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Lib. (YT)
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2022-05-20 11:39
Madame la Présidente, Jimmy Quong est venu au Yukon pour bâtir des ponts, littéralement. Ingénieur de formation, James est venu de Vancouver en 1942 pour faire la conception de ponts le long de la route de l'Alaska entre Dawson Creek, en Colombie‑Britannique, et Fairbanks, en Alaska, sur une période de seulement huit mois. Avec ses 134 ponts, le legs de Jimmy Quong s'étend de la route Dempster à Nisutlin Bay, au pont du lac Marsh et à la magnifique route Skagway qui relie Carcross à l'Alaska.
Jimmy a mis à profit son souci du détail pour photographier les paysages du Yukon à partir des années 1940: les routes et les ponts, les bateaux à aubes, les édifices et les gens de cette époque. Les photographies qu'il a prises avec minutie racontent l'histoire du Yukon dans les musées et les archives du territoire. Lorsque je suis arrivé au Yukon la première fois, par un froid mois de janvier 1995, une des premières personnes à m'accueillir a été le Dr Ken Quong, le fils de Jimmy, aujourd'hui un chef de file respecté dans le domaine médical et lui-même un photographe accompli.
Alors que nous soulignons le Mois du patrimoine asiatique, je rends hommage à la vie de Jimmy Quong, dont les ponts, les photographies et la famille font partie du tissu du Yukon.
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Lib. (YT)
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2022-05-13 12:13
Monsieur le Président, je présente aujourd'hui une pétition au nom de 517 Canadiens qui sont préoccupés par l'incidence qu'ont les dons provenant de l'étranger sur les orphelinats dans les pays à faible revenu. Malgré les meilleures intentions des Canadiens qui versent des dons à ces orphelinats ou y font du bénévolat, il est possible qu'ils nuisent à la capacité d'autres pays à protéger les enfants, ce qui donne lieu à des violations des droits de ces derniers.
Comme le Canada a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant de l’Assemblée générale des Nations unies, les pétitionnaires, dont certains habitent ma circonscription, demandent au Comité permanent des affaires étrangères et du développement international d'étudier la question et de recommander au gouvernement des façons de s'y attaquer.
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Lib. (YT)
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2022-05-12 14:03
Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour souligner la Journée internationale des infirmières et rendre hommage aux milliers d'infirmières et d'infirmiers de ce pays qui consacrent leur vie à soigner les Canadiens.
Ma propre famille a eu la chance d'avoir deux infirmières. Ma mère était une jeune infirmière à Londres pendant la Deuxième Guerre mondiale. Je suis également très fier de ma sœur Fiona Hanley, qui est une environnementaliste dévouée et une professeure en soins infirmiers au Collège Dawson à Montréal.
Représentant 50 % de notre main-d'œuvre en soins de santé, le personnel infirmier constitue l'épine dorsale de notre système de soins de santé. Soyons francs: cette main-d'œuvre est en crise. Deux années de pandémie ont aggravé la pression que subissait déjà le personnel infirmier: de longues heures de travail, une pénurie de personnel, un manque d'équipement et de ressources, et du stress. Actuellement, 45 % des infirmières et infirmiers présentent des symptômes d'épuisement professionnel, et la moitié d'entre eux envisagent de quitter leur emploi.
Aujourd'hui, nous célébrons les infirmières et les infirmiers et nous rendons hommage à leur travail essentiel. Toutefois, nous devons leur fournir le soutien dont ils ont besoin pour continuer d'accomplir leurs tâches et de s'épanouir dans leur travail afin de favoriser la santé des Canadiens. Aujourd'hui, je remercie Fiona, Meghan, Sean, Brooke et l'ensemble des infirmières et infirmiers du Yukon et du Canada.
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Lib. (YT)
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2022-05-12 20:16
Madame la Présidente, je vous avise que je vais partager mon temps de parole avec le député de Berthier—Maskinongé.
En tant qu'habitant d'une région assez éloignée, je pense que c'est important de parler du contexte yukonais.
La population du Yukon est de 40 000 habitants. Il y en a 14 % qui parlent le français et l'anglais et environ 5 %, 1 600 personnes, ont le français comme première langue. Le Yukon a la troisième plus grande population par habitant de francophones au Canada. C'est une communauté dynamique, pleine d'esprit et engagée qui fait beaucoup de progrès depuis des décennies.
La renaissance francophone du Yukon prend ses racines dans les années 1970, après l'adoption de la Loi sur les langues officielles. Renforcée par cet engagement fédéral, la communauté francophone du Yukon a depuis grandi à tous les égards.
Culturellement, la communauté francophone du Yukon est forte. Elle a une influence sur toutes les communautés du Yukon. Le progrès continue. En fait, le Yukon va bientôt ouvrir un centre de santé bilingue. Récemment, on a appris qu'une troisième école francophone ouvrira à Dawson City pour la prochaine année scolaire. Dawson City est située au nord du Yukon. C'est une petite ville qui possède un grand esprit et une très belle histoire.
Au Yukon, le nombre d'élèves dans les classes d'immersion française a explosé. Maintenant, c'est possible d'entendre parler français un peu partout au Yukon.
En tant que francophile, je suis fier de constater le progrès réalisé depuis la mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles du Canada.
Personnellement, j'ai grandi, plus ou moins, avec l'histoire des progrès et de l'avancement du français comme langue seconde au Canada. Oui, dans les années 1970, j'ai été inspiré par l'appel de voir un Canada bilingue. J'ai été inspiré par nul autre que Pierre Elliott Trudeau, pour ce qui est de nous comprendre et de surmonter les deux solitudes avec une meilleure compréhension l'une et de l'autre grâce à l'utilisation de la langue de l'autre.
J'ai commencé à suivre un cours d'immersion française en Alberta. J'ai voyagé, j'ai étudié en France. Plus tard, j'ai déménagé à Montréal pendant quelques mois. J'ai vécu et travaillé dans un milieu francophone à l'étranger. J'ai fait de mon mieux pour améliorer mon français au fil des années. Mon français est évidemment loin d'être parfait, mais le noyau est là. C'est assez pour que je puisse participer, au moins dans une certaine mesure, à la communauté francophone, une communauté si ouverte aux francophiles.
Maintenant, ma femme parle le français comme langue seconde. Mes deux enfants, élevés au Yukon, ont fréquenté des établissements francophones pour la majeure partie de leurs années préscolaire et scolaire et sont donc parfaitement bilingues.
Le Yukon a maintenant un si bon noyau de population francophone qu'il attire des gens du Canada, de l'Acadie, du Québec, de la France et d'autres pays francophones qui désirent vivre une vie aventureuse dans une communauté nordique, tout en préservant leur capacité à parler en français.
Au moyen du projet de loi C‑13, nous pouvons aller encore plus loi en appuyant nos communautés de langue officielle en situation minoritaire et ainsi améliorer la richesse de la vie pour nous tous.
Lorsque j'étais en campagne électorale, candidat pour la première fois, j'ai pris connaissance de l'ancien projet C‑32 et de l'importance pour la communauté francophone d'améliorer davantage le projet de loi. La nécessité d'aller plus vite et plus résolument vers une loi révisée modifiant la Loi sur les langues officielles était l'une des mesures clés que j'avais en tête en tant que nouveau député.
Je suis donc heureux de parler du succès du travail acharné de la part de la ministre des Langues officielles, du secrétaire parlementaire de la ministre des Langues officielles et de leur équipe, ainsi que des consultations et des analyses qui ont mené au projet de loi C‑13.
Ce projet de loi est important pour tous les Canadiens, y compris ceux d'entre nous qui vivent loin du centre et ceux d'entre nous qui vivent dans le Nord. Une loi sur les langues officielles forte est importante pour toutes les langues, y compris les langues autochtones. Je sais que cette fertilisation croisée est bien reconnue au Yukon, avec la préservation et la promotion actives des droits linguistiques, qu'il s'agisse des langues officielles ou des langues autochtones. Chacune sert l'autre.
C'est dans ce contexte que je parle non seulement des importants progrès que nous avons faits, des progrès du projet de loi C‑13, mais aussi des améliorations qui donnent des dents à ce nouveau projet de loi, c'est-à-dire des mesures positives, une agence centrale et une portée dont nous bénéficierons tous.
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Lib. (YT)
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2022-05-12 20:24
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son intéressante question.
Je peux compléter en disant qu'avec un noyau, cela devient une mesure positive qui attire de plus en plus d'attention, d'immigration et de gens qui se déplacent.
La croissance de la communauté s'est toujours accompagnée du soutien du gouvernement fédéral qui a amorcé un mouvement accélérateur. Il y a un retour positif qui renforce la communauté francophone.
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Lib. (YT)
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2022-05-12 20:26
Madame la Présidente, je remercie ma collègue et je la félicite pour son français. Nous travaillons ensemble au Comité permanent des pêches et des océans.
En réponse à sa question, je dirai que notre gouvernement reconnaît que nous pouvons toujours en faire plus pour protéger les droits linguistiques officiels de tous les Canadiens. Nous renforçons également les pouvoirs du commissaire aux langues officielles afin de nous assurer qu'il dépose les outils nécessaires pour faire appliquer la loi. C'est pourquoi nous centralisons la coordination de la loi sous un seul ministère qui aura accès aux ressources d'une agence centrale.
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Lib. (YT)
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2022-05-12 20:28
Madame la Présidente, je remercie la ministre de sa question, de son appui et de son encouragement.
Comme on l'a vu, depuis 40 ans, la communauté francophone croît, et chaque étape de l'appui fédéral est liée à la vitalité de la communauté francophone. Ce soutien à l'éducation en langue première a un effet qui dure sur des générations, qui attire plus de gens et qui donne...
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Lib. (YT)
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2022-04-07 14:54
Monsieur le Président, il est essentiel de rendre l'éducation postsecondaire plus accessible pour améliorer la qualité de vie de tous les Canadiens, notamment dans le Nord et l'Arctique. C'est pourquoi le gouvernement a investi plus de 47 millions de dollars dans le Centre Dechinta pour la recherche et l'apprentissage, dans un nouveau pavillon des sciences à l'Université du Yukon et dans la transformation du Collège Aurora en une université polytechnique. L'une de mes priorités est de veiller à ce que les habitants du Nord et les peuples autochtones bénéficient d'un meilleur accès à l'éducation postsecondaire dans le Nord.
Le ministre des Affaires du Nord peut-il faire le point sur les mesures prises par notre gouvernement pour combler les lacunes actuelles?
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Lib. (YT)
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2022-04-05 14:13
Monsieur le Président, vibrant, engagé, diversifié et en pleine croissance, le Yukon a la troisième plus grande population de francophones par habitant au Canada.
La renaissance francophone du Yukon prend ses racines dans les années 1970 après l'adoption de la Loi sur les langues officielles du Canada. Renforcée par cet engagement fédéral, la communauté francophone du Yukon a depuis grandi dans tous les sens.
Le Yukon attend d'ouvrir bientôt un centre de santé bilingue. Une troisième école française, langue première, ouvrira à Dawson City pour la prochaine année scolaire. Entretemps, le nombre d'élèves dans les classes d'immersion française a explosé.
Maintenant, les gens peuvent entendre le français partout au Yukon. En tant que francophile, je suis fier de constater les progrès réalisés depuis l'adoption de la Loi sur les langues officielles du Canada. Avec le projet de loi C‑13, nous pouvons aller encore plus loin en appuyant nos communautés linguistiques en situation minoritaire, et ainsi améliorer la richesse de la vie pour nous tous.
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Lib. (YT)
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2022-03-21 14:07
Monsieur le Président, dans les Prairies canadiennes, on les appelle « foulards de Kokum ». Au Yukon, on les appelle « foulards de grand-mère ». Pour rendre hommage à l'amitié historique entre les Premières Nations et les premiers colons ukrainiens et démontrer leur soutien aux Ukrainiens dévastés par cette guerre, les hommes et les femmes autochtones du Canada portent ces foulards colorés.
Le Yukon compte la quatrième plus importante population de Canadiens d'origine ukrainienne, en proportion du nombre d'habitants. Lorsque des dirigeants des Premières Nations du Yukon ont récemment rencontré des représentants de la communauté ukrainienne pour leur offrir leur soutien, ils ont reçu des foulards de grand-mère symboliques. Alors que les Premières Nations et les Yukonnais eux-mêmes doivent composer avec les tragédies que sont la crise des opioïdes, le traumatisme des pensionnats autochtones et la pandémie, ils sont tout de même présents pour afficher leur soutien à l'Ukraine.
La guerre que mène Poutine contre l'Ukraine a assurément brisé le cœur de tous les Canadiens, mais nous pouvons trouver un certain réconfort dans ces histoires de soutien et de solidarité. Pendant que les Yukonnais ouvrent leurs cœurs et leurs maisons et manifestent leur appui aux Ukrainiens, nos collectivités autochtones éclairent une fois de plus la voie vers la paix et la réconciliation.
Slava Ukraini.
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Lib. (YT)
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2022-03-04 12:00
Monsieur le Président, la Loi sur les langues officielles consacre les droits en matière de langue officielle de tous les Canadiens. Cependant, la Loi exige du mordant afin de protéger ces droits.
La ministre des Langues officielles pourrait-elle dire à la Chambre si la modernisation de la Loi sur les langues officielles par le gouvernement comprend des dispositions pour la rendre plus forte et plus efficace?
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Lib. (YT)
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2022-03-02 18:05
Madame la Présidente, je suis heureux de prendre la parole ce soir pour appuyer le projet de loi présenté par mon collègue le député de Courtenay—Alberni.
Je remercie le député de son dévouement et de son leadership dans ce dossier. Même si nous nous connaissons depuis peu, je sais qu'il défend depuis longtemps les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale et de toxicomanie. Je tiens donc à profiter de l'occasion pour le remercier.
Ces questions sont d'une grande importance pour moi aussi. Pendant des années, chacun de nous a travaillé à sa manière — lui, à la Chambre et moi, dans mes anciennes fonctions de médecin hygiéniste en chef du Yukon — pour sensibiliser les gens et chercher à lutter contre la crise engendrée par les drogues toxiques. D'ailleurs, j'occupais le poste de médecin hygiéniste en chef du Yukon en 2016 lorsque le premier décès lié au fentanyl est survenu dans le territoire. Depuis, plus de 26 000 personnes sont mortes d'une surdose au Canada. Un nombre incalculable de Canadiens ont vu leur vie bouleversée à jamais en raison de la mort prématurée d'un être cher, mort qui aurait pu être évitée.
Mon territoire, le Yukon, affiche actuellement le taux de mortalité par habitant le plus élevé parmi les provinces et les territoires pour ce qui est des surdoses liées à des drogues toxiques. Je ne saurais trop insister sur les répercussions de ce fléau sur chacun des habitants de ma circonscription, mais nous savons qu'il s'agit d'un problème qui touche l'ensemble du Canada.
Lorsque j'étais médecin hygiéniste en chef du Yukon, j'ai travaillé en collaboration avec le gouvernement, les Premières Nations et les partenaires communautaires du Yukon afin d'apporter des améliorations à la prévention, aux soins cliniques, à l'accès aux traitements, à la sensibilisation et à la réduction des méfaits. Je suis heureux que le gouvernement libéral — que je suis fier de représenter — ait pris des mesures pour s'attaquer à cette crise engendrée par les drogues toxiques. Je sais que sans les multiples mécanismes de soutien du gouvernement fédéral, nous n'aurions pas obtenu les résultats favorables que nous avons eus jusqu'ici au Yukon.
La ministre de la Santé mentale et des Dépendances a déjà fait preuve d'un solide leadership au sein de ce nouveau ministère. Le gouvernement reconnaît désormais que la consommation problématique de substances est, d'abord et avant tout, une question de santé publique. Nous nous efforçons de détourner les personnes qui consomment des drogues du système de justice pénale pour les orienter vers des relations fondées sur le soutien et la confiance.
Nous avons une approche à plusieurs volets qui s'appuie sur des mesures antérieures, y compris des investissements de plus de 700 millions de dollars dans des projets communautaires de réduction des méfaits, de traitement et de prévention dont l'importance n'est plus à démontrer. Il convient ici de souligner que nous avons également reçu des demandes d'exemption aux termes de l'article 56 de la part des services de santé publique de la Colombie-Britannique, de Vancouver et de Toronto, et que ces demandes sont examinées de toute urgence. Le gouvernement a investi plus de 60 millions de dollars pour améliorer l'accès à un approvisionnement fiable en opioïdes d'ordonnance et pour faciliter l'accès à la naloxone, qui peut sauver des vies, dans l'ensemble du pays, y compris dans les collectivités autochtones éloignées et isolées.
Depuis 2017, les centres de consommation supervisée du Canada ont reçu plus de 2,9 millions de visites et évité que près de 27 000 surdoses ne mènent à un décès; il n'y a eu aucun décès dans ces centres. Nous investissons annuellement 425 millions de dollars dans les services communautaires pour répondre aux besoins en santé mentale des Premières Nations et des Inuits. Le gouvernement est formel: il va recourir à tous les outils à sa disposition pour mettre un terme à cette crise nationale de santé publique.
Cela dit, que ce soit au Yukon ou n'importe où ailleurs au Canada, nous pouvons faire plus encore, et nous devrions faire plus.
Nous pourrions entre autres miser sur nos réalisations partout au pays et en élargir le rayonnement. Actuellement, il y a des pratiques efficaces en place qui peuvent être renforcées et partagées.
De plus, il est temps d'envisager officiellement une politique nationale de décriminalisation, c'est‑à‑dire de ne plus considérer comme un crime la possession simple de stupéfiants ou d'autres substances désignées. Elle devrait plutôt être vue d'un point de vue sanitaire et être traitée comme telle.
Il est important d'établir ce qui est exclu. En effet, les personnes qui commettent un délit grave, y compris le trafic de drogues, vont continuer de recevoir des peines importantes.
Ce projet de loi modifierait la Loi réglementant certaines drogues et autres substances afin d’abroger une disposition qui érige en infraction la possession de certaines substances. Il apporterait également des modifications corrélatives à d’autres lois. De plus, il édicterait la Loi sur la radiation de certaines condamnations liées à la drogue, qui établit une procédure permettant de radier certaines condamnations liées à la drogue et prévoit la destruction ou la suppression de tout dossier judiciaire relatif à de telles condamnations des répertoires ou systèmes fédéraux. Enfin, il édicterait la Loi sur la stratégie nationale sur l’usage de substances, qui prévoit l’obligation pour le ministre de la Santé d’élaborer une stratégie nationale pour s’attaquer aux méfaits causés par l’usage problématique de substances.
La ministre de la Santé mentale et des Dépendances avait raison lorsqu'elle a dit que la décriminalisation à elle seule, avec un approvisionnement en drogues toxiques, ne permettra pas de sauver les vies que nous devons sauver. Les mots clés, ici, sont « à elle seule ». Cette étape importante qu'est la décriminalisation doit s'harmoniser avec tous les autres éléments, faisant fond sur le travail accompli ces dernières années par tous les ordres de gouvernement relativement à l'approvisionnement sûr, à l'éducation, à la réduction de la stigmatisation, à l'accès aux traitements et à une meilleure gestion clinique.
Nous devons offrir une meilleure formation aux travailleurs de première ligne qui interviennent dans ces crises et nous devons peut-être envisager de sensibiliser et de former d'autres membres de la communauté, en particulier dans le cas des communautés isolées. Un approvisionnement sûr, une consommation supervisée, un meilleur accès aux traitements, une prévention efficace et la décriminalisation sont autant d'approches qui, combinées, peuvent contribuer à éviter des décès supplémentaires.
Comme nous le savons, la Colombie‑Britannique, Vancouver, Winnipeg et Toronto réclament tous la décriminalisation de la possession de petites quantités de drogues illicites. Le plus grand hôpital d'enseignement en santé mentale du pays, le Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto, fait également pression en ce sens, et nous savons que c'est aussi la position de l'Association canadienne des chefs de police. L'Association médicale canadienne et, dans ma circonscription, l'Association médicale du Yukon abondent aussi dans le même sens.
En plus de tout ce que le gouvernement a fait pour résoudre cette crise au cours des dernières années, nous avons besoin d'envisager une approche plus vaste de la question, y compris la décriminalisation. Ce sont des discussions cruciales que nous devons tenir, et c'est pourquoi je suis heureux de parler du projet de loi de mon collègue, de l'appuyer et de faire en sorte qu'il soit renvoyé au comité. C'est la direction dans laquelle nous devons aller, et je me réjouis à la perspective d'y travailler avec les députés de la Chambre.
Pour aller de l'avant, nous devons parler avec passion, faire preuve de compassion et nous assurer que nous faisons tout ce que nous pouvons pour présenter les preuves aussi clairement que possible. Les décisions que nous prenons à la Chambre devraient toujours faire passer les intérêts des Canadiens en premier, en se fondant sur les preuves et les faits, médicaux ou autres. Des gens meurent. Nous devons agir.
Nous devons examiner ce projet de loi avec soin et dans un esprit critique, et je suis vraiment ravi que mon collègue l'ait présenté. Je me réjouis vraiment à la perspective de travailler avec le député d'en face sur cette question cruciale, ainsi que sur toute autre mesure visant à lutter contre la crise des opioïdes.
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Lib. (YT)
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2022-03-01 14:07
Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour souligner l'anniversaire récent de Martha Louise Black, une Yukonaise extraordinaire née un 24 février, il y a 156 ans.
En 1898, Martha a quitté sa ville natale aux États-Unis pour se joindre aux milliers d'hommes et de femmes qui prenaient la route du Klondike en quête d'une concession pour trouver de l'or. Pendant la difficile traversée du col Chilkoot, elle a découvert qu'elle était enceinte. Martha n'a jamais trouvé d'or, mais elle a donné naissance à son troisième enfant au Yukon, est tombée amoureuse du territoire et n'est jamais repartie. Elle est devenue une femme d'affaires prospère et une naturaliste.
Après s'être remariée dans sa nouvelle région, Martha s'est présentée comme députée du Yukon lorsque son mari, George Black, a dû démissionner pour des raisons de santé. En 1935, elle est ainsi devenue la deuxième femme au Canada à siéger au Parlement. Martha Black se souvenait avoir dû se déplacer en avion, en bateau à vapeur, à dos de cheval et en chaloupe pour joindre ses concitoyens. Elle a servi son territoire d'adoption jusqu'en 1940 et affirmait ne pas représenter un parti politique, mais la population du Yukon.
Les défis que doit relever le Canada à l'heure actuelle laissent peu de place à la politique purement partisane. Une Yukonaise remarquable et intrépide et une parlementaire accomplie comme Martha Black peut être une source d'inspiration pour nous tous à la Chambre.
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Lib. (YT)
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2022-02-20 19:25
Madame la Présidente, je prends aujourd'hui la parole depuis le territoire traditionnel du Conseil des Ta'an Kwach'an et de la nation des Kwanlin Dun, et je suis reconnaissant de la confiance que la population du Yukon m'a accordée en me permettant de la représenter à la Chambre et de participer à ce débat important.
Nous avons le privilège immense de pouvoir tenir un tel débat sur les principes fondamentaux de notre démocratie, l'une des plus respectées et des plus prospères au monde.
En tant que députés, nous avons la responsabilité de mettre de côté l'idéologie partisane pour examiner les meilleures données probantes et établir la voie à suivre afin de protéger notre démocratie contre toutes les atteintes à son intégrité et toutes les menaces à sa survie.
Aujourd'hui, nous discutons du recours à la Loi sur les mesures d'urgence, une loi qui a été adoptée en 1988 pour remplacer la Loi sur les mesures de guerre afin de permettre au gouvernement fédéral d'adopter des méthodes spéciales pour une période donnée en temps de crise, lorsque les mesures en place ne suffisent pas à régler la crise.
Comme beaucoup de députés l'ont déclaré, c'est la première fois que le gouvernement prend de telles mesures. Je joins ma voix à celles de mes collègues qui estiment qu'il fallait invoquer la loi pour mettre un terme à l'occupation d'Ottawa, démanteler les barrages ou prévenir la construction de nouveaux barrages par les mêmes groupes, et contrer les menaces visant les infrastructures essentielles.
Soyons clairs: ce n'est plus à une manifestation contre les mesures obligatoires que nous avons affaire. C'est un siège, une occupation et une menace crédible pour la démocratie. Je reviendrai sur cette question, mais je voudrais d'abord faire part à la Chambre de quelques réflexions sur la pandémie et les nombreuses mesures qui ont été mises en œuvre en réponse à cette crise de santé publique.
L'épuisement causé par cette pandémie qui n'en finit plus et la lassitude qu'elle engendre sont à l'origine d'une bonne partie des troubles actuels, non seulement parce que la situation dure depuis deux ans, mais aussi en raison des nombreux faux espoirs que nous avons entretenus. Combien de fois encore allons-nous entrevoir la lumière au bout du tunnel, pour ensuite comprendre que c'est plutôt un autre train qui se dirige vers nous?
Il a maintenant presque deux ans, c'est comme médecin hygiéniste en chef du Yukon que j'ai vécu les premières semaines de la pandémie, où nous avons vu celle-ci se rapprocher du Yukon et cherché à nous y préparer. Je me souviens très bien que c'est les larmes aux yeux que la médecin hygiéniste en chef adjointe, la Dre Elliott, a annoncé qu'il fallait annuler les Jeux d'hiver de l'Arctique, la première d'une longue série d'activités festives qui allaient tomber sur le passage de la COVID.
Peu après, et avant même d'enregistrer notre premier cas, nous avons déclaré une urgence de santé publique, parce que nous étions conscients des mesures extraordinaires qu'il faudrait mettre en place pour combattre cette pandémie. Le souvenir des jours où j'ai annoncé le premier cas de COVID‑19 au Yukon, puis le premier décès attribuable au virus, est aussi frais dans ma mémoire que si cela s'était passé hier.
Nous avons très vite déterminé que la seule façon de nous protéger contre la COVID consistait à restreindre temporairement les déplacements non essentiels vers le Yukon et à imposer des exigences de quarantaine. Nous savions à quel point c'était une mesure draconienne et lourde de conséquences. Des Yukonnais s'y sont opposés, certains avec véhémence, et nous étions pleinement conscients des difficultés et des pertes que notre décision entraînait.
La plupart des gens ont cependant appuyé les restrictions, qui ont contribué à nous protéger et nous ont permis de bénéficier d'une plus grande liberté à l'intérieur du territoire. Nous avons fait front commun et réussi à limiter l'incidence de la COVID au minimum jusqu'à ce que l'arrivée des vaccins nous offre la possibilité de remplacer graduellement les mesures de contrôle à la frontière par une stratégie vaccinale, et ce, bien avant la plupart des autres administrations ayant adopté des approches semblables.
Même avant que les vaccins soient accessibles, nous avons ouvert les frontières quand c'était possible et, à l'été 2020, nous avons même levé les exigences de quarantaine pour la bulle que nous formions avec la Colombie-Britannique, afin de permettre à la population de se déplacer librement entre la province et le territoire. Cette possibilité de voyager et de revoir parents et amis a servi d'exutoire aux habitants.
Dans l'ensemble, notre stratégie d'isolement a porté ses fruits. Y a-t-il eu un prix à payer? Absolument. Nous avons partagé la peine des aînés privés de visiteurs dans les centres de soins de longue durée, mais nous avons évité les éclosions de COVID dans ces établissements et préservé de nombreuses vies. Des familles ont été séparées, des gens ont dû faire le deuil d'un être cher dans la solitude, des célébrations de toutes sortes ont été annulées ou considérablement réduites, des lieux de travail ont eu du mal à tenir le coup et l'industrie touristique a grandement souffert, mais parce que nous avions des mesures qui étaient proportionnelles au risque de propagation de la COVID, nous avons pu éviter d'imposer de trop lourdes contraintes à la population.
Grâce aux indemnisations dont nous avons bénéficié, notamment d'importantes prestations fédérales auxquelles se sont ajoutées les mesures d'aide du gouvernement territorial, les habitants et les entreprises ont pu se maintenir à flot malgré les défis considérables qu'ils ont rencontrés.
Je vous dis tout cela parce que je veux aider les députés à comprendre les douloureux compromis et les atteintes aux libertés individuelles auxquels nous avons dû consentir dans l'intérêt supérieur de la population. Nous savions qu'il y avait un prix à payer, et nous ne l'avons pas caché. Très tôt, nous avons commencé à mesurer et à documenter non seulement les effets du virus mais aussi les conséquences des restrictions.
On a observé des répercussions en matière de santé mentale: dépression, anxiété, dépendance et décès liés aux drogues toxiques. On a accumulé des retards dans les soins médicaux et chirurgicaux et les services de dépistage. Des enfants ont souffert d'un manque de socialisation et d'activité physique.
En tant que médecin hygiéniste en chef, j'ai toujours cherché à comprendre et à aplanir la résistance et les hésitations. Lorsque les vaccins sont arrivés, nous avons misé sur la discussion et la conversation pour déterminer quelles croyances amenaient certaines personnes à refuser de se faire vacciner, et nous avons travaillé avec les individus et les communautés réfractaires en vue d'atteindre des taux de vaccination encore plus élevés.
Notre décision de lever les exigences de quarantaine pour les personnes ayant reçu tous les vaccins nécessaires a été accueillie avec joie et soulagement. Bien sûr, il y a eu des mécontents et certains se sont opposés à la mesure. Mais grâce à la liberté supplémentaire accordée aux personnes entièrement vaccinées, un plus grand nombre de Yukonnais ont pu voyager, davantage de familles ont pu se réunir et de nombreuses autres personnes ont décidé de se faire vacciner, contribuant ainsi à mieux préparer notre petite population à faire face aux prochaines vagues de la pandémie.
Est-ce que les exigences et les obligations en matière de vaccination restreignent les libertés individuelles? Oui, dans une certaine mesure, mais on pourrait dire la même chose des lois concernant les ceintures de sécurité ou l'alcool au volant et les autres politiques de vaccination. En réalité, bon nombre des lois et des règlements courants nous protègent et nous permettent de profiter de la vie.
L'objectif devrait toujours être l'intérêt supérieur de la population. Dans le cas des politiques de vaccination contre la COVID, cela correspond à permettre à divers secteurs de reprendre ou d'accroître leurs activités, à faire en sorte que les gens puissent continuer à gagner leur vie ou à inciter des personnes à se faire vacciner.
Alors que la pandémie recule encore une fois, nous devrions être en mesure de réduire voire d'annuler bon nombre de ces exigences, d'autant plus que notre boîte à outils pour lutter contre la COVID s'étoffe. Ces outils comprennent de meilleurs masques et une meilleure connaissance de la façon dont ils fonctionnent, une meilleure compréhension du rôle de la ventilation, une panoplie croissante de vaccins, l'arrivée de traitements efficaces et même une immunité accrue de la population acquise lors de la récente vague Omicron.
Mais qu'on me comprenne bien: nous ne devrions pas nous empresser de mettre fin aux restrictions et aux politiques. S'il y a bien une chose que nous avons apprise, c'est que les mesures de santé publique doivent être imposées rapidement en cas de menace, mais levées progressivement, en fonction d'une analyse experte de l'activité virale et de la surveillance du virus à l'échelle internationale.
Malheureusement, la pandémie ne disparaîtra pas du jour au lendemain. D'aucuns s'empressent de déclarer que nous sommes dans une phase endémique sans même savoir ce que signifie « endémique ».
Il convient de noter qu'au Danemark, par exemple, où une forte proportion de la population est vaccinée et où les restrictions ont été abolies rapidement, un pays souvent présenté à la Chambre comme l'un de ceux dont nous devrions adopter les politiques, on observe déjà une inquiétante tendance à la hausse du nombre de décès et d'admissions aux soins intensifs. Il y a un coût, et ce coût sera assumé de manière disproportionnée par les personnes les plus à risque et les plus vulnérables. Il s'agit des personnes immunodéprimées, de celles qui ont un handicap et de celles qui, pour une raison ou une autre, ne sont pas vaccinées.
D'autres pays ou régions du monde où l'on a levé les restrictions à la hâte me préoccupent également. Nous devons traverser la phase actuelle de la pandémie de manière progressive et réfléchie, et faire preuve d'une grande prudence à l'égard de ce qui nous attend.
Revenons maintenant à la Loi sur les mesures d'urgence et à la question de savoir si elle est justifiée. Comme je l'ai mentionné, j'estime qu'elle était nécessaire, pour toutes les raisons évoquées de ce côté-ci de la Chambre. J'ai moi aussi reçu des courriels et des lettres de gens qui me demandaient d'appuyer le convoi. Il y a même des Yukonnais qui m'ont écrit en ce sens. Mais j'ai aussi reçu de nombreux courriels et appels de personnes préoccupées par la situation. Un habitant du Yukon qui représentait ses nombreux amis du même avis que lui m'a appelé et m'a dit: « Vous devez faire quelque chose. Cette occupation et ces barrages sont inacceptables dans une démocratie. Vous devez en faire plus. »
La capitale de notre pays est occupée. Aussi angoissés qu'aient pu être les habitants d'Ottawa, ce sont des Canadiens vivant à 5 400 kilomètres d'ici qui m'ont lancé cet appel. L'occupation d'Ottawa, c'est bien plus qu'une ville en état de siège. Des gens — y compris des membres de ma propre famille — sont habités par la peur. Le centre-ville est paralysé comme une zone de guerre. Il s'agit d'une occupation causant de graves perturbations et manifestant des penchants pour la violence qui a mis notre capitale à genoux.
On l'a déjà mentionné à maintes reprises, mais je le répète: la Loi sur les mesures d'urgence est évolutive, ce qui signifie que la réponse peut être adaptée en fonction de la menace. Elle est limitée dans le temps et dans sa portée. Elle prévoit d'importants mécanismes de surveillance parlementaire — comme celle que nous exerçons en ce moment — pour assurer que les mesures adoptées ne donnent pas lieu à des abus. Enfin, ce qui est peut-être le plus important, c'est qu'elle doit être conforme à la Charte, c'est-à-dire qu'elle doit être mise en application dans le respect de la Charte des droits et libertés.
La Loi vise à fournir des pouvoirs additionnels aux provinces et aux territoires qui en ont besoin, mais elle n'entraîne aucune atteinte aux droits des citoyens, où qu'ils soient.
Certains de mes collègues d'en face ont comparé la Loi sur les mesures d'urgence, même aujourd'hui, à l'invocation de la Loi sur les mesures de guerre en octobre 1970. Sans nécessairement chercher à dévoiler mon âge, je dirai que c'est un jour que le jeune garçon de 12 ans que j'étais se rappelle très bien. J'avais à peu près l'âge de mon propre fils, qui a 13 ans, et de ma petite-nièce Audrey, qui célèbre son 12e anniversaire aujourd'hui à Ottawa. Je souhaite un joyeux anniversaire à Audrey en ce dimanche inusité.
Pour en revenir à 1970, alors que j'avais 12 ans, je me souviens de la stupeur et du désarroi dans lesquels l'enlèvement de James Cross et de Pierre Laporte, puis le meurtre de M. Laporte, avaient plongé le pays. C'était une période tendue, et bon nombre d'entre nous repensent à ce qu'a vécu le Canada et à sa réponse au cours de ces mois empreints de peur, de violence et de menace.
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Lib. (YT)
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2022-02-20 19:37
Madame la Présidente, de toute évidence, la loi que nous invoquons aujourd’hui est totalement différente et bien plus rigoureuse que celle employée il y a 52 ans. La Loi sur les mesures d’urgence n’est pas la Loi sur les mesures de guerre. En effet, les mécanismes de responsabilisation prévus par la Loi sur les mesures d’urgence font foi de la solidité de la démocratie canadienne. Je salue tous ceux qui ont travaillé à la Chambre au fil des années pour qu’il en soit ainsi.
Nous connaissons les mesures prises en vue d’arriver à une résolution. Pendant trois semaines, la ville d’Ottawa a été prise en otage, occupée. Les entreprises qui étaient prêtes à reprendre leurs activités ont été forcées de rester fermées. Les résidants ont été harcelés, la vie communautaire a été perturbée. Des vies, des résidences et des entreprises ont été mises en péril.
On a beaucoup entendu dire, surtout de nos collègues d’en face, à quel point les manifestants étaient pacifiques et respectueux. Bien sûr. Je me suis promené, moi aussi, et j’ai eu droit à des sourires, à des bonjours et à des bonsoirs. Moi aussi, j’ai vu le château gonflable et les barbecues, j’ai entendu les chansonnettes et les enfants jouer, mais cela ne faisait pas de ces gens de simples manifestants, inoffensifs et pacifiques. Leur intention première avait peut-être été d’exprimer leur objection aux mandats, mais en étant présents au noyau de l’occupation, amicaux ou pas, ils sont devenus activement complices d’une occupation qui avait franchi depuis longtemps la ligne de simple manifestation.
D’autres, comme mes collègues aujourd’hui, ont bien décrit les facteurs qui ont transformé cette manifestation en véritable menace pour l’ordre public: menaces des éléments extrémistes qui ont mis la ville en état de siège, le financement, l’influence étrangère, les perturbations pour les résidants d’Ottawa, les blocages qui ont essentiellement freiné nos échanges commerciaux avec les États‑Unis, affaiblissant davantage la chaîne d’approvisionnement et menant à des pénuries dans les commerces jusque dans les régions rurales du Yukon.
Tous les Canadiens ont le droit de manifester. Je me battrai toujours pour préserver ce droit, qui est d’ailleurs garanti par la Charte des droits et libertés. Notre droit de manifester ne doit toutefois pas empiéter sur les droits d’autrui.
La ville d’Ottawa était occupée et, vu les limites des leviers dont disposent les autorités municipales et provinciales, il était absolument nécessaire d’invoquer cette loi afin de permettre au gouvernement fédéral d’intervenir et de mettre fin au siège. Jamais je n’aurais imaginé qu’on puisse brandir le mot « liberté » en guise de menace ni qu’on fasse de notre magnifique drapeau canadien un symbole d’occupation. L’occupation d’Ottawa devait cesser, comme ce fut le cas, et nous devons maintenant nous relever. Je crois que la Loi sur les mesures d’urgence a été nécessaire dans ce cas-ci.
Je suis médecin de santé publique, mais aussi urgentologue, du moins je l'étais jusque tout récemment. En terminant, j'aimerais vous faire part de deux réflexions. Travailler aux urgences, c'est évidemment très exigeant, comme beaucoup pourront en témoigner pour avoir reçu des soins ou peut-être avoir travaillé à la prestation ou au soutien des soins. Les patients peuvent être légèrement ou gravement malades, ou simplement inquiets. Notre travail consiste à discerner lequel est lequel et à prendre une décision qui pourrait changer à jamais la vie du patient. Parfois, cette décision se prend en quelques secondes, parfois en quelques heures, mais il faut trancher. Il arrive aussi que plusieurs décisions s'imposent d'heure en heure. Il est primordial de savoir prendre des décisions en temps utile.
Il en va de même pour la déclaration d'un état d'urgence nationale. Était-ce nécessaire? Si oui, l'a-t-on fait trop ou pas assez rapidement? À un moment donné, il faut prendre une décision en fonction des données les plus fiables à notre disposition. De même, puisque l'occupation d'Ottawa est terminée et que le blocage a été démantelé, était-ce toujours nécessaire d'invoquer la loi? Je suis heureux qu'on ait pris cette décision et je suis heureux qu'on l'ait fait seulement après avoir épuisé les recours des lois et des règlements en place. Ces efforts ont été vains, du moins certainement à Ottawa et il semble qu'à Surrey aussi, et le risque que d'autres blocages s'organisent demeure bien réel.
Heureusement, cette intervention est soumise au regard critique de la population et à différents mécanismes de vérification, en plus d'être d'une durée limitée, ce qui nous aidera à veiller à ce qu'elle soit le moins intrusive possible. Peut-être que d'ici la prochaine crise nous aurons des moyens plus efficaces, qui nous éviteront d'invoquer la Loi sur les mesures d'urgence. Si la situation devait se reproduire, un précédent aura été établi, et ce que nous aurons appris de l'application de la loi, des critères à respecter et des mécanismes d'intervention pourrait nous éviter de l'invoquer de nouveau.
Ma deuxième réflexion est la suivante. En salle d'urgence, il peut se produire des incidents violents. Parfois, la prévention ne suffit pas et les tentatives de désescalade non plus. Quand cela se produisait, nous faisions appel à la GRC, et c'était un réel soulagement de voir arriver nos amis en uniforme. J'ai eu une réaction semblable hier, après ces trois semaines que j'ai passées en partie à Ottawa. J'étais reconnaissant et fier du professionnalisme avec lequel les forces policières d'un peu partout au Canada ont conjugué leurs efforts, habilitées par la Loi sur les mesures d'urgence, pour rétablir le calme et mettre fin à l'occupation sans grande violence. Je tiens à remercier ces hommes et ces femmes courageux qui ont contribué à la résolution de la crise.
Beaucoup ont exprimé des inquiétudes face à l'échec des forces policières dans les premières semaines de cette occupation. Beaucoup ont aussi constaté que la réaction des policiers devant ce siège à prédominance blanche avait été bien différente du traitement réservé aux groupes autochtones et racialisés lors de récentes manifestations. Je veux que mes collègues sachent que je partage ces inquiétudes. Je suis également préoccupé par la gestion initiale de cette crise, qui a peut-être même été facilitée par la police locale. Je précise cependant que j'apprécie le professionnalisme dont les agents ont fait preuve pour mettre fin à ce siège sans violence. On doit cette possibilité d'intervenir en nombres suffisants et de manière coordonnée aux dispositions de la Loi sur les mesures d'urgence.
Je veux aussi remercier tous les travailleurs essentiels: les camionneurs qui ont transporté des marchandises sur l'ensemble du continent tout au long de la pandémie; les travailleurs de la santé, tant dans le domaine de la santé publique que dans la prestation des soins, qui sont parés à toute éventualité, même si on voit poindre une lumière au bout du tunnel; et bien sûr, tous les citoyens qui ont retroussé leurs manches pour nous aider à naviguer ensemble à travers la tempête. Merci à vous tous.
Je suis prêt à travailler avec tous les élus de la Chambre, à défendre la paix, l'ordre et le bon gouvernement. Nous avons encore beaucoup de pain sur la planche.
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