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PCC (NS)
Madame la Présidente, c'est toujours un grand honneur de prendre la parole à la Chambre au nom de gens de ma circonscription, South Shore—St. Margarets.
Aujourd'hui, nous débattons du projet de loi C‑8, Loi portant exécution de certaines dispositions de la mise à jour économique et budgétaire déposée au Parlement le 14 décembre 2021 et mettant en œuvre d’autres mesures, à l'étape du rapport. Autrement dit, nous débattons de nouvelles dépenses gouvernementales sur la COVID‑19. Examinons les dépenses liées à la COVID qui sont prévues jusqu'à maintenant par le NPD et le Parti libéral dans le projet de loi. Dans sa mise à jour économique de l'automne, le gouvernement a ajouté 70 milliards de dollars de nouvelles dépenses, et ces dépenses s'ajoutent à cela. Les 70 milliards de dollars que j'ai mentionnés n'incluent même pas les promesses électorales des libéraux, ce qui représentera des dizaines de milliards de plus si, et j'insiste sur le mot « si », le gouvernement néo-démocrate—libéral respecte ses promesses électorales et se montre à la hauteur de sa coalition. Le projet de loi ajouterait 70 milliards de dollars à ce que nous avons vu dans les comptes publics, soit une dette de 1,4 billion de dollars que les contribuables canadiens doivent maintenant assumer. Pensons-y: 70 milliards de dollars supplémentaires, en plus des 1,4 billion de dollars qui ont déjà été ajoutés jusqu'à maintenant.
On dit qu'il faut connaître l'histoire pour ne pas la répéter. Je suppose que le gouvernement actuel ne connaît pas l'histoire, car s'il la connaissait, il verrait que le fils répète les erreurs du père. Pour comprendre l'incidence de ce projet de loi et de ces dépenses sur l'économie, jetons un coup d'œil à ce que le père a fait. Cela nous indiquera ce à quoi le pays devra faire face dans les années à venir en raison de la mauvaise gestion financière du père et du fils.
Lors des élections fédérales de 1968, Pierre Trudeau a rassuré les Canadiens en leur disant qu'un gouvernement libéral n'augmenterait ni les impôts ni les dépenses, car le gouvernement n'est pas le père Noël. Qu'est-ce que cela a donné?
Lorsque Pierre Trudeau est devenu premier ministre, les dépenses réelles du gouvernement sont passées de 17 % à 24,3 % du PIB. En d'autres termes, la part du gouvernement fédéral dans l'économie a augmenté de 42 % à cette époque. Tous les postes de dépenses du gouvernement fédéral ont augmenté sous Trudeau père, sauf les dépenses en défense, qu'il a réduites de moitié pour ce qui est de leur pourcentage du budget. Lorsque Pierre Trudeau est arrivé au pouvoir, nous dépensions plus pour la défense nationale que pour le service de la dette du pays. Lorsqu'il a quitté le pouvoir en 1984, pour chaque dollar consacré à la défense, nous dépensions trois dollars uniquement pour payer les intérêts sur la dette nationale.
Comment a-t-il fait? Il a créé 114 agences et commissions, en plus de sept nouveaux ministères gouvernementaux, pour un total de 464 sociétés d'État ayant 213 filiales. Le déficit annuel a grimpé à près de 40 milliards de dollars. Cette somme ne semble pas tellement déraisonnable, étant donné les dépenses que nous avons vues dernièrement à la Chambre. Cependant, ces 40 milliards de dollars représentaient le déficit sur un budget de base, c'est-à-dire un budget annuel du gouvernement du Canada de 100 milliards de dollars.
Si j'en parle, c'est parce que je connais le dicton, « tel père, tel fils ». Pierre Trudeau a déjà dit, « nous allons instaurer le socialisme ici ». Et bien, c'est ce qu'il a fait, et son fils vient de l'officialiser.
Les gens qui ont grandi dans les années 1930, comme Pierre Trudeau, ont été témoins du New Deal du président Roosevelt, un programme de dépenses massives d'infrastructure visant à sortir les États-Unis de la crise des années 1930. Ils pensaient que cette approche permettrait de sortir le Canada de la « stagflation » des années 1970 qui, pour ceux qui ne s'en souviennent pas, combinait une forte inflation à un taux de chômage élevé et à une stagnation de la demande dans l'économie. Ce fut désastreux.
La situation est devenue si grave que Pierre Trudeau a fini par imposer le contrôle des prix et des salaires. Il a déclaré « Zap! Vous êtes gelés », et il a gelé tous les salaires et les prix. Lorsque ce contrôle socialiste des prix et des salaires a été levé, il y a eu un déluge de demandes de hausses salariales, et je ne parle pas des rajustements de prix. Lorsque Pierre Trudeau a quitté le pouvoir, 38 ¢ sur chaque dollar perçu en taxes et en impôts par le gouvernement du Canada étaient consacrés au remboursement des intérêts, et seulement des intérêts, sur la dette. Le remboursement des intérêts sur la dette accumulée par Pierre Trudeau était le programme gouvernemental qui monopolisait le plus de ressources. En 1984, le gouvernement a dépensé davantage pour rembourser les intérêts sur la dette que pour les programmes en matière de défense et de santé combinés. Les politiques de dépenses massives de Trudeau ont mené à une hausse rapide des taux d'intérêt afin de tenter de réduire l'inflation. Toutes ces dépenses gouvernementales n'ont fait qu'empirer les choses.
Au début des années 1980, les banques offraient des prêts hypothécaires résidentiels à des taux d'intérêt annuels de 21 %. En 1984, lorsque Brian Mulroney est arrivé au pouvoir et que je me suis joint au gouvernement en tant que jeune membre du personnel, nous avons dû mettre un frein à ce cycle de dépenses et de déficits qui tuait l'économie et les emplois. En 1987, la gestion de M. Mulroney avait permis de ramener la situation du gouvernement en excédent de fonctionnement. Il avait inversé les déficits structurels créés par les libéraux. Les déficits encourus après 1987 ont été entièrement dus au remboursement des intérêts sur la dette de Pierre Trudeau.
Le gouvernement est resté en excédent de fonctionnement sous divers premiers ministres jusqu'à l'arrivée du gouvernement libéral actuel. Le gouvernement Mulroney a contrôlé les dépenses et fondamentalement restructuré l'économie grâce à une nouvelle façon d'aborder la situation économique de l'époque. Il a procédé à des changements fondamentaux, comme la restructuration complète du secteur canadien des services financiers; la signature de la toute première entente de libre-échange au monde; le remplacement de la taxe de 13,5 % sur les ventes des fabricants par la taxe de 7 % sur les produits et services; l'élimination du Programme énergétique national et de l'Agence d'examen de l'investissement étranger, qui était extrêmement nuisible aux emplois; et oui, la privatisation de 23 sociétés de la Couronne — y compris Air Canada — à laquelle j'ai été fier de participer.
Le gouvernement Chrétien avait poursuivi le travail en faisant de plus amples compressions budgétaires, mais il avait adopté une approche différente. Il avait intégré la caisse de l'assurance-chômage — alors une enveloppe distincte — au Trésor. Puis, il avait maintenu les cotisations à un niveau artificiellement élevé pour engranger des surplus, dont le pays n'avait pas besoin pour payer les prestations d'assurance-emploi, et il les avait utilisés pour rembourser la dette. Enfin, le gouvernement Chrétien avait réduit de 50 % les dépenses du gouvernement au titre des soins de santé.
Les gouvernements qui ont été portés au pouvoir par la suite ont mis plus de 25 ans à venir à bout de la dette accumulée en raison des dépenses désastreuses de l'administration Trudeau, mais le père était relativement inoffensif en comparaison du fils. En six ans, le gouvernement dirigé par Trudeau fils a fait grimper la dette publique du Canada à des sommets inégalés par un gouvernement depuis la fondation de notre pays en 1867. Pourtant, en 2015, ce même fils avait promis de petits déficits liés à des mesures de relance et un retour à l'équilibre budgétaire au plus tard en 2019. Comme son père l'avait fait en 1968, quand il avait dit qu'il n'augmenterait pas les dépenses, le fils a fait la même promesse en 2015. On connaît maintenant la suite.
Pendant sa première ronde de dépenses liées à la COVID, le gouvernement a envoyé 600 millions de dollars à des jeunes du secondaire qui vivaient chez leurs parents. Il a aussi envoyé des Prestations canadiennes d'urgence d'une valeur totale de 11,8 milliards de dollars à des jeunes de 15 à 24 ans vivant chez leurs parents et 7 milliards de dollars à des conjoints faisant partie d'un ménage dont le revenu dépassait les 100 000 $. Il a aussi consacré 110 milliards de dollars à la Subvention salariale d'urgence du Canada. Certaines études ont permis de déterminer que des entreprises en difficulté avaient reçu des prestations, de toute évidence, mais que beaucoup d'entreprises étaient assez solides pour s'en tirer seules; 24 % de ces sommes sont allées à des entreprises dont les revenus ont augmenté pendant la pandémie, et 49 %, à des entreprises dont les profits ont augmenté pendant la pandémie.
Ces dépenses de plus de 600 milliards de dollars en deux ans et les trois milliards de dollars d'argent frais imprimés chaque semaine ont mené à l'inflation structurelle que nous voyons actuellement, qui atteint près de 6 %. D'ici un an ou deux, nous verrons l'amorce d'une inflation salariale puisque les entreprises, syndiquées ou non, déterminent généralement les augmentations de salaire des employés en fonction de l'inflation. Les sociétés cotées en bourse augmenteront le salaire des employés de tous les niveaux, puisque les consultants et le conseil des ressources humaines diront que ces augmentations sont nécessaires pour que leurs employés n'aillent pas travailler chez un concurrent. À cela s'ajouteront les demandes visant à rajuster les conventions collectives en fonction de l'indice des prix à la consommation, et tout cela entraînera une inflation salariale. Nous n'avons encore rien vu. L'inflation salariale exacerbera encore l'inflation du prix des biens, puisqu'il y aura plus d'argent dans le marché pour acheter des biens limités, ce qui stimulera l'inflation.
Tous ces programmes gouvernementaux universels liés à la COVID ont eu pour conséquence d'injecter dans l'économie de l'argent à un niveau qui n'était pas nécessaire, tout comme les nouveaux programmes sociaux mis en place, alors que le gouvernement ne finance pas adéquatement les soins de santé, aggraveront le déficit structurel du pays. Le gouvernement n'a aucun plan pour réduire l'empreinte du gouvernement sur l'économie, ce qui signifie que nous nous dirigeons vers une période de stagnation comme celle des années 1970.
Je ne peux pas appuyer le projet de loi C-8 et le budget déposé récemment, parce qu'ils empireront radicalement les finances du Canada. Dans leur pacte, les néo-démocrates et les libéraux n'ont pas tenu compte des leçons tirées du pacte qu'ils avaient dans les années 1970. L'histoire se répète. Tel père, tel fils.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Madame la Présidente, il ne fait aucun doute que, si le député de Carleton devient éventuellement chef du Parti conservateur, il a un porte-parole en matière de finances qui sera crédible pour la droite conservatrice. Nous venons d'entendre des propos qui sont le fruit de la mentalité réformatrice d'extrême droite, qui préconise de sabrer partout. Voilà le genre d'opposition à laquelle il faut peut-être s'attendre. Je souhaite bonne chance au député dans ses futures entreprises.
Le Parti conservateur est-il d'avis que les dépenses engagées pour les programmes de soutien, comme la subvention salariale et la Prestation canadienne d'urgence, n'ont pas été judicieuses? Le député pense-t-il que nous n'aurions pas dû emprunter cette voie?
Voir le profil de Rick Perkins
PCC (NS)
Madame la Présidente, je suis toujours surpris par les interventions du député de Winnipeg-Nord, et je suis heureux qu’il pense que je suis un futur ministre des Finances. J’espère qu’il transmettra le message au député de Carleton et à d’autres. Eh bien, je viens de me faire promouvoir au gouvernement.
Comme les députés le savent, nous avons soutenu les programmes au départ parce que la pandémie nous avait frappés de plein fouet. Il est certain que tous les partis soutenaient ces programmes. Cependant, nous en avons fait l’examen un mois plus tard et — souvenez-vous, nous croyions à l’époque qu’ils ne dureraient que très peu de temps, mais ils ont été offerts longtemps — il était temps de passer à des programmes plus ciblés. Il était clair que toutes les entreprises et tous les gens n'étaient pas touchés par la pandémie au même niveau. Le gouvernement a échoué à cet égard, et c’est là le danger des programmes sociaux universels.
Voir le profil de Gabriel Ste-Marie
BQ (QC)
Madame la Présidente, je tiens à remercier mon collègue de son discours et à le féliciter.
En regardant le budget et les projets de loi proposés par le gouvernement, comme le projet de loi C‑8, nous constatons un désir de centralisation tous azimuts. On dirait que le gouvernement ne cherche pas à bien s'occuper de ses dossiers, mais plutôt à toujours aller chez le voisin lui prendre un peu plus de terrain.
Dans le projet de loi C‑8, nous voyons qu'Ottawa va pour la première fois occuper le dernier champ fiscal qu'il n'occupait pas encore, c'est-à-dire l'impôt foncier, même si c'est à de nobles fins. Pourtant, il ne semble avoir consulté ni les municipalités ni les provinces.
Comme son collègue de Simcoe‑Nord, mon collègue croit-il que le gouvernement aurait plutôt dû se présenter au provincial?
Voir le profil de Rick Perkins
PCC (NS)
Madame la Présidente, c’est une longue histoire. J’ai brièvement parlé de l’histoire financière du Parti libéral, qui intervient toujours dans les champs de compétence provinciaux. Mon parti et moi savons que le parti du député se soucie beaucoup de la Constitution et du respect du rôle des provinces, que ce soit sur le plan de l’impôt foncier ou du programme d’assurance-médicaments récemment annoncé, qui est, bien entendu, un autre exemple d’ingérence du Parti libéral dans les responsabilités provinciales.
Il n’y a pas un dollar du Trésor fédéral — qui n’est pas vraiment l’argent du gouvernement, mais celui des contribuables — que les libéraux ne veulent pas affubler d’un drapeau canadien et dépenser. Plutôt que de laisser les provinces s’en occuper, ils préfèrent ignorer la Constitution et intervenir dans tous les champs de compétence pour leur propre gain et à des fins politiques.
Voir le profil de Lisa Marie Barron
NPD (BC)
Madame la Présidente, je remercie le député de South Shore—St. Margarets du rappel historique qu'il a présenté aujourd'hui. Cela m'a vraiment fait réfléchir à l'importance des enseignants. Je me demande si le député pourrait me dire s'il est favorable au crédit d'impôt remboursable pour les éducateurs de la petite enfance. De nombreux éducateurs doivent assumer eux-mêmes des dépenses nécessaires pour pouvoir mener à bien l'excellent travail qu'ils font pour former les générations futures.
Je me demande si vous pourriez dire si vous êtes favorables à ce crédit d'impôt ou non.
Voir le profil de Rick Perkins
PCC (NS)
Madame la Présidente, c'est une excellente question. Nous appuyons évidemment les enseignants. Si je n'appuyais pas les enseignants, je ne pourrais pas rentrer chez moi, car tous les membres de ma belle-famille — la famille Waite — sont des enseignants en Ontario.
Au bout du compte, les enseignants ne devraient pas avoir à acheter les fournitures pour leurs classes. C'est le système d'éducation qui devrait financer cela. Si les provinces ont de la difficulté à financer le système d'éducation, c'est notamment à cause du sous-financement du système de santé par le gouvernement fédéral. L'aide a été réduite, passant de 50 % sous le gouvernement Chrétien à 22 % sous le gouvernement actuel.
Voir le profil de Chris Lewis
PCC (ON)
Voir le profil de Chris Lewis
2022-04-29 10:18
Madame la Présidente, c'est toujours un honneur de prendre la parole à la Chambre. Avant de commencer mon intervention sur le projet de loi C‑8, je souligne que nous avons entendu dire à la Chambre que deux légendes du hockey canadien sont décédées. Par une curieuse coïncidence, pendant que je rédigeais mon discours, j'ai reçu un texto m'informant que l'entraîneur Greg Lanigan — qui était originaire de ma circonscription et qui a joué un rôle déterminant dans ma carrière de hockeyeur et dans mon cheminement personnel — est décédé lundi. À mon avis, l'entraîneur Greg Lanigan accédera au panthéon divin du hockey.
Je vais parler de cinq ou six aspects du projet de loi C‑8. Je les aborderai dans l'ordre, en reprenant textuellement le sommaire du projet de loi.
Le premier aspect concerne la déduction pour les habitants de régions éloignées. L'alinéa 1b) permettrait:
[...] d’élargir la composante voyage de la déduction pour les habitants de régions éloignées en leur donnant l’option de réclamer jusqu’à 1 200 $ en tant que frais de voyage admissibles bien que l’individu n’ait pas reçu d’aide au voyage de son employeur;
En poursuivant ma lecture du projet de loi C‑8, je n'ai pas vu de déduction des frais de déplacement pour les gens de métier. Je n'en ai pas vu. En toute honnêteté, il aurait été bien simple d'intégrer dans le budget les mesures prévues dans le projet de loi C‑241, soit mon projet de loi d'initiative parlementaire qui établirait une déduction complète des frais de déplacement. Compte tenu de la déduction des frais de déplacement jusqu'à 1 200 $ pour les habitants des régions éloignées, ce qui est une excellente mesure, on en vient à se demander s'il ne serait pas logique — si l'adoption du projet de loi est aussi importante qu'on le dit — de tenir compte des métiers spécialisés et des personnes qui vont rebâtir le Canada.
Le deuxième point porte sur l'alinéa 1d). Le projet de loi propose:
[...] d’accorder un nouveau crédit d’impôt remboursable pour le retour des produits de la redevance sur les combustibles aux entreprises agricoles dans des administrations assujetties au filet de sécurité fédéral.
À Essex, à tout le moins, les agriculteurs qui continuent de traverser une période difficile, et je suis justement un agriculteur moi-même, ne trouvent pas leur compte dans le projet de loi C‑8. Par exemple, les producteurs laitiers de ma circonscription attendent toujours leur compensation à la suite de la conclusion de l'Accord Canada—États-Unis—Mexique. Par conséquent, pourquoi tarde-t-on à agir, alors qu'on nous reproche souvent d'entraîner des délais? Le projet de loi C‑8 ne parle même pas de toutes ces questions.
Mon troisième point concerne le logement, un sujet dont nous avons amplement parlé lors des débats concernant le projet de loi C‑8. Dans le sommaire, soit dit en passant, je ne vois aucune clause disant que les jeunes adultes seront en mesure d'acheter ou de trouver un logement. Dans ce projet de loi, il n'est nulle part mentionné qu'un jeune qui travaille fort devrait pouvoir trouver un logement, encore moins en acheter un. Voici ce que dit le projet de loi:
La partie 2 édicte la Loi sur la taxe sur les logements sous-utilisés. Cette loi instaure une taxe annuelle de 1 % sur la valeur des immeubles résidentiels vacants ou sous-utilisés appartenant directement ou indirectement à des personnes non-résidentes non-canadiennes.
On parle d'un misérable petit pour cent de taxe. J'ai une idée qui va peut-être paraître un peu folle: pourquoi ne pas soutenir les municipalités? Nous pourrions par exemple aider celle de Lakeshore, dans ma circonscription, qui a dû refuser d'importants investissements de la part de grandes chaînes hôtelières, car elle n'avait pas de structure de gestion des eaux pluviales. Pourquoi ne pas investir massivement dans la ville d'Essex et dans les hameaux avoisinants, comme Colchester et McGregor, afin que ces municipalités puissent construire les systèmes d'assainissement adéquats et ainsi développer les possibilités de construire des logements? À l'heure actuelle, on restreint plutôt ces possibilités en élargissant les bassins et en construisant des usines.
Certains diront sans doute que cela relève des provinces. Or, nous savons tous qu'il n'y a qu'un seul contribuable. Au lieu de nous acharner sur les propriétaires des propriétés vacantes, donnons aux municipalités le soutien dont elles ont besoin pour construire des centaines et des centaines de logements.
Autre idée folle: le gouvernement devrait peut-être payer lui-même une taxe de 1 % sur ses propriétés vacantes vu la quantité de bâtiments fédéraux sous-utilisés, une quantité encore plus grande étant donné tous ces fonctionnaires qui sont restés en télétravail.
Le quatrième point, ce sont les prestations d'assurance-emploi refusées. Le sommaire du projet de loi C‑8 dit:
La partie 7 modifie la Loi sur l’assurance-emploi afin de préciser le nombre maximal de semaines pour lesquelles des prestations peuvent être versées à certains travailleurs saisonniers au cours d’une période de prestations.
Comme bien d'autres députés, j'en suis convaincu, mon bureau est inondé d'appels de gens qui ont de la difficulté à obtenir la citoyenneté, un passeport ou des prestations d'assurance-emploi ou à remplir leur déclaration de revenus aux fins de l'impôt. Pendant les quatre mois de mon mandat qui ont précédé la pandémie de COVID, c'est-à-dire lorsque les choses étaient « normales », quoique je ne suis pas sûr qu'elles l'étaient, le personnel de mon bureau et moi réussissions à obtenir des réponses et de l'assistance pour aider ces gens, mais maintenant, on ne nous rappelle même pas.
Plutôt que de chercher des moyens de se servir de la Loi sur l'assurance-emploi et de dépenser de l'argent pour la preuve de vaccination des employés fédéraux, pourquoi ne pas leur permettre de retourner au travail? Cela permettrait à nos bureaux d'obtenir des réponses en matière de citoyenneté, de passeports, de demandes d'assurance-emploi et de déclarations de revenus et nous pourrions aider les gens de notre circonscription. J'ai reçu un appel de Sarah de Postes Canada, qui ne peut toujours pas travailler. En passant, elle est factrice. Elle travaille à l'extérieur, mais elle ne peut toujours pas recommencer à travailler. Ça ne prend pas la tête à Papineau. Ils doivent retourner travailler.
Nous avons tous entendu les histoires sur l'itinérance, la santé mentale, l'abus d'opioïdes et le suicide. Tout le monde a des exemples dans son entourage. Je sais que l'itinérance est en croissance dans la ville de Kingsville. Encore une fois, il y a plein d'édifices fédéraux inutilisés. Peut-être que ce pourrait être une solution de départ pour le logement abordable.
Au sujet du soutien, j'ai récemment parlé avec des membres de l'Association canadienne pour la santé mentale de Windsor‑Essex et ils m'ont dit qu'ils étaient complètement épuisés. Dans le projet de loi C‑8, qui est tellement important, où se trouve le financement pour les problèmes de santé mentale et l'embauche de personnel?
Enfin, en ce qui concerne la transition équitable, j'ai parlé avec un homme de la Fraternité internationale des ouvriers en électricité plus tôt cette semaine et il m'a dit qu'environ 700 emplois dans le secteur du charbon seront bientôt éliminés dans la région de Regina. Dans le projet de loi C‑8, où est-il question de la formation pour ces 700 travailleurs pour qu'ils puissent procéder à une transition équitable et se trouver du travail dans un projet d'énergie propre et pour empêcher qu'ils se retrouvent sans emploi à long terme?
En terminant, je crois que je l'ai bien expliqué, le projet de loi C‑8 prévoit beaucoup de dépenses, mais très peu de résultats. Ce sont, une fois de plus, ceux qui ont le plus besoin d'aide qui ont été laissés de côté et ce sont, une fois de plus, les autres Canadiens qui épongeront la facture.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Madame la Présidente, ce dont le député ne se rend pas nécessairement compte, c'est que le projet de loi C‑8 est l'énoncé économique de l'automne 2021. C'est un projet de loi qui apporte un soutien considérable. Par exemple, il prévoit environ 1,5 milliard de dollars pour le dépistage rapide. Si le député se donne la peine d'y réfléchir, c'était à l'automne que nous avons reconnu la nécessité de créer une allocation budgétaire pour les tests de dépistage rapide. Je pense à la forte demande pour ces tests en décembre et en janvier.
Le projet de loi comporte aussi de nombreuses prestations pour soutenir les petites entreprises.
Voici ma question: le député peut-il expliquer aux Canadiens pourquoi les députés conservateurs continuent de débattre sans fin du projet de loi, alors que le Parti conservateur reconnaît à quel point il est important? Nous avons dû imposer l'attribution de temps pour essayer de faire enfin adopter le projet de loi, l'énoncé économique de l'automne, alors qu'en fait nous avons déjà débattu du budget de 2022-2023.
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PCC (ON)
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2022-04-29 10:30
Madame la Présidente, je vais dire à la Chambre ce que le député que je suis reconnaît. Il reconnaît l'itinérance. Il reconnaît que des Canadiens ont perdu leur emploi. Il reconnaît que les agriculteurs sont laissés à eux-mêmes. Il reconnaît que les métiers spécialisés sont ignorés et que les travailleurs sont privés de prestations.
Ce que je reconnais par-dessus tout, c'est qu'un très grand nombre d'habitants de ma circonscription communiquent avec mon bureau, mais que mon personnel et moi ne pouvons pas leur fournir de réponses claires à cause du gouvernement.
Voir le profil de Martin Champoux
BQ (QC)
Voir le profil de Martin Champoux
2022-04-29 10:30
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son discours.
Ces derniers temps, on observe de plus en plus toutes sortes de petites ingérences plus ou moins subtiles dans les compétences du Québec et des provinces.
Ici, on voit une toute nouvelle sorte d'ingérence, à savoir dans les compétences municipales. Ce n'est pas uniquement moi qui le dis ni le Bloc québécois, mais c'est le constitutionnaliste Patrick Taillon qui le confirme: il y a bel et bien ingérence dans la volonté du gouvernement fédéral de s'introduire dans les compétences municipales.
Je trouve qu'il y a quelque chose d'un peu insidieux et inquiétant avec ces petites tentatives qu'on laisse passer, malgré le fait qu'avec mes collègues du Bloc québécois, nous nous en formalisions évidemment à la Chambre.
J'aimerais entendre mon collègue conservateur sur cette question. Je présume qu'il n'est pas tout à fait pour la centralisation. Comment voit‑il ces ingérences dans le domaine de la santé et maintenant dans les secteurs de la taxation municipale de la part du gouvernement?
Voir le profil de Chris Lewis
PCC (ON)
Voir le profil de Chris Lewis
2022-04-29 10:31
Madame la Présidente, pour être honnête, je n'ai pas vraiment porté attention à cet aspect en examinant le projet de loi C‑8.
Je suis un défenseur de la liberté. Je l'ai toujours été. Je crois sincèrement qu'entre tous les ordres de gouvernement, s'il y a une communication ouverte et un dialogue franc, on trouve toujours une solution. Cependant, on trouve des solutions seulement s'il y a des discussions. Je remercie le député et je souhaite que nous poursuivions les discussions ouvertement.
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