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Voir le profil de Pablo Rodriguez
Lib. (QC)
Monsieur le Président, il y a eu consultations entre les partis et vous constaterez qu'il y a consentement unanime pour adopter la motion suivante.
Je propose:
Que, nonobstant tout article du Règlement, ordre spécial ou usage habituel de la Chambre, l'application des articles 15 et 17 du Règlement soit suspendue pour la séance actuelle; et que les dispositions des paragraphes l) et n) de l'ordre adopté le samedi 11 avril 2020 demeurent en vigueur pour les comités ayant prévu des réunions par vidéoconférence plus tard aujourd'hui.
Voir le profil de Candice Bergen
PCC (MB)
Monsieur le Président, pourrais-je demander une précision? L'interprète a parlé des articles 7 et 8, mais je crois qu'il s'agit plutôt des articles 15 et 17. Le leader du gouvernement à la Chambre peut-il préciser?
Voir le profil de Pablo Rodriguez
Lib. (QC)
Monsieur le Président, je crois bien avoir prononcé les chiffres 15 et 17. Si je ne l'ai pas fait, je m'en excuse. Il s'agit bien des articles 15 et 17 du Règlement.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Conformément au paragraphe 79.2(2) de la Loi sur le Parlement du Canada, il est de mon devoir de présenter à la Chambre un rapport du directeur parlementaire du budget intitulé « Déclaration de gains et de pertes dans les résultats financiers du gouvernement du Canada ».
Conformément à l'article 32(5) du Règlement, ce rapport est réputé renvoyé en permanence au Comité permanent des finances.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Voir le profil de Kevin Lamoureux
2020-05-26 10:07 [p.2399]
Monsieur le Président, conformément à l'article 36(8)a) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles et sous forme électronique, la réponse du gouvernement à une pétition.
Pendant que j'ai la parole, je propose:
Que la Chambre passe maintenant à l'ordre du jour.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
Des voix: D'accord.
Des voix: Non.
Le Président: Que tous ceux qui appuient la motion veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le Président: Que tous ceux qui s'y opposent veuillent bien dire non.
Des voix: Non.
Le Président: À mon avis, les oui l'emportent.
Et cinq députés ou plus s'étant levés:
Le Président: Convoquez les députés.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Le député de Rosemont—La Petite-Patrie invoque le Règlement.
Voir le profil de Alexandre Boulerice
NPD (QC)
Monsieur le Président, vous constaterez que le vote s'est déroulé de telle manière qu'on a demandé aux députés qui s'opposaient à la motion de se lever très rapidement, ce qui n'a pas donné la possibilité au caucus néo-démocrate de se lever afin de pouvoir faire enregistrer son vote.
Notre vote n'a pas été enregistré du tout, et je considère que cela fait partie de nos privilèges parlementaires de voir un vote enregistré. La procédure fait en sorte que nous sommes beaucoup moins nombreux à la Chambre aujourd'hui. Cela s'est déroulé un peu plus vite que prévu, et notre vote n'a pas été pris en considération.
Le caucus du NPD aimerait donc que son vote soit compté.
Voir le profil de Cathy McLeod
PCC (BC)
Monsieur le Président, il semble que, contrairement aux autres députés, les néo-démocrates ont oublié comment voter. Vous avez annoncé le résultat du vote et je propose qu'il soit maintenu.
Voir le profil de Matthew Green
NPD (ON)
Voir le profil de Matthew Green
2020-05-26 10:14 [p.2400]
Monsieur le Président, dans la confusion, j'aimerais savoir si, lorsque je me suis levé, mon vote a été consigné, et s'il a été consigné comme un oui ou un non. Si vous vérifiez la bande vidéo, vous constaterez que je me suis levé pendant le vote.
Voir le profil de Alain Therrien
BQ (QC)
Voir le profil de Alain Therrien
2020-05-26 10:15 [p.2400]
Monsieur le Président, ils avaient amplement le temps de se lever. Je ne sais pas ce qui s'est passé.
Peut-être étaient-ils en congé de maladie?
En tous les cas, cela importe peu. Ils ne se sont pas levés, alors je pense que la décision est facile à prendre.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Le député d'Hamilton-Centre a voté non, contre la motion.
Je rappelle aux députés que, selon la procédure habituelle, si un député vote d'une façon et qu'il souhaite ensuite changer son vote, il peut invoquer le Règlement et demander la permission de la Chambre pour que son vote soit consigné différemment. Le député doit toutefois obtenir le consentement unanime de la Chambre pour que son vote soit modifié.
Voir le profil de Matthew Green
NPD (ON)
Voir le profil de Matthew Green
2020-05-26 10:16 [p.2400]
Monsieur le Président, compte tenu de la confusion et de la nature inhabituelle de la séance d'aujourd'hui, j'aimerais pouvoir changer mon vote.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
D'accord?
Des voix: D'accord.
Des voix: Non.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Voir le profil de Kevin Lamoureux
2020-05-26 10:17 [p.2400]
Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
D'accord?
Des voix: D'accord.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Il reste 10 minutes au député de Foothills. En fait, il lui reste 16 minutes et demie. L'écran n'indique pas la bonne durée restante.
Nous reprenons le débat. Le député de Foothills a la parole.
Voir le profil de John Barlow
PCC (AB)
Voir le profil de John Barlow
2020-05-26 10:18 [p.2400]
Monsieur le Président, je vous remercie de m'avoir accordé 6 minutes et demie de plus, car je m'étais préparé mentalement à parler pendant 16 minutes et demie. Je vous remercie d'avoir précisé le temps qu'il me restait.
Cette semaine, j'ai écouté une conférence en ligne d'Alltech, une grande société agricole. Un des conférenciers a déclaré ceci: « Une crise ne forge pas le caractère; elle révèle votre caractère et celui de votre équipe. » Je pense que ce commentaire est plus pertinent que jamais, puisque, en ce moment, les Canadiens s'attendent non seulement à ce que nous agissions en tant que parlementaires et représentants élus, mais aussi à ce que nous fassions figure de phares de la démocratie et incarnions les valeurs que défend le Canada. Ils s'attendent à ce que nous soyons des sources d'inspiration et des leaders. En temps de crise, nous devrions jouer un rôle de premier plan et être des chefs de file. À mon avis, pour assumer ce rôle, il faut notamment aller au travail.
J'aimerais récapituler un peu pour la gouverne des députés qui n'étaient pas à la Chambre hier.
Hier, la députée d'Ottawa-Ouest—Nepean a dit dans son discours que la Chambre ne compte pas et qu'il ne faudrait pas se formaliser d'être absent du Parlement. Je pense qu'elle a tort. Pour notre part, il n'y a pas de plus grand honneur que d'avoir été élus par nos concitoyens et de les représenter ici au Parlement, à la Chambre des communes. Je pense que le Parlement constitue le fondement même de notre démocratie.
Quelqu'un m'a dit un jour qu'il y a eu plus de joueurs de hockey dans la Ligue nationale de hockey qu'il n'y a eu de députés. Selon moi, la plupart d'entre nous se sont fait dire par leurs parents qu'ils n'avaient aucune chance de devenir joueurs de hockey professionnel, mais je ne sais pas s'ils nous auraient dit que nous ne pourrions pas devenir députés. Me voici au Parlement, et ce, grâce aux habitants de ma circonscription.
Lorsque les gens de Foothills m'ont élu, pour moi, mon travail consistait à être ici pour les représenter, pour parler en leur nom à la Chambre des communes et travailler au sein du Parlement. J'aimerais penser que mes collègues, indépendamment de leur parti, comprennent que leur présence ici fait partie intégrante du travail de député. S'ils ne veulent pas être ici, je pense qu'ils devraient s'interroger sur ce qu'ils veulent accomplir en tant que politiciens et représentants élus. S'ils ne considèrent pas leur présence ici, à la Chambre des communes, au Parlement, comme un service essentiel ou une priorité, ils devraient vraiment se demander s'ils veulent ce travail, car notre présence ici en est un élément très important. Ce devrait en fait être vu comme un honneur. C'est quelque chose dont nous devrions tous être très fiers, peu importe quel parti nous représentons. Chose certaine, les habitants de nos circonscriptions s'attendent à nous voir ici.
Hier soir, j'ai lu quelques courriels que m'ont envoyés mes concitoyens. Comme tous mes collègues, j'en ai reçu un bon nombre. Mes concitoyens de Foothills me demandent de retourner au travail, ce qui ne consiste pas seulement à participer à une réunion de comité virtuelle, mais à remettre en marche le Parlement. J'aimerais lire certains des commentaires que j'ai reçus de mes concitoyens.
Missy, une habitante de Twin Butte, en Alberta, a écrit ceci:
Continuez à exercer des pressions sur notre gouvernement afin qu'il se remette au travail! N'est-ce pas un service essentiel? Il faut que l'opposition puisse offrir de la rétroaction et poser des questions [au premier ministre]. À l'heure actuelle, il n'y a pas de freins et contrepoids... C'est effrayant!
Voici ce que Pat, un habitant de High River, a écrit:
J'aimerais savoir ce que vous faites, le cas échéant, pour ramener les libéraux à la Chambre afin que vous puissiez tous remplir les fonctions que nous vous payons à remplir... Prétendre que le virus vous empêche de travailler est de la pure foutaise. Les employés dans les épiceries et autres magasins travaillent. [Pourquoi pas vous?] Je ne vois aucune raison pour laquelle vous et [les parlementaires] ne devriez pas travailler aussi. Si les libéraux refusent de retourner [au] Parlement, [celui-ci devrait être] dissous et des élections devraient être déclenchées.
Karen a écrit ceci:
Je suis extrêmement déçue que le gouvernement fédéral estime que le Parlement n'est pas un élément essentiel de l'administration du Canada. La justification [invoquée] est une gifle pour ceux [d'entre nous] qui travaillent tous les jours [...] [Il est] temps de permettre aux Canadiens de retourner au travail.
Rick a écrit ceci:
Le Parlement doit reprendre ses travaux, ne serait-ce que dans un format réduit. J'ai regardé la séance de la semaine dernière, et l'opposition a soulevé quelques excellentes questions et de bonnes idées. Cette [version] inadéquate d'appareil gouvernemental ne peut pas continuer à elle seule.
Ellen, de High River, a écrit ceci:
Le Parlement DOIT reprendre ses travaux! C'est le moins qu'on puisse dire. Il doit y avoir un moyen d'obliger le premier ministre à rappeler le Parlement, sans qu'un million de personnes aient à descendre dans les rues d'Ottawa [pour l'exiger].
Il ne s'agit là que de certaines des observations de mes concitoyens sur ce qui est, selon eux, l'endroit névralgique où les travaux parlementaires ont lieu.
Hier, le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social a déclaré que nous étions dans un Parlement virtuel. Nous ne sommes pas dans un Parlement virtuel: nous tenons des réunions virtuelles de comité, un comité plénier. C'est très différent du Parlement.
Le gouvernement induit la population en erreur lorsqu’il prétend que le Parlement siège en séance virtuelle, car l’opposition ne peut pas présenter des motions, nous ne pouvons examiner que des projets de loi portant sur la COVID-19, et nous ne pouvons pas discuter de la possibilité de faire revenir la majorité des comités. Certes, la pandémie de COVID-19 est une priorité, nous en convenons tous. Pour autant, il ne faut pas dire qu’il n’y a pas d’autres questions presque aussi importantes.
Le chef de l’opposition officielle a parlé hier des projets énergétiques qui s’entassent sur la table du Cabinet, des projets d’une valeur de 85 milliards de dollars. L’un de ces projets concerne la mine de charbon Riversdale, près de Crowsnest Pass, en Alberta, dans ma circonscription. Il s’agit de charbon métallurgique, ce qui montre bien le degré d’ignorance des libéraux, qui piaillent en disant qu’il faut fermer l’industrie du charbon. Je précise donc, pour leur gouverne, puisque manifestement certains ne se sont pas bien renseignés, qu’il s’agit d’une mine de charbon métallurgique dont on exploite le charbon pour fabriquer de l’acier.
Je constate que la députée s’empresse de réclamer à cor et à cri la fermeture de cette industrie, sans savoir que l’emploi de milliers de personnes de ma collectivité en dépend. L’ouverture de cette mine serait un don du ciel pour cette collectivité qui est en mauvaise posture, car elle permettrait de créer plus de 1 000 emplois pendant sa construction et des centaines pendant son exploitation.
Le projet est en suspens, on ne sait pas s’il va être approuvé ou non, alors qu’il a déjà franchi toutes les étapes et qu’il ne lui manque plus qu'un permis et l’approbation du Cabinet. Imaginez l’incertitude dans laquelle vit cette collectivité. Imaginez les conséquences de cette incertitude sur la quincaillerie de Blair, sur le restaurant-café-couette de Dawn, sur le journal de Lisa, sur l’organisation d’activités locales et sur les autres entreprises de la collectivité.
Cette collectivité retient son souffle en attendant la décision qui sera prise au sujet de cette mine, mais le dossier traîne sur la table du Cabinet ou dans un autre bureau du gouvernement à cause de la COVID-19. J’espère que le gouvernement est capable de faire plusieurs choses à la fois, car nous devons non seulement nous occuper de la COVID-19 mais aussi faire revenir le Parlement pour pouvoir examiner d’autres dossiers tout aussi importants.
Une fois que la crise de la COVID-19 sera passée, nous allons nous retrouver face à un gouffre financier abyssal. Le directeur parlementaire du budget a déjà indiqué que le déficit s’élevait à environ 252 milliards de dollars. Avec la prolongation de la Prestation canadienne d’urgence et de la subvention salariale, ce chiffre risque fort de doubler et de faire grimper la dette du Canada a un billion de dollars. Pour sortir le Canada de ce gouffre financier, il va falloir que nous nous appuyions sur quelques industries.
Il y a très peu de secteurs d'activité, dans les circonstances actuelles, vers lesquels les Canadiens peuvent se tourner et dont le gouvernement devrait tout faire pour consolider les assises, à part sans doute l'énergie et l'agriculture. Quoi qu'il advienne avec la COVID, les gens auront toujours besoin de chauffer leur maison, de mettre de l'essence dans leur voiture, d'acheter des vivres et de nourrir leurs proches. À ce sujet, certains commencent d'ailleurs à évoquer très sérieusement la crainte d'une pénurie mondiale de nourriture. Le reste du monde risque alors de compter sur le Canada et ses agriculteurs pour fournir une partie de la solution. À ce compte-là, ne devrions-nous pas faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que ces deux secteurs d'activité se portent le mieux possible une fois la pandémie terminée?
Or, s'il y a deux secteurs d'activité que le gouvernement libéral néglige, c'est bien ces deux-là, alors qu'il devrait plutôt les considérer comme des piliers de l'économie nationale et de la relance économique. Je ne comprends tout simplement pas qu'il puisse en être autrement. Si le Parlement revenait, nous pourrions en discuter ici même.
Prenons par exemple le secteur énergétique. Le Comité permanent des ressources naturelles ne siège pas. Pourquoi? Il s'agit pourtant d'un des plus importants secteurs d'activité du pays, dont les redevances, pour le seul gouvernement fédéral, dépassent les 60 milliards de dollars — et c'est sans parler des centaines de millions de dollars en taxes et en impôts que récoltent le fédéral, les provinces et les municipalités. Le Canada aura besoin de cet argent lorsque la COVID-19 sera derrière nous, mais, pour l'heure, impossible d'en discuter, car nous n'avons droit à rien d'autre qu'une grosse séance de comité, ce qui veut dire qu'on ne peut pas parler de quoi que ce soit hormis le sujet à l'ordre du jour.
Il y a des projets qui sont essentiels pour les communautés, comme la mine de la société Riversdale l'est pour Crowsnest Pass, dans ma circonscription, par exemple. Il s'agit d'un seul projet parmi les dizaines de projets dans toutes les circonscriptions et toutes les régions à l'échelle de notre pays. Si, de mon côté, j'entends les gens que je représente me parler d'un projet d'une telle envergure et des retombées qu'il pourrait avoir sur leur économie, je suis convaincu que, de leur côté, mes collègues ont les mêmes conversations avec les gens de leur circonscription.
Au fur et à mesure que nous traversons cette pandémie et que nous progressons vers la relance de notre économie — peu importe la manière dont nous procéderons —, les provinces auront leur mot à dire sur la façon d'y arriver et nous voudrons nous assurer d'agir dans les conditions les plus sûres possible. Par ailleurs, nous ne pouvons qu'imaginer dans quelle situation seraient notre pays et notre économie si nos secteurs de l'énergie et de l'agriculture étaient vigoureux. Nous serions dans une position bien différente, car, au départ de cette pandémie de COVID-19, nos assises financières étaient très faibles en raison des dépenses incontrôlées du gouvernement libéral.
Je me rappelle qu’aux élections de 2015, l’actuel premier ministre déclarait que le déficit allait être de 10 milliards de dollars pendant quatre ans et qu’en 2019, le budget serait équilibré. Ce n’est manifestement pas ce qui est arrivé. Le déficit a atteint 28 milliards de dollars, et ce, avant la COVID-19. Des projets de loi néfastes ont été adoptés, comme les projets de loi C-69 et C-48, qui ont ravagé le secteur de l’énergie. Des gens ont érigé des barrages illégaux. La taxe sur le carbone nous a été imposée. Les retards dans le transport ferroviaire ont eu des effets catastrophiques sur le secteur agricole. Plus de 5 milliards de dollars se sont envolés sur des marchés étrangers à cause des gaffes politiques du premier ministre.
Les députés se doutent un peu que nous n'en serions pas là si ces deux industries s’étaient bien portées quand a éclaté la pandémie de COVID. Nous serions assez bien placés pour nous en sortir, mais malheureusement, ce n’est pas le cas. Des gens auraient du travail, au lieu d'être sans emploi. En tout cas, pour nous, en Alberta, qui comptions près de 200 000 travailleurs du secteur de l’énergie au chômage bien avant la COVID-19, la situation ne s’arrange pas du tout avec ce que nous vivons en ce moment.
Quand je parle à mes concitoyens, ils comprennent la situation dans laquelle se trouve le pays avec la pandémie. Nous voulons tous que nos familles et nos amis soient en sécurité, mais ils veulent aussi retourner travailler. Je trouve cela difficile. Mon épouse et moi quittons de temps en temps la maison pour aller faire des provisions et, le week-end dernier, nous sommes allés dans une jardinerie acheter des arbres et des fleurs pour le jardin. Des adolescents de 15 ans y travaillent. Ils aident leur collectivité à leur façon, et j’ai du mal à admettre que nous ne puissions pas en faire autant en servant notre collectivité ici, à la Chambre des communes.
Pourquoi les députés libéraux, ceux du Bloc québécois et ceux du NPD essaient-ils de se cacher? Pourquoi ne veulent-ils pas siéger en ces murs? Qu’est-ce qui les retient? Nous sommes 60 députés au Parlement cette semaine, mais nous sommes là seulement pour une réunion de comité. Pourquoi ne pouvons-nous pas faire un petit effort de plus et revenir à la normale? Je pense que c’est ce que les Canadiens nous demandent de faire. Comme je le disais au début de mon intervention, nous sommes censés donner l’exemple. Alors, pourquoi sommes-nous à la traîne derrière tout le monde? Pourquoi demandons-nous aux Canadiens de toutes les catégories sociales de reprendre le chemin du travail, tout en refusant nous-mêmes de le faire? Nous disons que c’est bon pour eux, mais pas vraiment pour nous. C’est regrettable, à mon sens, et cela donne une très mauvaise impression aux Canadiens. Ils se tournent vers nous, leurs représentants élus, chaque jour. Ils nous ont choisis. Ils nous ont élus pour que nous parlions ici en leur nom et il est anormal que les libéraux, les néo-démocrates, les bloquistes et les verts nous en empêchent.
Je ne sais pas comment ils font pour expliquer aux habitants de leur circonscription, en les regardant dans les yeux, que, contrairement aux députés, eux doivent reprendre leur travail à l'épicerie, à l'hôpital, à la pharmacie ou à la quincaillerie. Si c'est ainsi qu'ils pensent vraiment, ils devraient faire un examen de conscience et se demander pourquoi ils ont voulu devenir députés, à l'origine, puisqu'ils ne veulent pas monter au front, faire preuve de leadership, être une source d'inspiration pour le reste du Canada et être de ceux qui montrent que tout va bien aller. Nous serons ici pour prendre des décisions difficiles dans l'intérêt des habitants de notre circonscription.
Il s'agit véritablement de demander des comptes au gouvernement. Le pays ne peut pas être gouverné éternellement au moyen de conférences de presse. Notre démocratie, ce n'est pas cela.
Je sais que les habitants de ma circonscription en ont assez de voir le premier ministre sortir de sa résidence tous les matins, faire ses annonces, puis regagner ses pénates et c'est tout. Ils veulent qu'on leur rende des comptes. Très souvent, ils approuvent les programmes qui ont été mis en œuvre et ils apprécient vraiment les améliorations que l'opposition officielle a obligé le gouvernement à apporter. Quoi qu'il en soit, ils attendent de nous que nous nous comportions comme des meneurs, et non des suiveurs. Ils attendent de nous que nous retournions travailler, et c'est ce que le gouvernement devrait faire.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
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2020-05-26 10:34 [p.2403]
Monsieur le Président, le député passe à côté d'un point très important. Les membres du caucus libéral peuvent lui assurer qu'ils travaillent, peu importe qu'ils se trouvent à Ottawa ou dans leur circonscription. Au bout du compte, le rôle d'un député va bien au-delà de la simple représentation à la Chambre des communes. Il ne fait aucun doute que celle-ci est un élément important de leurs fonctions. C'est un privilège, indéniablement. C'est un honneur de se lever pour intervenir à la Chambre.
La motion à l'étude aujourd'hui fera en sorte que le gouvernement rende des comptes et que l'institution continue de tourner rondement malgré la pandémie. On a tort de laisser sous-entendre que les députés ne travaillent pas — c'est le cas du moins pour les membres du caucus libéral. Nous travaillons chaque jour, que ce soit à la Chambre des communes ou ailleurs.
Le député ne réalise-t-il pas que son travail à la Chambre se poursuivra, en mode hybride, même durant les mois de juillet et d'août, ce qui est sans précédent?
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PCC (AB)
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2020-05-26 10:36 [p.2403]
Monsieur le Président, je peux faire part de mon point de vue sur la situation. Cependant, je veux d'abord saisir l'occasion de remercier du fond du cœur les membres de mon personnel. Ils ont été tout à fait incroyables. Mon bureau de circonscription n'a jamais été plus occupé. Mon personnel et moi avons des discussions très émotives avec les électeurs et les entrepreneurs de notre circonscription, qui souffrent à cause de cette pandémie. Je ne suis pas en train de dire que nous ne travaillons pas dans nos circonscriptions respectives.
Or, le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes vient de dire que le Parlement continuerait à tourner, sauf que ce n'est pas vrai. Il n'est pas question de séances de la Chambre des communes, et le secrétaire parlementaire le sait. Il s'agit plutôt de réunions virtuelles de comité, où de nombreuses activités parlementaires importantes n'ont pas lieu.
Voir le profil de Cathy McLeod
PCC (BC)
Monsieur le Président, je tiens moi aussi à remercier les employés des bureaux de circonscription et des bureaux d'Ottawa, qui travaillent sans relâche depuis quelques mois.
Les libéraux ne cessent de répéter que ce qu'ils proposent est excellent et que cela nous permettra de poser toutes sortes de questions. C'est quelque chose que nous pouvons déjà faire, mais il est rare que nous obtenions de véritables réponses. Il n'y aura donc que davantage de questions qui demeureront sans réponse.
Il est important d'articuler les différences entre des séances de la Chambre des communes et des réunions d'un comité. Les libéraux proposent de fermer le Parlement pendant encore un mois.
Voir le profil de John Barlow
PCC (AB)
Voir le profil de John Barlow
2020-05-26 10:37 [p.2403]
Monsieur le Président, ma collègue a tout à fait raison.
Je sais qu'une grande partie des Canadiens ne suivent pas les travaux du Parlement au quotidien comme nous le faisons. Ils ne voient pas nécessairement toutes les subtilités et les fins rouages du Parlement. Je pense notamment au rôle que jouent tous les comités permanents, aux motions de l'opposition et aux occasions de débattre pleinement d'enjeux.
Pour nous et pour le reste des Canadiens, tout cela revient à une question de confiance. Pendant les réunions du comité, les libéraux ont tenté de s'arroger des pouvoirs sans précédent et ont pris un décret d'une portée gigantesque pour modifier le Code criminel. Ils ont fait cela sans examen public ni débat. Comme je le disais, c'est une question de confiance.
Je regrette, mais les gens de ma circonscription et moi ne faisons pas confiance à ce processus en ce moment.
Voir le profil de Monique Pauzé
BQ (QC)
Voir le profil de Monique Pauzé
2020-05-26 10:38 [p.2403]
Monsieur le Président, d’abord je voudrais dire, comme d'autres collègues, que je suis au travail et que l’équipe avec laquelle je travaille à Repentigny et moi sommes s tout à fait fières du travail que nous faisons pour les gens de la circonscription.
Je vais revenir sur un bout du discours de mon collègue au sujet du secteur de l’énergie. Je ne sais pas s’il lit pendant le confinement que nous subissons, mais certains météorologistes, écologistes et scientifiques, l’Agence internationale de l’énergie, ainsi que Stephen Hammer de la Banque mondiale sont intervenus pour dire qu’il fallait que ce soit une relance verte. Dernièrement, hier et aujourd’hui, 40 millions de professionnels de la santé demandent que ce soit une relance verte.
Pourquoi est-ce que son parti n’est pas capable d’envisager l’énergie du côté vert, du côté renouvelable et du côté respectueux de l’environnement?
Voir le profil de John Barlow
PCC (AB)
Voir le profil de John Barlow
2020-05-26 10:39 [p.2403]
Monsieur le Président, cette question est extrêmement frustrante, et je crois qu'elle révèle le manque de connaissances de ma collègue sur le secteur de l'énergie.
De 75 à 85 % de toute l'énergie renouvelable et verte est produite par des sociétés énergétiques dites traditionnelles. Sans elles, il n'y aurait aucune industrie de l'énergie renouvelable au Canada. Ces sociétés comprennent qu'il y aura une période de transition. Ce sont elles qui investissent dans la technologie et l'innovation dans ce secteur.
J'aimerais demander à ma collègue quel moyen de transport elle a utilisé pour se rendre ici aujourd'hui. Comment communique-t-elle avec les gens de sa circonscription? Pense-t-elle vraiment que nous assistons à la fin du secteur pétrolier et gazier? À quoi ressemblerait un tel avenir?
J'encourage la députée à lire sur le sujet pour bien comprendre l'enjeu ici.
Voir le profil de Matthew Green
NPD (ON)
Voir le profil de Matthew Green
2020-05-26 10:40 [p.2404]
Monsieur le Président, en ce qui a trait aux données réelles concernant la crise de la COVID-19, je rappelle à la Chambre que, pendant cette pandémie, 81 765 personnes ont été infectées, et 6 180 personnes sont mortes. Le fait de mettre cette pandémie et cette crise mondiales sur un pied d'égalité avec les profits du secteur pétrolier et gazier est une insulte pour les familles qui ont perdu des proches.
On laisse entendre aux Canadiens que nous n'avons pas travaillé. Or, je sais que, dans ma circonscription, nous avons travaillé encore plus fort pendant cette grave crise. Qu'a fait le Parti conservateur pendant cette crise?
Voir le profil de John Barlow
PCC (AB)
Voir le profil de John Barlow
2020-05-26 10:41 [p.2404]
Monsieur le Président, il est intéressant d'entendre le député parler de cette pandémie et des circonstances tragiques que nous vivons. Je pense que personne ici ne remet cela en question. Cependant, comment croit-il que nous pourrons venir à bout de cette pandémie? L'équipement de protection individuelle, les vaccins et les antiviraux sont tous conçus au moyen de produits issus de l'industrie pétrochimique. Sans cette industrie, je me demande où nous en serions. Comment le député pourrait-il travailler très fort, et comment arriverait-il à communiquer avec les gens de sa circonscription? Est-ce qu'il leur ferait des signaux avec les mains?
Soyons réalistes. Un parlementaire ne devrait pas poser des questions aussi irréalistes au nom des gens de sa circonscription et s'attaquer davantage à une région du pays en particulier plutôt qu'une autre. Tous les gens et toutes les industries du pays devraient travailler ensemble pour se sortir de la crise au lieu de semer la division.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
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2020-05-26 10:42 [p.2404]
Monsieur le Président, les Canadiens de partout au pays méritent toute notre admiration pour la façon dont ils ont réagi au cours des derniers mois.
Je préfère utiliser l'expression « distanciation physique » plutôt que « distanciation sociale », parce que les gens peuvent encore communiquer entre eux de différentes façons, mais il est important de maintenir les mesures de distanciation physique. Il faut se laver les mains et mettre un masque. Les Canadiens ont vraiment bien répondu à l'appel de multiples façons afin de minimiser les impacts négatifs du coronavirus. Nous devons tous être reconnaissants aux Canadiens en général pour la façon dont ils ont réagi.
J'aimerais que mon collègue nous dise ce qu'il en pense.
Voir le profil de John Barlow
PCC (AB)
Voir le profil de John Barlow
2020-05-26 10:43 [p.2404]
Monsieur le Président, je suis entièrement d'accord avec mon collègue. Nous devons tous prendre le temps de dire aux Canadiens de partout au pays que nous leur sommes reconnaissants d'avoir tout fait en leur pouvoir pour contrer la pandémie.
Lorsque nous avons été élus, je pense que personne ici n'avait anticipé que nous aurions à gérer une crise de la sorte, non seulement à la Chambre des communes, mais dans nos bureaux de circonscription également. Encore une fois, je souligne l'excellent travail accompli par notre personnel pour aider les gens de nos circonscriptions respectives à traverser la crise, celui accompli par les travailleurs de première ligne, les professionnels de la santé et des services d'urgence, les jeunes qui travaillent dans les épiceries, tous les gens de notre région et de l'ensemble du Canada qui font de leur mieux pour assurer notre sécurité et notre santé, y compris les producteurs agricoles qui travaillent tous les jours pour que nous ayons de quoi mettre dans notre assiette et que les rayons des épiceries soient bien remplis.
High River, dans ma circonscription, a connu l'une des plus importantes éclosions au pays en raison de la présence de l'usine de transformation de la viande de Cargill et de plusieurs centres de soins de longue durée.
J'aimerais saisir l'occasion pour remercier les citoyens de ma circonscription qui travaillent à Cargill Meat Solutions. Ils travaillent dur pour se protéger et protéger leur famille, mais ils continuent d'aller travailler de sorte que nos industries agricoles et de transformation puissent poursuivre leurs activités. Je les remercie sincèrement.
Voir le profil de Omar Alghabra
Lib. (ON)
Monsieur le Président, j'avise la Chambre que je partagerai mon temps de parole avec la députée de Fredericton.
J'aimerais remercier tous nos travailleurs de première ligne au service des Canadiens qui risquent leur vie pour que le reste de la société puisse accéder aux services essentiels en toute sécurité. J'aimerais également saluer les fonctionnaires, qui travaillent nuit et jour pour offrir aux Canadiens l'aide dont ils ont besoin en cette période de pandémie.
Il est important de souligner ce point de départ. Nous traversons une pandémie. Des millions de Canadiens ont perdu leur emploi parce que les experts en santé publique recommandent de rester à la maison de manière à ce que les gens soient séparés, que le virus ne se propage pas davantage et qu'il y ait le moins de pertes de vie possible. En tant que gouvernement, conformément aux conseils des scientifiques et des experts en santé publique, nous avons demandé aux Canadiens de demeurer chez eux. Nous avons demandé aux Canadiens de modifier leur méthode de travail. La même chose vaut pour le Parlement.
L'une des premières mesures prises par le Parlement — et c'était une décision judicieuse — a été de demander au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre d'étudier comment le Parlement pouvait s'adapter à cette nouvelle réalité. J'ai la chance de siéger à ce comité. Les membres du Comité ont ensuite poursuivi leurs travaux. Nous nous réunissions virtuellement pour entendre les témoignages d'experts du Canada et d'autres parlements dans le monde. Nous avons présenté un rapport établissant un plan d'action en vue de la reprise des travaux du Parlement.
Nous avons signalé au Parlement qu'il devait créer de nouveaux articles du Règlement relatifs aux circonstances exceptionnelles, et que ces nouveaux articles ne s'appliqueraient pendant une période déterminée que si tous les partis reconnus à la Chambre des communes y consentaient. Si nous souhaitions prolonger cette période déterminée, il nous faudrait toujours obtenir le consentement de tous les partis à la Chambre. Il va sans dire que dans des circonstances exceptionnelles, nous devons tous travailler ensemble. Ces dispositions exceptionnelles permettraient au Parlement de poursuivre ses travaux dans ces circonstances exceptionnelles. Nous reverrions la façon de tenir les journées de l'opposition, de déposer les projets de loi, de débattre de ces projets de loi et de les mettre aux voix.
Le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre des communes a mis au point un plan de reprise des travaux parlementaires. Néanmoins, pour une raison que j'ignore, les députés conservateurs n'étaient pas d'accord et se sont opposés farouchement à ce plan. Ils ont présenté un rapport dissident, et c'est leur droit. Toutefois, je tiens à rappeler que l'objet du présent débat n'est pas de déterminer si le Parlement est un service essentiel; nous sommes tous d'accord sur ce point. Là où nous ne sommes pas d'accord, c'est la raison pour laquelle les conservateurs refusent de penser à d'autres moyens de continuer à faire fonctionner le Parlement.
Tous les députés devraient bénéficier d'un accès égal au Parlement afin que leurs privilèges soient respectés. Chaque député, quels que soient son lieu de résidence et la circonscription qu'il ou elle représente, doit être en mesure de jouer son rôle parlementaire. Voilà pourquoi le Comité a demandé au Parlement de veiller à ce que les privilèges de chaque député soient respectés. Cependant, l'opposition officielle nous demande de réduire le nombre de députés en cette enceinte. Nous comprenons leur position, mais comment les députés qui ne pourront siéger en personne pourront-ils s'acquitter de leurs fonctions? Comment les privilèges des autres députés seront-ils protégés si les conservateurs ne sont pas disposés à leur permettre ou à leur donner un moyen de participer aux débats?
Je voudrais en fait poser une question à ce sujet au député conservateur qui vient de s'exprimer. Il a dit que nous étions à la traîne, et je suis bien d'accord. Si les parlements du monde entier trouvent des moyens pour mener leurs travaux de manière hybride ou virtuelle, ils donnent aussi aux parlementaires les moyens de faire leur travail.
Or, les conservateurs font de l'obstruction. Ils rejettent nos idées et disent que nous devons travailler exactement de la même façon et revenir « à la normale ». C'est exactement ce qu'a dit l'intervenant précédent. Nous savons que nous ne nous trouvons pas dans des circonstances normales. Nous savons que le Parlement, le gouvernement et les responsables de la santé publique ont demandé aux autres Canadiens de trouver une façon différente d'accomplir leur travail afin de respecter les conseils de santé publique. Pourquoi le Parlement ne le ferait-il pas aussi? Nous avons demandé à des millions de Canadiens de le faire.
Les députés conservateurs regarderont-ils leurs concitoyens dans les yeux et leur diront-ils que, certes, ils leur ont demandé de rester chez eux, mais qu'eux-mêmes sont incapables de trouver un moyen d'accomplir leur travail différemment et qu'ils obligent les députés à se présenter au Parlement? Les conservateurs disent qu'ils ne demandent pas à l'ensemble des 338 députés d'être présents à la Chambre, mais comment ceux qui ne le sont pas pourront-ils représenter leurs concitoyens? Comment pourront-ils participer aux débats? Comment pourront-ils voter?
Lorsque j'ai posé la question au chef de l’opposition hier, il a répondu que nous devions nous pencher là-dessus. C'est ce que nous avons fait. Nous avons étudié les questions et le comité a proposé une solution, mais les conservateurs n'étaient pas d'accord. Ils ne peuvent pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Ils ne peuvent pas dire qu'ils souhaitent que le Parlement travaille, mais s'opposer aux solutions proposées quant à la façon dont le Parlement peut travailler. Où est la logique dans leur raisonnement?
J'ai entendu mon collègue dire que ce n'est pas ainsi que le Parlement doit travailler. Je suis d'accord. Il a raison. Lorsque nous nous réunissons en comité plénier, le Parlement n'est pas pleinement fonctionnel. Toutefois, lorsque nous avons proposé de rendre le Parlement pleinement fonctionnel, les conservateurs ont dit non. Que veulent-ils enfin?
Ils sont incohérents. S'ils veulent un Parlement hybride, ils doivent déterminer quels articles du Règlement requièrent une modification. Comment les députés qui sont absents pourront-ils débattre? Comment pourront-ils voter? Les conservateurs ne peuvent pas demander que le Parlement reprenne ses travaux sans d'abord discuter de ces questions. L'un ne va pas sans l'autre.
D'autres pays et d'autres législateurs, ailleurs dans le monde, ont trouvé une solution. Pourquoi les conservateurs sont-ils incapables de s'entendre sur une formule? Pourquoi ne vivent-ils pas dans le présent et ne reconnaissent-ils pas que nous traversons une pandémie et que le gouvernement a demandé aux Canadiens d'un bout à l'autre du pays de travailler à distance et de respecter les conseils des dirigeants de la santé publique? Les conservateurs disent que les partis pourraient choisir les députés qui seraient présents à la Chambre, ceux qui n'y seraient pas et ceux qui voteraient ou ne voteraient pas. Cette façon de procéder constituerait une violation des privilèges des députés qui représentent les gens de leur circonscription.
Je conviens avec les conservateurs que le Parlement constitue un service essentiel et j'ajoute que nous souhaitons tous qu'il fonctionne pleinement dans les circonstances actuelles. La question est de savoir comment procéder. Nous convenons tous que les 338 députés ne peuvent être physiquement présents à la Chambre. Bon, il y a du progrès. Nous sommes d'accord sur le fait que le Parlement est essentiel et qu'il n'est pas nécessaire que tous les députés soient présents à la Chambre, mais comment les députés qui ne seront pas ici, lorsque le Parlement fonctionnera pleinement, pourront-ils participer et représenter leurs électeurs? Les conservateurs sont muets comme des carpes. Bref, ils ne proposent aucune solution.
Toutefois, j'ai de bonnes nouvelles. Le comité a émis des suggestions. Le comité propose une façon pour le Parlement et les députés de représenter les électeurs tout en respectant les directives des autorités de la santé publique, en tenant compte du fait que nous sommes en plein milieu d'une pandémie qui, malheureusement, a fait énormément de victimes.
C'est le défi que je lance aux députés du Parti conservateur. Trouvons une façon de faire fonctionner le Parlement dans les circonstances actuelles de façon à ce que tous les députés puissent accomplir leur devoir dans le respect de leurs privilèges. Que l'on m'épargne les discours grandiloquents. Nous sommes tous d'accord pour dire que le Parlement est un service essentiel. Attardons-nous à faire notre travail et à bien représenter nos concitoyens. Les partis de l'opposition ont un rôle à jouer et le gouvernement a un rôle à jouer. Ce qui sera avantageux pour les Canadiens, c'est un Parlement pleinement fonctionnel qui respecte les directives des représentants de la santé publique.
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PCC (ON)
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2020-05-26 10:55 [p.2406]
Monsieur le Président, j'ai écouté l'allocution de mon collègue avec grand intérêt. Il m'a demandé de regarder les gens de ma circonscription dans les yeux et de leur demander s'ils veulent que le Parlement siège compte tenu de ce que nous recommandent les responsables de la santé publique. Qu'il me dise à qui au juste il aimerait que je pose cette question.
Aimerait-il que je la pose à l'employé de A&W qui m'a servi mon hamburger l'autre jour? Aux travailleurs de la santé, aux policiers ou aux pompiers qui sont à leur poste jour après jour peut-être? Veut-il que je pose la question au couple qui gère la quincaillerie Home Hardware où j'ai pu me procurer un interrupteur de lampe l'autre jour? Pourquoi pas aux employés de Home Depot ou de Costco et à toutes les autres personnes qui travaillent dans ma circonscription et qui s'attendent à ce que je m'acquitte de mes responsabilités, à ce que je respecte le serment que j'ai prêté devant Sa Majesté la reine et à ce que je les représente ici, à la Chambre des communes?
Voilà les personnes à qui je poserais la question dans ma circonscription. Qui, selon lui, me dirait de ne pas être présent ici?
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, c'est bien dommage, mais certains font de l'écoute sélective. Je dis que les parlementaires doivent retourner au travail, mais aussi qu'il faudrait demander aux travailleurs courageux dont parle mon collègue comment ils ont adapté leur façon de travailler. Ont-ils modifié la façon dont ils accomplissent leurs tâches?
Il laisse entendre que seul un petit nombre de députés devraient être présents à la Chambre. Qu'en est-il des députés qui ne sont pas ici? Comment vont-ils assumer leurs fonctions? Comment vont-ils voter au nom de leurs concitoyens? Le député ne veut-il pas respecter leur privilège? Ne veut-il pas respecter ses collègues qui ne peuvent pas siéger à la Chambre, mais qui souhaitent se faire entendre et représenter leurs concitoyens?
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NPD (ON)
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2020-05-26 10:56 [p.2406]
Monsieur le Président, je suis venu siéger cette semaine parce qu'il nous reste encore beaucoup de pain sur la planche et qu'il faut s'assurer que le Parlement met l'accent sur la crise en cours. Une semaine après l'interruption des activités en raison de la COVID, des millions de personnes partout au pays ne pouvaient pas payer leur loyer. C'est scandaleux dans un pays comme le nôtre.
Hier, les conservateurs n'ont posé aucune question sur le fait que certaines personnes ne peuvent plus payer leur loyer. Je les ai entendus divaguer au sujet de Margaret Thatcher, de l'Union soviétique, du péril rouge chinois et de la main mystique du marché. Toutefois, ils n'ont absolument rien dit sur le fait qu'il faut envoyer l'armée dans des établissements de soins de longue durée, où de nombreux aînés sont morts. Rien dans leur comportement ne laisse supposer qu'ils prennent suffisamment au sérieux cette pandémie.
Lorsque, exceptionnellement, nous avons pris la décision de nous former en comité plénier — et, en temps normal, je me méfie beaucoup des changements apportés au Règlement du Parlement —, c'était pour nous permettre de nous concentrer sur la situation et de poser des questions pour que, une fois de retour dans nos circonscriptions, nous puissions montrer que nous prenons la pandémie au sérieux et que nous obtenons les réponses que les Canadiens méritent d'avoir.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, le Parlement a un rôle important à jouer. Il va sans dire que les circonstances exceptionnelles que nous vivons nous ont tous pris par surprise. Le gouvernement, tout comme les députés, essaie de s'adapter à une situation qui évolue de jour en jour, et personne n'a le monopole de la vérité.
Voilà pourquoi il est aussi important que les députés puissent se faire entendre, qu'ils puissent participer, qu'ils puissent poser des questions et soulever des enjeux au nom de leurs concitoyens. Les députés ont été d'une grande utilité jusqu'ici. Le Parlement doit absolument trouver un moyen pour qu'ils puissent représenter efficacement les gens qui habitent dans leur circonscription et s'exprimer fièrement.
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PCC (ON)
Monsieur le Président, à propos de ce que vient de dire le député néo-démocrate, je le mets au défi de redire que je ne travaille pas, parce qu'il lui suffirait de demander à n'importe qui dans ma circonscription pour s'apercevoir qu'il n'a pas la moindre idée de la somme de travail que j'ai abattue.
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NPD (ON)
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2020-05-26 10:59 [p.2406]
J'invoque le Règlement, monsieur le Président.
Je n'ai jamais dit que la députée se tournait les pouces dans sa circonscription, alors je crois qu'elle devrait remettre les pendules à l'heure et s'en tenir aux faits.
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PCC (ON)
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2020-05-26 10:59 [p.2406]
Je crois que nous nous rapprochons du débat, alors je vais laisser la députée d'Elgin—Middlesex—London terminer sa brève observation, après quoi nous écouterons la réponse.
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PCC (ON)
Monsieur le Président, concernant les commentaires sur Mme Thatcher et d'autres sujets, le député n'a manifestement pas entendu nos questions sur les Forces armées canadiennes, dont fait justement partie un de mes fils, et dont les membres aident des établissements de soins de longue durée.
Il devrait peut-être comprendre que nous sommes tous dans la même situation, que nous traversons tous les mêmes épreuves. Cette situation nous concerne tous parce que nous tenons à nos familles et à nos concitoyens.
Ce qui me préoccupe, c'est de recevoir des lettres d'entrepreneurs qui me disent avoir dû mettre la clé sous la porte et, lorsque j'écris au ministre des Finances à ce sujet, de ne recevoir aucune réponse après deux mois et demi. Voilà ce qui me préoccupe. Pourquoi n'est-il pas important d'avoir des occasions de poser des questions, mais aussi de...
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PCC (ON)
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2020-05-26 11:00 [p.2406]
Nous allons manquer de temps.
Le secrétaire parlementaire du premier ministre a la parole.
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, je remercie ma collègue de servir notre pays, tout comme je remercie aussi son fils de servir notre pays. Nous sommes fiers des services rendus par les membres de nos Forces armées canadiennes, en particulier en cette période difficile.
Je suis d'accord avec elle. Tous les députés, ceux de l'opposition comme les députés ministériels, devraient pouvoir poser des questions et participer au débat. Mais comment?
Pour conclure, je sais que la députée travaille très fort pour les habitants de sa circonscription, mais est-ce qu'elle les rencontre en personne? J'en doute. Elle leur parle au téléphone ou par Zoom. Si elle les rencontre en personne, elle s'assure de respecter les règles de distanciation physique. Je lui suis reconnaissant de respecter les directives de la santé publique lorsqu'elle s'acquitte de son devoir auprès de ses concitoyens. Nous devrions pouvoir en faire autant ici.
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PV (NB)
Voir le profil de Jenica Atwin
2020-05-26 11:01 [p.2407]
Monsieur le Président, je remercie le secrétaire parlementaire du premier ministre d’avoir partagé son temps avec moi aujourd’hui.
C’est un réel plaisir, comme c’est toujours le cas, d’être ici avec vous tous. Je suis ravie de voir certains députés pour la première fois depuis des mois. Tout le monde m'a manqué. Encore une fois, il n’a pas été facile de venir ici. J’ai pris la route avec ma famille pour venir jusqu’ici depuis le Nouveau-Brunswick. Ils resteront avec moi. Nous demeurerons ici le temps qu'il faudra pour les travaux du Parlement qui sont cruciaux à ce moment-ci.
Je pense à tous les députés qui ne sont pas ici aujourd’hui. S'ils n'y sont pas, ce n’est pas faute de vouloir être là ou parce qu’ils ne travaillent pas. En balayant du regard cette enceinte, je vois que nous sommes une trentaine séparés par plusieurs sièges vides. Je me rappelle que chaque siège vide représente environ 100 000 Canadiens. Leurs voix ne seront pas entendues ici aujourd’hui.
Certains députés croient qu’une juste représentation des députés par parti est adéquate pour prendre des décisions et poser des questions au gouvernement. Cependant, n’oublions pas que nous travaillons d’abord et avant tout pour nos électeurs et non pour nos partis.
Je suis ravie de représenter la circonscription de Fredericton et de soulever les questions qui sont importantes pour mes électeurs. Comme le député de Foothills l’a mentionné, c’est une expérience inoubliable d’avoir été élue à la Chambre et de me tenir ici dans cet endroit historique, qui constitue un symbole de notre liberté et de notre démocratie. C’est un endroit où se côtoient la dignité et le respect. Pourtant, il y a eu des commentaires irrespectueux, tels que des insinuations voulant que nos collègues ne se présentent pas au travail parce qu’ils ne peuvent pas être ici en personne.
Nous avons entendu des anecdotes du temps de la guerre et des citations de Winston Churchill, entre autres, laissant sous-entendre que la COVID-19 en 2020 est en quelque sorte similaire à la Seconde Guerre mondiale et à l’épidémie de grippe. Bien sûr, nous savons que ce n’est pas le cas.
L’expression « sans précédent » a été utilisée un nombre de fois inégalé pour décrire la situation à laquelle nous faisons face. Nous ne voyons pas les forces mondiales affronter des régimes tyranniques. Il n’y a pas de bombes qui explosent au-dessus de nos têtes. Nous faisons face à un ennemi invisible. C’est un ennemi qui ne fait aucune distinction, qui infecte son hôte à un rythme que vous n’avons jamais vu auparavant et qui a laissé nos communautés vulnérables.
Nous avons assurément un rôle essentiel à jouer en tant que parlementaires, mais c’est aussi un rôle sans précédent dans toute notre histoire. La motion dont nous sommes saisis nous demande d’être créatifs, coopératifs et respectueux les uns des autres. Elle vise, j’en suis convaincue, à permettre la pleine participation, dans cette Chambre, des représentants de toutes les circonscriptions de notre beau pays.
Peu de députés du Canada atlantique ont pu être présents aujourd’hui. Cela me préoccupe, car ma région natale fait face à des problèmes urgents et uniques. À l’heure actuelle, nous avons des problèmes concernant la saison du homard, les quotas de pêche et l’incapacité des transformateurs à recruter suffisamment de travailleurs. Les travailleurs saisonniers étrangers n’ont été autorisés à entrer au Nouveau-Brunswick que vendredi dernier, ce qui a retardé le démarrage de la saison et entraîné de graves conséquences pour l’économie et la production agricole.
Mentionnons aussi le traitement de la tragédie de Portapique à l'égard duquel les gens réclament une enquête publique. Cette tragédie a également suscité un débat au sujet des mesures collectives à prendre en matière de santé mentale et de violence familiale, surtout dans les zones rurales.
Les villes et les villages du Canada atlantique sont beaucoup plus petits que les grands centres urbains des autres provinces, ce qui signifie qu’une partie des fonds fédéraux alloués au Nouveau-Brunswick, à l’Île du Prince-Édouard et même à la Nouvelle-Écosse ne peuvent pas être utilisés par les municipalités qui en ont le plus besoin.
Sans compter que le Nouveau-Brunswick, dans sa situation unique de province bilingue, doit aussi s’assurer que la minorité francophone reçoit des informations précises et pertinentes sur le virus. Je signale que cette province jouit d’une position très enviable dans le monde, car elle compte très peu de cas de COVID-19 et aucun décès. Finalement, habiter au Nouveau-Brunswick, c’est un avantage.
Le Canada devrait surveiller de près ce qui se passe dans ma province au fur et à mesure qu’elle déconfine son économie, car il pourra en tirer des leçons sur la façon dont les entreprises peuvent se relancer après la COVID-19, avec l'aide nécessaire. Il faut pouvoir parler des enjeux propres à certaines régions. Or, la plupart des députés qui représentent les circonscriptions de ces régions ne peuvent pas être ici à cause des restrictions imposées en ce qui concerne les déplacements interprovinciaux, les liaisons aériennes nationales et le nombre de députés présents à la Chambre.
Je note également que, pour d’autres députés, il n’est pas prudent d’être ici. Je songe notamment à ceux qui viennent de localités isolées ou qui risquent de contaminer leur collectivité en se rendant à Ottawa. Pouvons-nous vraiment demander à ceux qui ne sont pas ici aujourd’hui de risquer de devenir des vecteurs de transmission? Par ailleurs, comment la Chambre peut-elle prendre des décisions et représenter tout le Canada sans la présence des représentants de ces régions vulnérables?
Je reste convaincue que, tant que nous ne pouvons pas avoir l’assurance que la participation virtuelle pourra être totalement intégrée à la participation présentielle à des séances de la Chambre ou d’un comité spécial, nous ne servons pas les intérêts des Canadiens des régions rurales, du Nord, de l’Atlantique et de la côte Ouest. Aujourd’hui même, nous ne représentons pas toutes les régions du Canada de façon équitable, ce qui est pourtant l’un des principes fondamentaux de la Chambre. Cela dit, je vois que le gouvernement fait un effort en présentant une motion qui intègre la participation virtuelle et les séances présentielles.
Je reconnais également que les séances quotidiennes se dérouleraient au sein du Comité spécial sur la pandémie de la COVID-19, plutôt que dans le cadre de séances plénières à la Chambre des communes, ce qui serait l'idéal.
Compte tenu de ces éléments, j’appuierai la motion parce que je crois qu'elle sert la démocratie à ce stade.
Lorsque nous aurons déterminé comment fonctionnera l’intégration virtuelle des députés, la Chambre devra se réunir à nouveau pour déposer des projets de loi urgents, notamment celui qui concerne l’aide médicale à mourir. À ce chapitre, le ministre de la Justice a demandé en février à la Cour suprême de surseoir de quatre mois l'application de son arrêt afin d'éviter qu'il y ait un cadre différent au Québec et dans le reste du Canada. Nous avons déjà bénéficié d’une prolongation. Des questions difficiles restent à régler et les Canadiens qui souhaitent recevoir l'aide médicale à mourir comptent sur nous pour adopter ce projet de loi.
En mars, le gouvernement a présenté un projet de loi visant à criminaliser la pratique cruelle de la thérapie de conversion. Nous devons nous engager à interdire au plus vite cette dernière. Nous devons également prendre connaissance des détails du projet de loi sur les armes à feu censés découler des changements réglementaires apportés le 1er mai. Les Canadiens doivent en prendre connaissance pour mettre un terme aux suppositions qui polarisent la population.
En trouvant le moyen d'intégrer en un tout la présence virtuelle et la présence concrète des députés, le Canada ouvre la voie de l'avenir au moment où le monde du travail se transforme radicalement. Certains Canadiens devront continuer à faire du télétravail pendant un certain temps. D'autres souhaiteront le faire. D'autres encore devront répartir leur travail entre leur domicile et leur bureau. Nous savons faire preuve de créativité. Il y aura moins de déplacements par avion et moins de déplacements pour se rendre au travail. Proposons des modèles de lieux de travail en permettant aux députés de prendre les meilleures décisions pour leurs concitoyens et de participer pleinement au débat et au processus décisionnel qui ont lieu à la Chambre.
J’espère que tous les Canadiens sauront à quel point nous travaillons fort pour eux chaque jour. Que nous soyons dans nos salons en compagnie de nos enfants devant un écran Zoom, ou ici à la Chambre des communes, notre engagement et nos efforts sont indéfectibles.
Je pense constamment à ceux qui sont laissés pour compte dans la lutte contre la COVID-19, par exemple les organisations à but non lucratif, les organisations caritatives et les groupes religieux qui, pour une raison ou pour une autre, ne sont pas admissibles au programme de subvention salariale en dépit des services essentiels qu’ils fournissent dans la collectivité. Mentionnons aussi les nettoyeurs et les caissiers qui ne bénificient pas du supplément de salaire au Nouveau-Brunswick; les dentistes inquiets de leur avenir et qui ont du mal à se procurer de l'équipement de protection individuelle; les étudiants étrangers qui n'ont toujours pas droit aux prestations pour étudiants et qui n’ont nulle part où aller et aucun soutien; les femmes enceintes qui n’ont pas de réponses précises au sujet de leurs prestations de congé parental pour les semaines à venir, et bien d’autres.
Mes collègues et moi travaillons pour eux. Je sais que nous pouvons continuer à faire ce travail de façon à protéger la santé et la sécurité de nos communautés.
Voir le profil de Francis Scarpaleggia
Lib. (QC)
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2020-05-26 11:09 [p.2408]
Monsieur le Président, j’ai pris plaisir à écouter l’intervention de la députée. J’ai notamment retenu dans son propos le fait que nous sommes ici pour représenter nos concitoyens d’abord et notre parti ensuite. Évidemment, notre système repose sur les allégeances politiques, ce qui est normal et bien.
Cependant, j’entends beaucoup les députés d’en face dire que nous pourrions régler ce problème en votant par roulement. Je comprends que ce puisse être attrayant, mais en entendant parler la députée, je me suis dit, et si un député ne fait pas partie du groupe qui vote sur un projet de loi qui lui tient particulièrement à cœur, mais pas à son whip? Sans vouloir critiquer notre formidable whip, que se passera-t-il si un député insiste pour être à la Chambre parce qu’il veut prendre position sur une question importante pour les habitants de sa circonscription?
Comment le roulement préserverait-il notre privilège parlementaire?
Voir le profil de Jenica Atwin
PV (NB)
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2020-05-26 11:10 [p.2408]
Monsieur le Président, le député a raison de dire que cette formule ne protégerait pas notre privilège parlementaire. Nous avons le droit d’être ici et d’exprimer notre préoccupation sur tout sujet dont la Chambre est saisie. Comme députée d’un petit parti, je suis chargée de nombreux dossiers en tant que porte-parole et j’ai des intérêts et des responsabilités peut-être plus vastes que d’autres députés. Je tiens donc à participer à tout ce qui se passe.
Je pense vraiment que cela montre notre capacité de collaborer. Nous nous montrons créatifs et conciliants. Cette motion doit être adoptée et elle devrait nous réjouir. C’est une excellente idée. Les Canadiens seront très heureux de la voir mise en pratique, et elle l’est déjà ailleurs. Il est donc temps de l’essayer en y mettant du nôtre. Nous devons changer d’attitude.
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PCC (SK)
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2020-05-26 11:11 [p.2408]
Monsieur le Président, le Nouveau-Brunswick comme la Saskatchewan ont une bonne longueur d’avance. Nos provinces s’en sortent très bien. L’Ontario et le Québec doivent rattraper leur retard sur nos deux provinces.
Je dirai une chose à la députée, qui est une nouvelle venue à la Chambre: aucun projet de loi d’initiative parlementaire ne sera adopté. Nous allons perdre près d’une année de projets de loi d’initiative parlementaire à la Chambre des communes. Ces mesures représentent un privilège important des députés, car elles leur permettent de soulever certains enjeux.
Que pense la députée du fait qu'il est impossible de présenter des projets de loi d’initiative parlementaire avant l’automne, voire plus tard?
Voir le profil de Jenica Atwin
PV (NB)
Voir le profil de Jenica Atwin
2020-05-26 11:12 [p.2409]
Monsieur le président, le député a raison. Hier, quand il parlait des projets de loi d’initiative parlementaire, je me suis surprise à hocher souvent la tête. Il s’agit d’un élément essentiel dans ce que nous faisons à la Chambre et il est regrettable qu’ils ne soient pas prévus dans cette nouvelle motion. Je n’ai pas eu la chance de gagner à la loterie; mon numéro est beaucoup plus loin sur la liste. C’est peut-être pour cette raison que je suis plus disposée à soutenir cette motion, mais elle n’est pas juste pour les députés qui souhaitent présenter des projets de loi d’initiative parlementaire.
Le député a raison. Cette motion n’est pas parfaite. La situation n'est pas idéale, mais nous devons agir pour protéger la santé des collectivités et, malheureusement, les projets d’initiative parlementaire n’ont pas leur place dans ce qui est proposé aujourd’hui.
Voir le profil de Andréanne Larouche
BQ (QC)
Voir le profil de Andréanne Larouche
2020-05-26 11:12 [p.2409]
Monsieur le Président, je remercie ma collègue de son discours. Elle a notamment abordé la question des violences familiales.
Est-ce que, dans certains cas, dans sa province et au Québec, des programmes pourraient permettre à davantage de femmes de se sortir de situations de violence en cette période de crise, mais que les provinces et le Québec sont parfois les mieux placés pour reconnaître leurs compétences.
Voir le profil de Jenica Atwin
PV (NB)
Voir le profil de Jenica Atwin
2020-05-26 11:13 [p.2409]
Monsieur le Président, en tant qu’alliés des femmes dans le dossier de la violence conjugale, nous faisons certainement tout ce que nous pouvons. La situation est difficile à la grandeur du pays. Nous devons être très proches de la réalité régionale, car il faut tenir compte de nombreux éléments culturels autour de cette question. C’est l’une des choses importantes dont nous voulons discuter ici, mais nous voulons le faire avec la participation de tous les députés au sein d'un Parlement virtuel. Je suis ouverte à toute idée qui permettrait la participation pleine et entière de toutes les voix pour aborder des questions très graves comme la violence conjugale au Canada.
Voir le profil de Lindsay Mathyssen
NPD (ON)
Voir le profil de Lindsay Mathyssen
2020-05-26 11:13 [p.2409]
Monsieur le Président, j’ai apprécié le discours de ma collègue aujourd’hui. Elle est très réfléchie et c’est toujours un plaisir de l’écouter.
Nous parlons ici du retour au travail ou de la poursuite du travail et de la façon dont les choses doivent changer. La députée a parlé de sa famille et elle a reconnu que bien des gens éprouvent des problèmes à la maison, où ils doivent concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle. Dans notre débat sur ce retour au travail, de toute évidence, les néo-démocrates cherchent les meilleures solutions. Les congés de maladie rémunérés sont extrêmement importants. J’aimerais aussi que la députée nous dise comment nous pouvons offrir plus de soutien en matière de garde d’enfants et en venir à un système universel de garderies financé par le gouvernement fédéral.
Voir le profil de Jenica Atwin
PV (NB)
Voir le profil de Jenica Atwin
2020-05-26 11:14 [p.2409]
Monsieur le Président, les écoles et les garderies sont fermées. Mes enfants sont avec moi. Cette situation a engendré de nombreux défis en cours de route. Cela a peut-être constitué la plus grande difficulté. Il s’agit de concilier la vie professionnelle et la vie personnelle. Comme je l’ai dit, lors de conférences sur Zoom, on a souvent vu mes enfants à l’écran, mais cela a aussi ajouté un élément d’humanité à notre travail.
Bien sûr, en rouvrant, les garderies ont dû supporter des coûts accrus. Nous devons tenir compte du caractère abordable des garderies pour les Canadiens à la grandeur du pays. Si nous voulons que notre économie reprenne, les garderies doivent être là pour les travailleurs et elles doivent être abordables.
Voir le profil de Alain Therrien
BQ (QC)
Voir le profil de Alain Therrien
2020-05-26 11:15 [p.2409]
Monsieur le Président, le Québec est une société distincte. Même le très fédéraliste Robert Bourassa le mentionnait et le défendait face aux autres Canadiens.
« Société distincte » veut dire, entre autres, que nous parlons majoritairement le français. C'est la seule langue officielle du Québec. Nous avons une culture qui est différente. Nous ne sommes ni meilleurs ni pires, nous sommes différents.
Économiquement, nous sommes différents aussi. Nous sommes le royaume de la petite et de la moyenne entreprise. Le dynamisme québécois repose sur le dynamisme des petits entrepreneurs québécois qui, à force de labeur et de travail, ont été capables de créer des entreprises qui étaient petites au départ, certes, mais qui sont devenues moyennes, voire grosses dans certains cas.
La pandémie est une menace pour ce tissu industriel québécois, pour cet esprit novateur, pour cet entrepreneuriat. Menacées par la faillite à cause de la pandémie, certaines PME vont disparaître. D'autres endroits au Canada peuvent tenir le même discours et c'est correct. Cependant, au Québec, la PME est encore plus importante étant donné la différence de notre tissu industriel.
Ces entreprises sont menacées par la faillite, certes, mais également par autre chose: elles sont menacées d'être achetées par des étrangers. Ce faisant, tous les efforts et toute la créativité échapperaient aux Québécois, et les décisions seraient prises, à moyen et long termes, dans un autre pays. Cette menace ferait que les entreprises aux prises avec la situation temporaire qu'est la pandémie de la COVID-19 pourraient en subir des effets permanents. Il faut donc se méfier et faire attention à ce que cela ne se produise pas.
Le Bloc québécois a pour seul objectif de veiller à l'intérêt des Québécois. C'est pour cette raison que les 20 et 29 avril, lors des débats sur des motions qui ont été adoptées à la Chambre, face à un gouvernement qui se montrait ouvert à nos suggestions, nous avons soumis des propositions pour protéger l'entrepreneuriat de la pandémie, où nous savions que nous étions fragiles.
Le 20 avril, quand nous soulevé l'idée de collaborer au projet de Subvention salariale d'urgence du Canada, nous savions que certaines entreprises étaient très fragilisées par le maintien de leurs coûts fixes en dépit de l'absence de revenus, une situation pouvant leur être fatale. C'est pour cela que nous avions demandé au gouvernement de greffer à l'entente du 20 avril une aide supplémentaire pour faire face aux coûts fixes.
Nous avions devant nous une proposition de subventions salariales évaluées à 73 milliards de dollars. Nous avons réussi à convaincre le gouvernement d'inclure dans sa motion une subvention partielle des coûts fixes des entreprises, une mesure importante qui permettrait d'éviter la faillite à des vedettes de demain. C'est ce que nous proposions.
Qu'avons-nous obtenu en retour?
Nous avons obtenu un programme qui n'apportait à peu près aucune solution pour les entreprises. Ce programme était trop timide, trop léger, voire inaccessible dans certains cas. La plupart des entreprises nous ont dit que ce programme n'était pas bon pour elles et qu'il leur fallait autre chose.
C'est pour cette raison que nous avons talonné le gouvernement en lui disant qu'il fallait améliorer ce qui avait été proposé dans la motion. Nous lui avons rappelé qu'il s'était engagé et qu'il nous avait donné sa parole. Nous lui avons dit qu'il fallait aider les entreprises, l'heure étant grave.
Cependant, rien n'a été fait depuis. C'est le silence radio. Quand le gouvernement a déposé sa motion il y a 11 jours, le Bloc a immédiatement dit que, pour protéger les entreprises, il fallait améliorer et accroître l'aide accordée pour faire face aux coûts fixes.
Hier, le leader du gouvernement à la Chambre a dit que le gouvernement avait fait un premier pas — petit pas, s'il en est. Si le petit pas s'arrête là, c'est insuffisant, alors que nous proposions justement de continuer à aider ces entreprises. Il s'agit donc là d'une promesse non tenue.
Monsieur le Président, j'ai oublié de vous indiquer que je vais partager mon temps de parole avec la députée de Saint-Jean. Je suis désolé. Je suis sûr que vous saurez me pardonner. Vous êtes tellement gentil, cela n'a pas de sens. C'est avec vous que je devrais négocier à l'avenir.
Le deuxième aspect important, c'est que des entreprises veulent engager des gens et que des municipalités ont besoin d'engager des gens. On sent que la reprise économique arrive, on voit de meilleurs jours venir. Pour que les entreprises trouvent des employés et que les gens souhaitent reprendre le collier, il faut les aider. Il faut inciter les gens à travailler. Il faut leur dire de recommencer à travailler et à faire un effort de production. L'économie québécoise et du reste du Canada ne s'en portera que mieux.
Le 29 avril, le gouvernement a créé la PCUE et nous l'avons félicité puisqu'il est vrai que certains étudiants ne trouveront pas d'emploi et qu'ils ont besoin d'une sécurité financière pour poursuivre leurs études. Nous avons applaudi cette mesure. Lorsque nous avons analysé la proposition du gouvernement, nous avons constaté qu'elle contenait une tare qui ferait que les étudiants seraient peut-être moins portés à travailler.
Est-ce que je les trouve paresseux? Non, ce n'est pas de la paresse. Toutefois, tel qu'il a été structuré et rédigé, le programme fait que le salaire d'un étudiant qui travaille deux ou sept jours par semaine reste le même. Même un caniche royal avec un képi sur la tête comprend que, si son salaire ne change pas, peu importe qu'il travaille deux ou sept jours, il devrait travailler deux jours. C'est assez clair, mais il semble que le gouvernement n'a pas compris. C'est pourquoi nous avons demandé au gouvernement de s'engager à inciter les étudiants à travailler en s'assurant que, en toutes circonstances, le salaire des étudiants augmente s'ils travaillent plus. Notre soutien était conditionnel à cela.
C'est une règle fondamentale de l'économie: plus on travaille, plus on gagne. Nul besoin de sortir des marionnettes et des crayons de cire pour comprendre cela. Le gouvernement nous a dit que c'était une bonne idée. La vice-première ministre a dit à la Chambre qu'il s'agissait d'une bonne idée et que le gouvernement travaillerait là-dessus. Trois semaines plus tard, il n'y a rien; il n'a fait aucun pas en avant. C'est pire que pour les coûts fixes, pour lesquels les libéraux ont fait un pas et sont épuisés. Dans le cas de la PCUE, aucun pas n'a été fait.
Nous sommes devant un gouvernement qui ne respecte pas ses engagements. Ainsi, quand arrive une autre ronde de négociations, nous ne pouvons pas embarquer. Nous ne pouvons pas négocier avec un gouvernement qui nous promet des choses qu'il ne fait pas. Nous avons déjà joué dans ce mauvais film, mais cela ne nous tente plus.
Nous lui avons même donné une chance. On voit à quel point nous sommes gentils. Nous avons dit au gouvernement de tenir les deux promesses qu'il avait faites. Nous lui avons donné huit jours, mais il n'a pas fait d'effort. Il devait faire d'autres pas pour les coûts fixes afin d'améliorer ce qu'ils ont commencé très timidement, et ensuite faire ce qu'il a promis.
Nous avons attendu, mais, finalement, nous nous sommes fait dire non et indiquer comment cela fonctionnerait. Alors, aujourd'hui, nous disons comment les choses vont fonctionner pour nous, au Bloc. Nous ne pouvons pas intervenir et nous asseoir à une table avec des gens qui n'ont que peu de respect pour leur parole.
Nous avons une parole et nous avons des idées très claires. Ce qui est bon pour le Québec est bon pour le Bloc québécois. Ce qui est bon pour la nation québécoise est bon pour le peuple québécois. Il faut aider les petites et les moyennes entreprises à survivre à la pandémie, ces bourgeons qui deviendront des Bombardier éventuellement. Il faut donner la chance à ces entreprises de survivre et c'est ce que nous faisons depuis le début. Nous travaillons fort là-dessus et nous ne lâcherons pas. Notre programme est simple et clair: ce qui est bon pour le Québec est bon pour nous.
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Lib. (MB)
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2020-05-26 11:25 [p.2410]
Monsieur le Président, le député fait allusion à la nécessité d’aider les travailleurs et à celle d’aider les entreprises, mais aussi au fait qu'il y a un lien entre les deux. Que ce soit au Québec ou dans ma province, le Manitoba, tant les petites entreprises que les travailleurs sont en mauvaise posture. C’est l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement a consacré tant d’énergie et de nombreuses ressources pour veiller à ce que cet aspect de notre économie subisse le moins de dommage possible.
La subvention salariale en est un exemple. En proposant un programme de subvention salariale solide, nous garantissons que les travailleurs et les employeurs sont protégés. En assurant cette protection, nous serons mieux placés pour faire croître notre économie. Nous protégeons des emplois tout en protégeant des entreprises.
Ce n’est qu’un des nombreux programmes disponibles et cela montre pourquoi il est si important que le gouvernement du Canada travaille avec les gouvernements provinciaux pour veiller à atténuer les répercussions négatives du coronavirus. Le député ne pense-t-il pas que c’est une bonne chose?
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BQ (QC)
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2020-05-26 11:26 [p.2410]
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
C'est sûr que les subventions salariales sont importantes. Regardons les libéraux: ils ont les deux mains dedans. Pour eux, c’est vraiment très important, sauf que la nature du programme en question a été un peu violée par l’action disgracieuse du gouvernement lorsqu'il s’est mis les mains dans la Subvention salariale d’urgence du Canada. Pourtant, les libéraux ne sont aucunement menacés de faillite. Je suis convaincu qu’ils ne feront pas faillite cette année.
En économie, il y a deux types de coûts qu'une entreprise doit assumer: les coûts fixes et les coûts variables. Les coûts variables, ce sont généralement les salaires. Ils sont couverts par la Subvention salariale d'urgence du Canada.
Ce que nous proposons est encore plus important pour le Québec, parce que les PME sont le cœur de notre économie. Oui, il y a des entreprises au Manitoba, et c’est correct. Nous ne disons pas que c’est mauvais pour le reste du Canada.
Je vais revenir sur les coûts fixes. Les entreprises ont, bien sûr, des coûts variables et des masses salariales à respecter, mais elles ont aussi des coûts fixes, ce qui fait que même quand il n’y a pas de production, il y a des coûts à combler. C’est cela qui est crucial.
On ne peut pas seulement aider les entreprises à payer leurs coûts variables, on doit aussi les aider à payer leurs coûts fixes. C’est le b-a ba de la microéconomie. J'enseigne cela au cégep et à l’université. Il faut aider les entreprises relativement aux coûts fixes. C’est pour cela que nous avons tendu la main au gouvernement, mais nous n'avons pas obtenu de réponses.
Est-ce parce qu'il a oublié...
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PCC (ON)
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2020-05-26 11:28 [p.2411]
L'honorable député de Bellechasse—Les Etchemins—Lévis a la parole.
Voir le profil de Steven Blaney
PCC (QC)
Monsieur le Président, j'aimerais poser une question à mon collègue de La Prairie.
Est-ce que le député appuie la motion du Parti conservateur qui vise justement à améliorer les programmes libéraux?
Le député a mentionné dans son discours que les mesures libérales étaient trop légères, inaccessibles et mal ciblées. Le Parlement peut aider le gouvernement à faire en sorte que les mesures aident les Québécois et les Canadiens.
Est-ce qu’il appuie la motion du Parti conservateur pour que nous revenions au Parlement afin d'avoir des meilleures lois pour servir les gens du pays lors de cette pandémie?
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BQ (QC)
Voir le profil de Alain Therrien
2020-05-26 11:28 [p.2411]
Monsieur le Président, une chose est sûre, je n’appuie pas le fait que les conservateurs vont aussi puiser dans la Subvention salariale d’urgence du Canada pour essayer d’éponger des supposés problèmes financiers alors qu’ils sont riches comme Crésus. Je dirais même que Crésus était pauvre comparativement aux conservateurs. Les deux grands partis payants ont les deux mains dans la Subvention salariale d'urgence du Canada. Cela ferait une méchante photo.
Oui, le Parlement devrait continuer à siéger de façon normale. Je suis d’accord avec lui. Oui, il y a des questions qui restent en suspens. Quand nous avons négocié les coûts fixes à la table du gouvernement, il y avait deux absents, soit le NPD et les conservateurs. Il y avait juste le Bloc québécois qui poussait pour qu’il y ait une amélioration de l’aide qu’on pourrait verser aux entreprises. C'est par les entreprises qui survivent qu'un tissu économique est plus fort et que les emplois sont durables et de qualité.
Voir le profil de Christine Normandin
BQ (QC)
Voir le profil de Christine Normandin
2020-05-26 11:29 [p.2411]
Monsieur le Président, je remercie mon très estimé collègue de La Prairie de m'avoir laissé la parole. Je lui en suis reconnaissante.
On me demande à l'occasion comment j'entrevois la sortie de crise, ce que j'espère que nous retenions de cette crise. J'y ai réfléchi et je pense que c'est important qu'on y pense tous un petit peu.
Je vais faire un parallèle en remontant dans mes souvenirs à un moment où j'étais beaucoup plus jeune, en 1998. J'avais 13 ou 14 ans.
Voir le profil de Christine Normandin
BQ (QC)
Ma région a vécu la crise du verglas, qui a marqué l'imaginaire collectif. On avait réalisé à ce moment qu'il s'était créé des mouvements de solidarité, un peu comme c'est le cas maintenant. Il y a eu de l'aide entre les citoyens. Je me souviens de mon père qui se promenait avec sa génératrice pour aller vider les caves de gens qui habitaient sur le rang chez nous et les pompes qui ne fonctionnaient pas parce qu'il n'y avait pas d'électricité. On a aussi réalisé — et ce sont les plus vieux qui nous le font remarquer parce que j'étais moi-même trop jeune pour m'en rendre compte — qu'au moment où on a rallumé les lumières, beaucoup de cette solidarité a été perdue. Malheureusement, je crains que cela arrive aussi au moment où on trouvera un vaccin. Présentement, nous sommes dans une situation où on encourage énormément l'achat local.
J'ose espérer qu'on pourra garder cette belle solidarité, mais il y a des choses qui devront être mises en place par le gouvernement et par le Parlement pour s'assurer qu'il nous restera quelque chose de cette crise. Ce serait une insulte aux gens qui souffrent présentement et aux gens qui auront péri des suites de la COVID-19 que de ne pas tirer de leçon de cette pandémie et de ne pas saisir l'occasion pour devenir meilleurs.
Des choses peuvent être faites présentement dans certains dossiers, mais elles auraient aussi pu être faites par le passé, ce qui nous aurait permis de passer un peu mieux à travers la crise. Je vais donner trois exemples particuliers. Il y a la question des aînés, qui a été un des clous sur lesquels le Bloc québécois a énormément tapé. Même avant la crise, même avant qu'on puisse penser qu'il y aurait un jour ce genre de pandémie, le Bloc québécois soulevait le problème. Au moment où on a instauré le système de Sécurité de la vieillesse, cela couvrait l'équivalent de 20 % du revenu industriel moyen. Compte tenu du désinvestissement qu'il y a eu année après année, cela correspond à l'équivalent de 13 % du salaire moyen. Le pouvoir d'achat des aînés a grandement diminué. Nous souhaitons pouvoir dire que les 300 $ qui ont été octroyés, c'est un bon coup, mais cela ne doit pas être ponctuel. Oui, cela aidera en partie pendant la crise, mais les problèmes que les aînés vont subir vont continuer d'exister.
On peut penser notamment au coût du panier d'épicerie à l'automne, qui risque d'être très élevé, notamment pour les fruits et les légumes frais, surtout ceux qui viendront de nos maraîchers et de nos agriculteurs. Quelque chose aurait dû être fait avant la crise, mais on peut encore le faire dans le cadre de la crise. Il s'agit d'augmenter le pouvoir d'achat de nos aînés et de s'assurer, par la force des choses, qu'ils continuent à contribuer à notre économie, qu'ils continuent à faire leurs achats chez nos producteurs locaux et qu'ils continuent à être actifs, économiquement parlant, dans notre société. Malheureusement, ce sont des choses que nous ne pourrons peut-être pas faire si le Parlement se résume à quatre périodes de questions par semaine.
Il y a un autre point que nous avons beaucoup soulevé pendant la crise, et c'est la question des transferts en santé. Depuis plusieurs années, il y a un désinvestissement massif des transferts fédéraux en santé vers les provinces et le Québec. Dans certains cas, on peut critiquer certaines réformes que les provinces ont tenté de mettre sur pied. Même certains acteurs de ces réformes admettent que ce qui a été fait était peut-être perfectible, qu'ils auraient pu faire les choses autrement et que cela aurait été mieux. Il reste que, quand on n'a pas l'argent, on part avec une béquille énorme. Le désinvestissement fédéral est la cause principale des problèmes actuels du système de santé. Cela existait avant la crise. Cela aurait dû être réglé avant la crise. La situation que nous vivons présentement devrait à tout le moins nous faire dire que nous ne voulons pas que cela ne se reproduise plus tard.
Il y a une chose qu'on peut faire présentement, c'est de s'assurer que les entreprises qui bénéficient des paradis fiscaux ne reçoivent pas de subvention salariale. Nous avons fait le calcul. Les grandes banques épargnent en impôt annuellement l'équivalent d'environ 2,5 milliards de dollars; or il en coûterait entre 1,9 et 2 milliards de dollars pour rétablir les transferts en santé. En s'assurant que les vrais fautifs, les gens qui légalement, mais immoralement utilisent les paradis fiscaux, paient leur juste part d'impôt, on pourrait rétablir les transferts en santé.
On espère que cela n'arrivera pas, mais il faudra être prêt à réagir si une autre crise survient. Il faut s'assurer de tirer des leçons de la crise que l'on vit présentement.
Un autre sujet que j'ai beaucoup aimé aborder pendant la crise est toute la question des agriculteurs, plus spécifiquement sous l'angle des travailleurs étrangers temporaires qui sont les piliers de notre production. Ce sont des gens qui sont absolument nécessaires à notre sécurité et à notre souveraineté alimentaires et qui nous permettent de nous approvisionner en produits frais et locaux.
La problématique des permis de travail fermés existe depuis longtemps. Les producteurs agricoles se plaignent du manque de flexibilité qu'impose un permis de travail fermé. Je vais donner quelques exemples d'avant la crise.
Pensons d'abord à un agriculteur qui n'aurait besoin de quelqu'un qu'à temps partiel, peut-être une journée par semaine. Cela ne vaut pas la peine de faire venir quelqu'un du Guatemala en lui disant qu'il ne va travailler qu'une journée par semaine. Cependant, un permis de travail fermé ne permet pas d'échanger ou de partager le travail d'un employé entre plusieurs entreprises agricoles.
Par ailleurs, la charge de travail n'est pas répartie de la même façon d'une entreprise agricole à une autre. Par exemple, la fin de l'hiver représente une charge de travail un peu moins grande pour les producteurs laitiers, puisque ce n'est ni le début ni la fin des récoltes. Par contre, pour les producteurs acéricoles, la fin de l'hiver est une période très occupée de l'année, car c'est à ce moment-là qu'ils commencent à semer. Cette répartition inégale de la charge de travail empêche là aussi de se partager les services des employés. Ce problème existait déjà avant la crise.
Pendant la crise, alors que l'on subissait une pénurie majeure de travailleurs étrangers temporaires, des producteurs ont été incapables de se partager l'aide de travailleurs dans des moments très critiques. Pensons ici aux pomiculteurs qui avaient besoin de faire tailler leurs pommiers pour lancer leur saison. Au même moment et souvent sur le terrain juste à côté, des producteurs acéricoles dont la saison de cabane à sucre avait été annulée avaient à leur disposition une poignée de gens qu'ils ne pouvaient pas faire travailler et dont ils auraient bien aimé pouvoir partager les services avec les pomiculteurs.
Pensons aussi aux producteurs maraîchers qui ont souvent deux récoltes par été. Alors qu'un premier lot de travailleurs récolte les produits, un deuxième groupe juste en arrière plante en prévision d'une seconde récolte. Or, la majorité des maraîchers de chez nous ont présentement suffisamment de gens pour récolter, mais pas assez pour planter en arrière. Si toutes les entreprises s'étaient entendues pour mieux utiliser les travailleurs à leur disposition, elles auraient pu avoir deux récoltes, ce qui aurait constitué une meilleure production à la fin de l'année.
Advenant une autre crise, il serait bien de considérer de nouvelles modalités en lien avec les permis fermés. Si une tempête de grêle détruisait ma récolte, mais pas celle de mon voisin, ce dernier pourrait sauver sa récolte en recourant à davantage de main-d'oeuvre si l'on pouvait se partager les services des travailleurs. Plus près d'ici, lorsqu'il y a eu des inondations, les travailleurs agricoles qui n'étaient pas trop occupés à ce moment-là n'ont pas pu prêter main-forte et installer des sacs de sable pour protéger les gens des inondations.
Ce problème existe depuis longtemps et pourrait être résolu. Pour notre part, nous faisons des propositions et nous suggérons des pistes, comme la possibilité de permettre à un travailleur titulaire d'un permis fermé d'aller quand même travailler ailleurs pendant un certain nombre de jours.
Cependant, nous ne pouvons pas présenter toutes ces réflexions à l'heure actuelle, puisque deux partis ont choisi de restreindre la tenue de ces échanges à entre nous. Pourtant, le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre a mené une étude remarquable sur la tenue de séances virtuelles du Parlement.
Je trouve dommage que l'on reconnaisse d'entrée de jeu que la pandémie de la COVID-19 constitue un immense problème, mais que l'on décide de se lier les mains en s'empêchant de trouver des solutions pour maintenant et pour l'avenir. D'une certaine façon, je trouve que le fait de ne pas travailler dès maintenant à aider les gens qui souffrent et ceux qui meurent de la COVID-19 constitue un manque de respect envers ces personnes. Il est dommage que cette crise ne fasse pas ressortir le meilleur de nous-mêmes.
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Lib. (MB)
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2020-05-26 11:39 [p.2412]
Monsieur le Président, la députée fait valoir plusieurs points. Je suis d'accord avec certains, mais d'autres sont discutables, selon moi. Par exemple, je suis d'avis que le gouvernement a investi des montants sans précédent dans les soins de santé et je n'ai pas été témoin des compressions qu'elle évoque. Je pose une question à la députée afin de faire un lien entre ses observations et l'importance véritable de la motion à l'étude.
Assurément, il faut reconnaître que personne n'aurait été en mesure de prédire la situation il y a quelques mois. Si on considère tout ce qui a été fait, qu'il s'agisse des programmes ou de la collaboration du gouvernement avec l'opposition, force est d'admettre que nous avons accompli beaucoup de choses en une période relativement courte. La démocratie est importante. Nous avons discuté de l'intégration virtuelle complète ces derniers mois et nous avons réalisé des progrès considérables à cet égard. C'est là l'objet de la motion: nous faire avancer dans l'atteinte d'une intégration complète, pour que tous les députés puissent apporter leur contribution au Parlement.
La députée convient-elle que, grâce à la motion, elle aura beaucoup plus de latitude et sera beaucoup plus en mesure d'interroger le gouvernement sur tous les points qu'elle soulève? Elle pourra le faire non seulement durant les mois de mai et juin, mais aussi durant les mois de juillet et août, ce qui est sans précédent, d'après ce que je comprends.
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BQ (QC)
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2020-05-26 11:41 [p.2413]
Monsieur le Président, je ne peux pas m'empêcher de prendre la balle au bond au sujet de la question des transferts en santé et de rappeler que la ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec a écrit, en novembre, à la ministre de la Santé pour lui rappeler qu'il y avait un problème en ce qui a trait aux transferts et qu'elle réclamait que ce soit ramené à 25 %. Cela a d’ailleurs été une demande commune et unanime de l'ensemble des premiers ministres des provinces au Conseil de la fédération, en décembre dernier. Je pense qu'il y a d'autres gens qui partagent mon point de vue.
Pour ce qui est de la question du Parlement, la motion qui est devant nous nous permet de questionner le gouvernement. C'est bien. Je ne dis pas que c'est absolument mauvais, mais ce n'est pas suffisant. Nous n'avons pas de journées de l'opposition. Nous ne pouvons pas déposer des projets de loi. Nous ne pouvons pas débattre de motions. C'est une période de questions beaucoup plus qu'une période de réponses. Malheureusement, ce n'est pas suffisamment pour nous permettre de faire avancer des programmes autant que nous le pourrions. Oui, des choses ont été faites. Je ne le nie pas. Toutefois, la possibilité d'en faire beaucoup plus, c'est ce qui nous est nié aujourd'hui, et c'est ce que nous déplorons.
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PCC (AB)
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2020-05-26 11:42 [p.2413]
Monsieur le Président, malheureusement, mon français n'est pas encore suffisamment bon pour que je questionne ma collègue dans cette langue, mais j'espère pouvoir le faire sous peu.
La députée a parlé de ses préoccupations au sujet du secteur agricole. L'autre jour, un citoyen de ma circonscription m'a dit — et j'ai trouvé cela intéressant — qu'il souhaitait pratiquer l'agriculture intelligente, mais que c'est impossible avec un Internet simplet.
Dans le cadre de nos récentes séances virtuelles, j'ai constaté que beaucoup d'entre nous qui sommes en région rurale ne pouvons pas participer comme nous le souhaiterions. Encore une fois, cela prouve l'importance de convoquer le Parlement, que ce soit dans un format hybride ou autre.
La députée pourrait-elle parler de l'incidence de la COVID-19 sur les régions rurales et de l'importance que le Parlement reprenne ses travaux selon la méthode traditionnelle?
Voir le profil de Christine Normandin
BQ (QC)
Voir le profil de Christine Normandin
2020-05-26 11:43 [p.2413]
Monsieur le Président, je comprends le fait qu'Internet n'est pas toujours facilement accessible partout. J'ai moi-même grandi sans le câble et avec un accès limité à Internet, malheureusement. Je ne pense pas que cela doit être un argument pour nous empêcher de fonctionner de façon virtuelle. Le fait de revenir à la Chambre de manière présentielle serait également une façon indirecte de brimer le privilège parlementaire de gens qui sont loin, qui n'ont pas accès à des avions partout au Canada ou qui peuvent être âgés et craindre pour leur santé, ce que l'on comprendrait. Il me semble qu'il y a une belle solution de rechange au Parlement hybride, qui a d'ailleurs été testée ailleurs dans le monde, dans des Parlements similaires de tradition Westminster, avec succès. Je ne pense pas qu'il faille se maintenir dans une politique du tout ou rien. Nous sommes capables de trouver une voie de passage qui est encore meilleure, et c'est ce que je recommande.
Voir le profil de Patricia Lattanzio
Lib. (QC)
Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec la députée d'Outremont.
Depuis deux mois et demi, une menace commune pèse sur la santé des Canadiens et l'économie du pays. Dès l'arrivée de la COVID-19 au Canada, le gouvernement a adopté une approche coordonnée qui respecte les valeurs démocratiques que nous partageons tous: elle accorde la priorité aux gens et s'efforce de ne laisser personne en plan. Il nous incombe de lutter contre la propagation de cette pandémie et de préparer le pays en vue de la reprise. Nous ferons tout ce qu'il faudra.
Nous prenons des mesures pour contrer les vastes répercussions de la COVID-19 sur la santé, la société et l'économie. Nous faisons tout en notre pouvoir pour aider les Canadiens et les entreprises à traverser cette pandémie et pour leur offrir le soutien dont ils ont besoin. Je parle notamment de la prise de mesures décisives et énergiques pour stabiliser l'économie canadienne.
La Subvention salariale d'urgence du Canada est un élément essentiel du plan d'intervention économique pour répondre à la COVID-19. Pour les employeurs qui ont été touchés durement par la pandémie, le gouvernement a mis en place un programme qui les aidera à garder leurs employés et même à réembaucher ceux qui ont été mis à pied. Ce programme est offert aux entreprises, aux organismes de bienfaisance et aux organismes sans but non lucratif. Il soutient les Canadiens qui travaillent dans des entreprises, petites ou grandes, dans tous les secteurs de l'économie.
Le gouvernement a créé la Subvention salariale d'urgence du Canada pour prévenir des pertes d'emploi supplémentaires et pour encourager les employeurs à réembaucher les employés qui avaient été auparavant mis à pied à cause de la COVID-19. Le programme vise à faire en sorte que les familles de toutes les régions du Canada n'aient pas à se demander d'où viendra le prochain chèque de paie. En cette période de grande incertitude, il leur permet de savoir qu'elles auront de l'argent pour payer l'épicerie, le loyer et les médicaments sur ordonnance. De plus, au moment de la relance, les entreprises canadiennes pourront ainsi compter sur des employés déjà formés pour se préparer à reprendre progressivement leurs activités.
Le programme de Subvention salariale d'urgence du Canada offre aux entreprises de toutes les tailles et de tous les secteurs ayant subi une chute de revenus bruts d'au moins 15 % en mars 2020 et 30 % les mois suivants une subvention de 70 % du salaire hebdomadaire d'un employé jusqu'à concurrence de 847 $. Le 15 mai, le gouvernement a annoncé qu'il prolongeait le programme de 12 semaines, soit jusqu'au 29 août 2020. Le programme étant prolongé, les travailleurs auront davantage l'assurance de pouvoir continuer à recevoir l'aide dont ils ont besoin en ces temps difficiles et les employeurs auront plus de temps pour reprendre leurs activités. Nous savons que la reprise doit se faire de façon graduelle et prudente.
En même temps, nous avons effectué des changements réglementaires afin de bonifier la subvention et d'en accroître la portée pour inclure davantage d'employeurs. Grâce à ces modifications, la subvention atteindra son objectif, qui est de soutenir les employeurs les plus durement touchés par la COVID-19 tout en protégeant les emplois dont dépendent les Canadiens.
La réglementation permettra dorénavant l'admissibilité des employeurs suivants à la Subvention salariale d'urgence du Canada: les sociétés de personnes détenues à concurrence de 50 % par des membres non admissibles; les sociétés appartenant à un gouvernement autochtone qui exploitent une entreprise, ainsi que les sociétés de personnes dont les associés sont des gouvernements autochtones et des employeurs admissibles; les associations canadiennes enregistrées de sport amateur; les organisations journalistiques enregistrées; les collèges non publics et les écoles non publiques, y compris les établissements qui offrent des services spécialisés, comme les écoles de formation artistique, les écoles de conduite, les écoles de langue et les écoles de pilotage.
La pandémie de COVID-19 a eu de graves répercussions sur les Canadiens partout au pays. Tous les secteurs de l'économie en ont ressenti les effets implacables et destructeurs. Le gouvernement travaille dur pour protéger les emplois dans tous les secteurs de l'économie. Nous avons été attentifs aux préoccupations soulevées par des employeurs de tout genre, des petites entreprises de quartier à certaines des plus grandes entreprises canadiennes qui emploient des milliers de personnes.
Nous savons qu'étendre la portée du programme de subvention salariale contribuera à aider plus de travailleurs. Grâce à cette subvention, même si notre économie est à l'arrêt, les entreprises peuvent se permettre de conserver leurs employés et, par conséquent, sont prêtes à reprendre leurs activités dès que cela sera possible de le faire en toute sécurité. Il s'agit de protéger les emplois maintenant et de faire en sorte que la reprise ne soit pas hésitante. Nous devons veiller à ce que le Canada puisse revenir en force.
De nombreuses mesures prises par le gouvernement à ce jour pour aider les Canadiens et leurs familles complètent ce programme. La Prestation canadienne d'urgence a été versée à plus de sept millions de Canadiens. Ainsi, quiconque ne peut travailler à cause de la COVID-19 a l'argent nécessaire pour couvrir ses besoins de base.
Nous avons fourni un soutien aux étudiants, dont un investissement dans plus de 116 000 occasions d'emplois pour l'été afin de les aider à obtenir l'expérience de travail dont ils ont besoin pour pouvoir concrétiser leurs rêves.
Le Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes a permis d'accorder des prêts sans intérêt à plus de 600 petits employeurs.
Toutes ces mesures, ainsi que d'autres, forment globalement un des ensembles de mesures de soutien économique les plus ambitieux au monde. Nous savons que si nous investissons dans les Canadiens, la reprise sera d'autant plus rapide et vigoureuse.
La pandémie de COVID-19 a eu des répercussions incroyables pour les Canadiens et pour le monde entier. Elle a paralysé des entreprises sur toute la planète. Elle a bouleversé le marché international, anéantissant sur son passage les espoirs et les rêves de travailleurs et de propriétaires d'entreprise. Depuis deux mois et demi, un grand nombre de gens d'affaires, au Canada et ailleurs, connaissent des difficultés sans précédent. Bien des entreprises n'ont pas pu résister aux ravages de la COVID-19. Or, pendant toute cette période, le gouvernement est resté prêt à adopter des mesures additionnelles pour stabiliser l'économie et atténuer les effets de cette pandémie.
Protéger la santé des Canadiens et répondre à leurs besoins immédiats restent la grande priorité du gouvernement. Nous allons continuer de protéger les emplois et l'économie du pays tout au long de cette crise. Quand nous en sortirons, nous serons prêts à travailler avec les Canadiens pour relancer l'économie et continuer de bâtir un Canada plus fort pour demain.
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NPD (ON)
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2020-05-26 11:51 [p.2414]
Monsieur le Président, j'ai écouté ma collègue avec beaucoup d'intérêt. Je suis préoccupé du fait qu'elle a parlé d'une reprise rapide et vigoureuse de l'économie. L'arrivée de la COVID a bouleversé en un clin d'œil notre conception de l'économie. Il n'est pas réaliste de penser qu'il suffira de remettre l'économie en marche, comme s'il s'agissait d'un interrupteur, pour que tout redevienne comme avant. On sait avec certitude qu'il y aura une véritable hécatombe dans le secteur de la restauration dans les grands centres urbains. Par ailleurs, on a également vu comment le secteur pétrolier s'est effondré avant la COVID. Aujourd'hui, les investisseurs internationaux se sont carrément retirés.
Il faudra une vision à long terme. Il faudra entre autres décider du sort des travailleurs qui touchent la Prestation canadienne d'urgence en ce moment? Bon nombre d'entre eux n'ont plus d'emploi. Le gouvernement est-il disposé à faire ce qui s'impose pour rebâtir et relancer l'économie, à poursuivre prudemment ses investissements et à veiller à ce que le mois d'août ou octobre venu, on ne cesse pas simplement de verser la Prestation canadienne d'urgence aux travailleurs qui ont perdu leur emploi?
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Lib. (QC)
Monsieur le Président, il va sans dire que nous n'affirmons pas qu'il est aussi simple de relancer l'économie que d'actionner un interrupteur. Il faudra du temps. C'est pourquoi notre gouvernement a mis en place divers programmes et mesures pour permettre aux Canadiens de retrouver une certaine stabilité et de répondre à leurs besoins immédiats afin d'être prêts lorsque nous relancerons l'économie et la renforcerons.
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BQ (QC)
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2020-05-26 11:53 [p.2414]
Monsieur le Président, je remercie ma collègue de son discours.
Elle a beaucoup parlé d'économie et de l'importance d'aider nos entreprises à passer au travers de la crise. Je rappelle que le Bloc québécois a fait une proposition relative aux frais fixes qui pourraient être étendus pour les entreprises touristiques.
Je viens de Shefford. Chez moi, dans les Cantons-de-l'Est, le tourisme est une entreprise importante. En ce moment, le programme actuel et les programmes d'aide ne conviennent pas aux entreprises touristiques qui demandent plus de souplesse en ce qui a trait aux frais fixes pour les aider à passer au travers de la crise. Elles ont été parmi les premières à être touchées et seront probablement les dernières à pouvoir redémarrer.
Voir le profil de Patricia Lattanzio
Lib. (QC)
Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question. Le tourisme a bel et bien souffert pendant cette pandémie. Il va continuer à souffrir d'autant plus.
Je voudrais justement lui répondre que notre ministre responsable du tourisme a discuté à maintes reprises avec les joueurs de l'industrie. Elle a mis en place des mesures pour leur venir en aide, avec les trois R, afin de soulager ces entreprises.
Nous aussi, au Québec, souffrons de ce phénomène de pertes dans l'industrie du tourisme, mais notre ministre est constamment en train de regarder comment bonifier les mesures pour cette industrie très particulière.
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PCC (BC)
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2020-05-26 11:55 [p.2415]
Monsieur le Président, la députée a abondamment parlé de l'économie. Le gouvernement a proposé de ne pas faire siéger tous les comités. Or, de nombreux comités pourraient vraiment faire du travail très important en ce moment, notamment celui du commerce international et celui des transports, de l'infrastructure et des collectivités. Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé de ne pas faire siéger tous les comités alors que nous pourrions y tenir d'importantes discussions?
Voir le profil de Patricia Lattanzio
Lib. (QC)
Monsieur le Président, cette question devrait être débattue par nos leaders à la Chambre respectifs. Tous les efforts que nous déployons ici et tout le travail que nous accomplissons collectivement et individuellement dans nos circonscriptions, comme répondre à des questions, faire de la recherche sur certains programmes et prendre le pouls des besoins des électeurs des régions que nous représentons, ont des retombées positives. Ensuite, lorsque nous nous réunissons à la Chambre, nous pouvons proposer des mesures qui atténueraient la plupart des problèmes exprimés par nos électeurs.
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Lib. (QC)
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2020-05-26 11:56 [p.2415]
Monsieur le Président, c'est pour moi un honneur de prendre la parole à la Chambre des communes au sujet de la question dont nous sommes saisis, à savoir comment nous organiserons les séances du Parlement à venir dans ce contexte de pandémie.
Je n'ai sûrement pas besoin de rappeler aux députés à la Chambre que nous traversons une période exceptionnelle. Alors que nous nous prononçons sur la manière dont nous nous réunirons à l'avenir, nous devrons être soucieux de l'exemple que nous donnons aux Canadiens et des messages que nous leur véhiculons.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, j'aimerais remercier sincèrement le greffier de la Chambre des communes et toute l'équipe administrative de l'excellent travail qu'ils font pour nous présenter différentes options afin que nous puissions continuer de nous réunir et d'effectuer nos travaux pendant la pandémie de COVID-19.
Nul besoin de rappeler que nous vivons une période extraordinaire. Avant de parler de la substance de mes remarques, j'aimerais tout d'abord adresser mes plus sincères remerciements aux membres de la sécurité, de l'Administration de la Chambre des communes et à tout le personnel de la Chambre. Ceux-ci se joignent aux centaines de milliers de Canadiens qui continuent à travailler dans nos secteurs essentiels. Que ce soit dans nos CHSLD, nos dépanneurs, nos pharmacies ou nos hôpitaux, leur dévouement permet de continuer à faire rouler notre société.
Pour en venir maintenant à la discussion sur les prochaines étapes à suivre pour la tenue de nos séances à l’avenir, les arguments que font valoir mes collègues d’en face me laissent un peu perplexe. Je me permets encore une fois de préciser pour les Canadiens que les députés se réunissent, que les ministres rendent des comptes et qu’ils répondent aux questions. De fait, en l'espace de seulement trois jours, les députés ont posé plus de 300 questions, et le gouvernement y a répondu. Par comparaison, en temps normal, lorsque la Chambre siège pendant cinq jours, les députés ont la possibilité de poser, en moyenne, environ 190 questions.
Pendant le débat d'hier sur la motion dont nous avons été saisis, j’en suis venue à comprendre que la reddition de comptes, qui continuera indéniablement d’exister aux termes de la proposition dont la Chambre a été saisie, n'est pas ce qui pose problème aux conservateurs. Ils font plutôt valoir que les députés doivent être assis dans leur siège, en suivant le règlement habituel, pour avoir l’impression de travailler.
Je suis une députée de relativement fraîche date. En effet, j’ai été élue il y a un peu plus d'un an seulement, et c’est peut-être pour cette raison que je vois les choses un peu différemment de mes collègues. En ce qui me concerne, il n’y a rien de plus important que le travail que j’accomplis dans ma circonscription, au service de mes concitoyens.
Pour ma part, et c’est probablement le cas de nombreux autres députés, je travaille 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 — littéralement 7 jours par semaine — de très tôt le matin jusqu’à très tôt le lendemain matin. Je parle avec des aînés dans des établissements de soins de longue durée qui sont préoccupés par leur santé et leur sécurité. Je m’entretiens avec des personnes qui aimeraient bien comprendre comment avoir accès à la prestation d’urgence de 2 000 $ par mois que plus de huit millions de Canadiens ont demandée et reçue. Je parle aussi avec des mères qui demandent de l’aide pour ramener au pays un enfant se trouvant à l’étranger dans le cadre d’un programme d’échange. Je discute avec des étudiants qui prennent contact avec un député pour la toute première fois de leur existence parce qu'ils veulent discuter des mesures que nous avons mises en place pour leur venir en aide et de leurs perspectives d’emploi cet été. Je trouve que c’est un travail important.
Dans quelle mesure est-ce important que les organismes de bienfaisance ou à but non lucratif qui viennent en aide aux populations vulnérables, en donnant littéralement de quoi manger aux familles qui en ont besoin, reçoivent un financement de l'État? C’est essentiel, et nous sommes ici pour les soutenir.
Nos organismes locaux travaillent fort. Je pense notamment à la cafétéria communautaire MultiCaf, à Côte-des-Neiges, au Refuge Le Chaînon, qui vient en aide aux femmes vulnérables, à la Mission communautaire Mile-End, qui offre à manger aux résidants dans l'est de ma circonscription, à Jeunesse au soleil , qui fait un travail colossal afin de livrer de la nourriture partout à Montréal, et à bien d'autres. Je travaille sans relâche pour épauler nos organismes de bienfaisance à Outremont, à Côte-des-Neiges et dans le Mile-End.
On assiste à des choses extraordinaires. Il y a même des nouveaux organismes qui apparaissent en réponse à la crise actuelle. Le travail d'un député est de les appuyer. La Fondation Aide Outremont COVID-19 fait un travail extraordinaire pour soutenir nos résidants âgés et vulnérables. Cette magnifique équipe constituée de bénévoles du quartier a déjà effectué des centaines et des centaines de livraisons d'épiceries et de médicaments.
À titre de secrétaire parlementaire de la ministre de la Petite Entreprise, au cours des 10 dernières semaines, j’ai parlé à des milliers d’entrepreneurs de ma circonscription et d'ailleurs au pays. Ils avaient besoin de discuter avec un membre du gouvernement. Ils avaient besoin de réponses, et, pour ma part, je me devais de les écouter jusqu’au bout.
Le travail que nous accomplissons avec le secteur privé et les propriétaires d’entreprises est justement ce qui a permis d’apporter les ajustements et les modifications nécessaires aux programmes d’aide. Les commentaires que j’ai reçus jusqu’ici à la suite de tous ces appels et de toutes ces réunions virtuelles, ce sont: « Ouah, merci. Merci d’être à notre écoute. Merci d’être là. Merci de travailler pour nous. » C’est la raison d’être d’un gouvernement.
Le travail que nous accomplissons au service des Canadiens dans notre circonscription respective est absolument nécessaire. C'est insultant pour moi, et aussi pour les Canadiens, de laisser entendre que nous ne travaillons pas lorsque notre derrière n'est pas bien calé dans notre fauteuil. Je trouvais important de mettre les points sur les i pour le compte rendu.
Je vais maintenant vous donner plus de détails sur ce que nous proposons. Notre proposition nous permettrait de poursuivre ce travail important dans nos circonscriptions. Nous pourrions nous réunir dans cette enceinte tout en respectant la distanciation physique et d’autres consignes de santé et de sécurité, et les députés de toutes les régions du pays pourraient participer virtuellement à ces séances et, surtout, nous pourrions continuer à rendre compte aux députés de l’opposition et à répondre à leurs questions.
Je vais entrer un peu dans les détails de l'approche proposée d'un modèle hybride. Pour les députés qui sont présents physiquement à la Chambre, il n'y aura aucun changement et l'expérience sera la même que lors d'une séance normale. Les députés seront en mesure d'entendre leurs collègues participant de manière virtuelle en utilisant l'oreillette et pourront les voir sur deux écrans installés de chaque côté du fauteuil du Président.
Pour les députés participant virtuellement, l'accès aux débats de la Chambre se fera au moyen d'une plateforme de vidéoconférence en ligne très facile à utiliser qui est intégrée dans l'infrastructure et dans les systèmes préexistants de la Chambre des communes. Quand les députés participeront par vidéoconférence, ils seront en mesure d'assister aux affaires se déroulant à la Chambre lorsque les autres députés auront la parole. Ils auront aussi accès à une vidéo de leurs collègues participant virtuellement. En tout temps, tous les députés auront accès à l'interprétation simultanée et tous les députés, y compris ceux qui participent par vidéoconférence, pourront s'adresser à la Chambre pendant les débats ou faire un rappel au Règlement.
Après que le modèle des séances hybrides de la Chambre eut été établi, l'Administration de la Chambre a effectué une simulation du déroulement du débat, et les résultats ont été excellents. En conséquence, le Président de la Chambre a écrit aux leaders de la Chambre pour les aviser que le modèle hybride pouvait être utilisé.
En créant un modèle de séances hybrides, l’Administration de la Chambre a pu examiner les différentes solutions que d’autres assemblées législatives au Canada et dans le monde ont adoptées pour relever les défis inhérents à cette pandémie, tout en veillant à ce que les affaires parlementaires urgentes soient traitées. En particulier, l’Administration a consulté 30 parlements et collaboré de près avec plusieurs assemblées législatives dont les besoins étaient similaires. Cette collaboration a consisté entre autres à tester des solutions et à partager quotidiennement des stratégies opérationnelles, des expériences et des résultats.
En plus de collaborer avec d’autres assemblées législatives, l’Administration a mené une vaste étude de marché indépendante et travaillé avec des chefs de file de l’industrie et des partenaires internationaux de la sécurité nationale. Dans le cadre de la collaboration avec ces partenaires, l’Administration s’est fixé pour objectif de veiller à ce que la diffusion d’une séance se fasse sans accroc et que la couverture publique demeure d’excellente qualité. C’est la proposition que nous présentons.
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PCC (AB)
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2020-05-26 12:06 [p.2416]
Monsieur le Président, la députée d’en face a parlé du cloisonnement de son travail et du fait que, dans une certaine mesure, son travail dans sa circonscription était plus important que le travail accompli ici, sur la Colline du Parlement, à la Chambre des communes. J’aimerais faire valoir que les deux sont importants. C’est mal comprendre le rôle fondamental de la législature que de négliger cette enceinte ou de lui accorder moins d’importance.
Nous sommes 338 à la Chambre et nous avons tous été élus par nos concitoyens pour les représenter ici. Quand nous cessons de nous présenter au travail ici, ils cessent de faire entendre leur voix au Parlement du Canada. C’est un problème. Quand leurs voix ne se rendent pas ici, quand nous négligeons de nous présenter pour participer à des discussions importantes et à des débats nécessaires, cela signifie que nous réprimons la voix des Canadiens qui nous ont fait confiance pour les représenter.
Il est absolument faux de dire que la députée d’en face accomplit un travail plus important dans sa circonscription et que, par conséquent, nous devrions cesser de nous réunir ici, et c’est fondamentalement mal comprendre ce que cette enceinte représente.
Je ferai remarquer à la députée d'en face que nous allons dans nos circonscriptions pour écouter nos concitoyens, pour comprendre leur histoire et leurs expériences, afin que cela puisse enrichir les débats à la Chambre et éclairer les décisions que celle-ci prend. Ne pas prendre le temps de le faire serait mal représenter nos concitoyens, ce qui serait honteux. Il serait toutefois tout aussi honteux de ne pas prendre le temps de faire entendre leur voix ici.
Voir le profil de Rachel Bendayan
Lib. (QC)
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2020-05-26 12:08 [p.2417]
Monsieur le Président, je tiens à préciser que je répondais directement aux remarques faites par des conservateurs, qui soutiennent que nous ne travaillons pas quand nous ne sommes pas présents dans cette enceinte. Or, nous travaillons constamment. Même durant l'été et les semaines de relâche, nous travaillons constamment.
Je souhaite aussi signaler que je suis ici dans cette enceinte pour représenter mes concitoyens. Cet endroit revêt une énorme importance pour moi, et je continuerai d'y siéger tant que nous sommes en mesure de la faire en toute sécurité et efficacité. Le gouvernement propose de continuer de siéger à la Chambre pour y représenter nos concitoyens, mais de le faire sans danger. Sa proposition donne aux Canadiens un exemple de façon dont nous pouvons continuer à faire notre travail.
Voir le profil de Francis Scarpaleggia
Lib. (QC)
Voir le profil de Francis Scarpaleggia
2020-05-26 12:09 [p.2417]
Monsieur le Président, je suis présent dans cette enceinte depuis deux jours et je n'ai pas l'impression d'être ailleurs qu'au Parlement.
J'entends souvent des propos contradictoires venant d'en face et je voudrais que ma collègue aide les Canadiens à bien comprendre. J'ai entendu la députée d'en face nous dire que les 338 députés devaient être présents dans cette enceinte. C'est ce que j'ai entendu, même si elle a par la suite affirmé le contraire. Ma collègue a-t-elle entendu comme moi la députée conservatrice dire il y a quelques minutes à peine que tous devaient faire entendre leur voix ici, dans cette enceinte?
Des voix: Oh, oh!
Voir le profil de Rachel Bendayan
Lib. (QC)
Voir le profil de Rachel Bendayan
2020-05-26 12:09 [p.2417]
Monsieur le Président, le gouvernement propose à la Chambre de continuer de tenir des séances avec un nombre limité de députés pour respecter le principe de la distanciation sociale et suivre les recommandations en matière de santé et de sécurité...
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Je dois interrompre la secrétaire parlementaire. J'entends des gens qui bavardent. Les députés devraient savoir qu'ils peuvent traverser le parquet pour discuter en faisant beaucoup moins de bruit plutôt que de s'adresser à leurs collègues d'en face en criant tandis que la personne ayant la parole peine à se faire entendre. Je tiens à le leur rappeler.
La députée d'Elgin—Middlesex—London invoque le Règlement.
Voir le profil de Karen Vecchio
PCC (ON)
Monsieur le Président, je respecte pleinement ce que vous dites, mais lorsqu'une question posée induit la Chambre en erreur de manière flagrante, notamment en prétendant que nous voulons voir les 338 députés siéger dans cette enceinte alors que pas un seul député de notre parti n'a dit une telle chose, pourquoi...
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Je crois que la question soulevée par la députée donne matière à débat. Nous n'irons pas plus loin, et je redonne la parole à la secrétaire parlementaire.
Voir le profil de Rachel Bendayan
Lib. (QC)
Voir le profil de Rachel Bendayan
2020-05-26 12:10 [p.2417]
Monsieur le Président, la question de ma collègue nous amène peut-être à nous demander comment les députés d’en face s’attendent à ce que nous votions si nous ne pouvons pas le faire de façon virtuelle. Ma collègue jugera peut-être utile de se prononcer là-dessus et de nous dire exactement en quoi la proposition du gouvernement fait problème.
Est-ce la seule chose qui les empêche de tenir des journées de l’opposition? À mon sens, notre proposition contient un mécanisme de reddition de comptes et permet aux partis d’interroger le gouvernement.
Voir le profil de Rachael Harder
PCC (AB)
Voir le profil de Rachael Harder
2020-05-26 12:11 [p.2417]
Monsieur le Président, c’est pour moi un honneur de prendre la parole dans cette enceinte et d’avoir la possibilité, en qualité de députée de Lethbridge, de me faire l’écho des citoyens de ma circonscription et j’irais même jusqu’à dire de l’ensemble des Canadiens. Je suis heureuse d’avoir ce privilège.
J’ai été élue la première fois en 2015 et réélue en 2019. En qualité de députée du Parlement, j’ai la possibilité, tout comme les autres députés, de participer au processus législatif de notre pays, que nous appelons une démocratie parlementaire.
J’accorde au poste que j’occupe tout le sérieux qu’il convient et ne prends aucunement à la légère la responsabilité qui m’échoit. De plus, comme députée de l’opposition, j’ai l’obligation constitutionnelle de m’allier avec mes collègues conservateurs pour demander des comptes au gouvernement libéral au sujet de ses décisions et de veiller à ce que les Canadiens soient bien représentés.
Or, ces responsabilités m’ont, à toutes fins utiles, été retirées au cours des derniers mois. Oui, j’en conviens, j’ai pu participer à des séances de débat virtuelles improvisées et je me suis servi des médias sociaux pour faire connaître haut et fort mes préoccupations et celles de mes concitoyens, mais je n’ai pas pu prendre la parole à la Chambre et m’adresser publiquement au gouvernement, comme cela est mon droit et mon devoir.
Lorsque la nouvelle de la pandémie et de ses répercussions possibles a commencé à se répandre, nous sommes très rapidement entrés en confinement. Cela remonte à peu près au 13 mars. La pandémie était mondiale et se répandait à la vitesse de l’éclair, nous le savions, et nous avons accepté de suspendre le Parlement un certain temps. Toutefois, à mesure que les semaines passaient et que les mesures de distanciation physique étaient mises en place, il est devenu de plus en plus incertain que le Parlement reprendrait ses activités et que les députés seraient rappelés à la Chambre.
Même si nous voulions collaborer avec le gouvernement pour assurer la sécurité de tout le monde, il est rapidement devenu évident que le premier ministre se servait de la pandémie pour éviter de rendre des comptes, et ce, au détriment des Canadiens. Il était parfaitement à l’aise de faire des déclarations aux médias devant chez lui, mais, dans l’ensemble, il refusait de répondre aux questions de l’opposition. Il a fallu négocier pendant des jours pour obtenir une séance par semaine à la Chambre. Et même là, le premier ministre n’a été visible que quelques instants.
Si nous donnons à entendre que le Parlement joue un rôle facultatif, comme des députés d’en face l’ont fait maintes fois, nous disons effectivement aux Canadiens qu’il n’y a aucune différence entre une démocratie et une autocratie, et cela est une honte.
Si la voix des Canadiens n’a pas d’importance au beau milieu d’une crise, qu’en est-il quand tout va bien?
Le travail que nous faisons dans cette enceinte est-il optionnel ou revêt-il de l’importance?
Pouvons-nous fermer les portes sans qu’il y ait de conséquences pour les Canadiens, ou faut-il garder ces portes ouvertes pour permettre à notre nation de continuer à aller de l’avant?
En refusant de rappeler le Parlement, le premier ministre fait passer un message fort aux Canadiens selon lequel il est le seul qui compte. Je dirai que c’est absolument faux. Le Parlement est essentiel. Les parlementaires sont des travailleurs essentiels, et ce, tout particulièrement en temps de crise. Le Parlement a la responsabilité de demander des comptes au gouvernement, et c’est ici même, à la Chambre des communes, qu’il peut le mieux faire son travail.
Il ne faut pas se leurrer. Ce que le gouvernement propose aujourd’hui, ce n’est pas un rappel complet du Parlement. Il aimerait que les Canadiens aient cette impression, mais ce n’est tout simplement pas vrai. Ce que veut le gouvernement aujourd’hui, c’est en fait former un comité spécial, ou un comité plénier. Ce comité serait privé de certains pouvoirs et responsabilités essentiels. Par exemple, le gouvernement refuserait encore de permettre la présentation de motions par l’opposition. Il ne permettrait pas la tenue de débats d’urgence. Il ne permettrait pas la tenue de débats sur des projets de loi d’initiative parlementaire. Il ne serait pas possible d’ordonner la publication de documents du gouvernement ni de débattre des rapports des comités et de tenir un vote par la suite.
Toutefois, si le premier ministre est disposé à venir maintenant à la Chambre pendant quatre jours pour tenir un comité plénier, il prouve aux Canadiens qu’il est possible de se réunir en toute sécurité. En effet, nous pouvons nous réunir à la Chambre tout en assurant la sécurité de chacun.
Si c'est possible, alors pourquoi ne pas reprendre pleinement les travaux parlementaires comme en temps normal afin de nous permettre de débattre des enjeux actuels? Pourquoi ne pas permettre aux parlementaires d'effectuer le travail important pour lequel nos concitoyens nous ont élus?
Le gouvernement libéral ne manque jamais une occasion de se soustraire à ses responsabilités. Un grand nombre d'habitants de ma circonscription m'ont fait remarquer la chose suivante: si les commis d'épicerie, les employés de restaurants, les coiffeurs, les agriculteurs, les infirmières, les médecins et les travailleurs de première ligne peuvent travailler et servir leurs concitoyens, alors les parlementaires aussi peuvent assurément se réunir à nouveau régulièrement dans cette enceinte en toute sécurité. Les parlementaires peuvent revenir et reprendre pleinement leurs travaux.
J'ai reçu des centaines d'appels téléphoniques, de courriels et de messages d'électeurs qui nous exhortent à recommencer à siéger tous ensemble au sein d'un Parlement complet. En effet, ils comprennent qu'il y a du travail important à accomplir dans les circonscriptions, mais ils sont également conscients de l'importance des travaux au Parlement canadien. Ils souhaitent avoir l'assurance que les parlementaires débattent des enjeux d'actualité et qu'ils continuent de les représenter dans la capitale nationale.
Voici un aperçu des messages que j'ai reçus.
« Si le premier ministre ne peut quitter sa résidence, il ne devrait pas être autorisé à prendre des décisions. »
« Pourquoi cela fait-il même l'objet d'un débat? »
« Le Parlement doit immédiatement se réapproprier tous les pouvoirs nécessaires à la gouvernance du pays. »
« Le Parlement doit siéger dès maintenant. »
Le Parlement est un service essentiel, et les députés sont des travailleurs essentiels. Lorsque chacun d'entre nous a fait inscrire son nom sur un bulletin de vote, nous aurions dû le faire avec un grand sérieux et avec la conviction profonde que nous sommes là pour servir. Nous servons en temps de prospérité et en temps difficiles. C'est ce que cela signifie de mettre son nom sur un bulletin de vote. Il se trouve que nous traversons une période difficile, mais cela ne nous donne pas le droit de fuir et de nous cacher. Cela ne signifie pas que nous pouvons rester chez nous et profiter de la sécurité de nos maisons. Cela veut dire que nous, les 338 députés privilégiés qui ont été envoyés ici pour représenter les électeurs, devons venir siéger à la Chambre et nous occuper de notre pays.
Comme l'a dit Marc Bosc, ancien greffier de la Chambre des communes:
Il faut que la Chambre des communes fonctionne et qu'elle soit perçue comme étant une Chambre des communes qui fonctionne. [Elle] est un service essentiel pour le pays. Les députés sont [...] des travailleurs essentiels.
La Chambre doit fonctionner et être perçue comme une Chambre qui fonctionne, ce qui signifie que nous devons être ici, dans cette enceinte. C'est à la Chambre des communes que nous pouvons tenir des débats vigoureux. Ce n'est pas sur Facebook. Ce n'est pas sur Twitter. Ce n'est pas dans les grands médias. C'est ici. C'est sur ce principe que repose notre système parlementaire. Il s'agit de la nature historique de cet endroit. C'est de cela que dépendent la santé et la prospérité du Canada.
Si les députés considèrent que leur travail n'est pas essentiel, j'avancerais donc qu'ils ne comprennent pas leur rôle ni leurs responsabilités et que leur nom ne devrait pas apparaître sur un bulletin de vote aux prochaines élections. Ce n'est pas seulement un lieu où s'accomplit un processus. C'est un espace de réunion où nous utilisons notre intelligence et nos aptitudes pour convaincre nos opposants politiques de la valeur de nos positions. C'est là où nous prononçons des discours enflammés et que nous exprimons de vive voix notre insatisfaction à l'égard de la réponse pour le moins lacunaire du gouvernement. Avec un peu de bonne volonté, les échanges peuvent mener à l'excellence. Un côté met de l'avant une thèse, l'autre côté riposte avec une antithèse, puis la synthèse des idées jaillit. Voilà ce qu'est la démocratie. C'est l'échange d'idées. Quand avons-nous perdu ce concept de vue?
Comme l'a dit Diefenbaker, « le Parlement est autre chose qu'un code de coutumes; il a la garde la liberté de la nation ». La Chambre des communes n'est pas qu'un endroit quelconque qui sert simplement à appliquer des règles de procédure parlementaire. C'est un lieu crucial où les débats, l'examen minutieux, l'opposition et toutes les questions adressées au gouvernement sur tout ce qui touche la population canadienne sont autant de piliers qui soutiennent la démocratie. Lui donner tout autre qualificatif qu'« essentielle » serait une atteinte à notre Constitution et aux libertés fondamentales pour lesquelles nos ancêtres se sont battus. Au cœur même de la démocratie se trouve la préservation de nos libertés individuelles, et le gardien de ces libertés est le Parlement.
Donc, nous sommes 338 élus à qui ont été confiés l'immense privilège et l'insigne responsabilité d'être présents ici pour représenter les Canadiens. Si nous ne sommes pas ici à le faire, qui le fera?
Il est inadmissible que le gouvernement utilise la pandémie pour éviter de rendre des comptes et pour faire en sorte que nous nous rencontrions seulement virtuellement, puisque lors des séances en ligne, on peut littéralement faire taire la dissension d'un simple clic de souris.
Il était une fois un homme qui travaillait dans une scierie. Cet homme travaillait assidûment jour après jour et, à la fin de la semaine, le vendredi, quand il sortait de l'usine, il passait devant un gardien de sécurité en poussant une brouette pleine de sciure de bois. Le gardien de sécurité regardait la brouette, demandait à l'homme ce qu'il y avait dans cette dernière, et l'homme lui répondait qu'il ne s'agissait que d'un peu de sciure de bois. Le gardien lui disait alors qu'il pouvait passer.
La semaine suivante, le même travailleur retournait travailler assidûment le lundi, le mardi, le mercredi et le jeudi. Puis, quand vendredi arrivait, le travailleur remplissait sa brouette de nouveau avec un peu de sciure de bois et passait devant le gardien de sécurité, qui lui demandait ce qu'il y avait dans la brouette. L'employé répondait qu'il ne s'agissait que d'un peu de sciure de bois, puis il poursuivait son chemin.
Cette situation s'est reproduite pendant plusieurs semaines. Finalement, un vendredi, l'agent de sécurité a intercepté l'homme et lui a demandé s'il voulait bien lui dire ce qu'il faisait de cette sciure. Sans la moindre hésitation, l'employé s'est penché vers lui et lui a demandé en chuchotant s'il pouvait garder un secret. L'agent de sécurité lui a répondu que oui, et le travailleur lui a dit qu'il n'emportait pas la sciure, mais qu'il volait plutôt des brouettes.
Comme il est facile de se laisser distraire et de ne pas voir ce qui se passe réellement sous notre nez. Il est vrai que le gouvernement doit prendre des mesures à l'égard de la pandémie actuelle et assurer la sécurité des Canadiens. C'est d'ailleurs la plus grande responsabilité de tout gouvernement, mais ce que nous voyons n'est que la pointe de l'iceberg.
Le premier ministre est prêt à répondre aux questions des médias dans le confort de son foyer, mais il n'est pas prêt à répondre aux questions des Canadiens qui lui sont posées par l'entremise de leurs représentants au Parlement. Le premier ministre est prêt à donner de l'argent à des particuliers, à des entreprises et à des organismes sans but lucratif, mais il exige quelque chose en échange.
Le gouvernement veut que la population canadienne soit informée, mais qu'elle reçoive seulement l'information qu'il a soigneusement choisie. En mars, les libéraux ont indiqué qu'ils envisageaient de mettre en place une mesure législative pour sévir contre ce qu'ils appelaient la « désinformation », soit le genre d'information que le gouvernement juge inutile.
De surcroît, la ministre du Patrimoine canadien a récemment confirmé que le gouvernement consacre des millions de dollars à la censure. Or, aucune mesure législative n'a été présentée ni aucun débat n'a eu lieu dans cette enceinte à ce sujet. Les libéraux se croient maintenant habilités à déterminer ce qui est vrai ou faux, ce qui est acceptable ou inacceptable, et ce qui peut être conservé ou doit disparaître.
Depuis quand le gouvernement a-t-il pour mandat d'être l'arbitre de la vérité? Une telle façon d'agir n'est pas démocratique. Or, voilà le genre de mesures ridicules qui sont prises lorsque la Chambre des communes cesse de se réunir et que l'opposition officielle ne peut pas tenir le gouvernement pleinement responsable de ses actes. Il s'agit d'une atteinte directe à notre liberté.
Bien sûr, personne n'aime la désinformation, mais depuis quand est-il acceptable que le gouvernement détermine ce qui est faux, ce qui est acceptable ou non, et ce qui peut être inclus ou ce qui doit être exclu? Il s'agit là d'un énorme abus de pouvoir. Je trouve cela particulièrement troublant compte tenu du fait que le gouvernement actuel est responsable de la propagation de certaines des fausses informations les plus dangereuses à avoir été véhiculées. En effet, les Canadiens se rappelleront que c'est lui qui a laissé entendre que la COVID-19 n'était pas transmissible d'humain à humain. C'était faux, comme cela a par la suite été prouvé. De plus, la ministre de la Santé a déclaré qu'il n'était pas nécessaire de fermer les frontières canadiennes pour protéger les Canadiens, car la COVID-19 disparaîtrait rapidement. C'était aussi faux. Enfin, le gouvernement libéral a induit la population en erreur en lui laissant croire que le port d'un masque facial n'était pas nécessaire et serait inutile. Encore une fois, c'était faux.
S'il ne s'agit pas là d'exemples de désinformation, alors je me demande bien ce que c'est. Si le gouvernement cherche à lutter contre les renseignements inutiles ou trompeurs sur la COVID-19, alors il n'a qu'à se regarder dans le miroir. Il devrait au moins commencer par là. Le gouvernement ne détient pas toutes les réponses. Nous sommes tous dans le même bateau; nous découvrons et nous apprenons en même temps. Les données évoluent.
La liberté de parole est partie intégrante d'une société florissante. La liberté de parole nous aide à maintenir les assises de notre nation. Elle nous permet de partager des idées, de faire preuve de créativité, de progresser, d'innover, d'aller de l'avant. À quel moment avons-nous commencé à avoir peur d'une discussion vigoureuse? À quel moment sommes-nous devenus incapables d'être en désaccord sans devenir désagréables? À quel moment ces idéaux ont-ils disparu des valeurs canadiennes, de notre tissu social, de ce pays qui est le nôtre?
Ayant convaincu le gardien de sécurité qu'il ramenait simplement de la sciure de bois dans sa brouette, l'homme rentrait chez lui en sachant qu'il pourrait réaliser un profit. Les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être à première vue. Elles ne sont pas ce qu'elles semblent être à l'œil nu. On nous demande à nous, Canadiens, d'échanger, sciemment ou non, notre liberté contre ce que le gouvernement appelle la « sécurité », mais à quelle fin?
Lorsque le Parlement ne se réunit pas et que le gouvernement n'a plus à rendre des comptes, on peut dire sans se tromper que la démocratie est menacée. Je déplore que tant de personnes soient prêtes à court-circuiter la démocratie lorsque les temps sont difficiles. J'ai entendu des députés parler du temps de déplacement supplémentaire nécessaire pour venir ici, des précautions de sécurité supplémentaires qu'ils devraient prendre, du stress physique que cela entraînerait, et ainsi de suite. Certains députés ont exprimé leur inquiétude quant à la distanciation sociale. Nous semblons y arriver assez efficacement aujourd'hui et nous pourrions probablement continuer à le faire.
Nous avons fait le serment de servir notre pays dans les bons comme dans les mauvais moments, lorsque les choses vont bien et lorsqu'elles sont difficiles. Depuis quand les députés mettent-ils leur nom sur un bulletin de vote parce que c'est commode? Il y a beaucoup d'autres carrières qu'ils auraient pu choisir si c'était leur but ultime. Si la vie est censée être simple, si c'est ce que les députés recherchent, alors ils n'ont pas choisi la bonne carrière. La Chambre est un lieu au service de la population. C'est un lieu où 338 personnes de tout le pays se réunissent et discutent sérieusement et efficacement pour le bien des Canadiens. C'est un lieu où on échange des idées et où on prend des décisions législatives. C'est un lieu où la voix des Canadiens est censée être représentée. Lorsque nous décidons de ne pas venir dans cette enceinte parce que c'est compliqué, c'est une honte, et ce ne sont pas les Canadiens qui doivent en avoir honte, mais nous tous à la Chambre.
Cet endroit est essentiel et nous sommes des travailleurs essentiels, car nous représentons les Canadiens et ils méritent que leur député y parle en leur nom et prenne des décisions dans l'intérêt du pays.
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NPD (ON)
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2020-05-26 12:30 [p.2420]
Monsieur le Président, ce furent 10 minutes fascinantes.
Étant donné qu'il y a tant de révisionnisme à la Chambre, j'aimerais parler de l'excellent travail qui a été accompli lorsque la crise économique a frappé. Lorsque le gouvernement a commencé à parler du remaniement de l'assurance-emploi et des prestations fiscales pour enfants, nous savions que cela ne fonctionnerait pas et qu'il faudrait créer un tout nouveau programme, une option à laquelle les conservateurs s'opposaient carrément.
Les fonctionnaires ont travaillé la nuit, et pendant la fin de semaine de Pâques, pour lancer la PCU. Nous savons que les conservateurs attaquent sans relâche la PCU et parlent de gens qui dorment dans leur hamac et qui ne vont pas travailler. Cependant, il ne faut pas oublier le travail des employés de l'Agence du revenu du Canada à Sudbury et des employés de Service Canada à Timmins et à Thunder Bay, ainsi que le travail incroyable du Réseau de développement des collectivités et de FedNor dans le Nord, qui stabilise notre région, et les nouveaux fonds de 50 millions de dollars qui sont injectés dans le Nord en ce moment. Des fonctionnaires extraordinaires ont répondu à l'appel et il est vraiment important que nous reconnaissions le travail qu'ils ont fait pour lancer ce programme. Ils ont travaillé dans des conditions très difficiles afin que des millions de Canadiens ne perdent pas leur sécurité économique et ne soient pas anéantis en cette période de crise sans précédent.
Une occasion importante s'offre à nous, puisque nous sommes de retour à la Chambre et que nous entendons toutes sortes de propos révisionnistes. Je tiens à ce que le compte rendu fasse état, d'une part, du travail effectué par les fonctionnaires, qui ont redoublé d'efforts pendant une crise sans précédent, et, d'autre part, de la façon dont nous avons pu travailler au Parlement pour modifier la Prestation canadienne d'urgence de manière à la rendre plus efficace.
Je le souligne, parce que, aux États-Unis, sous le gouvernement Trump, les Américains ont droit à un paiement unique de 1 250 $. En Angleterre, sous un gouvernement majoritaire, les travailleurs autonomes n'ont eu droit à aucune aide financière. Il faudra attendre à juin. Des gens seront ruinés s'ils doivent attendre aussi longtemps.
Cependant, parce que le Canada a un gouvernement minoritaire, et parce que les néo-démocrates étaient prêts à négocier pour que des mesures soient prises, nous avons réussi à convenir de quelque chose. Les fonctionnaires ont fait un travail extraordinaire, et je tiens donc à les remercier.
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PCC (AB)
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2020-05-26 12:32 [p.2420]
Monsieur le Président, pendant mon discours, j'ai dit que nous pouvons être en désaccord sans être désagréables. J'ai indiqué que la Chambre est un lieu où les 338 députés peuvent se réunir et avoir une discussion constructive pour échanger des idées et exprimer leur désaccord tout en se respectant mutuellement.
Je trouve fort dommage que le député d'en face ait jugé bon de commencer son intervention par une attaque personnelle suivie de commentaires désobligeants. Il a fait la même chose hier. J'estime que c'est vraiment inapproprié. Cela montre un manque de maturité et de leadership de sa part. C'est très dommage.
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Lib. (MB)
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2020-05-26 12:33 [p.2420]
Monsieur le Président, je serai aussi concis que possible par rapport au sujet à l'étude aujourd'hui et à la raison pour laquelle que recommande fortement à la députée d'en face d'appuyer notre position. Le premier ministre est présent et justifie les décisions du gouvernement, que ce soit ici ou dans le cadre des séances virtuelles du Parlement ou sur Internet.
Les conservateurs réclament une journée de l'opposition et l'étude d'initiatives parlementaires. Ces rubriques pourraient peut-être venir avec le temps. Toutefois, pour le moment, nous devons poursuivre avec la mise en œuvre d'un Parlement virtuel et l'adoption d'un système hybride qui permettrait à tous les députés de participer.
Je donne un exemple. Admettons que nous tenions une journée de l'opposition. À la fin de la journée, la motion devra être mise aux voix. Or, en raison de la distanciation physique, nous ne pouvons avoir les 338 députés présents à la Chambre. Même les conservateurs semblent d'accord sur ce point. Nous devons donc prévoir une méthode pour voter, mais les conservateurs s'y opposent. Que nous étudiions une motion de l'opposition ou un projet de loi d'initiative parlementaire, le problème est le même. Il faut trouver une solution. Les leaders parlementaires doivent trouver un terrain d'entente.
La députée ne convient-elle pas que nous proposons aujourd'hui plus de poser plus de questions que jamais? Nous proposons de siéger pendant l'été, ce qui est sans précédent. Les députés pourront débattre en long et en large d'un grand éventail de questions, tant dans les séances virtuelles qu'au Parlement. D'ailleurs, le premier ministre et le caucus libéral se sont engagés à respecter la procédure parlementaire et à servir les citoyens des circonscriptions qu'ils représentent.
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PCC (AB)
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2020-05-26 12:35 [p.2420]
Monsieur le Président, le député d'en face a employé une expression importante. Je crois qu'il s'est trompé et qu'il devrait peut-être retirer ses paroles. Il a parlé d'un « Parlement virtuel », alors qu'en réalité, ce n'est vraiment pas ce que propose le gouvernement libéral. Ce n'est pas ce que propose la motion. Le député induit la Chambre en erreur. Je lui donnerai l'occasion de retirer ses paroles s'il souhaite faire ce qui s'impose. Ce qu'on propose, ce n'est pas un Parlement virtuel. Ce n'est pas l'objet du débat d'aujourd'hui.
Si c'était le cas, si nous débattions vraiment de la reprise des travaux d'un Parlement hybride, avec tous les députés, nous serions prêts à en discuter. Toutefois, ce qu'on nous propose, c'est une formule de comité plénier ou de comité spécial. En tant que parlementaires, cela nous prive de pouvoirs et d'occasions très importants. Je le répète, je pense que c'est absolument aberrant que le député d'en face induise la Chambre en erreur comme il l'a fait et qu'il devrait présenter ses excuses aux Canadiens. Je sais qu'il est capable de plus de discernement; c'est un homme fort intelligent.
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BQ (QC)
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2020-05-26 12:36 [p.2421]
Monsieur le Président, je remercie mon honorable collègue de son discours.
C’était fascinant de l’entendre parler d’idéaux, de choses que nous devrions faire et de la manière dont le gouvernement devrait faire face à la crise.
Dressons une liste exhaustive des gens qui ont besoin du gouvernement pendant la crise, par l'entremise de différents programmes tels que la PCU ou la Subvention salariale d'urgence, par exemple. Il s'agit des travailleurs, des aînés, des étudiants, des groupes communautaires, des très importantes banques alimentaires, des malades, des pêcheurs dans l'Est du Canada, de l'important secteur du tourisme, des mères monoparentales, des personnes atteintes d'un handicap, des Autochtones, des gens dans les épiceries et les hôpitaux et des artistes — le secteur culturel a été le premier à arrêter et il sera le dernier à repartir. Notre société a besoin des arts vivants et du théâtre.
Malheureusement, je ne vois ni le Parti libéral ni le Parti conservateur dans la liste des gens qui auront besoin du gouvernement. Pourtant, les deux se sont prévalus de l’aide apportée par la Subvention salariale d’urgence du Canada. Nous apprenons maintenant que les deux aspirants à la chefferie et d'autres députés sont contre cela.
J’aimerais demander à mon honorable collègue si elle pense que le Parti conservateur, qui a amassé près de 4 millions de dollars au premier trimestre, a besoin de l’aide qui devrait aller à tous ces gens.
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PCC (AB)
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2020-05-26 12:37 [p.2421]
Monsieur le Président, bien sûr, le député a raison quand il dit qu'en gros, tout le monde est admissible à une prestation, que ce soient les travailleurs, les étudiants, les Autochtones, les artistes ou les personnes âgées.
En cette période sans précédent dans l'histoire du Canada, un nombre incroyable d'hommes et de femmes se retrouvent sans travail. Sans aide, ils ne seraient pas en mesure de payer leur loyer, leur hypothèque, leur nourriture, leur carburant et leurs vêtements. Le gouvernement est donc intervenu et a mis en place un certain nombre de prestations qui, en dépit de quelques petits problèmes, visent néanmoins à aider les Canadiens.
À ce sujet, le Parti conservateur du Canada a des employés. Ce sont des hommes et des femmes qui travaillent d'arrache-pied pour se nourrir, se loger et prendre soin de leur famille. Le Parti a jugé bon de profiter de la prestation proposée pour payer ces employés afin qu'ils puissent continuer à prendre soin de leur famille. N'ayant pas participé à la prise de décision; je ne peux pas en expliquer le fondement. Néanmoins, je sais qu'il y a aujourd'hui 60 familles qui sont efficacement prises en charge.
Voir le profil de Rosemarie Falk
PCC (SK)
Monsieur le Président, il était question d'un comité, et non d'un Parlement, virtuel. C'est ce que dit la motion.
Je représente une circonscription rurale. J'ai du mal à me brancher à Internet et ma connexion est souvent instable. Ma collègue pourrait-elle nous parler de certaines des failles dans la proposition à l'étude et nous indiquer comment feraient les députés pour participer à distance, car ce ne sera pas possible pour les 338 d'entre nous?
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PCC (AB)
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2020-05-26 12:39 [p.2421]
Monsieur le Président, ma collègue a tout à fait raison de rappeler que nous ne vivons pas tous en ville. J'ai le même problème qu'elle. L'accès à Internet est parfois incertain et pas toujours fiable. Il arrive que l'on soit coupé, ce qui veut dire qu'on doit se rebrancher à Zoom, où sont hébergées les séances virtuelles.
Les obstacles sont nombreux, monsieur le Président, et vous en savez quelque chose, puisque vous avez vous-même dû les surmonter, ce que vous avez très bien réussi, je dois le dire.
Nous avons tous dû nous adapter, car le système qu'on nous propose comporte de nombreux problèmes. Cela dit, j'imagine qu'un système hybride, où une partie des députés seraient sur place et l'autre à distance, pourrait en régler une partie. Il faut toutefois qu'on abandonne l'idée d'un comité aux pouvoirs limités pour revenir à un Parlement en bonne et due forme.
Voir le profil de Francis Scarpaleggia
Lib. (QC)
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2020-05-26 12:40 [p.2421]
Monsieur le Président, c’est un immense plaisir d’être à la Chambre aujourd’hui pour débattre du problème important de la pandémie qui touche le pays et des mesures que prend le Parlement pour y faire face, non seulement par des programmes, mais aussi par la façon dont nous nous organisons pour fonctionner en tant que voix de la démocratie, en dépit de ce que j’appellerai le plus grand bouleversement qu’ait connu notre pays depuis la Deuxième Guerre mondiale.
Avant de commencer, j’aimerais profiter de l’occasion pour remercier mes collaborateurs, qui sont infatigables. J’ai vérifié la définition de ce mot dans le dictionnaire, pas parce que je ne la connais pas, mais parce que je voulais une définition plus précise. Il veut dire « qui ne peut se fatiguer », et cela décrit parfaitement mes collaborateurs, toujours, mais encore plus au cours des deux derniers mois. Je souhaite les nommer individuellement: Maire Whitley, Joanna Markowicz, Alex Slusar, Ashley Sanchez, Lauren Roy, Philippe Guay, Paul Kaiser et Vicki Bas, qui a dû interrompre son travail sur la Colline, mais qui participera pleinement à la remise en route de nos bureaux.
Ils font un travail remarquable. Ils ont aidé les concitoyens qui appelaient à la recherche de réponses. Ils ont proposé des améliorations à des programmes, que j’ai fait suivre. Je suis heureux de voir que certaines de leurs idées ont été retenues, pas nécessairement à cause de mon intervention, bien entendu, mais parce que les députés de tous les partis communiquent leurs propositions au gouvernement pour rendre ces programmes plus généraux, plus justes et plus efficaces.
J’ai oublié de préciser que je partagerai mon temps de parole avec le député de Pontiac.
Comme je le disais quand j’ai pris la parole pour poser une question, je me sens au Parlement. Même s’il s’agit d’un comité plénier, cela ressemble beaucoup au Parlement. Je veux dire de manière générale, depuis quelques jours, même le mercredi quand je suis ici, et ainsi de suite. De plus, les réunions virtuelles du comité plénier ressemblent au Parlement. Les députés de l’opposition peuvent poser des questions précises et ces questions, du moins les bonnes, sont reprises dans les médias. Tout cela fait partie du processus de reddition de comptes auquel nous participons, même si ce n’est pas comme d’habitude.
J'ai remarqué au cours des délibérations du comité de la COVID qu'à peu près n'importe quel sujet peut être abordé sous l'angle de la COVID. C'est évidemment dû à l'ouverture d'esprit dont vous avez fait preuve, monsieur le Président, et à la latitude que vous accordez aux députés.
Des députés ont déjà mentionné à la Chambre les travailleurs des commerces de détail des différentes régions du pays et je voudrais aussi tirer mon chapeau à ces derniers. Ce sont des travailleurs essentiels dont la tâche est extrêmement importante. Ils assurent la continuité des chaînes d'approvisionnement au pays. De plus, les commerces de détail prennent des mesures de précaution. Ils adoptent différentes mesures. Je vais parler de certaines de ces mesures que j'ai constatées lors de ma dernière visite dans un supermarché.
Les gens devaient faire la queue à l'extérieur, à deux mètres d'écart l'un de l'autre. La queue s'étendait le long du supermarché. Une fois à l'intérieur, on devait se laver les mains et parfois répondre à des questions pour indiquer si quelqu'un de notre foyer était malade. Je sais que tout le monde a vécu cette expérience, parce que tout le monde a dû faire la même chose pour se procurer les articles de première nécessité pendant la pandémie. Dans le supermarché, les flèches indiquent la direction à suivre dans les allées. Évidemment, on doit toujours garder deux mètres d'écart avec les autres personnes présentes. Une fois arrivé à la caisse, un employé indique aux clients vers quelle caisse se diriger en fonction du nombre de personnes déjà en file.
C'est essentiellement ce que nous avons fait au Parlement. Nous avons instauré des mesures d'éloignement social. Voilà pourquoi il n'y a pas 338 députés présents à la Chambre des communes aujourd'hui.
Tout comme les commerces de détail, nous nous sommes adaptés en ayant recours à la technologie. Pour être franc, je ne connaissais pas vraiment Zoom avant la pandémie, mais je me suis adapté et je suis désormais capable de tenir une réunion sur Zoom. Le Parlement s'est adapté lui aussi. Grâce à la technologie, nous avons été en mesure de maintenir le fonctionnement du Parlement, de continuer à tenir des débats et de laisser l'opposition poser des questions. En vérité, la seule différence entre les réunions sur Zoom et les séances normales à la Chambre tient au fait qu'il n'y a pas de chahut sur Zoom, de sorte que l'on peut se concentrer sur le contenu de la question posée et sur la réponse. Il importe que les Canadiens sachent que nous nous sommes adaptés, que nous continuons de fonctionner et de débattre, malgré les mesures d'éloignement social appliquées à la Chambre.
J’ai également entendu certains députés de l’opposition dire que nous ne parlons pratiquement que de la COVID-19. Ça me paraît normal, car nous sommes confrontés à une crise sans précédent. Il est donc normal que le Parlement concentre quasiment toute son attention sur cette question, même si vous nous permettez, monsieur le Président, d’aborder d’autres dossiers. C’est vraiment une crise sans précédent. Certains ont fait des comparaisons avec le Parlement anglais pendant la Seconde Guerre mondiale, mais je crois bien qu’à cette époque, les députés n’y abordaient pratiquement que des questions liées à la Seconde Guerre mondiale. C’est comme ça. Il serait malhonnête de prétendre que nous pouvons fonctionner exactement comme nous le faisions en février dernier et aborder toutes les questions que nous voulons, car nous devons faire face à une grave pandémie qui a bouleversé notre pays et le monde entier. Certes, il y a des questions budgétaires dont nous devons discuter. La députée du Parti vert a soulevé la question de l’aide médicale à mourir. Nous avons déjà demandé une prolongation. Comment allons-nous discuter de cette question? Je suis sûr que nous allons trouver une solution pour débattre des questions prioritaires qui doivent être examinées en parallèle avec la COVID-19.
L’avantage que nous avons par rapport au Parlement britannique est la technologie des communications. L’autre différence qui nous distingue du Parlement britannique, c’est qu’on peut s’y rendre à partir de n’importe quelle ville d’Angleterre sans devoir prendre l’avion. Ce n’est pas du tout la même chose au Canada, étant donné l’immensité de notre pays.
J’aimerais conclure en revenant sur ce qu’a dit la députée de Lethbridge, dans son discours un peu philosophique où elle a parlé notamment de synthèse et de concessions propres aux débats. J’estime que l'assemblée virtuelle, la Chambre hybride qui serait créée au terme de ce débat, est une belle illustration de cet esprit de synthèse: des partis qui s’écoutent respectueusement pour essayer de trouver une solution acceptable et réaliste, face à une crise sans précédent.
Voir le profil de Yves Perron
BQ (QC)
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2020-05-26 12:50 [p.2422]
Monsieur le Président, j'aimerais formuler une question en deux temps à mon collègue d'en face. Il a parlé de ses employés, au début de son discours. Évidemment, nous reposons tous sur nos employés et nous les trouvons tous très importants.
Je veux lui demander s'il a fait une demande pour bénéficier du programme de soutien pour ses employés de bureau. Évidemment, la réponse sera non, et c'est parce que le budget du bureau n'a pas été amputé. Le budget du bureau ne souffre pas de la crise de la COVID-19. Le budget qui est mis à la disposition des entreprises, c'est pour sauver les entreprises en difficulté.
Voici le deuxième volet de ma question. En espérant qu'il répondra non au premier volet, comment explique-t-il que son parti puisse, sans scrupule, aller chercher l'argent public qu'on a libéré pour aider les entreprises en difficulté, alors que ce même parti a refusé de remplir ses engagements à rétablir le financement public des partis politiques?
Voir le profil de Francis Scarpaleggia
Lib. (QC)
Voir le profil de Francis Scarpaleggia
2020-05-26 12:51 [p.2422]
Monsieur le Président, mon bureau n'a pas fait de demande de subvention salariale, parce que mon bureau n'est pas un parti politique. Nous ne faisons pas de partisanerie dans mon bureau, ni dans celui de mon collègue, j'imagine.
Effectivement, la philosophie de tous ces programmes que le gouvernement a mis au point est d'aider les travailleurs et les familles. Il y a des programmes qui visent les entreprises, les organismes à but non lucratif et autres, mais le but commun est d'aider les individus, les familles, à traverser la crise. Je ne veux pas faire de la politique partisane avec cela.
Voir le profil de Karen Vecchio
PCC (ON)
Monsieur le Président, quelqu’un a dit tout à l’heure que nous voulions faire venir ici 338 députés. Depuis quelques semaines, je ne cesse de dire que quelqu'un fait des affirmations trompeuses. Et le député a encore fait aujourd’hui ce genre d’affirmation.
La COVID-19 n’est pas le seul dossier qu’il faut examiner. Bien sûr, nous sommes tous confrontés à cette pandémie. Mais en même temps, il y a le secteur agricole, les entreprises privées, le commerce international, et nous devons examiner tous ces dossiers. Malheureusement je n’ai pas la possibilité de parler des difficultés des agriculteurs de ma circonscription, même si je vais pouvoir le faire aujourd’hui, parce que les dossiers que nous pouvons aborder sont très limités.
Nous pouvons parler de démocratie, mais le gouvernement a déposé, le 1er mai, un décret au sujet de l’interdiction des armes à feu. Certes, j’ai été très occupée avec la pandémie de la COVID-19, mais si des députés veulent venir dans Elgin—Middlesex—London pour rencontrer plus de 150 propriétaires d’armes à feu qui sont absolument furieux, ils sont les bienvenus.
Si le gouvernement estime que nous ne devons parler que de la COVID-19, pourquoi diantre a-t-il adopté un décret le 1er mai pour interdire les armes à feu?
Voir le profil de Francis Scarpaleggia
Lib. (QC)
Voir le profil de Francis Scarpaleggia
2020-05-26 12:53 [p.2423]
Monsieur le Président, si la motion est adoptée, la députée pourra poser des questions sur les sujets de son choix.
Au sujet des récentes mesures sur les armes à feu, elles étaient comprises dans la plateforme du gouvernement. Ces mesures ont l'appui de la majorité des partis à la Chambre, et j'irais même jusqu'à dire de la majorité des Canadiens. J'aimerais également rappeler à la députée que bien qu'il existe un processus permettant de prendre des règlements par décret, le pouvoir de le faire découle nécessairement d'une loi habilitante qui a préalablement été adoptée par la Chambre.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Nous avons le temps pour une brève question.
L'honorable député de Rosemont—La Petite-Patrie a 30 secondes pour poser sa question.
Voir le profil de Alexandre Boulerice
NPD (QC)
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours.
Je ne comprends pas très bien pourquoi les conservateurs s'obstinent à refuser une solution qui va bien fonctionner. Un Parlement hybride permettra à tout le monde de participer et de poser des questions au gouvernement, comme on l'a vu en Grande-Bretagne.
J'aimerais entendre mon collègue au sujet de la formule du comité plénier. Personnellement, je trouve très intéressant d'avoir cette possibilité de discuter pendant cinq minutes avec un ou plusieurs ministres et d'aller un peu plus au fond des choses que ce que nous pouvons normalement faire avec la version traditionnelle, selon laquelle une période de 30 secondes est accordée à la question, suivie d'une minute de réponse seulement.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
L'honorable député de Lac-Saint-Louis a 30 secondes pour répondre à la question.
Voir le profil de Francis Scarpaleggia
Lib. (QC)
Voir le profil de Francis Scarpaleggia
2020-05-26 12:55 [p.2423]
Monsieur le Président, c'est une excellente question parce que dans cette petite période de cinq minutes pour les questions et les réponses, c'est celui qui pose la question qui contrôle le rythme de l'échange.
Ainsi, si un député veut poser une question de sept minutes, le ou la ministre dispose de sept minutes pour répondre et le gouvernement est alors forcé de suivre le rythme de l'opposition. Je trouve donc que c'est une formule exceptionnelle. J'ai beaucoup de plaisir à suivre cette période des questions virtuelle.
Peut-être un jour nous rendrons-nous à la même formule à la Chambre des communes. Je ne le sais pas. Ce n'est pas à moi d'en décider, mais c'est un bon point que mon collègue soulève.
Voir le profil de William Amos
Lib. (QC)
Voir le profil de William Amos
2020-05-26 12:55 [p.2423]
Monsieur le Président, je souligne à l'intention de la Chambre que je ne prononcerai pas la totalité de mon allocution. Je vais seulement remercier mon personnel, parce que mon équipe à mon bureau de circonscription a fait un travail remarquable et a été très présente auprès des citoyens de Pontiac. Cela mérite d'être dit au public.
Je suis tellement heureux de pouvoir célébrer leurs efforts. On ne voit pas toujours ces gens qui travaillent dans l'ombre à répondre aux appels téléphoniques ou aux courriels. Durant cette pandémie, ils ont beaucoup travaillé et je sais qu'il en a été de même pour tous mes collègues de tous les partis à la Chambre des communes.
Je tiens vraiment à remercier les membres de mon équipe.
Erin Davis est notre chef d'équipe et elle est avec nous depuis 2015. Elle coordonne les activités de l'équipe de façon exceptionnelle. Jessica Forgues travaille à notre bureau de Campbells' Bay, évidemment de façon virtuelle puisque le bureau est fermé. C'est une employée de première ligne, car elle répond à tous les appels. Stéphanie Lacroix s'occupe de gérer nos tâches administratives et financières. Francis Beausoleil travaille aussi avec Stéphanie à notre bureau de Chelsea. Sans oublier Anick Caron, qui s'est récemment jointe à notre équipe et qui fait de l'excellent travail à notre bureau de Gracefield.
Je remercie Anick de son travail à Gracefield, dans la Vallée-de-la-Gatineau. Dernièrement, j'aimerais remercier Geneviève Lemaire, notre adjointe en communication.
Geneviève vient tout juste de se joindre à notre équipe, prenant la relève de Maja Staka, qui a aussi fait un travail remarquable pour nous.
Pour un politicien, ces gens sont les héros méconnus au cours de cette période marquée par la COVID-19.
Quand nous représentons nos concitoyens, nous avons besoin de nos adjoints et de ces gens qui nous épaulent.
Ce n'est que grâce au travail de leur équipe que les députés peuvent servir leurs concitoyens. Je tiens donc à remercier l'équipe de ma circonscription, Pontiac. Sur ce, je mets fin à mon discours.
Voir le profil de Sébastien Lemire
BQ (QC)
Monsieur le Président, je profite de l'occasion moi aussi pour remercier mon équipe, à commencer par mon chef de bureau Christian Rivard. Ce dernier n'a pas compté ses heures pendant la pandémie et je peux même relater une anecdote. Nous avons fonctionné presque 24 heures sur 24 pendant les opérations de rapatriement. J'ai dormi au bureau et Christian l'a fait lui aussi à d'autres journées. Nous avions vraiment monté une cellule de crise, même pour tous les programmes d'aide.
J'aimerais aussi nommer Marie-France Beaudry, qui me donne un coup de main en ce qui a trait aux organismes communautaires. Ces derniers et les organismes culturels ont eu de la difficulté à recevoir l'aide des différents programmes et il a donc fallu être sensible à cette réalité et offrir un accompagnement à ces organismes.
Je nomme aussi Valérie Lafond, qui me donne un coup de main du côté administratif, et Yves Dumulon, fort de 20 ans d'expérience dans les services aux citoyens. Comme on le sait, le programme Emplois d'été Canada est plutôt complexe et l'on a vu à quel point les attentes face à ce programme étaient beaucoup plus grandes cette année. Je veux aussi souhaiter bon rétablissement à Philippe Guertin, un autre membre de mon équipe, qui a subi une malchance pendant cette crise de la COVID-19.
Je pose la question suivante au député de Pontiac. Il a mentionné tantôt que ses concitoyens lui posaient beaucoup de questions par courriel. Je sais qu'Internet est une cause qui lui tient particulièrement à cœur. Comment Internet fonctionne-t-il chez lui? De quelle façon pourrait-on améliorer concrètement la desserte Internet, dont la crise de la COVID-19 a confirmé qu'elle était problématique?
Voir le profil de William Amos
Lib. (QC)
Voir le profil de William Amos
2020-05-26 12:59 [p.2424]
Monsieur le Président, j'aimerais remercier mon cher collègue de l'autre côté de la Chambre.
J'en profite aussi pour remercier Tyler LaSalle, un de mes adjoints, qui a pris un congé pour aller aussi travailler dans un de nos foyers pour aînés en Ontario.
Pour revenir à la question de mon collègue, Internet est sans aucun doute la principale préoccupation en infrastructure et une question prioritaire pour le Pontiac. Il faut admettre que partout au Canada rural, Internet haute vitesse est une préoccupation frustrante, parce qu'il n'y a pas de réponse rapide.
Cela étant dit, nous avons pu annoncer des projets totalisant plus de 20 millions de dollars depuis mon élection en 2015, des projets subventionnés par les gouvernements fédéral et provincial. Ces projets ont parfois été présentés par des organismes sans but lucratif, parfois par de grandes compagnies de télécommunications.
Est-ce que cela résout le problème? La réponse est non, pas du tout. Il faut avancer et je crois que notre gouvernement a un plan pour avancer de façon très positive, avec la collaboration des provinces et un financement de 750 millions de dollars provenant du CRTC.
J'estime que des projets d'amélioration des services seront soumis du côté du Pontiac, car c'est ce qui est nécessaire. Il faudra aussi de la patience, même si tous mes concitoyens veulent Internet hier, pas aujourd'hui ni demain.
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PCC (ON)
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2020-05-26 13:01 [p.2424]
Monsieur le Président, je voudrais remercier mon collègue d'avoir donné le bon ton en soulignant que nous devons être reconnaissants envers les membres de notre personnel. Je tiens à remercier Dan, Patricia, Liz, Simon et Jacob, qui, surtout en ces temps difficiles, non seulement répondent aux préoccupations des électeurs, mais font aussi preuve d'une ardeur sans précédent. Je sais qu'on a souvent recours à l'expression « sans précédent », mais c'est bel et bien le cas.
J'encourage tous mes collègues à être très attentifs aux problèmes de santé mentale de leurs employés. Il est éprouvant pour eux de recevoir des appels de personnes en larmes, qui ont mis 20 ans à bâtir leur entreprise, ou d'autres gens qui, pour une raison ou une autre, sont incapables de s'inscrire à un programme d'aide.
Enfin, nous utilisons tous les médias sociaux. J'ai aussi remarqué l'intensité des commentaires publiés. Je demanderais à mes collègues de tenir compte du fait que, en raison de problèmes de santé mentale, certaines personnes peuvent très facilement sombrer dans une anxiété qui les poussera à prendre de mauvaises décisions. Je mets en garde les députés qui pourraient être tentés de profiter de la gravité de la pandémie pour accumuler du capital politique. Je les prierais d'éviter les commentaires prêtant à controverse, car ils pourraient être mal reçus par des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.
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