01-27 12:18 [p.437]
Madame la Présidente, je vais poser une question à mon collègue de Rosemont—La Petite-Patrie.
Je m'interroge sur la cohérence de la position du NPD en lien avec les changements climatiques, particulièrement dans le contexte actuel du peuple Wet'suwet'en, des activités de fracturation hydraulique en Colombie-Britannique et de son programme de gaz naturel liquéfié. Selon moi, le gouvernement néodémocrate de la Colombie-Britannique est vraiment en faveur d'un projet qui nuit au climat et qui va à l'encontre des intérêts des peuples autochtones.
Je me demande quelle est la position du Nouveau Parti démocratique fédéral.
Voir le profil de Alexandre Boulerice
NPD (QC)
Madame la Présidente, je remercie ma collègue de sa question fort pertinente.
Lors de la dernière législature, le NPD a déposé un projet de loi — qui a été adopté par cette Chambre — pour assurer l'harmonie de l'ensemble des lois fédérales avec la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Cette initiative du NPD fédéral s'inscrit donc de façon tout à fait cohérente dans cet objectif.
Le chef du NPD a souvent dit que l'avenir du développement économique ne passait pas par la fracturation hydraulique. Selon nous, chaque projet doit être évalué pour voir s'il cadre avec un plan concret de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Dans ce cas précis, le gouvernement de la Colombie-Britannique a évalué que cela était faisable.
Nous constatons dans tous les rapports d'Environnement et Changement climatique Canada que le gouvernement fédéral va rater les cibles que les conservateurs avaient fixées pour 2030. Dans un tel contexte, il serait impossible d'envisager de nouveaux projets au plan fédéral puisqu'on est déjà en train de rater les cibles des conservateurs.
Voir le profil de Brian Masse
NPD (ON)
Voir le profil de Brian Masse
2020-01-27 12:20 [p.437]
Madame la Présidente, un régime d'assurance-médicaments universel peut, entre autres choses, être bon pour notre économie. Avec le peu de temps qu'il reste au député, j'aimerais qu'il nous dise comment, en aidant les travailleurs et l'emploi, un tel régime permettrait d'accroître les investissements au Canada. Au lieu que les employeurs reçoivent de grosses subventions qui aboutissent dans les poches de leurs actionnaires, ne serait-il pas préférable que ces sommes aillent aux employés, parce que ces employés sont des Canadiens et des Québécois?
Voir le profil de Alexandre Boulerice
NPD (QC)
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de Windsor de sa très bonne question.
Cela aiderait effectivement les travailleurs et les travailleuses. Cela ferait en sorte que leur revenu augmenterait et qu'ils dépenseraient davantage, ce qui ferait rouler l'économie locale. Cela pourrait aussi attirer des investissements. Comme on l'avait constaté à l'époque avec l'assurance-maladie, le fardeau des coûts d'une assurance-médicaments locale peut être extrêmement lourd pour les entreprises. Ce genre de programme peut également attirer des investisseurs au pays.
Voir le profil de Marie-France Lalonde
Lib. (ON)
Voir le profil de Marie-France Lalonde
2020-01-27 12:21 [p.438]
Madame la Présidente, je tiens à souligner que nous sommes réunis aujourd'hui sur les terres ancestrales de la nation algonquine. Je vais utiliser le temps dont je dispose pour mon tout premier discours pour parler, au nom du gouvernement, du discours du Trône.
C’est pour moi un honneur d'intervenir à la Chambre aujourd'hui en tant que députée de la magnifique circonscription d'Orléans.
J’aimerais souhaiter une bonne année à tous mes collègues, à la communauté d’Orléans, à la province et aux Canadiens.
Orléans représente le meilleur du Canada et ce que cela signifie d'être Canadien. C'est une communauté où les gens se soutiennent mutuellement, où les francophones, les anglophones, les francophiles et les allophones travaillent ensemble vers un objectif commun: faire de leur collectivité, de leur province et de leur pays le meilleur endroit où vivre, travailler, élever une famille et bâtir un avenir meilleur.
Orléans est mon chez-moi depuis 20 ans, et je suis fière de représenter cette circonscription à la Chambre.
C’est vraiment un grand honneur que de faire partie de cette Chambre.
Le Canada a accompli des progrès incroyables depuis 2015, et le discours du Trône a expliqué comment faire fond sur ces progrès. J'ai hâte de collaborer et de coopérer avec tous les députés pour que tout cela se concrétise.
Avant de poursuivre, j'aimerais prendre quelques instants pour remercier ma famille.
Je ne serais pas ici sans l’appui inconditionnel de ma famille.
Mon mari Alvaro et moi nous sommes rencontrés à l'âge de 18 ans, il y a plus de 30 ans. Il est toujours l'amour de ma vie. Il soutient mes idées, mes aspirations et les rêves que nous avons au fil du temps. Son soutien et son amour n'ont d'égal que son travail infatigable, et je ne saurais exprimer avec des mots toute la reconnaissance et les remerciements qu'il mérite.
Nous avons le bonheur d'avoir une fille, Monica. Je lui suis reconnaissante de son amour, de sa patience et de sa compréhension. Ma fille est une compétitrice acharnée. Je m'en suis rendu compte lorsque je suis devenue gérante de son équipe de hockey. Elle était la gardienne de but numéro un de la ligue et elle donnait le meilleur d'elle-même à chaque partie. Elle montre ce dévouement dans presque tout ce qu'elle entreprend et cela est une source d'inspiration pour moi.
Je remercie Monica de sa compréhension et de son soutien. Je ne pourrais être plus fière d'elle que je ne le suis aujourd’hui, particulièrement lorsque je vois la femme qu'elle est devenue.
Je souhaite également mentionner mes parents, Monique et Royal.
Leur amour et leur soutien depuis le début de cette extraordinaire aventure ne peuvent être passés sous silence.
Je les remercie de leur soutien indéfectible.
Je les remercie du plus profond de mon cœur. J’aimerais aussi remercier mon frère, Jean-François, sa famille, mes nombreux oncles et tantes, ainsi que mes cousins et mes cousines, qui m’ont aidée ces dernières années.
Les campagnes électorales sont un sport d'équipe et mes bénévoles loyaux et dévoués sont la meilleure équipe qu'on puisse demander, si je peux me permettre de le dire. Ils m'ont accordé leur confiance et m'ont donné de leur temps, sans jamais ménager leurs efforts. Je tiens à les remercier d'avoir cru en moi.
Je suis consciente des sacrifices que les membres de mon équipe ont faits — ceux dont je parle vont se reconnaître —, et je leur en serai éternellement reconnaissante.
Je tiens encore une fois à remercier du fond du cœur les gens d’Orléans pour la confiance qu’ils m’ont démontrée en me permettant de devenir leur voix ici, à la Chambre des communes.
Enfin, je tiens à saluer les gens d'Orléans, même ceux qui n'ont pas voté pour moi. Je suis reconnaissante de la confiance qu'ils m'ont accordée. Je serai la voix de tous les habitants de ma circonscription et je ferai de mon mieux pour gagner leur confiance au quotidien.
J’aimerais donc profiter de cette occasion qui m’est donnée aujourd’hui dans cette Chambre pour parler un peu de moi et de ma communauté, que j’ai l’honneur de représenter ici, et auparavant à Queen's Park, depuis le mois de juin 2014.
J'aimerais profiter de l'occasion pour en dire un peu à mon sujet et, surtout, au sujet des gens que je représente.
En tant que femme d'affaires avec de l'expérience en travail social, je comprends l'importance d'investir dans les services publics sur lesquels comptent les Canadiens. J'ai commencé ma carrière en tant que travailleuse sociale pour la Société d'aide à l'enfance, puis j'ai travaillé pour le CHEO, le Centre hospitalier pour enfants de l'Est de l'Ontario, parce que je cherchais à aider les gens. J'aimais travailler auprès des jeunes, mais c'est à l'Hôpital d'Ottawa que j'ai découvert ma réelle passion, lorsque j'ai commencé à aider les personnes âgées à faire la transition vers des établissements de soins de longue durée et des maisons de retraite.
J'ai constaté un énorme manque dans les services offerts aux personnes âgées. Comme il n'y avait pas d'établissement de soins de longue durée dans le coin, je devais éloigner les personnes âgées de leur famille pour qu'elles puissent recevoir les soins dont elles avaient besoin. C'est à ce moment-là que j'ai réalisé le rôle bénéfique que le gouvernement peut jouer et qu'il a en fait l'obligation de jouer. Il doit aider les gens au moment et à l'endroit où ils en ont le plus besoin.
Après avoir trouvé ma vocation dans le secteur des services aux retraités, j'ai décidé de faire un grand saut. J'ai fait construire le Manoir Portobello, Portobello Manor, une résidence pour personnes âgées, et j'en ai assumé la direction. J'ai travaillé dur, mais cela en a valu la peine. Encore à ce jour, le Manoir héberge des personnes âgées à Orléans.
J'ai consacré la majeure partie de ma carrière au service des personnes les plus vulnérables: les jeunes et les personnes âgées. Je suis consciente des répercussions que le gouvernement peut avoir sur leur vie. J'ai décidé de me lancer en politique pour m'assurer que ces répercussions sont positives. Je suis prête à me retrousser les manches et à me mettre au travail. Je suis ici pour représenter notre collectivité et, surtout, pour écouter ce que les gens ont à dire.
Je suis ici aujourd’hui pour dire avec humilité que je suis prête à écouter et à agir dans l’intérêt supérieur des citoyens et des citoyennes d’Orléans.
Au cours des dernières années, Orléans a connu d'énormes changements. À l'époque, cette circonscription était majoritairement rurale. Aujourd'hui, c'est une région urbaine dynamique puisque, tout comme moi, de plus en plus de familles choisissent de s'installer à Orléans.
Il y a une communauté francophone robuste, dynamique et grandissante dans ma région. Cette circonscription, où 36 % des gens ont le français comme langue maternelle, abrite la plus importante communauté francophone à Ottawa et est l'une de celles qui comptent le plus grand nombre d'habitants francophones en Ontario.
Je suis extrêmement fière de mes racines franco-ontariennes. Je suis née à l’Hôpital Montfort, et c’est avec beaucoup d’humilité que je représenterai encore une fois cette communauté en tant que députée fédérale.
En plus d'être bilingue, Orléans est chanceuse de posséder une riche communauté multiculturelle. Les Canadiens connaissent la valeur de la diversité. Pour reprendre les mots du premier ministre: « Nous sommes forts non pas en dépit de nos différences, mais grâce à celles-ci. »
Orléans a tant à offrir et est, à bien des égards, un endroit où il fait bon vivre grâce au bilan du gouvernement libéral précédent. Au cours des quatre dernières années seulement, le gouvernement s'est porté à la défense des Franco-Ontariens et a appuyé les collectivités francophones avec un investissement historique de 2,7 milliards de dollars dans l'éducation, les infrastructures, l'enseignement à la maternelle et d'autres secteurs clés.
Pas plus tard que mercredi dernier, j'étais ravie de me tenir aux côtés de mon amie, l'honorable ministre des Langues officielles, alors qu'elle annonçait le financement de la toute première université francophone de l'Ontario, ce qui permettra à des milliers d'étudiants de poursuivre leurs études dans la langue officielle de leur choix, soit en français.
En collaboration avec ses partenaires, le gouvernement a aussi entamé le travail essentiel visant à améliorer le système de paie Phénix pour que les fonctionnaires soient payés adéquatement pour leur travail important. Les arriérés ont été réduits à environ 200 000 transactions depuis le début de l’année 2018. Nous avons aussi remis 1,5 milliard de dollars en paiements rétroactifs aux employés.
C’est une force de travail omniprésente à Orléans. De plus, le modèle des équipes mixtes de paie, qui a connu un succès considérable sur le plan de la réduction des arriérés, a été appliqué aux 46 organisations desservies par le centre de paie.
Le gouvernement a aussi multiplié les efforts pour assurer l'entretien des parcs, des routes, des immeubles et des ponts ici même, à Ottawa, en versant plus de 55 millions de dollars à la Commission de la capitale nationale en plus d'investir 1,15 milliard de dollars dans la deuxième phase du projet de train léger sur rail de la ville, dont le réseau se rendra bientôt jusqu'au chemin Trim dans ma région. Cette somme vise à faciliter les déplacements dans la ville, à retirer des voitures de la circulation et à assainir l'air que nous respirons.
Ce sont des réalisations dont je suis fière, mais je suis aussi consciente du travail qui reste à accomplir.
C'est là un bilan dont je suis fière, mais je sais qu'il reste encore beaucoup à faire. Les gens de ma collectivité s'attendent à ce que nous travaillions ensemble pour trouver des solutions aux défis que nous partageons.
J'ai frappé à la porte de milliers de personnes dans ma circonscription pendant la campagne électorale. Je ne doute pas que bon nombre de mes collègues en ont fait autant. J'ai parlé à de jeunes familles de travailleurs, qui ont toujours de la difficulté à joindre les deux bouts. Je leur ai dit que le gouvernement avait un plan pour leur faciliter un peu la tâche: bonifier l'Allocation canadienne pour enfants de 15 %.
Un grand nombre de propriétaires d'entreprise m'ont dit qu'il n'était pas simple de trouver des travailleurs qualifiés. C'est avec fierté que je leur ai parlé de notre plan pour encourager les jeunes à choisir l'apprentissage de métiers spécialisés et la formation en entreprise.
En tant que députée d'Orléans, je vais me battre pour ma collectivité et pour faire valoir leurs objectifs et leurs aspirations. Par exemple, le Mouvement d’implication francophone d’Orléans, ou MIFO, cherche à obtenir du financement pour un nouvel établissement. Le MIFO, c'est plus qu'un centre communautaire. C'est aussi une école de musique, un camp de jour, un centre préscolaire et une galerie d'art. Cet organisme, qui emploie plus de 350 personnes, offre des services à l'enfance et aux jeunes ainsi qu'un milieu de vie active pour les personnes de 50 ans et plus. Comme l'organisme a connu une croissance de 182 % dans les 10 dernières années, son immeuble et ses installations actuels ne sont plus adaptés à ses besoins. Par conséquent, l'obtention d'un financement fédéral pour développer cette institution vitale fait partie de mes plus grandes priorités.
Dans le cadre de mes anciennes fonctions, j'étais particulièrement bien placée pour comprendre qu'il nous faut un meilleur régime de pension. J'ai été témoin des difficultés financières concrètes auxquelles les aînés doivent faire face. La population est vieillissante, et les gens qui ont bâti notre société méritent de prendre leur retraite et de vivre dans la dignité. Lorsque je faisais du porte-à-porte, des résidants de ma collectivité m'ont fait part de leurs préoccupations au sujet de leur retraite. J'étais heureuse de leur dire que le gouvernement compte présenter un projet de loi afin d'augmenter de 10 % les prestations de la Sécurité de la vieillesse et de bonifier de 25 % les prestations de survivant du Régime de pensions du Canada.
Les changements climatiques et l'environnement faisaient aussi partie des principaux thèmes de la campagne électorale. Notre collectivité est l'un des endroits où l'on compte le plus grand nombre de membres d'Écologie Ottawa.
C’est d’une importance capitale que je sois ici pour reconnaître l’impact des changements climatiques. Nous avons subi, à Orléans, des tornades et des inondations. Cela a des répercussions sur l’économie de notre communauté, l'économie d’Ottawa et l'économie de notre pays.
J'ai eu le plaisir de parler de notre plan en matière d'environnement et de changements climatiques. Qu'il s'agisse d'installer 5 000 bornes de recharge ou de planter deux milliards d'arbres dans les 10 prochaines années, les résidants d'Orléans s'attendent à ce que j'appuie de telles initiatives à la Chambre.
Je ne siège pas à la Chambre depuis très longtemps, mais j'ai été inspirée par l'engagement, la compassion et le talent de mes collègues des deux côtés de cette enceinte. Nous devons tous nous conformer à des normes plus exigeantes, agir avec dignité et travailler en vue d'améliorer la vie de l'ensemble des Canadiens.
Faisons passer les données probantes avant l'idéologie, et le partenariat avant la partisanerie. Nous pouvons trouver un terrain d'entente. Nous pouvons favoriser la création d'emplois et mettre en place des conditions propices aux entreprises. Nous pouvons protéger l'environnement et contribuer à bâtir un avenir meilleur pour tous les Canadiens.
Avec le recul des cinq dernières années et depuis ma récente élection comme députée fédérale, je sais que les gens de ma communauté d'Orléans s'attendent à ce que je sois une voix forte qui va répondre à leurs inquiétudes, tant locales qu'internationales.
Je suis fière de soutenir ce discours du Trône, et je pense que le vote aura lieu dès aujourd'hui. Je suis fière d'appuyer un gouvernement et un premier ministre qui ont un plan pour contribuer à l'édification du Canada.
Voici mes derniers mots pour aujourd'hui. C'est vraiment avec une grande sagesse et une grande fierté que j'appuie non seulement le discours du Trône, mais aussi un gouvernement et un premier ministre qui offrent un plan positif pour continuer à bâtir un Canada fort et prospère.
Je consacrerai mes efforts à améliorer les infrastructures de la communauté d'Orléans au moyen de projets très ciblés. De plus, j'aimerais vraiment explorer des pistes de solution et continuer de bâtir un plan concret de lutte contre les changements climatiques et en faveur de l'environnement. Dans le milieu des affaires, on sait les défis que les employeurs ont à relever. En tant qu'ancienne femme d'affaires, je peux comprendre les employeurs de ma communauté.
Pour nos enfants, nos petits-enfants et les grands-parents, nous devons ensemble travailler fort pour faire avancer et prospérer le Canada.
Je tiens à remercier tout le monde de m'avoir écouté pendant 20 minutes lors de ma première intervention à la Chambre. J'en suis honorée.
On me fait signe qu'il me reste du temps. Je vais donc continuer de parler, car a-t-on déjà vu un politicien refuser deux minutes supplémentaires?
J'aimerais parler de certains défis. Parfois, nous oublions ce que nous avons tous en commun ici.
Chacun d'entre nous a été élu pour représenter sa communauté, et nous sommes fiers de venir ici pour partager nos réflexions. Lorsque je repense au discours du Trône, j'aimerais croire que la plupart d'entre nous, à la Chambre, pouvons affirmer avec conviction que nos communautés recherchent la même chose. Pour cette nouvelle législature, le peuple canadien nous a donné à tous le mandat de faire avancer les dossiers qui comptent pour lui, même si nous sommes dans une situation de gouvernement minoritaire.
Il va y avoir des débats, c'est sûr. Cependant, j'espère que nous serons toujours respectueux les uns envers les autres.
Un aspect qui m'importe est de trouver les éléments qui nous unissent.
J'aime croire que, tous ensemble — le Parti conservateur, le Bloc québécois, le NPD, le Parti vert, la députée indépendante et la grande famille de nos amis libéraux —, nous pourrons montrer aux Canadiens que nous sommes capables de faire avancer les choses qui comptent pour eux.
Voir le profil de John Brassard
PCC (ON)
Voir le profil de John Brassard
2020-01-27 12:41 [p.441]
Madame la Présidente, au cours de la dernière législature, les libéraux ont souvent parlé de décisions fondées sur des données probantes. Toutefois, ils sont d'accord pour prendre de telles décisions uniquement lorsque cela cadre avec leur idéologie.
Les gens de Barrie—Innisfil m'ont élu au Parlement parce qu'ils étaient assez inquiets. Je sais que la députée d'Orléans vient du gouvernement provincial de l'Ontario, où elle a vu, pendant cinq ans, du gaspillage, un endettement irresponsable et une suite sans fin de déficits. En effet, en Ontario, la dette s'élève à 350 milliards de dollars. C'est 40 millions de dollars de plus par jour que ce que nous dépensions et cela représente des milliards de dollars de déficits.
La députée peut-elle dire en toute franchise, après avoir vécu cette situation en Ontario, qu'elle est fière de la dette de 800 milliards de dollars que nous avons maintenant et des déficits croissants qui se succèdent, dont le déficit actuel de 27 milliards de dollars? Comment cela peut-il durer?
Voir le profil de Marie-France Lalonde
Lib. (ON)
Voir le profil de Marie-France Lalonde
2020-01-27 12:42 [p.441]
Madame la Présidente, regardons les données, justement, comme le mentionne le député de Barrie—Innisfil. Les chiffres ne mentent jamais. Au cours des quatre dernières années, le gouvernement libéral a créé plus d'un million d'emplois.
Parlons un peu de l'économie du pays. Nous avons atteint le plus faible taux de chômage en 40 ans. Quand j'ai rendu visite aux habitants de ma circonscription, tous m'ont dit qu'il fallait continuer d'investir. À mes yeux, il s'agit d'investissements. Je viens du milieu des affaires, alors je sais qu'il faut parfois dépenser de l'argent pour améliorer la vie des gens. C'est ce que nous faisons.
Parlons du bilan des libéraux de l'Ontario en ce qui concerne le plafonnement et l'échange. Je trouve malheureux que le gouvernement Ford ait éliminé cette mesure, privant ainsi la province de 1,9 milliard de dollars en revenus. Je suis fière d'être une députée fédérale libérale et d'ainsi contribuer à poursuivre les progrès réalisés jusqu'ici grâce à des mesures judicieuses.
Voir le profil de Alexis Brunelle-Duceppe
BQ (QC)
Madame la Présidente, je remercie mon honorable collègue de l’autre côté de la Chambre de son très beau discours.
Elle nous demande pour qui nous avons été élus. Chaque matin, quand je me lève, je vois sur ma table de chevet le petit mot où il est écrit « pour qui tu travailles ». C'est vrai. Moi, je travaille pour les gens de Lac-Saint-Jean, où l’industrie de l’aluminium est très importante. Chaque fois qu’on aborde le dossier de l’aluminium à la Chambre, depuis le début de la 43e législature, je me rends compte que les libéraux ne comprennent visiblement pas l’entente qu’ils ont signée. Ce n’est pas l’aluminium provenant de l’Amérique du Nord qui est protégé, ce sont plutôt les pièces fabriquées en aluminium. Cela va permettre au Mexique d’importer de Chine l’aluminium le plus sale au monde, de fabriquer des pièces et d’inonder ainsi le marché américain.
Maintenant que je le lui ai expliqué, est-ce que ma collègue comprend mieux le dossier de l’aluminium?
Voir le profil de Marie-France Lalonde
Lib. (ON)
Voir le profil de Marie-France Lalonde
2020-01-27 12:45 [p.441]
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de Lac-Saint-Jean.
C’est une circonscription que j’ai visitée il y a plusieurs années. Je dis toujours un grand merci aux gens du Lac-Saint-Jean. Je suis fière de voir que vous les représentez ici.
Oui, sans doute, l’aluminium...
Voir le profil de Carol Hughes
NPD (ON)
Je rappellerais à l’honorable députée qu’elle doit s’adresser à la présidence et non directement au député.
La parole est à l’honorable députée d’Orléans.
Voir le profil de Marie-France Lalonde
Lib. (ON)
Voir le profil de Marie-France Lalonde
2020-01-27 12:45 [p.441]
Je vous présente mes excuses, madame la Présidente.
J’aimerais souligner à mon honorable collègue que, dans les négociations des dernières années, nous avons pris une position forte comme gouvernement dans le fait d’apporter quelque chose qui n’existait pas dans le nouvel ALENA. En ce qui a trait à l’aluminium, auparavant, il n’y avait aucun pourcentage minimum. Maintenant, il y a un taux de 70 % inscrit dans cet accord. C’est une bonne chose pour les gens de l’aluminium.
Je sais que cela est toujours une source d’anxiété, mais je crois que si mon collègue parle aux gens responsables dans ce domaine, il verra que cette décision est importante pour les gens du Québec et de Lac-Saint-Jean.
Voir le profil de Alexandre Boulerice
NPD (QC)
Madame la Présidente, je remercie ma collègue d’Orléans de son discours, du ton de son discours et des gestes d’ouverture qu’elle a posés.
Au NPD, nous aimerions par contre des engagements fermes et des actions concrètes. Il y a urgence climatique et la jeunesse nous demande de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Nous sommes en train de rater nos cibles pour 2030. Le gouvernement libéral accepte l’expansion de Trans Mountain et considère de nouveaux projets comme le projet Frontier proposé par Teck Resources ltée.
Peut-elle s’engager à mettre fin aux subventions aux compagnies pétrolières et à ne pas envisager tout nouveau projet gazier et pétrolier tant que nous ne serons pas en voie de réduire nos émissions de gaz à effet de serre?
Voir le profil de Marie-France Lalonde
Lib. (ON)
Voir le profil de Marie-France Lalonde
2020-01-27 12:46 [p.441]
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question. Je suis très fière que nous ayons établi un prix sur le carbone. C’était une mesure importante pour atteindre notre cible de zéro émission nette à laquelle nous nous sommes engagés d’ici 2050. Notre plan d’action est bien conçu pour l’atteinte de cette cible. De plus — j’espère que mon collègue va y faire référence —, dans notre promesse électorale, nous nous sommes engagés à planter 2 milliards d’arbres. Cela va nous aider à atteindre nos cibles importantes.
Je comprends très bien, comme je l’ai dit dans mon discours, l’importance des changements climatiques, parce que c’est quelque chose que j’ai entendu en faisant le porte-à-porte. Mon rôle ici est donc de continuer ce que nous faisons et de l’améliorer.
Voir le profil de Darrell Samson
Lib. (NS)
Madame la Présidente, je veux remercier ma collègue de son discours très intéressant. J’en ai beaucoup appris sur sa région, que je ne connaissais pas tellement bien. Elle m’a beaucoup impressionnée par ses connaissances sur plusieurs sujets dont nous avons discuté aujourd’hui.
J’aimerais que la députée parle un peu des investissements de notre gouvernement. Nous avons fait des investissements majeurs en infrastructure partout au pays, d’est en ouest. Ces nombreux investissements ont aidé à créer des emplois. La députée a bien souligné que plus de 1 million d’emplois ont été créés. Elle a également souligné que nous avons le taux de chômage le plus bas en 40 ans. Ce sont des choses très intéressantes et très importantes que les conservateurs oublient souvent de mentionner.
La députée peut-elle expliquer comment les investissements en infrastructure ont pu aider la province de l’Ontario, et sa circonscription en particulier?
Voir le profil de Marie-France Lalonde
Lib. (ON)
Voir le profil de Marie-France Lalonde
2020-01-27 12:49 [p.442]
Cher collègue, je vous remercie beaucoup de cette question. Cela me donne l’occasion de parler...
Voir le profil de Carol Hughes
NPD (ON)
Il faut adresser la parole à la présidence et non directement aux députés.
L'honorable députée d'Orléans a la parole.
Voir le profil de Marie-France Lalonde
Lib. (ON)
Voir le profil de Marie-France Lalonde
2020-01-27 12:49 [p.442]
Madame la Présidente, cela me fait bien plaisir de parler de ce sujet, qui est très important.
Lorsqu’on parle de ce dont les Canadiens ont besoin, chaque communauté mentionne le déficit en matière d’infrastructure. J’étais fière, en voyant notre plateforme et ce qui a été fait durant les dernières années, de constater que 182 milliards de dollars sont investis en infrastructure sur une période de 12 ans. Ma communauté et la région d’Ottawa en ont bénéficié. Je peux parler d’Orléans. Par exemple, il y a la phase 2 du train léger, qui se rend maintenant au chemin Trim.  C’est le gouvernement libéral qui a octroyé 50 % du financement du prolongement du train léger de la Place d’Orléans jusqu’au chemin Trim.
On peut parler aussi des routes. Je suis fière de dire que nous avons doublé la taxe pour les municipalités. C’est une chose qui, malheureusement, n’a pas été appuyée en Ontario. Je ne connais pas encore toutes les provinces. Je peux parler plus particulièrement de l’Ontario, et peut-être du Québec, et suis fière. Je suis vraiment fière de voir que notre gouvernement soutient les provinces, si elles veulent être à la table, les municipalités et les gens du Canada, grâce à cet investissement tellement nécessaire. On parle d’écoles et d’aide aux jeunes enfants. Nous faisons beaucoup d’investissements et j’en suis certainement fière.
Voir le profil de Jacques Gourde
PCC (QC)
Voir le profil de Jacques Gourde
2020-01-27 12:51 [p.442]
Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec le député de Cypress Hills—Grasslands.
Je suis heureux de prendre part au débat sur le discours du Trône, au début de la 43e législature.
Dans un premier temps, je tiens à remercier la population de Lévis—Lotbinière de la confiance qu'elle m'a accordée. Je la représente à la Chambre des communes pour un cinquième mandat. C'est un grand privilège de servir une population aussi dynamique et visionnaire que celle dont nous faisons tous fièrement partie dans Lévis—Lotbinière.
C'est avec passion et engagement que mon équipe et moi-même travaillerons sans relâche dans la circonscription lors de la 43e législature, afin d'offrir un service personnalisé et attentif à chaque citoyen requérant notre assistance et afin de poser des gestes concrets pour répondre à leurs besoins. Je tiens à remercier mon épouse, Chantale, ma famille et tous les bénévoles qui ont fièrement participé de près ou de loin à l'exercice démocratique qu'est l'élection fédérale.
Aujourd'hui, je débats du discours du Trône à la Chambre. Sans grande surprise, il s'agit d'un discours aux valeurs libérales d'un gouvernement minoritaire qui marche sur des œufs et qui nécessite d'être scrupuleusement surveillé en tout temps. On l'a deviné: je parle du scandale entourant SNC-Lavalin. Comme je le disais à la Chambre le vendredi 6 décembre dernier, le gouvernement libéral, fidèle à lui-même, met des bâtons dans les roues des enquêteurs de la GRC.
Certes, on voit que le gouvernement a une main tendue un peu à droite, mais qu'il penche beaucoup plus à gauche sans grande conviction profonde. Ce qui fait le plus mal, c'est surtout de voir un gouvernement libéral qui manque encore sérieusement de vision pour maintenir et stimuler l'économie canadienne.
Le secteur de l'énergie canadien semble ne plus exister dans le discours du Trône. On en fait seulement une petite mention, ce qui ne reflète pas toute l'importance que l'on doit accorder à ce secteur capital de l'économie canadienne, moteur incontestable de notre richesse collective.
À la fin novembre, nous avons vécu une grève au CN qui nous rappelle la précarité de l'approvisionnement de certaines énergies comme le propane, surtout au Québec. Les agriculteurs de ma région ont appris brusquement que leur approvisionnement en propane serait interrompu pendant la grève du CN pour cause de rationnement pour les services essentiels, laissant ainsi le secteur économique de l'agriculture sans source de chauffage pour les animaux et le séchage du grain pendant la saison de la récolte.
Des retards dans la récolte et le séchage du grain occasionnent des pertes irréversibles pour les agriculteurs, sans grande compensation. À la suite de ces événements, la question qui se pose dans la population est la suivante: sommes-nous bien protégés des perturbations du transport de nos ressources énergétiques et des incidences sur la vie des Canadiens et sur tout le secteur énergétique? L'événement récent entourant la livraison du propane nous démontre à quel point nous sommes vulnérables au quasi-monopole du transport. Nous ne sommes pas à l'abri des conséquences catastrophiques qu'aurait une pénurie potentielle dans le futur.
En tant que parlementaires, nous avons le devoir de nous pencher sur l'aspect de la sécurité énergétique au pays. Il est impératif de travailler avec des experts du milieu afin d'éviter des pénuries d'énergie et de rassurer la population quant à l'approvisionnement régulier des sources d'énergie utilisées dans notre pays. Le Canada est un pays riche en ressources naturelles, que ce soit le pétrole brut et le gaz naturel de l'Ouest et de Terre-Neuve-et-Labrador, l'hydroélectricité du Québec, du Manitoba et de la Colombie-Britannique, ou l'énergie nucléaire de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick. Tout cela, c'est sans oublier le gaz et le pétrole de schiste, le charbon, l'énergie solaire, l'énergie éolienne et la biomasse utilisés par diverses provinces et divers territoires.
Quelle chance pour un pays d'avoir toutes ces ressources! Des dizaines de pays du monde aimeraient avoir les ressources du Canada, car cela leur permettrait de sortir de la pauvreté. Cela nous amène à nous poser d'autres questions importantes. Comment sont transportées toutes ces énergies à l'intérieur du Canada, pour desservir toutes les provinces et les territoires, et à l'extérieur du Canada lors de l'exportation vers les États-Unis et d'autres pays?
Nos infrastructures sont-elles adéquates? Ces moyens de transport sont-ils sécuritaires et fiables pour un approvisionnement continu ou, comme dans le cas de la crise du gaz propane vécue récemment au Québec, sommes-nous dépendants d’un seul transporteur? Est-ce qu’un corridor énergétique tel que celui proposé par le Parti conservateur serait la solution au problème du transport de toutes ces formes d’énergie?
Pourtant, lors du discours du Trône, il n’y a eu aucune mention du mot « pétrole ». C'est comme si nous, Canadiens, avions honte que le Canada soit un pays producteur de pétrole.
Un autre mot qui n’a pas été mentionné dans le discours du Trône est le mot « pipeline ». Le discours a plutôt parlé de transport de nos ressources naturelles canadiennes vers de nouveaux marchés. Pourtant, il est bien connu que le pipeline est lemoyen le plus sûr pour transporter du pétrole, du gaz ou d’autres produits chimiques. Les députés libéraux du Québec ont-ils oublié la tragédie de Lac-Mégantic? Le 6 juillet 2013, 47 personnes ont été tuées quand un train de 72 wagons-citernes transportant 7,7 millions de litres de pétrole brut a déraillé. S’il y avait eu un pipeline dans cette partie du Québec, nous savons tous que ces gens seraient encore en vie et des nôtres aujourd’hui.
Je ne comprends tout simplement pas ce qui semble être une obsession contre les pipelines comme moyen de transport sûr et sécuritaire. Un sondage Nanos publié la première semaine de décembre 2019 confirme que la majorité des Canadiens, dans une proportion de 60 %, appuie la construction d’un nouveau pipeline. Seulement 30 % de la population s’y oppose, et ce, malgré toute la fausse information véhiculée au sujet des pipelines, plus particulièrement dans ma propre province, le Québec.
La semaine suivante, un sondage Léger révélait que les Québécois, dans une proportion de 65 %, préfèrent le pétrole provenant de l’Ouest canadien. Le même sondage confirmait que la majorité des Canadiens estime que les pipelines représentent le moyen de transport le plus sécuritaire.
Parlons maintenant de la fameuse taxe des libéraux sur le carbone. Cette taxe a déjà commencé à faire des ravages. Au début décembre, le Globe and Mail rapportait le bel exemple de fermiers de la Saskatchewan, la famille Currah. Cette dernière est prise à la gorge par la taxe du gouvernement libéral.
Comme pour bien d’autres producteurs decanola, d’avoine, d’orge et de blé au Canada, l’automne a été pluvieux pour les Currah. lls ont donc dû récolter leurs grains mouillés, ce qui veut dire que, pour les vendre, ils doivent d'abord les sécher dans des séchoirs qui fonctionnent au gaz naturel. Or, depuis quelques mois, les fermiers de la Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick doivent payer la taxe des libéraux sur le carbone pour leur consommation du gaz naturel requis pour faire marcher leurs séchoirs à grains.
Depuis le 1er janvier 2020, l’Alberta a été ajoutée à la liste des victimes de la taxe sur le carbone. La famille Currah de la Saskatchewan a dû dépenser 1 200 $ en taxe sur le carbone et prévoit que cette facture atteindra 10 000 $ une fois que tous les grains auront été séchés. Ce montant de 10 000 $ pour sécher les grains s'ajoute à tous les autres coûts de production.
Cette taxe s’attaque à nos petites et moyennes entreprises et à nos fermes, mais ce n’est pas là le pire. En 2022, pour respecter les cibles de réduction des gaz à effet de serre pour 2030, le prix de la taxe passera à 102 $ la tonne et ce montant de 10 000 $ augmentera pour atteindre 50 000 $ par année pour la famille Currah, fermiers de la Saskatchewan.
Pour terminer, je pense que tous les acteurs du secteur énergétique devraient se concerter dans le cadre d'une grande consultation nationale parrainée par le gouvernement fédéral. Nous devons avoir le courage de parler du secteur énergétique et de cesser de le passer sous silence comme l'a fait ce gouvernement libéral en évitant le sujet dans le discours du Trône. Présentement, ce sujet est malheureusement une pomme de discorde au Canada, alors qu’il devrait être rassembleur et tous nous unir d’un océan à l’autre.
J’invite donc tous les parlementaires, tous partis confondus, à lancer cette discussion avec tous les acteurs du secteur énergétique afin d’élaborer une stratégie sérieuse pour l’avenir énergétique du Canada, laquelle aura une incidence sur l'avenir économique des générations futures.
Voir le profil de Wayne Easter
Lib. (PE)
Voir le profil de Wayne Easter
2020-01-27 13:01 [p.443]
Madame la Présidente, le député a indiqué que le secteur énergétique est devenu une pomme de discorde. J'ai écouté attentivement son intervention. J'ai beaucoup d'amis en Alberta, car j'y ai travaillé pendant de nombreuses années. Je suis encore en contact avec eux. Leur version des faits diffère de celle de l'opposition conservatrice. Ce qui les inquiète, ce sont les immeubles de bureaux vacants à Calgary. Il est vrai qu'une très vive inquiétude règne en Alberta, et c'est elle qui, à mon avis, crée des dissensions et sème la division au sein du pays. J'en suis consterné parce que, comme je l'ai dit, j'ai beaucoup d'amis en Alberta.
Les campagnes de désinformation du Parti conservateur sont l'une des raisons de cette discorde. Le député qui vient de prendre la parole relaie cette propagande en affirmant que les libéraux s'opposent aux pipelines. Pourquoi le député ne fait-il pas preuve d'honnêteté envers les autres députés et les Canadiens? Le gouvernement libéral a acheté un pipeline pour acheminer le pétrole vers les marchés, et il verra à ce que ce projet se concrétise. Que mes collègues là-bas fassent preuve d'honnêteté.
Voir le profil de Jacques Gourde
PCC (QC)
Voir le profil de Jacques Gourde
2020-01-27 13:02 [p.443]
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question.
Au Canada, parler d'énergie ne devrait pas être une source de discorde. Nous devrions tous être fiers d'avoir un pays qui possède de nombreuses sources d'énergie.
En tant que parlementaires, c'est notre devoir de faire la promotion de toutes les énergies pour l'avenir économique de notre pays. Tous ensemble, nous avons le devoir de mettre en place une stratégie nationale sur la sécurité énergétique, puisqu'il est évident que la prospérité économique des générations futures dépend des décisions qui seront prises lors de la 43e législature. C'est notre devoir d'en parler, d'en faire la promotion et de trouver la façon la plus équitable d'atteindre la synergie entre les sources d'énergie du Canada.
Nous sommes un pays exportateur et producteur. C'est notre grande fierté. C'est une chance exceptionnelle d'avoir toutes ces sources d'énergie dans notre pays.
Voir le profil de Denis Trudel
BQ (QC)
Madame la Présidente, je remercie le député de Lévis—Lotbinière de son intervention.
J'aimerais simplement mentionner à l'honorable député qu'un des enjeux forts de la campagne du Bloc québécois était l'environnement. Nous avons fait élire 32 députés au Québec en parlant de réduire considérablement les gaz à effet de serre et d'empêcher la construction d'oléoducs au Québec.
Il y a présentement une pénurie de logements au Québec. Il y a 250 000 ménages qui dépensent plus de 50 % de leur revenu pour se loger. Qu'est-ce que mon collègue pense de la pénurie de logements? Soutiendra-t-il nos demandes pour que le gouvernement libéral signe enfin l'entente avec le Québec, afin de construire 15 000 logements sociaux le plus vite possible?
Voir le profil de Jacques Gourde
PCC (QC)
Voir le profil de Jacques Gourde
2020-01-27 13:05 [p.444]
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question.
Je tiens à lui rappeler que 65 % des Québécois sont d'accord avec le transport du pétrole par oléoduc et que 65 % des Québécois sont heureux de consommer le pétrole de l'Alberta. On souhaite que 100 % du pétrole consommé au Québec proviennent de l'Alberta.
J'aimerais aussi rappeler à mon collègue que, au Québec, année après année, nous consommons toujours plus de pétrole parce qu'il y a de plus en plus de véhicules. La proportion de véhicules par ménage au Québec est l'une des plus hautes en Amérique du Nord. Les Québécois aiment le pétrole parce qu'ils en ont besoin. Le transport énergétique sera donc important dans l'avenir.
Les Québécois sont aussi fiers de leur hydroélectricité. Les Québécois aimeraient être capables de vendre l'hydroélectricité en Ontario, au Manitoba et dans l'Ouest. Si nous achetions du pétrole de l'Ouest, il serait normal de leur vendre notre hydroélectricité. Ce serait si facile pour le Québec de traverser la rivière des Outaouais afin de desservir le tiers de l'Ontario avec une énergie économique.
Voir le profil de Jeremy Patzer
PCC (SK)
Madame la Présidente, c'est pour moi un honneur de prononcer aujourd'hui mon premier discours à la Chambre des communes à titre de député de Cypress Hills—Grasslands.
Je tiens d'abord à remercier les électeurs de ma circonscription de m'avoir envoyé ici avec un mandat on ne peut plus clair. Ils savent ce qu'ils veulent, et leur appui massif m'emplit d'humilité.
J'aimerais également remercier celle qui est mon épouse depuis 12 ans, Kyla, de son soutien inébranlable ainsi que de sa volonté de m'accompagner dans ce grand saut vers une carrière parlementaire. Nous avons trois merveilleux enfants, Jacoby, Jada et Kenzie, à qui je n'aurais jamais imposé non plus une telle aventure sans avoir leur entier appui.
Je suis reconnaissant envers mon équipe de campagne et les bénévoles qui ont travaillé fort et qui se sont dévoués pour que ma première campagne soit couronnée de succès. Je vis dans une circonscription de 77 000 kilomètres carrés, et ce fut un réel plaisir d'y faire campagne et de rencontrer des gens d'innombrables collectivités aux horizons aussi diversifiés.
Aujourd'hui, je prends la parole en réponse au discours du Trône qui a été prononcé par la gouverneure générale et qui énonce les priorités et le programme du gouvernement.
Après les élections du 21 octobre, lorsque les Canadiens de l'Ouest ont rejeté les libéraux en bloc entre Winnipeg et Vancouver, voici ce que le premier ministre a déclaré aux Canadiens de l'Ouest à la télévision nationale: « Je prends acte de votre frustration et je tiens à être là pour vous aider. » Évidemment, le discours du Trône aurait été une occasion en or de montrer aux Canadiens de l'Ouest qu'il avait effectivement pris acte de leur frustration. Or, le discours du Trône montre une fois de plus que le premier ministre n'est pas à l'écoute des habitants de l'Ouest. En fait, les libéraux continuent à ignorer ce que l'Ouest canadien tente de leur dire.
Je viens d'une circonscription rurale. S'il est aussi merveilleux de vivre dans un village rural, c'est notamment parce qu'il faut un certain esprit d'entreprise et une certaine détermination pour que son exploitation agricole, son ranch ou son entreprise fasse des affaires florissantes. Les secteurs de l'agriculture, de l'énergie, du tourisme et des ressources naturelles ont toujours ouvert des perspectives lorsqu'il s'agit de démarrer une nouvelle entreprise, d'innover, puis de mettre au point un produit et un modèle d'affaires. Or, quand le secteur des ressources tourne au ralenti depuis plusieurs années et que, de surcroît, le secteur de l'agriculture est en plein marasme, les entreprises et les gens qui assurent la viabilité des villages et des PME risquent de tout perdre.
Cela dit, j'aimerais attirer l'attention de mes collègues sur une phrase que l'on trouve dans le discours du Trône de l'an dernier et dans celui de 2015, soit que tous les Canadiens méritent une « chance réelle et égale » de réussir. Cependant, le gouvernement doit se rendre compte que ce sont ses propres politiques qui sont nuisibles et qui rendent la réussite des Canadiens plus difficile.
La première politique dont il a été question dans le discours du Trône, c'est la volonté du gouvernement de renchérir en qui ce qui concerne sa taxe sur le carbone. C'est le principal moyen qu'il a utilisé jusqu'ici pour tenter d'éliminer les émissions de carbone au pays. Toutefois, cette taxe nuit aux agriculteurs, aux travailleurs du secteur de l'énergie, aux aînés et à tous les autres Canadiens et, de surcroît, elle constitue une politique inefficace. Elle ne fait qu'augmenter le coût de la vie, ce qui cause du tort aux membres les plus vulnérables de la société, comme les aînés et les familles à faible revenu. Tout ce que cette taxe a fait, c'est d'alourdir le fardeau de bien des gens.
En avril prochain, le coût de la taxe sur le carbone passera de 20 à 30 $ la tonne. Le coût de la vie est donc sur le point d'augmenter encore. Comme si ce n'était pas assez, on a appris il y a quelques semaines que, dans certaines provinces, le gouvernement est en voie de diminuer le remboursement de la taxe sur le carbone auquel les familles auraient droit. Il se trouve que ces provinces sont celles qui ont refusé de mettre en place leur propre taxe sur le carbone. C'est dans la mienne, la Saskatchewan, que la réduction sera la plus importante. Lorsqu'ils ont implanté la taxe sur le carbone, les libéraux ont déclaré qu'elle n'aurait aucune incidence sur les recettes et que le remboursement de celle-ci aiderait les Canadiens à assumer des dépenses supplémentaires. Or, dans la pratique, on se rend compte que les effets de la taxe sur le carbone sont tout autres. À mesure que le coût et le taux de la taxe augmentent, le soutien destiné aux contribuables et aux familles en difficulté diminue.
La taxe sur le carbone augmente également la pression dans le secteur agricole. Dans l'Ouest du Canada, les agriculteurs ont connu une des pires années de mémoire récente. Au début de l'année, ils ont été confrontés à des conditions de sécheresse puis, à l'automne au moment de la récolte, à des niveaux d'humidité trop grands. En fait, des millions d'acres de récolte sont encore dans les champs, ensevelis sous la neige. Quant au grain emmagasiné dans les silos, la priorité consiste à l'assécher, tâche qui se fait principalement au moyen du gaz naturel. Il s'agit d'une étape essentielle en céréaliculture, mais la taxe sur le carbone, à laquelle s'ajoute la TPS — une taxe sur une taxe —, a fait grimper le prix du gaz de plusieurs centaines de dollars. Après tant de difficultés en 2019, c'est bien la dernière chose dont les agriculteurs ont besoin. Ils ont attiré l'attention sur l'extrême gravité de la situation. Je me suis réjoui de lire dans le National Post que le porte-parole du Parti vert en matière d'agriculture convient qu'il faut exempter les agriculteurs de la taxe sur le carbone. Malheureusement, personne au gouvernement ne semble écouter.
Outre la taxe sur le carbone, les politiques libérales hostiles aux secteurs de l'énergie et des affaires nuisent à l'emploi lié au développement énergétique à l'échelle du Canada. On a beaucoup entendu dire que le projet de loi anti-pipeline C-69 ferait avorter les projets énergétiques, mais il suscite également des préoccupations à l'égard du secteur minier et d'autres industries.
En 2016, le premier ministre a dit:
J’ai répété plusieurs fois qu’aucun pays dans le monde qui trouverait des milliards de barils de pétrole ne les laisserait enfouis dans le sol alors qu’il existe un marché pour eux.
Mais il ne suffit pas d’utiliser cette ressource simplement pour satisfaire nos intérêts à court terme.
Notre défi consiste à utiliser la richesse d’aujourd’hui pour créer les possibilités de demain. En bout de ligne, il s’agit de laisser à nos enfants un pays meilleur que celui que nous ont légué nos parents.
Il a raison de dire que nous devons tirer le meilleur parti des ressources énergétiques du Canada alors qu'il existe des débouchés. Pourtant, après quatre ans, on constate que les libéraux ont laissé beaucoup de pétrole enfoui dans le sol, ce qui fait que bien des gens sont encore sans travail. Au cours des quatre dernières années, les changements apportés par le gouvernement à la réglementation ont fait fuir plus de 100 milliards de dollars d'investissements, soit 4,5 % du PIB du Canada. Je me demande bien comment on peut créer les possibilités de demain avec un bilan aussi mauvais.
Je pourrais m'étendre encore longtemps sur le fait que les politiques actuelles du gouvernement n'ont aucun sens ni pour l'environnement ni pour l'économie, mais je préfère parler de ce qui a du sens et de ce qui pourrait fonctionner.
SaskPower, le service public d'électricité en Saskatchewan, a procédé juste avant Noël à la grande inauguration de la centrale électrique Chinook, au nord-ouest de Swift Current, dans ma circonscription. C'est un bon exemple d'utilisation écologique du gaz naturel dans un cycle combiné de production d'électricité. Cette centrale peut fournir plus d'électricité à quelque 300 000 foyers. Elle est 50 % plus efficace que les centrales alimentées au charbon. Si cette centrale est si importante, comme les autres centrales semblables dans la province, c'est parce que nous avons maintenant une production de base suffisante pour pouvoir investir davantage dans les énergies renouvelables, comme l'énergie éolienne et l'énergie solaire.
Sous la direction de l'ancien premier ministre Brad Wall, la Saskatchewan a créé un ambitieux plan pour réduire ses émissions. Ce plan prévoit une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % d'ici 2030 et que 50 % de l'énergie soit de l'énergie renouvelable d'ici là. C'est un plan bien plus facile à réaliser que le plan des libéraux. En créant une capacité de production de base assez grande et fiable tout en recourant à des technologies comme celle de la production à cycle combiné, la province peut maintenant concentrer ses efforts sur le développement d'énergies renouvelables. Nous sommes déjà bien présents dans les secteurs de l'énergie éolienne et de l'énergie solaire et les investissements dans ces domaines continueront d'être encouragés.
Je trouve donc inepte la décision du gouvernement de faire fi du plan de la province, qui favorise en fait la réduction des émissions de gaz et la transition vers l'énergie renouvelable, alors que la taxe sur le carbone des libéraux ne contribue qu'à la fuite hors du Canada des précieux investissements nécessaires au financement des nouvelles technologies.
Il ne faut pas non plus oublier les pratiques innovantes de culture sans labour qui ont pris de l'ampleur en Saskatchewan. Ce sont des méthodes qui permettent d'éliminer le dioxyde de carbone de l'atmosphère en en conservant une plus grande quantité dans le sol. Notre province demeure un leader mondial dans ce domaine. Voici que ce que j'ai pu lire dans un article du National Geographic concernant le caractère prometteur de cette approche:
[...] environ le quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre trouve son origine dans l'utilisation des terres et de l'agriculture — mais les agriculteurs sont particulièrement bien placés pour contribuer à résoudre le problème.
Cela rappelle ce que l'on voit en Saskatchewan. Les pratiques de culture sans labour permettent, ainsi, de séquestrer 9,46 millions de tonnes de dioxyde de carbone tous les ans. D'après Agriculture et Agroalimentaire Canada, cela équivaut à retirer deux millions de voitures de la circulation chaque année. Ça, ce sont de vrais résultats. C'est le genre de succès qu'on a quand on traite les agriculteurs et leurs moyens de subsistance avec respect. C'est un monde où l'on a déjà bien conscience qu'au nom de l'économie, il faut bien gérer les terres et protéger l'environnement. Les Canadiens qui travaillent dans les secteurs de l'agriculture et de l'énergie n'ont pas besoin qu'on leur fasse la morale à ce sujet. Ils ont besoin d'être soutenus dans l'approche équilibrée qu'ils privilégient déjà.
Je suis vraiment fier de vivre dans une circonscription qui fait partie d'un plan environnemental exhaustif, fiable et pratique comme celui mis en oeuvre en Saskatchewan. Cependant, le fait est — et c'est bien triste — que ma province et ma circonscription n'ont pas droit à la reconnaissance qu'elles méritent de la part du gouvernement actuel. À la place, on les blâme, on les néglige et on les ignore.
Le premier ministre a dit aux Canadiens de l'Ouest qu'il avait entendu leurs doléances. Si c'est vraiment le cas, il devrait envoyer la taxe sur le carbone à la trappe et arrêter de faire la vie dure au secteur de l'énergie. Pour que l'ensemble des Canadiens aient des chances réelles et équitables de réussir, le gouvernement doit écouter les provinces et les entreprises qui pâtissent des politiques bancales des libéraux. On a toujours l'impression d'entendre la même rengaine avec les libéraux, mais je tiens à dire aux Canadiens qu'ils trouveront toujours une oreille attentive de ce côté-ci de la Chambre et que nous sommes tout à fait disposés à leur donner le soutien nécessaire pour qu'ils réussissent.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Voir le profil de Kevin Lamoureux
2020-01-27 13:15 [p.446]
Madame la Présidente, je représente moi aussi une circonscription de l'Ouest, alors je peux assurer au député que le discours du Trône et les budgets des quatre dernières années regorgent d'initiatives progressistes qui ont eu ou qui auront une incidence tangible sur la vie des gens de l'Ouest et qui ont de quoi les rendre fiers. Certaines régions du pays, dont la Saskatchewan et l'Alberta, ont traversé des périodes extrêmement difficiles, il ne faudrait surtout pas l'oublier, mais tous les ordres de gouvernement ont fait de leur mieux pour leur venir en aide.
Nous sommes conscients de la situation. Le gouvernement libéral a compris qu'il faut protéger l'environnement et que la tarification du carbone a un rôle à jouer dans ce processus. Je suis d'ailleurs persuadé que la majorité des Canadiens de l'Ouest pensent la même chose. Nous devons concilier économie et environnement, et c'est précisément ce que fait le gouvernement.
J'aimerais avoir l'avis du député. Nie-t-il qu'économie et environnement vont de pair? N'y voit-il pas un principe fondamental auquel nous devrions tous adhérer?
Voir le profil de Jeremy Patzer
PCC (SK)
Madame la Présidente, la chose que je tiens à souligner en ce qui concerne l'environnement et l'économie, c'est qu'il ne faut pas se servir de l'environnement pour imposer des taxes à la population. C'est exactement ce que fait la taxe sur le carbone. Comme nous l'avons vu, cette taxe fait fuir les investisseurs.
Ce n'est pas de cette façon qu'on fait croître l'économie ou qu'on la soutient. Au contraire, c'est de cette façon qu'on l'affaiblit.
Voir le profil de Alistair MacGregor
NPD (BC)
Madame la Présidente, je suis heureux de voir qu'on parle autant de l'Ouest canadien à la Chambre aujourd'hui. De mon point de vue, depuis l'île de Vancouver, à peu près tous les députés sont des Canadiens de l'Est, mais je vais laisser ce sujet de côté.
Je crois que le député devrait éviter de prétendre qu'il parle au nom des gens de l'Ouest canadien. Au moins le tiers des habitants de l'Alberta et de la Saskatchewan n'ont pas voté pour les conservateurs, mais aucun député n'a été élu pour représenter l'importance proportionnelle de leurs votes, car le Canada utilise un système injuste, le système majoritaire uninominal à un tour. D'ailleurs, la majorité des gens en Colombie-Britannique et au Manitoba n'ont pas voté pour les conservateurs, alors je pense que le député devrait y repenser avant de faire de telles affirmations.
Ma question pour le député porte sur l'agriculture. Je voudrais qu'il parle des politiques que le Parlement pourrait adopter en vue de reconnaître le travail assidu des agriculteurs, notamment en ce qui concerne les pratiques d'agriculture régénératrice, qui permettent une plus grande séquestration de carbone dans le sol, et de la possibilité de donner aux agriculteurs, grâce aux bonnes pratiques d'utilisation des sols, l'occasion de devenir une de nos principales armes dans la lutte contre les changements climatiques.
Voir le profil de Jeremy Patzer
PCC (SK)
Madame la Présidente, pour toute politique que nous allons élaborer à l'avenir, l'une des choses que nous pouvons faire est de respecter le travail remarquable qui a déjà été accompli par les agriculteurs, les éleveurs et les personnes qui travaillent activement dans le secteur agricole. Ils ont déjà fait preuve d'innovation dans leur approche.
En fait, depuis le début des années 1900, la Saskatchewan a contribué à des centaines et des milliers de brevets différents liés au développement agricole. Nous sommes très novateurs dans la province. Les agriculteurs sont très bons. Ils ont un grand esprit d'entreprise et beaucoup de détermination. Ce serait formidable si nous pouvions travailler davantage pour obtenir des politiques à l'appui.
Voir le profil de Damien Kurek
PCC (AB)
Voir le profil de Damien Kurek
2020-01-27 13:19 [p.446]
Madame la Présidente, le député pourrait-il énumérer certaines des difficultés que présente la taxe sur le carbone pour les Canadiens ordinaires de la classe moyenne qui vivent dans les régions rurales?
Voir le profil de Jeremy Patzer
PCC (SK)
Madame la Présidente, comme je l'ai souligné dans mon discours, la plus grande difficulté en ce moment est la distance à parcourir. Ma circonscription a une superficie de 77 000 kilomètres carrés, mais elle ne compte que 67 000 habitants, dont un tiers environ habite à Swift Current. Les habitants des petites villes ont de longues distances à parcourir, car certaines n'ont pas d'épicerie. Ils doivent donc parcourir de grandes distances pour aller faire leur épicerie et acheter ce dont ils ont besoin pour vivre. La taxe sur le carbone n'aide pas leur situation et les désavantage.
Voilà pourquoi la taxe sur le carbone est une politique très inefficace alors que l'objectif est d'aider les petites villes, les petites entreprises et les Canadiens ordinaires de la classe moyenne qui travaillent fort.
Voir le profil de Elizabeth May
PV (BC)
Voir le profil de Elizabeth May
2020-01-27 13:20 [p.446]
Madame la Présidente, c'est un grand honneur de prendre la parole aujourd'hui pour la première fois de la nouvelle année et au début d'une nouvelle décennie.
J'aimerais partager mon temps de parole avec mon collègue l'honorable député de Nanaimo—Ladysmith. Je suis vraiment heureuse que tous les députés verts aient l'occasion de s'exprimer sur le discours du Trône de 2019, alors que c'est la dernière journée de débat à ce sujet. J'aimerais remercier les personnes responsables de la gestion du temps de parole au sein du Parti libéral, car ma collègue la députée de Fredericton partagera son temps de parole avec un député libéral.
Pour commencer — et ceci n'est pas une formalité —, il est vraiment important de souligner que nous nous trouvons sur le territoire non cédé du peuple algonquin.
Je tiens à souligner que nous nous trouvons actuellement sur un territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin, à qui je dis meegwetch.
C'est un honneur de prendre la parole au sujet du discours du Trône aujourd'hui. Ce discours contient nombre de promesses emballantes et de paroles inspirantes auxquelles on ne peut que souscrire. Par exemple, voici un extrait que j'aime particulièrement: « Des feux de forêt aux inondations, de la pollution des océans à l’érosion côtière, les Canadiens vivent les effets des changements climatiques tous les jours. »
Les données scientifiques sont sans équivoque, et ce, depuis des dizaines d'années. La vaste majorité des Canadiens ont voté pour que l'on prenne dès maintenant des mesures ambitieuses pour lutter contre les changements climatiques. Cela me porte à croire que je vais appuyer ce discours, mais je n'en ferai rien. Je ne le ferai pas, car, entre les beaux discours du gouvernement libéral et les gestes concrets des libéraux, il y a un fossé tellement profond qu'il donne le vertige.
Pour expliquer ma position actuelle, je vais citer le discours du Trône de 2015, que j'ai appuyé. Il contenait une promesse que j'aimais particulièrement et que je vais rappeler aux gens. Certains de ceux qui étaient aussi présents lors de la 42e législature se rappelleront que le gouvernement a promis de ne pas avoir « recours à des mécanismes tels que [...] les projets de loi omnibus pour éviter les examens minutieux ».
Je pense que nous nous rappelons tous que l'introduction de l'accord de suspension des poursuites, un outil spécialement conçu pour SNC-Lavalin, a été camouflée dans un projet de loi omnibus d'exécution du budget. Comme mes collègues le savent, je lis chaque ligne des documents. J'avais donc vu ce nouvel outil qui se cachait dans la mesure législative. Il m'a semblé étrange qu'on n'utilise pas un projet de loi pénale distinct qui relèverait du ministère de la Justice, mais les notes explicatives et un examen approfondi m'ont menée à conclure qu'il n'y avait là rien de répréhensible. Toutefois, il s'agissait bel et bien d'un projet de loi omnibus et je regrette que la modification du Code criminel portant sur l'accord de suspension des poursuites n'ait jamais été renvoyée au ministère de la Justice et au comité chargé de l'étude des projets de loi en la matière, comme elle aurait dû l'être.
Passons à une autre promesse intéressante du discours du Trône de 2015: « le gouvernement rétablira la relation de nation à nation entre le Canada et les peuples autochtones, une relation fondée sur la reconnaissance des droits, le respect, la coopération et le partenariat ».
Dans les mois qui ont suivi, j'ai vu avec une certaine stupéfaction le gouvernement libéral approuver le Site C, en mettant de côté les poursuites et les préoccupations des peuples autochtones ainsi que les répercussions environnementales.
Le projet de pipeline de Kinder Morgan a été approuvé même si, pendant la campagne électorale de 2015, le chef du Parti libéral de l'époque, le premier ministre actuel, avait affirmé qu'aucun projet ne pouvait être approuvé selon le processus bancal et inadéquat qui avait été utilisé, comme en témoignaient les poursuites et une objection claire et nette des Premières Nations Tsleil-Waututh, Musqueam, Squamish et WSANEC — j'ai d'ailleurs l'honneur d'habiter sur le territoire de cette dernière. Le projet de Muskrat Falls a fait fi des préoccupations des Innus.
Je vais citer encore une fois le discours du Trône de 2015 pour parler d'une promesse que beaucoup de gens n'ont pas oubliée. On peut y lire: « l’élection de 2015 aura été la dernière à être menée selon le système électoral majoritaire à un tour ». Cette promesse-là se passe de commentaires. À quel point pouvons-nous croire ce qui est promis dans le discours du Trône de 2019? J'aimerais pouvoir y croire, mais il faut bien faire face à la réalité. Le plus récent discours du Trône inclut un engagement bien précis.
Je vais citer le discours du Trône: « Le gouvernement se fixera l'objectif d'atteindre la cible de zéro émission nette d'ici 2050. »
Pourtant, la réalité, c'est que nous avons la même cible que celle choisie par le gouvernement de Stephen Harper, l'ancien gouvernement conservateur. Cette cible n'a pas changé d'une seule tonne.
Nous voici maintenant avec un gouvernement qui dit que nous pouvons atteindre la cible de zéro émission d'ici 2050, et il faut s'interroger. Comme plusieurs le savent, nous n’obligeons pas les députés du Parti vert à voter d'une certaine façon. Je suis très honorée d'être accompagnée par le député de Nanaimo—Ladysmith et la députée de Fredericton. Nous ne pouvons pas accorder notre confiance à un gouvernement qui n'a pas de cible en matière de changements climatiques étayée par des données scientifiques.
Le gouvernement dit qu'il est important de considérer la question climatique comme une urgence. D'ailleurs, c'est dans une motion des libéraux, adoptée à la Chambre le 17 juin 2019, que la Chambre a convenu de cette urgence. La motion disait ceci :
[...] la Chambre déclare que le Canada est en situation d'urgence climatique nationale, en réponse à laquelle le Canada doit s'engager à atteindre ses objectifs nationaux en matière d'émissions énoncés dans l'Accord de Paris et à procéder à des réductions plus importantes conformément à [...] et de poursuivre les efforts pour demeurer sous la barre du 1,5 degré Celsius.
Pourtant, le terme « urgence climatique » est complètement exclu du discours du Trône.
C'est vrai, nous sommes en situation d'urgence climatique. Or le discours du Trône ne mentionne pas une seule fois les mots « urgence climatique ».
Le discours du Trône mentionne que nous devons lutter contre les changements climatiques. Alors que le gouvernement affirme que nous devons atteindre l'objectif de zéro émission nette d'ici 2050, on nous dit également, quelques paragraphes plus loin, que le gouvernement doit prendre des mesures vigoureuses pour lutter contre les changements climatiques, et travailler avec la même ardeur pour acheminer les ressources canadiennes vers de nouveaux marchés.
Autrement dit, avec les mêmes efforts vigoureux qu'il compte déployer pour répondre à l'urgence climatique, le gouvernement va également utiliser des fonds publics de l'ordre de 10 à 13 milliards de dollars pour financer le projet d'expansion de l'oléoduc Trans Mountain, qui constitue pourtant une menace directe aux mesures de lutte contre les changements climatiques. Le gouvernement envisage aussi d'approuver le projet minier Teck Frontier. Par son soutien, y compris financier, à des projets de gaz naturel liquéfié là où se trouve l'oléoduc, le gouvernement fait fi de l'urgence climatique et de ses obligations aux termes de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. En ce moment même, la GRC se trouve sur le territoire des Wet'suwet'en, prête à faire appliquer une injonction qui ne devrait jamais l'être parce qu'elle viole les droits héréditaires et traditionnels du peuple Wet'suwet'en.
Voici la réalité, et elle est difficile. Je travaille sur ce dossier depuis 1986. J'ai été témoin de gouvernements successifs, des libéraux bien intentionnés, des néo-démocrates provinciaux bien intentionnés, des progressistes-conservateurs bien intentionnés, prendre des engagements en matière de climat pour ensuite les trouver trop difficiles. Il faut corriger la situation grâce à des moyens politiques avant de pouvoir faire le nécessaire pour garantir à nos enfants un monde viable.
Nous sommes face à un choix difficile et nous n'avons pas la marge de manoeuvre nécessaire pour faire un peu de ceci et un peu de cela, un oléoduc par ici, une mine de sables bitumineux par là, tout en respectant nos engagements en matière de climat. Le dilemme est le suivant: avant les prochaines élections, nous devrons tous veiller à ce que les objectifs du Canada cadrent avec les recommandations du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Cela signifie que nous devons au moins doubler nos objectifs jusqu'en 2030.
L'humanité — le monde entier engagé dans un processus multilatéral — doit à présent soit transformer l'économie en profondeur en se débarrassant des combustibles fossiles pour faire en sorte que nos enfants — l'humain — puissent survivre dans une biosphère hospitalière, soit défendre l'industrie des combustibles fossiles. Nous ne pouvons pas faire les deux. Il nous faut faire un choix. Je choisis la lutte contre les changements climatiques et j'espère bien que le discours du Trône et le gouvernement vont nous donner des résultats.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Voir le profil de Kevin Lamoureux
2020-01-27 13:30 [p.448]
Madame la Présidente, l'ancienne chef du Parti vert a déjà appuyé le discours du Trône. Je suis un peu déçu de voir qu'elle envisage de ne pas l'appuyer cette fois-ci. De nombreuses bonnes mesures environnementales y sont prévues. La tarification de la pollution, dont nous poursuivons la mise en oeuvre, figure parmi les plus importantes et les plus audacieuses. J'aimerais qu'elle nous donne son opinion sur les progrès réalisés dans ce dossier.
Je suis curieux de connaître son avis sur la question du gaz naturel liquéfié. Un accord a été conclu en Colombie-Britannique à ce sujet, le plus important accord entre le secteur privé et les gouvernements, un investissement de plusieurs milliards de dollars, le NPD au provincial et nous au fédéral. Dans quelle mesure le Parti vert appuierait-il un projet de ce genre? Quand la députée parle de transition, des projets de ce genre sont peut-être valables. La députée ne le pense-t-elle pas?
Voir le profil de Elizabeth May
PV (BC)
Voir le profil de Elizabeth May
2020-01-27 13:31 [p.448]
Madame la Présidente, dans les années 1990, les gens décrivaient le gaz naturel comme un carburant de transition qui aiderait le Canada à délaisser le charbon et le pétrole. Le problème auquel nous sommes confrontés en 2020, c'est qu'il ne s'agit pas d'un carburant de transition, ni de gaz naturel. Ce carburant est produit principalement par une fracturation hydraulique. La communauté scientifique internationale sait maintenant que la fracturation libère des émissions fugitives de méthane qui contribuent grandement aux gaz à effet de serre. En réalité, le gaz naturel obtenu par fracturation en Colombie-Britannique a la même empreinte carbone que le charbon. L'un des grands mensonges de notre époque, c'est de prétendre que l'expédition de gaz naturel liquéfié de la Colombie-Britannique jusqu'à la Chine représenterait un geste positif dans la lutte contre le réchauffement climatique. C'est tout le contraire, en fait. C'est une bombe au carbone. Il faut mettre fin à la fracturation hydraulique.
Voir le profil de Garnett Genuis
PCC (AB)
Madame la Présidente, c'est un plaisir de retrouver ma collègue du Parti vert à la Chambre. Nous avons souvent des points de vue divergents, de toute évidence.
Pendant la pause parlementaire, j'ai tenu des tables rondes très intéressantes, dans ma circonscription, à propos de l'environnement et des changements climatiques. Les gens qui participent à ces conversations représentent toujours une grande variété de points de vue, qui vont du scepticisme à l'égard de la science jusqu'à une fervente adhésion aux idées du Parti vert.
Quand des gens avancent que l'énergie nucléaire pourrait offrir des pistes de solutions, l'idée semble faire consensus. J'aimerais que la députée nous dise quel rôle pourrait jouer l'énergie nucléaire, à son avis. La députée croit-elle, comme les participants aux tables rondes, que cette énergie pourrait être l'un des ingrédients essentiels de la solution, ou est-elle sceptique?
Voir le profil de Elizabeth May
PV (BC)
Voir le profil de Elizabeth May
2020-01-27 13:33 [p.448]
Madame la Présidente, le député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan est un bon ami. Je suis contente de le revoir et de constater que nous sommes toujours en désaccord sur à peu près tous les sujets.
Comme l'a si bien dit Fred Knelman, un opposant à l'énergie nucléaire, celle-ci est une « technologie du futur qui appartient au passé. »
Les membres du Parti vert se sont penchés sur les mesures à prendre pour réduire de 60 % les émissions de dioxyde de carbone d'ici 2030 au pays. Soyons clairs: nous ne proposons pas de fermer les centrales nucléaires existantes, mais nous estimons qu'il est tout à fait insensé d'en bâtir une nouvelle. Les centrales exigent beaucoup de capitaux. Elles coûtent cher, génèrent peu d'emplois et contribuent très peu à la réduction des émissions de carbone. Au contraire, l'énergie solaire, l'énergie éolienne, les réseaux énergétiques de quartier, l'énergie géothermique sont toutes des options plus économiques et plus facilement accessibles.
J'ai une dernière observation à faire à mes amis du Parti conservateur. Bien qu'Énergie atomique du Canada limitée ait reçu de nombreuses subventions, c'est SNC-Lavalin qui possède et exploite les centrales nucléaires au pays — un marché des plus avantageux. J'ai de sérieuses réserves concernant quant à cette voie.
Voir le profil de Martin Champoux
BQ (QC)
Voir le profil de Martin Champoux
2020-01-27 13:35 [p.449]
Madame la Présidente, puisque c'est la première fois que je prends la parole à la Chambre, j'en profite pour saluer mes collègues et pour souhaiter à tous une belle session.
J'ai beaucoup apprécié le discours de ma collègue de Saanich—Gulf Islands.
Un peu plus tôt, lors de leurs discours, les députés du gouvernement ont parlé de leurs intentions fermes de maintenir le cap sur les objectifs de réduction des gaz à effet de serre. Je voudrais demander à ma collègue de l'autre côté de la Chambre si elle appuierait l'idée d'enchâsser les termes de l'Accord de Paris dans une loi qui obligerait le gouvernement actuel, et les gouvernements futurs, à respecter ses engagements et ses objectifs en matière de réduction de gaz à effet de serre. Autrement, c'est un peu difficile de prendre au sérieux un gouvernement qui achète des pipelines et qui s'engage dans l'exploitation des sables bitumineux.
Voir le profil de Elizabeth May
PV (BC)
Voir le profil de Elizabeth May
2020-01-27 13:35 [p.449]
Madame la Présidente, j'aimerais remercier mon nouveau collègue et lui présenter toutes mes félicitations. Je veux travailler de façon collaborative avec les députés qui comprennent vraiment la situation liée à l'urgence climatique.
J'attends le moment où le ministre de l'Environnement et du Changement climatique dira que le gouvernement du Canada comprend que les cibles actuelles sont précisément à moins de 50 % de ce qui serait nécessaire si on voulait éviter le pire. Ce n'est pas possible de...
Voir le profil de Carol Hughes
NPD (ON)
Je dois interrompre la députée, car son temps de parole est écoulé. Je lui ai laissé un peu plus de temps de parole afin qu'elle puisse terminer sa réponse, mais je dois maintenant intervenir. Je m'en excuse.
L'honorable député de Nanaimo—Ladysmith a maintenant la parole.
Voir le profil de Paul Manly
PV (BC)
Voir le profil de Paul Manly
2020-01-27 13:36 [p.449]
Madame la Présidente, c'est pour moi un honneur et un privilège d'intervenir aujourd'hui en réponse au discours du Trône. D'entrée de jeu, je remercie les électeurs de Nanaimo—Ladysmith de m'avoir confié la tâche de les représenter dans cette enceinte aujourd'hui. Je remercie également ma famille, les bénévoles et toute l'équipe qui m'a appuyé.
La circonscription de Nanaimo—Ladysmith est confrontée à de nombreux défis de taille qui ne sont pas uniques à notre région, mais qui sont majeurs et nettement plus complexes que dans d'autres coins du pays.
Je suis ravi de constater que figurent dans le discours du Trône et les lettres de mandat des ministres des initiatives et des engagements clés susceptibles d'aider à résoudre les problèmes avec lesquels sont aux prises les gens de ma circonscription. Je m'engage à collaborer avec les autres partis pour faire adopter des mesures législatives qui bénéficieront à l'ensemble des Canadiens. En outre, lorsque j'estimerai que des améliorations s'imposent, je le signalerai.
La circonscription de Nanaimo—Ladysmith compte l'une des plus importantes populations de sans-abris au Canada. Je me réjouis de voir que le gouvernement va de l'avant avec la Stratégie nationale sur le logement. Cependant, j'estime que les cibles prévues ne suffiront pas à régler la crise dans les collectivités . Des gens vulnérables et marginalisés éprouvent des difficultés à trouver un logement abordable et sont confrontés à l'itinérance. Il leur faut un logement sûr et abordable.
Il est encourageant de voir l'inclusion de normes nationales de soutien en santé mentale. Les soins en santé mentale devraient faire partie du système de santé universel afin que le coût des traitements n'empêche pas les gens d'obtenir du soutien, surtout lorsqu'ils sont en crise. Bien des sans-abris de Nanaimo—Ladysmith sont aux prises avec des problèmes de santé mentale. Le maire de Nanaimo est allé jusqu'à demander l'ouverture de nouvelles institutions pour les gens qui sont clairement atteints d'une maladie mentale et qui sont incapables de la gérer.
Comme de nombreuses autres régions du Canada, Nanaimo—Ladysmith est profondément touchée par la crise des opioïdes. De jeunes hommes qui avaient un bon emploi et une famille aimante ont développé une dépendance aux opioïdes après un accident de travail. Ils meurent parce qu'ils ont peur de demander de l'aide en raison des préjugés associés à la toxicomanie. La guerre contre la drogue est un échec. Examinons les mesures prises par d'autres pays pour lutter contre ce problème de santé et de société et créons une solution canadienne.
La réduction du nombre de sans-abris et l'amélioration de l'accès aux soins en santé mentale et aux services de traitement contre la toxicomanie réduiront la criminalité associée à ces problèmes sociaux et permettront au système de justice de se concentrer sur les délinquants violents et les récidivistes.
Je suis très ravi de voir que le gouvernement est résolu à bonifier le régime d'assurance-maladie et à renouveler l'entente qu'il a conclue avec les provinces en matière de santé, et que les lettres de mandat demandent un régime national d'assurance-médicaments universel. À cela, nous devrions ajouter un régime national d'assurance dentaire.
À Nanaimo—Ladysmith, il y a une grave pénurie de médecins, alors que la population est en pleine expansion. L'île de Vancouver est une destination prisée pour beaucoup de retraités canadiens.
L'Hôpital général de Nanaimo, qui a été construit dans les années 1960, dessert la population dont l'âge moyen est le plus élevé au Canada. Il serait grand temps qu'il soit modernisé pour en faire un hôpital de soins tertiaires où l'on traite le cancer et les maladies cardiaques et où l'on offre un grand éventail de services psychiatriques.
SoinsSantéCAN demande au gouvernement d'écologiser l'infrastructure des soins de santé et, dans le cadre des efforts visant à lutter contre les changements climatiques, de la rendre écoénergétique. J'espère que le gouvernement tiendra compte de cet appel et qu'il prévoira un financement considérable pour aider les provinces à moderniser leur infrastructure de santé vieillissante.
Il est crucial pour les habitants de ma circonscription que le financement accordé aux soins à domicile et aux soins palliatifs soit augmenté, mais il faut également changer la manière d'administrer les résidences pour personnes âgées. La Loi sur Investissement Canada doit être modifiée pour que les résidences de personnes âgées ne puissent plus appartenir à des intérêts étrangers. Elles doivent être vues comme faisant partie du système de santé.
Il ne faut pas répéter l'expérience de l'achat de Retirement Concepts par Anbang Insurance, qui est maintenant une société d'État chinoise. La régie de la santé de l'île de Vancouver a récemment dû reprendre le contrôle de l'administration de trois établissements de Retirement Concepts en raison de conditions non sécuritaires. Les entreprises étrangères n'ont aucun lien avec nos communautés et ne devraient pas faire des profits en offrant des services de mauvaise qualité à nos aînés. Le modèle à but non lucratif de soins axés sur la communauté est un bien meilleur moyen de faire en sorte que nos aînés obtiennent les soins de qualité qu'ils méritent.
Les petites et moyennes entreprises sont d'importants moteurs économiques et emploient la vaste majorité des Canadiens. Je suis heureux de constater que les lettres de mandat prévoient un meilleur soutien pour les entreprises en démarrage, mais selon ce que j'ai entendu de la part des propriétaires de PME, ceux-ci ont besoin de plus d'aide lorsqu'il s'agit de passer à l'étape suivante de leur croissance, qu'il s'agisse d'innovation en vue d'une nouvelle gamme de produits, de nouvelles méthodes devant permettre de réduire les déchets et l'empreinte carbone, ou d'expansion vers de nouveaux marchés.
Le Canada est un excellent incubateur de nouvelles entreprises, mais souvent, ces entreprises sont attirées vers d'autres pays au moyen d'incitatifs, d'allégements fiscaux et de divers programmes qui les aident à franchir l'étape suivante vers la croissance. Nous devons faire en sorte que les PME restent au Canada et continuent d'offrir des emplois bien rémunérés aux travailleurs canadiens.
Je sais bien que la politique des réductions d'impôts est bien vue; mais, les réductions d'impôts conduisent inévitablement à l'austérité, à des coupes dans d'autres services ou à des frais d'utilisation pour des services sur lesquels comptent les Canadiens de la classe moyenne et les Canadiens à faible revenu. Je suis en faveur de services payés par nos impôts tels que les soins de santé universels ainsi que les transports publics, les routes, les ponts, les écoles et les centres de loisirs, c'est-à-dire les infrastructures.
Ce dont nous avons besoin, c'est d'équité. Nous devons nous assurer que les Canadiens riches paient leur juste part. Les grandes entreprises profitent des services sociaux offerts à leurs employés et des infrastructures qu'elles utilisent dans le cadre de leurs activités. Le gouvernement se doit de supprimer les échappatoires fiscales et de lutter contre l'évasion fiscale et le placement d'argent à l'étranger par des entreprises et des particuliers.
La circonscription de Nanaimo—Ladysmith compte quatre Premières Nations et la mise en oeuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones dans la loi canadienne est très importante pour elles ainsi que pour le maintien d'une certaine stabilité économique. Pour bâtir une nouvelle relation avec les peuples autochtones du Canada, il faut plus que des paroles: il faut que le gouvernement s'engage à respecter la Constitution et les arrêts de la Cour suprême. Bien trop souvent, en particulier quand de grands projets d'extraction sont en jeu, l'esprit de la Déclaration est ignoré.
Outre la crise climatique, la biodiversité est mise à mal elle aussi. Le gouvernement s'est engagé à protéger 25 % des terres et 25 % des aires marines d'ici 2025 et il doit absolument tenir sa promesse. Nanaimo—Ladysmith compte très peu de terres protégées parce que toute la partie sud-est de l'île de Vancouver a été privatisée à l'issue des négociations visant à faire entrer la Colombie-Britannique dans la Confédération. Le bassin versant de la rivière Nanaimo fait 750 kilomètres carrés, mais là-dessus, seulement 10 kilomètres carrés sont situés dans des aires de conservation et moins de deux kilomètres carrés sont des parcs désignés. La rivière Nanaimo a une grande valeur écologique et elle doit être mieux protégée. Il serait donc merveilleux si 25 % de son tracé pouvait l'être.
Tout comme ma collègue de Saanich—Gulf Islands, je considère qu'il s'agit d'un excellent discours du Trône, mais il est difficile d'être optimiste, car les libéraux avaient bel et bien inscrit dans celui de 2015 que les scrutins majoritaires uninominaux à un tour seraient de l'histoire ancienne, mais ils sont revenus sur leur promesse.
Ma collègue de Saanich—Gulf Islands a mentionné un certain nombre d'autres promesses qui sont restées lettre morte. Les libéraux avaient promis aux Canadiens de lutter concrètement contre les changements climatiques, mais les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont encore celles que l'ancien gouvernement conservateur avait fixées avant l'Accord de Paris. Le pire, c'est que nous ne les atteindrons même pas. Le gouvernement a plutôt choisi d'approuver toutes sortes de projets néfastes pour l'environnement: il a par exemple acheté un pipeline qui augmentera certainement les émissions de gaz à effet de serre et il a continué de subventionner le secteur des hydrocarbures. Voilà pourquoi j'entends voter contre le discours du Trône. Cela dit, je suis prêt à collaborer avec le gouvernement s'il souhaite établir de nouvelles cibles, car tant que nous ne ferons pas réellement notre part et que nous continuerons de manquer à nos promesses, aucune des questions dont j'ai parlé jusqu'ici n'aura vraiment d'importance. Toutes les facettes de notre vie seront chamboulées par les changements climatiques, à commencer par le réseau de la santé et l'économie.
J'ai promis pendant la campagne électorale de continuer à talonner le gouvernement pour qu'il s'attaque sincèrement et concrètement aux changements climatiques et j'ai bien l'intention de tenir parole.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Voir le profil de Kevin Lamoureux
2020-01-27 13:46 [p.450]
Madame la Présidente, le gouvernement a abordé la question de l'environnement de différentes façons. On pourrait parler des mesures incitatives visant à encourager les gens à acheter une voiture hybride ou électrique. Certaines d'entre elles sont majeures et cela me plaît beaucoup. Il y a notamment la tarification de la pollution qui, selon moi, a été plutôt bien reçue dans les différentes régions du pays. Par ailleurs, lors des dernières élections, le gouvernement s'est engagé à planter deux milliards d'arbres au cours des 10 prochaines années. C'est une mesure importante très concrète. Les Canadiens voient et comprennent ce qui se passe et ils se sentent interpellés.
Je me demande si mon collègue peut nous parler des différents moyens que le gouvernement peut prendre pour encourager les Canadiens à être plus écologiques.
Je le répète, selon moi, la plantation de deux milliards d'arbres au cours des 10 prochaines années est une bonne idée et constitue une mesure énergique et concrète de la part du gouvernement. Quant à la tarification de la pollution, une initiative qui se concrétise un peu partout dans le monde, seuls les conservateurs semblent s'y opposer. Il y a aussi les programmes d'incitatifs fiscaux, notamment celui qui invite les gens à se procurer une voiture électrique. Ce dernier s'ajoute au programme du gouvernement du Québec et contribue réellement à changer les choses. J'aimerais savoir ce que pense le député de ce genre de mesures progressistes.
Voir le profil de Paul Manly
PV (BC)
Voir le profil de Paul Manly
2020-01-27 13:47 [p.451]
Madame la Présidente, pendant la dernière campagne électorale, j'ai écouté le ministre de l'Environnement nous parler, depuis un magasin Canadian Tire, des gestes que nous pouvons poser en tant que consommateurs, comme changer nos ampoules. J'ai déjà fait cela. J'ai rénové deux fois ma maison pour en améliorer le rendement énergétique et j'ai éliminé mon empreinte carbone. Ce qu'il faut faire, c'est réglementer l'industrie.
Nous avons l'Accord de Copenhague, dont la date limite pour atteindre les objectifs est cette année. Dix des provinces et territoires, qui représentent 85 % de la population, ont atteint leurs objectifs, mais pas l'Alberta ni la Saskatchewan. La raison principale, c'est l'extraction de pétrole et de gaz, la fracturation et l'expansion de l'exploitation des sables bitumineux.
Alors que nous devrions parler de planter des arbres, on parle de l'anéantissement de toute une région de la forêt boréale par Teck Resources pour la transformer en bassin de résidus. Pourquoi ne pas laisser ces arbres en place? Pourquoi ne pas nous tourner vers l'énergie renouvelable et trouver des solutions réelles aux changements climatiques plutôt que d'envisager l'expansion de l'exploitation des combustibles fossiles, notamment par la voie de projets de fracturation et de production de gaz naturel liquéfié? Le Canada doit cesser de subventionner l'industrie des combustibles fossiles.
Voir le profil de Tom Kmiec
PCC (AB)
Voir le profil de Tom Kmiec
2020-01-27 13:49 [p.451]
Madame la Présidente, un proverbe yiddish dit: « Tout ce qui brille n'est pas or. »
Le député suggère de piger dans la poche des riches, de faire payer plus d'impôts aux riches. En 2017, 54,1 % de l'ensemble des impôts payés ont été payés par les 10 % des Canadiens ayant les revenus les plus élevés. Si 54,1 % ne sont pas suffisants, combien d'impôts de plus le député voudrait-il que ces personnes paient?
Voir le profil de Paul Manly
PV (BC)
Voir le profil de Paul Manly
2020-01-27 13:49 [p.451]
Madame la Présidente, j'aimerais que nous suivions le modèle de fiscalité du Nord de l'Europe. Ce système est beaucoup plus équitable que le nôtre. Ces pays ne sont pas aux prises avec un problème de pauvreté aussi criant que celui au Canada, un pays pourtant riche. La richesse est distribuée équitablement, et les mieux nantis se portent très bien. Ils paient leur juste part. Grâce aux impôts payés par les riches, ces pays bénéficient de services sociaux, dont les travailleurs profitent également.
Au Canada, il faudrait implanter un impôt sur la richesse extrême, qui viserait les personnes qui gagnent plus de 1 million de dollars par année. Que peuvent-elles donc bien faire avec toute cette richesse?
Voir le profil de Brian Masse
NPD (ON)
Voir le profil de Brian Masse
2020-01-27 13:50 [p.451]
Madame la Présidente, j'ai une brève question à poser sur une politique fédérale.
Dans ma circonscription, on tente de protéger le site Ojibway Shores, un secteur où se trouve une centaine d'espèces en voie de disparition. Le gouvernement fédéral souhaite que les contribuables de la région consacrent des millions de dollars à un site qui leur appartient. Je me demande ce que le député pense de cette situation. Nous avons demandé au gouvernement fédéral de transférer le montant nécessaire afin que les contribuables de cette région n'aient pas à payer pour un site qui leur appartient déjà puisqu'il se trouve sur des terres fédérales et qui compte des centaines d'espèces en voie de disparition.
Voir le profil de Paul Manly
PV (BC)
Voir le profil de Paul Manly
2020-01-27 13:50 [p.451]
Madame la Présidente, le gouvernement fédéral a un rôle important à jouer dans la désignation d'aires de conservation. C'est particulièrement important dans ma circonscription, Nanaimo—Ladysmith, où la plupart des terres sont privées. Par conséquent, des mesures de conservation doivent être mises en oeuvre dans des terres privées. Pour ce faire, il faudra compter sur des fonds à la fois fédéraux et provinciaux.
Voir le profil de Julie Dzerowicz
Lib. (ON)
Voir le profil de Julie Dzerowicz
2020-01-27 13:51 [p.451]
Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec la députée de Fredericton.
J'aimerais dire d'emblée que c'est un immense honneur de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui au sujet du discours du Trône. Encore une fois, je remercie les résidants de Davenport ainsi que mes amis, mes proches et mon équipe de bénévoles, qui ont généreusement consacré du temps et de l'énergie à assurer la réussite de ma campagne en 2019.
Davenport est une circonscription formidable et dynamique située à l'extrémité ouest du centre-ville de Toronto. Je n'ai pas de mots pour dire à quel point je me sens privilégiée d'avoir été réélue comme députée de Davenport. Ma plus grande responsabilité est de servir les Canadiens, et j'espère que je ferai toujours honneur aux gens de ma circonscription et à notre pays. D'ailleurs, je partage ce privilège et cette responsabilité avec tous ceux qui travaillent dans cette vénérable enceinte, qui se penchent sur les questions qui sont au cœur des préoccupations des Canadiens, et qui font tout en leur pouvoir pour faire du Canada un meilleur pays et pour donner aux Canadiens les outils dont ils ont besoin pour relever les défis et saisir les occasions d'aujourd'hui et de demain.
Le discours du Trône a fait état de la longue histoire du Canada et des nombreuses différences qui existent au pays, ainsi que de la stabilité et des progrès durables de notre Parlement malgré ces différences. Le Canada, comme nous le savons, a trois peuples fondateurs. Il est issu des talents et des valeurs des Premières Nations et des peuples autochtones, ainsi que des colons anglais et français. À certains moments de notre histoire, les relations entre les trois groupes ont été pour le moins litigieuses. Toutefois, au fil de l'évolution du pays, les gouvernements ont toujours trouvé une façon de faire des compromis, de collaborer et d'avancer vers une société plus juste et plus équitable.
Les générations d'immigrants venus au Canada de partout dans le monde n'ont fait qu'enrichir et renforcer notre société. Ma circonscription, Davenport, compte le plus grand nombre de Canadiens d'origine portugaise du Canada, dont beaucoup sont arrivés au pays durant la même période, il y a des décennies, mais il y a aussi des gens d'origine italienne, hispanique, brésilienne, sud-asiatique, moyen-orientale, chinoise et ukrainienne, notamment, et ils vivent tous dans la même merveilleuse collectivité. Je suis la fille d'un immigrant ukrainien et d'une immigrante mexicaine, et je suis bien placée pour savoir que lorsque des cultures se rencontrent, il y a des désaccords, mais aussi de la beauté. Chez moi, nous avons parfois de ces désaccords, mais au bout du compte, nous formons une famille.
J'aimerais maintenant aborder les grandes priorités mentionnées dans le discours du Trône qui ont beaucoup d'importance pour les résidants de Davenport.
Les habitants de ma circonscription ont soulevé bien des sujets quand j'ai frappé à leur porte pendant la campagne électorale de l'automne dernier. Je veux d'abord parler d'environnement et de changements climatiques. Je dirais que c'est la principale préoccupation de la plupart des résidants de Davenport. Ils étaient absolument ravis d'entendre que nous y consacrons déjà environ 63 milliards de dollars et que nous avons déjà amorcé plus de 50 mesures liées aux changements climatiques. Ils étaient également contents de savoir que nous nous sommes engagés à atteindre la cible de zéro émission nette d'ici 2050 et que nous allons voir à fixer des cibles juridiquement contraignantes, tous les cinq ans, fondées sur l'avis d'experts et de consultants. Ils savent que pour atteindre la cible de zéro émission nette d'ici 2050, il nous faudra dépasser nos cibles actuelles pour 2030. La loi sur la transition équitable est une mesure qui leur plaisait beaucoup, car il est important de veiller à ce que les travailleurs des secteurs à fortes émissions aient accès à la formation, au soutien et aux nouvelles possibilités qui leur permettront de réussir dans une économie verte. Un certain nombre de groupes de Davenport sont déjà venus me rencontrer pour me dire que cela reste la grande priorité pour eux et pour la circonscription.
Je veux mentionner les promesses au sujet des habitations éconergétiques et de la réduction des factures d'électricité que nous avons faites dans notre programme électoral. Je mentionne ce point, car un grand nombre de Canadiens veulent avoir le sentiment de prendre eux-mêmes des mesures pour lutter contre les changements climatiques et nous faire passer à une économie à faibles émissions de carbone.
Dans notre programme électoral et nos lettres de mandat, nous avons promis d'offrir aux propriétaires de maisons et d'immeubles un audit énergétique gratuit. À mon avis, cela change tout. Cette mesure permettrait aux propriétaires de maisons et aux occupants de logements locatifs de prendre leurs propres mesures pour réduire leur facture énergétique, accroître leur efficacité énergétique et diminuer leurs émissions. Nous nous sommes aussi engagés à contribuer à la rénovation de 1,5 million de maisons afin d'aider les Canadiens à accroître l'efficacité énergétique de leurs foyers. C'est formidable.
Je vais ajouter quelques observations à propos de l'environnement parce que les résidants de Davenport ont cet enjeu à coeur. Nous avons promis de protéger 25 % des terres et des océans du Canada d'ici 2025. Nous possédons le plus long littoral du monde, un cinquième des réserves d'eau douce du monde et de vastes forêts naturelles. Notre écosystème dépend de tous ces éléments pour sa survie, et notre qualité de vie dépendra dorénavant de lui.
Dans ma circonscription, les électeurs sont aussi ravis de l'interdiction des plastiques à usage unique qui sera promulguée en 2021, mais nous savons qu'il reste des choses à faire. Les résidants de Davenport attendent impatiemment de connaître le plan intégral du gouvernement qui garantira l'atteinte des cibles prévues dans l'Accord de Paris. Ils souhaitent aussi voir les changements systémiques nécessaires. Il faudrait notamment que nous soumettions toutes nos dépenses à des critères environnementaux et que nous envisagions divers autres changements systémiques à l'avenir.
J'en arrive à la deuxième grande préoccupation des résidants de Davenport, soit le logement.
Beaucoup de personnes dans ma circonscription qui sont propriétaires de maisons depuis 20, 30, voire 40 ans commencent à se demander comment elles pourront continuer de vivre à Davenport. Ces gens vieillissent. Ils veulent vendre leur maison. Ils veulent vivre leur retraite dans le secteur ouest du centre-ville de Toronto. Ils veulent que leurs enfants habitent près de chez eux. Ils sont vraiment contents de plusieurs mesures que nous prenons pour qu'ils puissent se loger à un coût abordable.
Nous avons déjà pris un énorme engagement en faveur de la Stratégie nationale du logement, en consacrant 11,2 milliards de dollars sur 11 ans à la construction, au renouvellement et à la rénovation du parc de logements abordables du Canada. Nous avons également mis en place des mesures pour les nouveaux acheteurs. Dans notre plateforme, ainsi que dans le discours du Trône, nous avons dit que nous allions bonifier l'Incitatif à l'achat d'une première propriété, qui offrira jusqu'à 10 % de remise sur le prix d'achat. Nous avons également augmenté la valeur des maisons admissibles à 800 000 $. Dans certains secteurs, comme au centre-ville de Toronto, les maisons coûtent malheureusement très cher, alors il faut un soutien accru.
J'ai bon espoir que, grâce aux mesures dont je viens de parler, aux autres mesures que nous allons mettre en oeuvre ou que nous avons déjà mises en oeuvre, nous continuerons à permettre aux gens qui souhaitent habiter en ville de le faire à un prix abordable.
Je vais maintenant parler des aînés, car il y en a beaucoup dans ma circonscription. Ce sont des gens admirables et engagés qui veulent continuer d'être des citoyens actifs. Le gouvernement fédéral veut les aider à avoir une vie abordable et à maintenir un bon niveau de vie. Trois éléments clés de notre plateforme ont particulièrement plu aux aînés.
Tout d'abord, ils n'ont pas à payer d'impôt sur les premiers 15 000 $ qu'ils gagnent. Ils se réjouissent de notre engagement à bonifier de 10 % la Sécurité de la vieillesse pour les personnes âgées de 75 ans et plus, et de notre promesse d'augmenter de 25 % la prestation du survivant. Ainsi, 1,2 million d'aînés canadiens de plus auront davantage de moyens pour vivre.
Dans le temps qui me reste, j'aimerais parler des arts et de la culture. Davenport fourmille d'artistes, de créateurs et de travailleurs de l'industrie culturelle. Je leur ai dit que le gouvernement fédéral se soucie d'eux et qu'il souhaite fournir plus d'appui et de financement afin d'encourager la création et la diffusion de contenu canadien au Canada. Nous nous sommes fermement engagés à imposer une taxe aux fournisseurs de plateformes Internet étrangers afin de financer la création de contenu culturel au pays.
Tout le monde sait que les arts et la culture sont importants pour notre nation et qu'ils nous aident à mieux nous connaître et nous comprendre mutuellement, dans toute notre complexité. C'est une façon pour nous de partager nos joies et nos peines, et de comprendre le monde qui nous entoure, non pas par des mots, mais par l'image, la danse et tous les moyens possibles.
Le discours du Trône présente aussi d'autres engagements en matière de soins de santé, d'immigration et de sécurité publique, engagements qui revêtent une grande importance pour les résidants de Davenport et dont nous nous réjouissons. Certes, le gouvernement est minoritaire, mais je suis convaincue que cela ne l'empêchera pas d'accomplir de grandes choses. L'essentiel, c'est de rester à l'écoute des Canadiens, d'être prêts à faire des compromis et de toujours garder à l'esprit que nous sommes ici pour servir les Canadiens.
Je reprends, pour terminer, des mots du premier ministre: « Les Canadiens comptent sur nous, et ce plan profitera à tout le monde. Nous avons des intérêts et des objectifs communs. Ensemble, nous pouvons et nous allons relever les défis d’aujourd’hui pour créer un avenir meilleur. »
Voir le profil de Carol Hughes
NPD (ON)
La députée disposera de cinq minutes pour les questions et observations après la période des questions.
Je rappelle aux députés que la Chambre a des dossiers à traiter. Si des députés souhaitent tenir des conversations parallèles, ils devraient sortir, ce qui nous permettra d'entendre les gens qui ont la parole.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Quelqu'un souhaite-t-il poser une question à la députée de Davenport?
Voir le profil de Ziad Aboultaif
PCC (AB)
Voir le profil de Ziad Aboultaif
2020-01-27 16:02 [p.506]
Monsieur le Président, je vous souhaite une bonne et heureuse année, à vous et à tout le monde.
Le discours du Trône aborde-t-il la question de l'unité nationale, un enjeu d'actualité qui préoccupe grandement l'Ouest du pays? J'aimerais avoir les observations de la députée d'en face à ce sujet.
Voir le profil de Julie Dzerowicz
Lib. (ON)
Voir le profil de Julie Dzerowicz
2020-01-27 16:03 [p.506]
Madame la Présidente, il est beaucoup question, dans le discours du Trône, du fait qu'il peut être difficile d'arriver à un consensus à propos de la grande diversité qui existe au pays, notamment de la diversité des points de vue. Nous avons aussi parlé des différentes factions en présence.
Je peux garantir au député que l'unité nationale revêt une immense importance pour le premier ministre, la vice-première ministre et tous ceux qui font partie du gouvernement. Je peux donner au député l'assurance que c'est un enjeu prioritaire. Les provinces et les territoires sont tous aussi importants les uns que les autres. Ensemble, nous sommes plus forts. Nous sommes plus forts quand nous unissons nos forces pour régler les grands enjeux de chaque région du pays.
Voir le profil de Mark Gerretsen
Lib. (ON)
Voir le profil de Mark Gerretsen
2020-01-27 16:04 [p.506]
Madame la Présidente, ma question pour la députée porte sur la création d'un régime d'assurance-médicaments, sujet qui a été abordé dans le discours du Trône. On sait que de nombreux Canadiens sont confrontés à un choix difficile, soit acheter des médicaments ou payer d'autres choses essentielles à la vie, comme le loyer et la nourriture.
La députée pourrait-elle nous dire à quel point il est important de mettre en place un régime d'assurance-médicaments et nous parler de l'impact qu'il aura sur les Canadiens de la classe moyenne et à faible revenu?
Voir le profil de Julie Dzerowicz
Lib. (ON)
Voir le profil de Julie Dzerowicz
2020-01-27 16:04 [p.506]
Madame la Présidente, je sais que la question de l'assurance-médicaments est importante pour les Canadiens de la classe moyenne et les Canadiens vulnérables. Dans ma circonscription, Davenport, les aînés sont ceux qui m'en parlent le plus souvent. C'est la question qui les préoccupe le plus. Ils disent qu'ils doivent choisir entre payer les frais de subsistance et le loyer ou acheter des médicaments sur ordonnance.
Les aînés ont été ravis d'apprendre que nous allions mettre en place un régime national d'assurance-médicaments au cours du présent mandat. Je leur ai dit que nous avions pris des mesures initiales en ce sens. Nous avons commencé à établir le formulaire pharmaceutique — ce que les aînés ont été heureux d'apprendre — et avons aussi créé l'Agence canadienne des médicaments, qui aidera à fixer les prix des médicaments qui seront couverts par le régime national d'assurance-médicaments.
Il reste encore une dernière étape, qui consiste à négocier avec chacune des provinces et chacun des territoires. Il est nécessaire de le faire, car le régime d'assurance-médicaments sera mis en oeuvre par l'entremise des provinces et des territoires.
Voir le profil de Elizabeth May
PV (BC)
Voir le profil de Elizabeth May
2020-01-27 16:05 [p.506]
Madame la Présidente, je remercie ma collègue de Davenport de son discours.
Je tiens à revenir sur la question de l'assurance-médicaments, car elle me préoccupe. La ministre de la Santé a récemment déclaré aux médias qu'elle n'était pas certaine que le gouvernement actuel puisse mettre sur pied un régime universel d'assurance-médicaments. Pourtant, un très grand nombre d'électeurs ont voté pour des partis dont la plateforme comprenait un régime d'assurance-médicaments. Les néo-démocrates, les verts et les libéraux ont tous promis que l'assurance-médicaments universelle pourrait être mise en place.
Je me demande si la députée de Davenport, qui a parlé du travail qui a déjà été entamé avec le formulaire pharmaceutique, peut garantir aux Canadiens que nous allons établir un plan national d'achat en gros de produits pharmaceutiques pour faire baisser les prix. Les provinces pourraient alors décider si elles souhaitent s'approvisionner auprès de ce système. J'ai été troublée par l'intervention de la ministre de la Santé, selon laquelle, d'une manière ou d'une autre, rien ne pourrait bouger sans l'approbation de l'ensemble des provinces.
Voir le profil de Julie Dzerowicz
Lib. (ON)
Voir le profil de Julie Dzerowicz
2020-01-27 16:06 [p.507]
Madame la Présidente, je ne sais pas exactement ce que la ministre de la Santé a mentionné aux médias, mais le gouvernement appuie fermement et sans équivoque la mise en place d'un régime universel d'assurance-médicaments partout au pays. Il n'est jamais facile de négocier avec les provinces et les territoires, et cela prend toujours un peu de temps. En revanche, je sais que les dirigeants provinciaux et territoriaux vont se montrer à l'écoute de leurs concitoyens, qui leur diront que ce projet est d'une importance capitale. En fin de compte, nous souhaitons tous la même chose, c'est-à-dire servir les Canadiens dans toute la mesure de nos moyens.
Voir le profil de Jenica Atwin
PV (NB)
Voir le profil de Jenica Atwin
2020-01-27 16:07 [p.507]
Madame la Présidente, je suis heureuse de prendre la parole aujourd'hui à la Chambre pour m'adresser non seulement aux députés, mais aussi aux nombreux Canadiens de tout le pays qui sont à l'écoute pour entendre ce que leurs représentants ont à dire en leur nom.
Je tiens à souligner qu'aujourd'hui est la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste. Nous sommes également à l'aube du Mois de l'histoire des Noirs, qui commence en fin de semaine. En 2020, il est essentiel de reconnaître les leçons que l'histoire nous a apprises, les progrès que nous avons réalisés en matière de droits de la personne et tout le travail qu'il reste à faire. Je tiens également à rendre hommage aux victimes qui ont péri dans le vol PS752 et à exprimer nos condoléances à leur famille.
Nombre d'entre nous avons eu le privilège de passer près de deux mois dans nos circonscriptions respectives pour établir des liens avec les électeurs.
Au cours des dernières semaines, j'ai eu le plaisir de rencontrer des centaines de citoyens et de citoyennes lors d'événements publics et de ma première tournée de rassemblements communautaires.
Les habitants de Fredericton, d'Oromocto, de Marysville, de Maugerville et des collectivités environnantes sont engagés, et je suis très fière de représenter une circonscription aussi dynamique.
Il s'agit de la capitale de la seule province officiellement bilingue du pays.
Les initiatives des artistes autochtones font connaître le Nouveau-Brunswick. Ma circonscription doit composer avec de continuelles inondations dévastatrices qui nous rappellent que les changements climatiques sont bien réels. En outre, les parents de ma circonscription se lèvent pour demander plus de soutien afin d'aider leurs enfants qui ont des problèmes de santé mentale. Je suis fière d'être leur députée et de pouvoir les appuyer.
Je voudrais parler du discours du Trône. En toute honnêteté, j'étais fort satisfaite de voir que nos priorités ont enfin été reconnues, que nous allons lutter contre les changements climatiques, que nous allons combler les divisions régionales et que nous devons faire progresser nos relations avec les peuples autochtones. J'étais heureuse d'appuyer le discours. Je me disais qu'aucun autre discours du Trône ne méritait autant d'appui que celui-ci.
Cependant, je me suis rappelé les quatre dernières années. Je me suis rappelé les raisons qui m'ont poussé à me présenter aux dernières élections et les promesses que j'ai faites aux gens de ma circonscription de demander des comptes au gouvernement et de contester les belles paroles et les déclarations superficielles. En tant que femme et en tant que mère de deux garçons autochtones, je dois prendre la parole à la Chambre pour protéger leur futur et leurs droits collectifs inhérents, et pour affirmer catégoriquement que leurs droits ne sont pas négociables.
Je voudrais dire quelques mots sur le cadre législatif et politique que propose le premier ministre dans son approche à deux volets sur une politique panautochtone. Nombre d'universitaires autochtones et de chefs traditionnels l'appellent le « plan d'abolition à deux volets ». Ce plan rappelle le Livre blanc de 1969 sur la politique indienne. Des gens — des Autochtones qui sont directement touchés par ce projet de loi — ont des préoccupations réelles et valables concernant ce que propose le plan. Nous leur devons de les écouter.
Le gouvernement du Canada a été conséquent dans son approche descendante. La relation patriarcale demeure inchangée; le Canada agit comme un père auprès de ses enfants. Les collectivités autochtones ne sont pas les enfants du Canada. Leurs racines sont les plus profondément ancrées dans cette terre, et elles ont le droit à l'autodétermination. Nous avons alambiqué, embrouillé et compliqué nos engagements. C'est ce qui nous a menés là où nous sommes aujourd'hui: dans une impasse en ce qui a trait aux terres — celles que nous avions convenu de partager. La définition du partage que propose le Canada n'en est pas une que j'enseignerais volontiers à mes enfants.
La réconciliation implique de rendre ce que nous avons pris en trop. Elle implique l'atteinte d'un équilibre. J'ai entendu des critiques dire que nous sommes tous des Canadiens, que nous devrions tous être traités également et qu'il ne devrait pas y avoir de traitement de faveur. Cela fonctionne seulement si tout le monde reçoit un traitement égal.
Je ne débiterai pas de statistiques pour illustrer la disparité existante. Nous les connaissons déjà. Ce qu'elles signifient, c'est que nous devons faire mieux. Nous devons prendre des mesures concrètes et mener de vraies négociations qui permettent d'arriver à une égalité entre toutes les parties.
Au Canada, le droit à la consultation implique un consentement préalable, libre et éclairé. Cela signifie que l’enjeu doit être ramené à l’échelle individuelle et que l’échantillon des personnes qui sont consultées doit adéquatement refléter la voix des peuples autochtones. Il ne s’agit certainement pas d’accorder la priorité à la voix des organismes ou des entreprises qui détiennent le plus de pouvoir et d’influence au sommet.
Quand le Canada persiste à ignorer les voix des membres des collectivités locales, des chefs traditionnels et héréditaires, la rue s'agite.
Il ne faut pas blâmer les manifestants pour le retard pris par certains projets énergétiques comme le projet Coastal Gaslink ou la fracturation au Nouveau-Brunswick, mais plutôt l'aveuglement volontaire des acteurs présents dans ces dossiers dès le début, qui n'ont pensé que l'opinion des Autochtones ne comptait qu'après coup. Je trouve très encourageant qu'on ait privilégié l'opinion des Autochtones, mais on m'excusera si je reste méfiante.
J'ai été heureuse d'entendre le mandat de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones dans le discours du Trône.
J’avais espoir que ces mots signifiaient qu’un réel changement était imminent.
Néanmoins, au cours des dernières semaines, nous avons vu la manière dont le gouvernement s'est comporté sur le territoire non cédé des Wet'suwet'en. Cela rappelle beaucoup la réaction du gouvernement précédent en 2014, chez moi, quand des chefs traditionnels de la nation elsipogtog-micmac ont construit un camp pour empêcher une entreprise de fracturation de souiller la terre et l'eau. À l'époque, seuls la députée de Saanich—Gulf Islands, du Parti vert du Canada, et David Coon, du Parti vert du Nouveau-Brunswick, s'étaient rangés aux côtés des chefs héréditaires et traditionnels micmacs.
Les pratiques coloniales déplorables de la GRC qui ont mené au démantèlement d’une manifestation pacifique ont fait les manchettes à l’échelle nationale.
Je suis directement concernée par cette histoire, parce que j'ai dû assister à l'arrestation d'un membre de ma famille, un chef traditionnel, qui s'est retrouvé les mains attachées par des liens autobloquants alors qu'il célébrait une cérémonie du calumet.
Beaucoup a changé depuis 2014. La Commission de vérité et réconciliation a fait connaître ses conclusions. Le Canada est revenu sur son opposition à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et travaille à l'inscrire dans le droit canadien.
La Commission d'enquête sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a publié son rapport final, qui comprend les témoignages de 2 380 survivantes et de membres des familles des personnes disparues.
Je suis fière d’être membre d’un parti qui comprend ce que cela signifie réellement et qui ne renonce pas à ses engagements envers la nécessité de travailler sans relâche à la réconciliation partout au pays.
Malheureusement, le Canada semble en voie de répéter les mêmes erreurs que celles qu'il commet depuis des générations, les mêmes erreurs que celles qu'il a commises en 2014.
Même si j'appuie en partie les paroles du discours du Trône, j'ai peu d'espoir que le gouvernement libéral comprenne ses responsabilités ou mette en œuvre les changements qui s'imposent.
Je crois fermement que lorsque nous établirons une véritable relation de nation à nation avec les peuples autochtones, notre relation avec la Terre mère se portera beaucoup mieux.
L'amélioration de notre relation avec les Autochtones est un pas en avant dans la lutte contre les changements climatiques.
Plus tôt aujourd'hui, mes collègues du Parti vert ont tous deux parlé de l'urgence de la lutte contre les changements climatiques. Des circonscriptions de part et d'autre du Nouveau-Brunswick ont connu des inondations historiques ces deux dernières années. Les réseaux hydrographiques y sont surchargés. La neige s'accumule dans nos forêts. Nos terres humides et nos zones tampons sont compromises. On observe une hausse des précipitations. Tout indique que nous connaîtrons une autre saison des inondations difficile ce printemps.
Il faut intervenir. Le premier ministre et le gouvernement en sont conscients. Je veux qu'ils sachent que je suis résolue à travailler avec eux pour faire progresser l'adaptation aux changements climatiques et faciliter la transition rapide qui s'impose pour notre économie.
Je m'arrête là-dessus quelques instants.
Je suis si excitée par les possibilités qui s'offrent à nous dans la nouvelle économie. Nous savons que nous devons mettre un terme à notre dépendance aux combustibles fossiles et je suis convaincue que nous pouvons le faire tout en aidant les travailleurs à réorienter leur carrière. Les ressources ont toujours été le moteur de notre économie et elles le demeureront. Il suffit de regarder l'abondance des ressources que nous avons à offrir pour la production d'énergie renouvelable: nos longues heures d'ensoleillement l'été, nos réseaux hydrographiques puissants partout au pays, nos belles forêts, et chez moi, au Nouveau-Brunswick, les plus hautes marées du monde.
Cette nouvelle économie porte en elle la promesse de nouveaux emplois pour les électriciens, les mécaniciens, les fabricants, les chauffeurs de camion et bien d'autres.
Au Nouveau-Brunswick, les entreprises du secteur des énergies renouvelables accomplissent déjà des choses étonnantes, se révélant des chefs de file, partageant leur savoir et accroissant leur capacité. L'une d'elles, à Fredericton, dans le domaine de l'énergie solaire, a déjà formé 200 personnes en installation de panneaux solaires, dont la moitié travaillait avant dans le secteur des sables bitumineux, en Alberta.
Il s'agit d'une occasion qui permettra de réunir les familles néo-brunswickoises. Du même coup, cela permettra aux travailleurs et aux travailleuses de prendre part à l'économie du futur.
Les habitants de ma circonscription sont prêts à prendre part à la nouvelle économie et ils ont hâte de réduire leur propre pollution par le carbone. Il en tient au gouvernement de leur montrer la voie de l'avenir.
Qu'a-t-on prévu pour développer le transport en commun et inciter les gens à se procurer un véhicule électrique? Qu'a-t-on prévu pour aider les Canadiens ordinaires à rendre leur maison la plus efficiente possible pour...
Voir le profil de Alexandra Mendès
Lib. (QC)
Je suis désolée, mais le temps de parole accordé est expiré.
Nous passons aux questions et observations. Le député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan a la parole.
Voir le profil de Garnett Genuis
PCC (AB)
Madame la Présidente, c'est avec plaisir que je vous félicite de vous être jointe à l'équipe des occupants du fauteuil et que j'offre mes meilleurs voeux à la nouvelle députée.
Étant donné que la députée vient d'une circonscription qui dépend fortement du secteur de l'énergie, j'imagine qu'elle partage mon avis dans certains dossiers, mais pas dans d'autres. Je ferai remarquer que le secteur canadien de l'énergie est très important pour ma province ainsi que pour la sienne.
La consommation des hydrocarbures ne cessera pas dans un avenir prévisible. À l'heure actuelle, les Néo-Brunswickois ont des emplois liés à l'importation de pétrole étranger aux prix mondiaux. Tant qu'il y aura du raffinage dans la province de la députée, ne serait-il pas logique et préférable de relier le pays d'un océan à l'autre par des pipelines afin que le pétrole de l'Ouest canadien puisse créer des emplois et offrir de bonnes perspectives économiques au Nouveau-Brunswick et dans d'autres régions de l'Est du Canada?
Étant donné que le secteur de l'énergie existe et que nous importons actuellement du pétrole étranger dans l'Est du Canada, pourquoi ne pas saisir l'occasion pour miser davantage sur les innovations canadiennes afin de favoriser la croissance et le développement et d'améliorer le bilan environnemental du Canada?
Voir le profil de Jenica Atwin
PV (NB)
Voir le profil de Jenica Atwin
2020-01-27 16:19 [p.509]
Madame la Présidente, nous avons été critiqués par certains, qui estiment que nous ne pouvons pas tout arrêter d'un coup et qu'il faut y aller progressivement. Nous sommes d'accord. Personne ne parle de tout arrêter d'un coup. Nous sommes conscients que nous devons acheminer une partie des ressources qui dorment sous terre jusqu'aux marchés. Nous estimons seulement qu'il y a d'autres moyens de procéder qu'un pipeline. Les infrastructures existantes sont tout à fait capables de répondre à la demande énergétique actuelle. Plus les énergies renouvelables prendront de place, plus nous pourrons nous affranchir de notre dépendance aux hydrocarbures. Je ne vois tout simplement pas pourquoi nous aurions besoin de ce pipeline.
Je ne suis pas non plus d'accord avec le député quand il prétend que nous pourrons cesser d'acheter du pétrole étranger si nous relions le Centre du pays avec les côtes Est et Ouest. Nous devrons continuer de nous tourner vers l'extérieur. En fait, j'aimerais bien voir concrètement à quoi ressemble ce fameux plan dont on nous parle tant. Je veux qu'on me dise précisément à quoi nous pouvons nous attendre.
Je serai toujours sensible à ce qui se passe dans la province du député, et ses concitoyens et lui peuvent compter sur mon soutien, mais pas si c'est pour construire de nouveaux pipelines.
Voir le profil de Mark Gerretsen
Lib. (ON)
Voir le profil de Mark Gerretsen
2020-01-27 16:20 [p.509]
Madame la Présidente, je félicite la députée pour son tout premier discours. J'aimerais maintenant revenir sur quelques-uns de ses propos. Elle a commencé par dire qu'elle a beaucoup aimé le discours du Trône pour son contenu et pour ce qu'il a à offrir. Or, à cause de l'interprétation qu'elle fait de ce qui s'est passé au cours des quatre dernières années, elle semble toutefois hésiter à lui donner son appui.
J'aimerais savoir ce qu'elle en pense: ne vaut-il pas mieux tenter de trouver ensemble des points qui nous rassemblent? Ne vaut-il pas mieux faire assez confiance à l'autre pour le laisser présenter ses idées au reste de la Chambre?
Compte tenu de tout ce que la députée vient de dire, ne devrait-elle pas à tout le moins appuyer le discours du Trône, malgré les réserves que lui inspire sa perception des quatre dernières années?
Voir le profil de Jenica Atwin
PV (NB)
Voir le profil de Jenica Atwin
2020-01-27 16:21 [p.509]
Madame la Présidente, je me suis dit que le discours du Trône représentait le Canada tel que je voudrais qu'il soit et le genre de gouvernement que j'aimerais appuyer. Cependant, demander des comptes au gouvernement concernant les mesures qu'il a prises au cours des quatre dernières années fait certainement partie du processus actuel. Je ne peux plus me contenter de croire les libéraux sur parole.
Ma collègue de Saanich—Gulf Islands a lu des extraits du discours du Trône de 2015. On ne nous fera pas croire que cette fois-ci, nous devons tenir pour acquis que le gouvernement tiendra parole.
Même si je veux vraiment offrir mon appui, même si je suis convaincue que le discours est excellent et bien intentionné et même si je crois que le gouvernement est de bonne foi lorsqu'il parle de réconciliation et de lutte contre les changements climatiques, il reste qu'il continue de rater la cible. Il faut un gouvernement qui réussit enfin à atteindre la cible parce que le temps presse. J'ai deux jeunes enfants qui ont besoin de pouvoir vivre dans le monde de demain et d'y trouver de l'air pur et de l'eau potable.
Voir le profil de Alistair MacGregor
NPD (BC)
Madame la Présidente, je me rappelle ma visite à Fredericton en 2016. J'étais alors remplaçant au Comité spécial sur la réforme électorale. C'était formidable de voir l'appui solide des gens là-bas. Je sais que la députée est déçue des observations précédentes, comme je le suis moi aussi.
J'ai rencontré des entrepreneurs en énergie renouvelable qui se spécialisaient en énergie marémotrice. J'aimerais que la députée nous parle de quelques-uns des projets énergétiques dans la baie de Fundy. Des opérateurs m'ont raconté que les marées étaient si fortes qu'elles avaient brisé leur premier prototype. Je me demande si la députée pourrait nous en dire plus sur les projets d'énergie renouvelable de ce type.
Voir le profil de Jenica Atwin
PV (NB)
Voir le profil de Jenica Atwin
2020-01-27 16:23 [p.509]
Madame la Présidente, cette turbine demeure au fond de l'océan, au large de nos côtes. Nous étions prêts à employer la technologie pour exploiter le potentiel énergétique exceptionnel des marées. J'aimerais que l'on rattrape notre retard sur le plan technologique.
Les éoliennes marines ont également beaucoup de potentiel, mais il faut aussi collaborer avec les provinces et mettre en place un cadre de réglementation. Il faut que le gouvernement soit prêt à appuyer nombre de ces changements. Bien des projets prometteurs peuvent être mis en œuvre et sont prêts à être déployés. Pourtant, nous continuons d'investir dans de vieilles infrastructures désuètes qui empêchent les Canadiens d'avancer.
Voir le profil de Garnett Genuis
PCC (AB)
Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec le député de Kenora.
En cette 43e législature, je suis heureux de prendre la parole au sujet du programme du gouvernement tout en présentant ma vision et mes priorités pour la législature en cours.
Je représente Sherwood Park—Fort Saskatchewan, une circonscription de l'Alberta située sur le territoire du Traité no 6, où se trouve un lieu de rencontre et de passage traditionnel pour les Cris, les Saulteaux, les Pieds-Noirs, les Métis, les Dénés, et la nation sioux des Nakota.
Fort Saskatchewan est une collectivité dont l'histoire remonte au XIXe siècle. C'était à l'origine un fort de la police montée. La collectivité a été reliée au chemin de fer transcontinental en 1905. Les gens de Fort Saskatchewan sont fiers de leur passé et de leur présent.
Sherwood Park et l'endroit où je vis, Strathcona County, sont des collectivités qui, sur le plan politique et culturel, ont évolué de façon distincte en banlieue d'Edmonton. La grande région municipale de Strathcona County comprend la grande collectivité urbaine de Sherwood Park ainsi que nombre de hameaux, de terres agricoles et de fermes. Qu'on aime la ville ou les régions rurales, Strathcona County est un endroit formidable où vivre, travailler et élever une famille.
Toute ma circonscription dépend largement du secteur de l'énergie, plus particulièrement des activités de raffinage et de valorisation en aval qui permettent de transformer les produits extraits en articles de maison de tous les jours.
Tous ceux qui s'opposent au secteur de l'énergie ne doivent pas oublier qu'il n'y a pas que le carburant des avions et le diésel qui proviennent du pétrole. Ce dernier entre aussi dans la fabrication des brosses à dents, des affiches électorales et de toute une panoplie d'autres choses.
Je me souviens avoir vu des affiches Coroplast en arrière-plan quand la candidature du ministre du Patrimoine canadien a été annoncée. Tout le monde sait qu'il est contre le secteur de l'énergie, mais je suppose tout de même, sans pouvoir en être vraiment certain, qu'il se sert d'une brosse à dents en plastique de temps en temps. Par conséquent, en tant que député du centre industriel du Canada, je tiens à le remercier, de même que d'autres personnes, d'aider au moins certains travailleurs du secteur de l'énergie à conserver leur emploi et à participer à la lutte contre l'halitose.
Je viens de Sherwood Park—Fort Saskatchewan, mais alors que je prends ma place ici, je me rappelle les paroles mémorables d'Edmund Burke, qui a dit aux électeurs de Bristol:
Le Parlement n'est pas un congrès d'ambassadeurs d'intérêts divers et hostiles, c'est l'assemblée délibérative d'une nation, n'ayant qu'un seul et même intérêt en vue, celui du pays; une assemblée qui doit décider, non d'après les préjugés locaux, mais bien d'après le bien général, tel que le conçoit la raison de tous les membres assemblés. Vous choisissez un député, mais, cela fait, votre député n'est plus le représentant de Bristol, il est membre du Parlement.
Ainsi, en tant qu'assemblée délibérante d'une nation, nous mettons le doigt sur ce qui sera, à mon avis, le plus grand défi de la 43e législature: l'unité nationale. Pour moi, la question de l'unité nationale est très vaste. Oui, elle concerne la façon dont nous nous y prenons pour faire en sorte que les différentes régions du pays mettent leurs différends de côté, mais elle concerne aussi la façon dont nous nous y prenons pour arriver à la réconciliation et à la solidarité en dépit d'autres différends.
Le Canada doit être un pays ou les gens ont un sentiment d'appartenance à une seule nation, peu importe leurs croyances, leur culture ou leur langue maternelle. Nous formons une communauté de communautés au sein de laquelle il y a une place pour les différents liens qui soudent ces communautés, mais où ces liens sont transcendés par la création de la communauté nationale en vue de réaliser des engagements conjoints et d'établir un patrimoine collectif intégré et une solidarité unificatrice.
Récemment, j'ai lu Sybil, un magnifique roman de l'ancien premier ministre britannique Benjamin Disraeli. Je n'avais jamais lu un livre qui combinait une trame narrative romantique aussi sublime avec des théories politiques provocatrices aussi importantes. J'en recommande la lecture à tous les députés. Avant que le député de Spadina—Fort York ne me le demande, oui, il y a une édition du livre avec illustrations.
Dans les années 1840, alors que Benjamin Disraeli écrivait son roman, il s'est aperçu que la société était divisée en classes sociales. La séparation des citoyens en différentes catégories ne découlait pas principalement des différences au niveau de la productivité économique, mais plutôt des moments de conquête, notamment l'invasion normande et la quasi-conquête de la réforme anglaise, lors de laquelle les vastes terres ecclésiastiques auparavant disponibles pour des usages communs ont été réattribuées aux amis bien branchés et riches du nouveau régime religieux.
Ce processus de redistribution, qui saisissait les terres des gens ordinaires pour les redistribuer aux gens riches et bien placés, faisait participer les nouveaux propriétaires des terres à la réussite du nouveau système et créait ainsi une nouvelle oligarchie qui pouvait à la fois s'opposer au monarque et opprimer le peuple.
Cela semble être le point de vue de Disraeli sur son pays à l'époque, mais il demeure profondément pertinent dans le Canada d'aujourd'hui. Prendre aux gens ordinaires et donner aux élites bien branchées au nom du progrès constitue l'un des éléments centraux du programme du Cabinet actuel.
Le marché libre est souvent blâmé à tort pour les privilèges des riches et des personnes bien branchées, qui sont démesurés par rapport aux souffrances des gens ordinaires, alors que le véritable coupable est l'expropriation de la classe moyenne par le gouvernement et les subventions gouvernementales accordées aux personnes bien branchées. L'application inégale de la taxe sur le carbone et les subventions aux supergrappes sont des exemples précis de ce phénomène à notre époque.
Le roman Sybil de Disraeli raconte une histoire d'amour entre Charles Egremont, dont la famille est devenue riche après avoir reçu une part des propriétés religieuses après la réforme anglaise, et Sybil Gerard, une femme catholique de la classe ouvrière qui a l'intention de devenir religieuse.
Au milieu d'une injustice sociale généralisée, il y a des gens bien intentionnés et des gens mal intentionnés des deux côtés de la division prononcée des classes. Disraeli montre comment la compréhension et la solidarité entre les classes, par opposition à la lutte des classes, est la seule voie souhaitable, mais aussi la plus difficile, pour avancer.
La Situation de la classe laborieuse en Angleterre, célèbre ouvrage de Friedrich Engels, a été publié la même année que Sybil. Marx et Engels ont reconnu les mêmes divisions de classe que Disraeli, mais au lieu d'une harmonie intercommunautaire, ils ont plaidé pour l'inévitabilité d'une division accrue et donc pour la légitimité de la lutte des classes. Ils ont soutenu que la hiérarchie des privilèges serait inversée par une dictature des travailleurs.
Les idées de Disraeli étaient à bien des égards plus radicales que celles de Marx et d'Engels. Marx et Engels proposaient de changer les personnes au sommet de la hiérarchie sociale, tandis que Disraeli cherchait à remettre en question la condition morale et le manque de compréhension, de solidarité et d'esprit communautaire ayant conduit à l'injustice en premier lieu.
De même, le problème lié aux guerriers de la justice sociale d'aujourd'hui, c'est qu'ils ne sont pas assez radicaux. Ils cherchent à inverser les structures de privilèges tout en continuant à traiter les gens de façon négative ou positive sur la base de caractéristiques qu'ils ne peuvent pas maîtriser.
Les normes actuelles des guerriers de la justice sociale en matière de culture d'appel, d'éveil et d'inversion des privilèges ne mettent pas l'accent sur les messages vraiment radicaux et beaucoup plus élevés d'unité, de solidarité universelle et de progrès partagé.
La philosophie prônée par Disraeli avait pour nom le conservatisme d'une seule nation. Disraeli voulait rétablir les ponts et la solidarité entre les classes sociales et convaincre toutes les couches de la population de se lancer dans une réforme en profondeur des conditions de vie de la classe ouvrière.
Il faisait partie d'une longue et fière série de chefs conservateurs aux idées réformistes. Je rappelle d'ailleurs que c'est aux conservateurs que l'on doit une bonne partie des grandes réformes qui ont marqué la Grande-Bretagne du XIXe siècle, dont l'abolition de l'esclavage.
Benjamin Disraeli a directement contribué à l'adoption de la Second Reform Act, ou deuxième loi de réformes, qui accordait le droit de vote aux ouvriers britanniques. Il a réussi à prouver que c'est la solidarité, et non la division, entre les groupes sociaux qui permettait le mieux de servir la justice.
Le conservatisme d'une seule nation n'est pas un terme que l'on entend très souvent, mais il s'agit selon moi d'un concept qui pourrait être particulièrement utile au Canada dans le contexte de la 43e législature.
Les divisions qui marquent le Canada ne touchent pas seulement l'économie; elles relèvent aussi des disparités régionales, de l'ethnicité, de la religion et de la religiosité, des valeurs sociales et j'en passe. Comme en Grande-Bretagne, les moments de réconciliation les plus forts de notre histoire ont toujours eu lieu alors que le pays était gouverné par un premier ministre conservateur.
Je pense par exemple à sir John A. Macdonald, qui a su réconcilier les francophones et les anglophones du Canada en plus de relier la côte Est du pays à la côte Ouest. Je pense aussi à Brian Mulroney, qui, après Macdonald, a été le plus près de mener le Canada jusqu'à la réconciliation constitutionnelle nationale. Je pense enfin à Stephen Harper, qui, en reconnaissant les aspirations du Québec, a poussé le Bloc québécois sur les bords de la disparition politique, tout en créant des débouchés partout au pays grâce à la construction de pipelines.
Les conservateurs ont toujours vu le Canada comme une communauté de groupes distincts et ils ont toujours admis que l'on pouvait être attaché à ce qui nous est propre tout en reconnaissant le besoin de valeurs communes.
Le Canada a besoin plus que jamais d'unité nationale, il a besoin de n'être qu'une seule nation, mais le discours du Trône n'a rien pour faire de cette vision une réalité. Il n'y est même pas question des problèmes graves que vivent de nombreuses régions et localités du pays. Il passe complètement sous silence les difficultés du secteur des ressources naturelles, que ce soit en Alberta ou ailleurs au pays, ainsi que la question primordiale du développement économique des Autochtones, alors qu'espoir et croissance économique devraient être les deux mots d'ordre de la réconciliation.
Le discours du Trône ne dit absolument rien des réformes dont le système d'immigration a cruellement besoin, à commencer par les règles sur l'octroi de l'asile, qui doivent être modifiées de toute urgence afin que les organismes privés puissent parrainer des réfugiés vulnérables sans avoir à se soucier des interminables listes d'attente, des plafonds arbitraires et des formalités sans queue ni tête.
Les nouveaux Canadiens attendent un système d'immigration équitable pour ceux qui suivent les règles. À la lumière de ce discours du Trône, ils devront attendre un peu plus longtemps.
Le discours du Trône mentionne l'aspiration du gouvernement à se joindre au Conseil de sécurité des Nations unies, mais il ne mentionne pas les aspirations des gens de partout dans le monde à échapper à l'oppression et à vivre comme nous vivons, avec la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit. Le discours du Trône marque le maintien d'une politique étrangère qui place l'aspiration du gouvernement à se joindre au Conseil de sécurité devant les valeurs fondamentales du Canada.
C'est sans surprise que le discours du Trône ne mentionne pas les menaces qui pèsent sur les libertés fondamentales de nombreux Canadiens, comme la liberté d'expression, d'association, de religion et de conscience.
Notre sens de la solidarité nationale devrait inclure la bonne volonté à l'égard des travailleurs de l'énergie autochtones en Alberta, des fabricants de produits pétroliers francophones en Ontario, des fonctionnaires sikhs à Montréal et des infirmières de soins palliatifs catholiques à Delta.
Il devrait comprendre un souci pour le bien-être, les traditions et les droits de tous les Canadiens. Il ne devrait pas, par exemple, tenter de décider les droits et les souffrances de qui doivent primer. Il devrait plutôt chercher à réconcilier les intérêts et les préoccupations à l'échelle nationale.
Voilà ce que fait un pays quand il se considère vraiment comme une grande nation à laquelle tout le monde appartient. C'est le rôle de la 43e législature, l'assemblée délibérante d'un seul pays.
Voir le profil de Ken Hardie
Lib. (BC)
Voir le profil de Ken Hardie
2020-01-27 16:34 [p.511]
Madame la Présidente, je tiens à demander au député de réfléchir à sa région et au secteur pétrolier. Il l'appelle le secteur de l'énergie, ce qui constitue un problème en soi parce que, quand on utilise le pétrole comme source d'énergie, on le brûle, et, en le brûlant, on contribue aux changements climatiques, c'est du moins ce que de nombreuses personnes croient.
J'aimerais savoir ce que les acteurs de cette industrie disent au député, quand il est dans sa circonscription, au sujet des innovations dans le secteur non énergétique et du genre de choses qui perdureront, comme la brosse à dents dont le député a parlé, et qui sont nécessaires et justifiées dans l'économie.
Voir le profil de Garnett Genuis
PCC (AB)
Madame la Présidente, en réponse aux observations du député, je tiens à souligner qu'en raison de nombreuses politiques du gouvernement, le secteur de l'extraction se bute à toutes sortes d'obstacles qui ont évidemment des répercussions notables sur le secteur manufacturier lié au pétrole, un secteur important dans ma circonscription, sans oublier l'aspect énergétique.
Comme le député le sait déjà, je crois, le secteur de l'énergie regorge d'innovations. De ce côté-ci de la Chambre, nous pensons toutefois qu'il faudrait des politiques responsables qui encourageraient la création de nouvelles technologies dans le secteur de l'énergie. C'est pourquoi nous avons proposé, pendant la dernière campagne électorale, de réduire à 5 % le taux d'imposition des entreprises qui tirent des revenus directs d'un brevet vert.
Il y a déjà du développement, certes, mais un incitatif pour les brevets verts aurait favorisé des améliorations technologiques plus poussées et plus rapides. La voie de l'avenir consiste, selon moi, à encourager à la fois le développement et l'innovation.
Les politiques telles que la taxe sur le carbone proposée par le gouvernement libéral auront malheureusement pour effet de faire fuir les investissements, qui se dirigeront alors vers des pays moins respectueux de l'environnement. De telles politiques n'aideront aucunement le Canada et la communauté internationale à relever les défis environnementaux de notre époque. Elles ne feront que nuire à l'économie canadienne. Nous pouvons toutefois encourager la création de technologies vertes tout en encourageant le développement. Voilà la politique que nous recommandons de ce côté-ci de la Chambre.
Voir le profil de Mark Gerretsen
Lib. (ON)
Voir le profil de Mark Gerretsen
2020-01-27 16:36 [p.512]
Madame la Présidente, j'ai écouté avec plaisir les observations de mon collègue, plus particulièrement certaines des plus savoureuses, comme l'idée que Stephen Harper ait pu décimer le Bloc québécois. J'avancerais que la seule chose que Stephen Harper a décimée, c'est l'ancien Parti progressiste-conservateur, dont il a récupéré l'image de marque pour le transformer en ce que nous considérons maintenant comme l'ancienne Alliance canadienne réformiste du Canada.
Néanmoins, nous avons manifestement ici une divergence d'opinions du député quant au discours du Trône. Tant d'initiatives ont eu un immense succès au cours des quatre dernières années et elles devraient être maintenues, comme prévu dans le discours du Trône et grâce au présent gouvernement.
Le député a abondamment parlé des relations internationales actuelles, mais je me demande s'il pourrait nommer une seule chose dans le discours du Trône qui, peut-être, a sa faveur. Même s'il va voter contre le discours du Trône, je suis curieux de savoir s'il contient ne serait-ce qu'une chose qui lui plaît.
Voir le profil de Garnett Genuis
PCC (AB)
Madame la Présidente, tout d'abord et malgré le fait qu'il s'agisse d'un cliché, je dirai que chacun a droit à son opinion, mais pas à son propre ensemble de faits. Avec tout le respect que je dois aux députés du Bloc québécois, je souligne qu'après un mandat majoritaire de l'actuel premier ministre, le Bloc québécois a connu une résurgence et on constate un regain sans précédent du sentiment séparatiste dans l'Ouest du Canada. Voilà une réalité objective et ce n'est pas la faute de Stephen Harper.
Pendant une période, l'étoile du séparatisme a pâli considérablement un peu partout au pays, et voilà que, tout d'un coup, à la suite de quatre ans de gouvernement libéral durant lesquels on a manqué de respect envers diverses régions du pays et échoué à bâtir l'unité nationale, nous voyons resurgir une verve séparatiste dans plus d'un coin du pays. J'invite le député d'en face à venir visiter ma circonscription et à constater la frustration de ses habitants concernant la situation.
Pour ce qui est d'indiquer un ou deux éléments qui me plaisent dans le discours du Trône, je dirai que le gouvernement y trace les grandes lignes de son programme, ce qu'il fera et ne fera pas, et j'estime qu'il s'engage dans la mauvaise voie.
Dans mon discours, j'ai souligné que le gouvernement ne désigne pas ni ne répond aux principaux problèmes avec lesquels nous sommes aux prises. Cela ne signifie pas pour autant que nous ne serons pas en accord de temps en temps avec les propositions du gouvernement.
Toutefois, la frustration vient du fait que le gouvernement ne semble pas se soucier vraiment des plus grands problèmes auxquels les Canadiens sont confrontés. Beaucoup de ces problèmes ne sont même pas mentionnés.
Voir le profil de Alexandra Mendès
Lib. (QC)
Conformément à l'article 38 du Règlement, je dois faire connaître à la Chambre les questions qu'elle abordera lors de l'ajournement ce soir, à savoir: l'honorable député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan, Les affaires étrangères; l'honorable député de Langley—Aldergrove, Les ressources naturelles; l'honorable député de Nanaimo—Ladysmith, L'environnement.
Nous reprenons le débat. Le député de Kenora a la parole.
Voir le profil de Eric Melillo
PCC (ON)
Voir le profil de Eric Melillo
2020-01-27 16:40 [p.512]
Madame la Présidente, comme c'est mon premier discours. Je tiens à féliciter tous mes collègues de leur élection ou réélection. Je profite de l'occasion pour remercier les habitants de la circonscription de Kenora de m'avoir accordé leur confiance pour les représenter. Je remercie tous les bénévoles et les membres de mon équipe de campagne qui ont travaillé sans relâche pour rendre mon élection possible et tout spécialement mes bons amis et les membres de ma famille qui m'appuient depuis le début. Je tiens à remercier de leur appui mes parents, Joe et Charlene, qui ont toujours été là pour m'aider, et ma conjointe, Danaka, qui a fait preuve d'énormément de courage en relevant les défis que présente la vie publique.
De nombreuses personnes de ma circonscription m'ont fait part de leurs inquiétudes concernant le discours du Trône et son incidence sur le Nord-Ouest de l'Ontario. Ma circonscription est assez particulière. Elle est la plus grande en Ontario sur le plan de la superficie, mais elle est la plus petite sur le plan de la population. Elle compte de nombreuses Premières Nations ainsi que des municipalités, qui ont toutes des préoccupations locales très différentes. Il y a beaucoup de défis à relever dans cette région, allant de l'accès aux services sociaux et aux services de santé à l'accès à Internet à large bande, et on y trouve un mode de vie en butte aux attaques du gouvernement libéral.
Cependant, il existe aussi de nombreuses possibilités dans cette région. Par exemple, des gens du monde entier choisissent Kenora chaque année comme destination touristique. Je sais pertinemment que mon bon ami le député d'York—Simcoe est souvent parmi eux. Dans l'ensemble des secteurs, il y a un potentiel économique inexploité et des citoyens résilients qui travaillent fort pour que notre région continue de croître.
Lorsqu'il est question de croissance et de potentiel économique, les résidants de ma circonscription veulent voir un plan de dépenses responsable de la part du gouvernement, avec comme priorité la création de conditions favorables à l'investissement et la réduction du déficit. Cependant, malheureusement, le gouvernement poursuit toujours son plan de hausse fiscale et de dépenses irresponsables, qui fait que le Canada est en retard par rapport aux autres pays du G7. Dans Kenora, nous en ressentons les répercussions. Beaucoup d'entreprises ont de la difficulté à démarrer — ou bien elles ferment leurs portes — et l'industrie s'effrite, ce qui provoque un exode des emplois et des débouchés.
Dans ce contexte, j'ai été particulièrement inquiet de constater que le discours du Trône n'accorde que très peu de soutien au secteur des ressources naturelles. Aucun espoir n'est offert aux mineurs de Red Lake dans ma région et il n'est absolument pas question du bois d'oeuvre ni de notre industrie forestière. En réalité, le gouvernement a un plan qui va restreindre encore plus l'accès aux forêts. Les conservateurs comprennent que la gestion durable des forêts et, plus généralement, la gestion des ressources jouent un rôle de premier plan dans la croissance de l'économie, la protection de l'environnement, et la possibilité de garantir un avenir plus prospère à la prochaine génération.
Je me suis exprimé très brièvement tout à l'heure à propos de notre mode de vie. Je dois préciser que les armes à feu sont des outils importants pour le mode de vie des habitants de ma circonscription. Qu'il s'agisse des tireurs sportifs membres d'un club de tir ou des chasseurs qui ont besoin de leur arme pour nourrir leur famille, c'est un enjeu qui rassemble des gens de tous les horizons au sein de ma circonscription. J'ai même entendu de nombreuses personnes qui ne possèdent pas d'armes à feu s'inquiéter de l'effet de cette interdiction générale et excessive voulue par le gouvernement. Les experts s'accordent tous pour dire que cette interdiction ne permettra aucunement de lutter contre des phénomènes très importants qui affligent nos villes, comme les crimes commis à l'aide d'armes à feu et la violence liée aux gangs. En fait, dans ma circonscription, une telle interdiction pourrait faire en sorte que les résidants des régions rurales et éloignées se sentent moins en sécurité.
J'ai visité récemment la Première nation de Fort Severn. Il s'agit de la communauté la plus septentrionale de l'Ontario et elle se trouve juste au bord de la baie d'Hudson. Elle n'est accessible que par avion, par barge ou par une route de glace lorsque les conditions météorologiques le permettent. Les résidants de cette communauté comptent sur leurs armes à feu pour subvenir aux besoins de leur famille, surtout si on considère le coût de la vie disproportionnellement plus élevé là-bas. Ils comptent également sur leurs armes à feu pour se protéger contre les ours et d'autres animaux sauvages dangereux qui vivent à proximité, mais la plupart du temps, qui rôdent dans la communauté.
J'ai parlé directement avec des résidants qui disent craindre que l'expression ambiguë « arme à feu de type militaire » leur fasse perdre leur droit de garder leurs armes à feu et compromette leur mode de vie et leur sécurité. Les libéraux ne nous ont pas encore dit ce qu'ils entendent par « de type militaire ». Je pense que les Canadiens méritent de connaître la définition exacte afin de connaître les intentions du gouvernement et d'avoir un débat réfléchi et factuel quant à la meilleure façon de lutter contre la violence liée aux armes à feu. Pour dire les choses simplement, nous devons cibler les criminels et non les chasseurs et les tireurs sportifs respectueux de la loi.
Les communautés rurales et isolées sont également confrontées à des difficultés uniques en ce qui concerne l'accès à Internet. L'absence d'un Internet à haute vitesse fiable empêche les Canadiens des régions rurales d'accéder à l'information, de recevoir des services et d'être compétitifs dans l'économie canadienne. L'accès à large bande en milieu rural doit être une priorité pour que les étudiants, les travailleurs et les chefs d'entreprise puissent participer à la société sur un pied d'égalité.
Comme beaucoup de gens de la circonscription de Kenora, je suis déçu que le discours du Trône n'ait pas mentionné la connectivité des régions rurales. De nombreux habitants de ma circonscription se sont sentis ignorés. Je pense que jusqu'ici, mes observations en témoignent très clairement.
Cependant, j'ai été ravi de constater que la réconciliation est l'une des priorités du gouvernement. Dans ma circonscription, les collectivités des Premières nations et du Nord sont sous-financées et manquent de ressources. Elles doivent avoir accès à des services de santé et à des services sociaux. Elles ont besoin d'investissements dans les infrastructures pour réparer les réseaux d'alimentation en eau et les maisons infestées de moisissures. Elles doivent avoir accès à des soins médicaux et de santé mentale, et à des traitements contre la toxicomanie.
J'espère pouvoir travailler de manière productive avec le gouvernement pour fournir des résultats concrets à ces collectivités. Malheureusement, c'est l'un des dossiers dans lesquels le gouvernement joint rarement le geste à la parole. Je crois vraiment que dans cette situation de gouvernement minoritaire, nous avons une occasion extraordinaire de collaborer pour apporter de l'aide concrète.
J'en profite pour dire au ministre des Services aux Autochtones que je suis impatient de travailler avec lui pour atteindre des résultats pratiques. J'apprécie sa détermination et sa collaboration dans des dossiers importants pour ma circonscription. J'espère que nous allons conserver la relation de travail positive que nous avons.
Ce discours mentionne également un élément qui est important pour moi, à savoir des investissements ambitieux dans les infrastructures. J'exhorterai le gouvernement à faire de l'élargissement à quatre voies de la Transcanadienne, à partir de la frontière manitobaine jusque dans ma circonscription, Kenora, une priorité absolue. Ce n'est pas simplement un enjeu local; c'est une question d'intérêt national. Lorsqu'il y a un accident sur la Transcanadienne dans ma circonscription, c'est toute notre économie qui est paralysée. Notre pays est littéralement coupé en deux. L'état de ces routes est notoirement dangereux. Ce projet est extrêmement important pour la sécurité de tous les automobilistes.
De plus, ce projet de construction réduirait les obstacles à l'activité économique de la région et permettrait les développements futurs. Il nécessitera un financement de tous les ordres de gouvernement.
C'est ce qui conclut mes commentaires, mais avant de terminer, j'aimerais remercier le Président de m'avoir donné l'occasion de m'adresser à la Chambre pour lui faire part de mes réflexions et de certaines des préoccupations de mes électeurs concernant le discours du Trône. Je crois que les priorités du Nord-Ouest de l'Ontario peuvent et doivent être beaucoup mieux représentées dans le discours du Trône et dans le programme du gouvernement. Ma circonscription et ma région ont beaucoup de potentiel, mais le gouvernement doit être en mesure de travailler de manière constructive pour leur apporter le soutien et les investissements dont elles ont besoin pour fonctionner de nouveau normalement.
Voir le profil de Louis Plamondon
BQ (QC)
Madame la Présidente, j'ai écouté attentivement le discours de mon honorable confrère. Je partage beaucoup de ses points de vue.
Cependant, il m'a surpris lorsqu'il a parlé du problème de l'industrie forestière. Il a dit que le gouvernement était très peu généreux envers les compagnies forestières et pour le développement de ce secteur névralgique dans son coin de pays, le Nord de l'Ontario.
Je me souviens que, lors de la crise de 2008, le gouvernement conservateur avait décidé avec raison d'investir 10 milliards de dollars pour sauver l'industrie de l'automobile. Ces prêts n'ont jamais été remboursés. Chrysler, par exemple, a reçu un prêt de 4 milliards de dollars et cette dette a été effacée. Le gouvernement avait acheté des actions de General Motors, qu'il a revendues à perte.
À la même période, l'industrie forestière traversait elle aussi une crise énorme. Pourtant, le gouvernement conservateur n'y avait investi que 75 millions de dollars, alors qu'elle employait 600 000 travailleurs, contre 400 000 dans l'industrie automobile.
Mon collègue n'a-t-il pas l'impression que le Parti libéral continue la politique du Parti conservateur?
Voir le profil de Eric Melillo
PCC (ON)
Voir le profil de Eric Melillo
2020-01-27 16:49 [p.514]
Madame la Présidente, je ne peux pas parler de manière précise de la crise de 2008 parce que j'avais à peine 10 ans cette année-là. Toutefois, je sais que le plan du gouvernement de restreindre encore plus l'accès aux forêts compliquera grandement la vie des travailleurs forestiers de ma région.
De ce côté-ci de la Chambre, les conservateurs comprennent que la gestion responsable des forêts contribuerait à réduire les émissions de carbone grâce à la plantation d'arbres et à la séquestration d'une plus grande quantité de carbone. Cela fournirait de bons emplois aux habitants de ma circonscription et aux Canadiens de l'ensemble du pays. J'espère pouvoir travailler avec tous les partis représentés à la Chambre pour appuyer le secteur forestier.
Voir le profil de Mark Gerretsen
Lib. (ON)
Voir le profil de Mark Gerretsen
2020-01-27 16:50 [p.514]
Madame la Présidente, je félicite mon collègue de son premier discours à la Chambre.
Il a parlé pendant un certain temps des armes à feu et du plan du gouvernement à cet égard. Le gouvernement a parlé d'interdire les armes d'assaut militaires. En effet, personne n'a réellement besoin de se promener avec des armes à feu conçues pour tuer des gens ni d'en posséder. Bon nombre de personnes prétendent que ces armes à feu sont déjà interdites, mais beaucoup d'entre elles ne le sont pas. Elles sont uniquement à autorisation restreinte, et il existe une différence entre des armes à feu interdites et des armes à autorisation restreinte.
Nous estimons essentiellement que les gens n'ont pas besoin d'avoir de telles armes. De nombreux chasseurs partagent cet avis. Mon beau-père et mes oncles sont des chasseurs. Ils diront la même chose que nous, à savoir qu'il n'est pas nécessaire de posséder une arme de style militaire pour pratiquer la chasse sportive.
Le député convient-il que la vaste majorité des honnêtes citoyens qui se servent d'armes à feu d'une manière respectueuse des lois, à des fins sportives ou récréatives, seraient d'accord pour dire que ce type d'armes à feu n'est pas nécessaire?
Résultats : 1 - 100 de 715 | Page : 1 de 8

1
2
3
4
5
6
7
8
>
>|
Exporter en: XML CSV RSS

Pour plus d'options de données, veuillez voir Données ouvertes