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Lib. (ON)
Je déclare la séance ouverte.
Bon retour à tous. J'espère que vous avez bien profité de ce temps dans votre circonscription et que vous avez pu vous rattraper sur toutes sortes de choses, à moins que vous ne viviez à Toronto, où l'on ne peut toujours pas ne serait-ce que se faire couper les cheveux. C'est ainsi, il faut tenir bon.
Quoi qu'il en soit, c'est bon de vous revoir tous et toutes, au moins virtuellement. Nous tenons aujourd'hui la 19e séance du Comité, qui sera également notre dernière sur ce thème. Nous accueillons un groupe de témoins très intéressants pour conclure cette étude aujourd'hui.
Tous les tests de son et de matériel ont été faits pour les témoins et les députés, conformément aux motions adoptées antérieurement par le Comité.
J'informe les témoins qu'ils ont accès aux services d'interprétation depuis leur ordinateur. Vous êtes invités à vous exprimer dans la langue officielle de votre choix, et l'on vous posera des questions en anglais comme en français. Comme tout se fait de manière virtuelle en ce moment, il faut être un peu patient, si bien que vous devez attendre que l'autre personne ait fini de parler avant de commencer à répondre à la question. De même, je rappelle aux députés d'attendre que les témoins aient fini de parler avant de commencer à poser leur question suivante.
Sur cette note, pourquoi ne pas nous lancer? Chacun des groupes de témoins aura jusqu'à cinq minutes pour présenter un exposé, puis après tous les exposés, je permettrai aux députés de poser des questions. J'avertis nos témoins que nous disposons d'un temps limité pour les déclarations, soit de cinq minutes, et que chaque député est également limité dans le temps dont il dispose pour poser des questions. C'est mon travail de vous interrompre de temps en temps pour vous rappeler que vous n'avez plus de temps ou que vous avez dépassé le temps imparti, et je m'excuse à l'avance si je dois le faire.
Nous accueillons aujourd'hui M. Sean Cleary, qui témoigne au nom de Métaux BlackRock Inc.; M. Daniel Breton, qui représente Mobilité électrique Canada; M. Dan Blondal, qui représente Nano One Materials; ainsi que Sarah Houde et Simon Thibault, qui s'expriment au nom de Propulsion Québec.
Je souhaite à tous la bienvenue. Merci d'être ici. Que diriez-vous de procéder dans l'ordre dans lequel je viens de vous présenter?
Par conséquent, monsieur Cleary, vous avez la parole pour cinq minutes.
Sean Cleary
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Sean Cleary
2021-04-12 11:06
Merci, monsieur le président et mesdames et messieurs les membres du Comité.
Je m'appelle Sean Cleary. Je suis PDG des Métaux BlackRock Inc. Nous sommes en train de construire l'infrastructure nécessaire pour la réalisation d'un projet d'exploitation de minéraux critiques au Québec. Vous pouvez visiter notre site www.blackrockmetals.com pour lire la description du projet.
Ce projet consiste en un complexe minier et métallurgique entièrement intégré qui sera construit dans le port industriel en eau profonde de compétence fédérale situé à Saguenay, qui nous donnera accès au Saint-Laurent et aux marchés mondiaux. Nous produirons trois minéraux critiques, à savoir le vanadium, le titane et la fonte nodulaire. Le projet BlackRock est entièrement autorisé par tous les gouvernements et est l'un des rares projets au Canada à être prêt à démarrer. Nous essayons actuellement de boucler le financement de la construction pour commencer les travaux l'année prochaine, dans le but d'atteindre une pleine production en 2024.
BlackRock est un utilisateur commercial d'hydrogène et un pionnier en la matière. L'entreprise mise sur un procédé de conception unique à base d'hydrogène gris, qui permettra de le convertir en hydrogène vert dès sa commercialisation. Ce n'est pas un projet pilote. Cette usine sera citée en exemple partout dans le monde et montrera que le Canada peut être un chef de file de la production métallurgique et minière à émissions nulles. Le projet BlackRock se situe à la convergence entre la stratégie sur les minéraux critiques et la stratégie sur l'hydrogène.
Nous avons tissé des relations étroites avec les communautés autochtones, avons signé des ententes avec les nations innues de Mashteuiatsh, d'Essipit et de Pessamit, avec le gouvernement de la Nation crie et avec la bande d’Oujé-Bougoumou. Nous sommes très fiers de ces accomplissements.
Tout récemment, Abel Bosum, grand chef des Cris, a témoigné devant le Comité, où il a mentionné que le territoire cri du Québec est riche en vanadium. Les Cris sont véritablement nos alliés. Ils sont conscients que l'avenir économique de leurs jeunes passe par l'exploitation responsable de leur potentiel minier et plus précisément, par l'extraction des minéraux critiques, qui offrira des carrières stables et durables aux jeunes Autochtones du Canada.
La quasi-totalité du vanadium vient de la Chine, du Brésil, de l'Afrique du Sud et de la Russie. Cependant, il n'a pas fait l'objet de discussions approfondies à ce comité. Le vanadium est un minéral critique. Il figure sur votre liste. Il est extrêmement important comme alliage dans la production d'acier et dans la fabrication de batteries. Il existe actuellement quelques usines de transformation du vanadium en Amérique du Nord, mais aucune source primaire de vanadium. Le Canada bénéficie pourtant d'un gisement de vanadium de calibre mondial au Québec, et c'est ce gisement que cible le projet BlackRock.
Le vanadium est un élément essentiel pour la fabrication des batteries et de l'acier. Il n'y a pas d'acier sans vanadium. Nous croyons que tout grand pays doit se doter d'une industrie de l'acier forte cultivant un objectif d'émissions nulles. Sans vanadium, le Canada et ses alliés, en Amérique et en Europe, ne peuvent pas avoir d'industrie de l'acier. Le vanadium double la résistance de l'acier et permet de construire des ponts et des édifices plus solides, ainsi que des voitures plus robustes avec une moindre quantité d'acier. C'est essentiel pour répondre aux exigences des produits, en plus d'être bénéfique pour l'environnement. L'analyse du cycle de vie montre que le vanadium du projet BlackRock permettra de fabriquer de l'acier d'armature qui permettra à lui seul de diminuer les émissions de CO2 de 26 millions de tonnes par année. En outre, il n'y a rien qui puisse directement remplacer le vanadium.
Le vanadium est également un ingrédient clé pour la fabrication de batteries à flux électrique, qui sont de plus en plus utilisées pour stocker l'électricité éolienne et solaire et ainsi, stabiliser le réseau électrique. En fait, le Conseil national de recherches du Canada a mené une étude sur le potentiel des batteries à flux au vanadium pour sécuriser le réseau électrique du Canada. Le temps nous montrera que le vanadium est un minéral critique encore plus important que le lithium pour la production de batteries et le stockage de l'électricité. Les batteries au vanadium sont facilement recyclables, et l'importance du vanadium ne pourra que croître en conséquence au cours des 10 prochaines années, puisque les services publics voudront stocker l'énergie verte de manière sûre et économique.
Le Canada peut être un chef de file mondial dans le secteur du vanadium, étant donné que BlackRock pourra produire plus de 5 % de la production mondiale totale de vanadium par année pendant 70 ans.
Il y a certaines choses sur lesquelles nous pourrions nous entendre. Premièrement, nous avons certes une liste de minéraux critiques, mais cela ne changera rien sans le financement, les politiques et la stratégie connexes nécessaires.
Deuxièmement, les marchés financiers connaissent bien les métaux de base et les métaux précieux, mais il n'y a pas de réserve de capitaux disponibles pour les minéraux critiques.
Troisièmement, les pratiques commerciales déloyales de certains régimes étrangers qui manipulent les marchés et contreviennent aux règles, y compris sur le vanadium, étouffent la concurrence et bloquent l'émergence de nouveaux joueurs.
Quatrièmement, nous avons besoin de l'engagement et de la volonté du gouvernement pour favoriser l'exploitation des minéraux critiques et sécuriser la chaîne d'approvisionnement de l'acier.
Cinquièmement, le projet BlackRock est totalement axé sur les considérations environnementales, sociales et de gouvernance. Le gouvernement aurait tout avantage à saisir l'occasion pour établir un cadre favorable à l'industrie des minéraux critiques et attirer de grands investissements en capitaux.
Sixièmement, nous avons besoin que le gouvernement fédéral nous appuie ouvertement si nous voulons devenir un acteur de premier plan dans le secteur des minéraux critiques. Cela nécessitera un investissement massif de capitaux.
Enfin, nous vous dirions que ce n'est pas la première fois que nous avons cette discussion. Pour l'instant, ce ne sont toujours que de belles paroles. Il nous faut du concret, faute de quoi le Canada sera laissé pour compte dans l'approvisionnement en minéraux critiques.
Je vous remercie tous et toutes. C'est ici que se termine mon exposé. Je remercie les membres du Comité de m'avoir invité et de prendre le temps de m'écouter.
Je suis prêt à répondre à toutes vos questions.
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Lib. (ON)
Merci, monsieur Cleary, surtout que vous avez bien respecté le temps imparti.
Monsieur Breton, c'est votre tour.
Dan Blondal
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Dan Blondal
2021-04-12 11:11
Merci. Je pense que vous vous êtes trompé de nom. Je suis Dan Blondal et je représente Nano One; Dan Breton représente une autre entreprise.
Voulez-vous maintenant entendre Nano One?
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Lib. (ON)
En fait, non, j'allais d'abord donner la parole au représentant de Mobilité électrique Canada, mais si vous êtes prêt à y aller, c'est très bien aussi.
Dan Blondal
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Dan Blondal
2021-04-12 11:12
Très bien.
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Lib. (ON)
Dan Blondal
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Dan Blondal
2021-04-12 11:12
Bonjour à tous.
Je m'appelle Dan Blondal. Je parle assez bien français, mais je vais m'adresser à vous en anglais, parce que c'est beaucoup plus facile pour moi.
J'ai quitté Montréal il y a longtemps,
donc l'anglais me vient plus facilement.
Je suis le PDG fondateur de Nano One Materials. Je suis basé ici, à Burnaby, en Colombie-Britannique.
Nano One est une entreprise de technologie propre. Nous sommes en train de révolutionner la façon dont le monde fabrique les matériaux constitutifs des batteries. Nous avons mis au point une plateforme agnostique pour la production industrielle des matériaux cathodiques utilisés dans les batteries lithium-ion.
Nous avons 35 employés. Nous avons une expertise 100 % canadienne en ingénierie, en science des matériaux, en affaires et en finances. Nous avons déjà 16 brevets et avons déposé des demandes qui sont toujours en traitement pour au moins 30 autres dans divers pays du monde, dont le Canada, les États-Unis, la Chine, le Japon, la Corée et Taïwan. Nous sommes inscrits à la Bourse de croissance TSX. Nous avons un bon financement et avons l'honneur et le privilège de bénéficier de l'appui financier permanent de TDDC et du Fonds ICE de la Colombie-Britannique.
Notre technologie fait intervenir divers minéraux critiques comme le lithium, le nickel, le manganèse et le cobalt pour fabriquer les matériaux cathodiques à haut rendement qui entrent dans la composition des batteries lithium-ion. Nous nous distinguons des autres producteurs de substances chimiques par le fait que nous n'avons pas besoin de produits intermédiaires et donc que nous évitons ainsi la consommation d'énergie, les coûts et l'empreinte environnementale qui y sont associés. Nous n'utilisons que le 20 % de l'eau utilisée avec les autres technologies, ce qui élimine d'autant le flux de déchets.
Comme je le disais, nous économisons des coûts, de l'énergie, des efforts de logistique, de l'eau, nous réduisons la production de déchets et l'empreinte carbone, tout cela en prolongeant la durabilité de la batterie. Pour vous donner une idée, cela pourrait nous permettre d'économiser 1 milliard de dollars pour chaque million et demi à deux millions de véhicules électriques produits.
Tout commence par l'extraction minière, bien sûr, mais où vont les métaux et minéraux? Qui transforme les métaux en matériaux utilisables dans la fabrication de batteries? Qui produit les éléments de batteries? Qui fabrique les blocs-batteries intégrés aux voitures?
Tant que nous ne commencerons pas à fabriquer des éléments de batteries en Amérique du Nord, nous continuerons d'envoyer nos matières brutes en Asie, pour les réimporter ensuite au Canada aux fins de production. L'Europe travaille très fort à rattraper son retard, tandis que l'Amérique du Nord est toujours au point zéro. Je pense que ce serait une occasion en or pour l'Amérique du Nord.
La Chine et les autres pays d'Asie sont bien établis, et ils l'ont fait très tôt, mais cela fait en sorte que leurs chaînes d'approvisionnement nationales sont fragmentées et enclavées, ce qui les rend vulnérables, à nos yeux. L'Europe agit elle aussi par nécessité, bien sûr, pour créer sa propre chaîne d'approvisionnement intégrée à faibles émissions de carbone, mais toute cette production cathodique et chimique, fondée sur des procédés dépassés, et les chaînes d'approvisionnement qui en découlent nécessitent toujours beaucoup d'eau, elles génèrent énormément de déchets et ont une lourde empreinte carbone.
Le Canada ne dépend pas de ces anciennes façons de faire, puisque ces systèmes ne sont pas en place ici. Nous avons donc l'occasion de privilégier une meilleure technologie et d'établir une chaîne de valeur modèle.
Un procédé comme celui de Nano One pourrait contribuer à l'intégration de la chaîne d'approvisionnement, au Canada, pour mener le monde vers des méthodes moins enclavées et génératrices de déchets. Les sociétés minières canadiennes pourraient ainsi bénéficier d'un avantage sur les plans environnementaux, sociaux et de la gouvernance par rapport aux producteurs étrangers de sulfate, d'hydroxyde et d'autres produits intermédiaires. Cela pourrait aider par ricochet les fabricants automobiles ayant des impératifs de coûts, de rendement, ainsi que des normes environnementales, sociales et de gouvernance à respecter, mais il faudra pour cela une stimulation gouvernementale, la collaboration du secteur privé, ainsi que la mise en place de chaînes d'approvisionnement intégrées.
Nous sommes des innovateurs, mais nous sommes aussi des collaborateurs et cherchons à déplacer des montagnes. Nano One entretient des relations avec les acteurs du début à la fin de la chaîne d'approvisionnement mondiale de batteries, avec des sociétés minières responsables, des producteurs de cathodes et des fabricants d'équipement d'origine, entre autres. Si nous pouvions profiter de l'expérience riche du Canada de l'exploitation minière responsable, de la génération d'énergie propre, d'intendance environnementale, d'avant-garde technologique et d'innovation en matière de batterie, nous pourrions établir au Canada l'écosystème de production d'éléments de batteries le plus écologique, le plus avancé technologiquement et le plus intégré au monde.
C'est un véritable impératif stratégique pour l'ensemble du Canada que d'appuyer la création de cet écosystème avant qu'il ne soit trop tard et avant que nous ne soyons contraints de réagir avec des solutions à la pièce pour suivre les autres.
Manifestement, il y a des efforts mondiaux en ce sens, ce qui crée des occasions partout dans le monde, donc comment pouvons-nous faire du Canada le centre de gravité de tous ces efforts?
Merci beaucoup de m'avoir permis de m'adresser à vous aujourd'hui.
Voir le profil de James Maloney
Lib. (ON)
Merci, monsieur Blondal.
Nous entendrons maintenant M. Breton.
Daniel Breton
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Daniel Breton
2021-04-12 11:17
Bonjour.
Daniel Breton
Voir le profil de Daniel Breton
Daniel Breton
2021-04-12 11:17
Nous tenons à remercier les membres du Comité permanent des ressources naturelles de prendre le temps de nous entendre sur le sujet très important des minéraux critiques et stratégiques.
Je m'appelle Daniel Breton et je suis le président-directeur général de Mobilité électrique Canada, ou MEC.
Fondée en 2006, Mobilité électrique Canada est l'une des toutes premières organisations au monde à se consacrer à la mobilité électrique. Parmi ses membres, MEC compte des services publics d'infrastructure, des services publics d'électricité, des compagnies minières, des fabricants de véhicules, des fournisseurs d'infrastructures de recharge, des entreprises technologiques, des centres de recherche, des ministères, des villes, des universités, des gestionnaires de flottes, des syndicats, des ONG environnementales et des groupes de propriétaires de véhicules électriques. Mobilité électrique Canada est donc l'organisation canadienne qui possède le plus d'expérience et d'expertise pour aider à faire avancer la réflexion, la réglementation et les projets en électrification des transports.
Selon une analyse de Mobilité électrique Canada datant de 2020, une stratégie canadienne d'électrification des transports inspirée de celles de la Colombie-Britannique, du Québec ou de la Californie pourrait générer au moins 200 milliards de dollars...
Voir le profil de Bob Zimmer
PCC (BC)
J'invoque que le Règlement, monsieur le président.
Je suis désolé d'interrompre notre témoin, mais le volume de l'interprétation est un peu plus bas que celui du témoin. Nous n'entendons pas vraiment l'interprétation en anglais. J'aimerais savoir si ce peut être corrigé.
Voir le profil de James Maloney
Lib. (ON)
Est-ce que quelqu'un d'autre a le même problème?
Voir le profil de Dane Lloyd
PCC (AB)
J'éprouve le même problème.
Voir le profil de James Maloney
Lib. (ON)
Voir le profil de Bob Zimmer
PCC (BC)
Nous allons réessayer. Cela devrait fonctionner. Ne vous inquiétez pas.
Je ne voudrais pas interrompre le témoin de nouveau.
Merci, monsieur le président.
Voir le profil de James Maloney
Lib. (ON)
Très bien.
Continuez, monsieur Breton.
Daniel Breton
Voir le profil de Daniel Breton
Daniel Breton
2021-04-12 11:19
Selon une analyse de Mobilité électrique Canada datant de 2020, une stratégie canadienne d'électrification des transports inspirée de celles de la Colombie-Britannique, du Québec ou de la Californie pourrait générer jusqu'à 200 milliards de dollars de revenus entre 2021 et 2030, et créer des dizaines de milliers de nouveaux emplois.
D'ailleurs, en collaboration avec d'autres intervenants de l'industrie canadienne, Mobilité électrique Canada annoncera officiellement, en mai, le lancement d'une initiative canadienne sur la chaîne d'approvisionnement de véhicules électriques, afin de contribuer à accélérer la transition industrielle du Canada en électrification des transports.
Par ailleurs, nous rendrons bientôt public un rapport sur l'état des lieux en électrification des transports au Canada, qui comprendrait les aspects liés aux ressources naturelles.
Par conséquent, Mobilité électrique Canada recommande que notre gouvernement change son fusil d'épaule et mette davantage l'accent sur certains minéraux, métaux et matériaux critiques, afin de reconnaître l'importance de sécuriser et de maintenir l'indépendance énergétique du Canada et de l'Amérique du Nord; qu'il cesse de mettre autant l'accent sur les énergies fossiles pour nous assurer un approvisionnement robuste de tous les métaux, minéraux et matériaux clés pour la chaîne d'approvisionnement des batteries émergente en Amérique du Nord; qu'il se dote d'une politique industrielle afin d'ouvrir la voie à la production essentielle en Amérique du Nord des métaux et minéraux nécessaires pour fabriquer des batteries, des bornes de recharge et des véhicules électriques, afin d'assurer une saine transition vers une économie axée sur le transport à émission nulle.
Selon l'« Electric Vehicle Outlook 2020 » de Bloomberg New Energy Finance, la croissance des véhicules électriques, qu'on pense aux voitures, aux camions lourds ou légers ou encore aux autobus électriques, sera exponentielle au cours des années à venir. Les ventes de voitures électriques sont passées de 450 000 en 2015 à 2,1 millions en 2019. Elles devraient atteindre les 8,5 millions en 2025 et 26 millions en 2030. Si les ventes de nouveaux véhicules électriques représentent 2,7 % des ventes en 2020, elles devraient représenter 28 % des ventes en 2030 et 58 % des ventes en 2040.
Selon un rapport récent de TD Economics, jusqu'à 450 000 des 600 000 emplois directs et indirects dans le secteur pétrolier et gazier, au Canada, pourraient disparaître avec l'effondrement de la demande pour les combustibles fossiles, puisque de plus en plus de pays et d'entreprises s'engagent à atteindre une cible d'émissions de gaz à effet de serre nettes de zéro.
Selon un autre rapport, intitulé « The Fast Lane: Tracking the Energy Revolution 2019 » et produit par Clean Energy Canada, il y aura environ 560 000 emplois dans le domaine de l'énergie propre d'ici 2030, dont près de 50 % dans le secteur des transports. La demande d'emplois dans les domaines de l'énergie et des transports propres continuera de croître à un rythme effarant. Cela signifie qu'il y aura une transition de l'emploi au cours des prochaines décennies, comparable à celle qui s'est opérée au début du 20e siècle, quand le transport est passé du cheval et de la charrette à l'automobile. Ces nouveaux emplois se situeront dans les secteurs de l'exploitation minière, de l'assemblage, de la recherche et du développement, de la conception, de la vente, de l'entretien, de l'électricité et de la construction. Ces emplois de haute qualité et bien rémunérés seront répartis partout au pays, de la Colombie-Britannique au Canada atlantique.
Comme l'illustre le graphique qui se trouve dans le document que nous vous avons envoyé, la Chine a une avance confortable sur les autres pays en ce qui concerne le contrôle de la chaîne d'approvisionnement des minéraux stratégiques nécessaires à la production de véhicules électriques, de pièces électroniques, de véhicules à essence, d'équipement militaire, etc.
Selon Bloomberg New Energy Finance, la Chine contrôle actuellement 80 % du raffinage de ces matériaux et 77 % de la capacité mondiale de fabrication d'éléments de batteries. Si l'on ajoute la Corée du Sud et le Japon à l'équation, on constate que 96 % de la capacité de production de batteries est entre les mains d'entreprises asiatiques.
Tout comme au 20e  siècle, le monde dépendait du pétrole en provenance du Moyen-Orient, le monde dépend aujourd'hui des terres rares et de la capacité de production de batteries de la Chine, ce qui a des implications géopolitiques qui sont au cœur des discussions sur l'avenir de la mobilité électrique d'un point de vue économique, environnemental et géopolitique. C'est pourquoi Mobilité électrique Canada appuie pleinement l'accord entre les gouvernements canadien et américain sur l'importance de bâtir l'avenir des véhicules zéro émission en Amérique du Nord et l'élaboration d'une stratégie Canada—États-Unis sur les batteries.
Merci
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Lib. (ON)
Merci, monsieur Breton.
Pour terminer, de Propulsion Québec... Je ne sais pas qui va commencer, si c'est Mme Houde ou M. Thibault.
Madame Houde, je vois qu'on vous pointe du doigt, alors la parole est à vous.
Sarah Houde
Voir le profil de Sarah Houde
Sarah Houde
2021-04-12 11:23
Merci beaucoup.
Je suis accompagnée de mon collègue Simon Thibault, qui est notre spécialiste dans le domaine des batteries. À titre de présidente-directrice générale de Propulsion Québec, la grappe industrielle des transports électriques et intelligents du Québec, et au nom de nos quelque 220 membres, je vous remercie, membres du Comité permanent des ressources naturelles, de cette invitation à vous présenter notre vision, d'une part, du positionnement du Canada comme source responsable en minéraux critiques et stratégiques, ou MCS, et d'autre part, du développement de la filière canadienne des batteries pour véhicules électriques.
Comme vous le savez, le Canada occupe une position unique à l'échelle mondiale. En effet, notre pays dispose non seulement de vastes ressources en MCS, notamment ceux qui sont en forte demande dans le contexte d'une transition énergétique, du déploiement de technologies propres et d'une relance économique durable après la COVID-19, mais il dispose aussi d'une expertise reconnue en développement industriel responsable. Je pense aux secteurs minier et chimique, par exemple.
Nous disposons également d'un bouquet énergétique dominé, dans certaines régions du pays, par des énergies renouvelables à faibles émissions de carbone et disponibles à faibles coûts. Nous disposons d'un cadre réglementaire environnemental parmi les plus exigeants au monde, d'une main-d’œuvre qualifiée et, surtout, d'un contexte géopolitique stable et prévisible.
Ces forces consolident, à notre sens, le positionnement du Canada à titre de fournisseur de MCS et de composantes de batteries sécuritaires, stables et responsables, trois termes qui doivent être au cœur de toute stratégie pancanadienne pérenne de développement des filières des MCS et des batteries.
Si le Canada souhaite faire du développement de ces filières un succès, il est nécessaire qu'une quatrième dimension vienne s'ajouter à ces facteurs clés, c'est-à-dire l'approche pancanadienne relative à cette stratégie. En effet — les autres grands acteurs internationaux actifs dans ces mêmes filières l'ont déjà démontré —, il n'existe aucune entité régionale capable, à elle seule, de réunir à la fois les ressources naturelles minières, les capacités techniques et technologiques requises pour la mise en valeur de ces ressources, ainsi que les indispensables ressources financières pour développer ces filières sur son seul territoire sans une synergie interétatique.
C'est pourquoi il est de la plus haute importance que le gouvernement canadien joue un rôle de coordonnateur des mesures de chacune des provinces et des territoires par la création d'une vaste alliance canadienne dédiée au développement des filières des MCS et des batteries, et ce, en misant sur les forces et les atouts de chacune de ces provinces et des territoires.
De plus, le Canada doit tirer profit de sa position historique d'allié des États-Unis pour oeuvrer à la création d'une coalition nord-américaine qui permettra à l'écosystème industriel canadien des MCS et des batteries de se définir comme un fournisseur sécuritaire, stable et responsable de matériaux et de composantes à valeur ajoutée, et non seulement comme un fournisseur de matières premières qui ne sont pas transformées, pour les marchés en forte croissance comme celui des véhicules électriques et de la transition énergétique.
Ce même positionnement continental nous apparaît non seulement hautement stratégique à l'échelle nord-américaine, mais il l'est tout autant auprès de nos partenaires européens. Ceux-ci ont également décidé, dans la foulée de l'adoption récente de la directive relative aux batteries par la Commission européenne, de miser sur la consolidation, en sol européen, des chaînes d'approvisionnement compétitives, vertes et circulaires en matériaux et composantes de batteries pour leurs propres marchés des véhicules électriques et du stockage d'énergie.
Le Canada se trouve aujourd'hui devant une occasion économique qu'il ne peut et ne devrait pas ignorer. De plus, il s'agit d'une chance unique de rebâtir notre économie sur de nouvelles bases porteuses pour l'avenir en y intégrant les meilleures pratiques en matière de responsabilité environnementale et sociale, en matière de circularité, notamment en ce qui concerne le recyclage de ces batteries et la mise en valeur des résidus industriels, ainsi qu'en matière de transparence, par exemple, en intégrant la traçabilité des chaînes d'approvisionnement des batteries.
Pour ce faire, le Canada doit travailler à bâtir une alliance pancanadienne pour mettre à profit les forces de chacune des provinces et des territoires, dans le but de se définir comme un chef de file mondial dans la production responsable de composantes à valeur ajoutée pour les filières industrielles occidentales qui sont dépendantes d'un approvisionnement sécuritaire et stable en MCS. Selon nous, si nous ne le faisons pas, le Canada ratera l'occasion de tirer pleinement profit de cette chance sans précédent pour notre pays.
Je cède la parole à mon collègue Simon Thibault pour les quelques minutes qu'il reste.
Simon Thibault
Voir le profil de Simon Thibault
Simon Thibault
2021-04-12 11:28
Merci, madame Houde. En fait, je constate qu'il reste quelques secondes.
Très brièvement, avant que nous répondions à vos questions sur le sujet, je vais préciser ce que nous entendons par « composantes à valeur ajoutée » dans le contexte canadien. Cela englobe tout ce qui est précurseur: matériaux de cathode, matériaux d'anode, bref tous les composants actifs des batteries et les cellules. Ce sont les cibles prioritaires, selon nous, pour développer l'intégration verticale au sein de la chaîne d'approvisionnement des batteries et des véhicules électriques, qui part de nos minéraux critiques et stratégiques.
Voir le profil de James Maloney
Lib. (ON)
Merci.
Nous allons maintenant entamer notre première série de questions pour six minutes, en commençant avec M. McLean.
Voir le profil de Greg McLean
PCC (AB)
Merci, monsieur le président.
Bienvenue à tous nos invités d'aujourd'hui. Je pense que ce sera une réunion très instructive, d'après ce que nous avons vu jusqu'à présent. Je vous suis très reconnaissant de tous les renseignements que nous recevons.
Je vais poser mes questions plus particulièrement à M. Breton ce matin, s'il vous plaît, de Mobilité électrique Canada.
Monsieur Breton, très rapidement, pouvez-vous nous dire quel est le budget de votre organisme et quelle est la source de vos revenus?
Daniel Breton
Voir le profil de Daniel Breton
Daniel Breton
2021-04-12 11:30
Quatre-vingt-quinze pour cent du budget provient des membres.
Voir le profil de Greg McLean
PCC (AB)
Pouvez-vous extrapoler sur le sujet, s'il vous plaît, sur les membres et sur quels membres, les députés ministériels, et sur l'ampleur de leur contribution?
Daniel Breton
Voir le profil de Daniel Breton
Daniel Breton
2021-04-12 11:30
Je dirais moins de 5 %. Je dirais que la plupart de nos membres sont des fabricants de véhicules, des services publics, des fournisseurs d'infrastructures ou des centres de recherche, donc essentiellement...
Voir le profil de Greg McLean
PCC (AB)
S'agit-il de centres de recherche financés par le gouvernement et de services publics financés par le public?
Daniel Breton
Voir le profil de Daniel Breton
Daniel Breton
2021-04-12 11:30
Certains services publics sont financés par le public. D'autres sont privés. Cela dépend de... Si vous parlez à l'OPG et à Hydro-Québec, ils sont financés différemment, car certaines entreprises sont privées et d'autres sont publiques.
Voir le profil de Greg McLean
PCC (AB)
L'OPG est largement financée par le gouvernement de l'Ontario et Hydro-Québec est une société d'État, alors en fait, ce sont toutes des organisations subventionnées par le contribuable et les gouvernements du Canada et des provinces.
Dites-moi la taille de votre budget.
Daniel Breton
Voir le profil de Daniel Breton
Daniel Breton
2021-04-12 11:31
Nous avons un budget d'environ 2 millions de dollars par année.
Voir le profil de Greg McLean
PCC (AB)
D'accord. C'est bon.
Daniel Breton
Voir le profil de Daniel Breton
Daniel Breton
2021-04-12 11:31
Comme je l'ai dit, les fournisseurs d'infrastructures, les groupes de VE, les groupes environnementaux ou les fabricants de véhicules comme New Flyer, sont tous des entreprises privées.
Voir le profil de Greg McLean
PCC (AB)
Daniel Breton
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Daniel Breton
2021-04-12 11:31
La plupart de nos membres sont des entreprises privées.
Voir le profil de Greg McLean
PCC (AB)
Merci beaucoup. Je vous remercie.
Je vais vous donner quelques explications sur les statistiques. Le gouvernement fédéral finance actuellement les véhicules électriques à hauteur de 5 000 $ par véhicule dans le cadre d'un programme. Il verse 300 millions de dollars aux acheteurs de véhicules, dont 72 millions à Tesla; 130 millions aux bornes de recharge, dont la plupart proviennent des États-Unis; 500 millions aux fabricants d'automobiles qui ont des usines au Canada et qui sont des entreprises américaines; et 100 % d'amortissement aux entreprises qui achètent des véhicules électriques à l'heure actuelle.
Je dirais que nous sommes à la limite d'une industrie très subventionnée, une industrie subventionnée par le peuple canadien. Je vais lire une citation du directeur financier de Transports Canada, lorsqu'il a été interrogé à ce sujet par le comité sénatorial en octobre 2020:
[...] le plus grand gagnant parmi les constructeurs d'automobiles jusqu'à présent est l'entreprise Tesla établie en Californie, avec plus de 72 millions de dollars [...]
Mais que font ces ventes pour réduire les émissions?
Le gouvernement Trudeau ne le sait pas, selon... [M.] Pilgrim, qui a témoigné devant le comité... du Sénat,
C'est une question que nous examinons en ce moment. Pouvez-vous nous dire avec une certaine précision — ce que le gouvernement n'a pas été en mesure de fournir jusqu'à présent — quelles sont les émissions nettes associées aux véhicules électriques?
Daniel Breton
Voir le profil de Daniel Breton
Daniel Breton
2021-04-12 11:32
En fait, un rapport sera publié dans quelques semaines pour parler des émissions nettes des véhicules électriques par rapport aux véhicules à essence équivalents, qui sont de 20 à 50 % inférieures par véhicule, je dirais, que vous soyez au Québec, au Manitoba ou en Alberta. Même en Alberta, les émissions de gaz à effet de serre des véhicules électriques sont inférieures à celles des véhicules à essence. Il y aura un rapport du CNRC qui sera publié dans quelques mois, et un rapport du MEC dans quelques semaines, en fait, qui fournira tous les détails à ce sujet.
Somme toute, si ce que vous dites est que nous subventionnons une industrie, nous subventionnons également d'autres industries. Nous faisons une transition, donc si vous voulez passer de l'industrie des combustibles fossiles à une industrie plus verte, c'est un changement que le gouvernement veut soutenir, et c'est ce qui se passe dans le monde entier. Oui, nous réduisons les émissions de gaz à effet de serre lorsque nous passons des véhicules à essence aux véhicules électriques, que ce soit des véhicules légers ou des véhicules lourds.
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PCC (AB)
On peut dire sans se tromper que vous réduisez les émissions au niveau du tuyau d'échappement, mais l'effet de...
Daniel Breton
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Daniel Breton
2021-04-12 11:34
Non, je parle des émissions au cours du cycle de vie et non pas seulement au niveau du tuyau d'échappement.
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PCC (AB)
La plupart des études montrent que les émissions au cours du cycle de vie au Canada ne sont pas si importantes. Le passage aux véhicules électriques ne nous rapporte pas grand-chose en termes de rentabilité.
Daniel Breton
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Daniel Breton
2021-04-12 11:34
Les données que vous avez doivent être désuètes parce que je peux vous montrer les données où nous constatons une différence significative dans les émissions de gaz à effet de serre du berceau à la tombe, de l'extraction des ressources naturelles au montage des véhicules, en passant par l'utilisation des véhicules et [Difficultés techniques].
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PCC (AB)
D'accord.
Dites-moi d'où viendra l'énergie une fois que nous aurons éliminé le moteur à combustion interne. À l'heure actuelle, l'électricité fournit environ un tiers de l'énergie au Canada. Si nous éliminons le diesel autonome, les moteurs à combustion interne, etc., d'où viendra l'énergie électrique?
Daniel Breton
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Daniel Breton
2021-04-12 11:35
Il y a déjà 82 % de la production d'électricité au Canada qui provient de sources non émettrices, que ce soit...
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PCC (AB)
Nous ne parlons pas d'électricité. Nous parlons de remplacer l'énergie de sources autres que l'électricité par de l'énergie provenant de sources d'électricité. D'où viendra cette électricité additionnelle?
Daniel Breton
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Daniel Breton
2021-04-12 11:35
En fait, puisque les véhicules électriques, que ce soit des véhicules légers ou des véhicules lourds, sont beaucoup plus écoénergétiques que les véhicules à essence, on a besoin du tiers de l'énergie qu'on utilise dans un véhicule à essence. Cela signifie qu'on a, toutes proportions gardées, moins besoin d'énergie pour faire fonctionner des véhicules électriques que des véhicules à essence. On aura besoin de plus d'électricité. C'est certain, mais il y a un énorme potentiel au niveau des énergies renouvelables telles que l'énergie éolienne, l'énergie solaire...
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PCC (AB)
La question demeure: où allons-nous trouver cette électricité?
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Lib. (ON)
Je vais devoir vous interrompre tous les deux, malheureusement. Nous avons légèrement dépassé le temps.
Nous allons passer à M. Weiler.
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Lib. (BC)
Merci, monsieur le président.
J'aimerais également remercier tous les témoins qui se sont joints à nous aujourd'hui.
J'aimerais reprendre là où mon collègue a terminé son intervention en posant quelques questions à M. Breton, de MEC.
J'ai eu l'occasion de parcourir certaines de vos requêtes, et elles semblent vraiment viser à stimuler la demande au Canada pour les VE. Je n'ai pas vu beaucoup de rapports sur les ressources naturelles et comment cela cadre dans tout cela, si bien que j'ai hâte de voir votre nouveau rapport que vous avez mentionné plus tôt dans votre déclaration liminaire.
Votre conseil est un groupe très diversifié — services publics, infrastructures de recharge pour VE, fabricants de VE, entreprises minières — et c'est un bon exemple de la façon dont tout l'écosystème travaille ensemble ou devrait travailler ensemble.
À ce comité, jusqu'à présent, on nous a dit que nous avons bon nombre des minéraux essentiels dont nous avons besoin au Canada, mais il y a une occasion pour la transformation et l'ajout de valeur. Comment pouvons-nous nous assurer que ce qui est extrait ici au Canada est également transformé au Canada et non pas seulement expédié à l'étranger en tant que matières premières pour qu'elles reviennent ensuite comme produits finis?
Daniel Breton
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Daniel Breton
2021-04-12 11:37
C'est une très bonne question. C'est pourquoi nous annoncerons en mai la création de l'alliance de la chaîne d'approvisionnement des véhicules zéro émission, dont Propulsion Québec fera partie. Nous devons travailler ensemble à l'élaboration d'une stratégie nationale si nous ne voulons pas commettre les mêmes erreurs que celles que nous avons commises par le passé avec le bois, par exemple, ou le pétrole. Nous voulons raffiner autant de produits que possible au Canada ainsi que travailler en partenariat avec les États-Unis.
Comme l'a très bien dit Sarah Houde, les Européens progressent avec une stratégie européenne. Les Chinois sont en tête de file. Si nous voulons avoir une stratégie canadienne ou nord-américaine, nous devons nous assurer que tous les acteurs clés au Canada travaillent ensemble et voient la grande [Difficultés techniques] possibilité pour le Canada de devenir un acteur clé dans le monde.
Mais nous devons avoir un plan. Nous n'en avons pas encore. Nous n'avons pas encore de stratégie en matière de mobilité électrique. C'est pourquoi nous pensons que le fait de travailler avec le gouvernement canadien et les provinces permettra de faire en sorte que les gens voient l'excellente possibilité qui s'offre à nous en ce moment, mais nous n'avons pas cinq ans pour agir. Je peux vous le dire, parce qu'en ce moment, les choses bougent très vite dans le monde. Les choses bougent vraiment vite, surtout avec l'arrivée au pouvoir de l'administration Biden, alors nous devons agir rapidement. C'est maintenant qu'il faut le faire.
Voir le profil de Patrick Weiler
Lib. (BC)
Je vous sais gré de cette réponse. Je pense que nous voulons prendre garde de tomber dans le modèle IKEA, soit celui où nous nous contentons d'assembler les pièces ici. Le gouvernement du Canada a fait des investissements très stratégiques dernièrement, en Ontario et, plus récemment, au Québec, avec l’un de nos membres, Lion Électrique.
Je suis curieux de savoir où vous estimez que le gouvernement devrait faire des investissements stratégiques pour s'assurer que ces activités de transformation sont menées au Canada.
Daniel Breton
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Daniel Breton
2021-04-12 11:39
Nous devons nous assurer que les gens de tout le Canada voient la possibilité qui s'offre à eux. En Nouvelle-Écosse, nous avons de l'expertise. Nous en avons aussi au Québec, en Ontario, au Manitoba, en Alberta, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique. C'est pourquoi je pense que la meilleure façon pour nous d'avancer est, comme l'a suggéré Mme Houde, de trouver des moyens de coordonner nos actions pour nous assurer de ne pas travailler en vase clos. Je pense que le gouvernement canadien devrait investir dans la recherche et le développement, c'est clair, mais nous devons aussi investir dans les politiques pour assurer la transition, non seulement pour les minéraux et les métaux essentiels, mais aussi pour la formation et le recyclage des travailleurs.
Dans le document, j'ai oublié de mentionner que nous devrons former et recycler un grand nombre de personnes qui vont perdre leur emploi. Nous avons vu ce phénomène avec Kodak et Blockbuster. Nombre de nouvelles technologies sont perturbatrices, si bien qu'elles créent une nouvelle économie. Nous devons faire en sorte que le gouvernement canadien aide ces travailleurs à se former et à se recycler.
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Lib. (BC)
Tout à fait.
J'aimerais changer un peu de sujet et poser quelques questions à M. Blondal. J'ai eu la chance d'aller dans vos installations il y a environ un an et demi pour une annonce importante.
D'où provient le lithium que vous utilisez pour vos batteries au lithium-ion?
Dan Blondal
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Dan Blondal
2021-04-12 11:40
En tant qu'entreprise technologique, nous développons les méthodes de fabrication des matériaux cathodiques. Nous nous approvisionnons dans de nombreux secteurs. Nous n'en utilisons pas de grandes quantités dans nos laboratoires pour le moment. Nous n'avons pas l'intention de devenir producteurs. Nous sommes plutôt un fournisseur de technologie. C'est notre client qui s'approvisionnerait ensuite en grandes quantités de lithium, de cobalt, de nickel et de manganèse dans différentes régions.
La majeure partie du lithium mondial provient d'un petit nombre de régions centrales dans le monde. Il proviendra d'Amérique du Sud, du Chili et d'Argentine. Il y a évidemment beaucoup de lithium en provenance de Chine et d'Australie, et peut-être même du Canada, si nous arrivons à produire les volumes dont nous avons besoin. [Difficultés techniques] pour ce qui est de la provenance.
Nous préférerions que le lithium provienne du Canada. Nous préférerions que la production de cathodes se fasse au Canada. Nous pensons que nous pouvons non seulement la rendre plus efficace, mais aussi contribuer à réduire certains des coûts de conversion du lithium en matériau prêt à l'emploi pour les batteries, car notre procédé simplifie les processus intermédiaires.
Voir le profil de Patrick Weiler
Lib. (BC)
Pour enchaîner sur ce point, dans quelle mesure coordonnez-vous vos efforts et travaillez-vous en partenariat avec certains fabricants canadiens de véhicules électriques et d'autres entreprises de la chaîne d'approvisionnement?
Dan Blondal
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Dan Blondal
2021-04-12 11:41
L'essentiel de notre coordination se fait avec les grands fabricants d'équipement d'origine multinationaux. Nous sommes en relation avec les grands fabricants d'équipement d'origine américains, européens et asiatiques dans le domaine de l'automobile.
Nous travaillons aussi en amont avec les mineurs, dont un certain nombre de mineurs importants dans le monde. Du côté des métaux, nous collaborons avec l'ancienne société canadienne Inco, devenue Vale, des entités russes comme Nornickel ou la société australienne BHP.
Côté lithium, nous entretenons une relation au Chili avec le gouvernement chilien et travaillons avec ses producteurs de lithium.
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Lib. (ON)
Merci, monsieur Blondal. Je vais devoir vous demander de vous arrêter ici.
Monsieur Simard, la parole est maintenant à vous.
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BQ (QC)
Voir le profil de Mario Simard
2021-04-12 11:42
Merci, monsieur le président.
L'intervention de mon collègue M. McLean me permet aujourd'hui de comprendre un peu mieux pourquoi les conservateurs croient que les changements climatiques n'existent pas. Cela dit, je voudrais simplement lui faire remarquer que, au cours des quatre dernières années, 24 milliards de dollars ont été alloués à la filière pétrolière et gazière et que si l'électrification des transports obtient un jour un vingtième de cette somme, je serai l'homme le plus heureux du Québec.
La question suivante s'adresse à M. Cleary.
Je croyais que votre projet, chez nous, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, serait développé aux alentours de 2019, mais il a été repoussé. Il y a le contexte de la COVID-19, mais j'aimerais savoir pourquoi votre projet n'a pas été entamé au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Sean Cleary
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Sean Cleary
2021-04-12 11:43
Nous travaillons à obtenir les permis environnementaux et nous avons presque terminé. Nous avons obtenu un certificat d'autorisation tant pour la mine, qui se trouve près de Chibougamau, que le complexe métallurgique à Saguenay. De nombreuses conditions sont associées au développement responsable de ce projet sur le plan environnemental. Il est difficile de financer ces projets d'envergure. Les capitaux se font rares.
Comme je l'ai mentionné dans mes remarques liminaires, en général, les minéraux essentiels — surtout les minéraux de niche comme le vanadium et le titane, qui figurent sur la liste des minéraux essentiels — n'intéressent pas beaucoup les marchés de capitaux. Ils doivent être financés au privé et dans le cadre de partenariats public-privé. Nous avons travaillé avec l'ensemble de l'équipe des finances pour pouvoir le faire. Nous espérons avoir terminé au cours de l'année, mais le processus est en cours.
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BQ (QC)
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2021-04-12 11:44
Je vous remercie.
Ma prochaine question s'adresse à M. Breton.
Lors de votre présentation, vous avez dit que vous et divers partenaires feriez une annonce d'ici le mois de mai. Pourriez-vous nous en dire plus à ce sujet?
Daniel Breton
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Daniel Breton
2021-04-12 11:45
Nous travaillons depuis plusieurs mois afin de créer une alliance pancanadienne en matière d'électrification des transports pour la chaîne d'approvisionnement industriel. Nous considérons qu'il s'agit d'une occasion historique. En 2009, alors que GM et Chrysler étaient au bord de la faillite, les États-Unis leur ont fourni une aide en échange d'investissements dans l'électrification des transports. La même chose n'a pas été faite au nord de la frontière. À notre avis, on a laissé passer une occasion importante.
Douze ans se sont écoulés depuis et nous sommes en 2021. Selon nous, l'occasion se représente, mais il n'y en aura pas d'autres. En ce moment, le marché de l'électrification décolle partout dans le monde, notamment en Chine, en Europe et aux États-Unis. Une occasion historique se présente, et c'est ce pour quoi nous travaillons depuis des mois à réunir des acteurs importants, dont Propulsion Québec. Nous allons bientôt annoncer la participation d'autres acteurs, dont des travailleurs, des fabricants de pièces de véhicules automobiles et des compagnies minières. Nous voulons que tout le monde s'assoie à la même table pour entamer une discussion avec le gouvernement fédéral afin d'agir aussi efficacement et rapidement que possible. En effet, les prochains mois seront critiques.
Lorsqu'on compare les subventions aux véhicules électriques avec les subventions aux énergies fossiles, on oublie souvent de mentionner un élément. Un rapport de Santé Canada publié il y a quelques semaines dévoile que le coût de la pollution atmosphérique est de 120 milliards de dollars par année. Or 31 % des émissions de carbone noir, 33 % des émissions de monoxyde de carbone et 40 % des émissions d'oxydes d'azote proviennent des transports. Cela veut donc dire que l'électrification des transports permettra de diminuer non seulement les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi les dépenses de santé des Canadiens. Cela permettra de sauver des milliers de vies, car la pollution atmosphérique cause 15 300 morts par année, soit environ huit fois le nombre de morts causées par des accidents de la route. De plus, cela nous permettra d'économiser des milliards de dollars. L'électrification des transports est donc souhaitable pour des raisons économiques, mais aussi pour des raisons sanitaires.
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BQ (QC)
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2021-04-12 11:47
Je vous remercie.
S'il me reste un peu de temps, j'aimerais poser une autre question rapidement.
Vous avez dit que de 450 000 à 600 000 emplois directs et indirects seraient abolis si on mettait fin aux énergies fossiles. Comment peut-on récupérer ces emplois? Vous avez dit également que les nouvelles technologies pourraient générer 560 000 nouveaux emplois. N'y a-t-il pas là une occasion, même pour l'Alberta, de faire la transition vers une économie à faibles émissions de carbone?
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