Comité
Consultez le guide de l'usager
Pour obtenir de l’aide, contactez-nous
Consultez le guide de l'usager
Pour obtenir de l’aide, contactez-nous
Ajouter un critère de recherche
Résultats : 1 - 15 de 17
Voir le profil de Francis Drouin
Lib. (ON)
Selon votre expérience et ce qu'on a appris des cas de fraude, nous savons que certains fraudeurs ont peut-être mon numéro d'assurance sociale. Ils ont peut-être mon adresse de courriel ainsi que mon adresse municipale. Ils pourraient prétendre de façon très convaincante être un représentant du gouvernement ou d'une quelconque institution financière. À votre avis, quel est le meilleur moyen pour que les Canadiens se protègent?
Mark Flynn
Voir le profil de Mark Flynn
Mark Flynn
2019-07-15 13:36
Dans toutes les campagnes de fraude massive, que ce soit un cas comme celui-ci ou en général, les gens doivent faire preuve d'un grand scepticisme et prendre des mesures pour se protéger. Le gouvernement du Canada offre de nombreuses ressources, comme le Centre antifraude du Canada et Pensez cybersécurité, qui fournissent une liste de conseils pour les Canadiens. Essentiellement, il faut protéger ses renseignements et émettre des doutes raisonnables quand quelqu'un nous appelle. Si une banque nous appelle, il faut composer le numéro de la succursale locale. Il ne faut pas répondre au numéro qu'on a fourni ni rappeler immédiatement à ce numéro. Il faut passer par des sources fiables pour valider les questions qu'on pose.
J'ai déjà reçu des appels semblables au vôtre. J'ai reçu un appel très convaincant de ma propre banque. J'ai communiqué avec cette dernière, qui m'a indiqué que l'appel était frauduleux. C'était intéressant parce que, au bout du compte, l'appel était réel, mais nous nous sommes tous sentis très en sécurité parce que nous avions pris les mesures appropriées. Je préfère risquer de ne pas obtenir un service plutôt que de compromettre mon identité ou mes renseignements financiers.
Elise Boisjoly
Voir le profil de Elise Boisjoly
Elise Boisjoly
2019-07-15 14:48
Merci beaucoup, monsieur le président.
Je m'appelle Elise Boisjoly et je suis la sous-ministre adjointe responsable des services d'intégrité à Emploi et Développement social Canada. Je suis accompagnée par Mme Anik Dupont, responsable du programme du numéro d'assurance sociale.
Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de m'adresser à vous aujourd'hui. Mon allocution portera sur le programme du numéro d'assurance sociale. Plus précisément, j'aimerais clarifier ce qu'est le numéro d'assurance sociale, fournir des renseignements sur son émission et son utilisation, informer le Comité sur la protection de la vie privée en ce qui concerne le numéro d'assurance sociale, et fournir de l'information sur notre approche en cas de fuite d'informations personnelles.
Le numéro d'assurance sociale est un identificateur de dossier ou un numéro de compte utilisé par le gouvernement du Canada pour coordonner l'administration des prestations et services fédéraux, et par le système du revenu. Le numéro d'assurance sociale est requis pour chaque personne qui occupe un emploi assurable ou donnant droit à une pension au Canada, et pour produire une déclaration de revenus.
Un numéro d'assurance sociale est émis avant le premier emploi, en arrivant au Canada pour la première fois ou même à la naissance. Au cours de la dernière année financière, plus de 1,6 million de numéros d'assurance sociale ont été émis.
Le numéro d'assurance sociale sert, entre autres, à verser plus de 120 milliards de dollars en prestations et à percevoir plus de 300 milliards de dollars en impôts. Il facilite l'échange d'information pour permettre l'allocation de prestations et de services aux Canadiens tout au long de leur vie, comme les prestations pour la garde d'enfants, les prêts étudiants, l'assurance-emploi, les pensions et même les prestations de décès. Ainsi, un numéro d'assurance sociale est attribué à une personne pour la vie.
Le numéro d'assurance sociale n'est pas un identificateur national et ne peut pas être utilisé pour obtenir une identification. En fait, il n'est même pas utilisé par tous les programmes du gouvernement fédéral, seulement par un certain nombre. Le numéro d'assurance sociale seul n'est pas suffisant pour accéder à un programme ou à un avantage gouvernemental, ou même pour obtenir du crédit ou des services dans le secteur privé. Des informations supplémentaires sont toujours requises.
Bien que les fuites de données soient de plus en plus courantes, le gouvernement du Canada suit des procédures rigoureuses et établies pour protéger les renseignements personnels des particuliers. Ma collègue a fait mention de la Loi sur la protection des renseignements personnels et de la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques, qui est administrée par Innovation, Sciences et Développement économique Canada. Ces lois établissent le cadre juridique régissant la collecte, la conservation, l'utilisation, la divulgation et l'élimination des renseignements personnels dans le contexte de l'administration des programmes des institutions gouvernementales et des activités du secteur privé.
Comme l'a dit ma collègue, le 1er novembre 2018, une nouvelle modification a été apportée à la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques exigeant que les organisations faisant face à une fuite de données et ayant des raisons de croire qu'il y a un risque réel de préjudice grave en informent le Commissariat à la protection de la vie privée, les personnes affectées ainsi que les organisations associées dès que possible. La violation de cette disposition peut conduire à des amendes allant jusqu'à 100 000 $ par infraction.
Au sein d'Emploi et Développement social Canada , nous avons des stratégies de surveillance interne, des politiques de confidentialité, des directives et des outils d'information sur la gestion de la protection de la vie privée, ainsi qu'un code de conduite ministériel et des formations obligatoires pour nos employés sur la protection des renseignements personnels. Nous croyons que toute atteinte à la sécurité touchant le numéro d'assurance sociale est très grave et, en fait, le gouvernement du Canada n'est pas à l'abri de telles situations. Par exemple, en 2012, des informations concernant des prêts étudiants canadiens ont été potentiellement compromises. Cette fuite a servi de catalyseur à l'amélioration des pratiques de gestion de l'information au ministère.
La prévention de la fraude en matière de numéro d'assurance sociale commence par l'éducation et la sensibilisation. C'est pourquoi notre site Web et nos documents de communication contiennent des renseignements qui aident les Canadiens à mieux comprendre les mesures qu'ils devraient prendre pour protéger leur numéro d'assurance sociale. Les Canadiens peuvent visiter le site Web du ministère, nous appeler ou visiter l'un de nos centres Service Canada pour apprendre la meilleure façon de se protéger. II est important de noter que la protection des renseignements personnels des Canadiens est une responsabilité partagée entre le gouvernement, le secteur privé et les particuliers. Nous encourageons fortement les Canadiens à ne pas donner leur numéro d'assurance sociale à moins d'être certains qu'il est légalement requis ou que c'est nécessaire. Les Canadiens devraient également surveiller activement leurs renseignements financiers, notamment en communiquant avec les agences d'évaluation du crédit du Canada.
La perte d'un numéro d'assurance sociale ne signifie pas automatiquement qu'une fraude s'est produite ou se produira.
Cependant, si des Canadiens détectent une activité suspecte touchant leur numéro d'assurance sociale, ils doivent agir rapidement afin de minimiser les répercussions potentielles en signalant tout incident à la police, en contactant le commissaire à la protection de la vie privée et le Centre antifraude du Canada, et en informer Service Canada. Dans les cas où il est prouvé que le numéro d'assurance sociale a été utilisé à des fins frauduleuses, Service Canada travaillera en étroite collaboration avec les personnes touchées.
Le nombre de Canadiens dont le numéro d'assurance sociale a été remplacé par Service Canada en raison d'une fraude est demeuré stable à environ 60 par année depuis 2014, malgré les fuites de données de plus en plus importantes.
Cela dit, nous savons que de nombreux Canadiens ont signé une pétition demandant à Service Canada d'attribuer un nouveau numéro d'assurance sociale aux personnes touchées par cette atteinte aux données. La raison principale pour laquelle nous n'attribuons pas automatiquement un nouveau numéro d'assurance sociale dans ces circonstances est simple: l'obtention d'un nouveau numéro d'assurance sociale ne protégera pas les particuliers contre la fraude. L'ancien numéro d'assurance sociale continue d'exister et est toujours lié aux particuliers. Par exemple, si un fraudeur utilise l'ancien numéro d'assurance sociale d'une personne et que son identité est mal vérifiée, les prêteurs peuvent quand même demander à la personne fraudée de payer les dettes.
Également, il incombera à la personne de fournir son numéro d'assurance sociale à chacune des institutions financières, à ses créanciers, à ses fournisseurs de régime de retraite, à ses employeurs actuels et passés, ou à toute autre organisation à laquelle elle aurait donné son numéro d'assurance sociale. Le faire incorrectement pourrait mettre à risque l'octroi de bénéfices ou laisserait la porte ouverte à la fraude ou au vol d'identité.
Cela signifierait aussi de doubler la surveillance. Les particuliers devraient quand même surveiller leur compte et leurs rapports de solvabilité pour leurs deux numéros d'assurance sociale de façon régulière et continue. La multiplication des numéros d'assurance sociale augmente donc le risque de fraude potentielle.
La surveillance active des bureaux de crédit ainsi que l'examen régulier des relevés bancaires et des relevés de cartes de crédit demeurent la meilleure protection contre la fraude.
En terminant, la protection de l'intégrité du numéro d'assurance sociale est importante pour nous. Je peux vous assurer que nous continuerons à prendre toutes les mesures nécessaires pour y parvenir, incluant la lecture du rapport de ce comité ou d'autres informations provenant de ce comité ou autres sur les meilleures façons d'améliorer la situation.
Je vous remercie de votre temps. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
Voir le profil de Ruby Sahota
Lib. (ON)
Nous avons également eu ces conversations au sujet des entreprises privées. Elles sont nombreuses à ne pas révéler les intrusions qui se produisent par crainte de la réaction du public ou parce qu'elles ont honte.
En ce qui concerne nos institutions démocratiques, pensez-vous que nous devrions essayer, par l'entremise du Groupe des cinq à tout le moins, et d'autres démocraties, de travailler ensemble pour réduire les menaces potentielles, et de quelle façon devrions-nous le faire?
Jill Slay
Voir le profil de Jill Slay
Jill Slay
2019-02-20 16:39
Nous devrions et je pense que nous le faisons. Ce n'est probablement pas beaucoup connu dans le public, mais je suis à peu près certaine qu'au sein des organisations internationales, au sein des gouvernements, il y a aussi beaucoup de partage. D'après mon expérience, il y a beaucoup de partage, que ce soit au chapitre de l'application de la loi ou de quoi que ce soit d'autre. Je ne pense pas que nous soyons nécessairement limités par ces choses.
Il peut s'agir de petites entreprises qui ne veulent pas reconnaître qu'elles ont fait l'objet d'intrusions. Toutefois, surtout en Australie, il y a maintenant une plus grande ouverture à en parler, d'autant plus qu'avant Noël, le gouvernement, Alastair MacGibbon, le sous-secrétaire, le conseiller du premier ministre, a dit très clairement que de nombreuses entreprises ont fait l'objet d'intrusions, et il y a plus d'ouverture, plus de volonté à accepter cela parce qu'il y en a tellement.
Kimberly Taplin
Voir le profil de Kimberly Taplin
Kimberly Taplin
2016-09-26 15:30
Madame la présidente, mesdames et messieurs les membres du comité, permettez-moi tout d'abord de vous remercier d'avoir invité la GRC à comparaître devant le comité.
Je suis l'inspectrice Kim Taplin, et je suis directrice des Services nationaux de police autochtones et de la prévention du crime de la GRC. Je suis accompagnée aujourd'hui de l'inspecteur Peter Payne, officier responsable du Centre national de coordination contre l'exploitation des enfants. Le mandat du Centre est de réduire la vulnérabilité des enfants à la cyberexploitation sexuelle en identifiant les enfants victimes, en faisant enquête et en aidant à la poursuite des délinquants sexuels, et en renforçant la capacité des services de police municipaux, territoriaux, provinciaux, fédéraux et internationaux par le truchement de la formation, de la recherche et du soutien aux enquêtes.
Les jeunes sont une priorité stratégique de la GRC, et nous sommes toujours conscients de l'évolution rapide du rôle que jouent Internet et la technologie dans le quotidien de la jeunesse canadienne. Reconnaissant que l'éducation et la prévention sont des éléments clés de l'élimination de l'exploitation et de la violence, je suis heureuse d'avoir la possibilité de parler de la gamme importante de programmes et d'initiatives de prévention du cybercrime que la GRC appuie par l'intermédiaire du Centre de prévention du crime chez les jeunes des Services nationaux à la jeunesse de la GRC.
Le Centre de prévention du crime chez les jeunes est le principal portail se rapportant aux jeunes qui offre un soutien aux personnes travaillant auprès des jeunes, ainsi qu'aux jeunes eux-mêmes, à leurs parents et aux agents de police de première ligne. Ce site Web contient divers outils et ressources visant à mobiliser efficacement les jeunes à I'égard des questions de criminalité et de victimisation, et à mettre en relief les quatre principales priorités de la Stratégie nationale sur la jeunesse de la GRC. Celles-ci sont l'intimidation et la cyberintimidation, la violence entre partenaires intimes, la consommation d'alcool et de drogue et la radicalisation des jeunes menant à la violence.
On a cerné ces priorités après avoir analysé les statistiques annuelles sur la criminalité chez les jeunes, passé en revue les plans et priorités de rendement des détachements, consulté nos partenaires, parcouru les reportages qui ont fait les manchettes dans les médias au sujet de jeunes et, surtout, consulté les jeunes eux-mêmes.
Pour chacune de ces priorités, on a élaboré des plans de cours, des exposés, des fiches de renseignements, des outils d'autoévaluation, des vidéos et des jeux interactifs. Tous ces outils utilisent un langage adapté aux jeunes et sont conçus de façon à attirer l'attention des jeunes.
La GRC collabore étroitement avec ses partenaires pour veiller à ce que l'information diffusée soit exacte et tienne compte de l'environnement social actuel. Chaque année, de nombreuses campagnes dans les médias sociaux sont lancées à l'intention du jeune public. Ces campagnes ont pour but d'éduquer et de sensibiliser les jeunes, et de les habiliter à agir dans leurs collectivités.
Les infractions de cyberviolence comprennent un éventail de crimes complexes qui exploitent la technologie par l'entremise de réseaux informatiques, comme la cyberintimidation et l'exploitation sexuelle d'enfants sur Internet. De plus en plus, les gens vivent au quotidien sans se déconnecter du Web; cette connectivité accrue favorise un meilleur anonymat, procure davantage de possibilités d'adopter des comportements à risque en ligne et réduit la responsabilisation. Internet et les innovations technologiques accrues mettent davantage les enfants à risque, car les inhibitions sont souvent réduites en ligne et un accès plus facile à des enfants non supervisés en découle.
Pour vous donner une idée de l'ampleur du problème, en 2015, le Centre national de coordination contre I'exploitation des enfants a reçu 14 951 plaintes, rapports et demandes d'aide, ce qui représente une augmentation de 146 % depuis 2011. Au mois de septembre cette année, le Centre national de coordination contre I'exploitation des enfants a déjà reçu plus de 19 000 rapports.
En plus du nombre de rapports qui ne cesse de croître, les organismes d'application de la loi doivent également composer avec des technologies de pointe de plus en plus évoluées chez les contrevenants. Souvent, les contrevenants ont une longueur d'avance en ce qui a trait à la technologie. On a qu'à penser aux techniques de chiffrement et d'anonymisation, par exemple. En se servant de ces outils, les contrevenants peuvent éviter la police plus efficacement, ce qui complique grandement les enquêtes.
Le Centre de prévention du crime chez les jeunes aborde la cyberviolence en visant l'éducation et la sensibilisation sur le sujet de la cyberintimidation, et en encourageant le développement de relations positives et saines. Comme je l'ai déjà mentionné, le Centre de prévention du crime chez les jeunes mène et appuie plusieurs campagnes dans les médias sociaux tous les ans.
En février dernier, la GRC s'est jointe à la Fondation canadienne des femmes pour appuyer la campagne #AmourSain. Cette campagne d'un mois dans les médias sociaux encourageait les jeunes à se familiariser avec les 14 principes d'une relation saine, notamment j'exprimerai ce que je ressens, je ferai preuve de sincérité, je serai disposé à faire des compromis. Cette campagne promeut le principe voulant que la violence ne fait jamais partie des relations saines. Outre cette campagne, un message d'intérêt public auquel participe le joueur de hockey de la LNH Jordin Tootoo a été publié récemment, encourageant les jeunes hommes et garçons à mettre fin à la violence contre les femmes.
La GRC mène aussi une campagne appelé « Billettiste ». Lancée l'an dernier dans le cadre de Semaine de la sensibilisation à l'intimidation, « Billettiste » est un jeu visant à mobiliser les jeunes au moyen des messages texte. Cet outil comporte une variété de scénarios d'intimidation. Les choix que les jeunes font en échangeant des messages texte sur leur téléphone avec leurs amis et d'autres déterminent la façon dont les scénarios se déroulent. Pour lancer l'outil, il suffit d'envoyer le mot INTIMIDATION au 38383. Jusqu'à présent, des enseignants, des agents de police et d'autres personnes travaillant auprès des jeunes ont utilisé cet outil. S'il nous reste du temps, je pourrai vous faire une démonstration de ce jeu.
Un des principaux objectifs du Centre de prévention du crime chez les jeunes, c'est d'atteindre les jeunes dans la classe — capter leur attention tandis qu'ils sont dans un environnement d'apprentissage. Comme nos policiers éducateurs sont souvent invités à faire des exposés dans les classes sur divers sujets concernant les jeunes, on a mis au point l'initiative DiscussionsGRC. « DiscussionsGRC » est une série de vidéoconférences interactives en direct qui offrent aux jeunes des conseils et de l'orientation sur des questions importantes, comme l'intimidation, la cyberintimidation et les relations saines. Chaque séance de 90 minutes permet aux élèves de 6 classes au pays de participer. On encourage les élèves à interagir entre-eux par vidéoconférence sécurisée et par les médias sociaux. Un conférencier motivateur lance la conversation en racontant sa propre histoire, et encourage les élèves à agir et à s'exprimer sur la question en cause. À ce jour, nous avons mené six séances de DiscussionsGRC.
Un des principaux atouts du Centre de prévention du crime chez les jeunes, c'est le vaste réseau d'experts en la matière et d'organisations partenaires auquel il est branché. La GRC collabore étroitement avec diverses organisations dont le mandat vise des questions liées aux jeunes, notamment la violence à l'égard des femmes et des filles. Grâce à ces précieuses relations, nous pouvons offrir des produits et services fondés sur des données probantes. Grâce également au nombre impressionnant de relations que nous avons forgées au fil des ans, nous pouvons assurer le fonctionnement de l'outil « Posez une question à un expert » offert sur notre site Web. Cet outil permet aux jeunes de poser à un policier ou à une autre personne exerçant un rôle lié à la police des questions portant sur la criminalité ou la victimisation chez les jeunes, et ce, de façon anonyme, par courriel. Bien que « Posez une question à un expert » ne soit pas un outil de signalement, nous mettons les jeunes préoccupés par la victimisation en communication avec leur service de police ou détachement de GRC local, les encourageons à parler à des organismes, comme Jeunesse, J'écoute, ou à signaler toute crainte d'exploitation d'enfants à Cyberaide.ca.
Compte tenu de toutes les activités que mène le Centre de prévention du crime chez les jeunes, nous avons déterminé qu'il serait important d'obtenir le point de vue des jeunes. Depuis 2010, le Comité consultatif national sur la jeunesse de la GRC, composé de jeunes de 13 à 18 ans de partout au Canada, a fourni une perspective de ce que pensent et sentent les jeunes à l'égard des questions qui les touchent, comme la cyberviolence et la violence entre partenaires intimes. Reliés par le truchement d'un groupe Facebook privé, les jeunes sont encouragés à présenter, aux deux semaines, leurs opinions sur des activités, projets et idées du Centre de prévention du crime chez les jeunes. Nous intégrons leurs réponses dans notre Stratégie nationale sur la jeunesse, de même que dans d'autres politiques, programmes et procédures de la GRC qui pourraient toucher les jeunes. Tous les trimestres, nous publions à l'interne le Compte rendu des tendances jeunesse, un recueil de renseignements de source ouverte sur les dernières tendances chez les jeunes. II peut s'agir des dernières applications qu'ils téléchargent sur leur téléphone intelligent, du jargon qu'ils utilisent en ligne ou des films, chansons ou vidéos les plus cools qui les influencent.
Je vous remercie encore une fois de m'avoir invitée à prendre la parole aujourd'hui. Je serai ravie de répondre à toutes vos questions.
Shanly Dixon
Voir le profil de Shanly Dixon
Shanly Dixon
2016-09-26 15:40
Merci infiniment de m'avoir invitée à témoigner aujourd'hui. C'est pour moi un véritable honneur d'être ici avec vous.
L'une des choses essentielles que nous faisons dans le cadre du projet de prévention de la cyberviolence, c'est essayer d'amener les écoles et les établissements à définir la cyberviolence et à mettre en place une politique comportant des procédures et processus clairs, de même que des ressources. Quand nous essayons d'amener les gens à nommer la cyberviolence et à l'inclure dans leurs politiques anti-harcèlement et dans le manuel de l'étudiant, ce que nous entendons souvent, c'est: « Eh bien, ça s'est produit en ligne, alors ce n'est pas réel » ou « Cela ne s'est pas produit sur le campus, alors ce n'est pas notre problème ». Il faut commencer par reconnaître que la cyberviolence envers les filles et les jeunes femmes est inextricablement liée à la violence dans la réalité.
De nos jours, pour bon nombre d'entre nous et en particulier pour les jeunes, il n'y a pas de ligne de démarcation entre ce qui se passe en ligne et dans la réalité. Les espaces virtuels sont omniprésents dans tous les aspects de la vie, car nous sommes continuellement connectés sur Internet, à nos communautés en ligne, et entre nous. Les conséquences physiques, psychologiques, émotionnelles et financières d'une expérience en ligne peuvent donc être profondes. Cela se produit en ligne et hors ligne. Par rapport à cela, la violence en ligne a pour effet de normaliser la violence hors ligne. Quand on est immergé dans une culture numérique qui montre comme étant quelque chose de normal, divertissant ou même drôle la violence sexuelle, la misogynie, l'objectivation de la femme, l'hypersexualisation des filles et la discrimination contre les LGBT+ et les personnes transgenres, ces représentations ou conceptions semblent courantes et même acceptables hors ligne.
Les environnements et les communautés en ligne avec lesquels nous interagissons sont importants et ont de profondes incidences sur nos vies hors ligne. On peut penser que définir la cyberviolence et la politique à ce sujet est un principe plutôt simple, mais si cette définition se trouve dans le manuel de l 'étudiant ou dans une politique, les femmes peuvent s'en servir comme outil pour obtenir de l'aide et dire: « Il m'est arrivé ceci. Ce n'est pas acceptable. J'ai besoin d'aide. »
La technologie envahit de plus en plus nos vies, et les concepteurs cherchent à rendre les interactions en ligne plus puissantes, significatives et réalistes; il est donc essentiel de prendre des initiatives concrètes et efficaces pour garantir que ces technologies sont conçues et intégrées dans nos vies dans le respect de l'éthique.
La cyberviolence est semblable à d'autres formes de violence, en ce sens qu'elle s'inscrit dans un continuum allant des répercussions sociales très générales aux répercussions plus personnelles. À une extrémité du continuum, il y a l'hypersexualisation et l'objectivation des filles et des femmes en ligne, avec la culture populaire, les jeux vidéo et la pornographie; à l'autre extrémité se trouvent les actes de violence ciblés, comme les menaces et le harcèlement, la culpabilisation des victimes, la pornographie de vengeance, le harcèlement criminel, le leurre et la séduction. C'est sans fin. Nous voyons cela dans notre recherche et dans le travail que nous faisons avec les jeunes.
Bien que toutes les manifestations de cyberviolence aient des effets négatifs, il est essentiel de mener des recherches qui contribueront à l'élaboration de stratégies nuancées et ciblées de manière à être efficaces. Il faut concevoir des interventions précises, selon ce que vous voulez cibler le long du continuum. Par exemple, avec une intervention par laquelle on réunirait l'industrie du jeu vidéo et les communautés des TIC en vue de discussions sur la prévention et l'élimination de l'hypersexualisation et l'objectivation des femmes, ou la violence sexuelle gratuite à des fins de divertissement, on agirait sur un élément du continuum différent, par rapport à une intervention qui viserait la mobilisation des connaissances des filles en matière de séduction et de leurre, ou qui servirait à fournir des politiques, des ressources et du soutien aux filles subissant de la cyberviolence.
Il faut prendre des décisions concernant les mesures législatives à adopter, les politiques à concevoir, les initiatives éducatives ou la mobilisation des connaissances qui sont nécessaires, et le soutien et les ressources qu'il faut fournir aux personnes qui subissent de la cyberviolence.
Pour arriver à tout cela, il faut davantage de recherche qualitative permettant de créer des stratégies à la fois efficaces et sensées pour les jeunes qui vivent directement ces problèmes. J'ai travaillé à des projets de recherche dans des universités et dans la collectivité, et je peux dire que les approches sont très différentes quand vous travaillez avec les filles et la culture numérique, avec des universitaires ou dans le cadre de projets communautaires.
Je pense que nous devons créer des occasions de combiner les forces de ces perspectives — celles des universitaires, des organisations communautaires et des forces de l'ordre — afin de mener des recherches et de concevoir collectivement des stratégies tout en prêtant attention aux voix des filles et des personnes qui vivent directement ces problèmes.
Des fossés culturels et socio-économiques se creusent en réponse aux fossés numériques. Grâce à nos initiatives de culture numérique, j'ai pu aller dans diverses écoles et organisations communautaires, dans des contextes culturels, sociaux et économiques variés. Je commence à réaliser qu'Internet n'est pas pareil pour tous. Dans les organisations où il y a une éducation à la culture numérique très présente et de grande qualité, les jeunes semblent être davantage en mesure de reconnaître la violence fondée sur le sexe et de négocier les situations dans lesquelles ils se retrouvent. Ils connaissent quand même la cyberviolence, qui leur cause toujours des difficultés. Ils n'aiment pas cela. Ils ne la comprennent pas nécessairement, mais ils reconnaissent que c'est un problème social et systémique, plutôt qu'un comportement normal et acceptable faisant partie de la vie de tous les jours en ligne.
J'ai constaté que dans les écoles et les organisations communautaires où l'éducation des jeunes à la culture numérique est absente ou très limitée, on parlait souvent des limites ou des risques des espaces en ligne, plutôt que des possibilités qu'ils offrent. Il faut à tous les niveaux une éducation à la culture numérique complète et approfondie afin de dénormaliser la cyberviolence grâce à un programme qui nous aiderait à comprendre les aspects économiques, sociaux, politiques et éthiques de la culture numérique. Cela pourrait exiger que ce soit intégré dans toutes les disciplines et dans divers aspects de l'éducation.
Nous voyons parfois un écart entre la perception qu'ont les adultes de la façon dont les jeunes sont engagés dans la culture numérique et la réalité de ce que les jeunes vivent. Je m'inclus dans cela. Cet écart se traduit par des difficultés concernant la préparation de stratégies sensées aux yeux des jeunes, ainsi que la conception et la mise en oeuvre de politiques et de mesures législatives. Quand des jeunes s'intéressent à du contenu misogyne ou très sexualisé, c'est souvent à l'insu des chercheurs, des parents et des enseignants; parce qu'il s'agit de contenu controversé, c'est gardé privé ou secret. Quand des jeunes rencontrent des problèmes, ils vont souvent choisir de ne pas s'adresser à des adultes parce qu'ils craignent qu'on les blâme ou que les adultes interviennent d'une façon qui empirerait leur situation.
Les filles disent souvent qu'elles ressentent de la pression à cause de l'hypersexualisation de la culture en ligne. Nous sentons souvent que la misogynie s'intensifie beaucoup, et nous nous demandons pourquoi. L'une des choses que nous avons remarquées dans notre travail, c'est que les personnes qui sont vulnérables hors ligne semblent souvent aussi être vulnérables en ligne. Nous remarquons que les jeunes dont l'univers hors ligne est limité, qui risquent d'être sous-qualifiés et sous-employés, et qui sont confinés à leurs voisinages sont aussi confinés dans leur univers en ligne.
Par exemple, si vous allez constamment à du contenu en ligne qui reflète des normes très misogynes ou de la violence sexuelle, vous risquez de créer des bulles de filtres. Votre moteur de recherche vous donnera ce qu'il prévoit que vous voulez en fonction de vos clics antérieurs. Vous créez ainsi votre propre bulle qui exclut l'information ou les points de vue extérieurs qui ne vous intéressent pas particulièrement. Cela ne se fait pas que par algorithmes; il y a également vos choix particuliers, en ligne et hors ligne, et le pouvoir des pairs d'influencer le contenu que vous consommez et produisez.
Le problème, c'est que les bulles de filtres tendent à vous isoler des idées opposées et des points de vue extérieurs plus généraux, et que vous avez tendance à interagir avec les personnes et les communautés qui ont les mêmes intérêts que vous. Ils font écho à vos points de vue. Parfois, cela peut devenir intense, et une personne qui a une expérience de vie limitée aura tendance à penser que tout se limite à cela et qu'il n'y a pas d'autre issue.
Comment résoudre cela? Nous devons améliorer les compétences des personnes qui n'ont pas de culture numérique et travailler à utiliser la technologie pour aider les jeunes à rechercher consciemment des points de vue extérieurs variés et divergents, afin qu'ils puissent en venir à évaluer l'information d'un oeil critique. Quand je travaille avec des jeunes à risque que des adultes ont aidés à dénormaliser la cyberviolence fondée sur le sexe et à accéder à de l'information qui les intéresse pour l'évaluer d'un oeil critique, ils arrivent à mieux évoluer dans l'univers en ligne, mais en plus, ils participent à la conception de solutions. Ils discutent d'interventions comme l'approche du témoin, la façon de dénormaliser la cyberviolence fondée sur le sexe et la façon de soutenir les pairs qui subissent de la cyberviolence.
Je pense que nous devons éduquer l'industrie. Le changement est possible, si nous éduquons l'industrie sur les incidences des espaces qu'ils créent et si nous incluons les concepteurs dans les discussions sur les possibilités de conception et sur les conséquences d'ordre éthique des choix de conception. Je pense que nous devons penser à la direction que la technologie prend. Avec les nouvelles technologies, et la possibilité de nouvelles manifestations de cyberviolence, personne ne peut prédire où cela s'en va ou comment les gens vont s'adapter à cela. En raison de la réalité virtuelle qui évolue énormément et qui devient de plus en plus immersive et réaliste, nous pourrions nous retrouver devant de tout nouveaux défis en matière de cyberviolence fondée sur le sexe.
Voir le profil de Karen Vecchio
PCC (ON)
C'est formidable.
Dans quelle mesure les efforts de sensibilisation de la GRC permettent-ils de réduire la cyberviolence ou la cyberintimidation? Si vous regardez les résultats pour les jeunes de 13 à 18 ans, avez-vous des indications quelconques ou des statistiques qui démontrent des résultats ou des effets positifs? Nous observons une augmentation du nombre de signalements, ce qui est positif, mais constatez-vous également que nos jeunes en discutent davantage et reconnaissent que c'est un problème?
Kimberly Taplin
Voir le profil de Kimberly Taplin
Kimberly Taplin
2016-09-26 16:21
Nous n'avons pas de statistiques précises sur les effets de la sensibilisation à l'égard de la cyberviolence. Nous constatons toutefois que les jeunes en discutent, se manifestent et en parlent ouvertement. C'est prometteur. Les jeunes travaillent avec nous à l'élaboration d'initiatives d'information et de prévention qui pourraient mieux aider, selon eux, à sensibiliser les jeunes de ce groupe d'âge.
Dee Dooley
Voir le profil de Dee Dooley
Dee Dooley
2016-09-21 16:45
Merci.
Madame la présidente, mesdames et messieurs les membres du Comité, mes formidables collègues de Battered Women's Support Services.
Merci beaucoup pour votre invitation à témoigner devant le Comité permanent de la condition féminine et à discuter d'une question qui me concerne beaucoup sur les plans personnel et professionnel, la cyberviolence envers les femmes et les filles.
Je me rappelle très bien le début des communications en ligne et par les médias sociaux ainsi que l'avènement d'Internet. Quand j'étais en 6e année, ICQ et MSN Messenger sont devenus la norme dans les communications entre amis et jeunes du même âge. Ç'a aussi ouvert la porte d'un nouvel univers. C'est aussi devenu des plateformes permettant de répandre rumeurs, commérages et commentaires haineux dans un auditoire immense.
Quand j'étais en 10e année, la popularité de LiveJournal a augmenté. Cette plateforme permettait de s'exprimer davantage, grâce à l'écriture d'un journal en ligne, au blogage et à un site permettant de se mettre en rapport avec des personnes de partout dans le monde qui partageaient des intérêts semblables. Cependant elle a aussi ouvert la porte au harcèlement public, à la pression de l'opinion et à l'intimidation. Facebook a été lancé pendant ma première année d'études universitaires. Cet endroit qui permettait de se lier à ses semblables, d'échanger des photos et de rester en rapport avec des amis de différents endroits sur la Terre n'a pas empêché l'augmentation du nombre de violations de la vie privée et n'a pas conduit à prendre au sérieux les dénonciations du harcèlement et de la violence.
Internet et les médias sociaux constituent pour les jeunes qui veulent y naviguer un paysage très complexe. Alors que les percées de la technologie multiplient les possibilités de communiquer avec le monde, chacun de ses utilisateurs trouve à sa portée immédiate un ensemble tout à fait nouveau d'outils pour perpétuer et masquer la violence.
La cyberviolence et la cybermisogynie sont omniprésentes dans la culture technologique évoluée dans laquelle nous baignons, mais, disons-le, la surveillance patriarcale des femmes et des filles remonte bien avant qu'Internet et les médias sociaux ne l'aient facilitée. Non seulement les femmes, les transgenres et d'autres sexes marginalisés vivent-ils — vivons-nous en somme — dans la crainte chez eux, au travail, dans les espaces publics, les écoles et les institutions censées les protéger, les instruire, les soigner et leur dispenser la justice, mais, maintenant, c'est dans le cyberespace aussi.
Le cyberespace devient de plus en plus l'endroit où on travaille, fait des courses, entre en rapport les uns avec les autres, joue, apprend et, très souvent, il devient lieu de violence et d'oppression. Une grande partie de la violence qui se manifeste en ligne est sexualisée et enracinée dans des normes misogynes, le racisme, le capacitisme, l'homophobie, la transphobie, le classisme et la violence coloniale. Comme on pouvait s'y attendre, elle vise souvent les lieux créés par ces tranches de la population pour parler contre la violence et l'oppression, relater leurs expériences en la matière et préconiser la justice sociale et elle s'y manifeste souvent.
Je tire ma compréhension de la cyberviolence et de la cybermisogynie de mon travail de coordonnatrice des programmes jeunesse au YWCA Halifax et de ma participation à l'équipe de conseillers du Projet déclic de YWCA Canada. Dans ce rôle, je gère Safety NET, une stratégie de ma province visant à combattre la cyberviolence envers les jeunes femmes et les filles. Nous avons parlé à plus de 200 jeunes et à 20 fournisseurs de services de la province pour apprendre directement d'eux à quoi ressemble la violence en ligne et comment mieux aider celles qui y survivent et contribuer à un changement systémique durable.
Après que les chants appelant au viol par des étudiants de l'Université Saint Mary's sont devenus viraux, après l'affaire du Gentlemen's Club de l'école de dentisterie Dalhousie et après l'agression et la mort de Rehtaeh Parsons, la cyberviolence est devenue pour notre région un sujet à régler particulièrement urgent.
Même si la cyberviolence, particulièrement contre les femmes et les filles, est omniprésente, elle est mal comprise du grand public, des fournisseurs de services et des décideurs. Je suis si heureuse de vous communiquer ce que nous avons appris grâce à notre projet Safety NET et de vous communiquer des pratiques prometteuses, trouvées principalement par les jeunes, qui peuvent aider à prévenir et à réprimer la violence sexuelle en ligne.
Mais avant, je veux vous dire que les idées radicales mènent à des changements radicaux. Pour vraiment combattre la violence en ligne et toutes les formes de violence sexuelle, nous devons parvenir à des transformations culturelles qui changeront notre perception des femmes, des transgenres et des autres sexes marginalisés et la valeur que nous leur accordons.
Nous avons besoin d'un investissement durable et d'un véritable engagement de la part de toutes les parties prenantes, y compris de leur volonté de changer les systèmes inefficaces.
J'ai tellement bon espoir que nous sommes sur la bonne voie grâce à la stratégie fédérale contre la violence fondée sur le sexe qui a été lancée cet été et grâce à votre étude sur la violence dans la vie des femmes et des filles.
L'évaluation des besoins grâce à la stratégie Safety NET a débouché sur quatre recommandations principales:
Dans la province, le premier besoin reconnu a été celui d'une éducation sur la cyberviolence qui serait animée par des jeunes et celui de programmes communautaires. Ça signifie de vraiment valoriser les expériences et les points de vue des jeunes, des jeunes femmes plus précisément, et de canaliser leurs voix dans des programmes communautaires de base, de même que de parler explicitement des problèmes systémiques qui nourrissent la cyberviolence.
D'après moi, une grande partie de l'éducation sur la cyberviolence échoue précisément parce qu'elle omet ces actions. Les jeunes ont besoin d'espace pour discuter, apprendre entre eux et s'enseigner mutuellement les moyens de se protéger en ligne tout en accédant activement à la culture et à tout ce qu'elle offre. L'éducation du public, sa sensibilisation et la recherche sur la nature précise de la cyberviolence, sa fréquence, ses conséquences et ses effets ont aussi été reconnus comme des besoins importants.
Les jeunes et les partenaires dans la communauté ont parlé de la nécessité de collaborer avec des joueurs clés, particulièrement dans le domaine de la justice et de l'éducation, pour mettre sur pied, pour les survivantes de la cyberviolence, des systèmes de réponse adaptés aux traumatismes subis. Il faudrait notamment éviter les réactions de blâme à l'endroit des victimes et celles qui préconisent simplement de décrocher de la technologie et des médias sociaux. Elles sont tellement nocives.
Enfin, les gouvernements et les organisations communautaires devraient collaborer avec les médias sociaux et les organismes axés sur les médias à l'élaboration de lignes directrices et de protocoles offrant une meilleure protection aux usagers. Une activité soutenue permettant d'obtenir l'adhésion de ces compagnies est un élément nécessaire de la mise en place d'une sécurité plus grande en ligne.
Encore une fois, je vous remercie de l'invitation que vous m'avez lancée de participer à votre examen de la cyberviolence. J'ai hâte de me mêler à la discussion et je vous sais gré de reconnaître ainsi officiellement le fait que la violence en ligne entrave l'équité pour les femmes et les filles.
Je conclus mes observations avec le sentiment que si Internet peut maintenir et faciliter l'oppression et la violence, c'est en même temps le remède qui peut nous aider à les combattre et à militer pour un monde plus sûr, plus stimulant pour les femmes et les filles dans toutes leurs identités croisées.
Merci.
Voir le profil de Pam Damoff
Lib. (ON)
Merci.
Madame Dooley, notre amie de Halifax, je me demande si vous pouvez nous indiquer les tactiques que vous recommandez pour réduire la cyberviolence envers les jeunes femmes et les filles. Notre Comité est à la recherche de tactiques utiles. En avez-vous à nous proposer, dont vous avez constaté l'efficacité?
Dee Dooley
Voir le profil de Dee Dooley
Dee Dooley
2016-09-21 16:55
Comme je l'ai dit, le premier besoin directement cerné grâce aux recommandations des jeunes est celui d'une éducation communautaire. En Nouvelle-Écosse du moins, un cours porte sur la cyberviolence, mais une approche communautaire est perçue par eux comme vraiment nécessaire à leur apprentissage. Je pense qu'il importe vraiment de mettre en place un endroit sûr, à l'abri de la honte. Une grande partie de l'éducation qu'ils reçoivent sur la cyberviolence les prévient de ne pas fréquenter les médias sociaux et attribue le problème à leurs comportements. Il importe vraiment de s'apercevoir que le problème est systémique, qu'il n'est pas individuel.
Il faut s'attaquer aux causes premières. Le gouvernement a accompli un travail formidable à cet égard. J'ai eu le privilège de participer à certaines des consultations, cet été, et je pense qu'on déploie un véritable effort pour s'attaquer aux causes systémiques de la violence. Ce serait une tactique vraiment importante. Le financement doit être durable. Je rédige beaucoup de demandes de subventions pour notre organisation et je collabore avec beaucoup de partenaires communautaires qui se trouvent dans des situations semblables. Je sais donc que le financement durable est un enjeu important.
Notre projet biennal Safety NET nous a permis de nous attaquer pendant un certain temps à ce problème. Mais qu'arrive-t-il ensuite? À moins de trouver d'autres sources de financement, nos jeunes protégés se retrouvent privés d'accès à l'aide communautaire à la fin du projet.
Voilà donc deux enjeux importants pour lesquels beaucoup d'organismes sans but lucratif se démènent, pas seulement ceux qui combattent la cyberviolence, mais toutes les formes d'oppression.
Voir le profil de Karen Ludwig
Lib. (NB)
Je vous remercie toutes pour vos excellents exposés, y compris les premiers témoins. Ensemble, ils permettent certainement de faire le tour de la question.
Madame Dooley, vous avez parlé des difficultés systémiques touchant la cyberintimidation. J'ai dressé la liste de trois sujets de préoccupation, et peut-être pouvez-vous m'aider à voir si je prends la bonne direction. L'un des sujets est les politiques scolaires, plutôt uniformes pour tous. Si un élève signale un cas de cyberintimidation ou d'intimidation dans la classe, l'école est en général tenue de réagir d'une façon et elle doit en répondre.
Deuxièmement, vous avez parlé de cours et encore une fois, c'est certain, c'est ordinairement un cours centralisé et non individualisé.
Troisièmement, et je voudrais en discuter avec vous toutes, les budgets. Je sais que ça ne cadre pas vraiment avec le sujet. Je me demande si vous constatez qu'il est souvent facile de créer un poste budgétaire pour la technologie dans un cours scolaire, et je le sais parce que j'ai fait partie du milieu de l'éducation pendant près de 25 ans, tandis qu'il y a très peu d'argent sinon pas du tout pour la santé mentale ou la santé générale des élèves.
Je me demande si Mme Dooley peut répondre la première, puis ses consoeurs ici présentes.
Dee Dooley
Voir le profil de Dee Dooley
Dee Dooley
2016-09-21 16:58
Je vous remercie de soulever cette question. L'établissement de budgets est reliée très étroitement à tout notre travail et je pense qu'il concerne les priorités. Quand la politique est élaborée et appliquée, quelles sont les priorités? Pourquoi l'affectation de fonds à la technologie est-elle plus importante que le financement de moyens pour favoriser la santé mentale? Je pense que nous devons entamer une discussion avec toutes les parties prenantes, particulièrement les jeunes. Ils seront les premiers à m'exposer, à vous exposer leurs besoins. Encore une fois, ça concerne les priorités et l'écoute des personnes directement touchées, les écoliers et les jeunes privés des appuis nécessaires.
Voir le profil de Sheila Malcolmson
NPD (BC)
Merci, madame la présidente.
Merci à vos deux organisations, des côtes est et ouest. Vous faites du très beau travail sur le terrain, dont nous allons vraiment profiter. J'applaudis aussi à votre participation au projet de Plan d'action national du Canada sur la violence faite aux femmes et aux filles. Le Nouveau Parti démocratique s'est fortement engagé à faire pression pour faire adopter une approche nationale.
Je vais vous demander à vous deux de nommer les causes sous-jacentes de la violence, qui, dans ce cas, s'exprime par la cybermisogynie. Je suis désireuse de connaître votre point de vue sur le réseau d'appuis dans l'ensemble du pays, ceux qui s'attaquent aux causes premières de la violence — pauvreté, logements abordables, et ainsi de suite — de même qu'aux réponses qui tendent à être données par les provinces. Comment pouvons-nous harmoniser ces réponses en l'absence d'approche nationale?
Résultats : 1 - 15 de 17 | Page : 1 de 2

1
2
>
>|
Exporter en: XML CSV RSS

Pour plus d'options de données, veuillez voir Données ouvertes