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PCC (MB)
Merci, monsieur le président.
Monsieur Zilberbrant, le commentaire que vous avez formulé au sujet de la nécessité de créer des règles équitables à l'échelle nationale ainsi qu'à l'échelle internationale m'a intrigué. Je présume que votre entreprise mène des activités à l'échelle internationale et que cela s'appliquerait également à vous et à certains de vos matériaux.
Je suis seulement très curieux au sujet de l'importance de cette initiative, par exemple lorsque vous parlez des émissions de carbone et de la nécessité de les rendre équitables.
Pourquoi est-il si important que le Canada veille à établir des règles équitables, non seulement à l'échelle nationale, mais également à l'échelle internationale et surtout en ce qui concerne les pays avec lesquels nous devons faire des échanges commerciaux?
Greg Zilberbrant
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Greg Zilberbrant
2015-06-09 9:48
Je fais référence au fait que lorsqu'il s'agit d'un produit comme le ciment, nous sommes une entreprise fondée sur un produit et nous avons un volume et un tonnage très élevés. En ce qui concerne les règles équitables, c'est important à l'échelle internationale, car notre matériau peut être transporté sur de grandes distances, et d'autres usines de fabrication dans d'autres régions du monde peuvent également expédier leurs matériaux sur de grandes distances.
Les règles équitables concernent vraiment notre capacité de demeurer concurrentiels sur le marché national si l'on tient compte que d'autres pays ne subissent peut-être pas les mêmes effets en ce qui concerne le mécanisme lié au carbone et qu'ils sont en mesure de vendre leurs produits au Canada.
Thang Nguyen
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Thang Nguyen
2015-06-04 13:06
Bonjour, monsieur le président et bonjour, distingués membres du sous-comité.
L'an dernier, j'ai comparu devant le sous-comité pour parler de la traite des travailleurs vietnamiens dans quelque 40 pays, notamment la Malaisie, Taïwan, la Jordanie, la France, l'Angleterre, Chypre, et même les États-Unis, et l'Algérie, le Ghana, et de nombreux autres pays.
Cette forme d'esclavage de l'ère moderne est ancrée dans le programme officiel d'exportation de main-d'oeuvre du gouvernement vietnamien. Aujourd'hui, j'aimerais parler de l'enjeu plus vaste des droits des travailleurs dans le contexte des négociations en cours dans le cadre du PTP, le Partenariat transpacifique, dans lequel le Canada est un partenaire de négociation.
Au début de 2014, nous avons invité la mère de Do Thi Minh Hanh à comparaître devant le Congrès américain. Do Thi Minh Hanh est une organisatrice syndicale. Elle purgeait une peine d'emprisonnement pour sa participation à l'organisation de syndicats au Vietnam. Cette audience et les actions revendicatrices efficaces entreprises par les syndicats ont galvanisé près de 200 membres du Congrès américain à faire du droit des travailleurs vietnamiens de former des syndicats libres et indépendants un élément principal de l'accord du PTP.
Le mois dernier, même le président Obama a affirmé publiquement qu'il s'agit d'une condition préalable à la participation du Vietnam au PTP. Le Vietnam est le seul partenaire de négociation du PTP qui interdit les syndicats libres et indépendants. Tous les organisateurs de syndicats indépendants au Vietnam ont été emprisonnés ou ont dû s'enfuir dans d'autres pays afin d'éviter l'arrestation.
Il y a 12 mois, nous avons lancé une campagne pour faire de la liberté religieuse un objectif des négociations liées au PTP. Il y a quelques semaines, le 22 mai, le Sénat américain a adopté la trade promotion authority, une procédure accélérée, dont le libellé précise que la liberté religieuse est l'une des priorités des négociations commerciales.
Nous prions la Chambre des représentants des États-Unis d'adopter immédiatement le même amendement. S'il est adopté, ce sera la première fois dans l'histoire des États-Unis que la liberté de religion représentera un objectif de négociation commerciale. C'est important, car le PTP ne sera pas seulement un autre accord commercial, comme son nom le suggère; il fera également savoir au reste du monde que ses membres considèrent les autres signataires comme étant des partenaires dignes de confiance.
Ainsi, l'adhésion au PTP ne devrait pas être offerte aux gouvernements qui répriment brutalement l'expression de la religion. La répression de la religion se poursuit au Vietnam. Dans de nombreuses provinces, on force fréquemment les gens à renoncer à leur foi. Le catholicisme est pratiquement interdit dans les trois provinces nordiques de Dien Bien, Son La, et Lai Chau. Des dirigeants religieux et leurs disciples ont été agressés physiquement ou même torturés — et certains à mort.
Nous estimons que de 150 à 200 personnes sont actuellement emprisonnées en raison de leur foi. L'assemblée nationale vietnamienne envisage d'adopter la première loi du pays sur la religion. L'ébauche actuelle stipule que toutes les activités menées par des groupes religieux, même dans des résidences privées, doivent être préalablement enregistrées et approuvées par le gouvernement.
Il sera difficile pour le gouvernement américain, ou pour n'importe quel gouvernement dans le monde libre, de justifier l'établissement d'un partenariat avec un régime aussi répressif. C'est pourquoi je prie la Chambre des communes du Canada, par l'entremise de votre comité, d'appuyer nos efforts en vue d'utiliser les négociations commerciales en cours pour promouvoir les droits de la personne au Vietnam, surtout le droit des travailleurs de former des syndicats libres et indépendants, et le droit de tous les citoyens à la liberté de religion. Après tout, le commerce devrait contribuer à la formation d'un monde meilleur, et non à renforcer le pouvoir des tyrans.
Merci.
Francisco Suarez Davila
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S.E. M. Francisco Suarez Davila
2015-06-02 11:05
Merci, monsieur le président.
C'est vraiment un privilège de participer à ces audiences organisées par le Comité des affaires étrangères au sujet des questions susceptibles d'être débattues au cours du prochain Sommet des leaders nord-américains. Les événements et les idées ont bien sûr beaucoup évolué depuis la dernière fois que j'ai eu le plaisir de me trouver au Parlement, en fait au Sénat, l'année dernière, mais je crois que ces changements ont été dans l'ensemble bénéfiques.
Bien sûr, nous faisons face à des défis, anciens et nouveaux, dont quelques-uns pourront être résolus dans le court terme et d'autres qui appellent des solutions à long terme. Je pense qu'il y a trois événements en particulier qui sont de bonnes nouvelles. Le Canada et le Mexique, agissant de concert, tentent avec un certain succès d'amener les États-Unis à rapporter les mesures protectionnistes qu'ils ont prises à propos de l'étiquetage COOL (étiquetage relatif au pays d'origine). C'est vraiment une excellente nouvelle. Nous travaillons également avec le Canada dans le cadre des négociations sur le PTP. Nous avons fait également des progrès significatifs sur la question fort complexe de l'ISIS.
Je vais essayer de faire très rapidement 10 remarques, qui portent sur les principaux sujets qui sont, d'après moi, essentiels pour l'agenda nord-américain.
Premièrement, et cela est évident, il y a la collaboration en matière d'énergie. Je pense que c'est le principal vecteur de la collaboration trilatérale. Bien sûr, il y a de nouveaux facteurs, dont l'un est la baisse du prix du pétrole. À court terme, cela a eu pour effet de réduire l'appétit des investisseurs, en particulier pour les forages en eau profonde et la fracturation pour le pétrole de schiste. Le programme énergétique mexicain est en train d'être intégralement mis en oeuvre. Il va falloir lui apporter quelques modifications parce que les investissements ne vont pas viser l'exploration en eau profonde ou le pétrole de schiste, mais plutôt les secteurs plus faciles.
Les trois ministres de l'Énergie se sont rencontrés pour la première fois à Washington à la fin de l'année dernière, pour mettre en place, pour la première fois encore, un programme de travail. Un aspect important consiste à en arriver à un point de vue commun sur l'évolution du secteur de l'énergie à moyen terme, en ce qui touche les possibilités. Le Mexique considère que l'énergie est un vecteur qui fait progresser le processus d'industrialisation. En particulier, nous pensons que l'essence bon marché va donner à la région un avantage concurrentiel dans le secteur de l'industrie et dans ceux de l'automobile et de l'aérospatiale. Cet aspect est à l'origine de nombreux investissements.
La semaine dernière, il y a eu une deuxième réunion ministérielle des trois ministres de l'Énergie qui ont travaillé ensemble sur le changement climatique, les technologies en matière d'énergie propre, l'efficacité énergétique et la capture du carbone. La production d'électricité est souvent oubliée. On parle beaucoup de pétrole, dans le cas du Mexique, mais la production électrique et le passage du pétrole au gaz vont exiger des investissements importants de l'ordre de 90 milliards de dollars. Un autre secteur dans lequel nous travaillons en étroite collaboration avec le Canada est celui des bonnes pratiques en matière de réglementation du gaz de schiste, de la pollution de l'eau et des déchets. Nous travaillons très étroitement dans ce domaine avec les autorités de réglementation de l'énergie en Alberta.
Nous effectuons déjà des investissements importants pour les gazoducs et les oléoducs au Mexique, et aussi, pour les relier à la frontière. Le Mexique va construire 10 000 kilomètres de pipelines qui représentent environ un investissement de 20 milliards de dollars. Des sociétés canadiennes comme TransCanada et ATCO travaillent déjà sur quelque 2 000 kilomètres de pipeline, ce qui correspond à la taille du pipeline Keystone. Cela est déjà en place.
Le domaine des négociations concernant les échanges commerciaux est un domaine très important. J'ai mentionné que nous travaillions ensemble pour faire rapporter les mesures qu'ont prises les États-Unis à propos du COOL, mais nous travaillons également en étroite collaboration avec le Canada pour faire progresser les négociations sur le PTP. Le Mexique fait preuve d'un optimisme prudent, mais nous pensons que nous devrions pouvoir conclure l'entente d'ici la fin de l'année. Nous considérons le PTP comme une façon d'augmenter nos échanges commerciaux avec l'Asie, comme vous le pensez, mais également comme la façon la plus facile de mettre à jour et d'améliorer l'ALENA pour en faire un traité de deuxième génération, à la pointe de ce genre de traités.
Nous avons deux principales préoccupations qui, d'après moi, sont probablement les principaux obstacles. Si le Congrès des États-Unis n'adopte pas une procédure accélérée, je crois que cela ne se fera pas. La deuxième préoccupation est le risque que le Congrès des États-Unis complique les négociations en les faisant porter sur des questions qui ont bien sûr une certaine importance, mais qui concernent un agenda interne et qui n'ont rien à voir avec le commerce. Pensez à la liberté religieuse et à la question de savoir si nous sommes favorables à la liberté religieuse. Cela n'a rien à avoir avec les échanges commerciaux et cela va imposer des coûts à d'autres pays — pas pour nous, évidemment.
Le protectionnisme intellectuel menace. Nous sommes évidemment favorables à la propriété intellectuelle, mais une protection d'une durée d'un siècle pour la propriété intellectuelle est peut-être un peu excessive. Cela pourrait toucher des domaines comme les produits pharmaceutiques, qui ont besoin d'une période de protection plus courte. Il y a bien sûr les suspects habituels pour les produits comme les vêtements et les produits laitiers, comme je l'ai mentionné, mais nous pensons que nous pourrons en arriver à une entente d'ici la fin de l'année.
Je ne mentionnerais pas la concurrence transfrontalière. Je pense que mes collègues du Conseil canadien des chefs d'entreprise ont fait un travail considérable. Je pense toutefois que, dans ce domaine, nous travaillons un peu les uns contre les autres.
Il y a deux commissions frontalières. Il y a une commission frontalière et l'autre, est une commission de réglementation. L'une concerne les États-Unis et le Canada et l'autre les États-Unis et le Mexique. Il y a des questions frontalières qui, dans une certaine mesure, sont particulières à certains pays, mais d'autres sont communes. Je crois que nous sommes en train d'en arriver à une certaine convergence de nos efforts.
Pour ce qui est des investissements dans les infrastructures, les trois pays n'ont pas fait suffisamment d'efforts le long de nos frontières et à l'intérieur de nos frontières. Nous avons un vaste programme s'élevant à 600 milliards de dollars. Là encore, nous allons travailler sur les routes, les chemins de fer et les ports. Il y a un méga projet fantastique pour Mexico, qui a été conçu par Norman Foster. Des sociétés canadiennes comme Bombardier sont actives dans ces domaines.
Les Mexicains sont très intéressés à travailler sur les corridors logistiques. Il y a un corridor logistique évident qui va de Winnipeg au Mexique en passant par le centre des États-Unis; des investisseurs sont intéressés par le CentrePort de Winnipeg. Je pense que certains des autres intervenants l'ont dit; je crois que la NADB n'a de nord-américaine que le nom. C'est une institution qui a les moyens d'investir dans les trois pays dans les infrastructures et l'environnement.
Il me paraît essentiel d'investir dans l'innovation et l'éducation, il me paraît essentiel d'investir dans ces domaines. Les liens dans le domaine de l'éducation manquent cruellement, malgré les grands progrès qui ont été réalisés dans le domaine commercial et celui des investissements. Les trois pays sont maintenant en train de travailler sur des programmes pertinents qui ont précisément pour but d'augmenter le nombre des bourses et celui des ententes entre universités et entreprises pour promouvoir les produits conjoints pour les investissements et la technologie. Nous allons travailler avec le Canada et avec la Section de l'éducation internationale du Canada sur une entente relative à la science et la technologie entre le Canada et le Mexique.
La mobilité des personnes est une notion plus vaste et moins sensible politiquement que la mobilité des travailleurs. Nous sommes très heureux des décisions que le gouvernement canadien a prises récemment, et comme la lettre de votre premier ministre à notre président le dit, cette décision supprime l'exigence d'un visa pour un grand nombre de Mexicains. Comme vous le savez, cela veut dire qu'un visa ne sera plus obligatoire dans tous les cas ou il sera alors remplacé par un document nouveau, à savoir un titre de voyage électronique. Nous sommes tout à fait en faveur de cette mesure. Il y a encore quelques questions à régler. Je pourrais peut-être vous en parler plus tard. Les trois chefs de gouvernement ont déjà pris la décision politique d'intégrer le programme nord-américain des voyageurs de confiance avec les programmes NEXUS, Global Entry et SENTRI.
Le programme des travailleurs agricoles saisonniers entre le Mexique et le Canada est un succès depuis 40 ans. Nous avons travaillé en particulier avec certaines provinces de l'Ouest qui souffrent d'une grave pénurie d'ouvriers semi-qualifiés et nous espérons réaliser certains progrès de sorte que les ententes qui seront éventuellement signées faciliteront le déplacement des ouvriers semi-qualifiés dont ont besoin les provinces de l'Ouest.
Nous sommes convaincus que nous ne pourrons pas progresser si les actions diplomatiques ne visent pas les gouverneurs et les premiers ministres. Heureusement, pour la première fois, il y a eu au Colorado, au mois de novembre, une réunion des gouverneurs et des premiers ministres des trois pays, ce qui est une excellente chose pour préparer le sommet. Je pense que nous devons collaborer à l'échelle de notre continent et que le Mexique et le Canada devraient collaborer avec Cuba dans son processus de transition; nous devons également collaborer avec l'Amérique centrale et Haïti. Si nous ne le faisons pas, je crois que nous connaîtrons des problèmes qui ne pourront être résolus qu'avec beaucoup de recul.
Je tiens à souligner que notre point de départ, notre meilleur programme économique, est l'Amérique du Nord, elle-même. Les échanges commerciaux au sein de l'Amérique du Nord s'élèvent à plus de 1 000 milliards de dollars, ce qui est supérieur au commerce avec les pays de la PTP qui est de, si on exclut évidemment les États-Unis et le Canada, 800 millions de dollars.
Les échanges commerciaux avec l'Europe sont moins intenses qu'à l'intérieur de l'Amérique du Nord. Notre principale priorité est de rendre notre région plus dynamique et plus compétitive. Les pays d'Amérique du Nord comptent bien évidemment parmi les pays les plus importants et les plus dynamiques au monde. En 2013, Mexico se plaçait au huitième rang des économies mondiales. Je pense qu'il n'est pas possible de considérer cela comme une question d'échanges commerciaux. Cela concerne les chaînes de valeur et dans celles-ci, les échanges intrarégionaux sont très importants.
Je ferais remarquer qu'il apparaît une tendance générale voulant que, dans certains secteurs, le Mexique ne soit pas considéré comme un acteur complémentaire, mais plutôt comme un concurrent, en particulier dans le secteur de l'automobile. Je pense qu'il faudrait élaborer une bonne explication pour convaincre les gens que cela n'est pas dû au coût de la main-d'oeuvre. Il s'agit de la productivité générale et de toute une série d'autres facteurs, mais les industries automobiles et aérospatiales en Amérique du Nord sont intégrées. Les voitures produites au Mexique contiennent des pièces provenant du Canada et des États-Unis.
Je vais terminer avec quelques remarques, pour conclure.
Je viens de passer deux hivers complets en qualité d'ambassadeur du Mexique au Canada et je tiens à conclure sur une note personnelle positive et également optimiste; je suis bien évidemment encouragé par l'arrivée de l'été après avoir survécu à deux hivers particulièrement rudes. Après tout cela, le reste importe peu. Je peux être positif et je peux être optimiste.
Pour ce qui est de l'avenir des sociétés nord-américaines, j'ai parlé de toute cette question pendant cette période avec des sceptiques favorables au bilatéralisme qui regardent vers le passé, avec des enthousiastes axés sur le trilatéralisme qui regardent vers l'avenir, avec ceux qui mesurent les résultats en y voyant un verre à moitié plein et d'autres, un verre à moitié vide.
Les 20 années de mise en application de l'ALENA ont, à mon avis, débouché sur des résultats considérables, mais ce vieux traité a pris de l'âge et il est un peu ridé. Je pense que depuis les deux dernières années, il s'est fait sentir un esprit de renouveau. Les gens comme l'ancien secrétaire George Shultz en ont parlé, récemment dans certaines instances, comme une grande puissance économique nord-américaine. On peut comparer cela avec la stagnation que connaissent l'Europe et le Japon ainsi que les pays émergents, dont le rythme de croissance a ralenti.
Je crois que nous disposons de nouveaux vecteurs de croissance. Il y a l'énergie. Il y a les négociations commerciales. Il y a les investissements dans les infrastructures. Le Mexique est en train de devenir un nouveau vecteur de croissance, puisqu'il enregistre des taux de croissance de 4 à 5 % et il y a une résurgence de l'industrie manufacturière dans les régions, de nouvelles idées et de nouvelles études. À mon avis, la relation entre le Canada, le Mexique et les États-Unis s'est bien développée et couvre une large gamme de domaines, avec une intégration accrue et un nombre croissant d'acteurs provenant du milieu des affaires, de penseurs, de gouvernements municipaux et provinciaux, des instances, de mécanismes institutionnels comme le Partenariat Canada-Mexique. De nouveaux vols arrivent tous les jours et il se fait de grands investissements dans ces deux pays. Bimbo est en train d'investir au Canada. Je pense qu'il importe peu que les hauts dirigeants de ces pays soient également occupés par des questions électorales. Nous nous connaissons de mieux en mieux. Il y a bien sûr des obstacles et certains problèmes, mais nous avançons à des vitesses différentes selon les questions soulevées. Ce n'est pas quelque chose de renversant, mais je pense qu'il y a une dynamique et des progrès constants.
Permettez-moi de terminer en félicitant particulièrement votre comité pour sa large vision et la clairvoyance dont il fait preuve en regroupant ces idées bien avant la tenue du sommet. Je vous félicite vraiment, parce que je crois que vous avez une véritable vision à long terme.
Je vous remercie de m'avoir invité.
Eric Miller
Voir le profil de Eric Miller
Eric Miller
2015-06-02 11:18
Merci, monsieur le président.
Merci aux membres du comité de m'avoir invité et de s'intéresser à cet important sujet.
Le Conseil canadien des chefs d'entreprise est un organisme composé des PDG des sociétés les plus importantes au Canada. Ces entreprises sont responsables de la plupart des exportations, des investissements et de la recherche-développement au pays.
Les sociétés qui sont membres du Conseil canadien des chefs d'entreprise administrent ensemble six 6 000 milliards d'actifs et ont des revenus annuels de plus de 800 milliards de dollars dans tous les secteurs de l'économie canadienne.
Cela fait plus de 20 ans que le Canada, les États-Unis et le Mexique ont supprimé la plupart des barrières qui existaient entre nos économies grâce à l'Accord de libre-échange nord-américain, et pourtant, au cours des années qui ont suivi, nous n'avons constaté que peu de changements dans nos cadres transfrontaliers. La compétitivité économique exige que l'on fasse des efforts constants, et non pas des efforts isolés même s'ils sont audacieux, et nos ententes commerciales doivent également évoluer.
Avec l'arrivée du Sommet des leaders nord-américains, le conseil a décidé de présenter nos idées sur la façon dont nous pourrions concrètement améliorer la compétitivité du continent. Cela a débouché sur ce document que certains d'entre vous ont peut-être vu, intitulé Made in North America, et qui propose 44 recommandations concrètes sur la façon de renforcer la compétitivité de notre continent. Ce document a été élaboré après la tenue de consultations à Ottawa, ainsi qu'à Washington et à Mexico.
Nos recommandations s'appuient sur la réalité actuelle qui est qu'aucun pays de l'Amérique du Nord ne dispose des moyens financiers qui lui permettent de procéder à de nouvelles affectations importantes, et qu'il n'est pas prévu à notre époque de créer de nombreuses autres institutions. Nous avons identifié des initiatives que nous pouvons mettre en oeuvre avec les moyens dont nous disposons et nous avons constaté que nous pouvons faire beaucoup de choses.
Dans les années qui ont suivi l'ALENA, le Canada a oscillé entre privilégier des ententes trilatérales approfondies avec les États-Unis et le Mexique et des ententes bilatérales approfondies avec les États-Unis. Cela constitue un faux choix. Il est préférable d'appliquer le principe de la subsidiarité. Nous allons adopter des politiques transfrontalières au niveau approprié, qu'elles soient trilatérales, bilatérales ou régionales ou concernent les États et les provinces. Le pragmatisme et la rentabilité devraient être à l'avenir au coeur de notre programme de renforcement de notre compétitivité en Amérique du Nord.
Le gouvernement canadien se prépare à accueillir plus tard cette année le Sommet des leaders nord-américains et l'on peut se demander quels sont les points qui devraient figurer à l'ordre du jour; une amélioration importante serait de faire entrer la frontière dans l'âge du numérique. Une meilleure communication des données peut créer un nouveau partenariat entre le secteur public et le secteur privé. Si ce projet était exécuté correctement, il pourrait améliorer à la fois la sécurité aux frontières et l'efficacité de la chaîne d'approvisionnement.
De nombreuses entreprises pensent que les technologies de visualisation de la chaîne d'approvisionnement, qui leur permettent de suivre globalement les réseaux de production ainsi que l'application des analyses effectuées à partir de mégadonnées pour prévoir les comportements dans ce domaine, seront essentielles à l'avenir. Pourtant, si vous examinez la façon dont nous faisons les choses aujourd'hui, les sociétés font à l'heure actuelle des déclarations légales au sujet de l'origine des marchandises qu'elles importent et le fait qu'elles sont conformes à la réglementation et le restent, en se fondant sur des renseignements qui ne proviennent pas d'elles ou qu'elles n'ont pas vérifiés. Pourquoi? Parce qu'il y a 20 ans, lorsque ces règles ont été adoptées, nous n'avions pas la technologie qui permettrait de suivre avec précision les intrants de fabrication en remontant trois ou quatre étapes en Chine ou ailleurs, de sorte que nous avons incité les sociétés à surveiller efficacement leurs chaînes d'approvisionnement en les menaçant de leur imposer des amendes très lourdes si l'information figurant sur leurs déclarations n'était pas exacte, même si elles n'avaient eu aucunement l'intention de fournir de l'information inexacte. En 2015, nous avons maintenant la technologie qui permet de surveiller à distance et de prédire ce qui se passe dans nos chaînes d'approvisionnement. Le problème est que cela coûte cher.
Pour en arriver à cette nouvelle entente entre le secteur privé et le secteur public, que devrions-nous faire? Le gouvernement fédéral devrait commencer par lancer une série de projets pilotes intersectoriels avec les sociétés qui sont disposées à visualiser leurs chaînes d'approvisionnement et à communiquer leurs données et leurs analyses. Les entreprises participantes seraient exemptes de toutes pénalités, sauf, bien entendu, dans les cas de fraude ou de malversation, et elles auraient peut-être droit à une exemption pour certains droits de douane et frais. Autrement dit, elles s'adresseraient à votre commission et présenteraient un projet d'investissement expliquant pourquoi elles ont pris ces mesures. Après un certain nombre d'essais, les leçons apprises seraient intégrées à un programme destiné à toutes les entreprises exerçant des activités au Canada et ensuite, bien sûr, nous tenterions de travailler avec nos partenaires aux États-Unis et au Mexique pour étendre ces pratiques à l'ensemble de l'Amérique du Nord.
En appliquant ce genre de règles, le secteur privé en apprendrait beaucoup plus au sujet de ce qui se passe dans leurs chaînes d'approvisionnement individuelles et des chaînons où ils pourraient obtenir des gains d'efficacité. De son côté, le gouvernement aurait accès pour la première fois à des quantités considérables de données structurées qui décriraient comment les marchandises entrent au Canada, en ressortent ou transitent par ce pays. Bref, ce partenariat public-privé renforcé faciliterait en fait les échanges commerciaux et créerait une sécurité intelligente.
La technologie peut également offrir des avantages du côté des voyageurs. Nous savons tous que NEXUS est un excellent programme. Nous pensons que c'est là une excellente base qui pourrait offrir beaucoup d'autres avantages. À l'heure actuelle, ce programme dit au gouvernement qui est en train de traverser les frontières, mais pas pourquoi.
Une des questions les plus complexes en matière de politique frontalière est l'approche à adopter pour les hommes d'affaires qui voyagent et qui, quand ils arrivent à la frontière, se font poser cette question terrifiante « Est-ce que vous travaillez? » À la suite de la fermeture des bureaux de Citoyenneté et Immigration aux États-Unis, de plus en plus d'hommes d'affaires et autres voyageurs qui veulent savoir s'ils peuvent entrer ou non dans le pays voisin doivent se rendre tout simplement à la frontière, ce qui a donné lieu à la randomisation du traitement des demandes d'entrée.
Le Department of Homeland Security des États-Unis demande que soit élaboré un programme appelé le programme des employeurs fiables. Le Canada peut faire la même chose. La solution consisterait en fait à étendre cette même vision qui propose d'utiliser la technologie pour améliorer l'efficacité. Il faudrait se servir de la plateforme NEXUS pour la compléter avec des renseignements concernant les déplacements. Vous pourriez demander à votre avocat général de faire inscrire: « Je vais traverser la frontière maintenant et voici la justification juridique de ce que je fais ».
Les expéditions de cargaison nous ont appris que le franchissement de la frontière était beaucoup plus efficace si l'information était fournie à l'avance. Nous allons faire la même chose avec les voyageurs fréquents.
Le rapport présente bien entendu une série d'autres mesures que je serai heureux d'aborder au moment des questions et réponses. Nous parlons de restructurer le travail effectué à la frontière pour en améliorer l'efficacité, grâce à des partenariats publics et privés susceptibles d'améliorer grandement les infrastructures frontalières, en travaillant avec le secteur de l'automobile pour réduire de façon significative les formalités administratives qui touchent les automobiles construites en Amérique du Nord, en choisissant quelques domaines où la coopération entre le Canada et les États-Unis en matière de réglementation a été un succès et en essayant de trilatéraliser ces solutions avec le Mexique en faisant en sorte que les règles d'origine entre le Canada, les États-Unis et le Mexique prévues par les ententes de libre-échange avec l'Europe correspondent.
J'aimerais toutefois conclure ainsi. L'Amérique du Nord a le potentiel d'être la région de l'économie mondiale la plus dynamique et la plus prospère pendant encore des années. Qu'il s'agisse d'énergie, d'innovation ou de bonne gouvernance, nous avons tous les ingrédients pour réussir. Tout ce qui nous manque, c'est la volonté d'agir. Pour être parmi les premiers au XXIe siècle, il faut être plus intelligent, non seulement dans la conception des politiques, mais dans l'application des procédures et des règlements correspondants et des systèmes technologiques. Nous devrions nous engager aujourd'hui pleinement à profiter de cette possibilité.
Voir le profil de Marc-André Morin
NPD (QC)
On parle des programmes d'aide à l'exportation, mais des politiques gouvernementales peuvent aussi constituer des obstacles. Par exemple, il y a, dans mon comté, une compagnie spécialisée dans l'adaptation de jeux vidéos, Enzyme. J'ai été témoin d'un problème. Cette compagnie adaptait des jeux vidéos en langue kazakhe et elle avait besoin de spécialistes de programmation en kazakh. Si on annonce un tel poste au centre d'emploi de Saint-Jérôme, on ne trouvera personne, c'est certain.
N'y aurait-il pas lieu d'avoir une politique de développement de l'industrie au Canada, afin de permettre aux entreprises d'émerger et de survivre localement? Par après, on pourra penser à l'exportation.
Corinne Pohlmann
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Corinne Pohlmann
2015-05-04 16:41
Vous parlez de tous les autres enjeux sur lesquels nous travaillons au sein de notre organisation.
Nos propres données nous indiquent qu'une grande partie des entreprises — environ 60 % — n'exporteront jamais parce que leur produit n'est tout simplement pas exportable. Cependant, il est certain que les obstacles causés par les lourdeurs administratives au Canada et par les normes... Même au Canada, il peut exister des obstacles au commerce interprovincial. Je crois qu'il faut éliminer ces obstacles aussi rapidement que nous essayons d'éliminer les entraves au commerce international.
Pour la première fois, le travail qui s'effectue sur le plan du commerce international est prometteur. Il ne devrait pas être plus facile de faire des affaires aux États-Unis que dans une autre région du Canada. Nous devrions encourager les entreprises à commercer davantage au Canada, mais certaines d'entre elles ont de la difficulté à le faire parce qu'il existe encore trop d'obstacles.
Voir le profil de Don Davies
NPD (BC)
Je pense que l'administration Obama travaille à porter les tarifs à zéro pour tous les biens et services écologiques afin de stimuler le secteur. Non seulement est-ce bon pour les affaires, mais c'est bon aussi pour l'environnement.
Pour ma dernière intervention, j'aimerais donner à chacun une minute. Je suis en train de jouer le rôle...
Le président: Il ne vous reste qu'une minute.
M. Don Davies: Il me reste une minute, donc vous avez 15 secondes chacun. Si vous pouviez ne faire qu'une chose, si vous ne pouviez conseiller qu'une chose au gouvernement pour aider les PME à intensifier leurs échanges internationaux, qu'est-ce que ce serait?
Nous allons commencer par vous, monsieur Turi.
Philip Turi
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Philip Turi
2015-05-04 17:01
Évidemment, il est extrêmement important de continuer d'ouvrir de nos marchés, donc il faut continuer d'investir dans l'ouverture de nouveaux marchés. C'est crucial. Pour ce qui est du financement direct, je reviens à ce que j'ai déjà dit. Ne mettons pas trop d'obstacles, ne créons pas de limites de taille et d'expérience, misons sur le potentiel d'exportation de chaque projet. Il ne faut pas nécessairement créer un fonds gigantesque qui finance des milliers d'entreprises. Je pense que si l'on met l'accent sur les petites entreprises à plus grand impact, plus grand potentiel, on a une meilleure chance d'avancer.
Joy Nott
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Joy Nott
2015-05-04 17:02
Je dirais: publicité, publicité et publicité. Non, cela ne veut pas nécessairement dire des gros budgets et des annonces à la télévision. Ce n'est pas ce que je dis. Il y a des choses comme Facebook et Twitter. Il y a toutes sortes de choses qui existent. Il faut faire connaître les services disponibles.
Corinne Pohlmann
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Corinne Pohlmann
2015-05-04 17:02
Il faut réduire les obstacles au commerce. En fin de compte, c'est ce qui a le plus d'incidence sur une petite entreprise. Qu'on parle d'un accord de libre-échange ou de l'importation au Canada par l'ASFC, il faut essayer de les réduire autant que possible.
Terry Bergan
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Terry Bergan
2015-04-29 15:52
Merci, mesdames et messieurs.
Je vous ai remis un document d'information assez volumineux, alors je vais le survoler rapidement.
International Road Dynamics est une petite entreprise spécialisée dans la technologie qui a été créée par nous trois dans les années 1980. Nous sommes passés de la R-D et de la démonstration de nos produits à la commercialisation de nos produits sur le gigantesque marché des systèmes de transport intelligents. Nos systèmes de pesage routier permettent l’automatisation des autoroutes, contribuant ainsi à l’efficacité et à la sécurité du réseau de transport routier et à la réduction des gaz à effet de serre.
Notre entreprise est présente partout dans le monde. Nous avons des filiales aux États-Unis, au Mexique, au Chili, au Brésil, en Inde et en Chine. Certaines sont en propriété exclusive et d'autres sont en coentreprise avec des partenaires locaux. Aujourd’hui, nous exportons dans 76 pays. Depuis sa constitution en société, IRD a livré des biens et des services d’une valeur de plus de 700 millions de dollars canadiens, dont environ 95 % proviennent des exportations.
Dans mon mémoire, je parle davantage de ce qui se passe sur le terrain. Je dirige le volet international de notre entreprise, c'est-à-dire tout ce qui est à l'extérieur de l'Amérique du Nord. Nous considérons le Canada et les États-Unis comme notre marché intérieur. Cela dit, il y a quand même une grande différence entre faire des affaires aux États-Unis et au Canada, puis aux États-Unis et dans le reste du monde. On constate des différences entre les diverses régions du monde. Grâce à notre filiale au Chili, nous faisons des affaires partout en Amérique latine, et depuis que nous sommes installés en Chine et en Inde, nous avons étendu nos activités dans ces régions également.
Au fil des années, nous avons profité des nombreux programmes destinés à accroître les exportations, tels que les missions commerciales, qui sont de la plus grande importance, et je ne le dirai jamais assez. Dans de nombreux pays, le fait qu’un représentant du gouvernement fasse les présentations et soit présent lors d’une visite auprès d’un client potentiel peut procurer un avantage considérable, tout comme il est important que je sois accompagné d'un représentant fédéral, provincial ou municipal lorsque j'emmène des acheteurs étrangers au Canada.
Nous avons pris part à des missions d'Équipe Canada. Nous avons accompagné le premier ministre Harper en Inde. Cela nous a donné une grande visibilité. Cette aide nous a été, à titre de PME, d’une valeur inestimable. Elle nous a permis de bonifier notre budget limité afin d'explorer et de développer de nouveaux marchés. Dans le secteur des technologies, on ne dispose pas de beaucoup de temps pour se faire connaître. Il faut saisir les occasions si on ne veut pas passer à côté d’un important débouché.
Nous apprécions grandement le travail des consulats et des ambassades. C’est toujours avec les délégués commerciaux que nous communiquons en premier lieu. Je l'ai fait en 1980 et je le fais encore aujourd'hui. Nous collaborons avec des ambassadeurs et des délégués commerciaux partout où nous faisons des affaires. Ils nous fournissent toujours des renseignements et des conseils précieux et nous aident à surmonter certaines difficultés, dont les procédures bureaucratiques et les normes d'affaires propres à chaque pays.
Je sais que la CCC n'est plus aussi visible qu'avant, mais nous en avons profité, et elle nous a permis d'obtenir un gros contrat en Arabie saoudite. Une fois que nous avions réuni tous les intéressés, le gouvernement de l'Arabie saoudite a décidé que le contrat de gouvernement à gouvernement n’était pas nécessaire puisque le gouvernement du Canada avait manifesté son appui et sa confiance envers notre PME. Nous avons travaillé sur des projets qui n'étaient pas menés par IRD mais par d'autres entreprises canadiennes et nous avons signé des contrats de gouvernement à gouvernement avec la CCC.
Dans les premiers temps, l’ACDI nous a aidés à maints égards. Nous avons eu recours à ses études de marché pour cerner les débouchés et trouver du financement pour mener des projets d'envergure. Encore une fois, j'encourage le travail de la CCC.
On ne dira jamais assez de bien d’EDC. IRD serait devenue une entreprise américaine ou européenne, n’eût été l’appui d’EDC. Comme je l'ai dit dans notre mémoire, bien que nous nous soyons heurtés à certaines difficultés sur le plan technologique, en tant que PME exportatrice, ce n'était ni la technologie ni la crédibilité qui posait le plus problème, mais plutôt le financement de nos exportations. Dans bien des cas, les banques canadiennes sont une bonne chose, mais elles ne savent pas vraiment ce qui se passe sur les marchés internationaux. Sans l'aide d'EDC et de son financement, nous aurions probablement été contraints de vendre notre entreprise.
Nous avons donc recours à tous les programmes d'EDC pour garantir nos exportations et nos marges de crédit, ainsi que pour des instruments de cautionnement dans ces pays et, évidemment, des garanties de paiement.
Chacun de ces programmes a sa raison d'être et nous en avons bien profité. Ils encouragent les PME à explorer les marchés d'exportation, mais sachez qu'à l'étranger, on fait les choses différemment. On a mentionné tout à l'heure l'Argentine, mais je tiens à vous mettre en garde contre l'Argentine, le Brésil, l'Inde et la Chine. Nous avons une politique anti-corruption, que j'appuie fermement, mais cela dit, la situation est différente dans ces pays. Ces pays sont passés maîtres dans l'art de vous maintenir à leur merci.
Un exemple typique, c’est une PME canadienne qui entre sur un marché avec l’aide du gouvernement du Canada. La PME suppose que les entreprises locales représentent de bons partenaires honnêtes et elle signe un contrat, et peut-être que les conditions ne sont pas aussi spécifiques qu'elle l'aurait souhaité, ce qui est chose courante dans ces pays. Au moment de la livraison, elle éprouve quelques difficultés et doit rencontrer le client pour régler tout cela, et entretemps, elle a des créances à rembourser aux banques canadiennes. Elle subit des pressions et, souvent, les cycles de paiement étant différents, elle devient à la merci du client, et la seule solution à envisager pour se libérer de la pression énorme est de verser un pot-de-vin.
Cela arrive fréquemment. Cela nous est arrivé au Brésil, en Inde, en Chine, en Argentine, au Paraguay et en Uruguay; c'est la façon de faire des affaires.
C'est l'un des secteurs où, selon moi, le ministère des Affaires étrangères, les ambassades et les consulats devraient agir pour informer les clients potentiels et les gouvernements étrangers des difficultés auxquelles les entreprises canadiennes se heurtent lorsqu'elles font des affaires et doivent comprendre la bureaucratie — mais surtout, expliquer à ces gens que ce n'est pas la façon dont nous faisons des affaires au Canada.
Les ambassades et les consulats pourraient dresser une liste des entreprises fiables et s'assurer que les représentants des gouvernements savent que les entreprises canadiennes jouent cartes sur table. Cela pourrait contribuer à réduire le plus possible ces risques.
Dans de nombreux pays, tout comme en Amérique du Nord, les infrastructures sont un domaine dans lequel investissent les gouvernements du monde entier et qui présente d'importants débouchés pour les entreprises canadiennes. Je vous ai parlé tout à l'heure du Japon, mais il y a beaucoup d'autres pays qui appuient leurs exportateurs, particulièrement dans le domaine des infrastructures...
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NPD (BC)
Puisqu'il me reste peu de temps, je vais demander à chacun de répondre très brièvement.
Au Canada, 99 % des entreprises sont des PME, et nous savons que 10 % d'entre elles seulement s'adonnent au commerce international. Tous les membres du comité souhaitent que ces chiffres augmentent et qu'un plus grand nombre de PME réalise des échanges commerciaux.
Si vous aviez un conseil à donner au gouvernement pour l'aider à cet égard, quel serait-il?
Je vais commencer par vous, monsieur Bergan, après quoi j'écouterai M. Hicks.
Terry Bergan
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Terry Bergan
2015-04-29 17:00
J'imagine que j'aimerais commencer par raconter nos débuts. Nous avons fait appel aux services extérieurs et sommes partis à l'étranger. Nous avons d'ailleurs trouvé des marchés. Les services commerciaux ont fait de l'excellent travail en nous présentant des personnes et des clients, et en nous donnant des conseils sur la façon de pénétrer les marchés.
Comme je l'ai dit plus tôt, je pense que bien des PME devraient commencer par les États-Unis, puisque les Américains mènent leurs affaires un peu comme nous. Pour ce qui est de la devise, nous faisons des transactions dans huit devises différentes avec nos filiales. Nous utilisons une couverture inactive et un programme d'affacturage, et nous arrivons très bien à gérer le risque relatif à la devise.
Mike Hicks
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Mike Hicks
2015-04-29 17:00
Je suis d'accord avec M. Bergan.
J'aurais donné une réponse similaire, mais j'ajouterais qu'il faut avoir une main-d'oeuvre qualifiée au Canada dans ce que vous faites. Soyez le meilleur dans ce que vous pouvez faire. Comme je l'ai dit, nous devons excéder les normes de notre industrie, et non pas nous contenter de les respecter. Veuillez s'il vous plaît continuer à financer les écoles secondaires, les collèges communautaires et le reste afin d'accroître les compétences des Canadiens.
Voir le profil de Don Davies
NPD (BC)
Je vais vous arrêter ici.
Monsieur McKay, pouvez-vous rapidement nous donner votre conseil?
Colin McKay
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Colin McKay
2015-04-29 17:01
Je dirais qu'il faudrait offrir une plateforme simple aux entreprises pour qu'elles puissent répondre directement aux questions, comprendre les programmes qui lui sont offerts, évaluer les possibilités d'exportation et prendre des décisions à partir de l'information des services gouvernementaux.
Alberto Addante
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Alberto Addante
2015-04-29 17:01
Je pense que ce qui compte le plus, c'est notre crédibilité à l'échelle internationale en tant que PME. Nous pourrions bel et bien tirer profit des missions commerciales, de même que d'un réseautage accru et de ressources supplémentaires pour réseauter à l'étranger. La crédibilité est très importante à nos yeux, puisque nous devons être pris au sérieux. Notre industrie le mérite.
Voir le profil de Nina Grewal
PCC (BC)
Monsieur Bergan, International Road Dynamics a connu beaucoup de succès sur les marchés internationaux. Vous avez d'ailleurs des installations dans des pays comme les États-Unis, l'Arabie saoudite, le Pakistan, l'Inde, la Chine, l'Indonésie, la Corée, la Malaisie, le Brésil et la Colombie. Comment les choses se sont-elles passées lorsque vous avez voulu vendre à l'étranger? Quels obstacles avez-vous rencontrés? À votre avis, quelles possibilités s'offrent aux entreprises canadiennes qui souhaitent élargir leurs activités à l'échelle internationale?
Terry Bergan
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Terry Bergan
2015-04-29 17:02
Comme je l'ai dit en exposé, le premier défi se rapporte aux paiements, si l'entreprise fait affaire avec une banque canadienne. Bien souvent, les contrats ne sont pas aussi rigoureux que ceux auxquels nous avons l'habitude, et il se peut que bien du temps doive être consacré à déterminer ce que veut le consommateur et à se faire payer. Pour ce qui est de la corruption, il y aurait tant de choses à dire là-dessus. Peu importe où vous êtes dans le monde, si vous devez demander l'indulgence d'un client, celui-ci peut toujours demander ce que vous pouvez faire pour lui.
J'encourage les délégués commerciaux. Ils excellent dans leur travail, dans la recherche de clients, dans l'établissement de contacts, et dans l'aide et les conseils qu'ils nous apportent. Je pense toutefois qu'ils doivent s'adresser aux chambres de commerce locales pour leur dire très clairement que nous nous attendons à être payés, puisque nos entreprises font des affaires dans leur pays et fournissent des produits de calibre mondial, comme M. Hicks l'a dit. Nous nous attendons à ce qu'aucun paiement ne soit fait clandestinement, ce qui semble être la norme dans bon nombre de pays. L'information doit se rendre aux plus hautes instances gouvernementales et aux ministres. J'ai été approché à propos des paiements. C'est un défi.
Voir le profil de Wayne Easter
Lib. (PE)
Il est intéressant d'examiner les données sur différents pays. En ce qui a trait aux achats en ligne, plus de 13 % de ceux qui sont effectués en Corée du Nord servent à acquérir des produits alimentaires, par exemple, alors que cette proportion est de 2 % aux États-Unis, je crois.
J'aimerais maintenant m'adresser à MM. Hicks et Bergan. Mon intervention est quelque peu connexe à la question précédente. De toute évidence, des gens ont eu recours aux services de la Chambre de commerce du Canada, d'Exportation et développement Canada, et probablement de la Banque de développement du Canada aussi. Les gens sont nombreux à faire appel à ces organisations, qui font bel et bien du bon travail. Mais j'aimerais revenir sur ce que vous disiez à propos de la corruption et des manigances qu'il est possible de rencontrer en faisant des affaires dans un nouveau pays sans avoir d'expérience. En collaboration avec les délégués commerciaux, les ambassades ou les consuls généraux, le ministère des Affaires étrangères doit-il dépêcher un spécialiste sur place ou une personne pouvant aider les petites entreprises? Même les grandes entreprises se heurtent à des problèmes inattendus — je discute souvent avec les représentants de McCain Foods et de Irving Forestry.
Comment le gouvernement ou les organismes essaient-ils de prévoir tous les coups, puisque toute entreprise peut rencontrer une difficulté qui l'acculera à la faillite, peu importe sa taille? Qu'en pensez-vous?
Terry Bergan
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Terry Bergan
2015-04-29 17:06
Je peux commencer. La première chose à faire, comme je l'ai dit, c'est de s'adresser aux chambres de commerce locales et aux organismes gouvernementaux pour qu'ils sachent comment les Canadiens vont se comporter en affaires. On peut également observer le milieu des affaires pour être en mesure d'identifier les entreprises problématiques.
J'étais en Chine la semaine dernière, et en Inde la semaine précédente. J'ai rencontré les ambassadeurs et les délégués commerciaux des deux pays, qui sont extrêmement utiles et connaissent le milieu. Je pense qu'ils peuvent faire plus que prévenir les entreprises canadiennes. Ils peuvent veiller à ce que la clientèle connaisse nos attentes en matière de paiement, d'absence de corruption, d'honnêteté dans les transactions commerciales et de tracasseries administratives minimales.
Mike Hicks
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Mike Hicks
2015-04-29 17:07
Nos propos sont enregistrés, mais la corruption existe malheureusement depuis toujours. Je conviens qu'elle ne devrait pas régner, mais je crois encore une fois qu'il incombe aux entreprises de gérer la situation.
Je ne crois vraiment pas que le gouvernement puisse faire quoi que ce soit pour la réprimer, car elle est omniprésente. Elle ne devrait pas régner et nous aurions aimé qu'elle n'existe pas, mais comme je l'ai dit, il revient aux entreprises de savoir comment gérer la situation, comment s'y dérober, quand se retirer, et ainsi de suite.
La corruption a toujours existé, peu importe le pays. Elle sévit partout, même au Canada dans une faible mesure.
Voir le profil de Wayne Easter
Lib. (PE)
C'est vrai. J'ai déjà entendu une personne dire que « c'est simplement leur façon de faire des affaires », mais je sais également que cette personne s'est mise dans le pétrin, et que nous avons dû travailler fort pour essayer de la sortir de sa fâcheuse situation. Compte tenu de l'autorité du gouvernement canadien, il y a peut-être des mesures que nous pourrions prendre dans divers secteurs afin de faire savoir à la clientèle que c'est notre façon de fonctionner. L'idée de la Chambre de commerce n'est peut-être pas mauvaise. Quoi qu'il en soit, c'est un élément que le comité pourrait envisager.
J'aimerais revenir un instant sur l'Agence des services frontaliers du Canada, ou ASFC.
Nicolas Letenneur
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Nicolas Letenneur
2015-04-27 15:48
Bonjour à toutes et à tous.
Le Fumoir La Fée des Grèves est une usine de transformation de produits marins de la région de Québec. Le fumoir a été fondé en 1994 par Marin et M. Nicolas Letenneur, immigrants d'origine française formés en alimentation haut de gamme.
Nous nous sommes lancés en affaires dès notre arrivée. Nous l'avons fait avec très peu de moyens, mais avec beaucoup de potentiel et de volonté. Depuis la création de l'entreprise en 1994, nous avons participé à plusieurs foires internationales et, chaque fois, nos saumons fumés et les autres produits que nous fabriquons ont été reconnus et considérés parmi les meilleurs du monde. Le petit goût d'érable, typiquement canadien, fait l'unanimité à chaque salon. Notre méthode de fumage intéresse beaucoup des investisseurs potentiels. Le contrôle de la qualité est la clé de voûte de ce savoir-faire canadien.
Il faut savoir que le saumon fumé, s'il est consommé partout dans le monde, est aussi produit dans presque tous les pays. La plupart du temps, les taxes à l'importation sont très élevées dans ces pays et nous empêchent de façon récurrente d'être compétitifs et d'y vendre de très gros volumes. Depuis 20 ans, nous développons des produits de qualité dans notre usine de Québec grâce à des recettes et des techniques propres à notre entreprise qui sont reconnues partout au Québec.
De plus en plus, nous sommes reconnus ailleurs dans le monde, et ce, dans les différents marchés alimentaires, par les services de restauration, les détaillants et les industriels. Mon frère et moi envisagions dès le départ le développement international de l'entreprise. Pour nous préparer, nous avons beaucoup appris et investi pour nous conformer aux normes les plus élevées de l'industrie. Le saumon fumé à froid étant présent partout dans le monde, tant dans les pays industrialisés que dans les pays en voie de développement, nous avons vu rapidement beaucoup d'occasions d'affaires pour notre entreprise.
Voyant les difficultés que nous avions à exporter nos produits à l'étranger, nous avons réfléchi à un moyen pratique pour nous implanter sur la scène internationale. C'est lors de ces réflexions stratégiques que nous avons pensé aux possibilités de transferts technologiques. Grâce à l'appui du programme de coopération industrielle du gouvernement fédéral et avec l'aide d'une compagnie spécialisée, nous avons développé un outil commercialisable sous la forme d'une franchise industrielle.
Nous avons été invités en Amérique latine, en Asie et au Moyen-Orient où l'idée de franchise fut très bien accueillie. Nous avons de plus travaillé sur des projets de transferts technologiques avec des partenaires potentiels très sérieux.
Le premier transfert technologique que nous avons réalisé concrètement grâce au programme de coopération industrielle a démarré sur l'île de Bali. Une fois les premières étapes franchies, nous avons commencé par mettre en place les normes minimales requises pour le marché local, avec l'objectif d'être en mesure de respecter, en définitive, les normes HACCP et GFSI,. Ce sont les normes les plus élevées de production alimentaire pour permettre à ces compagnies d'exporter dans les pays voisins. L'usine de Bali était à l'époque au bord de la faillite et, aujourd'hui, grâce à ce projet, elle est en bien meilleure position et produit plusieurs tonnes de saumon fumé pour le marché indonésien. Nous avons d'ailleurs embauché d'autres personnes à notre usine de Québec pour assurer le suivi par la suite.
Au cours de la même période, nous avons organisé une mission de prospection au Japon avec l'idée de vendre nos produits dans ce pays à partir de Bali. Bénéficiant des avantages douaniers du libre-échange entre ces deux pays, nous avons tout de suite vu un grand potentiel de développement.
Au moment de passer à la phase finale du transfert technologique à Bali, alors que nous en étions à la phase finale d'un programme en trois parties, le programme de coopération industrielle a été brutalement arrêté, nous stoppant dans notre élan. Notre dossier était en attente depuis plusieurs mois et sur le point d'être signé. Sans le soutien du gouvernement, nous ne pouvions pas prendre le risque d'investir ces sommes, bien que nous sachions qu'il y avait en Asie un marché de plusieurs centaines de millions de dollars.
Sur le plan économique, le transfert technologique est un très bon moyen de développement international pour les PME. C'est rentable. Les risques sont limités, non sans difficultés, mais c'est tout à fait réalisable. Nous en avons eu la preuve. En plus de l'Indonésie et du Japon, nous avons reçu des demandes de Singapour et de la Corée du sud, ce qui nous assurerait un marché confortable.
À l'heure actuelle, nous sommes en train de faire un transfert technologique au Moyen-Orient. Nous ne réaliserons des profits que grâce aux redevances.
Le programme de coopération industrielle est pour nous, les PME, un générateur indispensable de prospérité sur le plan international. Également, le soutien des gouvernements fédéral et provinciaux est pour nous vital pour pénétrer ces marchés internationaux. Les PME d'aujourd'hui sont les multinationales de demain, et cela ne peut se faire sans le soutien des gouvernements. C'est pourquoi nous souhaitons vivement voir rétabli le programme de coopération internationale ou voir naître un nouveau programme. Cela nous permettrait de finaliser le projet en Indonésie et d'en développer d'autres puisque notre stratégie d'affaires est de nous implanter sur tous les continents et de concurrencer la Norvège et le Chili, qui sont des fournisseurs importants dans ce domaine, ainsi que de permettre au Canada d'occuper la place qu'il mérite dans ce marché en pleine croissance.
Pour chaque projet à l'étranger, nous embauchons de cinq à dix personnes à notre siège social du Québec — cela dépend de la dimension du projet — afin d'assurer le suivi et le succès du transfert technologique. C'est donc un outil formidable de création d'emplois pour le Canada.
Denis Leclerc
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Denis Leclerc
2015-04-27 16:02
Merci beaucoup, monsieur le président.
Je m'appelle Denis Leclerc, président d'Écotech Québec, qui est une grappe de technologies propres — cleantech cluster — au Québec. Malheureusement, notre entreprise est la seule du genre au Canada. Je dis « malheureusement » parce que ce serait bien qu'on retrouve des Écotech un peu partout dans les autres provinces.
Notre but est d'aider l'écosystème et les entreprises à accélérer le développement de technologies propres, à faciliter le financement de ces technologies et, surtout, à commercialiser leurs innovations.
Au Québec, Écotech représente plus de 500 entreprises et PME innovantes et exportatrices. Selon l'Institut de la statistique du Québec, cela représentait en 2011 un chiffre d'affaires totalisant 10,7 milliards de dollars et 30 000 emplois. Soixante-dix pour cent de ces entreprises en sont déjà à l'étape de l'exportation à l'extérieur du Canada. Dans l'écosystème, 200 centres de recherche ou regroupements de recherche au Québec sont directement liés à des innovations qui touchent l'environnement ou l'énergie.
Les technologies propres font deux choses. Premièrement, elles permettent aux entreprises d'être plus compétitives et de réduire leurs coûts. Deuxièmement, elles ont une incidence sur la production de déchets, notamment dans le cas d'une usine manufacturière. Elles permettent aussi, bien entendu, de réduire l'impact sur l'environnement et de diminuer l'empreinte écologique environnementale d'une entreprise.
Nous sommes ici aujourd'hui pour vous parler de commerce international. Un des problèmes auxquels font face les entreprises dans le secteur des technologies propres est que la commercialisation d'une innovation coûte beaucoup plus cher que son invention. Comment fait-on pour aider les entreprises du Canada à exporter leurs connaissances et leurs technologies?
Actuellement, il y a des crédits d'impôt à la recherche-développement. Nous proposons que le crédit d'impôt à la recherche-développement soit élargi pour y inclure des aspects de commercialisation, ce qui viendrait accélérer de beaucoup la commercialisation des technologies propres à l'extérieur du Canada.
M. Guy Drouin, qui est président de notre comité qui s'occupe de l'aspect financier, va vous en parler davantage.
Guy Drouin
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Guy Drouin
2015-04-27 16:05
Merci.
Je suis également président de Biothermica carbone. Notre firme existe depuis plus de 27 ans et elle exporte des technologies. Nous sommes des maîtres d'oeuvre. Nous venons de réaliser une importante transaction liée au carbone et au marché de la Californie grâce à une installation que nous avons payée en totalité et qui visait à diminuer la quantité de méthane d'une mine de charbon souterraine en Alabama. Ces crédits de carbone sont reconnus autant par le marché de la Californie que par celui du Québec puisqu'ils sont liés.
Pourquoi avoir un crédit d'impôt lié à la commercialisation? Étant président d'une compagnie de technologies et président du comité sur la fiscalité d'Écotech Québec, je suis bien placé pour en parler.
Nous avons des mesures fiscales pérennes relativement à la recherche-développement. Elles durent longtemps. Le Programme de la RS&DE que le Canada a mis en place date de 30 ans. Il a été mis en place en 1985 et a permis l'éclosion de véritables entreprises de technologies au Canada.
Toutefois, on n'a pas complété cette mesure. Quand il est question de mettre au point une technologie, les Canadiens sont très inventifs. Il n'y a pas de doute que nous constituons un peuple d'inventeurs quand on nous compare à d'autres communautés ailleurs dans le monde. Cependant, le vrai défi n'est pas de mettre au point la technologie, mais de l'étendre partout dans le monde. Le marché canadien est petit pour une entreprise de technologies. Celui du Québec uniquement l'est encore plus.
Il faut donc une pérennité. Il existe beaucoup de programmes gouvernementaux qui visent à nous accompagner dans une mission technologique à l'étranger. Toutefois, il s'agit de démarches non récurrentes. En commercialisation, cela ne fonctionne pas ainsi. Dans ce domaine, on réussit si on fait un effort constant et à long terme.
Il faut donc des mesures de pérennité et celle que nous proposons est très simple. Il faut d'abord qu'une compagnie ait déjà profité du programme de crédits d'impôt fédéral pour la recherche-développement. Il faut également qu'elle ait une propriété intellectuelle enregistrée sous forme de brevet — ou sous toute autre forme — et enfin qu'elle ait un programme systémique de commercialisation  comme on a en R-D. Un programme crédible doit être préparé par l'entreprise elle-même ou par un consultant externe, par un expert. À ce moment, elle se qualifie.
Quelles seront les dépenses admises? Il n'y aura que le salaire de la personne au sein de l'entreprise qui est responsable de commercialiser la technologie. Peu de gens ont ces compétences au Québec. Ils coûtent donc cher. Ils sont payés de 150 000 $ à 200 000 $ par année. En général, il s'agit d'ingénieurs qui possèdent un MBA ou qui ont déjà une expérience dans le domaine du commerce international. Les PME devraient avoir droit au même crédit d'impôt que l'on a en R-D. Au provincial, c'est 30 % et au fédéral c'est également environ 30 %. Cela permettrait à des entreprises d'investir véritablement à long terme dans la commercialisation dans des marchés ciblés — pas dans des démarches sans récurrence qui ne fonctionnent pas — et ce, avec une stratégie de marketing à long terme.
Nous avons mentionné comment la loi du Canada devrait être amendée et comment on peut avoir droit à ce crédit. Nous avons engagé l'entreprise Deloitte Touche Tohmatsu pour ce faire. Cela a été fait. Nous avons un document complet qui a été fait par Écotech Québec.
Avec l'Institut de recherche économique du Québec, nous avons également évalué le coût fiscal d'une telle mesure pour le territoire du Québec qui serait applicable uniquement aux PME. La définition fédérale d'une PME est d'avoir moins de 50 millions de dollars d'investissement. Bombardier ou Bell Canada n'ont pas besoin de crédit d'impôt à la commercialisation, mais les PME en ont besoin. Le coût fiscal est indiqué ici sur l'avant-dernière diapositive, avec les revenus supplémentaires qui vont être générées par cette mesure en vertu des ventes supplémentaires. Le coût fiscal net pour les PME québécoises qui oeuvrent dans le domaine des technologies propres est de 7,5 millions de dollars annuellement. Le coût fiscal brut est de 17,8 millions de dollars et les revenus fiscaux et parafiscaux sont de 10,3 millions de dollars.
En ce qui a trait au Canada, on peut dire que c'est quatre fois plus. Cela représenterait donc de 30 à 40 millions de dollars par année. Soyez assurés que les PME qui oeuvrent dans le secteur des technologies propres vont véritablement croître.
C'est l'un des éléments de l'avenir économique du Canada, car beaucoup d'entreprises s'intéressent aux technologies propres.
Je termine en disant que c'est transversal. Une technologie propre peut être mise au point par une compagnie comme la mienne ou par une entreprise qui fabrique des meubles recyclables. Il y a une question de définition. Nous avons eu la même discussion avec l'Institut de la statistique du Québec. On peut bien circonscrire le domaine visé par cette mesure fiscale...
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Lib. (ON)
Merci beaucoup.
Tout d'abord, je tiens à remercier tous nos témoins de leur présence aujourd'hui. Il est très inspirant d'entendre des témoignages de gens qui travaillent d'arrache-pied pour lancer une entreprise et créer des emplois.
Je suis ravie de vous entendre dire à quel point les diplomates canadiens travaillent fort et vous aident. On critique parfois les gens qui travaillent pour le gouvernement du Canada en disant qu'ils ne sont que des bureaucrates, mais selon ce que vous dites, leur travail est essentiel à la croissance de notre économie.
Je vais d'abord m'adresser à M. Hall.
Vous avez dû vendre votre entreprise afin de prendre de l'expansion, et malheureusement, c'est une histoire qu'on entend trop souvent au Canada. Nous sommes des gens intelligents, des entrepreneurs, des travailleurs acharnés. Toutefois, chaque fois que nous avons du succès, nous devons vendre nos entreprises.
Selon vous — et les autres témoins —, de quoi avons-nous besoin pour créer les conditions favorables qui permettraient à des entreprises comme la vôtre de croître et de devenir des chefs de file mondiaux qui acquièrent d'autres entreprises plutôt que l'inverse?
Brandon Hall
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Brandon Hall
2015-04-27 16:19
Encore une fois, il est essentiel d'avoir accès à des capitaux et à des conseils, et dans mon cas, j'avais davantage besoin de mentors et de conseils financiers. C'est la raison pour laquelle j'ai parlé de la mise en place d'un programme ciblé qui viendrait en aide aux petites entreprises comme PapaBravo. Elles s'apprêtent à pénétrer de nouveaux marchés et ont besoin d'un petit coup de pouce pour réussir à s'implanter. Avec un tel programme, vous pourriez cibler les entreprises prometteuses qui sont sur le point de passer à l'action.
N'empêche que l'accès aux capitaux est primordial.
Denis Leclerc
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Denis Leclerc
2015-04-27 16:20
Pour les entreprises qui se consacrent aux technologies propres, l'accès au capital est bien sûr un enjeu, mais l'accès aux marchés en est un également. Dans ce domaine, les nouvelles entreprises se demandent comment elles peuvent trouver un banc d'essai et tester une innovation dans la vraie vie. C'est pourquoi à Écotech Québec nous insistons beaucoup pour que ce rôle soit joué aussi par les marchés publics. J'entends par là les gouvernements et les organismes publics et parapublics du gouvernement, qui couvrent une multitude d'entreprises et d'organisations, qu'il s'agisse d'organisations de chalets de plein air ou de congrès. Ce sont tous des organismes publics et parapublics. Ils ont un rôle à jouer pour ce qui est d'héberger les nouvelles technologies afin de les tester.
Une fois que les technologies sont testées, ces entités deviennent des vitrines technologiques. Il faut des vitrines technologiques pour permettre à un entrepreneur de faire la promotion de ses technologies et d'attirer des clients potentiels. Bien souvent, lorsque l'entrepreneur quitte le Canada pour essayer de vendre sa technologie à l'étranger, il se fait demander où celle-ci est appliquée dans son pays. Or quand il n'y a pas d'application chez nous, cela nous coupe les jambes. On parle donc d'un banc d'essai, d'une vitrine technologique et, bien sûr, d'un appui à la commercialisation ici et à l'étranger.
Voir le profil de Chrystia Freeland
Lib. (ON)
Très bien. Je suppose que vous ne vous rendez pas dans des pays où il est très difficile d'obtenir un visa.
J'aimerais également vous interroger sur les technologies propres.
Ce que vous avez dit au sujet du marché du carbone et de l'importance d'avoir une grappe des technologies propres était très intéressant.
La participation de l'Ontario au marché du carbone constitue-t-elle une occasion de créer une grappe de technologies propres avec d'autres provinces?
Denis Leclerc
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Denis Leclerc
2015-04-27 17:17
En effet, lorsqu'il y a eu l'annonce de la participation de l'Ontario, le ministère, le ministre de l'Environnement et la première ministre de l'Ontario ont fait part de leur intérêt à envisager une telle création.
En fait, il ne s'agit pas d'un autre organisme. Il s'agit d'un parapluie où on réunit les forces du marché dans le domaine de l'innovation et des technologies. Il ne s'agit pas de créer une structure supplémentaire, mais plutôt de faire deux choses, à savoir d'assurer la cohésion entre les acteurs et de créer une synergie de façon à faire croître le commerce intérieur et le commerce international au chapitre des technologies.
Céline Bak
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Céline Bak
2015-04-22 15:40
Mesdames et messieurs, bonjour. Je suis très heureuse d'être ici parmi vous aujourd'hui.
Monsieur le président, je vous remercie de cette invitation à comparaître devant le comité.
J'aimerais vous proposer de remonter dans le temps pour imaginer l'époque de notre enfance où nous jouions au tir à la corde et où nous établissions des stratégies pour battre l'équipe adverse. Nous avions chacun notre place le long de la corde et nous réfléchissions pour trouver les meilleures personnes à mettre en première, en deuxième et en troisième position. Nous avions tout un but commun. Je voudrais vous demander de garder cette image à l'esprit pendant que nous examinons la possibilité de créer une industrie canadienne de 50 milliards de dollars spécialisée dans les technologies propres.
Comme vous le savez tous, cette possibilité se fonde sur l'important défi que nous devons affronter en matière d'exportations. Dans un contexte où l'endettement des consommateurs est élevé, où les gouvernements se débattent pour équilibrer leurs budgets et où l'entreprise privée n'investit pas ses importantes réserves en liquide, les exportations, tant de marchandises que de ressources naturelles, constituent un élément essentiel de l'économie canadienne. Comme nous le savons, les exportations de pétrole et de gaz, qui représentent actuellement 25 % de l'ensemble de nos exportations, comportent un risque géopolitique. J'ai ici un graphique qui vous permettra de vous familiariser avec la composition actuelle de nos exportations, qui comprennent une moitié de ressources naturelles et une moitié de marchandises. Le compte courant du Canada fluctue tandis que nous essayons de rétablir l'équilibre.
Nous voudrions présenter une modeste proposition touchant les technologies propres. Il s'agit d'une stratégie diplomatique de commerce fondée sur quatre principes: l'engagement, le développement, l'approvisionnement et les marchés de capitaux.
Nous pouvons tous profiter des exportations de technologies propres des PME en mettant en commun toute la capacité canadienne — j'entends par là le MAECD, Environnement Canada, Ressources naturelles Canada et Finances Canada — liée aux technologies propres et aux PME.
J'aimerais commencer par vous donner un aperçu des cinq choses que vous devriez connaître au sujet de l'industrie.
Elle se compose d'exportateurs qui travaillent vraiment fort. Plus de la moitié des recettes vient actuellement des exportations, dont 40 % sont à destination de marchés autres que les États-Unis, ce qui témoigne de la forte mondialisation de l'industrie. Le secteur est en outre l'un de ceux qui croissent le plus rapidement au Canada, ses recettes ayant augmenté de 9 % en 2012 pour atteindre 11,3 milliards de dollars.
Ces entreprises sont tout près de nous. Il y en a plus de 800 dans tous les coins du pays, et aucune n'est trop grande pour faire faillite.
À part les emplois qu'elles créent et les exportations qu'elles réalisent, ces entreprises produisent aussi des carburants qui permettent d'exploiter les forêts canadiennes, des composés propres qui évitent à nos familles d'avoir à manipuler des produits chimiques cancérigènes, des réseaux électriques grâce auxquels nos hôpitaux peuvent continuer à fonctionner quelles que soient les circonstances, de l'énergie pour que les bâtiments dans lesquels nous travaillons puissent produire plus d'énergie qu'ils n'en consomment, de l'eau à utiliser sans gaspillage, des transports moins coûteux que ceux d'aujourd'hui et bien plus encore.
Ces entreprises créent d'excellents emplois, y compris des emplois à temps plein bien rémunérés en très grand nombre, ce qui leur a permis d'accroître leurs travailleurs de 6 % et de faire passer leurs effectifs à 41 000 dans plus de 800 sociétés. Celles-ci consistent essentiellement en PME extrêmement novatrices. En fait, 75 % des dépenses de R-D de l'industrie, qui ont totalisé 3,5 milliards de dollars dans les cinq dernières années, ont été faites par des PME. Ces investissements ne le cèdent en importance qu'à ceux de l'industrie aérospatiale canadienne.
Je vais essayer de vous présenter une comparaison rapide avec quelques autres industries que vous connaissez peut-être mieux, dont l'industrie aérospatiale canadienne, qui emploie 73 000 personnes dans quelque 700 entreprises, qui investit 1,3 milliard de dollars dans la R-D et dont 80 % des recettes proviennent des exportations. De même, l'industrie automobile a des effectifs de 117 000 personnes dans 450 entreprises et tire 75 % de ses recettes des exportations.
Nous croyons que, d'ici 2022, l'industrie canadienne des technologies propres aura 100 000 emplois directs dans quelque 700 sociétés dont les recettes s'élèveront à 50 milliards de dollars. Leurs dépenses de R-D se chiffreront à 2,2 milliards de dollars et elles tireront des exportations 80 % de leurs recettes. Nous croyons qu'il y a quelques parallèles très intéressants à établir entre ces secteurs.
Qu'est-ce qu'une stratégie diplomatique de commerce? Elle signifie engagement, développement, approvisionnement et marchés de capitaux. Tous les ministères doivent travailler ensemble en mettant à contribution toutes les composantes du MAECD.
Il y a d'abord une stratégie d'engagement parce que les technologies propres constituent un secteur stratégique quand nous parlons de commerce. Lorsque nous engageons des discussions bilatérales avec la Chine, l'Inde, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et tous nos autres partenaires stratégiques, n'est-ce pas au tour du Canada de participer au commerce engendré par les technologies propres? L'un des moyens à envisager réside dans la réglementation.
Nous avons au Canada l'un des cadres réglementaires les plus larges et les plus profonds du monde. Beaucoup de marchés émergents se constituent un cadre de réglementation. Pouvons-nous les aider à le faire comme première étape de développement des relations commerciales?
Deuxièmement, nous avons besoin d'une stratégie de développement international et de changement climatique, qui doit être à la fois multilatérale et bilatérale. Le développement international et le changement climatique ont constitué la base d'importantes industries aussi bien dans le G8 que dans le G20. Le financement multilatéral doit participer à l'atténuation des effets du changement climatique. Nous devons absolument y veiller, mais il a aussi servi à renforcer la capacité industrielle et continuera de le faire à l'avenir. Depuis des années, nous sommes invités à détacher des experts en technologie à la Banque mondiale. Accepterons-nous jamais ces invitations?
En ce qui concerne l'approvisionnement, je voudrais mentionner quatre exemples: les facilités de crédit accordées par EDC, les retombées industrielles et régionales des entrepreneurs canadiens du secteur aérospatial, les achats du gouvernement fédéral américain auprès des PME et les achats auprès des PME qui se produisent dans l'économie sociale de l'Union européenne. Il importe de noter que les déploiements rapides des industries fondées sur l'innovation constituent un tremplin pour les exportations des entreprises de ce secteur. Comment les États-Unis et l'Union européenne font-ils profiter les PME des investissements d'infrastructure? Que devons-nous en penser? Comment est-ce qu'EDC structure son approche pour amener les clients de ses facilités de crédit à créer des occasions pour les PME exportatrices de technologies propres? Comment les entrepreneurs militaires du Canada s'acquittent-ils de leurs obligations en matière de retombées industrielles et régionales dans le cas d'une industrie comme celle-ci?
Les marchés de capitaux constituent le dernier élément de la stratégie. Les technologies propres exigent du capital pour fournir des produits clés en main. Pouvons-nous faire des exportations des PME l'équivalent des mises en chantier au Canada? Devons-nous produire des rapports réguliers sur les exportations réparties selon la taille de l'entreprise? À l'heure actuelle, les exportations selon la taille de l'entreprise sont invisibles pour les économistes. Il en est de même des produits environnementaux, qui constituent une autre occasion complètement différente en matière de technologies propres et d'exportation.
Ne perdons pas de vue que ce sont les messages transmis par les économistes des banques et des régimes de pension qui amorcent les nouveaux marchés de capitaux. Nous avons ainsi l'occasion de créer des emplois, de réaliser des exportations et de renforcer l'économie dans un environnement très sain, en faisant fond sur une industrie hautement compétente que nous avons déjà.
J'attends avec intérêt les questions que vous aurez à me poser.
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PCC (AB)
Merci, monsieur le président.
Je remercie les témoins de leur présence et des renseignements très instructifs qu'ils nous ont présentés.
Ma première question s'adresse à Mme Materi, qui a déjà eu l'occasion de vivre à l'étranger. Vous avez résidé en Inde et en Australie. Je voudrais vous inviter à nous dire si les sociétés canadiennes comprennent la culture des affaires des autres pays. Lundi dernier, un témoin nous a dit que pour faire des affaires en Chine, il faut comprendre la façon dont les Chinois mènent leurs entreprises. Bien sûr, je suis né et j'ai grandi en Inde. Je peux donc vous dire que le comportement commercial en Inde est différent de celui qu'on trouve au Canada.
Croyez-vous que les sociétés canadiennes sont assez bien informées de l'aspect personnel de la culture des affaires des autres pays? Si non, comment pouvons-nous, à votre avis, remédier à ce déficit d'information?
Ramona Materi
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Ramona Materi
2015-04-22 16:37
Pour répondre à la première partie de votre question, je dirais que les exportateurs astucieux ciblent probablement, pour commencer, un pays dont la culture des affaires n'est pas trop différente de celle qu'ils connaissent. C'est peut-être pour cette raison que beaucoup d'entre eux visent les États-Unis, où la culture des affaires est assez proche de la nôtre. J'imagine que les exportateurs astucieux éviteront de commencer en Turquie si aucun membre de leur famille ne vit dans ce pays, s'ils n'ont jamais vécu eux-mêmes en Turquie ou s'ils n'y ont jamais fait des études comme participants à un programme d'échanges d'étudiants. Je crois que les sociétés qui réussissent s'attaquent à des marchés ayant une culture semblable.
Pour ce qui est du long terme, je considère mon propre exemple. J'ai grandi dans Vancouver-Nord. Grâce au club Rotary, j'ai passé un an en Inde. Grâce au gouvernement canadien, j'ai passé deux ans dans une école dont les élèves venaient de 55 pays. Grâce au club Rotary, j'ai étudié en Suisse. Grâce à une organisation agricole, j'ai fait des études et travaillé en Australie. Je crois que c'est une stratégie à long terme et que les efforts déployés par le gouvernement pour appuyer les échanges internationaux d'étudiants sont absolument essentiels.
Il y a aussi moyen de remédier au problème dans le court terme. J'ai personnellement visité la Turquie, mais je n'y ai jamais fait des affaires. Les délégués commerciaux analysent-ils la situation locale pour expliquer aux entreprises les caractéristiques de la culture des affaires? J'imagine qu'ils le font afin d'éviter que des jeunes entreprises ne viennent s'établir pour se retirer quelque temps plus tard parce qu'elles n'ont aucune idée de la façon dont les choses se font en Chine, tandis qu'une autre société — comme la vôtre qui a une grande expérience des marchés — réunit les connaissances nécessaires.
Au-delà du cycle électoral de quatre ans, c'est déjà le long terme. À 25 ans, j'avais déjà accumulé pas mal de connaissances sur différents pays. Je crois qu'il est très important de continuer à faire cela grâce à des échanges d'étudiants, etc.
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PCC (AB)
D'accord.
Madame Jackowetz, vous nous avez parlé de vos contacts avec le Service des délégués commerciaux, la Banque de développement du Canada, EDC, etc. Les conseils obtenus par Cravo témoignaient-ils d'une connaissance détaillée des marchés cibles, du climat des affaires, des normes, des intérêts et des processus d'approvisionnement des autres pays?
Anne Jackowetz
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Anne Jackowetz
2015-04-22 16:40
Je ne peux pas affirmer que c'est là que nous sommes allés chercher les renseignements dont nous avions besoin. Dans une large mesure, nous avons fait nos propres recherches. Lorsque nous nous sommes adressés à ces organismes, nous avions déjà une bonne idée des marchés à cibler.
Je dirai cependant qu'EDC s'occupe d'un certain nombre de programmes. J'ai justement participé à l'un d'eux l'autre jour. Il s'agissait d'un webinaire sur la façon de faire des affaires en Inde. J'ai pu écouter pendant plus de deux heures. Les entreprises canadiennes qui ont réussi sur le marché indien ont parlé de leur expérience. Pour moi, le partage réciproque de ces histoires est extrêmement utile. Les responsables des entreprises ont fait état de ce qui avait donné de bons résultats. Je crois que les programmes de ce genre sont vraiment précieux pour nous.
Je dirai, en ce qui nous concerne, que nous trouverions utile d'avoir quelqu'un sur place dans ces nouveaux marchés que nous essayons de pénétrer. Il pourrait s'agir d'un conseiller aux ventes, par exemple. Si nous n'avons pas sur place un projet de démonstration, il nous faut un représentant local qui puisse nous aider.
Glen Hodgson
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Glen Hodgson
2015-04-20 15:33
Merci, monsieur le président, mesdames et messieurs les membres du comité. Je suis heureux d’être de retour. Je suis venu témoigner il y a quatre ou cinq ans pour traiter de certains aspects du commerce.
La séance d’aujourd’hui porte sur les petites entreprises et le commerce international. Ne m’en voulez pas, mais j’aimerais commencer mon exposé par un commentaire que j’ai écrit dans le Globe and Mail il y a environ un an; ce commentaire s’intitule « Governments need a surgical approach for helping small business ». Je dis, données à l’appui, que l’économie canadienne se fonde sur les petites entreprises, et ces données sont tirées du site web de Startup Canada. Néanmoins, je crois que nous avons probablement tort de mettre l’accent sur les petites et moyennes entreprises. Je préférerais que nous concentrions notre énergie sur les entreprises qui misent sur la croissance. J’ai trouvé cette expression, « GOE », pour « growth-oriented enterprises », comme « aller » en anglais, et c'est le point central de mon commentaire.
Dans mon commentaire, j’ai parlé de certaines données. Il y a un énorme écart de productivité entre le Canada et les États-Unis; malheureusement, une grande part de cet écart est attribuable aux petites entreprises canadiennes. C'est donc en fait un facteur négatif dans le fonctionnement de notre économie, selon moi. Je m’inquiète que nous en ayons peut-être trop fait pour nos PME adorées en ce qui a trait au régime fiscal et à d’autres aspects dans nos politiques publiques.
Je soutiens que le gouvernement doit appuyer les petites entreprises, mais il faut vraiment le faire intelligemment. J’aime appuyer les petites entreprises. J’ai passé une décennie de ma carrière à EDC, qui a à peu près adopté le bon modèle, selon moi. Il est efficace et efficient. Je crois que je vais vous lire le dernier paragraphe de mon commentaire pour traiter de mon premier point.
Au lieu d’appuyer les PME en fonction de leur taille, les gouvernements devraient concentrer leur énergie et leurs maigres ressources sur d’autres caractéristiques plus importantes, sans tenir compte de la taille de l’entreprise: un fort potentiel de croissance; la capacité d’innovation; la capacité établie de lancer de nouveaux produits et services; et la volonté et l’expertise de percer avec succès de nouveaux marchés en expansion.
Voilà le point de départ. J’aime les petites entreprises; cependant, à mon avis, ce que nous cherchons vraiment, ce sont des entreprises qui ont un fort potentiel de croissance. Le Conference Board a fait beaucoup de recherches au fil des ans sur les petites entreprises et les débouchés sur la scène internationale. En fait, j’en ai apporté deux pour vous en donner une idée. Nous en avons probablement une dizaine. Je travaille au Conference Board depuis maintenant 10 ans, et nous avons fait de nombreuses recherches sur les petites entreprises et la position du Canada sur l’échiquier mondial. Je crois que nous avons le meilleur organisme de recherche du secteur privé, soit le Centre du commerce mondial, qui fait beaucoup de recherches sur la position du Canada sur l’échiquier mondial.
Nous avons réalisé deux études il y a environ six ans: Canadian SMEs and Globalization: Success Factors and Challenges et Survival of the Fittest: Which SMEs Internationalize Most Extensively and Effectively? En somme, l’appui accordé aux petites entreprises semble fondé à première vue, mais nous devons vraiment nous pencher sérieusement sur la question. Nous devons vraiment nous demander comment nous pouvons utiliser le plus efficacement possible nos ressources limitées.
J’aimerais terminer mon exposé avec deux ou trois commentaires sur des conseils stratégiques gratuits sur la manière d’organiser l’administration fédérale pour soutenir les petites entreprises. Premièrement, ce n’est pas donné à tous de percer les marchés mondiaux. Les recherches nous apprennent que les entreprises connaissent du succès si elles ont au départ certaines caractéristiques importantes, qu’elles ont de l’expérience internationale et qu’elles ont presque le bon écosystème ou la bonne culture. Avez-vous une bonne culture organisationnelle? Comprenez-vous ce dans quoi vous vous embarquez? Avez-vous de l’expérience dans le commerce international? Renforcez-vous votre expertise et votre capacité de gestion? Vous devez vous poser ces questions avant même d’examiner d’autres aspects, notamment la recherche de partenaires et de clients à l’étranger et l’obtention de suffisamment de capitaux et de capital de risque. Je prétends qu’il faut pratiquement faire une présélection avant d’encourager des entreprises à se tourner vers les marchés mondiaux.
J’ai eu l’occasion au sein d’EDC de me pencher sur bon nombre de pratiques commerciales internationales et de conclure des marchés. J’ai été directeur des relations gouvernementales, puis j’ai occupé le poste de vice-président des politiques avant de devenir économiste en chef adjoint sous un certain Stephen Poloz — vous le connaissez peut-être. Steve a été mon patron durant trois ans. Nous avons beaucoup appris au sujet des chaînes de valeur mondiales et de la manière dont se fait le commerce aujourd’hui. Nous avons notamment essayé d’encourager les entreprises canadiennes à se tailler une place dans les chaînes de valeur de grandes sociétés. Au lieu d’avoir une relation entre une entreprise et des consommateurs, vous optez pour une relation interentreprises et faites partie d’une chaîne de valeur mondiale. Vous pouvez toujours trouver directement des clients à l’étranger, mais de plus en plus d’entreprises canadiennes connaissent du succès lorsqu’elles se taillent une place dans un écosystème mondial et font partie de chaînes de valeur mondiales.
Je suis un grand partisan du Service des délégués commerciaux, d’EDC et de la BDC. En fait, je crois que nous avons pratiquement le bon modèle d’affaires dans les trois cas, mais nous pouvons toujours faire mieux. Je me souviens en fait de l’époque où nous payions les petites entreprises pour aller assister à l’étranger à des foires commerciales et qu’il y avait divers programmes gouvernementaux. Je ne suis pas certain que nous en avions vraiment pour notre argent. J’aime bien l’orientation prise par EDC et la BDC. Nous connaissons très bien Jean-René Halde, qui est président de la BDC. Il se concentre vraiment sur les entreprises à fort potentiel de croissance. À mon avis, c’est la formule gagnante. Nous ne nous disons pas qu’il faut plus d’argent; nous cherchons en fait la manière d’utiliser nos ressources de façon plus ciblée.
Nous devrions être fiers d’avoir deux solides banques d’État au Canada, soit la BDC et EDC, et un efficace Service des délégués commerciaux. À mon avis, il suffit de nous concentrer sur les possibilités de croissance: faire une présélection, déterminer les entreprises qui ont les capacités de connaître du succès et leur fournir du soutien par l’entremise d’organismes gouvernementaux essentiels et de sociétés d’État pour les rendre vraiment efficaces.
Je vais m’arrêter là, monsieur le président. Je serai très heureux de répondre aux questions des membres du comité.
Shawn Stebbins
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Shawn Stebbins
2015-04-20 15:53
Merci, Randy.
Vous n'êtes pas le seul à avoir du mal à prononcer ce mot. Je vis avec cela depuis plus de 30 ans.
Bonjour, et merci pour l'invitation. Je suis navré de ne pas être là en personne. Je regrette de ne pas avoir pu me déplacer. Ottawa est une de mes villes préférées.
Je suis biologiste des pêches et président d'Archipelago Marine Research. Je suis également actionnaire de l'entreprise, où je travaille depuis presque le début de ma carrière.
Avant de commencer, je tiens à appuyer les propos de Glen sur l'idée qu'il faut essayer de concentrer les efforts sur les entreprises à croissance élevée et à grand potentiel. Cela me paraît relever du bon sens. J'aime à penser que notre entreprise pourrait entrer dans cette catégorie, mais il faudrait une évaluation indépendante pour le confirmer.
Notre entreprise a vu le jour vers la fin des années 1970. Elle existe depuis 38 ans. Elle a été créée par cinq diplômés en biologie marine qui voulaient essentiellement se mettre à leur compte et lancer leur propre entreprise. Je me suis joint à l'entreprise environ sept ans après sa création.
Archipelago affiche depuis longtemps une croissance soutenue. Elle se spécialise dans la prestation de services environnementaux touchant le milieu marin, principalement à partir de notre siège social à Victoria, à l'intention de clients des secteurs public et privé. Il s'agit tout de même d'une société privée, à laquelle participent activement quatre actionnaires.
Nous avons deux principaux secteurs d'activité: d'une part, la surveillance environnementale du milieu marin, l'évaluation et la planification des opérations maritimes et, d'autre part, la surveillance de la pêche commerciale, l'analyse des données et la production de rapports. Archipelago enregistre actuellement un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 10 millions de dollars, dont environ 85 % sont attribuables aux clients du secteur de la pêche commerciale.
Les services génèrent 90 % des revenus, alors que les produits comptent pour 10 %. Nos ventes internationales varient considérablement d'une année à l'autre, mais elles représentent généralement entre 15 et 25 % du total des ventes, ce qui comprend à la fois les produits et les services.
Nous avons un personnel de 170 à 200 travailleurs, dont certains sont saisonniers. C'est l'équivalent d'environ 135 années-personnes. La plupart des employés travaillent à Victoria.
Lorsque nous menons des affaires à l'échelle internationale, nous avons principalement recours à des entrepreneurs ou à des visites de courte durée. D'ailleurs, nous avons récemment établi une filiale à Canberra, en Australie, afin de fournir des services de surveillance électronique de la pêche commerciale pour le compte du gouvernement australien.
Le gros de nos ventes internationales reposent sur cette nouvelle technologie, qui est le fruit d'une collaboration, entamée déjà en 2000, entre Archipelago et l'industrie locale. Il s'agit d'une plateforme informatique industrielle, dotée de capteurs et d'un certain nombre de logiciels parallèles qui facilitent la collecte, l'interprétation et la communication de données à bord d'un bateau de pêche commerciale en service.
Nous misons également sur la nouvelle technologie pour fournir des services consultatifs professionnels aux clients qui s'en servent. Nous aidons donc à concevoir des programmes de surveillance et à les mettre en oeuvre dans un contexte opérationnel.
Archipelago commercialise ces produits et services de surveillance électronique à l'échelle internationale depuis 2007. Nous comptons des clients en Australie et en Nouvelle-Zélande dans l'hémisphère Sud; au Danemark, en Écosse, en Angleterre, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France, en Europe du Nord; et aux États-Unis. Nous avons également réalisé des projets avec des ONG et l'industrie de la pêche dans certains de ces endroits.
Qu'est-ce qui motive les clients à acheter ces produits? Ils veulent surtout améliorer la surveillance et les données connexes liées à la pêche commerciale afin de pouvoir prendre de meilleures décisions axées sur la science, la gestion et l'application de la loi. L'objectif ultime, bien entendu, c'est d'améliorer la santé des ressources halieutiques et la viabilité à long terme des pêches.
Par ailleurs, l'industrie de la pêche pourra en profiter si elle est en mesure de prouver qu'elle utilise des techniques de pêche durable. Ces pratiques favorisent la santé à long terme des ressources, mais les marchés des fruits de mer en bénéficient aussi, car on accorde de plus en plus d'importance à l'exploitation durable des produits de la mer.
Tout comme DeeBee's, Archipelago a choisi de financer elle-même le développement et la commercialisation de cette nouvelle technologie. Étant une entreprise basée sur les services depuis des décennies, nous avons eu des marges de profit relativement serrées. Voilà pourquoi nous avons fait face à d'importants défis au moment de mettre au point cette nouvelle technologie. Nous menons une lutte constante pour développer et fabriquer ces produits, tout en créant un marché qui est, au fond, tout nouveau.
Le défi réside, d'une part, dans notre manque d'expertise et de connaissances dans de nouveaux secteurs d'activité — comme Dionne, je n'ai pas peur d'admettre mon ignorance, car il y a beaucoup à apprendre — et, d'autre part, dans nos ressources financières limitées.
J'aimerais maintenant parler de certains des programmes et des ressources qui nous ont aidés en cours de route.
Je dirais tout d'abord que notre équipe de recherche et de développement, composée de cinq personnes, représente un nouveau coût pour notre entreprise, car elle ne génère pas de revenus compensatoires directs. À ce titre, le programme de crédit d'impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental s'est révélé très avantageux pour Archipelago sur le plan de la mise au point du matériel et des logiciels. Sans cette aide, nous n'aurions pas réussi à progresser autant.
À l'échelle locale, VIATeC — le Victoria Advanced Technology Council — et l'organisation Acetech, à Vancouver, ont joué des rôles de premier plan. Grâce à l'aide fournie par ces deux entités, les membres de notre personnel, dont moi-même, avons pu acquérir les compétences nécessaires à la mise au point de produits et mobiliser les ressources destinées au commerce international. Elles nous ont aidés à créer avec succès des produits et à améliorer nos processus de travail et nos compétences. Ces progrès, nous les devons aux programmes d'éducation, de mentorat et de réseautage dans notre milieu. Selon moi, ces organisations constituent un outil de communication important pour informer l'industrie au sujet des programmes gouvernementaux qui favorisent le développement du commerce international au Canada.
Plus récemment, nous avons commencé à accéder à l'aide financière et technique offerte dans le cadre du Programme d'aide à la recherche industrielle. À la suite d'une baisse récente des ventes d'Archipelago, ce programme nous a été d'un secours précieux; ainsi, nous avons pu continuer sur notre lancée en ce qui concerne le développement de produits et l'innovation en matière de la fonctionnalité, ce que nous n'aurions pas les moyens de faire. Nous avons également présenté une demande de prêt à terme auprès de notre banque, avec l'aide d'Exportation et développement Canada, dans le cadre du Programme de garanties d'exportations. Tout porte à croire que la demande sera approuvée. Je peux dire sans équivoque que si ce prêt n'était pas là pour appuyer l'investissement que nous avons fait dans notre filiale australienne, nous aurions de graves préoccupations à l'avenir.
Un autre défi auquel nous faisons face au chapitre des ventes internationales, et je pense que les autres témoins en ont aussi parlé, c'est le protectionnisme national. Nous avons pu le constater surtout aux États-Unis, où nous avons perdu certains appels d'offres contre des concurrents qui, selon nous, étaient moins qualifiés. Parfois, le protectionnisme se traduit par des contrôles légiférés, comme les marchés réservés aux petites entreprises aux États-Unis, mais il peut aussi être dicté par de simples énoncés de politique, comme la politique d'achat de produits américains. Dans certains endroits, nous nous sommes également heurtés à de la concurrence subventionnée par le gouvernement.
En résumé, l'autofinancement constitue probablement notre principal défi pour la recherche et le développement, la commercialisation et les ventes internationales, ainsi que pour l'établissement d'une présence internationale. Ensuite, il s'agit de perfectionner ou d'acquérir de nouvelles compétences pour la mise au point, la commercialisation et la vente de produits à l'échelle internationale. Enfin, il faut convaincre les gouvernements, y compris le vôtre, à adopter et à financer des mesures pour assurer la transition vers un nouvel outil efficace de surveillance de la pêche.
Merci.
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Lib. (ON)
Merci beaucoup, monsieur le président.
Vous avez vu à quel point mon collègue, M. Murray, était enthousiaste d’accueillir les représentants d’excellentes entreprises de Victoria. Comme je suis députée de Toronto-Centre, je vais commencer par interroger les représentants des entreprises de Toronto. Il est également merveilleux de recevoir d’excellents entrepreneurs de Toronto.
Monsieur Bar-Ziv, j’ai trouvé extrêmement pertinents vos arguments concernant le fait que le commerce exige que les entreprises rivalisent à l’échelle mondiale, et vous avez clairement de l’expérience dans ce domaine, que vous avez acquise non seulement en travaillant pour votre employeur actuel, mais aussi au cours d’une vie antérieure, comme vous le dites. Compte tenu de cette expérience, quelles sont quelques-unes des pratiques exemplaires que vous avez vu d’autres pays appliquer pour soutenir le commerce international de leurs entrepreneurs et que nous devrions adopter? Y a-t-il des mesures que vous avez vu Israël ou les États-Unis prendre? Qui sait? Peut-être que la Finlande fait un excellent travail à cet égard.
Gali Bar-Ziv
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Gali Bar-Ziv
2015-04-20 16:17
Je pense que si vous allez à Toronto…
Mme Chrystia Freeland: Je vis là-bas.
M. Gali Bar-Ziv: … je ne sais pas si la Mission économique d’Israël au Canada (Israel Economic Mission to Canada) vous envoie des invitations, mais, quels que soient les gens qui la dirigent, ils organisent constamment des activités. Donc, ils en organiseront une portant sur des technologies bancaires, et ils demanderont à un groupe d’entreprises d’élaborer des technologies de ce genre. Ensuite, ils convaincront toutes les grandes banques canadiennes d’acheter des technologies élaborées dans d’autres pays. Puis, ils organiseront une activité portant sur les communications, et ils réussiront à persuader Rogers et Bell Média d’acheter des produits conçus ailleurs. Comment nous, les Canadiens, pouvons-nous faire la même chose?
Nous vendons peut-être des produits langagiers, mais, au bout du compte, nous vendons des technologies. Il y a de nombreuses entreprises comme la nôtre, et leur regroupement peut être grandement axé sur les secteurs ou sur les catégories, mais je crois que la meilleure façon de procéder consisterait à confier aux délégués commerciaux la tâche d’essayer d’organiser ces petites activités. Je passe ma vie à bord d’avions. Je chasse toute la journée et, si je connaissais l’existence d’un genre de programme qui me permettrait de passer d’une plaque tournante à l’autre, j’en tirerais parti parce que c’est là le but du commerce. Je pense que ces activités permettent de réunir les entreprises avec lesquelles on souhaite faire des affaires, les grandes sociétés du monde entier, et de leur présenter les produits d’une foule d’entreprises.
Qu’est qu’on entend par un marché? Il se peut que vous traitiez avec le même fournisseur, mais tous les gens aiment se rendre à un endroit où tous les fournisseurs sont réunis. Faites la même chose en créant un mini-marché pour les entreprises canadiennes. Voilà le premier conseil que je vous donnerais.
Voir le profil de Nina Grewal
PCC (BC)
Ma prochaine question s'adresse à M. Stebbins.
Monsieur Stebbins, je crois qu'Archipelago Marine Research Ltd. a connu une croissance importante et soutenue au cours des 30 dernières années. L'entreprise de services spécialisés qui exerçait ses activités presque exclusivement dans les marchés locaux est devenue un fournisseur de services et de technologie à l'échelle mondiale, qui offre expertise et technologie à l'appui de la gestion durable des pêches dans les régions côtières des États-Unis, de l'Europe et de l'Australie. Où, plus particulièrement, faites-vous des affaires? Dans quelle mesure les marchés internationaux sont-ils importants pour les résultats de l'entreprise?
Shawn Stebbins
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Shawn Stebbins
2015-04-20 16:37
L'entreprise compte trois divisions d'affaires, dont deux sont des divisions locales. Il y a d'abord les services environnementaux en milieu marin, dans les régions côtières de la Colombie-Britannique. Il y a ensuite les services d'observateurs à bord des navires de pêche commerciale, qui sont également des services locaux.
Pour répondre à votre question au sujet de notre technologie de surveillance électronique, je dirais que les marchés internationaux sont absolument essentiels. Le marché local n'est pas suffisant; nous devons vendre à l'échelle internationale. Même si nous faisions des affaires dans l'est du Canada, ce qui n'est pas encore le cas, nous n'aurions pas un marché suffisamment important pour cette technologie. Ils sont donc essentiels.
Or, il est difficile d'y avoir accès. Il faut un peu de temps, car nous vendons surtout aux gouvernements. Les gouvernements mettent beaucoup de temps à apporter des modifications importantes aux politiques, et passer à la surveillance électronique des pêches commerciales représente une modification importante. Cela fait quelques années que nous travaillons à un projet pilote en Europe et que nous attendons sa mise en oeuvre complète. Je crois que nous sommes là-bas depuis six ans. Nous attendons. Selon nous, vers la fin de cette année ou au début de l'an prochain, l'Écosse, peut-être l'Angleterre, et les Pays-Bas feront un pas plus important. Ce sont des marchés absolument essentiels au maintien de nos activités.
Voir le profil de Laurin Liu
NPD (QC)
C'est très intéressant.
Mon collègue Marc-André a mentionné que le Canada ne s'est pas joint à la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures. Comme vous l'avez mentionné et souligné dans votre rapport, je pense qu'il est primordial de tenir compte des marchés asiatiques. Encore une fois, c'est là que se trouvent vraiment les nouveaux débouchés.
Au cours de la prochaine minute, pourriez-vous parler de ce à quoi devrait ressembler la stratégie commerciale du Canada en Asie?
Glen Hodgson
Voir le profil de Glen Hodgson
Glen Hodgson
2015-04-20 17:02
D'abord et avant tout, la participation au Partenariat transpacifique en est la pierre angulaire. Je pense qu'il est vraiment crucial que le Canada y soit dès le départ, que nous ne nous servions pas des enjeux nationaux comme prétexte pour ne pas nous joindre aux négociations sachant que certains de nos partenaires sont en très bonne position pour négocier.
Je pense que, dans le cadre de notre politique étrangère, nous avons accepté que la Chine soit l'étoile montante dans le monde et qu'elle se forme une constellation d'autres pays autour d'elle. Cela dit, fondamentalement, nous devons être présents en Asie sur tous les fronts. L'Europe aura probablement du mal à maintenir une croissance durable de plus de 1 % sur les 25 à 50 prochaines années. Les pays européens vieillissent très rapidement. Notre population n'est pas aussi âgée, mais nous avons les mêmes tendances, tandis que l'Asie enregistre une croissance démographique dynamique et c'est là que l'intégration se produit. On peut voir que les nombres changent graduellement. Les entreprises canadiennes se rendent compte qu'elles doivent vraiment percer en Asie.
Cependant, je pense que le Partenariat transpacifique représente, en quelque sorte, la prochaine étape pour trouver une façon de rallier tous les pays le long de la côte du Pacifique. J'ignore la taille de ce marché, mais le fait d'avoir accès à environ un milliard de personnes de plus en franchise de droits tarifaires serait un grand pas en avant.
Gali Bar-Ziv
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Gali Bar-Ziv
2015-04-20 17:03
Vous permettez que je vous vole 30 secondes?
Nous faisons affaire avec l'Asie, surtout avec la Chine. Je pense que la plupart des gens ne savent pas comment traiter avec la Chine et l'Asie. Oubliez les tarifs, oubliez la réglementation; c'est la façon de faire des affaires qui compte.
J'étais dans un magasin en train de conclure un marché qu'il n'avait fallu que six mois pour négocier et, au moment de la signature, ils ont voulu changer toutes les conditions. Que pouvais-je faire? J'étais malade; je revenais du Mexique et je vomissais. Que pouvais-je faire? Je suis resté assis pendant quatre heures à leur répéter non. Ils ont essayé de me convaincre que leur marché fera ma fortune, qu'il était très bon et que je ne trouverais pas mieux ailleurs. C'est cela, faire des affaires en Asie.
Afin de revenir aux conditions originales, j'ai dû réinvestir dans ma relation — relation qu'il a fallu du temps pour nouer — et souper avec eux à plusieurs reprises sans parler d'affaires, pour qu'ils en viennent à m'apprécier.
À mon sens, c'est la chose la plus difficile à faire en Asie. Nous aimons parler d'affaires, mais ils ne veulent pas le faire. C'est une réalité différente, une culture différente. Une fois que nous l'aurons appris, nous commencerons à avoir du succès.
Merci.
Voir le profil de Chungsen Leung
PCC (ON)
Merci, monsieur le président.
Le Canada est un pays commerçant, et il nous faut évidemment des gens. Pas seulement des francophones et des anglophones, mais aussi des allophones. J'ai déjà travaillé pour les deux entreprises que vous avez mentionnées, Bombardier et SNC-Lavalin. Comment le secteur public, le secteur privé et CIC pourraient-ils travailler ensemble pour sélectionner les meilleurs immigrants et les intégrer dans le réseau de commerce international du Canada?
Je m'interroge sur la capacité d'Entrée express de repérer les immigrants qui parlent une ou plusieurs langues en plus de nos langues officielles.
Voir le profil de Chris Alexander
PCC (ON)
Il va sans dire que le français et l'anglais sont nos langues nationales et officielles. Nous en sommes très fiers, mais nous sommes aussi fiers du fait que de nombreux Canadiens, tant les nouveaux arrivants que ceux qui sont nés ici, continuent d'apprendre et de maîtriser une troisième, une quatrième et même une cinquième langue. Le chinois est la langue la plus parlée au Canada, après le français et l'anglais, et nous avons une capacité linguistique dans une foule d'autres langues, ce qui constitue un atout considérable pour le Canada dans le contexte de commerce mondial.
Vous avez raison. Les Canadiens devraient se donner comme priorité de maîtriser la langue de nos principaux partenaires commerciaux, des pays avec lesquels nous avons conclu un accord de libre-échange. C'est l'optique que nous avons adoptée notamment dans le cadre de notre Stratégie en matière d'éducation internationale. Mais comment convaincre les employeurs de nous emboîter le pas? Comment les mobiliser?
La mobilisation des intervenants n'a jamais été aussi grande, nous organisons des tables rondes sur l'immigration francophone et sur les questions d'immigration en général. Pour quelles professions avons-nous besoin d'employés? C'est quelque chose que nous faisons de façon continue partout au pays.
Le Réseau de développement économique et d'employabilité est un interlocuteur et un intervenant d'une grande importance pour nous en ce qui concerne l'immigration francophone hors Québec, mais nous faisons aussi la promotion de la participation des employeurs à cette nouvelle initiative qu'est Entrée express.
Je tiens à rappeler qu'une personne qui crée un profil et qui est admise dans le bassin d'Entrée express doit également créer un profil sur le site Guichet emplois du Canada, qui est, comme nous le savons et comme nous l'avons entendu, sans doute de la bouche de jeunes gens, un outil extrêmement important pour quiconque cherche un emploi dans son domaine.
Si vous êtes un immigrant économique, vous devez être inscrit auprès du site Guichet emplois du Canada. À partir de ce printemps, les employeurs de partout au pays pourront vous rencontrer une fois que vous serez dans le bassin et que vous aurez amorcé votre processus d'immigration. Ils pourront alors vous faire une offre d'emploi même s'ils n'ont pas d'avis relatif au marché du travail. Les taux de réussite, d'emploi, les jumelages entre immigrants et besoins des employeurs vont augmenter. De plus, comme les immigrants créent leur profil sur le site Guichet emplois du Canada et que les employeurs y affichent leurs postes, ce système nous renseignera directement sur les emplois pour lesquels il existe une demande au Canada et ceux que les employeurs ne réussissent pas à combler avec des travailleurs canadiens.
Ainsi, nous avons une pénurie de concepteurs de logiciel et d'ingénieurs en logiciel, et celle-ci n'est pas près de se résorber. C'est pourquoi ces dernières années, nous en avons fait une priorité de notre immigration économique et que cela demeurera une priorité dans un avenir rapproché.
Voir le profil de Joe Daniel
PCC (ON)
Merci, monsieur le président. Messieurs les témoins, je vous remercie de comparaître.
Il s'agit d'une question et d'un enjeu intéressants, et je pense que vous connaissez déjà la réponse tous les deux. En fait, il faut faire en sorte que la situation soit économiquement viable pour que les immigrants des communautés francophones restent sur place. Nous le constatons déjà. Par exemple, un grand nombre de témoins nous ont dit que les jeunes quittent bon nombre de milieux francophones ou minoritaires dans le but de faire des études ou de travailler, mais qu'ils n'y retournent pas. Voilà le problème.
J'aimerais donc poser une question. Compte tenu des négociations du gouvernement avec l'Europe en matière de libre-échange, que font vos communautés et vous pour faire valoir les volets économiques de la langue de façon à attirer des gens qui feront affaire avec l'Europe?
La question s'adresse aux deux témoins.
Gilles LeVasseur
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Gilles LeVasseur
2015-03-12 16:40
En Ontario, par exemple, la province a créé un très solide réseau scolaire francophone. Mes deux filles fréquentent l'école Sainte-Geneviève. C'est la plus grande école primaire francophone hors Québec du Canada.
Vous remarquerez qu'au moins le tiers des parents ne parlent pas français, mais ils envoient tout de même leurs enfants dans cet établissement parce qu'ils savent que c'est la clé de l'avenir, d'une mobilité accrue, d'une ouverture à l'Union européenne et d'interactions accrues. Ils le comprennent.
Ce qui est triste, c'est qu'il faut améliorer les choses de sorte que l'immersion ne soit plus réservée à une population élitiste bien informée, mais qu'elle s'adresse aussi à monsieur Tout-le-monde et soit ouverte à bien des gens. Voilà ce sur quoi il faut insister. C'est d'ailleurs pourquoi les commissions scolaires francophones de l'Ontario font par exemple des publicités dans les deux langues officielles; elles souhaitent intégrer le plus de personnes possible au réseau scolaire. Voilà donc une façon de procéder.
Quant à l'autre façon, c'est là où il faut démontrer la viabilité économique... Le hic, c'est qu'il faut du temps pour y arriver, mais c'est une chose que j'ai toujours affirmée personnellement et qui va au-delà de l'immigration. En fait, les entreprises québécoises francophones ont elles aussi un rôle à jouer hors Québec dans la promotion des deux langues officielles. Je sais que certains d'entre vous m'en voudront probablement de le dire, mais elles ont également le devoir d'assumer leurs responsabilités et de démontrer une solidarité avec les francophones hors Québec aussi.
Vous allez me demander un exemple. Le détaillant Metro est une chaîne d'épiceries très lucrative, et nous lui demandons depuis des années pourquoi il ne peut pas mettre un accent à son nom. Quant à la Banque Nationale, ou National Bank, où sont les affiches bilingues à Toronto? Et Desjardins...
Nous sommes tous dans le même panier et avons besoin de cette solidarité. Nous devons nous serrer les coudes. Les entreprises doivent prendre l'initiative pour nous, car si elles démontrent la valeur économique du bilinguisme au sein de leurs propres établissements hors Québec, tout le monde leur emboîtera le pas. Mais si elles n'assument pas leurs responsabilités, comment pourrons-nous changer les choses, en tant que minorités, si nous n'avons même pas d'emprise sur nos institutions financières?
Robert Therrien
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Robert Therrien
2015-03-12 16:43
Permettez-moi de vous parler de ce que nous faisons. En tant que réseau francophone en Saskatchewan, nous tentons de nous regrouper surtout parce que nous avons un devoir. Nous voulons collaborer avec les employeurs afin qu'ils recrutent des immigrants. Ceux-ci doivent d'abord s'intégrer et s'installer, par exemple, mais lorsqu'ils trouvent un emploi et commencent à travailler, il y a toute la question de l'école, de la vie sociale et de tout ce qui en découle, comme la santé et le reste.
Il faut tout un réseau de personnes afin d'offrir ces services. C'est une chose sur laquelle nous voulons insister: lorsque nous travaillons avec des employeurs, la communauté est prête à contribuer à l'intégration des immigrants dans le milieu. L'employeur n'a pas à se soucier de ce qui se passe après les heures de travail. Après le travail, la vie à la maison n'a rien de simple — avec les enfants, le conjoint et ce genre de choses. Les immigrants doivent s'intégrer à la société, et en tant que communauté, nous aimerions avoir la structure nécessaire pour offrir tous ces services aux nouveaux venus.
Je parle encore une fois en connaissance de cause, car les ressources dont nous disposons actuellement ne nous permettent pas d'offrir toute la gamme de services qui feraient en sorte que l'ensemble des immigrants soient pris en charge et s'intègrent. La rétention dépend de la mesure dans laquelle les immigrants s'intègrent à la société et au milieu. S'ils ne se sentent pas à leur place, ils voudront tôt ou tard s'en aller.
Il faut aller au-delà de l'employeur, car tout dépend de ce que nous faisons collectivement. Tout dépend de la structure complète que nous mettons en place pour être en mesure de répondre aux besoins des immigrants et d'offrir les autres services.
Voir le profil de James Rajotte
PCC (AB)
Je déclare la séance ouverte.
Il s'agit de la séance no 68 du Comité permanent des finances. Conformément au paragraphe 108(2) du Règlement, nous menons une étude sur le Centre canadien d'échange du renminbi.
Trois personnes sont présentes ici ce matin pour témoigner devant le comité, et nous sommes très heureux de les accueillir. Nous entendrons tout d'abord le représentant du Conseil canadien des chefs d'entreprise, M. Brian Kingston. Bienvenue.
Nous recevons également M. Eric Lemieux, qui est directeur général de Finance Montréal.
Bienvenue à ce comité.
Nous entendrons aussi la présidente et directrice générale de la Toronto Financial Services Alliance, Mme Janet Ecker, qui témoignera par vidéoconférence depuis Toronto. Je vous souhaite la bienvenue et vous remercie infiniment d'être parmi nous.
Je tiens à remercier tous nos invités de leur présence. Ils disposeront chacun de cinq minutes pour nous présenter leurs observations préliminaires, et ils répondront ensuite aux questions des membres.
Nous allons commencer par M. Kingston. Allez-y, s'il vous plaît.
Brian Kingston
Voir le profil de Brian Kingston
Brian Kingston
2015-02-24 8:46
Monsieur le président, membres du comité, je vous salue et vous remercie de m'avoir invité à me présenter devant vous pour participer à la présente discussion sur le Centre canadien d'échange du renminbi, qu'on désigne également sous l'appellation de plaque tournante du RMB.
Le Conseil canadien des chefs d'entreprise — le CCCE — représente 150 hauts dirigeants et entrepreneurs de premier plan de tous les secteurs et toutes les régions du pays. Les entreprises membres de notre organisme administrent collectivement un actif d'une valeur de 6 billions de dollars. Leurs recettes annuelles s'élèvent à plus de 850 milliards de dollars, et elles sont à l'origine de la plupart des exportations, des investissements et des activités de formation du secteur privé au Canada.
Le CCCE a fermement appuyé les efforts qu'a déployés le Canada en vue de se doter d'une plaque tournante du RMB parce qu'il croit que cela procurera des avantages notables aux entreprises, aux institutions financières et à l'économie canadiennes. Dans le cadre de mon exposé d'aujourd'hui, dans un premier temps, je vous parlerai de quelques-uns des effets bénéfiques d'une plaque tournante du RMB, et, dans un deuxième temps, je formulerai des recommandations à propos de ce que le Canada doit faire pour s'assurer que cette plaque tournante soit une réussite.
Tout d'abord, en ce qui a trait aux effets bénéfiques, je soulignerai que le principal avantage que présente la plaque tournante du RMB pour le Canada tient au fait qu'elle est susceptible de faciliter les échanges. Les relations commerciales du Canada et de la Chine sont d'une ampleur considérable et sans cesse croissantes. La Chine est le deuxième partenaire commercial en importance du Canada parmi les pays de la communauté internationale, tandis que le Canada est le 13e partenaire commercial en importance de la Chine. Pendant très longtemps, les échanges commerciaux entre le Canada et la Chine étaient axés principalement sur les ressources, mais la nature de ces échanges est en voie de diversification. De fait, le commerce des services affiche une tendance à la hausse — il a connu une augmentation de plus de 50 % de 2007 à 2012. On constate également une réorientation vers le commerce des biens à valeur ajoutée, par exemple les produits manufacturés destinés à l'exportation. Cela dit, nos relations commerciales pourraient croître de façon substantielle, vu que nous demeurons le plus petit partenaire de la Chine par comparaison avec d'autres pays possédant des secteurs complémentaires semblables. Par exemple, les produits canadiens ne représentent que 1,3 % des importations de la Chine, ce qui est une faible proportion si nous nous comparons avec la Suisse ou l'Allemagne, dont les produits représentent respectivement 1,5 % et 5,1 % des importations de la Chine.
Un certain nombre de secteurs pourraient contribuer énormément à l'accroissement des échanges commerciaux. Une proportion d'à peine 0,2 % du pétrole et du gaz consommés par la Chine provient du Canada; par comparaison, 19 % de son pétrole et de son gaz proviennent de l'Arabie saoudite, 14 % de l'Angola, et 9 %, de la Russie. Dans le même ordre d'idées, la Chine dispose d'une forte capacité d'exportation dans certains secteurs, par exemple celui de la machinerie et du matériel et celui de la fabrication de machinerie électrique, mais les produits provenant de ces deux secteurs ne représentent respectivement que 10 % et 16 % des produits importés par le Canada, tandis que les produits des mêmes secteurs des États-Unis représentent respectivement 56 % et 46 % des importations du Canada.
La plaque tournante du RMB pourrait améliorer les relations commerciales du Canada avec la Chine en réduisant les coûts liés aux opérations de change que doivent assumer les importateurs et les exportateurs, ce qui aurait pour effet de faciliter tant les échanges que les investissements. En outre, les transactions en RMB procurent un avantage concurrentiel aux entreprises canadiennes, vu que leurs partenaires commerciaux chinois préfèrent les transactions libellées dans cette devise. Selon une estimation de la Chambre de commerce du Canada — dont vous avez entendu des représentants la semaine dernière —, le fait de libeller des exportations en RMB pourrait faire croître les exportations canadiennes vers la Chine de 21 à 32 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années.
En plus d'être profitable pour les importateurs et les exportateurs, la plaque tournante du RMB crée de nouvelles occasions pour les institutions financières canadiennes. Parmi les monnaies de grand marché en émergence, celles qui ont connu la plus forte croissance de leurs parts de marché sont le RMB et le peso mexicain. On prévoit que le RMB sera l'une des trois monnaies les plus utilisées dans les échanges internationaux en 2015, ce qui fera passer l'intégration financière de la Chine au sein des marchés mondiaux à un nouvel échelon. L'obtention de la première plaque tournante du RMB des Amériques procurera aux institutions financières canadiennes l'avantage que confère l'initiative et permettra de fournir des services financiers libellés en RMB aux entreprises et sociétés canadiennes de l'hémisphère occidental qui entretiennent des liens commerciaux avec la Chine. De tels services peuvent comprendre des comptes d'entreprise en RMB, des marges de crédit et des mécanismes d'échange de devises et de paiement en RMB.
Je vais maintenant vous parler des mesures que nous devons prendre pour assurer la réussite de la plaque tournante du RMB. Comme vous l'ont mentionné la semaine dernière des représentants de la BICC, le Canada dispose d'un créneau relativement court pour tirer parti de sa plate-forme d'échange du RMB, vu qu'on prévoit que la Chine libéralisera son compte de capital d'ici trois ou quatre ans, ce qui aura pour effet d'atténuer l'avantage découlant de la plaque tournante. S'il veut tirer le meilleur parti de cette occasion, le Canada doit créer un plan à long terme en vue de renforcer ses liens avec la Chine, ce qui exigera la prise de deux mesures. Premièrement, le Canada doit établir un partenariat stratégique avec la Chine; l'absence d'une stratégie plus étoffée et plus constante à l'égard de la Chine constitue l'une des principales lacunes du portefeuille économique du Canada, surtout si l'on tient compte du fait que, après les États-Unis, la Chine est le deuxième partenaire commercial en importance du Canada. En l'absence d'un tel accord, nous risquons de prendre du retard par rapport aux pays avec lesquels nous sommes en concurrence. Deuxièmement, le Canada doit entreprendre des pourparlers en vue de la conclusion d'un accord de libre-échange avec la Chine; il doit faire passer notre relation commerciale avec la Chine à l'échelon supérieur en lançant des négociations bilatérales concernant le libre-échange. La suppression des obstacles au commerce et à l'investissement procurera un avantage concurrentiel aux entreprises canadiennes.
En conclusion, je tiens à mentionner que le CCCE félicite le gouvernement d'avoir doté le Canada d'une plaque tournante du RMB. Le Canada a la possibilité d'être un chef de file du marché, mais il doit agir rapidement.
Je serai heureux de répondre à toutes vos questions. Merci.
Eric Lemieux
Voir le profil de Eric Lemieux
Eric Lemieux
2015-02-24 8:51
Merci, monsieur le président.
Chers membres du comité, je vous remercie beaucoup de m'avoir invité à participer à vos travaux.
En tant que représentant de l'industrie des services financiers de Montréal, j'aimerais partager avec vous notre point de vue sur l'impact du développement du Centre canadien d'échange du renminbi. De façon globale, nous voyons ce centre d'échange de façon très positive. Le Canada et la Chine ont de bonnes relations qui sont établies depuis longtemps. Ces liens historiques sont profonds et forment une excellente fondation sur laquelle nous pouvons continuer de bâtir, notamment dans l'industrie des services financiers.
L'internationalisation du renminbi représente une occasion d'écrire un nouveau chapitre des relations bilatérales entre le Canada et la Chine. À notre avis, deux principaux éléments seront touchés par le Centre canadien d'échange du renminbi.
Premièrement, les entreprises canadiennes seront en mesure de faire des échanges commerciaux directement en renminbi avec leurs partenaires d'affaires chinois. Cela devrait accroître les activités commerciales entre les deux pays et procurer un avantage concurrentiel supplémentaire aux entreprises canadiennes en raison de la diminution du coût des transactions sur devises.
Deuxièmement, l'industrie des services financiers du Canada, incluant celle de Montréal et du Québec, sera en mesure de créer et de distribuer des produits financiers libellés en renminbi. Cela générera de nouvelles lignes d'affaires pour les institutions financières, procurera de nouvelles occasions d'investissement pour leurs clients institutionnels et particuliers, et accroîtra la réputation mondiale de l'expertise qui caractérise l'industrie des services financiers du Canada, y compris dans le marché des devises.
Le Centre canadien d'échange du renminbi profitera aussi à la Chine, dont l'économie passe de celle de producteur de biens manufacturés à une économie davantage orientée vers la consommation nationale et les investissements mondiaux dans des industries stratégiques. Grâce au Centre canadien d'échange du renminbi, la Chine aura un accès direct aux marchés financiers de l'Amérique du Nord et de l'Amérique du Sud, qui fonctionneront selon les mêmes fuseaux horaires. Les Chinois pourront aussi bénéficier de la solidité du système financier canadien et de son expertise de classe mondiale, d'un encadrement réglementaire éprouvé protégeant les investisseurs et les consommateurs ainsi que d'un régime fiscal favorable.
J'aimerais ajouter que l'accroissement des relations financières entre le Canada et la Chine n'est pas qu'un pari sur la croissance. Il s'agit aussi d'un investissement dans le changement. On parle ici d'un changement dans la façon dont nous faisons des affaires ensemble. Il s'agit d'un changement dans les produits donnant accès au marché chinois et d'un changement dans les comportements des professionnels de la finance du Canada et de la Chine. En effet, ils s'habitueront de plus en plus aux pratiques en vigueur dans les deux pays. En somme, c'est un investissement dans un futur où la collaboration entre nos communautés financières sera plus importante.
Finance Montréal soutient Toronto et Vancouver dans leur volonté d'agir comme principaux lieux d'échange du renminbi au Canada. À titre de plus grand centre financier du Canada où se trouve la majorité des activités d'échange de devises, Toronto a la capacité et le savoir-faire nécessaires pour gérer une part significative des transactions et des services de compensation en renminbi ayant lieu au Canada.
En tant que porte d'accès vers l'Asie du Pacifique, Vancouver est, de son côté, également très bien positionnée. La ville comporte une population substantielle d'origine chinoise et la Colombie-Britannique offre un programme fiscal incitatif qui peut exempter l'échange de devises étrangères du régime de taxation provincial. La Colombie-Britannique a aussi agi comme pionnière dans les marchés financiers en devenant, en novembre 2013, le premier gouvernement provincial à émettre des obligations libellées en renminbi d'une valeur de 425 millions de dollars.
Quel rôle spécifique Montréal peut-elle jouer dans l’établissement et la mise en oeuvre d’un centre d’échange du renminbi au Canada?
Au Québec, il y a environ 150 000 emplois dans le secteur financier, dont près de 100 000 sont situés à Montréal. Le PIB du secteur financier génère 6,2 % de l'activité économique de la province. Montréal se classe au 18e rang du Global Financial Centres Index parmi les endroits les plus importants au monde. En 2008, elle était classée 31e, ce qui démontre que l'industrie locale est en croissance, qu'elle a eu un bon rendement depuis la crise financière et que le volume d'affaires généré par des institutions financières internationales a augmenté au cours des dernières années.
Montréal entend jouer un rôle actif dans le développement et la mise en oeuvre du Centre canadien d'échange du renminbi. En plus de créer et distribuer des produits financiers libellés en renminbi, la communauté financière de Montréal occupera des fonctions spécifiques dans le marché du renminbi, soit tout ce qui a trait aux produits dérivés. Puisque le centre d'échange canadien des produits dérivés est la Bourse de Montréal, les produits dérivés sur la devise du renminbi qui seront créés par les institutions financières pourront être échangés à Montréal. Notre ville est spécialisée dans ce domaine de pointe.
Des contrats à terme sur devises et des swaps de devises libellées en renminbi pourraient contribuer à diversifier l'offre de produits dérivés échangés à la Bourse de Montréal tout en augmentant le rayonnement international de cette institution financière.
Par ailleurs, Montréal a une relation particulière avec la ville de Shanghai, puisque les deux villes sont jumelées depuis près de 35 ans. Un exemple de cette proximité est l'entente de partenariat signée en 2013 entre Finance Montréal et la Shanghai Financial Association. Cette entente augmentera les échanges entre les étudiants et les professionnels des deux industries financières, particulièrement dans le secteur des produits dérivés.
En 2013 et 2014, des représentants de Finance Montréal ont visité la zone de libre-échange à Shanghai qui a été conçue pour faciliter le commerce international des produits et services. Elle a aussi pour objectif d'accroître les investissements et la libéralisation des services financiers, incluant à terme la conversion libre du renminbi, ce qui ouvrira davantage le secteur bancaire chinois.
Les liens personnels créés entre les représentants des communautés financières de Montréal et de Shanghai pourraient être utilisés comme levier dans le cadre de la mise en oeuvre du Centre canadien d'échange du renminbi. Nous voyons également un intérêt accru de la part des banques chinoises à ouvrir des succursales à Montréal, comme l'a fait, par exemple, la Banque de Chine en ouvrant son premier bureau en 2013. La ICBC a également annoncé son intention d'ouvrir une première succursale à Montréal en 2015.
Le Centre canadien d'échange du renminbi pourrait accélérer la pénétration du marché montréalais par les institutions financières chinoises, ce que nous voyons d'un bon oeil. Tous ces éléments sont de bon augure pour les relations financières entre le Canada et la Chine, mais également pour Montréal en tant que membre de la communauté financière canadienne.
C’est maintenant à nous d’agir et de saisir les occasions qui émergeront de l’établissement du Centre canadien d’échange du renminbi. Ensemble, travaillons à développer un partenariat avec nos contreparties chinoises.
Je vous remercie.
Janet Ecker
Voir le profil de Janet Ecker
Janet Ecker
2015-02-24 8:59
Monsieur le président, membres du comité, je vous remercie de l'occasion que vous m'offrez.
Je m'appelle Janet Ecker. Je suis présidente et directrice générale de la Toronto Financial Services Alliance. Je suis accompagnée aujourd'hui de Sheryl Kennedy, présidente et directrice générale de Promontory Financial Group Canada et ancienne sous-gouverneure de la Banque du Canada. Sheryl et des membres de la société qu'elle dirige ont agi à titre de conseiller de la TFSA et l'ont aidée à jouer un rôle de premier plan dans le cadre de l'initiative liée à la plaque tournante du RMB.
Notre organisation est le fruit d'un partenariat public-privé hors du commun qui consacre ses énergies à faire de la région de Toronto l'un des 10 principaux centres financiers du monde. Elle est née de la collaboration d'organismes provenant des trois échelons de gouvernement, du secteur financier et du secteur universitaire, et elle s'efforce de contribuer à la croissance de l'industrie, de renforcer notre réputation à l'échelle mondiale et d'accroître notre compétitivité en tant que carrefour international.
Il était logique pour nous de chercher à conclure un accord avec la Chine afin que le Canada soit désigné à titre de plate-forme d'échange du RMB. Si vous le permettez, je vais fournir des explications à ce sujet.
Comme vous le savez, l'économie canadienne est de plus en plus axée sur les marchés mondiaux. Le commerce et les investissements à l'échelle internationale ont une incidence plus grande qu'auparavant sur la situation financière du Canada. La Chine est à présent notre deuxième partenaire commercial en importance après les États-Unis, et les gouverneurs de la Banque du Canada et le gouvernement du Canada encouragent les entreprises du pays à créer des liens partout dans le monde.
L'industrie financière canadienne a joué un rôle dans tout cela. Après s'être sorties relativement indemnes de la crise mondiale, les sociétés financières ont mis cet avantage à profit afin d'accroître leur présence sur le marché mondial, ce qui a profité à notre économie.
Par exemple, le commerce des services financiers continue de prendre de l'expansion. Depuis 2000, les exportations mondiales ont triplé, tandis que les exportations canadiennes ont presque quadruplé. La part des services financiers dans les exportations totales de services du Canada a augmenté de façon constante — cette part était de 11 % en 2013, ce qui représente presque le double de ce qu'elle était il y a une dizaine d'années de cela, où elle s'élevait à 5,9 %. L'investissement direct à l'étranger du Canada dans le secteur des services financiers a plus que triplé depuis 1999. En 2013, une proportion de 53 % de l'IDE total du Canada était liée aux services financiers, alors que, il y a 10 ans environ, cette proportion s'élevait à 44 %. Le tiers des recettes des banques canadiennes sont générées à l'étranger. Des compagnies d'assurance canadiennes, par exemple Manuvie et Sun Life, se classent parmi les 20 principales compagnies d'assurance en importance à l'échelle internationale, et elles sont actives sur les marchés asiatiques et ailleurs dans le monde. L'actif des principaux régimes de pension du Canada est le troisième en importance dans le monde, et ces régimes sont vus d'un bon oeil par les investisseurs du monde entier, surtout ceux qui investissent dans des projets d'infrastructures, lesquels représentent un besoin urgent en Asie et dans d'autres marchés.
Nous sommes également conscients du fait que la Chine cherchait à internationaliser sa monnaie et avait déjà établi un certain nombre de plates-formes d'échange à divers endroits, notamment à Hong Kong, à Singapour et à Londres. L'établissement d'un centre pour les Amériques allait de soi.
Cela dit, cette initiative exigeait les efforts concertés de l'industrie financière et du gouvernement. Comme nous le faisons généralement dans le cadre de projets de la TFSA, nous sommes entrés en contact avec nos partenaires de l'industrie et du gouvernement en vue de constituer un groupe de travail qui serait chargé de diriger l'initiative. Ce groupe comprend des représentants d'un groupe représentatif d'institutions nationales et internationales actives au Canada, de même que de représentants du gouvernement fédéral, du gouvernement de l'Ontario et de la Banque du Canada, qui ont qualité d'observateurs.
En outre, nous étions très heureux qu'un vaste éventail d'entreprises et d'autres organisations appuient l'initiative. Parmi ces organisations, mentionnons la Chambre de commerce du Canada, Manufacturiers et exportateurs du Canada, le Conseil d'affaires Canada-Chine, le Conseil canadien des chefs d'entreprise, la Ville de Toronto, Finance Montréal, AdvantageBC, le gouvernement de la Colombie-Britannique, la Fondation Asie-Pacifique et Exportation et développement Canada. Toutes ces organisations nous ont offert du soutien. Il convient tout particulièrement de souligner que cette initiative est le fruit d'une collaboration entre AdvantageBC, la TFSA et Finance Montréal, ce qui met en évidence le fait que l'industrie, malgré qu'elle soit établie dans la région de Toronto, a une envergure nationale, et que les effets bénéfiques de l'accord se feront sentir partout au pays.
Comme vous le savez, en novembre dernier, le premier ministre Harper a signé avec la Chine l'accord faisant du Canada la plaque tournante du RMB pour les Amériques. J'ai eu le privilège d'assister à l'annonce faite à Beijing, et j'aimerais féliciter le gouvernement d'avoir mené à bien cette initiative.
Les membres du comité savent que l'accord était constitué de trois éléments, à savoir la désignation de la Banque industrielle et commerciale de Chine à titre de banque de compensation, l'établissement d'un accord d'échange de devises et l'octroi aux institutions financières canadiennes d'un quota, d'un montant en RMB au titre du programme des investisseurs institutionnels étrangers qualifiés.
Qu'est-ce que cela représente pour l'économie et les entreprises canadiennes? Les mesures annoncées permettront aux deux pays d'effectuer directement des opérations de change. Par conséquent, les sociétés canadiennes qui font des affaires avec la Chine n'auront plus à effectuer leurs transactions au moyen d'une devise intermédiaire comme le dollar américain, ce qui permettra d'atténuer les risques liés aux devises et de réduire les coûts dont s'assortissent les transactions. D'après un sondage mené par la HSBC, une proportion de 55 % des entreprises chinoises offriraient des rabais à leurs partenaires commerciaux si leurs transactions étaient libellées en RMB.
En ce qui concerne les retombées économiques d'ordre plus général, je mentionnerai que la TFSA est à l'origine du rapport de la Chambre de commerce du Canada selon lequel les seuls avantages commerciaux directs découlant d'une plate-forme d'échange du RMB se chiffreraient à plus de 32 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années. De surcroît, la plate-forme profitera aux institutions financières canadiennes puisqu'elle leur permettra d'offrir dans l'ensemble des Amériques une vaste gamme de produits et de services, notamment en ce qui a trait au financement des transactions commerciales, au cautionnement des marchés, aux comptes de chèques, aux liquidités à court terme, au financement à long terme et aux produits de placement.
Pour l'essentiel, l'accord contribuera à améliorer notre image de centre financier mondial doté d'une industrie financière de premier plan, à accroître les investissements dans le commerce et à renforcer les liens économiques entre le Canada et la Chine. Au moment où nous nous efforçons d'accroître notre bassin de partenaires commerciaux, l'accroissement du rayonnement et de l'expertise de notre secteur financier et des économies émergentes du monde entier est un élément crucial. L'accord représente une étape importante dans cette voie. Nous devons à présent saisir l'occasion qui s'offre à nous.
Merci beaucoup.
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NPD (BC)
Merci, monsieur le président.
Je remercie nos invités de leur présence. Je n'ai pas énormément de questions à poser. Comme M. Kingston et d'autres personnes l'ont dit, quelques-uns des propos qui ont été formulés aujourd'hui vont dans le sens de témoignages que nous avons entendus antérieurement. Par conséquent, je ne m'engagerai pas dans des voies que nous avons déjà explorées.
Monsieur Kingston, je crois que vous avez fait allusion à l'avantage que confère l'initiative. Pourriez-vous nous en dire un peu plus long à ce sujet? Qu'est-ce qui devrait ou pourrait se produire au cours des trois ou quatre prochaines années, c'est-à-dire avant que des administrations concurrentes d'Amérique du Nord ou du Sud se dotent elles aussi d'une plaque tournante?
Brian Kingston
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Brian Kingston
2015-02-24 9:06
Oui, l'avantage octroyé par le fait d'être les premiers est crucial. Cet avantage se révélera vraiment important en premier lieu pour les institutions financières. Comme le Canada est le seul pays des Amériques à posséder cette désignation, il dispose d'un très court créneau avant que la Chine ne libéralise son compte de capital pour offrir de tels services non seulement aux entreprises canadiennes, mais également aux entreprises des Amériques qui font des affaires avec la Chine.
En outre, nous devons tirer parti du faible coût des transactions et accroître nos échanges commerciaux avec la Chine. Le fait de pouvoir effectuer des transactions à coût peu élevé offre aux entreprises — surtout celles du secteur des ressources où les marges bénéficiaires peuvent être particulièrement faibles — une chance de damer le pion à des concurrents d'autres pays et de décrocher des contrats en Chine.
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NPD (BC)
Je sais qu'il s'agit d'une question de nature hypothétique et que vous ne faites pas vous-même partie de l'industrie, mais j'aimerais savoir si, dans l'éventualité où, par exemple, deux propositions relatives à du GNL sont présentées, le coût lié à la transaction sera plus faible si cette transaction est libellée en RMB à partir du Canada plutôt que si elle est effectuée depuis les États-Unis.
Brian Kingston
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Brian Kingston
2015-02-24 9:06
Oui, le coût lié à la transaction serait plus faible. D'autres exemples...
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NPD (BC)
Permettez-moi de vous interrompre là-dessus. Un autre témoin nous a dit que des entreprises américaines ou sud-américaines pourraient passer par la plate-forme d'échange canadienne afin de conclure des marchés dans leur pays d'attache. Je tiens à cerner en quoi précisément consiste l'avantage. Prenons l'exemple du GNL, vu qu'il s'agit d'un problème très actuel dans la province dont M. Saxton et moi, entre autres, sommes originaires.
Est-ce qu'une société américaine qui veut conclure un marché en matière de GNL avec la Chine aux États-Unis peut utiliser la plaque tournante canadienne afin d'abaisser les coûts liés à la transaction, de la même façon que le ferait une entreprise canadienne au moment de tenter de décrocher un contrat ici au Canada?
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