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Voir le profil de Marc Miller
Lib. (QC)
propose:
Que le comité prenne note des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées.
— Madame la présidente, kwe, kwe. Unusakut. Tansi Bonjour. Hello.
Je tiens d'abord à reconnaître que le Parlement du Canada est situé sur le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anishinabe.
Je partagerai mon temps de parole avec la députée de Nunavut.
La tragédie des femmes et filles autochtones assassinées ou portées disparues se poursuit. Demain, le 5 mai, des milliers de robes rouges seront suspendues sur des places publiques, sur des porches, dans des arbres, sur des clôtures et dans des jardins partout au Canada. Ces robes rouges nous rappellent la douleur et la perte ressenties par les survivants, ainsi que par les familles et les membres des collectivités dont sont issues les femmes, les filles et les personnes bispirituelles et de diverses identités de genre, inuites, métisses et des Premières Nations, qui ont été assassinées ou portées disparues.
En juin dernier, conjointement avec nos partenaires fédéraux, provinciaux, territoriaux, municipaux et autochtones, nous avons lancé le Plan d'action national pour les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones disparues et assassinées, qui inclut la contribution du gouvernement du Canada: la Voie fédérale concernant les personnes 2ELGBTQQIA+ disparues et assassinées.
La Voie fédérale est‑elle parfaite? Non. C'est un document évolutif qu'on adaptera constamment, qui tiendra compte des traumatismes et qui se basera surtout sur les commentaires des survivants et de leur famille.
Cela implique naturellement une approche pangouvernementale et pancanadienne, avec plus de 25 ministères fédéraux et agences fédérales, de même qu'avec les provinces et les territoires, les organisations autochtones et d'autres partenaires de partout au pays, pour mettre en œuvre ce plan et mettre fin à la tragédie.
Il s'agit d'une responsabilité nationale. Les appels à la justice formulés dans le rapport final invitent les gouvernements et la société sous toutes ses formes à agir, et c'est une obligation que nous devons respecter.
Les groupes autochtones ont depuis longtemps exprimé le besoin de disposer d'espaces sûrs et adaptés à leur culture comme un élément clé pour progresser vers l'autodétermination. C'est ce qu'a demandé la Commission de vérité et réconciliation, et c'est également ce que réclame notamment la section 2.3 du rapport final de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Nous sommes à l'écoute et continuerons de l'être. Nous agissons et agirons.
Dans le cadre de la Voie fédérale, le budget de 2021 a annoncé un total de 2,2 milliards de dollars répartis sur cinq ans, suivis de 160,9 millions de dollars, pour mettre fin à la violence contre les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones. Cela dit, j'aimerais m'attarder sur une portion de ce financement en particulier: les 108,8 millions de dollars affectés sur deux ans au Programme d'espaces culturels dans les communautés autochtones que je viens de mentionner, ce qui donne directement suite à l'appel à la justice no 2.3. Le programme offre aux femmes, aux filles et aux personnes de diverses identités de genre autochtones des occasions d'accéder à leur culture et à leur langue, ce qui permet de renforcer leur identité et qui peut contribuer à les protéger.
Le mois dernier, j'ai eu l'occasion de visiter plusieurs collectivités pour constater l'incidence de ces projets que certaines d'entre elles réclamaient depuis plus de deux décennies.
Dans le territoire de Kahnawake, par exemple, nous avons annoncé l'octroi de 16 millions de dollars pour la construction d'un nouveau bâtiment pour le Kanien’kehá:ka O kwawén:na Raotitióhkwa, pour un centre culturel et de langues et la compagnie de théâtre Turtle Island.
Ces nouveaux bâtiments permettront entre autres de préserver et d'enrichir leur culture, ainsi que d'habiliter les nouvelles générations d'apprenants mohawks dans un espace sûr et accessible pour apprendre de leur communauté par leurs pairs.
À l'autre extrémité du pays, nous avons annoncé un projet de 4 millions de dollars à 108 Mile Ranch, en Colombie‑Britannique. Nous finançons l'aménagement d'un centre culturel dans le Nord du territoire des Secwépemc. Cinq collectivités se sont mobilisées et luttent depuis 17 ans pour obtenir ce centre.
La concrétisation de ces projets sera un grand moment. Les gens auront enfin des espaces sûrs où apprendre leur langue et leur culture, et où ils pourront exposer d'autres personnes à leur langue et à leur culture.
Nous examinons actuellement d’autres propositions et il y aura d’autres annonces à faire en temps et lieu.
Nous faisons des progrès, mais, manifestement, il reste beaucoup à faire pour donner suite aux appels à la justice et mettre pleinement en œuvre la Voie fédérale. Bien franchement, nul au Canada ne devrait être satisfait tant et aussi longtemps que les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones ne sont pas toutes en sécurité.
Meegwetch.
Voir le profil de Gary Vidal
PCC (SK)
Madame la présidente, je remercie le ministre de son allocution ici ce soir. Je sais qu’il est sincère.
En septembre 2016, l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a été lancée. En juin 2019, son rapport final a été publié. En décembre 2019, la ministre des Relations Couronne-Autochtones de l’époque avait promis de présenter un plan d’action national avant juin 2020. Une autre année plus tard, ce plan a été déposé. Le plan énonçait sept mesures concrètes sur lesquelles les gouvernements et les organismes autochtones devaient se concentrer pour les 12 mois suivants. Nous en sommes maintenant au 11e mois.
Je demande au ministre s’il peut nous dire exactement combien de ces mesures ont été prises, combien sont en cours et combien n’ont pas encore été entreprises.
Voir le profil de Marc Miller
Lib. (QC)
Madame la présidente, je veux prendre un instant pour remercier le député d’en face de ses efforts, car je sais que son intérêt, sa compassion et ses efforts pour cette cause sont authentiques.
C’est vrai qu’il a fallu du temps pour élaborer la Voie fédérale. C’est un processus qui se base sur des échanges avec des survivants qui vivent une période très difficile empirée par la pandémie. Pour ce qui est des mesures qui ont été prises, la Voie fédérale comportait un plan triennal. Le mois prochain, j’ai l’intention de faire état de nos progrès à cet égard à la Chambre des communes.
Il est évident que les communautés et les survivants sont en quête de résultats. Nous investissons, mais il est clair que nous tirons de l’arrière. Je pense qu’au cours du prochain mois, nous aurons un portrait précis de la situation, et nous dresserons pour les Canadiens un bilan clair et transparent au sujet des domaines où les choses vont bien, des domaines où nous éprouvons des difficultés et des domaines où nous devons agir plus rapidement.
Voir le profil de Leah Gazan
NPD (MB)
Madame la présidente, à l'évidence, mon collègue reconnaît l'urgence du problème de la violence, que le premier ministre a même qualifié de génocide à l'endroit des femmes, des filles et des personnes bispirituelles autochtones.
Il y a maintenant trois ans que le rapport final de l'enquête nationale a été publié et malgré la gravité de la crise et l'affectation de fonds, les deniers tardent à arriver sur le terrain. Que constate-t-on? Que des femmes, des filles et des personnes bispirituelles autochtones sont assassinées ou portées disparues sans que le gouvernement réagisse. Il s'agit d'une question de vie ou de mort.
Je voudrais que mon collègue dise s'il y a des cibles, des échéanciers et des affectations budgétaires précises pour que l'argent se rende sur le terrain et que davantage de ressources soient consacrées à sauver des vies.
Voir le profil de Marc Miller
Lib. (QC)
Madame la présidente, je veux souligner que la circonscription de la députée — je ne lui apprendrai certainement pas — se trouve à l'épicentre de cette tragédie. Les efforts déployés par la députée sont essentiels pour arriver à mettre fin à cette tragédie. Malheureusement, nous savons tous que nous n'y arriverons pas du jour au lendemain. Cependant, les investissements que nous avons réalisés dernièrement, en particulier dans la circonscription de la députée pour Ka Ni Kanichihk, par exemple, grâce aux efforts de la députée seront déterminants dans la poursuite de l'accompagnement des survivants et des personnes qui subissent cette violence.
Nous avons constaté au cours des deux dernières années une escalade de la violence, notamment causée par la pandémie. Il faut en être conscient et le reconnaître. Les efforts déployés depuis six ans par le gouvernement comme l'adoption de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, l'adoption de la Loi sur les langues autochtones et l'adoption du projet de loi C‑92, qui consacrait les droits inhérents des Autochtones en matière de services à l'enfance et à la famille, font partie de cette immense mosaïque qui, une fois complétée, permettra de mettre fin à la tragédie.
Au cours des trois prochaines années, nous devrons travailler avec acharnement à atteindre certains objectifs et à mettre en place certaines mesures. Assurément, il faudra accélérer le pas pour atteindre notre but et j'y travaille déjà.
Voir le profil de Marilène Gill
BQ (QC)
Madame la présidente, je remercie mon collègue de son allocution. Je sais évidemment qu'il prend le sujet à cœur.
Je l'ai entendu à deux reprises parler de la COVID‑19 en répondant à mes collègues. J'aimerais savoir ce qui a été fait. Dans de nombreux domaines, notamment en matière de violence faite aux femmes, on sait que les crises ont des répercussions importantes.
J'aimerais savoir ce que le gouvernement a fait au moment où il savait qu'il y avait déjà des conséquences chez les femmes...
Voir le profil de Marc Miller
Lib. (QC)
Madame la présidente, c'est une excellente question. Ce sera difficile d'être bref dans ce contexte. Toutefois, on sait qu'avec le cloisonnement des communautés, la violence a augmenté. Cela s'est fait sentir non seulement dans les communautés, mais aussi dans les grands centres.
Les investissements que nous avons pu faire dans l'hébergement vont évidemment se poursuivre. Je pense notamment à l'investissement-clé que nous avons fait envers l'organisme Pauktuutit. Ce sont plusieurs dizaines de millions de dollars qui sont investis afin de construire cinq centres d'hébergement pour femmes au cours des cinq prochaines années.
Ce n'est qu'un exemple des besoins criants auxquels nous devrons continuer de répondre. De plus, en connaissant l'importance des besoins en matière de santé mentale ou sur le plan des effectifs physiques, les investissements ne feront évidemment que s'accroître au cours des prochaines années.
Voir le profil de Lori Idlout
NPD (NU)
Voir le profil de Lori Idlout
2022-05-04 19:34
Qujannamiik, Uqaqtittiji.
Je tiens à remercier le ministre des Relations Couronne-Autochtones d'avoir partagé son temps de parole avec moi. Je suis consternée de devoir prendre la parole aujourd'hui et de constater que nous devons encore débattre de financement soutenu et d'engagements, après tout le travail qui a déjà été réalisé pour faire en sorte que tous les Canadiens comprennent l'injustice que vivent les familles inuites, autochtones et métisses.
Le 3 juin, cela fera trois ans que l'enquête nationale sur les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA autochtones disparues et assassinées a publié le rapport « Réclamer notre pouvoir et notre place ». L'enquête a lancé 231 appels à la justice. Le rapport a conclu que les actes de violence contre les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA autochtones constituent un génocide. Les appels à la justice nous invitent à songer à ce qui suit:
Les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA autochtones au Canada sont victimes de violence depuis trop longtemps. Les faits sont incontestables. Si cette Enquête nationale survient aujourd'hui, ce n'est pas parce que les peuples autochtones ont tardé à prendre la parole; c'est plutôt parce que le Canada, lui, a tardé à prêter l'oreille.
Dans le budget de 2022, aucuns nouveaux fonds n’étaient prévus pour mettre fin à ce génocide. Les événements qui nous ont menés au présent débat montrent que le Canada ne sait toujours pas écouter. Grâce au superbe leadership de la députée de Winnipeg‑Centre et des néo-démocrates, nous avons milité pour la solidarité avec les victimes et leur famille, et pour leur soutien. L’affectation de nouveaux fonds à l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées devrait cesser seulement lorsque toutes les familles autochtones auront obtenu justice.
Nous devons être inspirés par les récits et les témoignages des gens courageux qui ont amorcé ces travaux importants. Dans le cadre de l’enquête, 2 380 personnes ont été mobilisées, dont 468 survivants de violence et leurs proches; 15 rassemblements communautaires ont eu lieu, où près de 750 personnes ont pris la parole; et 84 témoins experts ont été entendus. Il ne faut pas briser l’élan qui nous a portés jusqu’ici.
Durant les débats, le 8 avril, j’ai posé la question suivante: pourquoi le budget de 2022 ne comporte-t-il aucun nouveau financement? En réponse, on m’a parlé des investissements promis dans le passé.
Je vais maintenant parler d’une femme inuite qui a été portée disparue. Mary Papatsie était la cadette de huit enfants élevés à Pangnirtung, au Nunavut. Elle était entraîneuse de hockey et de volleyball et elle adorait pêcher. Un jour, elle a déménagé à Ottawa, dans le quartier Hintonburg, mais elle passait le plus clair de son temps dans le quartier de Vanier.
Mary Papatsie avait 39 ans et était mère de 10 enfants la dernière fois qu’elle a été aperçue, l’après-midi du 27 avril 2017. C’était à l’est du centre-ville d’Ottawa, près de l’intersection du chemin Montréal et de l’avenue Marier. Mary manque à ses proches. Mary n’a jamais été retrouvée. Au moment de sa disparition, il y a eu très peu de soutien pour veiller à ce que des recherches appropriées soient menées. Je remercie Billie Jo de m’avoir raconté son histoire.
Je vais conclure mon discours en louant le travail du YWCA Agvik du Nunavut, qui fournit un refuge, une maison de transition et d’autres programmes pour les femmes. Agvik a organisé une marche en robe rouge demain dès 14 h à Iqaluit, du qammaq des Aînés jusqu’au palais de justice du Nunavut.
Voir le profil de Marc Miller
Lib. (QC)
Monsieur le président, nous devons tout d'abord reconnaître qu'aucun cycle budgétaire ne peut, à lui seul, résoudre cette tragédie de manière adéquate. Il faudra des investissements soutenus. Nous devons également reconnaître que dans le cadre de chaque budget, les survivants et leurs proches peuvent constater que des investissements sont prévus pour répondre spécifiquement à cette tragédie. Si nous devons formuler une seule critique à l'égard du budget, c'est que, malgré les investissements à l'échelle du gouvernement découlant de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, les investissements ne sont souvent pas à la hauteur de ce qui est promis.
J'ai pris connaissance d'un chiffre qui devrait être le premier à nous venir à l'esprit, et qui devrait servir de rappel à tous les Canadiens. Au Nunavut, pour la période de 2001 à 2014, le taux d'homicide chez les femmes était de 12,4 pour 100 000 habitants. Ce taux est de 0,71 dans la population non autochtone, ce qui signifie, grosso modo, que la situation est 20 fois pire pour la population autochtone.
Nous savons par ailleurs que le logement est un véritable défi. C'est le cas depuis un certain temps, et ce, pour de nombreuses raisons. Le budget actuel prévoit 4 milliards de dollars, plus 2 milliards de dollars pour lutter spécifiquement contre la crise du logement que connaissent les Autochtones.
La députée d'en face pourrait peut-être nous parler de la crise que connaît sa communauté, car celle-ci a des répercussions directes sur les femmes du Nunavut.
Voir le profil de Lori Idlout
NPD (NU)
Voir le profil de Lori Idlout
2022-05-04 19:40
Uqaqtittiji, il est décevant que les engagements annoncés ne soient jamais suffisants. Comme le ministre l'a mentionné, les Premières Nations, les Métis et les Inuits vivent des atrocités liées à la violence. Les femmes inuites, en particulier, continuent de subir des niveaux de violence élevés dans la relation qu'elles entretiennent avec leur partenaire intime. On m'a raconté l'histoire d'une famille qui a quitté le Nunavut. La femme est maltraitée physiquement par son conjoint, mais elle refuse de quitter parce qu'il est le père de ses enfants. Elle n'obtient aucune justice.
Je suis vraiment consternée que nous tenions ce débat aujourd'hui. Le financement annoncé est insuffisant. Le génocide se poursuit, et nous devons assurer un financement durable, en plus d'annoncer de l'argent frais.
J'espère que des changements pourront être apportés et que le bon travail de la députée de Winnipeg-Centre sera reconnu. Nous devons continuer d'en faire davantage pour les femmes, les filles et les personnes de diverses identités de genre des Premières Nations, métisses et inuites.
Voir le profil de Gary Vidal
PCC (SK)
Monsieur le président, je veux remercier ma collègue du Nunavut du travail que nous faisons ensemble au comité des affaires autochtones et du Nord.
La Coalition pour les femmes et les filles autochtones assassinées ou portées disparues de la Colombie-Britannique, l'Association des femmes autochtones de l'Ontario et les Femmes autochtones du Québec sont des organisations qui ont demandé à faire partie du processus de création du plan d'action national, mais qui en ont été exclues.
La députée croit-elle que l'exclusion de ces voix de la base du processus de création du plan d'action national nuira au succès à long terme du plan?
Voir le profil de Lori Idlout
NPD (NU)
Voir le profil de Lori Idlout
2022-05-04 19:42
Uqaqtittiji, je crois que les droits fondamentaux des Premières Nations, des Métis et des Inuits sont encore trop souvent ignorés. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour veiller à ce que les droits fondamentaux des Premières Nations, des Métis et des Inuits soient reconnus dans la même mesure que ceux dont jouissent le reste des Canadiens. Je conviens que nous devons faire en sorte que le financement ne soit pas réduit et que le financement dont les collectivités de l'Ouest ont besoin soit également reconnu.
Voir le profil de Jenny Kwan
NPD (BC)
Voir le profil de Jenny Kwan
2022-05-04 19:43
Monsieur le président, je remercie ma collègue de son discours bien senti et de son travail de sensibilisation.
À Vancouver-Est, nous nous retrouvons dans une situation où des familles doivent constamment partir à la recherche leurs proches. Elles ne reçoivent aucun financement du gouvernement. Il est consternant d'entendre que cela se produit également dans sa collectivité.
La députée pense-t-elle que le gouvernement, dans un premier temps, à la suite du débat d'aujourd'hui, devrait financer les familles pour qu'elles puissent effectuer les recherches et ne soient pas laissées à elles-mêmes lorsqu'une femme qui leur est chère est assassinée dans nos collectivités?
Voir le profil de Lori Idlout
NPD (NU)
Voir le profil de Lori Idlout
2022-05-04 19:44
Uqaqtittiji, je suis absolument d'accord pour dire que ce financement doit être fourni. Trop souvent, les familles des Premières Nations, métisses et inuites sont opprimées depuis des générations et il leur est très difficile de défendre leurs intérêts. Ces ressources doivent être fournies pour que les Premières Nations, les Métis et les Inuits puissent accéder à l'autodétermination et à l'autonomie qui les ont toujours caractérisés. Nous devons revenir à cet état d'esprit en tant que communautés des Premières Nations, métisses et inuites.
Voir le profil de Gary Vidal
PCC (SK)
Monsieur le président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Haliburton—Kawartha Lakes—Brock.
C'est le cœur lourd que je participe au débat de ce soir. Malheureusement, le problème des femmes et des filles autochtones disparues ou assassinées est trop répandu dans ma circonscription du nord de la Saskatchewan, et il n'est pas nécessaire de chercher bien loin pour trouver des histoires déchirantes.
En septembre dernier, pendant la campagne électorale, la ville de Meadow Lake et la Première Nation voisine de Flying Dust ont été profondément ébranlées lorsqu'une enseignante locale a été abattue par son mari dont elle était séparée. Mme Graham avait 34 ans et était mère de deux enfants.
C'est tragique lorsqu'une telle situation se produit, point final. Cependant, dans le cas des peuples autochtones au Canada, ce type de situation se produit à un rythme alarmant et nous devons tous contribuer à changer cela. Le fait est que les Autochtones sont surreprésentés chez les victimes de crimes violents. Plus précisément, ils sont deux fois plus susceptibles que les non-Autochtones d'être victimes de violence conjugale. Une tendance similaire se dessine lorsqu'on se penche sur la forme la plus grave de violence contre un partenaire intime, soit l'homicide. Bien qu'environ 5 % de la population soit autochtone, un quart des victimes d'homicide conjugal entre 2014 et 2019 étaient autochtones.
Je fais part à la Chambre de l'histoire de Mme Graham parce que je crois qu'il est impératif que nous nous souvenions, en tant que législateurs, qu'il ne s'agit pas seulement de statistiques, mais aussi de personnes réelles dont les familles ont été touchées.
Pendant le peu de temps dont je dispose, j'aimerais me concentrer sur quelques initiatives positives qui, à mon avis, sensibilisent les gens et nous rappellent respectueusement le souvenir de ces femmes et filles autochtones portées disparues ou assassinées.
Demain, le Canada soulignera la Journée de la robe rouge. C'est l'artiste métisse Jaime Black qui a contribué à lancer le mouvement de la robe rouge. Son installation d'art REDress a évolué pour devenir la Journée de la robe rouge, cet événement annuel qui a lancé un mouvement populaire partout en Amérique du Nord. Chaque année, des gens suspendent des robes rouges dans des lieux privés et publics en guise de rappel et en témoignage de leur solidarité avec les membres des familles et les proches des victimes.
Marchons avec nos sœurs est une autre installation artistique communautaire qui rend hommage aux femmes et aux enfants autochtones portés disparus ou assassinés. Depuis 2012, on demande aux gens de concevoir et de créer des empeignes de mocassins pour leurs êtres chers portés disparus ou assassinés. Des hommes, des femmes et des enfants de tous les milieux et de tous les coins du Canada ont envoyé 1 600 empeignes, soit plus du double de l'objectif initial de 600. En 2019, cette installation artistique s'est rendue à plus de 25 endroits en Amérique du Nord.
Une autre initiative est le projet des poupées sans visage créé en 2012 par l'Association des femmes autochtones du Canada. Ce projet invite les gens à fabriquer des poupées sans visage pour représenter les femmes portées disparues ou assassinées, ou celles victimes de violence. Comme je l'ai dit plus tôt, souvent, au Canada, on aborde le problème dans sa globalité et on oublie qu'une vie se cache derrière chaque chiffre et chaque statistique. C'est ce que ce projet vise à nous rappeler.
La semaine prochaine, le 12 mai, les Canadiens d'un océan à l'autre célébreront le jour consacré au mouvement Moose Hide Campaign. Le mouvement Moose Hide Campaign a été lancé par des Autochtones pour encourager les hommes et les garçons à prendre position contre la violence faite aux femmes et aux enfants. Avec cet objectif en tête, leur défi est d'inciter les hommes et les garçons à l'échelle du Canada à joindre leur voix à celle des femmes et des enfants pour dénoncer la violence à l'égard de celles-ci et de ceux-ci; de se soutenir les uns les autres et de se tenir mutuellement responsables; d'enseigner aux garçons la vraie signification de l'amour et du respect et leur montrer comment agir pour donner l'exemple; et de s'entraider dans la guérison en tant qu'hommes et d'aider les autres frères à réaliser des progrès dans leur processus de guérison.
J'aimerais terminer en vous faisant part d'un billet de blogue rédigé par Heather Exner-Pirot et Angela Pratt. Exner-Pirot est consultante principale chez Morris Interactive, et Pratt est directrice du développement économique et communautaire à la Fédération des nations autochtones souveraines, en Saskatchewan. Le thème principal est d'améliorer les perspectives d'avenir pour les femmes autochtones, un aspect très important que nous devrions prendre en considération dans le débat de ce soir.
Elles parlent du lien entre les revenus et la sécurité et citent une étude qui met en évidence comment le revenu de la femme a une incidence sur le nombre d'épisodes de violence conjugale. Voici ce qu'elles ont publié: « En plus d'exposer les femmes autochtones à la violence, ne pas avoir un revenu convenable et stable entraîne de nombreuses autres répercussions négatives, sans compter la pauvreté qui en découle ». Elles poursuivent en parlant spécifiquement de la Saskatchewan et de l'accès à des emplois bien rémunérés: « Afin de combler l'écart salarial pour les femmes autochtones, il faut veiller à ce qu'elles aient accès aux emplois les mieux rémunérés de la province. En Saskatchewan, ces emplois se trouvent dans le secteur des ressources naturelles ». Puis, elles concluent leur billet comme suit: « Créer un meilleur avenir pour les femmes autochtones en Saskatchewan et, par le fait même, pour la province, signifie d'éliminer les nombreuses barrières qui ont empêché les femmes autochtones à atteindre l'autonomie financière ».
Les femmes et les filles autochtones sont la cible d'actes de violence depuis trop longtemps. Le Canada, en tant que pays, ne réalisera pas son plein potentiel tant que cette crise n'aura pas été réglée.
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