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NPD (MB)
Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec la députée de Churchill—Keewatinook Aski.
La pandémie a montré très clairement que nous ne sommes pas tous dans le même bateau. Nous vivons dans une dictature commerciale croissante où certains d'entre nous se trouvent dans des canots de sauvetage et d'autres naviguent sur des yachts, où les privilèges des entreprises usurpent de plus en plus les droits des travailleurs, de la Terre mère, des particuliers et des familles, et où l'écart entre les nantis et les démunis se creuse en faveur des ultra riches qui s'enrichissent de minute en minute alors que de plus en plus de gens ont de plus en plus de mal à survivre.
Pendant ce temps, beaucoup de mes concitoyens arrivent à peine à payer leur loyer. La hausse du prix des aliments rend l'insécurité alimentaire encore plus courante. Les droits de la personne les plus fondamentaux continuent d'être débattus à la Chambre, alors que le gouvernement continue de récompenser ses amis du milieu des affaires au détriment de la population, y compris les habitants de ma circonscription, Winnipeg‑Centre. En ce qui concerne les travailleurs, les salaires réels sont en baisse et les milliardaires canadiens s'enrichissent. Leur fortune a notamment augmenté de 78 milliards de dollars par année un an après le début de la pandémie de COVID, une pandémie sans précédent qui a fait en sorte qu'un nombre croissant de Canadiens peinent à survivre.
Cette augmentation de leur richesse a s'est faite sans aucun égard pour les droits de la personne, notamment les droits des travailleurs. Prenons, par exemple, Sobeys, une des plus grandes chaînes d'épicerie du Canada: tout comme Loblaws et Metro, sa société-mère, Empire, a annulé la rémunération des héros mise en place pendant la pandémie. Il s'agissait d'une rémunération pour les travailleurs qui ont risqué leur vie pendant la pandémie pour que les gens puissent continuer de se nourrir. Le comble, c'est que les employés de la plupart des magasins Sobeys ne sont même pas syndiqués. C'est une société qui a résisté farouchement et résolument aux efforts de syndicalisation, faisant ainsi preuve d'un mépris total envers les droits des travailleurs.
Ce mépris des travailleurs de la part de Sobeys n'est pas dû à la volonté de la chaîne de maintenir des bas prix pour les consommateurs. En fait, les gens paient plus cher que jamais pour l'épicerie, avec une inflation de 6,5 %, soit la plus élevée depuis plus d'une décennie. Elle s'explique par l'avidité, une avidité incontrôlée, avec des PDG qui s'en mettent plein les poches sans le moindre remords. La société Sobeys vient d'annoncer un bénéfice trimestriel de 203,4 millions de dollars — par rapport aux 176,3 millions d'il y a un an —, et elle n'est pas la seule à se réjouir. En effet, Loblaws a vu son bénéfice du quatrième trimestre plus que doubler par rapport à l'an dernier, son bénéfice net disponible pour les actionnaires ordinaires atteignant 744 millions de dollars. La chaîne d'alimentation Metro a déclaré un bénéfice net de 207 millions de dollars à la fin de 2021.
Il s'agit d'une avidité incontrôlée qui s'affiche sans la moindre honte, comme en témoigne la déclaration du président-directeur général de Sobeys, Michael Medline, qui, lors d'un colloque tenu en décembre, s'est vanté de l'argent qu'il engrangeait, en déclarant: « C'était un très bon trimestre, un trimestre bien exécuté par nos équipes dans l'ensemble du pays. »
Ce n'était pas « un très bon trimestre » pour les gens de ma circonscription qui font leurs courses chez FreshCo, sur l'avenue Sargent, et qui peinent à mettre du pain sur la table parce que chaque nouveau voyage à l'épicerie est plus cher que le précédent. Ce n'était pas non plus un « un très bon trimestre » pour les travailleurs qui se sont vu retirer leur prime COVID pour que les PDG puissent mettre encore plus d'argent dans leurs poches très profondes. Notre système économique est déréglé par la cupidité de ces grandes entreprises qui s'enrichissent aux dépens des personnes et des familles, une dynamique qui a même une incidence sur la capacité des gens à faire respecter leurs droits les plus fondamentaux, y compris le droit à la sécurité alimentaire.
Les travailleurs et les consommateurs ne tirent absolument aucun avantage des bénéfices sans précédent réalisés par les grandes chaînes de supermarché, qui augmentent parce que les prix augmentent. Les bénéfices augmentent parce qu'elles réduisent le salaire des travailleurs et violent parfois même leurs droits de la personne. Parmi ces bénéfices, il y a ceux qui ont été rendus possibles par les nombreux travailleurs agricoles migrants qui cultivent les aliments vendus dans ces magasins, et qui comptent parmi les travailleurs les plus exploités et maltraités du pays.
D'ailleurs, en décembre dernier, la vérificatrice générale a conclu que le gouvernement n'avait pas protégé les travailleurs agricoles migrants pendant la crise de la COVID-19, et a révélé que le ministère fédéral chargé d'assurer leur sécurité n'avait pas appliqué correctement les mesures de santé et de sécurité liées à la pandémie. Au moins trois travailleurs agricoles migrants sont morts de la COVID, et beaucoup d'autres sont tombés malades.
Il est inacceptable que le gouvernement libéral ferme délibérément les yeux sur cette souffrance humaine. Ce faisant, il démontre encore et toujours qu'il est beaucoup trop proche de ses amis du monde des affaires. Qu'a fait le gouvernement libéral pour exiger des grandes entreprises comme Sobeys, Loblaws et Metro, qui ont réalisé des bénéfices exceptionnels pendant la pandémie, qu'elles partagent cette richesse avec les travailleurs et les collectivités, afin de garantir le respect des droits de la personne des travailleurs? Rien. De fait, le gouvernement n'a toujours pas mis en place de taxe sur les bénéfices extraordinaires des banques et des compagnies d'assurance, alors qu'il avait promis de le faire lors de la dernière élection.
Qu'attendent les libéraux? Ils doivent immédiatement mettre en œuvre la surtaxe de 3 % et l'étendre aux grandes chaînes de supermarché, aux magasins à grande surface et aux grandes sociétés pétrolières qui continuent de réaliser des bénéfices sans précédent. Nous avons besoin de ces recettes pour faciliter la vie des personnes et des familles qui ont du mal à faire face à la montée en flèche du coût de la vie.
Nous pourrions ainsi financer, par exemple, un nouveau programme élargi de soutien du revenu pour les aînés, les étudiants, les personnes handicapées et les personnes ayant des besoins complexes en matière de santé mentale et de traumatismes, qui sont parmi les plus durement touchés par ces augmentations de prix. Cet argent pourrait également servir à financer un programme national de repas gratuits dans les écoles, de sorte qu'aucun enfant n'ait à étudier le ventre vide. Cet argent pourrait aussi aider à financer un revenu de base garanti comme celui que je propose dans le projet de loi C‑223.
Il est plus clair que jamais que nous ne sommes pas tous dans le même bateau. Tant de gens essaient simplement de survivre, alors que les riches issus de l'élite n'ont jamais eu la vie si belle. Ils se prélassent dans leurs yachts luxueux et montent à bord de leurs fusées, alors que de plus en plus de gens doivent se contenter de canots de sauvetage.
Assez, c'est assez. Il est temps d'augmenter les chèques de paie des travailleurs, et non les primes des PDG et les dividendes des actionnaires. Il est temps que les plus grandes entreprises ayant fait fortune pendant la pandémie paient leur juste part. Il est temps de faire passer les gens avant les profits et de donner aux personnes en difficulté le soutien dont elles ont besoin pour non seulement survivre, mais aussi prospérer. Il est temps que tous les gens aient ce dont ils ont besoin pour vivre dans la dignité.
Voir le profil de Rachel Blaney
NPD (BC)
Madame la Présidente, avant de parler de la motion, je veux prendre un instant pour rendre hommage à un ancien combattant de ma circonscription. Le 22 novembre dernier, Carl Kolonsky, un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, est décédé à Campbell River à l'âge de 96 ans. Il laisse dans le deuil ses fils Don et Darryl, ses petits-enfants et de nombreux neveux et nièces. Je suis sûre qu'il est aux côtés de celle qui a été son épouse durant 53 ans, Elsie, qui est décédée en 2000.
La dernière fois que j'ai vu M. Kolonsky en personne, nous commémorions le jour du Souvenir en 2019 à la Légion de Campbell River. Je tiendrai toujours pour sacrée la photo que lui et moi avons prise alors que nous attendions avec impatience de participer au 75e anniversaire de la libération des Pays‑Bas pendant la Seconde Guerre mondiale, en Hollande. J'étais particulièrement enthousiaste à l'idée d'accompagner ce formidable ancien combattant, dont la bonté était palpable pour tous les gens qui le connaissaient. Comme nous le savons, la COVID‑19 a mis fin à ces rêves. L'année dernière, M. Kolonsky a reçu des lettres et des fleurs d'une ville néerlandaise pour le remercier de son rôle et de son travail extraordinaires.
Carl était bien connu dans la région pour son esprit combatif, qu'il avait manifesté lors de la Seconde Guerre mondiale; il a d'ailleurs été décoré pour ses services. La perte de Carl a été profondément ressentie à Campbell River et par ses proches, qui l'aimaient énormément. Je le remercie pour ses états de service, j'exprime toutes mes sympathies à ses proches, qui l'aimaient beaucoup, et je partage leur profond chagrin.
Aujourd'hui, je suis ici pour parler des aînés. Au printemps dernier, le NPD a commencé à émettre sans relâche des avertissements selon lesquels le calcul des prestations liées à la pandémie pourrait avoir des répercussions importantes sur les Canadiens les plus pauvres. D'ailleurs, nous avons envoyé plusieurs lettres concernant expressément les aînés et le Supplément de revenu garanti, une prestation que reçoivent des aînés parmi les plus pauvres au Canada. Nous savions que les plus vulnérables feraient les frais d'une absence de planification judicieuse, et c'est ce qui est arrivé. Des aînés ont vu leur Supplément de revenu garanti être récupéré. Des parents ont aussi vu leur Prestation fiscale pour enfants, une source de revenus dont le but précis est de sortir les enfants de la pauvreté, être récupérée.
Une aînée a informé mon bureau qu'elle avait perdu son emploi à cause de la COVID‑19 et que son bureau venait de fermer. Même avec la Sécurité de la vieillesse, le Supplément de revenu garanti et le petit revenu qu'elle gagnait, elle arrivait à peine à joindre les deux bouts. Lorsqu'elle a perdu son emploi, elle était terrifiée à l'idée de ne pas pouvoir en trouver un autre pour combler ce manque important et elle craignait de ne pas être capable de joindre les deux bouts. Elle a fait comme beaucoup d'autres Canadiens qui avaient perdu leur emploi: elle a communiqué avec le bureau de son député et avec Service Canada. Les deux bureaux lui ont assuré qu'elle était admissible à ces prestations. Cependant, elle était toujours inquiète, alors elle s'est informée de nouveau, et on lui a dit qu'il n'y aurait aucune répercussion.
En juillet 2021, elle a découvert que c'était tout simplement faux. Elle a appris que les prestations qu'elle avait reçues l'empêchaient de toucher le Supplément de revenu garanti, et elle vit maintenant avec 1 000 $ par mois. Cette aînée, qui habite dans les Territoires du Nord‑Ouest, a vécu dans sa voiture pendant un mois parce qu'elle ne pouvait pas payer son loyer. C'était au cours d'un mois où la température était inférieure à zéro. Je ne peux même pas imaginer être placée dans une telle situation. De surcroit, comme beaucoup d'autres aînés au Canada, étant donné qu'elle a perdu le Supplément de revenu garanti, elle a automatiquement perdu la possibilité de toucher d'autres prestations territoriales ou provinciales.
Nous savons que, d'un bout à l'autre du pays, le Supplément de revenu garanti ouvre la porte à d'autres prestations aux niveaux provincial et territorial. Quand les aînés perdent leurs prestations du Supplément de revenu garanti, ils perdent beaucoup plus que cette source de revenus. L'aînée dont je vous parle a vu ses revenus diminuer d'un autre 200 $ par mois parce qu'elle n'était plus admissible au programme territorial visant à compenser le coût élevé de la vie dans les Territoires du Nord‑Ouest. On ne peut tout simplement pas mesurer ces répercussions tellement elles sont dévastatrices.
Nous débattons de la super motion sur le projet de loi C‑12. Ce projet de loi prévoit d'exclure du revenu imposable des aînés les prestations liées à la pandémie qu'ils ont reçues avant juin 2022, ce qui leur permettra de récupérer leur argent. Cela semble encourageant, jusqu'à ce qu'on comprenne qu'ils doivent attendre jusqu'au mois de mai.
Les aînés peinent à joindre les deux bouts depuis juillet 2021. En décembre, dans la mise à jour économique, on leur a dit que le gouvernement allait finalement corriger le tir. Puis, en lisant les petits caractères, nous avons appris que les aînés devront attendre de longs mois avant de récupérer leur argent.
J'écoute ce que me disent les aînés. Nombre d'entre eux m'ont raconté leur histoire. Ils se sont exprimés avec beaucoup de courage. Je me demande si le gouvernement écoute ce que les aînés aux prises avec des difficultés et désespérés ont à dire.
J'aimerais vous raconter l'histoire d'un autre aîné. Il s'agit d'un homme de 71 ans qui occupait un emploi. Il a présenté une demande de prestations d'urgence parce qu'il avait perdu son emploi durant la pandémie. Puis, le gouvernement a récupéré ses prestations du SRG, ce qui a été un dur coup pour lui. Ensuite, il a reçu un diagnostic de cancer. Il a été dévasté par cette nouvelle, mais aussi parce qu'il ne pouvait pas se payer les médicaments dont il avait besoin. C'est inacceptable. N'importe quel Canadien dans notre pays, un pays très fier de son système de soins de santé, devrait avoir accès aux médicaments de base dont il a besoin pour demeurer en vie et en santé. Cet aîné n'a pas les moyens de se procurer ses médicaments pour se soigner et il a complètement perdu espoir. Il ne sait pas comment il passera au travers de cette épreuve. Il ne peut pas attendre au mois de mai.
L'un des aspects les plus terribles de toute cette affaire, c'est peut-être que beaucoup d'aînés qui ont travaillé fort et consacré leur vie à notre pays sont en train de perdre espoir. Placés dans cette situation, ils ne savent plus à qui se fier puisqu'ils ne réussissent pas à se faire entendre du gouvernement. Dans les bureaux des députés, on leur avait dit que s'ils demandaient les prestations, ils y seraient admissibles et que cela ne leur poserait aucun problème par la suite. Une aînée a dit à mon bureau que ni elle, ni son mari n'iraient chercher leur troisième dose de vaccin, car ils ne voient pas à quoi cela servirait: continuer de vivre ne leur semble pas une option viable dans la situation où ils se retrouvent actuellement. Je ne crois pas que ce couple puisse attendre jusqu'au mois de mai.
Je tiens à dire clairement que oui, ce projet de loi sera utile. Cela dit, il aidera seulement les gens qui peuvent tenir jusqu'au mois de mai. S'il n'y a pas de paiements anticipés, les aînés continueront de souffrir pendant des mois alors que beaucoup d'entre eux ont déjà énormément perdu. Ils ont perdu leur logis. Ils vivent maintenant dans leur véhicule. Ils ont perdu leur logis et, étant donné le marché du logement actuel, quand ils trouveront enfin un autre endroit où habiter, ce sera à un prix beaucoup plus élevé. C'est donc dire que, même une fois la mesure proposée mise en place, ils continueront de glisser vers la pauvreté. Leur santé souffre parce qu'ils n'ont pas les moyens d'acheter les médicaments dont ils ont besoin ni de bien se nourrir pour rester en santé. Des gens sont morts parce qu'ils n'avaient pas les ressources nécessaires pour répondre à leurs besoins essentiels.
Il n'y a pas très longtemps, quelqu'un m'a signalé qu'une aînée était décédée et que son décès était directement lié à la récupération fiscale du Supplément de revenu garanti. Pendant plusieurs mois, à cause de la récupération fiscale du SRG, elle n'a pas pu acheter les médicaments dont elle avait besoin pour son diabète de type 2 ni les aliments sains qu'il lui fallait pour bien se nourrir. Résultat: elle s'est retrouvée aux soins intensifs et est morte plusieurs jours plus tard à cause de ses problèmes de santé.
Je ne trouve pas les mots pour consoler ceux qui l'aimaient le plus. Je ne sais pas ce qu'un député pourrait leur dire pour expliquer qu'à cause d'une lacune du processus en place dans cette Chambre, des gens ont tout perdu. Nous ne pouvons pas changer ce qui est arrivé. Quoi qu'il en soit, le gouvernement a peut-être des suggestions quant aux explications que je pourrais donner à cette famille.
Au début de la pandémie, le Nouveau Parti démocratique a répété à maintes reprises que les Canadiens les plus vulnérables allaient souffrir. Nous avons examiné les politiques et les processus mis en place, et nous savions qu'il fallait une solution provisoire quelconque pour veiller à ce que personne ne passe entre les mailles du filet. Même si nous en avons parlé, même si nous avons posé des questions et présenté des motions à la Chambre pour protéger les gens, les mesures qui s'imposaient n'ont tout simplement jamais été prises.
Je pense que beaucoup de Canadiens, conscients de la situation désespérée de certains aînés, se demandent pourquoi cela prend autant de temps. Pourquoi le gouvernement laisse-t-il les aînés attendre? Voilà une question à laquelle seul le gouvernement peut répondre.
Nous devrions nous demander pourquoi les autorités ne planifient pas mieux leurs affaires quand elles savent qu'il s'en vient un pépin qui aura des répercussions sur les Canadiens les plus vulnérables. Nous devons aussi prendre conscience que, génération après génération, les systèmes en place continuent de pénaliser les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables du pays. Nous devons faire un véritable examen de conscience et il est du devoir de tous les députés de se demander pourquoi ces systèmes pénalisent toujours les plus pauvres. Pendant que nous débattons de cette motion, il y a des aînés qui sont incapables de se médicamenter, de se nourrir, de se loger ou de se prémunir contre le froid glacial de l'hiver en chauffant leur demeure. Si seulement les députés savaient toutes les horreurs que mes collaborateurs ont entendues.
À mes yeux, le Canada lui-même a failli à la tâche. Nous devrions nous demander pourquoi le niveau de dignité des Canadiens s'érode sans cesse, mais nous évitons invariablement le sujet. Les Canadiens de la classe moyenne et de la classe ouvrière, les gagne-petit et les pauvres s'enlisent tous les jours un peu plus dans la pauvreté. Pendant ce temps, les ultrariches voient leurs revenus croître et gonfler toujours un peu plus chaque année.
Voilà précisément pourquoi j'appuie le projet de loi C‑223 de ma collègue de Winnipeg‑Centre, car il jettera les bases d'un revenu de base garanti suffisant pour que les Canadiens puissent subvenir à leurs besoins.
Les recherches nous montrent de plus en plus chaque année que les ultrariches empilent de l’argent. L'automatisation augmente alors que chaque jour, au Canada, nombre d'aînés, de personnes handicapées, de personnes ayant des problèmes de santé mentale, de mères célibataires et de travailleurs ne peuvent même pas espérer se sortir un jour de la pauvreté. Quand on regarde cette situation, il faut bien admettre qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas à la base.
Une personne âgée m’a envoyé ce message: « Notre Supplément de revenu garanti a été réduit et les 1 300 $ que nous recevons du gouvernement ne suffisent pas pour que nous puissions continuer à nous loger. Je me sens faible, c’est la déprime, je n’ai aucune énergie. Je passe beaucoup de nuits sans dormir, à pleurer. Je n’ai jamais imaginé que ma vie serait comme ceci. Ceci est mon dernier appel à l’aide. S’il vous plaît, aidez-moi à obtenir mes médicaments. Que quelqu’un me donne les médicaments dont j’ai tant besoin pour que je puisse continuer à vivre. »
Telle est la situation dans notre pays. Comment est-il possible que ce soit trop demandé que d’avoir accès à des médicaments de base nécessaires à sa survie?
Je rappelle aux Canadiens que le Supplément de revenu garanti augmente le revenu d'une personne seule à un peu plus de 19 000 $ par année et celui des couples à un peu plus de 25 000 $ par année. Pendant que cela se produit et que des aînés et tant d'autres Canadiens font face à une pauvreté dévastatrice, certaines des plus grandes entreprises et sociétés connaissent la meilleure année qu'elles aient connue en une décennie. Ces sociétés utilisent la subvention salariale de 75 % et leurs profits pour payer leurs actionnaires. Que fait le gouvernement à cet égard? Est-ce qu'il poursuit ces entreprises pour leur dire que, puisqu'elles réalisent la meilleure année qu'elles n'aient jamais connue en 10 ans, elles devraient peut-être rembourser une partie de l'argent des contribuables canadiens qui a subventionné leurs activités pendant cette période?
Pourquoi n'avons-nous pas une discussion approfondie sur ce type d'équité au pays? Cela me semble raisonnable, et je participerais volontiers à cette discussion.
Comment le gouvernement réagit-il alors que les aînés les plus pauvres du pays voient leurs prestations du Supplément de revenu garanti leur être enlevées? Comment réagit-il lorsque des familles le supplient de leur donner plus d'argent parce que leur prestation fiscale pour enfants a été récupérée et qu'elles n'ont pas les moyens de nourrir leurs enfants? Je n'entends que le silence, sauf peut-être le chant de quelques grillons.
Mon bureau reçoit des appels, des courriels et des lettres de la part d'aînés et de ceux qui les aiment le plus. Ils sont désespérés, ils ont peur et ils en ont assez. Je me suis entretenue officiellement et officieusement avec de nombreux groupes de lutte contre la pauvreté. J'ai parlé à des organisations de personnes âgées et j'ai entendu la voix de nombreux aînés.
Je me suis levée aux côtés de mes collègues néo-démocrates et du député d'Elmwood—Transcona pour raconter les histoires de ces personnes âgées, parce que je veux faire entendre leur voix, y compris celle d'une femme âgée qui nous a dit qu'elle n'avait que 70 $ à la fin de chaque mois pour l'épicerie et les médicaments, après avoir payé pour le strict nécessaire.
Il y a aussi l'aînée qui m'a dit que ses prestations de la Sécurité de la vieillesse lui permettent tout juste de payer son loyer et les services publics. Il ne reste plus rien après cela. Pour assurer sa subsistance, elle dépend entièrement de ce que la banque alimentaire peut lui fournir. Il y a aussi une aînée qui m'a écrit et qui m'a dit que sa nièce lui a acheté des aliments, mais qu'elle n'a pas les moyens de l'aider à acheter ses médicaments. Elle a seulement besoin de ses médicaments. Elle m'a dit qu'elle se demande s'il ne serait pas préférable qu'elle meure tout simplement et qu'elle ne soit plus un fardeau pour sa famille.
Dans cette enceinte, nous débattons au sujet des conditions de vie des aînés comme si les gens qui ont bâti notre pays ne comptaient pas, peu importe leur contribution ou leur échelle de revenu. Or, j'estime que ces gens comptent aussi. Si le gouvernement ne veut pas m'écouter, va-t-il écouter les aînés qui l'implorent de leur venir en aide?
Je pense aussi au groupe d'aînés qui m'ont dit qu'ils étaient enthousiastes lorsqu'ils ont entendu parler des mesures prévues dans la mise à jour économique de décembre, car ils allaient recevoir de l'argent. Ils se sont organisés ensemble pour aller dans plusieurs banques avec ce document en main. J'espère que tout le monde peut s'imaginer ces aînés entrant dans une banque avec une copie de la mise à jour économique à la main. Ils ont montré la ligne où on disait qu'ils récupéreraient leur argent, et ils ont demandé une marge de crédit. Cela les aiderait à se procurer des aliments et à payer leur loyer pour qu'ils puissent rester dans leurs logements.
Toutes les banques ont refusé parce qu'elles ont considéré que la mise à jour économique ne contenait pas de date et ne précisait pas le montant que les aînés allaient obtenir. Il n'y avait donc aucune certitude pour les banques.
Quand j'ai entendu cette histoire, je me suis demandé pourquoi, dans notre pays, les aînés doivent s'endetter simplement en attendant d'obtenir l'argent dont ils ont désespérément besoin pour survivre et que le gouvernement a admis leur devoir.
Ce qui m'amène à aborder une autre question: quand ce paiement unique sera-t-il versé et quel en sera le montant? Il faut qu'il corresponde au revenu intégral de l'année. Comme je l'ai déjà dit, ce montant ne pansera pas les plaies infligées aux aînés.
Je veux aussi parler des nombreux aînés qui ont fait affaire avec des prêteurs abusifs. Un aîné m'a confié qu'il devait des milliers de dollars d'intérêts à l'un de ces prêteurs. Une fois que l'aîné obtiendra l'argent du gouvernement, il devra le remettre en totalité à ce prêteur abusif. Voilà un autre problème que nous devons régler.
J'espère sincèrement que le gouvernement écoutera non seulement les aînés qui s'expriment, mais aussi ceux qui les défendent. Parmi ces défenseurs, on retrouve Laura Tamblyn Watts de CanAge, qui a dit ceci à propos du projet de loi C‑12:
Ce projet de loi représente une avancée majeure pour la protection des aînés [...] Cependant, il ne permet pas de corriger la difficile situation vécue par les aînés à faible revenu qui ont vu leur Supplément de revenu garanti être sabré. CanAge ne cesse de tirer la sonnette d'alarme et de dire que demander aux aînés de patienter jusqu'au mois de mai avant que le versement ponctuel leur soit envoyé ne les aidera pas à se loger, à se nourrir ou à acheter les médicaments dont ils ont besoin.
Il y a également Campagne 2000, qui demande avec insistance qu'une avance d'au moins 2 500 $ soit versée. L'équipe de Campagne 2000 a dit être heureuse que la ministre ait présenté le projet de loi C‑12, car cette mesure soulagera et rassurera certainement les aînés à faible revenu. Cependant, l'organisme ajoute qu'il est de la plus haute importance de corriger le problème criant de réduction du Supplément de revenu garanti que vivent les aînés depuis des mois, car les aînés cherchent des façons de joindre les deux bouts, et la réduction de leur Supplément de revenu garanti rend la situation de plus en plus critique chaque jour. Campagne 2000 souligne que la santé mentale et physique des aînés se détériore sans cesse et que, dans les pires cas, des aînés se suicident ou décèdent des suites d'une maladie.
En terminant, il n'y a rien que je puisse dire qui améliorerait la situation de ces aînés. Tout ce que je peux faire, c'est espérer que le gouvernement prendra enfin les mesures nécessaires pour leur envoyer de l'argent et aider ceux qui ont perdu leur logement à loyer modique afin qu'ils ne se retrouvent pas dans une situation où, même s'ils reçoivent ces ressources, ils n'aient plus les moyens de vivre parce que le coût de leur loyer est simplement beaucoup trop élevé.
Je demande au gouvernement d'entendre l'appel des groupes de défense des aînés et de verser immédiatement une avance. Il n'y a pas de temps à perdre. Des vies ont déjà été perdues, et de nombreuses autres sont en jeu.
Voir le profil de Lisa Marie Barron
NPD (BC)
Madame la Présidente, je suis heureuse que la députée reconnaisse l'importance d'intégrer au discours du Trône des questions se rapportant précisément à nos circonscriptions pour que nous puissions mieux les étudier. Trop de personnes dans ma circonscription de Nanaimo—Ladysmith, par exemple, ont du mal à joindre les deux bouts. De fait, plus de la moitié des familles monoparentales vivent dans la pauvreté. Nous savons tous que les Canadiens méritent de vivre dans la dignité, la sécurité et le respect des droits de la personne.
La députée est-elle d'accord avec les habitants de la circonscription de Nanaimo—Ladysmith qui demandent au gouvernement d'éradiquer la pauvreté, de mettre en œuvre le projet de loi C-223 et d'élaborer un cadre de revenu de base garanti?
Voir le profil de Kristina Michaud
BQ (QC)
Madame la Présidente, j'apprécie la question très pointue de ma collègue. Je ne voudrais pas parler à tort et à travers parce que je n'ai pas lu le projet de loi  dont elle parle, mais je suis tout à fait d'accord avec elle pour dire qu'on doit se pencher sur la pauvreté.
Je disais que le coût de la vie augmente cruellement pour tellement de personnes, en particulier les plus vulnérables. Je pense par exemple aux aînés et aux familles de la classe moyenne, qui doivent faire face à l'augmentation du coût de la vie et à l'inflation. Nous sommes donc d'accord sur le fait que l'on doit faire plus pour ces personnes. Je vais lire le projet de loi dont ma collègue a parlé avant d'en discuter avec elle avec plaisir.
Voir le profil de Leah Gazan
NPD (MB)
demande à présenter le projet de loi C-223, Loi concernant l'élaboration d'un cadre national sur le revenu de base garanti suffisant.
— Monsieur le Président, c'est un honneur de présenter la Loi relative au cadre national sur le revenu de base garanti suffisant.
Je voudrais d'abord remercier le député d'Elmwood—Transcona d'avoir appuyé mon projet de loi ainsi que les gens de ma circonscription, Winnipeg‑Centre, le Réseau canadien pour le revenu garanti, Revenu de base Manitoba, Coalition Canada, le Réseau canadien des jeunes pour le revenu garanti, la sénatrice Kim Pate, l'ancien sénateur Hugh Segal et de nombreux autres militants qui luttent contre la pauvreté au pays qui ont contribué à l'élaboration de ce projet de loi.
Pendant que nous continuons de chercher des façons de traverser la pandémie, nous savons que ceux qui étaient déjà laissés pour compte avant la pandémie sont aujourd'hui dans une situation encore plus précaire. Ce projet de loi répond aux appels pour la mise en œuvre d'un revenu de base garanti lancé par les communautés autochtones, les provinces, les territoires et les municipalités qui ont bien compris qu'il fallait moderniser le filet social au Canada. L'établissement d'un revenu de base garanti n'est pas une panacée, mais une solution pour moderniser le filet social canadien en plus des mesures d'aide et des programmes gouvernementaux actuels et futurs. Cela ferait en sorte que chacun ait l'aide et les ressources nécessaires pour vivre dans la dignité, la sécurité et le respect, notamment des droits de la personne, comme l'exige la Charte canadienne des droits et libertés.
Une fois de plus, je remercie les gens de ma circonscription et le mouvement d'appui au revenu minimum garanti de leur soutien. C'est un mouvement citoyen.
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